ICC-01/04-01/06-HNE-14



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ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 2/11 SL PT http://udps.org/textes-forum/asadho-081299.html RAPPORT DE l ASADHO SUR LE CONFLIT INTER-ETHNIQUE HEMA-LENDU EN TERRITOIRE DE DJUGU DANS LA PROVINCE ORIENTALE SOMMAIRE INTRODUCTION I. ETAT DE LIEU 1 EMPLACEMENT GEOGRAPHIQUE 2 POPULATION 3. DONNEES ECONOMIQUES II. DONEES HISTORIQUES SUR LA COHABITATION INTERETHNIQUE 1 MOUVEMENTS MIGARTOIRES ET OPPOSITION DE CULTURES 2 DES INCIDENTS ET FAITS MARQUANTS DU PASSE 3 UN MOT SUR LES MUTUELLES A CARACTERE ETHNIQUE NI. ECLATEMENT DU CONFLIT ACTUEL 1 <~>l 'ELQUES FAITS IMMEDIA TS 2 DECLENCHEMENT DES HOSTILITES 3 EXTENSION DU CONFLIT 4 BILAN 5 TENTATIVES DE PACIFICATION CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS Décembre 1999 INTRODUCTION La République Démocratique du Congo conna t depuis une dizaine d'années une crise aiguë caractérisée par l'effondrement de l'etat La volonté sporadique de fuite en avant de la part des acteurs sociaux est une des conséquences de cette crise d'etat En effet, en l'absence de structures politiques solides et d'un cadre de décision et d'orientation nationale, les individus et les groupes sociaux veulent disposer eux-mêmes de leur propre destin sans autre intermédiaire social Une culture d'état de jungle s'enracine ainsi au fil du temps L'absenc*e d'état de droit sert d'abri aux violations systématiques et massives des normes nationales et internationales garantissant la s irete des individus et des peuples Le phénomène de " violence mter-ethnique " est au centre des préoccupation de l'asadho depuis plus de 7 ans l'asadho en est arrivée a la conviction que caractériser ce phénomène comme simple " violence interethnique " cache souvent le rôle central de l'etat dans sa survenance et des hommes politiques

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 3/11 SL PT C'est quand l'individu cesse de croire en la capacité de bienveillance de l'etat et au rôle protecteur des détenteurs du pouvoir d'etat que survient la tendance a la fierté de servir et d'appartenir a un groupe ethnique, un clan encore cohérent qui demeurent des remparts naturels quand s'évanouit l'etat. Lorsqu'un conflit interethnique franchit un certain seuil de gravite, l'asadho est d'avis qu'il convient d'y voir une forme grave de violation des droits de l'homme par les détenteurs de la puissance publique L'expérience des dernières années renseigne que ce sont les acteurs politiques qui, par action ou par impuissance sont régulièrement a la base de l'implosion des violences interethniques, même si des causes lointaines et historiques de ces derniôres peuvent parfois être trouvées Tel est le cas du conflit inter-ethmque qui a oppose les peuples Lendu aux Hema dans le District de l'ituri L'ampleur de ce conflit et les dégâts humains et matériels qu'il a engendres sont considérables L'Association Africaine de Défense des Droits de l'homme a mené des enquêtes de terrain pendant le mois d'octobre Elle a recueilli le témoignage de nombreuses personnalités, y compris des acteurs sociaux des deux groupes ethniques, des acteurs politiques originaires des deux tribus, des dirigeants des églises locales, des administrateurs territoriaux anciens et actuels et de nombreuses victimes Le présent rapport, qui rappelle également les causes lointaines du conflit, porte sur la période allant de juin a début novembre 1999 I. ETAT DE LIEU 1 EMPLACEMENT GEOGRAPHIQUE Les événements concernes par ce rapport se sont déroules dans le nord-est de la République Démocratique du Congo, dans la Province Orientale, ex-haut-zaire Kisangani est la capitale de la Province Orientale. Cette Province est traditionnellement découpée en quatre districts ou sous-régions que sont - Tshopo, chef-lieu Yangambi, - Haut-Uele, chef-lieu Isiro, - Bas-Uele, chef-lieu Buta, et - Itun, chef-lieu Bunia C'est dans le District de l'ituri que se sont déroules les affrontements dont il s'agit Ce district est directement frontalier au Soudan (par la Province soudanaise de Yei), au Nord, a l'ouganda a l'est et a la province congolaise du Nord-Kivu au Sud (par les Territoires de Béni et de Lubero). Par décret signe le 22 juin 1999 par le general de brigade James KAZINI, officier de l'armée ougandaise qui occupe cette partie du pays, le district de l'ituri a été fusionne avec celui voisin du Haut-Uele pour former une nouvelle " province ", dite du KIBALI-ITURI Le même décret désignait Mme Adèle LOTSOVE MUGISA, alors membre du RCD/Wamba passée depuis au MLC (J -P Bemba), comme " gouverneur " de la nouvelle " province " Le District de l'ituri est lui-même subdivise en cinq Territoires ou Zones Ces Territoires sont Mambasa, ArurMahagi, Irumu et Djugu Djugu est le Territoire éj se déroulent les affrontements entre les peuples Lendu et Hema- Gegere Ce Territoire est a son tour subdivise en cinq Collectivités - Collectivité des Walendu-Pitsi, - Collectivité des Walendu-Djatsi, - Collectivité des Walendu-Tatsi, - Collectivité des Bahema-Banywagi, et

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 4/11 SL PT - Collectivité des Bahema-Badjere 2. Population Selon des chiffres communément admis (il n'y a pas eu de recensement depuis plusieurs années), le District de l'ituri compterait environ 3 500 000 personnes reparties entre les ethnies. Lendu, Hema, Alur, Bira, Nyan, Mambisa, Ndo-Okebo, Lugbwara, Kakwa, Logo, Lèse, Ngiti Les Ngiti, appelés aussi Lendu-Bmdi, sont établis dans le Territoire d'irumu Ils appartiennent donc a la grande famille des peuples Lendu, qui sont de souche soudanaise. Ces derniers, formeraient, a eux seuls, près de la moitié 1 de la population de l'ituri Ils sont, avec les Hema, les ethnies les plus influentes de la contrée. Les Hema sont essentiellement établis dans les Territoires de Djugu et d'irumu Ils sont eux aussi subdivises en deux groupes Ceux du sud, qui ont conserve'leur culture et même la langue, sont souvent appelés "Banyoro" tandis que ceux du Nord les "Bagegere" s'etaienst mêles aux Lendu Ils s'expriment d'ailleurs en kilendu et en ont fait leur langue maternelle contrairement a leurs frères du sud Les Gegere sont a la fois commeriants et éleveurs, mais plus encore commerçants, tandis que les Nyoro sont presque exclusivement éleveurs Evidemment, a cote des autochtones on signale, dans cette partie du pays, d'autres communautés ethniques, en particulier les Mande du Nord-Kivu établis essentiellement dans les centres urbains de Bunia et Mongbwalu Plusieurs autres ethnies du pays y sont également signalées en nombre moins important Un effectif considérable de ces groupes ethniques cites se retrouve dans le territoire en conflit de Djugu dont la superficie est de 8 730 Km2 avec une population d'environ 1 200 000 habitants C'est le Territoire le plus peuple de l'ituri 3. Donnes ctonomigues Comme dans la plupart des régions du Congo, la population ici vit essentiellement de l'agriculture. Viennent ensuite l'élevage, la pèche (Lac Mobutu) et le commerce Le district possöde en outre des potentialités énormes avec les deux puissantes centrales hydroélectriques Centrales de BUDANA et de SOLENIAMA A cette richesse s'ajoutent les mines d'or de l'okimo (Office des Mines d'or de Kilo-Moto) dont le principal centre d'exploitation, MONGBWALU, ainsi que le siège administratif, BAMBUMINES/Camp YALALA sont localises dans le Territoire de Djugu Dans la localité de KPANDROMA, Territoire de Ojugu, de nches plantations de café et des usines de traitement de café confirment la thèse qui présente Djugu comme étant le Territoire, non seulement le plus peuple, mais également le plus riche de l'ituri II. DONNEES HISTORIQUES SUR LA COHABITATION ENTRE ETHNIES 1. Mouvements migratoires et opposition de cultures Comme c'est généralement le cas a travers toute la région des Grands-Lacs de l'afrique centrale, deux cultures et traditions diamétralement opposées ont traditionnellement cohabite en Ituri. D'un cote'des agriculteurs, attaches a la terre et dont le besoin de sédentarisation pousee a la stabilité locale, critère de leur survie De l'autre des éleveurs dont le besoin pour plus d'espace pour leur bétail est a la base de leur propension a migrer et a chercher plus d'espace autour d'eux L'avânement de l'etat a impose des contraintes aux mouvements migratoires notamment en diversifiant les activités pour la survie des individus Mais la tradition pastorale, qui fait partie des réalités nationales, est restée assez profondement enracinée avec le besoin d'acquérir plus d'espace qui la caractérise Pour les pasteurs, ce besoin, de tous les temps, ne pouvait se réaliser valablement que s'ils arrivaient a accéder au pouvoir de décision dans le jeu

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 5/11 SL PT politique local des milieux o^j ils s'établissent D'Ô^J l'esprit de domination " dont les peuples pasteurs ont régulièrement été accuses Le conflit des traditions opposées, et apparemment incompatibles, entre modes de vie agricole et mode de vie pastorale va éclater lorsque les acteurs des deux tendances sont amenés a conquérir ou a garder a tout prix le haut du pave 7 dans un environnement qui de plus en plus code aux opportunités de négation de la sagesse universelle qui consacre l'égalité des peuples Le cas Itun appara t ainsi comme une miniature, ou du moins un éveil de l'antagonisme qui a ensanglante le Rwanda, reste tristement un exemple par excellence chaque fois qu'il vient de parler de la coexistence conflictuelle des peuples en Afrique. Le démon qui a fait raser des villages entiers et leurs habitants dans le Masisi et qui a justifie des barbaries épouvantables au Rwanda, a trouve un autre terrain de prédilection dans le district de l'itun qui réunit l'essentiel des conditions qui ont permis la réalisation du génocide et des barbaries au Rwanda et au Kivu Les données historiques dans l'ituri sont que les Hema (peuple classe" nilotiques " selon la terminologie des ethnologues) ont migre par petites vagues durant deux ou trois siècles sur l'espace qui s'étale sur la rive ouest du lac Mobutu (Lac Albert) Ils ont choisi de se mêler aux Lendu arrives plutôt Ce qui n'est pas le cas des Alur (autre peuple nilotique) qui eux, migrant a peu près a la même période, ont préfère pousser les Lendu devant eux, délimitant ainsi les terres acquises, ce qui a l'avantage de les épargner des menaces d'affrontements inévitables avec leurs hôtes, les Lendu Mais quand on remonte l'histoire, on trouve que les Lendu avaient aussi du chasser les Lèse et les Nyan, qui, eux-mêmes avaient auparavant chasse des mêmes terres les Mbuti (pygmees), traditionnellement présentes comme les premiers occupants Les migrations se poursuivaient même pendant l'époque coloniale Elles partaient des territoires ouest de l'actuel Ouganda 2. Des incidents et faits marquants du passe/ Si les autres groupes ethniques de l'ituri ont généralement entretenu des relations assez paisibles, la cohabitation avec les Hema a toujours été particulièrement difficile Très souvent la méfiance tourne en affrontements sanglants Plusieurs incidents ont été signales notamment durant la période coloniale Par exemple - en 1911, un chef hema, BOMERA, est assassine par les Lendu-Bmdi dans l'actuel territoire d'irumu Les affrontements qui s'ensuivent s'étendent jusque sur l'actuel territoire de Djugu - En 1923, pour prévenir d'autres incidents, l'autorité coloniale décide de délimiter les Collectivités de ce rayon qui se retrouvent de part et d'autre dans les girons des Territoires d'irumu (au Sud avec Hema-Nyoro et Lendu-Bmdi) et de Djugu (au Nord avec essentiellement les Lendu-Pitsi-Djatsi-Tatsi et les Hema-Gegere) Avant 1960 donc, les conflits qui éclataient étaient règles et contrôles par l'administration coloniale, même s'il n'est pas certain que les solutions étaient toujours équitables ou même durables Ainsi, les leaders Lendu estiment avoir été systématiquement lèses a l'époque coloniale, contrairement aux Hema qui ont massivement beneficie de facilites de scolarisation qui devaient leur permettre plus tard d'être représentes dans tous les secteurs sociaux D'après les données historiques, la vieille technique de l'administration coloniale consistant a favoriser certains groupes au détriment d'autres en faisant répandre des mythes d'infériorité' et de 'supériorité 1 pour mieux diviser les peuples colonises a bien marche dans l'ituri En l'occurrence, ce sont les hema, peuple pasteur qualifie de 'supérieur', qui a beneficie des largesses coloniales au détriment des agriculteurs Lendu marques d'un label d'infériorité Les régimes politiques successifs auraient, même après l'indépendance, perpétue cette différence de traitement en se montrant plus bienveillants envers les leaders hema qu'envers les Lendu

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 6/11 SL PT Les frustrations nées d'un sentiment, réel ou suppose, de " domination " des Lendu par les hema, sont a la base de nombreux incidents même après l'indépendance Par exemple, en 1966, suite a l'insoumission des Lendu aux autorités administratives locales, en majorité' hema, l'autorité' provinciale organise une repression qui fait de nombreuses victimes civiles Lendu En 1974, un leader Lendu, M Soma MASTAKI, crée le Parti de Liberation des Walendu (P L W) dans le but de constituer un cadre pour les revendications politiques de sa communauté 1 de plus en plus marginalisée dans la gestion des affaires du district. Mais le mouvement dérape rapidement et prend la forme d'une milice qui tend des embuscades et lance des attaques contre des civils hema La cruauté qui accompagne ces attaques terroristes est telle, par exemple, que des cas d'empoisonnement systématique des jeunes hema sont signales dans les établissements scolaires Aujourd'hui encore le sigle "P L W " est synonyme de 'poison' dans le langage populaire local. En 1975, dirigeants communautaires Lendu et Hema signent un pacte de reconciliation sous l'égide du gouverneur de région du Haut-Za re, M Assumant BUSANYA LUKILI Les neuf ans qui suivent (1975-1984) sont une période relativement calme avant que, de nouveau, les tensions reprennent lentement mais s irement Ainsi en 1993, les Ngiti et les Hema s'affrontent a nouveau dans le Territoire d'irumu faisant un grand nombre de victimes L'armée décide alors d'intervenir Des commandos du 412ôme bataillon du Mont-HAWA sont dépêches sur les lieux Sous le commandement du colonel EKUTSHU, ils recourent a l'artillerie lourde pour écraser les guerriers Lendu Des massacres de civils sont signales dans les localités de Gety-Etat, Songolo, Bukirmgi, En 1995, c'est au tour des Banyan-Kilo de s'élever contre les Hema apras la mort, dans des circonstances demeurées floues, du Chef Nyan, Monsieur KUTILO AWOPAI (c'était le 22 juillet L'autopsie avait toutefois signale une crise d'hepathite) Les Hema-Gegere, accuses d'être derrière cette mort et vaguement soup«dnnes d'entretenir des 'ambitions politiques' sur la Collectivité', sont chasses du centre de Kilo-Etat, chef-lieu de la Collectivité'des Banyari- Kilo, sur la route Bunia-Mongbwalu Leurs habitations sont saccagées II semble en tout cas que les Lendu ne se mêlent pas a ces affrontements nyan-hema, puisque les Hema vont d'ailleurs trouver refuge dans la localité 1 Lendu de KOBU a une dizaine de kilomètres du centre de Kilo En 1998, Hema et Lendu concluent a nouveau un pacte de paix en présence du Gouverneur de la Province Orientale, Monsieur Yagi SITOLO l e pacte est consolide par la création d'un organe de suivi, le "Conseil Consultatif des Chefs coutumiers de l'itun" (CO CCI) 3. A propos des mutuelles b caractère ethnique On ne finira pas de parler de cette région sans évoquer le rôle des mutuelles a caractère ethnique et qui ont contribue en quelque chose a l'eloignement des deux communautés antagonistes En effet, les Hema (Gegere et Nyoro confondus) seraient regroupes au sein de la mutuelle "ETE" (ce qui, en kihema, veut dire "vache" Vache signe de noblesse) De leur cote, les Lendu se retrouveraient dans la mutualité "LORI" (ce qui, en kilendu signifie "arbre a palabre") Pendant que les Hema croient ici renforcer leur solidarité, surtout a la lumière des affrontements réguliers dans le Territoire d'irumu dj nombreux de leurs frères périssent, les Lendu quant a eux, considarent que leur mutuelle "LORI" est une occasion et une preuve de prise de conscience Toutes les cartes sont ainsi faites pour que la division perdure Selon toute vraisemblance, les acteurs de la région croient plus aux mutuelles qu'au CO C C l III. ECLATEMENT DU CONFLIT ACTUEL

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 7/11 SL PT 1. Quelques faits immédiats Malgré la conclusion du pacte de 1998, les acteurs ne semblent pas avoir compris la nécessite'de rechercher la paix. On signale, a titre d'exemple, que des riches hema, dont une puissante famille Gegere, la famille SAVO, continuaient a s'attribuer des terres, même celles qui étaient encore litigieuses Les contestations du cots' Lendu ont commence'a être vives en ao )t 1997 dans la Collectivité-Secteur des Walendu-Pitsi. Un leader local Lendu, M NGBADHENGO GOBBA, Président du Conseil de la Collectivité, soutenait les paysans dans leurs contestations II serait même parvenu a organiser une réunion des responsables Lendu dans la concession d'un éleveur Hema-Gegere du nom de MAGBO MUGENYI, dans la localité de Tsunde, Groupement de D'ZNA Cette attitude paraît s'expliquer par le fait qu'il avait lui-même un lopin de terre menace a cote de la concession de Monsieur Singa KODJO, un autre concessionnaire hema-gegere. La tension devenant de plus en plus vive, une importante reunion est organisée le 19 juin a KPANDROMA, par Monsieur Christian NGANGA LOLO, Administrateur de Territoire de DJUGU, a l'intention des concessionnaires hema (MAGBO MUGENYI, LOBHO TSORO, MANASE SAVO, SAVO SOSTENE, SAVO PARQUET.SAMUEL UGWARO, SINGA KODJO, MATESO TSORO, ABISAY, ) et des cadres Lendu regroupes au sein de la mutualité LORI Marquee par un échange particulièrement orageux, la rencontre se termine a queue de poisson Toutefois, comme s'ils s'attendaient a quelque chose de grave, les concessionnaires hema, depuis fin mai 1999 avaient chacun une équipe de soldats ougandais de l'updf (armée gouvernementale ougandaise qui occupe le territoire) pour veiller sur leurs biens 2. Dctlenchement des hostilités Les premiers actes de violence du conflit actuel datent de fin avril 1999, dans les localités de BUBA et AGBORO a une dizaine de kilomètres de KPANDROMA Apres les témoignages recueillis par l'asadho, les mésententes entre le concessionnaire hema SINGA KODJO et ses voisins agriculteurs Lendu sont apparues lorsque celui-ci, apparemment soutenu par les autorités ougandaises/rcd, faisait évacuer les agriculteurs des terres situées autour de sa concession et dont il revendiquait la propriété Des sages et cadres Lendu avaient été arrêtes et transfères a la prison de Bunia, ce qui alors, avait provoque un soulèvement Lendu La concession de Singa KODJO avait été attaquée La tension s'était éteinte lorsque la radio annonçait leur libération. Tout était redevenu normal Mais d'autres incidents devaient être signales début juin Les concessionnaires se seraient apparemment obstines et tenaient a se rassurer de la propriété des terres jouxtant leurs concessions La tension est ainsi montée du cote des Lendu qui croyaient l'affaire clôturée l'asadho a appris que les Lendu avaient ainsi décide de détruire des biens des hema sans distinction dans le but de les contraindre a quitter leurs terres Des casses avaient effectivement été signalées La rencontre du 19 juin a Kpadroma intervenait dans un climat déjà tendu Plusieurs témoins ont confie a l'asadho que les soldats ougandais sont alors intervenus du cote des éleveurs hema D'apras ces témoins, c'est cette attitude partisane des autorités militaires ougandaises qui a aggrave la situation On signale ainsi que les militaires ougandais ont procède aux arrestations dans les milieux Lendu Ils ont aussi engage des affrontements directs avec des combattants Lendu, ce qui aurait rallume la colère et la haine contre les hema du cote Lendu Les affrontements a caractère ethnique vont effectivement débuter aprôs la rencontre houleuse du 19 juin, a Kpandroma Des tueries massives sont signalées

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 8/11 SL PT Des soldats ougandais s'en mêlent activement Le bilan des deux premiers jours (19 et 20 juin) est particulièrement lourd On avance le chiffre de 200 morts en majorité'des Hema La tension gagne spontanément plusieurs autres localités. Mardi 22 juin en pleine tension, Madame Adèle LOTSOVE MUGISA, une hema-gegere, proclame a Bunia la Province du Kibah-ltun joignant le district de l'ituri au district voisin du Haut-Uele 1 Elle s'autoproclame gouverneur de la nouvelle province L'acte de sa désignation est formellement signe 7 par un officier ougandais, le General de brigade James KAZINI, alors Commandant des troupes ougandaises en RDC Cette démarche est rapidement perçue comme une tentative visant a donner davantage de poids a la communauté 7 hema, partie au conflit Sur terrain, dans l'entre-temps, la situation ne fait qu'empirer Début juillet, le Commandant des troupes ougandaises a Bunia, le capitaine KYAKABALE dépêche une unité dans la zone en conflit Les informations sont que les soldats ougandais, sans sommation, se seraient mis a décimer des Lendu et a ravager des villages entiers Les sources interviewes par l'asadho concordent pour accuser l'armée ougandaise de massacres des populations civiles Lendu Desempares, les Lendu auraient même envoyé une délégation de l'autre cote de la frontière pour consulter le Commandant des troupes ougandaises a PAHIDHA, localité 1 ougandaise frontalière du Congo Ce commandant était suppose 1 avoir du conflit hema-lendu une approche différente de celle de ses collogues de Bunia. Mais la démarche ne semble pas avoir profite 7 aux dirigeants Lendu qui, rentres bredouille, auraient simplement constat» qu'il ne leur restait d'autres alternatives que de " compter sur eux-mêmes " 3. Extension du conflit Une semaine après le déclenchement des affrontements a Kpandroma, les tueries sont signalées dans plusieurs localités dont TSUPU-LIBI Le conflit affecte, a ce stade, les onze Groupements de la Collectivité des Walendu-Pitsi et une partie de la Collectivité Chefferie des Ndo-Okebo II s'agit notamment de * Groupement de DZ'NA des soldats ougandais se sont voilement affrontes aux guerriers Lendu dans plusieurs localités Dans le centre de Tsupu-LIBI les affrontements auraient co ite 7 la vie a quelques centaines de personnes, essentiellement des Lendu * Même situation (affrontements UPDF-Lendu) dans le Groupement de TSUNDE * Groupement de MIBREBU Le centre de BALE a vu les boutiques et propriétés des commerçants hema incendiées * Groupements de LAUDJO et LADEDJO Le pilonnage des soldats ougandais de l'updf contre les retranchements Lendu a co )te la destruction quasi totale des Centres de Santé BLUKWA-MBI et LAUDJO de même que du Poste de Santé VIDZA * Groupement DHERA le petit centre commercial a été com platement rasades suites des affrontements * Groupement de BUBA ses deux principaux centres LOKIMA et NDEKE ont vu toutes leurs boutiques incendiées Un agent veterinaire hema, M NGADJOLE HANGKA a été chasse et tous ses biens auraient été pilles ou endommages * Groupement de ZABU un grand centre de négoce Des massacres d'une extrême cruauté s'y seraient opères Des morts d'hommes ont et0 signales dans les marches, les maisons d'habitation, sur les lieux de palabre, * Groupement de UTCHONDI son principal centre NGELENGELE est vide de sa population qui se terre dans des brousses après que les elements de l'updf, a la poursuite des guerriers Lendu, se soient livres a des massacres

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 9/11 SL PT * Groupement de DHENDO-PETRO principal centre JIBA Plus de vie Même le bâtiment de l'église catholique aurait etedetolee Les familles hema ont fui la contrée Les populations Lendu ont également fui les tirs des soldats de l'updf sur les guerriers Lendu * Groupement de LINGA massacre de civils au march» du même nom Parti donc de la Collectivité» des Walendu-Pitsi, frôlant celle des Ndo-Okebo, le conflit s'est étendu sur la Collectivité des Walendu-Djatsi. le conflit a également touche des villages Alurautre peuple nilotique. Les informations recueillies par l'asadho indique que les guerriers Lendu ont incendie» des maisons dans les villages Alur de NDALUSENE, ZAA, RHA(ici ils ont incendie le pncipal établissement scolaire Institut UTCHUNE/humanites littéraire, Pédagogique et Scientifique), LENGE( Ecole primaire catholique, dispensaire et la maternité' incendies) Pros de NGOTE (chef-lieu de la collectivité de PANDORO), juste a la bifurcation de NDJUPANINGE, ils ont incendie les ponts, des dispensaires et des bâtiments scolaires De leur cote, lesjeunes Alur ont réagi en attaquant des villages Lendu ( ou ce qui restait après les ravages de l'updf) essentiellement sur l'axe RETY-NGELENGELE-KPANDROMA- UTCHONDJI-UGWARO et autour de UKETHA (groupement enclave des Ndo-Okebo, peuple trôs proche des Lendu). Apres ces attaques, les Lendu ont rapidement cesse de prendre les Alur a partie) Les affrontements ont été signales également dans les localités de LODHA, SANDUKU et un peu autour de FATAKI FATAKI serait pourtant le heu de refuge pour les familles hema Les informations recueillies par l'asadho signalent que le lieu n'est pas suffisamment s ir En début septembre, un officier ougandais y avait été abattu par deux floches empoisonnées vraisemblablement tirées par des guerriers Lendu Le conflit qui, a son origine, est a la fois foncier et mter-ethnique, a rapidement implique l'armée ougandaise qui a nettement pris parti Les guerriers Lendu, organises dans une milice du type Mai-Mai, se garniraient de gris-gris avec l'espoir d'être invulnérables. Ils livrent des combats en costume d'adam Munis d'armes rudimentaires (floches empoisonnées essentiellement), ils sont néanmoins régulièrement massacres par les unîtes de l'updf Un détail positif a néanmoins ete'signale a l'asadho: une seule Collectivité'Lendu n'a pas ete'toucheè parles incidents. Il s'agit de la Collectivité 1 des Walendu-Tatsi. Ici Hema et Lendu continueraient ci vivre en harmonie. 4. Bilan * Des morts En début septembre on avançait un bilan général de 1 200 (mille deux cents morts) Ce bilan a néanmoins été juge en deçà de la réalité par de nombreux témoins interviewes par l'asadho Les affrontements et les embuscades des guerriers Lendu notamment sur des axes routiers continuant, le nombre des victimes serait en progression Ce bilan est provisoire et ne sera exhaustif qu'après une mission d'enquête internationale Plusieurs morts des dégâts matériels ont été le plus signales dans le rayon SANDUKU - LIBI -DHERA * Des déplaces En aoit, on comptait environ 9 000 déplaces dans la localité de UGONJI, Collectivité de Djukoth, Territoire de MAHAGI Jeudi 11 novembre, la Radio locale, Radio CANDIP signalait l'arrivée de 15 000 (quinze mille) déplaces dans la localité de NIOKA, Collectivité de Pandoro, en territoire de MAHAGI Le lendemain, vendredi 12 novembre, la même radio annonçait la présence de 10 000 déplaces dans les localités de ANDRU-LAMBI et LIKOPI, Collectivité des Walendu-DJATSI 5 Tentatives de pacification

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 10/11 SL PT Lundi 5 juillet, Madame Adôle LOTSOVE tient un meeting populaire a Bunia pour expliquer a la population le bien-fondé'de la Province du Kibali-ltun Elle en profite pour lancer un appel a la cessation des hostilités entre les deux communautés Elle instruit en particulier le chef de Collectivité'des Walendu-Pitsi, Monsieur LONGBE LINGA TCHABI (un Lendu) d'amener ses sujets a cesser les hostilités Apparemment la collaboration n'est pas franche, comme peut en témoigner l'incident ciapres: Mardi 20 juillet, Monsieur Longbe, (Chef de Collectivité'des Walendu-Pitsi) revenant de Bunia a bord d'une camionnette Toyota-Stout est arrête" avec ses gardiens de corps près de FATAKI Ils sont, par la suite, passe a tabac par un groupe de Hema qui les accusent du meurtre de 2 jeunes Hema retrouves morts sur la route après leur passage Cet incident a réduit les chances de succès de la reunion Hema-Lendu qui était prévue pour le 29 du même mois La reunion était largement bafouée, une bonne partie des participants s'étant présentes en retard La reunion n'avait rien décide Durant les mois d'ao it et septembre, période d'intenses affrontements, aucune initiative majeure de pacification n'a été amorcée Certaines initiatives privées ont été signalées, notamment de l'église catholique locale Ainsi la radio locale a fait passer des messages de paix de l'eveque du Diocèse de Bunia, Mgr Leonarde DHEJJU, lus par le Vicaire general, l'abbé Etienne NDAYIKOSE Quant aux autorités rebelles RCD, elles ont récemment annonce la mise sur pied d'un " Comité" de pacification " a pied d'oeuvre depuis fin octobre II est préside par M Jacques DEPELCHIN, Commissaire General a l'administration du territoire et décentralisation du RCD/Wamba D'autre part, on ne signale pas de cas de violence majeur Néanmoins, les Hema ne peuvent pas, pour le moment, retourner dans les contrées ravagées et en majorité' Lendu IV. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS II est urgent, dans l'immédiat, de 1/ Renforcer la capacité du Comité de pacification en lui donnant notamment les moyens d'atteindre et d'organiser des rencontres suivies avec tous les acteurs du conflit La participation des églises et des ONG locales aux travaux de ce Comité serait importante a cet effet l'asadho n'est cependant pas en mesure d'évaluer le degré de confiance qu'inspiré ce Comité crée a l'initiative des autorités rebelles du RCD/Wamba Tant que l'opinion locale continuera a considérer le RCD comme ne jouissant d'aucune autonomie par rapport aux autorités ougandaises soupœnnees de parti pris dans ce conflit, il pourrait s'avérer difficile d'espérer un soutien populaire massif au profit du Comité de pacification, ainsi, l'asadho demande-t-elle aux autorites ougandaises et celles du RCD/Wamba de garantir la sefcuritc^a toutes les personnes habitant la «province», sans distinction de tribu et de ne pas attiser les conflits inter-ethniques pour justifier les massacres des populations et leur présence dans le territoire de la RDC. 2l Desarmer les bandes et milices armées. Mais cette nécessite pourrait aussi être rendue hypothétique par l'attitude partisane affichée par armée d'occupation ougandaise : 3/ Apporter de l'assistance humanitaire aux victimes, en particulier aux populations déplacées et aux blesses. A court terme : M Une enquête devrait être menée sous la responsabilité d'une autorite neutre et crédible comme le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, afin d'établir les responsabilités, notamment dans les rangs de la

ICC-01/04-01/06-788-Anx1 17-01-2007 11/11 SL PT hiérarchie militaire ougandaise et des dirigeants du RCD-ML qui revendiquent le contrôle du territoire dans lequel se sont déroules les événements déplores. 2l Les autorites ougandaises et RCD-ML devraient pouvoir accorder toutes les autorisations et droit d'aces aux organismes humanitaires tels que le Comité international de la Croix Rouge afin d'assister les déplaces et les blesses. ASADHO