Comment revaloriser l enseignement qualifiant?



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Transcription:

Adam Patrick Charlot Celine Nava Diego Scaramozzino Pauline Comment revaloriser l enseignement qualifiant? Principes de politique et d organisation scolaire Titulaires : M. Demeuse, N. Friant 3 e Bachelier Faculté de Psychologie et des sciences de l éducation Année Académique 2009 2010

Sommaire Introduction : Qu est-ce que l enseignement qualifiant?... p.3 Comment se diriger dans l enseignement qualifiant?... p.3 Pourquoi se diriger vers enseignement qualifiant : interviews d élèves.. p. 3 Volet politique : Le contrat pour l éducation : difficultés, objectifs, priorités. p.3 Volet scientifique : Statistiques...... p.5 Volet «opinions réactions» : Les intervenants p.5 Qu est-il ressorti de la table ronde?... p.6 Bibliographie.. p.7 2

INTRODUCTION 1. Qu est-ce que l enseignement qualifiant? L enseignement qualifiant définit les enseignements dans les écoles secondaires dirigés vers l apprentissage d un métier, d une profession. 2. Comment se diriger dans l enseignement qualifiant? Comment un élève en vient-il à se diriger dans l enseignement qualifiant? Voici la question à laquelle nous tenterons de répondre. En premier lieu, il convient d observer l orientation de l élève dans l enseignement qualifiant. En effet, à partir du second degré, les passages sont possibles dans toutes les orientations. Ces orientations sont l enseignement général, technique de transition, technique de qualification, artistique de transition et de qualification ainsi que l enseignement professionnel. Des attestations sont délivrées à partir de la fin de la 2 e secondaire. Il existe trois attestations différentes : l attestation d orientation A (AOA), validant la réussite et le passage dans l année supérieure, l attestation d orientation B (AOB), validant la réussite et le passage d année supérieure avec restrictions, et l attestation d orientation C (AOC), n autorisant pas le passage dans l année supérieure. Lorsqu un élève reçoit une AOB, il est dirigé vers l enseignement qualifiant. Toutefois, il a été observé que cette réussite avec restrictions peut être assimilée à un échec par l élève. Suite à cette attestation B, l enseignement qualifiant hérite d une mauvaise réputation. Ces élèves sont relégués par la société, ils deviennent des exclus. L enseignement qualifiant peut être abordé d une toute autre façon. Celui-ci se définit comme un lieu d apprentissage professionnel. Dans les établissements proposant ce type d enseignement, l élève suit une formation afin de pouvoir exercer un métier. Il est donc judicieux ne pas mettre de côté le fait qu il y ait des élèves qui choisissent eux-mêmes de se diriger vers l enseignement qualifiant. 3. Pourquoi se diriger vers enseignement qualifiant : interviews d élèves : Nous avons pour ce travail, interrogé une dizaine de personnes étudiant ou ayant étudié dans l enseignement qualifiant. Nous leur avons demandé les raisons d une telle orientation scolaire. Dans la majeure partie des cas, les personnes se sont orientées dans l enseignement qualifiant après une série d échecs dans l enseignement général, ou par AOB, afin d éviter le redoublement. Un seul sujet a choisi cette orientation de son propre chef. Il est aussi intéressant de remarquer que la plupart des élèves finissant dans l enseignement qualifiant n ont que peu de motivation à terminer leurs études. L enseignement qualifiant souffre donc effectivement d une mauvaise image, car bien trop d élève s y retrouvent par obligation et n ont, par conséquent, que peu de motivation à suivre les cours et à les réussir. VOLET POLITIQUE 1. Le contrat pour l éducation : difficultés, objectifs, priorités : La Communauté française de Belgique a créé le Contrat pour l Ecole. Ce contrat a été créé en vue de pallier certains problèmes, sinon de les faire disparaitre, au moins de réduire leurs conséquences. Le Contrat pour l Ecole est un projet qui ne pourra se réaliser que si les efforts de tous 3

sont rassemblés. Il ne prétend pas pouvoir remédier à toutes les difficultés présentes actuellement, mais simplement d aider à améliorer la situation actuelle. Le Contrat pour l Ecole se base sur quatre difficultés, six objectifs et dix priorités. Parmi les quatre difficultés, une seule retient notre attention quant à la question principale : «Certaines filières et certaines options sont alimentées par un choix négatif, vécu par les élèves comme une forme d échec et, souvent, de relégation. Cet état de fait, notamment lié à la structure et aux usages du système éducatif, est totalement contre-productif». Cela démontre bien qu il y a un réel problème de réputation de l enseignement qualifiant, qui est clairement dévalorisé. Concernant les objectifs, nous n en retiendrons que trois d entre eux. Les objectifs 4, 5 et 6 touchent, ne serait-ce qu en partie, à notre question et peut contribuer à y répondre. L objectif 4 du Contrat pour l Ecole est : «Favoriser la mixité sociale dans chaque établissement scolaire et dans chaque filière». Cet objectif décrit la façon dont les étudiants sont repartis dans les écoles, voire dans les classes. Cette répartition s effectue toujours selon la classe sociale et le niveau culturel. Il est aussi noté que selon l établissement choisi, les performances scolaires peuvent varier fortement d un établissement à l autre. Selon certaines recherches, un bénéfice non négligeable est apporté par le fait de mêler les élèves de toutes les catégories. En effet, l efficacité est augmentée tant dans le système scolaire que pour chaque personne en bénéficiant. Le but de cet objectif est de découvrir les processus engendrant la ségrégation et de les annihiler. L objectif 4 propose alors des épreuves destinées à déterminer les différences présentes entre les performances et les écoles et à observer le niveau de ségrégation sociale. L objectif 5 cite : «Mettre sur un pied d égalité les différentes filières d enseignement afin que le choix de la filière soit un choix positif». Souvent, l étudiant passe de la section générale à une section qualifiante car l école lui a attribué une attestation d orientation B, qui autorise le passage dans l année supérieure au moyen de restrictions. Il arrive cependant que des jeunes se dirigent vers l enseignement qualifiant par choix murement réfléchi. D après cet objectif, toute filière dispose d objectifs spécifiques. Une hiérarchie s est également imposée involontairement. Le Contrat pour l Ecole a pour but d égaliser les différentes filières, égalité mesurée au moyen d indicateurs, tout en réduisant les arrivées involontaires dans l enseignement qualifiant ainsi que la relégation en découlant. Les efforts résultant de cet objectif 5 visent majoritairement à diminuer les attestions moyennant restriction, avec complémentairement une augmentation de choix d orientation purement volontaire et positif. Enfin, voici l objectif 6 : «Lutter contre tous les mécanismes de relégation qui existent au niveau des établissements d enseignement». Les filières constituent effectivement une raison de la relégation. Véritablement, des élèves considérés comme plus faibles que la moyenne sont généralement redirigés de leur école de départ vers une école plus faible, où les cours sont moins poussés par exemple. L objectif 6 cherche à supprimer cette tendance, de façon à faire augmenter l intégration, qui sera mesurée à l aide d indicateurs. Viennent ensuite les priorités. Seule la priorité 4 nous a semblé appropriée à la question : «Choisir et apprendre un métier à l école». L enseignement qualifiant, par définition, apprend à des étudiants un métier, ce qui est une très grande source de motivation, tout en donnant du sens à l enseignement secondaire. Dans ce cas, il importe que les conditions d enseignement et donc d apprentissage soient les meilleures. Il est donc essentiel que les moyens attribués à l enseignement soient adaptés et que les compétences soient très bien spécifiées. La priorité 4 se divise en cinq points : - Les équipements destinés aux élèves doivent correspondre au monde du travail, des investissements doivent être exécutés afin de répondre à cette exigence. Trois orientations sont prises : le renforcement des équipements de base des écoles, une utilisation accrues des équipements régionaux, la création de centre de technologie avancée. (Contrat pour l Ecole, 2006-2007) 4

- Les stages étant sources de motivation et de réussite, leur organisation doit devenir automatique dans le 3 e degré de l enseignement technique et professionnel. (Contrat pour l Ecole, 2007-2008) - Les compétences et la formation nécessaires pour exercer un métier sont spécifiées, afin de valoriser une approche métier. (Contrat pour l Ecole, 2006-2007) - Inscrire l alternance dans l enseignement qualifiant, pour contribuer à l acquisition d un certificat de qualification. Les CEFA sont amenés à renforcer la formation générale. (Contrat pour l Ecole, 2007-2008) - Organisation de l enseignement technique et professionnel en modules. (Contrat pour l Ecole) VOLET SCIENTIFIQUE 1. Statistiques : Les statistiques sont issues du site des indicateurs de l enseignement. Nous avons repris les statistiques concernant la répartition différenciée des effectifs scolaires entre les différents niveaux, types et formes d enseignement ordinaires en 2008 : Dans le secondaire en général, le taux de retard est de 30% en moyenne. La situation est différente dans toutes les autres formes du secondaire où, quelle que soit l année d études, les taux sont près de deux fois supérieurs à ceux du général. En effet, en 3e année, le taux de retard passe de 27 % pour le général à 55 % en technique de transition, 72 % en technique de qualification, 77 % en professionnelle et plus de 90 % dans les CÉFA. La proportion d élèves de nationalité étrangère augmente dans les sections de qualification pour atteindre un maximum en professionnelle, principalement au 4e degré, type d études complémentaires où la proportion d élèves de nationalité étrangère, principalement des étudiants français, atteint 56 % en 1re année. De façon très générale, les formes d enseignement et les années d études enregistrant le plus d élèves en retard scolaire sont aussi les formes et les années les plus masculines et celles enregistrant le plus de jeunes de nationalité étrangère. (http://www.enseignement.be/index.php?page=25930&navi=2880) VOLET OPINIONS REACTIONS 1. Les intervenants : Pour cette table ronde, nous avons tout d abord sollicité Philippe Fontaine, pour son ancien poste en tant que président de la commission de l éducation de 1999 à 2001. Nous pensons que grâce à ce poste, il était intéressant de connaitre son point de vue concernant les politiques d éducations. De plus, il fut professeur de français de 1967 à 1968. Nous avons également contacté Nadine Joelants, Préfète des Etudes à l Athénée Provincial Jean d Avesnes, établissement reprenant des sections de transition ainsi que des sections qualifiantes. Enfin, nous avons fait appel à Monsieur Thierry Brenart, ancien enseignant dans un établissement professionnel, actuellement économe au nursing de La Louvière. 5

2. Qu est-il ressorti de la table ronde? Notre débat s étant principalement organisé autour de plusieurs questions, nous vous présenterons quelques questions ainsi que les idées qui nous ont paru importantes lors de la discussion. La première question porte sur l avis de nos intervenants à propos de l enseignement qualifiant. Il en ressort que l enseignement qualifiant est perçu comme un enseignement très utile, indispensable ; il est à la base du développement économique de la région. Beaucoup de chefs d entreprise sont issus de l enseignement qualifiant. Cependant, comme il a été remarqué par Philippe Fontaine, cet enseignement subit une mauvaise image depuis plus de 40 ans, car l opinion publique a beaucoup sous-estimé la qualité de ce type d enseignement. De plus, cet enseignement porte une étiquette d enseignement de relégation. Certains enseignants et parents évitent alors cet enseignement. La solution pour contrer cette dévalorisation serait donc d augmenter l information, de valoriser le métier manuel afin de redorer l image des enseignements technique et professionnel, et ce, dés le plus jeune age des enfants. La deuxième question se porte sur l image négative que doit supporter cet enseignement. Il existe plusieurs facteurs, le principal étant le facteur de relégation. Un individu qui échoue passera de l enseignement général à l enseignement technique, puis dans l enseignement professionnel. Les élèves perdent leur confiance. L argent représente un autre facteur de relégation. En effet, il est ancré dans beaucoup d esprit qu un métier intellectuel vaut mieux qu un métier manuel. La réussite personnelle et l épanouissement grâce à l enseignement qualifiant sont donc souvent oubliés. Il a aussi été souligné que les écoles font face a des problèmes de financement, et manquent alors de matériel indispensable. Le matériel présent dans les établissements est bien souvent vétuste et n est pas adapté pour le marché actuel de l emploi. De plus, les écoles étant parfois très proches géographiquement parlant, il faudrait rassembler tout les moyens, en rationalisant les enseignements. La législation est aussi un facteur de dévalorisation. Les lois sont souvent très complexes et sont incomprises par les parents. Vient alors la question sur les programmes des cours. Comme précisé par les intervenants, une formation manuelle s acquiert avec le temps, avec de l expérience, mais l idée d un socle commun a été mise en évidence. En effet, ce socle engendrerait une réduction des inégalités entre les élèves de l enseignement qualifiant et ceux de l enseignement général. L orientation est également un facteur important. En Belgique, c est bien souvent l école qui oriente l individu lors d échecs. Dans certains pays, c est un organisme extérieur qui oriente l individu dans ses études. De plus il a été souligné que l école instruit, mais éduque aussi. Il faut former le citoyen comme décrit dans le décret Mission. Nous visons l épanouissement du sujet, son développement, mais aussi son intégration dans la société. D après les intervenants, les programmes ne devraient pas être trop précis. En effet, il faut donner assez de possibilités, et donc former un élève polyvalent pouvant s intégrer dans plusieurs situations professionnelles. Actuellement, il existe des brevets qui font bien souvent concurrence à l école qualifiante. Mais dans ce genre de formation, on oublie la formation à la citoyenneté. Un autre élément important est la non-motivation des élèves. Cette non-motivation provient du sentiment d échec. L élève se retrouve obligé d étudier dans l enseignement qualifiant parce qu il a raté ; il subit donc l enseignement. Bien souvent, parents et enfants se font de faux espoirs à 6

propos de l enseignement qualifiant. Il y a bien souvent un désir de tremplin pour revenir vers l enseignement général, mais ce fait est très rare. L option est aussi un facteur de motivation, c'est-à-dire que la population est différente en fonction des options. Prenons un exemple : il y a l option horticulture, dans laquelle les élèves doivent intégrer de nombreuses connaissances, doivent parfois travailler dans des conditions inhumaines, et l option coiffure, où se trouvent beaucoup plus d élève qui sont la à la suite d échecs. L école devient alors, dans certaines situations, plus une garderie qu un instrument d éducation et d instruction. Ce climat peut influencer les élèves de bonne volonté qui sont là pour étudier et apprendre. Cela implique que le phénomène de relégation touche aussi les non relégués. L accompagnage est introduit lors de cette table ronde, comme une bonne solution. En effet, il serait très intéressant pour l élève d aller se former dans l entreprise qui possède les ressources techniques nécessaires pour cette formation. L élève apprendrait dans les vraies situations de travail. Un autre point important est la formation de l enseignant, celui-ci doit être compétent dans son métier et dans celui de l art d enseigner. Il serait aussi intéressant qu il puisse reprendre sa place au sein de l entreprise, ou recevoir des formations techniques. Pour conclure, plusieurs facteurs sont responsables de la dévalorisation de l enseignement qualifiant, facteurs tant scolaires que politiques ou sociétaux. Nous avons lors de cette table ronde évoqués plusieurs solutions à moyen et long terme. Nous pouvons résumer les solutions comme ceci : - Améliorer l information concernant cet enseignement. - Orienter et informer dés le plus jeune âge en fonction des désirs et des capacités du sujet. - Coordination entre les écoles et les entreprises. - Augmenter les ressources des écoles. - Privilégier l enseignement en alternance (école, entreprise). - Améliorer les conditions et les statuts des enseignants. BIBLIOGRAPHIE Les indicateurs de l enseignement 2008 http://www.enseignement.be/index.php?page=25930&navi=2880 Le Contrat pour l Ecole : les difficultés http://www.contrateducation.be/contrat_4diff.asp Le Contrat pour l Ecole : les objectifs http://www.contrateducation.be/contrat_6obj.asp Le Contrat pour l Ecole : les priorités http://www.contrateducation.be/contrat_10prior.asp L enseignement http://enseignement.be/index.php?page=0&navi=15 7