Le catalogue de la documentation du P. G. Du service militaire à la captivité Tous droits réservés
Pourquoi ce dossier? Les descendants des P.G. disposent de deux sources documentaires pour reconstituer le parcours de leurs ascendants : les archives familiales d une part et les archives officielles d autre part. Pour autant, si certains descendants ont de nombreux documents, parfois uniques au sein de l Association, d autres en ont peu, voire pas du tout. Chaque descendant n a donc qu une partie de cette documentation qu il peut toutefois élargir par ses recherches avec le soutien de l Association. Ce dossier vise alors à faire découvrir à tous chaque type de documents qui se trouvent dans l ensemble documentaire des P.G. de l Association. Chaque document sera présenté avec quelques commentaires et une ou plusieurs photos dans un format proche de l original afin de mieux visualiser sa forme, son contenu et son origine. L ordre de présentation est celui des différentes périodes du parcours du Prisonnier de Guerre, depuis son service militaire jusqu à son retour de captivité : du service militaire à la captivité, la captivité, le retour de captivité et la démobilisation. S ajoutent : les organismes de documentation et de recherches, Les associations et récits, solidarité et témoignages. Claude MATHEY - Octobre 2016
Les photographies Aux armées André LOGEROT (né en 1909) En captivité Photographies de Micheline CHEVALLET, sa fille
Du service militaire à la mobilisation Il convient de bien différencier la période de service national de celle de la mobilisation dans la mesure où l affectation dans une unité peut être différente. Or la connaissance de l affectation du futur P. G. au cours de la guerre permet de consulter les documents d archives de son unité et d appréhender ainsi son parcours de guerre et les conditions de sa capture. La jeune recrue est recensée à partir de 20 ans et effectue ensuite son service militaire. A titre d exemple, un soldat né en 1915 sera de la «Classe 1935» et militaire de «l active» durant deux années, probablement en 1936-1938. Les plus âgés de nos P.G. (nés avant 1904) auront toutefois effectué un service réduit à 18 mois en 1923, puis à un an en 1928 (donc nés à partir de 1908) alors qu il est de nouveau porté à 2 ans en 1935 (né à partir de 1915). «Libéré» de ses obligations du service militaire, le soldat devient réserviste alors qu il rejoint sa famille pendant plusieurs mois voire plusieurs années pour les plus anciens. Rappelé à la mobilisation comme «Disponible», il rejoint son affectation de mobilisation, soit dans l unité dans laquelle il a effectué son service militaire, soit dans une autre unité selon les besoins et parfois l âge du soldat. D autres changeront d unités lors de la formation de nouvelles unités ou au gré de circonstances. Chaque soldat est en effet contraint à 28 années d obligations militaires, tout d abord dans la première réserve jusqu à 40 ans puis dans la seconde réserve jusqu à 48 ans. Les plus âgés seront le plus souvent affectés dans des unités territoriales sédentaires dans leur région militaire d affectation. Citons les dépôts de guerre, les régiments de travailleurs, les bataillons d ouvriers d artillerie, ou établissements de réparation divers. L invasion allemande conduira ces structures à se replier vers les sud-ouest ou à combattre localement, ce qui leur vaudra de figurer alors sur une liste officielle des «Unités combattantes».
Le Livret individuel (1) Communément appelé Livret militaire, il constitue un document d'identité dans lequel sont enregistrées les principales informations au fur et à mesure des étapes de la carrière militaire d'une personne. C est le récapitulatif de tout le parcours militaire. Document de son fils Bernard QUETEL Olivier QUETEL (né en 1913)
Le Livret individuel (2) D un format de dix pages, ce livret fournit l état-civil complet (date et lieu de naissance, parents, domicile...), des indications sur la carrière militaire de la personne : service militaire, participation à une guerre, blessures, captures et lieux de détention, actions d'éclats, décorations et permet donc de connaître l ensemble du parcours du militaire. Document de son fils Alain BAUDOT Robert BAUDOT né en 1914
Le Livret individuel (3) La première page du livret individuel est complétée par le bureau de recrutement avant d'être envoyé au corps où la nouvelle recrue est affectée. Livret individuel de Pierre BEUGNOT (né en 1914) document de sa petite-nièce Sylvie MARCHE
Le Livret individuel (4) Outre les informations personnelles, le livret comprend un rappel du code de justice militaire et des devoirs militaires.
Le Livret individuel (5) Le livret individuel doit être conservé en bon état jusqu'à la fin des obligations militaires comprenant les périodes de réserve. Livret individuel de Roland DESSAUX (né en 1918) Futur P.G. Document de son fils, Michel DESSAUX
Le Livret individuel (6) Et s'il vient à le perdre, l'homme doit immédiatement en faire la déclaration à la gendarmerie. Décisions ou actes liant. au service militaire ou modifiant, suspendant ou supprimant l obligation de servir. Mentionner dans l ordre chronologique, les décisions des conseils de révision et des commissions de réforme (sursis d incorporation, exemption, ajournements, incorporation, réforme temporaire n 1 ou n 2, réforme n 1 ou n 2, classement dans le service auxiliaire ou dans le service armé), ainsi que les actes (engagements, rengagements, commissions, etc.) liant l homme au service ou les circonstances (décès, retraite, et.) faisant cesser le service. Chaque inscription doit être datée et porter la signature et le timbre de l autorité qui l a prescrite. Les différentes périodes d exercice seront également inscrites dans ce tableau.
Le Livret individuel (7) En cas de perte, un nouvel exemplaire lui est fourni gratuitement par le bureau de recrutement qui conserve le livret matricule dans lequel se trouvent toutes les informations nécessaires pour faire un duplicata (mention qui est notée sur la couverture).
Le Livret individuel (8) Il est remis définitivement à l intéressé au moment de la libération du contingent, assorti du fascicule de mobilisation et du certificat de bonne conduite. Un récépissé est signé prouvant la remise. Si l'homme est déjà parti, son livret lui est remis par la gendarmerie contre signature également.
Le Livret individuel (9) Beaucoup ont toutefois disparu au cours des opérations ou de la captivité alors que d autres n ont été remplis que succinctement après la guerre. Livret individuel de Maurice JACA ((né en 1918) document de Jacqueline BLAZQUEZ
Le Livret individuel (10) En cas de perte, il convient de rechercher auprès des archives départementales «La fiche matricule» (voir partie «archives» de ce catalogue documentaire).
Le Livret individuel (11) Récapitulatif d un livret individuel Livret individuel de Georges BIALE ((né en 1915) document de Martine BRUNE
Le Livret individuel (12) Parcours militaire de Georges CHAMAYOU, appelé, mobilisé, capturé, engagé sous différents contrats successifs, au sein de l armée d armistice et de l armée d après-guerre. Affectations au gré des dissolutions ou restructurations, sous-officier de carrière. On notera que l avancement de ce sousofficier, appelé, puis de carrière après son service militaire, capturé en tant que Maréchal-des-logis (sergent) de l artillerie en juin 40, se poursuit en captivité puisqu il devient Maréchal-des-logis/Chef en 42, puis Adjudant en 1944. En fait, cet avancement (rapide) ne sera décidé qu après le retour de captivité, mais avec effet rétroactif couvrant la période de captivité.
Le Livret individuel (13) Georges CHAMAYOU (né en 1911)
Le Livret individuel (14) Né en 1911 Appelé, 1911 + 20 (ans) => Classe 1931.
Le Livret individuel (15) Appelé, réserviste, mobilisé, sous-officier de carrière. 15 10 1932 : Incorporé 115 ème RALH, Brigadier-chef en fin de service, périodes de réserve. 15 08 1937 : MDL 02 09 1939 : mobilisation 04 06 1940 : capture à 8h00 à Malo-Les-Bains. Rapatrié le 13 mai 45 (et non 40 comme indiqué) Rengagé pour 2 ans le 31 01 46 au 19 ème RAT Dissolution du 19 ème RAT le 16 01 46. Rayé des contrôles le 27 02 46 de cette unité et reprend du service le 04 03 46.
Le Livret individuel (16) Reclassement d échelon comme Adjudant en mars 46. Diverses affectations. Rengagé pour 6 mois le 31 01 49, affecté au service du matériel du Génie par changement d arme (il était artilleur) le 01 05 49, stage de formation à Versailles.
Le Livret individuel (17) Quitte le service en octobre 1960 à l âge de 49 ans. Etait devenu S.O.C. (sous-officier de carrière), et donc n était plus soumis à des contrats successifs) depuis 1953. Texte ajouté sur le livret et daté du 10 11 1939. Georges CHAMAYOU en captivité Dernière rubrique du livret individuel.
Le certificat de présence au Corps D autres documents permettent d identifier l unité, notamment des certificats de présence au Corps (Corps de troupe), les ordres de mission, les brevets de de spécialité. Jean CHEVALIER (né en 1918) père de Louis CHEVALIER
L ordre de mission Pouvant paraître anodin, ce document complète utilement les renseignements du livret individuel en étant factuel. Le régiment est souvent connu (ici 78 e RI) mais moins la compagnie, qui est indiquée sur cet O.M., en l occurrence la compagnie de commandement (CDT) qui comprend une section d éclairage. Sont précisés l emploi de conducteur et le grade de soldat de 1 ère classe alors que l intéressé deviendra caporal. On notera également la mention «Aux armées» (en opérations). L itinéraire à la date du 3 mai 1940 confirme la zone de stationnement en Lorraine (avant le 10 mai). Le conducteur emmène dans un véhicule SIMCA deux officiers, probablement à la gare de Sarreguemines pour rejoindre leurs lieux de permissions. A cette époque, les régiments d infanterie (plus de 3 080 hommes) ont un chef de corps mais aussi un chef d état-major. L O.M. précise «autorisé sans permis de circuler», cette mission de liaison consistant un simple aller-retour. Gilbert BIDAULT (né en 1913) Document de sa fille Mauricette MAINGOT
Le Brevet de spécialité Le brevet de spécialité, décerné après une formation liée à l emploi, atteste d une qualification principale ou complémentaire. Il livre peu d informations sauf que ce brevet est décerné pendant la période du service militaire le 10 octobre 1935, par le chef de corps du 4 e R.I. à Auxerre alors que Georges BIDAULT servira au 78 e R.I. en 1940 avant sa captivité, comme nous l avons constaté dans le document précédent. Gilbert BIDAULT (né en 1913) Photo de captivité. Document de sa fille Mauricette MAINGOT
Le certificat de bonne conduite Il est décerné en fin de service militaire. Il fournit ainsi quelques informations sur l unité. Ce certificat est en fait une attestation comme quoi le militaire s est bien conduit et n a pas posé de problèmes. La majeure partie des recrues le reçoivent, sans toujours le conserver. Ce document pouvait être demandé par les employeurs et était nécessaire pour entrer dans la fonction publique. Document de Martine BRUNE Fille de Georges BIALE (né en 1915) Le cas semble être plus particulier car Georges BIALE en est seulement à son 6 ème mois de service militaire alors qu il est de la Classe 35, en ce mois de septembre 1939. Initialement au 15 ème R.I.A., il a déjà rejoint le 96 e R.I. depuis la fin aôut1939. Ce certificat de bonne conduite est signé du chef de corps du 15 e R.I.A. à Albi le 16 septembre 1939. Cela semble bien être tout de même un certificat de fin de service militaire («tout le temps qu il est resté sous les drapeaux») car il est «aux armées» depuis le 2 septembre 1939. Il ne fait donc plus son service militaire mais la guerre qui vient d être déclenchée.
Le fascicule de mobilisation (1) Au plus tard 15 jours avant la fin de son service actif, le militaire reçoit son fascicule de mobilisation (avec son livret individuel) qui lui indique comment et quand rejoindre le lieu indiqué en cas de mobilisation. Il est tenu de faire mettre à jour ses changements d adresse en les signalant à sa gendarmerie de rattachement. Henry BOUGEARD (né en 1910) Document de Sébastien BOUGEARD son petit-fils «RECOMMANDATION IMPORTANTE». «Il est FORMELEMENT INTERDIT aux réservistes se rendant à l étranger de communiquer le présent fascicule, ainsi que le livret individuel qui le contient aux autorités étrangères. Le présent fascicule ne doit être remis?. que sur réquisition des autorités militaires, judiciaires et administratives»
Le fascicule de mobilisation (2)
Le fascicule de mobilisation (3)
La plaque d identité militaire Elle est portée par le combattant pour son identification en cas de blessure grave ou de décès. Elle est brisée en deux en cas de décès. Plaque de Claude DOUCHIN N de la classe de recrutement Nom et prénom (né en 1915) père de Hervé DOUCHIN L autre face d une plaque, celle de Georges BIALE (né en 1915) père de Martine BRUNE N de matricule au recrutement et bureau de recrutement La plaque d identité militaire est toujours d usage. Elle est désormais rectangulaire, gravée sur une seule face (nom, prénom, n matricule), toujours avec brisure, et sur laquelle est ajouté en haut à droite le groupe sanguin.
Dossiers d archives des unités Ils sont réalisés par l ADPGHD à partir des archives du Service Historique de la Défense, en les complétant d illustrations, d organigrammes, de cartes, croquis ou textes complémentaires.
Des combats à la captivité Le parcours militaire étant retracé, les conditions de capture étant précisées, les recherches se portent sur l itinéraire du Prisonnier de Guerre qui le mène en Allemagne et sur les lieux et conditions de captivité qui font l objet également de documents officiels ou plus personnels.
www.stalag6a6d.fr Octobre 2016