Espierres, 04/07/2005 Analyse des crues et inondations en Belgique Prof. F. Petit LHGF J. Van Campenhout, Dr. E. Hallot, Dr. G. Houbrechts, Y. Levecq, A. Peeters 1
I. Définitions Crue: élévation du niveau d eau d une rivière suite aux précipitations Inondation ou crue débordante : débordement de la rivière en dehors du lit mineur. La transition est représentée par le débit àplein-bord (Q b ) Flash flood ou crue éclair : augmentation rapide du débit suite àdes pluies torrentielles, de forte intensité et de durée limitée 2
II. Cartographie des zones inondées Adaptation de la méthode hydrogéomorphologique française Les limites du lit majeur correspondent à la courbe enveloppe des crues passées Ces limites sont déterminées sur photos aériennes, par l analyse de la microtopographie et de la granulométrie des dépôts Extrait de GARRY G., BALLAIS J.-L., MASSON M., La place de l hydrogéomorphologie dans les études d inondations en France méditerranéenne in «Géomorphologie», janvier-mars 2002, n 1 La méthodologie a étéadaptée ànos régions : Echelle d analyse plus précise (1/10.000) en région wallonne (territoire moins vaste, organismes fluviaux et largeurs de débordement plus petits) Enquêtes de terrain auprès des riverains (période d étude : environ 20 ans) Utilisation de documents historiques (photos en crue, cotes) Recherche de laisses de crue 3
Extrait de GARRY G., BALLAIS J.-L., MASSON M., La place de l hydrogéomorphologie dans les études d inondations en France méditerranéenne in «Géomorphologie», janvier-mars 2002, n 1 4
II. Cartographie des zones inondées Méthode complémentaire aux autres techniques mises en œuvre dans le cadre du plan PLUIES du Gouvernement Wallon Méthode hydropédologique (AgroBioTech) : détermination de l aléa sur base des cartes pédologiques et d un modèle numérique de terrain à mailles larges utile dans les zones non habitées ou récemment urbanisées Modélisation hydraulique (HACH) : calcul des hauteurs, vitesses et débits àpartir d un modèle numérique de terrain précis (LiDAR) et de statistiques hydrologiques plus précis mais disponible uniquement sur les cours d eau navigables et de 1 ère catégorie Les enquêtes de terrain permettent de valider les résultats obtenus par modélisation et complètent la méthode hydropédologique dans les zones urbaines Publication des cartes de l aléa inondation par débordement de cours d eau en 2006/07 : Portail cartographique de la Région wallonne 5
III. Typologie régionale des rivières Relation liant le débit àplein-bord (Q b ) àla taille du bassin versant Mise en évidence d une différenciation régionale R rivières ardennaises = 0,98 6
7
III. Typologie régionale des rivières Relation liant la récurrence (en séries partielles) du débit àplein-bord àla taille du bassin R rivières ardennaises = 0,86 Mise en évidence de rivières àdébit de base dominant et/ou àcharge de fond sablolimoneuse 8
IV. Les flash-floods en région wallonne Une centaine de flash-floods recensés depuis 1906 en Wallonie Intensitédes précipitations : jusqu à77 mm/h durant 1 heure (Sart-Tilman, le 29/05/2008) ; période de retour > 200 ans 9
Analyse des inondations urbaines sur base des relevés des services d intervention en région liégeoise (IILE) Source : Van Campenhout J. et al., 2007. Les inondations en région liégeoise : étude basée sur les interventions des services d incendie et les archives du démergement, Bull. Soc. Géog. Liège,, 49, 41-51 10
Cartographie des 3.176 interventions enregistrées entre janvier 1993 et juin 2004 11
IV. Les flash-floods en région wallonne L événement du 29/05/2008 à Liège Flash-floods dans 4 sous-bassins de moins de 3 km² Puissances développées 3.000 W/m², transportant des blocs 60 cm Estimation des débits à partir des laisses de crue Ruisseau du Blanc Gravier : 24,3 m³/s Ruisseau de Renory : 14,6 m³/s Ruisseau du Fond du Moulin (partie forestière uniquement) : 5,2 m³/s Ruisseau du Fond du Moulin Ruisseau de Renory Ruisseau du Fond du Moulin 12
IV. Les flash-floods en région wallonne L événement du 29/05/2008 à Liège Mise en évidence de fortes incisions du bedrock et des dépôts de pente Bilan érosif 500 t/km²(àcomparer aux autres cours d eau wallons : de 10 à100 t/km²/an) Mise à nu des racines, encoches d abrasion Aléa très faible (P.R. > 200 ans) mais grande vulnérabilité(8.000 sinistrés ; 33 M de dégâts) 13
V. Mobilité latérale et verticale des rivières 1. L espace de mobilité La délimitation de l espace de liberté d un cours d eau comprend 6 étapes : - La plaine alluviale (alluvions modernes) - L amplitude d équilibre (10 x la largeur) - L espace de divagation historique - L espace de divagation résiduel - Les zones d érosion - L élimination des enjeux économique de l espace de liberté 14
V. Mobilité latérale et verticale des rivières 2. A partir des cartes topographiques (> 1770) et des photos aériennes IGN (> 1950) Géoréférencement photogrammétrique et délimitation des berges Analyse diachronique de l érosion des berges et des accumulations de sédiments Exemple : site de Lessive, bassin de la Lesse : érosion latérale d environ 1 m / an 15
V. Mobilité latérale et verticale des rivières 3. A partir des scories sidérurgiques (XIV e siècle) Métallurgie du fer en Ardenne àpartir du XIV e s. Datation et détermination de la chronologie des dépôts en plaine alluviale. Les scories sont absentes des dépôts mis en place avant le XIV e s. Des basses terrasses que l on pense érodables peuvent être définies comme inactives (si absence de scories) Aléa inondation déterminé sur 6 siècles 16
Merci pour votre attention Inondations de l Eau d Heure en 1961 - Jamioulx 17