233 que chez crocatus le pygidium est également pileux mais non ponctu é (sauf aux angles antérieurs). Enfin l'organe copulateur d` présente certaines différences : chez clementi, l'apex des paramères est plus recourbé vers le bas et en mêm e temps plus déversé sur le côté externe ; la petite épine antéterminale est plus latérale et plus dirigée vers le bas. Chez les cf, la carène frontale semble plus régulièrement convex e et placée plus en arrière chez clementi que chez crocatus, mais ce caractère n'est pas de grande valeur car dans ce groupe la position de la carèn e varie avec le développement des individus au sein d'une même espèce. De -même plusieurs autres caractères nous ont paru trop variables pou r être mentionnés ici. Nous pensons que les différences que nous venons d'énumérer son t suffisamment nettes pour faire de clementi une espèce distincte dan s un groupe où les espèces sont très voisines les unes des autres ; d'ailleur s le fait que clementi ait été récolté dans plusieurs localités mélangé à des crocatus écarte l'éventualité d'une sous-espèce ou de toute autr e forme vicariante. Bien entendu, nous avons vérifié qu'il ne peut s'agir d'aucune autr e espèce connue ni de la zone paléarctique ni d'afrique. Holotype c ' : Talsint (Maroc), 5 avril 1927, P. CLÉMENT (ma collection). Allotype y : Beni-Tadjit (Maroc), 15 février 1927 ; P. CLÉMENT (m a collection). Paratypes : 8 d` Talsint (Maroc), 5 avril 1927 et.5 d` Tizi-Gzaouin e (Maroc), 22 mars 1927, P. CLÉMENT (ma collection). Cette espèce est sans doute assez localisée au Maroc et aura ét é confondue avec crocatus ; son aspect brillant la fera reconnaître ave c certitude au premier coup d'oeil. Présenté à la Section Entomologique en sa séance du 8 juin 1960. DESCRIPTION D'UN NOUVEL EPICNAPTER A DE LA FAUNE EUROPEENNE (Lasiocampidae ) par Y. de LATONQUIÈRE. Au cours de chasses en Andalousie, en 1955 et 1956, nous avons capturé, mon ami J. BARAUD et moi-même, une série d 'exemplaires d' un Epicnaptera qui volait aux mêmes lieux et temps qu'epicn. suberifolia Dup. Depuis lors, l'étude du matériel que nous avions recueilli auss i bien que de celui qui existait dans la Collection du Museum de Madri d et obligeamment prêté par M. R. ARENJO m'a convaincu qu'il s'agissai t bien d'une unité spécifique distincte que je décris ci-dessous : Epicnaptera kermesifolia n. sp. d` Envergure (apex à apex) : 31,5 mm ; longueur des ailes antérieures au bord costal : 17-18 mm. Antennes bipectinées ; les fasciculations antérieures un peu plus courtes que les postérieures comme il est d e règle dans toutes les espèces du Genre ; couleur bistre-brun ; flagellum
234 recouvert dorsalement d'écailles gris-jaunâtre-clair. Front gris-bleuté. Touffe conique fasciale brune. Collier et dessous du thorax gris - bleuté, ainsi qu'une bande dorsale sur l'abdomen. Dessus du thora x et dessous de l'abdomen recouverts de poils annelés de gris-bleuté et d e brun, donnant un aspect roussâtre. Ailes antérieures de couleur fondamentale brun-roux, largemen t éclairées de gris-bleuté dans toute l'aire terminale et, plus faiblement, dans' une très petite éclaircie discale. Bord costal brun. Ligne s extrabasilaire, postmédiane et subterminale nettement marquée par des lunules internervurales, noires pour les deux premières, brunes pour l a dernière. Frange rousse, doublée extérieurement de blanc dans le s espaces internervuraux. Dessous des antérieures rougeâtre dans l'en - semble, avec une.éclaircie basale bistre et l'aire terminale bleutée ; ligne postmédiane bien visible. Ailes postérieures brunes, très légèrement éclairées de bistre dan s la région apicale. Eclaircie blanchâtre s'étendant entre le bord anal, l a limite inférieure de la cellule et une ligne idéale allant de l'angle inférieur de celle-ci à l'angle anal. Ombre médiane très nettement, mai s finement, marquée en noir et affectant la forme d'un angle obtus trè s ouvert vers l ' extérieur, dont le sommet s 'appuie approximativemen t sur C2. Franges identiques à celles des ailes antérieures. Dessou s des postérieures reproduisant le dessin général du dessus, l'aire terminal e et la moitié basale du bord antérieur se détachant en gris-bleuté. y Envergure (apex à apex) : 39 mm ; longueur des ailes antérieures au bord costal : 19-20 mm. Semblable au d, avec naturellement les fasciculations des antennes plus courtes. Holotype : 1 d, Espagne (Province de Jaen), Virgen de la Cabeza, 4-IV-55 (ma collection). Allotype : 1 y, Espagne (Prov. de Madrid), Escorial, V-1923, F. EscA- LERA leg. (Coll. Museum de Madrid). Paratypes : 1 d, Virgen de la Cabeza (Prov. de Jaen), 12-IV-56, (m a collection) ; 10 de, Villarnanrique (Prov : de Sevilla), 9-10-IV-55 et 2 à 12-IV-5 6 (Coll. BARAUD et ma Collection) ; 1 Hinojos (Prov. de Sevilla), 6-IV-56 (Coll. BARAUD) ; 1 Lugar Nuevo, Andujar (Prov. de Jaen), V-53 (Coll. Museum d e Madrid ) 2 f d', Jandula (Prov. de Jaen), IV-33 et II-34, F. ESCALERA leg. (Coll. Museum de Madrid) ; 2 de, Galapagar (Prov. de Madrid), 29-IV-55 et 15-V-55, A. MARTI N leg. (Coll. Museum de Madrid) ; 2 de, Escorial (Prov. de Madrid), V et VI-24, F. ESCALERA leg. (Coll. Museum de Madrid). Affinités. Cette espèce doit être placée immédiatement aprè s Epicn. tremulifolia Hb. Sa couleur gris-bleu la différencie nettemen t de cette dernière, qui reste dans des tonalités bistre, et aussi la nettet é de son dessin, généralement très bien marqué. Sa couleur générale l a rapprocherait davantage d'epicn. ilicifolia L., mais sa taille très inférieure évite toute confusion. - L'examen des ailes postérieures permet, a u surplus, de relever les caractères différentiels suivants :
23 5 Ep. ilicifolia L. et Ep. kermesifoli a Ep. tremulifolia Hb. ombre médiane large et diffuse, ombre médiane plus nette et moins comme un trait d'encre sur du élargie ; papier buvard ; éclaircie du bord anal n'atteignant éclaircie du bord anal, quand elle pas l'angle anal mais remontant existe, moins contrastée, atteijusqu'à la nervure radiale chez gnant l'angle anal et ne dépas - Ep. tremulifolia, et pratiquement sant pas la limite inférieure d e jusqu'à l'angle apical chez Ep. la cellule. illicifolia ; Aucune confusion n'est par ailleurs possible, soit avec Epicn. arbore a Blkr., soit avec les espèces asiatiques. Quant à Ep. suberifolia Dupa, la couleur uniforme de ses quatre ailes le sépare nettement du Groupe, ainsi d'ailleurs que plusieurs caractères des genitalia ; cette question ser a reprise dans un travail ultérieur où seront figurés la nouvelle espèce e t.ses genitalia. Armure génitale d. L'armure est du même type que dans l'en - semble du Genre : absence d'uncus, valves courtes, globuleuses, arrondies à leur base, en forme d'ampoules ; et aspect très spécial,du péni s dont l'aedoeagus se prolonge en un éperon distal en forme de bec d'aigle. Ce sont les variations des proportions de cet organe qui permettent l a différenciation spécifique la plus sûre, car ces caractères sont remarquablement constants chez les individus d'une même espèce. L'aedoeagus d'ep. kermesifolia est nettement plus long et plus minc e que celui des espèces voisines. En outre, le bord supérieur de son profi l latéral dessine une ligne continue et légèrement arrondie tout au lon g du pénis, tandis qu'il présente, chez Ep. tremulifolia, un angle notable - ment saillant au point de départ proximal de la vesica. De leur côté, les valves sont plus arrondies et proportionnellement plus larges, surtou t à leur base, que dans les autres espèces. Les cornuti, répartis en deu x groupes symétriques à la base de la vesica, en un petit groupe termina l et en un gros «cornutus bulbé» intermédiaire, sont communs ; dans cett e distribution, à toutes les espèces européennes. Epicnaptera kermesifolia n. sp. f. baraudi n. f. Comme l'epicn. suberifolia Dup., l'epicn. kermesifolia se présent e sous deux formes volant ensemble, alors que l'epicn. tremulifolia Hb. semble ne présenter qu'une forme à peine variable dans l'ensemble d e son habitat pourtant très étendu. J'ai nommé kermesifolia celle de ces deux formes qui paraît la plu s fréquente, en allusion au chêne kermès (Quercus coccifera L.) qui croît abondamment aux endroits où nous avons capturé cette espèces, et pou r rester dans la ligne générale des dénominations de ce groupe. C'est l a forme de couleur gris-roux avec des parties cendrées. Je donne à la deuxième forme le nom de f. baraudi, la dédiant ains i à mon ami Jacques Bnxnun qui participait à ces captures. Cette seconde forme présente un dessin identique à celui de la form e typique, bien que la ligne postmédiane soit peu marquée ; sa tonalit é générale est d'un brun-rouge foncé, très uniforme sur les quatre ailes,
236 à l'exception de l'aire terminale des antérieures qui garde sa couleu r cendré-bleuâtre, et de l'aire externe des postérieures qui tourne au brun. Le thorax, l'abdomen et tout l'ensemble du corps sont envahis pa r cette teinte brun-rouge. Type : 1 Espagne, Province de Sevilla, Villamanrique, 2-IV-5 6 (ma Collection) ; Paratypes : 5 o id., 6-IV-55 et 2 à 7-IV-56 (Coll. BARAUD et ma Col - lection) ; 1 o, Espagne, Prov. de Madrid, Galapagas, 1-V-55, A. MARTIN leg. (Coll. Museum de Madrid). Présenté à la Section Entomologique en sa séance du 14 septembre 1960. CONTRIBUTION A LA REPARTITION GEOGRAPHIQU E DE QUELQUES HELOPINAE FRANÇAI S Par J.-P. et J: L. NIcoLAs. L'excellente étude de M. P. ARDOIN sur les Helopinae français, paru e récemment dans les Annales de la Société entomologique de France, nou s a permis d'étudier enfin convenablement le matériel de ce groupe qu e nous possédions. Dans ce travail, une large part est réservée à la répartition géographique des espèces ; il représente certainement à l'heure actuelle la seul e mise au point précise à cet égard, et il a fait ressortir l'intérêt d'un certain nombre de captures d'helopinae faites soit par nous soit par de s collègues qui ont bien voulu nous autoriser à les présenter ici. Nalassus dryadophilus Muls. P. ARDOIN dit de lui qu'il «ne sembl e pas avoir remonté... beaucoup plus haut que le Vaucluse». Rappelons d'abord qu'une récente note du Dr H. CLEU nous appren d que cet insecte existe en Ardèche, dans la région d'aubenas. Par ailleurs, le Dr E. ROMAN a eu la très grande obligeance de nous communiquer l a liste des captures de cette espèce qu'il a faites, dans une autre partie de ce département, à la Voulte-sur-Rhône en octobre 1930, mais aussi dan s la Drôme : La Forest près Malissard 1940, Malissard avril 1942, Chanteloube près Aouste sept. 1942, Piégros-la-Clastre sept. 1942. Enfin nous avons eu l'occasion de trouver cet insecte beaucoup plu s au N. encore : dans l'extrême S. du département du Rhône, à Condrieu, où nous en avons fait d'assez nombreuses captures en avril 1958 et ma i 1959, sous les écorces des peupliers qui poussent dans les alluvions sableu - ses de la rive droite du fleuve. N. dryadophilus remonte donc le couloir rhodanien jusqu'a u S. de la région de Lyon. Au N.E. de cette ville par contre, i l existe sur les îles du Rhône (La Pape, Miribel) **un biotope très comparable à celui de Condrieu, mais plusieurs prospectiàns ne nous ont pa s permis d'y trouver un seul N. dryadophilus et aucun spécimen de cett e espèce n'a encore été pris dans cette région à notre connaissance. N. harpaloides Küster. P. ARDOIN ne le connait que du Ventoux. Nous l'avons trouvé à la limite des départements de la Drôme et des Hautes-