LE GUIDE DES ANTENNES RELAIS LILLE MÉTROPOLE HABITAT
ÉDITO La place des antennes-relais et leurs implantations font l objet, depuis le début des années 2000, de débats croissants au sein de la population avec des motifs de protestation complexes qui ne doivent pas se réduire aux seuls problèmes de santé. La dimension esthétique se pose tout autant que l efficacité des antennes nous garantissant, il faut aussi le reconnaître, l accès à des services que nous utilisons dans notre vie quotidienne. Les immeubles appartenant aux organismes Hlm sont, partout en France, fortement concernés en raison de leur hauteur qui favorise naturellement l attrait des opérateurs pour ces sites privilégiés qui représentent autant de lieux de vie à forte population. Dans ce contexte, Lille Métropole Habitat a rapidement pris la décision de privilégier le dialogue entre les acteurs concernés (Municipalités, Opérateurs, Associations de locataires, Services techniques et Bailleur social) afin que chacun puisse s exprimer et que la décision d installer une antenne relais relève d une démarche de concertation partagée. Les locataires sont également considérés, puisqu ils sont systématiquement informés deux mois avant le début des travaux, et peuvent solliciter LMH pour effectuer un relevé des champs électromagnétiques produits par l antenne installée sur leur résidence. C est dans cet esprit d information et de meilleure connaissance des enjeux posés par l installation des antennes relais que nous avons conçu ce guide en souhaitant qu il puisse contribuer à une approche plus objective et moins passionnée. Laurent GOYARD Directeur Général de Lille Métropole Habitat 2
PAROLE AUX ASSOCIATIONS DE LOCATAIRES AYANT PARTICIPÉ AU GROUPE DE TRAVAIL «ANTENNES RELAIS» AFOC et CNL Comme de la poule et de l œuf, on ne sait pas dire qui a commencé. L antenne de téléphonie mobile ou le téléphone portable? L un ne va pas sans l autre, nous ne sommes pas prêts à nous en passer. On a longtemps craint que les téléphones portables favoriseraient les tumeurs du cerveau, on sait maintenant que non, du moins, le contraire n est toujours pas démontré. Plusieurs milliers d études les plus savantes ont été effectuées dans le monde entier, en laboratoire comme en site ouvert, pour détecter les effets éventuels des ondes sur le corps humain et rechercher un possible lien avec la maladie. En vain! Il n y a aucune preuve, en l état actuel de la science, attribuant le cancer (entre autres maladies) à l utilisation de la téléphonie mobile. Cependant, des interrogations subsistent en ce qui concerne les enfants dont le système nerveux est en cours de développement et la structure même de leur crâne plus fragile pourrait subir les effets des ondes différemment. Pour cette seule raison, les études continuent même si les effets nocifs ne sont toujours pas démontrés L évolution de la technique met sur le marché des téléphones portables dont les normes comportent une marge de sécurité qui écarte certains effets, thermiques en particulier, tels que l échauffement des tissus. De même, les champs électromagnétiques générés par les antennes relais de téléphonie mobile sont volontairement maintenus à des niveaux écartant tout risque connu pour la santé et étroitement contrôlés. Le principe de précaution exige que les études continuent au plus loin et que l exposition aux ondes soit autoritairement maintenue à des niveaux modérés, suffisants sans plus, pour assurer la couverture du territoire et l exploitation raisonnable des réseaux. C est la raison pour laquelle les représentants de locataires de LMH des associations AFOC et CNL œuvrent au quotidien pour la recherche d un compromis sévèrement encadré entre la technique mise en œuvre par les opérateurs et les exigences des clients. CLCV La CLCV a été la première association à interpeller LMH sur les ondes électromagnétiques générées par les antennes de téléphonie mobile. Dès la fusion des 3 offices HLM, la CLCV a demandé à LMH toute la transparence sur les implantations des antennes existantes et à venir et a initié la création d un groupe de travail sur ce sujet. Ainsi, la CLCV s implique au cas par cas sur la pertinence d implantation tant au niveau des champs électromagnétiques émis que de la perception visuelle en bordure des toits terrasse. La CLCV continuera, au sein du Conseil de Concertation Locative de LMH, à œuvrer pour une meilleure information des locataires et pour un abaissement du champ électromagnétique reçu par ceux-ci. Au niveau national, la CLCV participe au groupe de travail mis en place suite au Grenelle des Ondes sur le volet de la concertation et y apporte un suivi attentif sur les travaux visant à l abaissement des champs électromagnétiques. La CLCV, la défense des locataires! 3
ONDES, CHAMP MAGNETIQUE, RADIOFREQUENCES Nos chers téléphones portables ne pourraient fonctionner sans antennes relais En effet, elles jouent le rôle d émetteur-récepteur d ondes radio visant à transmettre les télécommunications. Ce sont justement ces dernières qui sont à l origine d interrogations, au premier rang desquelles les personnes qui y sont le plus directement exposées. Pour mieux évaluer les risques, rien de mieux que de savoir exactement de quoi l on parle! Qu est-ce qu une antenne-relais? Une antenne relais (encore appelée station de base) est un émetteur-récepteur d ondes radios, composé d une ou plusieurs antennes installées en hauteur (ex : un immeuble hlm), d équipements radio et de transmission, de matériel électrique ainsi que d un local technique. Le téléphone mobile, comme beaucoup d autres équipements électroniques, est lui aussi un émetteur-récepteur d ondes radio, qui lorsqu il passe ou reçoit un appel, communique avec l antenne relais la plus adaptée au réseau de son opérateur. Il ne peut ni émettre, ni recevoir un appel si aucune antenne ne se trouve à proximité. Qu est-ce qu une onde radio? Elle permet de transporter des informations sous forme de signaux électromagnétiques à distance. Ces signaux véhiculent de l énergie, à partir de leur source à travers la matière et le vide. 4
Comment cela fonctionne pour le téléphone? 1. la voix est portée dans les airs par des ondes radios, jusqu à l antenne relais la plus proche 2. l antenne relais convertit les signaux captés en signaux électriques 3. les signaux rejoignent par câble (ou par une autre liaison radio), le centre de commutation le plus proche (là s effectuent plusieurs contrôles tels que l abonnement) 4. les signaux sont ensuite acheminés par câble vers l antenne relais la plus proche du destinataire, puis par ondes vers le téléphone mobile qui décode les signaux à l arrivée : l interlocuteur peut entendre la voix. L exposition aux champs électromagnétiques Nombreux sont aujourd hui les systèmes électroniques et de communication sans fil qui nous plongent dans un champ électromagnétique ambiant, mais notre niveau d exposition à ces sources d ondes électromagnétiques est très variable. Elles sont plus ou moins distantes de nous et n ont pas toutes la même puissance d émission. ❶ ❷ ❹ ❻ ❸ ❺ Quelques exemples des champs magnétiques de la vie courante : ❶ Box WI-FI (0,3 V/m à 40 cm*) - ❷ Four à micro-ondes (3V/m à 40 cm*) - ❸ Lampe basse consommation (17,5 V/m à 30 cm) - ❹ Plaque à induction (6 V/m à 40 cm*) - ❺ Téléphone DECT (1,8 V/m à 40 cm (pendant les appels)) - ❻ Ordinateur (4 V/m à 50 cm* (devant l écran)). * Source : Agence Nationale des Fréquences Qu en est-il des antennes relais et des téléphones portables? Il faut cependant savoir que de trop grandes distances entre chaque antenne provoquent fatalement une augmentation de la puissance du téléphone qui se doit de trouver une balise relais pour émettre. Aussi, le déploiement des antennes-relais doit permettre une qualité de couverture, une amélioration du trafic réseau et de leur évolution (2G, 3G, 4G ) au bénéfice des citoyens. 5
L AVIS DES EXPERTS L es valeurs limites d exposition au public, en vigueur en France comme dans les autres pays européens, sont fondées sur des connaissances scientifiques et font l objet d une recommandation européenne. Le respect de ces valeurs réglementaires est strictement contrôlé par l ANFR (Agence Nationale des Radiofréquences). Un décret officiel, basé sur des recommandations européennes (1995/519/CE) et internationales, définit les niveaux d exposition maximum auxquels les opérateurs de téléphonie mobile sont obligés de se conformer : Valeurs limites fixées par le Décret n 2002-775 du 3 mai 2002 : - 41 volts/m pour la gamme de fréquences émettant à 900 Mhz (GSM) - 58 volts/m pour la gamme de fréquences émettant à 1800 Mhz (DCS) - 61 volts/m pour la gamme de fréquences émettant à 2100 Mhz (UMTS) Ces valeurs limites permettent une exposition aux radiofréquences la plus basse possible pour le public. 6
Position des autorités sanitaires Toutes les études expérimentales menées à ce jour s accordent à dire qu «en l état actuel des connaissances scientifiques, l expertise nationale et internationale confirme que l exposition aux champs électromagnétiques due aux antennes relais n engendre pas de risques sanitaires pour les populations riveraines» (Communiqué du Ministère de la Santé, octobre 2009). «Les données issues de la recherche n indiquent pas d effet sanitaire de l exposition aux radiofréquences ; ces études ne justifient donc pas de diminution de l exposition aux antennes-relais» (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire 2009). Pour autant, les recherches scientifiques se poursuivent. Pour comparer Les antennes relais entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 1000 fois plus faible que les téléphones portables. Rappelons que le champ électromagnétique décroît avec la distance, donc plus nous sommes éloignés de ces émetteurs, moins nous sommes exposés aux ondes électromagnétiques! 7
UNE CONCERTATION HISTORIQUE En France, plus de 20 % des antennes relais sont implantées chez les bailleurs sociaux, en raison de la hauteur des immeubles LMH se trouve donc de fait au cœur du déploiement des réseaux de téléphonie et a choisi de mener très tôt un travail de fond sur la question des antennes relais. Il s agit pour nous de répondre aux préoccupations de la population, d informer et de concerter avec les locataires et les élus, d évaluer les risques et de préserver les sites et paysages urbains. Dès le 1 er janvier 2009, un premier groupe de travail s est réuni à la demande des associations de locataires. Les membres du groupe - Trois associations de locataires élues à LMH : CLCV, AFOC, CNL - Opérateurs présents sur le patrimoine : Orange France, Bouygues Telecom, SFR, Free Mobile - Les communes de Roubaix, Tourcoing, Lille et Villeneuve d Ascq - l Association Régionale de l Habitat - La Communauté Urbaine de Lille - Des collaborateurs de LMH Le groupe instruit toute demande d implantation et informe systématiquement le CCL des différentes étapes du projet, de l étude de faisabilité au planning prévisionnel des travaux. 8
SUR LE PATRIMOINE DE LMH Est-il besoin de préciser que LMH ne saurait fonder son choix d accepter l implantation d antennes-relais sur une pratique qui représenterait un quelconque risque pour la santé de ses locataires ou de ses concitoyens? C est au regard de ce principe et dans un souci de transparence que des contrôles inopinés sont régulièrement effectués sur les stations relais installées sur le patrimoine de LMH. Si vous souhaitez être informés des mesures effectuées notamment sur le patrimoine de LMH : www.cartoradio.fr. Ce site regroupe toutes les mesures réalisées en France. Dans quelles communes sont installées nos stations-relais? Lille, Loos, Seclin, Faches Thumesnil, Haubourdin, Roubaix, Tourcoing, La Chapelle d Armentières, Villeneuve d Ascq. 2 projets d intégration paysagère sont actuellement en cours sur Lille et Tourcoing. Jusqu à présent, tous les niveaux relevés des mesures engagées sur le patrimoine de LMH restent très faibles et bien inférieurs aux valeurs limites. Les résultats des mesures effectuées sont systématiquement transmis au CCL ; puis une note est envoyée à l ensemble des locataires concernés pour les en informer, ainsi qu au Maire de la commune où est implantée l antenne-relais. LMH s engage par ailleurs à ce que le niveau d exposition soit le plus faible possible lorsque les installations se situent à proximité des sites dits «sensibles pour le public». La résidence Charles VI bénéficie d une intégration paysagère 9
GUIDE DES BONNES PRATIQUES Nous l avons vu, les champs électromagnétiques décroissant avec la distance, notre exposition aux ondes radio via les antennes relais est très faible, bien en dessous des valeurs limites réglementaires. Par contre, la puissance que nous absorbons via notre téléphone mobile est bien plus importante, dans la mesure où celui-ci est collé à notre oreille. Nous vous invitons donc à user des principes de précaution en matière de téléphone portable. En voici quelques-uns : Limiter l utilisation du téléphone portable dans les zones de mauvaise réception (ascenseur, parking sous terrain, secteur mal couvert par le réseau ). Le téléphone y fonctionne à puissance maximale pour maintenir la qualité de transmission. Utiliser globalement son portable avec modération, en évitant les longues conversations. Utiliser de préférence un kit mains-libres pour éloigner le téléphone des zones sensibles du corps. Veiller à une utilisation modérée par les enfants. Leur organisme, en phase de développement, semblent plus vulnérables aux «agressions» extérieures. Éviter de téléphoner en se déplaçant. Ce faisant, le mobile entre successivement en relation avec différentes stations de base. À chaque fois qu il cherche un nouveau relais, le téléphone élève sa puissance au niveau maximum. Éloigner le téléphone des zones sensibles du corps afin de réduire leur niveau d exposition. Certaines zones sont beaucoup sensibles en fonction de l état : ainsi les zones génitales chez les adolescents et le ventre chez la femme enceinte. Pour limiter l exposition de la tête, un kit piéton peut s avérer très utile D une manière générale, la Fondation Santé et Radiofréquences rappelle que s éloigner de quelques dizaines de centimètres d une source émettrice permet de diminuer considérablement son exposition. 10
QUIZZ 1. Trouvez l intrus parmi ces différentes antennes : a/ l antenne parabolique b/ l antenne râteau de télévision c/ l antenne-relais de téléphonie mobile 2. Trouvez l intrus parmi ces quatre appareils : a/ un téléphone sans fil b/ un poste de radio c/ un radar d/ une box wi-fi 3. Pour joindre un correspondant, un téléphone mobile GSM émet des ondes radio vers : a/ le téléphone du correspondant b/ une antenne-relais c/ un satellite 4. L exposition aux champs électromagnétiques est maximale quand mon téléphone affiche un maximum de barrettes? a/ vrai b/ faux 5. Pour limiter l exposition de la tête à un téléphone mobile, la meilleure précaution est : a/ d équiper son téléphone d un dispositif anti-radiations b/ d utiliser des produits cosmétiques anti-ondes électromagnétiques c/ d utiliser un kit main-libres 6. Comment connaître les résultats des mesures effectuées? a/ auprès de LMH b/ auprès de ma Mairie c/ sur un site internet spécialisé RÉPONSES 1. c Seules l antenne relais de téléphonie mobile émet des ondes radios, les autres ne sont que des récepteurs. 2. b Seul le poste radio n émet pas d ondes radio : il ne fait que recevoir (on parle de récepteur radio). Tous les autres appareils émettent et reçoivent. 3. b Un téléphone mobile émet toujours vers une antenne relais. Même rapprochés, deux téléphones mobiles n échangent jamais directement l un vers l autre. 4. b Au contraire, plus il y a de barrettes, plus la réception est bonne est moins vous êtes exposés aux champs électromagnétiques. En effet, quand les conditions de réception sont bonnes, le téléphone diminue sa puissance d émission au minimum nécessaire pour assurer une bonne liaison. 5. c Les dispositifs anti-radiations et produits cosmétiques anti-ondes qui existent sur le marché n ont pas fait preuve de leur efficacité. En revanche, l utilisation d un kit mains-libres, qui éloigne le téléphone mobile de l oreille, réduit fortement l exposition de la tête aux champs électromagnétiques. 9. a, b et c La liste de toutes les mesures effectuées notamment sur le patrimoine de LMH est accessible auprès de tous ces organismes. Vous trouverez l adresse du site spécialisé en dernière page. 11
LES SITES UTILES Fondation Santé et Radiofréquences www.santé-radiofréquences.org ANSES, Agence Française de Sécurité Sanitaire www.anses.fr Rubrique : les activités scientifiques / les agents / radiofréquences / avis de l agence ANFR, Agence Nationale des Radiofréquences www.anfr.fr www.cartoradio.fr Ministère de la Santé http://www.sante.gouv.fr/htm/dossier Rubrique : Téléphone mobile OMS, Organisation Mondiale de la Santé www.who.int/fr/ rubrique : Programmes et Projets / Les champs électromagnétiques ICNIRP, Commission Internationale de Protection contre les rayonnements non-ionisants www.icnirp.de/ EMF-NET, programme européen sur les effets des champs électromagnétiques www.jrc.cec.eu.int/enf-net/ LMH, Lille Métropole Habitat www.lmh.fr Contact : Zohra LADROUZ / 03 20 88 50 00 LILLE MÉTROPOLE HABITAT OPH DE LILLE MÉTROPOLE COMMUNAUTÉ URBAINE 1 rue Édouard Herriot 59000 LILLE Tél. 03 20 88 50 00 Fax 03 20 88 51 16 Correspondance à adresser : Boîte Postale 429 / 59021 LILLE CEDEX www.lmh.fr