Commerce international et mondialisation

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Transcription:

Commerce international et mondialisation Chapitre 5: Firmes exportatrices et firmes multinationales

5. Firmes exportatrices et firmes multinationales I. Coût fixe à l exportation et firmes hétérogènes II. Les firmes multinationales

I. Firmes hétérogènes Même dans les secteurs où il existe un grand nombre de firmes, seule une petite proportion exportent En France, il y a environs 100 000 firmes exportatrices

I. Firmes hétérogènes Seules 19% des entreprises industrielles ont une activité d exportation Le taux de participation aux exportations dépasse 40% dans la chimie, la métallurgie, l industrie du papier et l industrie plastique Aucun secteur n a un taux de participation supérieur à 50%

I. Firmes hétérogènes Taux de participation des entreprises à l export (2003):

I. Firmes hétérogènes De plus, la plupart des exportateurs ont une activité très modeste Près de 60% des exportateurs desservent un ou deux marchés seulement

I. Firmes hétérogènes Pour le nombre de pays comme pour le nombre de produits exportés

I. Firmes hétérogènes La part du chiffre d affaire exporté est souvent très faible : Parmi les firmes françaises de plus de 20 salariés (2003) : 59% des exportateurs réalisent moins de 5% de leur chiffre d affaire à l exportation Seulement 9% des exportateurs réalisent plus de la moitié de leur chiffre d affaire à l export

I. Firmes hétérogènes L essentiel des exportations françaises est donc réalisé par un très petit nombre de firmes 1% des exportateurs réalisent 68% des exportations

I. Firmes hétérogènes Ce n est pas simplement le reflet des différences de taille des entreprises : il est plus difficile d exporter pour les PME

I. Firmes hétérogènes Performances relatives des exportatrices et non-exportatrices : Total industrie et quelques exemples sectoriels (firmes françaises de plus de 20 salariés) Secteur Emploi Salaire Intensité Capitalistique Productivité (PGF estimée) Moyenne 3,91 1,14 1,75 1,19 Habillement 1,65 1,54 3,29 1,65 Chimie 2,5 1,05 1,19 0,73 Plastiques 1,97 1,09 1,51 1,01 Machines et équipements 2,48 1,06 1,58 1,04 Radio-TV-Com. 6,47 1,19 3,35 1,15 Instruments de précision 3,11 1,14 2,18 1,08 Automobile 0,26 1,08 1,80 1,11 Textile 1,94 1,22 1,30 1,35

I. Firmes hétérogènes Mélitz (2003) propose un modèle théorique expliquant ces faits stylisés : Concurrence monopolistique Firmes hétérogènes : chaque firme a un niveau de productivité différent Il y a beaucoup de firmes peu productives, et peu de firmes très productives Chaque firme qui exporte doit payer : Un coût de transport (sur chaque unité vendue) Un coût fixe : Mise aux normes Recherche d un distributeur Publicité Traduction des notices

I. Firmes hétérogènes Les firmes à faible productivité : Produisent des variétés relativement chères Ne peuvent espérer que des parts de marché limitées Les profits attendus sur un marché d exportation sont faibles Si les profits attendus sont inférieurs au coût fixe, elles n exportent pas Les firmes les plus productives (et les plus grandes) exportent, les moins productives ne servent que le marché domestique

I. Firmes hétérogènes Impact de l ouverture commerciale Les firmes les plus efficaces exportent Elles gagnent des parts de marché à l étranger La concurrence augmente Sur chaque marché, les firmes les moins efficaces sont évincées (effet de rationalisation) : La productivité moyenne augmente (les parts de marché et l emploi des firmes plus productives augmentent) Les prix moyens diminuent (les variétés les plus chères disparaissent)

I. Firmes hétérogènes Conclusion : Commerce intra-branche Sans avantage comparatifs Mais avec des effets pro-compétitifs et de rationalisation A l intérieur des secteurs, des inégalités entre firmes émergent: toutes les entreprises ne gagnent pas à l ouverture L ouverture commerciale ne se limite pas à baisse des coûts de transport et des droits de douanes l harmonisation des normes, l apprentissage des langues étrangères ( ) compte aussi, pour le coût fixe. Les politiques domestiques comptent aussi pour la performance à l exportation.

5. Firmes exportatrices et firmes multinationales I. Coût fixe à l exportation et firmes hétérogènes II. Les firmes multinationales

Définition : Une firme multinationale est une entreprise qui possède au moins une unité de production à l étranger (filiale) On considère comme une filiale d'une firme A, toute entreprise détenue à hauteur d'au moins 10% de son capital par la firme A Définition : Un IDE est un investissement trans-frontalier visant à acquérir (ou accroître) un intérêt durable dans une entreprise et d'avoir une influence sur sa gestion. Prise de participation minimale = 10%

En 2003 : 65 000 FMN et 850 000 filiales étrangères dans tous les pays du monde. Emploi dans les filiales étrangères = 54 millions en 2001 24 millions en 1990. Chiffre d'affaire (2001) = 19 000 milliards $ = le double des exportations mondiales En 2003, les filiales étrangères produisent environ le dixième du PIB mondial et fournissent un tiers des exportations mondiales.

0 2000 4000 6000 8000 10000 12000 14000 16000 18000 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 FDI GDP

1 er approche théorique : flux de facteurs = le modèle de Mundell

1 er approche théorique : flux de facteurs = le modèle de Mundell

1 er approche théorique : flux de facteurs = le modèle de Mundell Th. de Rybczynski

1 er approche théorique : flux de facteurs = le modèle de Mundell

1 er approche théorique : flux de facteurs = le modèle de Mundell

Le modèle de Mundell a l'avantage de mettre en avant le lien entre IDE et commerce : La production à l étranger est une alternative à l'exportation. Cependant : Prédit des flux d'ide Nord-Sud alors qu'une large partie des flux est Nord-Nord. Pas de comportement stratégique des firmes. Les analyses en concurrence oligopolistique sont plus indiquées plus étudier le comportement des firmes.

Renouveau de l analyse dans les années 70-80: cadre O-L-I Ownership: actifs spécifiques à la firme, comme la main d oeuvre, les brevets, la R&D, les marques, etc. qui permettent d être compétitif à l étranger. Location: pourquoi produire sur place / exports? Coût d accès à la demande (IDE horizontal) et / ou faible coût de production (IDE vertical) Internalization: pourquoi même firme plutôt que cession de licence, ou alliance? Si les actifs spécifiques sont des biens publics à l intérieur de la firme, alors firmes multi-usines deviennent efficace, car on ne duplique pas les dépenses de R&D par exemple

L arbitrage IDE-Export L'arbitrage IDE/Export On considère une firme nationale : Q = Quantité que la firme espère vendre sur le marché étranger. m h = coût marginal, pays domestique. m f = coût marginal, pays étranger. = coût marginal du transport (ad valorem). F = coût fixe d'implantation à l étranger.

L arbitrage IDE-Export

L arbitrage IDE-Export

L arbitrage IDE-Export

L arbitrage IDE-Export

L arbitrage IDE-Export

L arbitrage IDE-Export

L arbitrage IDE-Export

L arbitrage IDE-Export

Mais les données agrégées montrent une complémentarité entre commerce et IDE