Elle avait grandi ELLE AVAIT GRANDI

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3 ELLE AVAIT GRANDI

4 DU MEME AUTEUR La fabuleuse ascension sociale de Luc Brisson Editions : Le Manuscrit Site : Photo de couverture : Yves Brard

5 YVES BRARD ELLE AVAIT GRANDI roman

6 Le code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit sans le consentement de l auteur ou ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes de l article L et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Depot.comYves Brard Herblay ISBN n

7 «Temps jaloux, se peut-il que ces moments d ivresse, Où l amour à longs flots nous verse le bonheur ; S envolent loin de nous de la même vitesse Que les jours de malheur?» Alphonse de LAMARTINE, Le lac «J ai tant rêvé de toi qu il n est plus temps sans doute que je m éveille. Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie et de l amour et toi, la seule qui compte aujourd hui pour moi, je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres et le premier front venus.» Robert DESNOS, Corps et biens

8 Remerciements Merci à tous ceux qui m entourent et qui me donnent leur amour et leur confiance. Je puise chaque jour à cette source pour aimer la vie même quand elle me chahute. Merci de leur patience, de leur bienveillance permanente, merci de me laisser cette liberté de rêver, de vivre mes passions, de bâtir des projets même si parfois ils m'éloignent un peu d'eux. Les projets se succèdent sans toujours aboutir et je crois qu'ils s'habituent!

9 Départ Lui J ai encore, imprégné dans la rétine, la chaleur incandescente de ton dernier regard, cueilli au détour du rétroviseur de ta Mini Cooper, dont tu as fait feuler une dernière fois le moteur avant de t éloigner de moi, comme un animal pris au piège hurlant sa souffrance et son désarroi. J ai encore dans la tête ce dernier coup de klaxon rauque, sourd, profond, qui résonne comme un ultime au revoir, tentative maladroite pour couper court à ce malaise dont tu sens qu il m imprègne déjà. Tu sais qu il va gonfler, telle une rivière en crue, jusqu à charrier sur son passage les quelques brindilles de lucidité qui s essayent à me garder la tête hors de l eau. Et le flot de cette jalousie dévorante va déferler inexorablement durant ton absence, sans la digue de tes mots pour le contenir. Cet appel déchirant, lancé au cœur de la nuit, a réveillé quelques mauvais coucheurs ; et les persiennes aux aguets se sont ouvertes sur le sommeil dérangé. Des jurons dérisoires ont été proférés, exutoires à l insomnie chronique qui a pris 9

10 pension chez certains, dont la conscience ne pourra plus jamais être en paix. Comme la nôtre. Yann, toujours aussi frileux, transpirant l inquiétude comme une seconde peau, s est empressé de refermer sa vitre, terrifié sans doute à l idée qu un virus puisse pénétrer dans l habitacle. Je suis ce virus, mais il l ignore. Le ver est déjà dans le fruit, et même si votre voiture s éloigne inexorablement, j ai germé en toi. Si profondément qu il faudrait te saigner comme un bœuf à l abattoir pour espérer m extirper, en patientant jusqu à ce que le dernier globule s égoutte et t assèche enfin de moi. Ne resteraient que des caillots de regrets, qui noirciraient avec le temps Elle Je roule jusqu à l aéroport, enveloppée dans mon cocon de nostalgie, à l abri de son humeur faussement joyeuse, sourde à ses appels muets de complicité, ne lui donnant aucune prise pour commenter le soulagement qui l envahit lorsqu il s éloigne de toi. Non pas qu il ait le moindre doute il faudrait pour cela qu il fasse preuve d imagination, mais parce qu à ta manière, tu lui renvoies en permanence ce qu il n est pas. Il faut dire que ton humour de plus en plus caustique en irrite plus d un, et qu il faut te connaître comme nous (elle et moi) pour deviner, derrière ces sarcasmes au vitriol, une blessure qui s élargit au fil des années. Ces années qui te vont si bien, qui te donnent une assurance qui transpire sur moi, un charisme, une séduction qui me chamboulent, me laissant 10

11 souvent anéantie, vide, n existant pour quelques secondes que par toi. Mais c est avec mon petit mari que je pars deux semaines aux Maldives, orpheline de toi, pour un simulacre d amour où la mer et le soleil m aideront à digérer la pilule. À tout prendre, c est préférable, pour se supporter et jouer la comédie, à un deux-pièces à Grigny avec vue sur les voisins et la cage d escalier! La détresse a ses degrés, et la réussite sociale de mes parents m a habituée à un confort que je compte bien perpétuer. Je roule nerveusement, poussant les rapports jusqu à flirter avec le rouge du compte-tours, me délectant de le voir se recroqueviller sur son siège, la main exsangue à force de serrer convulsivement la poignée de la portière. Mais il n ose rien dire, trop timoré en cela comme en tout, et manquant de tripes pour entamer une joute verbale dont il sait qu il ne sortira pas vainqueur. Mon chéri, pourquoi n est-ce pas toi qui sièges là, à mes côtés? Ta main serpentine à la douceur veloutée louvoierait doucement le long de ma cuisse, pour venir s échouer au rivage de ma petite culotte encore sage pour quelques secondes. Oubliant bientôt toute pudeur, elle s écarterait ostensiblement pour toi et inviterait tes doigts à se couler subrepticement dans mon marécage de blés mûrs, jusqu à déclencher, d un index fureteur, une ondée qui me laisserait trempée de toi. Les yeux rivés sur la route qui défile au rythme de tes caresses imaginaires sur ma peau, je frémis de plaisir rien que d y penser. C est comme toujours avec toi, la magie du désir qui me transporte. Tu joues les solistes prodiges en pianotant 11

12 de tes doigts agiles sur mes touches sensibles et je m applique, comme une élève studieuse, à suivre ta partition, le corps tendu comme les cordes d un violon, laissant ton archet vibrer en moi jusqu à ce que jaillisse d une même voix, la mélodie de notre plaisir. Flûte! Je suis partie tellement loin que je viens de rater la sortie vers l aéroport. Yann maugrée d un ton boudeur : Tu pourrais te concentrer sur ce que tu as à faire plutôt que de rêvasser. Je renonce à faire écho à sa remarque pour ne pas perdre le fil de mon rêve, que je vais pouvoir prolonger encore quelques minutes grâce à ce petit détour impromptu Lui Nous regagnons rapidement notre villa à Rueil- Malmaison. La route semble s ennuyer ferme à cette heure équivoque. Elle doit, à son corps défendant, laisser filer inexorablement les gens bien rangés qui, la pièce de théâtre à peine achevée, rentrent toutes vitres fermées se cloîtrer dans leurs demeures cossues. Comme une courtisane qui voit défiler les années, elle se rassure en se disant qu ils fuient sa séduction, de peur de ne plus jamais pouvoir la quitter. Quant aux quelques noctambules qui n émergeront des caves de décibels qu au petit matin, elle devra patienter encore pour les chahuter avant qu ils ne s immergent dans leur propre nuit. Les portières claquent dans le silence de la résidence endormie. 12

13 Allez, une petite poire et on vous laisse, les vieux! claironne joyeusement François. La poire, je l avais oubliée celle-là. Pourtant, elle fait partie de nos traditions! À travers les années, nous avons construit nos propres rites, initiés patiemment et partagés avec quelques élus. En l occurrence, il ne s agit pas de consommer une quelconque poire industrielle de supermarché, mais de déguster cet alcool parfumé, fait maison, que nous ramenons chaque année d Irancy. Nous revenons de ces week-ends escapades le coffre plein à craquer de cartons d élixirs divins, destinés à de futures bacchanales. Des Petits Chablis de Pouilly-sur-Serein, ou Villy, côtoient quelques grands crus, Preuses, Valmur, Vaudésir que nous gardons jalousement pour les grandes occasions. Il faut dire que les ceps de Chardonnay, accrochés depuis un morceau d éternité à leurs coteaux, produisent pour notre plus grand plaisir un vin d enchantement à la robe dorée, fluide, au bouquet suave de miel et de genêt. Des vins qu il fait bon respirer autant que boire, et dont nous nous délectons, en contemplant aux parois de nos verres, le rideau crénelé de leurs larmes. Quand le courage nous manque pour descendre chercher les grands rouges et flirter avec les Volnay, Pommard et autres Chambertin, nous nous contentons de Bourgogne plus modestes, plus rustiques, des Épineuil et Irancy aux parfums de framboise et de cassis que nous réservons aux parties de charcuterie de l été. Et puis, cerise sur le gâteau, nous dissimulons quelques flacons d alcool de poire, distillés clandestinement, que la propriétaire consent à nous glisser subrepti- 13

14 cement de la main à la main contre paiement en liquide, avec des airs de conspiratrice risquant la pendaison. Les premières années, nous nous prenions au jeu. Nous traversions la rue, nos bouteilles dissimulées sous le manteau, et nous les enfouissions au plus profond du coffre, dans des emballages anonymes, au cas où la maréchaussée nous aurait interpellés à la frontière entre la Bourgogne et la région parisienne. Jusqu au jour où, ayant oublié notre «petit cadeau», nous vîmes la matrone surgir de sa cave en courant, hurlant à tue-tête, telle une suffragette en ébullition, la bouteille flottant au bout de son bras comme un étendard : Votre bouteille, votre bouteille, vous oubliez votre bouteille! Pendant quelques instants, la stupeur nous figea sur place. Nos yeux affolés erraient sur les rares passants qui arpentaient nonchalamment la rue principale du village, dans l attente d une quelconque réaction. Pétrifiés par ce viol de l interdit, il aurait suffi à cet instant qu un uniforme passe pour que notre imagination nous conduise aussitôt, fers aux pieds, au plus profond d un obscur cachot, condamnés à expier durant de longues années notre forfait inachevé. Nous comprîmes à l indifférence générale et au sourire de notre approvisionneuse que tout le monde savait, sans doute depuis belle lurette, et que jouer à se faire peur devait faire partie du plaisir et de la tradition. Tu n es pas de ces week-ends, étrangère à la génération de ce cercle d amis qui date d une autre époque ; celle d une jeunesse où tu jouais encore à la dînette, où le regard que je por- 14

15 tais sur toi était celui d un tonton gâteau qui te terrorisait en imitant le père Lustucru. Encore, encore! J entends toujours, du fond de ma mémoire, ta voix enfantine, symbole d une innocence à jamais révolue, prononcer ces mots joueurs. Je prenais une voix d outre-tombe, composais mon air le plus terrifiant et répétais inlassablement : Emportant dans sa besace toutes les petites filles qui ne dorment pas! Tu frémissais d une terreur mi-feinte, mi-réelle, et tu plongeais sous ta couette en criant : Je dors, je dors! Aujourd hui, ces mots se confondent avec d autres, ceux d un autre temps, d un autre âge, d une autre vie. Des «encore» de femme amoureuse, brûlante de désir, qui me bouleversent les sens et me grandissent chaque jour un peu plus Qui aurait cru qu un jour, l amour nous réunirait dans un lit, et que nous respirerions pour quelques heures dans la même besace, sous la même couette, confrontés à d autres peurs? Des peurs d adultes Celle d être surpris, toujours présente, qui nous fait tressaillir à chaque craquement de plancher, à chaque bruit de voix, à chaque sonnerie de téléphone et ce, quelle que soit la distance qui nous sépare d eux. La peur et la culpabilité de voler des heures, moi sur mon travail, toi sur tes études. Et par-dessus tout, la peur de sentir l autre en rentrant. Le sentir physiquement bien sûr, mais plus encore à travers nos attitudes, nos absences, nos flottements, nos lapsus, comme si 15

16 cet amour tellement fort ne pouvait que nous trahir un jour, et se mettre à dégueuler par tous les pores de notre peau. La bonde de l autre vie enfin ouverte, ce trop-plein de mensonges dégorgerait bruyamment, comme une logorrhée d alcoolique en mal de confidences, et les confessions larmoyantes dégoulineraient jusqu à recouvrir les autres d un cloaque marécageux. Quelle semaine! dis-je en m affalant sur le canapé de cuir noir acheté récemment pour tromper l ennui. Je n en peux plus. Petite nature, tu vas bien prendre une poire avec nous! jubile François, l œil pétillant de ce plaisir tout proche. Non merci, je suis crevé, je vais me coucher. Tu ne t arranges pas en vieillissant, faut réagir! s écrie Caroline d un ton faussement bourru où percent la tendresse et la complicité d une amitié de vingt ans. Elle a raison, je ne m arrange pas, mais qui s arrange en vieillissant? Je dis bonsoir à mes amis en exagérant mes bâillements, j esquisse un baiser furtif sur les lèvres de ma femme, et je viens te retrouver, blottie au chaud dans ma mémoire, toujours disponible pour ressurgir dès mon premier appel. Tu avais essayé de me rassurer avant ce départ, dont tu sentais qu il me mettait le cœur à vif. Quelques mots chuchotés dans le vent, quelques frôlements de mains timides, ces jambes à peine recouvertes d une étoffe symbolique, écartées ostensiblement pour moi, juste le temps de me voir piquer un fard. 16

17 Assise sur un pouf en cuir, genoux légèrement écartés devant la table basse, tu regardais les autres d un air naturel, le verre à la main, l innocence du péché portée comme un emblème. Discrètement, tu as approché ton doigt de ta bouche et tu l as sucé avec indolence, en plantant fugitivement tes yeux dans les miens. Puis, d un index encore humide de salive, tu as langoureusement dessiné des arabesques sur ton corps, t arrêtant au passage sur l aréole de ton sein pour descendre lentement vers ton genou et remonter lentement l ourlet de ta jupe vers l échancrure de tes bas, en débitant des banalités sur le climat tellement humide et chaud des Maldives. Tu savais bien sûr qu aucun de tes gestes n échappait à mon regard pénétrant et tu jouais en direct, pour un unique spectateur, cette scène d un érotisme torride qui me chamboulait les sens. Mais les heures ont coulé, et tu sommeilles loin de moi Couché en chien de fusil, les yeux fermés, je savoure une fois de plus cette intimité que personne ne peut me contester, cette évasion vers une autre vie où tu occupes tout l espace. J ai rodé la méthode. Je choisis, dans la liste des souvenirs, un des plus marquants, et je déroule le film dont je suis le seul à détenir la bande originale. Quelquefois, je m arrête sur le plus récent, celui dont les images viennent à peine de sortir du bain du révélateur, encore humides du plaisir de toi. D autres fois, je fouille dans les archives de notre histoire, de ton passé, de ta jeunesse, pour retrouver un film toujours tronqué. J ausculte vainement ma mémoire à la recherche d images oubliées et dois me résoudre à combler les blancs, en tournant en direct, du fond de mon lit, de nouvelles scènes qui miraculeusement viennent ra- 17

18 bouter la pellicule originelle. Le sommeil me surprend souvent trop tôt, sans que je puisse dérouler complètement la bobine des souvenirs. 18

19 TERREURS NOCTURNES Lui Quelques minutes ou quelques heures après mon repli diplomatique, j émerge des brumes de mon demi-sommeil au bruit de la porte d entrée qui se referme, suivi du claquement caractéristique des verrous de sécurité. Elle a dû brancher l alarme, nouveau luxe des gens aisés dont nous sommes, prêts à défendre becs et ongles notre patrimoine acquis à la sueur de nos cerveaux. Complètement réveillé, je devine, au crissement léger du cristal sur le marbre, le cheminement des verres, de la table du salon à l évier de la cuisine. Ses pas se rapprochent, mais elle ne vient pas encore. Passage traditionnel par la salle de bains, à l étage, où trônent les innombrables élixirs de jouvence que les femmes utilisent pour lutter contre le temps. L eau dégouline dans les tuyaux et coule sur nos années délavées Le robinet s arrête, le silence s épaissit, mon angoisse monte. Encore quelques bruits furtifs de cotons et de flacons, déplacés discrètement plus que quelques secondes de solitude puis, viennent le craquement traditionnel des première, huitième et treizième marches de l escalier en chêne 19

20 massif ; le glissement furtif du pied sur le carrelage glacé ; la main hésitante sur la poignée de la porte, qui grince légèrement il faudra que je pense à l huiler ;l ombre de la porte qui s ouvre sur le mur de notre chambre et qui gonfle démesurément, déformée par la clarté de la lune tiens, j ai encore oublié de fermer les volets. Je dors bien sûr, je dors toujours, je suis tellement fatigué depuis que mon égérie a déferlé comme une tornade sur ma quarantaine bien tassée. Je tourne le dos à la porte, le nez plongé dans l oreiller, ma respiration simulant la quiétude alors que mon cœur s emballe. Le malaise est vivant, palpable et se cogne brutalement contre les murs, tel un oiseau affolé entré par mégarde par une fenêtre ouverte. Je la devine à ses bruits discrets, pudiques, ses bruits d oiseau-mouche, surnom dont je l avais affublée pendant toutes ces années au cours desquelles je lustrais son plumage en me rengorgeant. J ai tellement mal de ces souvenirs si lointains et si proches que je m accroche désespérément aux draps jusqu à ce que mes phalanges blanchissent et me donnent une illusion de force dans cette vie que je ne maîtrise plus. Elle Où étais-tu ce soir? Certainement pas avec nous. Tu faisais encore semblant. Mal. Comme dans un débat télévisé, tu t imagines qu il suffit d ânonner quelques phrases, d un air faussement intéressé, 20

21 pour faire illusion. Tu étais à des années-lumière de nous. J ignore ce qui te ronge depuis quelques mois ou quelques années, je ne sais plus, je perds mes repères tellement le temps s étire interminablement. Une femme sans doute. Nous sommes les seules à détenir le pouvoir de mettre un homme dans un tel état de dépendance. De toutes les drogues, nous sommes de loin la plus dure. Belle consolation. Je n ai pas le courage de te questionner. Je préfère l ignorance et l illusion d une vie bien réglée au dérèglement absolu. Pourtant, je souffre de cette absence, de cette impossibilité d imaginer ce que sera notre avenir, de cette peur qui me cisaille le cœur quand je t entends me dire : Je m en vais. Je ne sais pas vivre sans toi, je n ai pas eu le temps d apprendre. Tu m as enlevée trop jeune pour que je puisse vivre d autres hommes. Je suis une rescapée d une époque révolue. Je ne connais que ton odeur, je ne connais que tes caresses et tes mots d amour. Au fil des années, ils ont tissé autour de moi ce patchwork qui m a tenu chaud et enfermée dans un cocon douillet. Après m avoir cadenassée à double tour, tu aurais bien fait sauter le verrou et, pour un peu, c est toi qui m aurais encouragée à voler de mes propres ailes. Je ne volerai pas. Je resterai là, les ailes repliées, accrochée à toi comme une bernique à un rocher, sans faire d autre bruit que le ronron du quotidien, sans exiger autre chose que l illusion de ta présence, l illusion de tes caresses, l illusion de ton amour. Je ne 21

22 te rendrai pas ta liberté, et je sais que tu ne t en iras jamais si je ne t aide pas. J imagine que tu ne m aimes plus, mais je te sais incapable de m abandonner. Il faudrait pour cela que tu renonces à cette image de toi survalorisée où tu te poses en démiurge de nos vies. Il faudrait que tu acceptes d endurer ma souffrance et le regard des autres qui t importe tant. Toi qui as passé une partie de ta vie à rechercher l admiration que dis-je, la vénération! d une cour rapprochée, tu ne te remettrais pas de leur opprobre. Car j espère que tu ne doutes pas qu ils choisiraient tous mon camp! Ils me savent irréprochable, nous sommes les premiers de la bande à nous être mariés, et c est chez nous qu ils ont traîné leur fin d adolescence, en refaisant le monde nuit après nuit. Je suis leur jeunesse, j ai la priorité, et ils ne me laisseraient pas remplacer par je ne sais quelle petite grue qui s imagine qu il suffit d agiter son joli cul de pouliche en chaleur devant un homme pour tirer un trait sur vingt années de bonheur. Alors je serre les dents, le temps joue pour moi. Bientôt, tu ne séduiras plus personne. Tu auras les rêves comme la queue, en berne, et tu pleureras tes espoirs envolés dans les bras de ta vieille. Ta tourterelle sera partie roucouler avec un pigeon plus prometteur, en attendant de découvrir qu il y a un fossé entre les promesses et la réalité. «Il faut que jeunesse se passe», dit le dicton. J entends ta peur, j entends ton silence, j entends ta honte. Depuis combien de temps ne m as-tu pas touchée? Ce corps dont tu as usé et abusé jusqu à m en faire mal, ce corps que tu as pris, palpé, retourné, disséqué jusqu à en connaître chaque 22

23 millimètre carré, chaque grain de peau, chaque odeur, te donne semble-t-il aujourd hui la nausée. Ça doit être ça l overdose. Je ne sais pas. Je ne me drogue pas. Pas encore. Juste un cachet de Temesta pour chercher un peu d apaisement, à défaut de sérénité, et un somnifère au coucher, pour attaquer de pied ferme la pente de la nuit qui me conduit toujours plus profondément vers la détresse. Il a pourtant peu changé mon corps, un rien plus enveloppé, un rien plus lourd, mais tellement plus triste Si j en crois le nombre de coups d œil égrillards que j essuie dans une journée, il ferait bien l affaire pour d autres. Les mêmes que toi sans doute, qui cherchent un peu de nouveauté, un bain de chair inconnue à défaut d être fraîche. Je hais ce corps qui se dégrade et qui t éloigne inexorablement de moi. Ça me rassure de mettre ça sur son compte. Ils ont bon dos, mon cul enrobé, mon ventre scarifié par les maternités, mes jambes un peu moins fines, ma peau un peu moins lisse Et toi, t imagines-tu que tu es aussi bien que celui que j ai connu à l aube de mes vingt ans? Crois-tu que tu n as pas changé, que je n en ai pas ma claque moi aussi de tes diatribes épuisantes, de tes humeurs taciturnes, de tes douleurs d estomac, de ton obsession de l âge? Non, c est bien ça le problème, j aime tout cela, juste un peu plus qu avant. Je me moque de ces faisceaux de rides qui irriguent tes yeux, de ces petites frisettes grises qui flirtent 23

24 avec tes tempes brunes, de ces sillons qui bordent tes lèvres et débordent de nos souvenirs. Mais tourne-toi bon Dieu! Dis-moi quelque chose, que c est fini, que tu t en vas, ou que tu m aimes encore, que tu regrettes! Parle-moi, je t en supplie, je n en peux plus de ce silence assourdissant qui m écrase un peu plus chaque jour, de ces mots réservés à cet ailleurs dont j ignore tout où tu as pris tes quartiers d hiver. Mais je ne sais crier que dans ma tête, cadenassée sur mes appréhensions. J ai tellement peur de savoir, de ne plus me permettre le luxe de douter, de ne plus pouvoir mettre ça sur le compte de cette crise de la quarantaine dont on dit qu elle touche tous les hommes Tu es parti, mais tu es toujours là. Je sens encore ton odeur, ta chaleur, et quelquefois tes bras et la douceur de tes mains sur ma peau. J ai même droit exceptionnellement à des relents de tendresse, quand le remords te ronge et que tu te rappelles ce que nous avons été l un pour l autre. Je goûte encore parfois ta bouche, même si elle reste faussement ouverte, hypocritement humide, désespérément absente. Je lève péniblement mon bras lui aussi se fait plus lourd et saisis mon flacon d ivresse, ma bouée, mon élixir d oubli : deux petites pilules marron dans le creux de la main, pour quelques heures d écran noir sur mes nuits blanches, bonne nuit M. Nougaro. Voilà. C est fait. Il ne me reste plus qu à patienter quelques minutes, couchée sur le dos, les yeux rivés sur la toile d araignée du pla- 24

25 fond que je n ai plus le courage d enlever. Mon cœur et mon corps hurlent à me déchirer les tympans, mais en surface tout est lisse, propre, aseptisé. Qui pourrait se douter? Je joue les épouses modèles, les mères exemplaires, les oisives émérites. Je joue pour de vrai comme avec mes poupées quand j étais petite, sauf que mon cœur n est pas en cellulose et qu il saigne à la couture de mes souvenirs dont les ourlets se débinent au fil du temps qui passe. «Demain il fera jour», disait mon papa Lui Enfin, elle dort. Mon corps crispé se détend un peu, mais je reste encore quelques minutes aux aguets, comme un chien en arrêt, craignant qu il ne s agisse d une ruse. Mais non, je sais bien qu elle ne triche jamais, qu elle est toujours tellement droite, compréhensive, patiente, tellement parfaite. Mais je n en peux plus de cette prévisibilité, de ce rôle d héroïne de feuilleton qui tient l affiche depuis plus de vingt ans. Je tends lentement ma jambe, qui me fait atrocement mal Mon Dieu, quel soulagement! Se sentir au bord du gouffre et, à peine quelques secondes plus tard, atteindre le nirvana simplement en tendant sa jambe J ai mal partout, c est la vieillerie comme aurait dit maman. Je tourne lentement la tête vers elle. Elle dort, mais est-ce du sommeil du juste? Je vois les ombres de ses démons intérieurs qui dévorent son visage et tracent des stigmates aux contours de ses yeux. Muette, comme toujours, définitivement muette. Comment peut-elle ne rien me demander, quand osera-t-elle 25

26 me questionner? Pourquoi ne m aide-t-elle pas à mettre des mots sur cette descente aux enfers? Je voudrais la supplier pour qu elle parle, ne serait-ce que pour pleurer ensemble sur ce que nous avons été. C était avant toi, ou plutôt du temps où ma fille n étant pas encore née tu étais mon unique princesse à qui je racontais inlassablement Le petit Nicolas. Les minutes et les heures s égrènent lentement au tamis du temps, trop fin pour ne pas me donner l impression qu une éternité s écoule. Je rêve d une autre éternité avec Nadège, demain peut-être 26

27 INQUIETUDES Lui Endormi sans doute aux premières lueurs du jour, je me réveille vers midi en ce dimanche, et je replonge aussitôt dans ma rêverie. Je consulte ma montre : onze heures de vol, tu as sans doute déjà foulé la piste d atterrissage. La chaleur et la fatigue du voyage ont dû souligner tes cernes bleutés et creuser un peu plus tes joues hâves, conséquence de ce rythme de vie que tu t imposes. Mais tu sais bien que reposée ou fatiguée, pâle ou dorée par le soleil, triste, déprimée ou enjouée, tu restes toujours pour moi cette perle de nacre que j ai vue briller si tôt au creux de sa coquille. À chaque départ, l inquiétude que vous vous retrouviez me taraude. Je ne pense pas être un jour capable d éliminer toute jalousie. Je peux juste, dans le meilleur des cas, repousser au plus profond de moi les images qui me transpercent le cœur. Celles où tu partages la vie d un autre, celles où ta bouche prononce des mots qui ne sont pas pour moi, celles où ton plaisir et ton corps lui appartiennent. Tellement plus souvent, que la lutte est inégale et la souffrance déséquilibrée. 27

28 Je rêve de n être plus blessé par cet inéluctable que je suis obligé d admettre. Mais je détiens cette faculté particulière de rechercher la souffrance, d imaginer ce qu il y a de plus douloureux et de plus blessant pour l éprouver, la sentir, la faire gonfler à la démesure de mon amour. Et les questions défilent, lancinantes, des questions venues de la nuit des temps et qui hantent les hommes Fais-tu les mêmes gestes qu avec moi? Quel plaisir y prends-tu? En quoi «nous», est-ce différent? Comment te prend-il? Comment te vole-t-il à moi? Jouis-tu autant avec lui, penses-tu à moi quand il est en toi, est-ce mieux nous? Je me fais du mal pour rien, juste pour toucher du doigt l intolérable et le tolérer pour l amour de toi. Comme tu peux l imaginer, tes week-ends, tes voyages «en amoureux» ne font qu exacerber ce genre de sentiments. Il n y a pas de solution, sauf ta présence apaisante, ton corps contre le mien pour oublier, tes mots et ta jouissance pour ne plus penser. Jusqu à la prochaine fois. Parfois, j arrive à me persuader que «l autre» n a pas d importance, surtout quand je te sens désemparée, et que le souci de toi prend le pas sur cette affligeante fierté de mâle que je porte comme un carcan. Peut-être qu avec l âge Mais je doute. Comment ne pas être jaloux de tout ce temps que vous partagez, de cette intimité que je n aurai jamais, de cette jeunesse que vous avez en commun? Ton âge et ton éducation tellement différente expliquent sans doute que tu ne ressentes pas les choses de la même façon. Tu n as pas la même notion d exclusivité que moi, et l ancienneté de mon histoire semble annihiler chez toi tout sentiment de jalousie. 28

29 Le pire est que je me sens en grande partie responsable de cette situation, moi qui ai accueilli et apprivoisé Yann jusqu à te le proposer en cadeau. Décidément, le destin se joue de nous, tel le marionnettiste de ses pantins, et reste bien le seul à connaître l issue de la pièce. Quand il m arrive d évoquer avec toi ce désarroi qui m habite, tu me réponds que tu ne veux pas me rendre malheureux et que tu préférerais mettre un terme à notre histoire plutôt que de me voir m aigrir comme un vin mal bouchonné. Tu pourrais aussi bien dire un vin qui a mal vieilli, l aigreur et l âge ont de tout temps fait bon ménage. Puisque tu évoques ce renoncement, c est sans doute qu il te paraît envisageable Il ne l est pas pour moi. Imaginer la vie sans toi, ce serait comme demander aux vagues d arrêter leur incessant va-et-vient ou au soleil de rester éternellement voilé. Tu fais partie de moi, et m amputer de toi nécessiterait une anesthésie générale et définitive. Heureusement, à côté de ces heures de mélancolie, dans lesquelles je me complais trop souvent, il y a tellement de bonheur à t aimer, tellement de jeunesse retrouvée, un tel besoin de partager, de donner le meilleur de moi-même, de vivre en symbiose jusqu à ce que la vie sans toi devienne inimaginable Inimaginable et invivable au sens premier des termes, au point de ne pas pouvoir concevoir un avenir audelà de toi et d ériger, heure après heure, cet édifice instable, fragile comme une flûte de cristal, qui, au moindre coup de dent, se fendra dans nos bouches, saignant nos vies et nous laissant à jamais déchirés Cette épée de Damoclès qui flotte 29

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