I. Substances psychoactives et leurs conséquences

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Transcription:

Cours N 6 : L Homme et les drogues. I. Substances psychoactives et leurs conséquences A. Substances psychoactives Les principales substances psychoactives sont : - Alcool - Tabac - Cannabis - Héroïne - Cocaïne Elles agissent sur le cerveau et modifient l activité mentale, les sensations et le comportement Leur usage expose à des risques et des dangers pour la santé et peut entraîner des conséquences dans la vie quotidienne. Leur usage peut engendrer une dépendance. Elles provoquent des effets somatiques (propre au corps et au physique). Les différences substances psychoactives Les substances légales : - Alcool - Tabac Leur consommation est contrôlée. Les substances illégales : - Cannabis - Cocaïne - Ecstasy - Héroïne Leur usage est interdit et réprimé par le code pénal. L interdiction porte sur la détention, la vente et la consommation. Il n y a donc pas de chiffres concernant ces données. En France, les peines sont relativement légères. 1

Médicaments détournés de leur usage : - Anxiolytiques (Benzodiazépine), qui se vendent de manière clandestine, en pharmacie et sur le marché clandestin. A petite dose, ils ont un effet d endormissement, ils diminuent l angoisse, mais à forte dose, ils agissent comme l alcool et donnent un état d ivresse. - Hypnotiques. Certains ont été retirés du marché car trop utilisés par les toxicomanes. Ils créent de l euphorie. - Antidépresseurs. Ne donnent pas un effet immédiat recherché par les toxicomanes donc sont peu utilisés. - Antalgiques, dont certains sont dérivés des opiacés. - Produits dopants. Certains les accumulent et en abusent pour obtenir des stimulations psychologiques. B. Consommations pathologiques Selon les classifications, la consommation pathologique s appelle : - Utilisation abusive Consommation nocive pour la santé (Classification Internationale des Maladies) Abus de substances (Classification Américaine du DSM) Ces 2 dénominations sont équivalentes. - Utilisation nocive : mode de consommation de toxique qui est préjudiciable pour la santé. Complications physiques ou psychiques (dépression induite par l alcool ou la drogue). Désapprobation par autrui ou par la famille. Absence de dépendance (sinon c est une dépendance et pas une utilisation nocive). Abus : Usage mal adapté. Un des critères sur 12 mois : - Utilisation continue malgré un problème familial ou professionnel. - Usage répété en situation dangereuse (conduite automobile). - Problèmes médico-légaux répétés (conduite en état d ébriété ou intoxications). - Absence de critères de dépendance. 2

Dépendance a. Altérations du comportement ou facteur psychologique (Seul critère nécessaire pour poser le diagnostic) - Manière de consommer non conforme aux habitudes du pays ou du milieu. - La façon de consommer ne tolère aucune variabilité (boit tous les jours), temps passé, abandon des autres activités, au profit d autres choses. - Résistance aux effets du toxique, déni des conséquences (ex : l alcool ne fait plus d effet). - Perte de contrôle. - Désir obsédant de toxique ou craving. b. Signes de dépendance physique (facultative) - Apparus lors d un sevrage total ou d une diminution de consommation. - «Imposent» une consommation régulière et quotidienne. - Tolérance = accoutumance progressive aux effets du toxique. - Augmentation progressive de doses de toxiques ingérées (de moins en moins d effet, besoin d augmentation des doses). [On peut développer une dépendance physique sans dépendance psychique. S il n'y a pas d altérations du comportement (dépendance psychique), on ne peut pas parler de dépendance] C. Principales conséquences sur la santé - Provocation de dépressions. - Provocation de crises d angoisse. - Retentissement familial. - Infractions liées à l usage d une substance (violence sous l effet des produits et accidents). - Aggravation de problèmes personnels, financiers ou sociaux causés ou amplifiés par les effets de la substance. - Difficultés à remplir ses obligations dans la vie professionnelle, à l école, à la maison (absences répétées, mauvaises performances au travail, baisses des résultats scolaires, absentéisme, exclusion ). 3

D. Les chiffres de la polyconsommation en France (2000) - 19% des 18-44 ans ont consommés en même temps, au moins 2 substances psychoactives à l exclusion du tabac (cannabis, alcool en général) - Dans 90% des cas, mélange alcool-cannabis. - 35% des jeunes de 17 ans ont consommé simultanément du cannabis et de l alcool. - 10% ont pris de l alcool et des médicaments. - 1,9% ont pris du cannabis et des hallucinogènes. E. La piste dopaminergique dans l addiction - L une des pistes les plus étudiées dans l addiction est l action sur la dopamine. - Les drogues stimulantes agissent sur les circuits dopaminergiques. Elles diminuent la sensation de fatigue et de sommeil. - Les amphétamines et la cocaïne stimulent la dopamine [elles augmentent la quantité de dopamine cérébrale]. - D autres substances psychoactives augmentent la libération de dopamine : tabac, alcool, ecstasy, cannabis - Stimulation d un circuit de récompense cérébrale impliquant les substances cérébrales profondes, le système limbique. Composition du système limbique : o Hypothalamus. o Hippocampe. o Amygdale. Système de récompense : o Aire tegmentale ventrale contenant les neurones à la dopamine. o Noyau accumbens : zone où il se projette. [Les malades de Parkinson ont un manque de dopamine. On leur donne de la dopamine. Certains malades développent une dépendance aux jeux. Dopamine, médiateur des addictions?] [La prise de drogue a un effet de récompense cérébrale. On veut renouveler la prise de drogue pour de nouveau «récompenser» le cerveau, c est la dépendance] F. Actions des différentes substances - Le cannabis agit par le THC (TétraHydroCannabinol). Les récepteurs au THC sont présents dans le système limbique. - Cocaïne : blocage de la recapture de la dopamine, de la noradrénaline, et de la sérotonine. Action sur le système limbique. [Blocage de la recapture plus de dopamine dans la fente synaptique et sur les récepteurs postsynaptique.] 4

- Héroïne : transformée en morphine dans le cerveau. Liaison sur les récepteurs des neurones GABA. Elle augmente la libération de dopamine. [Ces 3 substances fonctionnent différemment, mais avec même résultat : elles augmentent la quantité de dopamine dans le cerveau.] - Amphétamine et ecstasy : augmentation brutale de la libération de dopamine, de noradrénaline et de sérotonine. Epuisement des stocks de neuromédiateurs [c est pour çà qu après effet de la drogue, le sujet est extrêmement épuisé]. - Alcool : action sur les récepteurs au Glutamate et récepteurs au GABA. C est un sédatif [agit contre la douleur, l'anxiété et l'insomnie]. - Nicotine : actions multiples sur la dopamine, la sérotonine et la noradrénaline. Effets des autres composants de la cigarette agissent également, pour rendre la dépendance encore plus forte. II. Deux exemples de substances psychoactives A. Le cannabis ou haschisch 1. Composition et préparations - Plante dont le principe actif est le THC. - Différentes préparations du cannabis : o Herbe (marijuana), feuilles, tiges fleuries séchées. Mélangées au tabac. o Résine (haschisch/shit) obtenue à partir des fleurs de la plante. Plaques compressées sous forme de barrettes. Mélangées au tabac. 2. Dangers aigus du cannabis - Somnolences. - Malaises. - Tremblements. - Vomissements. - Confusions [désorientations dans le temps et l espace]. - Impressions d étouffement. - Crises d angoisse. - Pertes de la mémoire immédiate. - Augmentation du risque d accident. 5

3. Dangers de la consommation chronique de cannabis - Troubles de la concentration. - Difficultés scolaires. - Préoccupations centrées sur l obtention et la consommation du produit. - Isolement social et perte de motivation. - Risques liés au contact avec des circuits illicites de vente. - Troubles psychiatriques et notamment psychoses toxiques, altérations avec le réel, hallucinations, révélations ou aggravations des signes de la schizophrénie [psychose délirante chronique caractérisée par un autisme, une dissociation, un délire paranoïde {délire incohérent à termes multiples} et générant une perturbation par rapport au monde extérieur]. 4. Un effet positif du cannabis - Hyperesthésie, ce qui rend plus sensible. [L effet positif du cannabis ne doit pas se retrouver dans votre copie!] 5. Les chiffres récents du cannabis - 1,2 millions de consommateurs réguliers en France. - 550 000 consommateurs quotidiens parmi les 12-75 ans. - Produit illicite le plus consommé. - Consommation au moins une 1 fois dans les 30 derniers jours par : o 33% des garçons. o 22% des filles. - Usage régulier (10 fois ou plus dans les 30 derniers jours) : o 15% des garçons. o 6% des filles. - Adulte de 18-64 ans : 32% de consommation au moins 1 fois dans l année : o 12% des hommes o 7% des femmes 6. Les risques du cannabis au volant - Double le risque d être responsable d un accident mortel. - Effet dose. Plus la consommation augmente, plus le risque augmente. - Au minimum 230 morts par an sur les routes recensées du fait du cannabis. - Plus grande vulnérabilité du conducteur face à un évènement inattendu. - Risque majoré en cas de consommation en mélange avec de l alcool à cause de l effet cumulatif alcool-cannabis. Le conducteur positif au cannabis et à l alcool multiplie par 14 le risque d être impliqué dans un accident mortel. 6

B. L alcool 1. Les chiffres de l alcool en France - Dès l âge de 20 ans, un Français sur 2 consomme de l alcool au moins 1 fois par semaine. - La proportion de consommateurs quotidiens est de 10% pour les Français de 20 ans et de 65% à 60 ans. - 3,5% des Français n ont jamais bu 1 verre d alcool de leur vie. 2. Quantité d alcool «autorisée» - Les doses d alcool autorisées sans risque pour la santé déterminent un seul précis. - Les recommandations médicales sont exprimées en verres de boissons alcooliques par jour ou par semaine. - Les hommes peuvent boire sans danger 2 verres de boissons alcooliques par jour, soit 14 verres par semaine. - Les femmes peuvent boire sans danger 1 verre de boisson alcoolique par jour, soit 7 verres par semaine. (Et pas d alcool pendant la grossesse.) - Il n est pas possible de se rattraper et de boire en 1 journée sa dose de la semaine. - En une occasion, la consommation d alcool ne doit pas dépasser 4 verres alcooliques. - [1 verre alcoolique représente 10g d alcool.] 3. Effet positif de l alcool A petite dose, l alcool a un effet positif pour le système cardio-vasculaire. [Ca peut apparaître dans une copie avec énormément de précautions. Si vous n êtes pas sûrs de votre talent d orateur, gardez ce point pour vous.] 4. Facteurs de risques de dépendance à l alcool - La résistance à l alcool est le seul facteur qui augmente «objectivement» le risque de dépendance. - Ceux qui résistent le mieux à l alcool sont les plus à risques. - Les fils de pères alcooliques résistant à l alcool sont le plus souvent dépendants. - Les gens qui ne résistent pas à l alcool sont rarement dépendants. (Asie, Maghreb) - Antécédents familiaux : facteurs génétiques et effet de l exemple. - Le risque est à la fois à l inné et à l acquis. - Ceux qui ont des alcooliques dans leur famille sont 3 à 4 fois plus souvent alcooliques. - Le dernier facteur de risque est lié à la personnalité. - Les chercheurs de sensations fortes et de nouveauté boivent plus que les autres. Ils sont plus souvent ivres et se contrôlent plus difficilement. 7

5. Les signes évoquent une perte de maîtrise de la consommation d alcool - Constat en fin de journée ou de soirée que l on a consommé plus d alcool que ce que l on avait prévu. - Angoisse à l idée de ne pas disposer d alcool. - Difficulté à s abstenir de boire dans des situations à risques (conduite automobile). - Envie incontrôlable de boire. - Ivresses répétées. - Incapacité à modifier sa consommation alors qu un médecin vous a expliqué qu elle était toxique. - Tendance à augmenter les doses d alcool pour obtenir les mêmes effets. C est la tolérance. - Diminution des effets lorsque la consommation est stable. C est la tolérance également. - L alcool est nécessaire dès le matin pour démarrer la journée. - Symptôme de manque (irritabilité, anxiété et sueur) après quelques heures sans alcool. 6. Les adolescents et l alcool - Les garçons consomment plus souvent que les filles. - La consommation régulière (plus de 10 fois dans le mois) concerne 7% des ados. - Toutes les prises d alcool ne sont pas associées à une ivresse. - Moins de 10% de ceux qui consomment régulièrement s enivrent. - Les ados Français consomment moins que les britanniques (ou irlandais) et les hollandais. Leur consommation est proche de celle de l Italie. - Utilisation festive d alcool. - L alcool est vu comme un produit toxique «facile d accès». - Favorise la désinhibition et les contacts sociaux. Est utilisé pour réchauffer l atmosphère, faire fondre la glace. - Recherche physique de l ivresse rapide dans une dimension de défi et quête d anesthésie affective. 7. En pratique - Le temps essentiel est celui du repérage. - Les consommations nocives d alcool s inscrivent dans la honte, la culpabilité et le déni. 2 attitudes extrêmes sont à éviter : o La culpabilisation excessive interdisant toute prise de parole. o La banalisation ne permettant pas d engager un processus de soins. Ce document, ainsi que l intégralité des cours P1, sont disponibles gratuitement sur http://coursp1bichat-larib.weebly.com/index.html 8