SCHÉMA DÉPARTEMENTAL DES RISQUES NATURELS MAJEURS DES YVELINES

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Transcription:

Direction Départementale des Territoires des Yvelines PRÉFECTURE DES YVELINES Le Schéma Départemental des Risques Naturels Majeurs est aussi disponible sous format numérique à l adresse ci-dessous : www.yvelines.equipement.gouv.fr PROGRAMME D ACTIONS (2013-2017) SCHÉMA DÉPARTEMENTAL DES RISQUES NATURELS MAJEURS DES YVELINES PROGRAMME D ACTIONS POUR LA PÉRIODE 2013-2017

2 3 INTRODUCTION Même moins exposées que d autres territoires, les Yvelines sont concernées par plusieurs risques naturels susceptibles d affecter gravement les activités humaines et l environnement. Les inondations par débordement de cours d eau, ruissellement ou remontées de nappe phréatique sont le risque naturel prépondérant dans le département : plus de 140 communes y sont exposées. La zone la plus sensible est la vallée de la Seine, qui traverse le nord du département de Bougival à Port-Villez. Les conséquences d une crue majeure sur les 57 communes concernées pourraient s avérer bien plus importantes que celles de la crue historique de 1910, l urbanisation ayant largement progressé depuis. Par ailleurs, plus de 100 communes peuvent être touchées par d autres phénomènes localisés : il peut s agir d inondations rapides sur des petits cours d eau, de mouvements de terrain dus à l instabilité de fronts rocheux, notamment le long de la Seine, ou encore de l effondrement de cavités souterraines laissées à l abandon après des années d exploitation du sous-sol. INTRODUCTION Si ces risques ne peuvent être effacés, ils ne sont pas une fatalité : depuis des années, la politique de prévention des risques naturels vise à développer un ensemble d actions complémentaires afin de prévenir et de réduire chaque fois que possible les conséquences de ces phénomènes naturels. S agissant d une politique partagée avec des actions et des responsabilités multiples, j ai souhaité que l ensemble des questions relatives aux risques naturels majeurs soit traité dans un document départemental unique : le Schéma départemental des risques naturels majeurs. Après un état des lieux du territoire et des dispositifs de prévention aujourd hui déployés, ce schéma départemental dresse l inventaire des actions à engager dans les prochaines années. Les risques naturels nous concernent tous et nous impliquent tous. C est pourquoi ce document a été élaboré au sein de la commission départementale des risques naturels majeurs (CDRNM) qui rassemble l ensemble des acteurs concernés. Je souhaite que ce schéma puisse éclairer chacun sur les actions engagées par la puissance publique et inciter à une plus forte implication générale dans la prévention des risques dans les Yvelines. Le Préfet des Yvelines

4 TABLE DES MATIÈRES 5 INTRODUCTION 03 C. PLAN D ACTION 2013-2017 63 A. ÉTAT DES LIEUX 07 A.I. Les Yvelines : un département avec de forts enjeux 09 A.I.1. Une pression démographique non uniforme 09 A.I.2. Une urbanisation influencée par l agglomération parisienne 09 A.I.3. Une activité économique importante et diversifiée 10 A.I.4. Un patrimoine naturel, architectural et paysager important 12 A.I.5. Un territoire de projets 14 A.II. Des milieux diversifiés 14 A.II.1. Le relief 14 A.II.2. La géologie et l hydrogéologie 15 A.II.3. Le climat 17 A.II.4. l hydrographie 18 A.II.5. Une occupation du sol encore majoritairement agricole et forestière 19 A.III. Les risques naturels dans le département 19 A.III.1. Les inondations 19 A.III.2. Les mouvements de terrain 25 A.III.3. Le risque sismique 30 A.IV. La prévention et la gestion des risques dans le département 32 A.IV.1. Les acteurs de la prévention et de la gestion des risques 32 A.IV.2. Les outils de prévention des risques dans les Yvelines 35 A.IV.3. Vers une gestion concertée des risques 44 C.I. L information au cœur de la prévention 65 C.I.1. L information préventive 65 C.I.2. L éducation aux risques majeurs 65 C.II. Renforcer la prise en compte des risques dans l aménagement 66 C.III. Les Inondations 66 C.III.1. Mise en œuvre de la Directive Inondation 66 C.III.2. Élaboration des PPRI 68 C.III.3. Suivi et mise en œuvre des PPRI approuvés (ou documents valant PPRI) 70 C.III.4. Accompagnement de la mise en œuvre des PAPI 71 C.III.5. Barrages et digues 71 C.IV. Les anciennes carrières souterraines et les instabilités de versants : poursuivre les PPRN et accompagner les démarches de prévention 71 C.IV.1. PPRN proposés 71 C.IV.2. Mise en œuvre d un suivi post PPRN 72 C.IV.3. Communes non soumises à un PPRN mais couvertes par un R.111-3 72 C.IV.4. Communes de la boucle de Moisson : améliorer la connaissance des aléas 72 C.V. Le cas particulier des mouvements de terrain «retrait-gonflement» des argiles : priorité à l information 73 C.V.1. Plaquette d information 74 C.V.2. Réunions d information 75 C.V.3. Étude complémentaire de la sinistralité pour une meilleure connaissance du territoire 75 C.V.4. Étude spécifique des limons des plateaux 75 C.V.5. Sensibiliser les professionnels 75 TABLE DES MATIÈRES B. DIAGNOSTIC : les territoires les plus vulnérables aux risques 47 ANNEXES 79 B.I. Les inondations 49 B.I.1. Les vallées de la Seine et de l Oise 49 B.I.2. Les principaux bassins de risque liés aux inondations des petits et moyens cours d eau 50 B.II. Les anciennes carrières souterraines et les instabilités de versants 56 B.II.1. Les anciennes carrières de gypse 57 B.II.2. Les fronts de Seine urbanisés à l est 57 B.II.3. Falaises de craies et boves : boucle de Guernes et de Moisson 58 B.II.4. Les autres territoires exposés 58 Annexe 1 : Cartographies 79 Annexe 2 : Glossaire / lexique 97 Annexe 3 : Crédits photographiques et illustrations 105 Annexe 4 : Liste des membres de la commission départementale des risques naturels majeurs 109 Annexe 5 : Sites internet utiles 113 B.III. Le retrait-gonflement des argiles 60

6 7 ÉTAT DES LIEUX

8 ÉTAT DES LIEUX 9 A. ÉTAT DES LIEUX Créé en 1968, le département des Yvelines est le plus étendu des départements issus du démembrement de l ancienne Seine-et-Oise ; il est le neuvième département français par la population (premier dans la grande couronne parisienne). Son chef-lieu, Versailles, qui s est développé autour de son château, fut le siège du pouvoir sous l ancien Régime, et joua encore ce rôle au début de la Troisième République de 1871 à 1879. A.I. Les Yvelines : un département avec de forts enjeux A.I.1. Une pression démographique non uniforme La population des Yvelines a connu une forte croissance depuis la création du département (elle a quasiment doublé entre 1962 et 1999) ; qui a nettement ralenti dans les dix dernières années. Cette croissance résulte d un solde migratoire important jusqu en 1975, mais qui faiblit ensuite jusqu à devenir négatif depuis 1999, et d un solde naturel qui s est maintenu autour de 1 % par an mais commence à fléchir à partir de 1999. La densité moyenne de la population s établit à 617 habitants/km² en 2010, très supérieure à la densité moyenne de la France métropolitaine (113 habitants/km²), mais nettement en dessous du niveau régional (960 habitants/km²). Cette moyenne recouvre d importantes disparités : les 3/4 du territoire situés pour l essentiel dans l ouest et dans le sud ont une densité de population inférieure à la moyenne. Dans ces zones, 85 communes rurales représentant un peu plus de la moitié du département ont une densité inférieure à 100 habitants/km². À l opposé, les zones les plus urbanisées situées dans le nord-est, dans la continuité de l agglomération parisienne, ont une densité très supérieure, approchant les 7 000 habitants au km² à Houilles et au Chesnay. A.I.2. Une urbanisation influencée par l agglomération parisienne La répartition des populations fait apparaître deux axes d urbanisation préférentiels : le premier d est en ouest de Chatou à Mantes-la-Jolie, le long de la vallée de la Seine, le second du nord-est vers le sud-ouest, de Viroflay et Versailles en direction de Rambouillet le long de la route nationale 10 (et secondairement le long de la route nationale 12 vers Plaisir). Cet axe a été marqué par la création de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines au sud-ouest de Versailles, qui rassemble en 2010 10,3 % de la population du département. L urbanisation, liée à la proximité de Paris, se ressent sur tout le département. L occupation du sol dans les Yvelines reste toutefois marquée par l importance du tissu rural. En effet, le territoire rural, y compris les surfaces en eau (cours d eau, étangs), représente encore 78,5 % de la superficie totale Remplacer par «Malgré la forte urbanisation qui s est développée dans le département depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, l espace urbanisé, très concentré dans le nordest du département, se limite à 21,5 % du territoire, dont 6,4 % d espace urbain ouvert, comprenant principalement les parcs et jardins et les équipements sportifs ouverts. L espace consacré à l habitat occupe environ 200 km² soit 8,9 % du territoire, dont plus de 87 % en habitat individuel. ÉTAT DES LIEUX

10 ÉTAT DES LIEUX 11 Les activités industrielles et commerciales, et les autres activités tertiaires, occupent 1,6 % de la surface totale et les équipements collectifs, y compris les infrastructures de transport, 3,6 %. A.I.3. Une activité économique importante et diversifiée Avec 544 443 emplois (recensement 2010), soit 9,6 % du total régional, l économie des Yvelines se situe au quatrième rang des départements de l Île-de-France après Paris, les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, et le premier de la grande couronne. Le secteur tertiaire est largement dominant avec 76 % des emplois, mais nettement moins que dans les autres départements franciliens (82 % en moyenne régionale). Par contre, les Yvelines sont le département le plus industrialisé d Île-de-France avec 96 500 emplois industriels, soit 16 % du total régional. L agriculture occupe une place marginale en terme d emploi avec 1 % des actifs. L économie départementale s est montrée relativement dynamique entre 1999 et 2006 avec une croissance de l emploi total de 7,5 %, inférieure toutefois à la croissance moyenne régionale (+ 9,3 %). Le département est découpé en sept zones d emplois 1 qui se partagent très inégalement le territoire ; Versailles couvre la plus grande partie du territoire, la partie nord (vallée de la Seine) étant divisée en quatre zones d emploi : Mantesla-Jolie, Les Mureaux, Poissy et Nanterre, et quelques communes de la frange sud-est étant rattachées aux zones d emploi d Orsay et de Dourdan. Principaux secteurs économiques AAgricultureA Champs de la plaine agricole de Versailles Avec environ 5000 actifs (dont 1 150 agriculteurs exploitants) en 2010, cette activité mobilise et façonne une part importante du territoire. La surface agricole utile (SAU) s élevait à 89 000 hectares en 2000 soit 43 % du total. Ce territoire agricole, ajouté aux 32 % de territoire boisé, confère aux Yvelines son caractère rural marqué, malgré la proximité de Paris. Le nombre d exploitations agricoles (952 en 2000) est en forte baisse (-25 % depuis 2000), tandis que leur superficie moyenne augmentait fortement, passant de 72,6 à 94 ha entre 2000 et 2010, soit une augmentation de 31 %. Les productions végétales sont dominantes. Les céréales et les oléoprotéagineux occupaient en 2010 plus de 74 000 ha de SAU, les plantes industrielles 1 085 ha, les légumes de plein air 863 ha et les surfaces toujours en herbe 4 672 ha.. 1 zones d emplois : espace géographique à l intérieur duquel la plupart des actifs résident et travaillent (définition INSEE) Le cheptel départemental comptait en 2010 notamment 5 900 bovins et 4 100 ovins. La part de l élevage dans la production exprimée en valeur est donc secondaire comparée aux céréales, fleurs, légumes et plantes. AIndustrie A Centrale EDF de Porcheville Avec environ 87000 emplois, le secteur de l industrie occupe plus de 16 % de l emploi total du département, taux nettement supérieur à la moyenne régionale (10 %) mais inférieur à la moyenne nationale (30 %). Bien que les Yvelines restent le département le plus industrialisé d Îlede-France, la part des emplois industriels tend à baisser au fil des ans au profit du secteur tertiaire. Elle s élevait à 102 000 emplois au recensement de 1999 (20 % de l emploi total) et a baissé depuis. Les principaux secteurs représentés dans les Yvelines sont l automobile, l aéronautique, l industrie aérospatiale et la défense, les équipements électroniques et les services informatiques, les bio-industries cosmétiques, parfumerie, agro-industries, la santé et les écoindustries. Les industries sont concentrées dans un nombre limité de communes situées d une part dans le nord, dans la vallée de la Seine, berceau historique de l industrialisation du département, d autre part dans l est, dans la zone Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Les principales communes industrielles, où l emploi industriel représente plus de la moitié des emplois, sont Flins-sur-Seine / Aubergenville, Les Mureaux, Poissy, Vélizy-Villacoublay et Saint-Quentinen-Yvelines (communauté d agglomération). D autres communes importantes comptent plus de 30 % d emploi industriel : Mantes-la-Jolie, Limay, Conflans-Sainte-Honorine, Sartrouville, Houilles, Plaisir, Versailles et Rambouillet. L automobile est la principale activité industrielle des Yvelines. Ce secteur se caractérise par la présence de grands établissements employant plus de 1000 salariés. ARecherche A Les Yvelines concentrent un nombre important de chercheurs du secteur privé et du secteur public. La recherche est fortement concentrée dans la zone géographique de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines. Trois secteurs sont particulièrement représentés : AL automobile A : technocentre Renault, Centre technique PSA de Vélizy, Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS) ; AL électronique A et les services informatiques : Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) ; ALes A biotechnologies : Institut national de recherche agronomique (INRA). ACommerce A Le secteur du commerce occupe plus de 75 000 emplois dans les Yvelines, soit 14 % de l emploi total, en progression depuis 1999. Des zones commerciales importantes se sont développées spontanément le long des principaux axes routiers en sortie d agglomération. ÉTAT DES LIEUX

12 ÉTAT DES LIEUX 13 Le commerce traditionnel de centre ville se maintient dans certaines villes comme Versailles, Poissy ou Saint-Germain-en-Laye. ATourisme A Le tourisme dans les Yvelines, favorisé par la proximité de Paris, est fortement marqué par la présence du château de Versailles, qui est l une des principales attractions touristiques du pays. On peut également citer d autres sites particulièrement attractifs : le parc zoologique de Thoiry, France Miniature à Élancourt ou encore l espace Rambouillet. Le département est par ailleurs traversé par près de 1000 kilomètres de sentiers balisés inscrits dans le «schéma départemental de la randonnée pédestre des Yvelines» adopté en 1995 : GR 1 (tour de Paris), GR 11 (grand tour de Paris), GR 2 qui suit le cours de la Seine par la rive droite, GR 22 de Paris au mont Saint-Michel, GR 26 qui suit le cours de la Seine par la rive gauche et GR Pays des Yvelines qui parcourt le département dans sa frange ouest. A.I.4. Un patrimoine naturel, architectural et paysager important Patrimoine environnemental : ASites A protégés Les sites protégés se situent principalement dans le nord-ouest du département dans la vallée de la Seine autour de la boucle de Moisson et d autre part dans le massif boisé de Rambouillet. Les Yvelines comptent également 154 sites protégés (41 % classés, 59 % inscrits) selon la loi du 2 mai 1930 (relative à la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque) couvrant 47 000 hectares, soit 21 % du territoire départemental. Parmi les sites classés se trouvent notamment, outre de nombreux parcs de châteaux, la plaine de Versailles (qui protège la perspective vers l ouest du château de Versailles), la plaine de la Jonction (entre la forêt de Marly et celle de Saint- Germain-en-Laye) et la vallée de Chevreuse. Actuellement, huit communes des Yvelines : Andrésy, Carrières-sur-Seine, Le Pecq, Mantesla-Jolie, Montfort-l Amaury, Neauphle-le-Château, Rambouillet et Croissy-sur-Seine, comptent une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP), document d urbanisme approuvé qui leur permet de jouer un rôle actif dans la protection et la mise en valeur de leur patrimoine urbain ou paysager. Quatre aires de mise en valeur de l architecture et du patrimoine (AVAP qui remplacent les ZPPAUP) sont en projet : Conflans-Sainte-Honorine, Rambouillet, Rochefort-en-Yvelines, Neauphle-le-Château. Dans le cadre du «schéma départemental des espaces naturels» (SDEN) adopté en 1994, le département des Yvelines a inscrit en zone de préemption 30 000 hectares d espaces naturels sensibles. AParcs A et jardins Les Yvelines comptent de nombreux parcs et jardins, notamment parcs de châteaux, dont beaucoup sont ouverts au publics. Quatre d entre eux appartiennent à un domaine national : le parc de Versailles et ceux de Rambouillet, Saint-Germain-en-Laye et Marly-le-Roi. 44 parcs et jardins des Yvelines sont protégés au titre des monuments historiques. Patrimoine architectural : Compte tenu de leur caractère historique et de la densité de leur patrimoine architectural, les centres anciens de Saint-Germain-en-Laye et de Versailles disposent de secteurs sauvegardés. Celui de Versailles, approuvé en 1993, s étend sur 246 hectares, y compris l extension de 81 hectares approuvée en 1995, et englobe notamment les quartiers de Notre-Dame et Saint-Louis (mais pas le château et le domaine national, par ailleurs intégralement classés au titre des monuments historiques). Celui de Saint-Germain-en-Laye, approuvé en 1963 couvre 64 hectares Le département compte 512 monuments historiques. Parmi ceux-ci, cinquante-et-un châteaux et quatre-vingt quatorze monuments religieux répartis sur le territoire départemental bénéficient d un classement ou d une inscription aux monuments historiques. Le château de Versailles et son parc sont l un des 33 sites français inscrits dans la liste du patrimoine mondial de l Unesco. AArchitecture A civile Sur la Seine, trois ponts anciens seulement demeurent, au moins partiellement, tous les ponts ayant été détruits par l aviation alliée en 1944. Il s agit du vieux pont de Limay construit aux Xe et XIIe siècles, du pont de Poissy, construit au XIIe siècle et du pont aux Perches, à Meulan, entre la rive droite et l île du Fort. Le XXe siècle a également enrichi le patrimoine architectural des Yvelines de nombreuses réalisations tant dans le domaine industriel que dans celui de l habitat. Se sont illustrés des architectes comme Bernard Zehrfuss (usine Renault de Flins et cité ouvrière à Élisabethville) ou Kevin Roche à qui on doit «Challenger», siège de la société Bouygues à Guyancourt. La ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines concentre plusieurs réalisations d architecture moderne. Certaines œuvres ont par ailleurs été classées monuments historiques (la villa Savoye de Le Corbusier, la villa Paul Poiret de Robert Mallet-Stevens,...) AArchitecture A religieuse Le territoire des Yvelines s est couvert d églises à partir du Xe siècle. Parmi les monuments les plus remarquables et les plus anciens figurent la collégiale Notre-Dame de Poissy édifiée à partir du XIIe siècle ou la collégiale Notre- Dame de Mantes-la-Jolie érigée en bord de Seine au XIIe et XIIIe siècle. APatrimoine A rural Héritant d un terroir agricole très ancien, les Yvelines conservent un important patrimoine rural que nombre de communes s efforcent de préserver. Il s agit notamment de fontaines et lavoirs, d oratoires et de croix, dont certaines très anciennes, de fermes anciennes et de pigeonniers, de ponts anciens, souvent situés sur le tracé d anciennes voies romaines, etc. ÉTAT DES LIEUX Boucle de Moisson Parc de Versailles Pont de Poissy

14 ÉTAT DES LIEUX 15 A.I.5. Un territoire de projets Le département, par sa proximité avec l agglomération parisienne, est concerné par de nombreux projets d intérêts nationaux et régionaux : Ad importantes A opérations de renouvellement urbain sont engagées notamment sur le plateau de Trappes et dans la vallée de la Seine où de vastes secteurs d urbanisation doivent être renouvelés car vétustes ; Al opération A d intérêt national (OIN) Seine- Aval : le territoire concerné, touché par la désindustrialisation, fait l objet depuis 2006 de cette OIN sur 51 communes et 5 intercommunalités qui vise à lui redonner une attractivité à la fois résidentielle, économique et de liaison vers les grands pôles d emplois et d échanges franciliens ; Al OIN A du Plateau de Saclay a été créée en 2010 et rassemble 49 communes sur les Yvelines et l Essonne, et quatre communautés d agglomération (dont Saint-Quentin en Yvelines et Versailles Grand Parc). Accueillant plus de 650 000 habitants sur un périmètre de 7700 ha, l OIN a vocation à devenir un pôle de recherche et d innovation tout en garantissant cinq principes : le respect du cœur vert du plateau, la compacité des aménagements, la mixité des fonctions, la proximité ville-nature et l innovation en matière de ville-durable ; Ade A nouveau projets de transports, liés notamment au Grand Paris, voient le jour : le métro automatique reliant Saclay à Massy/Orly d un coté, à Versailles/La Défense de l autre, le bouclage de l A104 vers Roissy et Cergy-Pontoise, le RER E (Éole) prolongé jusqu à Mantes la Jolie via la Défense et Nanterre, la Ligne Nouvelle Paris-Normandie (LNPN) ; Ales A écoquartiers tels que la «Nouvelle Centralité» de Carrières sous Poissy ou l écoquartier fluvial de Mantes-Rosny. A.II. Des milieux diversifiés A.II.1. Le relief Le département des Yvelines, bien que cerné des immenses plaines de culture du bassin parisien présente un relief varié. Les grands plateaux agricoles sont absents ou en marge du territoire : Beauce au sud (plateau d Ablis), plateaux de l Eure à l ouest (plateaux de Chevrie et de Longnes) et Vexin au nord de la Seine. Tous les types de reliefs du bassin parisien sont représentés dans les Yvelines. On lit dans tout le département une direction nord-ouest/sud-est (armoricaine) sur les reliefs saillants comme ceux en creux : axe général Seine, buttes du Vexin, plateau des Alluets, ride de Thoiry, plaine de Gally, Bièvre... Pour mieux comprendre, on peut distinguer trois grandes formations : le plateau de l Yvelines et du Hurepoix, la vallée de la Seine et les plaines ou plateaux intermédiaires. Ale A plateau de l Yveline et de l Hurepoix : étendu entre l Eure à l est et l Orge à l ouest, à cheval sur les Yvelines et l Essonne, il est composé de forêts (massif de Rambouillet, de Saint- Léger, des Quatre-Piliers et de Saint-Arnoult) et domine le territoire départemental à 160-180 m d altitude ; Ala A vallée de la Seine et le Vexin : serpentant tout au long du nord du département, le fleuve (10 15 m d altitude) est entouré de coteaux (abrupts ou en pente douce) culminant à une hauteur de 210 m d altitude aux débuts du Vexin. La Seine a aussi sculpté le relief en boucles plus ou moins prononcées : boucles de Montesson, de Saint-Germain-en-Laye, de Chanteloup-les-Vignes de Guernes et de Moisson, très marquées; et celles plus légères de Verneuil, Porcheville, Mantes-la-Jolie et Bennecourt ; Ales A plaines et les plateaux intermédiaires s étendent entre le plateau de l Yveline et du Hurepoix et la vallée de Seine. Cinq plaines s étendent au nord du plateau d Yveline : les plaines de Houdan, d Orgerus, de Neauphle, de Versailles et de Bouaffle/Ecquevilly (toutes drainées par leurs rus et rivières respectifs). Situés au nord-ouest du département, trois plateaux se dessinent : le plateau de Boinville-en-Mantois, le plateau de Longnes et le plateau de Chevrie. Enfin, deux vallées affluentes de la Seine viennent creuser le relief des plaines et plateaux intermédiaires, celle de la Mauldre et celle de la Vaucouleurs. A.II.2. La géologie et l hydrogéologie D un point de vue géologique, le département des Yvelines, comme toute l Île de France, est constitué de couches alternées de sables et de calcaires, plus ou moins mêlés d argile. Les sables se sont maintenus dans un grand nombre d endroits, tandis qu ailleurs réapparaît la couche calcaire. Les bords de la Seine sont une terre d alluvions. Les couches sédimentaires : La structure géologique des Yvelines s insère dans celle de l Île-de-France et plus généralement du bassin parisien, vaste cuvette sédimentaire, approximativement centrée sur Paris. Elles est formée d un empilement, de couches sédimentaires de l ère tertiaire, alternant calcaires, marnes, sables et argiles. Ces couches reposent sur un socle épais de craie du Crétacé supérieur qui affleure rarement sauf sur les versants de certaines vallées. Les sédiments tertiaires ont été fortement érodés par les cours d eau, principalement la Seine, et remplacés dans le fond des vallées par des alluvions quaternaires. Sur les plateaux d importants dépôts éoliens de lœss 2 ont donné naissance à de riches sols agricoles. Les couches dures, marno-calcaires, résistant mieux à l érosion, ont donné naissance à des plates-formes légèrement inclinées, qui structurent le paysage. Dans le sud des Yvelines, la plate-forme structurale du calcaire de Beauce (Stampien) domine la région de Rambouillet et disparaît progressivement dans la partie nord où elle apparaît encore ÉTAT DES LIEUX 2 Lœss : roche sédimentaire détritique meuble formée par l accumulation de limons issus de l érosion éolienne (déflation), dans les régions désertiques et périglaciaires.

16 ÉTAT DES LIEUX 17 dans les hauteurs de la forêt de Marly et du plateau des Alluets, et sous forme de buttes-témoins sur la rive nord de la Seine. Elle laisse la place vers le nord à la surface structurale du calcaire grossier (Lutétien). Dans les zones de transition apparaissent les sables de Fontainebleau (Stampien). Ces couches ont subi le contrecoup des plissements alpins et formé un léger plissement d axe sud-est - nord-ouest. Au quaternaire, lors des phases de glaciations, les méandres de la Seine ont érodé les alluvions anciennes, formant de hautes terrasses alluviales, notamment dans les boucles de Saint-Germain et de Moisson. Les ressources du sous-sol : ALes A carrières à ciel ouvert et souterraines Du fait de la variété des roches qui forment leur sous-sol, les Yvelines sont situées pour partie dans une zone de carrières, notamment dans la vallée de la Seine. La toponymie en témoigne : Carrières-sur-Seine, Carrières-sous-Bois (hameau du Mesnil-le-Roi), Carrières-sous-Poissy. Dans les Yvelines cent communes sont concernées par ces anciennes carrières. Celles-ci ont été creusées pour différents besoins : Apour A l agriculture : besoins liés à l amendement des sols. On allait chercher en profondeur des matériaux absents en surface pour améliorer les terrains cultivés, soit pour alléger les sols en y ajoutant du sable ou inversement pour retenir l eau en surface en étoffant la structure de terrains sableux avec des argiles ou des marnes. Apour A l industrie : d importantes carrières à ciel ouvert de pierres calcaires et de marnes ont été exploitées à Guerville, Limay, Juziers, Guitrancourt pour alimenter les cimenteries de Gargenville (toujours en exploitation par les ciments Calcia) et de Guerville (fermée). La carrière de Guitrancourt est toujours en activité. Des carrières souterraines de craie (crayères) ont été exploitées jusqu au milieu du XIXe siècle notamment à Bougival, Louveciennes et à Port- Marly. On en extrayait notamment le «blanc de Bougival», analogue au «blanc de Meudon», une marne utilisée comme pigment en peinture. Carrière de Limay Carrière de craie à Bougival Apour A la construction et les travaux publics : de nombreuses carrières de pierre à bâtir, creusées notamment dans le banc du calcaire grossier, ont été exploitées dans la vallée de la Seine et dans celle de la Mauldre, en particulier à Carrières-sur-Seine, Poissy, Carrières-sous- Poissy, Conflans-Sainte-Honorine. Ces carrières ont souvent été converties par la suite en champignonnières et sont aujourd hui généralement fermées. Des carrières de pierres meulières ont été exploitées en divers points du territoire. Cette pierre, qui servait à l origine à la fabrication de meules, a beaucoup servi pour la construction dans la première moitié du XXe siècle. Le gypse, servant à la production du plâtre, a été exploité dès le xviiie siècle dans le massif de l Hautil, notamment à partir de Vaux-sur-Seine. Les carrières sont fermées mais le risque lié aux fontis est toujours présent dans la forêt. Les sablières et gravières ont été nombreuses dans les couches alluviales du fond de la vallée de la Seine. Certaines sont encore en exploitation, notamment à Guernes. Les anciennes exploitations ont été comblées par des déchets inertes ou souvent conservées pour former des plans d eau à divers usages : conservation de milieux aquatiques, bases de loisirs, ports de plaisance ou bassin d aviron (Mantes-la-Jolie). L argile a également été exploitée, notamment dans les glaisières de Limay. Dans tout le territoire les lieux-dits nommés «glaisière» ou «glisière» sont très répandus, témoignant d une exploitation ancienne de la terre glaise pour la fabrication de poteries, briques et tuiles. Entrée de carrière, Conflans-Sainte-Honorine Carrière de gypse, Triel-sur-Seine ALes A stockages souterrains d hydrocarbures La société Storengy exploite dans l ouest des Yvelines deux sites de stockage de gaz naturel dans les couches profondes du sous-sol, à Beynes et Saint-Illiers-la-Ville. Ces stockages en nappe aquifère ont une capacité de 800 millions de m³ (Beynes profond), 473 (Beynes supérieur) et 1492 (Saint-Illiers-la-Ville). Un stockage souterrain de propane liquéfié (GPL) existait à Gargenville (communes de Gargenville, Porcheville et Issou). Exploité jusqu en 2007 sous le nom de Géovexin par le groupe Total, ce stockage dans une cavité creusée dans la craie à 140 mètres de profondeur avait une capacité de 130 000 m³. A.II.3. Le climat Le climat des Yvelines est tempéré, soumis aux influences océaniques vers l ouest, et continentales vers l est, atténuées toutefois par le réchauffement dû à l agglomération parisienne. Il n est pas très humide, avec une moyenne annuelle de précipitations de 673 mm. Les vents dominants sont de secteur Ouest et des épisodes orageux sont assez fréquents en été. La moyenne des températures annuelles moyennes relevées à la station météorologique départementale de Trappes sur une période de trente ans (1961-1990) s élève à 10,3 C avec des moyennes maximales et minimales de 14,2 C et 6,3 C. La moyenne annuelle des précipitations à Trappes, sur la période 1961-1990, s élève à 673 mm, avec des variations saisonnières peu marquées. Les mois de mai et novembre sont les mois les plus pluvieux avec 63,1 et 60,9 mm, février et août étant les moins pluvieux avec respectivement 49,4 et 49,8 mm. Dans le nord du département, les vallées de la Seine, de l Oise et de la Mauldre souffrent d un déficit de précipitations (pluviosité annuelle comprise entre 550 et 600 mm). L ensoleillement moyen annuel est de 1687 heures (station météo de Trappes). Des variations locales (microclimats) affectent en particulier les versants de la vallée de la Seine exposés au nord ou au sud. Il existe aussi de forts contrastes entre les zones urbaines à l est et les zones rurales à l ouest, tant au niveau des températures qu au niveau du nombre de jours de neige ou de brouillard. Le nombre moyen annuel de jours où la température dépasse 30 C varie de 10 à 20, le minimum étant atteint dans les zones boisées du sud-est du département, et le maximum dans le nord-est et le long de la vallée de la Seine du fait de l îlot de chaleur ÉTAT DES LIEUX

18 ÉTAT DES LIEUX 19 urbain existant au centre de l agglomération parisienne. Le nombre de jours de gel est également très contrasté avec 40 jours de gel/an à Trappes contre 88 jours de gel/an à Saint-Arnoult-en-Yvelines en forêt de Rambouillet. A.II.4. l hydrographie Le département est géographiquement constitué du plateau de la Beauce qui s élève régulièrement du Sud au Nord et se termine sur la vallée de la Seine. Ce plateau est fragmenté ou largement érodé par des cours d eau assez encaissés (jusqu à 50m voire 100m de dénivelé) : Val de Gally, vallée de la Mauldre, vallée de Chevreuse... Son altitude moyenne atteint 160 à 180 m et il domine ainsi largement la vallée de la Seine qui n est qu à 20 m au dessus de la mer. Ceci induit des pentes moyennes assez fortes pour l ensemble des cours d eau du département, avec la présence de nombreux biefs et d anciens moulins. Le plateau est souvent recouvert d argiles à meulière imperméables assurant la formation de nombreuses mares et étangs. Les rivières sont alimentées par l émergence de nappes importantes à flanc de coteau (sables de Fontainebleau) ou en fond de vallée (nappe de la craie). Au nord de la Seine, le Vexin Français ne constitue qu une petite partie du département avec seulement quelques rivières affluents de la Seine en rive droite. Il faut signaler l existence du système du réseau des Étangs et Rigoles, créé sous Louis XIV pour alimenter les pièces d eau du château de Versailles. Ce système est constitué de rigoles de surface, drainantes, acheminant l eau du plateau agricole situé entre Rambouillet et Versailles (de part et d autre de la RN 10) vers des plans d eau réservoir : étang de la Tour, étang de Saint-Hubert, étang des Noés, étang de Saint Quentin. confluence avec la Seine. Son linéaire y est très faible (2 km). Le long de la Seine, de nombreux plans d eau ont été aménagés dans d anciennes exploitations de sablières. On peut citer notamment l étang de la Galliote à Carrières-sous-Poissy, l étang du Rouillard à Verneuil-sur-Seine, le port de l Îlon à Guernes, la base de loisirs de Moisson-Mousseaux. Le réseau hydrographique des cours d eau non-domaniaux se décompose en trois sousbassins importants : Ales A affluents de la Seine-Aval (d est en ouest) : le ru d Orgeval, la Mauldre et ses affluents, la Senneville, la Vaucouleurs et ses affluents, l Aubette de Meulan et la Moncient, l Epte et de nombreux petits affluents de la Seine ; Ales A affluents de la Seine Amont (du sud au nord) : l Orge, la Rémarde (affluent de l Orge), l Yvette (affluent de l Orge) et ses affluents et la Bièvre ; Ales A affluents de l Eure (du sud au nord) : le Perray, la Drouette et ses affluents, la Maltorne, la Vesgre, le Radon. La Mauldre est le plus important des affluents de la Seine dans le département. Son bassinversant est entièrement compris dans le département des Yvelines. C est un petit bassin à l échelle de l Ile-de-France puisqu il couvre à peine 420 km². A.II.5. Une occupation du sol encore majoritairement agricole et forestière Les surfaces utilisées par l agriculture, environ 89 000 ha, représentent presque la moitié du département (47 %), leur plus grande part est consacrée aux grandes cultures largement mécanisées (céréales, oléoprotéagineux, etc.). Celles consacrées aux bois et forêts s élèvent à 680 km² soit environ 30 % du total. Cela fait des Yvelines le premier département francilien pour les massifs forestiers. La répartition spatiale de la forêt dans les Yvelines est particulièrement hétérogène. Les forêts sont surtout présentes dans la partie sud du département (massif de Rambouillet, 20 000 ha), sauf dans la pointe extrême qui appartient à la Beauce, ainsi que dans le nord (vallée de la Seine, Vexin français). La protection ancienne des forêts royales a permis de conserver de grands espaces boisés dans le nord-est (forêts de Saint-Germain-en- Laye, 3500 ha, de Marly, 2000 ha, de Versailles, 1057 ha), même si elles ont été écornées, entre autres, par les grandes infrastructures (ligne Paris-Rouen dans la première, autoroute A13 dans la seconde), et si la dernière est très morcelée. Les Yvelines, de même que l ensemble des départements constituant la grande couronne, sont dominés par un pourcentage important de forêt privée. En effet, dans les Yvelines, 61 % des terrains boisés sont des propriétés privées, caractérisées par un fort morcellement. A.III. Les risques naturels dans le département A.III.1. Les inondations L inondation est une submersion, rapide ou lente, d une zone habituellement hors d eau. Le risque d inondation est la conséquence de deux composantes : l eau qui peut sortir de son lit habituel d écoulement et l homme qui s installe dans l espace alluvial pour y implanter toutes sortes de constructions, d équipements et d activités. En France, le risque inondation concerne une commune sur trois à des degrés divers, dont 300 grandes agglomérations. Pour 160 000 kms de cours d eau, une surface de 22 000 km2 est reconnue particulièrement inondable : deux millions de riverains sont concernés. Les dégâts causés par les inondations représentent environ 80 % du coût des dommages imputables aux risques naturels, soit en moyenne 250 M par an. La moitié de cette somme indemnise des activités économiques. En raison de pressions économiques, sociales, foncières ou encore politiques, les sols ont souvent été imperméabilisés et les cours d eau aménagés, couverts ou déviés, augmentant ainsi la vulnérabilité des populations et des biens. ÉTAT DES LIEUX Traversant le département au Nord, la Seine reçoit l Oise en rive droite. Ces deux cours d eau sont navigables. La Seine s écoule sur environ 100 km dans les Yvelines et y a un fort impact paysager, culturel et économique. L Oise n existe dans le département que par sa Dans les Yvelines, les inondations représentent le phénomène naturel le plus récurrent et le plus important si l on exclut les phénomènes de mouvements de terrain liés à la sécheresse. La carte ci-dessous présente le nombre d arrêtés de reconnaissance de l état de catastrophe na-

20 ÉTAT DES LIEUX 21 turelle inondation par commune dans le département depuis 1982. pluie, le ruissellement, la propagation de la crue, la montée des eaux, et le débordement, permet de prévoir ou non suffisamment à l avance l inondation pour alerter la population et procéder à des évacuations si nécessaire. dix ans», il vaut mieux dire qu une crue décennale a une «chance» sur dix de se produire chaque année. De même, la crue centennale a une «chance» sur cent de se produire chaque année. Le tableau suivant exprime, selon une lecture plus concrète, la probabilité de voir une crue de fréquence donnée atteinte ou dépassée au moins une fois sur une période donnée : Le département est concerné par quatre grands types de risques d inondations : les inondations par débordement de cours d eau (on distingue les inondations de plaine et les inondations rapides), les inondations par ruissellement, les inondations par remontée de nappe et les inondations par rupture d ouvrage (barrage ou digue). A.III.1.i. Les inondations par débordement de cours d eau AA.III.1.i.1. A Généralités : Chaque cours d eau, du plus petit torrent aux grandes rivières, collecte l eau d un territoire plus ou moins grand, appelé son bassin-versant. Lorsque des pluies abondantes et/ou durables surviennent, le débit du cours d eau augmente et peut entraîner le débordement des eaux. La relation entre les précipitations et les débits est complexe et fait l objet d une science : l hydrologie. Les caractéristiques du bassin-versant (paramètres géographiques, nature et état des sols ) conditionnent fortement le ruissellement donc les conditions de formation des crues. L intervalle de temps existant entre le déclenchement de la Les inondations se produisent par débordement direct des cours d eau, auquel sont fréquemment associés des phénomènes de débordement indirect, par remontée de l eau dans les réseaux d assainissement ou d eaux pluviales ou par remontée des nappes alluviales (nappes dites d accompagnement des cours d eau). Les cours d eau de plaine produisent des inondations lentes qui permettent l annonce des crues et l évacuation des personnes menacées. Elles ont souvent des conséquences économiques très lourdes. Les caractéristiques hydrauliques des crues peuvent être décrites à partir de différents paramètres : Ale A débit : en fonction de l importance des débits, une crue peut être contenue dans le lit mineur 3 ou déborder dans son lit majeur 4. Le débit d un cours d eau en crue peut être mesuré au niveau de stations débimétriques (stations utilisées pour alimenter la banque nationale HYDRO ou stations locales gérées par des syndicats de rivière) ou calculé selon diverses approches hydrologiques ou hydrauliques ; Ala A période de retour : il s agit d une donnée calculée, relative à la probabilité d occurrence du phénomène et donc utilisée pour l appréciation du risque. En effet, la survenue des crues, dépendant des phénomènes météorologiques, est difficilement prévisible à long terme. Mais on peut estimer leur «période de retour», c est à dire la durée moyenne qui sépare deux événements de même intensité. Par exemple, la crue décennale pour un certain cours d eau (débit décennal pour ce cours d eau) signifie qu elle se produit en moyenne une fois tous les dix ans lorsqu on examine les relevés de débits sur de très longues périodes. Mais il s agit d une moyenne calculée dont les intervalles peuvent être très irréguliers. Ainsi, des crues dites décennales en raison de leur débit peuvent se produire à plusieurs reprises dans une même année. En conséquence, pour éviter de croire qu après la survenance d une telle crue «on est tranquille pour 3 Lit mineur : lit ordinaire du cours d eau. Sa capacité est généralement limitée à des débits de crue de période de retour de l ordre de 1 à 5 ans. 4 Lit majeur : comprend les zones basses situées de part et d autre du lit mineur sur une distance qui va de quelques mètres à plusieurs kilomètres. Sa limite est celle des crues exceptionnelles. Crue décennale (fréquente) Crue centennale (rare) Crue millénale (exceptionnelle) Sur 1 an Sur 30 ans (continus) Sur 100 ans (continus) 10 % ou 1 «chance» sur 10 1 % ou 1 «chance» sur 100 0,1 % ou 1 «chance» sur 1000 Ala A hauteur d eau : la hauteur de submersion est un paramètre fondamental pour caractériser l ampleur de la crue. Elle peut atteindre plusieurs mètres, notamment lors des crues importantes des fleuves tels que la Seine. Pour une crue donnée, elle peut être observée soit directement pendant l épisode, soit indirectement par relevé des laisses de crue (traces laissées par le niveau des eaux les plus hautes : marques sur les murs, déchets accrochés aux branches). Les calculs hydrauliques réalisés pour l étude d une crue (crue réelle reconstituée ou crue théorique modélisée) donnent des valeurs de hauteur d eau en tout point de la vallée, le croisement avec les données topographiques permettant ensuite de réaliser des cartes des zones inondées ; Ala A vitesse du courant est très difficile à apprécier, du fait de sa grande hétérogénéité liée à la variabilité des conditions locales d écoulement. Les calculs hydrauliques ne peuvent en donner au mieux qu une valeur approchée et indicative. Il s agit néanmoins d un paramètre important, tant pour la sécurité des personnes (risque d entraînement par le courant) que pour celle des biens (érosion) ; Ala A durée de submersion : quand elle s allonge, elle complique la gestion de crise pour la mise en sécurité des personnes (évacuation, relogement), augmente les risques pour les biens (submersion prolongée) et retarde le retour à la normale (activités,...) ; Ala A vitesse de montée des eaux : paramètre utilisé pour la gestion de crise (organisation des secours et de l évacuation, mise en sécurité des biens,...) dans le cas des crues de plaine à progression lente. 96 % soit «presque sûrement» une fois 26 % ou 1 «chance» sur 4 3 % ou 1 «chance» sur 33 99.997 % ou «sûrement» une fois 63% % ou 2 «chances» sur 3 10 % ou 1 «chance» sur 10 AA.III.1.i.2. A Les inondations de plaine : Dans les Yvelines, la Seine et l Oise présentent l exemple type de cette catégorie d inondations. Les inondations importantes, provoquées par les bassins de la Seine, de la Loire, de la Garonne, du Rhône ou du Rhin ont lieu principalement en hiver ou au printemps dans les périodes de forte pluviométrie ou de fonte rapide des neiges. ÉTAT DES LIEUX

22 ÉTAT DES LIEUX 23 De telles crues sont provoquées par des pluies prolongées qui tombent sur des reliefs peu marqués aux sols assez perméables où le ruissellement est long à se déclencher (grandes superficies des bassins versants, plusieurs dizaines de milliers de km², et faibles pentes). Le temps nécessaire à l eau tombée pour rejoindre le cours d eau principal est donc important et il ne peut s agir, contrairement aux torrents, de la répercussion d épisodes orageux violents et localisés. Les grandes plaines fluviales ont toujours représenté des terrains attractifs pour les hommes, ce qui les a conduit à coloniser les lits majeurs des grands cours d eau (voies navigables, terrains fertiles pour l activité agricole, terrains plats facilement desservis par différentes voies de communication...). Cette expansion s est effectuée au détriment des espaces naturellement inondables dont l effet régulateur est pourtant fondamental en cas de crue. La présence humaine joue donc un double rôle : elle constitue le risque en exposant des biens et des personnes aux inondations et elle aggrave l aléa en modifiant les conditions d écoulement de l eau. L intervalle de temps existant entre le déclenchement de la pluie, le ruissellement, la propagation de la crue, la montée des eaux et le débordement permet généralement de prévoir l inondation, surtout si le cours d eau est équipé d un système d annonce de crues, et de prendre les dispositions nécessaires vis-àvis de la population : information, évacuation éventuelle, etc. Ces inondations peuvent néanmoins occasionner une gêne considérable pour les personnes, représenter une menace pour de nombreux riverains et parfois provoquer des victimes en raison de la méconnaissance du risque et des caractéristiques de l inondation (hauteurs de submersion pouvant atteindre plusieurs mètres, vitesses du courant localement très élevées). Les submersions peuvent se prolonger plusieurs jours, voire plusieurs semaines, entraînant des dégâts considérables aux biens, des perturbations importantes sur les activités, des désordres sanitaires et des préjudices psychologiques graves. AA.III.1.i.3. A Les inondations par débordement des petits et moyens cours d eau : A l inverse des précédentes, ces inondations correspondent à des débordements de petits ou moyens cours d eau, dont les bassins-versants de taille réduite réagissent en quelques heures à des précipitations exceptionnelles. Du fait de sa situation en tête de bassin-versant de nombreux cours d eau, le département est concerné par ce phénomène. Ce type de phénomène peut survenir en toute saison, aussi bien en été suite à un orage particulièrement violent (cas de la crue du ru de Gally en juillet 2001) qu en hiver suite à des précipitations moins intenses mais plus abondantes, dont l effet peut être d autant plus important qu elles surviennent sur des sols déjà pris par le gel ou saturés en eau (crue de la Vaucouleurs en mars 2001). D une manière générale, les petits bassinsversants (ou l amont des grands bassins-versants) seront plus sensibles aux précipitations brèves et intenses, tandis que les grands bassins-versants réagiront davantage aux précipitations plus prolongées. Dans tous les cas, contrairement aux crues de plaine, le délai entre la pluie génératrice de la crue et le débordement du cours d eau est limité : par exemple pour le ru de Gally, le débit de pointe de la crue arrive sur Rennemoulin 7 heures après l épisode orageux, et sur Thiverval-Grignon 20 heures après l épisode. La brièveté de ce délai rend difficile l alerte et l évacuation des populations. Par ailleurs, la hauteur de submersion, la vitesse du courant et la rapidité de montée des eaux représentent des facteurs de risques et de dangers aggravés. Le système d alerte repose sur le dispositif général de vigilance météorologique (alertes pluies / inondations), parfois complété par des systèmes locaux tels que l alerte des maires concernés par les syndicats de rivière gérant des ouvrages de retenue. En revanche, tout comme la montée des eaux, la décrue est rapide elle aussi, sauf là où des obstacles (routes, murs de clôture, merlons de curage le long des cours d eau, etc) empêchent l eau de revenir vers le lit mineur des cours d eau. A.III.1.ii. Les inondations par ruissellement Les inondations par ruissellement sont dues à des précipitations intenses de type orageux et aggravées par la présence de sols limoneux ayant tendance à s imperméabiliser lorsqu il pleut pendant plusieurs jours d affilée avant l orage. Ainsi, au lieu de s infiltrer dans le sol, les eaux pluviales ruissellent selon des axes d écoulement privilégiés, et peuvent, dans certains cas, générer des coulées de boue dans les villes et bourgs situés à l aval. Le ruissellement pluvial est aggravé par des facteurs tels que la taille des bassins versants (petite en général) et l occupation du sol (imperméabilisation par l urbanisation, certaines pratiques culturales...). Exemple d effet d inondation par ruissellement en milieu urbain Les inondations torrentielles à coulées de boues constituent un problème caractéristique des secteurs géographiques situés au contact des espaces agricoles et zones urbanisées. Les précipitations qui ne s infiltrent pas s écoulent naturellement sur les terres de culture, se chargent de matières solides et d éléments divers, et se concentrent en prenant plus ou moins de vitesse en fonction de la pente. Elles empruntent alors le talweg 5 pour rejoindre la ravine qui constitue l axe d écoulement préférentiel entre le plateau et la vallée, et aboutissent en un flot dévastateur sur les zones construites, en l absence de dispositif suffisant de maîtrise du ruissellement. En milieu urbain ou péri-urbain, les inondations par ruissellement trouvent leur origine dans les orages très violents sur des surfaces imperméabilisées. Elles se produisent par écoulement dans les rues de volumes d eau ruisselée sur le site ou à proximité qui n ont pas été absorbés par les réseaux d assainissement superficiels et souterrains et qui se concentrent aux points bas. Elles apparaissent de façon aléatoire : tous les bassins versants, même de faible superficie sont potentiellement concernés. Les modes d occupation des sols, en particulier le degré d imperméabilisation du bassin-versant, sont souvent déterminants dans la gravité du phénomène. A.III.1.iii. Les inondations par remontée de nappe Les nappes phréatiques sont dites «libres» lorsqu aucune couche imperméable ne les sépare du sol. Elles sont alimentées par la pluie, dont une partie s infiltre dans le sol et rejoint la nappe. Lorsque l eau de pluie atteint le sol, une partie s évapore immédiatement. Une seconde partie s infiltre et est reprise plus ou moins vite par l évaporation et par les plantes, une troisième s infiltre plus profondément dans la nappe. Après avoir traversé les terrains contenant à la fois de l eau et de l air elle atteint la nappe où les vides de roche ne contiennent plus que de l eau, et qui constitue la zone saturée. On dit que la pluie recharge la nappe. C est durant la période hivernale que la recharge survient car : Ales A précipitations sont les plus importantes ; Ala A température y est faible, ce qui limite l évaporation ; Ala A végétation est peu active et ne prélève pratiquement pas d eau dans le sol. ÉTAT DES LIEUX 5 Un talweg (ou thalweg) correspond à la ligne qui rejoint les points les plus bas d une vallée.