Enseigner la Première Guerre mondiale : les expériences combattantes
Début 1915, secteur de la Fontenelle
Août 1917 (Marne)
13 septembre 1916, sur le champ de bataille de la Somme
Deux jeunes soldats français tués en juillet 1918 dans l Aisne
Photographe anonyme, probablement membre de la police ukrainienne, femmes et enfants juifs du ghetto de Mizocz avant leur exécution, Rovno, 13-14 octobre 1942 (tirage argentique, Archives United States Holocaust Memorial Museum, Washington)
Doc. 2 Extrait de la liste du convoi n 38 du 28 septembre 1942, allant de Drancy à Auschwitz «Drancy, le 27 septembre 1942 Départ du 28 septembre 1942 Escalier 4 1 e étage Drancy IV nationalité Adresse 1- ADONER Henry 12-01-29 Paris Française 10 rue des Deux Ponts 2- ADONER Lisette 10-11-31 Paris Française 10 rue des Deux Ponts 3- ADONER Marja 1893 Varsovie Française 10 rue des Deux Ponts née Jacobovitch 4- ADONER Mordko 15-08-87 Varsovie Française 10 rue des Deux Ponts Maroquinier 5- ADONER Rebecca 22-12-21 Varsovie Française 10 rue des Deux Ponts Cartonnière 6- ADONER Salomon 4-05-20 Varsovie Française 10 rue des Deux Ponts Garçon courses 7- ADONER Samuel 5-05-25 Paris Française 10 rue des Deux Ponts 8- ADONER Zivi 7-07-37 Paris Française 1 0 rue des Deux Ponts
Été 1916, dans la Somme
Pierre Machard, section photographique de l armée (SPA), non datée
Louis Barthas sur la cote 304 : Le 18 mai : la section est prise sous un bombardement. «Pour comble, une batterie de nos 75 [canons français], tirant trop court, envoyait ses obus sur notre première ligne ; signaux, fusées, coups de téléphone, rien n'y faisait. C'était navrant comme du reste à plusieurs reprises depuis notre arrivée à ce secteur ; notre artillerie ne pouvait réussir à régler son tir et nous faisait presque quotidiennement des victimes. Ce jour-là, un obus de 75 tomba en plein sur le précaire abri du capitaine Barbier, y tuant net un officier de zouaves. Le capitaine exaspéré, brandissant un revolver, sacrait et jurait qu'il voulait tuer le premier artilleur qui allait lui tomber sous la main. [ ]
Jean-Ernest Tucoo-Chala, artilleur : 28 mai 1916 : à Verdun, pris dans une attaque : «il y a de quoi perdre la tête dans ce chaos [...] c'est une véritable fournaise [...]. Nous tirons sans cesse [...] les blessés qui passent près de nous nous engueulent, nous leur tirons dessus à ce qu'il paraît ; alors j'aime mieux [régler le tir] 50 mètres plus long. 7 juin 1916 : «Nous tirons comme des dératés 1200 coups par pièce. Les attaques se succèdent, c'est une procession de blessés et de brancardiers que l'on évacue comme on peut et de petits groupes de fantassins qui montent pour les remplacer. Pauvres bougres! Combien reviendront-ils? Nous, les artilleurs, nous avons de la veine malgré tout si on se compare à eux.» Gaston Mourlot 15 avril 1916 : Avec bien du mal l on réussit à garder les poilus jusqu'à deux heures malgré la neige et les pieds trempés, c'est un vrai concert de récriminations sur toute la gamme de la misère qu'ils endurent que nous entendons et qui pourtant n'est rien à côté des tortures des fantassins en ligne et que nous avons sous les yeux. C'est une vraie vague de froid qui passe en ce moment avec un retour des giboulées
NICOT Jean, Inventaire des archives de la guerre 1914-1918. Série N 1872-1919, Paris, Château de Vincennes, 1995, tome VI, p. 212.
Le capitaine Delvert, officier dans l infanterie 24 mai 1916: il relève le cas d un cavalier qui encourt «une punition de trente jours de front avec l'infanterie. Voilà qui éclaire la situation.» 15 mai 1916: Non, décidément, il n'y aura pas eu parité, dans cette guerre, entre les souffrances endurées par les différents combattants du front. [ ] A Landrecourt, les sergents du 3e génie sont mieux logés que les officiers d'infanterie qui vont se faire tuer.
Gaston Mourlot Vendredi 31 mars 1916 [ ] Je fais un tour au cimetière de la ville pour les soldats qui a subi un agrandissement considérable ce dernier mois. En un tout petit espace il y a plus de 5 mille cadavres et il est occupé continuellement [par] une section de territoriaux [un groupe d hommes entre 34 et 49 ans] à creuser des fosses pour les blessés qui trépassent à l'hôpital.
Prosper Viguier Nombre de tué dans le 18 e régiment d infanterie en 1916 : Janvier : 3 morts Février : 7 morts Mars : 4 morts Avril : 8 morts Mai (arrivée à Verdun) : 319 morts. «6 baraques de 20 lits chacune [ et deux ] salle de pansement et d'opération. [ ] Dans la salle de pansement où fonctionnaient quatre équipes opératoires, ont été soignés les blessés septiques. J'ai pratiqué dans la salle d opération du groupe chirurgical les trépanations et autres opérations portant sur des blessés non encore infectés.»
Louis Mauffrais
Louis Barthas / Dominique Richert
Joseph Bousquet / J.-E. Tucoo-Chala