MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
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- Adeline Paquette
- il y a 10 ans
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1 MINISTÈRE DE LA DÉFENSE R LES MILITAIRES ET LEUR RETRAITE NOVEMBRE 2008 D I R E C T I O N D E S R E S S O U R C E S HUMAINES DU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE SERVICE DE LA POLITIQUE GÉNÉRALE DES RESSOURCES HUMAINES MILITAIRES ET CIVILES SOUS-DIRECTION DES ÉTUDES ET DE LA PROSPECTIVE
2 Secrétariat général pour l administration Direction des ressources humaines du ministère de la défense Sous-direction des études et de la prospective LES MILITAIRES ET LEUR RETRAITE Enquête réalisée à la SDEP par : Chargées d études sociologiques : Mme Valérie BAILLEUL-HUGELE CDT (TA) Laurence LANTOINE Chargés d études statistiques : M. Jérôme BENSOUSSAN M. Laurent JACQUEMIN 1
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4 VUE D ENSEMBLE Le système de retraite militaire offre la possibilité aux sous-officiers de 15 ans de service et aux officiers de 25 ans de service de quitter les armées en bénéficiant d une pension de retraite et par conséquent, de pouvoir choisir l âge de leur départ ou le moment jugé opportun pour partir. Même si les militaires ont le sentiment de pouvoir choisir le moment de leur départ, cette liberté est néanmoins bien relative du fait des contraintes statutaires, professionnelles ou encore d ordre privé qui pèsent lourdement sur la décision de quitter ou non l institution. Des militaires globalement satisfaits du régime de pension actuel mais inquiets des niveaux de pension Si, pour 40% des militaires, la perspective d un départ des armées n engendre pas de crainte particulière et si le régime actuel de retraite donne satisfaction à 60% d entre eux, ils sont nombreux à déplorer la faiblesse des montants de pension et surtout l important différentiel entre la solde actuelle et la pension de retraite, dû à la non prise en compte des primes dans le calcul de la pension. Le niveau de vie présumé après le départ conditionne bien entendu un certain nombre de décisions liées à celui-ci. L échéance du départ ou encore l intention de poursuivre sa carrière jusqu à la limite d âge ou de l interrompre avant, répondent à des logiques différentes influant sur la façon d appréhender le moment du départ. Le fait de pouvoir quitter l institution plus tôt pour les sous-officiers explique une vision différente de celle des officiers, tenant en grande partie à leurs différences socio-démographiques et à leur niveau de revenus. Ainsi pour un peu plus de la moitié des militaires interrogés 1, le départ des armées interviendra dans les cinq ans à venir et pour les autres, il s effectuera au-delà de cette échéance. Plus anciens, les officiers sont un tiers à prévoir un départ dans les dix ans, contre un quart des sous-officiers. Ces derniers, plus jeunes et plus tôt en service, sont deux fois plus nombreux que les officiers à envisager poursuivre leur carrière au-delà de dix ans. Lorsque l échéance de la retraite est éloignée, les militaires ont plutôt tendance à associer leur départ au moment où ils auront atteint la limite d âge du grade (77% des officiers et 63% des sous-officiers). Ils se projettent ainsi sur de longues carrières. Lorsque le projet de départ devient plus concret (dans les cinq ans à venir), la part de ceux qui devancent la limite d âge devient largement plus élevée (53% des officiers et 70% des sous-officiers). Les militaires déclarent préférer quitter les armées le plus tard possible pour disposer d une pension de retraite plus importante plutôt que de partir de façon précoce avec un montant de pension plus faible. Dans l idéal, 72% des officiers et 45% des sous-officiers souhaiteraient partir âgés d au moins 55 ans. 38% des officiers, et 16% des sous-officiers souhaiteraient même rester au-delà de 57 ans, le seuil de 60 ans représentant l idéal de 33% des officiers. Le souhait de partir le plus tard possible même au-delà de la limite d âge Mais compte tenu des contraintes susceptibles de peser sur eux, la grande majorité des officiers interrogés (86%) projettent en pratique de quitter les armées au plus tard à 57 ans, dont un tiers à 57 ans 1 Champ de l étude : officiers et sous-officiers de l armée de terre, de l armée de l air et de la marine ayant déjà acquis droit à pension en cours de carrière (officiers d au moins 25 ans de service et sous-officiers d au moins 15 ans de service). 3
5 précisément. Environ la moitié des sous-officiers prévoit en pratique de partir à 50 ans ou moins et l autre moitié au-delà (40% entre 50 et 56 ans). Alors que pour trois militaires sur dix «l âge idéal» de départ coïncide avec l âge de départ «en pratique», pour près de la moitié des officiers (46%), l âge idéal apparaît comme postérieur à celui où ils seront contraints de partir. C est dans une moindre mesure le cas des sous-officiers. Lorsque le départ des armées est susceptible d intervenir dans les cinq ans, ce constat s amplifie quelle que soit la catégorie hiérarchique. L âge relativement jeune de ces futurs retraités, conjugué à la nécessité de subvenir aux besoins d une famille qui sera encore à charge au moment du départ cas de 61% des officiers et de 67% des sous-officiers ou au remboursement de crédits en cours (crédits immobiliers ) ou encore au souhait de maintenir le même niveau de vie après un départ des armées, amène 74% des sous-officiers et 66% des officiers à déclarer avoir l intention de reprendre une activité professionnelle, une fois partis. Plus le départ est proche, plus le taux de militaires certains de retravailler augmente, les projets devenant alors plus concrets. Les militaires quittant les armées avant la limite d âge sont également plus souvent convaincus de reprendre une activité professionnelle pour des raisons similaires. Des craintes quant à leur niveau de vie futur Près de trois militaires sur quatre estiment qu ils ne disposeront pas de revenus suffisants pour vivre correctement au moment où ils quitteront les armées. Les militaires ne possédant à ce jour aucun bien immobilier sont, naturellement, nettement plus nombreux à juger que leurs revenus seront insuffisants pour vivre correctement, au même titre que les accédants à la propriété. Ainsi, 67% des officiers et 78% des sous-officiers déclarant qu ils auront encore des personnes à charge au moment de quitter les armées jugent le montant de leurs futurs revenus insuffisants pour vivre correctement, contre 49% des officiers et 67% des sous-officiers sans personne à charge. Le niveau de vie futur déterminant dans le choix du moment de partir Il est évident que les facteurs qui seront déterminants dans le choix du moment de leur départ des armées sont avant tout d ordre financier. Ainsi, 87% des militaires choisissent comme facteur déterminant dans leur prise de décision le futur niveau de vie, 85% le montant de la pension, 70% les possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil, 66% le poids des charges financières, et environ 60% l éducation des enfants et l intérêt des postes offerts dans la suite de la carrière. Devant se prononcer sur l élément le plus déterminant à leurs yeux, les militaires sélectionnent le montant de la pension (26%), le niveau de vie futur (19%) puis les possibilités d exercer une activité dans le civil (17%). Les raisons pouvant décider à anticiper le départ Mais un certain nombre de motifs pourraient inciter les militaires à quitter l institution plus tôt qu ils ne l envisagent Ces raisons sont avant tout d ordre financier, mais également professionnelles (affectation, possibilités de reclassement, évolutions de la défense, etc.). Une évolution défavorable du système de pension pourrait conduire à un départ important de militaires ou à anticiper celui des militaires prévoyant de partir dans les cinq ans. Le versement d un pécule pourrait également provoquer le départ des armées de 79% des militaires interrogés ; un départ proche ou avant la limite d âge accentue l importance de ce critère. L insuffisance de la solde serait également susceptible de faire partir plus tôt les sous-officiers en particulier. Une affectation non souhaitée pourrait également provoquer le départ 4
6 prématuré de 66% des militaires interrogés, et surtout chez les sous-officiers. Le reclassement dans la fonction publique pourrait motiver le départ des plus jeunes sous-officiers notamment. La crainte des évolutions de la défense et l absence de perspectives de carrière pourraient conduire 58% des militaires à quitter les armées de façon précoce. La crainte des évolutions de la défense est plus souvent avancée par les militaires projetant de partir dans les cinq ans. Le pécule principal facteur de départ anticipé Lorsqu ils doivent sélectionner le principal facteur de motivation au départ parmi tous ceux proposés, les militaires citent le versement d un pécule (22%), une affectation non souhaitée (17%) et une évolution défavorable du système de pension (12%). Quelle que soit la catégorie hiérarchique, l intérêt signifié pour le pécule augmente avec l ancienneté de service : 33% des sous-officiers d environ 25 ans de service, et 42% des sous-officiers d environ 30 ans de service font ce choix. Il en va de même pour les officiers : 20% des officiers de moins de 30 ans de service choisissent le versement d un pécule comme motif principal de départ, et 28% des officiers ayant au moins 30 ans de service. 5
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8 INTRODUCTION Dans le cadre de la préparation de la révision de la loi n du 21 août 2003 portant réforme des retraites, la Direction des ressources humaines du ministère de la défense (sous-direction des études et de la prospective, DRH-MD/SPGRH/EP) a réalisé une enquête sur les perceptions du système de pension militaire par les officiers et sous-officiers des armées affectés en France métropolitaine (terre, air, marine, SSA et SEA) ayant déjà acquis droit à pension en cours de carrière (officiers d au moins 25 ans de service et sous-officiers d au moins 15 ans de service). Cette population de référence se compose d environ militaires (7 700 officiers et sous-officiers). S appuyant sur une étude conduite en 2005 par la direction de la recherche des études de l évaluation et des statistiques (DREES) sur les «intentions de départ à la retraite des salariés du privé âgés de 54 à 59 ans» 2, la présente enquête porte sur les comportements de départ en retraite des militaires et explore leurs préférences en la matière. Elle permet en particulier : de s intéresser à leur perception des nouveaux mécanismes mis en place par les réformes (décote, allongement des limites d âge des grades) ; d analyser les facteurs de décision intervenant dans leurs intentions de départ affichées ; d identifier les motifs avancés pour partir ou non à la retraite militaire. L étude a été menée de janvier à avril 2008 en France métropolitaine. Ainsi, questionnaires ont été adressés en janvier Le taux de retour global de cette enquête particulièrement élevé (63%), s agissant de questionnaires auto-administrés, témoigne de l intérêt porté par les militaires à ce sujet. L analyse des réponses permet de distinguer l âge auquel les militaires envisagent de quitter réellement les armées et l âge de départ souhaité dans l absolu. Elle permet également de mettre en avant la perception qu ont les militaires de leur situation financière actuelle mais également de celle qu ils auront quand ils auront quitté l institution. Elle met également en lumière les facteurs qui pourraient inciter les militaires à envisager un départ anticipé des armées et analyse les éléments apparaissant comme importants dans le choix du moment du départ. Par ailleurs, de nombreux militaires (1 159 personnes, soit 34% des répondants) ont saisi l opportunité qui leur était offerte de s exprimer en fin de questionnaire («Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter des remarques sur le sujet»). Ces militaires présentent la même structure hiérarchique que celle de l ensemble des militaires ayant répondu à l enquête avec une représentation un peu supérieure de l armée de terre (50%, contre 44% des questionnaires renseignés). L analyse de ces commentaires libres constitue à la fois un éclairage indispensable des résultats quantitatifs obtenus et un complément riche en informations faisant ressortir des éléments non abordés dans le questionnaire. Les militaires ont été nombreux à ne pas limiter leurs propos au seul sujet des retraites, et se sont exprimés sur de nombreux thèmes leur tenant à cœur et qui semblent déterminants dans leur choix de quitter ou de rester dans l institution. Ainsi, l exploitation des remarques formulées en fin de questionnaire fait ressortir des thèmes propres à la retraite («pension», «limite d âge», «incitations au départ», «emploi dans le civil», «charges») et des thèmes non abordés dans le questionnaire ou alors de façon partielle voire en filigrane, en lien étroit avec le moral et déterminants pour la suite de la carrière («communication», «solde et nouvelle grille indiciaire», «gestion de carrière», «mobilité», «réformes», «moral»). Certains militaires ont choisi d évoquer plusieurs thèmes à la fois. 2 Cf. annexe 1 : éléments de comparaison de la méthodologie utilisée 7
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10 CHAPITRE 1 : Données de cadrage Caractéristiques professionnelles des militaires Opinion sur la carrière et l avenir Situation familiale et niveau de vie 9
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12 Caractéristiques professionnelles des militaires 1- Répartition de la population d étude par armée et par catégorie hiérarchique L armée de terre représente la part la plus importante des effectifs de l étude (44%). Sa représentativité est encore plus prononcée s agissant des officiers (59%). La population des sous-officiers se compose en grande partie de sous-officiers de l armée de l air (37%) et de sous-officiers de l armée de terre (43%). Si le service de santé représente une part quasi insignifiante des effectifs sur l ensemble de la population étudiée, il convient de souligner sa structure hiérarchique particulière reposant principalement sur le corps des officiers. La problématique de l étude sur les retraites n étant pas spécifique à une armée - sauf peut-être dans le cas très précis du service de santé dont les faibles effectifs ne permettront pas d identifier un comportement particulier - il n a pas semblé opportun de distinguer les armées dans la suite de l analyse. Tableau 1 : Répartition selon l armée et la catégorie hiérarchique (%) Armée Officiers Sous-officiers Ensemble Terre Air Marine SSA SEA Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 59% des officiers appartiennent à l armée de terre En revanche, les règles fixées en matière d ouverture des droits à la retraite différant entre les officiers (25 ans de service) et les sous-officiers (15 ans de service), les catégories hiérarchiques seront presque toujours différenciées dans l analyse. Le critère «avoir atteint au moins 25 ans de service pour les officiers» définissant le champ de la population explique que 70% des officiers de l étude sont des officiers supérieurs. Les règles d avancement corrélées au fait que ces officiers appartiennent essentiellement au corps des officiers des armes expliquent la faible part de commandants et la présence plus importante de lieutenants-colonels et colonels parmi la population. La population des officiers subalternes est constituée d une part d officiers de recrutement semi-tardif ou de recrutement rang et d autre part de capitaines «hors créneaux» d avancement. Les sous-officiers subalternes sont quant à eux peu représentés puisque la population étudiée sert au moins depuis quinze années. Les sergents ou sergents-chefs de l enquête sont donc essentiellement issus du recrutement semi-direct. Les adjudants et adjudants-chefs sont les plus représentés au sein du corps des sousofficiers. Tableau 2 : Répartition par grade (%) Grades Officiers Grades Sous-officiers Colonels 23 Majors 11 Lieutenants-colonels 37 Adjudants-chefs 44 Commandants 10 Adjudants 34 Capitaines 27 Sergents-chefs 9 Lieutenants 3 Sergents 2 Total 100 Total 100 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 37% des officiers sont des lieutenants-colonels 11
13 2- Ancienneté de service et âge différencient nettement les officiers et les sous-officiers La population des officiers se répartit en deux parts équivalentes : la moitié a entre 25 et 29 ans de service alors que l autre moitié totalise au moins 30 ans de carrière. En revanche, 60% des sous-officiers n ont pas encore atteint 25 ans de service et seulement, 21% d entre eux totalisent une durée de carrière égale ou supérieure à 30 années. La grande différence d ancienneté de service entre officiers et sous-officiers explique les écarts d âge significatifs entre ces deux populations. Tableau 3 : Ancienneté de service (%) Tableau 4 : Age selon la catégorie hiérarchique (%) Ancienneté Officiers Sous-officiers Age Officiers Sous-officiers ans ans et moins ans ans ans ans ans ans et plus et plus 11 6 Total Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 52% des officiers ont une ancienneté de service comprise entre 25 et 29 ans S agissant de l âge, la différence la plus marquée concerne les deux classes d âge extrêmes : celle des «50 ans et plus» comprend 51% des officiers contre 18% des sous-officiers. A l opposé, la moitié des sous-officiers ont moins de 44 ans, ce qui n est le cas d aucun officier. 12
14 Opinion sur la carrière et l avenir Dans l enquête menée par la DREES auprès des salariés du secteur privé 3, il a été démontré que le fait de déclarer être en mauvaise santé ou d avoir exercé un métier pénible ou dangereux avait une influence sur le souhait des personnes de partir plus tôt à la retraite et donc que l âge de départ souhaité était d autant plus élevé que l état de santé général déclaré par le répondant était satisfaisant. Par ailleurs, la satisfaction exprimée par les salariés quant à leur emploi intervenait également sur leurs intentions de partir en retraite. Il a donc paru nécessaire de recueillir l opinion des militaires sur un certain nombre de dimensions liées au travail qui peuvent peser dans la décision de quitter les armées comme la pénibilité et le stress auxquels peuvent être associés l état de santé, la satisfaction dans l emploi tenu, l équivalence de la spécialité exercée dans le secteur civil (qui peut faciliter la reconversion), le potentiel d avancement et plus largement, la vision de l avenir au sein de l institution. 1- Opinion sur l état de santé, la pénibilité et le stress lié aux fonctions exercées A la différence des salariés du secteur civil, l opinion émise sur l état de santé n entraînera pas de clivage entre militaires quant à leurs intentions de départ à la retraite. En effet, la spécificité du métier des armes conduit la grande majorité des militaires interrogés (89%) à estimer être «en bonne santé», voire «en très bonne santé». Moins d un sous-officier sur trois et d un officier sur cinq déclarent avoir exercé une fonction jugée physiquement pénible ou dangereuse depuis les 5 dernières années. Là encore, cela aura peu d incidence sur le choix des militaires de quitter plus précocement les armées. En revanche, le stress et l usure psychologique liés au travail semblent plus souvent éprouvés, en particulier par les officiers. Ils sont ainsi 71% à déclarer avoir occupé depuis ces cinq dernières années des fonctions stressantes ou psychologiquement usantes contre 60% des sous-officiers. Mais cet état de fait n a que peu, voire pas d impact sur le comportement vis-à-vis de la retraite comme cela sera mentionné dans les chapitres suivants. 2- Satisfaction de la situation professionnelle actuelle Les officiers et les sous-officiers déclarent en proportion identique (64%) être «plutôt satisfaits» de leur situation professionnelle actuelle ; le seul point de divergence concerne les modalités extrêmes : les officiers sont deux fois plus nombreux à se montrer «tout à fait satisfaits» de leur situation (20% contre 10% chez les sous-officiers) et a contrario, les mécontents sont plus nombreux parmi les sous-officiers (26% chez les sousofficiers contre 15% chez les officiers). Ce sentiment d insatisfaction est plus souvent partagé par les adjudants et les sergents-chefs. 3 : RAPOPORT B.,«Les intentions de départ à la retraite des salariés du privé âgés de 54 à 59 ans», Paris, DREES, Etudes et résultats N 478, mars 2006, 8 p. 13
15 Tableau 5 : Satisfaction de la situation professionnelle actuelle par grade (%) Colonels Officiers Lieutenantscolonels / Commandants Capitaines / Lieutenants Ensemble Satisfaits (tout à fait / plutôt) 84 (25 / 59) 82 (21 / 61) 89 (17 / 72) 85 (21 / 64) Insatisfaits (plutôt pas, pas du tout) Sous-officiers Majors Adjudants-chefs Adjudants Sergents-chefs Ensemble Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 84% des colonels sont satisfaits de leur situation professionnelle actuelle dont 25% tout à fait satisfaits Satisfaits (tout à fait / plutôt) 80 (15 / 65) 79 (11 / 68) 70 (9 / 61) 67 (6 / 61) 74 (10 / 64) Insatisfaits (plutôt pas, pas du tout) Transposition des emplois dans le civil L idée de pouvoir transposer sa spécialité actuelle sur le marché du travail est plus répandue chez les officiers (58%) que chez les sous-officiers (48%), bien que ces derniers soient plus souvent spécialistes. Les fonctions de commandement et de «management» exercées par les officiers ne doivent pas être étrangères à cette opinion partagée en plus grande proportion par les officiers les plus gradés (68% des colonels contre 54% des lieutenants-colonels et commandants). Mais c est encore plus significatif chez les officiers du service de santé des armées qui, logiquement, sont 88% à estimer que leur spécialité est facilement transposable, contre 57% des officiers de l armée de terre, de la marine et surtout, 45% des officiers de l armée de l air. 4- Jugement porté sur l avancement Ayant plus d ancienneté, les officiers sont nettement plus nombreux que les sous-officiers à juger leur potentiel d avancement épuisé (62% pour les premiers contre 48% pour les seconds). Une part encore importante de sous-officiers (43%) estiment que leur marge de progression est moyennement élevée. En revanche, seuls 5% des militaires interrogés déclarent avoir un potentiel de progression important. Chez les sous-officiers, plus les grades sont élevés et plus la part de ceux qui estiment avoir atteint le maximum de leur potentiel d avancement est élevée. De même les officiers subalternes, les commandants et les lieutenants-colonels portent le même jugement et estiment être bloqués à l avancement alors que les colonels sont nettement moins enclins à estimer leur progression achevée (42% contre 70%). Parmi ces derniers, 15% (soit cinq fois plus que les autres officiers supérieurs) estiment avoir encore un potentiel d avancement élevé. Pour de nombreux militaires, les possibilités d avancement sont prises en considération dans le choix de rester dans l institution ou de la quitter ou de quitter l institution comme cela apparaîtra dans le chapitre consacré aux déterminants du départ. 5- Craintes sur l avenir La période durant laquelle a été conduite cette enquête (janvier 2008) et les incertitudes conjoncturelles liées aux réformes engagées n ont certainement fait qu amplifier l inquiétude ressentie par les militaires interrogés. Ainsi, l état d esprit dans lequel se trouvent les officiers et les sous-officiers quand ils pensent à leur avenir ou à celui des armées est nettement pessimiste, avec une appréhension plus prononcée chez les sousofficiers. En effet, 77% des sous-officiers et 61% des officiers éprouvent des craintes relatives à l évolution de leur carrière (avancement, fonctions tenues, condition militaire ). Chez les sous-officiers, les écarts entre grades sont plus marqués. Ce sont les militaires détenant les grades les moins élevés qui s inquiètent le plus. Ce sentiment est également un peu plus répandu chez les sous-officiers de 14
16 l armée de l air (81% contre 75% des autres armées). Parmi les officiers, ceux de l armée de terre sont plus pessimistes (65% contre 55% dans les autres armées). Enfin, la vision pessimiste est plus souvent affichée par les militaires déclarant leur avancement limité ou nul. S agissant plus largement de l avenir des armées, 92% des sous-officiers et 86% des officiers sont pessimistes. Chez les officiers, ce sentiment est indépendant des grades et du potentiel d avancement et apparaît nettement plus prégnant dans l armée de terre (90% contre 80% dans les autres armées). Chez les sous-officiers, ceux de l armée de terre et de l armée de l air éprouvent le plus de craintes (94% contre 84% des marins), craintes partagées en proportions identiques, quelle que soit l ancienneté de service. Graphique 1 : Craintes des évolutions Actuellement, éprouvez-vous des craintes à propos de l'évolution % 77% 86% 92% Oui Non % % 14% 8% 0 officiers sous-officiers officiers sous-officiers De votre carrière dans les armées (fonctions, rémunération...) Des armées dans les prochaines années Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 77% des sous-officiers déclarent éprouver des craintes à propos de l évolution de leur carrière dans les armées 15
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18 Situation familiale et niveau de vie L un des principaux objectifs de l enquête est d identifier les facteurs pouvant influer le choix du moment du départ des armées des militaires. Avant de mesurer l impact éventuel des revenus et du patrimoine des militaires sur leur départ en retraite, il convient d en ébaucher l état actuel. Cela permettra, en outre, d apprécier la perception qu ont les militaires de leur situation financière actuelle et de la comparer à celle dont ils pensent disposer au moment où ils quitteront le service actif. 1- Situation matrimoniale et familiale Les jeunes militaires étant écartés du champ de l étude, il est logique que la population étudiée ait, en grande majorité, déjà fondé une famille 4. Ainsi, 87% des officiers et 78% des sous-officiers sont mariés. Les sousofficiers, plus jeunes, sont aussi plus souvent célibataires (12% contre 4%). La part des divorcés, quasiment identique d une catégorie hiérarchique à l autre, avoisine les 10%. La grande majorité des militaires interrogés vit en couple (91% des officiers et 86% des sous-officiers). La part de parents atteint 90% chez les officiers et 85% chez les sous-officiers. Ainsi les militaires interrogés sont très nombreux à avoir des charges familiales à assumer. Les officiers ont des familles plus nombreuses : 54% d entre eux ont au moins trois enfants dont 18% en ont au moins quatre. Il faut également souligner que près d un tiers des sous-officiers ont une famille d au moins trois enfants. 2- Niveau de solde et niveau de revenus actuels 2.1. Niveau de solde 5 Les écarts de solde entre officiers et sous-officiers sont significatifs. Ils sont dus à des carrières très différenciées, à des anciennetés difficilement comparables et surtout à la diversité des grades étudiés qui se situent parfois aux extrémités de la pyramide hiérarchique (de sergent-chef à colonel). Ainsi, dans la population d étude, 90% des officiers ont une solde mensuelle (primes comprises) d au moins euros nets, ce qui n est le cas que de 5% des sous-officiers. De plus, la dispersion des montants de solde est plus importante chez les officiers que chez les sous-officiers. Tableau 6 : Répartition des officiers selon le montant Tableau 7 : Répartition des sous-officiers selon le de la solde (%) de la solde (%) Montant de solde Officiers Montant de solde Sous-officiers Moins de euros 10 Moins de euros 15 Entre et euros 39 Entre et euros 55 Entre et euros 25 Entre et euros 25 Entre et euros 16 Plus de euros 5 Plus de euros 10 Total 100 Total 100 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 10% des officiers ont une solde inférieure à euros Lecture : 55% des sous-officiers ont une solde comprise entre et euros 4 : A titre de rappel, la population de l enquête (militaires en activité ayant acquis droit à pension en cours de carrière) concerne 31% des officiers et 52% des sous-officiers. 5 : Les montants de solde sont des montants déclarés dans l enquête 17
19 2.2. Niveau de revenus des ménages 6 Aux revenus issus de la solde peuvent s ajouter ceux provenant de l activité professionnelle du conjoint, d allocations ou de biens divers. Ainsi, une grande majorité de militaires vivent au sein d un couple bi-actif, ce qui permet d élever le niveau de revenus. En effet, 58% des conjoints d officiers interrogés sont actifs 7, proportion qui s élève à 81% pour les conjoints de sous-officiers. On soulignera la part deux fois plus élevée de conjoints inactifs chez les officiers (42% contre 19% chez les sous-officiers). Tableau 8 : Activité professionnelle des conjoints selon la catégorie hiérarchique (%) Activité professionnelle des conjoints Officiers Sous-officiers Taux d activité Il exerce une activité professionnelle Il est au chômage, en recherche d emploi 5 10 Il a temporairement arrêté de travailler 3 4 Taux d inactivité Il n exerce pas d activité professionnelle Il est à la retraite et n exerce pas d activité professionnelle 4 3 Il est étudiant, en formation 1 1 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus vivant en couple Lecture : 50% des conjoints des officiers exercent une activité professionnelle Grâce au travail du conjoint, les revenus des ménages des militaires augmentent mais en règle générale, ne doublent pas. Ainsi, le montant du revenu apporté par les conjoints peut être estimé en moyenne à euros (1 700 euros pour les officiers et euros pour les sous-officiers). Cependant si les officiers seuls sont près de la moitié (49%) à déclarer une solde inférieure à euros, ils ne sont plus que 24% à avoir des revenus de cette valeur si l on considère leur ménage. Enfin, s ils ne sont que 10% à avoir une solde de plus de euros, ils sont 27% à avoir des revenus au moins de cette importance, lorsqu on intègre les revenus de leur conjoint. Graphique 2 : Revenus des ménages des officiers (%) 14% 24% 13% Moins de euros Entre et euros Entre et euros Entre et euros Plus de euros 22% 27% Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : 27% des ménages d officiers ont des revenus compris entre et euros 6 Les montants de revenus des ménages sont des montants déclarés 7 Actif : personne qui occupe un emploi ou qui est au chômage «au sens du BIT». 18
20 Chez les sous-officiers, l apport du revenu du conjoint n est pas négligeable et est souvent une nécessité pour assurer un niveau de vie considéré comme convenable ; par exemple, ce sous-officier supérieur, accédant à la propriété, marié avec un conjoint exerçant une activité professionnelle et ayant deux enfants qui indique dans la question libre : «le niveau de vie a augmenté de telle manière qu'il n'est plus possible de vivre correctement en travaillant seul. D'où l'obligation du conjoint de trouver un travail. Heureusement, l'opex bien que très contraignante pour la famille permet de garder un semblant de vie correcte (...)» Ainsi, si 69% des sous-officiers interrogés ont une solde inférieure à euros, ils ne sont plus que 20% à avoir de tels revenus au niveau du ménage. Graphique 3 : Revenus des ménages des sous-officiers (%) 11% 20% Moins de euros Entre et euros 12% Entre et euros Entre et euros Entre et euros 17% 17% Plus de euros Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 23% des ménages de sous-officiers ont des revenus compris entre et euros 23% 3- Patrimoine immobilier et épargne des militaires 3.1. Résidence principale Bien que leurs revenus soient inférieurs, les sous-officiers sont tout autant propriétaires de leur résidence principale que les officiers (près des deux tiers) mais seuls 16% des officiers et 11% des sous-officiers en sont propriétaires à part entière (sans prêt à rembourser), les autres étant accédants à la propriété. Les sous-officiers, plus jeunes, sont un peu plus fréquemment accédants à la propriété que les officiers (54% contre 48%). Tableau 9 : Résidence principale selon la catégorie hiérarchique (%) Statut d occupation de la résidence principale Officiers Sous-officiers Propriétaire de sa résidence principale Propriétaire accédant Propriétaire à part entière Non propriétaire de sa résidence principale Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 16% des officiers sont propriétaires à part entière de leur résidence principale 19
21 3.2. Bien immobilier différent de la résidence principale En revanche, les officiers sont deux fois plus nombreux que les sous-officiers à posséder un bien immobilier différent de la résidence principale (41% contre 17% des sous-officiers) et sont 22% à en être totalement propriétaires contre 8% des sous-officiers. Tableau 10 : Bien immobilier différent de la résidence principale selon la catégorie hiérarchique (%) Bien immobilier autre que la résidence principale Officiers Sous-officiers Propriétaire d un bien immobilier différent de la résidence principale Propriétaire accédant 19 9 Propriétaire à part entière 22 8 Non propriétaire d un bien immobilier différent de la résidence principale Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 22% des officiers sont propriétaires à part entière d un autre bien immobilier 3.3. Patrimoine immobilier Lorsqu on cumule tous les biens immobiliers (résidence principale, résidence secondaire, biens locatifs ), il apparaît que seuls 17% des officiers et 27% des sous-officiers ne possèdent aucun patrimoine immobilier. Mais l acquisition immobilière est souvent source d endettement : ainsi, près de 60% des officiers et des sous-officiers ont actuellement des crédits immobiliers en cours de remboursement (résidence principale et/ou autre). Tableau 11 : Patrimoine immobilier selon la catégorie hiérarchique (%) Patrimoine immobilier Officiers Sous-officiers Propriétaire d au moins un bien immobilier Propriétaire accédant Propriétaire à part entière d un bien et accédant à un autre bien 11 5 Propriétaire à part entière Non propriétaire Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 11% des officiers sont propriétaires à part entière d un bien immobilier et accédants à la propriété d un autre bien On peut néanmoins souligner que parmi les 83% d officiers et les 73% de sous-officiers propriétaires d au moins un bien immobilier, 33% des officiers et 18% des sous-officiers se sont entièrement acquitté du règlement d au moins un de ces biens immobiliers, ce qui leur permet sans doute aujourd hui d envisager le moment de la retraite de façon plus sereine. Naturellement, plus les militaires sont âgés, plus la part de ceux qui n ont plus de crédit immobilier en cours augmente. Dans la suite de l étude, l analyse s effectuera en tenant compte de ce patrimoine acquis, même si ces propriétaires peuvent encore avoir des dettes à rembourser sur un autre bien (c est le cas de 11% des officiers et 5% des sous-officiers). Plus âgés, les deux tiers des propriétaires à part entière d au moins un bien immobilier comptent quitter les armées dans les cinq ans à venir. Mais il faut surtout souligner que la moitié des militaires dont le seul bien immobilier est en cours de remboursement déclarent partir à cette même échéance. Cela signifie qu une part non négligeable de militaires proches du départ des armées sont actuellement endettés Epargne S agissant des produits d épargne, près de 70% des officiers et 65% des sous-officiers en détiennent (assurancevie, obligations, épargne retraite, épargne logement). Chez les sous-officiers, ce sont plutôt les plus jeunes et donc ceux qui ne sont pas propriétaires qui se constituent un capital épargne, probablement destiné à un projet ultérieur d accession à la propriété. 20
22 3.5. Des revenus suffisants pour vivre correctement? Les militaires étaient invités à juger si leur niveau de revenus aujourd hui est suffisant pour vivre correctement. Les opinions émises départagent nettement les officiers des sous-officiers. Ainsi un officier sur quatre estime ne pas avoir de revenus suffisants pour vivre correctement, contre un sous-officier sur deux. Cette appréciation est portée quel que soit le grade chez les sous-officiers. Chez les officiers, les colonels se distinguent des officiers subalternes par le nombre plus élevé de militaires jugeant leurs revenus suffisants pour vivre correctement (80% contre 66%). L opinion émise sur la suffisance des revenus dépend bien sûr des revenus (même si les différences de jugement ne sont pas significatives à partir de euros) mais cette appréciation est bien évidemment subjective étant notamment liée au niveau de vie mené, ou désiré. A niveau de revenus équivalent, officiers et sous-officiers portent le même jugement sur leurs ressources, attestant ainsi d une certaine objectivité. Tableau 12 : Estimation du niveau de revenus par les officiers (%) Montant des revenus Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Total Moins de euros Entre et euros Entre et euros Entre et euros Plus de euros Ensemble Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : 54% des officiers ayant des revenus inférieurs à euros les jugent suffisants pour vivre correctement Tableau 13 : Estimation du niveau de revenus par les sous-officiers (%) Montant des revenus Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Total Moins de euros Entre et euros Entre et euros Entre et euros Entre et euros Plus de euros Ensemble Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 30% des sous-officiers ayant des revenus inférieurs à euros les jugent suffisants pour vivre correctement Tableau 14 : Part d officiers et de sous-officiers considérant que leurs revenus actuels sont suffisants ou insuffisants pour vivre correctement en fonction de leur patrimoine immobilier (%) Patrimoine immobilier Revenus suffisants pour vivre correctement Officiers Revenus insuffisants pour vivre correctement Revenus suffisants pour vivre correctement Sous-officiers Revenus insuffisants pour vivre correctement Propriétaire accédant Propriétaire à part entière d un bien et accédant à un autre bien Propriétaire à part entière Non propriétaire Ensemble Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 48% des sous-officiers accédant à la propriété jugent leurs revenus suffisants pour vivre correctement Les officiers et les sous-officiers propriétaires d au moins un bien immobilier considèrent plus fréquemment que les autres que leurs revenus sont suffisants pour vivre correctement. En revanche, l ensemble des militaires non propriétaires et les sous-officiers accédants estiment plus souvent que les autres avoir des revenus insuffisants pour vivre correctement. De même, interrogés sur leurs revenus une fois qu ils quitteront les armées, les propriétaires estiment en plus grand nombre que ceux qui ne le sont pas (ou pas encore) que leurs revenus seront suffisants (53% environ contre 38% pour les officiers et 38% environ contre 23% pour les sous-officiers). La possession d un 21
23 patrimoine immobilier a donc une influence sur la perception qu ont les militaires de leurs revenus et peut apparaître, à leurs yeux comme un élément permettant d aborder la retraite future avec plus de sérénité. Cette appréciation du revenu ne signifie pas pour autant qu elle satisfasse près de 72% des officiers et 52% des sous-officiers, la notion «pour vivre correctement» relativisant le jugement porté. En effet, la question ouverte a été l occasion pour beaucoup de militaires de s exprimer sur leur niveau de revenus, leur niveau de vie, leur pouvoir d achat. Les nombreux commentaires formulés laissent apparaître des insatisfactions : niveau de vie non conforme aux sacrifices consentis, à la charge de travail, aux responsabilités confiées, à la prise de risques ou au statut social. Les sous-officiers ont fait part également de trop grands clivages entre catégories hiérarchiques. 22
24 CHAPITRE 2 : Perception et connaissance du système de retraite Opinion des militaires sur les retraites Connaissance des conditions générales du départ en retraite Connaissance des conditions particulières de départ en retraite 23
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26 Opinion des militaires sur les retraites Recueillir l opinion des militaires à propos du régime actuel de retraite ou encore connaître la façon dont ils appréhendent le moment de quitter les armées permettra souvent de mieux comprendre le positionnement des militaires à l égard de leurs perspectives de départ des armées. 1- Une majorité de militaires satisfaits du régime actuel de retraite Le régime de retraite dont bénéficient actuellement les militaires donne satisfaction à 57% des militaires interrogés contre 43% de non satisfaits. Les sous-officiers supérieurs s en montrent les moins satisfaits (46% de non satisfaits dont 33% de «plutôt pas satisfaits»). Graphique 4 : Satisfaction à l égard du régime de retraite selon la catégorie hiérarchique (%) Officiers supérieurs Officiers subalternes Sous-officiers supérieurs Sous-officiers subalternes Tout à fait satisfait(e) Plutôt satisfait(e) Plutôt pas satisfait(e) Pas du tout satisfait(e) Ensemble des militaires % 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100% Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 57% des militaires sont satisfaits du régime de retraite (dont 8% tout à fait) Plus les militaires ont une ancienneté de service élevée (au moins 30 ans de service), et plus la satisfaction est réduite (51%). Ces militaires, naturellement plus préoccupés par les questions de retraite car plus proches de l échéance du départ, ont certainement une meilleure connaissance du dispositif de retraite qui suscite chez eux davantage d inquiétudes. Même au sein de cette population, le clivage entre sous-officiers et officiers est très marqué (56% de sous-officiers et 37% d officiers de 30 ans de service ne sont pas satisfaits contre respectivement 42% des sous-officiers et 31% des officiers de moins de 30 ans de service). Deux motifs d insatisfaction semblent récurrents dans les commentaires livrés par les militaires. Le premier concerne le montant de la pension jugé trop faible notamment en raison de son mode de calcul et surtout de la non prise en compte des primes incluses dans la solde (contrairement à d autres professions «en tenue») ou de toutes les annuités. Le deuxième a trait aux limites d âge qui sont pour beaucoup, trop précoces. 25
27 2- La retraite, sujet d inquiétude pour un militaire sur trois Une très grande majorité de militaires (88%) indique avoir déjà pensé au moment de la retraite. Logiquement, plus l ancienneté de service augmente, plus nombreux ils sont à y avoir déjà pensé. Le départ des armées ne suscite pas de crainte particulière pour 43% des militaires, 12% déclarent être indifférents à cette perspective et 13% l attendent avec impatience. En revanche, 32% des militaires redoutent ce moment. Tableau 15 : Perception du départ à la retraite selon la catégorie hiérarchique (%) Le moment de la retraite est redouté attendu sans crainte attendu avec impatience considéré avec indifférence Catégorie hiérarchique Officiers supérieurs Officiers subalternes Ensemble des officiers Sous-officiers supérieurs Sous-officiers subalternes Ensemble des sous-officiers Ensemble des militaires Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 32% des militaires redoutent le moment du départ à la retraite Les sous-officiers et surtout les sous-officiers subalternes sont les plus inquiets quant à leur départ des armées. De plus faibles revenus, de plus grandes difficultés présumées pour se reconvertir dans le civil peuvent expliquer leur plus grande appréhension de la retraite. L insatisfaction dans l emploi actuel augmente la part des militaires impatients de quitter les armées. Ce moment est attendu par 24% des militaires non satisfaits de leur travail contre 9% des satisfaits. Une spécialité transposable dans le civil permet plus souvent d attendre sans crainte le moment du départ car elle facilite sans aucun doute la reconversion. Total Tableau 16 : Perception du départ à la retraite selon la catégorie hiérarchique et le caractère transposable de la spécialité dans le civil (%) Le moment de la retraite est redouté attendu sans attendu avec considéré avec Total crainte impatience indifférence Spécialité militaire Officiers Transposable dans le civil Non transposable dans le civil Sous-officiers Transposable dans le civil Non transposable dans le civil Ensemble des militaires Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 39% des sous-officiers qui jugent leur spécialité non transposable dans le civil redoutent le moment du départ à la retraite Enfin, la façon de considérer les revenus actuels est beaucoup plus discriminante que leur valeur en ellemême. En effet, quel que soit le montant des revenus, les officiers considèrent dans les mêmes termes leur départ à la retraite. Seul, chez les sous-officiers, le passage du seuil de euros de revenus mensuels pour le ménage semble permettre d aborder plus sereinement la retraite. 26
28 En revanche, la crainte de la retraite est plus accentuée en fonction du jugement porté par les militaires sur leurs revenus actuels. Les officiers mais surtout les sous-officiers qui estiment ne pas avoir des revenus leur permettant de vivre correctement aujourd hui appréhendent beaucoup plus souvent que les autres leur départ des armées. Tableau 17 : Perception du départ à la retraite selon la catégorie hiérarchique et la perception du niveau de vie (%) Le moment de la retraite est redouté attendu sans attendu avec considéré crainte impatience avec Total Montant des revenus actuels indifférence Officiers Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Sous-officiers Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Ensemble des militaires Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et des sous-officiers de 15 ans de service Lecture : 40% des sous-officiers estimant leurs revenus actuels insuffisants pour vivre correctement redoutent le moment du départ à la retraite 27
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30 Connaissance des conditions générales de départ en retraite Si l objectif de l enquête n était pas d évaluer la connaissance du système de pension par les militaires, deux questions portaient sur ce sujet : la connaissance du nombre d annuités nécessaires pour obtenir une pension à taux plein et le système de décote. 1- Connaissance du nombre d annuités pour obtenir une pension à taux plein En fonction de la date d ouverture de leur droit à pension, et donc des générations touchées ou non par la réforme des retraites de 2003, le nombre d annuités nécessaires pour bénéficier d une pension de retraite à taux plein s échelonne entre 40 et 42 annuités. De fait, la grande majorité des officiers et sous-officiers interrogés (67%) estime que le nombre d annuités nécessaires pour bénéficier d une retraite à taux plein est de 40 annuités. La question étant d ordre général et ne concernant pas leur cas particulier, les militaires ont sans doute anticipé la nécessité qu auront les militaires d allonger au fil du temps leur durée de cotisation afin de bénéficier d une pension de retraite à taux plein. C est pourquoi une échelle de grandeur comprise entre 40 et 42 annuités a été construite, afin d évaluer plus précisément leur degré de connaissance. Ce sont alors les trois quarts (76%) des militaires qui situent le nombre d annuités nécessaires pour obtenir une pension de retraite à taux plein entre 40 et 42 annuités. 12% des militaires s écartent de cette fourchette et 12% déclarent ne pas connaître ce nombre. Graphique 5 : Nombre d annuités nécessaires pour bénéficier d une pension à taux plein (%) Officiers Sous-officiers Ensemble Moins de 40 annuités Entre 40 et 42 annuités Plus de 42 annuités Ne sait pas Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service Lecture : 79% des officiers indiquent qu entre 40 et 42 annuités sont nécessaires pour bénéficier d une pension de retraite à taux plein 29
31 2- Connaissance du système de décote Près de 80% des officiers et 75% des sous-officiers interrogés déclarent connaître le système de décote, toutefois 45% d entre eux avouent que cette connaissance est approximative. Parmi ceux déclarant connaître ce dispositif, 41% des officiers et 53% des sous-officiers déclarent qu ils prendront en compte cet élément dans le choix du moment de leur départ. Graphique 6 : Influence de la décote dans le choix du départ selon la catégorie hiérarchique (%) Sous-officiers Officiers Oui, tout à fait Oui, plutôt Non, plutôt pas Non, pas du tout Vous ne savez pas 0% 20% 40% 60% 80% 100% Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus connaissant le système de décote Lecture : 35% des officiers déclarent qu ils ne prendront pas du tout en compte la décote dans le choix du moment où ils quitteront les armées Cette affirmation témoigne néanmoins d une connaissance erronée du système dans la mesure où la décote ne s applique pas à une part importante des militaires de l étude. En effet, seuls les sous-officiers ayant atteint 15 ans de service et les officiers ayant atteint 25 ans en 2006 et en 2007 sont concernés par ce nouveau calcul de pension. Ainsi, lorsqu on réduit le champ de l analyse aux seuls militaires soumis à la décote (18% de l ensemble), 63% déclarent que la décote influencera le choix du moment où ils quitteront les armées. 3- Un besoin d information dans un climat général d inquiétude Le besoin d être informé a été souvent exprimé par les militaires, d autant plus que la période de réformes actuelle engendre un fort sentiment d inquiétude. Les militaires qui se sont exprimés sur ce sujet demandent en particulier à recevoir des informations sur l évolution du système des pensions et sont nombreux à s interroger sur les incitations financières au départ : pécule, devenir des articles 5 et 6 30
32 Commentaires libres Un besoin de communication Le contexte actuel Certains militaires se plaignent du manque de communication sur les retraites de la part de l institution, manque de communication qu ils associent souvent à une absence de transparence sur les réformes actuelles ; notamment sur la réforme du système de retraite militaire. Ils déplorent ce silence qui contribue à nourrir les inquiétudes, de l amertume voire parfois du mauvais esprit. Certaines remarques formulées à l égard de l enquête vont dans le même sens : «Le questionnaire est très "militaro centré", on devine les arrière-pensées» (officier supérieur de l armée de terre) ; «Je constate avec plaisir (et non sans ironie) que le ministère affûte ses outils pour le prochain "dégraissage" de personnel» (officier subalterne de l armée de l air) ; En revanche, certains sont satisfaits d être consultés et envisagent même que cette consultation soit pérennisée. Enfin, un grand nombre font part de leur désir d être informés des résultats ce qui traduit leur intérêt pour le sujet participant à leurs préoccupations actuelles : «Questionnaire très instructif car il laisse planer que des choix vont être faits, on entend tellement de choses aujourd'hui mais on ne nous dit rien (peur d'une réaction d'une partie des militaires?)» (sous-officier supérieur de l armée de terre). La communication générale Les militaires qui se sont exprimés sur ce sujet demandent des informations sur l évolution du système des pensions ainsi que sur les incitations financières au départ, sur le pécule ou le devenir des articles 5 et 6. Ils attendent d être informés au plus tôt et sans ambages. Les informations personnelles Sur un autre registre, certains déplorent le manque d informations concernant leurs propres droits à pension ou remettent en cause les informations qui leur ont été transmises. Ainsi, ils avouent ne pas connaître leurs droits, leurs annuités ou la raison de certains refus ou ignorent la suite donnée à leur demande de mise en retraite Les DRH sont parfois tenues responsables de cette ignorance. Par ailleurs, pour certains, les outils existants sont mal adaptés. L information n est pas toujours accessible par manque de temps et par complexité : il semblerait qu il faille davantage aider les militaires à déchiffrer la complexité des textes. Même l utilisation du simulateur de calcul de pensions s avère être un exercice compliqué. C est pourquoi, certaines solutions sont proposées : bilan annuel à mettre en place après 25 ans de service, simulation des questions de retraite lors des revues de catégories, inscription sur le bulletin de solde du montant de pension reversé en cas de départ, état prévisionnel des cinq prochaines années des revenus touchés en cas de départ pour planifier celui-ci. 31
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34 Connaissance des conditions particulières de départ en retraite A l instar de la connaissance par les militaires du système général de pension, celle de leurs propres conditions de départ n a pas fait l objet d une étude approfondie. Seuls ont été évalués le nombre d annuités avec lequel les militaires souhaitent quitter le service et le nombre de bonifications cumulées à ce jour. 1- Nombre d annuités envisagées par les militaires au moment du départ Les déclarations concernant le nombre d annuités avec lesquelles les militaires envisagent de quitter les armées départagent logiquement les officiers et les sous-officiers, qui n ont ni les mêmes anciennetés de service, ni les mêmes possibilités de carrière, ni les mêmes conditions de départ. Ainsi, les sous-officiers sont presque deux fois plus nombreux que les officiers (29% contre 16%) à projeter partir avec moins de 40 annuités (taux non plein). Ils sont également presque deux fois plus nombreux à ne pas se prononcer sur la question (21% contre 13%). Il faut principalement souligner ici que 48% des sous-officiers et 71% des officiers envisagent de bénéficier d une retraite à taux plein, soit 53% du personnel interrogé toutes catégories confondues. Que l échéance du départ soit proche ou lointaine, la part des officiers désirant jouir d une retraite à taux plein reste équivalente. En revanche, les indécis sont plus nombreux quand l échéance du départ est éloignée (20% pour un départ dans plus de cinq ans contre 8% pour un départ dans les cinq ans). Pour les sous-officiers, la part de ceux qui ne comptent pas partir avec une retraite à taux plein est beaucoup plus élevée parmi les sousofficiers partant dans les cinq ans (40% contre 54% dans plus de cinq ans). Fort logiquement, plus les militaires ont de l ancienneté et se rapprochent des limites d âge, et plus ils sont nombreux à souhaiter partir avec le taux maximum. La part est sensiblement la même pour les officiers et les sous-officiers à partir de 25 ans de service. Il faut souligner que 39% des sous-officiers de moins de 20 ans de service déclarent quitter les armées sans percevoir de pension à taux plein et qu ils sont près du tiers à ne pas avoir d opinion sur le nombre d annuités avec lequel ils envisagent partir. Graphique 7 : Ancienneté de service des officiers et départ envisagé avec une pension à taux plein ou non (%) 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% ans ans 35 ans et plus Ensemble Ne sait pas Taux non plein Taux plein Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : 76% des officiers de ans de service envisagent de partir avec le nombre d annuités nécessaires pour avoir une pension militaire de retraite à taux plein 33
35 Graphique 8 : Ancienneté de service des sous-officiers et départ envisagé avec une pension à taux plein ou non (%) 100% 90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% ans ans ans ans 35 ans et plus Ensemble Ne sait pas Taux non plein Taux plein Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 76% des sous-officiers de ans de service envisagent de partir avec le nombre d annuités nécessaires pour avoir une pension militaire de retraite à taux plein 2- Connaissance du nombre de bonifications cumulées à ce jour Le nombre de bonifications n étant calculé qu au moment de la liquidation de la pension, il n est pas surprenant que 25% des militaires ignorent à ce jour le nombre de bonifications qui seraient prises en compte s ils devaient liquider leur pension aujourd hui. Néanmoins, 38% d entre eux déclarent le connaître de façon approximative et 37% précisément. La moitié des officiers subalternes en ont une connaissance précise contre 40% des officiers et sous-officiers supérieurs. En revanche, les sous-officiers subalternes en sont nettement moins bien informés (23%). La précision de cette connaissance est liée à l échéance plus ou moins lointaine du départ. Ainsi, les militaires partant dans les 5 ans sont plus nombreux que les autres à connaître précisément le nombre de bonifications acquises aujourd hui (46% contre 26%). A l inverse, ceux dont l échéance de départ est supérieure à 5 ans sont près de 30% à ne pas connaître le nombre de leurs bonifications contre 18% de ceux partant à plus brève échéance. Les réponses apportées à la question relative au nombre de bonifications ne sont que déclaratives et ne reflètent pas la réalité des bonifications acquises. Un certain nombre de militaires ont en effet sous-estimé le nombre de leurs bonifications à en juger par exemple par le nombre relativement important d officiers et de sousofficiers ayant répondu entre 2 et 4 annuités alors qu ils ont tous plus de 15 ans de service et bénéficient au moins de la bonification du 1/5 ème. Tableau 18 : Estimation du nombre de bonifications entrant dans le calcul de la pension si celle-ci était liquidée aujourd hui selon la catégorie hiérarchique (%) Nombre de bonifications Officiers Sous-officiers Ensemble Entre 2 et moins de 4 annuités Entre 4 et moins de 5 annuités Entre 5 et moins de 7 annuités Entre 7 et moins de 10 annuités annuités et plus Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus déclarant connaître le nombre de bonifications Lecture : 23% des officiers estiment qu ils disposeraient d au moins 10 annuités de bonification, s ils liquidaient aujourd hui leur pension de retraite Plus l ancienneté augmente et plus le nombre de bonifications est élevé. Ainsi 70% des sous-officiers de 15 à 19 ans de service estiment disposer à ce jour de moins de 5 annuités de bonifications. C est le cas de 44% des sous-officiers ayant une ancienneté de service comprise entre 20 et 24 ans. A partir de 25 ans de service, tous 34
36 les militaires déclarent un nombre d annuités de bonifications qui évolue peu (27% ayant moins de 5 annuités, 35% entre 5 et 7 annuités, 38% plus de 7). Naturellement, plus l échéance du départ est proche et plus la part des militaires ayant accumulé plusieurs annuités de bonification est importante. Toutefois, on peut souligner qu une part relativement élevée (près de 30%) de militaires quittant le service actif dans l année déclarent partir avec moins de 5 annuités de bonifications et qu à l inverse, un peu plus d un quart estime partir avec au moins 10 annuités. Tableau 19 : Estimation du nombre de bonifications entrant dans le calcul de la pension si celle-ci était liquidée aujourd hui selon l échéance du départ (%) Nombre de bonifications Départ dans l année Dans les 5 ans Dans les 10 ans Dans plus de 10 ans Entre 2 et moins de 4 annuités Entre 4 et moins de 5 annuités Entre 5 et moins de 7 annuités Entre 7 et moins de 10 annuités annuités et plus Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus déclarant connaître le nombre de bonifications Lecture : 20% des militaires quittant les armées dans les 5 ans à venir estiment qu ils disposeraient d au moins 10 annuités de bonification, s ils liquidaient aujourd hui leur pension de retraite 35
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38 CHAPITRE 3 : Le moment du départ des armées Le moment du départ des armées Les militaires déclarant vouloir partir avant la limite d âge 37
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40 Le moment du départ des armées L analyse de la perception du départ en retraite par les militaires ne peut être dissociée ni de l échéance de leur départ des armées ni du choix de leur âge de départ, qui conditionne bien sûr le déroulé de la carrière militaire mais aussi la vie après l armée. La liberté est donc laissée aux militaires ayant déjà acquis droit à pension en cours de carrière de choisir le moment où ils quitteront l institution. Mais cette liberté de choix est fortement restreinte par un certain nombre de contraintes aussi bien professionnelles que privées qui pèseront dans les décisions. Ainsi, chacun peut dans l idéal se fixer un âge de départ en retraite qui dans les faits ne correspondra pas toujours à la réalité. Les militaires ont-ils alors l impression de pouvoir choisir le moment de leur départ des armées? Afin de répondre à cette interrogation, deux âges ont été distingués dans le questionnement : un âge de départ «en pratique», tenant compte de l ensemble des contraintes statutaires, professionnelles, financières ou familiales susceptibles de peser sur les décisions des militaires et un âge de départ idéal en dehors de toute contrainte. Les informations ainsi recueillies ont pu être confrontées afin de mesurer les écarts éventuels entre ces deux âges et mesurer la part de militaires se sentant contraints de partir à un âge plus ou moins éloigné de l âge idéalement souhaité. Enfin, l influence de différents facteurs sur les âges de départ a pu être mise en évidence. 1- A quelle échéance les militaires vont-ils partir? Plus de la moitié des militaires ayant acquis droit à pension, qu ils soient officiers ou sous-officiers, déclarent partir dans les cinq ans à venir. Néanmoins, plus anciens, les officiers sont un tiers à prévoir un départ dans les dix ans contre un quart des sousofficiers. Ces derniers, plus jeunes en âge et en service, sont deux fois plus nombreux que les officiers à envisager poursuivre leur carrière au-delà de dix ans. Tableau 20 : Echéance du départ selon la catégorie hiérarchique (%) Echéance du départ Officiers Sous-officiers Dans l année Dans les 5 ans à venir Dans l année ou les 5 ans à venir Dans les 10 ans à venir Dans plus de 10 ans Dans plus de 5 ans Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 57% des officiers déclarent souhaiter quitter les armées dans les 5 ans La population des officiers partant dans les cinq ans est plus âgée que l ensemble des officiers : 68% ont en effet au moins cinquante ans contre 50% de l ensemble. Chez les sous-officiers, la situation est similaire puisque près de 40% des sous-officiers partant dans les cinq ans ont au moins 48 ans contre 27% de l ensemble des sous-officiers. 39
41 Il semblerait que lorsque l échéance du départ approche, les militaires soient mieux préparés à cette nouvelle perspective et qu ils soient moins inquiets voire impatients de partir. L appréhension et l indifférence sont plus souvent exprimées par ceux ayant une vision de la retraite plus éloignée et donc plus abstraite (28% contre 37%). Tableau 21 : Echéance du départ et perception du moment de quitter les armées (%) Echéance du départ Dans les 5 ans Dans plus de 5 ans Ensemble Quitter les armées est un moment redouté 28 attendu sans crainte particulière 46 attendu avec impatience 19 considéré avec indifférence 7 Total 100 redouté 37 attendu sans crainte particulière 40 attendu avec impatience 6 considéré avec indifférence 17 Total 100 redouté 32 attendu sans crainte particulière 43 attendu avec impatience 13 considéré avec indifférence 12 Total 100 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 37% des militaires quittant les armées dans plus de 5 ans redoutent ce moment La poursuite de la carrière est grandement conditionnée par les possibilités d avancement détenues par chacun. Il n est donc pas surprenant que les militaires pensant quitter les armées à brève échéance jugent plus fréquemment que les autres que leur potentiel d avancement est nul (74% des officiers et 57% des sousofficiers contre respectivement 46% et 37%). De la même façon, les militaires insatisfaits de leur situation professionnelle actuelle sont plus nombreux que les satisfaits à indiquer quitter les armées à plus brève échéance (dans les 5 ans). 2- Le sentiment de pouvoir choisir le moment du départ Plus de 60% des militaires interrogés estiment pouvoir choisir le moment où ils quitteront les armées. Les officiers sont plus nombreux à en être persuadés que les sous-officiers : 67% chez les officiers dont 25% de «oui, tout à fait» contre 61% chez les sous-officiers dont 19% de «oui, tout à fait». Le terme envisagé pour prendre sa retraite des armées influence cette approche surtout chez les sous-officiers. Les militaires partant à plus brève échéance (dans les 5 ans) sont plus souvent convaincus de contrôler la date de départ (27% de «oui, tout à fait» chez les officiers et 23% de «oui, tout à fait» chez les sous-officiers) que ceux ayant l intention de partir à plus long terme (21% de «oui, tout à fait» chez les officiers et 14% de «oui, tout à fait» chez les sous-officiers). Les militaires déclarant partir avant leur limite d âge sont plus enclins à penser que leur départ résulte d un choix. Néanmoins, près d un tiers des sous-officiers dans cette situation estiment qu ils sont obligés de partir. A l inverse, les militaires qui partent à la limite d âge sont beaucoup plus partagés sur le sujet et une part importante (40% chez les officiers et 48% chez les sous-officiers) estiment que ce choix est contraint, du fait de l obligation de quitter le service. 40
42 Graphique 9 : Sentiment d avoir le choix du moment du départ selon le fait de partir ou non à la limite d âge (%) Officiers Sous-officiers Oui, tout à fait Oui, plutôt Non, plutôt pas Non, pas du tout Départ avant la limite d âge Oui, tout à fait Oui, plutôt Non, plutôt pas Non, pas du tout Départ à la limite d âge Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 50% des officiers partant avant la limite d âge ont le sentiment de pouvoir plutôt choisir le moment où ils quitteront les armées 3- Une préférence plus marquée pour une carrière longue S ils avaient le choix, les militaires préféreraient quitter les armées le plus tard possible pour disposer d une pension de retraite plus importante plutôt que de partir de façon précoce avec un montant de pension plus faible (87% des officiers et 81% des sous-officiers). Cette préférence est d autant plus importante que le départ est lointain. Ainsi la quasi-totalité des officiers et des sous-officiers (93%) partant dans plus de cinq ans préféreraient partir le plus tard possible pour disposer d une retraite plus importante, contre 81% des officiers et surtout 70% des sous-officiers partant dans les cinq ans. La certitude ou non de se reconvertir, une fois la carrière militaire accomplie, influe sur la préférence émise. Ainsi, la part des militaires certains de retravailler est presque deux fois plus élevée chez les militaires faisant le choix d une pension plus faible que chez les militaires favorisant le montant de la pension. Tableau 22 : Préférence émise en fonction de la reprise d une activité professionnelle (%) Préférence Lorsque vous quitterez les armées, pensez-vous de départ reprendre une activité professionnelle? Le plus tôt possible même avec une pension plus faible Le plus tard possible avec une pension plus importante Officiers Sous-officiers Oui, c est sûr Oui, peut-être Non, probablement pas 13 8 Non, c est sûr 5 4 Ne sait pas 1 3 Total Oui, c est sûr Oui, peut-être Non, probablement pas Non, c est sûr 5 4 Ne sait pas 8 9 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 55% des officiers déclarant préférer partir le plus tôt possible même avec une pension plus faible sont sûrs de vouloir reprendre une activité professionnelle 41
43 4- Personnes à charge au moment du départ 61% des officiers et 67% des sous-officiers déclarent qu ils auront des personnes complètement à charge au moment où ils quitteront les armées, cette légère distorsion étant due à la différence d âge existant entre les catégories hiérarchiques. S ils sont moins nombreux à assumer la charge complète de personnes, les officiers sont en revanche plus nombreux (57% contre 41% des sous-officiers) à déclarer qu ils apporteront une aide financière régulière à certaines personnes. 5- Les âges de départ des armées 5.1. L âge idéal de départ des armées Pour la moitié des militaires interrogés, l âge idéal de départ des armées est supérieur à 54 ans. L opinion émise sur l âge idéal diffère selon les catégories hiérarchiques qui ne présentent pas les mêmes caractéristiques en termes d âge ou de profil de carrière. Rappelons en effet que la moyenne d âge des officiers de l enquête est de 50 ans et celle des sous-officiers de 44 ans. A noter : Les officiers de l enquête - ayant tous au moins 25 ans de service - font partie de ceux qui ont fait le choix de rester une fois acquis le droit à pension en cours de carrière. La part des officiers ayant déjà quitté les armées n étant pas mesurée, il se peut que la part des officiers prévoyant de rester jusqu à la limite d âge soit surestimée Dans l idéal, plus du tiers des officiers souhaiterait rester au moins jusqu à 60 ans. Rares sont les officiers interrogés qui souhaiteraient quitter les armées avant 50 ans ou même à 50 ans. En revanche, 72% d entre eux considèrent que l âge idéal est supérieur à 54 ans. Pour près d un officier sur cinq, l âge le plus propice pour un départ est 55 ans et pour un officier sur dix, 57 ans. Il faut souligner que pour 38% des officiers, l idéal serait de rester au-delà de 57 ans ; le seuil de 60 ans serait attractif pour 27% d entre eux et celui de 65 ans pour 5%. Tableau 23 : Age de départ idéal des officiers (%) Age idéal pour quitter les armées Officiers Inférieur à 50 ans 7 50 ans à 54 ans 9 55 ans ans 3 57 ans à 59 ans 5 60 ans à 64 ans 1 65 ans 5 Total 100 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : Pour 11% des officiers, 50 ans représente l âge idéal pour quitter les armées 42% 64% 61% des officiers déclarant partir dans les cinq ans indiquent un âge idéal situé autour de la limite d âge (55-60 ans) contre 70% de ceux partant à plus long terme. Ils sont un tiers à estimer idéal de partir avant 55 ans contre un cinquième de ceux partant à plus long terme. 42
44 Pour la moitié des sous-officiers, l âge idéal est supérieur à 50 ans. La population des sous-officiers étant moins homogène que celle des officiers, les choix émis par les sousofficiers sont de ce fait plus diversifiés. Comprenant davantage de jeunes n ayant pas la même représentation de la retraite, les sous-officiers sont plus nombreux (32%) à souhaiter idéalement partir avant 50 ans. 39% aspireraient à quitter les armées entre 50 et 55 ans. Pour 14%, l idéal correspondrait aux limites d âge des grades d adjudant-chef et de major (56-57 ans) et près de 15% souhaiteraient travailler au-delà de 57 ans. Tableau 24 : Age de départ idéal des sous-officiers (%) Age idéal pour quitter les armées Sous-officiers Moins de 40 ans 7 40 ans 9 41 à 44 ans 4 45 ans 8 46 à 49 ans 4 50 ans à 54 ans 7 55 ans à 57 ans à 59 ans 1 60 ans 13 Plus de 60 ans 1 Total 100 Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 16% des sous-officiers, 50 ans représente l âge idéal pour quitter les armées 30% 37% 53% De façon cohérente, les sous-officiers prêts à partir plus tôt avec une pension plus faible sont près de la moitié à concevoir l âge idéal avant 43 ans. Ils se distinguent nettement des sous-officiers privilégiant les plus longues carrières dont l âge idéal est au moins égal à 55 ans pour plus de la moitié d entre eux (57%). Plus l échéance du départ est proche et plus l âge idéal est précoce. Ainsi, les sous-officiers partant à brève échéance sont un peu plus du tiers (37%) à indiquer un âge idéal inférieur ou égal à 45 ans contre 15% seulement de ceux projetant de partir dans plus de 5 ans. Plus de la moitié (55%) de ces derniers positionnent l âge idéal à 55 ans au moins L âge de départ «en pratique» L âge de départ «en pratique» correspond à l âge auquel les militaires envisagent le plus probablement de quitter les armées, compte tenu des contraintes susceptibles de s exercer sur eux. L âge «en pratique» moyen auquel les officiers prévoient de quitter les armées est de 55 ans. 86% des officiers projettent de quitter les armées au plus tard à 57 ans dont un tiers à 57 ans plus précisément. Cet âge concorde avec la limite d âge de la plupart des officiers. Enfin, 14% d entre eux ne partiront qu après 57 ans (certains officiers - CTA, SSA - ayant une limite d âge postérieure à 57 ans). L âge moyen auquel les sous-officiers projettent de quitter les armées est de 50 ans. Environ la moitié des sous-officiers prévoient de quitter les armées à 50 ans ou moins et l autre moitié au-delà (40% entre 50 et 56 ans). Tableau 25 : Age «en pratique» auquel officiers et sous-officiers prévoient de quitter les armées (%) Age en «pratique» Officiers Age en «pratique» Sous-officiers Moins de 57 ans 52 Moins de 50 ans ans ans 13 Plus de 57 ans 14 Entre 51 et 55 ans 17 Total ans 23 Source : DRH-MD/SPGRH/EP Enquête «Les militaires et leur retraite 57 ans et plus 10 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service Total 100 Lecture : 52% des officiers pensent quitter les armées avant 57 ans Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 37% des sous-officiers pensent quitter les armées avant 50 ans 43
45 Plus l échéance du départ est proche, moins l âge moyen «en pratique» est élevé, et ce quelle que soit la catégorie hiérarchique. Tableau 26 : Echéance du départ et âge moyen du départ «en pratique» selon la catégorie hiérarchique (%) Age moyen «en pratique» Officiers Sous-officiers Echéance du départ Dans les 5 ans 54 ans 48 ans Dans plus de 5 ans 57 ans 53 ans Ensemble 55 ans 50 ans Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : L âge moyen «en pratique» auquel les militaires projettent de quitter les armées s ils le font dans plus de 5 ans est de 57 ans pour les officiers et de 53 ans pour les sous-officiers Parmi les officiers partant dans les cinq ans, 69% souhaitent partir avant 57 ans, contre 29 % de ceux partant dans plus de cinq ans. Les sous-officiers partant dans les cinq ans sont 55% à souhaiter partir avant 50 ans, contre 15% de ceux partant dans plus de cinq ans En pratique, partir ou non à la limite d âge Une nette proportion d officiers (59%) déclarent que leur «âge en pratique» correspondra à leur limite d âge contre 44% des sous-officiers. Lorsque l échéance de la retraite est éloignée, les militaires ont plutôt tendance à associer leur départ au moment où ils auront atteint la limite d âge du grade (77% des officiers et 63% des sous-officiers). Ils se projettent ainsi sur de longues carrières. Lorsque le projet de départ devient plus concret (dans les cinq ans à venir), la part de ceux qui déclarent aller jusqu à la limite d âge est nettement moins élevée (45% des officiers et 28% des sous-officiers). Tableau 27 : Echéance du départ et départ avant ou à la limite d âge selon la catégorie hiérarchique (%) Echéance du départ Dans les 5 ans Dans plus de 5 ans Ensemble Départ avant ou à la limite d âge Officiers Sous-officiers Avant la limite d âge A la limite d âge Ne sait pas 2 2 Total Avant la limite d âge A la limite d âge Ne sait pas 4 11 Total Avant la limite d âge A la limite d âge Ne sait pas 3 7 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans d e service et plus Lecture : 77% officiers quittant les armées dans plus de 5 ans déclarent partir à la limite d âge Chez les officiers, plus le grade est élevé, plus ceux qui pensent partir dans plus de cinq ans pensent atteindre la limite d âge (capitaines : 72%, lieutenant-colonels/commandants : 79%, colonels : 83%). Le cap de la cinquantaine est particulièrement marqué chez les militaires qui sont une majorité à indiquer vouloir partir à la limite d âge (dès 52 ans : 70% des officiers et des sous-officiers déclarent partir à la limite d âge). Avant 50 ans, les officiers se partagent en deux populations quasi égales souhaitant partir l une avant la limite d âge et l autre à la limite d âge. Les sous-officiers de moins de 40 ans souhaitent en grande majorité partir avant la limite d âge, entre 40 et 52 ans, ils se partagent à peu près également. L avancement et la satisfaction dans l emploi ont un impact sur la poursuite ou non de la carrière jusqu à la limite d âge. Ainsi, les officiers estimant leur avancement compromis sont un peu plus nombreux que les autres à devancer la limite d âge. A contrario, ceux dont le potentiel est élevé sont plus nombreux à vouloir poursuivre leur carrière jusqu au bout. 44
46 Les militaires insatisfaits de leur situation professionnelle déclarent un peu plus souvent que les autres qu ils quitteront les armées avant la limite d âge. Enfin, partir avant la limite d âge a souvent pour effet de ne pas procurer le bénéfice d une pension à taux plein. C est ce que déclarent 24% des officiers contre 11% de ceux allant jusqu à la limite d âge et 43% des sous-officiers contre 16% de ceux allant jusqu à la limite d âge. Aller jusqu à la limite d âge Commentaires libres Faut-il repousser les limites d âge? Un certain nombre de militaires ont jugé utile de justifier leur choix de servir jusqu à la limite d âge. Si certains évoquent l amour du métier pour motiver leur décision, un plus grand nombre l expliquent par nécessité financière. Ainsi ce choix est effectué pour éviter une perte de pouvoir d achat (la solde étant plus élevée que la pension : «rester à la limite d âge uniquement pour la solde»), en raison d enfants jeunes à élever ou d études à financer, en raison de charges financières à assurer (au moins jusqu à la limite d âge) mais également pour obtenir une meilleure pension. Certains, par ailleurs, justifient ce choix en raison de la difficulté qu ils auraient à trouver un travail dans le civil (spécialité non transposable). Un grand nombre regrette ne pas pouvoir servir audelà. Partir avant la limite d âge Certains militaires précisent les motifs qui pourraient les décider au contraire à partir avant la limite d âge : en cas de pécule incitatif, en cas de célibat géographique inévitable, en cas d avancement bloqué, en raison de l arrêt de la progression du montant de pension, afin d éviter d être pénalisé par la loi du cumul, pour ceux qui sont sous le régime des mesures transitoires, en raison de l étroitesse du créneau pour se reconvertir avant la limite d âge («limite d âge trop tôt ou trop tard»), «les meilleurs partent avant la limite d âge pour se reconvertir» (perte pour l institution). La remise en cause des limites d âge Beaucoup souhaitent que les limites d âge soient reculées pour préserver le niveau de vie («travailler plus longtemps pour gagner plus») le plus longtemps possible notamment pour les spécialités de soutien, ou le personnel navigant (dont les LA sont jugées trop précoces). Par ailleurs, ils estiment qu allonger la limite d âge permettrait aux armées de garder les compétences plus longtemps. Les militaires proposent d allonger la durée de plus de 5 ans, ou d aller jusqu à 60, 65 ans car les limites d âge actuelles sont incohérentes avec celles du reste de la société («travailler plus pour gagner plus»). Il est aussi proposé l allongement de la limite d âge au cas par cas. Ainsi, les limites d âge sont souvent perçues comme des injustices par rapport au discours actuel sur les «seniors» mais également par rapport aux gendarmes, et entre grades. «Faisant correctement mon travail et étant bien noté mais ne réussissant pas le concours me permettant de passer adjudant-chef, je suis mis à la porte à la limite d âge de mon grade. Il y a deux poids deux mesures. Pourquoi le simple gendarme peut-il partir à la retraite à 55 ans et pas moi? il n'y a pas d'équité dans les armées.» (sous-officier de l armée de l air). «La limite d'âge du grade de capitaine étant trop faible, la mesure la faisant évoluer progressivement est stupide. On fait partir à 53 ans des capitaines efficaces et motivés, alors que nos états-major sont pleins d'autres officiers grincheux et aigris. Un capitaine à 53 ans est-il plus vieux qu'un lieutenant-colonel à 57 ans?» (officier subalterne de l armée de terre). 45
47 5.4. Adéquation entre l âge idéal et l âge de départ probable La comparaison entre l idéal et la réalité laisse apparaître plusieurs cas de figure. Pour environ trois militaires sur dix, «l âge idéal» coïncide avec l âge de départ «en pratique». Une majorité d officiers aurait souhaité servir les armées au-delà de l âge auquel ils sont contraints de partir (cf. discours actuel sur l allongement de la vie de travail, contraintes qu ils se sont fixées, contraintes statutaires.). C est aussi le cas de sous-officiers, mais dans une moindre mesure. Lorsque le départ des armées est susceptible d intervenir dans les cinq ans, ce constat est amplifié quelle que soit la catégorie hiérarchique. Enfin, un peu moins d un tiers des militaires aurait préféré dans l absolu partir plus tôt. Tableau 28 : Adéquation entre âge «idéal» et âge de départ «en pratique» selon l échéance du départ (%) Echéance du départ Officiers Sous-officiers Age idéal antérieur à âge en pratique Age idéal égal âge en pratique Dans les 5 ans Dans plus de 5 ans Ensemble Age idéal postérieur à âge en pratique Total Age idéal antérieur à âge en pratique Age idéal égal âge en pratique Age idéal postérieur à âge en pratique Total Age idéal antérieur à âge en pratique Age idéal égal âge en pratique Age idéal postérieur à âge en pratique Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 53% des officiers quittant les armées dans les 5 ans, l âge idéal de départ des armées est postérieur l âge auquel ils partiront en pratique L adéquation entre les deux âges est plus souvent réalisée chez les militaires ayant l intention de quitter les armées avant leur limite d âge, puisqu ils estiment également plus souvent avoir la maîtrise de leur départ. Néanmoins, près de 40% des militaires déclarant partir avant la limite d âge auraient préféré partir plus tard. Ils anticipent sans doute une reconversion jugée moins aisée avec l âge (46% des officiers et 67% des sous-officiers déclarant partir avant leur limite d âge sont certains de retravailler). A contrario, un quart des officiers et un peu plus d un tiers des sous-officiers partant à la limite d âge auraient idéalement souhaité quitter les armées plus tôt, mais s obligent à aller jusqu à la limite d âge. Cette obligation de rester au-delà de l âge idéal souhaité concerne un peu plus souvent ceux qui ont une approche plus lointaine de leur départ des armées. Enfin, la moitié des officiers et une part significative des sous-officiers (41%) envisageant de quitter les armées à la limite d âge auraient souhaité servir au-delà. Tableau 29 : Adéquation entre «âge idéal» et âge de départ «en pratique» selon le fait de partir ou non à la limite d âge (%) Echéance du départ Officiers Sous-officiers Age idéal antérieur à âge en pratique Age idéal égal à âge en pratique Départ avant la limite d âge Départ à la limite d âge Age idéal postérieur à âge en pratique Total Age idéal antérieur à âge en pratique Age idéal égal à âge en pratique Age idéal postérieur à âge en pratique Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 51% des officiers quittant les armées à la limite d âge, l âge idéal de départ des armées est postérieur l âge auquel ils partiront en pratique 46
48 Les militaires déclarant vouloir partir avant la limite d âge Un zoom particulier a été effectué sur les militaires déclarant vouloir partir avant la limite d âge afin de voir s ils ont des caractéristiques socio-démographiques particulières. 49% des sous-officiers et 38% des officiers pensent partir avant la limite d âge. 1- Présentation par grade et âge La répartition par grade des officiers déclarant partir avant la limite d âge ne diffère pas de celle des officiers partant à la limite d âge. En revanche, elle diffère pour les sous-officiers : les adjudants (et les sergent-chefs) sont plus nombreux parmi ceux qui pensent partir avant la limite d âge. Tableau 30 : Départ avant la limite d âge ou à la limite d âge pour les sous-officiers (%) Grade Partant avant la Partant à la limite limite d âge d âge Major 8 15 Adjudant-chef Adjudant Sergent-chef 11 6 Sergent 2 2 Total sous-officiers Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 37% des sous-officiers partant avant la limite d âge sont des adjudants Les officiers et les sous-officiers déclarant partir avant la limite d âge sont un peu plus jeunes que ceux qui déclarent vouloir partir à la limite d âge. En effet, ils sont plus loin de leur limite d âge donc plus nombreux à envisager partir avant. Tableau 31: Départ avant la limite d âge ou à la limite d âge par tranche d âge et selon la catégorie hiérarchique(%) Age par tranches Officiers Sous-officiers quinquennales Partant avant Partant à la Partant avant Partant à la la limite d âge limite d âge la limite d âge limite d âge Entre 30 et 34 ans Entre 35 et 39 ans Entre 40 et 44 ans Entre 45 et 49 ans Entre 50 et 54 ans Entre 55 et 59 ans Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 53% des officiers partant avant la limite d âge contre 39% de ceux quittant les armées à la limite d âge ont entre 45 et 49 ans 47
49 2- Satisfaction professionnelle et crainte des évolutions Tous les militaires sont globalement satisfaits de leur situation professionnelle actuelle. Les sous-officiers le sont un peu moins que les officiers et les militaires partant avant la limite d âge légèrement moins que les autres. Tableau 32 : Départ avant la limite d âge ou à la limite d âge et satisfaction de la situation professionnelle actuelle selon la catégorie hiérarchique (%) Lorsque vous pensez à votre situation Officiers Sous-officiers professionnelle actuelle vous en êtes aujourd hui Partant avant la Partant à la Partant avant la Partant à la limite limite d âge limite d âge limite d âge d âge Satisfait(e) Pas satisfait(e) Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 82% des officiers partant avant la limite d âge sont satisfaits de leur situation professionnelle actuelle alors qu ils sont 87% parmi ceux quittant à la limite d âge Les officiers partant avant la limite d âge sont un peu plus inquiets de leur évolution de carrière que les autres officiers (65% contre 58%) alors que pour les sous-officiers il n y a aucun effet. Au niveau de l évolution des armées, il n y a pas de différences d appréciation entre le fait de partir à la limite d âge ou non. 3- Perception et échéance du départ La part des officiers et des sous-officiers redoutant le moment de la retraite militaire est plus faible parmi les militaires partant avant la limite d âge que parmi ceux attendant la limite d âge (respectivement 17% contre 28% chez les officiers et 25% contre 41% chez les sous-officiers). Les «impatients» sont d ailleurs plus nombreux parmi ceux partant avant la limite d âge. Tableau 33 : Départ avant la limite d âge ou à la limite d âge et perception du départ des armées selon la catégorie hiérarchique (%) Officiers Sous-officiers Le moment de la retraite est : Partant avant la limite d âge Partant à la limite d âge Partant avant la limite d âge Partant à la limite d âge Redouté Attendu sans crainte Attendu avec impatience Considéré avec indifférence Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 17% des officiers partant avant la limite d âge attendent ce moment avec impatience, alors qu ils sont 5% parmi ceux quittant à la limite d âge Ayant une vision certainement plus claire de leur avenir, les militaires projetant de partir avant la limite d âge sont plus nombreux à partir dans les cinq ans qu au-delà (79% contre 43% des officiers et 76% contre 34% des sous-officiers). De plus, si une très large majorité des militaires officiers ou sous-officiers souhaitent partir le plus tard possible pour avoir une pension plus importante, ils sont logiquement nettement moins nombreux parmi ceux souhaitant partir avant la limite d âge (72% contre 96% chez les officiers et 67% contre 96% chez les sous-officiers). Tableau 34 : Départ avant la limite d âge ou à la limite d âge, échéance et choix du départ selon la catégorie hiérarchique (%) Échéance et choix du départ Partant avant la limite d âge Officiers Partant à la limite d âge Sous-officiers Partant avant la limite d âge Partant à la limite d âge Échéance du Dans les 5 ans à venir départ Dans plus de 5 ans Total Choix du départ Le plus tôt possible avec une pension plus faible Le plus tard possible avec une pension plus importante Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 79% des officiers partant avant la limite d âge partent dans les 5 ans alors qu ils sont 43% parmi ceux quittant à la limite d âge 48
50 4- Spécialité transposable et reconversion Le caractère transposable de la spécialité sur le marché du travail civil est plus souvent cité par les militaires quittant avant la limite d âge, en particulier chez les sous-officiers (51% de ceux qui pensent quitter les armées avant la limite d âge considèrent que leur spécialité est transposable contre 44% de ceux qui partent à la limite d âge). Tableau 35: Départ avant la limite d âge ou à la limite d âge et spécialité transposable selon la catégorie hiérarchique (%) Pensez-vous que la spécialité que vous exercez actuellement est facilement transposable sur le marché du travail civil? Partant avant la limite d âge Officiers Partant à la limite d âge Partant avant la limite d âge Sous-officiers Partant à la limite d âge Transposable Pas transposable Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 64% des officiers partant avant la limite d âge estiment que leur spécialité est transposable alors qu ils sont 53% parmi ceux quittant à la limite d âge Les militaires quittant les armées avant la limite d âge déclarent plus fréquemment être certains de retravailler (46% contre 18% des officiers et 68% contre 26% des sous-officiers, cf. page 51). 5- Revenus et patrimoine Une majorité de militaires pensant quitter les armées avant la limite d âge jugent que leurs revenus seront insuffisants pour vivre correctement une fois qu ils auront quitté les armées (55% des officiers et 67% des sous-officiers). Ils sont cependant moins nombreux dans ce cas que les militaires pensant partir à la limite d âge (63% des officiers et surtout 82% des sous-officiers). L écart est plus marqué chez les sous-officiers. Tableau 36: Départ avant la limite d âge ou à la limite d âge et estimation des revenus selon la catégorie hiérarchique (%) Estimation des revenus Partant avant la limite d âge Officiers Partant à la limite d âge Sous-officiers Partant avant la limite d âge Partant à la limite d âge Suffisants pour vivre correctement Revenus au moment du départ des armées Insuffisants pour vivre correctement Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 45% des officiers partant avant la limite d âge considèrent que leurs revenus actuels sont suffisants pour vivre correctement alors qu ils sont 37% parmi ceux quittant à la limite d âge Le fait de disposer d un patrimoine n a pas d impact sur le départ ou non à la limite d âge. 49
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52 CHAPITRE 4 : Perception du départ des armées Départ des armées et reconversion Perception de la situation financière après le départ des armées Montant minimal de pension pouvant décider les militaires à partir 51
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54 Départ des armées et reconversion Le thème de la reconversion n est pas développé dans l étude mais l intention de reprendre ou non une activité professionnelle est un facteur qui a été pris en compte pour comprendre les comportements des militaires vis-àvis de leur départ des armées. L âge relativement jeune pour de futurs retraités, le besoin d action mais également la nécessité pour certains de maintenir leur niveau de vie après un départ des armées conduisent 74% des sous-officiers et 66% des officiers à déclarer avoir l intention de reprendre une activité professionnelle civile. La certitude de retravailler est en l occurrence beaucoup plus prononcée chez les sous-officiers. Les sous-officiers pensant dans leur grande majorité reprendre une activité professionnelle, ce déséquilibre empêche les oppositions entre reconversion et non reconversion. 1- Projet de reconversion et échéance du départ Plus l échéance du départ est proche, plus le taux de militaires sûrs de retravailler augmente, les projets devenant alors plus concrets : de 13% à 41% chez les officiers et de 30% à 63% chez les sous-officiers. Tableau 37 : Échéance du départ et reconversion selon la catégorie hiérarchique (%) Echéance du Lorsque vous quitterez les armées, pensezdépart vous reprendre une activité professionnelle? Officiers Sous-officiers Oui, c est sûr % Oui, peut-être % Dans les 5 ans Non, probablement pas 18 9 Non, c est sûr 5 5 Ne sait pas 4 3 Total Oui, c est sûr % Oui, peut-être % Dans plus de 5 ans Non, probablement pas Non, c est sûr 5 4 Ne sait pas Total Oui, c est sûr Oui, peut-être 37 66% 26 74% Ensemble Non, probablement pas Non, c est sûr 5 4 Ne sait pas 7 7 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 41% des officiers partant dans les 5 ans sont sûrs de reprendre une activité professionnelle 2- Projet de reconversion et départ avant la limite d âge Le choix ou non de partir avant la limite d âge fait ressortir des différences significatives entre les militaires s agissant de la reprise d une activité professionnelle. Ainsi, les militaires partant avant la limite d âge déclarent plus souvent être certains de retravailler (46% contre 18% des officiers et 68% contre 26% des sous-officiers). Ces militaires, souvent plus jeunes, choisissent de quitter plus tôt les armées, soit parce qu ils ont déjà un projet de reconversion, soit pour s assurer de meilleures conditions de retour à l emploi : au-delà de 45 ou 50 ans, retrouver un emploi apparaît souvent plus difficile. 53
55 Tableau 38 : Départ avant ou à la limite d âge et reconversion selon la catégorie hiérarchique (%) Echéance du Lorsque vous quitterez les armées, pensezdépart vous reprendre une activité professionnelle? Officiers Sous-officiers Oui, c est sûr Oui, peut-être 29 75% 17 85% Avant la limite d âge Non, probablement pas 17 8 Non, c est sûr 5 4 Ne sait pas 3 3 Total Oui, c est sûr % Oui, peut-être % A la limite d âge Non, probablement pas Non, c est sûr 5 5 Ne sait pas Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 68% des sous-officiers quittant les armées avant la limite d âge sont sûrs de reprendre une activité professionnelle 3- Projet de reconversion et spécialité transposable Contrairement à ce que l on pourrait penser, vouloir reprendre une activité professionnelle après le départ des armées est indépendant du fait d occuper une spécialité que l on juge transposable dans le civil. Ainsi, la part des militaires pensant retravailler est sensiblement la même que la spécialité soit transposable ou non. 4- Projet de reconversion et départ avec une pension à taux plein ou non Corrélé au fait de partir ou non à la limite d âge, les sous-officiers déclarant ne pas travailler sont plus nombreux à projeter partir avec une pension à taux plein. Pour les officiers, quel que soit leur projet, les deux tiers au moins pensent quitter les armées avec le taux plein (il faut rappeler que les officiers de l enquête - ayant tous au moins 25 ans de service - font partie de ceux qui ont fait le choix de rester une fois acquis le droit à pension en cours de carrière. La part des officiers ayant déjà pu quitter les armées n étant pas mesurée, les officiers prévoyant de partir avec le taux plein sont sans doute surestimés). Tableau 39 : Reconversion et départ avec pension à taux plein selon la catégorie hiérarchique (%) Lorsque vous quitterez les armées, pensezvous reprendre une activité professionnelle? Oui (oui, c est sûr- oui peut-être) Non (non, probablement pas - non, c est sûr) Vous ne savez pas Ensemble Pension à taux plein ou non Officiers Sous-officiers Pas taux plein Taux plein Ne sait pas Total Pas taux plein Taux plein Ne sait pas Total Pas taux plein 9 8 Taux plein Ne sait pas Total Pas taux plein Taux plein Ne sait pas Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 16% des officiers déclarant reprendre une activité professionnelle partiront sans pension à taux plein 54
56 5- Projet de reconversion et charges familiales 5.1. Patrimoine immobilier La reprise d une activité professionnelle est fortement liée à la situation financière au moment du départ comme en témoigne le fait que les militaires, surtout sous-officiers, ayant des crédits immobiliers en cours de remboursement ou non propriétaires sont certains de retravailler. Tableau 40 : Patrimoine immobilier et reconversion des sous-officiers (%) Patrimoine immobilier Lorsque vous quitterez les armées, pensezvous reprendre une activité professionnelle? Sous-officiers Oui (oui, c est sûr - oui peut-être) 57 dont 31% sûrs Propriétaire à part entière Non (non, probablement pas - non, c est sûr) 34 Ne sait pas 9 Total 100 Propriétaire à part entière Oui (oui, c est sûr - oui peut-être) 72 dont 47% sûrs d un bien et accédant à un autre bien Non (non, probablement pas - non, c est sûr) 22 Ne sait pas 6 Total 100 Oui (oui, c est sûr - oui peut-être) 77 dont 51% sûrs Accédant à la propriété Non (non, probablement pas - non, c est sûr) 16 Ne sait pas 7 Total 100 Oui (oui, c est sûr- oui, peut-être) 74 dont 48% sûrs Non propriétaire Non (non, probablement pas - non, c est sûr) 18 Ne sait pas 8 Total 100 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 77% des sous-officiers accédants à la propriété déclarent reprendre une activité professionnelle 5.2. Projet de reconversion et personnes à charge au moment du départ La seule pension de retraite ne semble pas suffire pour subvenir aux besoins des familles de militaires comme en atteste le fait que les militaires déclarant avoir des personnes complètement à charge au moment de quitter le service actif sont plus souvent certains de retravailler. Beaucoup de militaires ont d ailleurs tenu à préciser dans la question ouverte qu au moment de leur départ des armées, leurs enfants seront encore en âge scolaire ou en cours d études supérieures, ce qui nécessitera une prise en charge financière importante qu ils ne pourront assumer par leur seule pension. Ils devront la compléter par les revenus d une nouvelle activité. Enfin, la perspective de devoir apporter une aide financière régulière a moins d influence sur la certitude de retravailler. Tableau 41 : Charges estimées au moment de quitter les armées et reconversion selon la catégorie hiérarchique (%) Quand vous quitterez les armées, pensez-vous reprendre Officiers Sous-officiers Charges une activité professionnelle? Charge Oui (oui, c est sûr - oui peut-être) complète de Non (non, probablement pas - non, c est sûr) Oui certaines Ne sait pas 6 7 Total personnes Oui (oui, c est sûr - oui peut-être) (enfants, Non (non, probablement pas - non, c est sûr) ascendants) Non Ne sait pas 8 10 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 59% des sous-officiers pensant qu ils auront la charge complète de certaines personnes sont sûrs de retravailler 55
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58 Perception de la situation financière après le départ des armées La dimension financière (montant de pension, niveau de vie ) est déterminante dans la perception que les individus peuvent avoir de la retraite. C est pourquoi, l étude s attache à apprécier la façon dont les militaires appréhendent leur situation financière au moment de leur départ des armées. Près de trois militaires sur quatre (72%) estiment qu ils ne disposeront pas de revenus suffisants pour vivre correctement au moment où ils quitteront les armées. Ce sentiment, partagé à la fois par les officiers et les sous-officiers, est cependant plus prégnant chez ces derniers (74% chez les sous-officiers contre 60% chez les officiers). Néanmoins, la différence entre les catégories hiérarchiques n est pas aussi marquée que celle exprimée lors de l appréciation des revenus actuels, les sous-officiers étant beaucoup plus nombreux à s en plaindre. 1- Moment du départ et perception de la situation financière après le départ des armées L opinion sur le niveau de vie après départ des armées est indépendante du fait de vouloir partir avec une pension à taux plein. Néanmoins, les sous-officiers n envisageant pas de partir avec une pension à taux plein sont un peu plus nombreux à juger leurs futurs revenus suffisants pour vivre correctement (34% contre 26% des autres sous-officiers), parce qu ils partent plus tôt et retravailleront. Les militaires prêts à partir plus tôt avec une pension de retraite militaire plus faible sont les moins nombreux à avoir une perception négative de leurs futurs revenus. Ils rejoignent l appréciation portée par les militaires déclarant partir avant la limite d âge. Il est vrai que dans ces deux cas, les militaires envisagent un peu plus souvent de retravailler. Tableau 42 : Perception des futurs revenus des ménages selon les préférences émises en matière de départ (%) Préférence Perception des revenus des ménages lors de départ du départ des armées Officiers Sous-officiers Le plus tôt possible Suffisants pour vivre correctement même avec une Insuffisants pour vivre correctement pension plus faible Total Le plus tard possible Suffisants pour vivre correctement avec une pension Insuffisants pour vivre correctement plus importante Total Départ avant la limite Suffisants pour vivre correctement d âge Insuffisants pour vivre correctement Total Départ à la limite Suffisants pour vivre correctement d âge Insuffisants pour vivre correctement Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture :37% des officiers envisageant partir à la LA estiment que les futurs revenus de leur ménage seront suffisants pour vivre correctement La date d échéance de départ n influence pas la perception des officiers à la différence des sous-officiers. Lorsque le départ est proche (moins de 5 ans), la vision des sous-officiers est un peu moins pessimiste : ils sont en effet 70% contre 80% de ceux partant à plus long terme à estimer que leurs revenus seront insuffisants. 57
59 2- Biens actuels et perception de la situation financière après le départ des armées Les ressources dont disposeront les militaires en complément de leur retraite, de leur éventuel salaire, et de celui de leur conjoint, peuvent provenir de l épargne et de leur patrimoine, même s ils sont peu nombreux à déclarer qu épargne et patrimoine constitueront une part importante de leurs ressources au moment du départ (11%). Près de la moitié des militaires (45%) estiment que leurs revenus seront alors suffisants pour vivre correctement alors que 25% déclarent que l épargne et le patrimoine constitueront une part faible ou nulle de leurs ressources. La détention actuelle d un patrimoine immobilier semble bien avoir un effet sur la perception qu ont les militaires de leurs futurs revenus. Ce patrimoine permet probablement d aborder le départ des armées avec une plus grande sérénité. Tableau 43 : Patrimoine immobilier et perception des futurs revenus des ménages (%) Patrimoine immobilier Propriétaire à part entière Propriétaire à part entière d un bien et accédant à un autre bien Accédant à la propriété Non propriétaire Perception des revenus des ménages lors du départ des armées Officiers Sous-officiers Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Total Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Total Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Total Suffisants pour vivre correctement Insuffisants pour vivre correctement Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 39% des sous-officiers propriétaires estiment que les futurs revenus de leurs ménages seront suffisants pour vivre correctement A l inverse, les militaires ne possédant à ce jour aucun bien immobilier sont nettement plus nombreux à juger que leurs revenus seront insuffisants pour vivre correctement, qu ils soient accédants ou pas. Les opinions relatives à la situation financière actuelle et future sont logiquement liées entre elles. Ainsi, les militaires qui jugent négativement leurs revenus actuels pensent dans leur quasi-totalité que leur situation ne s améliorera pas une fois quittées les armées. Cette impression est aussi répandue chez les officiers que chez les sous-officiers (89%). En revanche, pour les militaires estimant leurs revenus actuels suffisants pour vivre correctement (cas nettement plus fréquent chez les officiers), les avis sont beaucoup moins tranchés. 48% des officiers et 58% des sous-officiers estimant leurs revenus suffisants actuellement pensent que cela ne sera plus le cas une fois qu ils auront quitté les armées. 3- Charges estimées et perception de la situation financière après le départ des armées La perspective d avoir des personnes à charge au moment de la retraite semble influencer l opinion sur la situation financière au moment du départ des armées. Rappelons que près de 65% des militaires déclarent qu ils auront toujours à cette échéance des personnes complètement à charge et que près de la moitié apporteront une aide financière régulière à des personnes. Ainsi, 67% des officiers et 78% des sous-officiers déclarant qu ils auront encore des personnes à charge quand ils quitteront les armées jugent le montant de leurs futurs revenus insuffisants pour vivre correctement contre 49% des officiers et 67% des sous-officiers sans personne à charge. De nombreux militaires indiquent dans la question ouverte qu au moment de leur départ, leurs enfants entameront ou poursuivront des études souvent longues et coûteuses. En revanche, plus rares ont été ceux qui ont ouvertement précisé qu ils auront à s occuper de leurs ascendants. Il en est de même pour les militaires qui pensent devoir apporter une aide financière régulière (enfants adultes à aider ), ces dépenses potentielles amplifient le sentiment de ne pas avoir de ressources suffisantes pour vivre correctement. 58
60 Tableau 44 : Charges estimées et perception des futurs revenus des ménages (%) Pensez-vous qu au moment où vous quitterez les armées vous aurez Suffisants pour Insuffisants pour Total complètement à charges certaines personnes? vivre correctement vivre correctement oui Officiers non Ensemble des officiers oui Sous-officiers non Ensemble des sous-officiers Pensez-vous qu au moment où vous quitterez les armées vous Suffisants pour Insuffisants pour Total apporterez une aide financière régulière à certaines personnes? vivre correctement vivre correctement oui Officiers non Ensemble des officiers oui Sous-officiers non Ensemble des sous-officiers Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Il semblerait enfin que pour les officiers, la perception négative de leurs futurs revenus renforce leur conviction de devoir entreprendre une reconversion. Ainsi, les officiers jugeant leurs futurs revenus insuffisants pour vivre correctement sont 36% à être sûrs de reprendre une activité professionnelle, contre 19% pour les autres officiers. Ceci n est pas marqué chez les sous-officiers qui sont plus nombreux à envisager une reconversion quel que soit leur sentiment à l égard de leurs revenus futurs. 59
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62 Montant minimal de pension pouvant décider les militaires à partir Afin de compléter les conditions dans lesquelles les militaires envisagent de se retirer de la vie militaire, il leur a été demandé quel montant minimal mensuel de pension de retraite militaire pourrait, compte tenu de leur épargne, de leur patrimoine et de leur éventuelle reconversion les décider à partir. Les militaires ayant répondu à la question ont fait preuve de cohérence et ont choisi des montants raisonnables. Les réponses apportées restent dans les ordres de grandeur des soldes actuelles. Les montants choisis différencient les officiers des sous-officiers, les premiers étant nettement plus nombreux à choisir les montants les plus élevés. Ainsi, 61% des officiers envisageraient de quitter les armées avec un montant minimal mensuel de pension d au moins euros nets alors que la moitié des sous-officiers serait prête à partir avec moins de euros et l autre moitié, avec une pension comprise entre et euros nets environ. Tableau 45 : Montant minimal de pension qui pourrait décider les militaires à partir selon la catégorie hiérarchique (%) Montant minimal mensuel de pension Officiers Sous-officiers Moins de euros euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ 32 0 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 26% des officiers seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal de euros environ 1- Montant minimal de pension et choix du moment du départ Parce que le terme de leur carrière se concrétise et parce qu ils sont plus nombreux à devancer leur départ en vue d une reconversion, les militaires partant dans les cinq ans sont légèrement plus nombreux à se contenter de montants de pension moindres. Ceci est plus sensible chez les sous-officiers, les officiers se répartissant de façon assez identique quelle que soit l échéance du départ. Tableau 46 : Montant minimal de pension qui pourrait décider les militaires à partir selon l échéance du départ (%) Montant minimal mensuel de pension Dans les 5 ans Dans plus de cinq ans Officiers : euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ Total Sous-officiers : Moins de euros euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ 0 0 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 27% des officiers partant dans moins de cinq ans seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal de euros environ 61
63 De façon générale, les militaires désirant poursuivre leur carrière jusqu à la limite d âge sont logiquement plus enclins à partir avec des montants de pension plus élevés que ceux partant de façon plus précoce. Tableau 47 : Montant minimal de pension qui pourrait décider les officiers à partir à la limite d âge ou avant (%) Montant minimal mensuel de Avant la limite d âge A la limite d âge Ensemble pension euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : 22% des officiers partant à la LA seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal de euros environ Tableau 48 : Montant minimal de pension qui pourrait décider les sous-officiers à partir à la limite d âge ou avant (%) Montant minimal mensuel de Avant la limite d âge A la limite d âge Ensemble pension Moins de euros euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ euros environ Total Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 19% des sous-officiers partant à la LA seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal de euros environ 2- Montant minimal de pension et ressources actuelles ou futures Le jugement porté par les officiers sur leurs futurs revenus n a pas d incidence sur le choix du montant de pension. En revanche, les sous-officiers qui jugent leurs futurs revenus suffisants se contenteraient des montants de pension les plus modestes. 66% d entre eux seraient prêts à partir avec une pension inférieure ou égale à euros nets (dont 27% avec moins de euros nets) contre 42% de ceux qui estiment leurs futurs revenus insuffisants. Rappelons que cette dernière opinion est plus souvent répandue chez les sousofficiers envisageant une carrière complète. Fort logiquement, le choix effectué est lié au montant de la solde actuelle (primes comprises). Ainsi, les militaires ayant les soldes les plus élevées, plus gradés et plus anciens, portent naturellement leur choix sur les montants de pension supérieurs, les pensions étant calculées sur les soldes (hors primes). Tableau 49 : Montant minimal de pension qui pourrait décider les officiers à partir selon le montant de la solde actuelle (%) Montant minimal de pension euros euros euros euros Montant environ environ environ environ Total de la solde actuelle Moins de euros Entre et euros Entre et euros Entre et euros Plus de euros Ensemble Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : 15% des officiers ayant une solde comprise entre et euros seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal de euros environ 62
64 Tableau 50 : Montant minimal de pension qui pourrait décider les sous-officiers à partir selon le montant de la solde actuelle (%) Montant minimal de pension Au plus euros euros Au moins Montant euros environ environ euros environ Total de la solde actuelle Moins de euros Entre et euros Entre et euros Plus de euros Ensemble Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 22% des sous-officiers ayant une solde comprise entre et euros seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal d au moins euros environ Seul chez les sous-officiers le fait d envisager ou non une reconversion influence le choix émis. Au fur et à mesure que la certitude de retravailler s affirme, le montant minimal de pension exprimé devient plus modeste. Ainsi, plus de 67% des sous-officiers certains de se reconvertir se contenteraient d une pension de moins de euros contre 35% de ceux qui envisagent peut-être de retravailler et 29% de ceux qui ne l envisagent probablement pas. 3- Montant minimal de pension et charges familiales après le départ des armées Les officiers qui déclarent qu ils auront encore des charges familiales au moment du départ sont un peu plus nombreux que ceux qui n en auront pas à souhaiter partir avec euros. Paradoxalement, les sous-officiers qui seront encore chargés de famille au moment de quitter les armées sont plus nombreux à choisir des montants de retraite plus faibles. Ceci s explique car souvent, plus jeunes, ils entreprendront une carrière dans le civil et se contenteront alors de pensions militaires plus faibles. Les sous-officiers plus anciens arrivant au terme d une longue carrière aspirent quant à eux à des pensions plus élevées. Tableau 51 : Montant minimal de pension pouvant décider les officiers à quitter les armées selon les charges estimées (%) Pensez-vous qu au moment où vous quitterez les armées euros vous aurez complètement à charge certaines personnes? environ environ environ environ oui Officiers non Ensemble des officiers Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : 23% des officiers déclarant qu ils auront des charges familiales au moment de leurs mise à la retraite des armées seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal de euros environ Tableau 52 : Montant minimal de pension pouvant décider les sous-officiers à quitter les armées selon les charges estimées (%) Pensez-vous qu au moment où vous quitterez les armées vous aurez complètement à charge certaines personnes? Sous-officiers Au moins euros euros environ euros environ Au moins oui Non Ensemble des sous-officiers Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 35% des sous-officiers déclarant qu ils auront des charges familiales au moment de leur mise à la retraite des armées seraient prêts à quitter les armées avec une pension d un montant minimal de euros environ 63
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66 CHAPITRE 5 : Déterminants dans le choix du moment du départ des armées 65
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68 Déterminants dans le choix du moment du départ Décider ou non de quitter les armées répond à une logique combinant à la fois des facteurs financiers, professionnels et personnels. Onze propositions d ordre aussi bien professionnel que privé ont été ainsi soumises à l appréciation des militaires afin qu ils s expriment sur le degré d importance que recouvrent pour eux ces dimensions. Puis, il leur a été demandé de se prononcer sur le paramètre qui sera le plus déterminant dans leur prise de décision de quitter les armées. 1- Présentation des déterminants dans le choix du moment du départ des armées On peut estimer que toutes les facteurs proposés jouent un rôle important dans la prise de décision de partir ou non des armées. Néanmoins, sept paramètres sont choisis par plus de la moitié des militaires. Les deux plus fréquemment cités (plus de 8 militaires sur 10) concernent les aspects financiers : «le niveau de vie dont vous pourrez disposer» (86% dont 53% tout à fait) et «le montant de votre pension» (85% dont 52% tout à fait). Pour sept militaires sur dix, les «possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil» pèseront également dans leur prise de décision. Tableau 53 : Les déterminants dans le choix du moment où les militaires quitteront les armées (%) Qu est-ce qui sera déterminant dans le choix du moment où vous quitterez les armées? Oui, tout à fait Oui, plutôt Non, plutôt pas Non, pas du tout Le niveau de vie dont vous pourrez disposer Le montant de votre pension Vos possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil Le poids de vos charges financières (crédits immobilier, à la consommation) L éducation de vos enfants (études ) L intérêt des postes offerts dans la suite de votre carrière La situation de votre conjoint (professionnelle, santé ) L aide à apporter à vos ascendants Votre état de santé Vos perspectives d avancement Le temps libre dont vous pourrez disposer Total (NC : 4)* 100 (NC : 11)* (NC : 10)* 100 (NC : 7)* *: les totaux font 100% après ajout des militaires ayant répondu qu ils n étaient pas concernés : NC Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 53% des militaires interrogés, le niveau de vie dont ils pourront disposer déterminerait «tout à fait» le moment où ils quitteront le armées
69 Commentaires libres Le montant de la pension Pour une majorité de militaires, le montant de la pension est déterminant dans le choix du moment du départ. Certains militaires disent rester pour toucher plus longtemps une solde d active, plus élevée qu une pension militaire de retraite. Les militaires s entendent sur la faiblesse du niveau de pension entraînant pour tous une baisse du niveau de vie : «Mon épouse ne travaillant pas, ma retraite (1 700 euros mensuel) divisée par deux nous ramène au revenu du seuil de pauvreté, environ 850 euros pour une personne seule actuellement en France» (sous-officier supérieur de l armée de terre). Le niveau des pensions apparaît d autant plus insuffisant que la mise à la retraite intervient le plus souvent à un moment où nombre de militaires ont encore d importantes charges financières et familiales à assurer et où de nombreux conjoints ne travaillent pas 8. Cette situation génère des inquiétudes certaines : «Après 31 ans de service, 12 affectations, un conjoint ayant opté pour être disponible pour les enfants et ainsi ne travaillant pas, des enfants en études supérieures, je suis endetté sur 15 ans pour financer ma résidence principale. Ma crainte à la retraite est de ne pas disposer de moyens suffisants pour vivre avec ma famille» (officier supérieur de l armée de terre). Le faible niveau des pensions s explique par le mode de calcul des pensions qui ne prend pas en compte les primes incluses dans la solde d active : «J'ai fait faire une simulation de ma pension de retraite par mes services administratifs : je suis effaré de constater la différence de - 45% entre solde d'active et pension de retraite!» (officier supérieur de la marine). «Je regrette le non calcul de la pension en tenant compte des différentes primes : cela fait une différence énorme de revenus lors de la retraite, même avec le maximum d'annuités. Cela est d'autant plus grave lorsqu'on a un bien immobilier avec un crédit en cours qui engendre un niveau de vie assez bas» (officier marinier supérieur ). Afin de combler le différentiel solde-pension et de préserver leur niveau de vie, les militaires considèrent qu il leur sera nécessaire de retravailler. En règle générale, ils souhaitent que les pensions soient revalorisées, en particulier par la prise en compte des primes dans leur calcul. Ils estiment que cette revalorisation leur permettrait de conserver un niveau de vie correct, de ne pas les contraindre à reprendre une activité professionnelle ; elle assurerait également un meilleur niveau des pensions de réversion et répondrait de façon juste à leur souhait d une meilleure reconnaissance des services accomplis : «Niveau de revenus à la retraite insuffisant dans la mesure où ma femme bien que diplômée BAC +5 n'a pas pu avoir une carrière normale compte tenu de mon métier. De ce fait, la pension de retraite sera réduite. En cas de pension de réversion elle sera même insuffisante pour payer (le cas échéant) une maison de retraite digne de ce nom» (officier supérieur de l armée de terre). Les annuités La non prise en compte de toutes les annuités dans le calcul du montant de retraite est surtout dénoncée par des militaires d unités opérationnelles qui suggèrent d intégrer les annuités supplémentaires dans le mode de calcul de la pension : 8 Rappel : 42% des conjoints d officiers 19% des conjoints de sous-officiers sont inactifs ; 5% des conjoints d officiers et 10% des conjoints de sous-officiers sont au chômage 68
70 «Personnel navigant de l'aéronavale, je quitterai l'armée avec quelques 100 annuités sans le moindre supplément de retraite. Arrivant en fin de carrière, les bonifications d'annuités ne me servent à rien.» (officier marinier supérieur) ; Cela permettrait en quelque sorte de reconnaître ainsi les contraintes opérationnelles à leur juste valeur : «Il serait judicieux de valoriser les années passées à la mer ou de prendre en compte les annuités excédantes dans le calcul de la retraite afin de créer une différence de carrière entre un marin resté à terre et un autre qui aurait passé nombre d'années embarqué.» (officier marinier supérieur). D autres suggèrent de créer une surcote pour ceux qui travailleraient au-delà de la limite d âge : «Il me semble que permettre aux militaires en bonne santé de poursuivre leur carrière 5 ans après la limite d'âge comme les fonctionnaires qui le souhaitent après l'âge de la retraite avec bonification de majoration de retraite dans les mêmes conditions serait favorable aux individus et permettrait aux armées de bénéficier des compétences acquises en cours de carrière par les aînés» (officier supérieur de l armée de terre). Le cumul rémunération-pension Certains militaires suggèrent de revoir la loi sur le cumul pension de retraite / rémunération dans la fonction publique afin de leur permettre de garder la totalité de leur pension : «Pourquoi le cumul n'est pas possible avec une activité dans le secteur public contrairement au privé?» (officier marinier). Le souci d équité De nombreux militaires invoquent le principe d équité pour demander que le mode de calcul des pensions soit harmonisé au sein du ministère, en particulier avec la gendarmerie ou avec d autres métiers en tenue. D autres également souhaiteraient plus d équité par rapport au secteur civil (médecine hospitalière et médecine militaire ) : «A l'instar d'autres militaires, nos pensions pourraient intégrer d'autres indemnités non prises en compte actuellement. Un statut de base commun permettrait l'uniformisation et non pas la création de corporatismes néfastes dans les temps de crise qui se profilent.» (officier supérieur de l armée de terre) ; «A l'instar des gendarmes, une prise en compte d'une partie des primes allouées aux marins dans le calcul de leurs pensions est vivement attendue. En effet, l'issp (indemnité de sujétions spéciales de police) est prise en compte pour le calcul de la pension des gendarmes. Il est légitime de s'étonner de cette différence de traitement entre membres d'une même institution.» (officier marinier supérieur) ; «Il est regrettable que les primes liées au brevet (BTEMS) ne soient pas prises en compte pour la retraite Ceci ramène celui qui a réussi (travaillé) au niveau de celui qui n'a pas obtenu ce concours. Un agrégé de l'éducation nationale perd-il le bénéfice de ses diplômes à la retraite?» (officier supérieur de l armée de terre). Par ailleurs, certains militaires qui dénoncent les disparités existant dans la solde entre officiers et sous-officiers soulignent que celles-ci perdureront au moment de la retraite : «Corriger le gouffre injustifié des écarts de solde entre sous-officiers et officiers dans le calcul des pensions» (sous-officier supérieur de l armée de terre) 69
71 Deux autres sujets ayant également des incidences financières sont ensuite cités par plus de 6 militaires sur 10. Il s agit du poids des charges financières (66%) et de l éducation des enfants (61%). Commentaires libres Le poids et la durée des charges financières pesant dans le budget des ménages des militaires interviennent dans la décision de quitter les armées ou de rester jusqu à limite d âge, afin d assurer au mieux le niveau de revenu nécessaire pour subvenir aux besoins de la famille ou assurer leur bien-être. De surcroît, ces diverses charges ne permettent pas la plupart du temps de constituer une épargne suffisante pour compenser la perte de revenu une fois à la retraite. Un militaire résume l ensemble de ces difficultés financières en évoquant le paradoxe du vieillissement : «La variation des revenus en fonction des affectations (solde embarquée ou pas) est difficile à assumer. Paradoxe de vieillir, d'avoir des enfants qui coûtent d'autant plus qu'ils sont étudiants et de gagner moins. Obligation d'épargne pendant les années fastes mais c'est peu exaltant que de puiser dans le bas de laine. Produits d'épargne en plus menacés. De la vertu d'un côté mais pas de l'autre.» (officier supérieur de la marine, marié, 6 enfants). Les charges familiales Les charges financières liées à l éducation des enfants semblent représenter un souci majeur des militaires dans le choix du moment de quitter les armées (enfants en bas âge, études supérieures longues et coûteuses, familles nombreuses, chômage des enfants ). Nombreux sont ceux qui témoignent à ce sujet. Plus rares sont ceux qui évoquent également les charges financières relatives à leurs ascendants, notamment le coût des séjours en maison de retraite. Les cas du divorce, du veuvage, des familles monoparentales, du soutien à un enfant handicapé devraient, selon eux, être davantage pris en considération. Les charges liées aux crédits immobiliers Les crédits immobiliers en cours pour l accession à la résidence principale et leur durée interviennent également dans le choix du moment de quitter les armées. Les militaires font part de ce facteur comme étant primordial. 70
72 2- Déterminants dans le choix du moment du départ des armées selon les catégories hiérarchiques Les choix émis par les officiers et les sous-officiers sont sensiblement les mêmes, même si les avis sont (sauf exception) plus fermement affirmés par les sous-officiers, la différence portant uniquement sur une proportion plus importante de «oui, tout à fait». Tableau 54 : Déterminants dans le choix du moment où les militaires quitteront les armées : total des «oui» (%) Qu est-ce qui sera déterminant dans le choix du Total des «oui» moment où vous quitterez les armées? Officiers Sous-officiers Le niveau de vie dont vous pourrez disposer Le montant de votre pension Vos possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil Le poids de vos charges financières (crédits immobilier, à la consommation)** L éducation de vos enfants (études )* L intérêt des postes offerts dans la suite de votre carrière La situation de votre conjoint (professionnelle, santé )* L aide à apporter à vos ascendants* Votre état de santé Vos perspectives d avancement Le temps libre dont vous pourrez disposer 87% dont 50% de «oui tout à fait» 82% dont 45% de «oui tout à fait» 61% dont 31% de «oui tout à fait» 61% dont 29% de «oui tout à fait» 61% dont 29% de «oui tout à fait» 63% dont 26% de «oui tout à fait» 46% dont 15% de «oui tout à fait» 44% dont 13% de «oui tout à fait» 45% dont 16% de «oui tout à fait» 40% dont 21% de «oui tout à fait» 32% dont 6% de «oui tout à fait» 87% dont 53% de «oui tout à fait» 86% dont 54% de «oui tout à fait» 72% dont 38% de «oui tout à fait» 67% dont 36% de «oui tout à fait» 61% dont 32% de «oui tout à fait» 60% dont 24% de «oui tout à fait» 57% dont 28% de «oui tout à fait» 49% dont 17% de «oui tout à fait» 45% dont 17% de «oui tout à fait» 40% dont 18% de «oui tout à fait» 38% dont 12% de «oui tout à fait» * : pour ces items, les militaires non concernés ne sont pas retirés du champ, ce qui conduit à sous-évaluer légèrement les pourcentages indiqués Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 53% des sous-officiers interrogés, le niveau de vie dont ils pourront disposer déterminerait «tout à fait» le moment où ils quitteront les armées 2.1. Les paramètres financiers sont les plus massivement choisis Plus de huit officiers et sous-officiers sur dix prendront en compte les aspects financiers dans le choix du moment où ils partiront. Ils seront très sensibles au niveau de vie dont ils pourront disposer et bien entendu au montant de leur pension. L importance accordée à ces éléments est encore renforcée par la proportion de militaires ayant choisi la réponse «oui, tout à fait» (plus de 50% des sous-officiers et autour de la moitié des officiers). «Le poids de vos charges financières (crédits immobilier, à la consommation)», cité par 61% des officiers (dont 28% de «oui tout à fait») et 67% des sous-officiers (dont 36% de «oui tout à fait») ne fait que conforter l impact des aspects financiers dans leur décision de départ ou non. Chez les officiers, comme chez les sous-officiers, plus les revenus augmentent, plus l importance du «montant de pension» décroît, bien que restant élevée. Le choix du «niveau de vie» est également lié, chez les officiers, à l ancienneté de service : plus celle-ci augmente et moins l importance du «niveau de vie» est marquée, bien que toujours assez haute. L importance des «charges financières» est sensible à l échéance du départ des armées : plus cette dernière est éloignée (plus de 5 ans), plus elle apparaît déterminante (67% chez les officiers et 77% chez les sous-officiers partant dans plus de 5 ans contre respectivement 57% et 60% de ceux partant dans les 5 ans). De la même façon, les militaires jugeant que leurs revenus actuels sont insuffisants pour vivre correctement sont aussi plus nombreux à accorder de l importance au poids des «charges financières» (71% des 71
73 officiers et 77% des sous-officiers) que ceux les estimant suffisants (57% des officiers et 56% des sous-officiers). Fort logiquement, les militaires actuellement endettés pour accéder à la propriété accordent plus d importance au poids des charges financières que les propriétaires à part entière (42% des sous-officiers propriétaires à part entière disent que le poids des charges financières sera déterminant, contre 73% des accédants et 60% des propriétaires à part entière accédant à un autre bien). Chez les officiers, ces proportions sont quasi identiques (41% pour les propriétaires à part entière 70% pour les accédants et 64% pour les propriétaires à part entière et accédants à un autre bien) Les possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil La possibilité d exercer une activité professionnelle dans le civil sera un critère de choix pour près de 60% des officiers et 72% des sous-officiers. La certitude de retravailler après le départ des armées concerne principalement les sous-officiers (48% contre 29% des officiers ont indiqué être sûrs de reprendre une activité professionnelle lorsqu ils quitteront les armées). Néanmoins, cette certitude a une influence sur la dimension déterminante («oui, tout à fait» et «oui, plutôt») dans le choix du moment du départ aussi bien chez les sous-officiers que chez les officiers : «reconversion sûre» : 90% des sous-officiers et 88% des officiers jugent déterminant dans le choix du moment de leur départ leurs «possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil», «reconversion probable» : 75% des sous-officiers et 69% des officiers, «probablement pas de reconversion» : 33% des sousofficiers et 25% des officiers, «pas de reconversion» : 9% des sous-officiers et 12% des officiers. Les militaires estimant que leurs revenus actuels sont «insuffisants pour vivre correctement» sont plus sensibles à leurs «possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil» (69% des officiers et 77% des sous-officiers) que ceux jugeant leur revenus actuels suffisants pour vivre correctement (59% des officiers et 66% des sous-officiers). Avec l ancienneté de service, l importance accordé à cet item diminue (officiers : 67% des moins de 30 ans, 55% des 30 ans et plus, sous-officiers : 80% des moins de 25 ans et 60% des 25 ans et plus). Les militaires les plus jeunes dans la carrière apparaissent donc plus sensibles à la dimension «reconversion» dans le choix du moment de quitter les armées. Si l échéance du départ (dans les cinq ans ou dans plus de cinq ans) n a pas d influence sur l importance de la possibilité de se reconvertir, le départ avant la limite d âge en a une, plus marquée chez les sous-officiers : 76% de ceux qui pensent partir avant la limite d âge considèrent cette dimension déterminante contre 65% de ceux partant à la limite d âge. C est le cas de 66% des officiers avant la limite d âge contre 57% à la limite d âge L éducation des enfants Assez logiquement - les militaires étant majoritairement parents - «l éducation de vos enfants» concerne les officiers et sous-officiers de façon égale (61%). Pour les militaires plus jeunes en service (entre 25 et 29 ans chez les officiers et entre 15 et 19 ans chez les sous-officiers), cette dimension apparaît plus décisive (69% chez les officiers et 63% chez les sous-officiers) que lorsque l ancienneté atteint 30 à 34 ans : 53% chez les officiers et 47% chez les sous-officiers. Ceci s explique par l âge des enfants, encore complètement à charge (en âge scolaire) ou aux besoins desquels les militaires pensent qu ils devront subvenir (études supérieures ) L intérêt des postes offerts L intérêt des postes futurs est cité par plus de six militaires sur dix (63% des officiers et 61% des sous-officiers) dont un quart environ a répondu «oui, tout a fait». Moins l ancienneté de service est élevée, plus cet item revêt un caractère déterminant pour les militaires, officiers comme sous-officiers, dans le choix du moment où ils quitteront les armées. De la même façon, les militaires partant avant la limite d âge sont plus nombreux à y accorder de l importance (72% contre 56% chez les officiers, 65% contre 52% chez les sous-officiers). Enfin, les sous-officiers sûrs de se reconvertir accordent davantage d importance à cette dimension que ceux ne pensant probablement pas le faire (69% contre 42%). 72
74 2.5. Les aspects personnels et familiaux La «situation du conjoint» est davantage prise en considération par les sous-officiers (57% dont 28% de «oui tout à fait») que par les officiers (46%). Rappelons que 81% des conjoints de sous officiers sont actifs, contre 58% des conjoints d officiers. Les éléments suivants : «l aide à apporter à vos ascendants», «votre état de santé», «vos perspectives d avancement» et «le temps libre dont vous pourrez disposer» sont cités par moins de la moitié des militaires comme déterminants dans le choix du départ des armées. Les sous-officiers sont cependant 50% (dont 18% de «oui, tout à fait» - contre 44% des officiers) à considérer que l aide à apporter aux ascendants sera déterminante dans le choix du moment du départ. Les éléments personnels et familiaux (l état de santé, la situation du conjoint, l éducation des enfants, l aide aux ascendants) prennent davantage d importance lorsque l échéance du départ est éloignée et chez les officiers pensant quitter les armées à la limite d âge. La gestion des carrières Commentaires libres La remise en cause de la gestion des ressources humaines Les militaires plaident pour qu on ne limite pas l avancement au recrutement d origine («castes», recrutement «rang» notamment), et se plaignent d un manque d équité et de la non reconnaissance des diplômes acquis en cours de carrière. Certains font part d une inadéquation entre la formation acquise et leur futur emploi. Les règles de gestion donnent le sentiment d être constamment changeantes (manque de lisibilité ). Les carrières bloquées Beaucoup de militaires, dont de nombreux officiers (surtout lieutenants-colonels), font part de leur difficulté à rester motivés alors qu ils n ont plus de perspectives de carrière en termes d avancement («bloqué», «limité», «quasi-nul»), d intérêt des postes ou de rémunération. Si certains font le choix de quitter l institution, le plus grand nombre pense malgré tout rester jusqu à une limite d âge qui peut être encore éloignée. «J'ai 40 annuités depuis longtemps mais si j'avais une perspective encore de carrière, je resterais mais, à partir de 40 ans, plus de perspective d'avancement même pas major.» (sous-officier supérieur de l armée de terre). «En dépit de l'absence de perspectives d'avancement, de l'absence de perspectives d'emploi offrant la possibilité de progresser et du sentiment d'être sous-employé, la nécessité d'assurer des revenus corrects à ma famille me conduit à privilégier un maintien dans l'armée de terre jusqu'à la limite d'âge.» (officier supérieur de l armée de terre). «Mon cas qui doit être le même que 70 % des officiers supérieurs : LCL, recrutement semi-direct, non breveté, plus de 25 ans de service : avancement nul, évolution de carrière nulle (si je reviens dans 10 ans dans la même affectation, j'aurai le même poste ) mais retraite insuffisante pour les études des enfants. Donc pas de départ anticipé sauf si opportunité soudaine!» (officier supérieur de l armée de terre). L intérêt des postes offerts constitue un élément important de motivation qui incite ou non à rester. Quelques-uns soulignent une spécificité de l armée de l air où l effet «couperet» de la «sélection N 3» (S3) met un terme à la carrière militaire en cas d échec. «Il est bien dommage d'être arrêté par un concours comme la S3 en fin de carrière. [ ]. Ma retraite sera anticipée si je ne réussis pas la S3, cette condition est une énorme contrainte pour beaucoup de militaires.» (sous-officier supérieur de l armée de l air) Quelques rares militaires déplorent un avancement bloqué en raison d une maladie ou de leur état de santé. 73
75 La gestion des «fins de carrière» Beaucoup de militaires jugent la gestion des «fins de carrière» mauvaise (assimilée à un manque de reconnaissance), même après une vie militaire bien remplie. Les militaires estiment qu il manque de postes opérationnels pour les plus de 45 ans («seules les 15 premières années de service sont passionnantes». Ils ont le sentiment de ne pas être entendus dans leurs desiderata. Ils déplorent l absence de transparence (dans l attribution des postes, la mobilité) et demandent la mise en place de bilans personnalisés. «L'élément déterminant dans le choix du moment de quitter les armées étant les perspectives d'avancement et de carrière, il est fondamental que l'institution établisse un dialogue franc et honnête avec chaque individu dont le parcours professionnel subit une inflexion du fait des contraintes de gestion et des choix réfléchis de la hiérarchie. Aujourd'hui, aucun discours ne permet à un officier ancien de se préparer psychologiquement et matériellement à une évolution de parcours.» (officier supérieur de l armée de l air) Quelques-uns proposent la création d échelons de rémunération supplémentaires pour motiver les fins de carrière. La gestion des «hauts potentiels» Quelques officiers supérieurs mettent en garde contre le risque de fuite de «hauts potentiels» pas suffisamment reconnus. Le manque d intérêt des postes qui leurs sont offerts ou l absence de visibilité sur les postes - notamment de commandement - entraînent une insatisfaction, voire une frustration. Un certain malaise surgit chez les officiers brevetés qui risquent de quitter l institution sur un coup de tête : «Tant qu'il n'y aura pas parité avec les hauts fonctionnaires pour les colonels brevetés CID avec B3 minimum pour ceux qui ne seront pas généraux, la DRH-MD peut toujours faire des enquêtes, le malaise des cadres supérieurs militaires perdurera même s'ils ne descendent pas dans la rue. Nous sommes les très grands "perdants" de ces dernières années : moral très moyen, paupérisation par rapport aux cadres (relations) du monde civil» (officier supérieur de l armée de terre). «Si on ne fait pas d'opex, cas de la plupart des officiers brevetés, donnez-nous des perspectives de carrière» (officier supérieur de l armée de terre). «La gestion des carrières des colonels "haut potentiel" non satisfaisante : manque de lisibilité, postes plus ou moins intéressants, "sentiment de tourner en rond". Souhaite une gestion claire et engageante afin d'éviter les départs "haut potentiel" sur un coup de tête.» (officier supérieur de la marine). La gestion des capitaines «hors créneaux» «La vie de capitaine au long cours (hors créneau d'avancement) n'est pas facile issu de l'école de l'air ou de l'ema. Tous les capitaines devraient avoir la perspective de devenir commandant même à 12 ou 15 ans de grade de capitaine, ou sinon l'armée leur donne un pécule pour leur reconversion. Capitaine depuis 95, perspective de finir capitaine en 2020! à 57 ans» (officier subalterne de l armée de l air). 74
76 3- Le déterminant principal dans le choix du moment du départ des armées Invités à se prononcer sur le critère le plus important, les militaires ont placé en tête les mesures d ordre financier : plus du quart des militaires citent ainsi «le montant de votre pension», près de 20% indiquent «le niveau de vie dont vous pourrez disposer» (soit 45% pour ces deux éléments). Le montant de pension arrive en tête de ce classement sans doute parce qu il s agit d un élément sur lequel le ministère peut jouer, (à la différence du niveau de vie dans la détermination duquel peuvent entrer d autres éléments : revenus du conjoint, revenus locatifs, ). 17% préfèrent «vos possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil». Ensuite, apparaissent des éléments liés à deux types de préoccupations cités par 5 à 7% des militaires. Il s agit d abord de la carrière au sein des armées («L intérêt des postes offerts dans la suite de votre carrière» et «vos perspectives d avancement»). Sont citées dans des proportions semblables les préoccupations liées à l éducation des enfants et aux charges financières, qui, comme cela a déjà été dit, sont très souvent conjointement évoquées par les militaires eux-mêmes dans les commentaires qu ils ont ajoutés à la fin du questionnaire. Celles-ci semblent en effet les pousser soit à reprendre une activité professionnelle le plus tôt possible (afin de cumuler pension militaire de retraite et revenu d activité), soit à mener leur carrière militaire à son terme (la limite d âge), une solde d active étant toujours d un montant supérieur à une pension militaire de retraite. 5% des militaires indiquent également que la situation de leur conjoint sera déterminante dans le choix du moment où ils quitteront les armées. Enfin, trois derniers éléments sont considérés par une infime population des militaires (entre 2 et 3%) comme déterminants dans leur choix du moment de quitter les armées : la santé, le temps libre, et l aide aux ascendants. Tableau 55 : Classement de l élément le plus déterminant dans le choix du départ des armées (%) Quel élément sera le plus déterminant dans le choix du moment où vous quitterez les armées? % Le montant de votre pension 26 Le niveau de vie dont vous pourrez disposer 19 Vos possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil 17 L intérêt des postes offerts dans la suite de votre carrière 7 L éducation de vos enfants (études ) 7 Le poids de vos charges financières (crédits immobilier, à la consommation) 6 Vos perspectives d avancement 5 La situation de votre conjoint (professionnelle, santé ) 5 Votre état de santé 3 Le temps libre dont vous pourrez disposer 2 L aide à apporter à vos ascendants 2 Total 100 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 26% des militaires interrogés, le montant de leur pension est l élément qui déterminera le choix du moment où ils quitteront les armées 75
77 3.1. Chez les officiers Tableau 56 : Classement du principal déterminant dans le choix du moment du départ pour les officiers Classement du principal déterminant dans le choix du moment où les officiers quitteront les armées % Le montant de votre pension 24 Le niveau de vie dont vous pourrez disposer 18 Vos possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil 14 L intérêt des postes offerts dans la suite de votre carrière 11 L éducation de vos enfants (études )* 9 Vos perspectives d avancement 9 Le poids de vos charges financières (crédits immobilier, à la consommation)* Votre état de santé 4 La situation de votre conjoint (professionnelle, santé )* 3 Le temps libre dont vous pourrez disposer 2 L aide à apporter à vos ascendants* 1 Total 100 * : pour ces items, les militaires non concernés ne sont pas retirés du champ Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : Pour 24% des officiers interrogés, le montant de leur pension serait le principal déterminant dans le choix du moment de quitter les armées L ancienneté de service ne change pas fondamentalement le classement des principaux déterminants du choix du départ. L état de santé prend davantage d importance avec l augmentation de l ancienneté de service (de 3% de citations, il atteint 7% entre 35 et 39 ans de services). Les perspectives de reconversion induisent également une modification des préoccupations des officiers. Assez logiquement, les officiers sûrs de se reconvertir placent les «possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil» en première position (31%), et ceux qui, à l inverse sont sûrs de ne pas retravailler les placent en dernier (à égalité avec la situation du conjoint). Lorsque l échéance du départ est proche (dans les 5 ans), le choix des «possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil» est cité par 18% des officiers contre 11% de ceux quittant les armées dans plus de 5 ans. 5 76
78 3.2. Chez les sous-officiers Tableau 57 : Classement du principal déterminant dans le choix du moment du départ pour les sous-officiers Classement du principal déterminant dans le choix du moment où les sous-officiers quitteront les armées Le montant de votre pension 26 Le niveau de vie dont vous pourrez disposer 19 Vos possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil 17 L éducation de vos enfants (études )* 7 L intérêt des postes offerts dans la suite de votre carrière 7 % Le poids de vos charges financières (crédits immobilier, à la consommation)* 7 La situation de votre conjoint (professionnelle, santé )* 5 Vos perspectives d avancement 5 Votre état de santé 3 Le temps libre dont vous pourrez disposer 2 L aide à apporter à vos ascendants** 2 Total 100 *: pour ces items, les militaires non concernés ne sont pas retirés du champ Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 26% des sous-officiers interrogés, le montant de pension serait le principal déterminant dans le choix du moment de quitter les armées Pour 26% des sous-officiers, le «montant de pension» sera déterminant dans le choix du moment de partir à la retraite militaire. Ce facteur revêt une importance accrue pour les militaires les plus anciens : 22% des moins de 25 ans contre 33% des 25 ans et plus. A l inverse et fort logiquement, les «possibilités d exercer une activité professionnelle dans le civil» ont plus de retentissement chez les sous-officiers les plus jeunes (jusqu à 24 ans de service). Elles sont en effet citées par environ 23% de ceux de ans de service contre 9% des ans de service. Le degré de certitude de se reconvertir a une assez grande incidence sur l importance accordée par les sousofficiers au «montant de pension» d une part et aux «possibilités d exercer une activité dans le civil», d autre part. Le montant de la pension est toujours très fréquemment cité. Son importance grandit lorsque les sous-officiers pensent ne pas retravailler. Les sous-officiers certains de se reconvertir placent les «possibilités d exercer une activité dans le civil» en première position des déterminants intervenant dans le choix du moment de leur départ des armées (30%). Lorsqu ils n en sont pas certains, ils ne sont plus que 10%. L échéance proche du départ (dans les cinq ans) et le départ avant la limite d âge induisent chez les sousofficiers une importance plus marquée des «possibilités d exercer une activité dans le civil». 23% des sousofficiers partant avant la limite d âge et la même proportion de ceux partant dans les cinq ans considèrent qu il s agit de l élément le plus déterminant. Lorsqu ils partent à la limite d âge ou dans plus de cinq ans, les sousofficiers ne citent plus cette raison qu à hauteur de 11%. La dimension temporelle fait également prendre relativement plus d importance aux «charges financières» : les sous-officiers partant dans les cinq ans ou avant la limite d âge les citent à hauteur de 4%, ceux partant dans plus de cinq ans ou à la limite d âge les citent à hauteur de 9 et 10% derrière le «montant de pension» et le «niveau de vie». 77
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80 CHAPITRE 6 : Motivations à un départ anticipé des armées 79
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82 Motivations à un départ anticipé des armées Dans le cadre de l étude, il convient également de s intéresser aux raisons qui pourraient décider les militaires à quitter les armées plus tôt qu ils ne l envisagent. Les causes, souvent connexes, de ces départs prématurés trouvent leurs origines dans le domaine professionnel et l environnement personnel. Par ailleurs, ces départs peuvent être également déclenchés par des incitations au départ (pécule, reclassement dans la fonction publique) ou être plus conjoncturels et notamment liés au contexte actuel des réformes. 1- Raisons pouvant inciter les militaires à anticiper leur départ des armées Tableau 58 : Raisons qui pourraient décider les militaires à anticiper leur départ des armées (%) Aujourd hui, quelles raisons pourraient vous décider à quitter les armées plus tôt que vous ne l envisagez? Une évolution défavorable du système de Oui, tout à fait Oui, plutôt Non, plutôt pas Non, pas du tout pension de retraite militaire Le versement d un pécule Une affectation non souhaitée Une solde jugée insuffisante La possibilité d un reclassement dans la fonction publique La crainte des évolutions de la défense L absence de perspectives de carrière L envie de vous occuper davantage de votre famille Avoir atteint le maximum d annuités avant la LA L envie d exercer une autre activité professionnelle Une meilleure valorisation de votre spécialité dans le civil Le manque de moyens pour exercer votre métier La lourdeur des contraintes de la vie militaire L envie de plus de temps pour votre épanouissement personnel L activité professionnelle de votre conjoint(e) Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 51% des militaires interrogés, le versement d un pécule les inciterait «tout à fait» à quitter les armées plus tôt qu ils ne l envisagent La plupart des motifs proposés sont choisis par la majorité des militaires (50% voire 60%). Deux raisons se détachent nettement des autres par leur importance : «une évolution défavorable du système de pension de retraite» qui pourrait décider 83% des militaires interrogés à anticiper leur départ dont 48% de façon certaine et «le versement d un pécule» qui inciterait 79% des militaires à partir plus tôt. Total
83 La mobilité à travers l item «une affectation non souhaitée» pourrait également provoquer le départ prématuré de 66% des militaires interrogés dont 42% de façon plus affirmée. Il faut souligner que deux des trois premières raisons choisies sont liées à des craintes (évolution défavorable du système de pension de retraite militaire et affectation non souhaitée) susceptibles de provoquer le départ de beaucoup de militaires. Même s'ils sont cités dans des proportions honorables, les thèmes d ordre privé motiveraient moins de départs. Les taux les plus faibles concernent «l activité professionnelle du conjoint» (35%) alors que la majorité des militaires interrogés ont un conjoint qui travaille - et l'envie de disposer de plus de temps pour l'épanouissement personnel (40%). Néanmoins, l envie de s occuper davantage de sa famille pourrait inciter 58% des militaires interrogés à modifier le moment où ils envisagent de se retirer de la vie militaire. 2- Raisons pouvant inciter les militaires à anticiper leur départ selon les catégories hiérarchiques Les facteurs susceptibles de motiver un départ anticipé sont toujours cités par un plus grand nombre de sousofficiers que d officiers. La différence porte essentiellement sur la part de «oui, tout à fait» toujours plus significative chez les sous-officiers, ce qui révèle de leur part une plus grande détermination. Pour les officiers, seules les deux raisons «versement d un pécule» et «évolution défavorable du système de pension» se détachent nettement des autres et correspondent, en outre, aux deux raisons les plus fréquemment citées par les sous-officiers. Ensuite, le classement par l importance du nombre de citations recueillies diffère d une catégorie à l autre. En effet, les sous-officiers sont plus nombreux que les officiers à mettre en avant l impact de la mobilité sur un départ prématuré, et à évoquer un départ anticipé en raison de l insuffisance de la solde ou en vue d un reclassement dans la fonction publique. Par ailleurs, les contraintes de la vie militaire inciteraient davantage de sous-officiers que d officiers à anticiper leur départ. Tableau 59 : Raisons qui pourraient décider les militaires à anticiper leur départ des armées (%) Aujourd hui, quelles raisons pourraient vous décider à Total des «oui» quitter les armées plus tôt que vous ne l envisagez? Officiers Sous-officiers Le versement d un pécule 79% dont 52% oui tout à fait Une évolution défavorable du système de pension de retraite militaire L absence de perspectives de carrière L envie de vous occuper davantage de votre famille Une affectation non souhaitée L envie d exercer une autre activité professionnelle Une solde jugée insuffisante Une meilleure valorisation de votre spécialité dans le civil La crainte des évolutions de la défense Avoir atteint le maximum d annuités avant la limite d âge Le manque de moyens pour exercer votre métier La possibilité d un reclassement dans la fonction publique L envie de plus de temps pour votre épanouissement personnel La lourdeur des contraintes de la vie militaire L activité professionnelle de votre conjoint(e) 75 % dont 43% oui tout à fait 74% dont 37% oui tout à fait 55% dont 25% oui tout à fait 55% dont 14% oui tout à fait 54% dont 26% oui tout à fait 50% dont 17% oui tout à fait 48% dont 19% oui tout à fait 47% dont 19% oui tout à fait 47% dont 16% oui tout à fait 45% dont 23% oui tout à fait 45% dont 15% oui tout à fait 44% dont 18% oui tout à fait 41% dont 11% oui tout à fait 35% dont 13% oui tout à fait 21% dont 5% oui tout à fait Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : Pour 75% des officiers, le versement d un pécule les inciterait à quitter les armées plus tôt qu ils ne l envisagent Différence significative du total des «oui» entre catégories 84% dont 50% oui tout à fait 58% dont 26% oui tout à fait 59% dont 20% oui tout à fait 68% dont 45% oui tout à fait 55% dont 21% oui tout à fait 65% dont 31% oui tout à fait 54% dont 26% oui tout à fait 60% dont 25% oui tout à fait 58% dont 34% oui tout à fait 52% dont 21% oui tout à fait 63% dont 34% oui tout à fait 40% dont 13% oui tout à fait 50% dont 20% oui tout à fait 37% dont 16% oui tout à fait 82
84 3- Focus sur les incitations intéressant plus spécifiquement le ministère La suite de l analyse ne porte que sur certaines propositions sur lesquelles le ministère peut éventuellement mener une action : «évolution défavorable du régime de retraite», «versement d un pécule», «solde jugée insuffisante», «l envie de reprendre une activité professionnelle», «la possibilité de reclassement dans la fonction publique», «une affectation non souhaitée», «avoir atteint le maximum d annuités avant la limite d âge» Les incidences d une réforme défavorable du régime de retraite Selon l échéance du départ Les militaires sont très nombreux à déclarer qu une réforme défavorable du système de pension de retraite militaire pourrait les inciter à partir. Sur ce point précis, l échéance du départ ne joue pas de manière très significative ni chez les officiers, ni chez les sous-officiers. Néanmoins, les militaires dont le départ est probable dans les cinq ans à venir sont toujours un peu plus nombreux à affirmer que l évolution défavorable du système de pension de retraite constituerait un motif de départ anticipé. Tableau 60: Raisons qui pourraient décider les militaires à anticiper leur départ des armées selon l échéance du départ (%) Echéance prévue Départ dans les 5 ans Départ dans plus de 5 ans Ensemble des oui Une évolution défavorable du système de pension de retraite militaire : motif de départ anticipé Officiers Sous-officiers 77% dont 42% oui tout à fait 70% dont 31% oui tout à fait 74% dont 37% oui tout à fait 87% dont 56 % oui tout à fait 81 dont 43% oui tout à fait 84% dont 50% oui tout à fait Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 87% des sous-officiers projetant de partir dans les 5 ans déclarent qu une réforme défavorable du système des pensions pourrait anticiper leur départ. Dans une moindre mesure, la crainte des évolutions de la défense produirait le même effet et pourrait provoquer le départ anticipé de 51% des officiers (dont 20% de «oui, tout à fait») et 66% des sous-officiers (dont 31% de «oui, tout à fait») déclarant partir dans les cinq ans contre 42% (dont 10% de «oui, tout à fait») des officiers et 53% (dont 19% de «oui, tout à fait») des sous-officiers partant dans plus de cinq. Selon le départ à la limite d âge ou non Les militaires ne désirant pas poursuivre leur carrière jusqu à la limite d âge sont un peu plus nombreux que les autres à déclarer qu une évolution défavorable du système des pensions pourrait faire avancer leur départ. Les proportions sont quasiment identiques à celles du tableau Les incidences financières (pécule et solde) Tableau 61 : Raisons financières qui pourraient décider les militaires à anticiper leur départ des armées (%) Aujourd hui, quelles raisons pourraient vous décider à quitter les armées plus tôt que vous ne l envisagez? Le versement d un pécule Une solde jugée insuffisante Officiers 75 % dont 43% oui tout à fait 48% dont 19% oui tout à fait Total des oui Sous-officiers 79% dont 52% oui tout à fait 65% dont 31% oui tout à fait Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 43% des officiers déclarent que le versement d un pécule pourrait «tout à fait» anticiper leur départ. 83
85 Le versement d un pécule Le versement d un pécule constitue une incitation au départ qui motiverait un grand nombre de militaires, quelles que soient leurs caractéristiques. Chez les officiers, la seule différence, et non des moindres, porte sur la nuance des «tout à fait» et des «plutôt» apportée par les militaires déclarant que le pécule aurait une incidence. Ainsi, les officiers projetant de partir avant la limite d âge sont 79% (dont 54% de «oui, tout à fait») à déclarer que le versement d un pécule pourrait les inciter à partir plus tôt contre 71% (dont 35% de «oui, tout à fait») de ceux attendant la limite d âge. Les effets du pécule sur les officiers projetant de partir dans moins de cinq ans sont assez analogues à ceux qu ils ont sur les officiers partant avant la limite d âge : ceux -ci sont la moitié à déclarer que le pécule serait «tout à fait» (77% de total des «oui») un motif de départ contre un tiers de ceux partant à plus longue échéance (71% de total des «oui»). Pour les sous-officiers, l hétérogénéité des anciennetés de service explique de nombreux écarts sur les effets du pécule. Ainsi, c est à partir de 27 ans de service (quand la durée de carrière est semblable à celle des officiers interrogés) que le versement du pécule constituerait un levier de départ plus fort : plus de 65% des sousofficiers de 27 ans de service l affirment de façon certaine contre 45% des sous-officiers plus jeunes en service. Pour 83% des sous-officiers partant dans les cinq ans, le pécule susciterait un départ plus rapide (dont 61% de «oui, tout à fait») contre 74% (dont 42% de «oui, tout à fait») de ceux partant dans plus de cinq ans. Par ailleurs, 83% (dont 60% de «oui tout à fait») des sous-officiers projetant de partir avant la limite d âge seraient prêts à partir plus tôt en cas de pécule contre 75% (dont 46% de «oui, tout à fait») de ceux souhaitant poursuivre jusqu à la limite d âge. Enfin, il convient de souligner que l appréciation portée par les militaires sur leur potentiel de progression (opposition «moyen» et «nul») joue sur la part de ceux qui choisissent le «versement d'un pécule». Quand les perspectives de progression sont nulles, le pécule est plus souvent cité comme susceptible de motiver un départ anticipé. Commentaires libres Le pécule oui, mais pas à n importe quelles conditions Si le pécule est largement plébiscité, il doit néanmoins répondre à un certain nombre d attentes des militaires dont la plus forte concerne son montant. Le montant du pécule Celui-ci doit être «conséquent», «décent», «attractif», d un montant de « », « », « », « », « euros», ou alors il est estimé en mois de soldes : «12 mois», «18 mois», «36 mois (de la solde nette)», «48 mois (ou 4 ans, montant le plus cité)», «50 mois», «60 mois (ou 5 ans)» voire «plus de 5 ans de solde + primes». Le pécule devrait de préférence être «non imposable». Certains souhaitent qu il soit «calculé sur la nouvelle grille indiciaire», d autres proposent qu il soit d un montant proportionnel au temps leur restant à effectuer jusqu à leur limite d âge («solde annuelle x (LA-âge du militaire)»). Certains précisent qu il doit «compenser le différentiel solde/pension». Les conditions d octroi du pécule Si certains lient le pécule à l obligation d une reconversion ou d une création d entreprise, un plus grand nombre souhaite qu il ne soit soumis à aucune condition de ce type : «pas d obligation de retravailler», «sans condition aucune», «dès 25 ans de service» et non à 2 ou 3 ans de la limite d âge. Il est également suggéré la possibilité d un pécule «même pour ceux qui se reconvertissent dans la fonction publique». 84
86 Il est également préconisé l «intégralité du versement au moment du départ» ou de«bonifier le pécule» ou de l octroyer «dès 40 ans pour les créateurs d entreprise», tout en veillant à ce qu il n y ait pas d écart trop important entre le pécule d un officier et celui d un sous-officier. L usage du pécule Pour les militaires, le pécule permet d assurer un bon départ pour la vie professionnelle civile (aide à la création d entreprise), ou d assurer la transition en permettant d assumer les charges familiales (jeunes enfants, enfants en études supérieures). Il constitue un moyen de «liquider ses crédits en cours», une «aide à l accession à la propriété», ou une «aide à la constitution d un patrimoine immobilier» dont les revenus compenseront la baisse du niveau de vie une fois à la retraite. Pour l institution, le pécule peut participer au déblocage de l avancement des plus jeunes, en permettant aux plus âgés de partir dans de meilleures conditions. Appliqué aux capitaines «hors créneau», il permettrait de faciliter leur départ. Le pécule pourrait également être proposé aux militaires ayant des spécialités tendant à disparaître au sein des armées La solde jugée insuffisante L insuffisance de la solde comme motif de départ anticipé est évoquée par la moitié des officiers dont 19% de façon certaine, mais elle est surtout mentionnée par 65% des sous-officiers dont 31% de façon certaine. Ni l ancienneté, ni l échéance du départ n ont d influence sur ce jugement. La différence de solde entre ces catégories peut expliquer les écarts existants. Lorsque les revenus mensuels des ménages des sous-officiers atteignent au moins euros nets, la part de ceux ayant cité la solde comme motif de départ anticipé diminue (59% des sous-officiers ayant des revenus des ménages égaux ou supérieurs à euros contre 70% de ceux ayant des revenus inférieurs). Mais une fois encore et fort logiquement, plus que le montant des revenus déclarés, c est l appréciation portée sur les revenus actuels ou futurs qui différencie les militaires entre eux. Ainsi, lorsque les revenus actuels sont jugés insuffisants, la part des militaires citant l insuffisance de la solde comme motif de départ anticipé est importante et ce, quelle que soit la catégorie hiérarchique. Tableau 62: Part des militaires ayant choisi «solde insuffisante» selon l appréciation portée sur les revenus (%) Perception des revenus actuels et futurs Solde jugée insuffisante : motif de départ anticipé Officiers Sousofficiers Oui (oui, tout à fait/oui, plutôt) Non (non, plutôt pas/non, pas du tout) Montant des revenus actuels suffisants pour vivre correctement Montant des revenus actuels insuffisants pour vivre correctement Montant des revenus futurs suffisants pour vivre correctement Montant des revenus futurs insuffisants pour vivre correctement Total Oui (oui, tout à fait/oui, plutôt) Non (non, plutôt pas/non, pas du tout) Total Oui (oui, tout à fait/ oui, plutôt) Non (non, plutôt pas/non, pas du tout) Total Oui (oui, tout à fait/oui, plutôt) Non (non, plutôt pas/ non, pas du tout) Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 71% des officiers jugeant leurs revenus actuels insuffisants pour vivre correctement déclarent que le versement d un pécule pourrait anticiper leur départ. 85
87 Commentaires libres Le pouvoir d achat Le pouvoir d achat La perception de la faiblesse du pouvoir d achat et de sa dégradation depuis 20 ans sans perspective d augmentation réelle est souvent évoquée. Certains estiment qu il y a un retour en arrière sur certains acquis, un gel des rémunérations, entraînant des difficultés financières («à découvert», «charges en augmentation») voire une détérioration du statut social, perçue au travers d expressions comme «un train de vie d OS» (officier supérieur de l armée de terre), «paupérisation des sous-officiers», «précarité» des militaires, «relégation» des officiers : «Depuis 20 ans, les officiers ont subi une véritable paupérisation. La dégradation de leur situation financière et leur relégation dans la société au niveau de cadre moyen, sont déplorables.» (officier supérieur de l armée de terre). Selon les militaires, ces difficultés financières obligent souvent le conjoint à travailler pour compléter les ressources, et sont accentuées en région parisienne. Pour certains, cette baisse du niveau de vie peut être cause de départ. La mauvaise rétribution de la condition militaire Beaucoup de militaires jugent que leurs revenus ne sont pas à la hauteur des exigences du métier, du travail (en particulier de sa durée : «militaires pas aux 35 heures» (officier supérieur de la marine), de la charge de travail toujours plus importante («travailler plus pour gagner moins» officier supérieur de l armée de l air), des responsabilités tenues («mieux le payer permettrait de garder un encadrement de qualité», officier supérieur de l armée de terre), des risques encourus, et des implications de la vie militaire sur la famille (coût du célibat géographique, notamment). Les disparités existantes De nombreuses disparités internes (officiers / sous-officiers, gendarmerie, spécialistes / non spécialistes, «spécialistes des OPEX») et externes (fonctionnaires, policiers, iniquité par rapport aux civils) sont dénoncées souvent avec virulence et surtout vécues comme des injustices. Des demandes d harmonisation des soldes, d équité des primes entre toutes les armées, de rattrapage par rapport à la gendarmerie, de rattrapage des retards par rapport aux hauts fonctionnaires émergent. La revalorisation des soldes L importance des primes dans le calcul de la rémunération (qui représentent la moitié de la solde parfois) est fortement remise en cause. Quand le militaire perd une prime (prime d embarquement, TAP, etc.), sa rémunération peut considérablement baisser. C est pourquoi, il est demandé d augmenter la solde brute plutôt que d ajouter de nouvelles primes : «ne plus payer les militaires avec des primes» (officier supérieur du SSA). Certains défendent l idée d aligner les soldes sur l indice du coût de la vie, ou en fonction de l inflation ou encore d augmenter les soldes en échange de la baisse des effectifs (comme dans l armée britannique) : «Se rapprocher du système britannique serait une bonne solution en termes de soldes : hausse d'1/3 environ de soldes (et donc des retraites) avec un format plus resserré.» (officier supérieur de l armée de terre). Le paiement des heures supplémentaires ou de jours TAOPM est également évoqué par quelques militaires. «Le militaire n'est pas un bénévole, lui aussi veut gagner plus en travaillant plus, paiement des heures supplémentaires, rachat RTT, etc.» (sous-officier subalterne de l armée de l air), 86
88 ou encore des astreintes en hôpital, par exemple. La nouvelle grille indiciaire L attente de la mise en place de la nouvelle grille indiciaire décale certains départs à la retraite. Certains militaires critiquent l échéance tardive de cette mise en application. Ils expriment le souhait d une revalorisation du point d indice, du brut mensuel, ou de la rémunération en fin de carrière. De vives critiques portent sur les différences jugées trop inéquitables des grilles officiers et sous-officiers. Selon ces militaires, ce serait le reflet d un «mépris pour les sous-officiers», de la «marginalisation des sous-officiers» qui peut constituer un motif de départ : «Les sous-officiers ont été méprisés par les grands décideurs (censés nous défendre suivant le SGM) au niveau du projet des grilles de salaires. Celui-ci montre clairement que le personnel de catégorie A est mis à l'abri par une future baisse éventuelle des retraites.» (sous-officier supérieur de l armée de l air) La reconversion et le reclassement dans la fonction publique Tableau 63 : Motifs relatifs à la reconversion qui pourraient décider les militaires à anticiper leur départ des armées (%) Aujourd hui, quelles raisons pourraient vous décider à quitter les armées plus tôt que vous ne l envisagez? L envie d exercer une autre activité professionnelle La possibilité d un reclassement dans la fonction publique Officiers 50% dont 17% oui tout à fait 44% dont 18% oui tout à fait Total des oui Sous-officiers 55% dont 21% oui tout à fait 63% dont 34% oui tout à fait Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 63% des sous-officiers déclarent que la possibilité d un reclassement dans la fonction publique pourrait anticiper leur départ L envie de reprendre une activité professionnelle L envie de reprendre une activité professionnelle comme étant susceptible de provoquer un départ anticipé est citée dans les mêmes proportions par les officiers partant à courte ou plus longue échéance. Ceux qui l évoquent avec le plus de certitude sont ceux déclarant partir dans les cinq ans (21% choisissent de façon certaine l envie de retravailler contre 13% de ceux partant au-delà de cinq ans). En revanche, pour les officiers déclarant partir avant la limite d âge, l envie de se reconvertir est plus fréquemment citée comme motif de départ précoce que par ceux désirant poursuivre leur carrière : pour 58% (dont 25% de «oui, tout à fait») de ceux déclarant partir avant la limite d âge, ce serait un motif contre 44% (dont 12% de «oui, tout à fait») de ceux déclarant partir à la limite d âge. Chez les sous-officiers, la différence selon l échéance du départ prévue est beaucoup plus marquée. 61% des sous-officiers pensant partir dans les cinq ans (dont 28% de «oui, tout à fait») déclarent que l envie d exercer une autre activité professionnelle serait un motif de départ anticipé contre 49% (dont 14% de «oui tout à fait») des autres. Il en est de même pour 64% (dont 29% de «oui, tout à fait») des sous-officiers partant avant la limite d âge contre 44% de ceux partant à la limite d âge (dont 12% de «oui, tout à fait). Fort logiquement, la part des sous-officiers qui seraient prêts à anticiper leur départ par envie de retravailler dans le civil diminue au fur et à mesure que leur ancienneté de service dans les armées augmente. 87
89 Commentaires libres La reconversion Plusieurs militaires ont fait part de leur sentiment quant à la reprise d une activité professionnelle après leur départ des armées. Deux cas de figure se présentent : les militaires sûrs de retravailler, qui ont déjà un projet et qui envisagent de partir avant même la limite d âge si une opportunité se présente à eux, et ceux qui estiment qu entamer une deuxième carrière professionnelle est difficile, voire impossible. L obligation d une deuxième carrière Pour beaucoup de militaires, la reconversion est une nécessité en raison de la faiblesse du montant de la pension militaire de retraite («compenser la misère»), des charges financières à assumer (enfants, crédits, ), de la précocité de la limite d âge voire parfois de la jeunesse des militaires retraités (40 ans), en raison de l absence de perspectives d avancement, et du souhait de «travailler plus longtemps pour gagner plus» (aller jusqu à 60 ou 65 ans). Pour d autres, une deuxième carrière permettrait un épanouissement personnel ou la prise de responsabilités (création d entreprise). L appel du civil Pour certaines spécialités, facilement transposables dans le civil (aéronautique, santé, ) se reconvertir peut être plus attractif que de rester au sein des armées. Financièrement, la reconversion peut aussi s avérer plus avantageuse, même avec la solde du grade supérieur : «travailler autant pour gagner plus avec moins de contraintes» car à la différence de la pension militaire (qui ne prend pas en compte les primes), l intégralité du salaire dans le secteur privé est prise en compte dans le calcul des retraites. Ces spécialités bénéficient par ailleurs d une bonne reconnaissance sur le marché du travail. Une deuxième carrière difficilement envisageable La reconversion dans le civil est un risque que certains militaires ne souhaitent pas prendre, ils restent donc jusqu à la limite d âge. Pour d autres, leur spécialité n est pas transposable, leur profil n est donc pas attractif et le «civil ne les attend pas». L âge est aussi ressenti comme un obstacle à une bonne reconversion dans le contexte économique actuel : «à partir de 40 ans, on est jeune pour être retraité, mais trop vieux pour le marché du travail». Enfin, la «fenêtre de tir» optimale pour quitter les armées (avant la limite d âge ou à la limite d âge) afin de retravailler dans le civil est jugée très étroite. Le développement des aides à la reconversion Quelques militaires ont écrit attendre des aides plus efficaces et plus équitables (en fonction des grades) à la reconversion ainsi que davantage de réactivité de la part des services de reclassement. Favoriser les équivalences de qualifications acquises dans les armées avec des qualifications du secteur civil, offrir des formations «diplômantes», développer davantage la validation des acquis de l expérience (VAE) sont également des pistes évoquées. De même, certains suggèrent de permettre aux militaires en fin de carrière d être mutés dans des affectations choisies en fonction de leur projet de reconversion professionnelle. Enfin, la reconversion nécessite du temps pour se préparer, dont certains militaires estiment ne pas disposer. 88
90 Le reclassement dans la fonction publique Le reclassement dans la fonction publique motiverait davantage de sous-officiers que d officiers à anticiper leur départ des armées. Parmi les sous-officiers, les plus jeunes comme les plus anciens sont moins souvent attirés par cette forme de reconversion. Selon le choix du moment du départ Il faut retenir aussi que plus l échéance est lointaine et plus les militaires sont nombreux à imaginer qu un poste offert dans la fonction publique pourrait constituer un motif de départ. Les officiers projetant de partir à brève échéance ou avant la limite d âge ne sont respectivement que 36% et 32% à déclarer qu un reclassement dans la fonction publique pourrait les inciter à partir plus tôt contre 54% de ceux partant dans plus de 5 ans et 52% de ceux partant à la limite d âge. Chez les sous-officiers, le même phénomène se produit dans des proportions toujours plus élevées : 54% des sous-officiers partant dans les 5 ans et 59% de ceux partant avant la limite d âge imaginent cette possibilité contre 72% de ceux partant dans plus de 5 ans, et 65% de ceux partant à la limite d âge. C est entre 18 et 25 ans de service que la part des sous-officiers pouvant concevoir de quitter plus tôt le service pour se reclasser dans l administration est la plus élevée ; au-delà, elle décroît : 72% de «oui» pour les sous-officiers de moins de 25 ans de service contre 50% des plus de 25 ans. L influence du potentiel de progression n'est visible que chez les sous-officiers. Quand le potentiel est jugé «moyen», le reclassement est plus souvent cité que lorsqu il est nul. Par ailleurs, lorsque les futurs revenus sont jugés insuffisants pour vivre correctement, le reclassement dans la fonction publique pourrait être envisagé par un plus grand nombre et ce, quelle que soit la catégorie hiérarchique. Tableau 64 : Part des militaires ayant choisi le motif «un reclassement dans la fonction publique» selon le jugement porté sur leurs revenus après leur départ des armées (%) Lorsque vous quitterez les armées, vous estimez que les revenus de votre ménage seront Montant des revenus futurs suffisants pour vivre correctement Montant des revenus futurs insuffisants pour vivre correctement Reclassement : motif de départ anticipé Officiers Sousofficiers Oui (oui, tout à fait,/oui, plutôt) Non (non plutôt pas, non pas du tout) Total Oui (oui, tout à fait,/oui, plutôt) Non (non plutôt pas, non pas du tout) Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 51% des officiers jugeant leurs futurs revenus insuffisants pour vivre correctement déclarent qu un reclassement dans la fonction publique pourraient anticiper leur départ 89
91 Commentaires libres Un reclassement fonction publique Certains quitteraient plus tôt les armées s ils étaient assurés d obtenir un poste dans la fonction publique. Pour quelques-uns, cette possibilité devrait être systématique. Des passerelles plus attractives vers la fonction publique devraient être établies. Beaucoup de sous-officiers anciens demandent une révision de la loi limitant le cumul emploi public et pension de retraite pour permettre aux sous-officiers de plus de 25 ans de service de ne plus être pénalisés. Certains proposent que la clause d âge pour intégrer la fonction publique soit supprimée afin de pouvoir y entrer après leur propre limite d âge de grade. Enfin, quelques militaires souhaiteraient que des emplois leurs soient réservés dans leur département de résidence. Un emploi dans la fonction publique permettrait par ailleurs, de percevoir un traitement jusqu à 65 ans La mobilité, cause de départ anticipé Une affectation non souhaitée pourrait provoquer un départ anticipé des armées, surtout chez les sous-officiers. Tableau 65 : Part des militaires ayant choisi le motif «une affectation non souhaitée» selon la catégorie hiérarchique (%) Aujourd hui, quelles raisons pourraient vous décider à quitter les armées plus tôt que vous ne l envisagez? Une affectation non souhaitée Officiers 54% dont 26% oui tout à fait Total des oui Sous-officiers 68% dont 45% oui tout à fait Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 54% des officiers déclarent qu une affectation non souhaitée pourrait anticiper leur départ Selon le choix du moment du départ Cette décision concernerait plus ou moins d officiers selon leur date de départ. Ainsi, 59% des officiers projetant de partir dans les cinq ans déclarent qu une affectation non souhaitée pourrait précipiter leur départ des armées (dont 32% de «oui, tout à fait») contre 48% (dont 18% de «oui, tout à fait») de ceux partant dans plus de cinq ans. Il en est de même pour ceux partant avant la limite d âge qui sont 67% (dont 38% de «oui, tout à fait») à prendre en compte ce facteur contre 45% (dont 18% de «oui, tout à fait») de ceux partant à la limite d âge. L ancienneté ne joue pas chez les sous-officiers qui, jeunes ou anciens, sont toujours plus de 65% à dire qu une mutation non souhaitée pourrait les inciter à quitter les armées (dont 45% de «oui, tout à fait»). En revanche, l échéance du départ et le choix du départ avant ou à la limite d âge sont déterminants. Ainsi, ceux partant dans les 5 ans sont 72% (dont 52% de «oui, tout à fait») à déclarer qu une affectation non demandée les inciterait à quitter les armées plus tôt contre 64% (dont 37% de oui tout à fait ) de ceux partant à plus longue échéance. Ils sont 77% à le déclarer quand ils partent avant la limite d âge (dont 55% de «oui, tout à fait») contre 57% de ceux partant à la limite d âge (dont 33% de «oui, tout à fait»). 90
92 Commentaires libres Les contraintes de la mobilité Le thème de la mobilité est largement évoqué et les réflexions en la matière ne sont pas toujours si éloignées du cadre de l enquête. Car une affectation non souhaitée et même plus largement la mobilité sont des facteurs qui pour beaucoup de militaires constituent ou constitueraient un motif de départ anticipé des armées. La gestion des mutations Elle est souvent remise en cause en raison de son manque de clarté, d équité, et de son coût supposé. Certains militaires font part de leur déception en évoquant la non prise en compte de leurs desiderata ou le caractère arbitraire de ces mutations. «Comment peut-on vouloir des officiers motivés et compétents en les mutant sans motif réel vers des sites non désirés faire des tâches sans formation et pour lesquels le célibat géographique est quasi obligatoire?» (officier supérieur de l armée de l air). Mais au-delà de ces remarques, ce sont les contraintes d ordre familial induites par les changements de résidence qui sont vivement dénoncées et qui peuvent conduire à un départ de l institution : «Après 26 années passées à être la priorité, il est temps de renvoyer l'ascenseur. La volonté de ne plus faire subir les contraintes de la mobilité à la famille plus que l'envie de quitter l'armée, c'est ce qui prévaut à présent pour moi ; je ne ferai pas d'autre choix que ma famille, on n a qu'une vie.» (officier subalterne de l armée de terre). En effet, beaucoup de militaires déclarent partir si leur affectation ne leur donne pas satisfaction ou bien s ils sont tout simplement mutés : «La seule et vraie raison qui me ferait partir avant la limite des services c'est la mutation non choisie» (sous-officier supérieur de l armée de l air). Certains préconisent alors que soit instaurée une mobilité choisie ou la possibilité de ne plus bouger. Les mutations en fin de carrière Les mutations préoccupent beaucoup de militaires en fin de carrière. Ils s accordent pour dire qu une affectation, à ce stade de la carrière, n est plus envisageable, surtout si les perspectives d avancement sont nulles. Les mutations «en fin de carrière» deviennent pour beaucoup stressantes, encore plus pesantes pour l entourage, surtout que les charges sont nombreuses et multiples. C est pourquoi certains proposent que dans les cinq dernières années, la mutation corresponde au choix des militaires (souvent à celui du lieu de repli). En tout état de cause, la mutation ne devrait pas devenir une mesure incitative au départ et certains militaires associent la gestion des mutations en fin de carrière à une «politique de dégagement» des cadres : «Actuellement, la politique du gouvernement consiste à demander aux Français de travailler plus longtemps. Néanmoins, les DRH des armées mènent plutôt une politique inverse en poussant les militaires les plus anciens (par des mutations ou des affectations non désirées) à faire valoir leurs droits à la retraite à partir de 50 ans. Lorsqu'on connaît les difficultés de reclassement des quinquagénaires, on peut penser que cette façon de faire est quelque peu décalée et injuste» (officier supérieur du SEA) 91
93 Le travail du conjoint et l accession à la propriété Le travail du conjoint et l accession à la propriété sont largement évoqués comme les deux éléments qui ont le plus à souffrir de la mobilité. Les mutations entraînent de nombreux sacrifices professionnels du conjoint (perte d emploi, déclassement professionnel ) et des pertes de revenus pour le couple, et par conséquent de faibles montants de pension de retraite ou des retraites inexistantes pour les conjoints. Cette mobilité pèse donc très lourd sur les conjoints qui ne sont pas aidés à la hauteur des sacrifices consentis : «Durant ces 25 années, le nombre de déménagements, mon épouse n'a pu retrouver à chaque fois du travail. Il m'a toujours été dit qu'elle ne faisait pas partie du paquetage. Se pose le problème suivant : si je viens à décéder, elle ne bénéficiera que de la pension de réversion soit 50 % et ce n'est pas avec ce qu'elle aura pu travailler (mobilité) qu'elle pourra prétendre à une retraite convenable. A ce jour, une prime d'incitation au départ m'apporterait un plus non négligeable pour l'achat d'une maison et lui permettrait d'assurer une vie future correcte.» (officier subalterne de l armée de terre). L accession à la propriété est également l une des raisons à l origine de la remise en cause de la mobilité. Pour certains, l achat d un bien immobilier a été rendu impossible en raison de la mobilité, ou s est fait très tardivement. Pour les propriétaires, l achat de la résidence principale constitue un frein à la mobilité en raison des risques financiers encourus en cas de revente, de la lassitude de «l achat revente» trop fréquent, de leur besoin d attachement à un lieu fixe qui apporte une stabilité familiale (travail du conjoint, études des enfants ). «J'en ai assez d'être muté, de devoir vendre ma maison et en racheter une autre, de subir des mutations imposées» (sousofficier subalterne de l armée de l air). «Les mutations en fin de carrière sont un facteur important de démission et injuste pour certains d'entre nous (propriétaires et installés socialement)» (sous-officier supérieur de l armée de l air). «Aucun item ne parle du problème de l'accession à la propriété qui est un sujet déterminant pour le départ à la retraite. Comment pérenniser un bien lorsque l'on est muté tous les 2 à 3 ans aux quatre coins de la France!» (officier subalterne de la marine). Enfin, le cas, plus minoritaire, des divorcés est aussi évoqué dans le sens où la mobilité ne fait qu amplifier les douloureuses séparations familiales. La région parisienne, sans surprise, est pointée comme étant la région la plus problématique et peut générer des départs : «En situation de commandement, je n'ai pas véritablement le temps de préparer sérieusement une reconversion. Cela étant, une affectation non souhaitée (Paris par ex) m'inciterait fortement à quitter l'institution.» (officier supérieur de l armée de terre) Le célibat géographique Ce mode de vie constitue un compromis douloureux entre la préservation du travail du conjoint, de la propriété acquise, des études des enfants et l obligation de changer d affectation. Il est décrié car lourd de conséquences affectives et financières et peut également provoquer un départ anticipé des armées, car selon les militaires, il n est pas pris en compte par les armées : «Un élément semble être omis assez régulièrement, c'est le cas des célibataires géographiques qui est lui aussi un point déterminant pour une décision de départ anticipé. Raisons : éloignement familial, contraintes financières (trajets, logement, nourriture, etc.)» (sous-officier supérieur de l armée de l air) 92
94 3.5. Le maximum d annuités Le choix du motif «atteindre le maximum d annuités avant la limite d âge» varie selon l ancienneté chez les officiers : plus ils sont anciens et plus la part des «non, pas du tout» est élevée. Ils sont 51% à dire que ce motif pourrait avoir un effet quand ils ont moins de 30 ans de service contre 37% de ceux de plus de 30 ans. Mais plus encore, c est pour les officiers partant avant la limite d âge que cela constituerait le plus souvent un motif de départ anticipé : 58% (dont 34% de «oui, tout à fait») contre 37% (dont 14% de «oui, tout à fait») pour les officiers partant à la limite d âge qui seront les plus nombreux à les avoir atteintes. Les sous-officiers déclarant partir avant la limite d âge sont 64% (dont 41% de «oui, tout à fait») à dire qu atteindre le maximum d annuités avant la limite d âge pourrait les inciter à partir plus tôt contre 51% (dont 26% de «oui, tout à fait» pour ceux déclarant partir à la limite d âge). 4- Raison principale pouvant décider les militaires à anticiper leur départ des armées 4.1. Pour l ensemble des militaires Devant choisir parmi toutes les raisons la plus déterminante, plus d un militaire sur cinq sélectionne «le versement d un pécule». Cette proportion est assez importante, compte tenu du nombre élevé d items proposés. Le poids important des sous-officiers sur l ensemble de la population explique que le thème lié à la mobilité vient ensuite en deuxième position (17%) devant l évolution défavorable du système de pension qui recueille 12% des avis. Enfin, même en regroupant les thèmes relatifs à la vie personnelle ou familiale, la part des militaires qui les ont sélectionnés demeure moindre. Tableau 66 : Raison principale qui pourrait décider les militaires à anticiper leur départ des armées Raison principale pouvant décider à partir plus tôt que prévu % Le versement d un pécule 22 Une affectation non souhaitée 17 Une évolution défavorable du système de pension de retraite militaire 12 Une solde jugée insuffisante 9 La possibilité d un reclassement dans la fonction publique 7 L absence de perspectives de carrière 5 Avoir atteint le maximum d annuités avant la limite d âge 5 Le manque de moyens pour exercer votre métier 4 L envie d exercer une autre activité professionnelle 4 L envie de vous occuper davantage de votre famille 4 La crainte des évolutions de la défense 3 Une meilleure valorisation de votre spécialité dans le civil 3 L activité professionnelle de votre conjoint(e) 2 La lourdeur des contraintes de la vie militaire 2 L envie de plus de temps pour votre épanouissement personnel 1 Total 100 Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 22% des militaires ont choisi en priorité le versement d un pécule comme raison pouvant les décider à anticiper leur départ des armées 93
95 Commentaires libres Sont citées comme autres incitations au départ possibles : la revalorisation des pensions (notamment avec la prise en compte des primes), le maintien des articles 5, 6 et 7 pour les officiers et leur ouverture aux sousofficiers (par souci d équité), la réactivation - pour les officiers concernés - du «conditionnalat» et son extension aux officiers auparavant non concernés ainsi qu aux sous-officiers (là encore par souci d équité). L octroi de l échelon exceptionnel ou l augmentation de la solde sont également cités. La mise en place d un compte épargne-temps alimenté par les jours de permission non pris et liquidable en fin de parcours est aussi suggérée. «Ce qui me ferait vraiment quitter le service c'est la prise en compte des primes dans le calcul de ma pension ou un pécule correct» (sous-officier supérieur de l armée de terre) 4.2. Selon les catégories hiérarchiques «Le versement d un pécule» serait une incitation qui séduirait autant d officiers que de sous-officiers. D une catégorie à l autre, les choix sont sensiblement les mêmes mais il existe quelques différences significatives. Tableau 67 : Raison principale qui pourrait décider les militaires à anticiper leur départ des armées selon la catégorie hiérarchique (%) Raison principale pouvant décider les militaires à partir plus tôt que prévu Officiers Sous-officiers Le versement d un pécule Une affectation non souhaitée Une évolution défavorable du système de pension de retraite militaire Une solde jugée insuffisante 6 10 La possibilité d un reclassement dans la fonction publique 7 8 L absence de perspectives de carrière 11 4 Avoir atteint le maximum d annuités avant la limite d âge 5 5 La crainte des évolutions de la défense 3 3 L envie d exercer une autre activité professionnelle 6 3 L envie de vous occuper davantage de votre famille 3 4 Le manque de moyens pour exercer votre métier 4 4 Une meilleure valorisation de votre spécialité dans le civil 4 2 L activité professionnelle de votre conjoint(e) 1 2 La lourdeur des contraintes de la vie militaire 2 2 L envie de plus de temps pour votre épanouissement personnel 1 1 Total Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus et des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 24% des officiers choisissent en priorité «le versement d un pécule» comme pouvant anticiper leur départ 94
96 Chez les officiers La part des officiers choisissant «le versement d un pécule» s accroît avec l ancienneté. Cette incitation est choisie par 20% des officiers de moins de 30 ans de service et par 28% des 30 ans de service et plus. L échéance du départ n a d incidence significative que sur «l absence de perspectives de carrière» choisie par 13% des officiers quittant le service dans les 5 ans contre 7% des autres officiers. Tableau 68 : Raison principale qui pourrait décider les officiers à anticiper leur départ des armées selon le moment du départ (%) Raison principale pouvant décider les officiers à partir plus tôt Avant la LA A la LA Dans les 5 ans Dans plus de 5 ans Le versement d un pécule Une affectation non souhaitée Une évolution défavorable du système de pension de retraite militaire La possibilité d un reclassement dans la fonction publique L absence de perspectives de carrière Champ : Ensemble des officiers de 25 ans de service et plus Lecture : 14% des officiers partant avant la limite d âge choisissent en priorité «une affectation non souhaitée» comme motif pouvant anticiper leur départ Chez les sous-officiers Selon l ancienneté, les sous-officiers n effectuent pas les mêmes choix : ainsi, les moins de 25 ans de service sont plus nombreux à choisir l affectation non souhaitée alors qu autour de 25 ans de service, le versement d un pécule devient le motif principal d un sous-officier sur trois et autour de 30 ans de service, il est cité par 42% des sous-officiers. Tableau 69 : Raison principale qui pourrait décider les sous-officiers à anticiper leur départ des armées selon leur ancienneté de service (%) Raison principale pouvant décider les sous-officiers à partir plus tôt ans ans ans ans Ensemble Le versement d un pécule Une affectation non souhaitée Une évolution défavorable du système de pension de retraite militaire Une solde jugée insuffisante La possibilité d un reclassement dans la fonction publique Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 23% des sous-officiers de ans d ancienneté choisissent en priorité «une affectation non souhaitée» comme motif pouvant anticiper leur départ Le versement d un pécule est moins souvent choisi par les sous-officiers partant dans plus de cinq ans qui sont deux fois plus nombreux à choisir le reclassement dans la fonction publique que ceux partant dans les cinq ans. Ceux partant avant la limite d âge sont aussi nombreux à se positionner par rapport au pécule que par rapport à l affectation. 95
97 Tableau 70 : Raison principale qui pourrait décider les sous-officiers à anticiper leur départ des armées selon le moment du départ (%) Raison principale pouvant décider les sous-officiers à partir plus tôt Avant la LA A la LA Dans les 5 ans Dans plus de 5 ans Ensemble Le versement d un pécule Une affectation non souhaitée Une évolution défavorable du système de pension de retraite militaire Une solde jugée insuffisante La possibilité d un reclassement dans la fonction publique Champ : Ensemble des sous-officiers de 15 ans de service et plus Lecture : 22% des sous-officiers partant avant la limite d âge choisissent en priorité «une affectation non souhaitée» comme motif pouvant anticiper leur départ L'analyse selon l'appréciation des revenus actuels ou futurs n apporte pas de résultat significatif. On relève néanmoins que les militaires insatisfaits de leurs revenus actuels citent plus souvent «la solde jugée insuffisante» (16% de citation si insuffisant pour vivre contre 4% dans le cas contraire). 96
98 ANNEXES : Comparaison méthodologique Méthodologie de l enquête 97
99 98
100 Comparaison méthodologique L enquête «Intentions de départ à la retraite» (DREES) Commanditaire : DREES Conduite par : IPSOS Date : Décembre 2004 à février 2005 Champ : Cotisants du régime général et de la fonction publique âgés de 54 à 59 ans et ayant validé au moins 100 trimestres Mode de passation de l enquête : en face à face Echantillon : 1004 actifs occupés en novembre 2004 cotisant au régime général et 400 cotisants de la Fonction publique Les personnes ont été interrogées sur leurs études, leur situation professionnelle et familiale puis sur leurs conditions de travail, et leur satisfaction dans l emploi, leur état de santé, leurs revenus et leur épargne. Des questions portaient sur leurs intentions et souhaits de départ en retraite et leur propre situation. Plusieurs questions s efforçaient de déterminer la sensibilité des choix de départ en cas de variations du niveau de pension perçu. L enquête «les militaires et leur retraite» (DRH-MD) Commanditaire : DRH-MD Conduite par : SDEP Date : Janvier à avril 2008 Champ :Officiers d au moins 25 ans de service et sousofficiers d au moins 15 ans de service de l armée de terre, l armée de l air, la marine, SSA et SEA. Mode de passation de l enquête : par questionnaire autoadministré Echantillon retour : Les militaires ont été interrogés sur leur situation familiale, sur leur satisfaction dans l emploi, leur potentiel d avancement et sur leur état de santé, leurs revenus et leur épargne. Des questions portaient sur leurs intentions et souhaits de départ en retraite. Les comparaisons avec l enquête menée par la DREES sont difficiles à établir en raison des différences de méthodologies employées dans les deux enquêtes et des caractéristiques socio-démographiques des deux populations étudiées. La problématique peut également différer d une enquête à l autre car un départ des armées n est pas toujours synonyme de retraite. Par conséquent, l état d esprit dans lequel se trouvent les militaires et les salariés étudiés dans le cadre de l étude de la DREES n est pas souvent comparable. 99
101 100
102 Méthodologie de l enquête 1. La méthode de sondage Les objectifs de l enquête L objectif principal de l enquête vise à connaître les perceptions du système de pension militaire par les officiers et sous-officiers de l'armée de terre, de l'armée de l'air, de la marine et des services ayant déjà acquis droit à pension en cours de carrière. L'enquête porte sur les comportements de départ en retraite des militaires et se propose d'explorer leurs préférences en la matière. Dans ce contexte, il paraît indispensable de fournir des résultats par catégorie hiérarchique. La population mère Le fichier de référence est une extraction du fichier «soldes» 9 d'août 2007 pour les armées et les services. Ce fichier permet de tenir compte de l'ancienneté de service des militaires, pour limiter le champ d'étude aux militaires ayant acquis droit à pension, et d'écarter les affectations hors métropole. Le champ de l'enquête est donc conscrit aux officiers de plus de 25 ans d'ancienneté, hors généraux, aux sousofficiers de plus de 15 ans d'ancienneté. Les aspirants, les élèves et les volontaires sont exclus, tout comme les militaires dont l'ancienneté de service n'est pas renseignée. La population de référence de l'étude se présente de la manière suivante : Tableau 1 : Effectifs de militaires ayant acquis droit à pension Officiers Sous-officiers Ensemble Armées effectif % effectif % effectif % Armée de terre % % % Armée de l'air % % % Marine % % % Service de santé % % % Service des essences 63 1% 148 0% 211 0% Ensemble % % % Source : fichiers «soldes» d'août 2007 Le plan de sondage : sondage stratifié à probabilités inégales L'enquête sur les militaires et leur retraite repose sur un plan de sondage qui permet au final d'analyser relativement précisément deux populations bien distinctes par les règles d'ouverture des droits à pension : les officiers et les sous-officiers. 9 Source : fichiers de paie fournis par les commissariats des armées 101
103 Ainsi par un sondage «stratifié» à probabilités inégales, on déforme l échantillon par rapport à la population mère pour mieux représenter les sous-populations intéressantes. A la restitution des résultats, cette déformation est bien évidemment prise en compte et corrigée. L'unique critère qui découpe notre population et sur lequel les fichiers nous renseignent, est la catégorie hiérarchique (seul critère de stratification). 2. La constitution de l échantillon Mode de tirage Dans chaque strate, c'est à dire parmi les ayants droit à pension, officiers d'une part et les sous-officiers d'autre part, on réalise un sondage aléatoire simple. On désigne au hasard un groupe d'individu n (échantillon) parmi un ensemble N (population mère) sachant que chaque individu de la population N à la même probabilité d'appartenir à n. (ce que l on appelle aussi «taux de sondage»). On appliquera ici des taux de sondage différents parmi les officiers et les sous-officiers. Taille de l échantillon Afin d être capable de fournir des résultats significatifs sur chacune des catégories hiérarchiques (officiers et sous-officiers, avec si possible une ventilation "supérieurs" et "subalternes"), il est nécessaire d interroger suffisamment de militaires au sein de chaque strate, en tenant compte d hypothèses réalistes de retour. Pour élaborer ces hypothèses, les enquêtes précédentes, à mode de passation équivalent, représentent de bons enseignements. Ainsi officiers et sous-officiers sont destinataires d un questionnaire. Tableau 2 : Décomposition de l échantillon selon les strates ( = la catégorie ) officiers sous-officiers ensemble Armées effectif % effectif % effectif % Armée de terre % % % Armée de l'air % % % Marine % % % Service de santé % 97 3% 348 6% Service des essences 22 1% 10 0% 32 1% Ensemble % % % 3. L échantillon de retour espéré Pour une telle enquête, un taux de retour maximal est indispensable afin de se prémunir contre des biais divers liés à des non-réponses. Les questionnaires étaient envoyés à l adresse personnelle des militaires tiré au sort. Chaque militaire sollicité était invité à le remplir de façon libre et anonyme. Il restait, bien entendu, libre de ne pas répondre. Le taux de retour attendu L expérience précédente sur un mode de passation similaire (questionnaire auto-administré, envoyé à l'adresse personnelle du militaire) permettait d attendre 40% de retour (questionnaires remplis). On estime sur ce type d'enquête qu'environ 10% des militaires de l'échantillon seront injoignables (du fait de la non mise à jour des fichiers ou d'un manque de précision dans l'adresse). 102
104 4. Le bilan des retours L échantillon de retour obtenu Le taux de retour s'avère supérieur au minimum attendu sur ce sujet. En effet, sur les questionnaires envoyés, ont pu être exploités (questionnaires renseignés) soit un taux de retour de plus de 57%. Ce taux affiché atteint 63% si on ne tient pas compte dans le calcul des quelques militaires injoignables. Par catégorie hiérarchique, le taux de retour varie sensiblement puisqu'il est de 60% pour les officiers et 55% pour les sous-officiers. Selon l'armée, les taux de retour s'étalent de 45% de retour pour le service de santé à 60% pour l'armée de terre. L'armée de l'air, la marine et le service des essences se situent autour de 54%. 5. Exploitation des résultats Les résultats obtenus sur l échantillon ne sont pas directement applicables à la population mère. La déformation de l échantillon, pour sur-représenter des sous-populations particulières doit être corrigée pour tenir compte de la réalité de la population mère. A partir des résultats de l échantillon retour, on fournit une estimation des valeurs dans la population mère, à l aide d un estimateur dit «de Horvitz-Thompson». Il existe une marge d incertitude autour de l estimateur. Cette incertitude peut être mesurée sous la forme d intervalles de confiance, c est à dire «un intervalle ayant une forte probabilité de contenir la vraie valeur du paramètre». En pratique, l intervalle de confiance délimite un intervalle dans lequel on est quasiment sûr (en fait à 95 %) de trouver la valeur exacte. Ces intervalles seront d autant plus grands que l effectif de répondants est faible et/ou que l on observe une grande dispersion des réponses. 103
105 104
106 SOMMAIRE Vue d ensemble 3 Introduction 7 CHAPITRE 1 : DONNEES DE CADRAGE 9 Caractéristiques professionnelles des militaires Répartition de la population d étude par armée et par catégorie hiérarchique Ancienneté de service et âge différencient nettement les officiers et les sous-officiers 12 Opinion sur la carrière et l avenir Opinion sur l état de santé, la pénibilité et le stress lié aux fonctions exercées Satisfaction de la situation professionnelle actuelle Transposition des emplois dans le civil Jugement porté sur l avancement Craintes sur l avenir 14 Situation familiale et niveau de vie Situation matrimoniale et familiale Niveau de solde et niveau de revenus actuels Patrimoine immobilier et épargne des militaires 19 CHAPITRE 2 : PERCEPTION ET CONNAISSANCE DU SYSTEME DE RETRAITE 23 Opinion des militaires sur les retraites Une majorité de militaires satisfaits du régime actuel de retraite La retraite, sujet d inquiétude pour un militaire sur trois 26 Connaissance des conditions générales de départ en retraite Connaissance du nombre d annuités pour obtenir une pension à taux plein Connaissance du système de décote Un besoin d information, dans un climat général d inquiétude 30 Connaissance des conditions particulières de départ en retraite Nombre d annuités envisagées par les militaires au moment du départ Connaissance du nombre de bonifications cumulées à ce jour 34 CHAPITRE 3 : LE MOMENT DU DEPART DES ARMEES 37 Le moment du départ des armées A quelle échéance les militaires vont-ils partir? Le sentiment de pouvoir choisir le moment du départ Une préférence plus marquée pour une carrière longue Personnes à charge au moment du départ Les âges de départ des armées
107 Les militaires déclarant vouloir partir avant la limite d âge Présentation par grade et âge Satisfaction professionnelle et crainte des évolutions Perception et échéance du départ Spécialité transposable et reconversion Revenus et patrimoine 49 CHAPITRE 4 : PECEPTION DU DEPART DES ARMEES 51 Départ des armées et reconversion Projet de reconversion et échéance du départ Projet de reconversion et départ avant la limite d âge Projet de reconversion et spécialité transposable Projet de reconversion et départ avec une pension à taux plein ou non Projet de reconversion et charges familiales 55 Perception de la situation financière après le départ des armées Moment du départ et perception de la situation financière après le départ des armées Biens actuels et perception de la situation financière après le départ des armées Charges estimées et perception de la situation financière après le départ des armées 58 Montant minimal de pension pouvant décider les militaires à partir Montant minimal de pension et choix du moment du départ Montant minimal de pension et ressources actuelles ou futures Montant minimal de pension et charges familiales après le départ des armées 63 CHAPITRE 5 : DETERMINANTS DANS LE CHOIX DU MOMENT DU DEPART DES ARMEES 65 Déterminants dans le choix du moment du départ des armées Présentation des déterminants dans le choix du moment du départ des armées Déterminants dans le choix du moment du départ des armées selon les catégories hiérarchiques Le déterminant principal dans le choix du moment du départ des armées 75 CHAPITRE 6 : MOTIVATIONS A UN DEPART ANTICIPE DES ARMEES 79 Motivations à un départ anticipé des armées Raisons pouvant inciter les militaires à anticiper leur départ des armées Raisons pouvant inciter les militaires à anticiper leur départ des armées selon les catégories hiérarchiques Focus sur les raisons intéressant plus spécifiquement le ministère Raison principale pouvant décider les militaires à anticiper leur départ des armées 93 ANNEXES 97 Comparaison méthodologique 99 Méthodologie de l enquête
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