Chapitre 1 : le système international des unités



Documents pareils
Les unités de mesure en physique

Unités, mesures et précision

Le Système international d unités The International

PHYSIQUE Discipline fondamentale

MESURE DE LA TEMPERATURE

Mesure de la dépense énergétique

DIFFRACTion des ondes

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

NOTICE DOUBLE DIPLÔME

Atelier : L énergie nucléaire en Astrophysique

Chapitre 1 - Les circuits électriques

Cours d électricité. Introduction. Mathieu Bardoux. 1 re année. IUT Saint-Omer / Dunkerque Département Génie Thermique et Énergie

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

La physique nucléaire et ses applications

Résonance Magnétique Nucléaire : RMN

Nombres, mesures et incertitudes en sciences physiques et chimiques. Groupe des Sciences physiques et chimiques de l IGEN

Chapitre 1 Régime transitoire dans les systèmes physiques

Physique Chimie. Utiliser les langages scientifiques à l écrit et à l oral pour interpréter les formules chimiques

THEME 2. LE SPORT CHAP 1. MESURER LA MATIERE: LA MOLE

LA TYPOGRAPHIE (Norme ISO 31)

MATIE RE DU COURS DE PHYSIQUE

Cours d électricité. Circuits électriques en courant constant. Mathieu Bardoux. 1 re année

SOMMAIRE... SOMMAIRE... SOMMAIRE... SOMMAIRE... SOMMAIRE... SOMMAIRE... LES MESURES

L énergie sous toutes ses formes : définitions

1 ère partie : tous CAP sauf hôtellerie et alimentation CHIMIE ETRE CAPABLE DE. PROGRAMME - Atomes : structure, étude de quelques exemples.

I - Quelques propriétés des étoiles à neutrons

TP 03 B : Mesure d une vitesse par effet Doppler

1S9 Balances des blancs

Chapitre 10 : Radioactivité et réactions nucléaires (chapitre 11 du livre)

Histoire du Système métrique

DYNAMIQUE DE FORMATION DES ÉTOILES

Chapitre 11: Réactions nucléaires, radioactivité et fission

Thermodynamique (Échange thermique)

Contenu pédagogique des unités d enseignement Semestre 1(1 ère année) Domaine : Sciences et techniques et Sciences de la matière

POLY-PREPAS Centre de Préparation aux Concours Paramédicaux. - Section Orthoptiste / stage i-prépa intensif -

Champ électromagnétique?

Chapitre 6 ÉNERGIE PUISSANCE - RENDEMENT. W = F * d. Sommaire

Petit lexique de calcul à l usage des élèves de sixième et de cinquième par M. PARCABE, professeur au collège Alain FOURNIER de BORDEAUX, mars 2007

Mesures et incertitudes

Application à l astrophysique ACTIVITE

La Mesure du Temps. et Temps Solaire Moyen H m.

TS1 TS2 02/02/2010 Enseignement obligatoire. DST N 4 - Durée 3h30 - Calculatrice autorisée

1 000 W ; W ; W ; W. La chambre que je dois équiper a pour dimensions : longueur : 6 m largeur : 4 m hauteur : 2,50 m.

HORLOGE ET MONTRE IN SITU : MÉCANIQUE 2

Chapitre 1: Facteurs d'échelle

C3. Produire de l électricité

Lycée Galilée Gennevilliers. chap. 6. JALLU Laurent. I. Introduction... 2 La source d énergie nucléaire... 2

Chap 2 : Noyaux, masse, énergie.

ÉNERGIE : DÉFINITIONS ET PRINCIPES

Chapitre 11 Bilans thermiques

Erratum de MÉCANIQUE, 6ème édition. Introduction Page xxi (milieu de page) G = 6, m 3 kg 1 s 2

Chapitre 7: Énergie et puissance électrique. Lequel de vous deux est le plus puissant? L'énergie dépensée par les deux est-elle différente?

Équivalence masse-énergie

A retenir : A Z m n. m noyau MASSE ET ÉNERGIE RÉACTIONS NUCLÉAIRES I) EQUIVALENCE MASSE-ÉNERGIE

Les moments de force. Ci-contre, un schéma du submersible MIR où l on voit les bras articulés pour la récolte d échantillons [ 1 ]

TD 9 Problème à deux corps

L Évolution de la théorie d élasticité au XIX e siècle

EXERCICES SUPPLÉMENTAIRES

Electricité Générale

Les puissances La notion de puissance La puissance c est l énergie pendant une seconde CHAPITRE

Précision d un résultat et calculs d incertitudes

CHAPITRE VI : HYBRIDATION GEOMETRIE DES MOLECULES

ANALYSE SPECTRALE. monochromateur

LA PUISSANCE DES MOTEURS. Avez-vous déjà feuilleté le catalogue d un grand constructeur automobile?

Séquence 9. Étudiez le chapitre 11 de physique des «Notions fondamentales» : Physique : Dispersion de la lumière

Niveau 2 nde THEME : L UNIVERS. Programme : BO spécial n 4 du 29/04/10 L UNIVERS

Stage : "Développer les compétences de la 5ème à la Terminale"

Chapitre 9 : Applications des lois de Newton et Kepler à l'étude du mouvement des planètes et des satellites

P17- REACTIONS NUCLEAIRES

8/10/10. Les réactions nucléaires

Stockage de chaleur solaire par sorption : Analyse et contrôle du système à partir de sa simulation dynamique

L ÉLECTROCUTION Intensité Durée Perception des effets 0,5 à 1 ma. Seuil de perception suivant l'état de la peau 8 ma

Compétence 3-1 S EXPRIMER A L ECRIT Fiche professeur

Puissances d un nombre relatif

PHYSIQUE 2 - Épreuve écrite

U-31 CHIMIE-PHYSIQUE INDUSTRIELLES

Électricité statique. Introduction. Quelques étapes historiques importantes

1 Problème 1 : L avion solaire autonome (durée 1h)

Méthodes de Caractérisation des Matériaux. Cours, annales

Lycée français La Pérouse TS. L énergie nucléaire CH P6. Exos BAC

Atelier «son» Séance 2

INTRODUCTION À LA SPECTROSCOPIE

F = B * I * L. Force en Newtons Induction magnétique en teslas Intensité dans le conducteur en ampères Longueur du conducteur en mètres

TRAITÉ D'ELECTRICITE DE MAGNÉTISME INSTRUMENTS ET MÉTHODES DE MESURE ÉLECTRIQUE COURS PROFESSE A L'ECOLE SUPÉRIEURE DE TELEGRAPHIE PAR A.

PHOTO PLAISIRS. La Lumière Température de couleur & Balance des blancs. Mars 2011 Textes et Photos de Bruno TARDY 1

4.14 Influence de la température sur les résistances

PROGRAMME DE PHYSIQUE - CHIMIE EN CLASSE DE SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

Mario Geiger octobre 08 ÉVAPORATION SOUS VIDE

4 ème PHYSIQUE-CHIMIE TRIMESTRE 1. Sylvie LAMY Agrégée de Mathématiques Diplômée de l École Polytechnique. PROGRAMME 2008 (v2.4)

SOCLE COMMUN - La Compétence 3 Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique

Les statisticiens manient quotidiennement

GENERALITES SUR LA MESURE DE TEMPERATURE

CORRIGÉS DES EXERCICES

TP 2: LES SPECTRES, MESSAGES DE LA LUMIERE

SUIVI CINETIQUE PAR SPECTROPHOTOMETRIE (CORRECTION)

Photons, expériences de pensée et chat de Schrödinger: une promenade quantique

Physique, chapitre 8 : La tension alternative

Module 3 : L électricité

Baccalauréat STI2D et STL spécialité SPCL Épreuve de physique chimie Corrigé Session de juin 2014 en Polynésie. 15/06/2014

Transcription:

Chapitre 1 : le système international des unités 1 Introduction 1.1 Définition de la Physique La physique (du grec φυσικη, lanature) estétymologiquement la «science de la nature». La physique n'accepte comme résultat que ce qui est mesurable et reproductible par expérience. Pour progresser dans la connaissance d'un phénomène physique quelconque, il faut donc essayer d'avoir un point de vue quantitatif sur les grandeurs mises en jeu, c est à dire les mesurer. Les physiciens développent des théories en utilisant l'outil des mathématiques pour décrire et prévoir l'évolution des grandeurs caractéristiquesdes systèmes. La méthode scientifique permet de confirmer ou d'infirmer les hypothèses fondées sur une théorie edonnée.

1.2 Physique et mesure Classiquement, mesurer une grandeur consiste à la comparer àunegrandeur de même nature choisie comme unité. Le développement scientifique, technique et industriel exige que les mesures aient la même signification pour tous. Ce résultat pourrait être atteint en choisissant, pour chaque grandeur à mesurer, un étalon définissant avec précision une unité universellement admise. L'uniformité des mesures serait alors assurée. Mais le choix, la conservation, le perfectionnement des étalons et le rattachement de chaque mesure à son étalon particulier exigeraient un travail immense. On préfère, grâce au système international d'unités (SI), successeur du système métrique, rapporter toutes les mesures à un très petitnombred'étalons fondamentaux, auxquels il est possible de consacrer tout le soin nécessaire. Ceux ci définissent directement les unités de base : mètre, kilogramme, seconde, ampère, kelvin, candela, mole. Les unités dérivées s'en déduisent à l'aide de relations de définition, relations physiques entre les grandeurs de base et les grandeurs dérivées. L'unité de force du SI, par exemple, est le newton, force qui, appliquée à une masse d'un kilogramme, augmente sa vitesse, en une seconde, d'un mètre par seconde. Cette définition ne fait appel qu'aux unités de base (m, kg, s) et à la relation : force = masse accélération (dite souvent «équation fondamentale de la dynamique»).

2 Genèse du Système International des unités (SI) La création du Système métrique décimal au moment de la Révolution française et le dépôt qui en a résulté, le 22 juin 1799, de deux étalons en platine représentant le mètre et le kilogramme aux Archives de la République à Paris peuvent être considérés comme la première étape ayant conduit au Système international d unités actuel. En 1832, Gauss œuvra activement en faveur de l application du Système métrique, associé à la seconde définie en astronomie, comme système cohérent d unités pour les sciences physiques. Gauss fut le premier à faire des mesures absolues du champ magnétique terrestre en utilisant un système décimal fondé sur les trois unités mécaniques millimètre, gramme et seconde pour, respectivement, les grandeurs longueur, masse et temps. Par la suite, Gauss et Weber ont aussi effectué des mesuresde phénomènes électriques. Maxwell et Thomson mirent en œuvre de manière plus complète ces mesures dans les domaines de l électricité et du magnétisme au sein de la British Association for the Advancement of Science (BAAS) dans les années 1860. Ils exprimèrent la nécessité d un système cohérent d unités formé d unités de base et d unités dérivées. En 1874 la BAAS introduisit le système CGS, un système d unités tridimensionnel cohérent fondé sur les trois unités mécaniques centimètre, gramme et seconde, et utilisant des préfixes allant du micro au méga pour exprimer les sous multiples et multiples décimaux. C est en grande partie à l utilisation de ce système que l on doit les progrès de la physique, en tant que science expérimentale, observés par la suite.

Les unités CGS cohérentes choisies pour les domaines de l électricité et du magnétisme s étant avérées mal commodes, le BAAS et le Congrès international d électricité, qui précéda la Commission électrotechnique internationale (CEI), approuvèrent, dans les années 1880, un «système mutuellement cohérent d unités pratiques». Parmi celles ci figuraient l ohm pour la résistance électrique, le volt pour la force électromotrice et l ampère pour le courant électrique. Après la signature de la Convention du Mètre le 20 mai 1875, le Comité international se consacra à la construction de nouveaux prototypes, choisissant le mètre et le kilogramme comme unités de base de longueur et de masse. En 1889 la première Convention Générale des Poids et Mesures (CGPM) sanctionna les prototypes internationaux du mètre et du kilogramme. Aveclaseconde des astronomes comme unité de temps, ces unités constituaient un système d unités mécaniques tridimensionnel similaire au système CGS, mais dont les unités de base étaient le mètre, le kilogramme et la seconde, le système MKS. En 1901, Giorgi montra qu il était possible d associer les unités mécaniques de ce système mètre kilogramme seconde ausystème pratique d unités électriques pour former un seul système cohérent quadridimensionnel en ajoutant à ces troisunitésdebaseune quatrième unité, de nature électrique, telle que l ampère ou l ohm, et en rationalisant les expressions utilisées en électromagnétisme. La proposition de Giorgi ouvrit la voie à d autres extensions.

Après la révision de la Convention du Mètre par la Sixième CGPM en 1921, qui étendit les attributions et les responsabilités du Bureau international à d autres domaines de la physique, et la création du Comité consultatif d'électricité (CCE) par la Septième CGPM qui en a résulté en 1927, la proposition de Giorgi fut discutée en détail par la CEI, l Union internationale de physique pure et appliquée (UIPPA) et d autres organisations internationales. Ces discussions conduisirent le CCE à proposer, en 1939, l adoption d un système quadridimensionnel fondé sur le mètre, le kilogramme, la seconde et l ampère, le système MKSA, une proposition qui fut approuvée par le Comité international en 1946. À la suite d une enquête internationale effectuée par le Bureau international à partir de 1948, la Dixième CGPM, en1954, approuva l introduction de l ampère, du kelvin et de la candela comme unités de base, respectivement pour l intensité de courant électrique, la température thermodynamiqueet t l intensité ité lumineuse. La Onzième CGPM donna le nom Système international d unités (SI) à ce systèmeen 1960. Lors de la Quatorzième CGPM,en1971,lamolefut ajoutée au SI comme unité de base pour la quantitédematière,portantàsept autotallenombred unités de base du SI tel que nous le connaissons aujourd hui hui.

3 Les deux classes d unités SI On distingue deux classes d unités SI : les unités de base ; les unités ié dérivées. é Du point de vue scientifique, la division des unités SI en ces deux classes est arbitraire car elle n est pas imposée par la physique. Néanmoins, la Conférence générale a pris en considération les avantages que présente l adoption ladoption d un dun système mondial d unités unités, unique et pratique, pour les relations internationales, l enseignement et la recherche scientifique, et a décidé de fonder le Système international sur un choix de sept unités bien définies que l on convient de considérer comme indépendantes du point de vue dimensionnel : le mètre, le kilogramme, la seconde, l ampère lampère, le kelvin, la mole et la candela. Ces unités SI sont appelées unités de base. La deuxième classe des unités SI est celle des unités dérivées. Ce sont les unités qui sont formées en combinant les unités de base d après des relations algébriques qui lient les grandeurs correspondantes. Les noms et les symboles de ces unités sont exprimés à l aide des noms et symboles des unités de base. Certains d entre eux peuvent être remplacés par des noms et des symboles spéciaux qui peuvent être utilisés pour exprimer les noms et symboles d autres unités dérivées

Les unités SI de ces deux classes forment un ensemble cohérent d unités, au sens donné au mot cohérent par les spécialistes, c est à dire un système d unités liées entre elles par des règles de multiplication et division sans facteur numérique autre que le facteur 1. Il est important de souligner que chaque grandeur physique n a qu une seule unité SI, même si cette unité peut être exprimée sous différentes formes. Par exemple, le Joule et l électron volt sont deux unités différentes de la grandeur physique «énergie». L inverse toutefois n est pas vrai ; une même unité SI peut dans certains cas être employée Linverse, toutefois, nestpas vrai ; une même unité SI peut dans certains cas être employée pour exprimer les valeurs de grandeurs différentes. Par exemple, le Joule est l unité à la fois du travail d une force et de l énergie.

4 Unités SI de base Les définitions officielles de toutes les unités de base du SI sont approuvées par la Conférence générale. La première de ces définitions fut approuvée en 1889 et la plus récente en 1983. Ces définitions sont modifiées de temps à autre pour suivre l évolution des techniques de mesure et afin de permettre une réalisation plus exacte des unités de base.

4.1 Unité de longueur (mètre) La définition du mètre fondée sur le prototype international en platine iridié (90 % platine et 10 % iridium), en vigueur depuis 1889, avait été remplacée lors de la 11e CGPM (1960) par une définition fondée sur la longueur d onde d une radiation du krypton 86, afin d améliorer l exactitude de la réalisation du mètre. L'ancien mètre étalon. A gauche, celui que l'on peut encore voir au 36 de la rue de Vaugirard à Paris; à droite, celui, en platine iridié, conservé à Sèvres La 17e CGPM a remplacé en 1983 cette dernière définition par la suivante : Le mètre est la longueur du trajet parcouru dans le vide par la lumière pendant une durée de 1/299 792 458 de seconde. Cette définition a pour effet de fixer exactement la vitesse de la lumière à 299 792 458 m s 1. L ancien prototype international du mètre, qui fut sanctionné par la 1re CGPM en 1889, est toujours conservé au BIPM dans les conditions fixées en 1889.

4.2 Unité de masse (kilogramme) Le prototype international du kilogramme, en platine iridié, est conservé au Bureau international dans les conditions fixées par la 1re CGPM en 1889 lorsqu elle sanctionna ce prototype et déclara : Ce prototype sera considéré désormais comme unité de masse. Ce prototype a succédé en 1889 au décimètre cube d'eau pure, trop difficile à réaliser avec précision. Le kilogramme est actuellement défini comme la masse d un cylindre en platine iridié de 39 mm de diamètre et 39 mm de haut. La 3e CGPM (1901), dans une déclaration tendant à faire cesser l ambiguïté qui existait dans l usage courant sur la signification du terme «poids», confirma que : Le kilogramme est l unité de masse ; il est égal à la masse du prototype international du kilogramme. Jugée parfois imprécis, cet étalon pourrait être redéfini par une sphère de silicium moins sujette aux dégradations causées par le temps. Cette sphère pourrait aussi donner lieux à une nouvelle définition de cette unité de mesure qui serait alors liée au nombre d'atome de silicium.

4.3 Unité de temps (seconde) La seconde, unité de temps, fut définie à l origine comme la fraction 1/86 400 du jour solaire moyen. La définition exacte du «jour solaire moyen» était laissée aux astronomes. Toutefois, leurs travaux ont montré que le jour solaire moyen ne présentait pas les garanties voulues d exactitude par suite des irrégularités de la rotation de la Terre. Pour donner plus de précision à la définition de l unité de temps, la 11e CGPM (1960) sanctionna une définition, donnée par l Union astronomique internationale, qui était fondée sur l année tropique (l'intervalle de temps dans lequel la longitude moyenne du Soleil sur son orbite apparente, qu'est l'écliptique, croît de 360 ). Cependant, les recherches expérimentales avaient déjà montré qu un étalon atomique d intervalle de temps, fondé sur une transition entre deux niveaux d énergie d un atome ou d une molécule, pouvait être réalisé et reproduit avec une exactitude beaucoup plus élevée. Considérant qu une une définition de haute précision de l unité lunité de temps du Système international était indispensable, la 13e CGPM (1967 1968) a remplacé la définition de la seconde par la suivante : La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes éi de la radiation correspondant à la transition entre les deux niveaux hyperfins de l état fondamental de l atome de césium 133. Lors de sa session de 1997, le Comité international a confirmé que cette définition se réfère àunatome de césium au repos, à une température de 0K.

4.4 Unité de courant électrique (ampère) Des unités électriques, dites «internationales», pour le courant et pour la résistance, avaient été introduites par le Congrès international d électricité, tenu à Chicago en 1893, et les définitions de l ampère «international» et de l ohm «international» furent confirmées par la Conférence internationale de Londres en 1908. Bien qu une opinion unanime de remplacer ces unités «internationales» par des unités dites «absolues» fût déjà évidente à l occasion de la 8e CGPM (1933), la décision formelle de supprimer ces unités «internationales» ne fut prise que par la 9e CGPM (1948) qui adopta pour l ampère, unité de courant électrique, la définition suivante proposée par le Comité international : L ampère est l intensité d un courant constant qui, maintenu dans deux conducteurs parallèles, rectilignes, de longueur infinie, de section circulaire négligeable et placés à une distance de 1 mètre l un de l autre dans le vide, produirait entre ces conducteurs une force égale à 2 x 10 7 newton par mètre de longueur. L expression «unité MKS de force» qui figure dans le texte original de 1946 a été remplacée ici par «newton», nom adopté pour cette unité par la 9e CGPM. Cette définition a pour effet de fixer la perméabilité du vide à 4π 10 7 H m 1 exactement.

4.5 Unité de température thermodynamique (kelvin) La définition de l unité de température thermodynamique fut en fait donnée par la 10e CGPM (1954) qui choisit le point triple de l eau comme point fixe fondamental en lui attribuant la température de 273,16 K par définition. La 13e CGPM (1967 1968) adopta le nom kelvin (symbole K) au lieu de «degré Kelvin» (symbole K) et définit l unité de température thermodynamique comme suit : Le kelvin, unité de température thermodynamique, est la fraction 1/273,16 de la température thermodynamique du point triple de l eau. En raison de la manière dont les échelles de température étaient habituellement définies, il resta d usage courant d exprimer une température thermodynamique, symbolet, en fonction de sa différence par rapport à la température de référence T 0 = 273,15 K, le point de congélation de l eau. Ctt Cette différence de température t est appelée température t Cli Celsius, symbole t, et elle est définie par l équation : t = T T 0. L unité de température Celsius est le degré Celsius, symbole C, égal à l unité kelvin par définition. Un intervalle ou une différence de température peut s exprimer sexprimer aussi bien en kelvins qu en degrés Celsius. La valeur numérique d une température Celsius t exprimée en degrés Celsius est donnée par La valeur numérique d une température Celsius t exprimée en degrés Celsius est donnée par la relation : T( C) = T(K) 273,15.

4.6 Unité de quantité de matière (mole) Après la découverte des lois fondamentales de la chimie, on a utilisé, pour spécifier les quantités des divers éléments ou composés chimiques, des unités portant par exemple les noms de «atome gramme» et «molécule gramme». Ces unités étaient liées directement aux «poids atomiques» et aux «poids moléculaires» qui étaient en réalité des masses atomiques et moléculaires relatives. Les «poids atomiques» furent d abord rapportés à celui de l élément chimique oxygène, pris par convention égal à 16. Mais, tandis que les physiciens séparaient les isotopes au spectromètre de masse et attribuaient la valeur 16 à l un des isotopes de l oxygène, les chimistes attribuaient la même valeur au mélange (de composition légèrement variable) des isotopes 16, 17 et 18 qui constitue l élément oxygène naturel. Un accord entre l Union internationale ti de physique pure et appliquée (UIPPA) et l Union internationale ti de chimie i pure et appliquée (UICPA) mit fin à cette dualité en 1959 1960. Depuis lors, physiciens et chimistes sont convenus d attribuer la valeur 12, exactement, au «poids atomique», ou selon une formulation plus correcte à la masse atomique relative, de l isotope lisotope 12 du carbone (carbone 12, 12 C). L échelle unifiée ainsi obtenue donne les valeurs des masses atomiques relatives. Il restait à définir l unité de quantité de matière en fixant la masse correspondante de carbone 12 ; par un accord international, cette masse a été fixée à 0,012 kg et l unité de la grandeur «quantité de matière» a reçu le nom de mole (symbole mol).

Suivant les propositions de l UIPPA, de l UICPA et de l ISO, le Comité international donna en 1967 et confirma en 1969 une définition de la mole qui fut finalement adoptée par la 14e CGPM (1971) : 1.La mole est la quantité de matière d un système contenant autant d entités élémentaires qu il yad atomes dans 0,012012 kilogramme decarbone 12 ;sonsymboleest «mol». 2. Lorsqu on emploie la mole, les entités élémentaires doivent être spécifiées et peuvent être des atomes, des molécules, des ions, des électrons, d autres dautres particules ou des groupements spécifiés de telles particules. En 1980, le Comité international a approuvélerapport du CCU (1980) qui précisait que dans cette définition, il est entendu que l on se réfère à des atomes de carbone 12 non liés, au repos et dans leur état fondamental.

4.7 Unité d intensité lumineuse (candela) Les unités d intensité lumineuse fondées sur des étalons à flamme ou à filament incandescent, qui étaient en usage dans différents pays avant 1948, furent d abord dabord remplacées par la «bougie nouvelle» fondée sur la luminance du radiateur de Planck (corps noir) à la température de congélation du platine. Cette modification avait été préparée p dès avant 1937 par la Commission internationale de l éclairage (CIE) et par le Comité international ; la décision fut prise par le Comité international en 1946. Elle fut ratifiée en 1948 par la 9e CGPM qui adopta pour cette unité un nouveau nom international, la candela (symbole cd) ; en 1967, la 13e CGPM donna une forme amendée à la définition de 1946. En 1979, en raison des difficultés expérimentales de la réalisation du radiateur de Planck aux températures élevées et des possibilités nouvelles offertes par la radiométrie, c est àdire la mesure de la puissance des rayonnements optiques, la 16e CGPM (1979) adopta une nouvelle définition de la candela : La candela est l intensité lumineuse, dans une direction donnée, d une source qui émet un rayonnement monochromatique de fréquence 540.10 12 hertzetdontl intensité énergétique dans cette direction est 1/683 watt parstéradian.

Tableau récapitulatif des étalons fondamentaux.

4.8 Unités de base et Symboles des unités de base Les unités de base du Système international sont rassemblées dans le tableau ci dessous avec leur nom et leur symbole ; elles sont mises en vis à vis de la grandeur physique qu elles servent à mesurer, et de leur dimension :

5 Unités SI dérivées Les unités dérivées sont des unités qui peuvent être exprimées à partir des unités de base au moyen des symboles mathématiques de multiplication et de division. Certaines unités dérivées ont reçu des noms spéciaux et des symboles particuliers qui peuvent eux mêmes être utilisés avec les symboles d autres dautresunitésunités de base ou dérivées pour exprimer les unités d autres grandeurs.

5.1 Unités exprimées à partir des unités de base Le tableau ci dessous donne quelques exemples d unités dérivées exprimées directement à partir des unités de base. Les unités dérivées sont obtenues par multiplication et division des unités de base.

5.2 Unités ayant des noms spéciaux et des symboles particuliers ; unités utilisant des unités ayant des noms spéciaux et des symboles particuliers Par souci de commodité, certaines unités dérivées, qui sont mentionnées au tableau 3, ont reçu un nom spécial et un symbole particulier. Ces noms et symboles peuvent eux mêmes être utilisés pour exprimer d autres unités dérivées : quelques exemples figurent au tableau 4. Les noms spéciaux et les symboles particuliers permettent d exprimer, sous une forme condensée, des unités fréquemment utilisées.

6 Multiples et sous multiples décimaux des unités SI : préfixes SI La 11e CGPM (1960) a adopté une sériedepréfixesetsymbolesdepréfixespour former les noms et symboles des multiples l et sous multiples l décimaux des unités SI de 10 12 à 10 12. Les préfixes pour 10 15 et 10 18 furent ajoutés par la 12e CGPM (1964), ceux pour 10 15 et 10 18 par la 15e CGPM (1975) et ceux pour 10 21, 10 24, 10 21 et 10 24 par la 19e CGPM (1991). Les préfixes et symboles de préfixes qui ont été adoptés figurent au tableau 5.

Quelques exemples en électricité

Exercices

7 Etalons auxiliaires Toutes les mesures ne peuvent pas être rattachées directement aux étalons fondamentaux. On utilise un grand nombre d'étalons intermédiaires pour transmettre, par étapes successives, la valeur des unités depuis les étalons fondamentaux jusqu'aux utilisateurs. Les qualités de ces étalons auxiliaires varient suivant la précision cherchée. Les meilleurs sont souvent à peine moins précis que l'étalon fondamental lui même. Certains sont simplement des répliques de l'étalon : c'est le cas des prototypes nationaux et des témoins du kilogramme ; d'autres dautres, déclassés par le choix d'un dun nouvel étalon (anciens prototypes du mètre en platine iridié, points de fusion et d'ébullition de l'eau, mole d'hydrogène), continuent une carrière fort honorable. Les «prétendants» au titre d'étalon fondamental qui ont fait ou font l'objet lobjet d'études détudestrèstrès poussées (radiations du krypton, du mercure, du cadmium, horloges à hydrogène, quelques radiations moléculaires observables en absorption) fournissent aussi des étalons auxiliaires de choix.

L'accélération due à la pesanteur, la masse volumique de l'eau et celle du mercure sont universellement employées pour rattacher aux unités fondamentales les mesures des grandeurs dérivées qui font intervenir une force, un volume ou une pression ; de même, diverses températures de changements d'état (points fixes), pour la thermométrie, et les piles et résistances «étalons» en électricité, servent couramment aux étalonnages les plus précis. Des constantes physiques comme la charge élémentaire ou la masse de l'électron, la masse ou le coefficient gyromagnétique du proton, la constante de Planck, la constante d'avogadro, etc., qui interviennent directement dans de nombreuses relations entre grandeurs physiques, servent souvent pour exprimer des mesures relatives dans des domaines où les ordres de grandeur défient l'imagination i i (f (cf. tableau des constantes physiques fondamentales). Il serait séduisant, du point de vueesthétique, d'utiliser de tll telles constantes, t universelles par nature, comme étalons fondamentaux. Aucune d'entre elles n'est connue actuellement avec une précision suffisante pour jouer ce rôle : cette précision correspond exactement à celle avec laquelle on saurait leur rattacher les mesures pratiques.

8 Constantes physiques En science, une constante physique est une quantité physique dont la valeur numérique est fixe. Contrairement à une constante mathématique, elle implique directement une grandeur physiquement mesurable. Les valeurs listées ci dessous sont des valeurs dont on a remarqué qu'elles semblaient constantes et indépendantes de tous paramètres utilisés, et que la théorie suppose donc réellement constantes. Les constantes sans dimension, comme la constante de structure fine, ne dépendent pas du système de poids et mesures utilisé. Les autres auraient évidemment des valeurs différentes dans des systèmes différents. Des systèmes ont été proposés sur la base d'une fixation à 1 du plus grand nombre de constantes possible, mais n'ont pas connu grand succès dans le grand public pour le moment, maisles physiciens les utilisent.

Constantes t universelles

Constantes électromagnétiques

Constantes astronomiques

Constantes physico chimiqueschimiques

Constantes atomiques et nucléaires

9 Analyse dimensionnelle L'analyse dimensionnelle est un outil théorique servant à interpréter les problèmes à partir desdimensionsdimensions des grandeursphysiques mises en jeu. Cet outil est utilisé particulièrement en physique, en chimie et en ingénierie. L'analyse dimensionnelle permet notamment de vérifier apriorila viabilité d'une équation ou du résultat d'un calcul. Elle est utile également pour formuler des hypothèses simples sur les grandeurs qui gouvernent l'état d'un système physique avant qu'une une théorie plus complète ne vienne valider ces hypothèses. L'analyse dimensionnelle repose sur le fait que ne peuvent être comparées que des Lanalyse dimensionnelle repose sur le fait que ne peuvent être comparées que des grandeurs ayant la même dimension :il est possible de comparer deux longueurs entre elles, mais pas une longueur et une masse entre elles par exemple.

L équation aux dimensions est la formule qui permet de déterminer la dimension dans laquelle doit être exprimé le résultat d'une formule. C'est une équation de grandeurs, c'est à dire dans laquelle on représente les phénomènes mesurés par un symbole ; par exemple, une longueur est représentée par la lettre «L». Une grandeur est un paramètre mesurable qui sert à définir un état, un objet. Par exemple, la longueur, la température, l'énergie, la vitesse, la pression, une force (par exemple le poids), l'inertie linertie(masse), laquantité de matière (nombre de moles)...sontsont des grandeurs. D'une manière générale il est possible d'exprimer la dimension de toutes les grandeurs physiques en fonction de sept dimensions de bases : longueur L masse M temps, ou durée T intensité électrique I température Θ quantité de matière N intensité lumineuse J

Ainsi, la dimension d'une grandeur est la manière dont elle se compose à partir des sept dimensions de base. Par exemple, on dit que «la dimension d'une vitesse est une longueur divisée par une durée» (on dit aussi «la vitesse est homogène à une longueur divisée par une durée). On note ceci de manière abrégée par une équation aux dimensions : La composition peut devenir plus complexe. Ainsi, la force a la dimension d'une masse multipliée par une longueur et divisée par une durée au carré : Les exposants indiquent le degré d'influence d'un paramètre composant le phénomène sur l'intensité finale du paramètre. Ce sont précisément ces exposants qu'on appelle «dimensions» dans l'expression «équation aux dimensions».

Utilisation de l analyse dimensionnelle : Vérification de l'homogénéité d'une formule Lors de l'établissement d'une expression, l'analyse dimensionnelle permet de vérifier son homogénéité et de la corriger le cas échéant, sachant qu'une expression non homogène ne peut être que fausse. Exemple : vérification de l'homogénéité de l'expression de la période d'un pendule simple : T = 2π Recherche de la forme d'une expression A = f(b, C) l g On suppose qu'une une grandeur A peut s'exprimer sexprimerenen fonction de deux autres grandeurs B et C : A = f(b, C). Pour déterminer la forme de f, on exprime B et C en fonction des grandeurs fondamentales, puis on recherche les coefficients a et b, tels que B a C b et A aient la même dimension. Exemple : recherche de l'expression de la période propre To d'un dipôle LC, sachant que To est fonction de l'inductance L et de la capacité C. Pour cela, on établit les équations aux dimensions des grandeurs L et C, puis on recherche les valeurs de a et b pour que, le produit L a C b ait la dimension d'un temps.

T0 = k. LC Une analyse plus complète que l analyse dimensionnelle permet d identifier la constante k à 2π.

Annexe : étymologie des noms d unités Commençons par les unités de base du Système International. Le mètre tire son nom du grec metron signifiant mesure qui a donné le suffixe mètre qu'on trouve dans la plupart des noms d'instruments de mesure. L étymologie du gramme est plus complexe. Sous l'empire romain, le scrupulum était le poids égal a un vingt quatrième d'once. Son altération en scripulum amena à tort les Grecs à le croire dérivé de scribere (écrire) et à le rendre par gramma (signe g écrit) ) qui a donné notre gramme et que l'on retrouve en suffixe dans les mots tels que télégramme, programme, diagramme, etc. Quant à la seconde, brève par définition, elle vient de la francisation écourtée du latin minutum secundum, qu'ondevraittraduireproprementpar«menue partie (étymologie de la minute) résultant de la seconde division de l'heure». Pour l ampère et le kelvin, il ne faut pas chercher bien loin, ce sont les noms des physiciens français André Marie Ampère et anglais William Thomson, dit Lord Kelvin. La mole, abréviation apparue dans la langue anglaise pour désigner la molécule gramme, vient comme celle ci du latin molecula. Quant à la candela, son étymologie est, comme il se doit, lumineuse puisqu'elle est passée directement du latin (chandelle)aufrançais.

La liste des autres unités SI constitue une longue litanie de noms de savants transformés en noms communs : hertz, newton, pascal, joule, watt, coulomb, ohm, siemens, weber, tesla, henry, becquerel, gray et sievert ; enfin Volta et Faraday qui, par suite d'une apocope, ont donné naissance au volt et au farad. Tout comme la candela déjà citée, le lux et le lumen proviennent directement du latin où ils signifient tous les deux «lumière» ; seul leur genre a changé : respectivement féminin et neutre en latin, ils sont devenus masculins en entrant dans le SI. Enfin, le radian vient du latin radius (rayon) tout comme l hybride stéradian dont la première syllabe est issue du grec stereos (solide). Comme la seconde, la minute est une «menue division i i» du temps ; elle serattache donc à l'adjectif latin minutus (menu) par l'intermédiaire du latin médiéval minuta. L'étymologie d'heure, du latin hora transformé d'abord en ore et eure, ne pose guère de difficulté. Tel n'est pas le cas, en revanche, pour le jour qui se rattache au latin classique dies par le latin populaire diurnus et par l'ancien français jorn. Le bar (unité de pression) a une étymologie simple puisqu'il il dérive du grec baros (poids, pesanteur) qu'on retrouve dans le baryum, métal ainsi nommé à cause de son poids élevé et dans le baryton, chanteur qui émet un son grave. Le degré, qu'il soit Celsius ou d'angle, se rattache à l'ancien français gré qui avait lui aussi le sens propre de marche d'escalier tout comme son doublet gras. Gréestlui même tiré du latin gradus, tout comme le grade.

Abordons aussi l'étymologie des préfixes de multiples et sous multiples, compléments indispensables des noms d'unités. La logique de départ était simple : des préfixes grecs pour les multiples et des préfixes latins pour les sous multiples. C'est ainsi qu'à déci, centi et milli, tirés de decimus (dixième), centesimus (centième) et millesimus (millième) font pendant déca, hecto et kilo, construits sur deka (dix), hekaton (cent), et khilioi (mille). Les choses se sont gâtées lorsqu'on a voulu gagner quelques ordres de grandeur puisque, pour traduire le millionième, on a choisi le mot grec micros (petit), transforméenmicro, plutôt qu'un mot latin. Rien à dire, en revanche, sur méga formé sur le grec megas (grand). Quand, en1960,onavoulu exprimer les puissances neuvième et douzième de 10,onaréussi àtrouverd'autres racines grecques :legéant gigas adonnégiga et le monstre teras adonné téra. Conformément à la logique initiale, pour traduire le milliardième, onafaitappelaumot latin signifiant le nain, nanus, d'où doùnano. Mais on a fait une nouvelle entorse à la règle avec pico, dérivé de l'italien piccolo (petit). Le dernier coup porté au latin dans la dénomination des sous multiples est intervenu en 1964 Le dernier coup porté au latin dans la dénomination des sous multiples est intervenu en 1964 avec l'apparition de femto (10 15 )etatto (10 18 )tirésdesmots danois femten (quinze) etatten (dix huit).

Pour les derniers baptêmes de multiples, on a bien respecté la tradition consistant à user de racines grecques, mais dans des conditions telles que Thalès et Pythagore ont dû se retourner dans leur tombe! Remarquant a posteriori que téra (10 12, c'est à dire 10 4x3 était à une consonne près identique à tétra, préfixetirédugrectetras (quatre), on s'est dit que la méthode pourrait être généralisée. Ainsi, pour 10 15 c'est à dire 10 5x3, on a retiré de penta (de pente : cinq) la consonne n, d'où le disgracieux péta ;etpour10 18,c'est à dire 10 6x3,onaprivédesonh initial le préfixe hexa (de hex : six) d'où exa. Les quatre derniers préfixes en date furent adoptés en 1991. Zepto provient du latin septem et du français «sept», car égal à 1/1000 7.Delamêmemanière,Yocto provient du grec ό τώ, huit,carégal é là 1/1000 8. Yotta provient du grec ancien ὀκτώ, októ, «huit», car égal à 1000 8 et zetta provient du français sept, car égal à 1000 7.