Pierre Bardon Thierry Libaert LE LOBBYING

Documents pareils
ACTEURS DE LA DÉFENSE ET FACTEURS DE SÉCURITÉ

Quel contrôle de gestion pour les ONG 1?

CHARTE ETHIQUE DE WENDEL

Participation des habitants et contrats de ville Quels enjeux? Quelle mise en oeuvre?

Conseil économique et social

LA SECURITE DE VOTRE ENTREPRISE

Les chartes de France Investissement

Banque européenne d investissement. Politique de signalement

Atelier A12. Gestion du contentieux de sinistre Quelles parties prenantes?

REGLEMENT INTERIEUR. Adop tés lor s de l As se mblée Généra le E xt raord inair e de la LNV du 2 n ovembre 201 2

Grégory Bressolles L E-MARKETING

FAST RETAILING WAY (Philosophie d entreprise du groupe FR)

LES RELATIONS PUBLIQUES

Propositions de Transparency International France sur la transparence de la vie économique

SAM/TES Samenwerken voor een meer rechtvaardige maatschappij Travailler ensemble pour une société plus juste

Ghana, de l Inde, de la Jordanie, du Kenya, du Mexique, de New Zélande, du Portugal, de Serbie et du Royaume Uni.

Le recrutement éthique

Commission de la défense nationale

Avertissement Introduction Première partie À la recherche des clefs sous L Ancien Régime

Forum Pan-Africain des Secrétaires Généraux de Gouvernements

Statuts de l Association «Humanium» au 24 février 2009

(Adopté le 29 février 2012) CODE DE CONDUITE APPLICABLE AU PERSONNEL DE LA BERD

Notre approche pour les investissements en bourse

Conseil économique et social

CHARTE D ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE DU GROUPE AFD

ASSOCIATION RECONNUE D UTILITÉ PUBLIQUE SIRET CODE APE 913 E

1 - LA PRE-SELECTION.

Charte du tourisme durable

Dossier d intelligence économique. La veille. Enjeux et méthodes

MÉTHODOLOGIE DE L ASSESSMENT CENTRE L INSTRUMENT LE PLUS ADÉQUAT POUR : DES SÉLECTIONS DE QUALITÉ DES CONSEILS DE DÉVELOPPEMENT FONDÉS

Le monitoring des médias

ALLOCUTION DE M. BENJAMIN HOUNTON CHARGE DU BUREAU DU HAUT COMMISSARIAT DES NATIONS UNIES AUX DROITS DE L HOMME POUR L AFRIQUE DE L OUEST

L organisation du programme «Jeunes pousses» Rapport

Memo BATL : la nouvelle loi sur la régularisation fiscale

Réponse à la consultation de la Commission européenne concernant le cadre juridique actuel régissant le droit fondamental à la protection des données

' '(!)('( ' #$%&'# ! '! " #$%&

L AACC Customer Marketing prône une approche consensuelle et durable de l utilisation des données personnelles

Conscient de ces enjeux vitaux pour l entreprise, Vae Solis Corporate met tout en œuvre pour agir en conformité avec les plus hautes normes éthiques.

Elaboration de tableaux de bord sur l emploi (éditions 2011, 2012 et 2013)

REPERTOIRE D ENTREPRISES NATIONAL A DES FINS STATISTIQUES

La responsabilité juridique des soignants

Elaboration du plan France Numérique 2020

CHARTE ETHIQUE ACHATS

Mission Provisions Note d analyse de l exécution budgétaire 2014

Le Dossier Médical Personnel et la sécurité

Distribution et publicité télévisée

DIRECTION DES ACHATS RESPONSABILITÉ SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE. Ensemble, agissons pour des achats responsables

Français, 9 e année (FRA1D) Introduction aux affaires, 9 e et 10 e année (BBI10/BBI20) 2 périodes de 70 minutes

TABLE RONDE DES MINISTRES AFRICAINS CHARGÉS DES TIC EN PRÉLUDE À LA 42 ÈME RÉUNION DE L ICANN. Hôtel Méridien Dakar, SENEGAL.

NOTE D INFORMATION : LA FISCALITE DES FRANÇAIS ETABLIS HORS DE FRANCE ETAT ACTUEL ET EVOLUTIONS EN COURS

Forum du Conseil de l Europe pour l avenir de la démocratie. «Systèmes électoraux» Document d information à l attention des ONG intéressées

Quo Vadis Gérant Indépendant? 21 septembre 2011 Jean-Luc Epars, Partner, Legal Yvan Mermod, Partner, Audit FS

L égalité entre les femmes et les hommes. Un pilier de la politique du Groupe PPE

COMMANDITÉ DE BROOKFIELD RENEWABLE ENERGY PARTNERS L.P. CHARTE DU COMITÉ D AUDIT

Plan d Action de Ouagadougou contre la traite des êtres humains, en particulier des femmes et des enfants, tel qu adopté par la Conférence

CHARTE BUDGET PARTICIPATIF

Conférence mondiale sur les déterminants sociaux de la santé. Déclaration politique de Rio sur les déterminants sociaux de la santé

Les Cahiers du Conseil constitutionnel Cahier n 24

FACULTE DE DROIT. 1. Premier Graduat I. CYCLE DE GRADUAT. 2. Deuxième Graduat

Pamela Blake MSS, TSI, registrateure adjointe

Communiqué de presse

POLITIQUE DE DANAHER CORPORATION EN MATIERE DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Un Cabinet de Référence en Droit des Affaires. Le développement international. Une structure souple et toujours à l écoute

CODE DE BONNE CONDUITE

Accueil des PC. Le Parent correspondant. Le parent correspondant au collège. Vérifier vos coordonnées Emarger Prendre un café, un thé

Chapitre 16 Comment les entreprises fonctionnent-elles?

Réaliser la fiche de lecture du document distribué en suivant les différentes étapes de la méthodologie (consulter le support du TD!

Connaissance de l infocom en contexte multiculturel

Contrat d agence commerciale

RÉSULTAT DISCIPLINAIRE RÈGLE DE RÉUSSITE DISCIPLINAIRE Programme de formation de l école québécoise Secondaire - 1 er cycle

Répertoire des instruments juridiques nationaux En rapport avec le fonctionnement des ONG en République Démocratique du Congo

JUNIOR ESSEC CONSEIL NATIONAL DU NUMÉRIQUE. Thème de la journée de consultation : Loyauté dans l environnement numérique Junior ESSEC 09/01/2015

1 5 : M A 15 minutes d'avance

médicale canadienne, l Institut canadien d information sur la santé, Santé Canada et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

Service juridique (Bureau chargé des questions d éthique et de déontologie) Expert de domaine :

Un savoir faire juridique dans le domaine agricole

Copie préliminaire du texte authentique. La copie certifiée par le Secrétaire général sera publiée ultérieurement.

N 2345 ASSEMBLÉE NATIONALE PROPOSITION DE LOI

LA NOUVELLE LEGISLATION BELGE RELATIVE AUX PARIS SPORTIFS

Les Matinales IP&T. Les données personnelles. Le paysage changeant de la protection des données personnelles aux Etats-Unis et en Inde

Charte One Heart Spots

POLITIQUE DE GESTION DES CONFLITS D INTERETS D EXANE

Code de conduite du Label de Qualité BeCommerce pour la Vente à

38 e assemblée générale de la FANAF

Proposition de Charte éthique de l élu-e pour un renouveau démocratique et la renaissance des pratiques politiques

Identité, posture et «marque personnelle» : créer les conditions de votre Leadership!

Centre d etudes. strategiques de l Afrique. E t a b l i r d e s p a r t e n a r i a t s p o u r l a v e n i r d e l A f r i q u e

Règlement d INTERPOL sur le traitement des données

Position AMF n Notions essentielles contenues dans la directive sur les gestionnaires de fonds d investissement alternatifs

En temps que prestataire informatique, nous enjoignons tous nos clients à faire de la politique backup une priorité.

Dossier d intelligence économique. L influence. Comment mettre en place une stratégie d influence?

CHARGÉE DE COURS : Catherine Pelletier, MBA, chargée de communication, Service des communications et des relations avec le milieu, FSA

Bilan de l an 1 de SOMMAIRE RAPPORT DU COMITÉ AVISEUR DE SOLIDARITÉ JEUNESSE

CAHIER DES CHARGES Pour la mise en œuvre d une maison de santé pluridisciplinaire En Lot-et-Garonne

Responsabilité Civile Conditions Générales

OFFICE BENELUX DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE. DECISION en matière d OPPOSITION Nº du 04 avril 2013

Qu est-ce qu un avis éthique pour le Comité d éthique de santé publique? sa structure, sa portée

Transcription:

Pierre Bardon Thierry Libaert LE LOBBYING

Dunod, Paris, 2012 ISBN 978-2-10-057349-3

SOMMAIRE CHAPITRE 1 Définitions, acteurs et cibles du lobbying Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit. I Les différentes définitions du lobbying 7 1 L Assemblée nationale 7 2 Les organisations représentatives 8 3 Bruxelles 9 4 Les États-Unis 9 5 Les spécialistes 9 II Étymologie du mot lobbying 10 III Les différentes appellations du lobbying 10 1 En France 10 2 À l étranger 11 IV Les théories 12 V Les différents acteurs du lobbying 13 VI Les différentes cibles du lobbying 14 VII Les différents objectifs du lobbying 16 1 Pour une fédération professionnelle 16 2 Pour une entreprise en direct 16 3 Pour une ONG 16 VIII Les différents niveaux du lobbying 18 1 Le niveau local 18 2 Le niveau national 19 3 Le niveau européen 20 IX Le lobbying 360 20 CHAPITRE 2 Méthodes, outils et stratégies I Les méthodes 25 II Focus sur la méthode du lobbying 360 27 III Les outils du lobbying 27 IV Focus sur certains outils 28

4 LE LOBBYING 1 L intelligence économique 28 2 La veille 29 3 Les différents outils de communication 32 4 Internet et les réseaux sociaux 35 V Les stratégies 36 1 Les stratégies réactives 36 2 Les stratégies proactives 36 3 Quelles stratégies pour quels résultats? 36 4 Exemple de stratégie de lobbying d une ONG : Greenpeace en France 38 VI Les clés de succès 39 CHAPITRE 3 Métiers, formations et qualités du lobbying I Les métiers 43 1 Les métiers de généralistes 44 2 Les métiers de spécialistes 45 II Les formations 46 III Les qualités d un bon lobbyiste 47 IV La négociation 49 1 Le processus d une négociation : 49 2 Le processus d un entretien de vente 51 CHAPITRE 4 Lobbying et déontologie en France I Historique 54 II Le rôle du Parlement 55 1 Le rapport de mai 2004 55 2 Le Livre bleu du lobbying en France 55 3 La décision de l Assemblée nationale du 2 juillet 2009 56 4 La décision du Sénat du 8 octobre 2009 57 5 L augmentation des pouvoirs du Parlement 58 III La représentation de la profession 58 1 L ARPP 58 2 L AFCL 59 3 L AFCAP 60 4 Syntec Conseil en relations publics 60 IV Déontologie et autorégulation 60 1 Le contexte du code de déontologie en France 60 2 Les deux codes de conduite parlementaires 62

5 3 Les codes déontologiques des organisations professionnelles 63 4 Le rôle des ONG dans le suivi de la déontologie des campagnes de lobbying 65 V Les clés de succès du lobbying en France 67 VI Exemples de campagnes de lobbying en France 68 1 Lobbying régional 68 2 Lobbying national 70 3 Au niveau national et européen 80 CHAPITRE 5 Lobbying et déontologie en France Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit. I Bruxelles, la capitale du lobbying en Europe 84 II Historique 85 III Les caractéristiques du lobbying à Bruxelles 88 1 Brève présentation des institutions politiques de l UE 88 2 La reconnaissance officielle du lobbying 92 3 Les portes d entrée pour un lobbying à Bruxelles 92 4 Un lobbying technique 93 IV La représentation de la profession 94 V Déontologie et autorégulation 96 1 Codes déontologiques des organisations professionnelles 96 2 Les règles du Parlement 96 3 Les points polémiques 97 VI Le lobbying français à Bruxelles 100 VII Les clés de succès 102 VIII Exemples de campagnes de lobbying à Bruxelles 105 CHAPITRE 6 Lobbying et déontologie aux États-Unis I Historique 110 II Brève présentation des institutions politiques des États-Unis 111 III Déontologie et réglementation 112 IV Les chiffres du lobbying aux États-Unis 113

V Particularités du lobbying aux États-Unis 115 VI Un exemple de lobbying réussi 116 VII Le lobbying américain à Bruxelles 117 CHAPITRE 7 Les enjeux du lobbying et les critiques I Le professionnalisme 118 II La transparence 118 III Le conflit d intérêt et la corruption 118 IV Lobbying et démocratie 120 V Lobbying et inégalité 121 VI Existe-t-il une éthique du lobbying? 122 Bibliographie 126 Webographie 127 Index 128

CHAPITRE 1 Définitions, acteurs et cibles du lobbying La définition la plus courte du lobbying est l action d influence auprès des pouvoirs publics. C est également une définition qui limite son objet à une seule cible, les pouvoirs publics. I LES DIFFÉRENTES DÉFINITIONS DU LOBBYING Le développement du lobbying a conduit à un élargissement de cette première définition, notamment par le développement du nombre de cibles et des formes d actions. Autre signe de jeunesse de cette activité en France, de même qu il y a plusieurs appellations, on rencontre autant de définitions que d acteurs, certains ne prenant pas le risque de le définir. Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit. 1 L Assemblée nationale Dans sa décision de reconnaissance de juillet 2009, l Assemblée nationale ne définit pas le lobbying. Pourtant un projet de définition très complet était formulé dans le Livre bleu du lobbying de janvier 2008 qui a préparé cette décision : «Le lobbyiste représente une personne morale privée ou une catégorie spécifique d acteurs publics, au nom desquels il informe le monde politique. [ ] «En fournissant au bon interlocuteur, au bon moment, la bonne information, le lobbyiste aide le politique à prendre ses décisions en toute connaissance de cause. Le lobbyiste fournit directement au politique les informations et expertises dont il a besoin dans l exercice de ses missions. «Le lobbyiste agit par veille, anticipation ou à la demande de l acteur public. Le lobbyiste est un partenaire du politique,

8 LE LOBBYING mais il ne substitue pas à lui. [ ] Le lobbyiste est l interface entre le monde politique et son commanditaire. Le lobbyiste contribue donc également à la diffusion dans l entité qu il représente, de l information émanant du monde politique.» Le Sénat, dans son communiqué d octobre 2009, ne définit pas non plus ce qu il entend par «l activité des groupes d intérêt». 2 Les organisations représentatives Les deux principales organisations représentatives de la profession ont chacune leur propre définition. Pour l Association française des conseils en lobbying et affaires publiques (AFCL), «le lobbying est l expression iden- tifiée des enjeux de décisions législatives ou réglementaires qui seront démocratiquement adoptées. Cela passe par une information des pouvoirs publics, mais aussi, plus largement, par l information des médias, associations, experts, acteurs économiques etc. qui participent au débat public. «[ ] Le lobbying a pour vocation d expliquer, d argumenter, de convaincre en transmettant la bonne information au bon interlocuteur, au bon moment. La pression, l affrontement interviennent justement quand la concertation, le débat et la négociation ont échoué ou ont été négligés. «Le lobbying a pour objectif de défendre les droits et intérêts des entreprises, des associations ou des collectivités auprès d organismes susceptibles de prendre des décisions les affectant. C est un moyen essentiel du processus de décision démocratique, fondé sur le débat contradictoire puis l arbitrage des décideurs publics.» Pour l Association professionnelle des responsables des relations avec les pouvoirs publics (ARPP), «concrètement le rôle d un responsable des relations avec les pouvoirs publics est, en particulier, de suivre l activité législative et réglementaire, et ce, le plus en amont possible, dès la préparation des textes. «Il doit, tout au long du processus d élaboration de la loi, faire connaître les réactions, observations et propositions de son mandant. Son action se situe strictement dans le cadre de la démocratie représentative.»

DÉFINITIONS, ACTEURS ET CIBLES DU LOBBYING 9 3 Bruxelles On rencontre également des définitions différentes au niveau européen à Bruxelles. Citons trois exemples : La Commission européennee définit le lobbying comme «les activités qui visent à influer sur l élaboration des politiques et les processus décisionnels des institutions européennes.» Pour l Association européenne des cabinets de conseil en affaires publiques professionnelle e (European Public Affairs Consultancies Association, EPACA), il s agit d «une activité déterminante dans le processus démocratique, agissant comme un lien entre le monde des affaires, de la société civile et des décideurs politiques». Enfin, pour le réseau BASE (Business, Affaires publiques, Stratégie et Éthique), une organisation non gouvernementale (ONG) française, «on entend par lobbying toute activité qui consiste à procéder à des interventions destinées à influencer directement ou indirectement les processus d élaboration, d application ou d interprétation des mesures législatives, normes, règlements et plus généralement, de toute intervention ou décision des pouvoirs publics». Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit. 4 Les États-Unis Le Sénat américain définit le lobbying comme étant «la pratique visant à persuader le législateur de proposer, adopter ou s opposer à la législation ou de modifier les lois existantes». 5 Les spécialistes Pour Christian Marcon et Nicolas Moinet, le lobbying «consiste à influencer une décision en présentant de manière ouverte les clés d analyse d un problème, ses tenants et ses aboutissants». Pour Noël Pons, le lobbying se définit comme «une activité destinée à influencer des responsables afin d obtenir une solution favorable à un groupe de pression». Pour Miia Jaatinen, le lobby consiste «à influencer la prise de décision politique par une communication destinée aux parties prenantes du processus politique de l objet concerné».

10 LE LOBBYING Pour Stéphane Dessalas, le lobbying peut être simplement défini comme «un outil de communication dont l objectif est d influencer les pouvoirs». II ÉTYMOLOGIE DU MOT LOBBYING Lobby est un mot anglais qui définit un couloir ou le hall d un hôtel. Aux États-Unis, le général Grant, lors de la guerre de Sécession, a dû s installer dans un hôtel après l incendie de la Maison Blanche. Le rez-de-chaussée de l hôtel, son lobby, a été utilisé par les groupes de pression. Le mot apparaît au XIX e siècle à la Chambre des communes britannique où il désigne le grand hall dans lequel les groupes de pression circulent et tentent de rencontrer les parlementaires. Comme souvent en anglais, l usage a étendu le mot lobby à une activité, le lobbying, et aux gens qui se trouvent dans ce couloir et qui pratiquent cette activité, les lobbyistes. III LES DIFFÉRENTES APPELLATIONS DU LOBBYING 1 En France Le lobbying étant une activité récente en France et, son image n étant pas toujours positive, on y rencontre différentes appellations : Le Bureau de l Assemblée nationale, dans sa décision de reconnaissance du 2 juillet 2009, cite «les représentants d intérêts publics ou privés». Celui du Sénat, dans son communiqué du 8 octobre 2009, cite «l activité des groupes d intérêt». Les entreprises françaises utilisent rarement le mot lobbying dans leur charte d organisation. Elles préfèrent utiliser «affaires européennes», «affaires publiques», «relations institutionnelles», «relations extérieures», «affaires gouvernementales» ou «réglementations». Les ONG utilisent lobbying ou plaidoyer lorsque le programme a un objectif humanitaire. Concernant ceux qui pratiquent le lobbying, à la place de lobbyiste, on rencontre souvent les termes de «groupe d intérêts» ou de «groupe de pression».

DÉFINITIONS, ACTEURS ET CIBLES DU LOBBYING 11 Dunod - Toute reproduction non autorisée est un délit. Les distinctions sont souvent minimes et discutables, néanmoins, nous pouvons discerner les appellations suivantes : Le groupe d intérêt est la dénomination la plus large : il désigne toute communauté de personnes réunies par des intérêts communs sans pour autant signifier une quelconque action dynamique de défense de ses propres intérêts. Le groupe d influence : la connotation est ici moins politique ou économique que d ordre intellectuel. Un think tank se range dans cette catégorie, l influence est souvent diffuse et moins polarisée vers une prise de décision. Le groupe de pression ou le lobby : les deux termes apparaissent ici synonymes même si, à la marge, le lobby peut être entendu sous forme d outil. On dira ainsi que le groupe de pression exerce un lobby efficace. Le lobby représente à la fois un groupe d individus ou une organisation, et l outil utilisé pour exercer cette pression. Il s agit néanmoins de querelles sémantiques peu utiles dans le champ opérationnel. Les deux principales organisations professionnelles du lobbying en France, utilisent deux appellations différentes : l Association française des conseils en lobbying et affaires publiques, qui réunit des sociétés de conseil, et l Association professionnelle des responsables des relations avec les pouvoirs publics, qui réunit des entreprises. Il convient de noter également l appellation de «communication d influence». Cette expression est complexe puisque toute communication vise à une certaine influence. Dans Machiavelli in Brussels : The Art of Lobbying the EU, le professeur van Schendelen différencie le lobbying et l influence en ce que le lobbying est une activité à temps complet alors que l influence ne serait qu une fonction secondaire de la plupart des organisations. 2 À l étranger On rencontre également différentes appellations à l étranger. Le Parlement européen utilise à la fois les mots «lobbying» et «représentant d intérêts».