Analyse de l engagement de la diaspora tunisienne en Allemagne et potentialités de coopération



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Transcription:

Université de Maastricht École supérieure de gouvernance de Maastricht (Maastricht Graduate School of Governance MGSoG) Engagement de la diaspora en faveur du développement Analyse de l engagement de la diaspora tunisienne en Allemagne et potentialités de coopération Étude commanditée par GIZ 2013 Nora Ragab Elaine McGregor Dr. Melissa Siegel École supérieure de gouvernance de Maastricht

Table des matières Liste des tableaux et figures Abréviations 1. Introduction 1.1 Objectif de l étude et questionnement de la recherche 1.2. Méthodologie 2. Le concept de diaspora 3. La diaspora tunisienne : modes migratoires et antécédents 3.1. Profil de l émigration 3.2. Caractéristiques des Tunisiens vivant en Allemagne 3.3. Politiques de la Tunisie concernant la diaspora 3.4. Politiques d engagement de la diaspora en Allemagne 4. Les organisations de la diaspora tunisienne et leur engagement en faveur du développement 4.1. La diaspora tunisienne avant et après la révolution 4.2. Vue d ensemble des organisations de la diaspora tunisienne en Allemagne 4.2.1. Associations culturelles 4.2.2. Associations universitaires et estudiantines 4.2.3. Organisations commerciales et professionnelles 4.2.4. Organisations sociales et politiques 4.3. Domaines de participation au développement 4.3.1. Les «jeteurs de passerelles» 4.3.2. Promotion des investissements économiques et des transferts de connaissances 4.3.3. Projets en Tunisie et pour la Tunisie 4.4. Potentialités de coopération : répondre aux besoins de la diaspora tunisienne et de la coopération allemande au développement 4.4.1. Vue d ensemble de la coopération allemande au développement en Tunisie 4.4.2. Les besoins de la diaspora 4.4.3. Potentialités de coopération 5. Conclusion 6. Recommandations 7. Références bibliographiques Annexe A : Cartographie des organisations de la diaspora tunisienne Annexe B : guide d interview Annexe C : questionnaire

Liste des tableaux et des figures Tableau 1 : Ensemble de sous-questions Tableau 2 : Caractéristiques des personnes interrogées Tableau 3 : Principaux pays de destination des migrants tunisiens, 2012 Tableau 4 : Nombre de Tunisiens dans certains länder Figure 1 : Flux migratoires depuis la Tunisie, 2005/2006 2011/2012 Figure 2 : Niveau d éducation des migrants tunisiens, 2005/2006 à 2011/2012 Figure 3 : Émigrants tunisiens en fonction des groupes professionnels Figure 4 : Migrants tunisiens en Allemagne par tranche d âge Figure 5 : Principaux motifs d émigration vers l Allemagne, 2004 Figure 6 : Étudiants tunisiens en Allemagne, 2004-2011 Figure 7 : Types d organisations tunisiennes

Abréviations APIA API BA BMZ CIM DAAD CD FIPA GIZ ACN OTE MASSTE SEMTE SES SKEW ZAV Agence de promotion des investissements dans l agriculture Agence de promotion de l industrie Bundesagentur für Arbeit (Agence fédérale de l emploi) Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung (Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement) Centre pour la migration internationale et le développement Deutscher Akademischer Austausch Dienst (Office allemand d échanges universitaires) Coopération au développement Agence de promotion de l investissement extérieur Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit Assemblée constituante nationale Office des Tunisiens à l étranger Ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l étranger Secrétariat d État aux migrations et aux Tunisiens à l étranger Senior Experten Service (Service d experts seniors) Servicestelle Kommunen Eine Welt (Service pour les communes du monde) Zentrale Auslandsvermittlung (Espace placement international)

1. Introduction Lors des récents débats scientifiques et politiques, le discours sur la migration et le développement a suscité un intérêt croissant. Pour de Haas (2012), ce débat est comme un pendule oscillant entre pessimisme et optimisme. Alors qu initialement les effets négatifs de la migration internationale sur les pays d origine fuite des cerveaux, par exemple étaient au centre des discussions, il est reconnu, depuis quelques décennies, que la migration internationale peut contribuer de manière positive au développement des pays d origine grâce aux transferts économiques, sociaux et politiques effectués par les communautés de migrants. Il a par conséquent été demandé d aborder le débat sur la migration et le développement de manière plus nuancée en reconnaissant que la migration peut avoir à la fois des effets positifs et des effets négatifs. La Banque mondiale (2013) estime qu à l échelle mondiale le montant des envois de fonds a dépassé les 529 milliards de dollars US en 2012. Les pays en développement ont reçu 401 milliards de dollars US et souvent, dans ces pays, les afflux de fonds ont de loin été supérieurs à l aide officielle au développement. En plus de leurs contributions économiques, les transferts sociaux, culturels et politiques des migrants peuvent jouer un rôle important dans le développement des pays d origine (de Haas, 2006). C est pourquoi un intérêt croissant est porté à l engagement de la diaspora. En tant qu agents du développement, les diasporas peuvent apporter une contribution économique sous forme de transferts de fonds, d investissements, d entreprenariat transnational ou de transferts de savoirfaire et de compétences. Au niveau politique, elles peuvent faire du lobbyisme en menant des actions de sensibilisation ou en suscitant un intérêt pour le pays d origine, ou avoir une action politique directe, par exemple en participant aux élections. Les organisations de migrants interviennent souvent dans le domaine social en favorisant l intégration des membres de leurs communautés dans le pays d accueil et en soutenant le pays d origine au moyen de projets de développement communautaire (Nyberg Sørensen et al., 2003). C est ainsi que les «diasporas sont progressivement devenues d importants acteurs de la scène politique internationale» (Vertovec, 2005, p.1). Bien que ces dernières années l engagement des diasporas ait suscité un intérêt croissant, les recherches effectuées sur des communautés données de diaspora et sur leur engagement dans différents pays d accueil restent limitées. La présente étude contribue à combler ce déficit de recherche en déterminant les structures et caractéristiques de la diaspora tunisienne et en donnant une vue d ensemble des organisations et associations tunisiennes en Allemagne. Par ailleurs, elle analyse les différents domaines d engagement et les potentialités de collaboration avec la coopération allemande au développement (CD).

En s appuyant sur une approche mixte essentiellement basée sur une recherche documentaire et des entretiens qualitatifs, cette étude exploratoire a constaté que l esprit du «Printemps arabe» a non seulement influencé la société tunisienne dans le pays d origine, mais aussi les Tunisiens vivant à l étranger. Il y a eu une prise de conscience, notamment parmi la jeune génération, accompagnée d un sens plus fort d appartenance et d attachement à la Tunisie. Si, historiquement, la diaspora tunisienne en Allemagne a mis l accent sur la promotion de l intégration, la révolution a mobilisé de nombreux Tunisiens et les a poussés à agir en faveur du développement de la Tunisie. On constate par conséquent, au niveau de la diaspora, une motivation nouvelle et une volonté de contribuer aux efforts de développement et de façonner l avenir de la Tunisie. En soulignant cette prise de conscience et le nouveau cadre institutionnel de la diaspora tunisienne en Allemagne, cette étude est une des premières à analyser l engagement de la diaspora dans le contexte du Printemps arabe. Elle s efforce par ailleurs de déterminer la façon dont la coopération allemande au développement pourrait tirer parti du mouvement créé par la révolution pour soutenir les activités de développement de la diaspora en Tunisie. 1.1. Objectif de l étude et questionnement de la recherche L engagement des diasporas dépend fortement du contexte. Les diasporas n étant ni unifiées ni homogènes, il importe de comprendre leurs intérêts, aspirations, institutions et objectifs hétérogènes. Les structures d opportunité du pays d origine et du pays de résidence imposent des contraintes et offrent des possibilités, et ce sont elles qui façonnent la nature de l engagement de la diaspora. Il est donc nécessaire de mieux comprendre le contexte dans lequel se situe l engagement de la diaspora. Cette étude répond au manque de données disponibles en donnant une image de la diaspora tunisienne en Allemagne et de son engagement en faveur du développement. Elle cherche à déterminer les caractéristiques de la diaspora tunisienne en Allemagne, de ses organisations et de son engagement. De plus, elle identifie les pistes potentielles de coopération constructive avec les institutions de la coopération allemande au développement (CD). En conséquence, les principales questions auxquelles cette étude cherche à répondre sont les suivantes : - Qu est-ce qui caractérise la diaspora tunisienne en Allemagne? - Comment la diaspora contribue-t-elle au développement de la Tunisie? - Quelles sont les potentialités d une participation et d une coopération constructives avec la coopération allemande au développement? Elle cherche par ailleurs à répondre aux sous-questions suivantes :

Tableau 1 : ensemble de sous-questions Domaine Diaspora tunisienne Engagement de la diaspora Potentialités de coopération Sous-questions Quelles sont les principales caractéristiques de la diaspora tunisienne en Allemagne quant à son importance, ses antécédents et ses facteurs socioéconomiques et démographiques? Comment la diaspora est-elle organisée et qu est-ce qui la caractérise en matière d importance, de niveau d organisation et d objectifs organisationnels? Quelles activités la diaspora tunisienne mène-t-elle pour favoriser le développement de son pays d origine? Quels facteurs contextuels façonnent et influencent son engagement? Quels sont les besoins et les objectifs de la diaspora tunisienne? Quels sont les besoins de la coopération allemande au développement dans ce contexte? 1.2. Méthodologie Cette étude a été réalisée sous forme d étude exploratoire faisant appel à différentes méthodes. Pour commencer, une recherche documentaire a été effectuée pour examiner la documentation actuellement disponible sur les concepts de diasporas et analyser les documents et données statistiques existants sur la diaspora tunisienne en Allemagne (et dans d autres pays). Ensuite, des entretiens semi-structurés ont été menés avec des membres de la diaspora tunisienne activement engagés. Les entretiens individuels ont eu lieu entre juin et septembre 2013 via Skype ou par téléphone. Par ailleurs, une table ronde a été organisée lors d une réunion de réseau de plusieurs organisations de la diaspora tunisienne. Pour avoir une vue d ensemble de la coopération allemande au développement avec la Tunisie et mieux la comprendre, des entretiens semi-structurés avec le personnel de la GIZ ont été réalisés par téléphone. Enfin, pour établir un contact avec elles et recueillir des informations auprès d elles, un questionnaire a été envoyé aux organisations de la diaspora tunisienne dont il était difficile de se procurer les adresses Email ou les numéros de téléphone. Cette étude visant à répertorier les organisations tunisiennes en Allemagne et à analyser leur engagement dans le développement, elle fait des organisations de la diaspora tunisienne l unité de l analyse. Ces organisations constituent souvent des groupements d intérêts agrégés et revendiquent la représentation de leurs membres si bien qu elles sont des outils pratiques de production d informations sur la diaspora en général. Pour Bush (2008), les organisations de diaspora sont des «organisations complexes, formelles ou semi-formelles qui définissent et poursuivent des objectifs représentatifs des intérêts et aspirations de la diaspora dans son ensemble» (p.195). Toutefois, les diasporas ne sont pas des groupes homogènes, ce qui veut dire que les participants doivent être soigneusement sélectionnés pour garantir l inclusion d un éventail de points de vue et d opinions. La première étape de cette recherche a consisté à répertorier les organisations de la diaspora tunisienne en Allemagne. Le registre de commerce possède une base de données de toutes les associations

enregistrées. L utilisation des mots clés «Tunisie» et «tunisien» ou «tunisienne» a permis d identifier 62 organisations pertinentes. Le registre présente toutefois un inconvénient : il ne donne généralement que les adresses postales des organisations et, dans certains cas, que le nom de la ville dans laquelle elles sont situées. Une recherche sur Internet a par conséquent été effectuée pour recueillir des coordonnées supplémentaires. De plus, la recherche sur Internet a également permis de découvrir des organisations qui n étaient pas officiellement enregistrées, mais dont il a néanmoins été tenu compte dans l étude. Au total, 82 organisations ont été identifiées (66 enregistrées et 16 non enregistrées). 27 d entre elles seulement disposaient d un numéro de téléphone ou d une adresse Email (active). Huit organisations ne disposaient d aucune coordonnée. Les 43 organisations restantes, pour lesquelles on ne disposait que d adresses postales, ont été informées de l étude par courrier auquel était joint un questionnaire sur papier (voir annexe C). Malgré ces efforts, aucune réponse n a été fournie pour les questionnaires sur papier. De plus, une proportion considérable (21 sur 43) de ces lettres sont revenues avec la mention «inconnue à cette adresse». Par conséquent, la majeure partie des informations présentées dans cette étude ne concernent que les 31 organisations dont les coordonnées (numéro de téléphone, Email ou présence sur Internet) étaient disponibles. Une de ces organisations ayant indiqué qu elle n était plus active, l échantillon a finalement été de 30 organisations. Après avoir identifié les principaux contacts au moyen d une recherche documentaire, un échantillonnage en boule de neige a été effectué pour trouver d autres personnes à contacter dans la communauté tunisienne. À la fin de chaque entretien, il a été demandé à chaque participant de nommer d autres personnes ou organisations susceptibles d accepter de participer à l étude. Cela a permis à l équipe de recherche de contacter des personnes en utilisant plusieurs points d entrée, ce qui réduit les chances de recevoir des informations biaisées, comme c est le cas lorsqu on n utilise qu un échantillonnage en boule de neige (McKenzie & Mistiaen, 2007). Au total, 12 entretiens approfondis et une table ronde avec les membres de différentes organisations ont été réalisés. Dans 83 pour cent des cas, les personnes interrogées individuellement étaient de sexe masculin. L examen des raisons de la migration montre que quatre répondants ont déclaré avoir migré pour travailler en Allemagne, essentiellement dans le cadre du programme d accueil de travailleurs. Les autres ont migré pour poursuivre leurs études, un a répondu avoir migré pour raisons familiales et un d entre eux était né en Allemagne.

Tableau 2 : Caractéristiques des personnes interrogées Code Organisation Sexe Objet du séjour Année d arrivée en Allemagne Lieu et date IN_1 Association culturelle masculin Travail 1964 Téléphone, 03.07.12 IN_2 Association culturelle masculin Études 1999 Téléphone, 04.07.13 IN_3 Association culturelle masculin Travail 1966 Berlin, 07.07.13 IN_4 Association culturelle masculin Travail 1972 Berlin, 09.07.13 IN_5 Associations universitaires et estudiantines masculin Études 2005 Skype, 18.07.13 IN_6 Associations universitaires et estudiantines masculin Études N/A Skype. 19.07.13 IN_7 Association commerciale et professionnelle masculin Études 1992 Téléphone, 07.08.13 IN_8 Associations universitaires et estudiantines masculin Études 1994 Téléphone, 08.08.13 IN_9 Association culturelle féminin Raisons 1983 Essen, 13.08.13 familiales IN_10 Organisation sociale et féminin - Né en Skype, 13.08.13 politique Allemagne IN_11 Association culturelle masculin Études 1968 Cologne, 04.09.13 IN_12 Organisation sociale et politique masculin Études 1991 Cologne, 04.09.13 Les entretiens étaient semi-structurés et basés sur un guide d entretien (voir annexe B) divisé en trois grands thèmes. Premièrement, des questions ont été posées sur les caractéristiques de la diaspora tunisienne, sa relation avec le pays d origine et avec l Allemagne. Le second thème comportait des questions sur l engagement en mettant l accent sur la motivation, la structure et les objectifs des organisations, ainsi que sur leurs sources de financement. Enfin, le troisième thème avait trait aux potentialités de coopération. D une manière générale, l ordre dans lequel les questions étaient posées était flexible de manière à tenir compte des besoins de la personne interrogée. Pour l analyse, la technique de codage a été utilisée. Des catégories ont été définies pour synthétiser et structurer les informations obtenues en fonction des thèmes et du contenu. De plus, les données ont été complétées par trois entretiens semi-structurés avec du personnel de la GIZ spécialement sélectionné en fonction de ses connaissances du travail de la GIZ dans ce domaine. Il faut bien savoir qu un certain nombre de limitations sont inhérentes à cette étude. Comme elle s appuie sur une approche exploratoire, elle ne prétend pas faire des déclarations représentatives. Toutefois, son objectif est de contribuer à mieux comprendre la diaspora tunisienne en Allemagne et son engagement en faveur du développement, et de chercher à identifier les potentialités d une participation et d une coopération constructives avec les institutions de la coopération allemande au développement. Comme nous l avons vu plus haut, l analyse met l accent sur les organisations dont les coordonnées permettaient de les contacter par Email ou par téléphone. Par conséquent, la liste des organisations de la diaspora tunisienne n est pas exhaustive. Les résultats ne sont pas applicables à l ensemble de la diaspora tunisienne, mais ils représentent les organisations les plus actives. Le faible

taux de réponse peut être dû à la période défavorable pendant laquelle la recherche a été menée dans la mesure où les musulmans constituent la grande majorité des groupes cibles et où la fête religieuse islamique, le Ramadan, coïncidait aux phases de collecte de données pour l étude. Compte tenu des congés scolaires, certains participants potentiels aux entretiens n étaient pas en Allemagne et n ont donc pas pu participer. De plus, il faut tenir compte du fait que l engagement est un phénomène essentiellement volontaire qui vient s ajouter aux obligations professionnelles et familiales. Un autre problème s est posé, celui de la confiance et de l accès au groupe cible. En général, il est souvent nécessaire de disposer d un temps suffisant pour établir une relation avec les participants et les encourager à faire part de leurs perceptions, idées et points de vue. Or, compte tenu du peu de temps disponible, cela n a pas été possible avec toutes les organisations tunisiennes en Allemagne. 2. Le concept de diaspora L intérêt croissant porté aux diasporas dans le débat scientifique et politique a également entraîné une utilisation inflationnaire de ce terme comme métaphore de la population immigrée, des personnes déplacées, des minorités ethniques ou des formations sociales transnationales (Zunzer, 2004; Vertovec, 2009). En raison de l accroissement de la migration internationale, le mot et son usage ont changé dans le temps au point de décrire aujourd hui divers types de communautés migrantes ayant des caractéristiques très différentes. Il semble que l hétérogénéité des populations immigrées et le changement de sens du mot diaspora posent un problème d analyse qui complique sérieusement la définition du mot «diaspora». Au sens politique large, ce terme sert souvent à désigner un groupe d immigrés et souvent leurs descendants vivant hors de leur pays de naissance. Les deux points de vue ont une incidence sur la façon dont les politiques d engagement de la diaspora sont conçues. Gamlen (2006) élabore une typologie de compréhension des politiques d engagement des diasporas. Il classe les politiques d engagement des diasporas en trois catégories : renforcement des capacités, extension des droits et astreinte à des obligations. Sur la base de cette typologie, il évalue les politiques d un certain nombre de pays différents et constate que les politiques mettent souvent l accent sur le renforcement des capacités grâce à la construction symbolique d une nation et au renforcement de l institution (qu il s agisse d un réseau consulaire, d un ministère consacré aux affaires des diasporas, ou d outils de suivi permettant de mieux comprendre les points de vue de la diaspora). Les politiques visant à astreindre la diaspora à des obligations par exemple paiements obligatoires, programmes de transfert des connaissances (TOKTEN, TRQN), prise en compte des envois de fonds grâce aux incitations à investir ou à une réduction de coût ciblée sont également courantes. Les politiques visant à intégrer la diaspora grâce à l extension des droits sont moins courantes et peuvent pourtant, sans aucun doute, compléter d autres politiques visant à faire participer la diaspora. Ces

mesures politiques incluent la double citoyenneté, la représentation parlementaire, le droit de vote, la protection sociale, etc. L examen de l engagement de la diaspora peut par conséquent poser des problèmes d analyse. Premièrement, le mot «diaspora» est appliqué à différentes populations de migrants ayant chacune des caractéristiques qui lui sont propres quant au pays d origine, aux modes migratoires et aux expériences historiques. Deuxièmement, les définitions peuvent donner à penser que les diasporas sont des populations dispersées ayant des points de vue et des expériences communes. Or, aujourd hui, les diasporas ne sont pas des groupes homogènes : bien que leur pays de naissance ou d origine soient le même, leurs membres peuvent ne pas avoir les mêmes intérêts, idées, valeurs et attitudes. Il importe donc de comprendre les différents intérêts, aspirations, institutions et objectifs des diasporas. De plus, les structures politiques du pays d origine et du pays de résidence peuvent à la fois imposer des contraintes et offrir des possibilités et par conséquent définir ce que les diasporas peuvent faire et ne pas faire. 3. La diaspora tunisienne : modes migratoires et antécédents L engagement de la diaspora dépendant fortement du contexte, il importe de comprendre les circonstances particulières dans lesquelles l engagement de la diaspora tunisienne se situe. Ce chapitre donne par conséquent un aperçu du profil de l émigration, des caractéristiques de la diaspora tunisienne en Allemagne et de la structure des opportunités politiques dans le pays d origine et le pays de destination en faisant une analyse des données statistiques et de la documentation actuellement disponible. Les résultats serviront de base à l analyse qualitative des données fournies par les entretiens. 3.1. Profil de l émigration Selon l Office des Tunisiens à l étranger (OTE, 2013a), 1 155 634 Tunisiens vivaient à l étranger en 2012. Si on examine l histoire de la migration moderne, on constate que différentes vagues d émigration en termes de pays de destination, de type de mouvement et de période d émigration ont façonné la diaspora tunisienne d aujourd hui. D une manière générale, on distingue quatre vagues d émigration moderne (Mensard, 2004). La première, des années 1950 au début des années 1960, était essentiellement caractérisée par des départs spontanés de migrants peu qualifiés vers les pays européens et notamment la France. La deuxième, du début des années 1960 au milieu des années 1970, a vu ces mouvements spontanés se transformer en flux migratoires réglementés par des accords bilatéraux de migration temporaire conclus entre la Tunisie et des pays européens tels que la France (1963), l Allemagne (1965) et la Belgique (1969). Ces flux concernaient essentiellement des hommes peu qualifiés. La Libye est

également devenue un important pays de destination en raison de la prospérité de son secteur pétrolier, mais essentiellement pour des migrants en situation irrégulière. La troisième, du milieu des années 1970 au début des années 1980, s est surtout caractérisée par la fluctuation des facteurs concernant les pays de destination. Tout d abord, le durcissement des restrictions à l immigration en Europe a transformé la migration temporaire de travailleurs seuls en installation permanente grâce aux regroupements familiaux. À cette époque, les tensions politiques entre la Tunisie et la Libye ont entraîné une réduction considérable des mouvements migratoires vers la Libye, ainsi que le retour de nombreux migrants. L émigration vers les États du Golfe s est accélérée en raison de l expansion de l économie pétrolière et des opportunités économiques qui en ont résulté. Au début de la quatrième vague d émigration, du milieu des années 1980 au milieu des années 2000, de nombreux migrants sont rentrés de Libye en raison des tensions dans ce pays et de l expulsion de travailleurs tunisiens. En conséquence, beaucoup ont cherché d autres pays de destination et ont migré vers les États du Golfe et de nouveaux pays européens tels que l Italie et l Espagne. Pendant cette période, on a également constaté un accroissement du nombre de migrants qualifiés, notamment de jeunes diplômés, et cette tendance se poursuit aujourd hui. Actuellement, le manque de perspectives économiques, les taux élevés du chômage (notamment chez les jeunes diplômés), le peu d intérêt accordé à ceux qui ont fait des études, l autoritarisme de l État, le manque de libertés fondamentales et l instabilité politique sont les principaux facteurs qui incitent les Tunisiens à migrer vers d autres pays (Fargues & Fandrich, 2012). Comme le montre la figure suivante, si on compare les années 2009/2010 et 2011/2012, on constate que les flux migratoires ont plus que doublé (les chiffres officiels pour l année 2010/2011 ne sont pas disponibles). Selon les données de l Institut national de la statistique de Tunisie, en 2011/2012 les émigrants étaient plutôt jeunes (61,6 pour cent avaient entre 15 et 29 ans), célibataires (78,3 pour cent), de sexe masculin (86,0 pour cent) et émigraient essentiellement vers la Libye (42,2 pour cent), la France (25,5 pour cent) et l Italie (18,8 pour cent) (INS, 2012).

Figure 1 : Flux migratoires depuis la Tunisie, 2005/2006-2011/2012 60000 50000 40000 30000 20000 10000 0 Mai 05-Mai 06 Mai 06-Mai 07 Mai 08-Mai 09 Mai 09-Mai 10 Mai 11-Mai 12 Flux migratoires 31180 23130 26660 23730 50930 Source : Institut national de la statistique accès par la page d accueil officielle et consultation de la base de données CARIM. Remarque : les données officielles sont absentes pour l année 2010/2011. Les récents événements politiques en Tunisie peuvent expliquer la forte augmentation de l émigration au cours des deux dernières années. Selon le profil de la migration et du développement Tunisie de MTM i-map (2012) 1, on a constaté un accroissement considérable de la migration clandestine pendant la révolution, essentiellement vers les côtes italiennes. Pour Boubakri (2013), cet accroissement de la migration clandestine a commencé en 2008, année où, pour la première fois, les migrants tunisiens ont été le plus important groupe de migrants débarquant à Lampedusa, Italie. Le manque général de perspectives des jeunes Tunisiens et la capacité limitée du gouvernement tunisien à gérer ses frontières sont perçus comme les principales raisons pour lesquelles un aussi grand nombre de migrants ont quitté le pays pendant le premier mois de la révolution. Il semble toutefois que ces mouvements n aient pas eu de conséquences considérables sur la migration à destination de l Europe (Fargues & Fandrich, 2012). Si on examine les principaux pays de destination des migrants tunisiens en 2012 (tableau 3), la France est première (elle accueille plus de la moitié, soit 54,2 pour cent) des migrants tunisiens) devant l Italie (14,6 pour cent), la Libye (7,9 pour cent) et l Allemagne (7,4 pour cent) (OTE, 2013a). En accueillant 84,4 pour cent des migrants tunisiens, l Europe est leur principale région de destination. Selon le profil de la migration et du développement Tunisie, de MTM i-map (2012), les caractéristiques de l émigration varient en fonction du pays de destination. Alors que pour les destinations européennes traditionnelles telles que la France et l Allemagne la migration est basée sur les regroupements familiaux, l émigration vers l Italie est essentiellement une immigration de main-d œuvre. L émigration vers les pays du Maghreb a tendance à être plus spontanée, avec d importantes fluctuations, et concerne essentiellement des migrants peu qualifiés, alors que la migration vers les 1 Référence aux données collectées par des experts de l ICMPD lors de leurs missions d évaluation des déficits et des besoins dans le cadre du programme UE-Tunisie de coopération en matière de migration (EU-Tunisia Migration Cooperation Agenda - ETMA) (EN) (2012). Aucune source n est disponible

États du Golfe est réglementée et organisée par des programmes de migration de main-d œuvre temporaire. Tableau 3 : Principaux pays de destination des migrants tunisiens, 2012 Pays Total % France 625 864 54,2 Italie 169 099 14,6 Libye 91 669 7,9 Allemagne 85 218 7,4 Belgique et 22 025 1,9 Luxembourg Arabie saoudite 19 350 1,7 Canada 16 822 1,5 Algérie 16 753 1,4 Émirats arabes unis 15 670 1,4 Suisse 15 014 1,3 Autres 78 150 6,8 Total 1 155 634 100 Source : OTE (2013a). Répartition de la Communauté tunisienne à l étranger 2012 En ce qui concerne les caractéristiques démographiques, l émigration en provenance de la Tunisie a tendance à être surtout masculine (86 pour cent d hommes en 2011/2012). De plus, la majorité des émigrants est jeune (de 15 à 29 ans). Si on examine les compétences des émigrants tunisiens, on constate qu il y a eu une amélioration régulière des niveaux d éducation et que, par conséquent, la migration a surtout été le fait de personnes très qualifiées jusqu en 2009. Comme on peut le voir dans la figure 2, la proportion d émigrants ayant fait des études supérieures est passée de 14 pour cent en 2005/2006 à 26 pour cent en 2007/2008, alors que la proportion de ceux qui ont fait des études secondaires et primaires est respectivement passée de 48 à 40 pour cent et de 38 à 34 pour cent. Pourtant, en 2011/2012, la proportion de migrants hautement qualifiés n a été que de 17 pour cent et on a pu constater une augmentation sensible de la proportion d émigrants moyennement qualifiés (de 39 pour cent en 2009/2010 à 47 pour cent) et d émigrants peu qualifiés (de 28 pour cent en 2009/2010 à 36 pour cent). Cette forte réduction du niveau d éducation peut en partie s expliquer par les schémas de migration cette année-là. Comme nous l avons indiqué plus haut, la majorité des émigrants a migré vers la Libye et (traditionnellement) ces mouvements se sont caractérisés par des flux spontanés, essentiellement de migrants peu qualifiés.

Figure 2 : Niveau d éducation des émigrants tunisiens, 2005/2006 à 2011/2012 Études primaires Études secondaires Études supérieures 14% 20% 26% 23% 17% 48% 46% 40% 39% 47% 38% 34% 34% 28% 36% 2005/2006 2006/2007 2007/2008 2009/2010 2011/2012 Source : Institut national de la statistique (INS), enquête nationale sur la population et l emploi. Pour les années 2005/2006 2009/2010, les données ont été fournies par la base de données CARIM. D autres informations sur la diaspora tunisienne en Europe sont fournies dans une étude publiée par l Organisation internationale pour les migrations (OIM Tunisie) en 2011. Cette étude s est appuyée sur les résultats d un sondage réalisé sur un échantillon de 1 684 migrants tunisiens enregistrés dans les circonscriptions consulaires de Paris, Pantin, Marseille, Milan, Palerme et Hambourg. Selon cette étude, le travail a été la principale raison de l émigration (63,5 pour cent), devant le mariage (13,6 pour cent), les études (10 pour cent), le regroupement familial (7,3 pour cent) et d autres causes (5,6 pour cent). En ce qui concerne les secteurs économiques, 62,3 pour cent des émigrants travaillaient dans le secteur tertiaire, 32,1 pour cent dans le secteur industriel et 5,1 pour cent dans le secteur agricole. Comme l indique la figure 3, les professions les plus courantes sont celles d artisans (26 pour cent), de vendeurs et d agents de services (18 pour cent). Figure 3 : Émigrants tunisiens en fonction des groupes professionnels 1% Cadres 9% 9% 9% 9% Professions techniques et scientifiques Professions intermédiaires Employés de bureau 25% 8% 7% Vendeurs et personnel de service Agriculteurs et ouvriers agricoles Artisans 5% 18% Opérateurs de machines Ouvriers non qualifiés Non déclarés Source : Organisation internationale pour les migrations (OIM) (2011)

Selon l Office des Tunisiens à l étranger (OTE, 2013b), les statistiques de 2012 montrent que 40,1 pour cent des membres de la communauté sont des travailleurs, 6,8 pour cent des cadres, 4,2 pour cent des travailleurs indépendants et 14,3 pour cent des retraités, des femmes au foyer ou des personnes sans emploi (Note : on ne dispose pas d informations pour les 35 pour cent restants). Pour conclure, on constate que la diaspora tunisienne est devenue plus hétérogène en termes de facteurs démographiques et de niveaux de compétences. Alors que traditionnellement les flux de l émigration étaient essentiellement composés de migrants célibataires, de sexe masculin et peu qualifiés, les tendances récentes font ressortir une augmentation du nombre de migrants très qualifiés et, compte tenu des regroupements familiaux, une part plus grande de migration féminine. Mais la révolution a également influencé les modèles de migration. Des études récentes montrent un accroissement de la migration clandestine, essentiellement vers l Italie. De plus, le niveau d éducation a de nouveau baissé ces dernières années. Cet examen des modèles d émigration tunisienne historique et contemporaine ne fait que renforcer ce qui a été dit précédemment, à savoir qu il ne faut pas percevoir les diasporas comme des groupes fixes ou homogènes. Une analyse sérieuse nécessite par conséquent des données récentes et fiables sur la diaspora tunisienne en Allemagne. 3.2. Caractéristiques des Tunisiens vivant en Allemagne Cette section donne un aperçu des populations tunisiennes en Allemagne. Il faut toutefois savoir que les données statistiques sur la diaspora tunisienne en Allemagne sont incomplètes. L Office statistique fédéral allemand collecte des données annuelles sur les populations d immigrants résidant en Allemagne. Pour chaque nationalité, les informations recueillies concernent le genre, l âge, la durée moyenne du séjour et le statut de résident. Les données ne concernent que les immigrants n ayant pas la nationalité allemande. Pour les ressortissants tunisiens, elles ne donnent malheureusement pas d informations séparées sur le niveau d éducation, les performances sur le marché du travail ou d autres statistiques socioéconomiques clés. L Institut national de la statistique de Tunisie collecte bien, sur les émigrants, quelques données socio-économiques, mais sans faire de distinction entre les pays de destination. En plus de ces institutions, l Office des Tunisiens à l étranger (OTE) collecte des données annuelles sur la diaspora tunisienne auprès des sources consulaires. Malheureusement, des données récentes ne sont pas disponibles dans la mesure où, lors de la rédaction de la présente étude, la page d accueil était en cours de reconstruction 2. Pour avoir un aperçu précis de la diaspora tunisienne en Allemagne, les diverses sources font l objet d une comparaison critique dans la section suivante. Les modes d émigration tunisienne vers l Allemagne sont généralement conformes à ceux de l émigration vers les autres pays européens 2 Note : une demande a été envoyée par courriel.

mentionnés plus haut. L Allemagne est devenue une destination majeure en 1965, lorsque le programme d accueil de travailleurs a été instauré avec la Tunisie. Les flux migratoires étaient alors essentiellement composés d hommes jeunes peu qualifiés. Le premier choc pétrolier et la crise économique qui en a résulté dans de nombreux pays occidentaux ont entraîné l arrêt du recrutement de main-d œuvre en 1973. En conséquence, les schémas migratoires ont évolué vers la fixation des migrants et les regroupements familiaux, ce qui a également entraîné un accroissement du nombre de migrants de sexe féminin. Parallèlement, la migration pour raison d études a également augmenté à partir des années 1980, ce qui a donné plus d hétérogénéité à la diaspora en termes de compétences et de niveau d éducation (Schmelz, 2010). Selon les données de l Office statistique fédéral allemand (Statistisches Bundesamt, 2012), 23 610 Tunisiens étaient enregistrés en Allemagne en 2011, dont 15 396 (68,6 pour cent) de sexe masculin et 7 033 (31,4 pour cent) de sexe féminin. Ce nombre ne tient pas compte des Tunisiens naturalisés en Allemagne, ce qui explique en partie les différences entre les statistiques allemandes et tunisiennes. L OTE (2013a) estime que 86 601 Tunisiens résidaient en Allemagne en 2012, dont 53 108 (61,3 pour cent) de sexe masculin et 33 493 (38,7 pour cent) de sexe féminin 3. Selon Katterbach (2010), on peut supposer que les données de l OTE sont surestimées en raison d un éventuel double comptage, par exemple lorsque des personnes quittent une ville pour s installer dans une autre ou quittent le pays sans se désinscrire. Même si le nombre total de Tunisiens résidant en Allemagne varie considérablement, les deux sources de données confirment une plus forte proportion d hommes. En ce qui concerne les statistiques allemandes, l âge moyen des citoyens tunisiens résidant en Allemagne était 36,6 ans en 2011 (Statistisches Bundesamt, 2012). Comme le montre la figure ci-dessous, une forte proportion de Tunisiens a entre 25 et 35 ans. Là encore, ces chiffres ne concernent que les Tunisiens n ayant pas la nationalité allemande. Figure 4 : Migrants tunisiens en Allemagne par tranche d âge 10 000 9 000 8 000 7 000 6 000 5 000 4 000 3 000 2 000 1 000 643 1 048 2 156 8 971 Source : Statistisches Bundesamt 2012 5 254 2 407 2 200 931 0 10 10 20 20 25 25 35 35 45 45 55 55 65 > 65 3 Il faut également savoir que deux années différentes sont comparées (2011 et 2012) dans la mesure où les statistiques allemandes ne disposent pas de données pour 2012 et où l OTE n en dispose pas non plus pour 2011.

L examen de la répartition régionale montre que la majorité réside en Rhénanie-du-Nord Westphalie, devant la Bavière, le Bade-Wurtemberg et la Hesse (voir tableau 4). Tableau 4 : Nombre de Tunisiens dans certains länder Land Nombre de Tunisiens Rhénanie-du-Nord Westphalie 6 811 Bavière 3 405 Bade-Wurtemberg 3 232 Hesse 2 015 Basse-Saxe 2 014 Berlin 1 681 Hambourg 1 171 Source : Statistisches Bundesamt 2012 Les chiffres suivants (figure 5) sont représentatifs des motifs de migration vers l Allemagne sur la base des données fournies par le plus récent recensement général de la population et l habitat effectué par l Institut national de la statistique de Tunisie en 2004. Comme on peut le voir, le travail est le principal motif d émigration, devant les études, le mariage et le regroupement familial. Figure 5 : Principaux motifs d émigration vers l Allemagne, 2004 3000 2500 2000 1500 1000 500 0 Travail Études Mariage Regroupement familial Autres Source : Recensement général de la population et l'habitat, 2004 données tirées de la base de données CARIM. Il ressort de plusieurs études que ces dernières années on a pu constater une tendance à l amélioration du niveau d éducation des migrants tunisiens. Selon Katterbach (2010), 7,6 pour cent de la diaspora tunisienne en Allemagne étaient des étudiants et, spécialement en Allemagne, le nombre d étudiants bénéficiant d une bourse d étude de l État tunisien a considérablement augmenté. Si on compare les statistiques allemandes et tunisiennes, on constate une énorme différence quant au nombre total d étudiants tunisiens en Allemagne.

Figure 6 : Étudiants tunisiens en Allemagne, 2004-2011 7000 6000 5000 4000 3000 2000 OTE Office statistique fédéral allemand 1000 0 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 Source : Office des Tunisiens à l'étranger (base de données CARIM) et Office statistique fédéral allemand (Statistisches Bundesamt 2012) Si les deux sources statistiques font état d une tendance à la croissance du nombre d étudiants tunisiens entre 2004 et 2008, les 6 255 étudiants correspondant aux données de l OTE semblent une valeur surestimée. Par ailleurs, entre 2008 et 2011, on constate une tendance légèrement décroissante du nombre total d étudiants tunisiens en Allemagne (pour cette période, on ne dispose pas de statistiques tunisiennes). Selon un microrecensement de la population étrangère en Allemagne (Statistisches Bundesamt, 2003), sur 1 806 étudiants tunisiens, 824 étaient inscrits à un programme d ingénierie au semestre d hiver 2003/2004, contre 499 à un programme de mathématiques/sciences naturelles et 213 à un programme d études linguistiques et culturelles. Au niveau professionnel, en 2005, les Tunisiens résidant en Allemagne étaient majoritairement ouvriers (48,9 pour cent), 27,2 pour cent étaient des travailleurs qualifiés, 5,4 pour cent étaient cadres et 18,5 pour cent étaient travailleurs indépendants (Boubakri, 2010). On ne dispose malheureusement pas de données plus récentes. D une manière générale, il est particulièrement difficile de donner une bonne vue d ensemble de la diaspora tunisienne en Allemagne. Comme nous l avons dit plus haut, les statistiques clés sur les facteurs socio-économiques sont absentes, obsolètes, variables en fonction des sources et parfois même, contradictoires. Le chapitre 4 analyse les résultats des entretiens qualitatifs et aidera à comprendre les caractéristiques actuelles de la diaspora tunisienne en Allemagne. Néanmoins, une étude quantitative devrait s attaquer au problème du déficit de données pour offrir une base fiable à l analyse et à d autres politiques. 3.3. Politiques de la Tunisie concernant la diaspora Les politiques tunisiennes concernant la diaspora sont étroitement liées aux schémas migratoires et à l histoire du pays. Traditionnellement, les politiques mettaient l accent sur l administration des flux de travailleurs migrants et sur la protection de leurs droits sociaux en raison d accords bilatéraux signés dans les années 1960 et au début des années 1970. Ces politiques relevaient essentiellement du ministère du Travail et de la Formation.

Lorsque, en raison de changements de politiques dans les principaux pays européens de destination, la migration s est transformée en migration d installation et de regroupements familiaux, le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l étranger a été créé et l Office des Tunisiens à l étranger en est le principal organe exécutif. L accent a été mis sur la promotion de l intégration des migrants tunisiens ainsi que sur le développement d une identité nationale et d un attachement émotionnel au pays d origine. Afin de promouvoir le développement national, des politiques plus récemment mises en œuvre visaient à accroître les avantages économiques grâce aux envois de fonds, aux réseaux d entreprises, au transfert des connaissances et aux investissements (Katterbach, 2010). Le programme présidentiel tunisien 2009-2014 accordait une attention particulière à la diaspora tunisienne et il a, par conséquent, constitué l un des principaux cadres stratégiques utilisés pour s occuper des Tunisiens à l étranger (ICMPD-IOM, 2010). Il faut savoir que ce document a été rédigé du temps de l ancien président Zine El Abidine Ben Ali. En raison du renversement du régime en 2011 et des changements politiques qui ont suivi, les politiques de la Tunisie concernant la diaspora ont également été affectées. Avant la révolution, le ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l étranger (MASSTE) était la principale institution chargée de la diaspora. L application de la typologie élaborée par Gamlen (2006) montre que les politiques tunisiennes concernant la diaspora ont mis l accent sur deux domaines : «l extension des droits» et «le renforcement des capacités». Le premier comprenait des mesures offrant, par exemple, la possibilité aux Tunisiens résidant à l étranger de participer aux élections ou permettant de négocier des accords bilatéraux ou multilatéraux relativement à des questions de sécurité sociale. De plus, lorsque la migration est devenue plus permanente, la construction symbolique de la nation a été un objectif majeur visant à assurer l acquisition d une identité nationale et d un attachement émotionnel au pays d origine. Depuis le début des années 2000, les politiques ont de plus en plus mis l accent sur les «astreintes à des obligations» dans le but de mobiliser des ressources pour le développement du pays (Katterbach, 2010). L Office des Tunisiens à l étranger (OTE) a été créé 1988 pour assurer la mise en œuvre de ces politiques au moyen de divers programmes d assistance culturelle et sociale. Ses 14 attachés sociaux affectés auprès des ambassades et consulats tunisiens organisent des manifestations culturelles, des camps d été pour les enfants tunisiens vivant à l étranger, ainsi que des cours de langues destinés à renforcer les liens des migrants tunisiens avec le pays. Par ailleurs, l OTE fournit des informations sur les droits et privilèges dans le pays de destination et le pays d origine. Il a également mis en place un système d information destiné à recueillir des données et des informations sur la diaspora tunisienne. Afin de mobiliser les ressources de la diaspora, des séminaires et des conférences ont été organisés pour favoriser les investissements dans le pays d origine. De plus, comme leur nom l indique, l Agence de promotion de l investissement extérieur (FIPA), l Agence de promotion de l industrie (API) et l Agence de

promotion des investissements dans l agriculture (APIA) favorisent les investissements. L API et l APIA encouragent les investissements dans les secteurs de l industrie, de l agriculture et de la pêche. Les investissements des migrants tunisiens sont facilités par la création de guichets uniques et encouragés par des mesures spéciales d incitation (exemption des taxes et droits de douane, par exemple). Ces deux agences participent à des séminaires organisés par l OTE et donnent, sur leur site Internet, des informations ciblant les migrants tunisiens (Katterbach, 2010; ICMPD-IOM, 2010). Selon Katterbach (2010), la FIPA, qui vise à attirer les investissements directs étrangers et a des bureaux à Paris et Cologne, n a que récemment mis en œuvre des mesures encourageant les investissements de la diaspora. En plus des institutions susmentionnées, plusieurs autres ministères et départements traitent avec la diaspora (Katterbach, 2010; ICMPD-IOM, 2010) : le ministère des Affaires étrangères, qui est responsable de la gestion des relations consulaires et diplomatiques et des négociations d accords concernant les migrants ; le Fonds national de sécurité sociale, qui est responsable de la gestion du fonds de pension des Tunisiens vivant à l étranger et négocie des accords bilatéraux de sécurité sociale concernant les soins médicaux ; l Agence nationale pour l emploi et le travail indépendant, qui a pour objectif de faciliter la réintégration des travailleurs migrants de retour au pays dans l économie nationale ; l Agence tunisienne de coopération technique, qui soutient les cadres tunisiens émigrés et assure leur protection dans le cadre de la coopération technique ; le ministère de l Éducation supérieure et de la Recherche, qui cherche à promouvoir les échanges scientifiques et le transfert de savoir-faire. Les politiques et les institutions ont à nouveau changé à la suite des récents événements politiques en Tunisie. En octobre 2011 a été créé le nouveau Secrétariat d État aux migrations et aux Tunisiens à l étranger (SEMTE) qui dépend du ministère des Affaires étrangères. Il a pour mission de réorganiser et réformer les institutions dans le but de mieux gérer la migration et de clarifier les responsabilités. Comme nous l avons vu plus haut, les compétences en matière de migration et de diaspora ont été réparties entre plusieurs organes gouvernementaux et aujourd hui le SEMTE doit donc être le principal superviseur de ces activités. Entre autres, ce dernier cherche à créer de nouveaux organes (par exemple le Conseil consultatif des Tunisiens à l étranger et l Agence de la migration et du développement) en vue de collecter des données sur les Tunisiens à l étranger. Par ailleurs, une base de données visant à établir un lien entre les diverses parties prenantes en Tunisie et à l étranger doit être mise en œuvre pour faciliter la coordination et la coopération des autorités. Enfin, les accords conclus entre la Tunisie et les pays européens doivent être révisés et de nouveaux mécanismes de gestion

de la migration de travailleurs qualifiés doivent être mis en œuvre. L accent reste mis sur la mobilisation et la participation de la diaspora tunisienne. Dans les élections qui ont suivi la révolution, la diaspora tunisienne a pu élire ses représentants à l Assemblée constituante nationale (ACN) en vue d améliorer la participation politique des Tunisiens à l étranger (Boubakri, 2013). En conclusion, la diaspora tunisienne peut avoir un nouveau rôle à jouer dans le pays après la révolution. D une part, elle semble plus déterminée à accompagner l évolution de la Tunisie grâce à sa participation politique et aux transferts économiques et sociaux, et d autre part, les autorités nationales visent à promouvoir le dialogue et la participation de la diaspora pour favoriser le développement (MTM i-map, 2012). 3.4. Politiques d engagement de la diaspora en Allemagne La question de l engagement de la diaspora a été mise à l ordre du jour au milieu des années 2000 lorsque le gouvernement allemand a reconnu l interaction positive potentielle de la migration et du développement. En 2003, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH a organisé deux conférences sur «la migration et le développement» dans le but de mieux comprendre les diasporas en Allemagne, de s en faire une idée d ensemble et de définir des possibilités de coopération. En conséquence, plusieurs programmes et projets ont été mis en place pour promouvoir les activités transnationales des communautés de migrants en Allemagne (Sinatti, 2010). En 2007, la GIZ a créé le projet sectoriel «Migration et développement» qui conseille le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ), les länder et les municipalités traitant la question de la migration et du développement. Par ailleurs, il établit des contacts avec les organisations de migrants en Allemagne, encourage leurs projets et propose des ateliers sur divers aspects de la migration et du développement (GIZ, 2013a). Depuis 2011, il fait partie du Centre pour la migration internationale et le développement, une communauté de travail de la GIZ et de l Agence fédérale pour l emploi (Bundesagentur für Arbeit), dont l objectif est de promouvoir le potentiel de la migration mondiale pour le développement durable. Le programme «Migration pour le développement» du CIM comporte quatre volets : experts de retour ; promotion des activités de développement des organisations de migrants ; migrants entrepreneurs ; conseils en matière de politique migratoire (CIM, 2013). 1) Promotion des activités de développement des organisations de migrants : aide financière accordée aux organisations de migrants pour la mise en œuvre de leurs programmes dans leurs pays d origine, et possibilités de formations et de travail en réseau. 2) Migrants entrepreneurs : aide accordée aux migrants qui souhaitent créer une entreprise dans leur pays d origine. Entre autres, des séminaires sur des sujets liés à la création d entreprises sont organisés et les entrepreneurs potentiels peuvent bénéficier d un accompagnement personnalisé pour

l élaboration de leur plan d activité et la mise en œuvre de leur projet. Ce volet fonctionne actuellement au Maroc, au Cameroun et en Géorgie. 3) Experts de retour : aide accordée aux migrants professionnels vivant en Allemagne pour les inciter à rentrer dans leur pays d origine et pour faciliter leur intégration économique. 4) Conseils en matière de politique migratoire : identification des besoins spécifiques de conseils dans le domaine de la migration et du développement dans les pays prioritaires et élaboration de mesures de mise en œuvre. Le service pour les communes du monde (SKEW, Servicestelle Kommunen Eine Welt) intervient sur mandat du BMZ et vise, grâce au programme «Migration et développement au niveau local», à améliorer la création de réseaux entre les initiatives allemandes de développement, les institutions locales et les organisations de la diaspora et à offrir des conseils et des formations. En plus de ces initiatives fédérales, il existe plusieurs programmes au niveau des länder. Ainsi, la Rhénanie-du-Nord Westphalie soutient l engagement transnational en offrant des activités de renforcement des capacités et des ressources financières (Sinatti, 2010). On constate en général que ces programmes mettent l accent sur l engagement de la diaspora dans le développement, dans le but de fournir des fonds, de favoriser la professionnalisation des organisations de la diaspora et d améliorer leurs réseaux.. 4. Les organisations de la diaspora tunisienne et leur engagement en faveur du développement Au niveau institutionnel de la diaspora tunisienne en Allemagne, la documentation disponible est également limitée. Il existe deux études, l une réalisée par Schmelz (2010), mettant l accent sur le potentiel de la diaspora pour le développement économique et l autre par Katterbach (2010) sur les politiques de la Tunisie relativement à la diaspora, et c est tout! Toutefois, ces deux études ont été réalisées avant la révolution. D après les personnes ayant participé à la présente étude, la révolution a également façonné la diaspora tunisienne en Allemagne et a créé un nouveau paysage institutionnel. Cette section présente les résultats des entretiens qualitatifs réalisés dans le cadre de l étude. Des informations supplémentaires ont été tirées de la présence sur le Web d organisations tunisiennes en Allemagne. Elle donne ainsi un bref aperçu de la diaspora tunisienne en Allemagne en soulignant la façon dont la révolution a influencé la conscience de la diaspora. Par ailleurs, elle donne également les grandes lignes du paysage institutionnel. Dans la présente étude, l objectif est d examiner les activités de la diaspora en faveur du développement en Tunisie. En tenant compte des facteurs ayant influencé l engagement de la diaspora, l agence sera mise en lumière, tout comme le sera la structure d opportunité de la diaspora tunisienne. Ensuite, un aperçu de la coopération allemande au

développement en Tunisie sera donné de manière à établir un lien entre les besoins des deux acteurs et à préciser les possibilités de coopération. 4.1. La diaspora tunisienne avant et après la révolution Les résultats des entretiens au cours desquels il a été demandé aux personnes interrogées de donner un aperçu des caractéristiques de la diaspora tunisienne confirment les données statistiques analysées plus haut. Selon toutes les personnes ayant participé à cette étude, il existe trois groupes de migrants tunisiens en Allemagne. Ils se différencient en termes de date de migration, de motivation de la migration et de caractéristiques socio-économiques et expliquent par conséquent la nature actuelle de la diaspora. Le premier groupe est celui des travailleurs invités qui sont venus en Allemagne dans le cadre d un accord bilatéral signé au milieu des années 1960. Il s agissait essentiellement de migrants peu qualifiés, de sexe masculin, travaillant dans le secteur industriel allemand. Lorsque la migration est devenue plus permanente, la migration féminine s est accrue en raison du regroupement familial et de la formation de familles. Depuis la fin des années 1980, on constate une tendance accrue à la migration de travailleurs hautement qualifiés essentiellement poussés par la volonté d étudier en Allemagne. Selon une personne interrogée, la moitié des migrants de cette génération est restée en Allemagne où ils ont fait leur vie et leur carrière. Ils parlent souvent l arabe, le français, l allemand et l anglais et beaucoup ont des diplômes universitaires et occupent des postes à responsabilité. Le troisième groupe est composé des enfants de la génération des travailleurs invités, qui sont nés et ont été éduqués en Allemagne. Comme l ont souligné les personnes interrogées, ils sont plus hétérogènes en termes de niveau d éducation. Toutefois, beaucoup étudient en Allemagne et peuvent par conséquent atteindre un statut socio-économique supérieur à celui de leurs parents. D une manière générale, l analyse montre que la majorité des personnes interrogées est active en matière d engagement civique et que cette activité ne se limite pas à la participation à des organisations communautaires tunisiennes en Allemagne. Dans leur majorité, les personnes interrogées sont également affiliées à des associations allemandes ou des partis politiques allemands et ont constitué un vaste réseau dans divers domaines. Autre enseignement important de l étude : l esprit du «Printemps arabe» a non seulement influencé la société tunisienne dans le pays d origine, mais également les Tunisiens vivant à l étranger. Selon les personnes interrogées, on constate une conscience nouvelle, notamment dans la jeune génération, s accompagnant d un sentiment accru d appartenance et d attachement à la Tunisie. Il y a une volonté et un sentiment d obligation de soutenir le pays et sa population dans le but de construire une Tunisie moderne, développée et démocratique. C est ainsi que se sont créées diverses organisations nouvelles de la diaspora tunisienne en Allemagne. La révolution a non seulement renforcé la motivation à s engager, mais elle a également réduit les obstacles qui existaient auparavant. Les personnes interrogées ont reconnu que, par le passé, le gouvernement tunisien avait tenté d influencer la diaspora

tunisienne en Allemagne en restreignant son engagement aux activités culturelles. Certaines organisations ayant reçu un soutien financier étaient tenues d assister à des manifestations politiques et de soutenir le gouvernement depuis l étranger. Par ailleurs, certaines personnes interrogées ont déclaré qu avant la révolution, l attitude à l égard des autres Tunisiens vivant en Allemagne était souvent empreinte de méfiance et de dissociation. Il y avait par conséquent un manque de coopération et de communication entre les différentes organisations de la diaspora tunisienne. La révolution a contribué à diversifier les associations tunisiennes en Allemagne. Les Tunisiens sont actuellement engagés dans plusieurs domaines, qu il s agisse de politique, de culture, d action sociale ou d économie. Les membres des organisations ont différentes aspirations, visions et idées de la façon de modeler l avenir des Tunisiens et ces sujets sont désormais abordés plus librement. Depuis la révolution, on constate également des tentatives plus vigoureuses de favoriser la communication et la coopération entre les organisations de la diaspora tunisienne en Allemagne. Par conséquent, la création d un réseau a été encouragée au profit des activités d organisation et de collaboration. De plus, l objectif recherché est que ce réseau constitue un lien entre la diaspora tunisienne, les organisations allemandes et les institutions publiques. Les personnes interrogées ont déclaré qu au moment où l étude a été réalisée, ce réseau concernait jusqu à 30 organisations tunisiennes en Allemagne. La section suivante aborde plus en détail la question des organisations de la diaspora tunisienne en Allemagne. 4.2. Vue d ensemble des organisations de la diaspora tunisienne en Allemagne La cartographie détaillée effectuée grâce aux recherches sur Internet et aux informations fournies par le registre commercial a permis d identifier 82 organisations et associations tunisiennes en Allemagne. Il faut toutefois savoir que toutes ne sont pas actives. Comme nous l avons vu plus haut, la révolution a considérablement modifié le paysage des organisations de la diaspora tunisienne. D une part, de nombreuses associations ont mis fin à leur engagement et d autre part, de nouvelles associations se sont créées pour soutenir la révolution depuis l étranger. L analyse des organisations de la diaspora tunisienne s appuie sur un échantillon de 30 organisations 4. D une manière générale, ces organisations entrent dans quatre catégories : associations culturelles ; associations universitaire et estudiantines ; organisations commerciales et professionnelles ; organisations sociales et politiques. 4 Pour un examen approfondi de l échantillon, se reporter à la Section 1.2.

Figure 7 : Types d organisations tunisiennes 14 12 10 8 6 4 2 Associations culturelles Associations universitaires et estudiantines Organisations commerciales et professionnelles Organisations sociales et politiques 0 Source : données recueillies sur le terrain, 2013 Comme le montre la figure 7, les associations et organisations sont majoritairement des associations culturelles (15). Viennent ensuite les associations universitaires et estudiantines (7), les organisations commerciales et professionnelles (4) et les organisations sociales et politiques (4). Cette catégorisation n est nullement exclusive car on constate souvent un chevauchement des activités de différents groupes. Toutefois, les catégories ont été définies sur la base des principaux objectifs/principales caractéristiques de chaque organisation, ce qui constitue un cadre utile pour l analyse. La section suivante donne une vue d ensemble des principales caractéristiques de chaque catégorie. Pour plus d informations sur chaque organisation, voir l annexe A. 4.2.1. Associations culturelles Les associations culturelles tunisiennes traditionnelles ont été créées par la génération des travailleurs invités entre les années 1960 et les années 1990. Selon les personnes interrogées, certaines étaient soutenues par l ancien gouvernement Ben Ali et constituaient parfois une «courroie de transmission» du régime tunisien qui s en servait pour influencer les Tunisiens vivant en Allemagne. D autres s efforcent de soutenir et renforcer les liens entre Tunisiens vivant en Allemagne, de favoriser leur intégration et de renforcer leurs liens avec le pays d origine. Leur objectif est également d encourager les échanges culturels et d approfondir les relations entre l Allemagne et la Tunisie en favorisant la coopération et les échanges à différents niveaux. Elles organisent des activités telles que des rencontres culturelles, des réunions de familles, des manifestations d information et des expositions. Selon les associations consultées, leur objectif est d établir des passerelles favorisant une compréhension mutuelle, aussi bien en Allemagne qu en Tunisie. La plupart sont des petites associations et l engagement de leurs membres se fait sur une base volontaire. Dans ce groupe, toutes les personnes interrogées ont indiqué qu elles avaient de bons contacts avec les

autres organisations de migrants, les ONG allemandes et les municipalités. Dans le domaine culturel, notamment, des activités sont souvent mises en œuvre en étroite collaboration avec ces organisations. Par ailleurs, certaines personnes interrogées étaient également actives au sein d associations allemandes ou de partis politiques allemands. En plus de ces associations traditionnelles, de nouvelles organisations se sont créées pendant la révolution. La présente étude en identifie deux types. Premièrement, des associations religieuses ont été créées dans le but de promouvoir les activités sociales, culturelles et religieuses dans la communauté tunisienne et d approfondir les relations entre la deuxième et la troisième génération d immigrants et le pays d origine. Elles ont également pour objectif de favoriser le dialogue et les échanges interculturels entre la communauté tunisienne et l Allemagne. Deuxièmement, certaines associations culturelles s efforcent de favoriser l intégration des Tunisiens en Allemagne et encouragent les échanges culturels et le dialogue. Toutefois, elles ont été créées par la jeune génération et mettent l accent sur la liberté, la démocratie et l indépendance politique. Elles ont également pour objectif de mettre en place un réseau de communication entre les compétences des Tunisiens vivant en Allemagne dans le but de soutenir de développement du pays d origine. 4.2.2. Associations universitaires et estudiantines Dans leur majorité, les sept associations universitaires et estudiantines ont une longue histoire et ont été créées à la fin des années 1990 par des migrants hautement qualifiés vivant en Allemagne. Elles ont pour principaux objectifs d aider les étudiants tunisiens en Allemagne, de permettre des transferts de technologie vers la Tunisie et de soutenir la coopération à long terme entre les institutions industrielles et universitaires de Tunisie et d Allemagne. Leurs activités en faveur des étudiants tunisiens en Allemagne sont notamment les suivantes : organisation d ateliers, de séminaires et de stages de formation couvrant un large éventail de sujets tels que le travail d équipe, la gestion du temps et la gestion des conflits. Dans le cadre des échanges culturels, elles organisent des soirées culturelles avec conférences, musique, danse et spécialités locales. Par ailleurs, leur objectif est de mettre en place un réseau permettant à ses membres d échanger des expériences pendant leurs études et pendant leurs futures carrières professionnelles. Grâce à l organisation de séminaires d orientation, de cours particuliers ou de programmes de tutorat, elles aident les nouveaux étudiants tunisiens à intégrer la vie estudiantine et sociale en Allemagne au cours du premier semestre. Elles organisent également, à l intention des Tunisiens à l étranger, des salons de l emploi réunissant des étudiants tunisiens, d anciens étudiants et des entreprises opérant en Tunisie ou avec la Tunisie. Ces organisations créées de longue date sont importantes et comptent un grand nombre de membres. En plus des étudiants, les anciens étudiants sont également actifs dans le réseau. Selon les personnes interrogées dans ce groupe, les travailleurs hautement qualifiés peuvent jouer un rôle majeur dans la préparation de l avenir de la Tunisie, notamment dans le domaine

économique, en faisant profiter les autres de leur savoir-faire, de leurs compétences et de leurs contacts avec les entreprises allemandes. 4.2.3. Organisations commerciales et professionnelles Trois organisations commerciales et professionnelles sur quatre ont été créées durant la révolution. Une seule des organisations ayant fait l objet de l étude existait avant la révolution. Comme les associations estudiantines et universitaires, elles cherchent à promouvoir le développement économique de la Tunisie en mettant en commun l expertise des Tunisiens à l étranger et en favorisant l investissement en Tunisie. Généralement, ces organisations s efforcent de promouvoir la coopération entre les professionnels tunisiens vivant en Allemagne et les entreprises installées en Tunisie dans le but de faciliter le transfert de connaissance. Leurs activités courantes incluent l organisation d ateliers et de séminaires sur l esprit d entreprise, le travail d équipe et la gestion. Elles organisent par ailleurs des séminaires et des manifestations permettant aux entreprises de diffuser des informations sur le climat des investissements et les opportunités en Tunisie. C est également ce qu elles font dans le cadre de conférences et de salons en collaboration avec les municipalités et les entreprises allemandes et tunisiennes, ainsi qu avec les autorités du gouvernement tunisien telles que la FIPA, l APIA et l OTE. Jusqu à maintenant, une seule organisation a mis en œuvre des projets en Tunisie. Les autres opèrent en Allemagne afin de promouvoir l investissement économique depuis l étranger. 4.2.4. Organisations sociales et politiques Les quatre organisations de cette catégorie sont plus homogènes et mettent l accent sur différents domaines d engagement. Elles se sont créées pendant le «Printemps arabe» et visent à soutenir les principaux objectifs de la révolution, notamment en matière de liberté, de droits humains, de lutte contre la corruption, ainsi que les objectifs sociaux et économiques. Bien que placés dans une même catégorie, les groupes concernés ont des caractéristiques distinctes : organisation humanitaire, organisation de plaidoyer, réseau de politique publique et organisation mettant plus généralement l accent sur l aide au développement. L aide humanitaire est axée sur la collecte de dons permettant de couvrir les besoins de base (alimentation, habillement et médicaments) des personnes nécessiteuses en Tunisie. À long terme, l objectif est de faire en sorte que ces personnes soient en mesure de s en sortir toutes seules. Pour cela, il faut leur assurer une éducation et une formation professionnelle, promouvoir la santé et aider la création d entreprises. L engagement politique a, par exemple, pris la forme de missions d observation électorale lors des premières élections après la révolution, et de campagnes visant à fournir des informations sur le paysage des partis politiques. Par ailleurs, des activités de sensibilisation telles que des campagnes dans les médias et des campagnes d information ont été menées pour informer l ensemble de la société allemande de la situation actuelle en Tunisie. De plus, des réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter sont utilisés pour

fournir des informations contextuelles sous la forme de documents imprimés, de photos et de vidéos. Enfin, un des objectifs est d établir un lien entre les professionnels, cadres, experts, entrepreneurs et universitaires tunisiens vivant en Allemagne dans le but de construire une Tunisie plus moderne, plus développée et plus démocratique. 4.3. Domaines de participation au développement La plupart des associations tunisiennes mettent plus l accent sur l intégration que sur la mise en œuvre de projets en Tunisie. On constate toutefois un intérêt et une motivation accrus à contribuer au développement du pays depuis la révolution. Pour les participants à l étude, ce résultat peut être obtenu de différentes manières. Il est admis qu en raison de ses compétences et qualifications la diaspora tunisienne peut donner des conseils au gouvernement tunisien et aux organisations de la société civile du pays, que ce soit sous forme de retour temporaire ou à long terme. D autre part, il est prévu de mettre des projets en œuvre en Tunisie pour favoriser le développement socio-économique. On sait aussi que le développement de la Tunisie peut être encouragé de l étranger, par exemple grâce à la mise en place de passerelles dans la sphère culturelle et à la promotion des investissements pour stimuler l économie. 4.3.1. Les «jeteurs de passerelles» Toutes les personnes interrogées soulignent le rôle des «jeteurs de passerelles» dans l établissement de liens entre le pays d origine et le pays de destination, ce qu ils font de différentes façons. Pour les représentants des organisations culturelles, notamment, en créant des passerelles entre les deux cultures, ils permettent une compréhension mutuelle. Depuis la révolution, un intérêt particulier est porté à la sensibilisation à la situation actuelle de la Tunisie. Par exemple, l association culturelle germanotunisienne de Berlin (Deutsch-Tunesischer-Kulturverein Berlin DTKVB) organise des rencontres et des réunions d information sur les aspects de la révolution et sur la situation sociale et politique en Tunisie. L association culturelle tuniso-allemande de Hanau (Tunesisch-Deutscher Kultur Verein Hanau) prépare une exposition au cours de laquelle un artiste tunisien illustrera les diverses facettes artistiques et culturelles de la révolution. D autres organisations ont indiqué qu à leur invitation des artistes, des musiciens et des écrivains viennent de Tunisie exprimer la voix de la révolution. Grâce à l étendue de leurs réseaux en Allemagne, les personnes interrogées cherchent à établir un lien entre les Allemands, ainsi qu entre les Tunisiens, qui souhaitent contribuer au développement et à l intégration. Certaines étant également actives dans l arène politique allemande, elles utilisent leurs contacts pour faire du lobbying afin de défendre leurs intérêts et pour mettre la question tunisienne à l ordre du jour. D autres ont pour objectif de transmettre des idées et valeurs démocratiques sous forme de transferts sociaux. Pour Levitt (1998), les transferts sociaux sont «les idées, les attitudes, les identités et le capital social qui circulent entre les communautés émettrices et réceptrices» (p. 927). Elles cherchent de la

sorte à améliorer la jeune démocratie et à assurer un développement durable. 4.3.2. Promotion des investissements économiques et des transferts de connaissances Pour de nombreuses personnes interrogées, la promotion des transferts de connaissances et des investissements économiques est primordiale pour le développement durable de la Tunisie. En raison de leur expertise et de leurs connaissances, les associations universitaires et estudiantines ainsi que les organisations commerciales et professionnelles sont particulièrement engagées dans ce domaine et organisent des manifestations de promotion du développement économique. Elles cherchent à créer un vaste réseau de professionnels, d étudiants et d universitaires d origine tunisienne qui pourront ainsi mettre en commun leurs connaissances et leurs expériences. Par exemple, la page Facebook Tunesische Informatiker in Deutschland (informaticiens tunisiens en Allemagne) donne aux informaticiens tunisiens vivant en Allemagne des renseignements sur les offres d emploi, ateliers et formations dans leur domaine. Autre exemple, le Deutsch - Tunesisches Wirtschaftsforum DTW-Forum (forum économique germano-tunisien) encourage la coopération entre les experts tunisiens et les incite à intensifier les échanges scientifiques avec les autorités tunisiennes et à soutenir le développement économique en Tunisie. En plus de ces réseaux, des salons professionnels et des conférences sont organisés pour promouvoir l investissement économique en Tunisie. Ainsi, en 2012, la Tunesische Akademiker Gesellschaft TAG (société universitaire tunisienne) a organisé, pour la quatrième fois, un forum professionnel à Munich. Ce forum a pour objectif de favoriser la création de réseaux en réunissant, d une part, des étudiants et des professionnels tunisiens et d autre part, des entreprises opérant en Tunisie. Lors du dernier forum, une attention particulière a été donnée au contexte tunisien actuel en examinant le rôle des expatriés qualifiés dans le développement universitaire et économique du pays. Parallèlement au salon professionnel, où les entreprises donnent des informations sur leurs activités en Tunisie, le forum professionnel présente également des conférences au cours desquelles des sujets spécifiques au contexte tunisien sont abordés. De même, la Deutschtunesische Jungunternehmer (association de jeunes entrepreneurs germano-tunisiens), en coopération avec la ville de Stuttgart, le Centre d affaires arabe de Stuttgart et la Wirtschaftjunioren (Jeune chambre économique de Stuttgart), a organisé la conférence sur les entreprises arabes (Arab Business Conference). La conférence organisée en 2012 mettait également l accent sur les pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie et Libye) et examinait les potentialités de ces marchés. Dans le cadre de son 50 e anniversaire, l association culturelle Tunis Cologne (Tunis Köln e.v.) prévoit une exposition d œuvres d artistes tunisiens, ainsi qu une foire commerciale où seront présentés des produits tunisiens, afin de donner une image de la culture et de l artisanat tunisiens.

4.3.3. Projets en Tunisie et pour la Tunisie À ce jour, le nombre d activités créées et mises en œuvre en Tunisie par la diaspora tunisienne en Allemagne reste limité. Nous disposons néanmoins de quelques exemples de tels projets, principalement dans le domaine de l aide humanitaire, de l éducation, de la création d entreprises et de la politique. Deux organisations mettent en œuvre des programmes communautaires visant à améliorer la vie des membres les plus vulnérables de la société tunisienne. L association culturelle El-Kantara souhaite améliorer la situation des personnes âgées vulnérables grâce à une aide financière. D une part, elle a construit des logements sociaux en Tunisie pour les familles dans le besoin et d autre part, elle a fourni des ressources financières à des entrepreneurs et petites entreprises n ayant pas accès à la microfinance. Le nouveau programme de parrainage familial est une initiative dans le cadre de laquelle des personnes vivant en Allemagne peuvent parrainer un enfant ou une famille en Tunisie en versant 30 euros par mois. L objectif est de soutenir les familles dans lesquelles le soutien de famille est absent ou incapable de travailler. Ce don a pour objet de répondre aux besoins fondamentaux et de pourvoir à l achat de vêtements ou d équipements scolaires. L organisation Tunicare transporte des produits tels que des vêtements et des dispositifs médicaux en Tunisie dans le but de soutenir les familles dans les régions les plus pauvres du pays. L objectif à long terme est de faire en sorte que les personnes soient en mesure de se débrouiller seules. Cela sera possible grâce à la scolarisation et la formation professionnelle, la promotion de la santé et le soutien financier des start-ups. L association Deutsch-Tunesischer Verein für Familie und Kultur DTV (association germano-tunisienne pour la famille et la culture) prévoit de mettre en œuvre un projet visant à améliorer la situation des Tunisiennes grâce au microcrédit. Ultérieurement, des partenaires du projet en Tunisie seront identifiés et un concept concret sera défini. Dans le domaine de l éducation, l association Verein der Tunesischen Akademiker in Stuttgart VTAS (association d universitaires tunisiens de Stuttgart) prévoit de mettre en œuvre un projet d amélioration du système de formation professionnelle tunisien en coopération avec une fondation allemande. Pour atteindre cet objectif, le groupe a l intention de faciliter la construction, en Tunisie, d une école professionnelle (Berufschule) pouvant dispenser un enseignement formel à des travailleurs tels que les menuisiers, les peintres-décorateurs et les mécaniciens automobiles pour leur permettre d améliorer leurs compétences et leurs qualifications. Une autre idée vise à mettre en place une coopération avec des entreprises et des écoles professionnelles allemandes dans lesquelles des stagiaires tunisiens recevraient une formation en Allemagne. Ce que souhaite le VTAS, c est assurer un soutien aux stagiaires et leur offrir des cours de langue et d intégration pendant leur séjour en Allemagne.

L apport d un soutien et la création de débouchés pour les entreprises ou d autres projets en Tunisie sont essentiellement le fait de deux organisations. Qetik est un projet créé par une Tunisienne née en Allemagne et retournée vivre quatre ans en Tunisie. Il vise à établir un lien entre la diaspora tunisienne et la population de Tunisie grâce à la création d une plateforme en ligne permettant aux Tunisiens de présenter leurs idées de projets et aux Tunisiens vivant en Allemagne d offrir leurs compétences ou de faire des dons en argent ou en matériel à ceux qui réalisent ces projets en Tunisie. Le principe de base consiste à offrir un soutien ponctuel aux jeunes Tunisiens marginalisés et/ou vivant en zones rurales pour leur permettre d améliorer leur existence. Cette aide peut contribuer à la réalisation de microprojets et à l établissement de petites entreprises qui créeront des emplois et donneront aux jeunes de Tunisie la possibilité de prendre en mains leur avenir. L intérêt porté par la diaspora à la réalisation de ce projet a été considérable mais des obstacles d ordre pratique et financier ont pour l instant empêché sa mise en œuvre. Tunicom est une organisation qui s est créée pendant la révolution dans le but d établir un lien entre les professionnels, cadres, experts, entrepreneurs et universitaires tunisiens vivant en Allemagne pour la construction d une Tunisie moderne, développée et démocratique. Elle intervient dans quatre domaines : l aide humanitaire, le développement économique, l action sociopolitique et l action médiatique. Deux projets sont en cours : TuniConsult et TuniVote. TuniConsult est une base de données d experts tunisiens en Allemagne qui offrent des conseils gratuits pour le démarrage d entreprises en Tunisie. Ce transfert de connaissances est un facteur fondamental de promotion du développement durable en Tunisie. TuniVote est un outil qui donne des informations sur les partis politiques ayant participé aux premières élections en octobre 2011. Compte tenu du manque de culture politique en Tunisie, son objectif est de sensibiliser et de donner une vue d ensemble indépendante du paysage politique en Tunisie. Le réseau coopératif de politique publique Tunisian Bridge Foundation publie des études, analyse la coopération bilatérale actuelle ainsi que les politiques étrangères et cherche à trouver des solutions concrètes pour le développement de la Tunisie. Il offre également des conseils en matière de politique, de société et d économie. Il collabore avec le gouvernement tunisien et donne des conseils scientifiques et en matière d élaboration de politiques dans ces domaines. D une manière générale, les personnes interrogées ont majoritairement déclaré qu elles s intéressent à la mise en œuvre de projets visant à soutenir le développement social, politique et économique de la Tunisie. L importance du soutien qui pourra être assuré par la GIZ et la nature des synergies qui pourront être créées sont examinées dans le chapitre suivant.

4.4. Potentialités de coopération : répondre aux besoins de la diaspora tunisienne et de la coopération allemande au développement L analyse a permis de définir plusieurs pistes de coopération ciblant différents domaines de participation. Si, traditionnellement, la diaspora tunisienne en Allemagne mettait surtout l accent sur l intégration, la révolution a incité de nombreux Tunisiens à plutôt s engager en faveur d activités de développement. Par conséquent, on constate actuellement une motivation et une volonté de contribuer aux efforts de développement de la Tunisie et de détermination de son avenir. Dans ce contexte, la coopération allemande au développement peut tirer parti de l élan donné par la révolution pour soutenir les activités de développement en Tunisie. Cette section examine les réalisations 5 de la coopération allemande au développement, ainsi que les besoins de la diaspora tunisienne définis pendant l étude, afin de mettre en lumière les domaines potentiels de coopération. 4.4.1. Vue d ensemble de la coopération allemande au développement en Tunisie La coopération au développement entre l Allemagne et la Tunisie est basée sur des accords bilatéraux dans le cadre de programmes régionaux/thématiques lancés dans les années 1960. Les principaux domaines de coopération sont les suivants : protection de l environnement et des ressources naturelles, eau, énergies renouvelables, développement économique durable et promotion de l emploi. En réponse aux bouleversements politiques survenus en Tunisie, le 9 janvier 2012 les gouvernements allemand et tunisien ont signé un protocole d accord sur le «partenariat pour la transformation». Sur la base de ce document, les premières consultations tuniso-allemandes ont eu lieu le 12 septembre 2012 à Berlin, consultations au cours desquelles plusieurs projets et mesures ont été convenus. Des activités sont mises en œuvre dans quatre domaines clés : (1) économie, emploi, développement régional, environnement et énergie ; (2) sécurité ; (3) démocratie, bonne gouvernance, société civile, coopération judiciaire ; et (4) recherche, éducation, culture et médias (Auswertiges Amt, 2012). Dans le cadre du partenariat pour la transformation, le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères (Auswärtiges Amt) a offert de financer le projet à hauteur de 60 millions d euros versés à des ONG allemandes et internationales en 2012 et 2013. Pour assurer la mise en œuvre des projets, le gouvernement allemand collabore avec divers partenaires tels que la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), des fondations politiques allemandes, la Chambre de commerce germano-tunisienne, la Banque de développement KfW, la Deutsche Welle et l ONG Media in Cooperation and Transition (MICT) (Auswertiges Amt, 2013). 5 Informations tirées d entretiens avec le personnel de la GIZ et de la présence de la GIZ Tunisie et du CIM sur le Web.

Le bureau de la GIZ en Tunisie a été mis en place à Tunis en 1999 et emploie 40 experts internationaux et plus de 90 agents nationaux. Les principaux domaines thématiques sont les suivants : énergie, climat et eau. Par ailleurs, un soutien est offert dans trois secteurs (GIZ, 2013b). 1. Développement économique durable et promotion de l emploi : les mesures portent notamment sur l amélioration des performances économiques dans les régions, le développement de marchés émergents pour les énergies renouvelables, la modernisation de l infrastructure industrielle et la promotion de l esprit d entreprise grâce à l amélioration des services de microfinance à l intention des travailleurs indépendants. 2. Protection des ressources naturelles : une attention particulière est accordée à l élaboration d approches durables pour l agriculture, l environnement, l eau et la gestion des déchets. En pratique, la GIZ assure la médiation entre les citoyens, les agences publiques et le secteur privé pour trouver des solutions au problème de la gestion durable des ressources naturelles. 3. Développement régional, gouvernance locale et démocratie : un accent particulier est mis sur la création de nouvelles structures administratives, la promotion des droits humains et l amélioration du dialogue entre la société civile et l État. À titre d exemple, le «Programme d appui à l entreprenariat et à l innovation (PAEI) Tunisie» de la GIZ a pour objectif de promouvoir l innovation et l esprit d entreprise en Tunisie. Dans le domaine de l innovation, il met l accent sur les processus de gestion et les produits des petites et moyennes entreprises. En ce qui concerne le développement de l esprit d entreprise, la GIZ agit à trois niveaux. Au niveau de l État, elle coopère avec les ministères, notamment avec celui de l Industrie et celui de l Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle prodigue par exemple des conseils pour la formulation de stratégies de promotion de l entreprenariat et de l innovation. Au niveau régional, elle coopère avec les agences de développement de l activité économique. Des projets pilotes sont mis en œuvre pour le renforcement des capacités et la création de réseaux. Au micro-niveau, plusieurs projets pilotes d encouragement des échanges avec d autres parties prenantes sont en cours, notamment avec les universités. Parallèlement, un vaste réseau de conseillers en matière d entreprenariat a été créé en Tunisie. L examen des programmes liés à la migration et au développement a permis d identifier les projets suivants du CIM pour la Tunisie. Le «projet pilote de promotion de la mobilité juridique de travailleurs hautement qualifiés de Tunisie» est financé par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères et a été mis en œuvre par la GIZ en collaboration avec l Espace placement international (ZAV) de l Agence fédérale de l emploi (BA) en 2012 et 2013. Il a pour objectif de permettre à 100 ingénieurs tunisiens au chômage de séjourner en Allemagne pour travailler et, par conséquent, de leur offrir de nouvelles perspectives professionnelles et la possibilité d acquérir une expérience internationale. Les participants au projet suivent un cours d allemand de deux mois en Tunisie ainsi qu une formation spéciale

tenant compte des spécificités du pays afin de préparer leur séjour en Allemagne. La deuxième partie du projet est un stage de six mois au cours duquel les participants acquièrent une expérience professionnelle dans des entreprises allemandes dans le but d obtenir un emploi à long terme (GIZ, non daté). Dans le cadre du «Programme d experts de retour», le CIM accorde un soutien aux professionnels tunisiens en Allemagne qui souhaitent rentrer dans leur pays d origine. Des services de conseil et de recrutement leur sont offerts, ainsi qu une aide financière sous la forme d un complément de salaire pour les deux premières années. Seuls bénéficient de ce soutien les participants dont l emploi a un lien avec le développement. Dans le cadre de ce programme, des experts tunisiens travaillent essentiellement comme ingénieurs ou informaticiens. Selon des représentants de l association d étudiants tunisiens TAG, cette dernière a, dans certains cas, participé au processus de recrutement. À ce jour, trois Tunisiens ont été recrutés dans le cadre de cette composante du programme du CIM. Selon le personnel du CIM interrogé dans le cadre de cette étude, on constate une recrudescence de l intérêt porté à la coopération avec la diaspora tunisienne depuis la révolution. En conséquence, l accès à ce groupe cible fait l objet d efforts accrus. Par exemple, une réunion d information sera organisée avec la TAG en novembre 2013 dans le but de fournir des informations sur les différentes composantes du programme «Migration et développement». Par ailleurs, l organisation d ateliers et d activités de réseau est prévue afin d encourager le renforcement des capacités des organisations de la diaspora tunisienne. 4.4.2. Les besoins de la diaspora Comme nous l avons vu plus haut, les institutions et les structures d opportunité déterminent ce que la diaspora tunisienne veut ou peut faire. Si certains facteurs influencent son engagement de manière positive, les participants à l étude ont également conscience de problèmes ayant un impact négatif sur son engagement dans le développement. Le facteur temps a une influence majeure sur l engagement. L engagement de toutes les personnes interrogées dans le cadre de ce projet était volontaire et venait s ajouter à leur travail et à leurs obligations familiales. Elles ont exprimé le besoin de ressources humaines supplémentaires pour mettre en œuvre efficacement des projets en Tunisie ou pour contribuer au développement en général. De plus, les ressources financières sont très limitées. Dans leur majorité, les organisations déclarent financer leurs activités avec les cotisations de leurs membres et des dons. Certaines bénéficient d une aide financière de la part de municipalités ou d ONG allemandes qui financent essentiellement un lieu de réunion ou l acquisition de matériel tel que des ordinateurs. Pour les organisations commerciales et professionnelles, les entreprises sont également une source importante de financement. En ce qui concerne les ressources financières, le manque d informations sur les possibilités de financement constitue un problème

majeur. Par exemple, une représentante d une association culturelle a participé à une campagne d information organisée par le CIM sur l engagement de la diaspora dans le développement. Après avoir pris conscience des possibilités offertes, elle prépare actuellement un projet ciblant les femmes vivant en Tunisie. En plus du manque de ressources, il semble y avoir un manque de confiance entre les différentes organisations de la diaspora. Tout en reconnaissant que la révolution avait contribué à resserrer les rangs de la diaspora tunisienne, de nombreuses personnes interrogées considèrent qu un climat de méfiance persiste et que les communications sont souvent peu fiables. Elles n en perçoivent pas moins toute l importance de la coopération dans la mesure où des synergies pourraient être créées pour forger en commun l avenir de la Tunisie. La structure des opportunités politiques en Tunisie joue un rôle majeur en influençant l engagement de plusieurs façons. On constate un réel optimisme et une réelle motivation à forger l avenir de la Tunisie. Grâce à ses qualifications, compétences et connaissances, la diaspora souhaite contribuer à un changement positif dans le pays. Cependant, le processus de transformation peut également freiner l engagement. L instabilité politique due au changement permanent des autorités, à la bureaucratie et à la corruption la découragent souvent de s engager dans des activités de développement en Tunisie. D une manière générale, elle semble manquer de partenaires fiables sur le terrain en Tunisie. D une part, les autorités telles que l OTE (2013c) reconnaissent le rôle positif joué par les Tunisiens à l étranger pour stimuler l économie nationale et favoriser les transferts technologiques et scientifiques et souhaitent par conséquent faire participer la diaspora à l élaboration de stratégies de développement économique et scientifique. D autre part, les participants à l étude indiquent qu ils sont peu disposés à faire confiance aux autorités tunisiennes et à coopérer avec elles de crainte de manipulations politiques. Cela a notamment été le cas en ce qui concerne la tentative de l OTE de créer une organisation de tutelle pour les organisations tunisiennes en Allemagne. Il ressort de la présente étude que les participants préfèrent une plateforme ou un réseau ayant des structures plus souples et permettant, d une part, de garantir l indépendance et, d autre part, de faciliter la coopération et les échanges entre les organisations. D une manière générale, il semble que les autorités tunisiennes doivent investir dans le rétablissement de la confiance pour surmonter ces obstacles et instaurer un partenariat équitable avec la diaspora. Le manque de confiance ne concerne pas que le gouvernement, il concerne également la société civile tunisienne. Certaines personnes interrogées ont déclaré que des organisations de la société civile sont nées pendant la révolution (auparavant, leur existence était limitée par l ancien gouvernement). Il est certes reconnu que ces organisations jouent un rôle important dans le développement du pays, mais elles ne sont pas encore considérées comme des partenaires fiables en raison de leur manque d expérience, de compétences et de ressources financières. Les organisations allemandes telles que la GIZ et la Chambre du commerce extérieur sont par conséquent considérées comme importantes pour la mise en œuvre de projets et peuvent également potentiellement jouer un rôle dans

le renforcement des capacités des organisations de la société civile en Tunisie. La structure des opportunités politiques en Allemagne favorise l engagement dans le développement. D une manière générale, tous les participants considèrent qu ils bénéficient d un soutien du gouvernement allemand, notamment des municipalités. On manque toutefois d informations sur les possibilités de coopération ou de financement au niveau fédéral. Alors que toutes les personnes interrogées ont manifesté un intérêt pour une future coopération avec les institutions de la coopération allemande au développement, seulement deux organisations ont déjà mis en œuvre des projets conjoints. Selon les personnes interrogées, la coopération peut prendre différentes formes, par exemple la fourniture de ressources financières, la prestation de services de conseil, l organisation d ateliers de renforcement des capacités et la mise en œuvre de projets conjoints. Il semble qu il y ait une volonté commune de coopérer, mais des obstacles structurels tels que le manque d informations et le manque d implication restent à surmonter. Par ailleurs, certaines personnes interrogées reconnaissent que leur engagement n est pas suffisamment reconnu ou apprécié. Bien qu elles fassent preuve d engagement, en Tunisie mais également en Allemagne, elles considèrent que les médias et le grand public ont tendance à accorder plus d importance aux questions de migration et d intégration. Il semble donc important de faire participer la diaspora au processus d élaboration des politiques et d apprécier son engagement au moyen de campagnes publiques. À cet égard, tout changement de la façon dont le public perçoit les migrants peut faciliter l engagement de la diaspora. 4.4.3. Potentialités de coopération Si on tient compte des besoins de la diaspora et de ceux de la coopération allemande au développement, plusieurs formes de coopération potentielle peuvent être identifiées. Les principales activités de la diaspora en matière de développement sont axées sur la promotion du développement économique grâce aux échanges universitaires et au transfert de connaissances. Des potentialités ont été identifiées dans les domaines suivants. Promotion de la création d entreprise par les migrants. L objectif de nombreuses organisations tunisiennes est de promouvoir la création de petites entreprises en Tunisie pour améliorer les perspectives économiques. Le bureau de la GIZ en Tunisie peut contribuer de manière importante à l identification des entrepreneurs et à leur mise en relation avec la diaspora. Par exemple, le «Programme d appui à l entreprenariat et à l innovation (PAEI Tunisie» de la GIZ vise, entre autres, à promouvoir la création d entreprises en Tunisie et à constituer un important réseau reliant plusieurs institutions dans ce domaine. Il est prévu d intégrer en Tunisie la composante Migrants entrepreneurs (Migranten als Unternehmer) gérée par le CIM. Le personnel de la GIZ et certaines personnes interrogées ont mentionné que le potentiel de création d entreprises par la diaspora tunisienne est élevé dans

la mesure où beaucoup de ses membres ont les qualifications et compétences nécessaires. Participation de la diaspora aux activités de conseil. Tous les groupes de la diaspora tunisienne ont des connaissances et des compétences spécifiques. Beaucoup de leurs membres sont des universitaires et des professionnels dont les compétences et les qualifications ont été acquises en Allemagne et qui, compte tenu du fait qu ils ont grandi en Tunisie, ont également des connaissances spécifiques à leur pays précieuses pour la coopération au développement. Participation de la diaspora tunisienne au dialogue et au processus d élaboration des politiques. Compte tenu des connaissances spécifiques qu elles ont de leur pays et de leurs compétences interculturelles, les organisations de la diaspora tunisienne peuvent être de précieux intermédiaires dans la mesure où elles connaissent les besoins du pays d origine tout en comprenant bien le contexte allemand. Elles peuvent par ailleurs fournir d utiles informations «de l intérieur» et peuvent par conséquent apporter leur concours à des mesures politiques plus durables. Parallèlement, en faisant participer la diaspora tunisienne aux dialogues, on montre qu on apprécie son engagement. Grâce à la participation des migrants de la première génération, il est possible d acquérir une connaissance de première main du contexte historique. De plus, les différentes tranches d âge permettent d obtenir divers points de vue et différentes appréciations reflétant la diversité inhérente à la diaspora. Toutefois, la diversité peut également poser un problème majeur quant à la participation de la diaspora, notamment lorsque les pays d origine sont confrontés à des conflits. Selon certaines personnes interrogées, avant la révolution, les organisations étaient pour ou contre l ancien régime. Le nouveau paysage politique en Tunisie a également créé un nouveau paysage des organisations de la diaspora dont les visions, les intérêts et les affiliations sont divers. Il serait extrêmement utile d avoir, au sein de la diaspora tunisienne, des points focaux qui serviraient de points de liaison entre ses organisations et la GIZ (CIM). En tenant compte du fait que la diaspora n est ni statique ni homogène, des consultations institutionnalisées pourraient, par exemple grâce à la nomination, pour la Tunisie, d un point focal permanent recruté dans la diaspora tunisienne, veiller à ce que les besoins de la diaspora restent constamment au premier plan lors de la préparation de projets. Promotion de la participation au «Programme d experts de retour». Comme de nombreux membres de la diaspora sont des universitaires et des professionnels qui ont acquis leurs compétences et qualifications en Allemagne, ils pourraient potentiellement participer à ce programme. Par ailleurs, les organisations de la diaspora tunisienne disposent de vastes réseaux au sein de la communauté tunisienne et peuvent par conséquent contribuer à identifier les experts susceptibles de retourner au pays. La participation du CIM à des conférences et des réunions d information organisées par les organisations de la diaspora tunisienne peut faciliter l accès au groupe cible. De plus, la présence de la diaspora sur le Web peut

servir à diffuser les informations sur les programmes et les ateliers proposés par le CIM. «Promotion des activités de développement des organisations de migrants». On constate un intérêt accru des organisations de la diaspora tunisienne pour la mise en œuvre de projets en Tunisie. Les principales difficultés proviennent du manque de ressources humaines et financières ainsi que du manque de partenaires fiables en Tunisie. La communication d informations sur le projet du CIM et l établissement de contacts avec la diaspora tunisienne sont une importante étape à franchir pour surmonter ces difficultés. 5. Conclusion L esprit du «Printemps arabe» a eu une influence sur la société tunisienne dans le pays d origine, mais aussi sur les Tunisiens vivant à l étranger. Il y a eu une prise de conscience, notamment parmi la jeune génération, avec un sentiment plus fort d appartenance et d attachement à la Tunisie. Alors que, traditionnellement, la diaspora tunisienne en Allemagne avait surtout mis l accent sur l intégration, la révolution a incité de nombreux Tunisiens à axer leur engagement sur les activités de développement. Par conséquent, il y a aujourd hui une motivation et une volonté de contribuer aux efforts de développement et de forger l avenir de la Tunisie. C est ainsi que diverses organisations nouvelles sont nées au sein de la diaspora pour soutenir la réalisation de cet objectif. Si on examine la potentialité de l engagement en faveur du développement, on voit que la plupart des associations tunisiennes mettent plus l accent sur l intégration que sur la mise en œuvre de projets en Tunisie. Pourtant, depuis la révolution, on constate un regain d intérêt et une motivation accrue pour participer au développement du pays. Ce résultat peut être obtenu de différentes façons. La diaspora tunisienne peut compte tenu de ses compétences et de ses qualifications conseiller le gouvernement tunisien et les organisations de la société civile, que ce soit à l occasion d un retour au pays temporaire ou de longue durée. Il est prévu de mettre des projets en œuvre en Tunisie pour favoriser le développement social et économique. Toutefois, il est également possible de promouvoir le développement de la Tunisie depuis l étranger grâce, par exemple, à la mise en place de passerelles entre les milieux culturels et à l incitation à investir pour stimuler l économie. Toutes les personnes interrogées mettent l accent sur le lien qu elles constituent entre le pays d origine et le pays de destination, lien qui peut prendre différentes formes. Ainsi, les représentants des organisations culturelles ont conscience du rôle qu ils jouent en mettant en place des passerelles entre les deux cultures et en favorisant une compréhension mutuelle. Depuis la révolution, notamment, un intérêt particulier est accordé à la sensibilisation à la situation actuelle en Tunisie. Par ailleurs, la promotion des transferts de connaissances et des investissements économiques est considérée comme primordiale pour le développement durable de la Tunisie. En raison de leur expertise et de leurs connaissances, les associations universitaires et estudiantines, ainsi que les organisations commerciales et

professionnelles, sont tout particulièrement engagées dans ce domaine et organisent des manifestations visant à promouvoir le développement économique. D une part, elles cherchent à créer un vaste réseau qui permettrait aux professionnels, étudiants et universitaires d origine tunisienne d échanger leurs connaissances et leurs expériences. D autre part, des foires commerciales et des conférences sont organisées pour promouvoir les investissements économiques en Tunisie. Enfin, bien que la diaspora tunisienne en Allemagne n ait pas encore, à ce jour, élaboré et mis en œuvre un nombre significatif d activités, on constate, depuis la révolution, un intérêt accru pour la mise en œuvre de projets. Ces projets entrent généralement dans le domaine de l aide humanitaire, de l éducation, de la création d entreprises et de la politique. En ce qui concerne la coopération allemande au développement de la Tunisie, on constate une volonté accrue de coopérer avec la diaspora tunisienne depuis la révolution. En conséquence, les efforts visant à établir des contacts avec ce groupe cible se sont intensifiés. Si toutes les personnes interrogées reconnaissent qu elles sont intéressées à collaborer avec la coopération allemande au développement, elles considèrent néanmoins que certains obstacles ont un impact négatif sur leur engagement en faveur du développement et contrarient par conséquent l efficacité de la coopération. Les principales difficultés concernent le temps et les ressources financières disponibles. Par ailleurs, le manque de partenaires fiables en Tunisie entrave la mise en œuvre de projets. Si on tient compte des besoins de la diaspora tunisienne et de ceux de la coopération allemande au développement, l analyse montre que différents moyens pourraient bénéficier aux deux parties et qu il est possible d améliorer la promotion des activités de développement de la diaspora tunisienne. Compte tenu de ceci, le chapitre suivant fait des recommandations pour l amélioration des potentialités et la réduction des obstacles à l engagement. 6. Recommandations Pour promouvoir l engagement de la diaspora tunisienne et en collaboration avec elle, nous faisons les recommandations suivantes. Réduire les obstacles à l engagement et renforcer les capacités des organisations de la diaspora - Tous les participants à l étude ont déclaré souhaiter collaborer avec la coopération allemande au développement. Ils sont toutefois confrontés à une difficulté majeure : le manque d informations sur les éventuelles sources de financement et sur les activités menées pour renforcer les capacités des organisations de la diaspora. Ces obstacles peuvent être surmontés de différentes façons : 1) la communication d informations à la diaspora concernant les possibilités de financement et/ou de coopération, par l intermédiaire des pages d accueil des organisations ou des médias sociaux ; 2) la participation du CIM à des réunions, manifestations ou conférences organisées par la diaspora, notamment pour entrer en contact avec des groupes n étant pas présents sur le Web ; et/ou 3)

la collaboration avec des membres clés des organisations de la diaspora tunisienne jouant le rôle de points focaux et éventuellement chargés de la création d un réseau et de la coordination des activités. À cet égard, il existe déjà une tentative de créer, entre les différentes organisations tunisiennes, un réseau servant de lien entre la diaspora et la coopération allemande au développement. La GIZ peut faciliter ce processus en offrant des ressources financières et des ateliers de renforcement des capacités, ainsi que des possibilités de travail en réseau. Il importe de s assurer que le réseau en question inclut divers types d organisations de la diaspora représentant les différents intérêts, aspirations et idées. Par ailleurs, il est possible de mettre tout particulièrement l accent sur la promotion du dialogue et de la coopération, ainsi que sur l instauration d un climat de confiance entre les différentes organisations du réseau. Le manque de temps et de ressources humaines et financières, ainsi que les lourdes charges bureaucratiques associées à la réalisation de projets, constituent un obstacle majeur à l engagement. En fournissant des ressources financières et une formation aux organisations de la diaspora, on ferait déjà beaucoup pour minimiser ces obstacles. Néanmoins, les résultats de l étude montrent également qu un financement structurel des organisations de la diaspora est nécessaire, notamment lorsque l engagement est axé sur le développement. Pour de nombreuses personnes interrogées, il n est pas possible d élaborer, de mettre en œuvre et de réaliser un projet lorsqu on agit sur une base volontaire, parallèlement à d autres responsabilités professionnelles et familiales. Par conséquent, des fonds devraient être fournis non seulement pour la mise en œuvre du projet, mais également pour financer des postes de travail rémunérés et pour couvrir les frais généraux. Actuellement, le financement des projets ne couvre pas les frais généraux, ce qui pose un problème majeur à de nombreuses organisations. De plus, pour restreindre les obstacles bureaucratiques, il faudrait simplifier le processus de demande de financement et la preuve d utilisation des fonds pour ne pas perdre inutilement de temps en tracasseries administratives. Renforcement des capacités en Tunisie - Pour participer efficacement au développement, les organisations de la diaspora ont besoin de partenaires fiables dans le pays d origine. Or, dans leur majorité, les organisations de la société civile en Tunisie n ont été créées que récemment, pendant la révolution, et manquent par conséquent d expérience, de savoir-faire et de ressources financières. Pour favoriser l engagement de la diaspora tunisienne, il importe de renforcer les capacités des organisations en Tunisie. Un recensement des éventuels partenaires de coopération, y compris des organisations allemandes et internationales, pourrait faciliter la mise en œuvre des projets. Il faudrait par ailleurs tenter d établir un lien entre l engagement de la diaspora et les besoins et possibilités du pays d origine. La création (ou l aide à la création) d une plateforme qui permettrait à la diaspora «d offrir» ses compétences et ses ressources et de les mettre en adéquation avec la demande en Tunisie semble donc être un moyen utile d améliorer l efficacité de l engagement de la diaspora.

Promouvoir le dialogue et favoriser l établissement d un réseau au sein de la diaspora Étant donné que les ressources sont très limitées, la coopération avec d autres organisations peut contribuer à faciliter la mise en œuvre des projets. Si la majorité des personnes interrogées dit avoir de bons contacts avec les ONG et les organisations allemandes de migrants, le réseau au sein de la diaspora tunisienne ne dépasse souvent pas le niveau régional. Le soutien à la création d un réseau au sein de la diaspora peut également favoriser les partenariats et la coopération. Il faut accorder une plus grande attention à la promotion du dialogue dans la mesure où la révolution a mis en évidence des opinions, des valeurs et des intérêts différents et parfois conflictuels au sein de la diaspora. Possibilités de coopération - En plus des programmes existants, le CIM peut préparer d autres projets pour promouvoir l engagement de la diaspora. Sur le modèle du programme de retour temporaire de personnels nationaux qualifiés (Temporary Return of Qualified Nationals TRQN) financé par le gouvernement néerlandais et géré par l OIM, il serait possible d élaborer un programme dans le cadre duquel des migrants tunisiens retourneraient temporairement dans leur pays d origine pour y transmettre leurs connaissances dans des domaines où on manque localement d expertise (OIM, 2013). Leur affectation devrait être décidée sur la base de l adéquation des compétences disponibles en Allemagne et des besoins identifiés dans d éventuelles institutions d accueil en Tunisie. À titre d exemples, citons les projets déjà réalisés dans le cadre de programmes de retour temporaire : élaboration de programmes universitaires, restructuration de ministères gouvernementaux et préparation d un plan de commercialisation pour promouvoir les possibilités d investissement. Les organisations de migrants tunisiens peuvent constituer un bassin de Tunisiens qualifiés intéressés à poursuivre leur engagement. Autre possibilité : la réalisation d un projet en coopération avec des organisations encourageant l engagement de personnes du troisième âge (sur le modèle du projet Service d experts seniors - Senior Experten Service - SES)) s adressant aux migrants tunisiens de la première génération, aujourd hui en grande partie à la retraite. Par ailleurs, l expansion à la Tunisie de l actuel programme Migrants entrepreneurs (Migranten als Unternehmer) géré par le CIM comblerait des lacunes et serait mis en œuvre assez rapidement dans la mesure où il s agirait d un programme du CIM en cours. Soutien des divers types d organisations de la diaspora tunisienne - De nombreux auteurs considèrent qu il existe une relation dynamique entre l intégration et l engagement de la diaspora. D une part, l intégration est considérée comme primordiale car elle permet aux individus de disposer des ressources et des réseaux nécessaires à un engagement actif. D autre part, l engagement civique renforce souvent l égalité de participation, favorise la responsabilisation et améliore les capacités du capital humain et social. Les engagements transnationaux peuvent donc améliorer l intégration civique, politique et, éventuellement, socio-économique (Koser 2007, Warnecke 2010, Shain 1994). Pour soutenir l engagement de la diaspora en faveur du développement, il semble important de mettre en œuvre des politiques globales soutenant à la fois l intégration et les activités transnationales. En fin

de compte, cela signifie que les organisations de la diaspora tunisienne qui mettent surtout l accent sur les questions d intégration peuvent encore être de précieux partenaires pour la promotion du développement à long terme. Reconnaissance non monétaire - Des avantages non monétaires peuvent également promouvoir et encourager l engagement de la diaspora. Cette étude montre que de nombreuses personnes interrogées considèrent ne pas être soutenues par le gouvernement alors qu elles consacrent énormément de temps et d efforts à la résolution de conflits. La reconnaissance publique et l appréciation de l engagement de la diaspora sont par conséquent importantes pour entretenir le haut niveau de motivation des membres de la communauté.

7. Références bibliographiques Al-Ali, N., Black, R., & Koser, K. (2001). The Limits to Transnationalism: Bosnian and Eritrean Refugees in Europe as Emerging Transnational Communities. Ethnic and Racial Studies, 24(4), pp. 578 600. Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères (2012). Gemeinsame Erklärung der ersten deutsch-tunesischen Regierungskonsultationen, Berlin, 12. 9. 2012 (Déclaration commune à l issue des premières consultations germano-tunisiennes, Berlin, 12.09.2012). Récupéré sur le site : http: //www.auswaertigesamt.de/cae/servlet/contentblob/625616/publicationfile/171710/120912-gem- Erklaerung.pdf. 10 août 2013. Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères (2012). Gemeinsame Erklärung der ersten deutsch-tunesischen Regierungskonsultationen, Berlin, 12 (2013). Demokratie in Tunesien stärken (Déclaration commune à l issue des premières consultations germano-tunisiennes - Renforcer la démocratie en Tunisie). Récupéré sur le site :http: //www.auswaertigesamt.de/de/aussenpolitik/regionaleschwerpunkte/nahermittlererosten/umbrueche- TSP/Transformationspartnerschaft-TUN-node.html.10 août 2013. Boubakri, Hassan (2010): Tunisie: Migration, Marché du Travail et Développement. Document de Travail. Organisation Internationale du Travail (OIT), Genève. Boubakri, Hassan (2013): Revolution and International Migration in Tunisia. MPC Research Report 2013/04. Carim, Robert Schuman Centre for Advanced Studies, Institut universitaire européen, san Domenico di Fiesole. Bush, K. (2008). 'Diaspora Engagement in Peacebuilding. Empirical and Theoretical Challenges' in Whose Peace? Critical Perspectives on the Political Economy of Peacebuilding, pp. 191-205m Basingstoke : Palgrave Macmillan. Base de données CARIM (2012). Demographic & economic module. Data on Tunisia. Robert Schuman Centre for Advanced Studies. (Modules démographiques et économiques. Données sur la Tunisie. Centre Robert Schuman d'études avancées. Récupéré sur le site : http://www.carim.org/index.php?callcontent=58, 9 juillet 2013. Castles, S., & Miller, M. J. (2009). The Age of Migration: International Population Movements in the Modern World (4 ème éd.). Basingstoke: Palgrave Macmillan. CIM (Centrum für internationale Migration und Entwicklung - Centre pour la migration internationale et le développement) (2013). Unser Profil. Migrationsberatung und -förderung (Notre profil. Conseils en matière de migration et promotion). Récupéré sur le site : http://www.cimonline.de/de/profil/2157.asp. 10 août 2013.

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Annexe A : Cartographie des organisations de la diaspora tunisienne Nom E-mail Internet Fond. Cat. Objectifs Interview/Q uestionnair e Tunesischer Kultur-und Dialogverein in Stuttgart e.v. Bund der tunesischen Akademiker in Hannover Deutsch- Tunesische Gesellschaft e.v. www.deutschtunesischegesellschaft.de Deutsch- Tunesische Horizonte e.v. Zaytunah- Zentrum@gmx.de b.tahannover@googl email.com jaballah@hotmail.co m www.facebook.co m/pages/zaytuna h- Tunesischer-Kultur- und-dialogverein-in- Stuttgart-eV 2010 1 Promotion d activités sociales, culturelles et religieuses au sein de la communauté tunisienne. Promotion du travail et des activités de loisir des jeunes. Promotion du dialogue et des échanges interculturels entre la communauté tunisienne et la société allemande. www.b-tah.de 2010 2 Soutien des étudiants tunisiens sur les questions en rapport avec leurs études. Soutien des étudiants tunisiens pour leur intégration au milieu universitaire, au marché du travail et à leur environnement social. www.faceboo k.com/dthev Plateforme de mise en réseau des membres et d échange d expériences. 1959 1 Promotion des relations culturelles, politiques et économiques entre les peuples des deux pays et renforcement des liens les unissant. Appui à des projets en Tunisie. 2013 1 Soutien et entretien de l usage de la langue tunisienne en Allemagne. Non Non Questionnai re Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique

Deutsch- Tunesischer Verein für Familie und Kultur (D.T.V.) Mouna.gharbi@ukessen.de Deutsch- Tunesischer- Kulturverein Berlin (DTKVB) e. V. DTJ - Deutsch- Tunesische Jungunternehmer e.v. abdallah melaouhi@t online.de 1997 1 Soutien à l intégration des femmes tunisiennes en Allemagne par l organisation d ateliers, de manifestations, de campagnes d information sur des sujets tels que la santé, l éducation et la législation en matière de migration en Allemagne. 1993 1 Appui à l intégration des Tunisiens en Allemagne. Promotion des échanges et du dialogue culturels. Fourniture d informations sur la Tunisie lors de manifestations et activités culturelles. info@dtj-ev.de www.dtj-ev.de 2010 3 Promotion et soutien d'entrepreneurs allemands et tunisiens dans le Bade- Wurtemberg. Établissement de contacts entre des parties intéressées et promotion d activités de mise en réseau. Organisation d ateliers, de séminaires et de formations sur l entrepreneuriat. Interview Interview Interview General Union der Tunesier in Deutschland (GUTD) e.v. gutdtn@yahoo.com www.facebook.com/pa ges/general-union- der-tunesier-in- Deutschland-GUTD 2012 1 Promotion et soutien des Tunisiens en Allemagne. Appui à l intégration des étudiants dans le milieu universitaire, social et professionnel. Mise en place d un réseau de communication intersectoriel entre Tunisiens vivant en Allemagne et, en particulier, d universitaires appartenant à différentes disciplines. Non Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique Tunesisch- Deutscher moncef.riahi@web.de 2002 1 Appui à des familles tunisiennes en Allemagne par l organisation Non

Familienverein Düren e.v. Tunesisch- Deutscher Kultur Verein in Hanau e.v. Tunesische Akademiker Gesellschaft (TAG) Tunesische Akademiker Gesellschaft Hessen e.v. mustapha.jebabli@yaho o.de hajer.bencharrada@tag -germany.org www.facebook.com/tun esischeakademike rgesellschafthessenev d activités de loisir. 1992 1 Soutien à l intégration des Tunisiens en Allemagne. Promotion des échanges et dialogue culturel. Fourniture d informations sur la Tunisie lors de manifestations et activités culturelles. www.tag-germany.org 1999 2 Appui à des étudiants tout au long de leurs études et dans la vie de tous les jours. Contacts universitaires devant permettre aux étudiants d étendre l expérience acquise. Intégration d étudiants tunisiens dans la société allemande. Contacts entre des entreprises et des universitaires. Mesures visant à faciliter autant que possible l entrée dans la vie professionnelle. 2011 2 Fait partie de la TAG et poursuit donc les mêmes objectifs et activités. Interview Interview Non Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique

Tunesische Gemeinschaf t in Deutschland e.v. Tunesische Vereinigung in Deutschland TVD e.v. Tunesische wissenschaftli che Gesellschaft www.facebook.com/pag es/tunesische- Gemeinschaft-in- Deutschland-eVBerlin Kontakt.TVD@hotmail.d e http://www.t-wg.org/kontakt-de-8.html 2011 1 Promotion de l intégration des Tunisiens en Allemagne par le biais d activités éducatives et sociales, de conférences et de séminaires. Fourniture d informations sur l histoire, la culture et la vie du peuple tunisien. Soutien des efforts visant à promouvoir l aide humanitaire, les activités sociales, la santé et l éducation en Tunisie. 2011 1 Promotion des jeunes qui bénéficient d un appui visant à faciliter leur intégration dans la société allemande et à préserver leur identité. Promotion de l éducation, de la formation des adultes et de l enseignement professionnel, aide aux étudiants y compris. Promotion de l ouverture internationale et de la tolérance dans tous les domaines culturels. http://www.t-w-g.org/ 1992 2 Séminaires scientifiques en rapport avec les travaux de membres, séminaires éducatifs visant à préparer les membres au marché du travail. Séminaires d information, événements concernant les programmes d étude. Excursions et visites d entreprises et de salons internationaux. Coopération avec des scientifiques ainsi qu avec des associations industrielles et des institutions universitaires en Tunisie et en Allemagne. Non Interview No

Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique

Tunesischer Zaytouna" Verein für Kommunikation e.v. Tunesischer e.v. Unterstützungsve rein El Kantara - Die Brücke Tunicare e.v. Tunico mp nejiezzeddine@google mail.com http://www.elkantara.de/ r.jouili@helfttunesien.org kontakt@tunicomp.net www.facebook.com/za ytouna.verein info@zaytounaverein.de http://www.tunicare.or g/ http://www.tuni comp.de/ 2011 1 Promotion d activités sociales et culturelles au sein de la communauté tunisienne. Promotion du dialogue et des échanges interculturels entre la communauté tunisienne et la société allemande. 1991 1 Promotion d activités sociales et culturelles au sein de la communauté tunisienne. Projets sociaux en Tunisie au bénéfice de personnes âgées et de groupes vulnérables. Promotion du dialogue et des échanges interculturels. 2011 4 Aide humanitaire pour la Tunisie. À long terme, mise en œuvre de projets dans les domaines de l éducation et de la formation professionnelle, de la promotion de la santé et de l appui aux jeunes entreprises (start-ups). 2011 4 Réseau de compétences indépendant, à but non lucratif et politiquement neutre, ayant pour vocation d établir le lien entre des universitaires tunisiens et des professionnels en Allemagne. Domaines d activité : aide humanitaire, développement économique, activités sociopolitiques, travail avec les médias. Non Interview Interview Non Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique

Verein der tunesischen Akademiker in Stuttgart Verein zur Förderung der Demokratie in Tunesien e.v. QETIK Tunesische Informatiker in Deutschland http://www.vtasev.org/kontakt/ info@demokratietunesie n.eu z.ben.othman@gmail.co m http://www.vtas-ev.org 1992 2 Échange d expériences scientifiques et culturelles entre Tunisiens, Allemands et autres universitaires en Allemagne. Soutien d étudiants tunisiens en Allemagne. Offre de séminaires et ateliers. Programme de mentorat pour des Tunisiens et d autres étudiants (dans le domaine scientifique et culturel). www.demokratietunesi en.de www.facebook.com/tni nfode 2011 4 Promotion d une attitude ouverte sur le monde, de la tolérance dans tous les domaines de la culture et de l internationalité. Promotion de l éducation pour des Tunisiens en Allemagne. Organisation d événements culturels d ateliers et de séminaires. Projets nationaux et internationaux visant à accroître la démocratie et la tolérance. 2011 3 Création d une plateforme ayant pour but de mettre la diaspora en relation avec des jeunes en Tunisie afin de mettre en œuvre des projets et des idées. Création d opportunités d emploi et de perspectives économiques. 2013 3 Page Facebook visant à mettre des informaticiens tunisiens vivant en Allemagne en relation les uns avec les autres. Fournir des informations sur des offres d emploi, événements, ateliers et formations. Interview Non Interview Non Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique

Deutsch - Tunesisches Wirtschaftsforu m (DTW-Forum Tunisian Academics' Society e.v. mohamed.w.othmani@g mail.com www.facebook.com/pa ال- ges/dtw-forum-ev - ت دى ن م - صادي ت اإل ق - م ي األ ل ان سي ت ون ال /395440213879775 www.facebook.com/tun isian.academics.society 2013 3 Promotion de la coopération entre des promoteurs de l expertise tunisienne en Allemagne afin de soutenir le développement économique en Tunisie, d intensifier les échanges scientifiques avec les autorités tunisiennes et de faciliter les transferts de technologie et de savoir-faire. 2012 2 Organisation apolitique visant à mettre les étudiants en relation les uns avec les autres à l étranger. Promotion de la convivialité entre étudiants tunisiens. Köln Tunis e.v. r.khammassi@gmx.de http://koeln-tunis.de/ 1964 1 Soutien d activités de jumelage entre les villes de Cologne et de Tunis. Soutien de relations de partenariat dans divers domaines tels que les sports, les arts et la culture, et échanges économiques. Fourniture d informations sur les conditions de vie des populations à Tunis après le «Printemps arabe». Organisation de conférences, expositions, forums de discussion visant à renforcer la société civile. Tunisian Bridge Foundation a.gati@gmail.com www.jisr.de 2011 4 Groupes de réflexion germanotunisiens visant à promouvoir la coopération bilatérale dans les domaines politique, économique et culturel. Lobbysme pour une meilleure politique de la migration en ce qui concerne les Tunisiens en Allemagne. Non Questionnai re Interview Questionnai re Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique

Tunesisch Deutsche Gemeinshaft (Breme) Tunisian Youth e.v. Deutsch Tunesischer Verein für Kultur und Integration e.v. tunisianyouth@gmail.co m hassan.trabelsi@dtvverein.de www.facebook.com/tu nisianyouthev 2011 1 Contribution à la culture tunisienne. Renforcement des liens avec la Tunisie au travers d événements d information et de conseils. Consolidation de l usage de la langue allemande et arabe parmi la deuxième génération. 2012 1 Contribution à une meilleure compréhension entre l Allemagne et la Tunisie et promotion de l amitié germano-tunisienne. Aide à l intégration de jeunes Tunisiens. Encadrement et soutien de la jeunesse tunisienne vivant en Allemagne. Appui à des jeunes dans le besoin en Tunisie. 1 Aucune information. Non Questionnai re Questionnai re Catégories : 1 = Association culturelle, 2 = Association estudiantine et universitaire, 3 = Organisation commerciale et professionnelle, 4 = Organisation sociale et politique

Annexe B : guide d interview Question préliminaire : historique de la migration 1. Quand avez-vous immigré en Allemagne? a. Quelles en étaient les raisons, quelle était votre motivation? Thème 1 : diaspora 2. Pouvez-vous me donner quelques informations détaillées sur la diaspora tunisienne en Allemagne? a. Est-elle homogène ou hétérogène (au regard de facteurs socio-économiques, ethniques, religieux)? b. Existe-t-il des liens forts/réseaux unissant les Tunisiens en Allemagne? c. Quelles sont les relations de la diaspora avec la Tunisie? Existe-t-il des liens forts? Quelles sont ses relations avec l État? d. Existe-t-il une différence entre la diaspora tunisienne avant et après la révolution? Thème 3 : engagement 3. Qu est-ce qui a donné naissance à l organisation/l initiative? 4. Comment celle-ci est-elle organisée? a. Combien de membres l organisation compte-t-elle? Compte-t-elle des collaboratrices et collaborateurs exerçant à titre professionnel et à temps plein? b. Comment l organisation est-elle financée? 5. Quels sont les principaux objectifs de l organisation? 6. L organisation organise-t-elle des activités/projets dans le cadre de la coopération au développement? a. Si OUI : - Quelle est la durée du projet? - Comment le projet est-il financé? - Comment ces activités contribuent-elles au développement? - Quels sont les impacts du projet? À court et à long terme? b. Si NON : - Dans quels domaines l organisation intervient-elle? - Aimeriez-vous que votre organisation s engage en faveur de la coopération au développement? - Quelles sont les raisons motivant le manque d engagement dans ce domaine? 7. Selon vous, quels sont les facteurs qui influent sur son engagement? a. Facteurs positifs et négatifs Thème 3 : coopération 8. Avec quelles organisations/institutions coopérez-vous en Tunisie? 9. Collaborez-vous avec d autres organisations gouvernementales/non gouvernementales en Allemagne? 10. Considérez-vous qu il existe des possibilités de coopération avec des organisations de la coopération allemande au développement (par exemple, BMZ, GIZ)? a. Si oui, sous quelle forme?

Souhaitez-vous ajouter quelque-chose?

Annexe C : questionnaire Mesdames, Messieurs, L école supérieure de gouvernance de Maastricht conduit une étude sur la diaspora tunisienne en Allemagne pour ordre de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Dans la discussion sur la migration et le développement, les communautés de la diaspora sont de plus en plus considérées comme des acteurs importants contribuant activement à l intégration et au développement de leur pays d origine. De manière générale, il n existe cependant que peu d informations sur la diaspora tunisienne et ses organisations en Allemagne. L étude a donc pour objet d identifier les structures et caractéristiques de la diaspora tunisienne et de donner un aperçu des associations créées par des Tunisiens en Allemagne. Elle vise en outre à établir dans quels domaines les associations sont activement engagées et quels sont les potentialités pour une collaboration avec la coopération allemande au développement. Le questionnaire suivant doit nous permettre d obtenir une vue d ensemble des associations et initiatives des Tunisiens en Allemagne. Aussi, nous vous serions obligés si vous acceptiez de remplir ce questionnaire et de nous le renvoyer. En partageant avec nous vos connaissances, vos expériences et vos opinions, vous apporterez une précieuse contribution à la réussite de ce projet. Vous pouvez également, si vous le souhaitez, remplir ce questionnaire en ligne en cliquant sur le lien suivant (https://de.surveymonkey.com/s/s55rgfm). Veuillez noter que votre participation à ce sondage est facultative et, au cas où vous y participeriez, que les informations obtenues seront exclusivement utilisées à des fins scientifiques et seront traitées de façon extrêmement confidentielle. Nous nous tenons à votre entière disposition pour tous renseignements complémentaires et commentaires. Cordiales salutations Nora Ragab Collaboratrice scientifique

La diaspora tunisienne et ses associations en Allemagne Informations générales 1. Coordonnées Nom de l organisation : Adresse : Téléphone : E-mail: Site internet : 2. En quelle année l organisation a-t-elle été fondée? 3. Combien de collaborateurs permanents, de bénévoles (non rémunérés) et de membres l organisation compte-t-elle? Total Femmes Hommes Collaborateurs permanents : ------------- ----------------------------- ----------------------------- Collaborateurs bénévoles : --------------- ----------------------------- ----------------------------- Membres : ------------------------------------ ----------------------------- ---------------------------- 4. Comment l organisation est-elle principalement financée? Contributions des membres Dons Fonds publics Autres (veuillez préciser) 5. Veuillez expliquer brièvement la vision et les objectifs de l organisation : Domaines d activité 6. Dans quels domaines thématiques l organisation est-elle active? (Réponses multiples possibles) Culture Religion

Famille Éducation Intégration Économie Environnement Santé Science Divers (veuillez préciser) : 7. Pouvez-vous nous décrire brièvement les activités de votre organisation? 8. Votre organisation s engage-t-elle en faveur du développement de la Tunisie? Oui Non Remarque : Si vous avez coché la réponse disant que votre organisation s engage en faveur du développement de la Tunisie, veuillez répondre aux questions posées à la page 3 (Engagement dans la politique du développement pour la Tunisie/en Tunisie). Si vous avez coché la réponse disant que votre organisation ne s engage pas en faveur du développement de la Tunisie, veuillez répondre aux questions posées à la page 4 (Potentialités pour un engagement dans la politique du développement). Engagement dans la politique du développement pour la Tunisie/en Tunisie Cette partie doit être remplie si vous avez répondu que votre organisation s engage en faveur du développement de la Tunisie. 9. Dans quels domaines votre organisation est-elle active en Tunisie? Éducation Santé Infrastructure Bonne gouvernance (par exemple, lutte contre la corruption)

Promotion de la société civile Protection de l environnement Promotion de la paix Divers (veuillez préciser) : Promotion de l économie (Réponses multiples possibles) 10. Veuillez brièvement commenter les activités : 11. Quelles sont les activités mises en œuvre par votre organisation en Allemagne afin de promouvoir le développement de la Tunisie? (Réponses multiples possibles) Informations sur des projets en Tunisie Événements et manifestations visant à informer sur la situation en Tunisie Collecte de dons pour la Tunisie Sensibilisation et campagnes d information en Allemagne Lobbyisme Divers (veuillez préciser) : Remarque : veuillez à présent vous rendre à la page 5 (Coopération). Potentialités pour un engagement dans la politique du développement Cette partie doit être remplie si vous avez répondu que votre organisation NE s engage PAS en faveur du développement de la Tunisie. 12. Quelles sont, selon vous, les raisons expliquant ce manque d engagement dans votre domaine? (Réponses multiples possibles) Manque d intérêt Manque de ressources financières Manque de soutien Manque de temps Manque d informations sur les possibilités de promotion Manque de savoir-faire Manque de contacts, de coopérations et de réseaux Manque de liens avec le pays d origine

Autres (veuillez préciser) : 13. Souhaiteriez-vous que votre organisation s engage dans des activités de développement en faveur de la Tunisie? Oui Non 14. Dans quels domaines souhaiteriez-vous que votre organisation engage des activités en Tunisie ou pour la Tunisie? (Réponses multiples possibles) Éducation Infrastructures Santé Bonne gouvernance (par exemple, lutte contre la corruption) Promotion de la société civile Protection de l environnement Promotion de la paix Autres (veuillez préciser) Promotion de l économie Coopération 15. Avec quelles organisations coopérez-vous en Tunisie? (Remarque : pour autant que votre organisation soit active en Tunisie) 16. Avec quelles organisations coopérez-vous en Allemagne? (Réponses multiples possibles) Autres associations tunisiennes Autr es orga nisat ions de migr ants Orga nisat ions non gouv erne ment ales alle man des (par

exemple, Caritas, AWO, Diakonie) Fondations Organisations gouvernementales (par exemple, administrations municipales, communes) Institutions de la coopération allemande au développement (par exemple, GIZ, BMZ) Autres (veuillez préciser) : 17. Considérez-vous qu il existe un potentiel pour une coopération avec des organisations de la coopération allemande au développement (par exemple, GIZ, Engagement Global, BMZ)? Oui Non 18. Si oui, de quel type cette coopération devrait-elle être? Soutien financier Mise en réseau avec d autres acteurs de la politique du développement Fourniture de conseils et de possibilités de formation continue Mise en œuvre de projets communs Autres (veuillez préciser) : Nous vous remercions de bien avoir voulu participer à ce sondage et d avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous nous tenons volontiers à votre disposition au cas où vous auriez d autres questions et des suggestions à faire. Nous serions également heureux de pouvoir vous contacter à nouveau pour d autres questions ou pour une interview. Non Oui