1 Le changement climatique: de quoi s agit-il? Introduction pour les jeunes
Europe Direct est un service destiné à vous aider à trouver des réponses aux questions que vous vous posez sur l Union européenne. Un numéro unique gratuit (*) : 00 800 6 7 8 9 10 11 (*) Certains opérateurs de téléphonie mobile ne permettent pas l accès aux numéros 00 800 ou peuvent facturer ces appels. De nombreuses autres informations sur l Union européenne sont disponibles sur l internet via le serveur Europa (http://europa.eu). Une fiche bibliographique figure à la fin de l ouvrage. Luxembourg: Office des publications de l Union européenne, 2009 ISBN 978-92-79-09546-7 doi: 10.2779/62567 Communautés européennes, 2009 Reproduction autorisée, moyennant mention de la source Printed in Belgium IMPRIMÉ SUR PAPIER RECYCLÉ AYANT REÇU L ÉCOLABEL EUROPÉEN POUR LE PAPIER GRAPHIQUE (www.ecolabel.eu)
TABLE DES MATIÈRES Le changement climatique: de quoi s agit-il? 4 À quoi est dû le changement climatique? 4 L effet de serre 4 Comment travaillent les climatologues? 5 Les gaz à effet de serre que nous produisons 6 Le climat change 7 Le changement climatique et ses effets 8 Que faire pour freiner le changement climatique? 12 Ce que les gouvernements font ensemble 12 Le Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat des Nations unies 12 La convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques 13 Le protocole de Kyoto 13 Ce que vous pouvez faire 14 La nécessité d un nouvel accord mondial sur le climat 16 Ce que fait l UE pour combattre le changement climatique 17 Progrès au sein de l UE 18 Le système communautaire d échange de quotas d émission 18 La réduction des émissions profite à l économie 20 Nous devons nous adapter au changement climatique 21
4 Le changement climatique: de quoi s agit-il? Le changement climatique est une réalité et a une incidence croissante sur chacun d entre nous. Avez-vous constaté, dans votre pays, que les conditions climatiques devenaient de plus en plus extrêmes, ou en avez-vous entendu parler à la télévision? Vous semble-t-il qu il fait plus chaud en hiver et qu il y a moins de neige et davantage de pluie? Avezvous l impression que le printemps est un peu plus précoce chaque année et que les fleurs ou les oiseaux arrivent plus tôt que prévu? Tous ces signes révèlent une accélération du changement climatique ou du réchauffement planétaire comme on l appelle également. Si nous ne faisons rien pour l enrayer, il est pratiquement certain qu au cours de ce siècle, le réchauffement de la planète changera considérablement le monde dans lequel nous vivons et modifiera notre façon de vivre. La vie de millions d individus pourrait en être menacée. À quoi est dû le changement climatique? Le climat change à cause du mode de vie actuel, en particulier dans les pays économiquement riches et développés, dont les États de l Union européenne (UE). Les centrales électriques qui génèrent de l énergie pour nous approvisionner en électricité et chauffer nos chaumières, les voitures et les avions dans lesquels nous voyageons, les usines qui produisent les marchandises que nous achetons, les exploitations agricoles qui font pousser les aliments que nous consommons tous ces éléments interviennent dans la modification du climat du fait des «gaz à effet de serre» qu ils émettent. L effet de serre Notre atmosphère fait office de couverture de protection transparente tout autour de la Terre. Elle laisse entrer la lumière du soleil et retient la chaleur. Sans l atmosphère, la chaleur du soleil serait immédiatement renvoyée de la surface de la Terre dans l espace. Si cela se produisait, il ferait 30 C de moins sur Terre et tout gèlerait. L atmosphère peut donc être comparée aux parois en verre d une serre. Voilà pourquoi on parle d «effet de serre». Ce sont les gaz à effet de serre en suspension dans l atmosphère qui, en piégeant la chaleur, sont responsables de cet effet.
5 Concentrations de CO 2 dans l atmosphère: courbe de Mauna Loa ou de Keeling Concentrations atmosphériques de CO 2 (ppm) Comment travaillent les climatologues? La climatologie moderne implique l étude du passé, l observation et l interprétation des signes du présent et l utilisation de ces informations pour prévoir l avenir. Les climatologues ont recours à une série étonnante de moyens pour connaître les conditions qui régnaient dans le passé. Ainsi prélèventils des cylindres de glace, appelés «carottes glaciaires», en perçant la surface de la calotte glaciaire au niveau des pôles jusqu à l assise rocheuse. Dans l Antarctique, une équipe de chercheurs européens a prélevé à une profondeur de plus de 3 km des carottes glaciaires qui n ont eu aucun contact avec l air et la lumière pendant plus de 900 000 années! Les propriétés physiques de la glace et de l air piégé dans de petites bulles permettent aux chercheurs de savoir à quoi ressemblaient le climat et l atmosphère à cette époque. D autres sources fournissent des informations sur le passé, comme les anneaux de croissance des arbres et les coraux des temps anciens, les stalagmites et les vieux pollens, les vieilles semences et les vieilles feuilles. Grâce à ces études, nous savons que les ères glaciaires ont alterné avec des périodes plus chaudes et que les températures moyennes sur Terre ont oscillé entre 9 et 22 C (la température moyenne actuelle de la planète étant de 15 C). Ces fluctuations étaient dues à des causes naturelles telles que des variations dans l orbite de la Terre autour du Soleil et dans l axe de la Terre, des altérations dans l activité du Soleil et des éruptions volcaniques (qui, en provoquant une forte remontée des poussières dans l atmosphère, empêchent temporairement la chaleur du Soleil de descendre). Ces 8 000 dernières années, le climat a été relativement stable, les variations restant inférieures à 1 C par siècle. Ces conditions stables ont permis à la société et aux écosystèmes que nous connaissons de Source: NOAA Earth System Research Laboratory, 2007. se développer. Aujourd hui cependant, le réchauffement intervient rapidement. Les causes naturelles ne suffisent pas à justifier un réchauffement aussi rapide et sans précédent depuis au moins 1 000, voire 2 000 années selon certaines études. Quant aux concentrations de CO 2 et de méthane dans l atmosphère, ce sont les plus fortes jamais enregistrées depuis au moins 650 000 ans. La plupart des informations découvertes par les scientifiques sont utilisées pour prévoir le climat de demain et les effets du changement climatique. Ces prévisions s effectuent par la modélisation et sur la base de simulations informatiques. Nous ne parlons pas ici de simples ordinateurs, mais bien de systèmes complexes nécessitant un grand nombre de variables pour déterminer ce qui se passera dans 100, 200 ou 300 ans. Les scientifiques ne savent toujours pas exactement à quel point notre climat est sensible aux concentrations croissantes de gaz à effet de serre. Autrement dit, ils ne savent pas quelles concentrations déclenchent quels changements de température. Cela dépend aussi d autres facteurs tels que la pollution atmosphérique et la nébulosité. Les experts font donc des simulations en se fondant sur différentes hypothèses. Ils doivent aussi faire de nombreuses autres suppositions concernant, par exemple, la quantité de combustibles fossiles que nous consommerons à l avenir, le nombre de personnes qui vivront sur Terre et la façon dont les économies se développeront. Voilà pourquoi toutes les projections des futurs développements climatiques s inscrivent dans des fourchettes.
6 L effet de serre Une partie de l énergie est réfléchie vers l espace La surface de la Terre est réchauffée par la chaleur du Soleil, qu elle réémet ensuite vers l espace La plupart des gaz à effet de serre existent à l état naturel. Mais depuis la révolution industrielle du XVIII e siècle, la société humaine produit aussi des gaz à effet de serre dans une quantité qui ne cesse d augmenter. Leurs concentrations dans l atmosphère sont aujourd hui plus élevées qu elles ne l ont jamais été au cours des 650 000 dernières années. L effet de serre s en trouve ainsi renforcé, avec pour conséquence l élévation des températures terrestres et la modification du climat. L énergie solaire traverse l atmosphère Les gaz à effet de serre emprisonnent une partie de la chaleur dans l atmosphère Les gaz à effet de serre que nous produisons Le principal gaz à effet de serre anthropique est le dioxyde de carbone (CO 2 ). Celui-ci compose 82 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre des 27 États membres de l Union européenne. Il se dégage lors de la combustion de combustibles fossiles, c est-à-dire le charbon, le pétrole ou le gaz naturel, qui demeurent la source d énergie la plus courante. Nous les brûlons pour produire de l électricité et de la chaleur et les utilisons pour alimenter nos voitures, nos bateaux et nos avions. Source: Site internet du gouvernement du Canada consacré au changement climatique. Chacun d entre nous ou presque connaît le dioxyde de carbone présent dans la limonade. Les bulles des boissons pétillantes et de la bière sont en réalité des bulles de CO 2. Ce gaz occupe également une position centrale dans la respiration: nous inspirons de l oxygène et nous rejetons du dioxyde de carbone, tandis que les arbres et les plantes absorbent du CO 2 pour produire de l oxygène. Voilà pourquoi les forêts sont si importantes sur notre planète. Elles aident à absorber une partie de l excédent de CO 2 que nous générons. Les forêts disparaissent cependant dans une grande partie du monde, que ce soit sous l effet de l abattage, de la création de clairières ou des incendies de forêt. C est notamment le cas des forêts tropicales qui, à raison de 10 millions d hectares abattus par an, se déciment nettement plus vite que les autres. Source: Photo: V. Novikov (prise en été 2006); données de l agence tadjike d hydrométéorologie. Fonte du glacier Fedtchenko dans le Pamir, au Tadjikistan Glacier Fedtchenko Sens du flux glaciaire
7 Lorsqu elles les sont abattues ou lorsqu elles disparaissent sous les flammes, les forêts libèrent du CO 2 dans l atmosphère. Selon les estimations, le déboisement est responsable d environ 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Il est donc essentiel d enrayer prioritairement ce processus. Le climat change D autres gaz à effet de serre anthropiques sont émis, comme le méthane et le protoxyde d azote. Ces gaz se retrouvent dans les fumées invisibles qui se dégagent des «décharges» que nous utilisons pour déverser les déchets et sont également produits par l élevage bovin, la riziculture et certaines méthodes de fertilisation des terres agricoles. Enfin, il existe d autres gaz à effet de serre qui sont produits artificiellement, notamment les fameux gaz fluorés. Ceux-ci sont utilisés dans les installations de réfrigération, dans les systèmes de climatisation et même dans les chaussures de sport. Leur présence dans l atmosphère est due à des fuites et à un traitement inadéquat des appareils usagés. Le changement climatique a déjà commencé. Depuis 1850, la température moyenne de la planète a augmenté de 0,76 C. En Europe, l augmentation de la température moyenne a été plus forte encore, puisqu elle a atteint environ 1 C, les accélérations les plus rapides ayant été enregistrées au cours des trente dernières années. D une manière générale, douze des quatorze dernières années ont été les plus chaudes jamais «enregistrées» (c est-à-dire depuis 1850, date à laquelle des instruments capables de mesurer les températures d une manière relativement précise ont été mis au point pour la première fois). Les trois années les plus chaudes sont, par ordre descendant, 1998, 2005 et 2003.
8 Observations par satellite de la calotte glaciaire polaire Glace marine observée en septembre 1979 La tendance au réchauffement est due à l augmentation des quantités de gaz à effet de serre anthropiques et à un rythme qui s accélère: la vitesse d augmentation de la température est passée de 0,1 C par décennie au cours des 100 dernières années à 0,2 C au cours de la dernière décennie. Selon les prévisions des experts en climatologie, la température moyenne mondiale devrait encore augmenter d environ 1,8 à 4,0 C au cours de ce siècle, mais elle pourrait aussi, dans le pire des cas, atteindre 6,4 C. Et il ne s agit là que d estimations prudentes. De telles augmentations de la température peuvent sembler négligeables. Mais il suffit de rappeler qu au cours de la dernière ère glaciaire, qui s est terminée il y a 11 500 ans, la température moyenne mondiale était inférieure d à peine 5 C à la température actuelle et que la glace polaire couvrait une grande partie de l Europe pour se rendre compte que quelques degrés suffisent à faire une grande différence pour notre climat! Glace marine observée en septembre 2003 Vital Arctic Graphics People and global heritage on our last wild shores Source: Arctic Climate Impact Assessment (ACIA), 2004. Impacts of a Warming Arctic. Le changement climatique a déjà un impact en Europe et partout dans le monde. À moins que nous ne parvenions à le maîtriser, il pourrait déclencher des catastrophes, comme une élévation rapide du niveau des mers et des pénuries d eau et de nourriture dans certaines parties du monde. Tous les pays seront touchés par le changement climatique, mais les pays en développement seront les plus vulnérables. Ils sont souvent tributaires d activités sensibles aux effets du climat, telles que l agriculture, et ne disposent pas de toutes les ressources nécessaires pour s adapter aux conséquences du changement climatique. La bonne nouvelle, c est qu il nous reste encore un peu de temps pour freiner le changement climatique si nous agissons rapidement et que nous découvrons chaque jour davantage de moyens pour permettre à chacun d y contribuer. Le changement climatique et ses effets Les calottes glaciaires polaires fondent. La surface maritime couverte de glace arctique au pôle Nord s est réduite de 10 % au cours des dernières décennies, et l épaisseur de la glace au-dessus de l eau a fondu d environ 40 %. De l autre côté de la planète, la couche de glace au-dessus de l Antarctique est devenue instable. Les glaciers sont en recul partout dans le monde. Depuis 1850, les glaciers des Alpes européennes ont perdu environ deux tiers de leur volume, et la vitesse de la fonte est en nette accélération depuis les années 80. En été, les dirigeants de la station de ski Andermatt, en Suisse, une région populaire pour la pratique du ski, couvrent le glacier Gurschen d une énorme feuille de plastique isolante pour l empêcher de fondre et de glisser.
Température au cours des 1 000 dernières années (hémisphère nord) et augmentation projetée de la température au cours des 100 prochaines années Écarts de température ( C) par rapport à la moyenne des années 1961 à 1990 Température reconstituée. Données dendrochronologiques et données obtenues par l analyse de coraux et de carottes glaciaires (en bleu), données lissées (en noir) et marge d erreur (en gris) Source: Agence européenne pour l environnement. Années Prévision de la température mondiale moyenne entre 2000 et 2100, calculée selon différents scénarios du GIEC (lignes en pointillé) et amplitude totale des résultats (en gris) Données enregistrées par les thermomètres (en rouge) Comme les calottes glaciaires fondent, le niveau des mers augmente deux fois plus vite qu il y a cinquante ans. En 2003, des scientifiques ont observé une élévation du niveau de la mer de 31 centimètres par siècle et ont estimé que cette élévation pourrait doubler au cours des 100 prochaines années, de sorte que le niveau de la mer au niveau mondial pourrait enregistrer une augmentation de pas moins de 88 centimètres d ici à 2100. Les îles à faible altitude et les zones côtières, telles que les Maldives, le delta du Nil en Égypte et le Bangladesh, disparaîtraient sous les eaux. En Europe, l élévation pourrait à nouveau être plus forte de 50 %; 1,6 million de personnes supplémentaires habitant le long des côtes seraient ainsi confrontées à des risques d inondations d ici à 2080. Parallèlement, 20 % des zones humides côtières pourraient disparaître, et l érosion de la ligne de la côte atlantique, qui régresse de 1 mètre par an actuellement, s intensifierait. Plus loin de la côte, l eau de mer pourrait pénétrer à l intérieur des terres et contaminer les sols à vocation agricole et les approvisionnements en eau douce. L énorme inlandsis du Groenland a commencé à fondre. Il perd au minimum 100 milliards de tonnes de glace par an, ce qui provoque une élévation du niveau des mers. S il venait à fondre complètement, ce qui prendrait probablement plusieurs centaines d années, le niveau des mers augmenterait de pas moins de 7 mètres. Le changement climatique devrait accroître l intensité ou la fréquence des phénomènes climatiques extrêmes tels que les tempêtes, les inondations, les sécheresses et les vagues de chaleur. Quelque 90 % des catastrophes naturelles qui frappent l Europe depuis 1980 ont été provoquées, directement ou indirectement, par des phénomènes météorologiques et climatiques. Le nombre annuel moyen de catastrophes météorologiques et climatiques en Europe entre 1998 et 2007 a augmenté d environ 65 % par rapport à la moyenne des années 80. Ces catastrophes n ont pas seulement occasionné de nombreux dégâts; elles ont aussi augmenté le coût de l assurance des habitations et des autres biens. Depuis 1990, l Europe a été ravagée par quelque 260 inondations fluviales de grande ampleur. Ce fut le cas, notamment, lorsque le Danube et l Elbe sont sortis de leur lit au cours de l été 2002, provoquant des inondations catastrophiques. Depuis 1998, en Europe, les inondations ont coûté la vie à plus de 700 personnes, en ont contraint un demi-million d autres à se déplacer et ont coûté au moins 25 milliards d euros. 9
10 Protocole de Kyoto, chronologie et histoire Glossaire des acronymes de la chronologie GES: gaz à effet de serre CCNUCC: convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques GIEC: Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat COP: conférence des parties (= pays qui ont ratifié une convention) CMP: conférence des parties agissant comme réunion des parties au protocole de Kyoto Bref retour dans le temps Conférence des Nations unies sur l environnement humain, Stockholm, 1972 Première conférence mondiale sur le climat, Genève, 1979 Création du GIEC Conférence scientifique de Toronto sur l atmosphère en évolution L Assemblée générale des Nations unies qualifie le changement climatique de «préoccupation commune de l humanité» Premier rapport du GIEC La planète semble se réchauffer L activité humaine semble en être responsable Il faut plus de temps pour confirmer ces deux hypothèses Sommet de la Terre, Rio de Janeiro La CCNUCC est ouverte à la signature La CCNUCC entre en vigueur Deuxième rapport du GIEC COP 1 de la CCNUCC Berlin Le bilan des preuves met en évide d une «influence humaine percept Conférence de Kyoto (COP 3) Négociations intensives Protocole objectif d 5 % d ic Principe d de GES COP Pla d él Sources: CCNUCC, GIEC et Greenpeace. Bien que rien ne prouve à ce jour que ces inondations aient été la conséquence directe du changement climatique, il est un fait que plus la planète se réchauffe, plus on s attend que la fréquence et l intensité des inondations augmentent dans de nombreuses régions d Europe. L eau constitue déjà une denrée rare dans de nombreuses régions du monde. Près d un cinquième de la population mondiale, soit 1,2 milliard de personnes, n a pas accès à de l eau potable salubre. Si les températures de la planète augmentent de 2,5 C au-delà des niveaux de l époque préindustrielle (soit environ 1,7 C au-delà des niveaux actuels), 2,4 milliards à 3,1 milliards de personnes en plus dans le monde risquent de souffrir de la pénurie d eau. Selon les prévisions, le réchauffement de la planète devrait entraîner une augmentation de la production alimentaire mondiale, si elle restait dans la fourchette des 1,5 à 3,5 C au-dessus de la température préindustrielle (0,7 à 2,7 C au-dessus de la température mondiale moyenne actuelle), mais au-delà de ce seuil, la production alimentaire baisserait. La période de végétation s est allongée en Europe du Nord, mais la floraison et la maturation plus précoces de certaines cultures et espèces végétales augmentent le risque de détérioration par des gels printaniers prolongés. À certains endroits, dans le sud de l Europe, la période de végétation se raccourcit. Des maladies tropicales telles que la malaria et la dengue risquent de s étendre, étant donné que la zone où les conditions climatiques sont propices aux moustiques, aux tiques et aux phlébotomes qui les portent se développera. Le moustique-tigre, qui transmet diverses maladies, a étendu considérablement son habitat en Europe ces quinze dernières années et est actuellement présent dans douze pays. Selon une étude, 5 milliards lia à 6 milliards de personnes risqueraient de souffrir de la dengue d ici à 2080, du fait du changement climatique et de la croissance démographique. La vague de chaleur qui a sévi dans plusieurs parties de l Europe en été 2003 a entraîné le décès prématuré de plus de 70 000 personnes, provoqué de gigantesques incendies de forêt en Europe du Sud et entraîné des pertes agricoles et forestières de 10 milliards d euros. Dès 2070, l Europe pourrait connaître des phénomènes sem- blables tous les deux ans.
nce l existence ible sur le climat» de Kyoto: émission de GES au niveau mondial: i à 2012 e l échange de droits d émission 4 de la CCNUCC, Buenos Aires d action de Buenos Aires lancé en vue aborer le «règlement» du protocole de Kyoto COP 7 de la CCNUCC, Marrakech Adoption du «règlement» du protocole de Kyoto Troisième rapport du GIEC Preuves scientifiques du réchauffement de la planète Sommet mondial sur le développement durable, Johannesburg Quatrième rapport du GIEC Le réchauffement de la planète ne fait aucun doute et a déjà des impacts Sans action, la température mondiale pourrait augmenter de 6,4 C d ici à 2100 Il est possible, sur le plan technico-financier, de réduire fortement les émissions mondiales Le protocole de Kyoto entre en vigueur COP 11 de la CCNUCC/CMP 1 de Kyoto, Montréal: lancement de la discussion de l action internationale pour l après-2012 COP 13 de la CCNUCC/CMP 3 de Kyoto, Bali: lancement des négociations officielles en vue de la conclusion, d ici à la fin de 2009, d un accord sur le climat pour l après-2012 Les institutions de l UE approuvent un train de mesures ambitieuses sur le climat et l énergie 11 Le changement climatique commence à causer un préjudice à plusieurs grands sites touristiques de Méditerranée et à renforcer l attrait de certaines autres régions. Certaines projections en matière de changement climatique suggèrent que la Méditerranée conviendra moins au tourisme estival, qui se déplacera vers d autres parties de l Europe. Au fur et à mesure que l Europe se réchauffe, les oiseaux, les insectes, les animaux et la végétation migreront vers le nord et vers les hauteurs. Mais il existe un grand risque que plusieurs de ces espèces ne soient pas en mesure d évoluer à la même vitesse que le changement climatique ou que des routes, des villes et d autres types de constructions humaines qui morcellent le paysage les empêchent d aller suffisamment loin. Selon une étude alarmante, le changement climatique pourrait entraîner l extinction d un tiers des espèces de la Terre d ici à 2050. Les mammifères et les oiseaux polaires, tels que les ours polaires, les phoques, les marsouins et les pingouins, sont particulièrement vulnérables. À long terme et s il se généralisait, le changement climatique pourrait déclencher des conflits régionaux, des famines et des mouvements de réfugiés liés à la raréfaction de la nourriture, de l eau et des ressources énergétiques. Au niveau mondial, jusqu à 1 milliard de «réfugiés climatiques» pourraient être poussés hors de chez eux et avoir besoin d aide, en particulier de celle des nations riches. Autre scénario catastrophe: les changements provoqués au niveau des températures océaniques pourraient provoquer l interruption de la circulation du courant d eau chaude du Gulf Stream vers le nord en traversant l Atlantique. S il apparaît improbable que cet événement se produise au cours de ce siècle, les scientifiques s accordent à reconnaître qu en Europe du Nord, il inversera la tendance du réchauffement et rendra le climat nettement plus froid ( 1 ). ( 1 ) Plusieurs de ces faits et chiffres sont extraits de deux grands rapports: le quatrième rapport d évaluation du GIEC (disponible à l adresse: http://www.ipcc.ch/publications_and_data/publications_ipcc_fourth_assessment_report_ synthesis_report.htm) et le rapport intitulé «Impacts of Europe s changing climate 2008 indicator-based assessment», publié conjointement par l Agence européenne pour l environnement, le Centre commun de recherche de la Commission européenne et l Office régional pour l Europe de l Organisation mondiale de la santé (disponible à l adresse: http://reports.eea.europa.eu/eea_report_2008_4/en).
12 Que faire pour freiner le changement climatique? C est très simple: nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l atmosphère. Certains de ces gaz ont une longue durée de vie, ce qui signifie qu ils restent en suspension dans l atmosphère pendant des décennies, voire plus longtemps. Même si nous prenons des mesures fermes aujourd hui, les températures continueront d augmenter pendant un certain temps. Mais si nous n agissons pas, les températures s élèveront davantage et le climat pourrait finir par échapper à tout contrôle. La réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessitera des investissements et des changements dans la façon dont nous produisons et utilisons l énergie. De récentes études ont cependant montré que le coût de l inaction serait bien plus élevé en raison des dommages et de la souffrance que le changement climatique entraînerait s il n était pas maîtrisé. Le problème du changement climatique ne sera pas résolu du jour au lendemain, mais plus nous en prendrons conscience et plus nous agirons pour y remédier, plus nous serons à même de contrôler notre destin, de vivre confortablement et de conserver notre planète dans toute sa splendeur et sa diversité pour les générations futures. Ce que les gouvernements font ensemble Dans les années 80, les preuves du changement climatique se sont accumulées, et plusieurs conférences internationales ont attiré l attention du monde sur la question. Les gouvernements se sont rendu compte de la gravité que représentait une menace de changement climatique et de la nécessité d agir pour y remédier. Ils ont aussi compris qu ils ne pourraient y parvenir qu en œuvrant ensemble. Le changement climatique est une question mondiale, parce que tous les pays en seront affectés et qu ils contribuent tous, à des degrés divers, aux émissions de gaz à effet de serre. Aucun pays ne peut donc résoudre ce problème à lui seul. Le Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat des Nations unies En 1988, les Nations unies ont mis sur pied un Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat, qui réunit des milliers de scientifiques du monde entier. Leur tâche consiste à évaluer la recherche et les connaissances sur le changement climatique et ses effets et à fournir régulièrement des rapports complets. La préparation de chaque rapport nécessite plusieurs années de travail. Le dernier en date, appelé quatrième rapport d évaluation, a été publié en 2007. Il a conclu, sans le moindre doute possible, que les concentrations de gaz à effet de serre dans l atmosphère avaient augmenté principalement sous l action
13 de l homme, et il a lancé un sérieux avertissement contre les conséquences de cette augmentation en l absence de mesures. En 2007, le GIEC a remporté, conjointement avec l ancien vice-président américain Al Gore, le prix Nobel de la paix pour ses travaux destinés à sensibiliser davantage le public au problème du changement climatique. La remise du prix de la paix est le signe que le changement climatique commence à être perçu comme une menace pour la sécurité de l humanité. La convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques En 1992, les gouvernements ont adopté la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cette convention internationale a été adoptée officiellement par 191 pays et par l Union européenne, soit la quasi-totalité des pays du monde. La convention vise à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l atmosphère à un niveau qui empêcherait toute interférence anthropique dangereuse avec le système climatique. Au titre de la convention, les gouvernements surveillent et notifient les gaz à effet de serre qu ils produisent, élaborent des stratégies de changement climatique et aident les plus pauvres d entre eux à faire face au changement climatique. Ils se réunissent une fois par an pour passer en revue les progrès réalisés et décident des mesures à prendre ensuite. La convention a été conçue comme un cadre au sein duquel de nouvelles mesures pourront être adoptées à l avenir. Le protocole de Kyoto En 1997, dans la ville japonaise de Kyoto, les gouvernements sont passés à l étape suivante et ont adopté un texte d une grande importance: le protocole de Kyoto. Cet instrument engage les pays industrialisés à réduire ou à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre et à atteindre certains objectifs d émission d ici à 2012. Le protocole de Kyoto se concentre sur les pays industrialisés, car ils sont responsables de la plupart des émissions de gaz à effet de serre passées et actuelles et qu ils disposent de la connaissance et des fonds nécessaires pour les réduire. À titre d exemple, la quantité de gaz à effet de serre produite au sein de l UE tourne autour de 11 tonnes par citoyen chaque année, alors que, dans les pays en développement, elle avoisine 1 tonne par citoyen chaque année.
14 Ce que vous pouvez faire Le changement climatique est un problème mondial et, pourtant, chacun d entre nous a la capacité de faire la différence. En modifiant même très légèrement notre comportement, nous pouvons économiser de l énergie et des ressources et nous pouvons aider à prévenir les émissions de gaz à effet de serre sans affecter notre qualité de vie. Cela peut même nous faire économiser de l argent. Recyclez! Le recyclage d une cannette en aluminium pour en produire une nouvelle requiert un dixième de l énergie nécessaire pour produire une boîte en partant de zéro. Les papeteries utilisent nettement moins d énergie pour fabriquer du papier à partir de vieux journaux qu à partir de la pâte de bois. Évitez les aliments dont la production ou le transport requiert trop d eau ou d énergie comme la viande et les farines transformées. Utilisez l eau en bouteille avec parcimonie. Premièrement, elle coûte nettement plus cher que l eau du robinet! En Europe, l eau du robinet est bonne à boire et si vous souhaitez la purifier encore plus, vous pouvez adapter un filtre à votre installation. L eau en bouteille consomme de l énergie pour sa production et pour sa commercialisation et, dans certains pays, les bouteilles en plastique finissent souvent aux ordures et ne sont pas recyclées. Lorsque vous préparez une boisson chaude, ne faites bouillir que la quantité d eau dont vous avez besoin. Ne remplissez pas la bouilloire à ras bord si ce n est pas nécessaire! Économisez l eau chaude en prenant une douche plutôt qu un bain: la douche nécessite quatre fois moins d énergie. N oubliez pas d éteindre la lumière lorsque vous n en avez pas besoin. Cela est particulièrement important avec les puissantes lampes halogènes sur pied qui reflètent la lumière au plafond: elles consomment énormément d énergie. La consommation des ménages représente 30 % de la consommation électrique de l UE. Donc, si nous faisons tous un effort pour économiser l énergie, nous contribuerons à faire une grande différence. Si vous devez remplacer une ampoule électrique, achetez une ampoule économe en énergie: bien qu elle soit plus coûteuse à l achat, elle a une durée de vie nettement plus longue et consomme cinq fois moins d électricité que les ampoules traditionnelles. Au final, elles vous permettent de réaliser de grosses économies d argent. Ne laissez pas votre téléviseur, votre stéréo ou votre ordinateur en veille (le mode où une petite lumière reste allumée). En moyenne, un appareil de télévision utilise 45 % de son énergie lorsqu il est en veille. Si tous les Européens évitaient ce mode, on économiserait suffisamment d énergie pour éclairer un pays de la taille de la Belgique. Ne laissez pas non plus votre chargeur de téléphone mobile branché lorsqu il a fini de se recharger; le chargeur branché continue de consommer de l électricité même si le téléphone n y est pas raccordé! De nombreuses entreprises proposent aujourd hui de l électricité provenant de sources d énergie renouvelables ou d autres sources vertes. Demandez à vos parents de passer chez un fournisseur d électricité verte s ils ne l ont pas encore fait. Et si vous vivez dans un pays ensoleillé, demandez-leur d installer des panneaux solaires.
15 Si vous achetez un nouvel appareil électrique ou si vos parents en achètent un, par exemple, un réfrigérateur ou un lave-linge, assurez-vous qu il est de la classe «A», ou «A++» pour les réfrigérateurs, conformément à l étiquette européenne d efficacité énergétique que tout appareil doit porter. Ces catégories indiquent qu ils utilisent l énergie plus efficacement. Si les vêtements ne sont pas trop sales, utilisez le cycle économique du lave-linge. Et quand le temps est sec et chaud, faites sécher le linge en plein air au lieu d utiliser un séchoir électrique. Environ un tiers des eaux domestiques que nous utilisons finit dans les toilettes. Essayez donc de limiter le nombre de chasses en utilisant la demi-chasse chaque fois que cela apparaît possible ou de réduire la quantité du réservoir d eau de la chasse. Recueillez l eau de pluie afin de l utiliser pour arroser le jardin ou laver la voiture. Cela permet d économiser jusqu à 50 % des eaux ménagères. Ne laissez pas le robinet couler lorsque vous vous lavez les dents ou que vous rincez les assiettes, et utilisez des douchettes afin d économiser jusqu à 80 % d eau. Vérifiez vos robinets et vos tuyaux à la recherche de toute perte ou fuite et faites-les réparer le cas échéant. Dans les magasins et les supermarchés, recherchez les produits qui portent l écolabel européen symbolisé par une petite fleur. Ce label signifie que ces produits répondent à des normes environnementales strictes. Ne surchauffez pas votre maison. Une réduction de la température de 1 C seulement permet de réduire la facture énergétique de la famille de 7 %. Lorsque vous aérez votre chambre, il est préférable d ouvrir grand la fenêtre pendant quelques minutes, puis de la refermer plutôt que de laisser la chaleur s échapper sur une longue période. Les voitures personnelles sont responsables de 12 % des émissions de CO 2 de l UE. Les transports publics, le vélo ou la marche sont des solutions de remplacement meilleur marché et bénéfiques pour la santé. Si vos parents sont sur le point d acheter un nouveau véhicule, demandez-leur d acheter un modèle petit et économe. La quantité de CO 2 rejetée par chaque voiture est indiquée dans les informations qui sont affichées dans le lieu où sont exposés les véhicules. Pour les voyages ne dépassant pas quelques centaines de kilomètres, prenez le bus ou le train au lieu de l avion. Ce dernier moyen est la source d émissions de CO 2 qui connaît l augmentation la plus rapide dans le monde! Plantez un arbre à l école, dans votre jardin ou dans le voisinage! Cinq arbres absorberont environ 1 tonne de CO 2 au cours de leur vie. Si vous vivez dans un pays peu arrosé par les pluies, recherchez des plantes de jardin qui s adaptent au climat et qui ont besoin de moins d arrosage. Choisissez des hôtels et destinations de vacances qui adhèrent à des objectifs environnementaux tels que la limitation de la consommation d eau et d énergie et la réduction des déchets. Réutilisez les serviettes et les draps pour éviter les lavages superflus.
Émissions de gaz à effet de serre au sein de l UE 17 Ménages et petites PME 17 % Industrie 20 % Agriculture 10 % Autres 4 % Source: Agence européenne pour l environnement. Transports 21 % Secteur de l électricité 28 % L Europe est également déterminée à faire en sorte que l accord maintienne le réchauffement de la planète à moins de 2 C au-dessus du niveau préindustriel (c est-à-dire environ 1,2 C au-dessus de la température actuelle). Une augmentation plus forte entraînerait un risque nettement accru de catastrophes environnementales et d approvisionnements réduits en eau et en denrées alimentaires. Pour éviter d atteindre ces niveaux dangereux, les émissions mondiales devront être ramenées à moins de la moitié de leur niveau de 1990 d ici à 2050. Bien qu il s agisse d un énorme défi à relever, les technologies pour y parvenir sont déjà disponibles ou le seront prochainement, et le coût est abordable. En réalité, le prix à payer est nettement moins élevé que le dommage que le changement climatique provoquerait si nous ne faisions rien pour l éliminer. Ce que fait l UE pour combattre le changement climatique L Union européenne se trouve à l avant-plan de la lutte mondiale contre le changement climatique. En tant que grande puissance économique, l UE a le devoir de diriger par l exemple, même si elle n est responsable que de 14 % des émissions mondiales. L UE est convaincue que nous pouvons réduire notre production de gaz à effet de serre tout en continuant à améliorer le niveau et la qualité de vie de ses habitants. L un et l autre ne sont pas incompatibles. Mais nous allons devoir nous adapter à la façon dont nous vivons et dont nous produisons et utilisons l énergie. Gardant cela à l esprit, les responsables de l UE se sont mis d accord, en mars 2007, sur une stratégie ambitieuse et extensive concernant l énergie et le changement climatique. Elle inclut certains objectifs stricts: réduire les émissions de gaz à effet de serre de l UE d au moins 20 % d ici à 2020 et de 30 % si d autres pays industrialisés procèdent de même dans le cadre d un accord international sur le climat qui est actuellement en cours de négociation; augmenter l énergie renouvelable telle que l énergie éolienne et l énergie solaire ( 2 ) à 20 % de l utilisation de toutes les énergies d ici à 2020, soit plus du double du niveau actuel; économiser 20 % de la consommation énergétique d ici à 2020 en améliorant l efficacité énergétique d un large éventail d appareils et de machines tels que les voitures, les téléviseurs et les appareils de climatisation. ( 2 ) D autres formes d énergie renouvelable incluent l énergie hydroélectrique (électricité produite par l eau s écoulant dans les barrages), la combustion de biomasse (matériaux organiques tels que le bois, les résidus de fabrication, les végétaux, les déchets animaux, etc.) et les biocarburants (carburants tirés des végétaux ou des cultures), l énergie géothermique (chaleur provenant de sources chaudes ou de volcans), la marée motrice et l énergie houlomotrice.
18 Des mesures concrètes pour atteindre ces objectifs ont été adoptées en 2008. Elles mettent l Europe sur la voie pour devenir une économie respectueuse de l environnement et modérée en carbone. L économie d énergie et l utilisation d une énergie plus renouvelable aideront non seulement à réduire les émissions de gaz à effet de serre de l UE, mais elles rendront aussi bientôt l approvisionnement électrique de l Europe plus sûr et permettront d économiser de l argent en réduisant le besoin d importations de pétrole et de gaz en provenance d autres pays. Progrès au sein de l UE Au titre du protocole de Kyoto, les quinze pays qui constituaient l UE lors de sa négociation en 1997 (surlignés en vert clair dans le tableau) ont adopté un objectif particulièrement ambitieux: réduire leurs émissions collectives de gaz à effet de serre d ici à 2012 à 8 % en deçà des niveaux auxquels ils se situaient au cours d une année de référence (1990 dans la majorité des cas). Ils sont ensuite convenus de la part de leur contribution respective à cet objectif collectif en tenant compte de la situation économique et de la structure industrielle dans chaque pays. La plupart d entre eux doivent réduire leurs émissions, mais certains sont autorisés à les augmenter dans une certaine limite, tandis que d autres doivent maintenir leurs émissions au même niveau qu en 1990. Le système communautaire d échange de quotas d émission La mesure de loin la plus importante qui ait été élaborée au titre du PECC est le système communautaire d échange de quotas d émission (SCEQE), lancé au début de 2005. Premier système international d échange de quotas d émission de CO 2 au monde, le SCEQE est la pierre angulaire de la stratégie de l Union visant à réduire les émissions de manière rentable dans ses 27 États membres. Depuis le début de 2008, le SCEQE couvre également l Islande, le Liechtenstein et la Norvège. Ce système s applique actuellement à 11 000 centrales électriques et industries à forte consommation d énergie qui représentent ensemble plus de la moitié des émissions de CO 2 de l Union. Le SCEQE fonctionne de la façon suivante: les gouvernements de l UE octroient à chaque centrale électrique ou usine des droits d émission d un certain niveau de CO 2 par an. Ceux qui émettent moins que les droits qui leur ont été octroyés peuvent vendre leurs quotas non utilisés à d autres industries qui ne réalisent pas d aussi bonnes performances. Cela constitue pour eux une mesure d encouragement financière les incitant à réduire les émissions. Les entreprises qui dépassent leurs limites d émission et ne les couvrent pas avec les droits d émission achetés auprès d autres entreprises doivent acquitter de lourdes pénalités. Le système d échange de quotas d émission fait baisser le coût total de la réduction des émissions en veillant à ce qu elles soient diminuées lorsque cette solution apparaît la moins onéreuse. À partir de 2012, le système se développera de manière à couvrir les émissions produites par les avions commerciaux à destination et en provenance d aéroports de l UE, tandis qu un nombre de changements importants au SCEQE destinés à renforcer celui-ci ou à en améliorer l efficacité prendront effet à partir de 2013. D ici à 2015, l Union européenne souhaite que le SCEQE soit associé à des systèmes d échange de quotas d émission similaires qui sont en cours d élaboration dans d autres pays développés.
Objectifs de Kyoto des États membres de l UE Pays de l UE partageant un objectif de réduction de 8 % au titre du protocole de Kyoto Pays de l UE ayant des objectifs individuels au titre du protocole de Kyoto Belgique 7,5 % Bulgarie 8 % Danemark 21 % République tchèque 8 % Allemagne 21 % Estonie 8 % Irlande + 13 % Chypre Grèce + 25 % Lettonie 8 % Espagne + 15 % Lituanie 8 % France 0 % Hongrie 6 % Italie 6,5 % Malte Luxembourg 28 % Pologne 6 % 19 Dix des douze pays qui ont adhéré à l UE en 2004 et 2007 (surlignés en vert foncé) ont, au titre du protocole, des objectifs individuels qui exigent qu ils réduisent leurs émissions nationales de 6 ou 8 % au cours de la même période. Chypre et Malte sont les seuls pays pour lesquels aucun objectif n a été fixé au titre du protocole de Kyoto. Pays-Bas Autriche 6 % 13 % Roumanie Slovénie 8 % 8 % Avec le programme européen sur le changement climatique (PECC), l UE travaille Portugal + 27 % Slovaquie 8 % avec des représentants de Finlande 0 % l industrie, des associations Suède + 4 % environnementales et d autres groupes intéressés afin de définir des mesures Royaume-Uni 12,5 % permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans des conditions de coût acceptables. Les dizaines de mesures élaborées incluent, par exemple, l amélioration de l efficacité ité énergétique éti des bâtiments (une meilleure isolation permet de réduire les coûts de chauffage de 90 %!), la chasse aux fuites et à l utilisation de certains gaz fluorés et la réduction des émissions dégagées par les avions. Les mesures de réduction des émissions, qui sont prises par les pays membres de l UE et au niveau de l UE, permettent d enregistrer des progrès en ce qui concerne la réalisation des objectifs de Kyoto. En 2006, les émissions des 15 pays qui ont composé l UE jusqu en 2004 étaient inférieures de 2,7 % au niveau de l année de référence choisie (1990 dans la majorité des cas), et les projections de leurs futures émissions ont révélé que ces pays étaient en bonne voie pour atteindre l objectif de réduction de 8 %. Pour
20 les 27 États membres actuels, la réduction des émissions atteinte en 2006 s est élevée à 10,8 %. La réduction des émissions profite à l économie Les mesures de lutte contre le changement climatique permettront à long terme de réaliser des économies, même si cela implique qu il faille investir quelque peu aujourd hui. En effet, nous ne pouvons pas nous permettre de ne rien faire. Un rapport influent rédigé par l économiste britannique lord Stern a averti que l économie mondiale paiera un tribut de plus en plus lourd au changement climatique si nous ne parvenons pas à enrayer celui-ci. Selon cet économiste, le changement climatique coûtera chaque année au moins 5 % de la production économique mondiale ou du produit national brut (PNB), un coût qui pourrait augmenter à long terme à pas moins de 20 %, voire plus. L impact économique serait semblable à celui d une guerre mondiale ou de la grande dépression, la crise économique mondiale des années 30. Lord Stern estime, d un autre côté, que les mesures nécessaires pour contrôler le changement climatique coûteront seulement 1 % du PNB. De nombreuses technologies sans incidence sur le climat, telles que les sources d énergie renouvelables, existent déjà, tandis que d autres sont sur le point d être finalisées pour être utilisées à grande échelle. Une technologie prometteuse permet, par exemple, de capturer une grande partie du carbone dégagé lors de la combustion de combustibles fossiles, puis de l enfouir dans d anciennes mines ou d anciens champs de pétrole de façon qu il n atteigne pas l atmosphère. Cette technologie est appelée «capture et stockage du carbone». Une autre technologie prometteuse, qui nécessite toutefois nettement plus de recherche, est la production d hydrogène à partir d énergies renouvelables et son utilisation dans des piles à combustible. Moyennant l ajout d oxygène, ces piles convertissent l hydrogène en eau et produisent, au cours de ce processus, de l électricité. L unique émission est de la vapeur d eau. Le développement de technologies sans incidence sur le climat crée également des emplois et ouvre de nouveaux marchés. Grâce à des régimes d aides en faveur de l énergie éolienne dans plusieurs pays de l UE, ce marché mondial en pleine explosion est désormais approvisionné à 90 % par des entreprises européennes spécialisées dans l équipement éolien. En Allemagne, l introduction de l énergie éolienne a fourni du travail à 40 000 personnes. Le marché européen a un chiffre d affaires de 30 milliards d euros, soutenant à ce jour quelque 350 000 emplois. Une augmentation à 20 % d ici à 2020 de la part des énergies renouvelables dans l utilisation totale d énergie, telle que l UE entend le faire, devrait porter le nombre d emplois à presque 1 million.
21 L évolution vers une économie modérée en carbone offre d énormes possibilités d innovation et de croissance économique, les principaux objectifs de l Union européenne. Si les entreprises européennes sont promptes à développer de nouvelles technologies qui respectent le climat, elles auront un avantage concurrentiel, étant donné que la demande mondiale dans ces technologies augmente. Nous devons nous adapter au changement climatique Même si nous prenons des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre aujourd hui et si nous commençons à réduire le rythme auquel se produit le changement climatique, il ne nous sera pas possible de mettre fin à plusieurs des changements qui sont déjà en cours. Tous les pays doivent donc apprendre à vivre avec le changement climatique et même à s y adapter. L adaptation passe par l anticipation des effets du changement climatique et par la prise de mesures visant à les réduire. Les prendre dès aujourd hui nous permettra d économiser de l argent et des efforts par la suite. Avec la multiplication des tempêtes et l élévation du niveau des mers, un nombre croissant de personnes vont voir leur habitation détruite par les inondations. De nouvelles règles communautaires exigent des États membres qu ils évaluent et gèrent les risques d inondation. Les pays chauds devront cultiver des variétés végétales qui nécessitent moins d eau ou qui peuvent tolérer la sécheresse. La construction de bâtiments et de villes qui consomment peu d énergie et qui résistent aux tempêtes, aux inondations et aux fortes chaleurs va permettre d épargner des vies à long terme. Cette façon de tenir compte du changement climatique est souvent appelée «réduction du risque d impact climatique». L industrie doit planifier longtemps à l avance afin de s adapter aux nouvelles conditions. Les services sanitaires vitaux et les services sociaux doivent être prêts à affronter les vagues de chaleur ou les autres conditions inhabituelles. Le changement climatique pèsera sur les ressources d eau douce. On estime qu en Europe, nous devrions être en mesure de réduire la quantité d eau consommée d environ 40 % grâce à l innovation technologique et à la chasse au gaspillage. Par l intermédiaire de son réseau de zones de préservation des habitats protégés Natura 2000, l UE s efforce d aider la faune et la flore sauvages de l Europe à s adapter aux changements environnementaux. En bref, les responsables de la planification doivent tenir compte, dans l ensemble de leurs décisions et investissements, des effets probables du changement climatique auxquels on peut s attendre. Une grande partie du travail doit s effectuer au niveau local, en réponse à des conditions spécifiques. L Union européenne peut également soutenir l adaptation au changement climatique en ajustant ses politiques et son assistance financière, en particulier en faveur des pays en développement.
22 Sites internet utiles concernant le changement climatique Commission européenne, direction générale de l environnement http://ec.europa.eu/environment/index_fr.htm Campagne sur le changement climatique de la Commission européenne http://ec.europa.eu/environment/climat/campaign/index_fr.htm Site «Agir pour le climat» de la Commission européenne http://ec.europa.eu/climateaction/index_fr.htm Agence européenne pour l environnement http://www.eea.europa.eu/fr/themes/climate/intro Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et protocole de Kyoto www.unfccc.int/ Groupe d experts intergouvernemental sur l évolution du climat http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.htm Programme des Nations unies pour l environnement http://www.unep.org/themes/climatechange/french/ Fonds mondial pour la nature (WWF) http://panda.org/about_wwf/what_we_do/climate_change/index.cfm Greenpeace www.greenpeace.org/international/campaigns/climate-change
Commission européenne Le changement climatique: de quoi s agit-il? Introduction pour les jeunes Luxembourg: Office des publications de l Union européenne 2009 22 p. 21 x 21 cm ISBN 978-92-79-09546-7 doi: 10.2779/62567 Comment vous procurer les publications de l Union européenne? Publications payantes: sur le site de l EU Bookshop: http://bookshop.europa.eu; chez votre libraire, en lui donnant le titre, le nom de l éditeur et/ou le numéro ISBN; en contactant directement un de nos agents de vente. Vous obtiendrez leurs coordonnées en consultant le site: http://bookshop.europa.eu ou par télécopie au numéro suivant: +352 2929-42758. Publications gratuites: sur le site de l EU Bookshop: http://bookshop.europa.eu; auprès des représentations ou délégations de la Commission européenne. Vous obtiendrez leurs coordonnées en consultant le site: http://ec.europa.eu ou par télécopie au numéro suivant: +352 2929-42758. Crédits photos: p. 5, 6, 8: Hugo Ahlenius, UNEP/GRID-Arendal p. 6: Government of Canada p. 7: WWF p. 10-11: Philippe Rekacewicz, UNEP/GRID-Arendal p. 9, 12, 13, 17: CE p. 14, 15, 16, 19, 20, 21: istockphoto p. 22: gettyimages
ISBN 978-92-79-09546-7 KH-81-08-360-FR-C