zones humides du Devès espaces naturels sensibles vers un programme de sauvegarde et de restauration d un patrimoine naturel à redécouvrir
Ce programme repose sur une étude réalisée par le bureau Max consultant entre 2001 et 2003 dont les conclusions globales, en termes de diagnostic et d orientations de gestion, sont présentées dans cette plaquette. Ces conclusions sont également issues d une animation et d une concertation locale auxquelles ont participé activement les élus, propriétaires, exploitants, chasseurs, pêcheurs, associations de préservation de la nature concernées à la fois par le site et son bassin d alimentation superficielle en eau. Contexte Depuis 1992, le Conseil général s est engagé dans une politique active et volontariste pour protéger et mettre en valeur les espaces naturels sensibles du Département. Dans ce cadre, l Assemblée Départementale a souhaité, en 2001, intervenir pour la préservation d un certain nombre d étangs et de marais situés sur le plateau du Devès. En effet, les zones humides sont des milieux très menacés en France : un rapport du Ministère de l Environnement (1994) indique que la moitié de la superficie des zones humides a disparu sur le territoire national en vingt-cinq ans. Cet état de fait a entraîné d une part, la raréfaction d espèces végétales et animales intimement liées à ces milieux (pour l alimentation, la reproduction ), donc un appauvrissement de la biodiversité et d autre part, une perte d autres potentialités et, plus particulièrement, celles liées à la ressource en eau (rétention en période de crue, restitution en période de basses eaux, «dépollution» naturelle). Cette réalité nationale se confirme malheureusement sur le plateau basaltique du Devès, qui comptait une centaine d étangs et de marais, il y a un demi-siècle. Une expertise du Conseil Général en 2000 a montré que 80 % des étangs et marais du Devès avaient disparu en vingt-cinq ans. Seule, une quarantaine de sites subsiste. De dimension plus ou moins modeste, ces zones ont peu intéressé les scientifiques et naturalistes. Pour sauvegarder ces zones humides qui font aussi partie de l identité du plateau du Devès, le Conseil général a décidé d engager une démarche volontariste et partenariale en lançant un programme de préservation sur 24 sites. Situation et localisation des zones humides 1 > Bains le Pécher 2 > Bains le Lac de l Œuf 3 > Barges la Dépression de Lachamp 4 > Borne le Lac de Freycenet 5 > Borne la Gimberte 6 > Ceaux d Allègre le Lac de la Ribeyre 7 > Cerzat le Lassou 8 > Cerzat le Pied du Roi 9 > Costaros le Péchay 10 > Couteuges le Lac d Espytavi 11 > Couteuges le Lac de Couteuges 12 > Couteuges le Champ du Lac 13 > Landos le Pâtural de Lachamp 14 > Loudes le Marais de Collanges 15 > Mazeyrat d Allier les Champs du lac 16 > Polignac le Lac de Marminhac 17 > Saint-Georges-d Aurac le Lacquet 18 > Saint-Jean-de-Nay et Saint-Privat-d'Allier le Lac 19 > Saint-Paulien les Pérouzes 20 > Siaugues-Sainte-Marie le Pechey 21 > Solignac-sur-Loire le Lac d Agizoux 22 > Vernassal le Pratement-la Prade
La dépression de Lachamp (Barges) le plateau du Devès Les Ceaux d'allègre caractéristiques des zones humides du Devès Des foyers de vie indispensables à beaucoup d espèces et cependant très vulnérables Lac d'agizoux (Soligna-sur-Loire) Statut foncier en 2003 La première phase de cette étude a consisté à réaliser un diagnostic écologique des sites et à mieux connaître les contextes socio-économiques qui les entourent. Contexte foncier Excepté l étang du Péchay à Costaros et le lac du Pied du Roi à Cerzat, la plupart des zones humides étudiées relèvent du domaine privé, en partie ou en totalité. Elles sont pour un grand nombre d'entre elles des biens de section attachés à des hameaux. Contexte humain Le plateau du Devès est une région agricole très dynamique, et c est dans ce contexte économique et paysager que s insèrent marais, lacs et étangs. Leurs bassins versants sont souvent cultivés, les bordures de la zone humide étant la plupart du temps pâturées, parfois fauchées ou encore délaissées. Trois sites font exception : le Lac de l œuf sur la commune de Bains, ainsi que la partie supérieure du lac des villages du Poux et de Varennes sur les communes de Saint-Jean-de-Nay et Saint-Privat-d'Allier se situent au cœur d un massif forestier ; le marais du Pécher à Bains est, quant à lui, bordé par le village de Pigeyres. Atteintes Elles ont plusieurs origines et témoignent d actions de l homme sur son milieu à plusieurs époques. Le drainage est un mal chronique qui a affecté beaucoup de zones humides du Devès. Excepté 2 sites étudiés, tous les autres ont fait l objet de tentatives de drainage en grande partie réussies au regard de l assèchement plus rapide de la zone humide. Toutefois, une valorisation agricole n était pas toujours au rendez-vous, comme cela a pu être le cas sur le lac de Darsac (commune de Vernassal). Le boisement et l enrésinement, volontaires ou indirects (par colonisation naturelle). La création d équipements : captages pour l alimentation en eau potable, infrastructures routières, plans d eau d agréments Les déchets : certains sites servent de lieu de dépôts pour des détritus divers générant des nuisances graves et contribuant à combler la zone humide. Le Lac et le petit Lac sur la commune de Saint-Paulien sont situés très proches d habitations beaucoup plus récentes et seront, à terme, complètement entourés par une zone urbanisée. Leur devenir, même s ils restent en eau, ne permet plus de les considérer comme des espaces naturels à part entière. Initialement retenus dans le cadre de l étude, ces deux sites ne figureront plus dans le réseau des zones humides naturelles du Devès.
Gentiane Pneumonanthe Comarum palustris trèfle d'eau Le Pied du Roi (Cerzat) Caractéristiques hydrologiques Les périodes humides et sèches ainsi que les niveaux de remplissage maximum ont été caractérisés par un suivi régulier des hauteurs d eau dans la zone humide. Ces informations contribuent également à mieux comprendre les modalités de remplissage et de vidange des sites, même si la compréhension des phénomènes hydrogéologiques (en souterrain) est également nécessaire. Caractéristiques floristiques Deux sites présentent un intérêt majeur en termes de richesse floristique des milieux étudiés, ce sont la tourbière du Lac de l œuf à Bains et celle du Lac à Saint-Jean-de-Nay et Saint-Privat-d Allier. La plupart des zones humides est caractérisée par des ceintures de végétation typiques des milieux humides et encore structurées dans les sites les mieux conservés : carex au centre, puis joncs et graminées en périphérie. Elles ne recèlent pas d espèces rares ou protégées. Néanmoins certaines sont remarquables et en voie de régression comme la couronne de Joncs des Chaisiers au Pied du Roi à Cerzat, la Gentiane pneumonanthe au Péchey à Siaugues-Sainte-Marie ou dans la dépression de Lachamp à Barges
Caractéristiques faunistiques Trois grandes familles, caractéristiques des milieux humides ont fait l objet d inventaires. Les libellules 36 espèces de libellules ont été recensées sur l ensemble des sites du plateau du Devès, soit le tiers des espèces métropolitaines. Une particularité, des espèces méditerranéennes ont été rencontrées en de nombreux endroits. Leur présence, très variable d un site à l autre, est essentiellement conditionnée par la présence d eau en période printanière et au début de la période estivale. Cet élément est fondamental pour que les libellules puissent se reproduire. Les batraciens L aspect le plus marquant des témoignages est une très nette diminution des populations de grenouilles. Certains sites abritent cependant encore la Grenouille rousse, le Crapaud calamite, le Triton crêté, le Triton palmé Les oiseaux d eau Les sites les plus favorables à leur présence sont, une fois encore, ceux dont la surface en eau est pérenne comme le Péchay à Costaros, par exemple. La diversité des espèces est également augmentée par le maintien d un pâturage autour du site qui favorise notamment les limicoles. Intérêt patrimonial L étude a permis de mettre en évidence la grande diversité biologique présente dans les zones humides du Devès, avec des disparités selon les sites. Elle met en lumière l intérêt des surfaces en eau libre, facteur toujours favorable à la diversité et à la richesse des populations de la flore et de la faune. Chevalier Combattant libellule (leste virens) Le champ du lac à Bannat (Couteuges) Grenouille verte Chevalier Gambette Marminhac (Polignac) Grèbe huppé libellule (plathycnemis pennipes)
prospections hydrogéologiques sur Cerzat exposition "Zones humides du Devès" valorisation pédagogique Cinq sites s'y prêteraient favorablement : le Pécher et le lac de l œuf (sur le passage du chemin de Compostelle) à Bains, le Péchay à Costaros, le lac du Poux et celui de Varennes à St-Jean-de-Nay et St-Privat-d Allier, ainsi que le Péchey à Siaugues-Ste-Marie. Cette sensibilisation constituerait une opportunité pour proposer d autres aspects de la découverte du patrimoine local et permettrait d afficher les zones humides comme éléments constitutifs de l identité du plateau du Devès. Vers leur sauvegarde et leur restauration Sur ces bases, des orientations de gestion et des actions plus concrètes ont alors pu être définies de manière consensuelle. Elles ont fait l objet d une nouvelle validation avec les acteurs concernés que ce soit à l échelle communale ou départementale. Globalement les actions portent sur quatre grands aspects. Travaux de restauration des sites Il s agit essentiellement de barrer les drains existants par un vannage ou un système de sur-verse, afin de maintenir un plan d eau, l idéal étant qu il puisse être permanent. Cette proposition concerne 17 sites. Si le sous-sol y est propice et les résultats espérés significatifs, certains de ces équipements pourraient être associés à un léger surcreusement d une portion de la zone humide. Les travaux de restauration vont aussi consister en des interventions sur les boisements naturels qui colonisent des sites tourbeux tels que le lac de l Œuf à Bains ou le lac du Poux et de Varennes à Saint- Jean-de-Nay et Saint-Privat-d Allier. Actions ou mesures conservatoires Elles portent sur : le maintien ou le rétablissement d un pâturage extensif au sein des zones humides ; la conservation des réseaux de murets, chacun contribuant à l accroissement de la diversité biologique du site. Inventaires et suivis Le diagnostic réalisé dans le cadre de l étude nécessite des compléments en termes d inventaires. Ceux-ci porteront sur des espèces faunistiques caractéristiques de ces milieux également sur des prospections hydrogéologiques. Par ailleurs, des suivis scientifiques seront nécessaires afin d évaluer l efficacité des actions entreprises. Des plans de gestion préciseront pour chacun des sites les investigations nécessaires. Animation, information et surveillance La réussite de cette démarche repose sur une concertation étroite, fréquente et entretenue avec chacun des partenaires, lors de rencontres individuelles ou collectives. Localement, les élus, les exploitants, les habitants l ont clairement exprimé. Cela s est traduit par leur participation généralement active et soutenue aux différentes réunions. Ils ont également exprimé le souhait de pouvoir organiser des sorties découvertes ponctuelles sur les sites à l attention des habitants intéressés, afin que les connaissances puissent être transmises et partagées. Une telle sortie a été organisée en juillet 2003 à Cerzat avec une participation encourageante.
La suite de ce programme En 2005, entrée dans la phase opérationnelle pour les sites où les objectifs de gestion sont partagés et validés soit 14 sites dans un premier temps. Le Conseil Général lance une mission de maîtrise d œuvre avec deux finalités : - la définition précise des travaux de restauration et le suivi des chantiers ; - la définition d outils de gestion (indicateurs, protocoles, conventions) pour chaque site. Poursuite des rencontres et de la concertation sur chacun des sites. Circulation de l exposition «Zones humides du Devès» dans les communes du Devès, avec organisation de sorties de découverte des sites. Année scolaire 2004-2005 : association à l opération portant le label national «1 000 défis pour ma planète», avec 4 projets conduits par les écoles de Bains, Cerzat, Polignac et Saint Georges d Aurac, afin de découvrir ce patrimoine, en transmettre l histoire conservée souvent oralement - et mieux le faire connaître. Lancement d une étude similaire sur 8 nouveaux sites non identifiés au démarrage du programme et proposés par les élus de certaines communes impliquées. Elle permettra de conforter le réseau existant et de lui donner plus de cohérence, la plupart de ces sites étant en connexion directe avec certains de ceux déjà inscrits dans cette démarche. À l automne 2005, premiers travaux de restauration à Cerzat sur les sites du Lassou et du Pied du Roi. Une concertation en 3 grandes étapes Juin 2001 Information au lancement de la démarche Printemps 2002 Présentation du diagnostic site par site 2003 et 2004 Présentation des conclusions de l étude de faisabilité et concertation autour des objectifs de gestion
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