ESSAIS "POMME DE TERRE"

Documents pareils
VITICULTURE 2012 V 12 / PACA 02 STRATEGIE D APPLICATION DU CUIVRE EN VITICULTURE

Evaluation de cépages résistants ou tolérants aux principales maladies cryptogamiques de la vigne

CRITERES D EXAMEN DE VARIETES EN VUE DE LEUR ADMISSION AU CATALOGUE POMMES DE TERRE (Solanum tuberosum L.) - 13/12/2013

RESULTATS DE L ESSAI VARIETES D ORGES D HIVER EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE CAMPAGNE

BILAN DE LA CAMPAGNE 2014

Fertiliser le maïs autrement

ACTION N 1 Réseau d élevages bovins laitiers en Agrobiologie

Ne laissez pas le mauvais temps détruire le fruit de votre travail!

La production de Semences potagères

Influence du changement. agronomiques de la vigne

TABLE DES MATIÈRES. PRINCIPES D EXPÉRIMENTATION Planification des expériences et analyse de leurs résultats. Pierre Dagnelie

BULLETIN de SANTE du VEGETAL Franche-Comté

Résumé Pommes de Terre des années

Bilan Carbone des interventions viticoles

Le rôle du conseil agronomique dans la compétitivité du secteur agricole. L exemple de la filière du plant de pomme de terre en Europe

PROPOSITION TECHNIQUE ET FINANCIERE

Environnement, économie, société : le maïs sur tous les fronts

Désherbage maïs. Synthèse Présentation des essais. Le protocole

Le tableau de bord de la fonction comptable

mon maïs fourrage, (GNIS) rassemble toutes les parties prenantes de la filière semences française, soit 72 entreprises de sélection,

L artisan de vos projets d espace

Bien choisir sa variété de maïs ensilage

Fiche Technique. Filière Maraichage. Mais doux. Septembre 2008

Produire avec de l'herbe Du sol à l'animal

Contexte : Objectif : Expérimentation :

les cinq étapes pour calculer les jours d avance

Partie V Convention d assurance des cultures légumières

NOP: Organic System Plan (OSP) / EOS: Description de l Unité Information et documents requis

Maïs grain irrigué. Synthèse variétale 2014

Perspectives d applications de la télédétection en grandes culture à court et moyen terme dans le Sud-Ouest

progression premiere et terminale

Informations techniques sur la culture de l ananas

CARACTÉRISTIQUES. > ÉDITION septembre 2013 RÉCOLTE Qualité des blés durs français

Modélisation et simulation du trafic. Christine BUISSON (LICIT) Journée Simulation dynamique du trafic routier ENPC, 9 Mars 2005

CAPRINS LAITIERS + BOVINS VIANDE ENSILAGE DE MAÏS

Nouveau. TRIMAXX, le raccourcisseur qui en fait un MAXX.

Sorgho grain sucrier ensilage L assurance sécheresses

La réalisation d essais en réacteur pilote en vue d une demande d homologation de digestat

Exercices Alternatifs. Une fonction continue mais dérivable nulle part

Exercices Alternatifs. Une fonction continue mais dérivable nulle part

Association nationale de la meunerie française

Continuité et dérivabilité d une fonction

Transformations nucléaires

FONCTION DE DEMANDE : REVENU ET PRIX

II. REVOD Plongée à l ordinateur. Septembre Plan de l exposé

RÉSULTATS DE L OBSERVATOIRE TECHNICO-ÉCONOMIQUE DU RAD Synthèse Exercice comptable 2010

Comment utiliser les graines de soja à la cuisine

CHOU BIOLOGIQUE. Evaluation d aménagements floristiques sur la répartition intra-parcellaire des auxiliaires

EVOLUTION SPATIO-TEMPORELLE DE L OCCUPATION DES ESPACES SUR LE TRIANGLE MARNAIS

L agrément des entreprises pour le conseil indépendant à l utilisation de produits phytopharmaceutiques. Ordre du jour

Valérie Roy-Fortin, agr. Bio pour tous! - 6 mars 2015

Semis direct du maïs

Cadre légal des CLD. Au Canada le développement socioéconomique relève de la juridiction des provinces

Métiers d études, recherche & développement dans l industrie

Rapport de suivi du système de télésurveillance de la carrière souterraine Nord Ouest de Saint- Sulpice-de-Cognac (I 6)

Avec quel bois. se chauffer?

Le séchage en grange du foin à l énergie solaire PAR MICHEL CARRIER AGR. CLUB LAIT BIO VALACTA

L assurance récoltes en France

Programme Agroforesterie 2006/08. Groupe de Travail GT1

Conseil Spécialisé fruits et légumes

EXPLOITATIONS PEDAGOGIQUES DU TABLEUR EN STG

ANNEXE 6 LES SYSTEMES DE RIZICULTURE DE BAS FONDS

La couverture des risques agricoles

LIDAR LAUSANNE Nouvelles données altimétriques sur l agglomération lausannoise par technologie laser aéroporté et ses produits dérivés

Calculs Computional fluide dynamiques (CFD) des serres à membrane de Van der Heide

Devenez point de chute d une ferme du réseau québécois d agriculture soutenue par la communauté (ASC)

FICHE TECHNIQUE AGRICULTURE BIOLOGIQUE Rotation. Préparation du sol. Semis

Incidence sur la siccité de différents types d emballages dans un conteneur

LA TRAME VERTE ET BLEUE DU NORD-PAS DE CALAIS

Étude des résultats des investisseurs particuliers sur le trading de CFD et de Forex en France

STRATEGIES DE CONDUITE DE L IRRIGATION DU MAÏS ET DU SORGHO DANS LES SITUATIONS DE RESSOURCE EN EAU RESTRICTIVE

Comment concevoir son lit biologique

GESTION ET VALORISATION DES CENDRES DE CHAUFFERIES BOIS

Chapitre 7. Circuits Magnétiques et Inductance. 7.1 Introduction Production d un champ magnétique

1. L'été le plus chaud que la France ait connu ces cinquante dernières années.

La filière bois énergie en Bretagne

SYSTÈMES DE SEMENCES DE L OCDE

Note de présentation du projet de loi n relative aux mines

BULLETIN DE SANTE DU VEGETAL

Etudier l influence de différents paramètres sur un phénomène physique Communiquer et argumenter en utilisant un vocabulaire scientifique adapté

Etude statistique des données fournies par la CCIJP

Formulaire d'adhésion PEFC

Journée technique ARRA Gestion quantitative de la ressource en eau

Grandes cultures n 15 du 10 mars 2015

Fiche de lecture du projet de fin d étude

UNE MEILLEURE CONNAISSANCE

CHAUFFAGE PAR LE BOIS ESPACE AQUALUDIQUE DE CARHAIX PREMIER RETOUR D EXPERIENCE APRES TROIS ANNEES DE FONCTIONNEMENT

Évaluation du potentiel du semis direct en agriculture biologique au Québec : construction d un «rouleur-crêpeur de couvre-sols» et essais à la ferme

Les questions relatives aux finances publiques, longtemps réservées aux spécialistes, sont

CECOP. Centre d études et de connaissances sur l opinion publique LES FRANCAIS ET LEUR RETRAITE. Une enquête CECOP/CSA pour Le Cercle des épargnants

Régionalisation des régimes de perturbations et implications pour l aménagement dans un contexte de changement climatique

Oscillations libres des systèmes à deux degrés de liberté

Centreur fin cylindrique pour la fabrication de moules. Le développement

Programme «maladie» - Partie II «Objectifs / Résultats» Objectif n 2 : développer la prévention

Caisse Nationale de Mutualité Agricole

ÉTATS FINANCIERS 2013

ECOLE SUPERIEURE DE L EDUCATION NATIONALE

Evaluation du LIDAR et de solutions innovantes pour la chaîne d approvisionnement du bois : les résultats du projet européen FlexWood

4. Résultats et discussion

COMMENT CONSTRUIRE UN CRIB A MAÏS?

Transcription:

ESSAIS "POMME DE TERRE" Essais "Pomme de Terre" - 1 - Essai "Blight Mop" (Programme européen 2001-2004) La P.A.I.S. a participé, en collaboration avec le GRAB, en 2001, 2002 et 2004 au programme "Blight Mop", programme européen de recherche d alternatives à l utilisation du cuivre pour lutter contre le mildiou en production biologique de pommes de terre. Plusieurs essais ont ainsi été mis en place dans les 7 pays participant à ce programme. Après deux années d évaluation variétale au cours desquelles ont été identifi ées des variétés adaptées à la production biologique (sur des critères de rendement et de tolérance au mildiou), la P.A.I.S. a réalisé en 2004 trois essais dont le but était de mettre à l épreuve diverses stratégies alternatives à l utilisation du cuivre, identifi ées dans les essais de la première phase de ce programme. Deux de ces essais (Link Farm, 2.000 m² chacun) ont été mis en place chez des producteurs bretons. L essai principal (Model Farm, 1,25 ha) a été mis en place sur la P.A.I.S., à Morlaix. 1 Protocole expérimental L essai de la P.A.I.S. avait pour objectif de tester 6 stratégies selon le principe suivant : à partir d une variété couramment utilisée et sensible au mildiou, cumuler en culture différentes stratégies alternatives devant permettre de réduire l utilisation du cuivre pour lutter contre le mildiou. Stratégie de départ : Variété sensible seule = Charlotte (témoin «sensible») = C0 Stratégies alternatives : Variété tolérante seule = Eden (témoin «résistant») = C1 Mélange variétal : Rangs alternés (2 rangs de la variété sensible alternés avec 2 rangs de la variété résistante) = C2 Plants prégermés : rangs alternés + plants mis à germer en clayettes avant plantation = C3 Plantation précoce : rangs alternés + plants prégermés + plantation précoce (un mois plus tôt que le reste de l essai) = C4 Traitement alternatif : rangs alternés + plants prégermés + plantation précoce + traitement avec engrais foliaire (Myco-Sin) = C5

Pour l essai principal (Model Farm), les stratégies testées sont cumulées et comparées les unes aux autres, et dans le cadre des essais réalisés chez les producteurs, il s agit de comparer l itinéraire technique habituel des producteurs (variété d intérêt commercial, généralement sensible) à un itinéraire alternatif (association de quelques unes des stratégies testées dans l essai principal). Pour chacune des modalités (sauf celle qui subit déjà un traitement alternatif), les blocs sont divisés en deux parties, l une traitée avec du Cuivre, l autre pas. Résultats Les résultats suivants ne concernent que les essais mis en place par la P.A.I.S. en 2004. Les données des 4 années d essai au niveau européen sont en cours d analyse. La synthèse des résultats du programme "Blight Mop" sera publiée courant 2005. 2 Les stratégies testées ne permettent pas, dans les conditions des différents essais, de se passer de cuivre pour lutter effi cacement contre le mildiou en culture biologique de pommes de terre, même si leur utilisation devrait permettre de réduire les doses de cuivre utilisées. Parmi les stratégies évaluées, le choix variétal semble être pour l instant la principale stratégie qui permette de gérer convenablement le risque mildiou. En effet, comme le montrent les résultats, une variété tolérante donne toujours de meilleurs résultats qu une variété sensible, en termes de gestion du risque mildiou, même avec l aide de différentes stratégies. 0 90 C4 - Charlotte 80 70 60 50 40 30 20 0 24/6 28/6 2/7 6/7 C5 - Charlotte C3 - Charlotte C0 - Charlotte C2 - Charlotte C5 + Charlotte C4 + Charlotte /7 14/7 18/7 22/7 C0 + Charlotte C2 + Charlotte C3 + Charlotte C1 - Eden 26/7 30/7 C1 + Eden C5 - Eden C2 + Eden C3 - Eden C4 - Eden C2 - Eden C3 + Eden C5 + Eden 3/8 7/8 11/8 C4 + Eden 15/8 19/8 Graphique 4 : Evolution des symptômes de mildiou en fonction des modalités (Model Farm) / % de feuillage touché

80 70 60 50 40 30 20 0 CO C2 C3 C4 C5 CO C2 C3 C4 C5 C1 C2 C3 C4 C5 C1 C2 C3 C4 C5 - + - + Charlotte Eden Graphique 5 : AUDPc pour l essai Model Farm / Moyennes de l essai (plus la valeur est proche de 0, plus la modalité est touchée par le mildiou) 3 La variété tolérante se comporte dans le cas de l essai toujours mieux que la variété sensible vis-à-vis du mildiou, même avec l utilisation de diverses stratégies alternatives. Cependant, les variétés tolérantes au mildiou ne sont pour le moment pas capables de se substituer aux canons commerciaux, plébiscités par les consommateurs, et qui sont, pour la plupart, peu tolérantes au mildiou. Parmi les autres stratégies proposées, le mélange variétal (rangs alternés d une variété sensible et d une variété tolérante) semble améliorer les performances de la variété la plus sensible. Ainsi, la tolérance au mildiou de la variété sensible est légèrement améliorée dans le cas d un mélange variétal (l inverse se produit pour la variété tolérante). De plus, le cuivre semble plus effi cace dans le cas d un mélange variétal. Cela constitue une piste intéressante à explorer en vue d une réduction des doses de cuivre utilisées en culture de pommes de terre. Enfi n, pour les essais réalisés en Bretagne, les conditions climatiques ont sérieusement mis à l épreuve les autres stratégies (plantation précoce rendue inintéressante à cause d une période très sèche après plantation notamment).

Ces conditions climatiques sont par ailleurs responsables d une très forte infestation de la culture par le mildiou, qui a pour conséquence un niveau de production très faible de la culture (caractérisé par des calibres de petite taille pour Charlotte, et de nombreux déchets pour Eden). Pour les essais délocalisés, les conditions de culture ont été moins diffi ciles. Les rendements obtenus sont conformes aux attentes (pour la variété tolérante). Ces essais confirment l intérêt de l utilisation du cuivre, qui réduit l impact du mildiou et augmente rendement et qualité de la production, et du mélange variétal pour les variétés les plus sensibles. 25,00 20,00 15,00 Graphique 6 : Rendement commercialisable - t/ha (essai Link Farm / Taulé) 4,00 5,00 0,00 Charlotte Eden Charlotte Charlotte Eden Charlotte Cplus CULBMS Cplus CULBMS - + Partenaires techniques et fi nanciers : - 2 - Essai de replantation (4ème génération) (Programme européen 2001-2004) Un essai variétal INRA-CIAB portant sur 97 variétés de pommes de terre a été réalisé sur la P.A.I.S. entre 2000 et 2002. À la fi n de la première année d essai (portant sur 36 variétés), 15 variétés ont été identifi ées comme possédant des caractéristiques propices à leur production en Agriculture Biologique, sur la base de critères variés (tolérance au mildiou, rendement, présentation de la récolte, qualité gustative et conservation).

A la demande des professionnels fi nanceurs de la P.A.I.S., la récolte de l essai 2000 a été replantée afi n de déterminer si l utilisation de plants autoproduits sur la ferme a des conséquences sur le comportement (rendement, tolérance aux maladies) des variétés en culture. Cette expérience est reconduite depuis 2000, selon le même protocole (essai bloc à trois répétitions, parcelle élémentaire de deux rangs de 7 plants). En 2004, la 4ème génération de plants autoproduits a ainsi été mise en terre, accompagnée d un témoin (plant "jeune" issu des collections de l INRA, obtenus dans des conditions similaires à la production de plants certifi és). Pour l année 2004, le suivi du développement de la végétation nous permet de distinguer les variétés précoces (courbes les plus à gauche), des variétés semiprécoces (au milieu) et des variétés tardives (les plus à droite). Ces précocités observées correspondent à celles des années passées et aux précocités théoriques des variétés utilisées. Par ailleurs, il n y a pas de différences de développement végétatif entre les témoins (plants jeunes) et les plants autoproduits à la ferme. 5 0 90 80 70 60 50 40 30 20 0 29/06/04 06/07/04 12/07/04 22/07/04 28/07/04 04/08/04 22/08/04 Graphique 7 : Evolution du stade phénologique (stade de développement)

Au cours de l essai, l évolution des symptômes de mildiou sur le feuillage a été évaluée, permettant de décrire des courbes d évolution de la maladie pour chaque modalité. 0 90 80 70 60 50 40 30 20 6 0 29/06/04 06/07/04 12/07/04 22/07/04 28/07/04 04/08/04 Graphique 8 : Evolution de la sévérité du mildiou (% de feuillage infesté) Ce graphique ne permet pas de différencier les témoins des modalités à plants auto-produits (courbe d évolution de la maladie très proches, voire superposées). Néanmoins, il permet de voir (dans les extrêmes) les variétés tolérantes au mildiou (partie droite, Sante et Estima) et les variétés sensibles au mildiou (partie gauche, Sirtema). Ces sensibilités observées sont conformes aux caractéristiques techniques des variétés utilisées, et à leur sensibilité théorique au mildiou. En se focalisant sur quelques variétés, on obtient une vision plus précise, montrant qu il n y a pas de différence entre les plants jeunes et les plants autoproduits, du point de vue de la sensibilité au mildiou.

Graphique 9 : Evolution de la sévérité du mildiou pour Sante, Sirtema et Désirée / % de feuillage touché 0 80 60 40 20 0 29/06/04 06/07/04 12/07/04 22/07/04 28/07/04 04/08/04 En effet, en observant l évolution des symptômes de mildiou variété par variété, on peut voir que les modalités plants jeunes et plants autoproduits ont la même évolution de maladie. 7 Il n y a pas de différence entre ces modalités pour ces trois variétés. Il en est de même pour les autres variétés évaluées. Enfi n, à la récolte, la mesure des rendements ne montre pas de grandes différences entre les modalités "plants jeunes" et plants auto-produits (de la même couleur pour une variété). La production de plants à la ferme ne conduit pas à une amélioration du comportement de la variété (rendement ou tolérance au mildiou) par son acclimatation au lieu de production.

Graphique : Rendements bruts comparés (kg pour 14 plants) 8 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Ainsi, sur l année 2004, les comparaisons réalisés entre plants jeunes et plants autoproduits sur les critères de développement végétatif (précocité), tolérance au mildiou et rendement ne permettent pas de différencier les deux modalités, quelles que soient les variétés considérées. La comparaison des résultats de 2004 avec ceux des années passées nous montre que, depuis 2000, l année (et les conditions climatiques liées à cette année) est la principale cause de fl uctuation de rendement pour une même variété que l origine et la nature des plants utilisés (certifi és ou autoproduits). En effet, l analyse des résultats année par année depuis 2000 ne permet pas de différencier clairement les modalités plants jeunes et plants autoproduits (sur les critères de rendement et de tolérance aux agresseurs, principalement le mildiou).

Plus précisément, ce graphique confi rme que, dans les 5 dernières années, l année 2003 a été la plus productive. Cela est dû au climat très sec de l année, et peu propice au développement du mildiou. Les rendements ont donc été très bons en 2003 du fait de la faible pression de mildiou. Au contraire, les années 2002 et 2004 ont été très humides et ont connu une pression de mildiou très importante, occasionnant une baisse signifi cative des rendements, pour toutes les variétés. Le phénomène est cependant moins marqué pour les variétés les plus tolérantes (Sante, Estima et Ostara, surtout en 2004). Les années 2000 et 2001 ont été moyennement propices au mildiou, donnant des rendements moyens conformes aux rendements attendus pour les variétés utilisés dans l essai. Globalement, en présence de mildiou (faiblement présent en 2000 et 2001 ou très présent en 2002 et 2004), les rendements sont infl uencés par le niveau de pression du ravageur, quelle que soit la tolérance de la variété, plus que par l origine (autoproduite ou non) des plants. 9 C est confi rmé pour 2004, où les rendements sont presque identiques entre les modalités plants jeunes et plants autoproduits (les courbes se chevauchent). En l absence de mildiou (en 2003), la variété exprime pleinement son potentiel de rendement.

Graphique 11 : Rendements obtenus par variété entre 2000 (plants jeunes) et plants autoproduits (1ère génération en 2002 à 4ème génération en 2004). 14 12 8 6 4 2 0 En conclusion, dans les conditions de notre essai, les 5 années d expérimentation n ont pas permis de différencier sur les plans du rendement et de la tolérance au mildiou des cultures issues de plants jeunes (type certifi é) de cultures issues de plants autoproduits à la ferme. En 2004, année marquée par une très forte pression de mildiou et un très faible rendement, l essai ne nous a pas permis d obtenir une quantité suffi sante et de calibre homogène de tubercules pour envisager de les replanter dans des bonnes conditions en 2005. L essai ne sera donc pas réitéré en 2005, mais les tubercules seront multipliés dans les conditions de l essai afi n de réaliser cet essai de nouveau en 2006.