Changements dans la définition de la cécité



Documents pareils
Mieux connaître les publics en situation de handicap

La survie nette actuelle à long terme Qualités de sept méthodes d estimation

LEURS SERVICES ET LEUR CADRE DE PRATIQUE LES OPTOMÉTRISTES : LEUR FORMATION, LEURS SERVICES ET LEUR CADRE DE PRATIQUE

Comment se servir de l utilitaire de validation?

COMBISAFE ESCALIER UNIVERSEL TM MODE D EMPLOI

Document à destination. des personnels de l enseignement supérieur.

I - CLASSIFICATION DU DIABETE SUCRE

L opération de la cataracte. Des réponses à vos questions

7. Exemples de tests pour détecter les différents troubles de la vision.

GMEC1311 Dessin d ingénierie. Chapitre 1: Introduction

AVERTISSEMENT CONCERNANT LA NORME 20 EN MATIÈRE D ÉVALUATION MUNICIPALE

SOMMAIRE I. INTRODUCTION 4 II. SOURCES D INFORMATION 5

LA CHIRURGIE DE LA CATARACTE. Comment se déroule la chirurgie de la cataracte?

Bien voir pour bien conduire

Les bases de l optique

La malvoyance d un instant n est pas celle d une vie

Activité scientifique et recherche :

Système de management H.A.C.C.P.

Étude sur les taux de revalorisation des contrats individuels d assurance vie au titre de 2013 n 26 mai 2014

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS DE LA COMMISSION. 10 octobre 2001

TABLE DES MATIÈRES. 1.3 Généralité Le personnel des animaleries doit aviser l assistant-chef si cette procédure ne peut être respectée.

Diabète Type 2. Épidémiologie Aspects physiques Aspects physiologiques

Votre santé visuelle :

LUMIÈRE NATURELLE BIEN-ÊTRE ET SÉCURITÉ AU TRAVAIL

PHP 2 Pratique en santé publique fondée sur des données probantes

NORME INTERNATIONALE D AUDIT 260 COMMUNICATION DES QUESTIONS SOULEVÉES À L OCCASION DE L AUDIT AUX PERSONNES CONSTITUANT LE GOUVERNEMENT D'ENTREPRISE

Pseudotumor cerebri. Anatomie Le cerveau et la moelle épinière baignent dans un liquide clair, appelé le liquide céphalo-rachidien (LCR).

Danielle D Amour, inf. Ph.D. IUFRS 24 février 2011

La maladie de Stargardt

Trousse média Soyez vu... nous sommes lus! La revue

2.0 Interprétation des cotes d évaluation des risques relatifs aux produits

POLITIQUE SUR LA SÉCURITÉ LASER

Convention nationale sur les modalités d application complémentaires dans le cadre de l introduction de la structure tarifaire SwissDRG

Portrait statistique de la population avec incapacité. Région de Québec 2003

Dr FOUGERAIS Guillaume, formateur Génération Implant, Nantes.

Mieux vivre avec votre écran

L obésité et le diabète de type 2 en France : un défi pour la prochaine décennie. DANIEL RIGAUD CHU de Dijon

Instructions de montage

Règlement des frais ricardo.ch

Définition, finalités et organisation

6Des lunettes pour ceux qui en ont besoin

TEST DE DÉPISTAGE DE L IMMUNITÉ CONTRE LE

Certaines situations de trafic peuvent-elles provoquer un risque accru d hypoglycémie?

CONSEIL STRATÉGIQUE. Services professionnels. En bref

UE 4 Comptabilité et Audit. Le programme

Améliorer la Performance des Fournisseurs

Manuel d utilisation de la plate-forme de gestion de parc UCOPIA. La mobilité à la hauteur des exigences professionnelles

BIEN santé re- gar- aire icit L ub P ctère der cara L à ctue ontra c non Document t /

Object Removal by Exemplar-Based Inpainting

Y a-t-il un bon moment pour l'hypoglycémie?

Guide de l Accessibilité. des Etablissements. Recevant du Public

Du marketing dans ma PME!

Procédure de test pour réception câblage LANmark-7

Plan. Introduction. Les Nouveaux Anticoagulants Oraux et le sujet âgé. Audit de prescription au Centre Hospitalier Geriatrique du Mont d Or

Demande de propositions

Intitulé du stage. Initiation à l'environnement industriel Jeudi 15 et vendredi 16 septembre 2011

CONTRAT DE LICENCE D UTILISATION DU LOGICIEL MORPH M SOUS LA FORME MORPH M PYTHON

LE PLAN D'AMÉLIORATION DE LA FONCTION MARKETING

La qualité des services mobiles en France métropolitaine

WHITE PAPER Une revue de solution par Talend & Infosense

QU EST-CE QUE LA PROPHYLAXIE?

ENTENTE DE PRINCIPE INTERVENUE ENTRE LA FMOQ ET LE MSSS AFIN D ACCROÎTRE ET D AMÉLIORER L ACCESSIBILITÉ AUX SERVICES MÉDICAUX DE PREMIÈRE LIGNE

Échelles et autres aides à monter

Satisfaction des stagiaires de BRUXELLES FORMATION Résultats 2013

Conditions gagnantes pour démarrer sa transition Agile

PLAN DE FORMATION Formation : Le rôle du superviseur au quotidien

Avis 29 mai XYZALL 5 mg, comprimé B/14 (CIP : ) B/28 (CIP : ) Laboratoire UCB PHARMA SA.

MODIFICATIONS DES PRINCIPES DIRECTEURS CONCERNANT LA RÉDACTION DES DÉFINITIONS RELATIVES AU CLASSEMENT

Immobilier : le point sur la stratégie de rénovation des bâtiments à Genève

La goutte la maladie des rois

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE AVIS. 18 janvier 2006

Version du 17 octobre Le bruit

La rétinite pigmentaire Rod-cone dystrophie Retinitis pigmentosa

Chapitre 1 : Introduction à la rééducation périnéale

Figure 1 Différents éléments influençant les mesures de seuil réalisées en champ visuel

Exemple d utilisation des outils MicroSave-Africa au Brésil

Service HP Support Plus Services contractuels d assistance clientèle HP

Une étude de différentes analyses réalisées par le BIT

Introduction Objectif et portée de la vérification Opinion de la Vérification interne... 3

Analyse des incidents

Une nouvelle norme mondiale sur la comptabilisation des produits

Pour toutes questions supplémentaires, veuillez communiquer avec nous au poste 4129.

Transformez votre relation au monde!

Assurance Maladie. Le développement de la Chirurgie ambulatoire par la MSAP et les incitations tarifaires

La réglementation et les obligations qui en découlent

Chapitre 2 : Détermination de l'ensemble consolidé

Les français et les jeunes conducteurs

La maladie de Horton Artérite temporale Artérite à cellules géantes

Le diagnostic de la sclérose en plaques

CRM Assurance. Fonctionnalités clés. Vue globale de l assuré. Gestion des échanges en Multicanal

Le logiciel M4R (Monitoring for Results)

MINI-GUIDE DE DECOUVERTE PREMIERS PAS AVEC ZOHO CRM POUR LE SPECTACLE. Le Cycle de la Diffusion

"La collimation est la première cause de mauvaises images dans les instruments amateurs" Walter Scott Houston

PROPRIÉTÉS D'UN LASER

Enquête sur la santé des résidents des foyers Adoma de Saint-Quentin-en-Yvelines

LE TRAVAIL SUR ÉCRAN DANS LA BRANCHE DES TÉLÉCOMMUNICATIONS

en région bruxelloise

Troubles de la vigilance au travail. Tests d aide à la décision d aptitude et structures de dépistage du syndrome d apnées du sommeil à Grenoble

Transcription:

INTRODUCTION Changements dans la définition de la cécité Les différentes catégories de déficiences visuelles utilisées aujourd hui dans le monde sont basées sur la 10 ème Révision 1 ère et 2 ème éditions. Elles sont issues des réflexions d un groupe d étude de l OMS de prévention de la cécité qui a convenu en 1972 d établir une définition standardisée. Ceci afin de faciliter le recueil en population de données sur la prévalence des déficiences visuelles et de la cécité de façon uniforme et comparable. A l époque de cette réunion, quatre grandes causes de pertes de vision avaient été identifiées. C étaient le trachome, l onchocercose, la xérophtalmie et la cataracte. Les erreurs de réfractions n étaient pas prises en compte car considérées comme une cause marginale de déficience visuelle et pas de cécité. CADRE DE LA REVISION Il y avait cinq problèmes à résoudre qui rendaient nécessaire une révision de la définition actuelle et des catégories. C était : (1)La définition des différentes catégories de déficiences visuelles était basée sur la vision avec la meilleure correction. (2)La nomenclature (3)Les catégories de cécités (4)Les contradictions dans les H 54 sous-catégories. (5)La Résolution de l ICO sur la révision de la CIM 10. Une consultation OMS sur Elaboration de standards pour caractériser la perte de vision et la fonction visuelle avait fait les recommandations suivantes : (1)Définition de la déficience visuelle et de la cécité La définition utilisée actuellement utilise le terme de vision avec «la meilleure correction» du meilleur oeil. La méthodologie, utilisée pour mesurer l acuité visuelle, particulièrement dans les études en population, a recours à l utilisation du trou sténopéïque chez les patients dont la vision avec la «correction portée» est en dessous d un certain seuil (3/10 actuellement). Plusieurs études récentes ont montré que l utilisation de «la meilleure correction» occulte une grande proportion de personnes ayant une déficience visuelle, incluant la cécité, conséquence d une erreur de réfraction non corrigée, une situation courante dans mains endroits du monde. Les erreurs de réfraction non corrigées sont maintenant considérées comme une cause majeure de déficience visuelle et les estimations qui servent à calculer les pertes en terme de DALYs (déficience ajustée par année de survie) sont sousestimées.

La correction des erreurs de réfraction est une intervention coût-efficace et une des composante prioritaire de lutte de l Initiative mondiale pour l élimination de la cécité évitable (VISION 2020, le droit à la vue). (2)Nomenclature La CIM actuelle utilise les mots de basse vision pour les catégories 1,2 et 3 des déficiences visuelles. Dans la pratique, en santé oculaire, basse vision a un sens spécifique défini par l OMS, comme suit : Une personne ayant une basse vision est celle qui a une déficience de la fonction visuelle parfois même après traitement et/ou une correction courante de sa réfraction, et a une acuité visuelle de moins de 3/10 à la perception lumineuse, ou a un champ visuel de moins de 10 degrés du point de fixation, mais qui utilise ou pourrait être potentiellement capable d utiliser, sa vision pour planifier et/ou exécuter une tâche. Dans cette définition sont incluses des personnes qui pourraient bénéficier de soins de basse vision et aussi ceux qui sont actuellement classés dans la catégories des aveugles. Ceci a été à l origine d erreurs de calculs dans l estimation des personnes nécessitant des soins de basse vision. (3)Définition de la cécité La définition actuelle ne fait pas la différence entre ceux qui ont une cécité irréversible (pas de perception lumineuse) et ceux qui ont une perception lumineuse mais qui ont une vision inférieure à 1/20 du meilleur oeil. La prise en charge de ces deux catégories est différente et un classement en fonction de la prise en charge serait utile. (4)Contradictions dans les H54 sous-catégories Les sous-catégories de H54 présentent des contradictions dans la description de la déficience visuelle monoculaire et de «la cécité monoculaire» ; l autre œil ne doit pas être nécessairement «normal». Pour clarifier ces sous-catégories, il est proposé de remplacer le tableau actuel (se reporter plus bas). 2

RECOMMANDATIONS (1)Les mots meilleure correction doivent être remplacés par correction portée dans la définition révisée. (2)Supprimer le terme basse vision de la CIM 10 actuelle pour décrire l ensemble des déficiences visuelles de catégorie 1,2 et 3. (3)Les catégories sont décrites dans le tableau 1 plus bas. (4) La formulation des H54 sous-catégories doivent être changées comme suit en accord avec les nouvelles catégories proposées. H54.- Déficience visuelle incluant la cécité (binoculaire ou monoculaire) Note: Pour la définition des catégories de déficiences visuelles se reporter au tableau plus bas. Exclue : amaurosis fugax (G45.3) H54.0, binoculaire Déficiences visuelles catégories 3, 4 et 5 H54.1 Déficience visuelle sévère, binoculaire Déficience visuelle catégorie 2 H54.2 Déficience visuelle modérée, binoculaire Déficience visuelle catégorie 1 H54.3 Déficience visuelle légère ou absente, binoculaire Déficience visuelle catégorie 0 H54.4, monoculaire Déficiences visuelles catégories 3, 4 et 5 d un oeil et catégories 0, 1, 2 ou 9 de l autre oeil. H54.5 Déficience visuelle sévère, monoculaire Déficience visuelle catégorie 2 pour un oeil et catégories 0,1 ou 9 pour l autre oeil. H54.6 Déficience visuelle modérée, monoculaire Déficience visuelle catégorie 1 pour un oeil et catégories 0 ou 9 pour l autre oeil. H54.9 Déficience visuelle non spécifiée (binoculaire) Déficience visuelle catégorie 9 Note: le tableau ci-dessous donne une classification de la sévérité de la déficience visuelle recommandée dans une Résolution de l International Council of Ophthalmology (2002) et les recommandations de la consultation OMS sur Elaboration de standards pour caractériser la perte de vision et la fonction visuelle (Sept 2003). Pour caractériser une déficience visuelle avec les codes H54.0 à H54.3, l acuité visuelle doit être mesurée les deux yeux ouverts avec la «correction portée». Pour caractériser une déficience visuelle avec les codes H54.4 à H54.6, l acuité visuelle doit être mesurée œil par œil avec la «correction portée». Si l atteinte du champ visuel est prise en compte, les patients avec un champ visuel restant du meilleur oeil de moins de 10 de rayon autour du point de fixation central doivent être mis dans la catégorie 3. Pour la cécité monoculaire (H54.4), ce degré de perte du champ visuel doit s appliquer à l oeil atteint. 3

Table 1 : Révision proposée pour les catégories de déficiences visuelles Acuité visuelle de loin avec la «correction portée» Categorie Inférieure à : Egale ou supérieure à : 6/18 3/10 (0.3) 20/70 Déficience visuelle légère ou absente 0 Déficience visuelle modérée 1 Déficience visuelle severe 2 3 4 6/18 3/10 (0.3) 20/70 6/60 1/10 (0.1) 20/200 3/60 1/20 (0.05) 20/400 1/60* 1/50 (0.02) 5/300 (20/1200) 6/60 1/10 (0.1) 20/200 3/60 1/20 (0.05) 20/400 1/60* 1/50 (0.02) 5/300 (20/1200) Perception lumineuse Pas de perception lumineuse 5 9 Indéterminé ou non spécifié * Ou compte les doigts (CLD) à 1 mètre. Note: Le terme de déficience visuelle dans H54 comprend la catégorie 0 pour une déficience visuelle légère ou absente, catégorie 1 pour modérée, 2 pour sévère, 3, 4 et 5 pour la cécité et la catégorie 9 pour indéterminé ou non spécifié. Le terme de «base vision» inclus dans la précédente révision a été remplacée par les catégories 1 et 2 pour éviter la confusion avec les cas qui nécessitent un traitement de basse vision. Révision des titres de catégories dans le Volume 2, page 126, CIM 10 2 nd édition : Chapitre VII: Maladies des yeux et des annexes H54.- Déficience visuelle incluant la cécité (binoculaire or monoculaire) Ce code ne doit pas être utilisé à la place du code du diagnostic principal s il est connu, même si le traitement était destiné à la cécité elle-même. Quand la cause est codée, H54. peut être utilisé comme un code additionnel et optionnel. Révision des codes et addition de sous-termes dans le Volume 3 : (acquise)(congénitale)(les deux yeux)(binoculaire) H54.0 - hystérique F44.6 - mémoire R48.8 - monoculaire H54.4 4

- nuit H53.6 - - déficience en Vitamine A E50.5 - un oeil (autre oeil normal) H54.4 - - basse vision, autre oeil H54.1H54.4 Défaut, défectueux déficient, déficience (fonction) - tolérance, glucose R73.0 - visuelle - - binoculaire H54.9 - - - légère H54.3 - - - modérée H54.2 - - - sévère H54.1 - - monoculaire - - - modérée H54.6 - - - sévère H54.5 Pauvre... - jet urinaire R39.1 Problème (relié à)(avec)... - vue H54.9 Vision, visuelle - binoculaire, suppression H53.3 - trouble, flou H53.8 - - hystérique F44.6 - défaut, défectueux NCA H54.9 - halos H53.1 - perte H54.9 - - les deux yeux H54.3H54.1 - - totale, avec ou sans perception lumineuse voir cécité - - un oeil H54.5 - - soudain H53.1 - basse (les deux yeux) H54.2 - - un oeil (autre oeil normal) H54.6 - - - cécité, autre oeil H54.4 - perception, simultanée sans fusion H53.3 5