L impact des politiques de scolarisation des filles:
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- Lucile Laurent
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1 Publié dans la série : Une éducation de qualité pour tous L impact des politiques de scolarisation des filles: Mauritaine, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Roser Cusso Pour obtenir une copie de cet ouvrage, s adresser à : [email protected] Le catalogue des publications et documents peut être consulté sur le site Web de l IIPE : assistance for the publication of this bookle Publié par: Institut international de planification de l éducation/unesco 7-9 rue Eugène-Delacroix, Paris ISBN X UNESCO 2003 Institut international de planification de l éducation
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3 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Roser Cussó UNESCO : Institut international de planification de l éducation
4 Les idées et les opinions exprimées dans ce volume sont celles de l auteur et ne représentent pas nécessairement celles de l UNESCO ou de l IIPE. Les appellations employées dans ce volume et la présentation des données qui y figurent n impliquent de la part de l UNESCO ou de l IIPE aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant à leurs frontières ou limites. La publication de ce document a été financée grâce à la subvention de l UNESCO et aux contributions de plusieurs États membres de l UNESCO, dont la liste figure à la fin de ce document. Publié par : l Institut international de planification de l éducation 7-9, rue Eugène-Delacroix, Paris, France [email protected] Site Web de l IIPE : Maquette de couverture : Maro Haas Composition : Linéale Production Impression et brochage : Atelier d impression de l IIPE ISBN X UNESCO 2003
5 Table des matières Liste des encadrés 7 Liste des graphiques 8 Liste des taleaux 10 Chapitre I. Introduction Présentation de l étude : importance de la scolarisation des filles Objectifs de l étude Contexte et étendue de l étude : les objectifs de Dakar et l EPT 15 Chapitre II. Politiques visant à une meilleure participation des filles à l éducation Méthode d évaluation des mesures mises en œuvre et sources d information Offre scolaire, qualité de l enseignement et mesures incitatives18 Chapitre III. Première évaluation statistique des années 1990 : des disparités qui persistent Vision d ensemble Analyse statistique par pays Difficultés des pays les plus pauvres 32 Chapitre IV. Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Mauritanie : grande expansion du réseau scolaire en zones rurales Tunisie : important soutien financier à l expansion et à la rétention scolaires Inde : expansion de l offre scolaire et mesures incitatives destinées aux familles 51 5
6 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal 4 Bangladesh : l apport des politiques des ONG à l éducation non formelle Sénégal : parité dans l admission à l enseignement primaire et dans le rendement scolaire 67 Chapitre V. Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus prometteuses pour la scolarisation des filles Quelques conclusions générales 77 2 Les mesures les plus prometteuses pour la scolarisation des filles dans les pays sélectionnés 83 3 Recommandations 87 Références et sources 91 Annexes Annexe 1 Définition des indicateurs 95 Annexe 2 Glossaire 99 Annexe 3 Tableau A. Taux bruts d admission à l enseignement primaire inférieurs à 95 % en 1998 par sexe, 1990 et Annexe 4 Tableau B1. Taux bruts de scolarisation dans le primaire inférieurs à 85 % en 1998 par sexe, 1990 et Tableau B2. Taux bruts de scolarisation dans le primaire inférieurs à 85 % en 1998 par sexe, 1990 et Annexe 5 Tableau C. Taux de survie à la 5 e année d études du primaire inférieurs à 90 % en 1998 par sexe, 1990 et Annexe 6 Tableau D. Pourcentage de redoublants dans l enseignement primaire de plus de 10 % en 1998 par sexe, 1990 et Annexe 7 Tableau E. Relation entre le pourcentage d enseignantes et les TBS du primaire féminins,
7 Liste des encadrés Encadré 1 Encadré 2 Encadré 3 Encadré 4 Les six objectifs de Dakar Mauritanie : autres politiques visant à un accroissement de la scolarisation et à une éducation de meilleure qualité Tunisie : autres politiques éducatives pour l éducation pour tous Bangladesh : le programme Food for education 7
8 Liste des graphiques Graphique 1 Taux bruts de scolarisation (TBS) pour le primaire, le secondaire et le supérieur dans les pays en développement, Graphique 2 TBS féminins du primaire inférieurs à 85 %, 1990 et 1998 Graphique 3 PIB par habitant, , pour une sélection de pays avec des TBS du primaire inférieurs à 70 % en 1998 Graphique 4 Graphique 5 Graphique 6 Graphique 7 Graphique 8 Graphique 9 Graphique 10 Mauritanie : TBS du primaire des filles, nombre d écoles et d enseignants, Mauritanie : taux de survie scolaire jusqu à la 5 e année du primaire et dépenses publiques totales d éducation en pourcentage du PIB, Tunisie : TBS du primaire et du secondaire combinés féminins (1+2) et dépenses publiques totales d éducation en pourcentage du PNB, Tunisie : TBS féminins et pourcentage d enseignantes dans le primaire, Inde : TBS dans les enseignements primaire et secondaire combinés (1+2) par sexe, Uttar Pradesh : nombre de garçons et de filles dans l enseignement primaire et secondaire, Bangladesh : TBS dans l enseignement primaire par sexe,
9 Graphiques Graphique 11 Graphique 12 Graphique 13 Graphique 14 Graphique 15 Bangladesh : PIB par habitant et dépenses publiques d éducation en % du PNB, Sénégal : TBA au primaire et TBS du primaire par sexe, Sénégal : nombre d écoles et d enseignants et taux d encadrement dans le primaire, Sénégal : TBS dans l enseignement secondaire par sexe, Sénégal : dépenses publiques totales d éducation en pourcentage du PIB,
10 Liste des tableaux Tableau 1 Tableau 2 Tableau 3 Tableau 4 Tableau 5 Les mesures visant à augmenter la scolarisation des filles Mauritanie : nombre d écoles et d élèves selon le nombre d années d étude offert, 1997 Tunisie : sélection d indicateurs de l enseignement primaire Taux de transition du primaire au secondaire de moins de 80 % en 1998 par sexe, 1990 et 1998 TBS du secondaire de moins de 50 % et des IPS inférieurs à 0,80 en 1998 par sexe, 1990 et
11 Chapitre I Introduction 1. Présentation de l étude : importance de la scolarisation des filles Éliminer les disparités entre les sexes à l école est l un des objectifs principaux du Cadre d action du Forum mondial sur l Éducation pour tous (EPT) tenu à Dakar (Sénégal) en Les enfants d âge scolaire et non scolarisés étaient estimés à environ 124 millions en 1990 et autour de 116 millions en Les filles constituent toujours, environ 60 % de ces effectifs. La plupart d entre elles appartiennent à des groupes défavorisés et habitent en zone rurale d Asie du Sud-Est et d Afrique subsaharienne. Beaucoup d études traitent des politiques et des mesures susceptibles d augmenter les niveaux de scolarisation et de rétention des filles. Les analyses sur l impact des mesures effectivement mises en oeuvre sont, en revanche, beaucoup moins nombreuses. Un bon nombre de pays n ayant pas réussi à faire des progrès dans ce domaine, une évaluation plus précise des mesures les plus efficaces mises en oeuvre dans d autres pays s avère dès lors cruciale. Les effets bénéfiques de la scolarisation des filles dans les domaines socioéconomique, politique et culturel ont été évoqués à de multiples occasions. Les principaux arguments sont les suivants : 11
12 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal La scolarisation des filles a une incidence sur la condition socioéconomique des femmes et sur le développement économique en général. La scolarisation peut déboucher sur un emploi mieux rémunéré qui favorise la croissance de la productivité économique à l échelle nationale. La différence entre les salaires des hommes et des femmes ayant des fonctions et des responsabilités similaires reste toutefois un problème dans la grande majorité des pays. La scolarisation des filles a par ailleurs un impact important sur le succès des programmes de lutte contre la pauvreté et de développement équitable et durable. Outre les retombées économiques liées au niveau d instruction (opportunités d emploi et de revenu), la scolarisation féminine contribue à changer les attitudes face aux conditions sociologiques et psychologiques qui font perdurer la pauvreté (PNUD, 1997). La scolarisation des filles, surtout dans l enseignement secondaire, a une incidence sur la baisse de la fécondité. À quelques exceptions près, l augmentation du niveau d instruction et la baisse de l analphabétisme s accompagnent de la baisse du nombre d enfants par femme, les femmes instruites ayant tendance à se marier plus tard et à utiliser davantage les moyens de contraception. Les femmes instruites sont mieux informées et peuvent prendre des décisions concernant la santé, la nutrition et l hygiène en général et de l enfant en particulier (baisse de la mortalité infantile). Il existe même une corrélation entre l éducation des femmes et l espérance de vie des hommes (King et Hill, 1993). La scolarisation des filles est un facteur qui contribue fortement à l émancipation et à l autonomisation des femmes, mais aussi des groupes sociaux défavorisés dont elles font partie (populations rurales, minorités ethniques et linguistiques, marginaux urbains). Les femmes instruites 12
13 Introduction sont en mesure d exiger le respect de leurs droits de citoyennes, notamment le suffrage ou d autres formes de participation et de revendication politiques. Enfin, dans le domaine de la paix, la participation scolaire des filles et des groupes défavorisés peut contribuer à mettre fin aux inégalités et aux discriminations qui alimentent les conflits et les intolérances au sein de la société. À cette fin, la scolarisation doit s accompagner d une adaptation du contenu des programmes et de la formation des enseignants afin d éviter que l école véhicule des attitudes discriminatoires. En résumé, atteindre l objectif d éducation de base pour tous et favoriser le progrès socio-économique en général passe par l amélioration de la scolarisation des filles et par le développement de systèmes éducatifs solides et durables. Rappelons par ailleurs que les objectifs de la scolarisation des filles sont variés et complexes. Ils touchent tous les domaines liés à l enseignement tels que l offre scolaire, l élaboration du curriculum ou la formation des enseignants, ainsi que des aspects liés aux besoins socioéconomiques comme la disponibilité de services scolaires (cantines, garderies) ou les programmes pour les enfants qui travaillent, y compris ceux qui accomplissent chez eux de lourdes tâches ménagères. À la lumière des effets bénéfiques de la scolarisation des filles, l évaluation et la mesure de l extension, de la qualité mais aussi de l impact des mesures visant la scolarisation des filles s imposent donc comme une priorité. 2. Objectifs de l étude Compte tenu du faible nombre d évaluations de l impact des mesures de scolarisation des filles, cette étude vise essentiellement à : 13
14 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal identifier des politiques éducatives ayant produit des résultats tangibles dans le domaine de la scolarisation des filles ; tirer les premières conclusions sur la relation entre les mesures prescrites, leur application et leur traduction en termes de scolarisation des filles ; à partir de ces résultats, aider les États membres à choisir, entre les différentes mesures existantes, celles susceptibles d accroître la scolarisation des filles et d en améliorer la qualité. Ces objectifs supposent l identification de politiques concrètes mais aussi, dans la mesure du possible, leur articulation, leur justification, leur mise en contexte, leur étendue et leur analyse critique. Il est toujours difficile d isoler les effets de politiques, parfois très générales, visant l amélioration de la scolarisation des filles et des groupes défavorisés. Les mesures peuvent souvent être ponctuelles ou s étendre à une partie limitée du territoire. Il existe, en outre, de nombreux projets menés par des agences internationales et des organisations non gouvernementales (ONG) en collaboration avec les gouvernements. Il est enfin important de vérifier si l objectif d une plus grande scolarisation est cohérent avec d autres priorités telles que le respect de la diversité sociopolitique, culturelle et linguistique des populations : la diversité est en effet une réalité structurelle à prendre en compte dans le processus de planification et fait partie intégrante des objectifs de l Éducation pour tous. Cette étude est divisée en cinq grandes parties. Après une introduction présentant les objectifs, le contexte et l étendue de l étude, la deuxième partie résume la méthode d évaluation et les sources d information et passe en revue les principales politiques de scolarisation des filles (offre scolaire, qualité de l enseignement, mesures incitatives). La troisième partie fait un état des lieux statistique des disparités entre garçons et filles entre 1990 et 2000 : certains pays ont fait des progrès remarquables au cours de la décennie, des disparités persistant toutefois, surtout dans les pays les plus pauvres. Les politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal sont étudiées et évaluées dans la quatrième partie. 14
15 Introduction Enfin, la cinquième partie présente les premières conclusions sur les mesures les plus porteuses pour la scolarisation des filles ainsi que quelques recommandations à ce sujet. La définition des indicateurs, un glossaire et des tableaux statistiques complémentaires sont présentés en annexe, à la fin du document. 3. Contexte et étendue de l étude : les objectifs de Dakar et l EPT Cette étude se situe dans le contexte des objectifs du Cadre d action du Forum mondial de Dakar sur l éducation (voir encadré 1). Ces objectifs ont été approuvés en 1990, lors de la Conférence mondiale sur l Éducation pour tous tenue à Jomtien (Thaïlande). Cette dernière avait réuni les États membres et les principales agences de développement dans le but d arriver à un engagement fort sur le caractère prioritaire de l éducation. À Dakar, cette priorité a été réitérée, accompagnée de la volonté des agences de faire un effort commun de coordination et d appui aux États. À cette occasion, l UNESCO a publié un rapport statistique faisant le bilan de l EPT à l an 2000 (UNESCO, 2000). Cette étude reprend l analyse des évolutions intervenues entre 1990 et 2000 en matière de scolarisation des filles dans l enseignement de base (enseignement primaire et premier cycle de l enseignement secondaire 1 ) tout en mettant l accent sur l impact des politiques éducatives. Les principaux thèmes traités sont l accès et la participation des enfants au système scolaire, la rétention des élèves, l encadrement et la qualité de l éducation et le financement de l éducation de base. 1. Les données par cycle n étant pas souvent disponibles, nous avons, dans la plupart de cas, pris en compte l ensemble du secondaire. 15
16 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Encadré 1. Les six objectifs de Dakar (i) (ii) développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection et l éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les plus vulnérables et défavorisés ; faire en sorte que d ici à 2015 tous les enfants, notamment les filles et les enfants en difficulté ou issus de minorités ethniques, aient la possibilité d accéder à un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu à son terme ; (iii) répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l acquisition des connaissances ainsi que des compétences liées à la vie courante ; (iv) améliorer de 50 % les niveaux d alphabétisation des adultes, et notamment des femmes, d ici à 2015, et assurer à tous les adultes un accès équitable aux programmes d éducation de base et d éducation permanente ; (v) éliminer les disparités entre les sexes dans l enseignement primaire et secondaire d ici à 2005 et instaurer l égalité dans ce domaine d ici à 2015 en veillant notamment à assurer aux filles l accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite ; (vi) améliorer sous tous ses aspects la qualité de l éducation et garantir son excellence de façon à obtenir pour tous des résultats d apprentissage reconnus et quantifiables notamment en ce qui concerne la lecture, l écriture, le calcul et les compétences indispensables dans la vie courante. Source : Forum mondial sur l Éducation, 2000 : paragraphe 7. 16
17 Chapitre II Politiques visant à une meilleure participation des filles à l éducation 1. Méthode d évaluation des mesures mises en œuvre et sources d information Afin d identifier et d évaluer les progrès en matière de scolarisation des filles, nous nous baserons sur l étude de l évolution de différents indicateurs de l éducation ainsi que sur celle d un certain nombre de variables intermédiaires, comme sur d autres informations complémentaires. Si les pays analysés possèdent un bon système de gestion de l information sur l éducation, le financement et la population, les différents indicateurs seront fiables, variés et récents. La disponibilité d information est donc une condition nécessaire pour saisir la situation scolaire d un pays et évaluer l impact des politiques mises en œuvre. Lorsque des données comparables sur le plan international ne sont pas disponibles, les indicateurs calculés dans le cadre des études de cas très nombreuses pour certains pays peuvent aussi être utilisés dans l évaluation des politiques nationales. Des informations sur les politiques de l éducation mises en œuvre sont également nécessaires. Les améliorations dans la scolarisation des filles sont liées aux politiques spécifiques qui les ont provoquées ou, du moins, amenées indirectement. Les informations sur les politiques éducatives sont généralement publiées ou diffusées par les gouvernements dans des rapports ou lors de conférences internationales. Elles font souvent partie de plans ou de programmes sur plusieurs années (quinquennaux ou décennaux) avec des objectifs divers dont ceux concernant l éducation des filles. 17
18 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Les principales sources d information utilisées dans ce rapport sont les publications et les rapports nationaux ainsi que les publications statistiques de l UNESCO. Nous avons également consulté et utilisé des statistiques et des informations produites par la Banque mondiale et l UNICEF. Les publications de l UNESCO fournissent des séries statistiques comparables sur les plans méthodologique et international. Les publications et les rapports nationaux contiennent des informations sur les politiques nationales et des statistiques parfois plus pointues que celles publiées dans les rapports internationaux, même si elles ne sont pas toujours comparables. Les informations produites par la Banque mondiale et l UNICEF concernent souvent des projets particuliers appliqués dans des régions-cibles. La Banque mondiale produit, quant à elle, des rapports nationaux très riches en données, notamment sur le financement de l éducation (voir Références et sources). 2. Offre scolaire, qualité de l enseignement et mesures incitatives Les politiques destinées à l amélioration de la scolarisation des filles sont très variées, tout comme les problèmes rencontrés par les décideurs et les experts en éducation lors de la mise en œuvre de l extension de la scolarisation des filles. Ces problèmes ont souvent trait aux contraintes budgétaires, voire aux crises financières, auxquelles sont confrontés certains pays. Les instabilités politiques peuvent aussi affecter la continuité des différentes politiques. Mais les planificateurs rencontrent surtout la difficulté de choisir entre les différentes mesures existantes : quelles sont les mesures les plus efficaces et les mieux adaptées aux réalités nationales? Qu apprendre de chaque expérience compte tenu de sa spécificité? Quel équilibre coût-bénéfice pour chaque mesure? La scolarisation des filles suppose à la fois la définition de politiques adaptées aux résultats recherchés et l exercice d arbitrages parmi les différentes mesures à prendre dans un contexte de contrainte financière. En général, et 18
19 Politiques visant à une meilleure participation des filles à l éducation pour faciliter leur présentation, les différentes politiques peuvent se diviser en trois grands groupes : les mesures qui visent le développement de l offre scolaire, celles qui ont pour objectif la meilleure qualité des enseignements et celles qui visent à encourager une plus grande demande de scolarisation de la part des familles (voir tableau 1). Les premières cherchent à étendre le système éducatif (public, privé ou informel) tandis que les autres visent à améliorer la qualité des enseignements et prennent en considération les caractéristiques sociales, culturelles et économiques des familles (Stromquist, 1997). 1. Extension de l offre scolaire. Il s agit surtout d augmenter les places scolaires disponibles. La construction d écoles et de salles de classe est une condition nécessaire à l expansion de l accès à la scolarisation, surtout si elle contribue à une extension du réseau scolaire dans les zones rurales reculées et/ou marginalisées. L expansion du système non formel est également un facteur important. La croissance du secteur privé et communautaire peut répondre aux restrictions budgétaires de l État. L augmentation du nombre d enseignants et/ou l augmentation du taux d encadrement font aussi partie de ce groupe de mesures. Enfin, il faut également noter la possibilité de créer et/ou d augmenter le nombre d écoles multigrades ou bien d utiliser de façon plus intense les écoles existantes (double flux). 2. Amélioration de la qualité de l offre scolaire. La qualité de l enseignement est un facteur central de la rétention scolaire. La qualité concerne les caractéristiques de l établissement scolaire aussi bien que le contenu des manuels ou la formation des enseignants. Un taux d encadrement (nombre d élèves par maître) peu élevé est également une condition importante de la qualité scolaire. L accès au matériel pédagogique, à une bibliothèque, l adéquation du curriculum scolaire, la révision des manuels, l enseignement des langues nationales et/ou minoritaires, l existence d une formation initiale et continue des 19
20 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal personnels enseignants ou une bonne gestion et une bonne supervision scolaires sont aussi des éléments déterminant la qualité de l enseignement Mesures incitatives à la demande de scolarisation. Si certaines des mesures citées plus haut (l adaptation du curriculum scolaire ou l attitude des enseignants) peuvent également agir comme des incitations à la demande scolaire, les mesures incitatives les plus représentatives sont : les aides ou exemptions économiques comme l élimination des frais de scolarité, la suppression de l obligation de porter des uniformes (ou leur gratuité), les repas gratuits et les bourses scolaires ; la disponibilité d eau courante, de toilettes, de cantines, de service médical ; la mise en œuvre de programmes de sensibilisation en faveur de la scolarisation des filles comme, notamment, l alphabétisation des mères ; la mise en œuvre de mesures ayant des effets indirects sur la scolarisation, comme, par exemple, la création d établissements pré-primaires et de garderies. Ces établissements et services libèrent les filles de la tâche de garder leurs frères et sœurs cadets. Dans le contexte des politiques de développement rural, le remplacement des moulins à bras par des moulins électriques peut jouer un rôle important dans la scolarisation des filles, ce type de moulin déchargeant les filles du travail de pilage. 2. Selon une étude sur le district d Orissa (Inde) les variables liées à l école expliquent mieux les différents rendements scolaires des élèves que les caractéristiques sociales et économiques des familles. L abandon scolaire des filles peut être réduit par une meilleure gestion de l école, par l amélioration du contenu des enseignements et, surtout, par une plus forte activité de supervision interne (Gasper et Ray, 1998). 20
21 Politiques visant à une meilleure participation des filles à l éducation Tableau 1. Les mesures visant à augmenter la scolarisation des filles Mesures mettant l accent sur l offre scolaire Expansion du système Augmentation du nombre de Meilleure utilisation des formel salles de classe, d écoles salles et écoles (multigrade, (diminution de la distance double flux) entre l école et les habitations) Augmentation du nombre Augmentation du taux d enseignants d encadrement Augmentation du nombre Création d écoles séparées d enseignantes (dans certains pour les filles et les garçons pays ou dans certains contextes) Nouveaux systèmes de travail pour les enseignants : par exemple, enseignements organisés par équipes Augmentation des dépenses Augmentation de l apport publiques et/ou de l efficacité du secteur privé et/ou des de leur utilisation communautés Expansion du système Développement des écoles Développement du non formel et des écoles non formelles et religieuses : partenariat entre ONG et religieuses élargissement des horaires, pouvoirs publics : des matières enseignées coordination des pédagogies et des programmes scolaires Expansion du privé, des Reconnaissance de ces écoles : écoles communautaires coordination des pédagogies et des programmes scolaires Mesures mettant l accent sur la qualité des enseignements Amélioration de la qualité Révision du curriculum scolaire et de la pertinence Adéquation culturelle : langues Disponibilité de matériel nationales et/ou autochtones pédagogique et scolaire Formation des enseignants. Supervision scolaire Existence de programmes de formation initiale et continue des enseignants 21
22 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Sensibilisation au genre dans le contenu du programme scolaire Sensibilisation au genre dans la pratique des enseignants Révision (remplacement) des manuels scolaires Existence de programmes de formation des enseignants prenant en considération les problèmes de genre Mesures mettant l accent sur la demande scolaire : mesures incitatives Amélioration des locaux Transport, toilettes, et des services chauffage, cantine, service médical, etc. Introduction de services Garderies, cantines visant le remplacement du travail des filles Mesures visant à réduire Gratuité de l inscription, Bourses pour les filles le coût de la scolarisation des livres et autres matériels, des familles suppression des uniformes, gratuité de la cantine, du transport Modification des Intervention dans les médias, Création d associations conditions sociales et l économie, l éducation et d influence; théâtre culturelles contribuant à la famille. Nouvelles lois ou populaire maintenir les femmes dans directives une position inférieure dans la société Participation des parents Programmes de aux activités et à la direction sensibilisation en faveur de de l école la scolarisation des filles Les décideurs et planificateurs sont donc amenés à choisir entre les différentes mesures existantes en tenant compte de leur adéquation à la réalité et aux besoins nationaux, de leurs différents coûts, et en examinant les bénéfices qu on peut leur attribuer dans les différents aspects de la scolarisation. La troisième partie de cette étude analyse les mesures qui ont eu le plus d impact sur l augmentation de la scolarisation et de la réussite scolaire des filles pour les pays et états retenus. On peut déjà avancer que presque tous 22
23 Politiques visant à une meilleure participation des filles à l éducation les pays ayant connu une amélioration sensible de la scolarisation des filles ont étendu leur réseau d écoles pour rapprocher l établissement scolaire des familles, surtout en zone rurale. Ils ont tous augmenté, à des degrés divers, le nombre des enseignants. L amélioration de l accueil et de la qualité du système scolaire (eau courante, écoles complètes) ainsi que l introduction d un nombre de mesures incitatives plus ou moins coûteuses et plus ou moins répandues selon les pays (de la gratuité des frais de scolarité à l utilisation des langues autochtones dans l enseignement) se sont aussi avérées être des facteurs déterminants. En ce qui concerne les arbitrages entre les différentes mesures, chaque pays a fait des choix qui lui sont spécifiques. Certains pays ont privilégié l augmentation du taux d encadrement et/ou la baisse des salaires des enseignants (embauche de contractuels) pour réduire les coûts de l enseignement et permettre l extension de l offre. D autres, avec des budgets publics plus importants, ont, au contraire, choisi de faire baisser le taux d encadrement et d améliorer par conséquent les conditions de travail des enseignants aussi bien que la qualité des enseignements. Un certain nombre de pays ont privilégié des mesures incitatives coûteuses, notamment la gratuité de l école, les aides financières aux familles et aux groupes sociaux défavorisés. Certains de ces pays, dans un contexte de contrainte financière, ont eu également recours à l extension d écoles communautaires et d écoles privées dans lesquelles les familles assument une grande partie des frais de scolarité. D autres pays ont adopté un petit nombre de mesures incitatives et ont ciblé l offre scolaire en général. Les mesures dont les effets sont difficiles à saisir sont moins répandues et/ou moins suivies. C est le cas, par exemple, des programmes de sensibilisation destinés aux familles ou ceux pour lesquels les données ou les informations pertinentes ne sont pas toujours disponibles. 23
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25 Chapitre III Première évaluation statistique des années 1990 : des disparités qui persistent 1. Vision d ensemble Les disparités entre les sexes dans le monde en développement ont diminué depuis les années 1970 mais persistent toujours à tous les niveaux d enseignement (voir graphique 1). Si le taux brut de scolarisation des garçons dans le primaire a atteint 100 % depuis 1975, ce n est pas encore le cas pour les filles en 1997 (95 %). Il ne faut pas oublier que le taux brut se réfère aux enfants de tous les âges inscrits au primaire : un taux brut de 100 % n empêche pas l existence d un nombre plus ou moins important d enfants à l âge officiel du primaire non scolarisés (voir Définition des indicateurs, annexe 1). Le taux brut de scolarisation des garçons dans le secondaire n a dépassé 50 % qu au début des années 1990, 57 % en 1997, tandis que celui des filles reste à 46 % pour cette même année. Toutes ces disparités sont plus importantes en Asie du Sud (un taux brut de scolarisation des filles dans le primaire de 83 % contre un taux de 107 % pour les garçons et un taux brut de scolarisation des filles dans le secondaire de 36 % contre 54 % pour les garçons) et en Afrique subsaharienne (un taux de scolarisation des filles dans le primaire de 69 % contre un taux de 84 % pour les garçons et un taux de scolarisation des filles dans le secondaire de 23 % contre 29 % pour les garçons). À remarquer également les différences entre les taux bruts de scolarisation dans le primaire des garçons et des filles dans les États arabes : 92 % et 77 % respectivement. 25
26 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Graphique 1. Taux bruts de scolarisation (TBS) pour le primaire, le secondaire et le supérieur dans les pays en développement, En % TBS Prim M TBS Prim F TBS Sec M TBS Sec F TBS Sup M TBS Sup F Source : UNESCO, Du point de vue de l évolution dans le temps des taux bruts par sexe pour tous les niveaux d enseignement, l accroissement est toujours plus accéléré chez les filles, surtout dans le secondaire. Pour ce niveau, les taux féminins passent du simple au triple en 27 ans (entre 1970 et 1997) et du simple au double pour les taux masculins au cours de la même période. Pour le primaire le rythme de croissance est plus faible. Si l objectif d augmentation significative des taux de scolarisation peut vraisemblablement être atteint, témoignant de la capacité du système scolaire à accueillir les enfants d âge officiel d entrée à l école, celui d élimination complète des disparités et d amélioration sensible de la rétention scolaire 26
27 Première évaluation statistique des années 1990 : des disparités qui persistent risque, quant à lui, d être plus difficile à satisfaire, ce, essentiellement au regard des courts délais octroyés à Dakar. En effet : (i) (ii) bien que les taux bruts aient augmenté, le nombre d enfants d âge officiel d entrée à l école primaire non scolarisés demeure important (on estime à 116 millions les enfants non scolarisés à l école primaire en 1998) ; les mesures nécessaires pour scolariser ces enfants sont, en général, plus coûteuses, car elles doivent atteindre des enfants appartenant pour la plupart aux groupes défavorisés, pauvres, habitant en zone rurale reculée et/ou des enfants qui travaillent ; (iii) la restriction financière de beaucoup de pays peut dès lors avoir des conséquences négatives sur l expansion de la scolarisation. 2. Analyse statistique par pays En complément de la section précédente et en guise d introduction à l analyse plus détaillée de la quatrième partie de cette étude, nous nous concentrerons ici sur l analyse des taux bruts d admission à l enseignement primaire, des taux bruts de scolarisation du primaire, des taux de survie à la 5 e année et des pourcentages de redoublants par pays (voir Définition des indicateurs, annexe 1). Les taux bruts de scolarisation dans le secondaire et les taux de transition du primaire au secondaire seront étudiés dans la cinquième partie. Certains de ces indicateurs ne sont pas disponibles pour tous les pays. En effet, comme signalé plus haut, la disponibilité d indicateurs de l éducation reflète les capacités statistiques des pays. Autrement dit, chaque collecte et production nationales de statistiques peut permettre le calcul d un nombre plus ou moins important d indicateurs. En général, un «minimum» d indicateurs est défini par la communauté internationale et peut être calculé 27
28 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal pour une proportion élevée de pays. Ce sont également les indicateurs communément utilisés dans les comparaisons internationales. C est le cas des 18 indicateurs de l EPT qui ont constitué le noyau commun de la première évaluation des progrès des objectifs de Dakar (UNESCO, 2000). À partir de l observation de ce premier ensemble d indicateurs, certains pays se détachent des autres en termes de progression des indicateurs sur les filles et de diminution de la différence entre garçons et filles. Dans certains cas cette diminution se reflète dans un seul indicateur (accès, rétention scolaire ou redoublement). Dans d autres, l amélioration de la situation des filles peut se manifester dans plusieurs aspects de la scolarisation. Voici l analyse par indicateur : Taux bruts d admission à l enseignement primaire. Cet indicateur permet de mesurer l accès des enfants à la première année du primaire, quel que soit leur âge. L analyse a été restreinte aux pays ayant des taux d admission inférieurs à 95 %. Deux tiers de ces pays présentent des index de disparité (IPS) inférieurs à 0,90 (voir tableau A, annexe 3). Cet index est calculé à partir du rapport entre l indicateur féminin et l indicateur masculin. L unité représente la parité entre les sexes. Lorsque l index est inférieur à l unité, la disparité est en faveur des garçons. S il dépasse cette valeur, la disparité est en faveur des filles. Les index les plus bas pour 1998 (moins de 0,80) concernent le Libéria, le Niger, l Éthiopie, le Yémen, le Tchad, le Burkina Faso, la République centrafricaine, le Bénin, Djibouti, le Mali, l Angola et la Guinée. Autrement dit, pour 100 garçons admis à l école, seulement 80 filles le sont à leur tour. Entre 1990 et 1998, la République centrafricaine et le Burundi ont vu leurs IPS diminuer, la situation des filles ayant empiré. En revanche, les index de parité pour la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée ont augmenté remarquablement au cours de la décennie, s approchant parfois de l unité. Pour la Guinée on constate une des plus fortes diminutions des disparités, avec un IPS passant de 0,50 en 1990 à 28
29 Première évaluation statistique des années 1990 : des disparités qui persistent 0,80 en Pour la plupart de ces pays, les indicateurs d admission montrent l existence d une importante population scolarisable majoritairement féminine n accédant pas à l école. Taux bruts de scolarisation dans l enseignement primaire. Cet indicateur mesure le degré de scolarisation des enfants dans le primaire, quel que soit leur âge. Plus facile à calculer que le taux net (données plus facilement disponibles), il donne une idée de la capacité d accueil du système scolaire. À la vue des données disponibles, le nombre de pays présentant des taux féminins pour le primaire inférieurs à 85 % est relativement élevé (voir graphique 2), se situant, pour une vingtaine d entre eux, au-dessous de la barre de 70 %. Ces taux ont en outre diminué aux cours de la décennie ( ) pour cinq pays, symbolisés par une sphère dans le graphique. Dans de nombreux cas, à de faibles taux d admission des filles correspondent fort logiquement des taux bruts de scolarisation également bas. La différence entre les sexes en faveur des garçons s en suit également (voir tableau B, annexe 4). Les IPS les plus bas (moins de 0,75) concernent, comme pour les taux bruts d admission, le Yémen, le Tchad, l Éthiopie, la Guinée, le Niger, le Bénin, la République centrafricaine, le Burkina Faso, Djibouti, le Mali et le Libéria, ainsi que la Guinée-Bissau, le Mozambique et la Côte d Ivoire. Il faut souligner le cas du Yémen et du Tchad, où le taux des garçons dépasse celui des filles de 35 points de pourcentage. Entre 1990 et 1998, tous les pays ayant des données disponibles ont vu leurs IPS s approcher de l unité sauf l Éthiopie, Djibouti et le Mozambique. Les augmentations relatives les plus importantes se trouvent au Yémen, au Sierra Leone, en Guinée, au Bénin, en Mauritanie, au Tchad, en Gambie et en Guinée- Bissau. Dans le cas du Yémen, si la progression vers la parité est forte, il faut noter que le taux brut de scolarisation féminin reste faible. Ces données permettent dès lors de mettre en relief la persistance de fortes disparités au détriment des filles ainsi que le nombre important de filles toujours non scolarisées. 29
30 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Graphique 2. TBS féminins du primaire inférieurs à 85 %, 1990 et 1998 (en ordre croissant des taux pour 1998) 100 % TBS F 1998 TBS F 1990 Niger Djibouti Burkina Faso Mali Rép. dém. du Congo Guinée Rép. centrafricaine Burundi Éthiopie Érythrée Tchad Soudan Yémen Sierra Leone 1 Mozambique Sénégal Rép.-U. de Tanzanie Bénin Côte d Ivoire Guinée-Bissau 1 Comores Arabie saoudite Oman Gambie Koweit Papouasie NG Mauritanie 1. Les données pour la dernière année disponible se réfèrent à Source : UNESCO, Taux de survie à la 5 e année d études du primaire. Si l accès et la scolarisation nous renseignent sur la participation des enfants à l école, l analyse des taux de survie permet de se faire une première idée de la rétention scolaire et des différents degrés d abandon selon le sexe. Seuls les pays ayant des taux de survie inférieurs à 90 % ont été pris en compte pour cette analyse (un taux de 100 % signifie que tous les enfants atteignent la 5 e année d études). Les données disponibles montrent que le rendement scolaire des filles est en général plus élevé que celui des garçons (voir tableau C, annexe 5) montrant que les filles, une fois à l école, semblent mieux profiter des enseignements. En effet, trois quart des pays présentent des index de parité égaux ou supérieurs à l unité. 30
31 Première évaluation statistique des années 1990 : des disparités qui persistent Le Mozambique, le Togo, le Mali, le Malawi, le Bénin, le Tchad et la Côte d Ivoire ont, quant à eux, des IPS de moins de 0,95. Entre 1990 et la dernière année disponible, les évolutions sont très variables. La progression la plus grande vers la parité est observée en Colombie, puis au Laos, au Tchad, en Éthiopie et à Madagascar (ces quatre derniers pays ayant, toutefois, des valeurs absolues très basses). En résumé, si dans certains pays la participation est déjà relativement peu élevée, les faibles niveaux de rétention montrent comment, de surcroît, une partie importante des enfants admis à l école abandonne les études. Pourcentage de redoublants. Le pourcentage de redoublants permet de confirmer la tendance observée pour les taux de survie scolaire (voir tableau D, annexe 6). Les pourcentages de redoublement chez les filles sont plus faibles que chez les garçons, ce qui montre qu elles ont de meilleurs résultats scolaires qu eux. En Guinée équatoriale uniquement le pourcentage de redoublement chez les filles est sensiblement plus grand que chez les garçons. Pour trois quarts des pays ayant des données disponibles et des pourcentages supérieurs à 10 % (une quarantaine), les pourcentages de redoublants des garçons sont supérieurs à ceux des filles. Entre 1990 et 1998, la tendance générale a néanmoins été d aller vers une plus grande parité dans ce domaine et vers une baisse du niveau de redoublement en chiffres absolus. En résumé, pour les pays analysés ici, on peut remarquer un progrès certain et général, mais contrasté, vers la parité. Certains pays stagnent dans leurs capacités de scolarisation en général, et dans celle des filles en particulier, tandis que d autres expérimentent un progrès remarquable dans au moins un indicateur. En termes de taux d admission au primaire, on peut signaler la progression de la Mauritanie, du Sénégal et de la Guinée. Quant aux taux bruts de scolarisation, la Guinée, le Bénin, la Mauritanie, le Tchad, la Gambie et la Guinée-Bissau ont fait des efforts pour la scolarisation des filles en termes relatifs. La Mauritanie a également atteint cet objectif en 31
32 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal termes absolus. Quant à la rétention scolaire, les faibles taux de survie de certains pays signalent un problème important d abandon scolaire. Ces indicateurs nous donnent une première vision des problèmes de disparité entre les sexes, des améliorations intervenues dans ce domaine et des efforts restant à faire, surtout en termes d accès à l école et de rétention scolaire. Les données comparables au niveau international n étant pas toujours disponibles, il s agit ici d une introduction à partir de laquelle nous ne pouvons pas encore isoler les pays pour lesquels des réussites en termes de scolarisation de filles sont clairement identifiables, avec les exceptions que constituent la Mauritanie et le Sénégal. 3. Difficultés des pays les plus pauvres Cette introduction statistique nous a également permis d attirer l attention sur les pays rencontrant le plus de difficultés pour atteindre les objectifs de Dakar. Les pays avec des taux bruts de scolarisation dans le primaire inférieurs à 70 % en 1998 se trouvent tous en Afrique. La plupart de ces pays sont pauvres : un Produit intérieur brut (PIB) par habitant bas (autour de deux dollars par jour par personne) et stagnant, sauf exception, depuis de longues années notamment depuis le milieu des années 1980 (voir graphique 3). Les problèmes de financement de l éducation et d utilisation efficace des ressources sont pour beaucoup dans la stagnation des taux bruts de scolarisation pour les deux sexes et dans le maintien du retard dans la scolarisation féminine. Les filles sont particulièrement défavorisées dans des pays où l on peut s attendre à ce que les contraintes budgétaires touchent les populations les plus fragiles : populations rurales faisant souvent appel à la main-d œuvre enfantine, groupes marginaux urbains, minorités. Comme signalé plus haut, la scolarisation de ces populations risque d être plus coûteuse tout comme l augmentation de la qualité des enseignements et de la rétention scolaire en général. La réussite de l EPT s annonce difficile et longue dans ces pays. 32
33 Première évaluation statistique des années 1990 : des disparités qui persistent Graphique 3. PIB par habitant, , pour une sélection de pays avec des TBS du primaire inférieurs à 70 % en Burkina Faso Tchad PIB par habitant en dollars des EU (constants de 1995) Congo, Rép. Dém. Erythée Guinée Sierra Leone Djibouti Ethiopie Niger Source : Banque mondiale, 2000a. La section suivante analyse cinq pays se détachant des autres par leur progression remarquable dans au moins deux ou trois aspects importants de la scolarisation des filles et de la scolarisation en général (accès, rétention, qualité). À la Mauritanie et au Sénégal, pays identifiés dans l évaluation statistique précédente, s ajoutent la Tunisie, l Inde, et le Bangladesh. Pour tous ces pays, des indicateurs comparables et/ou des informations et des données complémentaires (rapports nationaux, études de cas, etc.) aussi bien que des informations concernant leurs politiques éducatives sont disponibles et particulièrement complets. Bien entendu, cette liste n est pas exhaustive. Ces pays représentent toutefois chacun un exemple pertinent de diverses 33
34 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal mesures ayant eu des résultats positifs dans des contextes différents. Le Sénégal a ainsi fait des progrès remarquables vers la parité dans l admission au primaire et dans le rendement scolaire à ce niveau d enseignement tout en ayant une politique financière d austérité. La Tunisie, quant à elle, a maintenu un niveau de dépenses d éducation très élevé pour soutenir l expansion et la rétention scolaires dans le primaire aussi bien que dans le secondaire. La Mauritanie a misé sur une grande expansion du réseau scolaire en zone rurale tandis que l Inde a mis l accent sur les mesures incitatives aux familles. Enfin, le Bangladesh a mis en place des politiques de discrimination positive en faveur des filles en suivant l exemple des actions menées par les ONG dans le cadre de l éducation non formelle. 34
35 Chapitre IV Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal 1. Mauritanie : grande expansion du réseau scolaire en zones rurales Pays du Sahel où le taux d analphabétisme des femmes est estimé à presque 60 %, la Mauritanie a présenté, tout au long des années 1990, une diminution significative des disparités entre les sexes pour les indicateurs touchant à l admission et à la scolarisation dans l enseignement primaire. Ainsi, entre 1990 et 1998, les taux bruts de scolarisation des filles sont passés de 41 à 84 % (voir graphique 4) et de 53 à 88 % pour les garçons, tandis que les taux bruts d admission dans le primaire ont augmenté de 50 à 84 % pour les filles et de 62 à 88 % pour les garçons durant la même période. Les facteurs ayant facilité une telle diminution des disparités entre les sexes et l augmentation générale de la scolarisation sont les suivants : La sédentarisation des populations nomades, qui constituent moins de 10 % de la population aux alentours de 1995 (pour une population d environ 2,5 millions d habitants) contre 73 % en Ce phénomène a beaucoup facilité la scolarisation en général : les taux brut de scolarisation du primaire sont passés de 15 % en 1970 à 75 % en La mise en œuvre d une politique publique engagée, qui a fait de l enseignement fondamental une priorité. L accent a été mis sur la réduction des disparités entre filles et garçons et sur celle entre zones rurales et urbaines. Le budget consacré à l éducation a sensiblement 35
36 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal augmenté dans les années 1980 (5,2 % du PIB en 1985). Lorsque, récemment, la part du PIB consacrée à l éducation a baissé (3,6 % du PIB en 1997), un arbitrage favorable à l enseignement fondamental a été exercé pour maintenir le niveau de dépense jusqu alors octroyé à ce type d enseignement. La part du budget consacrée au primaire est ainsi passée de 33 à 44 % de 1990 à 1998 (les données comprennent le préprimaire) tandis que les parts consacrées au secondaire et au supérieur sont passées respectivement de 38 à 29,5 % et de 28 % à 19 % pour la même période. Graphique 4. Mauritanie : TBS du primaire des filles, nombre d écoles et d enseignants, Nombre d écoles et d enseignants Écoles Enseignants TBS F TBS en % / / / / / / / / / /99 Source : Mauritanie, Pour simplifier la présentation des graphiques nous avons représenté ensemble des périodes quinquennales et des années simples. Le lecteur est convié à interpréter ces graphiques avec précaution. 36
37 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal L élargissement du réseau d écoles primaires, notamment dans les zones rurales, a été une des mesures les plus importantes, ayant comme conséquence le rapprochement de l école et des familles et la réduction des disparités rural/urbain (44 % de la population habite en zones rurales en Mauritanie). Le nombre d écoles primaires a plus que doublé (une partie d entre elles étant des écoles multigrades) entre 1990 et 1998, tandis que plus de salles de classe ont été construites et/ou réhabilitées (voir graphique 4). Dans certains cas, les collectivités locales ont participé à la construction de ces écoles. La principale conséquence de l élargissement du réseau scolaire est que, en 1999, la grande majorité des enfants scolarisés parcouraient moins de 3 km pour aller à l école (IIEP, 2002). L effectif des enseignants du primaire a doublé, environ 400 maîtres par an ayant été recrutés entre 1990 et 1998 (de à enseignants) (voir graphique 3). En outre, le niveau de qualification des enseignants s est en moyenne maintenu tout au long de la décennie (autour de 95 % des enseignants et 88 % des enseignantes ont les qualifications nationales requises pour enseigner dans le primaire). Selon les autorités nationales, l arabisation des enseignements prévoit, en général, un meilleur accueil du système éducatif par les familles. L arabisation permettrait un passage plus facile des étudiants de l école coranique à l école générale, notamment pour les filles. D ailleurs, depuis 1999, le gouvernement a pris la décision de passer d un système dual (système arabisant et système bilingue arabe/français) à un système unifié ayant l arabe comme langue principale Un des objectifs de la loi du 26 avril 1999 est de constituer un système éducatif avec une filière d enseignement unique. Cette mesure est supposée renforcer le niveau d apprentissage des élèves, améliorer l enseignement des langues et réduire le coût élevé d un système organisé autour de deux filières. Le système unifié doit se concrétiser, au niveau fondamental, par l utilisation de l arabe comme seule langue d enseignement en 1 re année et par l introduction du français à partir de la 2 e année. L enseignement du calcul est dispensé en français à partir de la 3 e année, de même que celui des sciences naturelles, à partir de la 5 e (Banque mondiale, 2001, p. 27). 37
38 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Enfin, le projet pilote «École amie des filles» mis en œuvre à Guidimagha, région rurale ayant des taux de scolarisation des filles très bas, comprend plusieurs mesures visant l attraction et la rétention des filles à l école. Ce projet est mené conjointement par le Programme alimentaire mondial (PAM) et l UNICEF. Parmi les mesures ciblant particulièrement les filles, notons : L introduction d un programme de nutrition (cantine pour les élèves), la possibilité de mieux s alimenter ayant une influence évidente sur le bien-être et le rendement des enfants. L installation de toilettes (spécialement pour les filles) et d eau courante, ces services augmentant le confort des élèves et agissant comme facteur incitatif à la scolarisation. L accès à l école pour tous les étudiants sans distinction d origine, y compris les enfants handicapés et les filles enceintes : selon les Nations Unies, en Mauritanie, une fille sur quatre est mariée dès l âge de 12 ans, une sur deux dès l âge de 14 ans et trois sur quatre à l âge de 17 ans. Les horaires flexibles pour s adapter aux responsabilités que les enfants ont en dehors de l école, notamment les tâches domestiques que les adolescentes doivent assumer traditionnellement. En général, la plupart de ces mesures ont permis d élargir l offre scolaire à un moindre coût et les taux de scolarisation ont, comme signalé plus haut, fortement augmenté, notamment pour les filles, grandes bénéficiaires de cet accroissement de l offre. Cependant, des aspects importants relatifs à la qualité et à la rétention scolaires restent à améliorer pour consolider la diminution sensible des disparités entre les sexes et entre les zones rurales et urbaines. Parmi les problèmes qui persistent figurent : La détérioration de la rétention des enfants à l école. Si les filles s inscrivent davantage à l école, beaucoup ne semblent pas finir leurs études (cela s applique également aux garçons). La survie scolaire des 38
39 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal enfants s est dégradée au cours des années Le pourcentage de la cohorte qui atteint la 5 e année est passée de 74 % en 1990 à 66 % en 1997 tandis que les taux moyens de redoublement se maintiennent à un niveau élevé, autour de 15 %. La scolarité incomplète. Le faible pourcentage d écoles couvrant les six années d études primaires (voir tableau 2) permet à peu d enfants de continuer leurs études à proximité de leur domicile. Excepté dans la capitale, la part de ce type d école dépasse rarement 40 %. Les filles sont probablement plus défavorisées par ce problème de distance entre école et domicile, surtout dans les zones rurales et/ou éloignées de la capitale. C est ce qu on peut en déduire des différences entre les taux bruts du primaire par région comme illustré dans le point suivant. Le maintien de disparités de genre au niveau régional. Selon les dernières données disponibles sur les régions de l intérieur du pays, le taux brut de scolarisation des filles dans le primaire est parfois inférieur de 15 points de pourcentage à celui des garçons (la différence moyenne nationale est de 4 points). Dans le Gorgol (Assaba) le TBS des filles est d environ 65 % contre 85 % pour les garçons. À Hodh Ech ces taux se situent autour de 75 % et de 88 % respectivement (Banque mondiale, 2002). Tableau 2. Mauritanie : nombre d écoles et d élèves selon le nombre d années d études offert, 1997 Écoles offrant Nombre d écoles Nombre d élèves 1 année d études années d études années d études années d études années d études Écoles complètes Total Source : Banque mondiale, 2001b. 39
40 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal La faible qualité de l enseignement. Le taux d encadrement (qui constitue un des indicateurs de la qualité disponibles), a été et reste toujours élevé en Mauritanie, se situant autour de 50 élèves par maître au cours de toute la période, avec une légère baisse en 1999 (46 élèves par maître). Cet élément peut jouer négativement sur la rétention scolaire. La fragilisation du statut des enseignants. La baisse du salaire réel des enseignants peut aussi avoir une incidence sur la motivation de ces derniers ainsi que sur la qualité de l enseignement. Les émoluments moyens d un enseignant du fondamental sont passés de 9,2 à 5,2 fois la valeur du PIB par habitant entre 1985 et 1998 (17,3 et 8,2 respectivement pour les émoluments d un enseignant du secondaire) (Banque mondiale, 2001b). Cette mesure s applique dans un contexte où le PIB par habitant stagne autour de 480 dollars des États-Unis (constants de 1995) depuis les années 1970, années où il a atteint sa valeur maximale. La baisse des salaires peut être considérée comme une mesure visant à compenser les restrictions budgétaires de l État. L objectif national d accroître régulièrement le budget de l enseignement fondamental de 9 % par an n a en effet pas pu être mis en œuvre (Mauritanie, 1999). Les faibles taux bruts de scolarisation dans l enseignement secondaire. Ces taux n ont en effet gagné que quelques points de pourcentage entre 1990 et 1998, passant de 14 à 18 %. À noter toutefois le progrès relatif des taux de scolarisation pour les filles qui passent de 9 % en 1990 à 15 % en 1998, face à ceux de garçons qui n augmentent que de 19 à 21 % pour la même période. Le premier cycle du secondaire faisant partie de l éducation de base, cette stagnation peut compromettre la réussite des objectifs de Dakar. La faible participation des filles dans le secondaire a conduit à la définition d un Projet pilote sur l éducation des filles dans quatre régions-cible en Mauritanie (Guidimakha, le Gorgol, l Assaba et le Brakna). Au Guidimakha, 40
41 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal par exemple, le taux de fréquentation des filles dans le secondaire est à peine de 5 %. Financé par le Fonds des Nations Unies pour le partenariat international (UNFIP), ce projet a comme objectif l amélioration de la scolarisation des filles dans le premier cycle de l enseignement secondaire. Ses caractéristiques, énumérées ci-dessous, répondent essentiellement au besoin de coordination entre les multiples acteurs qui agissent sur le terrain : (i) (ii) approche multisectorielle et intégrée : les différentes agences agissent en complémentarité sur les facteurs culturels, structurels, financiers ou sociologiques qui expliquent la faible scolarisation des filles ; approche comparative et décentralisée : création de comités de pilotage à l échelle nationale, régionale et locale où se retrouvent les partenaires gouvernementaux, de la société civile et des Nations Unies, ainsi que de comités villageois de gestion de l éducation, d associations de parents d élèves, d associations des mères éducatrices, d associations d élèves ; (iii) élaboration d un modèle d intervention pour l amélioration de la scolarisation des filles : ce modèle sera généralisable à l ensemble du pays ; (iv) projet conjoint : PNUD, UNICEF, FNUAP, OMS, ONUSIDA, FAO, PAM (Resident Coordinator s Annual Report, 2000). Ce projet ayant démarré en janvier 2001 et devant durer trois ans et demi, son impact n a pas encore été évalué. L analyse du cas de la Mauritanie soulève la question du lien entre les ressources consacrées à l éducation et le niveau et la qualité de l éducation. Les mesures liées à la situation d austérité économique et de contrainte budgétaire semblent expliquer, dans une grande mesure, la dégradation dans la rétention scolaire, les taux d encadrement élevés et la stagnation du secondaire. Les taux de survie scolaire à la 5 e année du primaire et les dépenses publiques totales d éducation en pourcentage du PIB entre 1985 et 1997 suivent une courbe parallèle (voir graphique 5) : un taux de survie d environ 41
42 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal 90 % lorsque les dépenses publiques étaient 5,2 % du PIB et un taux de 66 % lorsque les dépenses ont baissé jusqu à 3,6 %. Cette situation est particulièrement inquiétante compte tenu de l improbable augmentation du PIB, des recettes et des dépenses d éducation. En effet le niveau d endettement et de dépendance économique de la Mauritanie selon le PNUD, l Aide internationale pour le développement (APD) représentait plus d un quart du PNB en 1993 et celui de la stagnation des cours des produits à l exportation (pêche et fer) (PNUD, 1996) ne laissent prévoir aucune amélioration économique dans un avenir immédiat. Graphique 5. Mauritanie : taux de survie scolaire jusqu à la 5 e année du primaire et dépenses publiques totales d éducation en pourcentage du PIB, Taux de survie en % Taux de survie 5 e année (%) Dép. d éduc. en % PIB 6,0 5,5 5,0 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0,5 0,0 Dépenses d éducation en % du PIB 1985/ / / / / / / / /98 Source : Mauritanie, 1999 ; Banque mondiale, 2001b. 42
43 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Encadré 2. Mauritanie : autres politiques visant à un accroissement de la scolarisation et à une éducation de meilleure qualité Le gouvernement a mis en place un nombre important de mesures visant l augmentation de la scolarisation et de la rétention. Toutefois, l information nécessaire pour évaluer l impact de ces actions sur la scolarisation des filles n est pas toujours disponible. Il s agit de : la promotion de l école traditionnelle ; la modification des programmes scolaires, en mettant l accent sur les matières de base (langues, mathématiques et sciences) et sur le rapprochement de l éducation des aspirations culturelles ; l extension du système du multigrade en milieu rural et du double flux en zone urbaine ; l augmentation du nombre de cantines scolaires ; la fourniture de manuels scolaires à la majorité des élèves ; le développement de l enseignement pré-primaire ; l amélioration des capacités d organisation, de planification, de gestion et de contrôle des activités éducatives en assurant également une plus grande participation des parents au financement de l éducation ; la promotion des ressources humaines (amélioration de la formation continue du personnel pédagogique et d encadrement, mise à disposition de manuels scolaires et d autres supports didactiques). En 1998, 300 étudiants poursuivaient des études pour devenir enseignant ; parmi eux, 145 étaient des femmes et 280 suivaient la filière arabe ; le renforcement des capacités et des techniques de planification par la mise en place d une carte scolaire régionalisée (réduction des disparités régionales) ; la mise en place d un système d évaluation des compétences acquises par les élèves selon le sexe et la zone d origine. 43
44 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal 2. Tunisie : important soutien financier à l expansion et à la rétention scolaires Sur la base d un niveau de scolarisation plutôt élevé au début des années 1990 et de faibles taux d analphabétisme (11 % pour les femmes et 3 % pour les hommes, un tiers des parents en zone rurale étant analphabètes, surtout les mères), en Tunisie, la parité entre garçons et filles à l école est aujourd hui atteinte dans l enseignement primaire, aussi bien en termes de scolarisation que de rétention scolaire. Les disparités dans le secondaire ont aussi été résorbées. Le système scolaire tunisien a en outre atteint un taux net de scolarisation voisin de 100 % pour le primaire, ce qui indique la proche réussite d une partie importante des objectifs de Dakar. Les facteurs ayant rendu possible la quasi-disparition des inégalités entre les sexes et le fort niveau de scolarisation général sont les suivants : Engagement des pouvoirs publics dans le domaine de l éducation et effort financier soutenu tout au long de la période. Ces facteurs expliquent l essor de l enseignement fondamental en Tunisie et, en grande partie, la réduction des disparités entre les sexes et entre zones rurales et urbaines. Depuis les années 1970, la Tunisie a toujours consacré plus de 5 % de son produit national brut (PNB) aux dépenses publiques d éducation, ces dernières atteignant une valeur maximum d environ 7 % du PNB en 1997 (voir graphique 6). Le budget public de l éducation de la Tunisie a donc surmonté la crise généralisée de la fin des années 1970 (accompagnée de la baisse des taux de scolarisation en 1975). Il a en outre augmenté en termes absolus, le PIB par habitant étant passé d environ dollars en 1990 à près de en 1999 (dollars des États-Unis constants de 1995). Les efforts financiers ne sont toutefois pas toujours suffisants pour garantir l élimination des disparités dans la scolarisation. Par exemple, bien que partant d une disparité plus forte, avec 6 % du PIB consacré à l éducation, le Maroc a du mal à réduire significativement les écarts entre les sexes. Des politiques efficaces et adaptées sont nécessaires pour atteindre certains groupes-cibles. 44
45 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Graphique 6. Tunisie : TBS du primaire et du secondaire combinés féminins (1+2) et dépenses publiques totales d éducation en pourcentage du PNB, Dépenses d éducation en % du PIB Source : UNESCO, Dép. d éduc. en % PIB TBS F (1+2) Comme en Mauritanie, mise en oeuvre d une politique de rapprochement de l école des zones rurales, y compris celles les plus reculées (35 % des 9 millions de tunisiens habitent en zones rurales). Cette politique de renforcement et d extension du tissu scolaire a eu un effet indéniable sur la scolarisation des filles. En 1990, la différence entre les taux nets de scolarisation du primaire des garçons et des filles était de 7 points de pourcentage en faveur des premiers. En 2001, la différence est devenue négligeable (voir tableau 3) TBS F en % Amélioration remarquable de la rétention scolaire des filles dans l enseignement primaire. L expansion du réseau scolaire s est accompagnée de l amélioration de la qualité des enseignements, exprimée en termes de rétention scolaire. Ainsi, si en 1990 la différence entre les 45
46 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal taux féminin et masculin de survie scolaire à la 5 e année d études était de 14 points de pourcentage en faveur des garçons, elle s est entièrement estompée en 1998 (autour de 92 %). Réduction du taux d encadrement. L extension de la scolarisation s est faite en réduisant le taux d encadrement (de 39 à 23 élèves par maître dans le primaire entre 1990 et 1999). Ceci explique en partie le bon niveau de rétention scolaire. Deux aspects relatifs à la qualité de l enseignement restent toutefois à améliorer. Le pourcentage de redoublants reste relativement élevé : 20 % pour les garçons et 16 % pour les filles en En ce qui concerne les acquis scolaires, les disparités régionales entre zones urbaines et rurales demeurent relativement importantes : 74 % de réussite aux tests pour les élèves des écoles urbaines contre 65 % pour les élèves des écoles rurales. Du point de vue des différences selon le sexe, les scores sont meilleurs chez les garçons, avec 78 % de réussite contre 71 % chez les filles (voir encadré 3). Tableau 3. Tunisie : sélection d indicateurs de l enseignement primaire Indicateur Année M F M F IPS F/M Taux de survie à la 5 e année d études , ,02 Taux net de scolarisation , ,01 Taux d encadrement (nombre d élèves par enseignant) % d enseignantes IPS : Index de parité entre les sexes. Source : Tunisie, 2001 ; UNESCO,
47 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Féminisation du corps enseignant. En Tunisie, la participation et la rétention scolaires des filles se sont améliorées, et les femmes constituent aujourd hui 50 % des enseignants du primaire (voir graphique 7). Le lien entre les TBS chez les filles et les pourcentages d enseignantes dans le primaire laisse apparaître une certaine relation entre les deux indicateurs (voir graphique E, annexe 7). Cette dernière ne constitue toutefois pas un lien de cause à effet entre l augmentation de la scolarisation des filles et l accroissement du pourcentage d enseignantes. Le plus souvent, lorsque le corps enseignant est majoritairement composé d hommes, l accroissement du pourcentage de femmes enseignantes est parallèle au progrès dans l extension et dans la qualité du système éducatif en général. La féminisation du corps enseignant peut également être interprétée comme un signe de progrès de la position professionnelle des femmes dans la société. Graphique 7. Tunisie : TBS féminins et pourcentage d enseignantes dans le primaire, % d enseignantes % F TBS F TBS féminins, en % / / / / / / /99 Source : UNESCO,
48 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal La parité a aussi été atteinte dans l enseignement secondaire, dont on note parallèlement une forte expansion. Le taux brut de scolarisation du secondaire est passé de 45 à 73 % entre 1990 et Si la différence entre garçons et filles était de 10 points de pourcentage en 1990, elle est inexistante en On remarque par ailleurs que les filles s orientent d avantage vers les filières scientifiques et techniques (environ 38 % en 2000 contre 27 % en 1994). À la vue des estimations les plus récentes (1998), la parité a également été atteinte dans l enseignement supérieur, les taux bruts d inscription masculins et féminins se rejoignant à 17 % (en 1990 ces taux étaient de 7 % pour les femmes et de 10 % pour les hommes). Le niveau des dépenses publiques ayant été élevé et soutenu, l arbitrage en faveur de l enseignement secondaire dans la répartition du budget n a pas eu, a priori, de répercussions sur l enseignement primaire, le montant consacré à ce dernier étant demeuré constant. En termes relatifs, la part du budget allouée à ce secteur est passée de 40 % en 1990 à 35 % en 1998, tandis que pour le secondaire, elle a augmenté de 36 à 44 % au cours de la même période. Le financement des écoles assuré par le ministère de l Éducation a dû, par ailleurs, être complété par le support d autres entités locales publiques et privées. Le secteur privé scolarisait toutefois, en 1998, à peine 1 % du total des effectifs de l enseignement primaire et 8 % de ceux du secondaire. On note aussi une influence positive de la condition de la femme sur la scolarisation des filles. Les conditions sociales et économiques des femmes sont en effet positives en Tunisie, du moins en comparaison avec d autres pays. Le Code du statut personnel, promulgué en 1956, et régulièrement actualisé, oriente les réformes vers l égalité entre hommes et femmes. La polygamie, le mariage forcé ou la répudiation unilatérale ont ainsi été abolis. 48
49 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Ces acquis légaux ont leur prolongement dans le code du travail et dans la promotion des associations féminines. Les femmes occupent une place de plus en plus importante dans la vie publique avec, certes, des disparités régionales, socioculturelles et selon les systèmes de production. Elles représentent 11,5 % des membres de la Chambre des députés et environ 21 % des conseils municipaux (environ 12 % de l Assemblée nationale et 22 % des conseils municipaux en France). En 1994, elles comprenaient près de 24 % des magistrats, 22 % des avocats et 8,5 % des chefs d entreprise. Les femmes représentaient 33 % du corps enseignant à l université et environ 50 % des inscriptions, toutes filières du supérieur confondues. En 2000, la population féminine active constituait plus du quart de la population active totale. Il existe par ailleurs en Tunisie des programmes de création d emplois réservés aux femmes tels que le Programme de développement rural intégré (PDRI) ou des projets visant à faciliter la formation, le crédit et l organisation pour les femmes. L ensemble de ces facteurs socio-économiques joue dès lors aussi sur l essor de l éducation des filles en Tunisie. Encadré 3. Tunisie : autres politiques éducatives pour l éducation pour tous Les autorités tunisiennes considèrent aussi comme prioritaires les thèmes suivants, concernant chacun l éducation de base pour tous, et certains d entre eux plus particulièrement les filles : Développement et formalisation de formations professionnelles pour les filles : des formations initiales sont organisées par différents organismes (en général les centres relevant de l Union nationale de la femme tunisienne et les centres de la Jeune fille rurale). Ces derniers assurent la formation de près de jeunes filles par an et visent à faire acquérir aux jeunes filles des qualifications leur permettant de 49
50 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal s insérer dans la vie active, ainsi qu une éducation sociale destinée à leur faciliter l intégration dans leur environnement (modules de formation dans le domaine de la santé, de la puériculture, de l environnement et de la nutrition). Ces centres assurent aussi des modules de formation dans différentes spécialités agricoles et artisanales. Ces formations ne sont pas sanctionnées par des diplômes. Réduction des disparités régionales entre zones urbaines et rurales en termes d acquis scolaires : en effet, à partir des résultats de l enquête menée dans le cadre du projet «Suivi permanent des acquis scolaires», les responsables tunisiens ont observé que les résultats aux tests des élèves des écoles urbaines sont supérieurs à ceux des élèves des écoles rurales (74 % contre 65 %). Du point de vue du genre, filles et garçons ont un score proche mais toujours défavorable aux filles (71 % chez les filles pour 78 % pour les garçons). Amélioration de l accueil et de l environnement scolaires : le gouvernement considère qu il faut réduire les classes multigrades tout en maintenant un effectif normal dans chaque classe. Il est aussi question d augmenter les salles spécialisées, les salles polyvalentes et de renforcer l équipement pour un confort scolaire général (électricité, eau courante, toilettes, services de santé) et pédagogique (duplicateur, photocopieur, ordinateur, lecteur de cassettes). Amélioration de la qualité de l enseignement par la professionnalisation et la formation du personnel enseignant ainsi que par une meilleure supervision : le gouvernement considère qu il est prioritaire de développer et consolider le niveau de professionnalisation des directeurs d école, d améliorer la gestion de supervision des écoles et d assurer la formation continue des enseignants afin qu elle couvre toutes les zones et régions. Source : Tunisie,
51 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal 3. Inde : expansion de l offre scolaire et mesures incitatives destinées aux familles Deuxième pays le plus peuplé au monde, l Inde compte environ 1000 millions d habitants (2000), dont plus de 72 % habitent en zone rurale. Selon les estimations de l UNESCO pour l an 2000, le taux d analphabétisme s élève à environ 55 % pour les femmes contre 32 % pour les hommes de 15 ans ou plus. Le PIB par habitant se situe autour de 460 dollars en 2000 (Banque mondiale, 2001a). La part du PNB consacrée à l éducation est d environ 2,9 % en 1999 contre 3,9 % en La diversité des 32 États indiens (certains très peuplés) se traduit par une variété de situations concernant la scolarisation des filles, de politiques éducatives et, surtout, de projets ponctuels. C est pourquoi nous nous attarderons sur le cas de l État de l Uttar Pradesh ainsi que sur un projet mis en œuvre dans quatre districts de l État de Karnataka, dans le cadre du District Primary Education Program. Malgré les différences régionales, les informations quantitatives disponibles sur la mise en œuvre de mesures incitatives en termes de scolarisation des filles permettent d effectuer une première évaluation pour l ensemble du pays. En effet, bien qu il soit toujours difficile de distinguer les effets des mesures générales et ceux des mesures spécifiques, surtout dans un aussi grand pays, certaines tendances fortes peuvent être signalées. Les actions destinées à améliorer l éducation des filles existent en Inde depuis 1965, année marquée par la mise en place du projet de réforme du curriculum scolaire pour l adapter à l équité entre les sexes. Les résultats des recensements de 1971 et de 1981 ont ensuite mis en relief les efforts considérables qu il restait à faire en termes de scolarisation et d alphabétisme des filles et des femmes. Mis à part les politiques visant l accroissement de l offre scolaire, l Inde a donné priorité, surtout depuis la fin des années 1980, 51
52 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal aux mesures tendant à faire baisser les coûts directs de scolarisation que beaucoup de familles ne peuvent pas soutenir et à rendre l école et les enseignements plus attrayants et rassurants aux enfants et aux parents. Parmi ces mesures incitatives, il convient de noter : L octroi de bourses d assistance scolaire aux filles (cette mesure s applique également aux enfants des «scheduled» castes et des tribus). Au début des années 1990, les bourses d assistance ont été octroyées dans environ 5 % des écoles primaires, 11 % dans le premier cycle du secondaire et 12 % dans le deuxième cycle. Soixante-dix pour cent des filles bénéficiaires habitaient en zone rurale (Krishnan, 1994). L offre de déjeuners, d uniformes et de manuels gratuits. Toujours au début des années 1990, sur 113 millions d enfants inscrits au primaire et au premier cycle du secondaire, environ 20 %, 13 % et 27 % ont respectivement reçu, gratuitement, des déjeuners, des uniformes et des manuels. Plus de trois quarts des enfants qui ont bénéficié de ces mesures habitaient en zone rurale et environ la moitié étaient des filles. Développement de programmes d éveil de la petite enfance et réduction du coût d opportunité de la fréquentation scolaire des filles. Ces programmes libèrent les filles de la tâche de garder des enfants et aident les femmes qui travaillent et les groupes sociaux désavantagés en général. Les programmes pré-primaires formels sont cependant peu développés : le taux brut de pré-scolarisation en 1985 était de 3 %, étant seulement d environ 5 % en Si l on tient compte de tous les programmes d éveil de la petite enfance, les taux étaient de 10 % en 1990 et de 17 % en Le développement des programmes d éducation pour les adultes, dont les participants étaient pour 62 % des femmes (Inde, 1999). Ces programmes sont destinés à sensibiliser les adultes, notamment les mères, sur l importance 52
53 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal de l éducation de leurs filles. «Entreprendre une large sensibilisation des communautés afin des les inciter à une scolarisation plus importante des filles» est une des recommandations du Réseau Ouest et Centre Africain de recherche en éducation (ROCARE, 2002 : p. 7). En complément des mesures incitatives il convient également de noter : L accroissement du pourcentage de femmes enseignantes. Entre 1990 et 1997 le pourcentage de femmes enseignantes pour l ensemble du pays est passé de 29 % à 34 %. Il est toutefois important de signaler qu au début des années 1990, 56 % des enseignants de l enseignement primaire dans les villes étaient des femmes contre seulement 21 % en zone rurale, où la participation des filles à l école est la plus faible. Ce pourcentage descendait à 13 % dans le deuxième cycle du secondaire. La flexibilisation de l offre scolaire avec la promotion de l éducation non formelle pour les filles. Les centres d éducation non formelle pour les filles sont presque entièrement financés par l État. L éducation non formelle donne, en général, une opportunité de scolarisation aux enfants qui ne peuvent pas suivre l enseignement à plein temps. Les enfants qui travaillent, ceux des tribus habitant des zones désertes ou des quartiers urbains défavorisés sont les cibles visées par ce programme. Selon le recensement de 1991, plus de 11 millions d enfants de 5 à 14 ans travaillaient en Inde (environ 5 millions étaient des filles). Environ 91 % habitaient dans les zones rurales. Outre ces 11 millions, 7 millions d enfants exerçaient des travaux domestiques, dont 88 % étaient des filles. En 1997, l Inde comptait centres d éducation non formelle scolarisant environ 7 millions d enfants dans 21 États. Les gouvernements de l État administraient environ établissements et les ONG ou autres agences, le reste. Quarante-deux mille centres ont été créés durant les années 1990, dont 93 % sont consacrés exclusivement aux filles (pour une capacité de filles). Ces 53
54 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal programmes ont cependant été critiqués pour les problèmes de qualité et d équivalence qu ils posent (Krishnan, 1994). Le développement de la formation professionnelle pour les filles. Elle vise, entre autres, à faciliter l intégration des femmes et des filles dans le monde du travail. Selon quelques critiques, ces programmes ne sont pas toujours adaptés : certaines écoles requièrent des conditions d entrée empêchant l accès des femmes rurales pauvres ; en outre, les établissements se situent souvent dans des zones urbaines ou semiurbaines (Krishnan, 1994). L impact de ces mesures et de ces programmes peut s évaluer, du moins dans un premier temps, grâce aux indicateurs de la scolarisation par sexe disponibles pour la période allant de 1985 à la fin des années 1990, soit avant et après le développement de ces politiques : Les taux bruts de scolarisation du primaire pour les filles ont progressé de 13 points de pourcentage tout au long de la période, passant de 80 % en 1985 à 93 % en Les taux bruts d admission au primaire étaient d environ 120 % en 1994 pour les deux sexes, de 114 % pour les filles et de 137 % pour les garçons. Cette différence était légèrement inférieure en 1998 (environ 120 % pour les filles et 140 % pour les garçons). Les taux bruts de scolarisation du secondaire pour les filles ont progressé relativement plus vite que ceux du primaire pour la même période, passant de 26 % en 1985 à 39 % en Les taux masculins ont gagné 11 points de pourcentage entre les deux mêmes années (de 48 à 59 %). La distance entre les taux bruts de scolarisation du primaire et du secondaire combinés pour les filles et les garçons s est raccourcie, mais persiste toujours (voir graphique 8). L IPS est passé de 0,57 en 1970 à 0,77 en 1996, ce dernier étant toujours assez loin de l unité. 54
55 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Le taux de survie à la 5 e année d études du primaire était d environ 57 % en 1998 pour les filles et d environ 62 % pour les garçons, indiquant une proche parité dans ce domaine (Inde, 1999). Toutefois, ces faibles niveaux de rétention scolaire témoignent des efforts à faire en termes de rendement scolaire et de qualité des enseignements. Graphique 8. Inde : TBS dans les enseignements primaire et secondaire combinés (1+2) par sexe, En % Source : UNESCO, TBS M 1+-2 TBS F Comme signalé plus haut, la diversité des 32 États indiens se traduit par une variété de politiques éducatives. L État de l Uttar Pradesh s est détaché par les progrès remarquables qu il a accomplis dans le domaine de la scolarisation des filles. Dans cet État, dont 80 % des 160 millions d habitants résident en zone rurale, le pourcentage de filles dans le primaire est passé de 34 % à 46 % entre 1990 et 2000 (voir les chiffres absolus des enfants scolarisés, graphique 9). Les taux bruts de scolarisation se situent 55
56 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal actuellement autour de 100 % pour les deux sexes, alors qu ils étaient de 50 % pour les filles et de 82 % pour les garçons (sources et calculs nationaux) en Graphique 9. Uttar Pradesh : nombre de garçons et de filles dans l enseignement primaire et secondaire, GarçonsP Filles P Garçons S Filles S Source : Uttar Pradesh, Les informations disponibles sur les politiques mises en œuvre par l État concernent essentiellement l offre scolaire. Une première évaluation des mesures incitatives destinées aux familles peut également être effectuée à partir d un projet financé par la Banque mondiale. Les principaux facteurs de la scolarisation sont : L engagement de l État. Les progrès de la scolarisation sont, ici encore, liés à un engagement particulièrement fort de l État en matière d éducation : environ 90 % des écoles primaires sont publiques et le 56
57 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal budget public alloué à l enseignement élémentaire (exprimé en monnaie courante) a quasiment triplé entre 1990 et L extension et l amélioration du réseau scolaire. Le nombre d écoles primaires a augmenté à un rythme de presque 700 établissements par an entre 1990 et Cette augmentation s est faite par le rapprochement des écoles des domiciles, les écoles se trouvant à présent, en principe, à moins de 1 km et demi des habitations (83 % dans l ensemble du pays, enquête de 1993). Environ 92 % de ces écoles disposent de l eau potable, améliorant ainsi les conditions sanitaires et le confort des élèves. Le renforcement de l offre scolaire par l éducation non formelle. L Uttar Pradesh, avec quatre autres États indiens (Bihar, Andhra Pradesh, Madhya Pradesh et Orissa), concentre environ 81 % des centres d éducation non formelle du pays (sur un total de presque centres). L approche participative et la décentralisation de la gestion de l éducation de base. L État a promu l approche participative pour encourager l engagement des communautés au sein de l école. Les parents étant parfois réticents à scolariser leurs filles au-delà d un certain niveau d enseignement, l engagement des familles dans le fonctionnement de l école a pu contribuer à améliorer la scolarisation féminine. Les «Village education committees» sont autorisés à engager des «paraenseignants» et disposent d un budget pour les rémunérer. Ils se chargent en outre de la construction et de la réparation des écoles. Ces comités assurent la bonne gestion, le développement et la performance des écoles. Des mesures incitatives pour la scolarisation féminine (ainsi que pour d autres groupes désavantagés). La première évaluation d un projet de la Banque mondiale mis en œuvre dans 42 districts de l Uttar Pradesh montre qu entre 1991 et 1997, le nombre d enfants inscrits dans les écoles primaires a augmenté de 32 %, alors que dans les autres districts 57
58 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal de l État, l accroissement n était que de 22 %. L augmentation de la participation des filles est sensiblement supérieure à celle de la participation des garçons. Ces résultats peuvent être mis en relation avec plusieurs mesures qui ont probablement un impact sur la scolarisation des filles : l installation de toilettes et de l eau courante au moment de la construction et/ou de la réhabilitation des écoles et des classes (le manque d installations de base affectent le bien-être et le rendement des élèves). l introduction d un programme de santé à l école : la maladie est en effet une des causes principales de l absentéisme, de la mauvaise performance, voire même du redoublement et des abandons scolaires. La qualité de l enseignement est certainement un des domaines qu il reste à améliorer dans cet État comme les indicateurs disponibles en témoignent : Un taux d encadrement très élevé (60 élèves par enseignant). Un taux aussi fort peut expliquer, en partie, les faibles taux de survie à la 5 e année d études dans cet État. En outre, le pourcentage de femmes enseignantes reste faible (24 %), ce qui n encourage probablement pas la rétention scolaire des filles. Rétention scolaire très faible. En 1997, le taux de survie à la 5 e année d études du primaire était en effet particulièrement bas pour les filles (environ 20 %). Il était de 26 % pour les garçons (Inde, 1999). Absentéisme des enseignants. Selon une étude sur les écoles primaires non assistées, non reconnues (NANR) de trois villages de l Uttar Pradesh (Maithana Inder Singh, Khanauda et Uldiypur), la mauvaise qualité d une partie de l enseignement public expliquerait la désaffection des parents, 58
59 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal surtout de ceux pouvant payer l école privée (entre 10 et 15 fois plus chère que l école publique). L absentéisme des enseignants et leur manque d intérêt seraient alors en question. La relation entre la création des écoles NANR et les politiques publiques reste toutefois à approfondir. Il est, en outre, difficile d avoir des informations précises sur ces écoles. Il n y a pas de données sur l inscription dans ces écoles, exceptées celles sur les élèves passant les examens, et ce, uniquement lorsque les directeurs s arrangent pour que ces derniers apparaissent sur les listes des écoles publiques (Singh, 1998). L expansion de l enseignement secondaire est aussi un défi, surtout dans un État nettement rural. Le secondaire a été promu au cours des dix dernières années (voir graphique 9), même si ce niveau d enseignement reste minoritaire. On peut signaler : La distance entre les établissements scolaires et les domiciles, qui ne facilite pas l accès des étudiants au secondaire. En 1993, environ 21 % des écoles secondaires (upper primary) étaient à plus de 3 km des habitations (24 % pour l ensemble du pays, enquête de 1993). Des efforts sur ce terrain restent donc nécessaires, du moins dans le premier cycle du secondaire qui complète l éducation de base. Cela peut supposer de nouveaux choix financiers et une politique plus adaptée aux problèmes d assistance scolaire des adolescentes. Pour conclure cette section consacrée à l Inde, nous nous attarderons sur le cas d un projet mis en œuvre en 1994 dans quatre districts de l État de Karnataka (sept districts depuis 1997), dans le cadre du District Primary Education Program (dont environ 60 millions d enfants bénéficient actuellement dans l ensemble du pays). Ce projet porte notamment sur le développement intégré de l éducation formelle, l éducation non formelle et l éducation des adultes. Il a eu des conséquences notables sur la scolarisation, en général, et sur celle des filles en particulier, parmi lesquelles l augmentation 59
60 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal de 7,5 % des inscriptions dans le primaire dans les sept districts ciblés (tandis qu elle augmentait de 1,3 % pour l ensemble du pays) et l accroissement de la scolarisation des filles (elle aussi supérieure à la moyenne nationale). Trois mesures de ce programme peuvent expliquer ces réalisations : les établissements d éducation non formelle des enfants de 6 à 16 ans non scolarisés ou déscolarisés ont davantage orienté leurs programmes et horaires vers les besoins spécifiques des filles. les efforts d alphabétisation des adultes se sont dirigés en priorité (ou parfois uniquement) vers les femmes. Il importe de signaler qu environ une femme sur trois est analphabète en Inde contre un homme sur cinq. L accent a été mis sur l éducation à la santé, sur la prise de conscience des mères au sujet de l éducation de leurs enfants ainsi que sur la réduction des inégalités entre filles et garçons. des crèches et des classes d enseignement préscolaire ont été créées pour les enfants dont l âge est inférieur à 6 ans, ce qui permet aux mères de travailler et aux filles d être libérées de la surveillance de leurs frères et sœurs. 4. Bangladesh : l apport des politiques des ONG à l éducation non formelle Au Bangladesh, grand pays du sud-est asiatique d une population d environ 128 millions d habitants, le PIB par habitant se situait autour de 370 dollars des États-Unis en 1999, chaque individu disposant d un dollar par jour en moyenne pour vivre. Le pourcentage de la population rurale (76 %) est l un des plus élevés au monde. De l ordre de 2,4 % en 1999, la part du PNB consacrée à l éducation est l une des plus basses. La différence entre les taux estimés d analphabétisme féminin et masculin est d environ 20 points de pourcentage, se situant autour de 40 % pour les hommes et de 60 % pour les femmes. Toutefois, malgré ce contexte, un accroissement sensible de la scolarisation des filles s est produit au Bangladesh. On a ainsi assisté : 60
61 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal à une augmentation des taux bruts de scolarisation du primaire (33 points de pourcentage en 13 ans) et à une progression dans la parité entre les sexes (voir graphique 10), les taux bruts de scolarisation s élevant à près de 100 % pour les garçons comme pour les filles (Bangladesh, 1999). au développement de la capacité du système scolaire à retenir et à faire progresser tous les enfants sans grandes disparités. Les taux de survie scolaire à la 5 e année du primaire pour garçons et filles sont actuellement très proches (environ 69 et 67 % respectivement en 1998), même s ils demeurent, avec le taux de finalisation du primaire (62 %), relativement bas. Graphique 10. Bangladesh : TBS dans l enseignement primaire par sexe, En % TBS M TBS F Source : Banque mondiale,
62 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal L engagement de l État et l expansion de l enseignement public ont été fortement secondés par l apport des écoles non formelles. Ces dernières ont beaucoup compté dans l essor de la scolarisation, particulièrement dans celui des filles, par leurs programmes de scolarisation, ainsi que par l innovation des politiques mises en œuvre, souvent reprises par les pouvoirs publics. En comparaison avec d autres pays, l expansion et la politique des écoles non formelles ont été répertoriées au Bangladesh et leur apport à l enseignement dans le pays a fait l objet d une évaluation (Mushtaque, 2002) 5. Cette étude présente les résultats suivants : Un tiers des enfants sont scolarisés dans les écoles religieuses, privées ou dans les écoles d éducation non formelle ; 12 % le sont dans les écoles privées ; 8,5 %, dans les institutions non formelles gérées par les ONG ; 6 % dans les Madrassas et 1,3 % dans les Ebtadayees. Parmi les écoles gérées par les ONG, 76 % l étaient par le Bangladesh Rural Advancement Commitee (BRAC). Un progrès vers la parité dans l inscription. L enquête de l Education Watch confirme les taux bruts de scolarisation calculés par le Ministère (environ 100 % pour les garçons et les filles). Les taux nets de scolarisation se situeraient autour de 77 %, révélant qu une partie importante d enfants de 6-10 ans ne fréquente pas l école primaire et qu un quart des enfants scolarisés sont plus âgés. Du point de vue de la distribution rurale/urbaine, les écoles publiques sont plus nombreuses dans les zones rurales. Si les taux bruts sont supérieurs dans les zones rurales, les taux nets le sont dans les zones urbaines. Le retard scolaire est donc plus prononcé dans les zones rurales. 5. Cette évaluation a été faite à partir d une enquête de l Education Watch. L Education Watch est le secrétariat du Campaign for Popular Education (CAMPE) qui représente plus de 400 ONG et qui est mis en œuvre par le Bangladesh Rural Advancement Commitee (BRAC). Le BRAC a commencé ses activités dans le domaine de l éducation non formelle en
63 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Un million d enfants ont été scolarisés par le BRAC, avec une priorité pour les populations pauvres et les femmes. Le taux de rendement scolaire est également élevé : en général, 85 % des élèves du primaire complètent les trois ans de formation et 84 % d entre eux poursuivent leurs études jusqu à la 6 e année d études. Le BRAC gère aussi le Basic Education for Older Children (BEOC) dont le but est de donner une deuxième chance aux enfants, spécialement aux filles, qui n ont pas eu l opportunité de participer à l enseignement primaire à l âge officiel. Enfin, toujours selon l analyse des données de l enquête, il semblerait que la scolarisation soit liée au statut socio-économique des parents et au niveau d éducation de la mère. Comme signalé plus haut, cet essor est le résultat d une politique gouvernementale engagée et du succès des mesures mises en œuvre par les ONG, particulièrement par le BRAC. Les mesures suivantes peuvent être remarquées : Politique de discrimination positive pour les filles (70 % des enfants scolarisés par le BRAC sont des filles). Horaires flexibles et adaptés au travail rural. Féminisation du corps enseignant : environ 97 % des enseignants sont de femmes et résident dans le village où l école est implantée. Quant aux politiques publiques en matière d éducation de base et de scolarisation féminine, on peut noter l influence de la politique de discrimination positive lancée par les ONG dans les actions menées par l État : L enseignement gratuit pour les filles jusqu à la 8 e année d études (enseignement de base). L enseignement primaire est obligatoire et gratuit pour tous les enfants. 63
64 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal La réception, par les écoles, d une petite contribution pour chaque fille scolarisée. La gratuité de l enseignement secondaire pour les filles en zone rurale. L octroi de bourses aux filles poursuivant l école secondaire (7,8 millions de filles en ont bénéficié en 1999). La mise en place du programme Food for education destiné aux enfants des familles pauvres et/ou défavorisées. Plus de deux millions d enfants en ont déjà bénéficié (voir encadré 4). Des facilités pour permettre aux enfants ne pouvant fréquenter les écoles formelles d aller dans les écoles non formelles. L élimination des concepts discriminatoires dans le curriculum. Encadré 4. Bangladesh : le programme Food for education Objectif : La nourriture donnée aux familles pauvres devient un revenu permettant aux parents de libérer leurs enfants des tâches économiques et de les envoyer à l école. Cette mesure joue aussi positivement sur le rendement des enfants à l école et, indirectement, sur la qualité de l éducation. Principe : La famille reçoit 15 kg de blé ou 12 kg de riz par mois si un enfant est dans le programme (20 et 16 kg respectivement pour plusieurs enfants). Bénéficiaires : Familles avec des revenus bas, où le chef de famille est une femme seule en difficulté, un travailleur journalier ou un agriculteur sans terre. La famille ne doit pas bénéficier d autres programmes à l attention des pauvres. Selon une enquête, dans environ 5 % des familles bénéficiaires, le chef de famille était une femme veuve en difficulté ; dans 46 %, un travailleur journalier ; dans 33 %, un professionnel avec un faible revenu et dans 18 %, un travailleur sans terre. 64
65 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Étendue : Plus de deux millions d enfants bénéficient de cette mesure ( écoles primaires). Impact quantitatif : 1. Le taux brut de scolarisation est passé, entre 1993 et 1998, de 119 % à 131 % dans les écoles du programme, contre 113 % pour les autres écoles en Les taux d assistance sont passés de 71 % en 1993 à 82 % en 1998, contre 72 % pour les autres écoles en Le taux d abandon scolaire est de 1 % dans les écoles du programme et de 6 % pour les autres. 4. Le taux de redoublement est de 1 % dans les écoles du programme et d environ 5 % pour les autres. Impact qualitatif : 1. Selon une enquête effectuée sur un échantillon des écoles ciblées, l attitude des apprenants face aux enseignements s est améliorée avec le programme. 2. De même pour l amélioration de l assistance, environ 6 % des enfants interviewés ont déclaré qu ils quitteraient l école si le programme s arrêtait. 3. Le travail des enfants a diminué. Source : Bangladesh, En général, ces mesures d aide à la scolarisation des filles visent en particulier les populations les plus défavorisées, comme celles habitant en zone rurale ou les groupes sociaux les plus pauvres. En revanche, d autres domaines tels que la qualité de l éducation et le progrès de l enseignement secondaire nécessitent de mesures plus efficaces et des ressources supplémentaires. En effet : 65
66 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal La participation des filles à l enseignement secondaire reste très faible. Le taux brut du secondaire était de 13 % pour les filles contre un TBS de 24 % pour les garçons en Le progrès pour les filles est de seulement un point de pourcentage depuis 1985 (18 %) tandis que les garçons ont perdu deux points au cours de la même période (26 % en 1985) (Banque mondiale, 2002). La qualité de l éducation est à améliorer. La qualité de l éducation est un facteur nécessitant également des efforts supplémentaires, compte tenu des taux de survie scolaire relativement faibles (68 %) et du taux d encadrement élevé. En 1991, il y avait en moyenne un enseignant pour 61 élèves. Selon les dernières données disponibles (1998), en moyenne, 59 élèves se partagent le même maître. Dans l école publique, le taux est encore plus élevé : 76 élèves par maître (Bangladesh, 1999). Des ressources financières supplémentaires pour l éducation sont nécessaires dans un contexte où plus de 90 % des ressources sont déjà consacrés aux enseignements primaire et secondaire (la part de l enseignement supérieur est extrêmement basse, environ 8 % en 1996). L aspect financier risque d être un facteur central dans les années à venir pour améliorer la qualité de l éducation et développer le secondaire, niveau d enseignement en général plus coûteux que le primaire. Mesuré en pourcentage du PNB, le niveau des dépenses publiques d éducation est relativement bas au Bangladesh (moins de 2,5 %). Bien que lentement, ce pourcentage a toutefois augmenté depuis les années L accroissement du PIB et du PIB par habitant a également favorisé l augmentation du volume des ressources consacrées à l éducation (voir graphique 11). Reste à savoir si ce niveau de dépense permettra de développer un enseignement de base (primaire et deuxième cycle du secondaire) obligatoire, gratuit et de meilleure qualité pour tous dans un futur proche. 66
67 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Graphique 11. Bangladesh : PIB par habitant et dépenses publiques d éducation en % du PNB, ,5 400 Dépenses d éducation en % du PNB 2 1,5 1 0, Source : UNESCO, 1999 ; Banque mondiale, 2001a. Dép. d éduc. en % PNB PIB par habitant Sénégal : parité dans l admission à l enseignement primaire et dans le rendement scolaire PIB en dollars EU (constants 1995) Pays le plus occidental de l Afrique continentale, le Sénégal avait en 1999 une population de 9 millions d habitants, rurale à 53 %. Le taux estimé d analphabétisme était de 58 % pour les femmes et de 40 % pour les hommes. Le PIB par habitant était de 591 dollars en En termes de scolarisation, le Sénégal s est distingué par un fort accroissement des taux bruts d admission (TBA) à l enseignement primaire des filles et de tous les enfants, en général, au cours de la dernière décennie. 67
68 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal D autres indicateurs de l éducation montrent une diminution des disparités dans la survie scolaire et, de façon moins prononcée, dans la scolarisation dans le primaire. De façon contrastée avec la Mauritanie, ce sont dans les domaines de l admission et de la rétention scolaires que le Sénégal a fait les plus grands progrès, en termes d expansion aussi bien qu en termes de parité entre les sexes. L évolution des principaux indicateurs de la scolarisation des filles et garçons a été la suivante : Progrès et parité dans les taux bruts d admission (TBA) à l enseignement primaire. Ces taux sont passés de 45 à 67 % et la différence entre les sexes est tombée de 15 points de pourcentage à 7 points entre 1990 et 1997 (voir graphique 12). En effet, les TBA des filles sont passés de 38 à 63 % au cours de la période, ce qui laisse prévoir une plus grande participation scolaire des filles dans les années à venir. Progrès des taux bruts et nets de scolarisation mais parité plus mitigée. Les TBS du primaire sont passés de 59 à 70 % entre 1990 et Le progrès en termes de parité entre les sexes reste relativement modeste. L IPS a augmenté de 0,75 à 0,83 entre 1990 et 1998 (voir graphique 12). Les taux nets de scolarisation ont également augmenté de 48 à 59 % au cours de la même période. Cette augmentation est de 13 points de pourcentage pour les filles et de 9 points pour les garçons. 68
69 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Graphique 12. Sénégal : TBA au primaire et TBS du primaire par sexe, En % IPS : 0,66 IPS : 0, IPS : 0,64 IPS : 0,74 IPS : 0, TBA M TBA F TBS M TBS F Source : UNESCO, 1999 ; UIS, Rétention scolaire élevée pour les deux sexes. La rétention scolaire dans le primaire au Sénégal est l une des plus élevées de la région. Le taux de survie à la 5 e année d études du primaire pour les deux sexes était déjà de 87 % en 1996 (89 % pour les garçons et 85 % pour les filles). Toujours dans le domaine du rendement scolaire, les pourcentages de redoublants se situent autour de 14 % pour les garçons comme pour les filles, valeur relativement modérée pour la région. Les mesures pouvant expliquer ces progrès ou les ayant accompagnés sont : Expansion du réseau et de l offre scolaires. Le nombre d écoles et d enseignants du primaire a presque doublé durant une période de douze ans, permettant aux inscriptions de doubler elles aussi et au taux d encadrement de rattraper pour la première fois le niveau de 1985, c est-à-dire moins de 50 élèves par maître en 1998 (voir graphique 13). 69
70 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Graphique 13. Sénégal : nombre d écoles et d enseignants et taux d encadrement dans le primaire, Nombre d écoles et d enseignants Écoles Enseignants Taux d encadrement Taux d encadrement 1985/ / / / / / / / / /99 Source : UNESCO, 1999 ; UIS, Expansion à moindre coût (baisse du salaire des enseignants). Compte tenu des restrictions budgétaires, l État a recruté plus d instituteurs adjoints et une nouvelle catégorie d enseignants (les volontaires), dont le coût est plus réduit. Ce sont des enseignants contractuels recrutés localement pour une période limitée (pas plus de quatre ans), avec un niveau de salaire de 40 % inférieur à celui des instituteurs adjoints et avec une couverture sociale plus restreinte (salaire correspondant à 1,9 fois la valeur du PIB par habitant contre environ 6 fois pour les instituteurs adjoints). Après de longues négociations, les conditions d emploi ont été améliorées, le coût annuel de cette catégorie d enseignants représentant aujourd hui environ 3,5 fois la valeur du PIB par habitant (Minguat, 2002). Ces mesures ont vraisemblablement permis 70
71 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal de diminuer le taux d encadrement de 59 élèves par maître en 1991 à 49 en Expansion des structures non formelles d éducation et d alphabétisation. Le nombre d inscrits dans ce type d enseignement a augmenté. Sur environ apprenants inscrits dans ce type de programme, plus de 80 % étaient de femmes (Sénégal, 1999). Développement des services fournis par l école. Les autorités ont renforcé le volet de l éducation nutritionnelle et sanitaire notamment par la restructuration et l équipement des inspections médico-scolaires ainsi que par le renforcement des moyens et du fonctionnement des cantines scolaires. L approvisionnement en eau, le développement de l hygiène à l école, l amélioration de l alimentation et le soutien en matériel didactique pour les enfants dans les écoles situées dans les zones pauvres sont supposés favoriser la scolarisation des enfants des milieux démunis et défavorisés, plus particulièrement celle des filles. Adaptation du programme scolaire aux cultures locales. Mise en place de l enseignement des langues nationales et élaboration de manuels scolaires dans le cadre de la réforme du système éducatif. Sensibilisation à la scolarisation des filles. Plusieurs campagnes de mobilisation et de sensibilisation en faveur de la scolarisation des filles ont été mises en œuvre, notamment en Amélioration des modalités d encadrement et d assistance pédagogiques. Les autorités sénégalaises ont commencé à mettre en place un dispositif pédagogique basé sur l encadrement des élèves permettant la réduction des taux de redoublement en général, et chez les filles en particulier. Son efficacité n a pas encore été évaluée. 71
72 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Au Sénégal, comme c était le cas dans les autres pays analysés (sauf la Tunisie), les progrès certains dans l enseignement primaire sont en contraste avec les progrès plus lents, voire la stagnation, du secondaire. La diminution en valeur absolue du montant des dépenses publiques d éducation est un début d explication de cette situation. On a ainsi assisté à : Une stagnation de la participation dans l enseignement secondaire. La participation dans ce niveau d enseignement est l une des plus basses de la région. Le taux brut de scolarisation du secondaire est de 17 % en Entre 1990 et 1998 cet indicateur n a gagné qu un point de pourcentage, passant de 16 à 17 % (voir graphique 14). Cette très légère augmentation est due aux deux points de pourcentage «gagnés» par les filles (de 11 à 13 % contre un taux de 21 % pour les garçons pour les deux années observées). Graphique 14. Sénégal : TBS dans l enseignement secondaire par sexe, En % TBS M TBS F Source : UNESCO, 1999 ; UIS,
73 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Un niveau de dépenses publiques relativement bas. Les dépenses publiques en pourcentage du PIB tournent autour de 4 % depuis les années 1970 (voir graphique 15) et se situaient en 1998 autour de 3,4 %. En termes absolus, les dépenses d éducation ont diminué de 13 % entre 1992 et 1998 (Sénégal, 1999). La distribution des dépenses par niveau d enseignement s est maintenue : ainsi, près de 43 % des dépenses ordinaires sont consacrés au primaire (UIS, 2001). Les restrictions financières ont eu comme conséquence l augmentation du secteur privé : 12 % et 28 % des effectifs du primaire et du secondaire respectivement fréquentent des établissements gérés par le secteur privé. Cependant, ces pourcentages étant élevés, la baisse des ressources publiques consacrées à l éducation ne pourra pas être longtemps compensée par l accroissement du secteur privé. La capacité des familles à financer un enseignement privé risque, en effet, de trouver des limites (voir point suivant). Une augmentation du coût direct de l éducation pour les familles. Au cours de la décennie, la diminution des dépenses publiques a entraîné l augmentation de la part du coût de l éducation prise en charge par les familles. Entre 1992 et 1998, la contribution des ménages aux dépenses d éducation constitue en moyenne 7,2 % du total des dépenses. Cette contribution consiste essentiellement en des dépenses telles que les droits d inscription, les frais scolaires et de transport et l achat de manuels et de fournitures scolaires. En contraste, l effort global des collectivités locales dans le financement de l éducation ne représente, pour la période considérée, qu une proportion moyenne de 1,1 % des dépenses totales d éducation. 73
74 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Graphique 15. Sénégal : dépenses publiques totales d éducation en pourcentage du PIB, ,0 4,0 3,0 2,0 1, En % Source : UNESCO, 1999 ; UIS, Une augmentation de la contribution de l aide internationale au développement (APD) consacrée à l éducation. La diminution des dépenses publiques s est également accompagnée de l augmentation de l aide internationale. En 1994, année de la dévaluation du franc CFA, la part de l État dans le financement de l éducation est, pour la première fois, tombée en deçà de 75 % (de 81 % à 73 %), tandis que celle de l APD dans le pays a atteint son plus haut niveau, soit 20 % du financement de l enseignement public. Pour la période , le financement extérieur de l éducation a donc progressé au taux moyen de 8,8 % par an. Ce financement est pour l essentiel (81,7 %) destiné aux dépenses de fonctionnement (bourses et salaires des coopérants). L APD est aussi, après l État, la première source de financement des dépenses d investissement auxquelles 18,3 % de son volume global en moyenne est consacré. 74
75 Impact des politiques de scolarisation des filles en Mauritanie, en Tunisie, en Inde, au Bangladesh et au Sénégal Le début de stagnation des taux bruts d admission à l enseignement primaire, la très lente progression des taux bruts du secondaire et la baisse de la part du PIB consacrée à l éducation font craindre l apparition, dans les années à venir, de difficultés pour atteindre l éducation de base pour tous ou la dépendance de cette dernière des ménages et, surtout, de l aide internationale. C est en partie le problème qui commence à se poser en Mauritanie et dans les pays à faible revenu en général, notamment dans ceux ayant des TBS du primaire bas et dont le PIB par habitant stagne (voir graphique 3). 75
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77 Chapitre V Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus prometteuses pour la scolarisation des filles 1. Quelques conclusions générales Préalablement à la récapitulation des mesures les plus porteuses relevées dans les pays sélectionnés, quelques conclusions générales s imposent sur la disponibilité d informations pertinentes pour l évaluation, sur l efficacité en termes de scolarisation féminine des mesures visant l éducation de base en général et sur le poids négatif prévisible des contraintes budgétaires sur l amélioration du rendement scolaire et sur l expansion de l enseignement secondaire. Besoin d information quantitative et qualitative pour une mesure plus précise de l impact des différentes politiques Une première conclusion de cette étude est que les données et les informations nécessaires à l évaluation des mesures visant la scolarisation des filles ne sont pas toujours disponibles ou adéquates (données non réparties par groupe socioprofessionnel, par région, par type d école, selon les services disponibles dans les écoles, etc.). Cela est particulièrement vrai lorsque l on essaie d évaluer l impact des mesures incitatives. En général, les informations disponibles permettent d établir plus facilement des relations entre l amélioration de la scolarisation et les mesures visant l augmentation de l offre scolaire. Les indicateurs mesurant l expansion du réseau scolaire, les taux 77
78 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal d encadrement ou les pourcentages d enseignantes sont souvent disponibles, ce qui permet de les comparer directement aux taux d admission, de participation et de survie scolaires. En contraste, les données sur le nombre de bourses scolaires octroyées aux filles habitant en zone rurale, mesure incitative par excellence, sont, en général, plus difficiles à obtenir. Il est aussi essentiel de disposer de données plus détaillées sur les dépenses d éducation (par étudiant, par habitant), ces dernières étant souvent fortement liées à la scolarisation (Colclough, 1994 : p. 4). Les mesures générales visant l éducation de base pour tous profitent aux filles et à d autres groupes défavorisés Les mesures mises en œuvre au cours des années 1990 visant l éducation pour tous ont eu, en général, un fort impact sur tous les groupes défavorisés, y compris celui des filles. Les premiers bénéficiaires de la diminution de la distance école/famille, de l augmentation des ressources allouées à l enseignement, de la diminution du taux d encadrement ou de la gratuité de l enseignement sont souvent les groupes défavorisés, les populations rurales pauvres, les marginaux urbains et les filles en général. Cela n exclut pas, bien entendu, le besoin de mettre en place des mesures spécifiques et adaptées, toujours nécessaires, voire capitales, pour l expansion de la scolarisation de ces groupes vulnérables. Besoin d une évaluation historique approfondie des questions financières Les liens entre les différentes variables de l éducation (scolarisation, rétention, qualité) et son financement est une question très complexe qui nécessite des études au cas par cas. L analyse des évolutions temporelles est particulièrement intéressante pour mieux comprendre la synergie entre les différentes variables et les politiques mises en oeuvre. En général, on peut avancer que, malgré une forte mobilisation internationale et la volonté politique de beaucoup de pays, des efforts financiers en volume, en type d arbitrage et 78
79 Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus porteuses pour la scolarisation des filles en efficacité sont toujours nécessaires pour appuyer l éducation de base. Les arbitrages ont jusqu à présent favorisé le primaire. Il ne faut toutefois pas négliger le secondaire, dont le premier cycle fait partie de l enseignement de base. Ce niveau d enseignement doit faire l objet, dans beaucoup de pays, d une importante expansion en termes d offre scolaire, de qualité des enseignements et de mesures incitatives (écoles, enseignants qualifiés, matériel, bourses, etc.). Celles-ci seront nécessairement coûteuses, les dépenses liées à ce niveau d enseignement étant plus élevées que dans le primaire. Les restrictions financières risquent de ralentir l amélioration du rendement scolaire et l expansion du secondaire dans les pays les plus pauvres Comme analysé plus haut, rendement scolaire peu élevé et faible participation à l enseignement secondaire sont les points faibles des systèmes scolaires étudiés. En 1998, au Sénégal, pays où la part de la richesse nationale consacrée à l éducation stagne, seulement 33 % des enfants qui terminent le primaire poursuivent ensuite leurs études dans le secondaire (contre 26 % en 1990) (voit tableau 4). La différence entre les sexes est relativement peu significative (34 % pour les garçons et 31 % pour les filles). En Tunisie, ce même pourcentage de transition du primaire au secondaire, est passé, pour la même période, de 48 % à 61 % (60 % pour les garçons et 63 % pour les filles). Bien que, pour les pays ayant des données disponibles, la disparité entre les sexes ait en général diminué, les taux de transition ont été bas en 1990 et continuent à l être huit ans après (parfois même plus bas) : Côte d Ivoire, 33 et 39 % pour 1990 et 1998 respectivement ; Burkina Faso, 30 et 34 % ; Mali, 58 et 55 % ; Guinée, 61 et 52 %, etc., pour les mêmes années respectivement. D autres pays ont vu ces taux augmenter sensiblement bien que le rythme reste faible par rapport aux objectifs : Mauritanie avec 31 et 41 % pour 1990 et 1998 ; Tchad, 41 et 51 % ; Madagascar, 35 et 46 %, pour les mêmes années. Pour ces pays, les différences entre les sexes sont significativement plus faibles que chez ceux où l on observe une baisse de cet indicateur. 79
80 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Tableau 4. Taux de transition du primaire au secondaire de moins de 75 % en 1998 par sexe, 1990 et 1998 Taux de transition (%) Pays Total M F Total M F Burkina Faso Côte d Ivoire (1996) Djibouti (1996) Guinée (1999) Laos Madagascar Mali (1995) Mauritanie (1999) Maurice Niger Sénégal Syrie Tchad Togo (1995) Trinité-et-Tobago (1996) Tunisie Les données n incluent pas l enseignement technique. Source : UNESCO, 1999 ; UIS, Le nombre élevé de pays ayant des taux bruts de scolarisation du secondaire inférieurs à 50 % illustre le faible niveau de participation dans ce niveau d enseignement ainsi que la nature de l effort à fournir pour la scolarisation des enfants, ou du moins d une partie d entre eux, qui n y ont 80
81 Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus porteuses pour la scolarisation des filles pas accès (voir tableau 5). La participation des filles dans le secondaire est particulièrement concernée, comme le montre le calcul des IPS par pays. Le Tchad, le Yémen, l Afghanistan, la Guinée, le Togo et le Bénin présentent des IPS inférieurs à 0,50 (soit une fille scolarisée pour deux garçons). Ces pays ont vu, en outre, les disparités diminuer à un rythme assez lent entre 1990 et Tableau 5. TBS du secondaire de moins de 50 % et IPS inférieurs à 0,80 en 1998 par sexe, 1990 et 1998 (en ordre décroissant de l IPS de 1998) Taux bruts de IPS Différence Taux bruts de IPS Différence scolarisation (%) absolue scolarisation (%) absolue Pays Groupe Total M F (F/M) (M-F) Total M F (F/M) (M-F) d âge Tchad , ,26 13 Yémen ,36 42 Afghanistan (1996) ,38 20 Guinée , ,38 13 Togo , ,40 28 Bénin , ,45 16 Mali , ,52 9 Côte d Ivoire , ,53 14 Rep. Dem , ,54 11 du Congo Guinée-Bissau ,54 12 (1999) Burkina Faso , ,61 5 Niger , ,61 3 Ethiopie , ,62 8 Libéria ,63 11 Mozambique , ,64 4 Sénégal , ,64 7 Pakistan , ,
82 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Iraq , ,65 15 Gambie , ,66 13 Inde , ,67 19 Népal , ,68 18 Angola ,68 6 Érythrée , ,69 9 Laos , ,69 12 Papouasie- Nouvelle-Guinée , ,70 8 Djibouti , ,71 5 Mauritanie , ,71 6 Zambie ,78 7 Cameroun , ,78 5 Maroc , ,80 9 Source : UNESCO, 1999 ; UIS, Si l on se concentre sur les pays ayant un TBS du secondaire pour les filles de moins de 15 %, on constate que la majorité d entre eux consacrent moins de 3 % du PIB à l enseignement : 1,7 % en Guinée-Bissau ; 1,8 % au Tchad et en Guinée ; 2,5 % au Bénin ; 2,6 % en Angola ; 3,0 % au Mozambique et au Mali. Le Sénégal, avec 3,4 %, est aussi à noter. Les restrictions financières risquent donc de ralentir le développement du secondaire, notamment pour les filles, dans les pays les plus pauvres. Bien entendu, ce facteur n est pas le seul élément expliquant les ralentissements et les disparités (Djibouti consacre 5 % du PIB à l éducation). Cependant, compte tenu du coût de la scolarisation des filles dans le secondaire, relativement plus élevé que dans le primaire (enseignants plus qualifiés, mesures incitatives plus ciblées, expansion de l offre scolaire en zone rurale, etc.), les limitations budgétaires risquent de peser davantage sur ce niveau d enseignement. 82
83 Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus porteuses pour la scolarisation des filles 2. Les mesures les plus prometteuses pour la scolarisation des filles dans les pays sélectionnés Les mesures visant l offre scolaire Il s agit des mesures assurant la disponibilité d écoles et de personnel enseignant pour les enfants non scolarisés (parmi lesquels environ 60 % sont des filles). Les cinq pays étudiés (Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal) ont favorisé l expansion des écoles primaires dans les zones rurales, condition préalable à la scolarisation des populations les plus défavorisées, particulièrement les filles. Des services de base ont souvent été inclus dans ces écoles. En outre, les cinq pays ont vu le nombre d enseignants augmenter sensiblement. Les principales mesures sont : L accroissement du nombre d écoles et de classes et/ou l utilisation plus intense des établissements scolaires (multigrade, double flux). L accroissement du nombre d enseignants. En Tunisie cette augmentation s est faite en baissant le taux d encadrement. L extension du réseau scolaire sur le territoire, notamment vers les zones rurales reculées. L introduction et/ou l amélioration des services de base offerts par l école (toilettes, eau courante). Ces mesures visent le confort des apprenants et agissent également comme des mesures incitatives. L expansion des infrastructures n est pas suffisante pour remplir l objectif de scolarisation et de rétention de tous les enfants et ne prend pas en considération les difficultés particulières des filles, dont la solution dépasse la «simple» augmentation de l offre. Les écoles ne sont pas toujours complètes, certains services, pas toujours disponibles, ce qui conduit certains enfants à ne pas assister régulièrement ou à abandonner l école. Ceci concerne notamment les filles, groupe plus sensible aux distances à parcourir et au manque de services de base. 83
84 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Les mesures visant la qualité du système scolaire Les cinq pays étudiés ont mis en œuvre ou manifesté l intention de mettre en œuvre des mesures visant l amélioration de la qualité des enseignements. On peut signaler les mesures suivantes : Baisse du taux d encadrement : la Tunisie est le seul pays ayant réussi une forte scolarisation dans le primaire avec une baisse parallèle et sensible du taux d encadrement. Meilleure formation des enseignants : la Mauritanie et la Tunisie ont fait des efforts dans ce domaine. L Inde, le Sénégal et le Bangladesh ont employé des enseignants parfois moins formés tels que les «paraenseignants» ou les volontaires. Introduction des langues nationales dans l enseignement dans des contextes plurilinguistiques : le Sénégal a fait des efforts dans ce domaine. La Mauritanie a développé une politique consistant à réunir la filière française et arabe. Selon les responsables mauritaniens, l enseignement en langue arabe encouragerait la scolarisation des filles, leur permettant de passer plus facilement de la filière arabe ou des écoles coraniques à l enseignement formel. Certains de ces objectifs n ont pas été atteints ou leur impact est difficile à mesurer. C est plus particulièrement le cas de la formation des enseignants, de son adéquation ou de ses effets réels sur le rendement des enfants à l école. Les mesures incitatives visant la diminution du coût direct ou indirect supporté par les parents L Inde et le Bangladesh se sont distingués par la mise en œuvre de mesures incitatives, voire de politiques de discrimination positive en faveur des filles. La plupart de ces mesures visent l aide économique aux familles et consistent en : 84
85 Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus porteuses pour la scolarisation des filles La gratuité des enseignements pour tous les enfants. Dans le cas du Bangladesh, il existe également une discrimination positive en faveur des filles (gratuité jusqu à la 8 e année scolaire et durant tout le secondaire en zone rurale ; primes aux écoles pour chaque fille scolarisée). L octroi de bourses pour les filles et/ou les groupes défavorisés, mesure appliquée surtout en Inde et au Bangladesh. La gratuité des manuels, des repas ou des uniformes, mesures appliquées en Inde et au Bangladesh. Le programme «Food for éducation» et ses effets au Bangladesh sont ici à signaler. La disponibilité de garderies et le développement du pré-primaire, mesures en principe mises en œuvre dans les cinq pays, mais en fait encore peu développées. Le développement des services de santé et de programmes de nutrition à l école, services introduits peu à peu dans plusieurs pays. L augmentation du pourcentage d enseignantes. En Tunisie, cette augmentation est parallèle à celle de la scolarisation féminine. L augmentation de la proportion de femmes enseignantes (surtout dans les villages) est une des mesures mises en œuvre par le BRAC et l État au Bangladesh pour favoriser la scolarisation des filles. Puisque ces mesures sont en général coûteuses, certaines d entre elles restent souvent minoritaires (5-10 % des écoles) ou sont seulement mises en oeuvre dans le cadre de projets pilotes (surtout lorsqu elles sont intégrées). L extension, la continuité et l impact de certaines de ces mesures tendent de ce fait à être limitées et/ou difficiles à saisir, avec quelques exceptions. Les mesures incitatives visant les conditions des femmes et des filles et les aspects socioculturels de leur scolarisation L Inde et le Bangladesh sont les pays ayant le plus souvent mis en œuvre ce type de mesures. Tous les pays analysés ont au moins une fois mis en place un programme de sensibilisation à la scolarisation des filles. On a ainsi assisté à : 85
86 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Une prise en compte des problèmes spécifiques des adolescentes : programme pilote en Mauritanie où une des priorités des écoles est de faciliter l accès des filles mariées et/ou enceintes. Le développement de programmes d alphabétisation et d éducation pour adultes, surtout pour les mères, en vue, entre autres, de les sensibiliser à l importance de l éducation de leurs filles. La mise en place de programmes spécifiques pour la scolarisation des filles en difficulté ou dans des conditions sociales particulières. C est le cas des programmes d éducation non formelle développés au Bangladesh. Ils visent principalement les filles et les enfants qui ont dépassé l âge officiel du primaire (horaires flexibles et adaptés aux conditions de travail). La promotion de la condition sociale et économique de la femme en général comme c est le cas en Tunisie, du moins de la participation politique et économique en milieu urbain. La portée de ces programmes en termes de scolarisation des filles n est pas toujours directe et/ou mesurable, sauf dans certains cas (éducation non formelle au Bangladesh). Les efforts financiers en faveur de l éducation de base Tous les pays étudiés se sont fortement engagés dans la réussite des objectifs de l EPT et ont, à des degrés divers, fait des efforts financiers importants pour soutenir l expansion de l éducation de base, même si le Sénégal et la Mauritanie semblent vivre des crises et/ou des restrictions économiques sévères. La Tunisie et le Bangladesh ont augmenté le pourcentage et le volume des dépenses consacrées à l éducation, dans une proportion plus importante dans le cas du second. Parallèlement, les pays ont tous appliqué, à des degrés divers, des mesures destinées à diminuer les coûts de l enseignement, notamment ceux liés aux enseignants. Les principales mesures sont les suivantes : 86
87 Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus porteuses pour la scolarisation des filles Augmentation de la part du PIB consacrée aux dépenses publiques de l enseignement et/ou arbitrage favorable à l enseignement fondamental (maintien ou hausse de la part du budget public consacrée à l éducation primaire). Baisse des salaires des enseignants en poste et/ou recrutement d enseignants contractuels ou temporaires à plus bas salaire : les «volontaires» et maîtres adjoints au Sénégal ou les «para-enseignants» dans l Uttar Pradesh. Promotion et intégration des différentes formes d éducation (formelle, non formelle et informelle ou éducation traditionnelle). C est le cas du Bangladesh, de l Inde et de la Mauritanie. Augmentation de la contribution économique privée et/ou de l aide internationale (augmentation du nombre d écoles privées et d écoles communautaires). Le cas du Sénégal est ici à signaler. Décentralisation de la gestion des établissements scolaires avec une mobilisation des différents partenaires autour de l école (parents, enseignants, communauté). Ceci peut faire baisser les coûts de la gestion publique. Dans le cas des pays pauvres dont la valeur des importations stagne, les mesures de contraction du budget posent le problème de leur continuité et de leurs effets à moyen et long terme dans un contexte de baisse du PIB et des ressources en général. En outre, ces mesures n ont pas toujours été assorties de mesures d efficacité et d une meilleure gestion des ressources destinées à l éducation. 3. Recommandations 1. Mise en œuvre complémentaire et intégrée des mesures et définition de ces mesures par rapport aux objectifs. Les mesures analysées sont souvent complémentaires, touchant à des domaines différents ou, parfois, au même domaine mais d une façon différente. 87
88 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal À partir de l expérience des différents pays, on peut déduire que le fait de combiner un certain nombre de mesures (selon les caractéristiques sociales et les contraintes économiques nationales) et de les intégrer les unes aux autres aide à mieux atteindre les buts recherchés en termes de scolarisation des filles. La définition précise de ces derniers est également fondamentale pour rendre cette stratégie efficace. Les gouvernements peuvent avoir intérêt à combiner et à intégrer les mesures agissant sur l expansion de l offre et sur la qualité des enseignements (pour les filles et d un point de vue global) à celles agissant sur la demande de scolarisation et sur les conditions socio-économiques des familles. L offre scolaire est une condition nécessaire tandis que certaines mesures incitatives peuvent rendre l assistance à l école réelle et soutenue (notamment les bourses, la gratuité du secondaire, les programmes fournissant de la nourriture aux enfants scolarisés). Les deux aspects sont fondamentaux et peuvent avoir un effet complémentaire et multiplicateur. 2. Importance de l expansion du pré-primaire et d autres mesures intégrées dans les objectifs de l éducation pour tous telles que la gratuité des enseignements. S il existe un choix de mesures adapté aux conditions nationales et régionales, on peut toutefois mettre l accent sur l importance des garderies et des centres préscolaires ainsi que sur la gratuité des enseignements. Aujourd hui les stratégies mises en œuvre pour le préscolaire ne sont pas suffisamment mises en relation avec la scolarisation des filles. 3. Mesures visant l amélioration du rendement scolaire. Diminuer le redoublement et assurer une meilleure survie scolaire permettent de libérer des places scolaires. Cela suppose un investissement sur la formation, la supervision et le rendement des enseignants et la mise en place de mesures pratiques telles que la promotion automatique. Cette dernière ne doit pas pour autant s appliquer de façon uniforme. Il faut aussi tenir compte des différents rythmes d apprentissage des enfants. 88
89 Premières conclusions et recommandations sur les mesures les plus porteuses pour la scolarisation des filles 4. Valorisation du statut des enseignants. Le statut des enseignants a un impact important sur le rendement scolaire des enfants. Ce dernier s est dégradé à la suite des restrictions financières : les «urgences» budgétaires ont conduit à percevoir essentiellement les enseignants comme un «coût». Cela peut avoir des effets négatifs sur la qualité des enseignements et le système tout entier, le personnel enseignant étant le pilier de la transmission des connaissances. L efficacité de l utilisation du budget destiné aux enseignants est aussi en jeu. Des mesures visant l absentéisme et le faible rendement sont nécessaires : le paiement des «enseignants fantômes» est un problème dans beaucoup de pays (IIEP, 1999). 5. Renforcer les capacités statistiques et l appropriation des résultats des évaluations et considérer le moyen et le long termes. Il est toujours nécessaire de promouvoir et de mettre en place une culture de l évaluation et de la planification : pourquoi une décentralisation? Dans quels objectifs? Quel lien précis avec la scolarisation des filles? Il faut également prendre en considération le long terme. Par exemple, la privatisation de l éducation peut faire baisser les coûts publics et permettre l accroissement de l offre scolaire. Cependant cela ne peut se faire que sur une période de temps limitée et peut entraîner la dégradation de la qualité de l enseignement dispensé aux enfants de certaines couches sociales ou groupes de population (sauf augmentation parallèle des ressources publiques). La mise en place et/ou la consolidation de l évaluation comprend également la capacité de bien mesurer les conséquences et la continuité des mesures mises en oeuvre. Comme signalé plus haut, l impact de certaines mesures nationales visant l évaluation des écoles, des enseignants et des enseignements (acquis scolaires) n a pu être analysé faute d informations plus précises. Il faut toujours améliorer le suivi et l évaluation de l éducation de base ainsi que le pilotage des systèmes éducatifs par un renforcement des structures et des moyens de collecte systématique de l information. 89
90 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal 6. Les «bonnes» mesures nécessitent de contextes politiques et économiques stables. Certaines mesures, même si elles se sont avérées très efficaces, peuvent échouer s il n existe pas de pilotage continu et une responsabilisation claire des différentes institutions et communautés en charge de l éducation (instabilité institutionnelle). La continuité, l efficacité et la performance des programmes sont aussi essentielles, surtout si les ressources économiques mises à la disposition de l éducation de base sont faibles. 7. Nécessaire coordination des agences agissant dans le domaine de la scolarisation des filles. Il s avère de plus en plus urgent de mettre en place des dispositifs d intégration, de coordination et d évaluation de la recherche en éducation. Il existe aussi beaucoup de projets concernant la scolarisation des filles dont les évaluations ne sont pas connues ou dont les résultats restent dispersés et limités. Ces projets ne sont pas toujours intégrés. 8. Importance des politiques générales et des variables intermédiaires. Certains changements et évolutions sociales intervenus dans les pays expliquent l amélioration de la scolarisation des filles ainsi que les effets d autres politiques publiques. Il faudrait entreprendre des études sur des mesures non comprises dans les politiques éducatives (politiques sociales et économiques publiques ou des actions non formelles, privées). 90
91 Références et sources Aggarwal, Y., Premi, K.K. (dir. publ.) Reforming school education: Issues in policy planning and implementation, Vikas, New Delhi. Bangladesh Éducation pour tous: bilan à l an Rapport national. Dhaka. Banque mondiale Perspectives pour la scolarisation universelle dans les pays du Sahel après la Conférence de Dakar, Conférence sur l éducation des Chefs d États des pays du Sahel. Octobre, Banque mondiale, Washington. Banque mondiale. 2001a. World Development Indicators, Banque mondiale, Washington. Banque mondiale. 2001b. Le système éducatif mauritanien, Banque mondiale, Washington. Banque mondiale (Education profiles). Colclough, C Under-enrolment and low quality in African primary schooling : towards a gender-sensitive solution, IDS Working Paper 7, IDS, Brighton. Gasper, G.C., Ray, J «The internal efficiency of school system in promoting girls education». Dans : Aggarwal, Y., Premi, K.K. (dir. publ.) ; Reforming school education: Issues in policy planning and implementation, Vikas, New Delhi. Forum mondial sur l éducation Cadre d action de Dakar. Dakar. Inde Éducation pour tous: bilan à l an Rapport national. Ministry of Human Resource Development, New Delhi. 91
92 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal IIPE Cours national sur La carte scolaire. Document de base. IIPE, Nouakchott, Avril. IIPE Financement et gestion financière de l éducation. IIEP, Paris. King, E. et Hill, A. (dir. publ.) Women s education in developing countries. Programme de recherche et d études de l IIPE. Développement des ressources humaines : L offre d enseignement des sciences dans les écoles secondaires. UNESCO-IIPE, Paris. Krishnan, S Women s education and development in India Policies, programmes and achievements A critique, IIEP, Paris. Mauritanie Éducation pour tous: bilan à l an Rapport national. MEN, Nouakchott. Minguat, A «La question de la rémunération des enseignants dans les pays africains», Banque mondiale (document provisoire). Musthaque, A. et al «Enrolment at primary level : gender difference disappears in Bangladesh», International Journal of Educational Development, 22, pp PNUD Rapport sur le développement humain durable. Mauritanie. PNUD. PNUD Rapport mondial sur le développement humain, PNUD. ROCARE Perspectives transnationales sur l éducation de base en Afrique centrale et de l ouest. SARA-ROCARE, Washington, Bamako. Sénégal Éducation pour tous: bilan à l an Rapport national. MEN, Dakar. Singh, J «In search of quality education : alternative schooling in Meerut District of Western Uttar Pradesh». Dans : Aggarwal, Y., Premi, K. K. ; Reforming school education. Issues in policy planning and implementation, Vikas, New Delhi. 92
93 Références Stromquist, N.P Faire davantage participer les filles et les femmes à l éducation de base, IIEP, Paris. Tembon, M., Sory Diallo, I., Barry, D. et Barry, A Genre et fréquentation scolaire au primaire en Guinée, IDS, Sussex. Tunisie Éducation pour tous: bilan à l an Rapport national. MEN, Tunis. Tunisie Statistiques de l enseignement de base et l enseignement secondaire public MEN, Tunis. UIS Afrique subsaharienne. Rapport régional UIS, Paris. UNESCO Annuaire statistique de l UNESCO UNESCO, Paris. UNESCO Éducation pour tous : bilan à l an Document statistique. UNESCO, Paris. UNESCO Towards gender parity in basic education: a statistical review. UNESCO, Paris. UNICEF ; 1999 «Girls education: what is working? What is new?». In Education update, Vol. 2, Issue 2, May. UNICEF, New York. UNICEF «L éducation pour tous après Dakar». In L éducation : une mise à jour, Vol. 2, Issue 2, May. UNICEF, New York. UNICEF L éducation des filles : transformer l avenir. UNICEF, New York. UNIFEM Le progrès des femmes au travers du monde UNIFEM, New York. Uttar Pradesh Présentation nationale Uttar Pradesh Government. 93
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95 Annexe 1 Définition des indicateurs Dépenses publiques d éducation en pourcentage du PIB ou du PNB. Rapport entre l ensemble des dépenses publiques consacrées à l éducation par les différents niveaux de l administration habilités dans un pays donné (pouvoirs centraux, régionaux et locaux) et le produit intérieur brut ou le produit national brut, exprimé en pourcentage. Dépenses publiques d éducation en pourcentage des dépenses publiques totales. Rapport entre l ensemble des dépenses consacrées à l éducation par les différents niveaux d administration de l État, c est-à-dire par les pouvoirs centraux, locaux, et régionaux, et l ensemble des dépenses publiques de tous les secteurs confondus (dont la santé, l éducation, les services sociaux, etc.), exprimé en pourcentage. Indice de parité entre les sexes. Rapport entre la valeur du taux féminin et celui du taux masculin pour un indicateur donné. Pourcentage de redoublants. Proportion d élèves inscrits dans la même année (ou niveau) d études que l année précédente, exprimée en pourcentage de l ensemble des effectifs scolarisés dans l année d étude considérée. 95
96 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Pourcentage des enseignants des écoles primaires certifiés pour enseigner au regard des normes nationales. Rapport entre le nombre d enseignants qui, ayant reçu la formation pédagogique organisée minimale (avant ou en cours d emploi) exigée, sont habilités à enseigner à un niveau d éducation donné, et le nombre total d enseignants dans ce niveau d éducation, exprimé en pourcentage. Produit intérieur brut par habitant. Produit intérieur brut en dollars courants des États-Unis divisé par le nombre total d habitants d un pays. Produit national brut par habitant. Produit national brut en dollars courants des États-Unis divisé par le nombre total d habitants d un pays. Rémunération (ou salaire) des enseignants en valeur du PIB par habitant. Dépenses publiques moyennes consacrées au traitement et à d autres éléments de rémunération des enseignants (ou salaire) exprimé en nombre de fois la valeur du PIB par habitant. Taux brut d admission dans l enseignement primaire. Rapport entre le nombre d élèves inscrits pour la première fois en première année de l enseignement primaire, quel que soit leur âge, et la population ayant l âge officiel d entrée dans le primaire, exprimé en pourcentage. Taux brut de scolarisation. Nombre d élèves scolarisés dans un niveau d enseignement donné, quel que soit leur âge, exprimé en pourcentage de la population du groupe d âge officiel qui correspond à ce niveau d enseignement. 96
97 Annexes Taux d encadrement ou Nombre d élèves par maître. Nombre moyen d élèves par enseignant dans un niveau d enseignement donné et pour une année scolaire donnée. Lorsque les données sont disponibles, on calcule le rapport élèves/maître à partir du nombre d enseignants et d élèves exprimé en équivalent temps plein. Taux de survie à la cinquième année ou Pourcentage d une cohorte qui atteint la cinquième année. Pourcentage d une cohorte qui entame le cycle primaire et qui atteindra la cinquième année d études. Taux estimé d alphabétisme. Rapport entre le nombre d adultes sachant lire et écrire et l ensemble de la population adulte âgée de 15 ans ou plus, exprimé en pourcentage. Une personne est considérée comme étant alphabète si elle sait lire et écrire, en le comprenant, un texte simple sur sa vie quotidienne. Taux net d admission dans l enseignement primaire. Rapport entre le nombre d enfants ayant l âge officiel requis pour commencer leur scolarité et qui sont admis comme nouveaux inscrits en première année de l enseignement primaire, et la population du même âge, exprimé en pourcentage. Taux net de scolarisation. Rapport entre le nombre d élèves du groupe d âge correspondant officiellement à un niveau d enseignement donné et la population totale de ce groupe d âge, exprimé en pourcentage. 97
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99 Annexe 2 Glossaire Abandon scolaire. Élèves qui abandonnent leurs études au cours d une année scolaire donnée. Âge d admission (théorique). Âge auquel les élèves ou étudiants entameraient un programme ou une année d étude donnés en admettant qu ils aient commencé leur scolarité à l âge d admission officiel au niveau d études le plus bas, étudié à plein temps tout au long de leur vie scolaire et évolué dans le système scolaire sans redoubler ni sauter de classe. Il faut noter que l âge d admission théorique pour un programme ou une classe donné(e) peut être très différent de l âge réel, voire de l âge d admission le plus fréquemment observé ou le plus courant. Dépenses publiques d éducation. Dépenses ordinaires et en capital consacrées à l éducation par les administrations locales, régionales et nationales, y compris les municipalités. Les contributions des ménages en sont généralement exclues. Éducation de base. Ensemble des différents programmes d activités éducatives visant à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux, tels que les définit la Déclaration mondiale sur l éducation pour tous (Jomtien, Thaïlande, 1990). Elle comprend donc à la fois l enseignement primaire formel et parfois le premier cycle du secondaire ainsi qu un ensemble très divers d activités éducatives non formelles 99
100 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal et informelles, publiques et privées visant à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux spécifiques de groupes de personnes de tous âges. Effectifs scolarisés. Nombre d élèves (écoliers ou étudiants) inscrits à un niveau ou dans une année d études, quel que soit leur âge. Enseignants ou personnel enseignant. Personnes employées au sein d effectifs constitués dans le but de guider et de diriger le parcours didactique des écoliers et étudiants, indépendamment de leurs qualifications et du mécanisme de transmission des connaissances (autrement dit, face-à-face et/ou à distance). Cette définition exclut le personnel enseignant qui n a pas de fonctions pédagogiques au moment considéré (par exemple les directeurs ou chefs d établissements scolaires qui n enseignent pas) et les personnes qui travaillent ponctuellement ou bénévolement dans des établissements d enseignement (par exemple les parents d élèves). Enseignement obligatoire. Nombre d années ou période d âge pendant lesquelles les enfants et les adolescents sont tenus au regard de la loi de bénéficier d un enseignement en milieu scolaire. Enseignement primaire universel. Scolarisation de tous les enfants en âge d être scolarisés dans le primaire (taux de scolarisation net de 100 %). Établissements privés. Établissements d enseignement scolaire ou universitaire sous la direction et l administration d une institution non étatique (église, syndicat, entreprise 100
101 Annexes commerciale ou autre type d organisation non gouvernementale), qu ils bénéficient ou non d un soutien financier de la part de l État. Nouveaux inscrits. Élèves ou étudiants qui s inscrivent pour la première fois dans un programme éducatif dans un niveau ou un sous-niveau d études donné. Population d âge scolaire. Population du groupe d âge correspondant selon les normes officielles en vigueur à un niveau d éducation donné. Population non scolarisée. Enfants ou adolescents ayant l âge scolaire officiel, mais qui ne sont pas inscrits dans un établissement scolaire. Produit intérieur brut. Somme des valeurs ajoutées brutes des biens et des services produits dans un pays donné par l ensemble des personnes qui y résident, y compris les services de distribution et de transport, plus toute taxe imposée sur les produits et services, moins toute subvention non comprise dans la valeur des produits. Produit national brut. Somme des valeurs ajoutées brutes des biens et des services produits dans un pays donné par l ensemble des personnes qui y résident, y compris les services de distribution et de transport, plus toute taxe imposée sur les produits et services, moins toute subvention non comprise dans la valeur des produits, plus (ou moins) les paiements nets en provenance (ou en direction) de l étranger. Selon que le solde des paiements de l étranger et vers l étranger est positif ou négatif, le PNB est supérieur ou inférieur au PIB. 101
102 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Programmes d éveil de la petite enfance. Programmes comprenant une gamme d activités didactiques structurées et systématiques dans un établissement d enseignement formel (pré primaire ou du niveau 0 de la CITE) ou bien dans le cadre d un programme non formel d éveil de l enfant. Les programmes d éveil de la petite enfance s adressent en règle générale aux enfants âgés de trois ans ou plus et comportent des activités didactiques structurées qui les occupent en moyenne l équivalent d au moins deux heures par jour et cent jours par an. Redoublants. Élèves inscrits dans la même classe pendant deux années successives ou plus. 102
103 Annexe 3 Tableau A. Taux bruts d admission à l enseignement primaire inférieurs à 95 % en 1998 par sexe, 1990 et 1998 (par ordre croissant de l IPS de 1998) Taux brut d admission (%) Différence Différence IPS absolue IPS absolue Pays Total M F (F/M) (M-F) Total M F (F/M) (M-F) Libéria ,64 29 Niger , ,67 16 Éthiopie ,68 32 Yémen ,70 28 Tchad , ,71 27 Burkina Faso , ,71 15 Rép. centrafricaine ,74 18 *43 *50 *36 0,72 14 Bénin , ,72 22 Djibouti ,74 10 Mali ,59 14 *54 *61 *46 0,75 15 Angola ,76 24 Guinée , ,79 13 Côte d Ivoire , ,80 16 Érythrée ,81 12 Mozambique ,81 17 Burundi ,86 10 *70 *77 *62 0,
104 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Soudan , ,88 9 Comores ,88 9 Sénégal , ,90 7 Congo , ,93 2 Gambie ,95 5 Mauritanie , ,95 4 Sierra Leone ,96 3 Koweït ,97 2 Rép.-Unie de Tanzanie ,97 2 Oman ,98 1 Arabie saoudite , ,99 1 Iran, Rép. islam. d , ,99 Cuba ,99 1 Zambie ,00 0 Lesotho , ,01-1 Macau ,02-1 Rép. dém. du Congo , , Source: EPT 2000 Rapport national. 2. Les données pour la dernière année disponible se refèrent à Source: UNESCO,
105 Annexe 4 Tableau B1. Taux bruts de scolarisation dans le primaire inférieurs à 85 % en 1998 par sexe, 1990 et 1998 (en ordre décroissant de l IPS de 1998) Taux brut de scolarisation (%) Taux brut Taux brut de scolarisation Différence de scolarisation Différence (%) IPS absolue (%) IPS absolue Pays Total M F (F/M) (M-F) Total M F (F/M) (M-F) Yémen , ,55 45 Tchad , ,58 36 Éthiopie , ,61 31 Guinée , ,63 27 Niger , ,63 14 Bénin , ,65 36 Rép ,64 29 *57 *69 *46 0,67 23 centrafricaine Burkina Faso , ,68 16 Guinée-Bissau , ,68 31 Djibouti , ,70 14 Mali ,56 15 *53 *63 *44 0,70 19 Mozambique , ,72 23 Libéria ,74 25 Côte d Ivoire , ,74 23 Burundi ,82 14 *51 *56 *46 0,82 10 Érythrée , ,83 10 Sénégal , ,
106 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Soudan ,75 15 *56 *60 *51 0,85 9 Gambie , ,85 13 Comores , ,85 12 Papouasie , ,86 13 N-Guinée Rép. dém , ,92 4 du Congo Sierra Leone , ,92 5 Oman , ,94 5 Mauritanie , ,94 5 Congo , ,95 3 Arabie , ,96 3 saoudite Koweït , ,97 2 Rép.-Unie , ,00 0 de Tanzanie 1. Les données pour la dernière année disponible se refèrent à Source: UNESCO,
107 Annexes Tableau B2. Taux bruts de scolarisation dans le primaire inférieurs à 85 % en 1998 par sexe, 1990 et % TBS F 1998 TBS F 1990 Niger Djibouti Burkina faso Mali Rép. dém. du Congo Guinée Rép. Centrafricaine Burundi Éthiopie Érythrée Tchad Soudan Yémen Sierra Leone1 Mozambique Sénégal Rép. Unie de Tanzanie Bénin Côte d'ivoire Guinée-Bissau Comores Arabie Saoudite Oman Gambie Koweit Papouasie N-G Mauritanie 1. Les données pour la dernière année disponible se refèrent à Source: UNESCO,
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109 Annexe 5 Tableau C. Taux de survie à la 5 e année d études du primaire inférieurs à 90 % en 1998 par sexe, 1990 et 1998 (en ordre décroissant de l IPS de 1998) Taux de survie de la 5 e année Différence Différence IPS absolue IPS absolue Total M F (F/M) (M-F) Total M F (F/M) (M-F) Mozambique , ,75 13 Togo ,76 19 Mali , ,76 22 Malawi , ,89 4 Bénin , ,89 7 Tchad , ,90 5 Côte d Ivoire , ,92 6 Guatemala ,95 4 Sénégal ,96 4 Afrique du Sud , ,97 2 Soudan , ,97 2 Cambodge ,00 0 El Salvador , ,00 0 Indonésie ,01-1 Sri Lanka , ,01-1 Émirats Arabes Unis ,01-1 Niger , ,
110 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Bolivie ,02-1 Maroc , ,02-1 Mexique ,02-2 Cap-Vert ,03-2 Éthiopie , ,03-2 Costa Rica , ,03-3 Mongolie ,05-5 Burkina Faso , ,05-4 Paraguay , ,06-4 Arabie saoudite , ,06-5 Namibie , ,06-5 Botswana , ,06-5 Gambie , ,06-5 Venezuela , ,07-6 RDP lao , ,07-4 Rép.-Unie de Tanzanie , ,08-6 Swaziland , ,08-6 Colombie , ,09-6 Liban ,09-7 Madagascar , ,09-3 Nicaragua ,11-6 Mauritanie , ,11-7 Rép. dominicaine ,14-10 Lesotho , , Pour la dernière année disponible, le taux de survie se réfère au grade 4 (dernière année de l enseignement primaire) 2. Le taux de survie se réfère au grade 4 (dernière année de l enseignement primaire). Source: UNESCO,
111 Annexe 6 Tableau D. Pourcentage de redoublants dans l enseignement primaire de plus de 10% en 1998 par sexe, 1990 et 1998 (par ordre croissant de l IPS de 1998) Pourcentage de redoublants Différence Différence IPS absolue IPS absolue Total M F (F/M) (M-F) Total M F (F/M) (M-F) Algérie , ,60 6 Rép. dém. du Congo ,63 7 Maroc , ,72 4 Swaziland , ,72 5 Yémen ,74 3 Lesotho , ,75 6 Namibie ,79 3 Cap-Vert ,80 3 Tunisie , ,82 4 Vanuatu ,83 2 Iraq ,84 2 RDP lao , ,85 3 Bhoutan ,87 2 Sao Toméet-Principe ,88 4 Guatemala ,92 1 Haïti , ,92 1 Madagascar , ,
112 L impact des politiques éducatives de scolarisation des filles : Mauritanie, Tunisie, Inde, Bangladesh et Sénégal Niger , ,95 1 Pérou ,95 0 Congo , ,96 2 Gabon , ,96 1 Burundi , ,96 1 Comores ,97 1 Rép. centrafricaine , ,97 1 Gambie , ,98 0 Rwanda , ,99 0 Malawi , ,00 0 Mali , ,00 0 Togo , ,02-1 Tchad , ,02-1 Burkina Faso , ,03 0 Guinée- Bissau ,04-1 Sénégal , ,05-1 Népal ,07-2 Guinée , ,07-2 Soudan ,09-1 Mozambique , ,10-2 Érythrée ,14-3 Angola ,14-5 Éthiopie ,17-2 Guinée équatoriale , Les données pour la dernière année disponible se refèrent à Les données pour la dernière année disponible se refèrent à Les données pour la dernière année disponible se refèrent à Source: UNESCO,
113 Annexe 7 Tableau E. Relation entre le pourcentage d enseignantes et les TBS du primaire féminins, 1998 (97 pays avec des données disponibles) Taux de scolarisation féminin R 2 = 0, Pourcentage d enseignantes 113
114
115 Publications et documents de l IIPE Plus de ouvrages sur la planification de l éducation ont été publiés par l Institut international de planification de l éducation. Un catalogue détaillé est disponible ; il présente les sujets suivants : Planification de l éducation Généralité contexte du développement Administration et gestion de l éducation Décentralisation participation enseignement à distance carte scolaire enseignants Économie de l éducation Coûts et financement emploi coopération internationale Qualité de l éducation Évaluation innovations inspection Différents niveaux d éducation formelle De l enseignement primaire au supérieur Stratégies alternatives pour l éducation Éducation permanente éducation non formelle groupes défavorisés éducation des filles Pour obtenir le catalogue, s adresser à : IIPE, Diffusion des publications ([email protected]) Les titres et les résumés des nouvelles publications peuvent être consultés sur le site Web de l IIPE, à l adresse suivante :
116
117 L Institut international de planification de l éducation L Institut international de planification de l éducation (IIPE) est un centre international, créé par l UNESCO en 1963, pour la formation et la recherche dans le domaine de la planification de l éducation. Le financement de l Institut est assuré par l UNESCO et les contributions volontaires des États membres. Au cours des dernières années, l Institut a reçu des contributions volontaires des États membres suivants : Allemagne, Danemark, Inde, Irlande, Islande, Norvège, Suède et Suisse. L Institut a pour but de contribuer au développement de l éducation à travers le monde par l accroissement aussi bien des connaissances que du nombre d experts compétents en matière de planification de l éducation. Pour atteindre ce but, l Institut apporte sa collaboration aux organisations dans les États membres qui s intéressent à cet aspect de la formation et de la recherche. Le Conseil d administration de l IIPE, qui donne son accord au programme et au budget de l Institut, se compose d un maximum de huit membres élus et de quatre membres désignés par l Organisation des Nations Unies et par certains de ses institutions et instituts spécialisés. Président : Dato Asiah bt. Abu Samah (Malaisie) Directrice, Lang Education, Kuala Lumpur, Malaisie. Membres désignés : Pekka Aro Directeur, Département de l amélioration des compétences, Bureau international du travail (BIT), Genève, Suisse. Carlos Fortín Secrétaire-général adjoint, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), Genève, Suisse. Edgar Ortegón Directeur, Division de la programmation des projets et investissements, Institut de la planification économique et sociale (ILPES) pour l Amérique latine et les Caraïbes, Santiago, Chili. Joseph M. Ritzen Vice-Président, Human Development Network, Banque mondiale, Washington, États-Unis d Amérique Membres élus : José Joaquín Brunner (Chili) Directeur, Programme d Éducation, Fundación Chile, Santiago, Chili. Klaus Hüfner (Allemagne) Professeur, Université Libre de Berlin, Berlin, Allemagne. Zeineb Faïza Kefi (Tunisie) Ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de Tunisie en France, Déléguée permanente de Tunisie auprès de l UNESCO. Philippe Mehaut (France) Directeur adjoint, Centre d études et de recherches sur les qualifications, Marseille, France. Teboho Moja (Afrique du Sud) Professeur de l enseignement supérieur, Université de New York, New York, États-Unis d Amérique. Teiichi Sato (Japon) Conseiller spécial auprès du Ministre de l Éducation, des Sports, des Sciences et de la Technologie, Tokyo, Japon. Tuomas Takala (Finlande) Professeur, Université de Tampere, Tampere, Finlande. Pour obtenir des renseignements sur l Institut, s adresser au : Secrétariat du Directeur, Institut international de planification de l éducation, 7-9, rue Eugène-Delacroix, Paris, France.
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