Avril 2008 LES CLES DE L EVOLUTION DES BIOTECHNOLOGIES SANTE EN FRANCE 1. L importance stratégique des biotechnologies Les biotechnologies : leur rôle Aujourd hui les innovations thérapeutiques sont issues ou bénéficient en grande partie des nouvelles technologies du vivant ou biotechnologies : Dans un premier temps, les biotechnologies ont permis de réaliser des médicaments que l industrie «classique» ne savait pas produire : l hormone de croissance, l interféron en synthétisant des protéines à usage thérapeutique ou encore les anticorps monoclonaux spécifiquement générés pour bloquer l action de certains récepteurs. Dans un deuxième temps, la manipulation du vivant et les possibilités offertes par les biotechnologies ont été utilisées pour faciliter la découverte de médicaments ; ainsi par exemple, la compréhension de la multiplication des virus a servi à créer de nouveaux antiviraux. Les biotechnologies ont progressivement «envahi» la chaîne de recherche et de développement d un nouveau médicament et ainsi que l affirme Jean-Paul Clozel 1, dans sa leçon inaugurale au Collège de France : «Aujourd hui, les grandes industries pharmaceutiques utilisent toutes les techniques des sociétés de biotechnologies et inversement, les sociétés de biotechnologies créent de nouveaux médicaments en utilisant la chimie organique qui était l apanage des grandes sociétés pharmaceutiques». Il n en reste pas moins que c est l innovation scientifique qui conditionne le succès de la société biotechnologique ou pharmaceutique «traditionnelle». 1 Jean-Paul Clozel : «La biotechnologie : de la science au médicament». Leçon inaugurale au Collège de France - Avril 2008. 1
Les chiffres 2 : Depuis le premier biomédicament commercialisé il y a moins de 30 ans, les biotechnologies se sont progressivement imposées comme un moteur majeur de l innovation thérapeutique. C est le secteur des produits de santé qui, depuis quelques années, montre la plus forte croissance, supérieure à 10 % par an. 40 % des nouveaux produits approuvés en 2003 étaient des produits biotechnologiques et cette tendance devrait perdurer, près de 30 % des produits en développement appartiennent à cette catégorie. Les résultats 3 : Grâce aux possibilités offertes par les biotechnologies, les protéines recombinantes et les anticorps monoclonaux ont déjà profondément modifié le diagnostic et le traitement de nombreuses pathologies. Plus de 160 biomédicaments sont à la disposition des patients au niveau mondial. En 2008, 108 biomédicaments 4 sont commercialisés en France, soit 80% des biomédicaments disponibles à l échelle européenne. En 2004, l état des lieux réalisé en comptait 90. Classification pharmacologique des biomédicaments (partie A) commercialisés en France (fin mars 2008) Facteurs de coagulation 7% Facteurs de croissances hématologiques 8% Autres 7% Inhibiteur de Cytokines 2% Anti-coagulant 3% Ac monoclonal 19% Hormones de croissance 12% Cytokines 9% Enzymes 11% Insulines 11% Vaccin 11% 2 Pour plus de précisions, se référer à l ouvrage «Innovation santé 2015» - Leem 3 Chiffres extraits de l étude Biomédicaments 2010 - Leem 4 D une manière générale, les biomédicaments se définissent comme des molécules thérapeutiques dont l origine est biologique. Mais le terme de biomédicaments fait ici référence aux protéines thérapeutiques obtenues par un procédé biotechnologique, au sein d organismes vivants procaryotes (levures, bactéries) ou eucaryotes (cellules de mammifères), excluant ainsi les produits biologiques naturels d extraction. Voir Etude Leem. Biomédicaments 2007. 2
L ensemble des biomédicaments couvre 16 spécialités médicales, 56 % des biomédicaments ciblant cinq spécialités principales à savoir la cancérologie/hématologie, le diabète, l endocrinologie, l hémostase et l infectiologie. Représentation des différentes spécialités médicales ciblées par les biomédicaments commercialisés en France Cancérologie/hématologie 16% Infectiologie 11% Ophtalmologie 1% Pneumologie 2% Transplantation 3% Neurologie 4% Gynécologie 4% Cardiologie 4% Dermatologie 4% Gastro-hépato-entérologie 6% Diabète 11% Hémostase 8% Endocrinologie 10% Métabolisme 6% Rhumatologie 6% Néphrologie 4% Les perspectives : A partir du moment où l on sait produire «du gène en série», il est possible d envisager des traitements «à la carte», individualisés, sur mesure... A l heure actuelle, les traitements médicamenteux reposent sur moins de 500 cibles moléculaires. Or, l étude du génome et de son rôle dans la santé fait apparaître des milliers de produits géniques susceptibles de jouer un rôle dans la physiopathologie des maladies. Au point que la recherche envisage une fourchette raisonnable de 5 000 à 10 000 médicaments potentiels! 3
2. Benchmarking 5 Le benchmark le plus éloquent est celui que l on peut établir avec le Royaume Uni, pays dont la politique de santé est assez voisine de celle de la France. En ce qui concerne les biotechnologies, la France a accumulé un retard considérable : En investissements : Le Royaume-Uni a attiré 30 % des investissements européens dans ce domaine entre 2002 et 2004, contre 9 % pour la France. En capital risque + capitalisation boursière : 40 % des entreprises européennes de biotechnologies cotées en bourse sont anglaises, contre 7 % de françaises. En compétences : de manière générale, l université britannique produit davantage de diplômés pertinents pour le secteur industriel : au contraire, la France peine à former ce type de profils. Tous les indicateurs convergent ainsi dans une même direction : le Royaume-Uni cumule les dispositions favorables au développement d une industrie des biotechnologies santé forte. Plus largement, un benchmark Europe / Etats-Unis 6 fait ressortir le retard européen. USA Europe Allemagne France Grande- Bretagne Nombre d entreprises biotechnologies 1 452 1 621 355 218 274 Nombre d employés 130 600 39 740 13 094 8 142 18 134 Nombre de sociétés côtées 336 156 22 11 63 Capitalisation boursière 392 Mds 62 Mds 4 Mds 4 Mds 22 Mds Source : Ernst and Young. Beyond Borders 2007 - Chiffres 2006. 5 Extrait de l interview de Reinhardt Engelmar (Insead) sur les biotechnologies pour le Manifeste des Entreprises du Médicament publié en janvier 2007. 6 Voir annexe 1 pour un benchmarking complet des biotechnologies santé 4
3. Leviers d'actions pour dynamiser la position des biotechnologies santé en France Le développement des biotechnologies santé repose sur le passage dans le monde industriel de techniques issues de la recherche et dépend de la conjugaison d'éléments majeurs : la présence d une recherche publique de haut niveau, l efficacité des échanges de connaissance et de savoir-faire entre public et privé (valorisation de la recherche, partenariats ), l emploi et la formation d une main d œuvre qualifiée. Cinq leviers d actions apparaissent essentiels pour dynamiser la position française dans le domaine des biotechnologies santé : 1 2 La maturation de projets stratégiques L'augmention et la facilitation des financements 5 La reconnaissance de l innovation Leviers pour plus de Biotechs santé en France 3 La montée en puissance des structures et des compétences 4 Le contexte réglementaire, éthique le développement clinique 1 La maturation de projets stratégiques La loi «Allègre» de 1999 a permis l émergence d un nombre important d entreprises de biotechnologies, issues des activités de valorisation de la recherche académique française, aidées par le mécanisme des bio-incubateurs et des financements publics dédiés à l amorçage des projets de création d entreprise et au développement des sociétés jusqu à l étape de preuve de concept. Malheureusement les projets de R&D n ont pas atteint le degré de maturité les rendant suffisament attractifs pour les investisseurs ou de potentiels partenariats industriels, dans un environnement international très compétitif. 5
2 L'augmentation et la facilitation des financements Les supports en financements publics sont encore trop faibles en France pour permettre l amorçage des projets dans des conditions satisfaisantes et compétitives par rapport aux pays concurrents européens et internationaux. Certes, des mécanismes se sont mis en place (concours national d aide à la création d entreprises innovantes, OSEO Anvar, appels d offres de l Agence Nationale de la Recherche), mais sans commune mesure avec les investissements de nos concurrents dans l aide aux phases précoces de la création d entreprise. L investissement privé (capital risque notamment) prend logiquement le relai dans la phase de développement des jeunes sociétés de biotech. Or, son niveau d intervention reste encore de niveau trop faible en France. 3 La montée en puissance des structures et des compétences Si la France est pénalisée à l aune de l excellence scientifique 7, c est, entre autres, la conséquence d un émiettement des structures et de la dispersion des moyens. Les unités de recherche sont trop souvent isolées et dispersées dans des infrastructures obsolètes, trop petites, et donc centrées autour d une approche unique. Or, la constitution d équipes pluridisciplinaires est désormais indispensable en biologie. Les sciences du vivant exigent des plateaux techniques de très haut niveau, l accès à de grands équipements et particulièrement des unités de bioproduction 8, et des compétences spécifiques. Parmi les infrastructures nécessaires, les grandes collections ou biobanques deviennent pour la recherche médicale des enjeux stratégiques. Si la France dispose depuis l an 2000 d un programme d aide publique visant à favoriser la constitution de biobanques de qualité, elle reste néanmoins à la traîne par rapport aux efforts faits dans les pays anglo-saxons. 4 Le contexte réglementaire, éthique et le développement clinique Les jeunes entreprises de biotechnologies sont très tôt confrontées à un environnement mouvant et exigeant du point de vue réglementaire et éthique, à des phases de développement clinique coûteuses et très lourdes à mettre en place, en particulier pour ce qui concerne les nouvelles approches thérapeutiques comme la thérapie cellulaire 9 notamment. 5 La reconnaissance de l innovation L absence de certitude de reconnaissance de l innovation, en particulier pour les nouveaux médicaments issus des biotechnologies, complète le tableau peu attractif du marché français au niveau international. 7 Pour une vision globale du secteur des sciences du vivant en France, voir l ouvrage «Innovation Santé 2015, plaidoyer pour les sciences du vivant» publié par le Leem - Novembre 2007 8 Voir les études Biomédicaments 2010 et biomédicaments ; état des lieux en 2004 9 Voir l étude «Etude Compétitivité et attractivité de la France dans le domaine des thérapies cellulaires et tissulaires» Leem - Février 2007 6
4. Nos 12 propositions pour développer le secteur des biotechnologies santé Faciliter la maturation de projets stratégiques Proposition 1 : Mettre en place un Plan Innovation, impulsé par les plus hautes autorités du pays. Dans le prolongement de la démarche Innovation Santé 2015, initiée par le Leem et reprise dans l ouvrage «Innovation santé 2015», il est essentiel de déterminer : D une part les pathologies ou domaines prioritaires pour la santé publique en France et dans le monde, tels que le cancer, les pathologies neuro-dégénératives (Alzheimer 10, ) ou la prévention des infections et des crises sanitaires (grippe pandémique, Chikungunya 11 ) D autre part les approches thérapeutiques et technologiques à privilégier compte tenu du potentiel existant en France Proposition 2 : Prendre en compte et faire connaître l Initiative Médicaments Innovants 12 (IMI). Elle définit en effet des priorités précises, élaborées par les industriels, qui seront développées notamment dans le contexte de la future présidence française de l Union européenne (juillet 2008). Augmenter et faciliter les financements Proposition 3 : Orienter les financements (ANR, Oséo ) et les moyens structurels (Inserm Transfert, universités ) existants sur les axes prioritaires retenus. Le soutien des études de preuve de concept est primordial dans ce cadre. 10 Création d une task-force Alzheimer au sein du Leem - Juin 2007 11 Mobilisation collective des industriels du médicament contre le Chikungunya - Mai 2006. Voir rapport RSE 2006 Leem. 12 Réunion d information IMI - 18 janvier 2008 Leem 7
Proposition 4 : Mettre en place une coordination de la politique nationale de valorisation Mettre en place une coordination de la politique nationale de valorisation. En pratique une simplification des activités de valorisation est essentielle en France, notamment dans la conduite des négociations de transfert de technologie et de propriété industrielle, avec la désignation d un project leader pour chaque négociation, des engagements sur des délais de conduite des négociations Proposition 5 : Développer un cadre incitatif à long terme, en particulier pour les jeunes entreprises Prolonger le statut de «Jeune Entreprise Innovante» de 8 ans à 15 ans, à l instar de l Espagne. Aménager des allégements fiscaux pour l installation d unités de bioproduction pour la production de lots pilotes. Permettre l utilisation de certains dispositifs de défiscalisation ou de dégrèvement de la taxe professionnelle 13 afin de favoriser l investissement sur le territoire national des entreprises internationales, notamment par l implantation de site de production de biomédicaments. Renforcer les structures et les compétences Proposition 6 : Renforcer les structures de bioproduction Une masse critique de bioproduction étant essentielle pour dynamiser le secteur des biotechnologies santé, il faut évaluer les besoins d éventuelles nouvelles installations ou de reconversion de sites existants : Au niveau de la production précoce de lots pilotes. Des initiatives sont déjà lancées dans les pôles de compétitivité santé, notamment au niveau de Medicen et Atlantic Biothérapies Au niveau des lots GMP pour la recherche clinique. Un déficit de ce type d offre semble exister en France, obligeant les entreprises à faire appel à des prestataires de bioproduction à l étranger Concernant les sites de production de biomédicaments (échelle commerciale), des incitations fiscales à long terme sont essentielles, voir la proposition 5. 13 Voir annexe 2 8
Proposition 7 : Favoriser la création et l accès à des biobanques La Charte d accès aux tumorothèques réalisée par le Leem et l INCa en 2006 a permis de faciliter l accès aux banques de tumeurs avec l établissement conjoint d un cadre technique réglementaire, pour sécuriser l accès aux données. Il faut aujourd hui poursuivre le développement des critères de qualité permettant de rendre attractifs et compétitifs les centres de ressources biologiques. Le Leem s implique également dans la réflexion de la création d une banque de cellules souches dans le cadre des suites à donner à son étude «thérapie cellulaire». Proposition 8 : Faire monter en puissance les compétences humaines Le Leem a mis en place ou proposé plusieurs dispositifs, dans le cadre de son Plan Compétences 2010, issu de l étude «Biotechnologies Santé : Etude sur l emploi, les métiers et la formation» (septembre 2005) Formations des cadres des entreprises de biotech (+ de 200 prévues en 2008). Recensement et évaluations des formations biotech dans l enseignement supérieur. Proposition de création d'un plateau technique spécifique à la formation biotech. Mise en place d'une expérimentation de mutualisation des compétences (partage de personnel pour les fonctions supports et administratives au sein des jeunes entreprises ou la création de «services supports» dans les pôles de compétitivité : pharmaciens responsables, ressources humaines, gestion/comptabilité ) avec 2 projets pilotes (Lyon Biopôle,Medicen) Proposition 9 : Mobiliser et mutualiser les acteurs et les supports déterminants Mobiliser les acteurs du public et du privé, les pôles de compétitivité santé, les entreprises du médicament sur les axes prioritaires retenus. Le Pacte PME14 est un cadre idéal à faire connaître aux acteurs. Ce dispositif appliqué au secteur pharmaceutique peut permettre de développer les liens et partenariats entre jeunes entreprises de biotech et industriels. Initier et soutenir les projets de mutualisation et de collaborations entre acteurs du secteur pour accroître l attractivité de l offre de prestation scientifique et technologique en France 15, favoriser l implantation des grands donneurs d ordre du secteur (Pharma, BioPharma, Biotech), préparer et accompagner la construction de champions mondiaux, fers de lance du tissu industriel biotech national16 14 Voir Annexe 3. 15 Voir Annexe 1 : Le Leem lance un site d évaluation des biotechnologies santé. 16 Un exemple de mutualisation et de coopération : la BioBusiness Place Mutualisée soutenue par l Association Catalyse BioSciences http://catalysebiosciences.org, véritable place de marché voulue et financée par les entrepreneurs et les donneurs d ordre du secteur, et dont la construction bénéficie de la reconnaissance et du financement significatif de l Etat. 9
Adapter le cadre réglementaire, éthique et le développement clinique Proposition 10 : Adapter le cadre réglementaire et éthique En prenant en compte la spécificité de certains produits de biotech, comme l a montré l étude du Leem Biotech sur la thérapie cellulaire. L exemple de l initiative de l AFSSAPS pour développer les liens avec les jeunes entreprises dans le cadre de leurs programmes de R&D est un signe encourageant en ce sens, à développer pour les accompagner précocement dans la phase de maturation des projets. Proposition 11 : En développement clinique, faciliter l entrée des projets des jeunes sociétés de biotech notamment dans l optique d en réaliser la preuve de concept.. Valoriser le dispositif du CeNGEPS, mis en place en 2007, sous l impulsion du Leem et des industriels, composante essentielle de la maturation des jeunes entreprises en leur permettant de mettre en œuvre leurs programmes de développement clinique plus rapidement et dans de meilleures conditions pratiques. Reconnaitre l innovation Proposition 12 : Favoriser l innovation avec un accès rapide des produits sur le marché à un prix européen. Les produits reconnus innovants par la Commission de la Transparence bénéficient sur le marché de ville de la part du Comité Economique des Produits de Santé d'une procédure accélérée, d'un prix européen stable pendant 5 ans et d'un régime d'exemption de remises de régulation. La durée de stabilité doit être renforcée, y compris lorsqu'il existe de grandes molécules génériquées dans l'indication thérapeutique. Les mêmes principes de procédure accélérée et de prix européens stables doivent être étendus aux innovations hospitalières au travers de modalités compatibles avec la réforme hospitalière. 10
R E C A P I T U L A T I F Nos 12 propositions 1. Mettre en place un Plan Innovation, impulsé par les plus hautes autorités du pays 2. Prendre en compte et faire connaître l Initiative Médicaments Innovants 3. Orienter les financements (ANR, Oséo ) et les moyens structurels (Inserm transfert, universités ) existants sur les axes prioritaires retenus 4. Mettre en place une coordination de la politique nationale de valorisation 5. Développer un cadre incitatif à long terme, en particulier pour les jeunes entreprises 6. Renforcer les structures de bioproduction 7. Favoriser la création et l accès à des biobanques 8. Faire monter en puissance les compétences humaines 9. Mobiliser et mutualiser les acteurs et les supports déterminants 10. Adapter le cadre réglementaire et éthique 11. En développement clinique, faciliter l entrée des projets des jeunes sociétés de biotech notamment dans l optique d en réaliser la preuve de concept. 12. Favoriser l innovation avec un accès rapide des produits sur le marché à un prix européen. 11
Les propositions du Leem Biotech 1 2 Plan Innovation 2015 IMI Orienter les financements sur les axes prioritaires Développer une cadre incitatif 5 Promouvoir l accès rapide des produits sur le marché à un prix européen Leviers pour plus de Biotechs santé en France 4 3 Renforcer les structures de bioproduction Créer des biobanques Mutualiser les acteurs et les supports Plan compétences 2010 Adapter le cadre législatif Favoriser l étape de preuve du concept des jeunes sociétés de biotech 12
En conclusion : Les actions et travaux du Leem 17 pour développer le secteur des biotechnologies santé - 2007 : Plan Innovation Santé 2015-2007 : Etude thérapie cellulaire. - 2008 : Résultats étude Nanotech theranostics - 2005 : Etude Biomédicaments 2010-2008 : Résultats étude sur les pôles de compétitivité santé 1 Faciliter la maturation de projets stratégiques 2 Augmenter et faciliter les financements 3 Renforcer les structures et les compétences 5 Reconnaître l innovation 4 Adapter le cadre réglementaire, éthique et le développement clinique - 2006 : Charte d accès aux tumorothèques Leem INCa - 2007 : Plan compétences 2010-2008 : Résultats actualisation étude bioproduction (2006) - 2007 : Création du CeNGEPS - 2007 : Consultation des parties prenantes au débat sur l utilisation des celles souches embryonnaires avec publication des résultats en 2008 17 Les actions et travaux du Leem et des structures dédiées, le Leem recherche et le Leem Biotech sont entourés en vert dans le schéma récapitulatif ci dessus. 13
Annexe 1. Le Leem lance un site d évaluation des formations en biotechnologies santé www.formations-biotech.org Le Leem et ses partenaires biotech santé s engagent dans un plan d action ambitieux afin de développer la compétitivité de l emploi et des compétences biotech en France 18. Une des actions consiste en une évaluation des formations «biotech santé» selon des critères définis dans le cadre du partenariat entre le Leem Apprentissage et le Ministère de l Education Nationale, à partir notamment des chartes de l étude AEC et des critères de la LOLF. Aussi, pour une meilleure visibilité sur les formations initiales en matière de biotechnologies, le Leem Apprentissage met en ligne un outil qui devrait constituer à terme un annuaire de formations biotech destiné aux écoles et universités, aux étudiants et aux professionnels. Un score sera attribué à chaque formation inscrite sur le site sur la base des critères recherchés par les entreprises (enseignements exigés, insertion professionnelle réelle, évaluation des étudiants, modalités pédagogiques et professionnalisation des enseignements, évaluation du corps enseignant). La possibilité pour les anciens étudiants et les entreprises utilisatrices de donner leurs avis, permettra de compléter la précision sur l offre de formation au niveau national et d avoir une évaluation «utilisateurs» transparente. De plus, la prise en compte de critères recherchés par les professionnels sensibilisera les entreprises à l importance de prendre des stagiaires issus des formations biotech répertoriées sur le site. 18 «Biotechnologies Santé : étude sur l emploi, les métiers et la formation» - AEC Partners - Sept.2005 - «www.leem.org» 14
ANNEXE 2. BENCHMARKING BIOTECHNOLOGIES SANTE Données 2004 USA Europe Allemagne France Grande- Bretagne Nombre d entreprises biotechnologies 1991 2163 538 233 457 Nombre d employés 190 500 96 500 16 094 9 142 21 134 Source : EuropaBio / Critical I Biotechnology in Europe : 2006 Comparative study http://www.europabio.org/criticali2006/critical2006.pdf Données 2005 USA Europe Allemagne France Grande- Bretagne Nombre d entreprises biotechnologies 1415 1613 355 177 274 Nombre d employés 67 530 Nombre de sociétés côtées 329 122 13 9 49 Capitalisation boursière 43,3 Mds Source : Ernst & Young Beyond Borders 2006 Données 2004 USA Europe Allemagne France Grande- Bretagne Nombre d entreprises biotechnologies 1444 1815 346 228 311 Nombre d employés 137 400 72 420 Nombre de sociétés côtées 330 98 12 6 43 Capitalisation boursière 330Mds$ 31 Mds Source : Ernst & Young Beyond Borders 2005 15
ANNEXE 3. DISPOSITIONS FISCALES La taxe professionnelle est régulièrement invoquée comme une taxation pesant trop fortement sur l investissement industriel. Il pourrait être proposé un dégrèvement pour toutes les unités pilote de production, notamment unités de production biologique, sachant que l installation d unités pilote a très majoritairement comme conséquence le maintien dans le même lieu de la chaîne de production. Le dégrèvement permet à la collectivité locale de percevoir la taxe professionnelle : l Etat rembourse à l entreprise ce qui a été versé, ce qui ne privent pas les collectivités locales de recettes. Il s agirait de doubler les effets dans le temps (6 années au lieu de 3) de l actuel Dégrèvement Investissements Nouveaux i.e., deux premières années dégrèvement 100 %, 3 ème et 4 ème années dégrèvement de 2/3, 5 ème et 6 ème années, dégrèvement de 1/3. Il s agirait également de remettre en place un dégrèvement complémentaire (article 1647 B octies du CGI, prévu pour l année 2006) lorsque l entreprise a sa cotisation plafonnée à la valeur ajoutée. Ce dégrèvement complémentaire s appliquerait pour dix ans. Cette mesure pourrait redonner de l attractivité au territoire, au travers d une baisse du coût de la taxe professionnelle, qui est susceptible d être matérielle pour les groupes internationaux, afin de développer les sites de production en diminuant le coût de cette dernière Défiscalisation : en s'inspirant d'un des dispositifs de défiscalisation d'outre-mer, il pourrait être proposé de donner la possibilité aux entreprises de déduire de leurs résultats l'intégralité des souscriptions en numéraire réalisées à l'occasion de la constitution ou d'une augmentation de capital de sociétés de biotechnologies présentes dans les pôles de compétitivité, contre une obligation de conserver les titres pendant au moins cinq ans. 16
ANNEXE 4. LE PACTE PME L'objectif du Pacte PME est de faciliter et renforcer les relations entre les PME innovantes et les grands comptes, dans l'intérêt de chacune des parties prenantes. Le PACTE PME est signé par les grands comptes, le Comité Richelieu, qui y représente les intérêts des PME innovantes, et OSEO, porteur de l ensemble du dispositif en tant qu acteur de référence du soutien à l innovation. Le Pacte PME associe également des pôles de compétitivité (dont trois pôles de compétitivité santé) et des organisations professionnelles qui le déploient dans leurs domaines. A la fin de l année 2006, 900 PME françaises étaient inscrites au Pacte PME, soit trois fois plus que l objectif fixé en début d année. Ce résultat montre l importance pour les entreprises françaises du soutien au renforcement du chiffre d affaires. A ce jour 1745 PME se sont inscrites. Répartition géographique à fin 2006 (900 PME) 17
Références : Toutes les études citées sont disponibles sur www.leem.org / biotechnologies ou espace biotech Liste des études : Thérapies cellulaires et tissulaires Etude Compétitivité et attractivité de la France dans le domaine des thérapies cellulaires et tissulaires (février 2007) Bioproduction Etude «Biomédicaments 2010» : 5 propositions pour structurer en France une vraie filière industrielle des biotechnologies de santé (novembre 2004) Mise à jour de l étude «Biomédicaments 2010» (novembre 2005) Biomédicaments Etude Biomédicaments en France, Etat des lieux 2004 (juin 2005) Emplois, formation et compétences Etude «Biotechnologies Santé : Etude sur l emploi, les métiers et la formation» (septembre 2005) avec en conclusion le Plan COMPETENCES 2010. Rapport complet Synthèse de l étude La mutualisation des compétences dans les biotechnologies santé guide pratique à l'usage des dirigeants de PME biotech (mars 2007) Mutualisation des compétences dans les PME de biotechnologies Santé : besoins et perspectives Ces études ont été réalisées à l initiative du Leem et de ses deux structures dédiées le Leem Biotech et le Leem Recherche 18
Le Leem Biotech regroupe les entreprises de biotechnologies du secteur pharmaceutique. Il agit en tant que catalyseur d expériences et force de propositions. Les objectifs du Leem Biotech sont de : - Faciliter les échanges et coordonner les actions entre acteurs. - Créer les lieux et les opérations susceptibles de favoriser ces échanges - Optimiser les spécificités liées à l activité de biotechnologie de santé - Développer en France un environnement favorable à la production de médicaments issus des biotechnologies - Développer et coordonner les actions nationales et européennes. - Valoriser les biotechnologies en France Il a publié en novembre 2004, son étude «Biomédicaments 2010», (réactualisée en novembre 2005) au terme de laquelle il préconisait la labellisation de pôles de compétitivité santé et le soutien à la bio production. En 2007, il a publié l étude «Thérapie cellulaire et tissulaire» Président : Didier Hoch Coordination Leem : Pierre-Yves Arnoux Le Leem Recherche, est une association paritaire regroupant recherche publique et privée : en sont membres, l ensemble des instituts de recherche (Inserm, Inra, CEA, CNRS, Institut Curie, Institut Pasteur, Génopôle ), l AFSSAPS, les hôpitaux, les facultés de médecine et de pharmacie, le Ministère de la Recherche et de l Enseignement supérieur et les entreprises du médicament. L ambition du Leem Recherche est d encourager et de promouvoir le progrès thérapeutique. Dans cette optique, le Leem Recherche soutient des projets de recherche en décernant chaque année des bourses post-doctorales (axées sur les bio marqueurs) et facilite les partenariats et les transferts entre recherche publique et recherche privée. La rédaction d une charte d utilisation des tumorothèques, l organisation d une école d été destinée à former les chercheurs du public à la R&D industrielle, la tenue de conférences scientifiques en province ainsi que le soutien du Leem Recherche aux rencontres pharmacologiques de Giens sont des exemples de cette ambition. Plus globalement, le Leem Recherche s efforce de mobiliser les pouvoirs publics sur les enjeux liés au progrès thérapeutique : cette action s est matérialisée par l appel du Leem Recherche en mai 2007, suivi par la tenue du Forum Innovation Santé 2015 le 10 octobre à l Institut Pasteur et la rédaction de l ouvrage Innovation Santé 2015, remis aujourd hui aux participants à l Assemblée Générale. Elle se manifeste aussi par le soutien à l Initiative Médicaments Innovants dans le cadre du 7 ème PCRD européen. Le Leem Recherche s affirme ainsi pour les pouvoirs publics comme un partenaire privilégié et représentatif, à la fois «catalyseur de partenariats» et «promoteur du progrès thérapeutique de demain». Président : Christian Lajoux Président du Conseil Scientifique : Patrice Jaillon Coordination : Catherine Lassale 19