Bactériologie générale

Documents pareils
Dr E. CHEVRET UE Aperçu général sur l architecture et les fonctions cellulaires

Cellules procaryotes Service histologie Pr.k.mebarek

TP N 3 La composition chimique du vivant

Chapitre 4 : cohabiter avec les micro-organismes. Contrat-élève 3 ème

Travaux dirigés de Microbiologie Master I Sciences des Génomes et des Organismes Janvier 2015

Le Test d effort. A partir d un certain âge il est conseillé de faire un test tous les 3 ou quatre ans.

Science et technique. La température et la durée de stockage sont des facteurs déterminants. Viande bovine et micro-organisme pathogène

PARTIE II : RISQUE INFECTIEUX ET PROTECTION DE L ORGANISME. Chapitre 1 : L Homme confronté aux microbes de son environnement

CHAPITRE 3 LA SYNTHESE DES PROTEINES

Pour améliorer la qualité Objectif esthétique pour l eau potable 1 mg/l

LE POINT DE VUE DE FNE

Il est bien établi que le réseau d eau hospitalier peut

EXERCICES : MECANISMES DE L IMMUNITE : pages

Végétaux Exemples d individus

Transfusions sanguines, greffes et transplantations

Compétitivité des produits laitiers locaux: vers une standardisation du «fènè», un lait spontanément fermenté au Mali

Niveau d assurance de stérilité (NAS) Hôpital Neuchâtelois Sylvie Schneider Novembre 2007

Sommaire de la séquence 7

Liste des matières enseignées

Jeu de l ingénierie écologique. mémo du joueur

Chapitre 7 : Structure de la cellule Le noyau cellulaire

4 ème PHYSIQUE-CHIMIE TRIMESTRE 1. Sylvie LAMY Agrégée de Mathématiques Diplômée de l École Polytechnique. PROGRAMME 2008 (v2.4)

Est-elle bonne à boire?

Contexte réglementaire en hygiène alimentaire

Séquence 4. La nature du vivant. Sommaire. 1. L unité structurale et chimique du vivant. 2. L ADN, support de l information génétique

Réception du tissus documentation examens sérologiques inspection préparation façonnage

Gestion des épidémies en FAM et MAS. 2 ère réunion annuelle FAM/MAS 20 mars 2015

Intrants médicamenteux en agriculture et en santé : les écosystèmes microbiens sont-ils un problème ou une solution?

3: Clonage d un gène dans un plasmide

LA MITOSE CUEEP - USTL DÉPARTEMENT SCIENCES BAHIJA DELATTRE

Problèmes de qualité du lait? Causes possibles et mesures à prendre

AUTOUR DE LA MISE BAS

TEST ELISA (ENZYME-LINKED IMMUNOSORBENT ASSEY)

4 : MÉTHODES D ANALYSE UTILISÉES EN ÉCOLOGIE MICROBIENNE

STOP à la Transmission des microorganismes!

Lecture critique. Maîtrise de la diffusion de la résistance aux antibiotiques l hôpital : le rôle de l hygiène hospitalière D. Lepelletier, N.

Sommaire de la séquence 8

Test d immunofluorescence (IF)

Prépration cutanée de l opéré

A N A L Y S E U R E N L I G N E D A G V D E S B I C A R B O N A T E S D E L A L C A L I N I T E

SURVEILLANCE DES SALARIES MANIPULANT DES DENREES ALIMENTAIRES

Rapport annuel de monitoring automatisé de la qualité de l eau

GUIDE DE BONNES PRATIQUES POUR LA COLLECTE DE PILES ET ACCUMULATEURS AU LUXEMBOURG

Vaccins du futur Atelier «Croisière dans l archipel des nouveaux vaccins»

TITRE : On est tous séropositif!

TD de Biochimie 4 : Coloration.

Les OGM. 5 décembre Nicole Mounier

1 ère manche Questions fermées

LA A RESPIRATION CELLULAIRE

BACCALAURÉAT TECHNOLOGIQUE STD ARTS APPLIQUÉS

Étape 1 : Balancer la chimie de l'eau

ANNUAIRE POUR MARCHANDISES DANGEREUSES HONGRIE. Edité par: L Association Internationale des Conseillers à la Sécurité 2012.

Qualité. Sécurité Alimentaire

Tuberculose bovine. Situation actuelle

SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES D AVENIR

Hygiène alimentaire en restauration collective

Enseignement secondaire

Hygiène alimentaire en restauration collective

STÉRILISATION. Réduction des populations. nonus 1

L ÉNERGIE C EST QUOI?

Les piscines à usage collectif Règles sanitaires. à usage collectif

Sommaire des documents de la base documentaire v /11/2013

Conférence technique internationale de la FAO

Les Arbres décisionnels

CONSTRUCTION DES COMPETENCES DU SOCLE COMMUN CONTRIBUTION DES SCIENCES PHYSIQUES

10. Instruments optiques et Microscopes Photomètre/Cuve

L univers vivant De la cellule à l être humain

Analyse & Medical. Electrovannes miniatures

Bienvenue sur la planète des insectes!

DOSSIER D'INSCRIPTION

Eau (N CAS) Non classifié Urea (N CAS) Non classifié. Version : 1.0

Traitement de l eau par flux dynamique

Ouverture d un pavillon médical : Mesures mises en œuvre pour la mise en eau et suivi bactériologique

AGREGATION DE BIOCHIMIE GENIE BIOLOGIQUE

Ventilation : Mesure et réglage des débits

2 C est quoi la chimie?

Principales causes de décès selon le groupe d âge et plus

5.5.5 Exemple d un essai immunologique

Vue d ensemble de la vie microbienne

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

AIDE-MÉMOIRE LA THERMOCHIMIE TABLE DES MATIERES

Décrets, arrêtés, circulaires

MASTER (LMD) PARCOURS MICROORGANISMES, HÔTES, ENVIRONNEMENTS (MHE)

La résistance d'agents infectieux aux médicaments antimicrobiens

5. Matériaux en contact avec l eau

Etnoka.fr. De la démocratie en France

RÉPERTOIRE RELÈVE SCIENTIFIQUE AU SERVICE DES ENTREPRISES AGROALIMENTAIRES. 2 e édition

STRUCTURE ET FONCTION DES PLURICELLULAIRES

ACIDES BASES. Chap.5 SPIESS

PROPOSITION TECHNIQUE ET FINANCIERE

EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES

Chapitre 1 : Qu est ce que l air qui nous entoure?

Transport des gaz dans le sang

Transport des gaz dans le sang

Le Livre des Infections Sexuellement Transmissibles

ne définition de l arbre.

ANTICORPS POLYCLONAUX ANTI IMMUNOGLOBULINES

GUIDE D INFORMATIONS A LA PREVENTION DE L INSUFFISANCE RENALE

Chapitre 2 : Respiration, santé et environnement.

Transcription:

Bactériologie générale I- Qu est ce qu une bactérie? C est un micro-organisme (0,5 à 5 microm) unicellelulaire C est un procaryote puisqu elle n a pas de noyau, le matériel génétique est libre dans le cytoplasme. Ces êtres primitifs ne possèdent ni réticulum, ni mitochondries, ni plastes. Ce sont les organismes les plus répandus et les plus anciens. Elles vivent en communauté, on parle de colonie bactérienne. Ceci permet leur survie. Au sein de la colonie les bactéries s échangent des gènes. C est PASTEUR qui a mis en évidence leur rôle fondamental dans la fermentation et certaines maladies. II- Structure de la bactérie A l extérieur certaines bactéries possèdent une capsule. Celle-ci est antigénique. C'est-à-dire que des anticorps peuvent être fabriqués contre elle. La capsule peut être l'agent de la pathogénicité La paroi : elle donne leur forme aux bactéries et permet donc la distinction entre les deux types de bactéries, bacille et cocci. Elle a également un rôle de protection. La constitution chimique de la paroi permet, grâce à la réaction de gram, de mettre en évidence 2 grands groupes de bactéries : les Gram + et les Gram Noyau : on parle de chromosome bactérien car il n y a pas de membrane nucléaire. Plasmides : ce sont des fragments d ADN qui portent des gènes de résistance aux antibiotiques et aux antiseptiques. Ces gènes les bactéries peuvent se les transmettre. Cette diffusion explique la diffusion de la résistance aux antibiotiques.

III- Classification La forme des bactéries et leur affinité pour les colorants constituent la base de leur classification. Les bactéries peuvent être sphériques (coques ou cocci), en forme de bâtonnet (bacilles), ou intermédiaires (coccobacilles). La plupart prennent la coloration de

Gram, les bactéries à Gram positif en bleu-violet, les bactéries à Gram négatif en rosé. Dans la nomenclature : Genre + espèce Ex : Bacillus anthracis IV- Cycle de vie Dans des conditions idéales les bactéries se multiplient très vite. La multiplication par bipartition est la plus courante chez les bactéries : le chromosome circulaire (ADN) se dédouble et la cellule se divise en deux : c'est la reproduction conforme. Une cellule mère donne deux cellules filles identiques entre elles et à la cellule mère. Dans des conditions défavorables certaines bactéries forment une spore très résistante qui pourra se transformer, quand les conditions seront plus favorables, en une nouvelle bactérie. V- Croissance Toutes les bactéries n ont pas les mêmes conditions de croissance. En général elles ont besoin de : Eau Source d'énergie Source de carbone Source azote Éléments minéraux PH neutre, alcalin ou acide Température Teneur en oxygène Il y a 4 grands types respiratoires : - aérobie stricte : elle a besoin d'oxygène pour vivre et se développer - micro aérophile : elles ne fonctionnent correctement que sous une pression réduite de dioxygène. - aérobies facultatives : peuvent utiliser toutes les voies énergétiques ou se limiter aux principales - anaérobies facultatives : ne peuvent utiliser que les fermentations.

Cette courbe de croissance bactérienne montre 4 phases : - Phase de latence - Phase exponentielle : ou le temps de génération est très rapide. Donc quand il y a prélèvement il faut un transport rapide jusqu au laboratoire. En ce qui concerne le milieu de transport il faut qu il préserve la survie des bactéries sans en favoriser la prolifération car parfois le nombre est un élément déterminant. - Phase stationnaire - Décroissance VI- Lieux de vie Tous les écosystèmes, il y en a partout. Les bactéries de l environnement sont les bactéries saprophytes qui assurent la transformation de l azote en ammoniaque. Les bactéries sont essentielles à notre survie cependant parfois elles sont pathogènes pour l homme (listéria, legionella, bacillus ) Elles peuvent également être intégrée aux animaux, aux plantes et à l homme avec lesquels elles entretiennent des relations : De symbiose De commensalisme De parasitisme 1- Bactéries commensales Elles vivent dans les flores commensales qui se constituent dès la naissance au niveau de la peau et des muqueuses. (Bouche, peau, vagin, voies aériennes, tube digestif) Rmq : un être humain possède autant de cellules qui lui sont propres que de micro-organismes

Fonction de la flore commensale colique : Aide à la digestion Action dans la synthèse des vitamines Rôle de barrière contre d autres bactéries qui pourraient être pathogènes Les bactéries commensales nous sont donc indispensables. 2- Bactéries pathogènes Elles peuvent entrainer des maladies à leur hôte. Pour cela il faut qu elles puissent s accrocher à l épithélium ou aux muqueuses. Certaines bactéries possèdent : - un pouvoir invasif : capacité à se répandre dans les tissus et à y établir des foyers infectieux - un pouvoir toxinogène = capacité à produire des toxines Dose infectante = quantité de bactéries capables de produire la maladie infectieuse. Elle varie selon les bactéries. Exotoxines = macromolécules diffusibles à l extérieur de la bactérie. Elles ont différentes cibles et donc un effet spécifique. Leur action peut être locale ou à distance. Leur action est inhibée par les anticorps. Endotoxines = ne concerne que les bactéries GRAMM Elles ont toujours le même effet En résumé, Il existe : - Bactéries pathogènes strictes : entrainent une maladie quelque soit le patient sauf dans certains cas de porteurs sains - Bactéries pathogènes opportunistes : bactéries commensales ou saprophytes devenant pathogène lorsque les défenses de l hôte sont affaiblies. C'est-à-dire quand il y a rupture de la barière cutanéomuqueuse ou lors de la destruction des flores commensales (antibios par exemple) VII- Modes de pénétration 1- La peau

2- Muqueuses respiratoires 3- Muqueuse conjonctivale (œil) 4- Muqueuse oro-digestive 5- Muqueuse génitale 6- Muqueuse urinaire VIII- Sources d infection Elles peuvent être : - Endogène = c est notre propre flore commensale qui nous rend malade - Exogène = par quelqu un d autre (porteur sain, malade, soignant), animaux, environnement IX- Voies de transmission 1- Transmission directe Obligatoires pour les bactéries fragiles car sinon elles ne survivent pas. Contact cutané, muqueux, par gouttelettes 2- Transmission indirecte Il y a un intermédiaire entre le réservoir et l hôte récepteur. Ex : eau, surface contaminée, air, alimentation, mains X- Environnement hospitalier Les contaminations sont variables, cela dépend des services, des patients La pression de sélection des antibiotiques fait que l on trouve plus facilement des bactéries multi-résistantes à l hôpital.