II Deux réponses opposées à la crise 1) La naissance d une dictature en Allemagne : le nazisme Réparations, etc. Traité de Versailles Crise économique Les Etats Unis touchés par le krach boursier de Wall Street, par la crise économique Humiliation et volonté de revanche Crise Sociale Faillites d entreprises et de banques, licenciements, baisse des salaires Nationalisme et dénonciation du communisme Les «réponses» du nazisme Du pain et du travail 1920 : fondation du parti nazi Soutien des industriels et des possédants 30 janvier 1933 : Hitler devient chancelier Soutien des chômeurs, petits fonctionnaires, ouvriers, etc. Rapatrient leurs capitaux Le peuple attend des solutions des dirigeants
27 février 1933 : incendie du Reichstag
La persécution des adversaires du régime Appel par des S.A. dans le camp de concentration d Oranienburg, 1933 Journalistes à la radio : Kurt Magnus, Hans Flesh, Heinrich Giesecke, Alfred Braun Hommes politique de gauche : Friedrich Ebert Jr, Ernst Heilmann
Affiches pour les élections au Reichstag, Hambourg, mars 1933 Hermann Göring préside la 1 re séance de travail du Reichstag depuis la victoire nazi aux élections du 5 mars 1933, 21 Mars 1933
Qui soutient Hitler? Origines sociales des membres du Parti nazi en 1941
Le président de la République de Weimar Paul von Hindenburg salue le chancelier Adolf Hitler, Potsdam, 21 mars 1933 Le 21 mars 1933, le parti nazi, soutenu par les milieux populaires et les classes moyennes, s allie avec l aristocratie et l armée Un soldat Hindenburg, président Hitler, chancelier et chef du parti nazi Soutenu par les classes moyennes Poignée de main : ils font une alliance Paul Ludwig Hans Anton von Beneckendorff und von Hindenburg : un aristocrate
«Des millions sont derrière moi!», Helmut Herzfeld [John Heartfield], 16 octobre 1932 Que fait Hitler? Hitler fait le salut nazi et reçoit de l argent. Qui donne de l argent à Hitler? Un homme anonyme (on ne voit pas son visage) qui semble riche (les billets, la bague, le ventre rond) : c est un bourgeois. D après cette affiche, qui est aussi l allié du parti nazi? Les hommes d affaire. A quel courant politique appartenait Helmut Herzfeld? Il était communiste.
Une prise de pouvoir légale : la «loi des pleins pouvoirs» (23 mars 1933) «Le Reichstag promulgue la présente loi, avec l assentiment du Reichsrat et en conformité avec les critères d amendement constitutionnel, publiée ciaprès : Art. 1 Les lois du Reich peuvent être adoptées par le gouvernement du Reich, en plus des procédures prescrites par la Constitution [c'est-à-dire par décision du Reichstag]. ( ) Art. 2 Les lois adoptées par le gouvernement du Reich peuvent s écarter de la Constitution dans la mesure où elles ne concernent pas les institutions du Reichstag et du Reichsrat en tant que telle. Les droits du Président du Reich demeurent inchangés. Art. 3 Les lois du Reich adoptées par le gouvernement du Reich sont préparées par le Chancelier et publiées dans le Bulletin officiel du Reich. Sauf mention contraire, elles entrent en vigueur le lendemain du jour de leur publication. ( )» Source : Reichsgesetzblatt, année 1933, partie I.
Loi visant à remédier à la détresse du Peuple et du Reich, 23 mars 1933 Hitler annonce la «loi des pleins pouvoirs» devant le Reichstag, 23 mars 1933
2 août 1934 : mort du président Hindenburg Hitler et le Président du Reich Hindenburg, 1 er mai 1933
La concentration des pouvoirs par Adolf Hitler en 1934
Le 30 janvier 1933, Hitler fut nommé chancelier. Un mois plus tard, l incendie du Reichstag attribué aux communistes lui servit de prétexte pour éliminer ses opposants et obtenir les pleins pouvoirs. Le 2 août 1934, Hitler devint à la fois Président du Reich et chef des armées, tout en restant chancelier et chef du parti nazi (Reichsführer). De manière légale, il concentrait désormais tous les pouvoirs. Comment Monsieur Hitler met le mot «légal» dans sa bouche!, Jakov Jakovlevic Bel'zen, 1932
2) Le maintien de la démocratie en France : le Front populaire Départ de la manifestation des Gauches place de la Bastille, 14 juillet 1935
Partisans du Front populaire, André Kertesz, Paris, 1934 (1935?)
L union de la gauche dans un Front populaire Léon Blum (SFIO) et Maurice Thorez (SFIC), 14 juillet 1936 Edouard Daladier (parti radical)
Affiche électorale du parti communiste, Raoul Cabrol, 1936
I- Présentation (nature, auteur, cible, contexte historique) Contexte historique? 1936 : 3 ans après l accession d Hitler au pouvoir, 2 ans après le 6 février 1934. Montée du fascisme! Nature? Affiche électorale Auteur? Raoul Cabrol pour la SFIC de Maurice Thorez, séparée de la SFIO depuis 1920 Cible? Electeurs français Maurice Thorez, 1947
II- Analyse : qui est visé par le parti communiste? Hitler Oreilles et nez rouges, traits déformés, mèche exagérée : Hitler est un homme effrayant Pupilles en forme de svastikas Moustache en forme d aigle impérial allemand : Hitler est un conquérant Sang sur le couteau : Hitler est sanguinaire
II- Analyse : qui est visé par le parti communiste? Tête de mort des Croix-de-feu Les ligues Casque ailé et épée des Jeunes Patriotes Fleur de lys des Camelots du roi
II- Analyse : qui est visé par le parti communiste? Les grands patrons François de Wendel De Wendel : grand industriel français Krupp : grand industriel allemand Gustav Krupp, septembre 1931 Les bourgeois sont alliés pour leurs profits sur le dos des ouvriers Vue des aciéries Krupp à Essen, 1912
III- Interprétation : quel est le message de l affiche? Contre Hitler et ses alliés en France (les ligues et les grands patrons) CONTRE LA BARBARIE Une seule solution : le vote communiste LE FRONT POPULAIRE
Devant ce qu ils considéraient comme une tentative de renversement de la République par les fascistes, tous les partis de gauche se rassemblèrent et créèrent le Front Populaire, composé des socialistes (SFIO) de Léon Blum, des communistes de Maurice Thorez et des radicaux de Daladier et Herriot. Le programme du Front Populaire se résumait par le slogan : «Pain, paix et liberté». Couverture du manifeste présentant le programme du Front populaire, 1936
«Une» du journal de la SFIO «Le Populaire», 3 mai 1936
La victoire électorale du Front populaire «Une» du journal de la SFIC «L Humanité», 4 mai 1936
Deux visions des résultats électoraux de 1936
Léon Blum à son bureau de Matignon devant un micro de radio, Anonyme Résultat des élections législatives de 1936
Aux élections législatives de mai 1936, le Front populaire l emporta. Léon Blum, premier socialiste à occuper ce poste, fut nommé président du conseil. Présentation du premier Ministère Léon Blum à la Chambre des députés, 6 juin 1936
Résumons-nous : 1929 1931 1934 1935 1936 Crise économique Crise sociale Crise politique Les Etats Unis touchés par le krach boursier de Wall Street, par la crise économique Des entreprises françaises perdent des clients et réduisent leur production Des entreprises ferment et licencient. Le nombre de chômeurs augmente Les gouvernements se succèdent et sont impuissants face à la crise Emeutes du 6 février 1934 La démocratie est menacée, la SFIC, la SFIO et les radicaux s unissent dans un FRONT POPULAIRE Victoire du FRONT POPULAIRE aux élections législatives Limitent leurs importations Le peuple attend des solutions des dirigeants Les Ligues d extrême-droite accusent la République et son Parlement. Des scandales financiers éclaboussent des dirigeants politiques (affaire Stavisky)
Les grèves spontanées de mai-juin 1936 Grévistes jouant aux cartes dans la cour d une usine occupée, région parisienne, juin 1936 Atmosphère de joie et de camaraderie! Curieux pour une grève, non? Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, parle aux grévistes des Galeries Lafayette, Paris, mai 1936
Grève dans les usines Renault, Boulogne-Billancourt, mai-juin 1936
Les accords Matignon (7 juin 1936) Les accords sont signés à l hôtel Matignon (siège de la présidence du Conseil) le 7 juin 1936, pendant les grèves, par les délégués du patronat, des syndicats et le gouvernement. Art. 3 L observation des lois s imposant à tous les citoyens, les employeurs reconnaissent la liberté d opinion, ainsi que le droit pour tous les travailleurs d adhérer librement et d appartenir à un syndicat professionnel. Art. 4 Les salaires réels pratiqués pour tous les ouvriers ( ) seront rajustés selon une échelle décroissante commençant à 15 % pour les salaires les moins élevés pour arriver à 7 % pour les salaires les plus élevés. Art. 5 ( ) Dans chaque établissement de plus de 10 ouvriers ( ), il sera institué deux ou plusieurs délégués ouvriers selon l importance de l établissement. Ces délégués ont qualité pour présenter à la direction les réclamations individuelles ( ) visant à l application des lois, décrets, règlement du Code du travail, des tarifs de salaires et des mesures d hygiène et de sécurité. Art. 6 La délégation patronale s engage à ce que ne soit prise aucune sanction pour fait de grève. La délégation confédérale ouvrière demande aux travailleurs en grève de décider la reprise du travail dès que les directions des établissements auront accepté l accord général intervenu.
De nombreuses grèves éclatèrent pour obtenir des réformes sociales. Le nouveau gouvernement organisa des négociations entre un syndicat (la CGT) et le patronat qui débouchèrent sur les accords Matignon le 7 juin (augmentation des salaires, droit syndical, délégués du personnel). Le portrait de Léon Blum porté en triomphe place de la Répubique, Paris, 14 juillet 1936
La semaine de 40 heures Le 1 er mai 1936, affiche de la CGT, 1936
Les congés payés (loi du 20 juin 1936) Couverture du magazine «Vu» [magazine illustré le plus lu des années 1930], 17 juin 1936 Foule de vacanciers sur une plage, Normandie, 1938
La promotion des femmes Trois femmes au gouvernement, couverture de «L illustré du Petit Journal», 14 juin 1936
Le 14 juillet 1936, couverture du magazine «Vu», Robert Capa, 15 juillet 1936 Les accords Matignon furent complétés par deux lois sociales (semaine des 40 heures, 2 semaines de congés payés). L été 1936 fut, dans ce temps de crise, un moment de joie populaire et de progrès. «Y a d la joie», Charles Trenet
3) Le Front populaire : un gouvernement contesté Les attaques antisémites contre Blum «Un Juif vaut bien un Breton», avril 1937 Le juif n est pas français pour les ligues et l Action française.
La troïka, dessin de Roger Roy paru en première page du journal Gringoire [500 000 exemplaires], 9 août 1935 Staline (étoile rouge) est à la manœuvre depuis Moscou! Edouard Daladier Edouard Herriot Marcel Cachin (SFIC) Léon Blum (SFIO)
Un antisémitisme séculaire structuré au XIX e siècle Edouard Drumont, auteur de «La France juive», Pierre Petit, 1907 Le Traître Dreyfus, Victor Lenepveu, 1900
Dans les années 1930, le combat politique fut très violent entre une droite anticommuniste, antisémite, fascisante, et une gauche obsédée par le péril fasciste. Cette lutte atteignit son sommet pendant le Front populaire, où Blum subit les attaques antisémites de la presse de droite.
L échec économique du Front populaire
La «pause» dans les réformes «Il est certain que le coût de la vie depuis huit mois fait supporter à un ménage de fonctionnaires des charges supérieures aux avantages que l ensemble des mesures prises en leur faveur ont pu leur procurer. ( ) En période de crise ou durant les premières étapes du redressement, le gouvernement n a jamais pensé qu un équilibre budgétaire réel fut possible, mais il ne peut laisser s accroître démesurément le déficit ( ). L économie privée est ellemême dans un état de convalescence. Les réformes sociales, l alignement monétaire l ont placée dans des conditions toutes nouvelles dont l équilibre n est pas encore consolidé. Voilà pourquoi un temps de pause est nécessaire.» Source : Léon Blum, Allocution radiodiffusée, 13 février 1937.
De nouvelles priorités La fin de la semaine de 40 heures «Tant que la situation internationale demeurera aussi délicate il faut qu on puisse travailler plus de 40 heures et jusque que 48 heures dans les entreprises qui intéressent la Défense nationale. Et il faut que, sans formalité inutile, ( ) toute entreprise qui en a le besoin puisse disposer non plus de 40 heures de travail par semaine mais des heures nécessaires à son activité. Source : Édouard Daladier, Discours à la radio, 21 août 1938.
L échec diplomatique du Front populaire Chronologie de la guerre Le général Franco et son épouse, Burgos, 1934 14 avril 1931 16 février 1936 18 juillet 1936 9 septembre 1936 Septembre 1936 1 er octobre 1936 26 avril 1937 26 janvier 1939 28 mars 1939 Proclamation de la Seconde république, le roi Alphonse XIII et contraint à l exil. Victoire du Front populaire espagnol aux élections législatives. Soulèvement militaire au Maroc espagnol des généraux Sanjurjo et Franco, début de la guerre civile Conférence de Londres sur la nonintervention en Espagne. À l instigation de l Internationale communiste, formation des brigades internationales pour aider les républicains espagnols. Installation à Burgos d un gouvernement nationaliste dirigé par Franco. Bombardements sur Guernica par l aviation allemande de la légion Kondor. Prise de Barcelone par les franquistes. Reddition des républicains à Madrid et installations de la dictature de Franco.
Affiche de Leloup, 1937 La non-intervention des démocraties «La solution, ce qui permettrait peut-être à la fois d assurer le salut de l Espagne et le salut de la paix, c est la conclusion d une convention internationale par laquelle toutes les puissances s engageraient, non pas à la neutralité ( ) mais à l abstention, en ce qui concerne les livraisons d armes, et s engageraient à interdire l exportation en Espagne du matériel de guerre.» Source : Léon Blum, Discours de Luna-Park, 6 septembre 1936.
Affiche anonyme, 1936-1939 «No Pasaran», Herzfeld Helmut, 1936 «Ce que vous ferez pour éviter cela»
André Malraux pendant la guerre d Espagne, vers 1936 Affiche anonyme, 1936-1939 «Que dois-tu faire pour» «Aide Madrid.»
Un avion de combat «Junkers Ju 86 E-1» de la Légion Condor au dessus de la province basque Guipuzcoa, vers 1938 Le champ de ruines de la ville basque Guernica y Luno rasée par la Légion Condor le 26 avril 1937, 1 er août 1937
Guernica, Pablo Picasso, 1937
Toutefois, les réformes du Front populaire n eurent que de faibles résultats économiques : le chômage ne baissa pas, alors que le déficit budgétaire et l inflation augmentèrent. Par ailleurs, le Front populaire se déchira sur la question de l intervention dans la guerre d Espagne, que les communistes souhaitaient et non les socialistes. Le Front populaire éclata donc en 1938. Affiche contre la semaine de 40 heures, Léon Blot, 1936
Le cinéaste Jean Renoir symbolisa l esprit du Front populaire dans ses œuvres des années 1936-37 comme La grande illusion.