FINANCE RURALE ET CREDIT AGRICOLE



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Transcription:

FINANCE RURALE ET CREDIT AGRICOLE Savings & Credit Forum, BSM Finance, 11 août 2003, Berne, SIDY MODIBO DIOP, BNDA GENERALITES SUR LE MALI PRESENTATION DE LA BNDA LA BNDA ET LA MICROFINANCE LES LECONS

I GENERALITES Superficie: 1,2 millions de km2; Population: 11,6 millions d habitants dont 80% pour le secteur primaire; Risques climatiques importants (sahel); PIB/ht/an:242 USD et 73% en deça du seuil de pauvreté; PIB/secteur: primaire 80%, secondaire 3% et tertiaire 17%.

II GENERALITES (suite) Le système bancaire malien comprend neuf banques et quatre établissements de crédit; Faible bancarisation de la population:1 guichet pour 150.000 habitants; Concentration: 70% guichets dans 2 régions sur les 8; Part de l agriculture dans les crédits 17% contre 35% pour le commerce.

III LA BNDA Une analyse de l évolution des activités de la BNDA permet de distinguer trois phases; la première phase est constituée par les cinq premières années d exercice; la seconde phase durera de 1986/1987 à 1989/1990; la troisième phase dure depuis.

III LA BNDA (suite) Lors de la première phase, la BNDA a accordé tous types de crédit à toutes catégories d emprunteurs et est intervenu dans toutes les zones géographiques; Le niveau d activités et les résultats étaient faibles; Toutes les opérations étaient manuelles (compta, instruction dossiers, contrats, etc.)

III LA BNDA (suite) Elle a sous-estimé les relations sociologiques qui organisaient les secteurs de la pêche et de l élevage; Les crédits individuels aux jeunes diplômés et aux exploitations péri-urbaines se sont mal dénoués en raison de l inexpérience et la non maîtrise des recettes; Sans une réorientation de sa politique, la banque aurait pu être liquidée;

III LA BNDA (suite) Lors de la seconde phase, la banque a entrepris son redressement; Crédits acordés aux groupements de ruraux,sélection de zones,de secteurs et d activités; Mise en oeuvre de l informatisation et nettoyage du portefeuille; Expérimentation de la domiciliation des recettes des ruraux.

III LA BNDA (suite) La troisième phase a débuté en 1990 avec la conception et la mise en oeuvre de plans à moyen terme; La BNDA a diversifié ses activités de crédit, développé les services bancaires, différencié ses taux d intérêt en favorisant les ruraux, Elle fait supporter le coût élevé des petits crédits agricoles par les autres emplois.

III LA BNDA (suite) Elle a revu ses procédures d octroi en octroyant des pouvoirs aux chefs d agence; Elle a mis en oeuvre une politique commerciale; Elle reste une banque agricole mais finance d autres secteurs; Elle a élargi la gamme de ses produits et services tant en matière de dépôts que de crédits;

III LA BNDA (suite) Aujourd hui la BNDA est la deuxième banque du pays par son total de bilan avec une situation financière saine; Ses fonds propres représentent le tiers de ceux du système bancaire et ses résultats sont corrects; Elle respecte les ratios et normes de gestion imposés par la Banque centrale;

IV LA BNDA ET LA MICROFINANCE Les premiers sytèmes de microfinance au Mali datent du milieu des années 1980; SFD: institution financière de proximité: BNDA exerce le rôle de maître d ovrage délégué et de banquier des SFD; Résultats des relations BNDA-SFD apparaissent sur le tableau suivant:

IV LA BNDA ET LA MICROFINANCE (suite) 2000 2001 2002 Part dans ref. Bancaire 91 % 100 % 89 % Part dans crédit SFD 30 % 22 % 23 % Clients SFD touchés 37257 37029 44177

V LES LECONS La règle de l universalité bancaire ne reconnait pas la spécificité du financement rural; Au Mali, les meilleurs résultats obtenus par la BNDA l ont été dans des zones présentant quatre sécurités: une sécurité pluviométrique ou hydraulique, une sécurité technique (encadrement), une sécurité des organisations paysannes et une sécurité des prix et des débouchés;

V LES LECONS (suite) Toutes les activités économiques du monde rural et toutes les clientèles ne sont pas bancables ; L octroi de petits crédits à la clientèle rurale n est pas rentable; Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque la banque parvient à domicilier les recettes; La poursuite de pratiques ancestrales ne favorise pas le développement du crédit;

V LES LECONS (suite) L inexistence d infrastructures de base constitue un frein à la bancarisation; L absence d amortisseurs comme les fonds de calamité ou d assurance agricole fragilise l organisme de crédit agricole; Les incertitudes sur les prix aux producteurs influencent leurs anticipations en matière d investissement;

V LES LECONS (suite) Le refinancement des SFD permet d augmenter les emplois, de diversifier le portefeuille et de toucher une clientèle à risque à des coûts acceptables (pêche); La création de centrale de risques participe au développement d une saine pratique du crédit.