Des systèmes d information partagée pour une meilleure gouvernance de l eau en méditerranée



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Transcription:

Des systèmes d information partagée pour une meilleure gouvernance de l eau en méditerranée Marseille, 13 mars 2012 INTRODUCTION WALTER MAZZITTI Président du Comité Directeur du SEMIDE

Messieurs les ministres, Messieurs les directeurs généraux, Mesdames et Messieurs, chers collègues, Depuis son lancement, voulu par les 27 Ministres de l eau des pays des rives Sud et Nord de la Méditerranée dans le cadre du processus de Barcelone, le SEMIDE a énormément progressé. Cet outil a non seulement donné naissance à un réseau unique de sites internet pour valoriser la connaissance des pays méditerranéens, mais il a surtout lancé un processus de dialogue basé sur une compréhension et une confiance mutuelle entre les directions de l eau des différents pays concernés. A plusieurs occasions, nous avons constaté que le SEMIDE correspond effectivement à un besoin réel et à une demande forte de tous les pays partenaires, en conformité avec les décisions arrêtées lors des conférences ministérielles de Marseille en 1996 et Turin en 1999 et plus récemment lors de la conférence ministérielle sur l eau de l Union pour la Méditerranée, en décembre 2008 en Jordanie. Je tiens à souligner que à Rome en 2005, car cela a été une étape très importante, tous les directeurs généraux de la méditerranée réunis par le SEMIDE ont lancé une étude de faisabilité pour un mécanisme régional d observation sur l eau, dont les résultats nous ont conduits à formuler un projet ambitieux de renforcement et d harmonisation des systèmes nationaux d information sur l eau à l échelle méditerranéenne. C est sur la base des résultats de cette étude que le SEMIDE a décidé de se lancer dans une nouvelle phase pour soutenir les pays partenaires à créer des Systèmes Nationaux d Information sur l Eau comme je vous l expliquerai après. Les résultats obtenus par le SEMIDE en matière de diffusion de l information ont amené les ministres, lors de la conférence sur l eau de Jordanie en décembre 2008, à demander une meilleure planification des politiques et leur évaluation basée sur des systèmes d information harmonisés au niveau méditerranéen.

Ils ont souligné qu un échange d'informations sera mis en place sur la base d'approches volontaires. L'objectif est de rechercher la comparabilité, la cohérence et d'éviter les doubles emplois. L importance donnée à l information par la déclaration ministérielle de Jordanie, a donnée une nouvelle tâche au SEMIDE, une tâche très ambitieuse. Comme nous le savons tous, la région méditerranéenne souffre d un grand déficit en matière de données, informations et statistiques sur l eau, qui soient fondées sur des définitions et des méthodes internationalement reconnues. Or cette connaissance sur l état du milieu aquatique, sur les besoins des différents secteurs, les pressions exercées et les impacts des activités humaines sont fondamentales pour l analyse, la prise de décision, la définition et le suivi de plans d action, au niveau national comme régional. Quelques mois après la conférence de Jordanie, pendant le forum mondial de l eau à Istanbul, le SEMIDE a réuni des pays volontaires pour élaborer un projet commun capable de répondre à la demande des Ministres. Ces travaux ont permis de définir une démarche basée sur le développement de systèmes d information nationaux partagés et harmonisés à l échelle méditerranéenne. Un projet a été proposé à l Union pour la Méditerranée avec deux composantes principales : 1. Des activités régionales de coordination avec les acteurs internationaux, d harmonisation des indicateurs, de renforcement de capacités, et de préparation de guides et d outils communs, 2. Et d autre part des activités d appui à la mise en œuvre de systèmes nationaux de données sur l eau harmonisés au niveau régional. Cet accompagnement se concentre dans une première phase sur 4 à 5 pays pilotes volontaires répartis sur la rive Sud, le Moyen-Orient et les Balkans. Cette harmonisation des systèmes permettra notamment une gestion concertée des ressources transfrontalières et le suivi des politiques régionales en Méditerranée comme la future Stratégie Méditerranéenne sur l Eau, la Stratégie des pays arabes pour l eau, la dépollution de la

Méditerranée, le volet eau et assainissement des Objectifs de Développement du Millénaire ou encore la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable. Elle s appuie non seulement sur l expérience des pays européens et de l Europe avec notamment le Système Européen d Information sur l Eau WISE, mais aussi des travaux des agences des Nations Unies. Sans oublier les initiatives lancées sur la rive Sud et Est de la Méditerranée. En effet, la Tunisie et l Algérie ont déjà démarré la mise en œuvre de Systèmes Nationaux et d autres pays comme le Maroc, la Jordanie, le Liban et la Palestine ont initié des démarches similaires. L enjeu de notre projet est de fournir un socle commun à ces systèmes permettant à la fois la réduction des coûts de mise en œuvre et l harmonisation des données. C est dans ce but que nous avons proposé une charte, dont vous avez reçue une copie et que je ne vais pas détailler ici. Il est en effet important de donner une plus grande importance à la gestion partagée de l information en tant que pilier fondamental de la gouvernance, notamment en réponse à la récente demande d une démocratie plus transparente initiée par les citoyens des pays arabes. Nous comptons sur la volonté et l engagement politique de tous autour de cette démarche qui constitue la première étape vers une mise en réseau plus large du potentiel des organismes les plus qualifiés sous la forme d un hub des connaissances sur l eau à la disposition de l Union pour la Méditerranée et des pays partenaires. Au-delà des données et de l information, cette plateforme pourrait aussi assurer la coordination de centres d excellence sur formation professionnelle, la valorisation de la recherche, l analyse prospective, et bien d autres domaines. En regroupant les institutions les plus qualifiées qui travaillent depuis de nombreuses années dans la région. Pour conclure, je voudrai remercier au nom du Comité Directeur du SEMIDE les secrétaires et directeurs généraux pour leur présence qui témoigne de l intérêt de leur gouvernement à suivre l évolution du SEMIDE et à soutenir la nouvelle phase d un système qui valorise la connaissance.

Un grand merci à Mme MacGlade Directrice Exécutive de l Agence Européenne de l Environnement pour les orientations proposées et sa proposition de coopération renforcée avec le SEMIDE dans la région pour accompagner les pays. Un remerciement spécial à M. Rafiq Husseini pour le soutien qu il nous a donné depuis son arrivé au secrétariat de l UpM et pour l intérêt manifesté sur l évolution et la valorisation de l information et de la formation dans la région méditerranéenne. Merci pour sa participation à notre évènement à Mme Jacqueline McGlade qui va nous faire part des grands projets de l Union Européenne sur le thème des systèmes d information partagée. Enfin un grand merci à Jean-Louis Guigou, Président de l IPEMED, Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen, notre futur partenaire qui organise un side event pour jeudi 15 pour diffuser notre idées communes sur que je voudrai bien appeler le hub de la connaissance pour la Méditerranée. Merci de votre attention, Walter MAZZITTI Président du Comité Directeur du SEMIDE