ETUDE SUR LA CONSOMMATION ALIMENTAIRE EN AFRIQUE DE L OUEST Rapport de synthèse Août 2011 0
Avant- Propos Ces contributions sur «les Dynamiques de consommation alimentaire en Afrique de l Ouest» ont été réalisées par les responsables des directions nationales des statistiques agricoles et des instituts nationaux des statistiques du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo, à qui nous adressons nos sincères remerciements. Nous tenons également à remercier «la Fondation Syngenta pour une agriculture durable» et le ReSAKSS pour avoir supporté financièrement cette initiative. Puissent les résultats de cette analyse aider aux prises de décisions pertinentes et appropriées pour le bien être des populations rurales et pour le développement économique et social de la sous-région Ouest-Africaine. Toutes erreurs d interprétation ou de fait dans cette contribution n incombent qu aux auteurs du présent document. 1
TABLES DES MATIERES TABLES DES MATIERES... 2 TABLEAUX... 4 FIGURES... 5 RESUME... 6 INTRODUCTION... 12 I. PROFIL DE CONSOMMATION DANS LA SOUS-REGION... 13 I.1 Structure de la consommation calorifique par groupe de produits... 13 I.2 Contribution calorifique des produits de base... 15 I.2.1 Cas du riz... 15 I.2.2 Cas du maïs... 15 I.2.3 Cas du mil/sorgho... 17 I.2.4 Cas du blé... 18 I.2.5 Cas du manioc et de l igname... 18 I.3 Diversité de la diète... 18 II. EVOLUTION DE LA STRUCTURE DES DEPENSES ALIMENTAIRES... 20 II.1 Part de l alimentation dans les dépenses totales... 20 II.2 Mode d acquisition des produits alimentaires... 23 II.3 Profil des dépenses alimentaires durant les années 2000... 26 II.3.1 Cas des produits de base... 26 II.3.2 Cas des autres produits alimentaires (produits animaux, fruits et légumes )... 28 II.3.3 Des dépenses plus diversifiées en milieu urbain... 28 II.3.4 Profil des dépenses alimentaires selon le niveau de revenu... 29 II.4 Etat des lieux des changements de la structure des dépenses alimentaires... 31 II.4.1 Cas du milieu urbain... 31 II.4.2 Cas du milieu rural... 33 III. DYNAMIQUE DE LA CONSOMMATION REELLE... 35 III.1 Evolution de la consommation des produits céréaliers... 35 III.1.1 Cas du maїs... 36 III.1.2 Cas du riz... 37 III.I.3 Cas des produits dérivés du blé... 39 III.1.4 Cas du mil/sorgho... 40 2
III.1.5 Synthèse sur l évolution de la consommation céréalière... 41 III.2 Evolution de la consommation des racines/tubercules... 41 III.3 Evolution de la consommation des produits animaux... 42 III.3.1 Cas des produits laitiers... 42 III.3.2 Cas du poisson... 44 III.4 Cas des viandes... 46 IV TENDANCES RECENTES DE L OFFRE DES PRINCIPAUX PRODUITS ET NIVEAU D AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE DANS LA SOUS-REGION... 50 IV.1 Aperçu sur les bassins de production de la région de l Afrique de l ouest... 50 IV.2 Tendance globale de l offre des principales spéculations de base sur la période 1990-2007.. 51 IV.3 Tendance récente de la production des principaux produits de base dans la sous-région... 52 IV.3.1 Cas du mil... 53 IV.3.2 Cas du sorgho... 54 IV.3.3 Cas du maïs... 55 IV.3.4 Cas du riz... 56 IV.3.5 Cas des racines et tubercules... 58 IV.3.6 Cas de l arachide... 59 IV.3.6 Cas du Niébé/Haricot... 60 IV.3.7 Cas du fonio... 61 IV.4 Niveau de dépendance de la sous-région aux importations du sucre, des huiles végétales et des produits animaux... 62 IV.4.1 Cas du sucre... 62 IV.4.2 Cas des huiles végétales... 62 IV.4.3 Cas des produits laitiers... 63 IV.4.4 Cas des viandes... 64 IV.4.5 Cas du poisson... 65 V. PERSPECTIVES DE DEMANDE ALIMENTAIRE... 66 V.1 Perspectives de demande en milieu rural... 66 V.1.1 Sensibilité de la demande des denrées alimentaires de base en milieu rural... 67 V.1.2 Sensibilité de la demande des autres produits alimentaires en milieu rural... 68 V.2 Perspectives de demande alimentaire en milieu urbain... 71 V.2.1 Sensibilité de la demande des denrées alimentaires de base en milieu urbain... 71 V.2.2 Sensibilité de la demande des autres produits alimentaires en milieu urbain... 72 CONCLUSION... 75 3
BIBLIOGRAPHIE... 76 ANNEXES... 77 TABLEAUX Tableau 1: Structure de la consommation calorifique par groupe de produits sur la période 2004-2008 (en %)... 14 Tableau 2: Contribution calorifique des principales céréales sur la période 2004-2008... 18 Tableau 3: Part de l alimentation dans les dépenses totales selon... 23 Tableau 4: Structures des dépenses en produits de base des ménages les plus pauvres... 30 Tableau 5: Evolution de la structure des dépenses en produits de base en milieu urbain... 32 Tableau 6: Evolution de la structure des dépenses des autres produits alimentaires en milieu urbain 33 Tableau 7: Evolution de la structure des dépenses en produits de base en milieu rural... 34 Tableau 8: Evolution de la structure des dépenses des autres produits alimentaires en milieu rural... 34 Tableau 9: Evolution de la consommation céréalière par tête (en Kg)... 36 Tableau 10: Evolution de la consommation par tête du maïs (en Kg)... 36 Tableau 11: Evolution de la part du maïs dans les céréales (en Kg)... 37 Tableau 12: Evolution de la consommation par tête du riz (en Kg)... 37 Tableau 13: Evolution de la part du riz dans la consommation céréalière... 38 Tableau 14: Evolution du taux de dépendance aux importations... 38 Tableau 15: Evolution des dépenses par tête en riz... 39 Tableau 16: Evolution de la consommation par tête des produits dérivés du blé (en Kg)... 39 Tableau 17: Evolution de la part des produits dérivés du blé dans les céréales... 40 Tableau 18: Evolution de la consommation par tête du mil/sorgho (en Kg)... 40 Tableau 19: Evolution de la part du mil/sorgho dans les céréales... 41 Tableau 20: Evolution de la consommation par tête des racines et tubercules (en Kg)... 42 Tableau 21: Evolution des dépenses par tête des produits laitiers... 44 Tableau 22: Evolution des dépenses par tête de viande... 47 Tableau 23: Evolution de la production du mil... 54 Tableau 24: Evolution de la production du sorgho... 55 Tableau 25: Evolution de la production du maïs... 56 Tableau 26: Evolution de la production du riz... 57 Tableau 27: Evolution du taux d autosuffisance en riz... 58 Tableau 28: Evolution de la production des racines et tubercules... 59 Tableau 29: Evolution de la production de l arachide... 60 Tableau 30: Evolution de la production du niébé/haricot... 61 Tableau 31: Evolution de la production du fonio... 62 Tableau 32: Propensions marginales à consommer des denrées alimentaires de base en milieu rural durant la décennie 2000... 68 Tableau 33: Propensions marginales à consommer des autres produits alimentaires en milieu rural durant la décennie 2000... 69 Tableau 34: Propension marginale à consommer des denrées alimentaires de base en milieu urbain durant la décennie 2000... 72 4
Tableau 35: Propension marginale à consommer des autres produits alimentaires en milieu urbain durant la décennie 2000... 69 FIGURES Figure 1: Part du riz dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008... 15 Figure 2: Evolution de la part du maïs dans la consommation calorifique... 17 Figure 3: Evolution de la part du mil/sorgho dans la consommation calorifique... 17 Figure 4: Contribution des glucides dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008... 19 Figure 5: Contribution des protéines dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008... 19 Figure 6: Contribution des lipides dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008... 19 Figure 7: Part de l alimentation dans les dépenses totales durant la décennie 1990... 21 Figure 8: Part de l alimentation dans les dépenses totales durant la décennie 2000... 22 Figure 8: Mode d acquisition des produits alimentaires au niveau national... 25 Figure 9: Mode d acquisition des produits alimentaires en milieu urbain... 25 Figure 10: Mode d acquisition des produits alimentaires en milieu rural... 25 Figure 11: Profil des dépenses alimentaires durant la décennie 2000... 27 Figure 12: Indice de concentration des dépenses alimentaires selon le milieu de résidence... 29 Figure 13: Indice de concentration des dépenses alimentaires selon le niveau de revenu... 28 Figure 14: Evolution des importations nettes par tête de produits laitiers... 41 Figure 15: Evolution des importations nettes par tête de viande de volaille... 46 Figure 16: Evolution des importations extra-régionales de viande rouge et abats... 46 Figure 17: Taux de dépendance aux importations d huiles alimentaires sur la période 2004-2007... 60 Figure 18: Taux de dépendance aux importations des produits laitiers sur la période 2004-2007... 64 Figure 19: Taux de dépendance aux importations extra-régionales de viande... 65 Figure 20: Taux de dépendance aux importations du poisson sur la période 2004-2007... 65 Figure 21: Hausse supplémentaire de la demande alimentaire pour une augmentation du revenu de 100 F en milieu rural... 67 Figure 22: Hausse supplémentaire de la demande alimentaire pour une augmentation du revenu de 100 F en milieu urbain... 71 5
RESUME Les hausses spectaculaires des prix des denrées alimentaires sur le marché international en 2007/2008 se sont répercutées de manière brutale sur les marchés alimentaires de l Afrique de l Ouest avec une flambée des prix des denrées de grande consommation importées comme produites localement, quoique dans une moindre mesure pour ces dernières. Afin de guider les décideurs dans la conception de politiques adéquates de sécurité alimentaire, cette étude menée conjointement par ReSAKSS Afrique de l Ouest et MSU/Mali analyse les éléments suivants : (i) la structure de la consommation calorifique au cours de ces dernières années et la diversité de la diète, (ii) la structure des dépenses alimentaires et leur changement dans le temps, (iii) la dynamique de la consommation réelle des différents produits alimentaires, (iv) le niveau de dépendance alimentaire de la sous-région et (v) les préférences alimentaires des populations. Les analyses effectuées à partir des enquêtes sur les ménages ont été désagrégées par milieu de résidence et par niveau de revenu afin de permettre un meilleur ciblage dans la conception des filets de sécurité alimentaire. I. Aperçu sur le profil de consommation alimentaire de la sous-région La consommation alimentaire des pays sahéliens de la région est basée principalement sur les céréales avec une contribution calorifique de 63% en moyenne. Elle est plus diversifiée en Côte d Ivoire et au Togo avec respectivement une contribution moyenne de 31% et 48% pour les céréales et de 33% et 25% pour les racines et tubercules. Les principaux produits de base sont le mil et le sorgho au Burkina Faso et au Niger, le riz 1 en Côte d Ivoire et au Sénégal et le maïs au Togo. Avec une contribution de 10%, il est important de souligner l ancrage du blé dans les habitudes alimentaires des ménages au Sénégal. Le régime alimentaire en termes de consommation en macronutriments (glucides, protéines et lipides) est déséquilibré pour l ensemble des pays. La part des protéines dans la consommation alimentaire oscille entre 9,1% au Togo et 13% au Niger. Les pays sahéliens (Burkina Faso, Niger et Sénégal) ont tous atteint la norme minimale de 11% du fait de leurs ressources animales. Celle des lipides varie entre 18,6% en Côte d Ivoire et au Niger et 24.5% au Sénégal pour une norme comprise entre 30 et 35%. La part des glucides oscille entre 65,1% au Sénégal et 73,2% en Côte d ivoire pour une norme comprise entre 50 et 55%. Cette consommation calorifique est assurée par des dépenses dont le poids dans les ressources des ménages dépasse 50% dans quatre pays (Burkina Faso, Niger, Sénégal et Togo). Durant la décennie 2000, la part des dépenses alimentaires dans le budget oscillait entre 38.6% en Cote d Ivoire et 60.1% au Niger. Il est important de souligner l extrême fragilité des ménages au Burkina Faso, au Niger et au Togo. Les enquêtes réalisées en 2003 au Burkina Faso et en 2005 au Niger montrent que 80% des individus dans ces pays vivent dans des ménages qui consacrent au moins 60% des ressources à l alimentation. Au Togo (en 1 Il est tout à fait possible que le riz occupe la première place au Mali en terme de contribution calorifique vu qu il occupe le premier poste de dépense alimentaire, mais en l absence de bilan alimentaire pour le Mali, il est difficile de conclure. 6
2005), c est 60% de la population qui vit dans des foyers qui allouent au moins 60% des dépenses à l alimentation. Ces couches sociales sont particulièrement vulnérables aux tensions sur les prix des biens alimentaires. II. Evolution de la structure des dépenses alimentaires L analyse des dépenses alimentaires au cours de ces dernières années montre que le riz est le premier poste de dépense alimentaire en Côte d Ivoire (18,6% en 2008) au Mali (18,6% en 2006), et au Sénégal (15.2% en 2002). Au Burkina Faso et au Niger, avec un poids respectif de 29,5% (en 2003) et 43% (en 2005), le mil/sorgho occupe le premier poste de dépense alimentaire dans ces pays. Au Togo, c est le maïs qui occupe la première position avec un poids de 10,3% en 2006. Il est à noter que les racines et tubercules viennent en deuxième position en Côte d Ivoire et au Togo. Une analyse du profil des dépenses alimentaires par milieu de résidence révèle la prédominance du riz en milieu urbain dans tous les pays. Les dépenses alimentaires des ruraux restent focalisées sur le mil/sorgho au Burkina Faso et au Niger, le maïs, les racines et tubercules au Togo tandis qu en Côte d ivoire, au Mali et au Sénégal, on note une prédominance du riz. Une analyse du profil de dépenses selon le niveau de revenu révèle que 40% de la population la plus pauvre au Mali, au Burkina Faso et au Niger vit dans des ménages qui consacrent respectivement 26%, 43% et 56% des dépenses alimentaires à l achat du mil/sorgho. Les filets de sécurité alimentaire devront cibler le mil et le sorgho au Niger, au Burkina Faso et au Mali en ce sens qu ils représentent respectivement 56, 43.3 et 26.2 % du budget alimentaire de 40% des populations les plus pauvres dans ces pays. Le riz est l alimentation de base des couches les plus pauvres en Côte d Ivoire et au Sénégal et le maïs pour le Togo. Pour cette catégorie de la population, une tension sur les prix du mil/sorgho due à l insuffisance de l offre, risque de la précipiter dans une situation alimentaire difficile. Les filets de sécurité alimentaire dans ces pays devront mettre l accent sur ces céréales locales. En Côte d Ivoire, les ressources destinées à l alimentation des plus pauvres vont majoritairement à l achat du riz (22,1%), au manioc (9,4%) et à l igname (9,2%). Au Sénégal, c est le riz et les produits dérivés du blé qui dominent dans les dépenses alimentaires des plus pauvres. Enfin, avec 17% de coefficient budgétaire, le maïs est le produit le plus consommé par les plus défavorisés au Togo. En termes d évolution 2 de la structure des dépenses alimentaires, on peut noter une percée de «nouveaux produits» au détriment des denrées traditionnellement consommées. La part du riz a augmenté en milieu urbain au Mali (+4points), en Côte d Ivoire (+8 points), a baissé au Sénégal (-3 points) et est resté stable au Burkina Faso. A l exception du Burkina Faso où elle demeure stable, elle a augmenté en milieu rural dans les autres pays (de 2 points au Sénégal à 8,1 points au Mali). Celle du maïs a augmenté au Burkina Faso (+3 points en milieu urbain et +0,6 point en milieu rural) et au Mali (+1 point en milieu urbain et +0,7 point en milieu rural). Les racines et tubercules ont vu leur poids augmenter en milieu urbain de 1,3 points au Mali et 0,4 point au Sénégal (et 0,6 point en milieu rural). Pour ces pays sahéliens à régime 2 Cette analyse a été faite seulement pour le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal du fait de la disponibilité des données 7
alimentaire basé sur les céréales, cette hausse de la part des racines et tubercules dans les dépenses alimentaires traduit un effort de diversification de la consommation. En ce qui concerne les denrées traditionnelles, le poids du mil/sorgo a baissé au Burkina Faso (-3,1 points en milieu urbain et -2 points en milieu rural), au Mali (-2 points en milieu urbain et 6 points en milieu rural) et au Sénégal (-7,4 points en milieu rural). En Côte d Ivoire, celles de l igname et du maïs ont baissé respectivement 2,3 et 1,4 points en milieu rural. Les dépenses relatives en produits animaux (viande, poisson, produits laitiers) connaissent une progression au Mali (+3.5%), en Côte d Ivoire (+13.2%), au Sénégal (+13.4%) et au Burkina Faso (+26.4%). La même tendance est observée pour les fruits et légumes (+8% au Sénégal, +21,5% en Cote d Ivoire et +61% au Burkina Faso) avec cependant une baisse au Mali (-40%). A revoir pour le Mali? III. Dynamique de la consommation réelle Le niveau de consommation des produits de base s est amélioré dans la sous région au cours de ces vingt dernières années. Entre les périodes 1995-1999 et 2005-2008, la consommation céréalière par tête a progressé de 4% au Togo, 8% au Niger, 11.6% au Burkina Faso, 18.6% au Mali, 20% au Sénégal et 32.8% au Bénin. Cette hausse est imputable à l augmentation de la consommation du riz, du maïs et du blé. Cela veut dire que l augmentation de la consommation alimentaire s est faite au profit de céréales échangeables et pour lesquelles l Afrique de l Ouest est en général très déficitaire et compte sur les importations du marché mondial. Entre le début des années 1990 et la fin des années 2000, la demande de riz par habitant a doublé au Burkina Faso, au Mali et au Niger et a progressé de 80% au Togo. En Côte d Ivoire, elle a évolué de 23% entre la fin des années 1990 et celle des années 2000. Au Sénégal, malgré la hausse de la demande du riz en milieu rural, elle a cependant baissé de 5.5% au niveau national du fait de la baisse de la consommation en milieu urbain. Pour le Burkina Faso et le Mali, la progression de la demande du riz par habitant est tirée par une augmentation plus importante de la consommation en milieu rural tandis qu en Côte d ivoire, c est le milieu urbain qui a entrainé l augmentation de la demande. Il convient de souligner que l augmentation de la consommation du riz s est faite à partir des importations massives. Le taux de dépendance aux importations a augmenté dans tous les pays. Au cours de ces dernières années, à l exception du Mali où il était de 24%, il oscillait entre 65% au Togo et 94% au Sénégal. La consommation du maïs connaît une évolution similaire avec une augmentation de la demande par tête de 13% au Togo, 24% au Bénin, 68% au Mali entre les périodes 1990-1994 et 2005-2008, 52% au Burkina Faso et 79 3 % au Sénégal entre les périodes 1995-1999 et 2005-2008. En Côte d Ivoire, elle est restée quasi constante. Au Burkina Faso et au Mali, l augmentation de la demande de maïs par habitant est plus entrainée par le milieu urbain. 3 Si dans les autres pays, la hausse de la consommation du maïs a été favorisée par l augmentation de la production, au Sénégal, elle est plutôt induite par une augmentation des importations sur le marché international. 8
La hausse de la demande du riz et du maïs s est faite au détriment du mil/sorgho, dont la consommation a baissé dans une fourchette comprise entre 2.1% au Burkina Faso et 37% au Sénégal. Toutefois, la consommation du mil/sorgho est restée quasi constante au Mali et a augmenté de 12.5% au Niger. L évolution des dépenses consacrées à l achat du mil/sorgho révèle une baisse plus importante de sa demande en milieu rural au Mali et au Sénégal, tandis qu au Burkina Faso, la diminution de la demande est imputable à celle du milieu urbain. A l exception du Bénin et du Niger, la consommation des produits dérivés du blé a augmenté dans les pays de la sous-région. Cette hausse oscille entre 51% au Burkina Faso et 125% au Togo entre les périodes 1990-1994 et 2005-2008. En Côte d Ivoire, elle a augmenté légèrement de 8% entre la fin des années 1990 et celle des années 2000. Cette modification des habitudes alimentaires en faveur du blé serait le fait de l urbanisation et du mode de consommation des urbains qui associent le pain à certains plats. Pour ce qui est des racines et tubercules, les disponibilités par tête ont augmenté au Bénin et en Côte d Ivoire. Toutefois, au Togo on assiste à une substitution des racines et tubercules par les céréales. Dans les pays sahéliens, une tendance à la hausse de la consommation des racines est constatée aussi. Cela résulte des efforts de diversification de la production dans ces pays pour la réduction des risques d insécurité alimentaire. La hausse des importations de poisson congelé à faible prix, a favorisé l augmentation de la consommation du poisson au Bénin, au Burkina Faso et en Côte d Ivoire malgré la baisse de la production dans ces pays. Les importations nettes par tête ont été multipliées par 4 au Bénin entre 1999 et 2008, par 8 au Burkina Faso entre 1994 et 2008 et par deux en Côte d Ivoire entre 1996 et 2008. La hausse continue du prix de la viande et du poisson local a entrainé certainement un report de la demande des ménages vers les poissons congelés importés dont les prix sont à la portée des ménages. L amenuisement des ressources halieutiques au Mali et au Sénégal 4 (les deux plus grands producteurs de poisson de la sousrégion) a induit une baisse de la consommation du poisson dans ces pays. Au Togo, une tendance similaire sur la consommation est observée du fait de la forte baisse des importations et de l insuffisance de la production. Au Sénégal, la baisse de la consommation de poisson est compensée probablement par une hausse de celle de la viande. En effet, entre 1994 et 2002, les dépenses en viande ont évolué de 131% tandis que l inflation a été de 83% pour la même période. La consommation de viande semble diminuer au Mali et en Côte d Ivoire ; l inflation ayant été supérieure à l augmentation des dépenses par tête dans ces pays. Soulignons la hausse des importations extra régionales de la viande de volaille au Bénin et au Togo et de la viande/abats de bœuf en Côte d Ivoire et au Sénégal qui pourraient brider à terme le développement des filières animales de la région. L analyse de l évolution des dépenses combinée à l évolution des prix montre une augmentation de la consommation des produits laitiers en milieu urbain au Burkina Faso, au 4 Il convient de noter que le Sénégal est exportateur net de poisons et fruits de mer 9
Mali, au Niger, au Sénégal et en Côte d Ivoire. Cette hausse serait imputable à l augmentation des importations nettes par tête des produits et des efforts de transformation de la production locale constatée au cours de ces dernières années. La faiblesse de la qualité des statistiques sur les productions locales de lait ne permet pas d apprécier l évolution de la consommation en milieu rural. IV. Niveau d autosuffisance alimentaire et évolution récente de l offre des produits de base La sous-région est globalement autosuffisante en céréales locales (mil, sorgho, maïs), en racines et tubercules (manioc, igname, patate douce ) et en fruits et légumes. Les mesures de relance de l offre vivrière pour atténuer la crise de la vie chère et la bonne pluviométrie enregistrée en 2008 ont permis une hausse de la production du maïs dans la sous-région de 28% en 2008 par rapport à la production moyenne de 2000-2007. Cette augmentation était de 37% pour le mil/sorgho et 29% pour les racines et tubercules. Cependant, on a observé un fléchissement de la production vivrière en 2009 de -6% pour le maïs, -21% pour le mil/sorgho et -7% pour les racines et tubercules. Malgré les hausses de la production du riz en 2008 (+35% par rapport à 2000-20007) et en 2009 (+14% par rapport à 2008), la sous-région demeure déficitaire en riz. Il faut préciser que ce déficit est structurel malgré le potentiel de production de la région. A l exception du Mali qui produit en moyenne environ 75% de sa consommation, le taux d autosuffisance en riz oscille entre 15% au Niger et 41% au Togo sur la période 2001-2009. Quant au blé, il est entièrement importé dans tous les pays. En ce qui concerne les produits animaux, les pays sahéliens de la région sont autosuffisants en viande et exportent une partie de leur cheptel vers les pays côtiers dont la production en viande est insuffisante. Toutefois, les pays côtiers se ravitaillent en viande/abats et en viande de volaille sur le marché international. La quasi-totalité de la consommation de viande de volaille au Bénin provient des importations extra-régionales. Les importations de viande rouge et abats progressent aussi en Côte d ivoire et au Sénégal. Tous les pays sont déficitaires en poisson à l exception du Sénégal qui couvre entièrement sa consommation. Le taux d autosuffisance en poisson sur la période 2000-2009 est de 24% en Côte d Ivoire, 32% au Burkina Faso et 137% au Sénégal. Environ 19% de la consommation des produits laitiers en Cote d Ivoire est couverte par la production locale contre 42% au Sénégal et 92% au Burkina Faso et au Niger. V. Perspectives de demande alimentaire Il existe un important marché pour les filières agro-alimentaires. D une part, la forte croissance démographique dans la région induira naturellement une augmentation de la demande potentielle. D autre part, les analyses montrent que si les perspectives économiques sont meilleures, la demande alimentaire par habitant continuera à croître du fait du faible niveau de satisfaction des besoins nutritionnels de la plupart de la population ouest africaine. En effet, pour une augmentation du revenu par tête de 100 FCFA, les ménages urbains 10
consacreront un montant oscillant entre 23 au Mali à 47FCFA au Togo à l achat des biens alimentaires. Pour les ménages urbains, ce montant variera entre 42 en Côte d ivoire à 67 FCFA au Niger. En milieu urbain, la composition par produit de cette demande supplémentaire montre une nette préférence pour le riz, les fruits et légumes et les produits animaux. Environ 15% de cette nouvelle demande est consacré au riz au Burkina Faso, au Niger et au Mali, 8% au Sénégal et en Côte d Ivoire et 5% au Togo. Un taux de 10% sera consacré aux fruits et légumes au Burkina Faso et au Niger, 15% en Côte d Ivoire et au Togo et 13% au Sénégal. La part qui sera consacrée à la viande oscille entre 8% au Togo et 25% au Sénégal. Pour le poisson, elle varie entre 5% au Mali et 11% au Sénégal. La préférence pour les produits laitiers est relativement plus faible avec une part de l augmentation des revenus qui leur sera consacrée variant entre 2% au Burkina Faso et 7% au Mali. A l instar des urbains, les ruraux comptent les produits animaux parmi leurs préférences alimentaires. On note que le mil/sorgho occupe toujours une place prépondérante dans les choix céréaliers des ménages ruraux au Burkina Faso et au Niger avec des propensions marginales à consommer 5 de 24% et de 42% respectivement contre 10% pour le riz. Ce qui veut dire que des efforts particuliers doivent être consentis dans ces pays pour l accroissement et la stabilisation du mil/sorgho. Avec des propensions marginales à consommer de 24%, 16% et 15% respectivement au Mali, au Sénégal et en Côte d Ivoire, le riz est le plus préféré en milieu rural dans ces pays. A la différence du mil/sorgho, le riz est une denrée échangeable sur un marché international très étroit. A ce titre, les producteurs locaux doivent faire face à une concurrence très rude avec le marché international. Par ailleurs, on sait que le développement des productions rizicoles passe nécessairement par des investissements importants aussi bien de la part des pouvoirs publics que des producteurs eux-mêmes. Ces choix dont la rentabilité dépendra, entre autres, de l évolution et de la stabilité des marchés internationaux incarnent le type de décision à prendre dans le long terme dans un contexte d incertitude. Par conséquent, la sécurisation de ces investissements sera une question majeure dans la capacité des pays à faire face à la demande croissante du riz. Dans quelle mesure, les producteurs de la sous-région tireront le meilleur avantage de la hausse continue des prix durant ces dernières années sera une question essentielle. 5 La propension marginale à consommer une denrée alimentaire donne la part de cette denrée dans l augmentation totale des consommations alimentaires. 11
INTRODUCTION Les hausses spectaculaires des prix des denrées alimentaires sur le marché international en 2007/2008 se sont répercutées de manière brutale sur les marchés alimentaire de l Afrique de l Ouest 6 avec une flambée des prix des denrées de grande consommation importées comme produites localement, quoique dans une moindre mesure pour ces dernières. En réponse à cette crise, la plupart des pays de la région ont pris des mesures allant de la stabilisation des prix des produits de grande consommation à des mesures visant à augmenter l offre des produits vivriers. C est dans ce cadre que cette étude sur la consommation alimentaire en Afrique de l Ouest, a été initiée conjointement par ReSAKSS WA et MSU/Mali. Elle a pour objectif global de guider les acteurs nationaux et régionaux pour la mise en œuvre de politiques efficaces et cohérentes de sécurité alimentaire. De façon spécifique, l étude doit permettre une meilleure connaissance du profil de consommation alimentaire de la région au cours de ces dernières années et les changements intervenus dans les modes de consommation alimentaire durant les vingt dernières années. Les résultats attendus sont : (i) (ii) (iii) (iv) Comment, à l échelle de la sous région, le profil de consommation a-t-il changé au cours de ces 20 dernières années? le profil de consommation des ruraux, des urbains et des différentes couches sociales pour un meilleur ciblage des plus défavorisés dans la conception des filets de sécurité alimentaire l état de dépendance alimentaire de la sous région les préférences alimentaires des ménages pour une meilleure adéquation entre l offre et la demande. Le présent rapport est la synthèse des études réalisées dans sept pays de la région (Bénin, Burkina Faso, Côte d Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo). Elles ont été réalisées conjointement avec les directions de statistique agricoles et les services chargés d enquête auprès des ménages des instituts nationaux de statistique avec l appui technique des équipes de MSU/Mali et du ReSAKSS. Un atelier méthodologique regroupant les experts des pays 6 La plupart des pays de l Afrique de l Ouest se sont distingués par une dépendance accrue du marché mondial pour l approvisionnement de leurs populations en denrées alimentaire, d où leur vulnérabilité face à des crises de ce genre. 12
cités a été réalisé à Bamako du 26 au 28 juin 2010 avant le démarrage de l étude. Par la suite, l équipe régionale a effectué des missions de supervision et d appui technique dans les pays. Les bilans alimentaires, les données de production, du commerce extérieur alimentaire et les enquêtes sur la consommation des ménages ont servi à la réalisation de l étude. Le document est divisé essentiellement en cinq parties. La première partie analyse le profil de consommation alimentaire de la région au cours de ces dernières années à partir des bilans alimentaires. Dans la deuxième partie sera établi le profil des dépenses alimentaires de la sous région ainsi que les modifications qu il a subies entre les décennies 1990 et 2000. La dynamique de la consommation effective fera l objet d analyse dans le chapitre 3. La réaction de l offre au cours de ces dernières années ainsi que l état de dépendance alimentaire de la sous-région seront examinés dans le chapitre 4. Enfin, afin de guider l offre des filières agro-alimentaires locales, les préférences des ménages en termes de consommation alimentaire seront revues. I. PROFIL DE CONSOMMATION DANS LA SOUS-REGION Cinq pays sur les sept ayant fait l étude ont réalisé des bilans alimentaires. Ces pays sont le Burkina Faso, la Côte d Ivoire, le Niger, le Sénégal et le Togo. En se basant sur les bilans alimentaires, nous établirons leur profil de consommation alimentaire dans cette partie. La structure de la consommation calorifique par groupes de produits et par produit ainsi que la diversité de la diète seront analysées. I.1 Structure de la consommation calorifique par groupe de produits Les bilans alimentaires réalisés au cours de ces dernières années (2004-2008) montrent que l alimentation de base est concentrée sur les céréales dans les pays sahéliens (Burkina Faso, Niger, Sénégal) et plus diversifiée dans les pays côtiers (Côte d Ivoire, Togo). En effet, la contribution des céréales dans la consommation calorifique par personne et par jour était de 65% au Burkina Faso, 63% au Sénégal et au Niger. En Côte d Ivoire, les racines et tubercules et les céréales contribuent approximativement de façon similaire (31,3% et 32,6% respectivement). Au Togo, bien que le poids des céréales soit important dans la consommation alimentaire, celui des racines et tubercules est non négligeable (48,4% pour les céréales et 25% pour les racines et tubercules). Outre ces aliments de base, les légumineuses (haricot sec ou niébé principalement) constituent un complément alimentaire non négligeable au Niger (14%), au Burkina Faso 13
(10%) et au Togo (3,7%). En Cote d Ivoire et au Sénégal, leur consommation reste marginale. La consommation des produits lipidiques (huiles alimentaires et produits oléagineux) occupe la deuxième position en terme d apport calorifique dans la plus part des pays. Sa part dans la consommation calorifique oscille entre 8,8% au Niger et 17% au Sénégal. Les fruits et légumes contribuent en moyenne pour 2%, sauf en Côte d Ivoire où leur part atteint 8%. Toutefois, il est important de souligner que les fruits et légumes sont consommés non pas pour les calories mais pour leur apport en vitamines, en minéraux et en fibres. Ces nutriments sont indispensables au bon fonctionnement de l organisme. Le sucre et les édulcorants consommés principalement pour leur apport glucidique, contribue à la consommation énergétique pour 4,6% au Sénégal, 3,8% en Côte d Ivoire, 2,9% au Togo et 2,4% au Burkina Faso. On note que les différentes parts restent en dessous de la norme recommandée de 5 à 10% par les nutritionnistes. Les produits animaux (qui apportent principalement de protéines) sont plus consommés dans les pays sahéliens (du fait de leurs ressources animales) que dans les pays côtiers. Sa part atteint 10% au Niger, 8,2% au Sénégal et seulement de 4,1% au Burkina Faso 7. Elle est de 4,6% en Côte d ivoire et 3,5% au Togo. Tableau 1: Structure de la consommation calorifique par groupe de produits sur la période 2004-2008 (en %) Produits Burkina Faso Sénégal Niger Togo Côte d'ivoire Céréales 65,1 63,4 62,9 48,4 31,3 Racines et tubercules 0,3 1,9 1,7 24,9 32,6 Légumineuses 10,1 0,8 14,1 3,7 0,7 Huiles et oléagineux 11,9 17,0 8,8 14,2 13,0 Fruits et légumes 2,1 2,5 2,9 1,2 8,0 Sucre et édulcorants 2,4 4,6 2,9 3,8 Boissons alcoolisées 3,2 0,2 0,0 0,7 2,0 Produits animaux 4,1 8,2 9,5 3,5 4,6 Autres 0,8 1,5 0,0 0,4 4,2 Total 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 7 Le faible niveau de la consommation de viande au Burkina Faso relativement aux autres pays sahéliens est probablement du à un problème d estimation de la production. 14
I.2 Contribution calorifique des produits de base I.2.1 Cas du riz La contribution calorifique du riz dans la consommation alimentaire est plus importante au Sénégal et en Côte d Ivoire. Elle a été de 30% en moyenne au Sénégal et 19% en Côte d Ivoire sur la période 2004-2008. Compte tenu de l insuffisance de l offre locale, ces pays sont plus les vulnérables de la région du fait des tensions observées sur le marché international. Au Togo, au Burkina Faso et au Niger, la part du riz dans la consommation calorifique a été en moyenne respectivement de 10%, 8% et 4,8% au cours de ces dernières années. Figure 1: Part du riz dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008 I.2.2 Cas du maïs Le maïs est une céréale consommée dans la plupart des pays de la région de l Afrique de l Ouest. Elle a fourni 24% du disponible énergétique au Togo, 12% au Burkina Faso, 11% au Sénégal et 6,4% en Côte d Ivoire au cours de la période 2004-2008. Au Niger, la demande de maïs reste marginale (0,8%). Toutefois sa consommation progresse dans ce pays. Il est important de noter ici que le taux de contribution calorique en maïs est globalement décroissant pour la Cote d Ivoire sur la période 2000-2009, croissant pour le Sénégal entre 2001 et 2006 (où il passe de 3% en 2001 à 15% en 2005 avant de baisser à 11% en 2006). La hausse de la consommation du maïs au Sénégal est imputable à l accroissement des importations. 15
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Figure 2: Evolution de la part du maïs dans la consommation calorifique I.2.3 Cas du mil/sorgho Le mil et le sorgho sont les aliments de base au Niger et au Burkina Faso. Au cours de ces dernières années, les deux produits ont fournis plus de la moitié de la consommation calorifique au Niger (52%). Au Burkina Faso, leurs contributions étaient de 43%. Au Sénégal et au Togo, ils ont apporté respectivement 12% et 10% de l énergie consommée. Ils ne rentrent pas dans les habitudes alimentaires en Côte d Ivoire. Figure 3: Evolution de la part du mil/sorgho dans la consommation calorifique 17
I.2.4 Cas du blé Le blé est un produit entièrement importé dans la région du fait du faible potentiel dans la production de cette denrée. La consommation de cette céréale est relativement faible dans la plupart des pays de la sous-région. Elle est surtout consommée en milieu urbain sous forme de pain, de pâtisserie et de pates alimentaires. Toutefois, elle est solidement encrée dans les habitudes alimentaires au Sénégal. Sa part de 10% (en 2004-2008) dans la consommation énergétique, avoisine celles du mil/sorgho et du maïs. Pour le reste des pays, sa contribution alimentaire représentait 5% en Côte d ivoire et 4,2% au Togo. Au Burkina Faso et au Niger, elle est d environ 1%. Tableau 2: Contribution calorifique des principales céréales sur la période 2004-2008 Pays Riz Maïs Mil/sorgho Blé Burkina Faso 8,1 12,1 42,8 0,7 Côte d'ivoire 19,1 6,4 0,8 4,8 Niger 4,8 0,8 51,7 1,1 Sénégal 30,2 11,2 11,9 10,0 Togo 10,3 24,1 10,0 4,2 I.2.5 Cas du manioc et de l igname Ces racines sont cultivées principalement dans les zones humides et semi-humides des pays côtiers. Sur la période 2004-2008, l apport calorifique du manioc représentait 12,3% en Côte d ivoire et 15% au Togo. Dans le groupe des racines et tubercules, le poids du manioc était de 38% en Côte d ivoire et 59% au Togo. Quant à l igname, son apport dans la consommation calorifique tournait autour de 20% en Côte d ivoire et 10% au Togo. L igname est la principale racine en Côte d ivoire (sa part calorifique dans les racines et tubercules est de 60%). La consommation de ces racines est marginale dans les pays sahéliens. Toutefois, ces pays, dans le cadre de leurs programmes de sécurité alimentaire, diversifient de plus en plus leurs productions alimentaires en incluant l igname et le manioc (cas du programme manioc au Sénégal). I.3 Diversité de la diète 18
La répartition de l énergie calorifique consommée en macro-nutriments (glucides, lipides et protéines) permet d apprécier l équilibre de la consommation alimentaire. Un régime alimentaire est équilibré si la contribution calorifique des glucides varie entre 50 et 55%, celle des lipides oscillant entre 30 et 35% et enfin celle des protéines se situant entre 11 et 15%. Sur la période récente (2004-2008), nous pouvons constater dans tous les pays une surconsommation de glucides. En effet, la part de l énergie apportée par les glucides dans la consommation varie entre 65% au Sénégal et 73% en Côte d Ivoire, alors que la norme requise est un intervalle de 50 à 55%. Cela s explique par une concentration du régime alimentaire sur les féculents (céréales dans les pays sahéliens et céréales, racines et tubercules dans les pays côtiers). Figure 4: Contribution des glucides dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008 Pour ce qui est des protéines, leur part contributive varie entre 9,1% au Togo et 13% au Niger. Le Burkina Faso et le Mali avec respectivement une contribution protéinique de 12% et 13%, ont atteint la norme minimale requise de 11%. Hormis ces pays, la consommation de protéines au Sénégal semble être proche de la borne de 10%. On observe une alimentation équilibrée en protéines dans les pays sahéliens et un déséquilibre dans les pays côtiers. La disponibilité des produits animaux dans les premiers explique cette situation. Figure 5: Contribution des protéines dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008 19
Enfin, tous les pays de la sous-région ont une diète déséquilibrée en lipides. La part des lipides dans la consommation calorifique est en deca du niveau minimal requis (30% pour le niveau minimal et 35% pour le niveau maximal). Elle est d environ 19% au Niger et en Côte d Ivoire, 20% au Togo et au Burkina Faso et 25% au Sénégal. Du fait de sa forte production d arachide, le Sénégal est le seul pays qui est proche de la norme requise. Figure 6: Contribution des lipides dans la consommation calorifique sur la période 2004-2008 Grosso modo, le régime alimentaire des cinq pays de la région que nous avons analysé est caractérisé par une surconsommation de glucides et une sous-consommation de produits lipidiques et protéiniques (à l exception des pays sahéliens). Les politiques alimentaires devront promouvoir la culture des oléagineux (arachide, soja) pour leur apport en lipides, et aussi, elles devront favoriser l amélioration de la productivité de l élevage dans les pays sahéliens pour une hausse de la consommation de produits animaux dans ces pays et une pour une augmentation des exportations vers les pays côtiers a faible potentiel en élevage. II. EVOLUTION DE LA STRUCTURE DES DEPENSES ALIMENTAIRES La partie précédente a permis d établir le profil de consommation calorifique et la diversité de la diète alimentaire dans la sous-région. Toutefois, elle donne une situation d ensemble au 20
niveau pays et ne permet pas de cerner le profil alimentaire des différentes couches sociales. La connaissance d un tel profil et son évolution dans le temps pourrait permettre un meilleur ciblage des plus démunis dans la conception des politiques de sécurité alimentaire. Pour ce faire, à partir des enquêtes sur la consommation des ménages, il sera analysé dans cette partie selon le milieu de résidence et le niveau de revenu : (i) la part de l alimentation dans les dépenses totales et, (ii) la structure des dépenses alimentaires. Les enquêtes réalisées dans les décennies quatre vingt dix et deux mille permettront de capter un éventuel changement dans la structure des dépensés alimentaires. II.1 Part de l alimentation dans les dépenses totales Dans la décennie quatre vingt-dix, la part de l alimentation dans les dépenses des ménages se situait entre 42,4% (Côte d Ivoire) et 49,5% (Mali et Burkina Faso), c est un résultat obtenu à partir des quatre enquêtes réalisées au Mali (1989), en Côte d ivoire (1993), au Burkina Faso et au Sénégal (1994). En considérant ces mêmes pays, l intervalle devient 38,6% (Côte d Ivoire en 2008) et 53,6% (Burkina Faso en 2003) après l année 2000. Le poids de l alimentation dans les dépenses totales a augmenté de 4 points au Burkina Faso (entre 1994 et 2003) et au Sénégal (entre 1994 et 2002) et a baissé de 4 points en Côte d Ivoire (entre 1993 et 2008) et 6 points au Mali (entre 1989 et 2006). Selon la Loi d Engel, une hausse de la part de l alimentation dans les dépenses traduit une dégradation du niveau de vie des ménages, tandis qu une baisse est imputable à une hausse du revenu. Toutefois, les modifications de méthodologie entre les différentes enquêtes ne permettent pas de tirer de conclusion pertinente sur les changements des coefficients budgétaires de l alimentation. Pour le Niger et le Togo (pays dont une seule enquête réalisée dans les années 2000 était disponible), le poids de l alimentation était respectivement de 60,1% et 51,6%. Les enquêtes ayant fourni ces résultats ont été réalisées en 2005 pour le Niger et 2006 pour le Togo. Une analyse par milieu de résidence montre que les ruraux dans tous les pays consacrent une part plus importante de leurs ressources à l alimentation. Durant la décennie 1990, entre 52,6% (au Mali) et 63,1% (au Sénégal) des dépenses des ruraux sont destinées à l alimentation, tandis qu en milieu urbain, cette part oscillait entre 32,1% en Côte d Ivoire et 44,5% au Mali. L écart entre les parts des milieux rural et urbain était d en moyenne 20 points durant la décennie 1990. Il s est réduit durant les années 2000 en Côte d Ivoire (en 21
passant de 26,5 à 11,5 points) et au Sénégal (en passant de 27,4 en passant 11,2 points). Il a toutefois progressé de 10 points au Mali et est resté stable au Burkina Faso. En ce qui concerne le Niger et le Togo, les ménages ruraux y consacraient respectivement 63,7% en 2005 et 60,3% en 2006 de leurs ressources aux biens alimentaires. En milieu urbain, le poids de l alimentation y était de 49,4% et 44,6% respectivement. Comme on pouvait s y attendre, du fait de la pauvreté de masse chez les ruraux, ces derniers sont plus vulnérables aux tensions sur les prix alimentaires. Les filets de sécurité alimentaire devront porter plus d attention aux ménages ruraux. Figure 7: Part de l alimentation dans les dépenses totales durant la décennie 1990 Figure 8: Part de l alimentation dans les dépenses totales durant la décennie 2000 22
L analyse des parts budgétaires de l alimentation selon le niveau de vie des ménages confirme encore la loi d Engel. En effet, ces parts décroissent par rapport au niveau de vie des ménages. Il est important de souligner l extrême fragilité des ménages au Burkina Faso et au Niger. Les enquêtes réalisées respectivement en 2003 et en 2005 montrent que 80% des individus dans ces pays vivent dans des ménages qui consacrent au moins 60% des ressources à l alimentation. Au Burkina Faso, les ménages situés dans les deux premiers quintiles (les plus pauvres) utilisent presque 70% de leurs revenus aux dépenses alimentaires. Au Togo, c est 60% de la population qui vit dans des foyers qui allouent au moins 60% des dépenses à l alimentation. Ces couches sociales sont particulièrement vulnérables aux éventuelles tensions sur les prix des biens alimentaires. Tableau 3: Part de l alimentation dans les dépenses totales selon le niveau de revenu Niveau Q1 Q2 Q3 Q4 Q5 Burkina Faso (2003) 69,6% 68,3% 65,4% 60,4% 41,7% Côte d'ivoire (2008) 51,3% 49,8% 46,8% 43,1% 29,9% Mali (2006) 58,3% 59,2% 57,5% 51,6% 31,4% Niger (2005) 60,5% 62,9% 64,7% 63,6% 55,5% Sénégal (2002) 54,8% 53,0% 53,1% 52,8% 47,1% Togo (2006) 65,7% 63,9% 61,2% 55,2% 43,5% II.2 Mode d acquisition des produits alimentaires Les enquêtes réalisées dans les années 2000 montrent qu entre 62% (au Burkina Faso) et 86,7% (au Sénégal) des ressources alimentaires consommées proviennent des achats sur le marché, le reste provenant de l autoconsommation et des dons. Comme on devait s y attendre, les urbains utilisent principalement le canal du marché pour leur approvisionnement alimentaire. La part des achats dans les dépenses alimentaires était d en moyenne 93%. En plus des achats, l autoconsommation est une source non négligeable pour la consommation alimentaire en milieu rural. Sa part oscillait entre 11% au Sénégal et 48% au Burkina Faso. Toutefois, son poids a baissé du fait du développement des marchés en milieu rural et de la diversification des activités agricoles. Entre les décennies 1990 et 2000, la part de l autoconsommation a baissé de 8 points au Burkina Faso et en Côte d Ivoire et de 12 points au Sénégal. Enfin, l analyse du mode d acquisition des biens alimentaires selon le niveau de revenu montre que les ménages les plus pauvres utilisent plus le canal de l autoconsommation pour 23
la satisfaction de leurs besoins alimentaires. Ces ménages sont plus tributaires de la production agricole et sont ainsi plus vulnérables aux aléas climatiques. Le renforcement de leurs capacités de production et la promotion des activités non agricoles génératrices de revenu sont indispensables pour l amélioration de la situation alimentaire de ces ménages. 24
Figure 9: Mode d acquisition des produits alimentaires au niveau national Figure 10: Mode d acquisition des produits alimentaires en milieu urbain Figure 11: Mode d acquisition des produits alimentaires en milieu rural 25
II.3 Profil des dépenses alimentaires durant les années 2000 II.3.1 Cas des produits de base Les enquêtes sur les dépenses des ménages réalisées dans les années 2000 montrent que les produits alimentaires de base (céréales, racines et tubercules, légumineuse) restent le premier poste de dépenses alimentaires dans la plupart des pays. Leur poids dépasse 40% dans quatre des six pays de la sous-région. Il oscille entre 42,5% en Côte d Ivoire et 62,7% au Niger. On note cependant que leur poids est relativement faible au Sénégal et au Togo avec respectivement 27,6% et 35,1%. En milieu rural, la part des produits de base dans les dépenses alimentaires dépasse 50% dans tous les pays à l exception du Sénégal et du Togo. En milieu urbain, hormis au Mali et au Niger où elle atteint respectivement 44,6% et 52,7%, elle reste en dessous de 40% dans les autres pays. L examen des différents produits qui composent les produits de base montre deux groupes de pays. Pour le premier groupe composé du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal, ce sont les dépenses en céréales qui dominent tandis que pour le second groupe composé de la Côte d Ivoire et du Togo, ce sont les céréales et les racines et tubercules qui constituent l essentiel des dépenses en produits de base. Dans le premier groupe, on note la prédominance du mil/sorgho au Burkina Faso et au Niger avec respectivement un poids de 29,5% et 43% (dont 35,5% pour le mil). Le riz et le maïs viennent en deuxième position dans ces pays. Au Mali et au Sénégal, le riz occupe le premier poste de dépense alimentaire avec un poids respectif de 18,6% et 15,2%, suivi du mil pour le Mali (11,8%) et des produits dérivés du blé pour le Sénégal (7,4%). Pour le second groupe composé de pays côtiers à climat majoritairement humide (Côte d Ivoire et Togo), outre les céréales, les racines et tubercules représentent une part non négligeable dans les dépenses alimentaires. En Côte d Ivoire, le riz avec 18,6% est le premier poste de dépense suivi du manioc (8%) et de l igname (6,2%). Au Togo, les dépenses en maïs et en riz occupent respectivement 10,3% et 6,5% dans le budget alimentaire ; le manioc et l igname représentent chacun 5%. Une analyse du profil des dépenses alimentaires par milieu de résidence révèle la prédominance du riz en milieu urbain dans tous les pays. La part du riz dans les dépenses alimentaires est d en moyenne 15% et varie entre 6,5% au Togo et 20,3% au Mali. Le maïs 26
occupe entre la seconde et la troisième place au Burkina Faso, au Niger et au Togo. Les milieux urbains en Côte d Ivoire et au Sénégal s illustrent par l importance des produits dérivés du blé dans les dépenses alimentaires (4% et 9% respectivement). Le mil reste présent dans les dépenses alimentaires des ménages urbains au Burkina Faso au Mali et au Niger avec toutefois des poids relativement faibles par rapport au milieu rural. Aussi le manioc et l igname occupent respectivement la deuxième et la troisième place dans les dépenses en Côte d Ivoire et au Togo. Les dépenses alimentaires des ruraux restent focalisées sur les produits locaux au Burkina Faso, au Mali et au Togo. Dans les deux premiers pays, le mil/sorgho représente respectivement 37% et 50% des dépenses alimentaires. Au Togo, les dépenses en maïs et en racines et tubercules pèsent respectivement 13,7% et 12,1%. Par contre, en Côte d Ivoire, au Mali et au Sénégal, le riz occupe le premier poste dans les dépenses alimentaires avec des poids respectifs de 19,2%, 17,3% et 19,7%. Le Sénégal est le seul pays de la sous-région où les ruraux allouent au moins 5% de leurs ressources destinées à l alimentation à l achat des produits dérivés du blé. Dans ce pays, le riz et le blé forment le couple qui capte la grande partie des dépenses consacrées aux produits alimentaires aussi bien en milieu urbain qu en milieu rural. Cela traduit une certaine extraversion des préférences alimentaires au Sénégal puisqu il est dépendant à plus de 80% dans ces importations du riz et importe entièrement le blé. Figure 12: Profil des dépenses alimentaires durant la décennie 2000 Burkina Faso 03 Côte d'ivoire 08 Mali 06 Niger 05 Sénégal 02 Togo 06 Produit R U N R U N R U N R U N R U N R U N Banane plantain 3,4 2,6 3,0 Haricot/niébé 1,6 2,0 1,7 4,5 2,4 3,5 Igname 9,7 3,3 6,2 6,2 4,0 5,1 Légumineuse 4,4 8,4 6,2 Mais 5,9 9,6 6,9 5,3 2,2 3,6 4,9 2,6 3,9 4,6 10,8 5,9 13,7 6,6 10,3 Manioc 9,6 6,6 8,0 5,9 3,7 4,8 Mil 15,6 6,7 11,8 41,1 14,5 35,5 5,4 0,9 2,8 1,8 0,3 1,1 Mil et sorgho 37,1 6,8 29,5 Produits dérivés du blé 1,0 2,9 1,5 1,7 4,1 3,0 0,2 0,3 0,2 1,2 3,8 1,7 5,3 8,9 7,4 0,8 3,1 1,9 Racines et tubercules 0,4 0,7 0,4 1,0 3,0 1,9 0,8 1,2 0,8 1,6 2,6 2,2 Riz 6,6 13,8 8,4 19,2 18,1 18,6 17,3 20,3 18,6 7,2 18,5 9,6 19,7 12,0 15,2 6,6 6,5 6,5 Sorgho 7,6 3,2 5,7 9,0 1,9 7,5 3,1 0,4 1,8 Total produit de base 51,1 33,8 46,7 48,9 36,9 42,5 51,0 44,6 48,3 65,5 52,7 62,7 32,0 24,4 27,6 42,7 26,9 35,1 R=rural, U=urbain, N=national. 27
II.3.2 Cas des autres produits alimentaires (produits animaux, fruits et légumes ) Les produits animaux occupent la deuxième position dans tous les pays. Leur part dans les ressources consacrées à l alimentation varie entre 12% au Niger et 27,1% au Sénégal. Elle est plus élevée en milieu urbain avec des écarts par rapport au niveau national pouvant aller de 2,1 points au Burkina Faso à 5,7 points au Sénégal. Cet écart devient négatif pour le milieu rural. Il est en moyenne de -2,8 points et varie entre -0,6 point au Niger et -7,8 points au Sénégal. Les fruits et légumes occupent la troisième place dans les dépenses alimentaires. Leur poids dépasse 10% au Sénégal (10,1%), au Togo (13,5%) et en Côte d Ivoire (15%). Il est relativement faible dans les pays sahéliens sans littoral à savoir le Burkina Faso (8,4%), au Mali (7,2%) et au Niger (4,8%). Comme on pouvait s y attendre, les urbains consomment plus de fruits et légumes par rapport aux ruraux dans les tous les pays à l exception du Mali. Enfin, les achats en huiles alimentaires et oléagineux ferment la boucle. A l exception du Sénégal où le coefficient budgétaire des huiles et oléagineux est d environ 10%, il se situe en moyenne autour de 5,2% dans le reste des pays. Il est même en deçà de 5% au Mali et au Niger. On n observe pas aussi une différence notoire entre les milieux urbain et rural sur le poids qu occupent les produits lipidiques dans les achats alimentaires (avec toutefois des achats plus importants en milieu urbain du fait du niveau élevé des dépenses alimentaires). Cette faiblesse des achats relatifs en produits lipidiques confirme la sous consommation en lipides que les bilans alimentaires ont révélée. II.3.3 Des dépenses plus diversifiées en milieu urbain A l issu de cette analyse, on peut noter que les dépenses alimentaires des urbains sont plus diversifiées que celles des ruraux. Les premiers consacrent plus de ressources aux autres produits alimentaires (huiles et oléagineux, fruits et légumes, produits animaux) tandis les derniers consacrent principalement leurs ressources destinées à l alimentation aux produits de base. Un indice de concentration des dépenses alimentaires calculé sur les quatre groupes de produit, à savoir, les produits de base, les huiles et oléagineux, les fruits et légumes et les produits animaux laisse percevoir une concentration plus élevée des dépenses alimentaires dans tous les pays à l exception du Sénégal où l indice est le même dans les deux milieux. Cette situation est la résultante de la faiblesse des revenus en milieu rural. En outre, elle 28
montre que le déséquilibre de la diète constatée dans les pays de la sous région serait probablement imputable au milieu rural. Une lecture sur l ensemble des pays montre une forte concentration des dépenses alimentaires au Mali et au Niger aussi bien en milieu rural qu en milieu urbain. Elles sont plus diversifiées au Sénégal, en Côte d Ivoire, au Togo et dans le milieu urbain au Burkina Faso. Figure 12: Indice de concentration des dépenses alimentaires selon le milieu de résidence II.3.4 Profil des dépenses alimentaires selon le niveau de revenu Les ménages des deux premiers quintiles (les quintiles les plus pauvres) consacrent en moyenne 51% de leurs dépenses alimentaires à l achat des produits de base. Cette part avoisine 70% au Niger. Ce n est qu au Sénégal et au Togo qu elle est en dessous de 50% (31,6% et 46,3% respectivement). Une analyse par produit montre que pour ce groupe de ménages, le mil/sorgho représente respectivement 26%, 43% et 56% des dépenses alimentaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Pour cette catégorie de la population, une tension sur les prix du mil/sorgho due à l insuffisance de l offre, risque de la précipiter dans une situation alimentaire difficile. Les filets de sécurité alimentaire dans ces pays devront mettre l accent sur ces céréales locales. En Côte d Ivoire, les ressources destinées à l alimentation des plus pauvres vont majoritairement à l achat du riz (22,1%), au manioc (9,4%) et à l igname (9,2%). Au Sénégal, c est le riz et les produits dérivés du blé qui dominent dans les dépenses alimentaires des plus pauvres. Enfin, avec 17% de coefficient budgétaire, le maïs est le produit le plus consommé par les plus défavorisés au Togo. 29
Tableau 4: Structures des dépenses en produits de base des ménages les plus pauvres Produit Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo Banane plantain 2,9% Haricot/niébé 1,5% 4,6% Igname 9,2% 4,7% Légumineuse 4,8% Mais 6,4% 7,2% 5,5% 4,1% 17,0% Manioc 9,4% 5,2% Mil 18,2% 46,9% 3,7% 3,3% Mil et sorgho 43,3% Produits dérivés du blé 0,6% 1,4% 0,1% 0,5% 8,2% 0,3% Racines et tubercules 0,2% 0,9% 0,8% 1,8% Riz 5,1% 22,1% 14,4% 5,5% 17,9% 6,1% Sorgho 8,0% 9,2% 5,0% Total produit de base 55,6% 52,3% 51,9% 68,2% 31,6% 46,3% Les couches les plus aisées consacrent une part relativement moins importante à l achat des produits de base. Tandis que les ménages les plus pauvres (les deux premiers quintiles) consacrent plus de 50% de leurs dépenses alimentaires aux produits de base, les plus riches (le dernier quintile) y consacrent 37% en moyenne. Les dépenses alimentaires des couches riches sont plus diversifiées. Ils consacrent plus de ressources pour la satisfaction de leurs besoins en produits animaux et en fruits et légumes. L indice de concentration des dépenses alimentaires calculé sur les quatre groupes de produit, à savoir, les produits de base, les huiles et oléagineux, les fruits et légumes et les produits animaux montre une concentration plus grande des dépenses alimentaires pour les couches sociales les plus pauvres. Une comparaison entre les pays révèle quelque soit le niveau de revenu, les dépenses alimentaires sont plus diversifiées au Sénégal, en Côte d Ivoire et au Togo tandis qu elles sont concentrées au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Figure 13: Indice de concentration des dépenses alimentaires selon le niveau de revenu 30
II.4 Etat des lieux des changements de la structure des dépenses alimentaires Quatre des six pays disposent d enquêtes menées dans les années quatre vingt-dix et deux mille. Ces pays sont le Burkina Faso, la Côte d ivoire, le Mali et le Sénégal. Les enquêtes au ont été réalisées en 1994 et 2003 au Burkina Faso, en 1993 et en 2008 en Côte d ivoire, en 1989 et en 2006 au Mali, en 1994 et en 2002 au Sénégal. L analyse qui sera faite dans ce paragraphe permet d apprécier les changements de poids des différentes denrées dans les dépenses alimentaires. Lorsque le poids d un produit augmente entre deux enquêtes, cela montre tout simplement que la dépense pour ce produit a cru plus vite que les dépenses totales alimentaires. Une diminution de poids est la résultante d une augmentation moins importante de la dépense du produit par rapport aux dépenses alimentaires. Ainsi, le poids d une denrée peut diminuer pendant sa dépense a augmenté. Ainsi, ces changements de structure n indiquent par forcement le sens de l évolution de la consommation effective de ces produits alimentaires. L examen de la dynamique de la consommation réelle fera l objet de la partie suivante. II.4.1 Cas du milieu urbain Lorsqu on examine la structure des dépenses en produits de base en milieu urbain, on constate une hausse de la part du riz au Mali (+4 points), en Côte d ivoire (+8 points) et une baisse au Sénégal (-3 points). Les dépenses en riz ont augmenté plus vite que les dépenses alimentaires dans les pays où la part du riz a augmenté. Pour les produits dérivés du blé, leur part a baissé fortement en Côte d Ivoire et au Mali du fait de la baisse du niveau des dépenses consacrées à ces produits. Toutefois les importations par tête ont connue une hausse dans ces pays, traduisant une hausse de la consommation du blé dans ces pays. Ces contradictions peuvent être le fait d une sous-évaluation du poste «produits dérivés du blé» au cours des dernières enquêtes. Au Sénégal, la part du blé a baissé légèrement de 1 point entre 1994 et 2002 malgré la hausse des dépenses. Elle a augmenté légèrement de 0,4 point au Burkina Faso. Les dépenses en maïs ont augmenté plus vite que l ensemble des dépenses alimentaires au Burkina Faso et au Mali. Son poids a augmenté au Burkina Faso (de 6,6% à 9,6%) et au Mali (1,6 à 2,6%). Il a toutefois baissé légèrement en Côte d Ivoire (-0,5 point). Parmi les produits ayant «conquis du terrain» dans le budget des ménages urbains figurent aussi les légumineuses et les racines et tubercules. La part des légumineuses (haricot sec principalement) a presque doublé au Mali (en passant de 4,7% à 8,4%). Les racines et tubercules ont vu leur poids augmenter de 1,3 points au Mali et 0,4 point au Sénégal. Pour ces pays sahéliens à régime alimentaire basé sur les céréales, cette hausse de la part des racines et 31
tubercules dans les dépenses alimentaires traduit un effort de diversification de la consommation. Le mil et le sorgho perdent du terrain en milieu urbain dans les pays ayant une tradition dans la consommation de ces produits. Le poids du mil/sorgho a baissé de 3,1 points au Burkina Faso. Celui du sorgho a diminué de 2,2 points au Mali. Au Sénégal, la part du mil en milieu urbain est restée toutefois stable. En ce qui concerne les produits animaux, leur part a augmenté dans tous les pays à l exception du Mali. Au Burkina Faso, elle est passée de 11,8% à 15,6%. Cette évolution est imputable à la hausse du poids de la viande et du poisson. En Côte d Ivoire, la hausse de la part des produits animaux de 8 points est due à l augmentation de celle des poissons et fruits de mer (de 3,2% en 1993 à 11,5% en 2008). Au Sénégal, c est plutôt les dépenses en viande qui connaissent une forte progression entre 1994 et 2002. Leur part est passée de 10,4% en 1994 à 17% en 2002. Pour les fruits et légumes, leur poids a progressé de 2 points au Burkina Faso et a presque doublé en Côte d Ivoire. Toutefois, au Mali, il a baissé de moitié entre 1989 et 2006 du fait de la baisse de leurs dépenses. Tableau 5: Evolution de la structure des dépenses en produits de base en milieu urbain Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo Produit 1990s 2000s 1990s 2000s 1990s 2000s 2000s 1990s 2000s 2000s Banane plantain 2,3% 2,6% Haricot/niébé 2,0% 2,4% Igname 2,6% 3,3% 4,0% Légumineuse 4,7% 8,4% Mais 6,6% 9,6% 2,7% 2,2% 1,6% 2,6% 10,8% 6,6% Manioc 2,8% 6,6% 3,7% Mil 6,4% 6,7% 14,5% 1,1% 0,9% 0,3% Mil et sorgho 9,9% 6,8% Produits dérivés du blé 2,5% 2,9% 17,2% 4,1% 1,9% 0,3% 3,8% 10,1% 8,9% 3,1% Racines et tubercules 1,7% 0,7% 1,7% 3,0% 1,2% 2,2% 2,6% Riz 13,7% 13,8% 10,4% 18,1% 16,0% 20,3% 18,5% 15,3% 12,0% 6,5% Sorgho 5,4% 3,2% 1,9% 0,4% Total produits de base 34,4% 33,8% 37,9% 36,9% 37,7% 44,6% 52,7% 28,7% 24,4% 26,9% Pour les huiles alimentaires et oléagineux, leur part est resté quasiment stable au Burkina Faso et au Mali. Elle a progressé d environ 2 points en Côte d ivoire et a régressé de 2,6 points au Sénégal. 32
Tableau 6: Evolution de la structure des dépenses des autres produits alimentaires en milieu urbain Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Sénégal Produit 1990s 2000s 1990s 2000s 1990s 2000s 1990s 2000s Fruits et légumes 7,8% 10,0% 8,8% 16,8% 12,8% 5,8% 11,3% 11,6% Huiles et oléagineux 7,0% 6,7% 4,8% 6,6% 4,4% 4,9% 10,5% 7,9% Lait et produits laitiers 1,3% 1,3% 1,3% 2,0% 3,1% 4,5% 4,6% 5,4% Poisson et fruits de mer 4,0% 5,4% 3,2% 11,5% 6,0% 5,3% 10,5% 10,4% Viande 6,5% 8,9% 10,8% 10,1% 15,1% 13,0% 10,4% 17,0% Produits animaux 11,8% 15,6% 15,2% 23,5% 24,2% 22,8% 25,5% 32,8% II.4.2 Cas du milieu rural Le principal résultat qui ressort de l analyse de la dynamique de la structure des dépenses alimentaires en milieu rural est que les produits traditionnellement consommés perdent du terrain au profit de «nouvelles denrées». La part du mil et du sorgho a baissé de : 2 points au Burkina Faso, 6 points au Mali, 7,4 points au Sénégal. Celles de l igname et du maïs ont baissé respectivement 2,3 et 1,4 points en Côte d Ivoire. Cependant la part du riz a progressé de 3,7 points en Côte d Ivoire, 8,1 points au Mali et 2 points au Sénégal. Elle est restée quasiment stable au Burkina Faso. A l instar du milieu urbain, le poids du blé a chuté de façon drastique en milieu rural en Côte d Ivoire (en passant de 11,2% à 1,7%) traduisant ainsi une baisse de la consommation du blé dans ce pays. Toutefois, ce résultat est contredit par la hausse des importations par tête. Au Sénégal, comme en milieu urbain, on note également une hausse de la part du blé dans les achats alimentaires en milieu rural. On peut ajouter aussi que la légère hausse de la part du maïs au Burkina Faso (+0,6 point) et au Mali (+ 0,7 point) confirme la tendance à la hausse de la consommation de cette denrée constatée en milieu urbain. Il est à noter que l augmentation du poids du riz et du maïs en milieu rural au Mali s est faite aussi au détriment de l haricot sec dont la part a baissé de 4 points entre 1989 et 2006. Du fait de la hausse de sa demande dans les centres urbains, cette spéculation prend de plus en plus la forme d une culture rente, au détriment de l autoconsommation. Toutefois, au vu de son importance en protéines végétales, l intensification de sa production doit être promue pour éviter une éviction de sa consommation chez les ruraux au profit de la demande urbaine. 33
Tableau 7: Evolution de la structure des dépenses en produits de base en milieu rural Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Sénégal Produit 1990s 2000s 1990s 2000s 1990s 2000s 1990s 2000s Banane plantain 6,0% 3,4% Igname 12,0% 9,7% Légumineuse 8,5% 4,4% Mais 5,3% 5,9% 6,7% 5,3% 4,2% 4,9% Manioc 9,9% 9,6% Mil 17,8% 15,6% 12,8% 5,4% Mil et sorgho 38,9% 37,1% Produits dérivés du blé 1,3% 1,0% 11,2% 1,7% 0,5% 0,2% 3,1% 5,3% Racines et tubercules 0,9% 0,4% 0,9% 1,0% 1,0% 1,6% Riz 6,5% 6,6% 15,5% 19,2% 9,2% 17,3% 17,7% 19,7% Sorgho 11,4% 7,6% Total produits de base 52,8% 51,1% 61,4% 48,9% 52,5% 51,0% 34,6% 32,0% Les dépenses en produits animaux ont augmenté plus vite que l ensemble des dépenses dans tous les pays. L augmentation de leur part a été d en moyenne 2,2 points au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. Elle a atteint 12,7 points en Côte d Ivoire du fait de la forte progression du poids des poissons et fruits de mer (9,7 points). Le poids des fruits et légumes a progressé de 3,6 points au Burkina Faso, 2,4 points en Côte d Ivoire et 1,7 points au Sénégal. Il a toutefois baissé de 3,3 points au Mali. Celui des huiles alimentaires et oléagineux a augmenté aussi d en moyenne 1,4 points de pourcentage à l exception du Burkina Faso où il a baissé de 1,3 points. Tableau 8: Evolution de la structure des dépenses des autres produits alimentaires en milieu rural Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Sénégal Produit 1990s 2000s 1990s 2000s 1990s 2000s 1990s 2000s Fruits et légumes 4,3% 7,9% 9,5% 12,9% 11,6% 8,2% 6,3% 8,0% Huiles et oléagineux 6,1% 4,9% 6,0% 7,1% 2,7% 3,8% 9,1% 11,0% Lait et produits laitiers 1,5% 0,9% 0,5% 0,6% 3,3% 4,0% 3,8% 2,3% Poisson et fruits de mer 3,2% 3,2% 1,1% 10,8% 5,6% 5,5% 5,5% 8,2% Viande 5,7% 8,8% 4,1% 7,0% 6,9% 7,5% 7,0% 8,8% Produits animaux 10,4% 12,9% 5,7% 18,4% 15,9% 16,9% 16,3% 19,3% 34
III. DYNAMIQUE DE LA CONSOMMATION REELLE Les changements intervenus dans la structure des dépenses alimentaires au cours des vingt dernières années ont été analysés dans le chapitre précédent. Outre le fait que c est quatre pays sur les sept où l étude a été menée, qui disposaient de données sur les dépenses des ménages durant les décennies 1990 et 2000, les modifications de la structure des dépenses alimentaires ne permettent pas de conclure aux changements des habitudes de consommation. Les changements de la structure des dépenses peuvent être le fait d une modification des prix relatifs des denrées alimentaires sans qu il y ait eu de variation du niveau de consommation effective. Ce chapitre tentera de pallier aux insuffisances relevées en essayant de cerner la dynamique de la consommation effective des différents produits alimentaires au cours des vingt dernières années. Compte tenu de la non disponibilité des bilans alimentaires sur une période suffisamment longue (les séries de bilan alimentaires les plus longues commencent en 2001), nous avons estimé la consommation des produits à partir des données sur la production, les importations et les exportations. L absence des données sur les stocks n influencent pas les estimations compte tenu de l annulation de leurs effets sur des analyses dynamiques. Aussi, l évolution des dépenses nominales des produits sera confrontée avec le niveau d inflation pour déceler la dynamique réelle de la demande des différents biens alimentaires. III.1 Evolution de la consommation des produits céréaliers Les céréales constituent l alimentation de base dans les pays de la région. Dans les pays sahéliens, les bilans alimentaires de ces dernières années montrent qu elles contribuent en moyenne pour 63% de la consommation calorifique dans les pays sahéliens et pour 30% dans les pays côtiers. Globalement, la consommation céréalière a augmenté de façon régulière dans la sous-région au cours des quinze dernières années. Sa consommation par tête a augmenté de 4% au Togo à 32% au Bénin entre les périodes 1995-1999 et 2005-2008. La hausse a été de 20% au Sénégal, 18.6% au Mali et 11.6% au Burkina Faso. Toutefois, en Côte d Ivoire, elle a stagné autour d une moyenne de 104 kg/tête. Comme nous le verrons dans les paragraphes ci-dessous, cette hausse de la consommation céréalière est imputable à la l augmentation de la consommation du riz, du maïs et des produits dérivés du blé. 35
Tableau 9: Evolution de la consommation céréalière par tête (en Kg) Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1995-1999 126 195 104 179 210 164 126 2000-2004 133 207 102 185 228 190 128 2005-2008 167 218 104 212 227 196 131 2009 170 261 132 231 284 203 III.1.1 Cas du maїs La consommation du mais a augmenté au Benin, au Burkina Faso, au Mali et au Togo au cours de ces vingt dernières années. Le taux d accroissement moyen annuel de la consommation par tête a été de 1.5% au Benin, 1.2% au Togo sur la période 1990-2009, de 5% au Burkina Faso et 3.3% au Mali sur la période 1994-2009. Cette hausse de la consommation est imputable à la hausse de la production dans ces pays (ces pays sont globalement autosuffisants). Et cette augmentation de la production a été favorisée par l explosion de la production du coton après la dévaluation du FCFA intervenu en 1994; le maïs ayant indirectement bénéficié des effets de la rotation entre ce dernier et du coton et aussi de l utilisation des fertilisants destinés au coton. En Cote d Ivoire, elle a stagné autour d une moyenne de 30 Kg/tête. Au Niger et au Sénégal où la production reste faible, il est difficile de dégager une tendance de la consommation du maїs. Nous notons toutefois une hausse des importations 8 de maïs au Sénégal au cours de ces dernières années. L évolution des dépenses en maïs montre une hausse plus importante de sa consommation en milieu urbain au Mali et une évolution similaire au Burkina Faso. En effet, entre 1994 et 2003, les dépenses par tête au Burkina Faso ont augmenté de 128% en milieu urbain contre 124% en milieu rural ; l inflation ayant été d environ 71%. Au Mali, entre 1989 et 2006, elles ont augmenté de 172% en milieu urbain contre 67% en milieu rural ; l inflation ayant été de 73% environ. Tableau 10: Evolution de la consommation par tête du maïs (en Kg) Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1990-94 67.3 31.3 6.1 62.6 1995-99 77.5 26.1 30.8 25.4 14.8 11.3 64.6 8 Nous n avons d informations sur l utilisation de ces importations. Il est probable qu elle soit destinée à l aviculture moderne en expansion. Des investigations plus poussées seront nécessaires pour l explication de la hausse des importations. 36
2000-04 84.4 35.3 29.0 25.0 9.9 17.2 74.5 2005-08 83.7 39.5 29.2 37.8 4.6 28.7 70.6 Le maïs occupe une place de plus en plus importante dans les pays sahéliens. Sa part dans les céréales a augmenté entre les périodes 1995-1999 et 2005-2008 au Burkina Faso (de 13 à 18%), au Mali (de 14 à 18%) et au Sénégal (de 7 à 15%). Bien que sa consommation ait augmenté au Bénin et au Togo, sa part a baissé du fait de la forte progression des importations par tête du riz au Bénin 9 et du blé au Togo. En Côte d Ivoire, sa part a stagné autour d une moyenne de 28%. Tableau 11: Evolution de la part du maïs dans les céréales (en Kg) Burkina Côte Période Bénin Faso d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1995-1999 61,4% 13,3% 29,5% 14,2% 7,1% 6,9% 51,2% 2000-2004 63,4% 17,1% 28,4% 13,5% 4,3% 9,0% 58,1% 2005-2008 50,0% 18,1% 28,0% 17,8% 2,0% 14,6% 53,8% III.1.2 Cas du riz Le riz est rentré solidement dans les habitudes alimentaires des ménages de la région. La hausse de sa consommation au cours des vingt dernières années est quasi régulière dans la plupart des pays de la région. Entre le début des années quatre vingt dix et la fin des années deux mille, elle a augmenté de 109% au Burkina Faso, 92% au Mali. Au Togo, entre 1994 et 2007, la consommation du riz par tête a été de 73%. Au Benin, elle a été multipliée par 5 entre 1998 et 2008 (en passant de 16 à 80 kg). Toutefois, cette forte augmentation de la consommation apparente liée à l augmentation des importations peut être expliquée par la réexportation vers le Nigeria. En Côte d Ivoire, elle a progressé de 23% entre les périodes 1995-1999 et 2005-2008. Toutefois, au Sénégal, la consommation du riz par tête a baissé de 10 kg entre le début et la fin des années 2000. Tableau 12: Evolution de la consommation par tête du riz (en Kg) Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1990-94 11.9 28.7 7.9 62.0 10.9 1995-99 14.5 10 14.2 53.0 37.4 10.4 57.6 17.0 2000-04 22.1 18.1 59.6 50.5 15.7 69.0 15.2 9 Cette forte augmentation des importations du riz est imputable certainement à la réexportation vers le Nigeria 10 Année 1998 uniquement 37
2005-08 64.8 24.8 65.4 55.1 17.0 58.6 19.5 11 Cette augmentation de la consommation a induit une hausse de la part du riz dans les céréales. Entre les périodes 1995-1999 et 2005-2009, elle est passée de 7.3% à 11.4% au Burkina Faso, de 51 à 63% en Côte d Ivoire, de 21 à 26% au Mali, de 5 à 7.5% au Niger et de 13.5 à 15% au Togo. Au Sénégal, elle a baissé de 5 points en passant de 35% à 30%. Tableau 13: Evolution de la part du riz dans la consommation céréalière Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Senegal Togo 1995-1999 12% 7.3% 51% 20.9% 5.0% 35.2% 13.5% 2000-2004 17% 8.7% 58% 27.3% 6.9% 36.3% 11.9% 2005-2008 39% 11.4% 63% 25.9% 7.5% 29.9% 14.9% Cette modification des habitudes alimentaires en faveur du riz a été favorisée par l augmentation des importations. En effet, malgré le potentiel dont dispose la région pour la production du riz, elle a peu réagi face à l augmentation de la demande. Sur la période 1995-1999, à l exception du Mali où il était de 16.2%, le taux de dépendance aux importations oscillait entre 51% en Côte d ivoire et 85% au Sénégal. A la fin des années 2000 (période 2005-2008), la dépendance aux importations s est accrue dans tous les pays de la sous-région; elle oscille maintenant entre 65% au Togo et 94% au Sénégal. Au Mali, malgré la hausse de la production, le taux de dépendance est passé de 16% à 24% entre 1995-1999 et 2005-2008. Tableau 14: Evolution du taux de dépendance aux importations (transférer tableau en page suivante) Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Senegal Togo 1990-94 75.0% 13.7% 36.8% 79.0% 1995-99 76.3% 65.1% 50.8% 16.2% 64.6% 84.7% 60.2% 2000-04 78.5% 75.4% 62.9% 19.5% 80.3% 85.8% 59.9% 2005-08 93.5% 85.0% 67.4% 24.3% 89.9% 94.3% 65.1% L évolution des dépenses par tête dans montrent une hausse plus importante de la consommation du riz en milieu rural au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. En effet, pendant que l inflation se situait autour de 25% pour le riz importé, la valeur des achats de riz par tête a augmenté de 101% en milieu rural contre 58% en milieu urbain au Burkina Faso entre 1994 et 2003. Au Mali elles ont progressé de 110% en milieu urbain contre 170% en 11 Année 2005 et 2007 seulement 38
milieu rural entre 1989 et 2006. Une tendance similaire est observée au Sénégal entre 1994 et 2003 avec toutefois un écart moindre (augmentation 36% en milieu rural contre 26% en milieu urbain. En Côte d Ivoire, la consommation du riz a plutôt plus augmenté en milieu urbain par rapport au milieu rural. Tableau 15: Evolution des dépenses par tête en riz Milieu BFA 94-03 CI 93-02 CI 02-08 Mali 89-06 SN 94-02 Urbain 58.3% 119.1% 18.2% 110.3% 25.9% Rural 100.7% 76.8% -9.6% 169.5% 36.3% National 88.9% 92.3% 3.0% 148.1% 32.8% Inflation riz local 41.1% 38.9% 51.8% Inflation riz imp 24.7% 28.4% 61.6% 43.6% 13.0% III.I.3 Cas des produits dérivés du blé A l exception du Bénin et du Niger, la consommation des produits dérivés du Blé a augmenté dans les pays de la sous-région. Cette hausse oscille entre 5 1% au Burkina Faso et 125% au Togo entre les périodes 1990-1994 et 2005-2008. En Côte d Ivoire, elle a augmenté légèrement de 8% entre la fin des années quatre vingt dix et deux mille. Cette hausse a induit une légère hausse de la part du blé dans la consommation céréalière dans ces pays. Cette modification des habitudes alimentaires serait le fait de la croissance des urbains qui associent le pain à certains de leurs plats. En outre, la consommation des produits dérivés du blé est favorisée par la hausse de consommation hors ménage qui prend de l importance dans les villes. Tableau 16: Evolution de la consommation par tête des produits dérivés du blé (en Kg) (transférer tableau en page suivante) Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1990-94 3.6 4.6 6.7 18.5 5.4 1995-99 6.4 4.0 15.9 6.9 2.7 20.9 10.1 2000-04 5.5 3.8 17.2 5.8 4.5 26.5 15.0 2005-08 3.4 5.5 17.2 9.0 2.9 30.6 12.1 Cette augmentation de la consommation a induit une légère hausse de la part du blé dans la plupart des pays de la région. A l exception du Bénin où il a baissé, le poids des produits dérivés du blé a progressé dans une fourchette allant de 0.4 point au Mali à 2.8 points au Sénégal. 39
Tableau 17: Evolution de la part des produits dérivés du blé dans les céréales Burkina Côte Période Bénin Faso d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1995-1999 5,1% 2,0% 15,3% 3,8% 1,3% 12,8% 8,0% 2000-2004 4,2% 1,8% 16,8% 3,1% 2,0% 13,9% 11,7% 2005-2008 2,0% 2,5% 16,6% 4,3% 1,3% 15,6% 9,2% 2009 2,7% 2,6% 17,4% 2,6% 1,1% 16,5% III.1.4 Cas du mil/sorgho L analyse de la consommation par tête du mil et du sorgho révèle une tendance à la baisse dans la plupart des pays de la région. Sur la période 1990-2009, elle a régressé de 1.1% au Benin, 1.6% au Togo et 2.7% au Sénégal. Au Burkina Faso 12 et au Mali, elle est passée respectivement d une moyenne de 167 et de 130 kg/tête en 1990-1994 à 153 et 113 kg sur la période 2005-2009. Toutefois, elle a connu une progression moyenne de 2% au Niger sur la période 1990-2009. L évolution des dépenses monétaires consacrées à l achat du mil/sorgho montre une baisse plus importante de sa consommation en milieu rural par rapport au milieu urbain au Mali (entre 1989 et 2006) et au Sénégal (entre 1994 et 2002). Au Burkina Faso, les enquêtes réalisées en 1994 et 2003 montrent une hausse de la demande en mil/sorgho au milieu rural et une forte baisse en milieu urbain. Il est fort probable que la stagnation de la consommation de ces céréales locales sur la période au Burkina soit imputable à la baisse de la consommation en milieu urbain. Tableau 18: Evolution de la consommation par tête du mil/sorgho (en Kg) Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1990-94 20.1 3.9 179.9 78.0 41.0 1995-99 18.5 151.3 3.8 109.7 182.2 68.6 35.3 2000-04 21.9 150.2 4.0 104.0 198.8 66.5 30.2 2005-09 16.1 148.2 3.2 110.5 202.5 48.9 32.4 Cette baisse de la consommation du mil/sorgho a induit une régression de sa part dans les céréales. Au Burkina Faso, la part du mil/sorgho est passée de 77.5% en 1995-1999 à 68% en 2005-2008 soit une baisse de 10 points. La même tendance est observée au Mali et au 12 Pour le Burkina Faso, on peut observer tout de même une stagnation de la consommation autour de 150 Kg par tête sur la période 1995-2009 40
Sénégal où elle a baissé respectivement de 61 à 52% et de 42 à 25%. Toutefois, au Niger, elle a progressé légèrement de 87% à 89%. Tableau 19: Evolution de la part du mil/sorgho dans les céréales Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1995-1999 14,7% 77,5% 3,7% 61,2% 86,8% 41,9% 27,9% 2000-2004 16,4% 72,6% 3,9% 56,2% 87,0% 35,0% 23,5% 2005-2008 9,6% 68,0% 3,0% 52,0% 89,2% 24,9% 24,7% 2009 9,3% 66,5% 2,9% 53,6% 91,4% 30,4% III.1.5 Synthèse sur l évolution de la consommation céréalière Globalement, le niveau de la consommation céréalière s est amélioré au cours des vingt dernières années dans la sous-région. Cela est imputable à l accroissement de la consommation du riz, du maïs et des produits dérivés du blé. Les céréales traditionnelles (mil et sorgho) perdent du terrain dans tous les pays à l exception du Niger. La hausse de la consommation du riz a été plus importante en milieu rural au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. Au Burkina Faso et au Mali, ce sont les urbains qui ont le plus augmenté leur demande de maïs. En somme la consommation céréalière de la sous-région s oriente de plus en plus vers les produits échangeables sur le marché international. Cela expose les consommateurs aux fluctuations des prix mondiaux et représente un risque pour les filières locales. L accroissement des investissements agricoles est indispensable pour le renforcement de la compétitivité-prix des filières locales. Sans cela, elles disparaitront progressivement au profit des importations sur le marché international. III.2 Evolution de la consommation des racines/tubercules Les tubercules et racines font partie de l alimentation de base des pays côtiers de la région. On note tendance à la hausse des disponibilités par tête de manioc et d igname au Bénin et en Côte d Ivoire du fait de la hausse de la production. Elle a augmenté de moitié entre les périodes 1990-1994 et 2000-2004 au Bénin avant de baisser de 10% sur la période 2005-2008. Les programmes de relance de la production de manioc initiés au début des années 2000 expliquent cette augmentation de la production. Une augmentation régulière des disponibilités par tête de racines et tubercules a été observée en Côte d Ivoire au cours des vingt dernières années. Au Togo, on assiste à une diminution de la consommation apparente 41
des racines au Togo à partir de la seconde moitié des années quatre vingt dix. Cette baisse est compensée par la hausse de la consommation du maïs. Dans les pays sahéliens, une tendance à la hausse de la consommation des racines est constatée aussi. Cela résulte des efforts de diversification de la production dans ces pays pour la réduction des risques d insécurité alimentaire. Tableau 20: Evolution de la consommation par tête des racines et tubercules (en Kg) Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1990-94 345.5 4.9 296.4 1.2 8.7 5.2 186.2 1995-99 397.4 4.6 319.7 1.3 12.6 5.3 211.0 2000-04 520.0 5.3 325.7 5.0 12.0 11.0 201.6 2005-08 469.8 6.3 341.1 10.5 13.9 21.0 183.9 III.3 Evolution de la consommation des produits animaux III.3.1 Cas des produits laitiers Les pays sahéliens de la région de l Afrique possèdent un potentiel important pour la production du lait. En effet, en 2007, l effectif du cheptel de bœufs était d environ 8 millions au Burkina Faso, au Mali et au Niger, 3.2 millions au Sénégal et 1.8 millions au Bénin. D après les estimations en 2007, cet important potentiel permet la production de lait de vache d environ 1,5 million de tonnes au Mali, 800 000 tonnes au Niger, 300 000 tonnes au Burkina Faso et 150 000 tonnes au Sénégal. Ce qui équivaut à une production par tête en litres de 110 au Mali, 52 au Niger, 20 au Burkina Faso et 10 au Sénégal et au Bénin. La Côte d Ivoire et le Togo disposent d un faible potentiel dans Malgré cette production, la région demeure tributaire des importations de produits laitiers. Cette situation s explique par la faible transformation d une production saisonnière qui ne permet pas de couvrir les besoins de consommation (qui eux sont permanents) des populations urbaines. En 2008, les importations nettes (importations exportations) de produits laitiers de la sous-région 13 étaient d environ 115 000 tonnes soient une valeur de 145 milliards de FCFA. On observe une évolution erratique des importations nettes par tête au Bénin, au Burkina Faso, en Côte d Ivoire. En Côte d Ivoire, après avoir baissé de façon continue 1995 à 2002, elles ont augmenté au cours de ces dernières mais leur niveau reste inferieur à celui des 13 Il s agit du Bénin, Burkina Faso, de la Côte d Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo 42
années 1995. Une évolution similaire est observée au Burkina Faso. Elles ont baissé à partir 1998 jusqu en 2002 suivie d une hausse ces dernières pour atteindre le niveau des années 1998. Pour le Bénin, elles ont fluctué autour d une moyenne de 1,7 kg sur la période 1998-2008. Au Sénégal, une tendance à la hausse est observée à partir de 2001. Nous notons une hausse de 60% des importations par tête entre le milieu des années quatre vingt dix et la fin des années 2000 dans ce pays. Une légère hausse est observée aussi au Niger à partir de 2001. De 0,5 kg sur la période 1995-1996, les importations par tête ont attient 0,7 Kg sur la période 2006-2008 soit une augmentation de 26%. Au Mali, elles sont passées de 1,4 kg en 1997-1999 à 0.7 kg en 2006-2008 soit une baisse de 50%. Figure 14: Evolution des importations nettes par tête de produits laitiers Une analyse des dépenses par tête en produits laitiers une hausse de la consommation des produits laitiers en milieu urbain au Burkina Faso (entre 1994 et 2003), en Côte d Ivoire (entre 2002 et 2008), au Mali (entre 1989 et 2006) et au Sénégal (entre 1994 et 2002). En effet l accroissement des dépenses nominales en produits laitiers a été supérieur à l inflation des prix du lait local et des produits laitiers importés. Toutefois, il serait un hasardé de vouloir déduire la hausse exacte de la consommation à partir de cette analyse compte de la sensibilité d une telle estimation aux prix. Notons toutefois une baisse de la consommation du lait aussi bien en milieu urbain qu en milieu rural entre 1993 et 2002. Cela est confirmé par la baisse des importations nettes par tête (-66% entre 1995 et 2002). Au Burkina Faso, les importées par tête ont baissé de 40% entre 1994 et 2003 tandis que les dépenses réelles consacrées aux produits laitiers ont eux augmentés. Quand on sait que les importations sont 43
destinées principalement au milieu urbain, une telle situation ne pourrait s expliquer que par une hausse de l offre locale à l endroit du milieu urbain. Toutefois, nous n avons pas de données pour apprécier l évolution de l offre locale. En milieu rural, la consommation des produits laitiers importés est probablement faible à cause de la faiblesse de leur pouvoir d achat. Ainsi le prix du lait local parait indiquer pour l appréciation des dépenses réelles. Cependant les prix dont nous disposons ont été observés dans les capitales et rien ne nous indique que les marchés ruraux de lait local (qui sont peu développés) sont intégrés avec ceux du milieu urbain pour qu on puisse déduire l évolution des prix en milieu rural à partir de celle du milieu urbain. En somme, la consommation des produits laitiers a augmenté en milieu urbain au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Sénégal, en Côte d Ivoire entre 2002 et 2008 après avoir baissé entre 1993 et 2002, La faiblesse de la qualité des statistiques sur les productions locales de lait ne permet pas d apprécier l évolution de la consommation en milieu rural. Tableau 21: Evolution des dépenses par tête des produits laitiers Milieu BFA 94-03 CI 93-02 CI 02-08 Mali 89-06 SN 94-02 Urbain 60.5% 22.9% 92.2% 137.0% 94.0% Rural 24.8% 12.1% 37.4% 72.4% -24.8% National 36.5% 21.5% 81.0% 99.7% 44.4% Inflation lait local 30.9% 43.3% 28.1% Inflation lait importé 14.8% 118.6% 27.3% 125.7% 0.6% III.3.2 Cas du poisson D après le rapport mondial de la FAO sur la situation de la pêche et de l aquaculture, la consommation moyenne par tête de poisson est de 17 Kg en 2010. Au niveau de la sousrégion, seuls la Cote d Ivoire et le Sénégal atteignent cette moyenne mondiale (en 2007, elle était de 16,7 Kg en Cote d Ivoire et 24,7 au Sénégal). Pour les autres pays, elle oscillait entre 2,5 Kg au Burkina Faso et 10 Kg au Benin au cours de ces dernières années. III.3.2.1 Evolution de la consommation du poisson au Bénin La consommation par tête du poisson a augmenté de 5.2% en moyenne sur la période 1998-2009. Cette hausse de la consommation est imputable à l augmentation des importations nettes (importations exportations) étant donné que la production par tête a connu une baisse 44
moyenne de 4.1% sur la période 1995-2009. En effet, les importations nettes par habitant ont augmenté 14 de 17% en moyenne par an sur la période 1998-2009. III.3.2.2 Evolution de la consommation du poisson au Burkina Faso L arrivée massive du poisson de mer a transformé les habitudes alimentaires des urbains au Burkina Faso. Le prix du chinchard frais est passé de 400 FCFA le Kg à 600 FCFA en 1994 soit une hausse de 50% et se vendait à 600 FCFA en 2003 (soit une hausse de 16.7%). Actuellement, il se situe entre 600 et 800 CFA selon sa disponibilité sur le marché. Cette faiblesse du prix du poisson par rapport à celle de la viande (1500 F CFA le Kg de viande de mouton en 2008-2009) a favorisé la hausse des importations. Les importations nettes de poisson par tête ont été par 8 entre 1994 et 2009. Elles sont passées de 0.3 Kg par tête en 1994 à 2.5 kg en 2009-2010. Si cette hausse des importations permet d augmenter la consommation de protéine animale de la population, elle risque de brider les efforts de relance de la production locale. III.3.2.3 Evolution de la consommation du poisson en Côte d Ivoire Les statistiques disponibles montrent une production quasi constante de 2.5 kg par tête sur la période 2001-2007. Toutefois cette faible production est compensée par des importations massives. Sur la même période, elles ont varié entre 13.6 et 15.3 kg par tête. La dynamique des importations par tête montre une hausse de celle-ci de 2.5% en moyenne par an sur la période 1995-2009. Ce qui de doubler les importations par tête entre 1995 et 2009 (en passant de 9.6 en 1995 à 18 kg en 2009). En analysant, l évolution des dépenses monétaires consacrées à l achat du poisson, on peut constater que ces dernières ont été multipliées par 5 en milieu urbain et par 12 en milieu et 8 au plan national entre 1993 et 2008. Alors que l inflation au cours de la même période s est située autour de 107% pour le poisson fumé et 158% pour le poisson frais/congelé. Ce qui montre que la hausse des importations a induit une hausse de la consommation du poisson en Côte d Ivoire au cours des vingt dernières années. III.3.2.4 Evolution de la consommation du poisson au Mali Le Mali est le deuxième grand producteur de poisson de sous-région après le Sénégal. Toutefois on note une baisse de la consommation du fait de la baisse de la production. La consommation de poisson par tête est passée de 9 Kg en 1993 à 5.5 kg en 2005 soit une 14 Toutefois, la réexportation vers le Nigeria est sous évaluée et les importations destinées à la consommation locale pourrait être moindre. 45
baisse de 66%. La baisse de la production a été faiblement comblée par les importations. Si elles étaient insignifiantes en 1996 (0.1 kg par tête), elles ont atteint 1 kg en 2009 pendant que la production chutait de moitié entre 1993 et 2005. La baisse de l offre a entrainé une hausse des prix entre 1989 et 2006 du poisson fumé de 102% pour le poisson fumé et 117% pour le poisson frais. Du coté des dépenses, nous notons une progression de celles-ci de 45.5% en milieu urbain et 39% en milieu rural pour la même période contre une inflation compris entre 102% et 117%. Ce qui confirme la baisse de la consommation évoquée cidessus. III.3.2.5 Evolution de la consommation du poisson au Sénégal (transférer en page suivante) La consommation de poisson est passée de 46 kg à la fin des années quatre vingt dix à 30 Kg sur la période 2005-2007 soit une baisse de 35%. Sur la période 1996-2007, la baisse a été en moyenne par an de 5%. Cette baisse de la consommation est imputable à la baisse de la production étant donné que le Sénégal est globalement autosuffisant en poisson et exportateur net. L amenuisement des ressources halieutiques de la côte sénégalaise s est accentué ces dernières années du fait de la surpêche. III.3.2.6 Evolution de la consommation du poisson au Togo La consommation de poisson au Togo a baissé de 8% en moyenne par an entre 1994 et 2007. Cette baisse est liée à la baisse des importations par nettes de 19% par an sur la même période même si la production a progressé de 3.4% en moyenne sur la période 1990-2005 (avant de baissé de 13% en 2006 et 22% en 2007). III.4 Cas des viandes En l absence de statistiques fiables sur la production de la viande, il est difficile d apprécier l évolution de la consommation de viande dans la sous-région. Toutefois, l analyse de l évolution des dépenses consacrées à l achat de la viande combinée avec celle de l inflation permet d entrevoir une tendance globale. Au niveau national, la consommation de viande semble diminuer au Mali et en Côte d Ivoire ; l inflation étant supérieure à l augmentation des dépenses par tête dans ces pays. Cette probable baisse de la demande de viande en Côte d Ivoire est comblée par une hausse importante des importations du poisson. Tandis qu au Mali, la consommation du poisson a diminué aussi. Au Sénégal, la baisse de la consommation de poisson est compensée probablement par une hausse de celle de la viande. 46
En effet, entre 1994 et 2002, les dépenses en viande ont évolué de 131% tandis que l inflation a été de 83% pour la même période. Tableau 22 (plutôt figure): Evolution des dépenses par tête de viande Il est important de souligner que les importations extrarégionales de viande/abats et de viande de volaille ont augmenté au cours des quinze dernières années. Alors qu elles étaient insignifiantes dans les années 1995-1996 en Côte d ivoire (300 g environ) et au Sénégal (60 g environ), l importation nette par tête de viande et abats a été multipliée par 10 par 16 respectivement à la fin des années 2000. Une tendance similaire est observée au Bénin pour les importations de la viande de volaille. Elles sont passées de 3 kg en 1998 à 12 Kg par tête en 2009 (avec toutefois, une partie réexportée vers le Nigeria). Les importations de viande de volaille ont explosées au Sénégal entre 1997 et 2005 en passant de 500 à 13000 tonnes avant d être arrêtées en fin 2005 par mesure de précaution sanitaire contre l épizootie de grippe aviaire. Le même scenario est observé en Cote d Ivoire où les importations extra-regionales de viande de volaille ont été multipliées par 15 entre 1995 et 2003-2004. Cette extraversion de la demande de ces produits dans ces pays est due aux difficultés diverses qui minent le commerce intra-régional et la forte compétitivité-prix de ces importations. 47
Figure 15: Evolution des importations nettes par tête de viande de volaille (transférer en page suivante) Figure 16: Evolution des importations extra-régionales de viande rouge et abats (transférer en page suivante) 48
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IV. TENDANCES RECENTES DE L OFFRE DES PRINCIPAUX PRODUITS ET NIVEAU D AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE DANS LA SOUS-REGION L alimentation de base dans les pays sahéliens de la région repose principalement sur les céréales (maïs, mil, sorgho et riz). Au cours de ces dernières années (2004-2008) elles ont fourni en moyenne 64% de l énergie calorifique totale consommée. Outre les céréales qui ont contribué en moyenne pour 31% en Côte d ivoire et 48% au Togo à la consommation calorifique, les racines et tubercules occupent un poids important dans l alimentation des côtiers. Leurs parts dans l énergie calorifique consommée étaient de 33% en Côte d Ivoire et 25% au Togo au cours de la période 2004-2008. Hormis ces produits, il convient de souligner le rôle des légumineuses (haricot sec, poids de terre) dans certains pays de la région, notamment au Burkina Faso, au Niger et au Mali. Leurs poids dans l énergie calorifique consommée étaient de 10% au Burkina Faso, 14% au Niger au cours des années 2004-2008. L haricot sec est une source importante de protéines végétales et contribue à réduire le déficit de la consommation des produits animaux pour les couches les plus pauvres. Les huiles alimentaires et les oléagineux, consommés principalement pour leur apport lipidique, fournissent entre 9% (au Niger) et 17% (au Sénégal) des calories. Les produits animaux consommés pour leur apport en protéines, contribuent entre 3,5% (au Togo) et 9,5% (au Niger). Après avoir rappelé brièvement le profil alimentaire de la région de l Afrique de l Ouest, un bref aperçu sur les bassins de production de la région sera faite dans un premier temps. Par la suite, nous examinerons la tendance globale de l offre des produits de base sur la période 1990-2007. Afin d apprécier la réaction de l offre suite à la flambée des prix sur le marché international de 2007/2008, une analyse de la production des principales spéculations de base en 2008 et 2009 sera faite en comparaison avec celles de 2002-2006. Pour l ensemble des produits analysés, nous mettrons en exergue le niveau de couverture de la demande par l offre locale. Enfin, en se servant des bilans alimentaires des dernières années (2004-2007), le niveau de dépendance de la sous-région aux importations des autres produits alimentaires (huiles alimentaires, sucre, viande, poisson, produits laitiers) sera examinée. IV.1 Aperçu sur les bassins de production de la région de l Afrique de l ouest De façon générale, les bassins traditionnels de production céréalière excédentaires ont globalement conservé leur prééminence (middle belt et Nord du Nigeria, Mali et Burkina- Faso). Selon Goura (2010), le volume de la production du maïs a été multiplié par plus de 50
cinq et celui du riz par trois. Outre des gains de productivité obtenus par ces spéculations, on assiste aussi à une extension de leur zone de production. La production du mil en Afrique de l Ouest est restée l apanage des pays sahéliens, notamment du Nord du Nigeria, du Niger, du Burkina-Faso et du Mali. Ce bassin fournissait 69 % en 1980-1990 ; 73% en 1990-2000 et 74,5 % entre 2000 et 2006 de la production régionale du mil. Le bassin de production du sorgho est moins homogène que celui du mil. Deux pays, le Nigeria et le Burkina-Faso constituent les principaux foyers, quasiment dans la même proportion depuis une trentaine d années. Suivent le Mali et le Niger. Ce dernier pays a légèrement amélioré sa position entre 1980 et 2006. Bien que le maïs ait depuis quelques années, conquis les bassins intérieurs de production, notamment les aires traditionnelles de culture du mil et du sorgho, sous l impulsion du coton, cette céréale demeure l apanage des pays côtiers. Deux bassins se dégagent clairement: le Nigeria et un groupe de quatre pays côtiers ; le Bénin, le Togo, la Côte-d Ivoire et le Ghana, qui fournissent entre 83 et 90 % de la production régionale du maïs. La production du riz est moins concentrée que celle des autres céréales, bien que trois bassins se dégagent assez clairement. Le premier bassin est incontestablement le Nigeria qui fournit plus de 40 % de la production régionale. Suit le bassin formé par la Guinée et le Mali qui fournit actuellement environ 30% de l offre régionale. Cette analyse qui suit est divisée en deux sections principales. La première section donne une tendance générale dans la production des principaux produits alimentaires de base produits dans la sous-région. La deuxième section présente une analyse plus détaillée de l'évolution de la production sur la période 2002-2009. Cette dernière section compare les moyennes produites dans la période 02-06 (avant la crise des prix alimentaires) avec le volume de production après la crise, c'est à dire 2007, 2008 et 2009. La section va plus loin pour examiner l'évolution de la production par habitant pour les principaux produits alimentaires de base dans la sous-région. IV.2 Tendance globale de l offre des principales spéculations de base sur la période 1990-2007 Les productions céréalières (maïs, mil, sorgho et riz) et les racines et tubercules (manioc, igname) constituent la base de l alimentation de la population dans la sous-région. Selon les dernières analyses issues de la revue bibliographique (ReSAKSS, 2009), la production des céréales (maïs, mil, sorgho et riz p) à l échelle de la région de l Afrique de l ouest est passée de quelques 28,5 millions de tonnes en 1990 à environ 56,4 millions de tonnes en 2007 soit un 51
taux d accroissement moyen annuel de 3,8%. Cet accroissement repose plus sur les gains en productivité que sur l accroissement des surfaces cultivées. Les rendements céréaliers ont enregistré une hausse moyenne annuelle de 2% pour la région. Cette dynamique de l offre étant supérieure à la croissance démographique qui est de l ordre 2,6% environ, elle a permis de répondre globalement à la demande en produits céréaliers, à l exception du riz où la région demeure fortement tributaire des importations sur le marché international. La région est aussi autosuffisante en racines et tubercules. Elles sont produites essentiellement dans les zones humides et subhumides des pays côtiers. Leur offre a évolué à un rythme de 3,3% par an au cours de la période 1990-2007 (ReSAKSS, 2009). IV.3 Tendance récente de la production des principaux produits de base dans la sousrégion Se référant aux pays pris en compte dans cette étude, le volume de la production a varié d'un pays à l'autre en fonction des conditions géographiques et climatiques. Dans l'ensemble, la production de céréales a augmenté au cours de la période 2002-2009. En termes de volume de production pour chaque pays dans la sous-région et par produits, le Niger arrive en première position dans la production de mil, suivi par le Mali et le Burkina-Faso; le Burkina- Faso vient en première position dans la production de Sorgho, suivi par le Niger et le Mali; le Bénin arrive en première position dans la production de Maïs; le Mali en première position dans la production du riz, suivi par la Côte-d Ivoire; le Bénin arrive en première position dans la production de tubercules et racines, suivi par le Togo; le Sénégal arrive en première position dans la production des arachides, suivi par le Burkina; le Niger arrive en première position dans la production de Niébé/Haricot, suivi par le Burkina; et enfin le Mali vient en première position dans la production de fonio, suivi par le Burkina (voir les graphiques cidessous). Cette section présente une analyse plus approfondie de l'évolution de la production de chacune des principales denrées de base dans la sous-région. La production moyenne, en tonnes pour la période antérieure à la crise des prix alimentaires (02-06) est comparée à celles qui suivent la crise des prix alimentaires (2007,2008 et 2009) et pour chacun des pays de la sous-région. Les changements globaux de la quantité totale produite dans l'ensemble de la sous-région et pour chacun des produits alimentaires de base sont également examinés. Enfin, la croissance par habitant dans la production de chacun des principaux produits de base est également examinée. 52
IV.3.1 Cas du mil La production du mil est restée surtout l apanage des pays sahéliens, notamment du Nord du Nigeria, du Niger, du Burkina-Faso et du Mali (Goura, 2010). Se référant aux pays pris en compte dans cette étude en 2007, le volume de la production a augmenté pour le Niger, le Mali, la Côte-d Ivoire et le Togo par rapport à la moyenne sur la période 2002/2006. En 2008 par rapport à 2007, le volume de la production a augmenté pour tous les pays dans la sousrégion. Cela pourrait refléter certaines des interventions qui ont été menées dans chacun des pays pour stimuler la production nationale et, partant, réduire l'impact de la flambée des prix alimentaires. Pour le Niger, le Bénin, le Mali et le Burkina, le volume de la production en 2009 a diminué par rapport à 2008; sauf le Sénégal, la Côte-d'Ivoire et le Togo qui ont connu une augmentation (Graphique no 9). Le volume total de production dans la sous-région et passe d une moyenne de 5.513.417 tonnes pour la période de production 2002-2006 à 5.461.277 tonnes en 2007, 6.997.731 en 2008 et 5.957.852 tonnes en 2009. Donc, on enregistre une baisse d environ 1% en 2007 par rapport à la moyenne observée sur la période 2002-2006 (Graphique no 10) ; une croissance d environ 28% en 2008 par rapport à 2007 et une baisse d environ 15% en 2009 par rapport à 2008. Nous observons que pour toutes les périodes, près ou plus de 50% de la production totale de mil dans la sous-région est représentée par le Niger (Tableau n 1) Concernant l'évolution de la production par habitant de mil, on observe que pour tous les pays avec une tendance visible, la production par habitant a diminué en 2007 comparativement à la moyenne pour la période 2002-2006. Cependant, en 2008 on observe une augmentation de la production par habitant de mil pour le Niger, le Sénégal, le Burkina-Faso et le Mali. La tendance de la production par habitant pour le Bénin, le Togo et Côte d'ivoire est plus ou moins stable, la raison étant que ces pays ne produisent pas une quantité significative par rapport aux autres pays de la sous-région (Graphique no 11). Par rapport à 2008, en 2009 la production par habitant de mil a diminué pour le Niger, le Mali et le Burkina-Faso, à l'exception du Sénégal où il continue d'augmenter. 53
Tableau 23: Evolution de la production du mil (en tonnes) Niger Sénégal Bénin Burkina- Faso Mali Côted Ivoire Togo TOTAL Moyenne 02-06 2.602.800 633.619 37.145 1.097.573 1.063.380 34.944 43.957 5.513.417 2007 2.781.928 419.526 35.303 966.016 1.175.107 37.941 45.456 5.461.277 2008 3.521.727 678.171 36.282 1.255.189 1.413.908 45.053 47.401 6.997.731 2009 2.677.855 810.121 27.430 970.927 1.376.807 45.567 49.146 5.957.852 IV.3.2 Cas du sorgho Le bassin de production du sorgho est moins homogène que celui du mil (Goura, 2010). Deux pays, le Nigeria et le Burkina-Faso constituent les principaux foyers, quasiment dans la même proportion depuis une trentaine d années. Suivent le Mali et le Niger. Se référant aux pays pris en compte dans cette étude et par rapport à la moyenne observée sur la période 2002/2006, le volume de production de sorgho en 2007 a augmenté pour tous les pays sauf le Sénégal et le Bénin qui ont connu une baisse. En 2008 par rapport à 2007, tous les pays dans la sous-région ont connu une augmentation dans le volume de production de sorgho. En 2009, le niveau de production, par rapport à 2008 a baissé pour tous les pays sauf pour le Mali, la Côte d Ivoire et le Togo. Le volume total de sorgho produit dans la sous-région est passé de 3.410.779 tonnes (moyenne observée sur la période 2002/2006) à 3.845.877 tonnes en 2007, 4.774.082 tonnes en 2008 et 4.020.270 en 2009 (Graphique no 13 et Tableau no 2). Cela représente une croissance d'environ 13% en 2007 par rapport à 2002/2006, une croissance d environ 24% en 2008 par rapport à 2007 et une baisse d'environ 16% en 2009 par rapport à 2008. Concernant l'évolution de la production par habitant de sorgho, on constate qu'il a diminué pour le Burkina-Faso, le Bénin et le Sénégal en 2007 par rapport à la moyenne pour la période 2002-2006, alors que le Niger, le Mali et le Togo ont connu une augmentation dans la même période. La tendance pour la Côte-d'Ivoire dans la même période est plus ou moins stable, ce qui pourrait être le résultat de la faible quantité qu'elle produit par rapport aux autres pays de la sous-région. Cependant, en 2008 on observe une augmentation de la production par habitant de sorgho pour l'ensemble des pays de la sous-région. Par rapport à 2008, en 2009 la 54
production par habitant de Sorgho continue d'augmenter pour le Mali et Togo pendant que le Niger, le Burkina-Faso, le Sénégal et le Bénin ont chacun connu une baisse. La baisse est beaucoup plus prononcée pour le Niger et le Burkina-Faso. Tableau 24: Evolution de la production du sorgho (en tonnes) Niger Sénégal Bénin Burkina- Faso Mali Côted Ivoire Togo Total Moyenne 02-06 780.000 136.308 162.400 1.437.296 686.474 31.998 176.302 3.410.779 2007 975.223 100.704 117.322 1.507.162 900.790 34.379 210.297 3.845.877 2008 1.226.251 251.515 142.016 1.875.046 1.027.202 40.795 211.258 4.774.082 2009 738.661 218.696 123.959 1.521.468 1.138.561 41.260 237.665 4.020.270 IV.3.3 Cas du maïs Bien que le maïs aie depuis quelques années, conquis les bassins intérieurs de production, notamment les aires traditionnelles de culture du mil et du sorgho, sous l impulsion du coton, cette céréale demeure l apanage des pays côtiers (Goura, 2010). Deux bassins se dégagent clairement: le Nigeria et un groupe de quatre pays côtiers ; le Bénin, le Togo, la Côte-d Ivoire et le Ghana. Se référant aux pays pris en compte dans cette étude, en 2007, le volume de production du maïs a augmenté pour le Niger, le Bénin, le Mali et le Togo par rapport à la moyenne observée sur la période 2002/2006. Le Sénégal, le Burkina-Faso et la Côte-d Ivoire ont connu une baisse. En 2008, tous les pays sauf le Niger ont connu une augmentation dans la production du maïs par rapport à 2007. En 2009, pendant que la production du maïs continue à augmenter pour le Bénin, le Mali, la Côte-d Ivoire et le Togo par rapport à 2008, les autres pays ont connu une baisse. Le volume total de maïs produit dans la sous-région est passé d'une moyenne de 3.469.434 tonnes pendant la période 2002/2006 à 3.410.972 tonne en 2007, soit une diminution d environ -2%. Alors qu en 2008, le volume total de production a été de 4.312.358 tonnes, soit une augmentation de 26% par rapport à 2007. Cependant, en 2009, le volume total de maïs produit dans la sous-région a été 5.227.515 tonnes, soit une augmentation de 21% par rapport à 2008. 55
Lorsque nous analysons l'évolution de la production de maïs par habitant dans la sous-région, nous observons que pendant que la production par habitant de maïs a augmenté pour le Bénin, le Togo et le Mali en 2007 par rapport à 2002/2006, le Burkina-Faso, Côte d'ivoire et le Sénégal ont connu une diminution dans la même période. La tendance pour le Niger dans la même période est plus ou moins stable, ce qui pourrait être le résultat de la faible quantité qu'il produit par rapport aux autres pays de la sous-région. En 2008 par rapport à 2007, on observe une augmentation de la production par habitant de maïs pour l'ensemble des pays de la sous-région, à l'exception du Mali qui a vu une diminution de la production de maïs par habitant. Par rapport à 2008, en 2009 la production par habitant de maïs continue d'augmenter pour tous les pays tandis que le Sénégal et le Burkina-Faso connaissent une baisse. Tableau 25: Evolution de la production du maïs (en tonnes) Niger Sénégal Bénin Burkina- Faso Mali Côted Ivoire Togo Total Moyenne 02-06 8.624 292.676 831.461 693.156 524.119 624.724 494.675 3.469.434 2007 19.324 158.266 931.600 533.874 689.918 531.940 546.050 3.410.972 2008 7.968 397.326 978.063 1.013.634 695.073 630.188 590.106 4.312.358 2009 1.389 290.283 1.205.200 894.558 1.546.975 637.372 651.738 5.227.515 IV.3.4 Cas du riz La production du riz est globalement moins concentrée que celle des autres céréales, bien que trois bassins se dégagent assez clairement (Goura, 2010). Le premier bassin est incontestablement le Nigeria qui fournit plus de 40 % de la production régionale. Suit le bassin formé par la Guinée et le Mali qui apparaît, au regard des tendances de la production du riz au cours des trente dernières années, comme celui qui a enregistré les meilleures performances. Ce bassin fournit actuellement environ 30% de l offre régionale. Se référant aux pays pris en compte dans cette étude, en 2007 par rapport à la moyenne sur la période 2002/2006, la quantité de riz produite a baissé pour le Niger, le Sénégal, le Burkina-Faso et la Côte-d Ivoire. Contrairement, le Bénin, le Mali et le Togo ont connu une hausse en quantité produite. La quantité de riz produite à l'unanimité a augmenté pour tous les pays en 2008 par rapport à 2007. Bien qu en 2009 l augmentation du volume produit ait continué pour le Bénin, le Burkina-Faso, le Mali, la Côte d Ivoire et le Togo, le Niger et le Sénégal ont connu une baisse en production du riz par rapport aux niveaux de 2008. 56
En général, la quantité totale de riz produit dans la sous-région continue d'augmenter depuis 2007. Le volume total de riz paddy produit dans la sous-région a augmenté d'une moyenne de 2.081.089 tonnes pour la période 2002-2006 à 2.174.366 tonnes en 2007, soit une augmentation d'environ 4,5%. En 2008 le volume total de riz produit a été de 3.226.267 tonnes, soit une augmentation d environ 48%. Cependant, en 2009, l accroissement de la production s est ralenti, le volume total de riz produit a augmenté de 14% par rapport à 2008 pour atteindre une valeur de 3.679.023 tonnes. Ces performances enregistrées au cours de ces dernières années sont imputables aux mesures de relance de la production du riz prises dans la quasi-totalité des pays de la région après la flambée des prix intervenue en 2008 sur le marché mondial. En ce qui concerne l'évolution de la production de riz par habitant dans la sous-région, nous remarquons que, si la tendance est plus ou moins stable pour la plupart des pays de la sousrégion, seul le Mali, manifeste une augmentation importante dans la production de riz par habitant depuis 2007. Tableau 26: Evolution de la production du riz (en tonnes) Niger Sénégal Bénin Burkina- Faso Mali Côted Ivoire Togo Total Moyenne 02-06 70.661 225.670 64.450 92.380 869.713 690.294 67.922 2.081.089 2007 70.000 193.379 72.960 68.916 1.082.383 606.309 80.419 2.174.366 2008 123.866 408.173 109.371 195.102 1.624.246 679.969 85.540 3.226.267 2009 111.508 391.271 150.604 213.584 2.003.040 687.721 121.295 3.679.023 Cependant, la sous-région reste structurellement déficitaire en riz. Cela est la résultante des programmes d ajustement structural mis en œuvre dans les années quatre vingt et quatre vingt-dix. En effet, ces programmes, imposés par les institutions financières internationales à la suite de la crise de la dette, avaient préconisé aux pays de la région l abandon du soutien public aux filières rizicoles jugées non compétitives et d importer à moindre coût sur le marché international. Cela a eu pour conséquence la baisse du taux d autosuffisance en riz dans tous les pays durant la période 1990-2008. La prise de conscience née des tensions sur le marché international en 2008 a permis la relance de la production du riz grâce à des soutiens publics. Le taux de couverture de la demande par la production (taux d autosuffisance) a augmenté dans la plupart des pays de la sous-région. 57
En 2009, par rapport à la période 2005-2008, il a progressé en points de 3 points au Bénin (en passant de 8% à 11%), 13 points au Sénégal (de 14% à 27%) et de 15 points au Burkina Faso (de 15 à 30%). Toutefois, il a régressé légèrement au Mali en 2009 malgré la hausse de la production. La hausse des importations en 2009 (+47% par rapport à la moyenne de 2005-2008) dans le but de stabiliser le marché local du riz explique cette situation au Mali. On note également une régression du taux d autosuffisance en riz en Côte d Ivoire du fait de la forte progression des importations du riz en 2009 (+35% par rapport à la moyenne 2005-2008) et une stagnation de la production. Au Niger, il a été stable (18% en 2009 et en 2005-2008). En 2010, pour les pays dont les données sont disponibles (à savoir le Burkina Faso, le Niger et le Sénégal), nous notons une progression du taux d autosuffisance en riz au Burkina Faso (de 30,5% à 34%), au Niger (de 18% à 22%) et une stagnation au Sénégal (de 26,5% à 27,2%). Tableau 27: Evolution du taux d autosuffisance en riz Période Bénin Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo 1990-94 25,0% 86,3% 63,2% 21,0% 1995-99 23,7% 34,9% 49,5% 84,2% 35,5% 15,5% 52,9% 2000-04 22,2% 25,0% 37,6% 80,5% 20,1% 17,1% 46,4% 2005-08 7,9% 15,1% 33,4% 75,7% 18,0% 13,7% 35,6% 2009 11,0% 30,5% 27,9% 73,8% 18,0% 26,5% 2010 34,0% 21,9% 27,2% IV.3.5 Cas des racines et tubercules Les données sur le volume des racines et tubercules produits sont disponibles pour le Sénégal 15, le Bénin, la Côte-d'Ivoire et le Togo. En 2007 par rapport à la moyenne observée dans la période 2002-2006, le volume de la production à augmenté pour le Sénégal et le Togo, pendant que le Bénin et la Côte d Ivoire ont connu une baisse en termes de volume de production. Le volume de la production des racines et tubercules observée en 2008 pour tous les pays concernés a été beaucoup plus élevé que celui observé en 2007. Cependant, en 2009 le Bénin, la Côte d'ivoire et le Togo ont continué à connaître une augmentation de la production des racines et tubercules, le volume de la production a considérablement diminué pour le Sénégal qui produit essentiellement du manioc. 15 Les données pour le Sénégal est que pour le manioc. 58
Le volume total de la production des racines et tubercules dans la sous-région a baissé d'une moyenne de 7.261.301 tonnes pour la période 2002-2006 à 6.374.189 tonnes en 2007, enregistrant une baisse d environ -12%. Contrairement en 2008 le volume total produit a drastiquement augmenté et a été de 9.542.306 tonnes, soit une croissance d environ 50%. Le volume produit continue à augmenter en 2009 et il est passé à 9.589.206 tonnes, ce qui représente une augmentation d'environ 0.5% comparativement à 2008. En ce qui concerne l'évolution de la production par habitant pour les tubercules et racines dans la sous-région, on constate qu'en 2007, alors que la tendance est plus ou moins stable pour le Sénégal, la Côte-d'Ivoire et le Togo, le Bénin illustre une diminution significative de la production par habitant des tubercules et racines. Cependant, en 2008 tous les quatre pays ont connu une augmentation en production par habitant de tubercules et de racines, l'augmentation étant plus importante dans le cas du Bénin. En 2009, alors que la tendance positive se poursuit pour le Bénin, la Côte-d'Ivoire et le Togo, le Sénégal a connu une baisse de la production par habitant des tubercules et racines. Tableau 28: Evolution de la production des racines et tubercules (en tonnes) Sénégal Bénin Côte-d Ivoire Togo Total Moyenne 02-06 218.491 5.048.282 695.425 1.299.103 7.261.301 2007 308.312 4.073.702 600.800 1.391.374 6.374.189 2008 920.866 6.216.771 960.970 1.443.700 9.542.306 2009 265.533 6.436.796 1.286.808 1.600.068 9.589.206 IV.3.6 Cas de l arachide Les arachides sont produites en quantités importantes par le Niger, le Sénégal, le Burkina- Faso et le Togo, et le Sénégal produit plus que les autres pays. En 2007, par rapport à la moyenne pour la période 2002-2006, le volume d'arachides produit a diminué pour le Niger, le Sénégal et le Burkina-Faso pendant que le Togo et le Mali ont connu une augmentation. En 2008 cependant, il y a eu une augmentation en volume à l'unanimité dans tous les pays par rapport à 2007, sauf pour le Niger où il n'y avait aucun changement. En 2009, le volume d'arachides produit a continué d'augmenter pour le Niger, le Sénégal et le Togo, tandis que le Burkina-Faso a connu une baisse en volume produit. Il n'y a pas de données en 2009 pour le Mali. Dans l'ensemble de la sous-région, le volume d'arachides produites a diminué de 1.148.377 tonnes comme moyenne pour la période 2002-2006 à 1.025.293 tonnes en 2007, ce qui 59
représente une baisse de 11%. Le volume total d arachides produit en 2008 et 2009, est respectivement de 1.592.011 tonnes et 1.661.300 tonnes, soit une augmentation de 55% et 4% respectivement par rapport à l'année précédente (Tableau no 6 et Graphique no 25). La tendance de la production par habitant d'arachide dans la sous-région, montre qu'en 2007, il y a une diminution de la production par habitant d'arachide au Sénégal, le Niger et le Burkina-Faso, tandis que le Mali a connu une augmentation par rapport à la production moyenne par habitant sur la période 2002/2006. La production par habitant de l'arachide est restée plus ou moins stable pour le Togo pour la même période. En 2008 cependant, le Sénégal, le Burkina-Faso et le Mali ont connu une augmentation de la production par habitant d'arachide, l'augmentation étant plus importante pour le Sénégal. La tendance pour le Niger et le Togo dans cette même période a été plus ou moins stable. En 2009, la production par habitant d'arachide continue d'augmenter de manière significative pour le Sénégal. Togo et le Niger ont connu une légère augmentation durant la même période tandis que le Mali et le Burkina-Faso ont connu une baisse. Tableau 29: Evolution de la production de l arachide (en tonnes) Niger Sénégal Burkina- Faso Togo Mali Total Moyenne 02-06 162.755 494.508 272.608 33.626 184.881 1.148.377 2007 147.676 331.195 244.922 35.952 265.548 1.025.293 2008 147.676 731.210 346.292 42.647 324.187 1.592.011 2009 253.497 1.032.651 330.624 44.528-1.661.300 IV.3.6 Cas du Niébé/Haricot Le niébé/haricots sont produits en quantités importantes par tous les pays de la sous-région, sauf la Côte d'ivoire. La quantité de niébé/haricots produites a baissé pour le Sénégal, le Bénin et le Mali en 2007 par rapport à la moyenne sur la période 2002/2006. Cependant, le Niger et le Togo ont connu une hausse dans la même période. En 2008, le volume du niébé /haricots produit par chacun de ces pays a augmenté par rapport à 2007. En 2009, toutefois, le niveau de production a diminué pour le Niger, le Bénin et Burkina, pendant que le Sénégal et le Togo ont connu une augmentation par rapport aux niveaux de 2008 (Graphique no 27). Dans l'ensemble de la sous-région, le volume total de niébé/haricots produits en 2007 a été 1.423.835 tonnes, soit une augmentation d environ 16% par rapport à la moyenne sur la 60
période 2002-2006 qui a été 1.227.170 tonnes. La quantité de niébé/haricots produits en 2008 et 2009, est respectivement de 2.448.758 tonnes et 1.488.247 tonnes, soit une augmentation de 71% pour 2008 par rapport à 2007 et une diminution de -39% pour 2009 par rapport à 2008. Le tableau sur l'évolution de la production par habitant de niébé/haricots montre une augmentation de la production par habitant pour le Niger et le Togo en 2007 par rapport à la moyenne observée sur la période 2002-2006. Le Burkina-Faso et Bénin ont connu une baisse dans la même période. La tendance pour le Sénégal est plus ou moins stable. En 2008 cependant, tous les pays ont connu une augmentation de la production par habitant de niébé / haricots, avec une augmentation plus prononcée pour le Niger et le Burkina-Faso. En 2009, on constate une diminution en production par habitant de niébé/haricots pour le Niger et le Burkina. Tableau 30: Evolution de la production du niébé/haricot (en tonnes) Niger Sénégal Bénin Burkina- Faso Mali Togo Total Moyenne 02-06 568.175 41.060 92.681 388.805 89.950 46.498 1.227.170 2007 1.001.139 40.392 7.881 253.190 58.291 62.942 1.423.835 2008 1.543.943 123.338 98.566 537.680 77.906 67.325 2.448.758 2009 787.472 86.625 88.154 453.629 72.367 1.488.247 IV.3.7 Cas du fonio Seul le Sénégal, le Burkina-Faso et le Mali dans la sous-région produisent le fonio en quantité significative. En 2007, la production de fonio a augmenté pour tous les pays, par rapport à la moyenne observée sur la période 2002-2006. En 2008, le volume de fonio produit continue a augmenté pour le Sénégal, le Burkina-Faso et le Mali. En 2009 par rapport à 2008, le Sénégal a connu une diminution du volume total de la production tandis qu'au Burkina-Faso il y a eu une augmentation (Graphique no 30). Aucune donnée de production de fonio n est disponible pour le Mali en 2009. Dans l'ensemble, pour tous ces pays, la production totale pour 2007, 2008 et 2009 sont respectivement 42602 tonnes, 65,247 tonnes et 29.185 tonnes, par rapport à une moyenne de 32,048 tonnes pour la période 2002-2006. Cela représente une augmentation de la production totale du fonio de 33% en 2007 par rapport à la période 2002-2006 ; une hausse de 53% en 61
2008 par rapport à 2007 ; et une baisse de -55% pour 2009 par rapport à 2008 (Graphique n o 31). Lorsque nous examinons l'évolution de la production par habitant de fonio, on observe qu'en 2007 la production par habitant de fonio a augmenté dans les trois pays par rapport à la moyenne observée en 2002-2006. Cette tendance positive se poursuit même en 2008. Cependant, en 2009, tandis que la production par habitant continue d'augmenter pour le Burkina-Faso, le Sénégal connaît une baisse et le Mali n'a pas de données pour l'année 2009. Tableau 31: Evolution de la production du fonio Sénégal Burkina-Faso Mali Total Moyenne 02-06 1,006 8,791 22,252 32,048 2007 1,068 12,843 28,691 42,602 2008 4,425 19,547 41275 65,247 2009 3085 26101 29,185 IV.4 Niveau de dépendance de la sous-région aux importations du sucre, des huiles végétales et des produits animaux Malgré le potentiel agricole dont dispose la région, elle reste tributaire des importations sur le marché international de produits laitiers, d huiles alimentaires, de sucre, de poisson et de viande de volaille. Le taux de dépendance aux importations de ces différents produits calculé sur une période récente (2004-2007) permettra d apprécier la situation. IV.4.1 Cas du sucre Pour ce qui est du sucre, hormis la Cote d Ivoire qui est globalement autosuffisant en sucre, les autres pays de la région importe entre 49% (au Burkina Faso) et 100% (au Togo) de leurs consommations. Le Burkina Faso et le Sénégal regorgent d un potentiel pour une augmentation du niveau de couverture des besoins par la production. Cependant le sousinvestissement dans la production sucrière explique certainement cette faiblesse de l offre locale. IV.4.2 Cas des huiles végétales Pour le cas des huiles végétales, la plupart des pays dépendent également des importations. Malgré l importance de la production d arachide au Sénégal, il importe 80% de sa consommation d huiles. Il convient de noter qu environ 12% de ces importations (en valeur) proviennent de la Côte d Ivoire. Le Togo et le Niger couvrent environ 70% de leur consommation d huile par les importations. Toutefois une partie de ces importations 62
proviennent de la Côte d Ivoire et du Ghana. Du fait de la transformation des graines de coton en huiles, le Burkina Faso est relativement moins dépendante des importations, son taux de dépendance est d environ 29%, environ 47% de ces importations huiles proviennent de la Côte d Ivoire. En somme, son taux de dépendance aux importations extra-régionales est de 15%. La Cote d ivoire est globalement autosuffisante en huiles alimentaires et est exportateur net vers les pays de la sous-région. Figure 17: Taux de dépendance aux importations d huiles alimentaires sur la période 2004-2007 IV.4.3 Cas des produits laitiers La part des importations de produits laitiers dans la consommation est relativement faible dans les pays sahéliens du fait de l importance de l élevage dans ces pays. Elle était de 13% au Burkina Faso et 9% au Niger. Toutefois, le niveau des importations par tête de produits laitiers a augmenté ces dernières dans ces pays du fait de la hausse de la demande urbaine et de la faiblesse de la transformation. Au Sénégal, malgré son potentiel pour la production du lait local, les importations de produits laitiers (sous forme de poudre principalement) ont atteint environ 70% de la consommation sur la période 2004-2007. Une situation qui s explique par l importante de la consommation de produits laitiers et par une insuffisance de la transformation de la production locale. Comme on pouvait s y attendre (à cause de leur faible potentiel en élevage), la Cote d Ivoire et le Togo importent chacun environ 68% de sa consommation de produits laitiers sur le marché international. 63
Figure 18: Taux de dépendance aux importations des produits laitiers sur la période 2004-2007 IV.4.4 Cas des viandes Enfin, pour ce qui concerne la viande, il convient de souligner que les pays sahéliens ont des capacités de production (cheptel important) pour couvrir leurs besoins en produits carnés et d exporter vers les pays côtiers de la région dont l offre locale est déficitaire. Toutefois la production régionale de viande est concurrencée par des découpes de volaille en provenance de l Europe et du Brésil. Les importations de viande de volaille ont explosées au Sénégal entre 1997 et 2005 en passant de 500 à 13000 tonnes avant d être arrêtées en fin 2005 par mesure de précaution sanitaire contre l épizootie de grippe aviaire. Ce qui a fait baisser le taux de dépendance aux importations de viande de volaille de 33% en 2004-2005 à 3,1% en 2006. Le même scenario est observé en Cote d Ivoire où les importations extra-regionales de viande de volaille ont été multipliées par 15 entre 1995 et 2003-2004. Au cours des années 2004-2005, les importations extra-regionales avaient atteint 30% de la consommation locale avant de tomber à 4,5% en 2006-2007 du fait de l épizootie de la grippe aviaire. Au Togo, cette part est passée de 40% en 2000-2003 à 19% en 2004-2007, essentiellement pour les mêmes raisons. S agissant de la viande rouge et des abats, les statistiques du commerce extérieur montrent une hausse continue des importations extra-regionales en Côte d ivoire et au Sénégal. Durant la période 2004-2007, le Sénégal s est approvisionné à hauteur de 8% de sa demande sur le marché international malgré son potentiel en élevage de bovins et de petits ruminants. Aussi, en dépit de la disponibilité d une offre d exportation en bovins et petits ruminants de la part de ses voisins sahéliens (Burkina Faso, Mali et le Niger), la Côte d ivoire a importé 46% de sa consommation en viande rouge et abats sur le marché international au cours de la période 2004-2007. Le faible coût des importations en provenance du Brésil et de l Europe explique 64
cette situation. Pour résister à la concurrence internationale, des investissements sont indispensables pour améliorer la compétitivité des filières animales de la sous-région et également, compte tenu des écarts de productivité entre les pays de la région et le reste du monde, les pouvoirs publics doivent prendre des mesures de sauvegarde temporaires pour permettre le développement des filières locales. Un autre point, non moins important, est la promotion du commerce régional à travers la suppression des barrières non tarifaires (tracasseries douanières et policières). Figure 19: Taux de dépendance aux importations extra-régionales de viande IV.4.5 Cas du poisson Les importations de poisson ont couvert environ 50% de la consommation au Togo, 73% en Côte d Ivoire et 61% au Burkina Faso. Du côté de l offre, l amenuisement des ressources halieutiques du fait de la surpêche et de la pollution des eaux explique en partie cette forte dépendance aux importations dans ces pays. Il faut noter aussi que la pisciculture qui aurait pu combler le déficit de la pêche continentale et marine, reste embryonnaire. Du côté de la demande, la hausse continue du prix de la viande et le fiable prix des poissons importés ont entrainé une substitution de la viande par les poissons importés à faible coût. Ce qui expliquerait la forte hausse des importations de poisson dans ces pays (à l exception du Togo). Toutefois la qualité de ces poissons importés reste à désirer et ils peuvent parfois constituer un problème de santé publique. Même si l on note un épuisement des stocks de poisson, le Sénégal reste globalement autosuffisant en poisson et est exportateur net (sur le marché de l union européenne principalement). Figure 20: Taux de dépendance aux importations du poisson sur la période 2004-2007 65
V. PERSPECTIVES DE DEMANDE ALIMENTAIRE Apres avoir analysé les tendances de la consommation alimentaire au cours des vingt dernières années, nous tenterons de cerner dans cette partie ses évolutions futures au vu d un certain nombre de facteurs. Les facteurs qui influencent la consommation d un produit sont les préférences alimentaires qui elles même sont parfois influencées par la disponibilité des produits c est-à-dire l offre. Ces préférences varient selon le milieu où l on vit et selon le niveau de revenu du ménage. Nous ferons l hypothèse que les contraintes alimentaires sur l offre des différents produits sont négligeables (au vu des potentialités dont regorgent l agriculture ouest africaine et l offre sur les marchés internationaux) et nous nous focaliserons sur l analyse des préférences alimentaires. Pour cela l analyse de la sensibilité de la demande des produits alimentaires par rapport au niveau de revenu des ménages sera faite. Il s agit de voir si ces ressources croissent, qu elle est la part qui est affectée à la demande d un produit donné. Les parts marginales sont obtenues grâce à l équation développée par Leser et utilisée dans une étude réalisée en Sierra Leone (Factor Intensities and Locational Linkages of Rural Consumption Patterns in Sierra Leone) 16. La propension marginale à consommer (PMC) donne l augmentation absolue de la demande d un produit lorsque le revenu augmente de 1F, 100F. 1000F, etc. Afin de faire ressortir les spécificités de chaque milieu de résidence, l analyse sera faite en milieu rural et en milieu urbain. Pour chaque milieu de résidence, les perspectives de demande des denrées alimentaires de base et des produits animaux seront présentées dans des paragraphes distincts. V.1 Perspectives de demande en milieu rural Une augmentation de revenu de 100 F entraine une hausse de la demande des produits alimentaire en milieu rural allant de 42 F en Côte d ivoire à 67 F au Niger. Seuls la Cote d Ivoire et le mali avec respectivement une propension marginale de 42 F et 47 F 16 Auteurs : Robert P. King and Derek Byerlee 66
consacreront moins de 50% de cette augmentation à la demande alimentaire. A l exception du Burkina Faso (où elle est de 56 F), le reste des pays (Niger, Sénégal et Togo) affecteront plus de 60 F à l alimentation. Cette forte sensibilité de la demande alimentaire par rapport au revenu montre que les besoins alimentaires sont loin d être satisfait en milieu rural. Elle traduit une situation de pauvreté et une forte vulnérabilité des ménages ruraux en cas de chocs affectant leurs revenus. Il est indispensable d élever le niveau de revenu des ruraux afin ces derniers puissent satisfaire leurs besoins alimentaires et consacrer les ressources additionnelles aux autres besoins (éducation, santé, assainissement, équipements électroménagers ). Figure 21: Hausse supplémentaire de la demande alimentaire pour une augmentation du revenu de 100 F en milieu rural V.1.1 Sensibilité de la demande des denrées alimentaires de base en milieu rural L analyse de la demande des denrées alimentaires de base par rapport au revenu fait apparaitre deux groupes de pays. Le premier groupe constitué de la Côte d Ivoire, du Mali et du Sénégal ont une préférence relativement élevée pour le riz. Pour une augmentation du revenu du revenu de 100 F, les ménages ruraux consacreront 6,4 F en Côte d Ivoire, 10,3 F au Sénégal et 11,4 F au Mali à une demande supplémentaire du riz. Cette demande en riz représente 15% du budget supplémentaire consacrée à l alimentation en Côte d ivoire et au Sénégal et 24% au Mali. Pour ces pays (particulièrement pour la Côte d ivoire et le Sénégal), l accroissement de l offre du riz permettra de répondre à cette demande potentielle, offrira des opportunités de revenu aux ruraux et permettra de réduire la dépendance en riz de la région. 67
Outre le riz, il faut souligner l importance du mil au Mali et au Sénégal (PMC de 4,3 F et 2,7 F respectivement) et du manioc (PMC de 3 F) et l igname (PMC de 2,4F) en Côte d Ivoire. Avec une propension marginale à consommer de 3,5F (plus élevé que le mil), les produits dérivés du blé "s installent" dans les habitudes alimentaires des ménages ruraux au Sénégal. Dans le second groupe composé du Burkina Faso, du Niger et du Togo, les denrées locales occupent toujours la première place en termes de choix alimentaire. Une hausse du revenu de 100 F induit une demande supplémentaire en mil de 7,4 F au Burkina Faso, 23 F au Niger, en sorgho de 6 F au Burkina Faso et 5 F au Niger. Au Togo, c est plutôt le maïs et l igname qui captent le plus cette nouvelle demande en denrées alimentaires de base (PMC de 5,5% pour le maïs et 5% pour le l igname). Avec une propension marginale à consommer de 6,6% au Niger, 5,5% au Burkina Faso et 4,8 % au Togo, le riz concurrence fortement les produits locaux. Il occupe en termes de préférences alimentaires, la troisième position au Burkina Faso (après le mil et le sorgho) et au Togo (après le maïs et l igname) et la seconde position au Niger (après le mil). Malgré la faiblesse de l offre du maïs au Niger (du aux contraintes climatiques), sa demande pourrait croître en liaison avec sa propension marginale à consommer de 3,7% environ. Cela offrirait de débouchés pour les bassins de production du maïs de la sous-région proches du Niger (Bénin, Ghana, Burkina Faso). Tableau 32: Propensions marginales à consommer des denrées alimentaires de base en milieu rural durant la décennie 2000 Produit Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo Riz 5,49% 6,42% 11,39% 6,57% 10,30% 4,76% Mil 7,41% 4,30% 22,82% 2,73% 0,58% Sorgho 6,00% 2,00% 4,92% 1,17% Maïs 2,33% 1,17% 1,42% 3,69% 5,52% Produits dérivés du blé 1,02% 0,94% 0,06% 1,15% 3,50% 0,94% Manioc 2,89% 3,78% Igname 2,41% 5,10% Racines et tubercules 0,36% 0,67% 0,56% 1,11% Banane plantain 1,08% Légumineuse 1,62% 2,50% 1,14% 2,66% Total denrées de base 24,21% 14,91% 22,33% 40,86% 17,64% 24,52% V.1.2 Sensibilité de la demande des autres produits alimentaires en milieu rural A l exception du Niger, la demande des autres produits alimentaires (fruits et légumes, huiles et oléagineux, produits animaux, sucre, boissons..) est plus sensible au revenu par rapport aux 68
produits de bases. Cela est conforme au comportement alimentaire attendu. Lorsque le revenu augmente, les ménages ont tendance à allouer une part plus importante à l achat des denrées de "qualité" (qui sont fonction des préférences des ménages) par rapport aux denrées de base. Le cas du Niger s explique par le fait que l alimentation de base est non satisfaite. Les ménages dans ce cas, cherchent à satisfaire les besoins de base avant de demander les denrées de "luxe". Il faut rappeler que l enquête ayant servi à l analyse a été réalisée au cours d une crise alimentaire (en 2005). Ce qui explique cette singularité au Niger. Parmi les produits animaux, la viande est la plus préférée dans les pays sahéliens. Par contre, dans les pays côtiers (Côte d Ivoire, Togo), le degré de préférence du poisson et de la viande sont similaires au niveau des ruraux. La propension marginale à consommer est de 8% au Burkina Faso, 5% au Mali et au Niger et 12% au Sénégal tandis que celle du poisson est de 2,3% au Burkina Faso, 2,5% au Mali, 4,1% au Sénégal et 0,2% au Niger. La disponibilité du poisson et de la viande dans ces pays explique principalement les préférences des ménages. La consommation des produits laitiers est plus sensible au revenu au Mali, au Niger et au Sénégal. Dans ces pays, la part des ressources additionnelles consacrée est d environ 2,7% dans ces pays tandis qu elle est moins de 1% au Burkina Faso, en Côte d Ivoire et au Togo. De meilleures perspectives économiques offriront de débouchés notables pour l arboriculture fruitière et le maraîchage. Environ 3% des revenus additionnels sont consacrés à la demande des fruits et légumes au Mali et au Niger, environ 5% au Burkina Faso et en Côte d Ivoire, 6,6% au Sénégal et 7,6% au Togo. Les boissons et excitants occupent aussi une place importante dans les préférences alimentaires des ruraux au Burkina Faso et au Togo. Ils y consacreront respectivement 7% et 4% de leur revenu additionnels pour l achat de ces produits. Aussi, avec des propensions marginales à consommer de 4,4% et 6,6% respectivement, la demande pour les plats consommés à l extérieur des ménages pourrait augmenter de façon importante en Côte d'ivoire et au Togo. Tableau 33: Propensions marginales à consommer des autres produits alimentaires en milieu rural durant la décennie 2000 Produit Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo Fruits et légumes 4,63% 5,43% 2,88% 3,11% 6,58% 7,61% Huiles et oléagineux 3,24% 2,42% 1,85% 2,33% 6,12% 4,47% Lait et produits laitiers 0,70% 0,42% 2,67% 2,71% 2,85% 0,93% Poisson et fruits de mer 2,26% 3,71% 2,55% 0,19% 4,09% 5,22% 69
Viande 7,90% 3,71% 5,13% 5,39% 12,38% 5,26% Boissons et excitants 7,04% 1,53% 0,90% 3,88% Plats extérieurs 4,37% 6,63% Autres produits alimentaires 7,69% 5,25% 9,49% 11,13% 15,41% 5,94% Total général 33,45% 26,84% 24,57% 25,77% 47,43% 39,96% 70
V.2 Perspectives de demande alimentaire en milieu urbain La demande alimentaire par habitant continuera à croître en milieu urbain si les perspectives économiques sont meilleures. En effet, pour une augmentation du revenu par tête de 100 F, les ménages urbains consacreront un montant oscillant entre 23 F au Mali et 47 F au Togo à l achat des biens alimentaires. On note que la sensibilité de la demande alimentaire par rapport au revenu est relativement plus faible en milieu urbain. En milieu rural, cette nouvelle demande en produits alimentaires oscillait entre 42 et 67 F. Les ménages urbains ont généralement un niveau de revenu plus élevé et connaissent une situation alimentaire relativement meilleure, ce qui explique le fait qu ils consacrent moins de leurs ressources additionnelles à l alimentation. Toutefois, la demande pourrait être plus importante en milieu urbain du fait l urbanisation rapide des pays de la région. Cela offre des opportunités de croissance pour les filières agro-alimentaires de la région si elles arrivent bien sûr à s adapter aux préférences alimentaires des urbains. Figure 22: Hausse supplémentaire de la demande alimentaire pour une augmentation du revenu de 100 F en milieu urbain V.2.1 Sensibilité de la demande des denrées alimentaires de base en milieu urbain Avant d analyser les préférences par produit de base, il convient de noter que la demande additionnelle consacré à ces produits quand le revenu augmente, est relativement faible. Dans le budget additionnel destiné à l alimentation, ils occupent un poids de 18% au Sénégal et au Togo, 22% en Côte d ivoire, 26% au Burkina Faso, 34% au Mali et 44% au Niger. Il faut noter que les ménages urbains augmentent leurs consommations de produits animaux, des fruits et légumes et autres produits alimentaires (plats extérieurs, boissons alcoolisées, etc.) quand leurs revenus s améliorent. 71
Parmi les denrées de base, le riz est l aliment le plus prisé par les urbains. Dans tous les pays, il occupe la première place en termes de préférence alimentaire. La propension marginale à consommer du riz en milieu urbain est d environ 3% au Mali et au Sénégal, 2% au Togo, 2,5% en Côte d Ivoire, 5% au Burkina Faso et 7% au Niger. Les produits dérivés du blé sont aussi demandés par les urbains dans la plus part des pays. La part des ressources additionnelles qui leur seront consacrées varient entre 1,3% en Côte d ivoire et 3% au Niger. Ces préférences confirment la hausse de la part du riz et des produits dérivés du blé dans la consommation des ménages au cours des vingt dernières années. En ce qui concerne les denrées locales, la demande du mil et du sorgho baisse avec l augmentation du revenu au Burkina Faso et est négligeable au Mali et au Sénégal. Ce n est qu au Niger où la propension marginale à consommer du mil atteint 3,1%. La consommation du maïs croît avec le revenu au Burkina Faso et au Niger (PMC de 1,8% et 4,2% respectivement), mais diminue en Côte d ivoire. S agissant des racines et tubercules, leur demande reste liée positivement avec le revenu en Côte d Ivoire (PMC de 1,8%) et au Togo (PMC de 3%). La préservation des débouchés pour les filières mil et sorgho passent peut être par une transformation de la production. Tableau 34: Propension marginale à consommer des denrées alimentaires de base en milieu urbain durant la décennie 2000 Produit Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo Riz 5,06% 2,47% 3,24% 7,08% 3,24% 2,33% Mil -0,26% 0,68% 3,49% 0,20% 0,05% Sorgho -0,35% 0,16% 0,31% 0,09% Mais 1,78% -0,03% 0,35% 4,23% 0,71% Produits dérivés du blé 1,85% 1,33% 0,14% 3,10% 2,98% 1,63% Manioc 1,14% 1,19% Igname 0,69% 1,81% Racines et tubercules 0,39% 1,23% 0,70% 1,16% Banane plantain 0,53% Légumineuse 0,59% 2,00% 0,64% 0,52% Total produits de base 9,06% 6,14% 7,81% 19,55% 7,58% 8,34% V.2.2 Sensibilité de la demande des autres produits alimentaires en milieu urbain Comme on s y attendait, les ménages urbains consacrent une part importante de leur revenu supplémentaire à l achat des fruits et légumes et des produits animaux. Les plats extérieurs (plats pris dans les restaurants et autres) occupent aussi une place importante dans les choix alimentaires des urbains en Côte d Ivoire et au Togo. 72
Une augmentation du revenu de 100 F induit une demande supplémentaire pour les fruits et légumes d environ 4 F au Burkina Faso, en Côte d ivoire et au Niger, 5,5 F au Sénégal, 7 F au Togo et seulement 1,5 F au Mali. Cela représente entre 10et 15% des dépenses additionnelles consacrées à l alimentation (à l exception du Mali où cette proportion est de 6,3%). Parmi les produits animaux, les viandes sont les plus préférées à l exception du Togo où c est le poisson. Dans les pays sahéliens, la propension marginale à consommer de la viande oscille entre 4,5% au Mali et 10,6% au Sénégal. Elle est de 3,3% en Côte d Ivoire et de 3,7% au Togo. La demande du poisson est plus sensible au revenu au Sénégal (4,8%) et au Togo (4,2%). Elle est d environ 2% au Burkina Faso, 2,8% en Côte d Ivoire et faible au Mali et au Niger. La consommation des produits laitiers pourrait connaître une hausse relativement plus importante au Mali, au Niger et au Sénégal du fait que les ménages urbains dans ces pays ont une préférence plus élevée pour les produits laitiers par rapport aux autres pays de la sousrégion. La propension marginale à consommer des produits laitiers est d environ 2% au Mali et au Niger, 3% au Sénégal contre 1,5% au Togo et moins de 1% au Burkina Faso et en Côte d ivoire. Le secteur de la restauration et des débits de boisson pourrait connaitre une forte expansion dans les villes au Burkina Faso, en Côte d Ivoire et au Togo. Au Burkina Faso, les ménages urbains sont prêts à dépenser près du quart de leurs ressources additionnelles aux boissons (principalement alcoolisées) et excitants. En Côte d ivoire, 17% des revenus supplémentaires sont dépensées pour les aliments pris hors des ménages. Au Togo, cette proportion atteint 30%. Tableau 35: Propension marginale à consommer des autres produits alimentaires en milieu urbain durant la décennie 2000 Produit Burkina Faso Côte d'ivoire Mali Niger Sénégal Togo Fruits et légumes 3,82% 4,31% 1,48% 4,18% 5,47% 6,99% Huiles et oléagineux 2,60% 1,29% 1,13% 2,26% 2,07% 1,72% Lait et produits laitiers 0,86% 0,91% 1,72% 2,08% 2,86% 1,52% Poisson et fruits de mer 2,14% 2,76% 1,16% 0,32% 4,79% 4,21% Viande 5,08% 3,29% 4,52% 6,63% 10,64% 3,67% Plats extérieurs 4,78% 14,05% Boissons et excitants 8,41% 1,01% 0,58% 2,57% Autres produits alimentaires 3,26% 4,01% 5,47% 9,08% 9,65% 3,99% Total autres denrées alimentaires 26,17% 22,37% 15,48% 25,12% 35,48% 38,71% 73
Il existe un important marché pour les filières agro-alimentaires. D une part, la forte croissance démographique dans la région induira naturellement une augmentation de la demande potentielle. D autre part, les analyses montrent que si les perspectives économiques sont meilleures, la demande alimentaire par habitant continuera à croître du fait du faible niveau de satisfaction des besoins nutritionnels de la plupart de la population ouest africaine.. Pour les ménages urbains, ce montant variera entre 42 en Côte d ivoire à 67 FCFA au Niger. 74
CONCLUSION Cette étude a permis de dresser le profil de consommation alimentaire actuel de sept pays de la région de l Afrique de l ouest et de son évolution au cours des vingt dernières années. Les éléments analysés sont (i) la structure de la consommation calorifique au cours de ces dernières années et la diversité de la diète, (ii) la structure des dépenses alimentaires et leur changement dans le temps, (iii) la dynamique de la consommation réelle des différents produits alimentaires, (iv) le niveau de dépendance alimentaire de la sous-région et (v) les préférences alimentaires des populations en fonction de leur milieu de résidence. Les analyses effectuées à partir des enquêtes sur les ménages ont été désagrégées par milieu de résidence et par niveau de revenu afin de permettre un meilleur ciblage dans la conception des politiques de sécurité alimentaire. Bien qu il soit difficile de résumer les résultats de cette importation investigation en quelques lignes (voir le résumé au début du rapport pour plus de détails), on peut retenir que les denrées échangeables (riz, blé, poisson surgelé..) sur le marché international ont pris de l importance dans la demande alimentaire des ménages de la sous-région au détriment des denrées traditionnellement consommées. Ce qui a eu pour conséquence d accentuer le niveau de dépendance alimentaire de la région. Toutefois la situation varie selon les pays. La Côte d Ivoire et le Sénégal sont les plus exposés aux caprices du marché international du fait de la forte extraversion de leur demande alimentaire. On peut souligner aussi la non satisfaction des besoins alimentaires dans les pays étudiés qui se traduit par une sous-alimentation et un déséquilibre de la diète. Cette non-saturation de la demande alimentaire ressort dans l analyse des préférences alimentaires où il a été constaté que les ménages ont une forte propension à demander des biens alimentaires. Cela est une opportunité pour le développement des filières agro-alimentaires de la région à condition qu elles s adaptent aux choix alimentaires de la population. 75
BIBLIOGRAPHIE (ajouter la référence de Goura et bien d autres cités dans l étude) Blein R et all (2008), «Les potentialités agricoles en Afrique de l Ouest (CEDEAO)», FARM. CPS/MA/Mali (2010), «Etude sur la consommation alimentaire au Mali». DPP/MAEP/Bénin (2010), «Etude sur la consommation alimentaire au Bénin». DGEPER/MAHRH/Burkina Faso (2010), «Etude sur la consommation alimentaire au Burkina Faso». DSDI/MA/Côte d Ivoire (2010), «Etude sur la consommation alimentaire en Côte d Ivoire». DEP/MAE/Niger (2010), «Etude sur la consommation alimentaire au Niger». DAPS/MA/Sénégal (2010), «Etude sur la consommation alimentaire au Sénégal». DSID/MAEP/Togo (2010), «Etude sur la consommation alimentaire au Togo». Goura Souley, Sanni GANSARI, 2010, La dynamique des échanges régionaux des céréalesen Afrique de l Ouest, Contribution du projet SRAI/MSU. ReSAKSS WA (2009), «Etude sur l évolution du secteur agricole et des conditions de vie des ménages en Afrique de l Ouest». 76
ANNEXES A.1.1 Contribution du maïs dans la consommation calorifique (en%) Country 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Moyenne 04-08 Burkina Faso 12,8 11,3 12,1 Côte d'ivoire 7,8 7,6 7,6 7,2 6,9 6,9 7,0 5,9 6,1 6,3 6,4 Niger 0,7 1,0 0,7 0,8 Sénégal 3,3 4,3 4,6 8,4 14,6 10,7 11,2 Togo 22,0 25,3 25,0 23,1 25,5 24,0 22,6 23,7 24,7 24,1 A.1.2 Contribution du mil/sorgho dans la consommation calorifique (en%) Pays 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Moyenne 04-08 Burkina Faso 48,0 37,6 42,8 Côte d'ivoire 1,0 1,0 0,9 0,9 0,7 0,7 0,7 0,9 0,8 Niger 50,4 53,0 51,7 51,7 Sénégal 16,4 13,6 14,9 11,8 8,1 15,8 11,9 Togo 9,9 9,8 8,4 8,1 10,6 11,1 10,3 10,0 A.1.3 Contribution calorifique des macro-nutriments Pays Glucides Protéines Lipides Burkina Faso 68,0% 12,0% 20,0% Côte d'ivoire 73,2% 8,3% 18,6% Niger 68,2% 13,1% 18,7% Sénégal 65,1% 10,4% 24,5% Togo 71,2% 9,1% 19,7% Borne minimale 50% 11% 30% Borne maximale 55% 15% 35% A.1.4 Part de l alimentation dans les dépenses totales durant la décennie 1990 Niveau Burkina Faso 94 Côte d'ivoire 93 Mali 89 Sénégal 94 Rural 55,3% 58,6% 52,6% 63,1% Urbain 38,4% 32,1% 44,5% 35,7% National 49,5% 42,4% 49,5% 46,4% 77
A.1.5 Part de l alimentation dans les dépenses totales durant la décennie 2000 Niveau Burkina Faso 03 Côte d'ivoire 08 Mali 06 Niger 05 Sénégal 02 Togo 06 Rural 59,2% 45,6% 53,1% 63,7% 57,7% 60,3% Urbain 41,9% 34,0% 35,0% 49,4% 46,5% 44,6% National 53,6% 38,6% 43,4% 60,1% 50,8% 51,6% A.1.6 Mode d acquisition des biens alimentaires Burkina 03 Côte d'ivoire 08 Mali 06 Niger 05 Sénégal 02 Togo 06 Niveau Achat Autoco Achat Autoco Achat Autoco Achat Autoco Achat Autoco Achat Autoco Rural 51,9% 48,1% 53,1% 46,9% 70,8% 28,7% 67,0% 33,0% 84,4% 11,2% 66,2% 33,8% Urbain 89,5% 10,5% 96,2% 3,8% 95,5% 3,9% 93,2% 6,8% 88,0% 7,8% 94,6% 5,5% National 62,0% 38,0% 76,6% 23,4% 81,4% 18,0% 72,5% 27,5% 86,7% 9,1% 79,9% 20,1% Autoco= Autoconsommation A.2.1 Profil des dépenses alimentaires de base durant la décennie 2000 (en%) Burkina Faso 03 Côte d'ivoire 08 Mali 06 Niger 05 Sénégal 02 Togo 06 Produit R U N R U N R U N R U N R U N R U N Banane plantain 3,4 2,6 3,0 Haricot/niébé 1,6 2,0 1,7 4,5 2,4 3,5 Igname 9,7 3,3 6,2 6,2 4,0 5,1 Légumineuse 4,4 8,4 6,2 Mais 5,9 9,6 6,9 5,3 2,2 3,6 4,9 2,6 3,9 4,6 10,8 5,9 13,7 6,6 10,3 Manioc 9,6 6,6 8,0 5,9 3,7 4,8 Mil 15,6 6,7 11,8 41,1 14,5 35,5 5,4 0,9 2,8 1,8 0,3 1,1 Mil et sorgho 37,1 6,8 29,5 Produits dérivés du blé 1,0 2,9 1,5 1,7 4,1 3,0 0,2 0,3 0,2 1,2 3,8 1,7 5,3 8,9 7,4 0,8 3,1 1,9 Racines et tubercules 0,4 0,7 0,4 1,0 3,0 1,9 0,8 1,2 0,8 1,6 2,6 2,2 Riz 6,6 13,8 8,4 19,2 18,1 18,6 17,3 20,3 18,6 7,2 18,5 9,6 19,7 12,0 15,2 6,6 6,5 6,5 Sorgho 7,6 3,2 5,7 9,0 1,9 7,5 3,1 0,4 1,8 Total produit de base 51,1 33,8 46,7 48,9 36,9 42,5 51,0 44,6 48,3 65,5 52,7 62,7 32,0 24,4 27,6 42,7 26,9 35,1 R=rural, U=urbain, N=national. 78
A.2.2 Profil des dépenses des autres produits alimentaires durant la décennie 2000 Burkina Faso 03 Côte d'ivoire 08 Mali 06 Niger 05 Sénégal 02 Togo 06 Produit R U N R U N R U N R U N R U N R U N Fruits et légumes 7,9 10,0 8,4 12,9 16,8 15,0 8,2 5,8 7,2 3,9 8,3 4,8 8,0 11,6 10,1 11,2 15,9 13,5 Huiles et oléagineux 4,9 6,7 5,3 7,1 6,6 6,8 3,8 4,9 4,3 3,1 4,3 3,3 11,0 7,9 9,2 7,1 5,1 6,1 Lait et produits laitiers 0,9 1,3 1,0 0,6 2,0 1,4 4,0 4,5 4,2 4,5 3,6 4,3 2,3 5,4 4,1 0,7 2,0 1,3 Poisson et fruits de mer 3,2 5,4 3,7 10,8 11,5 11,2 5,5 5,3 5,4 0,3 0,7 0,4 8,2 10,4 9,5 7,1 9,5 8,3 Viande 8,8 8,9 8,8 7,0 10,1 8,6 7,5 13,0 9,8 6,6 10,2 7,3 8,8 17,0 13,5 5,6 6,4 6,0 Total produits animaux 12,9 15,6 13,6 18,4 23,5 21,2 16,9 22,8 19,4 11,4 14,5 12,0 19,3 32,8 27,1 13,4 17,9 15,6 R=rural, U=urbain, N=national. A.2.3 : Indice de concentration des dépenses alimentaires Indice de concentration Burkina Faso 03 Côte d'ivoire 08 Mali 06 Niger 05 Sénégal 02 Togo 06 Q5 0,366 0,280 0,429 0,518 0,281 0,260 Q1 et Q2 0,503 0,378 0,468 0,607 0,271 0,394 Urbain 0,328 0,292 0,435 0,474 0,285 0,256 Rural 0,468 0,374 0,470 0,580 0,286 0,367 A.3.1: Importations nettes par tête de produits laitiers (en Kg) Année Bénin BFA CI Mali Niger SN Togo 1995 0,7 1,7 1,1 0,5 1,9 0,7 1996 0,8 1,8 1,2 0,5 2,0 0,7 1997 1,7 0,8 2,0 1,3 0,5 2,0 0,4 1998 1,6 0,9 1,9 1,4 0,5 2,0 0,2 1999 1,5 0,8 1,6 1,3 0,5 2,0 0,2 2000 1,6 0,7 1,1 1,0 0,4 1,9 0,3 2001 1,8 0,7 0,7 0,7 0,5 1,9 0,4 2002 1,9 0,6 0,6 0,5 0,6 2,2 0,0 2003 1,8 0,5 0,8 0,6 0,6 2,6 0,1 2004 1,6 0,4 1,0 0,6 0,6 3,0 0,1 2005 1,6 0,6 1,1 0,7 0,6 3,3 0,3 2006 1,7 0,8 1,1 0,7 0,6 3,2 0,3 2007 1,9 0,8 1,0 0,8 0,7 3,1 0,3 2008 79
A.3.2 : Importations extra-regionales de viande de volaille/tête (en Kg) Année Bénin Côte d'ivoire Sénégal Togo 1994 0,6 1995 0,1 0,6 1996 0,1 0,0 1,1 1997 0,2 0,0 1,1 1998 3,0 0,2 0,0 0,9 1999 6,0 0,2 0,1 1,4 2000 8,1 0,2 0,1 1,4 2001 7,2 0,2 0,2 1,5 2002 9,4 0,5 0,5 1,5 2003 9,0 1,3 0,7 1,4 2004 6,8 1,0 0,8 0,9 2005 5,8 0,5 0,7 0,6 2006 5,9 0,1 0,0 2007 7,6 0,1 0,0 0,6 2008 10,1 0,1 0,0 2009 12,0 0,1 0,0 A.3.3 : Importations extra-regionales de viande de rouge/abats par tête (en Kg) Année Cote d'ivoire Sénégal 1995 0,3 1996 0,4 0,06 1997 0,4 0,04 1998 0,5 0,04 1999 0,6 0,10 2000 0,7 0,08 2001 1,0 0,12 2002 1,9 0,16 2003 3,1 0,25 2004 2,8 0,36 2005 2,8 0,73 2006 3,5 1,01 2007 3,4 1,16 2008 2,9 0,83 2009 3,0 0,76 80
A.4.1 : Taux de dépendance aux importations sur la période 2004-2007 Sucre et édulcorants Huiles alimentaires Viande volaille Viande/abats Produits laitiers Pays Poisson Burkina Faso 48,9% 28,6% 0% 0% 12,7% 61,0% Côte 30,5% en 2004-05 et 4,5% en 2006-07 46,2% 68% 72,6% d'ivoire 6,2% 5,6% Niger 71,6% 0% 9,0% 33,3% (2004-05) et 3,1 Sénégal 55,2% 80,2% % en 2006 7,8% 68,6% 0,0% Togo 100% 71,8% 18,5% 3,6% 67,4% 49,2% A.5.1 Hausse supplémentaire de la demande alimentaire pour une augmentation du revenu de 100 F Pays Rural Urbain Burkina Faso 56,2 35,2 Côte d'ivoire 41,8 28,5 Mali 46,9 23,3 Niger 66,6 44,7 Sénégal 65,8 43,1 Togo 64,5 47,1 81