Les services industriels du travail des métaux
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- Noëlle Lefebvre
- il y a 9 ans
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1 Ministère de l Économie, de l Industrie et de l Emploi Les services industriels du travail des métaux Anne Boniou Sessi - Service des études et des statistiques industrielles
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3 Sommaire Les services industriels du travail des métaux Synthèse Présentation générale du secteur des services industriels du travail des métaux Un secteur de sous-traitance de proximité Un secteur regroupant des métiers très différents A - La forge - estampage - matriçage : principales techniques B - Le découpage - emboutissage : deux processus différents C - La mécanique industrielle : différents procédés d usinage D - Le décolletage : un savoir-faire issu de l industrie horlogère E - La métallurgie des poudres : procédé de fabrication d une pièce frittée F - Le traitement et revêtement des métaux : une multitude de techniques Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées A - De très petites entreprises en majorité B - Parmi les entreprises d au moins 20 salariés, les PME dominent C - Un secteur peu diversifié D - Des activités peu concentrées Un secteur présent sur tout le territoire A - La vallée de l Arve : première concentration mondiale du décolletage B - L activité de la forge - estampage - matriçage est concentrée en Champagne-Ardenne et en Auvergne C - Le découpage - emboutissage : surtout près des pôles de la construction automobile 46 D - La mécanique industrielle est implantée dans les régions fortement industrialisées 47 E - Un tiers des effectifs du traitement et revêtement des métaux travaillent en Rhône-Alpes et en Île-de-France F - La métallurgie des poudres : plus de la moitié des établissements en Rhône-Alpes 49 Économie du secteur des services industriels du travail des métaux Les débouchés : de nombreux marchés où l automobile domine A - L automobile : principal débouché B - Les autres clients : des marchés nombreux et variés C - Les exportations : un débouché limité Les emplois et les salaires A - Le secteur perd des emplois Les effectifs des services industriels du travail des métaux diminuent depuis Le secteur a recours aux intérimaires Le recrutement se heurte à la pénurie de personnel qualifié
4 B - Caractéristiques des emplois et des salaires Les emplois du secteur sont peu qualifiés Les salariés sont jeunes Des rémunérations en moyenne plus faibles dans le secteur Des disparités de rémunération entre hommes et femmes C - Les formations offertes sont nombreuses et diversifiées L offre de formation initiale est diversifiée Malgré des progrès sensibles, la formation continue reste en retard Les performances des entreprises A - L activité progresse B - Les exportations augmentent C - L augmentation du prix des matières premières renforce la hausse des consommations intermédiaires D - Le taux de valeur ajoutée est élevé mais il diminue E - Les dépenses de personnel pèsent lourd dans la valeur ajoutée F - Le taux de marge brute et la profitabilité sont faibles mais progressent G - L investissement reprend en H - Les fonds propres ne suffisent pas à financer les investissements I - Le crédit-bail finance 16 % des investissements J - Les délais de paiement sont importants en Influence de l importance de la sous-traitance reçue Les délais de paiement diminuent avec la taille des entreprises Les délais de paiement accordés aux clients tendent à diminuer Les délais de paiement aux fournisseurs sont longs Un solde du crédit interentreprises plus important que dans l industrie manufacturière Enjeux du secteur Les nouveaux enjeux de la sous-traitance A - Quatre stratégies de sous-traitance La recherche de coûts d approvisionnement plus bas La recherche de flexibilité et d adaptabilité La recherche de technicité et d innovation La recherche de sous-traitants de haut niveau ou la recherche d une offre globale B - Des exigences spécifiques selon les clients C - Trois critères de positionnement des activités des services industriels du travail des métaux
5 Sommaire Les groupes dans le secteur A - Les caractéristiques des groupes Une entreprise sur deux appartient à un groupe Des disparités selon les activités Les groupes français sont largement majoritaires La taille de l entreprise influe sur son appartenance à un groupe Des microgroupes pour la plupart B - Les stratégies de constitution des groupes Une offre diversifiée et multisectorielle Se spécialiser sur son cœur de métier Accompagner ses clients dans leur développement à l étranger Se rapprocher des grands donneurs d ordres : les constructeurs d automobiles et les équipementiers automobiles Pour les groupes étrangers, il s agit de conquérir le marché français Pour les groupes «sidérurgiques», assurer l approvisionnement en métaux est stratégique 133 C - Groupes et internationalisation D - Évolution du rôle des groupes Les relations interentreprises focalisées sur la production A - De nombreuses relations interentreprises B - Des échanges d abord au niveau régional C - Des collaborations qui s inscrivent dans la durée D - Des partenaires sélectionnés pour leur savoir-faire E - À la conquête de nouveaux marchés F - Vers une évolution des rapports entre donneurs d ordres et sous-traitants Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux A - Les services industriels du travail des métaux dans l Europe des Quinze Une activité qui s améliore L Allemagne : en tête dans la forge - emboutissage - estampage et la métallurgie des poudres L Italie : première dans le traitement - revêtement des métaux et la mécanique industrielle 162 B - Une internationalisation croissante avec l élargissement des marchés industriels L ouverture de l Union européenne en 2004 : dix nouveaux pays très attractifs L émergence des marchés asiatiques : un développement hors du commun qui en fait une localisation de plus en plus privilégiée par les grandes entreprises Quelques mots sur les États-Unis C - Une structure géographique régionale qui devrait tendre vers un marché unique 178 Quelques réponses aux défis à relever
6 Synthèse S appuyant sur une logique de métiers pour fabriquer essentiellement des produits intermédiaires, le secteur des services industriels du travail des métaux regroupe six activités de sous-traitance : la forge - estampage - matriçage, le découpage - emboutissage, la métallurgie des poudres, le traitement et revêtement des métaux, le décolletage et la mécanique générale, souvent appelée mécanique industrielle dans la suite de l ouvrage comme le fait la profession. Le secteur des services industriels du travail des métaux fabrique principalement des pièces, ou sous-ensembles, pour les industries du génie mécanique et de l équipement des transports. Si les entreprises approvisionnent des secteurs aussi divers que l aéronautique ou la construction navale, elles restent fortement dépendantes de l industrie automobile. Suite à une stratégie d externalisation poussée de la part de cette dernière, les autres secteurs ont suivi et se sont recentrés sur leur «cœur de métier». Cette volonté des industries clientes de «faire-faire» à des fins de compétitivité les a amenées à sous-traiter un ensemble d activités et a conduit à un transfert important de valeur ajoutée au profit des sous-traitants. Avec un taux de valeur ajoutée très supérieur à la moyenne de l industrie manufacturière, les services industriels du travail des métaux ont su tirer parti de cette politique des donneurs d ordres. Pratiquant une activité de sous-traitance de proximité, les entreprises du secteur sont implantées sur l ensemble du territoire mais elles sont plus nombreuses dans les grands centres industriels. Ainsi, un cinquième de leurs salariés est employé en région Rhône-Alpes, suivie de l Île-de-France. Les services industriels du travail des métaux se distinguent aussi par la petite taille de leurs entreprises : 80 % d entre elles emploient moins de vingt salariés. Toutefois, les trois quarts du chiffre d affaires sont réalisés par les entreprises de vingt salariés ou plus. Si certaines entreprises se sont adossées à de grands groupes, la majorité d entre-elles reste des petites structures familiales. Au cours des années quatre-vingt-dix, les métiers du secteur ont considérablement évolué sous l impulsion des donneurs d ordres. Les industries clientes renforcent constamment leurs exigences, notamment en termes de délais, de coûts, de qualité et de flexibilité. Par conséquent, les sous-traitants ont dû procéder à de profondes réorganisations pour s adapter et garder leurs fournisseurs. La fourniture de sousensembles mécaniques complets (qui exige souvent des partenariats industriels pour atteindre la taille critique de production nécessaire), les livraisons «juste à temps», la mise en place d une démarche qualité, l adaptation aux nouvelles technologies, ont été autant de défis à relever. Depuis le début des années 2000, la profession doit affronter de nouveaux enjeux. Ses entreprises doivent faire face à la raréfaction des personnels qualifiés, et donc à des difficultés de recrutement, dans un contexte de modernisation permanente des outils
7 de production. Elles sont également confrontées au ralentissement économique qui touche l ensemble des pays industrialisés et sont soumises à la fois à l intensification des pressions tarifaires des donneurs d ordres et à la flambée du prix des matières premières. La profession doit aussi s adapter à l internationalisation croissante des marchés industriels, dont les principales composantes sont l élargissement de l Union européenne, l implantation des constructeurs automobiles dans les pays de l Est et l émergence des pays asiatiques. Les nouvelles relations interindustrielles débordent désormais le cadre national. Les sous-traitants français connaissent maintenant la concurrence des pays où les bas salaires attirent les grands donneurs d ordres Les déplacements stratégiques des industries clientes laissent augurer de nouvelles adaptations de la part des sous-traitants du travail des métaux. Si quelques entreprises ont suivi leurs clients sur ces nouveaux marchés, ce mouvement reste pour l instant marginal. Dans un environnement de concurrence et de compétitivité, les donneurs d ordres réfléchissent déjà aux améliorations possibles. Leur recherche de produits plus légers, plus flexibles, et respectueux de l environnement annonce l arrivée de nouveaux matériaux et de voitures avec motorisation écologique. Ce sont autant de nouveaux défis pour les services industriels du travail des métaux. Champ de l étude L étude concerne le secteur des services industriels du travail des métaux (F54 selon la nomenclature économique de synthèse - NES, niveau 114). Ce secteur est composé d activités appartenant à six classes différentes de la nomenclature des activités françaises - NAF, niveau 700) : - forge - estampage - matriçage (28.4A) ; - découpage - emboutissage (28.4B) ; - métallurgie des poudres (28.4C) ; - traitement et revêtement des métaux (28.5A) ; - décolletage (28.5C) ; - mécanique générale (28.5D). En 2008, la nomenclature des activités françaises a changé, la correspondance est donnée ci-contre.
8 Synthèse Correspondance des nomenclatures NAF rév.1 Naf rév.2 F54 Services industriels du travail des métaux 25.5 Forge - emboutissage - estampage ; métallurgie des poudres 25.6 Traitement et revêtement des métaux, usinage 28.4A Forge - estampage - matriçage 25.50A Forge - estampage - matriçage ; métallurgie des poudres 28.4B Découpage - emboutissage 25.50B Découpage - emboutissage 28.4C Métallurgie des poudres 25.50A Forge - estampage- matriçage ; métallurgie des poudres 28.5A Traitement et revêtement des métaux 25.61Z Traitement et revêtement des métaux 28.5C Décolletage 25.62A Décolletage 28.5D Mécanique générale 25.62B Mécanique industrielle Le secteur de la sous-traitance est extrêmement divers. Il s étend de la transformation des métaux aux matières plastiques et à la construction électronique et électrique, recouvrant ainsi de nombreux métiers et compétences. D après la définition du concept de sous-traitance (cf. encadré,page 10), les services industriels du travail des métaux sont typiquement des activités de sous-traitance. Au sein de la sous-traitance, ils figurent parmi les plus gros preneurs d ordres, avec 49 % des facturations de la sous-traitance en 2005.
9 Qu est-ce que la sous-traitance? Au sens strict, la sous-traitance concerne une entreprise (le sous-traitant ou preneur d ordres) qui fabrique à la demande et selon les instructions d une autre entreprise (le donneur d ordres) des pièces ou des produits s intégrant, le plus souvent sans avoir subi d autre transformation, dans le produit fini du donneur d ordres 1. La définition de la sous-traitance généralement admise est celle de l Afnor (Association française de normalisation), 1987 : «Les usages professionnels permettent de considérer comme activité de sous-traitance, pour un cycle de production déterminé, une ou plusieurs opérations de conception, d élaboration, de fabrication, de mise en œuvre ou de maintenance du produit, dont une entreprise donneur d ordres confie la réalisation à une entreprise dite sous-traitant ou preneur d ordres, tenue de se conformer exactement aux directives ou spécifications techniques que ce donneur d ordres arrête en dernier ressort. Ces spécifications techniques ( ) peuvent tenir compte des avis ou propositions formulés par le sous-traitant ( ) dès lors que le donneur d ordres assume seul la responsabilité de la conception finale du produit» 2. Cette définition conduit à distinguer, notamment dans l automobile et l aéronautique, sous-traitants et équipementiers. Ces derniers sont, en principe, responsables techniquement et commercialement de leurs produits. 1 «La sous-traitance en chiffres» Chiffres clés Production indusrielle hors série, Sessi, «La chaîne de l équipement automobile», Chiffres clés Analyse n 222, Sessi, 2003.
10 Synthèse La sous-traitance se décompose ainsi : Soustraitance Soustraitance confiée Soustraitance reçue Sous-traitance industrielle Sous-traitance non industrielle : gardiennage, informatique, etc. Sous-traitance de spécialité Sous-traitance de capacité Les entreprises du secteur des services industriels du travail des métaux sont des preneurs d ordres. Leur activité provient de la sous-traitance reçue, et non de la soustraitance confiée, qui émane des donneurs d ordres. Avec une part de chiffre d affaires réalisé en sous-traitance oscillant entre 85 % et 95 % selon les corps de métiers, les services industriels du travail des métaux font partie des secteurs industriels français dont la sous-traitance est la vocation première. Les activités dont plus de 80 % du chiffre d affaires sont générés par de la soustraitance reçue sont qualifiées d activités de pure sous-traitance. Un secteur centré sur la sous-traitance Secteur d activité (NAF 700) Sous-traitance reçue millions % du chiffre d euros d affaires du secteur Forge - estampage - matriçage (28.4A) ,0 Découpage - emboutissage (28.4B) ,8 Métallurgie des poudres (28.4C) ,1 Traitement et revêtement des métaux (28.5A) ,0 Décolletage (28.5C) ,7 Mécanique générale (28.5D) ,7 Note de lecture : les données de ce tableau portent uniquement sur la sous-traitance reçue et non sur l ensemble de l activité. Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005
11 Présentation générale du secteur des services industriels du travail des métaux Un secteur de sous-traitance de proximité Un secteur regroupant des métiers très différents Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées Un secteur présent sur tout le territoire
12 Les services industriels du travail des métaux comptent un grand nombre d entreprises mais leur poids économique est relativement faible si on le compare à l ensemble de l industrie manufacturière 3, dont ils ne représentaient que 2,7 % du chiffre d affaires en En 2005, entreprises de 20 salariés ou plus employaient salariés, soit 41 % des effectifs de la métallurgie et transformation des métaux, 11,8 % de ceux des biens intermédiaires et 5,4 % de ceux de l industrie manufacturière. Ces entreprises ont réalisé en 2005 un chiffre d affaires de 17,3 milliards d euros, soit 25,6 % de l activité de la métallurgie et 6,8 % de celle des biens intermédiaires. Les services industriels du travail des métaux occupent une place modeste dans l industrie française Nombre d entreprises Effectif employé moyen Chiffre d affaires hors taxes millions d euros Services industriels du travail des métaux (F54) Métallurgie et transformation des métaux (F5) Biens intermédiaires (EF) Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Des six activités qui composent les services industriels du travail des métaux, la mécanique industrielle est celle qui contribue le plus au chiffre d affaires du secteur avec 42 % lorsque l on prend en compte toutes les entreprises quelle que soit leur taille. L activité regroupe 49 % des emplois et près des deux tiers des entreprises du secteur (66 %). Le découpage - emboutissage, avec 27 % du chiffre d affaires, 21 % des effectifs et 9 % du nombre des entreprises, arrive en deuxième position. Le traitement et revêtement des métaux constitue la troisième composante du secteur. Viennent ensuite le décolletage et la forge - estampage - matriçage. La métallurgie des poudres est très en retrait. Très peu nombreuses, ces entreprises ne réalisent que 2 % du chiffre d affaires total. 3 Le champ pris en compte pour l industrie manufacturière ne comprend pas les industries agroalimentaires et l énergie.
13 Un secteur de sous-traitance de proximité La mécanique industrielle réalise l essentiel de l activité du secteur * Forge - estampage - matriçage (8 %) Mécanique industrielle (42 %) Découpage - emboutissage (27 %) Métallurgie des poudres (2 %) Décolletage (9 %) Traitement et revêtements des métaux (12 %) * en pourcentage du chiffre d affaires Champ : entreprises de toute taille Source : Sessi, estimations du chiffre d affaires hors taxes à partir des sources de l Insee : DADS, Sirene, Suse Des corps de métiers très inégalement représentés Nombre d entreprises Effectif employé Chiffre d affaires hors taxes millions d euros Forge - estampage - matriçage Découpage - emboutissage Métallurgie des poudres Traitement et revêtements des métaux Décolletage Mécanique industrielle Ensemble des services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de toute taille Source : estimations Sessi à partir des sources de l Insee : DADS, Sirene, Suse De plus, il existe de fortes disparités de structure entre les différentes activités. Ainsi, le découpage - emboutissage réalise un chiffre d affaires seulement 1,5 fois inférieur à celui de la mécanique industrielle mais compte 7,2 fois moins d entreprises. Il réalise le double du chiffre d affaires du traitement et revêtement des métaux avec beaucoup moins d entreprises. La taille des entreprises explique ces disparités : les petites entreprises de moins de 20 salariés représentent 56 % de la population d entreprises dans le découpage - emboutissage contre 84 % dans la mécanique industrielle et 78 % dans le traitement et revêtement des métaux.
14 Présentation générale du secteur des services industriels du travail des métaux Un secteur de sous-traitance de proximité Un secteur regroupant des métiers très différents A - La forge - estampage - matriçage : principales techniques B - Le découpage - emboutissage : deux processus différents C - La mécanique industrielle : différents procédés d usinage D - Le décolletage : un savoir-faire issu de l industrie horlogère E - La métallurgie des poudres : procédé de fabrication d une pièce frittée F - Le traitement et revêtement des métaux : une multitude de techniques Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées Un secteur présent sur tout le territoire
15 Un secteur regroupant des métiers très différents La matière première utilisée dans le secteur des services industriels du travail des métaux est le métal sous différentes formes. Chaque activité intervient dans le processus de fabrication d une pièce ou la finition de cette pièce. La forge transforme le métal à chaud ou à froid en pièces semi-finies. L activité du découpage - emboutissage consiste à découper des feuilles de métal et à leur donner la forme souhaitée. La mécanique industrielle travaille des pièces à froid par enlèvement de matière. À partir du métal en barres, couronnes ou ébauches, le décolletage consiste à enlever de la matière (le «collet»). La métallurgie des poudres utilise le métal sous forme de poudre. L activité de traitement et revêtement des métaux intervient dans la dernière phase de fabrication des pièces métalliques, qu il s agisse d anti-usure, d anti-corrosion ou d amélioration de l aspect des pièces. A - La forge - estampage - matriçage : principales techniques Les entreprises de forge ont pour principale activité la production, pour le compte de tiers, de pièces forgées ou estampées en acier et de pièces matricées en métaux non ferreux. La forge consiste à transformer du métal en pièces semi-finies par des opérations de formatage. Le métal subit des déformations par l utilisation d outils mécaniques de taille et de degré de précision différents selon la pièce voulue. Ces opérations peuvent se réaliser à froid, à chaud et à partir de métaux ferreux ou non. Il existe quatre principales techniques de forgeage 4 : - La forge libre : C est la plus ancienne des techniques. La transformation du métal s effectue à chaud par déformations successives. Ce procédé, qui ne nécessite pas d outillage spécifique, est utilisé pour la réalisation de pièces à l unité ou en très petites séries, par exemple des arbres de turbine ou des cuves de réacteur. Un exemple de forge libre est l étirage sur mandrin d une virole (pièce de réacteur nucléaire). - La forge par estampage : Par l estampage, les pièces en acier sont formées à chaud par pression entre deux blocs, les matrices, portant en creux la forme du produit à réaliser. Cette technique est adaptée à la production en grande série dans la mesure où elle nécessite l exécution préalable d outillages spécifiques aux produits à confectionner. Elle permet d obtenir 4 Source : Xerfi, «Forge - estampage - matriçage», janvier 2006.
16 une précision dimensionnelle plus grande qu avec les autres procédés de forge. De plus, le formage du produit à grande vitesse a pour effet d ennoblir au maximum le métal pour l affinage de son grain. Par exemple, pour la fabrication d un couteau, le barreau d acier forme une masse sous la chaleur. Celle-ci est contrainte de remplir la forme en creux de la matrice. Le couteau est obtenu après pression des deux matrices. La fabrication d un couteau - La forge par matriçage : Le matriçage met en œuvre la même technique que l estampage, à la différence près qu il est utilisé pour la réalisation de pièces en alliages non ferreux (alliages d aluminium, de titane, de cuivre, etc.). - La forge par extrusion : Elle repose sur le même procédé que l estampage mais elle est réalisée à froid (température ambiante). Le matériau est contraint à remplir complètement la forme en creux d une matrice grâce à une très forte pression exercée sur un poinçon. Ce procédé donne des pièces aux formes encore plus précises que celles réalisées avec les autres techniques. La qualité de l état des surfaces permet souvent de les utiliser sans usinage supplémentaire. Procédé dominant, l estampage représente près des trois quarts des livraisons, loin devant la forge libre et l extrusion pour l année 2005.
17 Un secteur regroupant des métiers très différents L estampage domine * Extrusion (ferreux et non ferreux) :15 % Forge libre (ferreux et non ferreux) : 17 % Estampage - matriçage : 68 % * en pourcentage des facturations Source : Sessi, enquête annuelle de branche, 2005 B - Le découpage - emboutissage : deux processus différents Les entreprises ayant pour principale activité la production de pièces métalliques découpées ou embouties pour le compte de tiers mettent en œuvre les techniques suivantes : - Le découpage : En partant d un métal en feuille (en flan ou en rouleau), on découpe des pièces comportant un contour déterminé (avec ajours et pliage éventuellement) au moyen d une presse équipée d outillages spéciaux. Les mécanismes de cisaillement sont utilisés pour ajourer, détourer, poinçonner, cisailler, crever, réaliser un fendage ou araser. - L emboutissage : L emboutissage consiste à faire subir à une feuille ou un flan de métal une déformation progressive par des moyens mécaniques en vue d obtenir une pièce à surface non développable au format souhaité. L opération est réalisée sur une presse mécanique ou hydraulique équipée d outillages spéciaux (métalliques ou composites) qui peuvent, dans certains cas, combiner plusieurs fonctions. Les clients du découpage - emboutissage sont nombreux : secteurs agricole, culinaire, électroménager, automobile, etc. Ces deux activités utilisent divers procédés : le pliage de tôles, le découpage au laser, l oxycoupage (découpe effectuée au moyen de multiples chalumeaux), le repoussage, le planage, le dressage, etc.
18 C - La mécanique industrielle : différents procédés d usinage La mécanique industrielle recouvre les activités de production de pièces mécaniques usinées, ainsi que la réparation et l entretien d ensembles mécaniques ne nécessitant pas les services du constructeur. Elle comprend également la reconstruction de moteurs thermiques. L activité d usinage consiste à travailler des pièces en métal à froid par enlèvement de matière. Elle comprend cinq principaux types d opérations : - l alésage consiste à polir des cylindres métalliques ; - le fraisage permet de creuser le métal ; - le tournage s opère sur un tour et sert à façonner des pièces métalliques. Il existe quatre opérations de base en tournage. Le chariotage permet de réduire le diamètre de la pièce. Le dressage sert à diminuer la longueur de la pièce. Le tournage de cônes génère des cônes de révolution. Le contournage est utilisé pour obtenir une forme de révolution quelconque ; - le meulage, principalement utilisé en phase finale de l usinage, permet de polir ou d aiguiser des pièces métalliques ; - la rectification a pour but d assurer la finition et la conformité des pièces produites aux plans fournis par le donneur d ordres. Les pièces pour articles de robinetterie, réacteurs nucléaires et chaudières, véhicules routiers et aériens, machines, appareils et engins mécaniques sont des exemples de pièces usinées par enlèvement de matière. D - Le décolletage : un savoir-faire issu de l industrie horlogère Un peu d histoire L industrie du décolletage est née de l industrie horlogère, implantée dans la vallée de l Arve au XVIII e siècle. Cette activité servait autrefois à dégager «le collet» des vis, à l aide de tours appropriés. À la fin du siècle suivant, des entreprises qui s étaient spécialisées dans le décolletage pour l horlogerie commencèrent à travailler pour d autres branches de l industrie. L évolution fut nettement accélérée par la première guerre mondiale, le gouvernement français ayant fait appel aux industries de Haute- Savoie pour participer à l effort d armement. C est le début de l essor du décolletage qui, depuis, a su élargir sans cesse l éventail de ses productions. Le décolletage se développe beaucoup au début des années
19 Un secteur regroupant des métiers très différents soixante-dix, lorsqu il commence à fournir l industrie automobile et les marchés de l électronique, de l électricité et de l électroménager. Définition Selon le Centre technique du décolletage (CTDEC), le décolletage recouvre «une série d opérations consistant à fabriquer des pièces généralement métalliques, dont l usinage de base est obtenu sur des machines automatiques ou semi-automatiques, à partir de barres, couronnes ou ébauches». Les industriels produisent ainsi, en plus ou moins grandes séries, des pièces mécaniques de haute résolution exécutées d après un plan ou des préséries. Les moyens de fabrication permettent d usiner toutes sortes de métaux (acier, inox, aluminium, cuivre, laiton, etc.), même si l acier reste prédominant. Procédé de fabrication 5 L embarreur, appareil placé à l arrière de la machine (tour numérique), alimente les décolleteuses en matière. Le matériau, sous forme de barres, est serré dans une pince qui l entraîne en rotation puis passe à travers la broche. Les outils sont amenés, successivement ou simultanément, en position de travail. Le dernier outil détache la pièce de la barre et le cycle d usinage recommence, le tout sous un arrosage de lubrifiant constant et automatique. Cette industrie utilise aujourd hui des équipements de pointe, notamment des machines à commande numérique et autres robots (tour à décolleter, système d automatisation flexible, etc.) E - La métallurgie des poudres : procédé de fabrication d une pièce frittée Cette activité produit, exclusivement pour des tiers, des pièces obtenues par frittage, opération de compactage et de cuisson de poudres métalliques. Les produits frittés sont fabriqués avec des métaux ferreux ou non ferreux, y compris les carbures métalliques durs 6. Ce procédé de conversion de fines poudres métalliques en produits solides est utilisé pour la fabrication de pièces de formes complexes avec des tolérances faibles, en grand volume et à des coûts de production relativement bas consulté le 18/09/ La sous-traitance en chiffres, Sessi, Chiffres-Clés consulté le 11/01/2005.
20 Le procédé de la métallurgie des poudres est à la fois simple et complexe. Simple parce que les opérations à réaliser, afin d obtenir une pièce, sont de prime abord élémentaires. Complexe car plus la pièce nécessite de précision (dimensions, attributs mécaniques, résistance à la corrosion, etc.), plus le travail devient délicat. La métallurgie des poudres utilise comme matière première des matériaux sous forme de fines poudres et les soumet aux opérations brièvement décrites ci-dessous. Décomposition des différentes étapes de fabrication d une pièce en métallurgie des poudres Source : - préparation de la matière première : le mélange de poudres métalliques utilisé est sélectionné en fonction de la taille et de la forme des particules qui constitueront la poudre de base. Celle-ci est mélangée à des poudres d alliage en y ajoutant un lubrifiant qui sert principalement à réduire l usure des outils de pressage ; - compression (pressage) : une presse mécanique ou hydraulique équipée d un ensemble de matrices et poinçons appelé «outillage» comprime une petite quantité de poudre de façon à donner une forme à la pièce. La forme peut être partielle mais elle est le plus souvent définitive. La pièce ainsi obtenue est un «comprimé» de forme géométrique bien définie mais sans aucune résistance : si on la manipule, elle peut retourner à son état originel (ou presque), c est-à-dire la poudre ;
21 Un secteur regroupant des métiers très différents - frittage : les comprimés sont ensuite disposés sur des plaques ou directement sur une courroie pour circuler dans un four à très haute température. Le frittage consiste à chauffer les pièces à une température légèrement inférieure à la température de fusion du matériau principal afin de créer des liens métallurgiques entre les particules sans pour autant faire fondre le métal ni déformer la pièce ; - opérations secondaires : lorsque la pièce sort du four, elle peut être considérée comme terminée. En général, elle subit des traitements complémentaires, appelés «opérations secondaires», afin d améliorer certaines de ses caractéristiques. L opération la plus commune consiste à ébavurer les pièces afin d éliminer les coins tranchants ou pointus. D autres traitements peuvent être effectués, comme le traitement thermique afin d améliorer la résistance à la traction et à la dureté, l usinage (perçage de petits trous, tournage, etc.) ou l assemblage. F - Le traitement et revêtement des métaux : une multitude de techniques Les procédés du traitement et revêtement des métaux visent à améliorer l aspect des pièces et à les protéger contre la corrosion en les recouvrant d une mince couche inaltérable, imperméable et isolante. Ils peuvent aussi modifier leurs propriétés et caractéristiques physiques. Plusieurs techniques sont utilisées, qui peuvent être regroupées en trois grandes familles : Les revêtements par voie humide 8, cinq types principaux : Les revêtements électrolytiques : un courant électrique réduit le métal d apport (qui est sous forme ionique en solution) à la surface du substrat ; Les revêtements chimiques : la réduction du métal d apport se fait dans un sel dissous (sous forme ionique), sans courant électrique ; L immersion en métal fondu : le substrat est immergé dans le métal d apport fondu, qui vient se solidifier en surface du substrat. La galvanisation, procédé le plus efficace contre la corrosion, appartient à cette technique ; Les traitements de conversion : - l oxydation anodique : l oxygène naissant, provenant de la dissociation électrolytique de l eau, oxyde superficiellement le substrat ; - la chromatation : un composé soluble du matériau d apport (chromate) se combine au substrat par conversion chimique et engendre à sa surface une couche de chromates complexes. 8 Annuaire professionnel 2004/2005, Syndicat national des entreprises d applications de revêtements et traitements de surfaces (SATS).
22 Les procédés de peinture peuvent être classés selon leur mode d application : - la peinture au trempé : on immerge la pièce à peindre dans de la peinture liquide. Ce procédé est réservé aux pièces de forme simple ; - l électrophorèse : ce procédé par immersion fait appel à un générateur de courant. Le courant électrique insolubilise les macromolécules qui vont former une feuille en emprisonnant les additifs et les pigments. D autres traitements utilisés entrent dans cette catégorie des traitements par voie humide. Les revêtements par voie sèche 9 Ils appartiennent à quatre catégories : La projection thermique : le matériau d apport est fondu et pulvérisé sur le substrat dans un courant gazeux. Les sources de chaleur peuvent être une flamme, un arc électrique, un plasma, etc ; Les dépôts P.V.D (dépôt physique en phase vapeur) : le matériau d apport est évaporé par chauffage et se condense sur le substrat. Les dépôts PVD peuvent se faire par évaporation, dépôt ionique ou pulvérisation cathodique ; Les dépôts C.V.D (dépôt chimique en phase vapeur) : le dépôt est réalisé à partir d une atmosphère réactive qui se décompose à la surface de la pièce en formant le composé devant la revêtir ; Les peintures et revêtements organiques : - le coil-coating : la peinture est enduite par des rouleaux sur une bande de subjectile qui se déroule en continu ; - la pulvérisation : la peinture liquide est pulvérisée lors de son passage dans une buse provoqué par une dépression d air autour de la buse (procédé conventionnel), par passage forcé de la peinture dans la buse (procédé sans air) ou par association des deux procédés (procédé mixte). Les traitements thermiques et thermochimiques Les traitements thermiques 10 consistent en une succession de chauffages et de refroidissements. Il existe trois principaux traitements thermiques. La trempe permet d augmenter la dureté d une pièce en acier, par chauffage, puis refroidissement plus ou moins brutal dans un liquide (bain d huile ou d eau) ou un gaz (azote, air). Le revenu sert à améliorer la résistance mécanique des pièces traitées en diminuant la 9 Annuaire professionnel 2004/2005, Syndicat national des entreprises d applications de revêtements et traitements de surfaces (SATS) consulté le 22/04/2005.
23 Un secteur regroupant des métiers très différents dureté et les contraintes thermiques obtenues lors de la trempe. Il se pratique par chauffage à une température inférieure à celle de la trempe. Le recuit est utilisé pour rendre le matériau plus homogène et lui rendre ses propriétés antérieures. Les traitements thermochimiques 11 confèrent à la pièce des propriétés superficielles nouvelles telles que l augmentation de la résistance à l usure, à la corrosion, etc. Les principaux traitements sont au nombre de trois : - la cémentation est réalisée sur des aciers doux en vue d augmenter leur dureté superficielle. Le cément, corps riche en carbone, solide, liquide ou gazeux, permet le transfert puis la diffusion du carbone à la surface de la pièce ; - la nitruration consiste à plonger des pièces usinées dans un milieu libérant de l azote dans le but d obtenir une couche superficielle très dure et une très grande résistance à l usure par frottement ; - la carbonitruration est un procédé de durcissement superficiel permettant au métal d absorber du carbone et de l azote dans une atmosphère constituée de carbone et d ammoniac. La liste des exemples est longue : l isolation thermique pour les bouteilles thermos, la protection aux rayonnements infrarouges pour les visières de casques de pompier, l antirefl et pour les lunettes de soleil, l anticorrosion pour les tôles de voiture, l antistatique pour les plastiques, l anti-oxydation pour les couverts de table, etc. Le marché du traitement et revêtement des métaux est partagé entre les ateliers intégrés et les façonniers. Deux métiers sont prépondérants : la peinture et laque et les revêtements électrolytiques et chimiques. Ces deux familles réunies représentent plus de la moitié des facturations du traitement et revêtement des métaux en Annuaire professionnel 2004/2005, Syndicat national des entreprises d applications de revêtements et traitements de surfaces (SATS).
24 Deux familles dominent * Anodisation (6 %) Thermiques et thermochimiques (12 %) Peinture et laque (31 %) Galvanisation (13 %) Autres revêtements (8 %) Autres traitements (7 %) Électrolytiques et chimiques (23 %) * en pourcentage des facturations Source : Sessi, enquête annuelle de branche, 2005
25 Présentation générale du secteur des services industriels du travail des métaux Un secteur de sous-traitance de proximité Un secteur regroupant des métiers très différents Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées A - De très petites entreprises en majorité B - Parmi les entreprises d au moins 20 salariés, les PME dominent C - Un secteur peu diversifié D - Des activités peu concentrées Un secteur présent sur tout le territoire
26 Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées A - De très petites entreprises en majorité Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, les petites entreprises industrielles sont particulièrement nombreuses par comparaison aux autres activités industrielles. En 2004, les entreprises de moins de 20 salariés du secteur exercent une influence importante puisqu elles représentent 80 % de l ensemble des entreprises, emploient 28 % des effectifs et réalisent 23 % du chiffre d affaires. Au sein des services industriels du travail des métaux, la mécanique industrielle se distingue par le poids encore plus marqué de ces petites entreprises : 39 % des salariés de la mécanique industrielle travaillent dans des entreprises de moins de 20 salariés. À l inverse, dans la forge - estampage - matriçage et le découpage - emboutissage, le poids des entreprises de moins de 20 salariés est proche de la moyenne observée dans l ensemble de l industrie manufacturière. Le décolletage, avec 21 % des salariés employés dans des entreprises de moins de 20 salariés, est dans une situation intermédiaire. Les très petites entreprises (TPE) en 2004 Nombre d entreprises Effectifs salariés Chiffre d affaires millions d euros Part des TPE dans le secteur % Part des TPE dans le secteur % Part des TPE dans le secteur % Mécanique Industrielle Traitement et revêtement des métaux Décolletage Découpage - emboutissage Forge - estampage - matriçage Métallurgie des poudres Champ : entreprises de moins de 20 salariés Source : estimations Sessi à partir des sources de l Insee : DADS, Sirene, Suse
27 B - Parmi les entreprises d au moins 20 salariés, les PME dominent Si les PME (moins de 250 salariés) sont nombreuses dans l industrie manufacturière, elles le sont encore plus dans le secteur des services industriels du travail des métaux. En 2005, 97 % des entreprises sont des PME qui emploient 69 % des salariés et contribuent pour les deux tiers à la réalisation du chiffre d affaires. Leur poids économique est donc important dans le secteur. Les entreprises de 20 salariés ou plus dans le secteur des services industriels du travail des métaux Taille des entreprises Nombre d entreprises Effectifs salariés Chiffre d affaires hors taxes % % millions d euros % 20 à 49 salariés à 99 salariés à 249 salariés à 499 salariés salariés ou plus Total Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise 2005
28 Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées Le poids des PME par activité Chiffre d'affaires hors taxes Effectifs Entreprises Forge - estampage - matriçage Métallugie des poudres Décolletage Découpage - emboutissage Services industriels du travail des métaux Traitement et revêtement des métaux Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Mécanique industrielle La mécanique industrielle regroupe plus d un millier d entreprises comptant au moins 20 salariés, et 98 % d entre elles sont des PME. Le traitement et revêtement des métaux occupe la première place en termes de poids économique avec une contribution de 84 % des PME au chiffre d affaires du secteur (entreprises de 20 salariés ou plus). À l opposé, la forge - estampage - matriçage est fortement influencée par la présence de grandes entreprises, ce qui a une incidence sur la taille moyenne des entreprises. En effet, les entreprises de la forge emploient en moyenne 243 salariés alors que la moyenne pour l ensemble du secteur des services industriels du travail des métaux est de 73 salariés seulement et celle de l industrie manufacturière de 140 salariés. La moyenne des entreprises de la mécanique industrielle est la plus faible avec 58 salariés. %
29 De façon générale, le poids des PME diminue au fil des années au profit des plus grandes entreprises. De ce fait, le nombre moyen de salariés par entreprise a tendance à augmenter. Les effectifs salariés moyens par entreprise Année 1995 Année Métallurgie des poudres Forge - estampage - matriçage Industrie manufacturière Découpage - emboutissage Décolletage Services industriels du travail des métaux Traitement et revêtement des métaux Mécanique industrielle 58 Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise, 1995 et 2005 C - Un secteur peu diversifi é Les entreprises des services industriels du travail des métaux travaillent essentiellement sur leur cœur de métier. En 2005, près de 92 % du chiffre d affaires de la branche est réalisé dans le secteur. C est plus que dans les biens intermédiaires (87 %). La part du premier axe de diversification, à savoir le commerce de gros et intermédiaires, reste faible (1,6 %), comme dans toutes les activités de sous-traitance. En effet, les sous-traitants travaillent «sur ordre», c est-à-dire qu ils produisent en fonction d une demande bien précise du donneur d ordres.
30 Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées Les entreprises des services industriels du travail des métaux sont peu diversifiées Part de la branche dans le secteur % du chiffre d affaires F54 Services industriels du travail des métaux 91,7 J20 Commerce de gros, intermédiaires 1,6 E22 Chaudronnerie, fabrication de réservoirs métalliques et chaudières 1,3 F02 Fabrication d équipements automobiles 1,0 Autres branches 4,4 Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 La métallurgie des poudres est l activité la plus diversifiée. Les entreprises réalisent seulement 40 % de leur chiffre d affaires dans cette branche en Principal axe de diversification, la fabrication d équipements automobiles qui représente près du tiers de leur activité. Les entreprises de la forge - estampage - matriçage réalisent 86 % de leur activité dans cette branche en Leurs activités secondaires évoluent. En effet, de 1998 à 2002, la mécanique industrielle constituait la principale activité secondaire des entreprises de la forge - estampage - matriçage, avec en moyenne 2 % du chiffre d affaires sectoriel. En 2004, le secteur se diversifie puisque 8,9 % de l activité est consacrée au commerce de gros de minerais et métaux. En 2005, la sidérurgie et l étirage à froid apparaissent comme des axes de diversification. Cette diversification dans la sidérurgie permet l approvisionnement en matières premières. À l opposé, l activité du décolletage est la moins diversifiée : en 2005, les entreprises de décolletage réalisaient 97,5 % de leur chiffre d affaires dans la fabrication de pièces décolletées. La profession du décolletage, nécessitant un savoir-faire particulier qui ne s applique pas à d autres activités de sous-traitance industrielle, reste centrée sur son cœur de métier. Le principal axe de diversification, la fabrication de pièces techniques en matières plastiques, représente moins de 1 % du chiffre d affaires du décolletage. Cette diversification permet de réaliser des sous-ensembles composés à la fois de métal et de plastique afin de répondre aux nouvelles exigences des donneurs d ordres. Les entreprises du secteur de la mécanique industrielle sont peu diversifiées. Elles réalisaient en 2005 plus de 90 % de leur activité dans la mécanique industrielle. Pour la première fois en 2003, une activité secondaire notable est apparue avec la chaudronnerie - tuyauterie (2,7 % du chiffre d affaires en 2005). Auparavant,
31 la fabrication de machines spécialisées, branche techniquement très proche de la mécanique industrielle, ne constituait pas une véritable diversification pour les quelques entreprises qui s y étaient lancées. La diversification dans les différentes activités 25.2A - Fabrication de plaques, feuilles, tubes et profi lés en plastique 25.2H - Fabrication de pièces techniques en matières plastiques 27.1Y - Sidérurgie 5,6 27.3A - Étirage à froid 3,7 27.4A et 27.5M - Production de métaux précieux, métallurgie des autres métaux 1,2 non ferreux Part de la branche dans le secteur % 28.4A 28.4B 28.4C 28.5A 28.5C 28.5D 28.1A - Fabrication de constructions métalliques 2,3 28.3C - Chaudronnerie - tuyauterie 2,7 28.4A - Forge - estampage - matriçage 86,5 28.4B - Découpage - emboutissage 93,2 28.4C - Métallurgie des poudres 40,2 28.5A - Traitement et revêtement des métaux 90,7 28.5C - Décolletage 97,5 28.5D - Mécanique industrielle 90,7 28.6D - Fabrication d outillage mécanique 0,6 34.3Z - Fabrication d équipements automobiles 2,1 18,7 50.3A - Commerce de gros d équipements automobiles 0,5 51.4S - Autres commerces de gros de biens de consommation 13,8 51.5C - Commerce de gros de minerais et métaux 1,2 9,7 4,4 0,4 51.8M - Commerce de gros de fournitures et équipements industriels divers 1,0 29.5R - Fabrication de machines spécialisées diverses 0,9 Autres branches 3,0 2,9 17,6 2,1 0,8 4,7 Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, ,5 0,8
32 Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées D - Des activités peu concentrées Le secteur des services industriels du travail des métaux est faiblement concentré. Son chiffre d affaires est réparti entre plus de entreprises de 20 salariés ou plus, le plus souvent de petite taille. Mesuré par l indice d Herfindhal (cf. encadré, page 39), le taux de concentration du secteur est de 0,005 ; le marché est donc équivalent à un marché réparti de manière équitable entre 200 entreprises. Taux de concentration du secteur suivant l indice d Herfindhal* Indice d Herfindhal (H) 1/H Métallurgie des poudres 0,620 2 Forge - estampage - matriçage 0,110 9 Découpage - emboutissage 0, Décolletage 0, Traitement et revêtement des métaux 0, Mécanique industrielle 0, Services industriels du travail des métaux 0, * voir défi nition dans l encadré page 39 Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Si on se réfère à la concentration de la branche de l ensemble des services industriels du travail des métaux ainsi qu à la décomposition par activité, la branche est peu concentrée elle aussi. Les quatre entreprises les plus importantes rassemblent seulement 7 % des effectifs et 8 % des ventes en Cependant elles ont généré plus de 12 % des ventes sectorielles à l exportation. Que l on prenne l indice d Herfindhal ou les indicateurs C4 ou C10 (cf. tableau «la concentration de la branche» et encadré page 38), le classement est identique. Les deux activités extrêmes sont les mêmes : le secteur de la métallurgie des poudres est le plus concentré, en relation avec son faible nombre d entreprises (sept). À l autre extrémité, le secteur de la mécanique industrielle est le moins concentré : parmi les mille entreprises qui le constituent, les quatre plus importantes ne représentent que 9 % des ventes, emploient 11 % des effectifs et réalisent 16 % des ventes à l étranger. La forge - estampage - matriçage est l activité la plus concentrée après l activité de la métallurgie des poudres. Le découpage - emboutissage, le décolletage et le traitement et revêtement des métaux occupent des places intermédiaires.
33 La concentration de la branche Part des quatre premières entreprises C4 % Chiffre Effectifs Exportations d affaires Part des dix premières entreprises C10 % Chiffre d affaires Effectifs Exportations 86,6 86,2 93,1 Métallurgie des poudres 100,0 100,0 100,0 36,6 41,4 45,2 Forge - estampage - matriçage 57,7 60,4 64,1 19,6 18,1 28,1 Découpage - emboutissage 33,9 28,7 49,6 16,5 15,5 28,2 Décolletage 30,4 26,7 45,2 15,3 10,7 48,9 Traitement et revêtement des métaux 23,5 17,6 65,7 11,3 9,2 15,9 Mécanique industrielle 15,7 12,8 27,1 7,7 7,2 12,3 Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Services industriels du travail des métaux 14,1 11,6 23,4
34 Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées Mesure de la concentration Plusieurs indicateurs peuvent être utilisés pour quantifi er la concentration d entreprises dans un secteur : les indices C4 et C10 et l indice d Herfindhal. L indice C4 d un secteur est la part du chiffre d affaires total du secteur réalisée par les quatre premières entreprises ; l indice C10, celle des dix premières. Cette mesure de la concentration présente deux inconvénients : - d une part, elle ne tient pas compte de l équilibre des forces en présence. Un C4 de 80 % peut correspondre à une part de 50 % pour la première entreprise et 10 % pour chacune des trois autres, tout aussi bien qu à une situation moins monopolistique où chacune des quatre premières entreprises réaliserait 20 % du chiffre d affaires global du secteur ; - d autre part, la structure sectorielle ne ressort pas au travers des indices C4 et C10, dans la mesure où ils ne tiennent pas compte du reste des entreprises. On ignore, par exemple, si le reste de la population est constitué de petites, moyennes ou grandes entreprises. L indice d Herfindhal permet de pallier ces défauts en déterminant le degré de concentration de façon plus complète. En outre, il est simple de construction et d interprétation relativement directe. 2 n ei Si N entreprises exercent dans un secteur, l indice d Herfindahl vaut H= i E où ei est le chiffre d affaires hors taxe de l entreprise i dans le secteur et E le chiffre d affaires total des entreprises dans ce secteur. E ei mesure donc la part de l entreprise i dans le chiffre d affaires total du secteur. Par construction, la valeur de H se situe entre 0 et 1. Plus un secteur est concentré, plus H est proche de 1. Inversement, plus le tissu industriel est hétérogène, plus H est faible. Si l on prend l exemple d un secteur dans lequel exercent 10 entreprises qui se répartissent le chiffre d affaires à parts égales, E ei vaut 0,1 et H vaut 0,1. Avec une seule entreprise générant 90 % du chiffre d affaires hors taxe du secteur et neuf autres se répartissant de manière égale le reste du chiffre d affaires, H est alors proche de 0,81 et témoigne d un fort niveau de concentration. La fraction H 1 est aussi souvent calculée pour offrir une interprétation plus intuitive de l indice d Herfindhal. Ce rapport s interprète comme le nombre fictif d entreprises de taille identique qu il faudrait pour obtenir une concentration égale à celle du secteur. Ainsi, un marché d indice 0,2 est équivalent à un marché réparti de manière équitable entre 5 entreprises (5=1/0,2).
35 Présentation générale du secteur des services industriels du travail des métaux Un secteur de sous-traitance de proximité Un secteur regroupant des métiers très différents Un secteur de petites entreprises, peu diversifié et aux activités peu concentrées Un secteur présent sur tout le territoire A - La vallée de l Arve : première concentration mondiale du décolletage B - L activité de la forge - estampage - matriçage est concentrée en Champagne-Ardenne et en Auvergne C - Le découpage - emboutissage : surtout près des pôles de la construction automobile D - La mécanique industrielle est implantée dans les régions fortement industrialisées E - Un tiers des effectifs du traitement et revêtement des métaux travaillent en Rhône-Alpes et en Île-de-France F - La métallurgie des poudres : plus de la moitié des établissements en Rhône-Alpes
36 Un secteur présent sur tout le territoire Activité de proximité par excellence, les services industriels du travail des métaux sont implantés sur l ensemble du territoire. Cependant, la région Rhône-Alpes est de loin la première région d implantation puisque 22 % des établissements y sont installés et 20 % des effectifs y travaillent. Les services industriels du travail des métaux 610 Nombre d'établissements 15 Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Effectif salarié moyen
37 A - La vallée de l Arve : première concentration mondiale du décolletage Le décolletage est caractérisé par un regroupement géographique exceptionnel des opérateurs. En effet, les deux tiers des établissements et des effectifs sont présents en région Rhône-Alpes, dans la vallée de l Arve en Haute-Savoie. La ville de Cluses, à mi-parcours de la vallée, est considérée comme la capitale mondiale du décolletage. De nombreuses entreprises choisissent de s implanter dans cette région proche des frontières allemande, suisse et italienne afin de réduire les coûts de transport. Les deux tiers des établissements du décolletage sont en Rhône-Alpes La région Rhône-Alpes emploie les deux tiers des effectifs du décolletage 170 Nombre d'établissements 5 Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Effectif salarié moyen
38 Un secteur présent sur tout le territoire B - L activité de la forge - estampage - matriçage est concentrée en Champagne-Ardenne et Auvergne Deux régions concentrent l activité de la forge : la Champagne-Ardenne et l Auvergne. La Champagne-Ardenne rassemble 28 % des établissements et 30 % des effectifs de la profession. Les pièces forgées sont conçues dans les usines sidérurgiques dont l activité consiste à passer des matières premières des mines à l alliage désiré. C est probablement l implantation de ce secteur autour des gisements miniers dans le nord-est du pays qui a influencé la répartition géographique des industries de forge. Près de 15 % des établissements et 17 % des effectifs sont localisés en Auvergne, contre respectivement 14 % et 8 % en région Rhône-Alpes. Chacune des autres régions regroupe moins de 7 % des établissements et 8 % des effectifs. La moitié des établissements de la forge sont en Champagne- Ardenne et en Auvergne Près du tiers des effectifs de la forge sont en Champagne- Ardenne Nombre d'établissements 25 1 Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Effectif salarié moyen
39 C - Le découpage - emboutissage : surtout près des pôles de la construction automobile Les entreprises du découpage - emboutissage sont elles aussi implantées sur l ensemble du territoire français, mais trois régions se distinguent. L industrie automobile constituant le principal débouché du découpage - emboutissage, les entreprises sont généralement situées à proximité des usines de montage de véhicules. Près de 40 % des établissements et des effectifs sont, par conséquent, localisés dans les régions de Franche-Comté, Rhône-Alpes et Île-de-France, qui sont autant de pôles de la construction automobile française. 40 % des établissements du découpage - emboutissage sont localisés en Franche-Comté, Rhône-Alpes et Île-de-France Les régions de la Franche-Comté, Rhône-Alpes et Île-de-France rassemblent 40 % des effectifs du découpage - emboutissage Nombre d'établissements 90 2 Effectif salarié moyen Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005
40 Un secteur présent sur tout le territoire D - La mécanique industrielle est implantée dans les régions fortement industrialisées Les établissements de la mécanique industrielle sont implantés sur l ensemble du territoire. Les régions de Rhône-Alpes, d Île-de-France et du Nord - Pas-de-Calais en rassemblent 35 % et près du tiers des effectifs y est localisé. Ces trois pôles sont fortement industrialisés. Les établissements de la mécanique industrielle sont implantés dans les régions fortement industrialisées Le tiers des effectifs de la mécanique industrielle sont localisés en Rhône-Alpes, Île-de-France et Nord - Pas-de-Calais 240 Nombre d'établissements 11 Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Effectif salarié moyen
41 E - Un tiers des effectifs du traitement et revêtement des métaux travaillent en Rhône-Alpes et en Île-de-France Dans les activités du traitement et revêtement des métaux, les établissements sont également répartis sur l ensemble du territoire mais les régions Rhône-Alpes et Îlede-France concentrent, en 2005, près d un tiers des établissements et des effectifs. Plus du tiers des établissements du traitement et revêtement des métaux sont en Rhône-Alpes et Île-de-France Le tiers des effectifs du traitement et revêtement des métaux est en Rhône-Alpes et Île-de-France Nombre d'établissements Effectif salarié moyen Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005
42 Un secteur présent sur tout le territoire F - La métallurgie des poudres : plus de la moitié des établissements en Rhône-Alpes Dans l activité de la métallurgie des poudres, une région se démarque nettement en ce qui concerne l implantation des établissements. En effet, en 2005, plus de la moitié de ces derniers sont localisés en Rhône-Alpes. La part des établissements implantés dans chacune des autres régions est inférieure à 10 %. En termes d effectifs, la région Rhône-Alpes est également en tête avec 56 % des effectifs de la profession. Suivent ensuite la Bourgogne et l Aquitaine, avec respectivement 19 % et 12 % des effectifs. Les autres régions accueillent chacune moins de 5 % des salariés.
43 Économie du secteur des services industriels du travail des métaux Les débouchés : de nombreux marchés où l automobile domine A - L automobile : principal débouché B - Les autres clients : des marchés nombreux et variés C - Les exportations : un débouché limité Les emplois et les salaires Les performances des entreprises
44 Les débouchés : de nombreux marchés où l automobile domine Les marchés clients des services industriels du travail des métaux sont nombreux, diversifiés et différents selon les activités composant le secteur. Cependant, celles-ci se rejoignent sur un point : l industrie automobile au sens large, c est-à-dire l ensemble des constructeurs et équipementiers de véhicules routiers, est de loin le premier débouché. A - L automobile : principal débouché L industrie automobile représente en valeur 45 % des débouchés des entreprises classées dans les services industriels du travail des métaux, soit 7 milliards d euros. Mais la dépendance à l égard de ce client est variable d un secteur à l autre. Dans le découpage - emboutissage et le décolletage, les entreprises réalisent les deux tiers de leur chiffre d affaires avec ce donneur d ordres. Pour la forge - estampage - matriçage, cette proportion atteint 43 %. Elle tombe à moins de 30 % dans la mécanique industrielle et dans le traitement et le revêtement des métaux 12. % La part de l automobile dans les facturations Automobile Source : Sessi, enquêtes annuelles de branche De plus, le poids du secteur automobile n a cessé de se renforcer jusqu en En effet, les facturations destinées à l automobile sont passées de 4,6 milliards d euros en 1997 à 7 milliards d euros en 2005, soit une hausse de plus de moitié en huit ans. 12 Pour le secteur du traitement et revêtement des métaux, les entreprises sont interrogées sur les procédés mais pas sur les marchés. Les résultats sont estimés à dires d experts. L industrie automobile constitue le premier client et représenterait environ 30 % des facturations.
45 Des facturations en hausse millions d'euros Ensemble des facturations des services industriels du travail des métaux Source : Sessi, enquêtes annuelles de branche La part croissante de ce secteur s explique par les stratégies d externalisation massive de certaines tâches de production menées par les constructeurs d automobiles. Mais, même si l externalisation a permis d augmenter fortement les volumes d activité des services industriels du travail des métaux, elle n a pas que des avantages. Un rapport de force s est installé entre les donneurs d ordres et les sous-traitants. Cherchant sans cesse à diminuer les coûts de production, les industries clientes exercent des pressions de plus en plus fortes. Des constructeurs d automobiles s installent dans les pays de l Europe de l Est et certains sous-traitants sont contraints de les suivre. C est pourquoi, depuis 2004, la part de l automobile dans les facturations du secteur tend à diminuer : après un maximum de 47,8 % en 2003, elle est revenue à 45 % en Pour préserver leurs parts de marché, les professionnels du secteur doivent privilégier leur compétitivité en matière de prix. Cette situation se traduit inévitablement par une compression des marges des sous-traitants, encore plus importante en période de hausse des prix des matières premières. Dans la facture globale adressée à l industrie automobile, le découpage - emboutissage se détache : il assure la moitié des facturations, suivi de la mécanique industrielle (17 %). Ces scores ne sont pas surprenants puisque ces activités constituent les deux composantes principales du secteur, que ce soit en termes de chiffre d affaires ou d effectifs. Viennent ensuite le décolletage, la forge - estampage - matriçage, la métallurgie des poudres et enfin le traitement et revêtement des métaux.
46 Les débouchés : de nombreux marchés où l automobile domine Le découpage - emboutissage assure la moitié des facturations destinées à l automobile Mécanique industrielle (17 %) Découpage - emboutissage (51 %) Traitement et revêtements des métaux (7 %) Décolletage (14 %) Source : Sessi, enquêtes annuelles de branche 2005 Forge - estampage - matriçage et métallurgie des poudres (11 %) La forte dépendance des sous-traitants vis-à-vis des constructeurs d automobiles qui exigent une organisation de la production en flux tendus explique, pour le secteur du découpage - emboutissage, leur implantation géographique à proximité des usines de montage des véhicules 13. B - Les autres clients : des marchés nombreux et variés Les activités des services industriels du travail des métaux sont caractérisées par la multiplicité de leurs marchés. Ces services fournissent des secteurs aussi divers que l aéronautique, les équipements mécaniques, la construction navale et ferroviaire ou le bâtiment. La quasi-totalité des secteurs industriels ont recours aux services industriels du travail des métaux. Les industries clientes autres que l automobile représentaient 55 % des facturations totales du secteur en 2005, soit 8,6 milliards d euros. La mécanique industrielle dispose de débouchés mieux répartis que les autres corps de métiers des services industriels du travail des métaux. Ses secteurs clients font, néanmoins, tous partie de l industrie des biens d équipement. 13 cf. cartes page 46
47 Les débouchés de la forge et de la métallurgie des poudres Les débouchés du découpage - emboutissage Autres * (57 %) Industrie automobile (37 %) Engins mécaniques, réacteurs nucléaires, chaudières (1 %) Travaux publics (2 %) Manutention et levage (1 %) Agriculture, industrie forestière, horticulture (2 %) * La part des autres débouchés est élevée car l'enquête annuelle de branche ne fournit pas le détail des secteurs clients pour le forgeable libre, l'extrusion à froid et l'estampage des métaux non ferreux. Industrie automobile (66 %) Métaux non ferreux (tous marchés) (4 %) Mécanique, réacteurs nucléaires, chaudières (3 %) Électrotechnique (9 %) Autres (18 %) Les débouchés du décolletage Véhicules routiers * (65 %) Autres (10 %) Électrotechnique (9 %) Robinetterie (4 %) Réacteurs nucléaires, chaudières, machines, appareils et engins mécaniques (4 %) Véhicules aériens (4 %) Produits mécaniques de précision et optique (4 %) * Les véhicules routiers rassemblent les automobiles, les cycles, les tracteurs et les autres véhicules terrestres. Source : Sessi, enquête annuelle de branche, 2005 Les débouchés de la mécanique industrielle Autres (20 %) Industrie aéronautique (15 %) Électrotechnique (3 %) Équipement industriel (19 %) Entretien et réparation (20 %) Véhicules routiers (23 %) C - Les exportations : un débouché limité Les performances à l exportation des entreprises du secteur des services industriels du travail des métaux sont très en retrait par rapport au reste de l industrie et aux biens intermédiaires. Le secteur, très peu tourné vers l extérieur, affiche un taux d exportation de 21 % en 2005, deux fois moindre que celui de l ensemble de l industrie. Nombreux sont les obstacles à l obtention d un taux d exportation direct élevé. Les activités de sous-traitance sont exercées principalement à proximité des donneurs d ordres.
48 Les débouchés : de nombreux marchés où l automobile domine Les pièces produites sont incorporées dans le produit final et ne sont donc pas comptabilisées isolément dans les exportations. Par ailleurs, la propension à exporter est corrélée à la taille des entreprises et les services industriels du travail des métaux sont composés essentiellement de petites structures. Néanmoins, des différences apparaissent entre les activités composant les services industriels du travail des métaux. La forge - estampage - matriçage se démarque et arrive en tête avec un taux d exportation de 42,1 %, deux fois plus élevé que dans l ensemble du secteur et supérieur à celui de l industrie manufacturière. Cette bonne performance à l exportation s explique à la fois par l implantation géographique de la forge - estampage - matriçage (un tiers des effectifs est concentré en Champagne- Ardenne, ce qui favorise les échanges avec l Allemagne) et par la petite taille des pièces livrées, qui amoindrit les coûts de transport. Ces mêmes raisons font que le décolletage se distingue lui aussi : son taux d exportation atteint 35,6 % et plus des deux tiers de ses effectifs se concentrent en région Rhône-Alpes, notamment en Haute-Savoie dans la vallée de l Arve. Cette localisation favorise les échanges avec la Suisse, l Allemagne et l Italie. Part exportée du chiffre d affaires Forge - estampage - matriçage Décolletage Métallurgie des poudres Services industriels du travail des métaux Découpage - emboutissage Traitement et revêtement des métaux Mécanique industrielle % Source : Sessi, enquête annuelle de branche, 2005
49 Économie du secteur des services industriels du travail des métaux Les débouchés : de nombreux marchés où l automobile domine Les emplois et les salaires A - Le secteur perd des emplois B - Caractéristiques des emplois et des salaires C - Les formations offertes sont nombreuses et diversifiées Les performances des entreprises
50 Les emplois et les salaires Depuis 2003, le secteur des services industriels du travail des métaux perd des emplois. Le recours aux emplois intérimaires est pour ce secteur une variable d ajustement, ce qui est usuel dans la sous-traitance. Industrie de main-d œuvre, le secteur industriel du travail des métaux emploie une forte proportion d ouvriers - parmi lesquels les ouvriers non qualifiés sont sur-représentés - et les salariés sont en moyenne plus jeunes que dans les autres secteurs d activité. Ces facteurs expliquent que les rémunérations y soient inférieures à celles de l ensemble de l industrie manufacturière. La formation initiale offre des formations allant du CAP au BTS. Même si la formation continue est en retard par rapport à l ensemble des secteurs, elle est un vecteur de diffusion des savoir-faire fort apprécié des professionnels. A - Le secteur perd des emplois 1 - Les effectifs des services industriels du travail des métaux diminuent depuis 2003 Les effectifs du secteur ont augmenté de 1998 à 2002, parfois à un rythme soutenu (+ 4 % entre 2000 et 2001). À l inverse, l ensemble de l industrie manufacturière a connu un repli du nombre de ses salariés à deux reprises pendant la même période et une croissance modérée en et À partir de l année 2003, les effectifs sont en baisse dans tous les secteurs, et celui des services industriels du travail des métaux enregistre même une diminution de 5,3 % en 2003.
51 Évolution des effectifs 4 % Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Champ : entreprises de toute taille Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales, Le secteur a recours aux intérimaires L intérim joue un rôle important dans l ajustement rapide de l emploi. Les services industriels du travail des métaux y font beaucoup appel. Le taux de recours à l intérim dans le secteur est supérieur à celui de l ensemble de l industrie manufacturière (9,6 % contre 7,2 % en 2005) 14. Le manque de visibilité sur les commandes à venir fait de ce type d emploi la meilleure solution pour s adapter aux fluctuations de la demande. Face aux afflux de commandes en 2000 et 2001, le nombre d intérimaires a considérablement augmenté (respectivement et personnes contre et en 1998 et 1999). À l inverse, en période de restriction de l activité, leur nombre régresse ( et en 2002 et 2003). Le recours à l intérim confère ainsi au secteur une flexibilité indispensable pour répondre aux exigences des donneurs d ordres. 14 Le taux de recours à l intérim est le rapport du nombre d intérimaires aux effectifs employés.
52 Les emplois et les salaires Part des intérimaires dans les effectifs 12 % Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise 3 - Le recrutement se heurte à la pénurie de personnel qualifi é Des difficultés de recrutement Les entreprises des services industriels du travail des métaux rencontrent de réels problèmes pour recruter du personnel. En 2001, la part d entrepreneurs ayant des difficultés à recruter s élevait à 48 % pour les entreprises de 0 à 9 salariés et jusqu à 80 % pour les entreprises de 10 à 19 salariés 15. Les organisations professionnelles des différentes activités confirment le fait : «La mécanique industrielle est confrontée à une grande diffi culté pour recruter des tourneurs et des fraiseurs», indique le Syndicat professionnel de la mécanique industrielle. Le Syndicat du décolletage a également signalé cette difficulté récurrente de recrutement dans son domaine. Actuellement, la demande de titulaires d un baccalauréat professionnel est très forte pour combler les besoins de la production. L activité du traitement et revêtement des métaux connaît aussi un manque de main-d œuvre, selon un chef d entreprise rencontré. Plus particulièrement, la progression des emplois qualifiés est un enjeu majeur pour les services industriels du travail des métaux. Face à la modernisation des outils de production (machines à commande numérique notamment), le besoin en personnel qualifié est notoire. Ainsi, 42 % des entreprises de 0 à 9 salariés et 66 % des entreprises de 10 à 19 salariés du secteur déclaraient, en 2001, manquer de personnel qualifié. 15 Insee, enquête annuelle d entreprise (EPEI), 2001
53 souvent liées à une image négative de l industrie L industrie en général souffre d une mauvaise image globale et d une méconnaissance de la réalité et de la diversité de ses métiers. Ceux-ci sont délaissés par les jeunes, si bien que certaines filières souffrent d un important déficit de main-d œuvre. Pour y remédier, une campagne de valorisation des métiers de l industrie auprès des jeunes, de leurs parents et des enseignants a été mise en place depuis Son objectif était de faire connaître quelques aspects des métiers de l industrie et de donner envie aux jeunes d y travailler. Une série de programmes de télévision courts, intitulée «C est moi qui l ai fait», a été diffusée à des heures de grande écoute (12h et 20h) entre fin octobre 2004 et mars 2005 pour la première campagne. Dans ces émissions, de jeunes professionnels présentaient leur métier. Un portail Internet ( a également été mis en place. Il donne accès à un jeu interactif «Avec l industrie, mon aventure commence» qui permet de découvrir l industrie et fournit des adresses utiles 16. La seconde campagne, qui s est déroulée en , a été un succès. Plus de visiteurs ont fréquenté le site Une troisième édition en a été lancée avec le soutien du ministère de l éducation nationale, de l enseignement supérieur et de la recherche. Elle est tout particulièrement destinée aux enseignants des collèges et lycées et met un matériel pédagogique à leur disposition. 16 Par exemple, pour les personnes souhaitant s orienter vers l industrie, le portail Internet assure le lien direct vers le site des organismes de référence tels que l Afpa (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes) ou l Onisep (Office national d information sur les enseignements et les professions), etc.
54 Les emplois et les salaires Des actions de formation sont menées régulièrement pour remédier à cette pénurie de main-d œuvre : Ainsi, en 1990, l opération «Mille techniciens pour le décolletage» avait été lancée dans le but de former, et d embaucher par la suite, des jeunes de moins de 25 ans. Cette opération s adressait à des titulaires d un BEP, bac professionnel, BTS ou DUT de micro-mécanique. Un contrat de qualification leur était proposé avec une partie théorique et une partie pratique. À la fin de ce contrat, l embauche définitive était assurée. L opération a été un succès puisqu elle avait permis d intégrer nouveaux techniciens au cours des années quatre-vingt-dix. En 2001, une nouvelle action de promotion a été lancée : l opération «1 500 techniciens de plus» pour remplacer la précédente campagne. Les résultats sont encourageants. En effet, de 2001 à 2004, 460 personnes ont été ainsi recrutées. L objectif de techniciens pour le décolletage devrait être atteint en Source : consulté le 16/06/2005. De plus, les syndicats professionnels apportent leur soutien aux entreprises en matière de formation. En effet, dans un monde industriel en mutation permanente, la formation constitue le plus sûr moyen d actualiser les connaissances et de préparer aux métiers de demain. Par exemple, le Centre technique du décolletage dispose d un centre de formation continue où sont offerts tous les stages techniques nécessaires à l évolution technologique. B - Caractéristiques des emplois et des salaires 1 - Les emplois du secteur sont peu qualifiés Le secteur des services industriels du travail des métaux se caractérise par une forte présence ouvrière. Les ouvriers représentaient près de 70 % des effectifs du secteur en 2004, contre 53 % dans l ensemble de l industrie manufacturière. Plus précisément, les ouvriers qualifiés regroupent la moitié des effectifs. La moindre qualification du secteur est liée, en partie, à la plus forte proportion de petites structures comparée à l industrie manufacturière et à la part des ouvriers de moins de 25 ans, plus importante dans le secteur.
55 Répartition des effectifs du secteur Ouvriers non qualifiés Ouvriers qualifiés Employés Cadres moyens Chefs d'entreprises, cadres supérieurs % Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de toute taille Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales, 2004 Toutefois, la proportion d ouvriers qualifiés dans les services industriels du travail des métaux a eu tendance à diminuer depuis 1996, après une progression de 7 % dans l ensemble du secteur de 1990 à 1996 (et de 18 % dans le décolletage 17 ). Cette hausse avait compensé la diminution des effectifs d ouvriers non qualifiés. L automatisation croissante des tâches de production (comme les tours à décolleter ou les machines à commande numérique) avait, en effet, conduit à cette hausse des qualifications. Entre 1996 et 2004, la proportion d ouvriers non qualifiés reste orientée à la baisse mais dans une moindre mesure. En affinant l analyse pour chaque activité du secteur, des différences de répartition apparaissent entre ouvriers qualifiés et non qualifiés. La mécanique industrielle est l activité qui privilégie le plus la qualification. En effet, les ouvriers qualifiés y représentent près de 56 % des effectifs, soit presque 19 points de plus que dans l industrie. Cette forte représentation se fait au détriment des ouvriers non qualifiés. À l opposé, les ouvriers non qualifiés sont beaucoup plus présents dans le décolletage et le traitement et revêtement des métaux en comparaison avec l ensemble du secteur 17 Les services industriels du travail des métaux, Chiffres clés Analyse, n 204, Sessi
56 Les emplois et les salaires (8 points d écart). Selon les professionnels, la nature des tâches explique ce constat. Par exemple, pour la galvanisation, une des techniques du traitement et revêtement des métaux, la tâche consiste simplement à accrocher et décrocher les pièces à traiter. La qualification des emplois Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Mécanique industrielle Décolletage Traitement et revêtement des métaux Métallurgie des poudres Découpage - emboutissage Forge - estampage - matriçage Chefs d'entreprise, cadres supérieurs Employés Ouvriers non qualifiés Champ : entreprises de toute taille Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales, 2004 Cadres moyens Ouvriers qualifiés L ensemble des chefs d entreprise, cadres supérieurs et cadres moyens sont peu représentés dans les services industriels du travail des métaux. Ces catégories totalisent une part de salariés près de deux fois moins élevée que dans l ensemble de l industrie manufacturière. La petite taille des entreprises explique la faiblesse du taux d encadrement. Dans les très petites entreprises, il y a peu de cadres techniques et commerciaux, ces fonctions étant souvent assurées par le chef d entreprise. C est pourquoi, dans ce secteur, les chefs d entreprise représentent 1,5 % des effectifs, soit une proportion double de celle de l industrie manufacturière. %
57 2 - Les salariés sont jeunes Globalement, les salariés des services industriels du travail des métaux sont sensiblement plus jeunes que ceux de l ensemble de l industrie manufacturière. Les salariés de moins de 25 ans représentent 8,9 % des effectifs (6,7 % dans l industrie manufacturière). Ceux de plus de 50 ans y sont au contraire moins présents (22,8 % dans le secteur et 24,8 % dans l industrie manufacturière). L utilisation de techniques récentes - les machines à commande numérique notamment - et le développement des réseaux informatisés favorisent l embauche de jeunes salariés. Toutefois, l emploi de personnel plus expérimenté reste important dans certaines activités comme la forge - estampage - matriçage. Les apprentis représentent 1,5 % des effectifs (1 % dans l industrie manufacturière) et leur présence contribue à la part plus forte des salariés de moins de 25 ans. La mécanique industrielle se distingue avec 2,2 % d apprentis. La structure de cette activité, dominée très nettement par les petites entreprises, explique cette proportion plus importante. Les embauches ayant été limitées au début des années 1990, l âge moyen des professionnels du secteur augmente légèrement (38 ans en 1998 et 39,8 ans en 2004). La part des salariés de moins de 30 ans diminue alors que celle des plus de 50 ans augmente, ce qui laisse augurer de nombreux départs dans les années à venir. Le remplacement du personnel, et par conséquent la transmission des savoir-faire, deviendront les préoccupations majeures du secteur.
58 Les emplois et les salaires Des salariés sensiblement plus jeunes dans les services industriels du travail des métaux Hommes 65 ans Femmes 55 ans 45 ans 35 ans 25 ans Industrie manufacturière Travail des métaux Champ : entreprises de toute taille Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales, ans Industrie manufacturière Travail des métaux 3 - Des rémunérations en moyenne plus faibles dans le secteur La structure des emplois du secteur, où dominent les emplois ouvriers - dont une proportion notable d ouvriers peu qualifiés - entraîne une moindre rémunération moyenne des salariés par rapport à ceux de l ensemble de l industrie manufacturière. En 2004, le salaire horaire net moyen dans les services industriels du travail des métaux s élevait à 10,8 contre 12,7 dans l industrie manufacturière, soit un salaire inférieur de 15 %. En effet, la profession du travail des métaux concentre une proportion d ouvriers nettement supérieure et une part plus faible de cadres moyens et supérieurs.
59 Les salariés des services industriels du travail des métaux sont moins rémunérés quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle. Les plus fortes disparités concernent les chefs d entreprise et les cadres supérieurs. L écart avec le salaire dans l industrie manufacturière atteint 17 % pour ceux-ci et 12 % pour ceux-là. La catégorie des ouvriers qualifiés est celle où les salaires sont, tout en restant inférieurs, les plus proches de l industrie manufacturière, avec seulement 2 % d écart. Les salaires horaires nets moyens sont plus faibles dans les services industriels du travail des métaux Industrie Services industriels du travail des métaux Forge - estampage - matriçage Découpage - emboutissage Métallurgie des poudres Traitement et revêtement des métaux Décolletage Mécanique industrielle Ensemble 12,7 10,8 10,7 10,5 13,3 10,2 11,5 10,9 dont hommes dont femmes Chefs d entreprises, cadres supérieurs euros 13,3 11,1 10,9 10,9 13,5 10,5 12,3 11,0 11,0 9,3 9,4 8,9 12,1 9,1 9,2 9,7 24,0 22,2 24,0 22,1 29,1 22,3 23,1 21,8 Cadres 13,2 12,5 12,6 12,2 13,5 12,4 13,6 12,5 moyens Employés 9,8 9,3 9,5 9,3 11,1 9,2 9,6 9,2 Ouvriers 9,7 9,5 9,7 9,2 11,4 8,9 10,3 9,6 qualifiés Ouvriers non qualifiés 8,4 8,1 8,3 7,9 9,8 7,8 8,7 8,2 Champ : entreprises de toute taille Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales, 2004
60 Les emplois et les salaires Au sein du secteur, à l exception de la métallurgie des poudres, il n existe pas de fortes disparités entre les activités, dont les rémunérations sont relativement comparables. La profession du traitement et revêtement des métaux est un peu moins rémunératrice. La répartition des effectifs par catégorie socioprofessionnelle explique cet écart puisque les ouvriers non qualifiés, surreprésentés dans cette activité, tirent le salaire net moyen de l ensemble de la profession vers le bas et placent, ainsi, l activité en dernière place. 4 - Des disparités de rémunérations entre hommes et femmes Les femmes sont peu présentes dans les services industriels du travail des métaux Le secteur des services industriels du travail des métaux est très peu féminisé. En 2004, femmes y travaillaient, soit 16,5 % des effectifs totaux. Dans le secteur manufacturier français, pourtant lui-même deux fois moins féminisé que l ensemble de l économie, elles représentaient une part de près de 28 %. Des différences encore plus marquées apparaissent pour certaines activités. En effet, la mécanique industrielle et la forge - estampage - matriçage emploient une part encore plus faible de femmes. À l inverse, le décolletage et le découpage - emboutissage sont les activités les plus féminisées de l ensemble du secteur et tendent à se rapprocher, sur ce point, de l industrie manufacturière. Le travail de précision et la forte automatisation de ces deux activités expliquent, en grande partie, cette proportion supérieure de femmes. Les services industriels du travail des métaux : un secteur très peu féminisé Forge - estampage - matriçage Découpage - emboutissage Part des femmes dans les effectifs totaux de chaque activité Métallurgie des poudres Traitement et revêtement des métaux Décolletage Mécanique industrielle Services industriels du travail des métaux Industrie % 13,7 21,6 15,4 21,2 26,7 11,7 16,5 27,6 Champ : entreprises de toute taille Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales, 2004
61 Les femmes dans les services industriels du travail des métaux : surtout des ouvrières non qualifiées % 60 57, ,9 30, ,1 16,3 19,5 15,8 10 8,4 4,6 1,7 0,8 0,9 0 Chefs d'entreprise Cadres supérieurs Cadres moyens Employés Ouvriers qualifiés Hommes Femmes Champ : entreprises de toute taille Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales, 2004 Ouvriers non qualifiés Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, les femmes sont en majorité des ouvrières non qualifiées (près du tiers des effectifs féminins totaux en 2004) alors que les hommes sont surtout des ouvriers qualifiés. Elles occupent par ailleurs une forte proportion des postes d employés, où elles sont plus présentes que dans l ensemble de l industrie manufacturière hors énergie (27,9 % des effectifs féminins, contre 21 %). Elles sont rarement cadres supérieurs et en proportion deux fois moins nombreuses que les hommes à diriger une entreprise. Dans ce secteur, la plupart des catégories socioprofessionnelles sont masculines à plus de 80 %. Mais les ouvriers non qualifiés comptent plus de 28 % de femmes et la catégorie des employés fait exception, avec 85 % de femmes dans ses effectifs. Dans l industrie, les femmes s orientent plutôt vers les secteurs traditionnellement dits «féminins» comme ceux de l habillement, du cuir, de la pharmacie ou de la parfumerie. Ces deux secteurs présentent les taux de féminisation les plus élevés (respectivement 70 % et 55 % en 2003) 18. En dehors des secteurs industriels, les femmes se tournent principalement vers le domaine Éducation - santé - action sociale où elles représentent 73 % des effectifs employés et vers l administration où elles occupent 51 % des emplois Insee, Enquête emploi 2003 en continu consulté le 25/05/2005 (Union des industries et des métiers de la métallurgie).
62 Les emplois et les salaires Le recrutement des femmes est une préoccupation réelle pour le monde industriel. Dans les services industriels du travail des métaux où les difficultés de recrutement sont importantes, les femmes représentent un réservoir de main-d œuvre. Leur dextérité et leur minutie sont recherchées, particulièrement dans le décolletage qui requiert une grande précision. Des campagnes d information sont donc menées à leur intention. Une enquête sur la mixité 20 a été réalisée par la profession auprès de 60 entreprises du décolletage afin de savoir si la mixité était une opportunité ou, au contraire, une contrainte pour les décolleteurs. Grâce à l automatisation croissante, le secteur semble être devenu plus accueillant pour les femmes. Selon la réalisatrice de l enquête, «le poids des paniers ayant baissé et les machines étant de plus en plus équipées d embarreurs automatiques», les femmes peuvent désormais occuper des postes dans cette industrie. À la question «Seriez-vous prêt à intégrer des femmes formées sur vos postes pénuriques?», 82 % des entreprises interrogées ont répondu oui. Les principaux freins à l égalité entre hommes et femmes sont liés avant tout à des problèmes d ergonomie des postes (64 %) et de culture (36 %). La profession met aussi en cause un manque de communication auprès des femmes pour «qu elles sachent que des postes existent pour elles.» 21. Cette enquête conduit ses auteurs à la conclusion que «les postes ( ) en pénurie pour le futur nécessiteront moins d efforts physiques ( ), plus de technicité et d autonomie». Ainsi, la pénibilité ne semble plus une barrière à l embauche des femmes. Certains professionnels du secteur voient même la mixité comme un avantage, au niveau relationnel par exemple. De plus, autre atout non négligeable, la région Rhône-Alpes, où cette enquête a été réalisée, aide les entreprises qui favorisent l intégration des femmes. Les inégalités de rémunération sont importantes Les disparités de rémunération entre les hommes et les femmes restent fortes. Cependant, en moyenne, l écart de rémunération dans les services industriels du travail des métaux n apparaît pas significativement différent de celui de l industrie manufacturière. En 2004, les femmes travaillant dans le secteur percevaient une rémunération horaire nette inférieure de 16 % à celle des hommes contre 17 % dans l ensemble de l industrie manufacturière. 20 «Une enquête sur la mixité», Le décolletage n 181, janvier-février «Acceptez les femmes», Le décolletage n 181, janvier-février 2005.
63 En général, les femmes occupent principalement des postes d ouvrières non qualifiées (près du tiers) et d employées (environ 30 %). Très peu sont chefs d entreprise (moins de 1 %). D autres facteurs tels que la structure par âge, l ancienneté, peuvent contribuer aux écarts de salaires hommes / femmes. Mais, même lorsque l on élimine les effets de ces phénomènes «mesurables», le salaire moyen des femmes reste inférieur à celui de leurs collègues masculins, ce qui reflète probablement certaines formes de discrimination dans les niveaux de rémunération. De plus, il existe de grandes inégalités entre les activités. L écart atteint 25 % dans le décolletage et seulement 12 % dans la mécanique industrielle. Cette activité est d ailleurs celle où les femmes sont le plus payées. Des écarts apparaissent encore plus marqués au niveau des catégories socioprofessionnelles : les femmes à la direction d une entreprise percevaient un salaire inférieur de 22 % à celui des hommes en 2004 et 17 % pour les ouvrières qualifiées. La déclaration annuelle des données sociales La déclaration annuelle des données sociales (DADS) est une formalité administrative que doit accomplir toute entreprise ayant employé des salariés au cours de l année civile. Dans ce document, commun aux administrations sociales et fiscales, les employeurs sont tenus de communiquer les traitements qu ils ont versés, les effectifs employés et une liste de leurs salariés indiquant, pour chacun, le montant des rémunérations salariales perçues. La mesure des qualifications se fonde sur la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS), dont la dernière version date de La nomenclature des professions utilise les définitions suivantes : Chefs d entreprise, cadres supérieurs : artisans, commerçants et chefs d entreprise de dix salariés ou plus, professions libérales, cadres administratifs et commerciaux, ingénieurs, cadres techniques d entreprise. Cadres moyens : instituteurs, professions intermédiaires de la santé et du travail social, professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises, techniciens, contremaîtres, agents de maîtrise. Employés : employés administratifs d entreprise, employés du commerce. Ouvriers qualifiés : ouvriers qualifiés de type industriel ou artisanal, chauffeurs, ouvriers qualifiés de la manutention, du magasinage et du transport. Ouvriers non qualifiés : ouvriers non qualifiés de type industriel ou artisanal, ouvriers agricoles.
64 Les emplois et les salaires C - Les formations offertes sont nombreuses et diversifi ées 1 - L offre de formation initiale est diversifiée Les métiers conduisant aux professions des services industriels du travail des métaux attirent de moins en moins de jeunes, au point que les effectifs des formations spécialisées dans le secteur ont chuté lourdement au cours de la période (- 25 %). Cette tendance est générale dans l ensemble des spécialités de production, mais de manière moins marquée (- 7 % pendant la période considérée). Excepté un regain d attractivité en 1997, le nombre de jeunes scolarisés ne cesse de se replier depuis Cette évolution est à mettre aussi en rapport avec la baisse démographique des jeunes scolarisés. Évolution du nombre d élèves des spécialités menant aux métiers des services industriels du travail des métaux Évolution du nombre d élèves de l ensemble des spécialités de production nombre d'élèves nombre d'élèves Source : Ministère de l éducation nationale, DEPP L éducation nationale propose un large éventail de formations aux métiers des services industriels du travail des métaux sur l ensemble du territoire français. Ainsi, en 2006, vingt huit diplômes différents sont recensés dans cette spécialité, qui se répartissent de la façon suivante : sept baccalauréats professionnels, trois baccalauréats technologiques, trois BEP, sept BTS, trois CAP et cinq mentions complémentaires dont deux de niveau bac et trois de niveau CAP-BEP. Les jeunes optent massivement pour les BEP, qui rassemblent près de la moitié des effectifs totaux de la spécialité. Les baccalauréats technologiques, diplômes
65 recherchés par les professionnels, scolarisent un tiers des effectifs. Le reste des effectifs se partage entre les baccalauréats professionnels, les BTS, les CAP et les mentions complémentaires. Du CAP au diplôme d ingénieur, la gamme des formations est complète. En 2005, le taux de réussite dans les spécialités menant aux métiers des services industriels du travail des métaux est légèrement inférieur à celui de l ensemble des spécialités de production (respectivement 72 % et 75 %). La forte présence des BEP, qui ont moins bien réussi à la session 2005, explique en partie cette moindre performance. 2 - Malgré des progrès sensibles, la formation continue reste en retard Pour compléter la formation initiale, les salariés peuvent accéder à la formation continue. Entre 1985 et 1995, la progression du secteur du travail des métaux en matière de formation continue a été forte, mais le retard était important par rapport à l ensemble des autres secteurs de l économie. Le taux de participation financière 22 des entreprises du secteur du travail des métaux a pratiquement doublé en une dizaine d années (2,2 % en 1995, contre 1,2 % en 1985) 23. Malgré cette amélioration, le secteur reste en retrait (3,5 % en 1995) dans l ensemble des secteurs de l économie. L écart tend à se réduire légèrement depuis lors, car le taux de participation financière, tous secteurs confondus, diminue (3,2 % en moyenne de 1995 à 2001 et 3 % en 2004) alors que celui du secteur du travail des métaux se stabilise autour de 2,3 % (2,2 % en 2004). La formation continue Taux d accès Taux de participation financière % Secteur du travail des métaux 27,5 2,2 Tous secteurs de l économie 39,0 3,0 Champ : entreprises de 10 salariés ou plus Source : déclarations fi scales des employeurs 2004, exploitation Céreq 22 Le taux de participation financière correspond au montant total des dépenses de formation rapporté à la masse salariale. 23 Céreq, champ : salariés des établissements de 10 salariés ou plus.
66 Les emplois et les salaires Le personnel concerné par la formation continue a également doublé entre 1985 et Le taux d accès à la formation continue 24 dans le secteur du travail des métaux, qui était de 23,0 % en 1995, progresse les années suivantes (26,5 % en moyenne entre 1999 et 2001) pour atteindre 27,5 % en Même si l ensemble des secteurs devance largement le secteur du travail des métaux (avec un taux de 39 % en 2004), l écart diminue progressivement. Taux de participation financière selon la taille des entreprises de 10 à 19 salariés de 20 à 49 salariés de 50 à 249 salariés de 250 à 499 salariés de 500 à salariés salariés ou plus Ensemble % Secteur du travail des métaux 1,63 1,90 2,24 2,57 2,69 3,62 2,24 Tous secteurs de l économie 1,74 1,97 2,37 2,77 3,32 3,95 2,97 Champ : entreprises de 10 salariés ou plus Source : déclarations fi scales des employeurs 2004, exploitation Céreq Plusieurs facteurs expliquent le plus faible effort en formation du secteur du travail des métaux. D une part, la participation des entreprises à l effort de formation croît avec la taille de l entreprise ; or, le secteur du travail des métaux est surtout composé de petites entreprises. D autre part, la structure des emplois intervient : les ouvriers, nombreux dans ce secteur, accèdent moins facilement à la formation continue. Un ouvrier du secteur du travail des métaux bénéficie chaque année de cinq heures de formation continue alors qu ingénieurs ou cadres du même secteur obtiennent en moyenne quinze heures. Nombre d heures de formation annuelle par salarié selon la catégorie socio-professionnelle Ouvriers Employés Techniciens et agents de maîtrise Ingénieurs et cadres Ensemble Secteur du travail des métaux Tous secteurs de l économie Champ : entreprises de 10 salariés ou plus Source : déclarations fi scales des employeurs 2004, exploitation Céreq 24 Le taux d accès à la formation est le rapport entre le nombre de salariés participant à une formation et l effectif total
67 Pour en savoir plus : À lire : POUGET (Julien) et SKALITZ (Anne), «Les salaires dans les entreprises en 2004», Insee Première, n 1067, février RIGNOLS (Elisabeth), «L emploi des femmes dans l industrie, la qualité plutôt que la quantité», Le 4 Pages, Sessi, n 200, janvier À consulter : La formation continue : http ://
68 Économie du secteur des services industriels du travail des métaux Les débouchés : de nombreux marchés où l automobile domine Les emplois et les salaires Les performances des entreprises A - L activité progresse B - Les exportations augmentent C - L augmentation du prix des matières premières renforce la hausse des consommations intermédiaires D - Le taux de valeur ajoutée est élevé mais il diminue E - Les dépenses de personnel pèsent lourd dans la valeur ajoutée F - Le taux de marge brute et la profitabilité sont faibles mais progressent G - L investissement reprend en 2005 H - Les fonds propres ne suffisent pas à financer les investissements I - Le crédit-bail finance 16 % des investissements J - Les délais de paiement sont importants en 2005
69 Les performances des entreprises De 1995 à 2005, le secteur a connu une croissance d activité de 63 %. Caractéristique d un secteur de sous-traitance, le taux de valeur ajoutée est élevé et le coût de la main-d œuvre représente plus de 80 % de la valeur ajoutée. Malgré une hausse importante du prix des matières premières, la rentabilité économique se redresse et les investissements repartent. Cependant les délais de paiement sont toujours trop longs. Les principaux ratios en 2005 Services industriels du travail des métaux Biens intermédiaires Industrie manufacturière Croissance du chiffre d affaires % Taux d exportation : exportations/chiffre d affaires % Taux de valeur ajoutée : valeur ajoutée/chiffre d affaires % Frais de personnel/vaht % Productivité apparente du travail (VAHT/effectifs employés) k Productivité apparente du capital % (VAHT/immobilisations brutes) Taux de marge brute : excédent brut d exploitation/vaht % Taux de profi t : résultat net comptable/caht % 1,4 2,5 2,8 Effort d investissement : investissements+crédit-bail/ % VAHT+redevances crédit-bail Taux d autofi nancement : capacité d autofi nancement/ % investissements corporels Part du crédit-bail : crédit-bail/crédit-bail+investissements corporels % Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 A - L activité progresse Le chiffre d affaires du secteur a progressé de 63 % de 1995 à 2005, soit un taux de croissance annuel moyen de 5 %. C est plus que dans l ensemble de l industrie manufacturière, qui ne progresse que de 35 % pendant la même période.
70 Indices de croissance du chiffre d affaires base 100 en Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Cette croissance s explique à la fois par la hausse des prix et par celle des volumes. Toutefois, après l année 2000, la hausse des prix est plus importante et les volumes sont en diminution. Indices d évolution de la production en prix et en volume 110 base 100 en Indice valeur Indice prix Indice volume Sources : Insee, Sessi
71 Les performances des entreprises Évolution du chiffre d affaires entre 1995 et 2005 Services industriels du travail des métaux Mécanique industrielle Découpage - emboutissage Évolution entre 1995 et % 67 % 78 % 6,0 5,6 milliards d'euros 17,3 Traitement et revêtement des métaux Forge - estampage - matriçage Décolletage Métallurgie des poudres 34 % 2,0 72 % 1,8 35 % 1,6 168 % 0, Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Toutes les activités du secteur enregistrent une hausse du chiffre d affaires pendant la période, mais celles du découpage - emboutissage et de la forge - estampage - matriçage connaissent la plus forte progression avec respectivement 78 % et 72 %. B - Les exportations augmentent Même si la tendance s améliore au cours de la période , les performances à l exportation des entreprises de l ensemble des services industriels du travail des métaux sont très en retrait par rapport au reste de l industrie manufacturière ou même aux biens intermédiaires. Le secteur n a exporté qu un cinquième de sa production en 2005, c est-à-dire deux fois moins en proportion que l ensemble de l industrie manufacturière.
72 Le taux d exportation progresse exportations/chiffre d'affaires hors taxes, % Industrie manufacturière Biens intermédiaires Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, 2005 Le taux d exportation croît avec la taille de l entreprise 50 exportations/valeur ajoutée hors taxes, % à 49 salariés 50 à 99 salariés 100 à 249 salariés Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête annuelle d entreprise, à 499 salariés 500 salariés ou plus Biens intermédiaires
73 Les performances des entreprises La propension à exporter est fortement liée à la taille de l entreprise. Cela est vrai dans l ensemble de l industrie manufacturière mais également dans le secteur des services industriels du travail des métaux, composé de petites entreprises. Si les entreprises de 20 à 49 salariés réalisent 11 % de leur chiffre d affaires à l exportation, ce taux passe à un tiers pour celles qui emploient entre 250 et 499 salariés. Les entreprises de 500 salariés ou plus du secteur des services industriels du travail des métaux font exception. En effet, elles appartiennent essentiellement aux activités du découpage - emboutissage et de la mécanique industrielle, qui sont les moins exportatrices du secteur. De la difficulté à appréhender les exportations dans le secteur des services industriels du travail des métaux Activité de sous-traitance de proximité, le secteur des services industriels du travail des métaux ne fabrique pas un produit final mais fournit des pièces qui seront incorporées dans des sous-ensembles. En outre, des traitements ou des revêtements sont appliqués pour améliorer l aspect ou la durabilité des pièces. La Douane ne comptabilise pas ces produits, ni les traitements ou les revêtements qui sont des services. C - L augmentation du prix des matières premières renforce la hausse des consommations intermédiaires Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, les consommations intermédiaires ont tendance à augmenter, notamment depuis l année Les exigences renforcées des donneurs d ordres incitent les sous-traitants de ce secteur à élargir leur offre en adjoignant à leur production propre, des activités qui peuvent mettre en œuvre des matériaux non métalliques. Ils doivent souvent fournir des éléments complets ou des sous-ensembles intégrant des pièces achetées ailleurs, ce qui augmente leurs consommations intermédiaires.
74 La part des consommations intermédiaires augmente 75 consommations intermédiaires/chiffre d'affaires hors taxes, % Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise De plus, depuis la fin de l année 2003, les prix mondiaux de l acier ont connu une brusque accélération. Cette hausse touche de nombreux secteurs industriels mais la filière automobile n est pas en situation de répercuter vers les équipementiers, les constructeurs et le client final la hausse du prix de l acier supportée par ses soustraitants. Indice d évolution des prix des produits sidérurgiques Base 100 en années Source : Insee, indice des prix à la production
75 Les performances des entreprises C est avant tout la croissance de la demande chinoise qui a été à l origine des tensions observées sur le marché mondial de l acier depuis Après avoir baissé début 2005, les prix augmentent à nouveau. Dans un contexte général de tension sur les prix des produits pétroliers et des matières premières, la hausse des prix s est accentuée depuis l été Les prix des principaux métaux d alliage sont également à nouveau en hausse : % en onze mois pour le zinc, flambée du nickel (cours multiplié par 2,5 depuis le début 2006 en raison des achats massifs des producteurs d acier inoxydable). L augmentation du prix de l acier pèse sur le secteur des services industriels du travail des métaux, gros utilisateur de cette matière première. C est le cas notamment de la forge et du découpage - emboutissage, pour lesquels la part des achats de matières premières rapportée au chiffre d affaires est importante. Dans le secteur de la forge, où la croissance est la plus forte entre 2004 et 2005, le poids des matières premières rapporté au chiffre d affaires est passé de 30 % à 42 %. Le secteur du traitement et revêtement des métaux, et plus particulièrement les entreprises qui pratiquent la galvanisation, sont touchés par l augmentation du prix du zinc. Évolution du prix du zinc Londres, $ par tonne années Source : Insee, cours des matières premières
76 Les sous-traitants sont d autant moins en mesure de répercuter entièrement la hausse des prix des matières premières que les contrats signés avec les constructeurs automobiles sont parfois pluriannuels. Le taux de marge sur coûts variables permet d apprécier si la hausse a pu être répercutée. Pour l ensemble du secteur des services industriels du travail des métaux, ce taux s est dégradé entre 2002 et 2005 : il est passé de 38,6 % à 36,7 %. C est le décolletage qui a le moins répercuté la hausse (le taux de marge sur coûts variables a diminué de 43,2 % à 39,1 %), suivi par le découpage - emboutissage. D - Le taux de valeur ajoutée est élevé mais il diminue La valeur ajoutée du secteur suit la même tendance que le chiffre d affaires avec une croissance un peu inférieure. Entre 1995 et 2005, la progression est de 43 %. Le taux d intégration ou taux de valeur ajoutée - rapport de la valeur ajoutée hors taxe au chiffre d affaires - traduit l importance des transformations que les entreprises font subir aux produits. En effet, un mouvement de recentrage des grands secteurs industriels sur leur métier de base a conduit à un transfert de valeur ajoutée. Ainsi, le processus d externalisation a eu pour effet de concentrer la valeur ajoutée chez les sous-traitants. C est pourquoi le taux de valeur ajoutée est structurellement élevé dans le secteur des services industriels du travail des métaux : 37 % contre 27 % dans l industrie manufacturière. L industrie automobile, en particulier, a délégué une partie substantielle de ses activités. Son taux de valeur ajoutée a, par conséquent, diminué : il est de 17 % en Les donneurs d ordres ont le choix entre faire eux-mêmes ou externaliser en fonction de la conjoncture. Lorsque l activité est importante, ils externalisent ; au contraire, si la conjoncture est mauvaise, ils ont tendance à réintégrer des opérations. Les soustraitants leur apportent ainsi de la souplesse de fonctionnement. Quoiqu élevé, le taux de valeur ajoutée dans le secteur des services industriels du travail des métaux tend à diminuer. Cette baisse est en grande partie due à l augmentation des consommations intermédiaires.
77 Les performances des entreprises Le taux de valeur ajoutée reste élevé 50 valeur ajoutée hors taxes/chiffre d'affaires hors taxes, % Services industriels du travail des métaux Biens intermédiaires Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise La mécanique industrielle a le taux de valeur ajoutée le plus élevé (44 %). En effet, depuis plusieurs années, les entreprises de ce secteur se tournent vers des activités à plus forte valeur ajoutée comme l entretien et la maintenance d ordre mécanique, activité qui est devenue le second débouché du secteur de la mécanique industrielle. De plus, l appareil productif français vieillit, si bien que les entreprises industrielles recourent de plus en plus à la maintenance industrielle, l entretien et la réparation alimentant ainsi l activité des professionnels de la mécanique industrielle. E - Les dépenses de personnel pèsent lourd dans la valeur ajoutée Structurellement, les frais de personnel sont très élevés dans les activités de soustraitance. Ils représentent plus de 80 % de la valeur ajoutée hors taxe dans le secteur des services industriels du travail des métaux. La part de la valeur ajoutée mobilisée par l ensemble du facteur travail est beaucoup plus faible dans les biens intermédiaires et l industrie manufacturière. Si, jusqu en 2002, la tendance était à la hausse, l année 2003 marque le pas et la part des frais de personnel dans la valeur ajoutée tend ensuite à se réduire, tant dans les services industriels du travail des métaux que dans l industrie manufacturière.
78 Rémunération du travail frais de personnel/valeur ajoutée hors taxes, % Services industriels du travail des métaux Biens intermédiaires Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise Les services industriels du travail des métaux sont des industries de main-d œuvre. En dépit d une forte valeur ajoutée dégagée par les entreprises du secteur, la productivité apparente du travail - valeur ajoutée rapportée aux effectifs employés - y est plus faible que dans le reste de l industrie manufacturière et les biens intermédiaires. Ainsi, un salarié du travail des métaux produit une valeur ajoutée d un montant de euros en Ce montant s élève la même année à euros pour les biens intermédiaires et euros pour l industrie manufacturière. La tendance est cependant à la hausse dans le secteur des services industriels du travail des métaux grâce à une augmentation de la valeur ajoutée combinée à une diminution des effectifs.
79 Les performances des entreprises Augmentation de la valeur ajoutée et diminution des effectifs dans le secteur des services industriels du travail des métaux valeur ajoutée hors taxes, millions d'euros effectifs employés, nombre Valeur ajoutée hors taxes Effectifs employés Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise 0 Productivité apparente du travail et du capital La productivité apparente du travail ne tient compte que du seul facteur travail comme ressource mise en œuvre. Le terme «apparente» rappelle que la productivité dépend de l ensemble des facteurs de production, travail et capital et de la façon dont ils sont combinés. La productivité apparente du travail est mesurée en rapportant la richesse créée au facteur travail. La richesse créée est mesurée par la valeur ajoutée en volume. Le volume de travail est mesuré par le nombre de personnes employées. De même la productivité apparente du capital ne tient compte que du seul facteur capital comme ressource mise en œuvre. La productivité apparente du capital est mesurée en rapportant la richesse créée au facteur capital. La richesse créée est mesurée par la valeur ajoutée. Le capital est mesuré par le volume de capital mis en œuvre dans le processus de production c est-à-dire par les immobilisations brutes.
80 Cette faible productivité du travail est liée aux activités de pure sous-traitance où le poids des charges de personnel est très élevé. Par ailleurs, les prix et les quantités sont préalablement définis dans les cahiers des charges. Le secteur n a que très peu d activités commerciales susceptibles de créer de la valeur. Productivité apparente du travail structurellement inférieure dans le secteur 65 milliers d'euros par personne Industrie manufacturière Biens intermédiaires Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise Une productivité apparente du capital élevée dans le secteur valeur ajoutée hors taxes/immobilisations brutes, % Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Biens intermédiaires Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise
81 Les performances des entreprises F - Les taux de marge brute et de profi tabilité sont faibles mais progressent Le taux de marge brute - rapport de l excédent brut d exploitation à la valeur ajoutée - est un indicateur de la rémunération des capitaux de l entreprise. Dans le secteur, il est inférieur de 9 points à celui de l industrie manufacturière. Cependant, après avoir baissé jusqu en 2003, il s est redressé pour atteindre 16,5 % en Évolution du taux de marge brute 35 excédent brut d exploitation/valeur ajoutée hors taxes, % Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise
82 Résultat net comptable et profitabilité* dans le secteur millions d'euros RNC / CAHT, % 3,0 2,5 2,0 1,5 1,0 0, Résultat net comptable Profitabilité* * résultat non comptable/chiffre d affaires hors taxes, en pourcentage Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise 0 Contraintes par leurs prix de vente et l envolée de leurs coûts d approvisionnement, les entreprises du secteur des services industriels du travail des métaux ont vu leur profitabilité - rapport du résultat net comptable au chiffre d affaires - chuter jusqu en 2003 mais, en 2004 et 2005 les résultats s améliorent. En 2005, l industrie manufacturière reste néanmoins deux fois plus performante. Ces résultats peuvent inciter les entreprises du secteur à reprendre le chemin de l investissement pour améliorer leur offre technique. G - L investissement reprend en 2005 Après un repli jusqu en 2002, les services industriels du travail des métaux relancent progressivement leurs investissements à partir de A l inverse, l industrie manufacturière et les biens intermédiaires restent prudents jusqu en En 2005, la reprise semble réelle et l effort d investissement du secteur (qui prend en compte le crédit-bail : cf. encadré, page 99) atteint 14 %, niveau supérieur à celui de l ensemble de l industrie manufacturière. Les performances économiques conditionnent les comportements industriels. Le retournement de la conjoncture en 2000 explique la baisse de l investissement les années suivantes. Avec un décalage d un an, le redémarrage de l activité industrielle en 2004 se fait sentir et les entreprises des services industriels du travail des métaux
83 Les performances des entreprises investissent en 2005 dans du gros matériel ou de nouvelles lignes de production. Une nouvelle filière spécialisée dans les pièces forgées pour moteurs d avion est créée. Dans le secteur du traitement et revêtement des métaux, une ligne de pré-laquage en continu pour l enrobage de fines bobines d aluminium voit le jour. Effort d investissement du secteur * % Biens intermédiaires Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière * effort d investissement = investissements corporels + nouveaux contrats de créditbail/valeur ajoutée hors taxes + redevances de crédit-bail Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise H - Les fonds propres ne suffi sent pas à fi nancer les investissements Le manque de fonds propres vient s ajouter à la faiblesse du taux de marge brute. En 2005, la capacité d autofinancement - qui représente les ressources brutes restant dans l entreprise à l issue de l exercice - s élève à 698 millions d euros dans les services industriels du travail des métaux. Sa part dans la valeur ajoutée est très en dessous de celle de l industrie manufacturière et de celle des biens intermédiaires et, malgré sa progression, l écart avec l ensemble des autres secteurs ne se réduit pas. Le taux d autofinancement - qui rapporte la capacité d autofinancement au montant des investissements - s élève à 92 % dans le secteur en C est presque deux fois moins que dans l ensemble de l industrie manufacturière.
84 Évolution du taux d autofinancement du secteur capacité d'auto-financement/investissements corporels, % Industrie manufacturière Biens intermédiaires Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise Les charges financières des services industriels du travail des métaux se contractent depuis 2001, les entreprises ayant moins investi. D autre part, la taille des entreprises du secteur explique l écart qu il y a avec l ensemble de l industrie manufacturière, l accès à l emprunt étant plus difficile pour les petites entreprises. Le poids des charges financières diminue 12 charges financières/valeur ajoutée hors taxes, % Biens intermédiaires Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise
85 Les performances des entreprises I - Le crédit-bail fi nance 16 % des investissements Le crédit-bail est une autre source d endettement qu il faut ajouter aux investissements. En effet, au niveau comptable, les loyers du crédit-bail sont incorporés dans les charges externes (cf. encadré, page 99). Les services industriels du travail des métaux utilisent beaucoup ce mode de financement. En moyenne, le crédit-bail finance 16,4 % des investissements du secteur contre 5,1 % pour l industrie manufacturière et 6,8 % pour les biens intermédiaires. Ainsi, une entreprise du secteur sur cinq déclare avoir conclu des nouveaux contrats de crédit-bail en 2005, pour un montant de 149 millions d euros. Elles sont trois sur quatre à acquitter des redevances de crédit-bail. Fort recours au crédit-bail dans le secteur 25 crédit-bail/investissements + crédit-bail, % Services industriels du travail des métaux Biens intermédiaires Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise Malgré un coût du crédit-bail supérieur à celui du crédit bancaire, les services industriels, composés majoritairement de petites entreprises, privilégient ce mode de financement car il leur est plus accessible. La taille des entreprises a une influence sur le recours au crédit-bail : plus les effectifs sont importants, moins les entreprises y ont recours. En 2005, dans les entreprises de 20 à 49 salariés, la part du crédit-bail est de 21 % ; elle n est que de 4,7 % dans celles employant au moins 500 salariés. Ce fort recours au crédit-bail est à rapprocher de la moindre capacité d autofinancement des entreprises du secteur par rapport à celles des biens intermédiaires et de l industrie
86 manufacturière. En effet, les entreprises des services industriels du travail des métaux ne disposent pas de fonds propres suffisants pour fi nancer intégralement leurs investissements. Elles ont recours au crédit-bail pour acquérir du matériel qui devient très vite obsolète. Les entreprises utilisatrices de crédit-bail ont en moyenne un taux d autofinancement inférieur à celles qui n y ont pas recours. En 2005, les entreprises ayant réglé des redevances de crédit-bail enregistrent un taux d autofinancement de 82 % contre 133 % pour les autres. En prenant en compte les redevances de crédit-bail dans l excédent brut d exploitation et dans la valeur ajoutée, l écart du taux de marge brute entre le secteur des services industriels du travail des métaux et l industrie manufacturière se réduit de deux points environ. Évolution du taux d autofinancement Capacité d autofi nancement / investissements, % Sans redevance de crédit-bail Ensemble du secteur Avec redevance de crédit-bail Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquêtes annuelles d entreprise
87 Les performances des entreprises L effort global d investissement D un point de vue comptable, les équipements financés par crédit-bail ne sont pas considérés au même titre que l investissement corporel. Ils n augmentent pas les immobilisations et ne font pas l objet d amortissement. Les redevances sont inscrites en charges. D un point de vue économique, l importance de ce mode de financement dans les services industriels du travail des métaux conduit à corriger la mesure de l effort d investissement. Le montant des contrats est alors assimilé à de l investissement corporel. En conséquence, les soldes de gestion, tels que la valeur ajoutée et l excédent brut d exploitation, doivent être redressés en fonction des redevances de crédit-bail. Le taux d investissement, initialement exprimé par le ratio investissements corporels / CAHT devient : Effort d investissement = Investissements corporels + nouveaux contrats de crédit-bail / VAHT + redevances de crédit-bail. Cette approche permet de rétablir l importance des acquisitions. Elle améliore aussi les comparaisons avec les autres secteurs industriels. Le crédit-bail Le crédit-bail est une forme de leasing fi nancier réglementé par la loi du 2 juillet 1966 (modifiée le 28 septembre 1967). Il donne au locataire la faculté d acquérir, en fin de bail, tout ou partie des biens d équipement loués, moyennant un prix convenu qui tient compte des loyers versés. Aux termes de cette loi, le crédit-bail ne peut être consenti que par des établissements de crédit officiellement enregistrés.
88 J - Les délais de paiement sont importants en 2005 Pour la France, l Italie, l Espagne ou le Portugal, les délais de paiement des factures (cf. encadré, page 103) constituent une difficulté majeure en raison de leur ampleur, contrairement à ce qui se passe en Allemagne, aux États-Unis ou au Japon. En 2006, dans l ensemble de l économie française, les délais de paiement sont en moyenne de 66 jours, contre 47 jours 25 en Allemagne. Il faut cependant noter des disparités autour de cette moyenne selon les secteurs et la taille des entreprises. Les services et le commerce observent les délais de paiement les plus courts. Cette situation est préoccupante car les délais imposés par les clients se traduisent, en amont, par un allongement des délais subis par les fournisseurs. Pour les petites entreprises, cela provoque une baisse des marges d exploitation et de la rentabilité financière qui les fragilisent. C est pourquoi, début 2006, le Premier ministre a souhaité «une meilleure définition des relations entre les PME, l État et les grands groupes». Le Ministre de l Économie, des finances et de l industrie a inscrit cette action dans une politique industrielle globale consistant à aider le tissu des PME à se développer et à croître pour avoir davantage d entreprises moyennes, capables au surplus d innover et d exporter. L objectif affiché était de créer davantage de croissance et de valeur en jouant sur les synergies internes aux filières, dans la même logique que celle des pôles de compétitivité. L amélioration des relations entre grands industriels et PME (équipementiers et sous-traitants) devait contribuer à cette dynamique. Dans ce cadre, un groupe de travail, rassemblant tous les acteurs concernés, a été créé et a fait des propositions qui ont débouché sur la réactivation de l Observatoire des délais de paiement à l automne 2006 et sur la signature, le 24 janvier 2007, d un Code de bonnes pratiques relatif à la relation client-fournisseur dans la sous-traitance industrielle. La loi de modernisation de l économie du 4 août 2008, impose un délai de paiement maximum en France. Les délais de paiement sont désormais strictement encadrés : depuis le 1 er janvier 2009, ils ne peuvent dépasser 45 jours fin de mois ou 60 jours à compter de la date d émission de la facture. La Loi renforce les sanctions applicables en cas de retard de paiement. 25 Intrum European Index, 2006
89 Les performances des entreprises 1 - Influence de l importance de la sous-traitance reçue Les travaux de la Commission permanente de concertation industrielle (CPCI) ont montré que la présence d une forte sous-traitance peut influer fortement sur les délais de paiement. Entre sous-traitants et donneurs d ordres, ces délais apparaissent sensiblement plus longs que les délais habituels entre entreprises qui n entretiennent pas de relation de cette nature : - 39 % des entreprises sous-traitantes ne sont payées par leurs clients qu avec un délai de 90 jours au moins, alors que 30 % seulement des entreprises qui ne prennent pas de travaux en sous-traitance sont dans cette situation ; - 43 % des entreprises donneuses d ordres paient leurs sous-traitants avec, en moyenne, un délai de plus de 90 jours, alors que seules 25 % des entreprises qui confient peu ou pas de travaux à des sous-traitants subissent le même délai de leurs fournisseurs. Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, secteur de soustraitance, les délais accordés aux clients sont en moyenne plus importants que dans l ensemble de l industrie manufacturière (respectivement 81 jours et 78 jours). De plus, 43 % des entreprises du secteur subissent des délais supérieurs à 90 jours pour seulement 32 % dans l ensemble de l industrie manufacturière.
90 Répartition cumulée des entreprises selon les délais de paiement (en jours) accordés aux clients 210 nombre de jours % cumulé Taux de sous-traitance reçue 0% > 90 % Note de lecture : 50 % des entreprises sous-traitantes sont payées par leurs clients dans un délai de 80 jours au minimum tandis que les entreprises non sous-traitantes sont payées dans un délai de 75 jours. Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Insee, fi chiers BRN 2004 Les délais de paiement accordés aux clients sont supérieurs dans les services industriels du travail des métaux 210 nombre de jours % cumulé Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Note de lecture : 50 % des entreprises du secteur des services industriels du travail des métaux sont payées par leurs clients dans un délai supérieur à 84 jours. Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Insee, fi chiers BRN 2004
91 Les performances des entreprises Définitions Méthodologie relative aux délais de paiement Délais accordés aux clients : ils sont présentés sous forme de ratio rapportant la somme des créances sur les clients. Le quotient est multiplié par 360 pour être exprimé en jours de chiffre d affaires. Créances clients + effets portés à l escompte et non échus Délais clients = x 360 Chiffre d affaires hors taxes + montant de la TVA collectée Délais obtenus des fournisseurs : ils sont présentés sous forme de ratio rapportant les dettes envers les fournisseurs aux achats et autres charges externes. Le quotient est multiplié par 360 pour être exprimé en jours d achats. Dettes fournisseurs Délais fournisseurs = x 360 Achats de marchandises + achats de matières premières + autres achats + montant de la TVA déductible Solde du crédit interentreprises : c est la différence entre les créances sur les clients (y compris les effets escomptés non échus) et les dettes envers les fournisseurs, exprimée en jours de chiffre d affaires total. (Créances clients + effets portés à l escompte et non échus) - dettes fournisseurs Solde = x 360 Chiffre d affaires hors taxes + montant de la TVA collectée Deux méthodes différentes Les délais de paiement et le solde du crédit interentreprises peuvent être appréhendés de deux façons : L approche par la moyenne des ratios individuels Après le calcul des ratios individuels, on calcule leur moyenne non pondérée. Cette approche microéconomique où chaque entreprise, quelle que soit sa taille, a le même poids dans le calcul de la moyenne, permet de prendre en compte l hétérogénéité des observations individuelles. C est la méthode retenue dans l étude.
92 L approche selon les ratios moyens Le solde du crédit interentreprises est dans ce cas égal à la différence entre le total des créances sur les clients et le total des dettes envers les fournisseurs de toutes les entreprises, cette différence étant rapportée au total des chiffres d affaires et le quotient multiplié par 360. Cette approche accorde à chaque entreprise un poids proportionnel à sa taille et reflète donc plutôt le comportement des grandes entreprises. Elle repose sur le calcul d un ratio moyen qui peut être interprété comme la moyenne des ratios individuels pondérés par le dénominateur de chaque ratio.
93 Les performances des entreprises 2 - Les délais de paiement diminuent avec la taille des entreprises Si, dans l industrie manufacturière, la taille des entreprises n apparaît pas comme un facteur très discriminant en matière de délais de paiement consentis aux clients, ce n est pas le cas dans le secteur des services industriels du travail des métaux. En effet, les entreprises de 20 à 49 salariés, les plus nombreuses dans ce secteur, supportent en moyenne des délais de paiement de plus de 82 jours, contre 73 jours pour celles qui emploient entre 250 et 499 salariés. Face aux grands donneurs d ordres, les entreprises de petite taille ont un moindre pouvoir de négociation des délais de paiement. Les délais de paiement consentis diminuent quand la taille de l entreprise augmente 84 nombre de jours Ensemble 20 à 49 salariés 50 à 99 salariés 100 à 249 salariés Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Insee, fi chiers BRN à 499 salariés 500 salariés ou plus À l intérieur du secteur, le délai moyen de paiement accordé aux clients varie d une activité à l autre. De 81 jours en 2004 dans l ensemble du secteur des services industriels du travail des métaux, ce délai atteint son maximum dans la mécanique industrielle (86 jours) ; celui de la forge - estampage - matriçage est à 65 jours. L effet taille joue ici puisque la forge - estampage - matriçage ne compte que 25 % d entreprises de 20 à 49 salariés tandis que la mécanique industrielle est composée à 70 % d entreprises de cette taille.
94 Délais moyens de paiement accordés aux clients selon l activité Forge - estampage - matriçage Décolletage Découpage - emboutissage Traitement et revêtement des métaux Services industriels du travail des métaux Mécanique industrielle nombre de jours Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Insee, fi chiers BRN Les délais de paiement accordés aux clients tendent à diminuer Les délais de paiement accordés aux clients tendent à se réduire. Entre 2000 et 2004, ils ont diminué de quatre jours dans l industrie manufacturière et de six jours dans le secteur des services industriels du travail des métaux. La plus forte baisse concerne l activité de la forge - estampage - matriçage, où la contraction s est élevée à 21 jours. C est dans la mécanique industrielle, où les délais sont les plus longs, que la baisse s opère le plus difficilement.
95 Les performances des entreprises Évolution des délais de paiement accordés aux clients Évolution 2004/2000 Nombre de jours Forge - estampage - matriçage Découpage - emboutissage Traitement et revêtement des métaux Décollage Mécanique industrielle Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Insee, fi chiers BRN 2000 à Les délais de paiement aux fournisseurs sont longs De façon symétrique, les entreprises qui accordent des délais de paiement importants aux clients obtiennent des délais élevés de paiement de leurs fournisseurs. C est le cas pour le secteur des services industriels du travail des métaux. Les délais obtenus des fournisseurs s élèvent en moyenne à 84 jours, soit trois jours de plus que dans l ensemble de l industrie manufacturière. L écart entre les délais clients et fournisseurs est donc le même. Dans le secteur, 20 % des entreprises paient leurs fournisseurs avec en moyenne un délai de moins de 60 jours, contre 30 % dans l industrie manufacturière.
96 Répartition cumulée des entreprises selon les délais de paiement obtenus des fournisseurs 210 nombre de jours % cumulé Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Insee, fi chiers BRN 2004 La taille des entreprises a, dans le secteur des services industriels du travail des métaux, une influence sur les délais de paiement aux fournisseurs. Plus elles sont de petite taille et plus le délai qu elle obtiennent pour régler leurs fournisseurs est court. Pour les entreprises de 20 à 49 salariés, le délai est de 82 jours ; pour celles employant entre 100 et 249 salariés, il est de 87 jours ; il atteint 95 jours pour celles de 500 salariés ou plus. De même, en matière de délai de paiement par les clients, le pouvoir de négociation entre sous-traitants et fournisseurs est moindre pour les plus petites sociétés. Les délais de paiement aux fournisseurs, comme les délais de paiement des clients, ont tendance à diminuer. Entre 2000 et 2004, les délais se sont réduits de sept jours dans le secteur des services industriels du travail des métaux, et de deux jours seulement dans l industrie manufacturière.
97 Les performances des entreprises 5 - Un solde du crédit interentreprises plus important que dans l industrie manufacturière Exprimé en jours de chiffres d affaires HT, le solde du crédit interentreprises, est de 34 jours pour le secteur des services industriels du travail des métaux, soit dix jours de plus que dans l industrie manufacturière. Dans le secteur, la taille des entreprises a une influence sur ce ratio. Les entreprises de 20 à 49 salariés ont un solde de 38 jours, il est de 29 jours pour celles qui emploient entre 50 et 99 salariés et tombe à 12 jours pour les entreprises de 250 salariés ou plus. Le secteur est donc fortement prêteur et cela pèse sur la trésorerie des entreprises. En définitive, les délais de paiement reflètent les rapports de force entre les donneurs d ordres et les sous-traitants.
98 Pour en savoir plus : À lire : Rapport annuel 2006 de l Observatoire des délais de paiement, décembre SADDIER (Martial), Les délais de paiement dans la sous-traitance industrielle : constats et propositions. Rapport du député de Haute-Savoie à François Loos, ministre délégué à l industrie À consulter : Tableau de bord de l acier : Résultats de l enquête annuelle d entreprise 2005 :
99 Enjeux du secteur Les nouveaux enjeux de la sous-traitance A - Quatre stratégies de sous-traitance B - Des exigences spécifiques selon les clients C - Trois critères de positionnement des activités des services industriels du travail des métaux Les groupes dans le secteur Les relations interentreprises focalisées sur la production Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Quelques réponses aux défis à relever
100 Les nouveaux enjeux de la sous-traitance Depuis plus d une décennie, les entreprises doivent s adapter à de nouveaux modes managériaux, à l intensification de la concurrence et à l émergence de nouvelles techniques de coordination interentreprises. Selon la théorie des coûts de transaction de Williamson, une entreprise décidera de «faire» elle-même (internalisation) ou de «faire faire» par un tiers (externalisation) selon la solution qui minimise le mieux ses coûts. Le salon annuel de la sous-traitance européenne, Alliance, a commandité une étude inédite et originale sur le profil des entreprises de sous-traitance en Cette enquête, disponible sur Internet, a été réalisée auprès d un échantillon représentatif de donneurs d ordres. Les chiffres ont été traités par Ipsos Opérations 26. A - Quatre stratégies de sous-traitance Selon cette étude, il n existerait plus une sous-traitance mais quatre types de soustraitance. En effet, un sous-traitant ne vivrait plus la même réalité selon qu il fait des petites ou grandes séries, des produits très spécifiques ou très concurrentiels. Ces quatre types de sous-traitance répondraient aux quatre préoccupations majeures des donneurs d ordres, correspondant elles-mêmes aux volumes des commandes et à l état du marché : Les quatre stratégies de la sous-traitance Grandes séries Compétitivité Prix Haut niveau de technicité Petites et moyennes séries Flexibilité Proximité Offre concurrentielle Faible valeur ajoutée Technicité Offre spécifique Forte valeur ajoutée 26 consulté le 25/01/2005.
101 1 - La recherche de coûts d approvisionnement plus bas Les sous-traitants, pour être plus compétitifs, disposeraient de deux solutions : soit le recours à une productivité accrue et une automatisation des processus, soit le recours à la main-d œuvre des pays économiquement avantageux (cf. la Logan, initialement destinée aux pays émergents). Face à la mondialisation, les sous-traitants doivent repenser leur organisation pour réaliser des gains de compétitivité déterminants. Selon les cas, ils peuvent accompagner les donneurs d ordres sur leurs marchés (nationaux ou internationaux), ou mettre en place des actions pour vendre moins cher, ou acheter moins cher ou encore produire moins cher. Pour cela, différentes mesures sont possibles : - modifier leur organisation afin de diminuer les coûts directs et indirects ; - optimiser leur recherche de fournisseurs (nationaux et internationaux) ; - prendre un risque pour investir ; - initier un développement sur d autres marchés, dans d autres pays. La délocalisation vers les pays économiquement avantageux est présentée par les uns comme le phénomène qui détruira à terme la sous-traitance et par d autres comme l issue de secours en dehors de laquelle il n y aura pas de salut pour la sous-traitance. La délocalisation serait une stratégie incontournable pour les produits de grande série, matures ou en fin de vie, sur lesquels il existe une visibilité. Mais certains produits sont délocalisés alors que leur contenu logistique ou technique fait qu ils ne devraient pas l être. La sous-traitance de compétitivité entraînerait des délocalisations de grandes et moyennes séries très concurrentielles. A moins de disposer d une automatisation et d une robotisation poussées pour réduire les coûts salariaux, ces entreprises ne garderaient la plupart du temps en France que les produits à forte valeur ajoutée. Il convient cependant de relever deux observations : - les coûts de délocalisation sont élevés et la démarche est complexe et risquée. Cette solution serait donc plutôt adoptée par des entreprises de plus de 100 ou 200 salariés, en faible proportion parmi les entreprises de sous-traitance ; - la délocalisation serait recommandée pour les grandes et moyennes séries très concurrencées, sur lesquelles la part de main-d œuvre est importante. Or, la majorité des sous-traitants se positionnent sur les petites séries de flexibilité et de proximité. 2 - La recherche de flexibilité et d adaptabilité Pour une entreprise plongée dans un environnement qui bouge, la flexibilité devient une condition de son développement et de sa survie. Suivre de manière plus souple
102 Les nouveaux enjeux de la sous-traitance un marché sans visibilité imposerait le recours à une sous-traitance de flexibilité et de proximité, avec plus de réactivité et des coûts de production et de logistique allégés. Les industriels limiteraient ainsi, dans des proportions significatives, les besoins en capitaux nécessaires au fonctionnement de l entreprise. Le travail en flux tendu deviendrait un axe stratégique. La flexibilité peut être interne ou externe à l entreprise. La flexibilité interne comprend : - l aménagement du temps de travail (modulation des horaires) ; - la flexibilité des compétences (polyvalence, poly-compétence, mobilité interne). La flexibilité externe retient : - le recours à la sous-traitance : pris dans la même logique, les sous-traitants les plus importants seraient amenés à gérer eux-mêmes un réseau de sous-traitants pour le compte des donneurs d ordres ; - l appel à une main-d œuvre extérieure à l entreprise : emploi temporaire (intérim, contrats à durée déterminée (CDD), emplois aidés) ou emploi partagé (groupements d employeurs, temps partagé). La sous-traitance de proximité serait soumise à trois problèmes majeurs : - un portefeuille-client étroit : le sous-traitant de flexibilité est souvent une entreprise de petite taille, avec peu de salariés, peu de clients dont deux ou trois font l essentiel du chiffre d affaires ; d où sa fragilité dès lors que l un des gros clients réduit ses volumes. Quand l activité est soutenue, le sous-traitant ne recherche pas de nouveaux clients car il a des difficultés à trouver du personnel qualifié, et quand l activité décline, il est en difficulté ; - un niveau de rentabilité faible qui empêche tout changement de position et augmente le risque de défaillance ; - une difficulté à transmettre l entreprise, qui serait souvent une entreprise familiale. Le principal enjeu commercial serait d augmenter le nombre de clients dans une zone de chalandise limitée et d accroître le caractère attractif ainsi que la valeur de transmission de l entreprise. La perte de flexibilité des sous-traitants qui délocalisent ouvrirait des opportunités de marchés à récupérer par la sous-traitance de proximité.
103 3 - La recherche de technicité et d innovation La nécessité d innover est souvent présentée comme une clé de développement et une solution pour échapper au laminage des marges. L innovation apparaît donc indispensable pour se différencier sur des marchés concurrentiels. Au triptyque classique «qualité-coûts-délais» imposé au sous-traitant, s ajouterait une exigence supplémentaire concernant la capacité de conception innovante. Source de compétitivité, l innovation s imposerait dans un contexte de concurrence croissante des pays à bas coût de main-d œuvre, de conjoncture économique molle et de hausse du prix des matières premières. Le recours à l innovation et à la technicité serait ainsi l occasion d échapper un temps à la pression sur les prix. Le besoin d innovation des donneurs d ordres conduirait ainsi les sous-traitants à relever quatre défis majeurs 27 : - trouver une marge de manœuvre stratégique et commerciale pour atténuer le critère «coûts» ; - proposer des solutions innovantes et communiquer sur cette capacité de l entreprise. L innovation peut être technique, méthodologique ou encore juridique ; - être opérationnel et efficace dans la gestion des projets de conception innovante, grâce au développement de partenariats avec le client et son bureau d études mais également avec d autres entreprises de métiers complémentaires ; - concevoir «au plus juste» pour respecter les contraintes de performance, de coûts et de délais. Mais cette stratégie connaîtrait quatre limites. Premièrement, la majeure partie des entreprises de sous-traitance ne peut pas assumer les coûts exigés par l innovation. Deuxièmement, la technicité ou l innovation de l entreprise est souvent due à un équipement spécifique, dont elle perdra l avantage dès qu un concurrent fera le même investissement. Troisièmement, l investissement spécifique est souvent réalisé à la demande d un gros client, d où une fragilité dès que celui-ci réduit le volume de ses commandes. Enfin, quatrièmement, le sous-traitant éprouve de grandes difficultés à valoriser et imposer la répercussion de cet investissement supplémentaire sur ses prix. 27 «Sous-traitance industrielle : les enjeux de l innovation», consulté le 16/05/2005.
104 Les nouveaux enjeux de la sous-traitance 4 - La recherche de sous-traitants de haut niveau ou la recherche d une offre globale Pour réduire les coûts d acquisition et garantir la qualité, les entreprises de soustraitance devraient désormais se rapprocher pour fournir une offre globale, agrégeant plusieurs produits ou savoir-faire. Sous l incitation des grands donneurs d ordres qui souhaitent n avoir qu un seul interlocuteur maîtrisant toute la chaîne de fabrication, le nombre de fournisseurs diminue régulièrement au cours des années quatre-vingtdix. En effet, les donneurs d ordres veulent des partenaires capables de leur fournir des sous-ensembles complets et non plus seulement des pièces élémentaires. Cette nouvelle organisation leur assurerait des gains en termes de coûts : réduction du coût de gestion des fournisseurs et apport de valeur ajoutée grâce à une meilleure vision du produit, de sa conception à sa mise en série. Proposer une offre groupée serait ainsi un moyen pour les sous-traitants d être compétitifs face à la concurrence internationale. L optimisation de la relation clientfournisseur passerait inévitablement par une action collective sur les coûts, les délais, la qualité et l innovation. Pour cela, différentes mesures sont possibles : - investir dans des moyens innovants de conception ou de production ; - recruter des spécialistes ; - mettre en place des alliances. Cependant, la sous-traitance de haut niveau ou recherche d une offre globale est confrontée à deux difficultés : - la taille critique en dessous de laquelle le risque de sortir du panel de fournisseurs est élevé ; - la rentabilité amoindrie par l exigence de services non rémunérés : management des sous-traitants de rang inférieur et des partenaires, accompagnement à l international, innovation, etc. Par conséquent, les sous-traitants seraient soumis à la double contrainte de rester identifiés dans le peloton de tête de la sous-traitance de haut niveau et d augmenter le nombre de clients pour pallier la perte éventuelle de grosses affaires. B - Des exigences spécifi ques selon les clients L étude menée par le salon Alliance a analysé les comportements des différents marchés afin de savoir comment raisonnaient les donneurs d ordres.
105 Quatre comportements, non exclusifs les uns des autres, émergeraient dans la stratégie privilégiée par les industriels : - dans 65 % des cas, les donneurs d ordres privilégient la flexibilité et la proximité. Ils recherchent un travail en flux tendu. Ainsi limitent-ils dans des proportions significatives les besoins en capitaux nécessaires pour l entreprise ; - vient ensuite la recherche de technicité, d innovation et de spécificité (30 %) ; - la réduction du nombre de fournisseurs avec la recherche de sous-traitants capables d une offre globale arrive en troisième position (21 %) ; - enfin, le recours à la délocalisation n est privilégié que dans 15 % des cas. La délocalisation est une stratégie essentiellement porteuse sur des marchés présentant une bonne visibilité. D après les résultats de l étude, le marché automobile, principal débouché du secteur, serait plus exigeant et demandeur de : - technicité, savoir-faire spécifique et innovation (40 % des cas) ; - prix compétitifs sur les grandes et moyennes séries avec recours à la délocalisation (29 %) ; - capacité à offrir une offre globale (31 %). De ce fait, ce marché serait réservé : - aux «petits sous-traitants», à condition qu ils aient une spécificité forte, un savoirfaire et un équipement peu répandus, une technicité élevée ; - aux «sous-traitants de fort niveau», capables d offre globale, d innovation et de manager les sous-traitants de rang inférieur ; - aux sous-traitants également aptes à délocaliser les moyennes ou grandes séries très concurrencées, avec une implantation ou un partenariat dans des pays économiquement avantageux. Le marché aéronautique, autre débouché important pour les services industriels du travail des métaux, recherche principalement quant à lui, d une part, la technicité, un savoir-faire spécifique et l innovation et, d autre part, la capacité à proposer une offre globale. Au total, le marché des services industriels du travail des métaux serait avant tout ouvert : - aux «petits sous-traitants», à condition qu ils aient une spécificité forte, un savoirfaire peu répandu et une technicité élevée ; - aux «sous-traitants de haut niveau», capables d offre globale, d innovation et de bonne gestion des sous-traitants de rang inférieur.
106 Les nouveaux enjeux de la sous-traitance C - Trois critères de positionnement des activités des services industriels du travail des métaux Quelles sont les stratégies adoptées par les sous-traitants, face aux donneurs d ordres, dans le secteur des services industriels du travail des métaux? La stratégie de délocalisation, en tant que réponse à une contrainte de compétitivité sur les prix, les concerne peu. En effet, les coûts de délocalisation, très élevés, ne sont supportables que par les entreprises de grande taille, qui sont rares dans le secteur considéré. De plus, cette stratégie est plutôt adaptée pour des produits sur lesquels il existe une visibilité. Or, les professionnels du secteur soulignent le manque de visibilité de leurs marchés. En revanche, le secteur se positionne selon trois autres critères. En travaillant en flux tendu, les entreprises des services industriels du travail des métaux mettent l accent sur la flexibilité et l adaptabilité. Pour suivre de manière plus souple le marché, elles optent massivement pour l appel à la sous-traitance puisque la part des activités déléguées a augmenté considérablement au cours des dernières années. La technicité est également très importante. Les sous-traitants du secteur ont compris l importance de l innovation et réalisent régulièrement des investissements pour assurer la modernisation de leur outil de production. Le secteur tire profit du caractère pointu et difficilement imitable des techniques. Par exemple, on peut citer le découpage laser ou le décolletage. Dans cette dernière activité par exemple, seules deux entreprises en France possèdent un équipement permettant de passer du diamètre 81 en barre et de réaliser ainsi de gros gains de productivité. Enfin, pouvoir proposer une offre globale est essentiel. Beaucoup de sous-traitants des services industriels du travail des métaux l ont admis puisque plus de 80 % des entreprises assurent des productions en partenariat afin de fournir des sous-ensembles complets et non plus seulement des pièces élémentaires. Par exemple, telle entreprise de découpage - emboutissage sur presse et assemblage mise sur la sous-traitance de haut niveau et réalise des sous-ensembles intégrés dans des transformateurs et disjoncteurs électriques qui peuvent comprendre plus de vingt composants et allier une multitude de processus de fabrication.
107 Enjeux du secteur Les nouveaux enjeux de la sous-traitance Les groupes dans le secteur A - Les caractéristiques des groupes B - Les stratégies de constitution des groupes C - Groupes et internationalisation D - Évolution du rôle des groupes Les relations interentreprises focalisées sur la production Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Quelques réponses aux défis à relever
108 Les groupes dans le secteur Près de entreprises composent le secteur des services industriels du travail des métaux. Parmi elles, une sur deux est contrôlée par un groupe. Cette proportion peut sembler faible comparativement à d autres activités industrielles. Elle est toutefois assez élevée pour un secteur composé principalement d entreprises de taille modeste. Dans ce secteur de sous-traitance de proximité, les entreprises contrôlées par des groupes sont mieux armées pour répondre aux attentes - très évolutives - de leurs clients. Pour suivre leurs clients à l étranger ou pour échanger des savoir-faire, les groupes s ouvrent progressivement à l international tandis que des groupes étrangers pénètrent le marché national. En cinq ans, le poids économique des groupes a progressé de sept points, passant de 69 % du chiffre d affaires du secteur en 1999 à 76 % en A - Les caractéristiques des groupes 1 - Une entreprise sur deux appartient à un groupe En 2004, une entreprise du secteur sur deux appartient à un groupe, soit entreprises de 20 salariés ou plus. Cette proportion est moindre que dans l ensemble de l industrie manufacturière ou dans le secteur des biens intermédiaires (respectivement 61 % et 63 %). Néanmoins, le poids économique de ces filiales de groupe des services industriels du travail des métaux est important puisqu elles réalisent 71 % de la valeur ajoutée, 12,6 milliards de chiffre d affaires et emploient salariés.
109 Le poids des groupes dans les services industriels du travail des métaux en 2004 Les entreprises selon leur statut 100 En fonction du nombre d'entreprises % 100 % En fonction de la valeur ajoutée Industrie manufacturière Métallurgie et transformation des métaux Services industriels du travail des métaux Entreprises indépendantes Champ : entreprises de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise 0 Industrie Métallurgie et manufacturière transformation des métaux Filiales de groupe Services industriels du travail des métaux 2 - Des disparités selon les activités Les groupes ne sont pas présents uniformément dans toutes les activités des services industriels du travail des métaux. Si, globalement, les entreprises sont moins organisées en groupe dans l ensemble de ce secteur que dans l industrie, les entreprises de la forge - estampage - matriçage et du découpage - emboutissage sont respectivement contrôlées par des groupes à 80 % et 61 %. Ces deux activités sont fortement dépendantes de l automobile. Pour répondre aux exigences de coûts et de délais des constructeurs d automobiles, les entreprises indépendantes ont dû, au fil du temps, se regrouper et donc se constituer en groupes.
110 Les groupes dans le secteur Présence des groupes dans le secteur Forge - estampage - matriçage Découpage - emboutissage Industrie manufacturière Métallurgie des poudres Traitement de surface Services du travail des métaux Mécanique industrielle Décolletage % Filiales de groupes Champ : entreprises de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise 3 - Les groupes français sont largement majoritaires Entreprises indépendantes Les entreprises organisées en groupes le sont, le plus souvent, dans des groupes français. Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, 84 % des entreprises constituées en groupe sont sous la dominance de capitaux français. Dans l ensemble de l industrie manufacturière, il n y a que trois entreprises sur quatre dans ce cas. Ces 874 filiales françaises emploient salariés et réalisent un chiffre d affaires de 7,9 milliards d euros.
111 Principaux résultats des entreprises du secteur selon leur statut Groupes Entreprises Effectifs employés Chiffre d affaires Valeur ajoutée Nombre % Nombre % milliers % G % G % Indépendantes ,8 29 4,0 24 1,9 29 Groupes français ,1 49 7,9 47 3,0 47 Groupes étrangers ,4 22 4,7 29 1,6 24 Total groupes , ,6 76 4,6 71 Total , , ,5 100 Champ : entreprises de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise 4 - La taille de l entreprise influe sur son appartenance à un groupe Le secteur des services industriels du travail des métaux est constitué de petites, voire de très petites entreprises. Le statut d entreprise indépendante est répandu parmi les sociétés de petite taille : plus des trois quarts emploient moins de 50 personnes. Le mode d organisation des sociétés en groupes se développe avec la taille des entreprises : 40 % des entreprises de moins de 50 salariés sont organisées en groupes, contre 91% parmi celles de 250 à 499 salariés. Passé le seuil des 250 salariés, la quasi-totalité des entreprises sont adossées à un groupe.
112 Les groupes dans le secteur Au-delà de 250 salariés, les entreprises du secteur appartiennent presque toutes à un groupe Taille de l entreprise Appartenance à un groupe Indépendantes Groupes français Groupes étrangers Total 20 à 49 salariés à 99 salariés à 249 salariés à 499 salariés salariés ou plus Total Champ : entreprises de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise 5 - Des microgroupes pour la plupart Les microgroupes, c est-à-dire les groupes rassemblant moins de 500 salariés en France, sont prépondérants dans le secteur comme dans l ensemble de l industrie manufacturière. Dans le secteur, ils représentent 87 % de l ensemble des groupes. La plupart d entre eux comptent moins de 100 salariés. En ne prenant en compte que les microgroupes français - au nombre de % des groupes n ont qu une filiale dans le secteur et un groupe sur deux est «mono activité». Ces microgroupes ne sont donc pas très diversifiés. Les plus grands groupes, employant au moins 500 personnes en France, sont beaucoup moins spécialisés. La plupart possèdent un large portefeuille d activités. Seuls une dizaine de groupes, dont l activité est concentrée dans le secteur des services industriels du travail des métaux, peuvent être considérés comme des spécialistes de ce secteur. Parmi eux, certains n exercent qu une activité, dans le découpage - emboutissage ou le traitement de surface par exemple. Près de la moitié des groupes étrangers sont des spécialistes des services industriels du travail des métaux, souvent à travers une seule filiale ; ces groupes sont donc «mono activité». Quelques-uns, exercent aussi une seule activité, mais à travers plusieurs filiales. Les groupes étrangers sont de plus grande taille : un sur trois emploie plus de 500 personnes en France et cinq d entre eux comptent plus de salariés.
113 Le secteur compte surtout des microgroupes Nationalité Microgroupes Petits groupes Groupes moyens Grands groupes selon le nombre de salariés du groupe < à à à ou plus Total Français Étranger Total Champ : entreprises de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise B - Les stratégies de constitution des groupes Les motivations stratégiques des chefs d entreprise à s organiser en groupes sont multiples. Élargir son activité ou au contraire se recentrer sur son cœur de métier, accompagner ses clients à l étranger et suivre ses grands donneurs d ordres sont autant de stratégies que les entreprises du secteur développent. Une des motivations qu ont les groupes étrangers pour s implanter en France est la conquête du marché national. Pour les groupes français, et notamment pour les entreprises de petite taille qui sont très nombreuses, se constituer en groupe peut permettre une transmission de l entreprise dans de meilleures conditions. 1 - Une offre diversifiée et multisectorielle Pour répondre à la majorité des grandes firmes industrielles, un groupe peut au fur et à mesure, élargir ses activités ainsi que ses secteurs clients. La gamme d activités peut se trouver dans le même secteur. Par exemple dans le secteur des services industriels du travail des métaux, le groupe proposera du découpage - emboutissage mais aussi du traitement de surface et de la mécanique industrielle. C est ainsi que tel groupe, créé en 1990, s est peu à peu développé. Progressivement, par croissance externe, cinq entreprises de mécanique, implantées sur six sites, l ont rejoint. Le pôle «Mécanique générale de précision et de capacité» ouvre la série des extensions. Deux ans plus tard, un second pôle d expertise du groupe voit le jour. En 1993, le pôle «Montage et services associés» vient élargir la palette des compétences proposée par le groupe, par la mise au point de méthodes de montage, l externalisation
114 Les groupes dans le secteur et la flexibilisation des moyens de production et de service après vente. En 1997, le groupe s enrichit d une activité d usinage à grande vitesse, qui permet d abaisser les coûts par la réduction des temps de coupe tout en améliorant la qualité et en contractant les délais de livraison. Le mouvement se poursuit en 2000 avec un pôle «Décolletage». En 2002, un décolleteur et une entreprise spécialisée dans l usinage délicat de pièces destinées aux marchés du spatial, de l aéronautique et de la défense, intègrent le groupe. Pour les clients du groupe, l offre est désormais complète : petites, moyennes et grandes séries ; de la micromécanique à la grosse mécanique ; de la simple pièce usinée au montage d ensembles ou de machines de plus de composants. La prise en charge d un projet peut aller de l étude au service après vente sur site en passant par toute la chaîne logistique. Un groupe spécialisé dans les services industriels du travail des métaux peut aussi élargir son offre dans la transformation des matières plastiques. Ces gammes plus diversifiées d activités permettent d accroître le portefeuille clients pour ne plus dépendre que d un client, ou d un secteur client, important. Par exemple, tel groupe créé en 1986, qui avait comme activité principale le découpage - emboutissage, est devenu un acteur majeur de la transformation des métaux à plat par découpage - emboutissage, tôlerie, intégration et autres procédés connexes. Présent de la conception à la réalisation de pièces, de composants et d ensembles mécaniques, électriques et électroniques, il a su développer des savoir-faire complémentaires dans la transformation des matières plastiques par injection, surmoulage et thermoformage et fournir les services associés. Grâce à la complémentarité de son offre, le groupe peut désormais satisfaire plus de 700 clients dans des secteurs d activités variés : l automobile, les ensembles électroniques complets, la micro-informatique, les appareils électroniques et de communication, les équipements électriques et la conversion d énergie. 2 - Se spécialiser sur son cœur de métier Des groupes peuvent être très spécialisés et exercer une seule activité. C est le cas d un groupe de forge créé en Par développement interne et externe, cette entreprise va croître tout au long du xx e siècle et sera filialisée en Puis le groupe se recentrera sur son cœur de métier, la forge, après la scission en 2001 de ses deux filiales, respectivement spécialisées dans les outillages à main et la forge. Pour tirer profit de son outil et de son savoir-faire, chaque usine se recentrera sur son activité
115 de production et se spécialisera. C est ainsi que le groupe est maintenant présent sur le territoire français avec quatre entreprises exerçant chacune un grand type de process. Un pôle de production estampe des pièces en acier de moyenne et grande série de 2 à 350 kilogrammes, deux sites sont dédiés à la forge de précision, un pôle de production est spécialisé dans les pièces pour les technologies de pointe et un dernier pôle produit en ligne des pièces en acier forgées à chaud en grande série. Le groupe emploie près de 800 personnes. En se spécialisant, il a atteint une taille lui permettant de répondre aux attentes de ses clients qui sont les secteurs automobile, aéronautique et de la construction mécanique. 3 - Accompagner ses clients dans leur développement à l étranger Pour répondre aux exigences de leurs clients, d autres groupes, les suivent à l étranger. On peut citer l exemple d un groupe familial dont la création remonte aux années 1880, au départ spécialisé dans la coutellerie, et qui s orientera vers d autres secteurs d activité dont celui de l automobile, lequel se développera considérablement à partir des années Aujourd hui, le groupe comprend trois filiales représentant trois grandes étapes d intégration et d évolution technologique. Partant de l estampage à chaud pour des pièces de moyenne série, puis intégrant le forgeage à mi-chaud par extrusion dans les années 1970 pour des pièces de grande série, il a acquis ces dernières années la compétence industrielle du coulé forgé pour des pièces de sécurité en alliage léger, et ainsi fait évoluer le métier de la forge pour satisfaire aux exigences du secteur automobile. En consacrant, un effort soutenu à la recherche et développement, il a su proposer de nouvelles techniques et des services innovants. En tant qu assemblier - intégrateur, il accompagne ses clients dans leur développement à l étranger et souhaite se positionner aux USA, en Europe centrale et en Asie. Tel autre groupe, leader européen dans le secteur du traitement de surface, a su préserver son indépendance au cours de son développement. Les traitements de surface ont enregistré ces dernières années un tel développement qu il n existe pas de secteur d activité qui, directement ou indirectement, ne fasse appel à eux. La surface des matériaux, facteur de performance, est une réalité qui motive le groupe dans sa quête d innovation en matières de couches, procédés et équipements. Pour offrir des services proches et réactifs, le groupe conforte et développe ses implantations géographiques en France (11 sites de production), en Europe étendue à l Est (7 sites) et dans le reste du monde (Amérique du nord, Amériques centrale et latine et Asie).
116 Les groupes dans le secteur Autre exemple encore, un groupe spécialisé dans la fabrication de composants magnétiques pour l automobile, l électroménager et l électroportatif. Leader mondial pour les stators d alternateurs pour l automobile, il est en bonne position pour réaliser les stators destinés aux moteurs électriques des véhicules hybrides que les constructeurs automobiles s apprêtent à lancer. Il travaille déjà pour des clients américains. Le développement de sa filiale française s accompagne d une montée en puissance de sa filiale chinoise, ouverte en 1996 pour accompagner les clients du groupe. Cette dernière est équipée pour l injection aluminium pour circuits magnétiques, «valeur ajoutée» demandée par les clients pour certaines applications de moteurs dits hermétiques. 4 - Se rapprocher des grands donneurs d ordres : les constructeurs d automobiles et les équipementiers automobiles De plus en plus, les grands donneurs d ordres veulent externaliser certaines activités. Ainsi, les constructeurs d automobiles recherchent à la fois des gains de productivité et l intégration des opérations de découpage - emboutissage le plus en amont de la construction d une voiture. Par exemple, en 2003, le groupe PSA a revendu son atelier d emboutissage à une société filiale d un équipementier. Après avoir adopté les méthodes de production en flux tendu, adapté leurs outils de fabrication pour augmenter la qualité des produits, les sous-traitants des constructeurs automobiles, dont les découpeurs - emboutisseurs font partie, doivent faire face au défi de la nouvelle organisation de la production automobile en Europe. En effet, les constructeurs français concrétisent peu à peu une stratégie consistant à fabriquer des produits de bas de gamme dans des pays à bas coûts (Turquie, Hongrie, Roumanie, etc.) et les voitures à plus forte valeur ajoutée en France. C est ainsi qu avec la Logan, Renault a inventé le concept de la voiture «low - cost» et mis en place une structure délocalisée de sa production pour rentabiliser au maximum son processus de fabrication. En conséquence, certains sous-traitants devront se délocaliser eux aussi pour assurer leur croissance. En 2004, un groupe de mécanique de précision a investi plus de deux millions d euros pour suivre Renault en Hongrie. En 2005, un autre groupe (découpeur - emboutisseur), s implante à l Est pour accompagner ses clients de l automobile que sont PSA, Renault et Valéo. Le même groupe ouvre aussi en Chine une unité de production qui fabrique des composants de véhicules Diesel pour le marché local.
117 Les découpeurs - emboutisseurs ne sont pas les seuls à devoir se rapprocher des constructeurs d automobiles. D autres activités, comme le traitement de surface, font de même. Leader européen dans le traitement de surface pour le secteur automobile, un groupe français continue de se développer à l étranger. Après avoir réalisé des implantations en République tchèque en 2004 et en Pologne courant 2005 en devenant actionnaire majoritaire d une société polonaise, le groupe s implante en Allemagne avec le rachat d une entreprise spécialisée dans le traitement de surface pour l industrie automobile. Ainsi le groupe élargit son statut industriel européen et son offre technologique globale pour répondre aux exigences de ses clients. Il suit géographiquement ses donneurs d ordres de l automobile (constructeurs et équipementiers). Au total, le groupe est présent sur douze sites en Europe et bénéficie d un réseau international de licenciés et partenaires en Allemagne, Turquie, Espagne, Mexique et USA. Il emploie près de salariés. On peut citer aussi l exemple d un groupe britannique qui, depuis plus de vingtcinq ans poursuit une politique d investissement dans des équipements les plus avancés au travers de ses deux cent quarante-cinq sites industriels répartis dans vingt pays. Sa stratégie est de se concentrer sur des services à forte valeur ajoutée. Spécialisé dans les services liés à la métallurgie et plus particulièrement les traitements thermiques et les tests de matériaux, le groupe a été confronté dans son métier d origine, le traitement thermique des pièces, à la délocalisation de ses donneurs d ordres. En 2005, pour les accompagner, il se développe en Europe de l Est (République tchèque, Roumanie et Hongrie). Il prévoit de s implanter en Pologne et en Chine. 5 - Pour les groupes étrangers, il s agit de conquérir le marché français De même que les filiales françaises à l étranger, les filiales de groupes étrangers en France ont pour stratégie la conquête de marchés locaux. Au départ, les groupes étrangers s implantent par le biais de filiales commerciales. Ensuite, c est beaucoup plus par des filiales industrielles. En effet, les services industriels du travail des métaux sont des activités de sous-traitance de proximité et donc doivent être localisés près de leurs clients. Parmi les groupes étrangers présents dans le secteur, les filiales commerciales sont moins nombreuses : elles représentent 11 % des entreprises de leurs groupes contre 15 % dans l ensemble des groupes industriels. Le groupe Thyssenkrupp AG est un groupe à capitaux allemands. Thyssenkrupp Automotive est l une de ses cinq unités opérationnelles. C est l un des plus
118 Les groupes dans le secteur importants fournisseurs du secteur automobile au niveau mondial avec quelque cent trente unités de production réparties dans plus de dix-sept pays. Les effectifs salariés en France s élèvent à près de Un tiers est employé dans l activité du découpage - emboutissage, ce qui représente 10 % de l ensemble du secteur. L acquisition de l entreprise Sodefit en 2003 va permettre à Thyssenkrupp Automotive de s implanter sur le marché français de la carrosserie. Engagé dans une politique de croissance externe, le groupe dispose déjà de plusieurs filiales en France, la principale dans le domaine de l équipement automobile étant Thyssenkrupp Presta France. Sodefit, spécialiste de l emboutissage, détient également un savoir-faire en matière de découpage de barres en rouleaux, de centrage de tubes, de traitement de surface, de soudage, d assemblage et d usinage. Le groupe américain Autocam est spécialisé dans la conception et la fabrication de composants métalliques de précision pour l automobile. En 1992, il pénètre le marché des instruments médicaux. Pour consolider sa position de chef de file mondial dans la fabrication de composants de systèmes d alimentation en carburant, il s implante au Brésil. Afin de poursuivre son développement international, il acquiert en 1998 un fleuron du décolletage, Franck & Pignard. En 2001, désireux de constituer le premier groupe mondial de mécanique de précision en grande série, le groupe a renforcé ses positions en faisant l acquisition d un autre leader français, Bouverat Industries, qui intervient dans le décolletage et la mécanique. 6 - Pour les groupes «sidérurgiques», assurer l approvisionnement en métaux est stratégique Les services industriels du travail des métaux ont besoin de métaux qui eux-mêmes sont élaborés à partir des minerais. Les procédés d obtention du métal utilisent des hautes températures (sidérurgie ou fonderie) ou l électrolyse (aluminium, cuivre). La phase de première transformation aboutit aux demi-produits (tôles, bandes, tubes, etc.). Certains groupes ont une activité minière ou sidérurgique, ce qui leur permet d assurer l amont de leur activité. C est notamment le cas pour l activité de la forge où plusieurs groupes contrôlent des mines et assurent une première transformation des métaux. Le groupe Eramet, à capitaux français, est un groupe minier et métallurgique intégré. Il produit des métaux non ferreux et leurs dérivés chimiques, des aciers spéciaux à hautes performances, des alliages de nickel et superalliages et des pièces hautement spécialisées pour l industrie. Exploitant des mines de nickel en Nouvelle-Calédonie
119 depuis plus d un siècle, le groupe poursuit sa politique de croissance et d élargissement de ses activités en privilégiant le développement de matériaux à forte valeur ajoutée. Sa stratégie est de poursuivre son développement en s appuyant sur l exploitation des mines afin d assurer l approvisionnement de toutes ses activités. C - Groupes et internationalisation Les groupes français peuvent être distingués selon leur dimension internationale. Les groupes présents sur le territoire français et qui ne possèdent pas de filiales à l étranger sont considérés comme des «groupes français nationaux». S ils détiennent une ou plusieurs filiales à l étranger, on parlera de «groupes français internationalisés». Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, 79 groupes français ont au moins une filiale à l étranger, soit 10 % de l ensemble des groupes, mais seulement 5,3 % de l ensemble des entreprises. Les entreprises du secteur relevant de ces groupes réalisent 16 % de la valeur ajoutée et du chiffre d affaires et emploient également 16 % des salariés. Si on ajoute les filiales des groupes étrangers, 13,2 % des sociétés localisées en France sont rattachées à des groupes internationaux, qu ils soient français ou étrangers. Dans l industrie manufacturière, elles sont près de 30 %. Le secteur des services industriels du travail des métaux est donc moins internationalisé que l ensemble de l industrie manufacturière, à la fois en raison de la faible présence de groupes étrangers en France et du moindre degré d ouverture à l étranger de filiales de groupes français.
120 Les groupes dans le secteur Poids des filiales dans le secteur Valeur ajoutée Chiffre d'affaires Effectifs employés Nombre de filiales % Filiales de groupes français nationaux Filiales de groupes français internationalisés Filiales de groupes étrangers Champ : fi liales de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise Cette stratégie d internationalisation exige des capacités financières et une structure organisationnelle plus difficilement accessibles aux petites entreprises, nombreuses dans le secteur. Ces dernières devront s adosser à des groupes plus importants pour s adapter à la politique de délocalisation de leurs grands donneurs d ordres. Ce phénomène d internationalisation s amplifiera avec la concurrence au niveau européen et la production généralisée de voitures low-cost par les principaux constructeurs d automobiles. Les découpeurs - emboutisseurs ont déjà été contraints de suivre les constructeurs dans les pays à bas coûts de salaire et notamment dans les pays de l Europe centrale et orientale (PECO) 28. En effet, ils doivent se trouver à proximité des usines de montage de véhicules automobiles. Dans cette activité, 6 % des entreprises sont filiales de groupes français internationalisés. En ajoutant les filiales de groupes étrangers, plus de la moitié de la valeur ajoutée est réalisée par des filiales de groupes internationaux. Le découpage - emboutissage et l activité de la forge - estampage - matriçage sont les secteurs les plus internationalisés des services industriels du travail des métaux. 28 Pays de l Europe centrale et orientale : Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Roumanie et Bulgarie. Ce périmètre s applique à l ensemble de la publication.
121 Valeur ajoutée des entreprises par activité et statut Services industriels du travail des métaux Mécanique Industrielle Décolletage Traitement de surface Découpage - emboutissage Forge - estampage - matriçage % Filiales de groupes étrangers Filiales de groupes français internationalisés Filiales de groupes français nationaux Entreprises indépendantes Champ : fi liales de 20 salariés ou plus en 2004 Sources: Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise De plus, pour suivre leurs clients à l étranger, les groupes internationalisés doivent être en mesure d investir et donc avoir une bonne santé financière. Cela nécessite aussi de dégager des ressources pour les dépenses en recherche et développement qui leur sont imposées par leurs donneurs d ordres. Pour réunir ces conditions, un groupe doit avoir une taille assez importante. C est ainsi que la taille des groupes français internationalisés est plus élevée que celle de l ensemble des groupes français. Peu de groupes emploient moins de 250 salariés et la majorité dépasse les mille personnes. D - Évolution du rôle des groupes Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, le mode d organisation en groupes à capitaux français ou étrangers se développe de plus en plus. En 1999, 41 entreprises sur 100 étaient organisées en groupes ; elles sont près d une sur deux en Ces filiales réalisent les trois quarts du chiffre d affaires du secteur (68 % en 1999), emploient 7 salariés sur dix et contribuent à 82 % des exportations.
122 Les groupes dans le secteur Des groupes de plus en plus présents 100 % Entreprises indépendantes Filiales de groupes français Filiales de groupes étrangers Champ : fi liales de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise L implantation étrangère joue un rôle non négligeable dans l ensemble de l économie française. Un salarié sur sept travaille dans une filiale d un groupe étranger. Dans l industrie manufacturière, un peu moins d un million de personnes sont employées dans une filiale d un groupe étranger, soit un salarié sur trois. Cette proportion est inférieure dans le secteur des services industriels du travail des métaux, où elle n atteint que 22 %.
123 Moins de groupes étrangers dans le secteur % Nombre Effectifs d'entreprises Valeur ajoutée hors taxes Chiffre d'affaires hors taxes Services industriels du travail des métaux Exportations Investissements Industrie manufacturière Champ : fi liales de 20 salariés ou plus en 2004 sous le contrôle de capitaux étrangers Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise Évolution de l implantation étrangère dans le secteur des services industriels du travail des métaux 40 % Exportations Investissements Chiffre d'affaires hors taxes Effectifs Nombre d'entreprises Champ : fi liales de 20 salariés ou plus de groupes étrangers Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise
124 Les groupes dans le secteur La propension des filiales de groupes étrangers à exporter est importante et s affirme puisqu elles réalisent 37 % des exportations du secteur en valeur, soit une progression de onze points entre 1999 et Si l une des stratégies des groupes étrangers est de conquérir le marché local, ils produisent aussi en France pour exporter vers leur pays d origine ; ce sont alors des échanges intragroupe. Ainsi les filiales françaises de groupes allemands exportent 21 % des produits fabriqués en France, les filiales françaises de groupes italiens 27 %, celles de groupes luxembourgeois 30 %. Enfin, les filiales françaises de groupes américains, les plus nombreux, exportent 28 % de leur production. Productivité apparente du travail * 48 valeur ajoutée / effectifs, milliers d'euros Entreprises indépendantes Filiales de groupes nationaux Filiales de groupes étrangers Champ : entreprises de 20 salariés ou plus en 2004 Sources : Insee - Lifi -Diane, Sessi - enquête annuelle d entreprise Filiales de groupes français internationalisés Les entreprises du secteur des services industriels du travail des métaux organisées en groupe ont une productivité apparente du travail supérieure à celle des entreprises indépendantes. Le fait d appartenir à un groupe internationalisé renforce cette performance. En la matière, les filiales de groupes français internationalisés enregistrent les meilleurs résultats. La productivité apparente du travail y est maximale car ces groupes se positionnent en France sur des activités à plus forte valeur ajoutée. Les filiales à l étranger sont plus orientées vers des tâches nécessitant beaucoup de maind œuvre et où les coûts salariaux sont moins élevés : dans les PECO par exemple, les découpeurs - emboutisseurs se sont installés à proximité des usines d assemblage, dans le sillage des constructeurs d automobiles.
125 Même si le mode d organisation en groupe se développe, il existe d autres formes d organisation. Certaines entreprises préfèrent une alliance, qui peut être l association de plusieurs entreprises de même métier pour atteindre la taille critique leur permettant de répondre aux donneurs d ordres. Le regroupement de partenaires complémentaires est une autre forme de réponse à une offre globale afin de fournir des pièces complexes ou des sous-ensembles. Le groupe L appartenance des entreprises à un groupe est connue grâce à l enquête sur les liaisons financières de l Insee (Lifi). Cette enquête permet de déterminer si une entreprise est indépendante ou si elle appartient à un groupe. Toutes les entreprises de 500 salariés ou plus qui disposent d un portefeuille de plus de 1,2 millions d euros de titres de participation ou qui réalisent un chiffre d affaires supérieur à 60 millions d euros sont interrogées. L enquête est ensuite complétée pour les petites entreprises à partir de la source «Diane : une coédition du Bureau Van Dijk Editions électroniques et de la Coface SCRL». La nationalité d un groupe est définie, conventionnellement, par le pays où est localisée la «tête de groupe», société qui contrôle, directement ou indirectement, plus de 50 % des droits de vote ou du capital social de chacune des entreprises du groupe et qui, elle-même, n est pas contrôlée à plus de 50 %. Un groupe est dit de «dimension internationale» ou «international» lorsqu il contrôle des entreprises dans plus d un pays. Dans le cas contraire, on parlera de groupe français national. Par définition, tous les groupes étrangers présents en France sont internationaux, puisqu ils disposent d au moins une implantation à l étranger. La taille du groupe : les groupes sont détaillés en fonction de leur taille, mesurée par l effectif des personnes du groupe travaillant en France : - microgroupes : moins de 500 personnes ; - petits groupes : de 500 à personnes ; - moyens groupes : de à personnes ; - grands groupes : personnes ou plus. Depuis la fin des années soixante-dix, les relations de coopération entre firmes
126 Les groupes dans le secteur Pour en savoir plus : À lire : LEZEC (Florian) et MONTAGNIER (Pierre), «La concentration des groupes, au centre des évolutions des secteurs de l industrie», Le 4 Pages, Sessi, n 219, juin 2006 CHANUT (Jean-Marie) et KREMP (Élisabeth), «Pas de frontières pour les groupes performants», Le 4 Pages, Sessi, n 216, avril 2006 ANGEL (Jean-William) et REGNIER (Virginie), «Les groupes étrangers en France : en dix ans, 1,8 fois plus de salariés», Insee Première, n 1069, mars 2006 «Images économiques des entreprises et des groupes au 1er janvier 2004», Insee Résultats, n 23, novembre 2005 À consulter : Situation des entreprises en France selon l origine du capital en 2004 : Quelques sites de groupes consultés lors de l étude : Groupe RBDH Industries : Groupe GMD Groupe SETFORGE Groupe SIFCOR Groupe HEF Groupe R BOURGEOIS Groupe ELECTROPOLI Groupe BODYCOTE Groupe THYSSENKRUPP Groupe AUTOCAM Groupe ERAMET Groupe LUCCHINI
127 Enjeux du secteur Les nouveaux enjeux de la sous-traitance Les groupes dans le secteur Les relations interentreprises focalisées sur la production A - De nombreuses relations interentreprises B - Des échanges d abord au niveau régional C - Des collaborations qui s inscrivent dans la durée D - Des partenaires sélectionnés pour leur savoir-faire E - À la conquête de nouveaux marchés F - Vers une évolution des rapports entre donneurs d ordres et sous-traitants Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Quelques réponses aux défis à relever
128 Les relations interentreprises focalisées sur la production se sont multipliées et diversifiées. Les relations classiques entre clients et fournisseurs (achats sur catalogue) - où le fournisseur assure totalement la conception du produit et où la transaction se résume au prix - sont devenues insuffisantes pour répondre aux changements intervenus dans les normes de production et de concurrence. Des collaborations de plus en plus étroites entre les entreprises sont nécessaires. Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, ces relations sont nombreuses dans la fonction de production mais peu fréquentes dans la fonction de commercialisation. Les partenaires sont le plus souvent localisés dans la même région et sont sélectionnés pour répondre au triptyque «qualité, coûts, délais». Ces relations sont durables et permettent souvent d accéder à de nouveaux marchés. A - De nombreuses relations interentreprises Ces collaborations peuvent concerner toutes les fonctions de l entreprise : l approvisionnement, la production, la commercialisation, la recherche et développement et les services auxiliaires (cf. encadré, page 154). Part des entreprises des services industriels du travail des métaux ayant au moins une relation Commercialisation Recherche et développement Services auxiliaires Approvisionnement Production Toutes fonctions Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête sur les relations interentreprises en 2003 %
129 Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, les relations interentreprises sont très nombreuses. Alors que dans l ensemble de l industrie manufacturière, trois entreprises sur quatre ont des relations avec d autres entreprises, elles sont 83 % dans le secteur des services industriels du travail des métaux. Ces relations plus nombreuses s expliquent par la nature des entreprises du secteur qui sont en majorité sous-traitantes et, de ce fait, ont de fortes chances de tisser des échanges dans la fonction de production. En effet, 73 % des entreprises ont des relations de coopération dans cette fonction et ces rapports concernent la moitié du chiffre d affaires de leur fonction de production. Les approvisionnements sont aussi l objet de relations interentreprises puisque près d une entreprise sur deux entretient au moins une relation dans ce domaine. Les relations dans la recherche et développement et dans les services auxiliaires sont moins nombreuses, respectivement 23 % et 14 % des entreprises. La fonction pour laquelle les entreprises tissent le moins de contacts est la fonction de commercialisation. Seules 13 % des entreprises, représentant 8 % du chiffre d affaires, sont concernées. Ce résultat illustre la faible nature commerciale du secteur puisque c est le donneur d ordres qui se charge de la commercialisation. La majorité des entreprises ne limitent pas leurs collaborations à une seule action. Si 11 % d entres elles n ont qu une relation, un quart en tissent entre 10 et 49, 17 % en ont au moins 50 et concentrent un quart du chiffre d affaires. Les entreprises qui n entretiennent pas de relation représentent 17 % de l ensemble et concourent pour 16 % au chiffre d affaires du secteur. En prenant en compte la fonction et le nombre de relations, les écarts entre fonctions se renforcent. Plus de huit entreprises sur dix n entretiennent pas de relation pour les fonctions de commercialisation et de recherche et développement. Cela montre bien à quel point, quand ils existent, les travaux de R & D demandent des dépenses et des compétences qui dépassent le cadre de l entreprise. C est pourquoi, plus de la moitié des entreprises - peu nombreuses - qui font de la R & D ont recours à un partenaire public parmi leurs partenaires privilégiés : 23 % recourent à un centre technique, 21 % à un laboratoire public et 14 % à un consortium (associant souvent acteurs publics et privés).
130 Les relations interentreprises focalisées sur la production L intragroupe reforce la coopération en matière de R & D et de commercialisation Services auxiliaires Recherche et développement Production Commercialisation Approvisionnement Total % du nombre de relations Indépendantes Hors intragroupe Intragroupe Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête sur les relations interentreprises en 2003 La fonction production : un poids prépondérant % du nombre de relations Total Groupe Intragroupe Indépendantes Production Approvisionnement Services auxiliaires Commercialisation Recherche et développement Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête sur les relations interentreprises en 2003
131 Dans le cas des relations intragroupe, les fonctions de production et d approvisionnement prennent moins d importance au profit de la commercialisation et de la recherche et développement, avec respectivement 13 % et 11 % du total des relations. B - Des échanges d abord au niveau régional Dans le secteur des services industriels du travail des métaux, les contacts se tissent pour l essentiel (86 % en 2003) avec une entreprise localisée en France. Les firmes préfèrent nouer des relations avec un partenaire situé dans la même région (un tiers des relations), puis au niveau local (20 %), ce qui s explique par la nécessité d avoir une relation de proximité. Une relation sur trois avec un partenaire situé dans la même région 40 % des trois principales relations stratégiques France, France, échelon local même région France, autre région Union européenne Services industriels du travail des métaux Industrie manufacturière Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête sur les relations interentreprises en 2003 Hors Union européenne L échelon régional est particulièrement recherché pour les fonctions de production, d approvisionnement et de services auxiliaires. Pour produire, il vaut mieux ne pas être trop éloigné de ses partenaires et, pour réduire les coûts, il faut être proche de ses fournisseurs, Plus rares dans la fonction de commercialisation, les relations servent à conquérir de nouveaux marchés (27 % des relations dans cette fonction se font avec l Union européenne). De même, la fonction de recherche et développement peut se développer au-delà des frontières mais les relations instaurées avec des firmes situées en dehors de l Union européenne sont peu nombreuses, quelle que soit la fonction.
132 Les relations interentreprises focalisées sur la production Ainsi, les services industriels du travail des métaux sont nettement moins internationalisés que l ensemble de l industrie manufacturière (respectivement 14 % des relations contre 28 %). En particulier, les liens avec un partenaire situé en dehors de l Union européenne sont beaucoup plus nombreux dans l industrie manufacturière (8 % des relations interentreprises). C - Des collaborations qui s inscrivent dans la durée En 2003, pour la quasi-totalité (95 %), la durée prévisible des coopérations est supérieure à un an et plus de la moitié (58 %) dépassent cinq années. Les relations à long terme sont particulièrement fréquentes dans les services industriels du travail des métaux et dans l industrie automobile, leur principal client. En effet, les sous-traitants doivent avoir l assurance que les investissements nécessaires à l exécution du contrat seront rentabilisés. Cela explique pourquoi, dans la fonction de production, 65 % des coopérations ont une durée prévisible supérieure à cinq ans. À contrario, dans la fonction des services auxiliaires, la durée prévisible est la plus courte : la majorité des relations a une durée de deux à cinq ans. Les collaborations au sein des services industriels du travail des métaux Fonction Durée prévisible de la relation en pourcentage de l ensemble des relations Moins d un an de deux à cinq ans Plus de cinq ans Approvisionnement Commercialisation Production Recherche et développement Services auxiliaires Total Champ : entreprises de 20 salariés ou plus du secteur Source : Sessi - enquête sur les relations interentreprises en 2003
133 D - Des partenaires sélectionnés pour leur savoir-faire Globalement, dans 75 % des relations entre entreprises, la sélection du partenaire est motivée par une raison précise. La technicité et le savoir-faire constituent les premiers critères de choix du collaborateur dans 27 % des cas. Les prix arrivent en deuxième position et les délais en troisième. Ces critères de choix du partenaire correspondent au triptyque «qualité, coûts, délais» qu imposent les plus grands donneurs d ordres que sont les constructeurs d automobiles. Poids des critères de choix du partenaire Complémentarité Proximité géographique Réactivité, délais Garantie contrat longue durée Garantie en qualité Prix Notoriété Technicité, savoir-faire Critères imposés par le groupe Champ : entreprises de 20 salariés ou plus du secteur Source : Sessi, enquête sur les relations interentreprises en 2003 % des trois principales relations stratégiques Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux
134 Les relations interentreprises focalisées sur la production Cependant, les critères de sélection du partenaire sont très différents selon la fonction. Pour la fonction d approvisionnement, les moyens techniques, la notoriété et la réactivité sont les trois vertus recherchées. Pour la fonction de commercialisation, les entreprises visent principalement les moyens techniques et la notoriété. Mais le choix est souvent guidé par le groupe. Pour la fonction de recherche et développement, les moyens techniques et la complémentarité semblent les critères majeurs de sélection quand le choix n est pas imposé par le groupe. Comme pour la fonction de commercialisation, les liens en matière de R & D sont souvent tissés à l intérieur du groupe. E - À la conquête de nouveaux marchés Les contacts sont toujours motivés par une raison précise. Les entreprises des services industriels du travail des métaux entretiennent des relations avant tout pour accéder à de nouveaux marchés. L absence de compétences internes et l absence d équipements sont deux autres raisons souvent citées. La petite taille des structures est, en grande partie, à l origine de ces motifs d alliance. Souvent elles ne disposent ni de moyens financiers suffisants ni de la capacité nécessaire pour étendre seules leurs marchés. Les deux premiers objectifs visés par le partenariat sont partagés avec l industrie manufacturière mais le troisième diffère : le mode d organisation est souvent imposé par le groupe dans l industrie manufacturière. Peu d entreprises du secteur recherchent dans leur partenariat un meilleur contrôle des délais ou des économies d échelle.
135 Les raisons du choix du partenaire Mieux contrôler les délais Rentabiliser un investissement Réaliser des économies d'échelle Absence d'équipements Accéder à de nouveaux marchés Se recentrer sur son cœur de métier Rechercher plus de flexibilité Absence de compétences internes Raison imposée par le groupe Champ : entreprises de 20 salariés ou plus Source : Sessi, enquête sur les relations interentreprises en 2003 % des trois principales relations stratégiques Industrie manufacturière Services industriels du travail des métaux Les raisons de mise en place de la relation varient selon la fonction. L absence d équipements, de compétences et la recherche de plus de fl exibilité sont les trois principales motivations des entreprises en ce qui concerne les fonctions d approvisionnement et de services auxiliaires. Dans le domaine de la commercialisation, les entreprises cherchent à acquérir de nouveaux marchés, à pallier l absence de compétences et souvent la relation est imposée par le groupe. Dans la fonction de production, c est la conquête de nouveaux marchés, mais aussi le souci de rentabiliser un investissement, qui conduit les firmes à instaurer des relations de coopération. Ce sont des soucis majeurs pour les entreprises du secteur, qui sont de taille plutôt petite. Les collaborations en recherche et développement sont principalement motivées par l absence de compétences, la volonté d accéder à de nouveaux marchés et l absence d équipements.
136 Les relations interentreprises focalisées sur la production F - Vers une évolution des rapports entre donneurs d ordres et sous-traitants Les nouvelles formes de liens industriels modifient le rapport de dépendance du preneur d ordres vis-à-vis du donneur d ordres. Désormais, les donneurs d ordres demandent à leurs sous-traitants d effectuer un travail qu ils réalisaient autrefois dans leurs propres usines. Ils doivent donc redéfinir ensemble le produit afin d intégrer ces nouvelles activités chez le sous-traitant. Le partenariat impose de ce fait un soutien actif du donneur d ordres à son fournisseur. Cependant, dans le secteur des services industriels du travail des métaux, l assistance des donneurs d ordres à leurs soustraitants est encore limitée. Les relations de type «partenaires tous gagnants» supposent un environnement favorable pour permettre une répartition équitable des résultats du progrès ou des richesses créées. Pour bien fonctionner, ce modèle a besoin de règles du jeu claires, bâties sur une éthique partagée et porteuses de confiance mutuelle. Ce type de relation demeure fragile puisqu il suffit d une crise dans le secteur d activité de l un ou l autre des partenaires pour que la relation bascule. Le contexte économique difficile dans lequel évoluent actuellement les services industriels du travail des métaux pèse lourdement sur les rapports entre preneurs d ordres et donneurs d ordres. Ces derniers exercent une pression sur leurs fournisseurs, leur position de force dans les négociations leur permettant d imposer des baisses de prix.
137 Les différentes fonctions de l entreprise L Enquête relations interentreprises distingue dans l entreprise cinq grandes fonctions pouvant donner lieu à des relations de coopération : production, approvisionnement, commercialisation, services auxiliaires, recherche et développement. La fonction de production décrit le cœur de métier de l entreprise. La fonction d approvisionnement se situe en amont de la production. Elle regroupe tous les achats qui entrent dans le processus de production, y compris les achats de sous-ensembles. La fonction de commercialisation est en aval de la production et couvre les étapes de la mise sur le marché. La fonction de services auxiliaires décrit l achat de prestations, personnalisées ou non, destinées à assurer le bon fonctionnement interne de l entreprise (informatique, maintenance, transport, services généraux, etc.). La fonction de recherche, développement et innovation a pour objet la mise sur pied et le financement de la R & D. Le poids des relations interentreprises est évalué en part du chiffre d affaires pour la production et la commercialisation et en part des achats matériels (achats de matières premières et autres approvisionnements + sous-traitance industrielle + achats de marchandises + variations de stocks) pour l approvisionnement.
138 Les relations interentreprises focalisées sur la production À lire : Pour en savoir plus : CORBEL (Patrick) : «Collaborer pour innover» Le 4 Pages, Sessi, n 212, septembre 2005 THEULIERE (Maël) : «Les partenariats des groupes industriels très fréquents, en interne comme en externe» Le 4 Pages, Sessi, n 206, juillet 2005 SOUQUET (Catherine) : «La sous-traitance internationale : l Europe, partenaire privilégié» Le 4 Pages, Sessi, n 205, juin 2005 HAAG (Olivier), RAULIN (Emmanuel), et SOUQUET (Catherine) : «Les relations interentreprises, nombreuses et hexagonales» Le 4 Pages, Sessi, n 195, novembre 2004 À consulter : Relations interentreprises en 2002 :
139 Enjeux du secteur Les nouveaux enjeux de la sous-traitance Les groupes dans le secteur Les relations interentreprises focalisées sur la production Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux A - Les services industriels du travail des métaux dans l Europe des Quinze B - Une internationalisation croissante avec l élargissement des marchés industriels C - Une structure géographique régionale qui devrait tendre vers un marché unique Quelques réponses aux défis à relever
140 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Le marché des services industriels du travail des métaux est un marché mondial structuré en segments géographiques. Malgré l internationalisation progressive des marchés industriels, le secteur des services industriels du travail des métaux s organise en effet autour de trois grandes zones : l Europe, l Asie et les États-Unis. L élargissement de l Union européenne à 27 pays oblige les entreprises françaises du secteur à raisonner désormais au niveau européen. Dans un contexte de mondialisation des économies, les industriels français et européens doivent de plus en plus faire face à la concurrence des pays émergents tels que la Chine et l Inde qui disposent de nombreux atouts. Pour les services industriels français du travail des métaux, la montée en puissance des pays asiatiques constitue la principale menace. Quant aux géants des services industriels du travail des métaux aux États-Unis, ils dominent si largement le marché mondial que les opérateurs français ne peuvent rivaliser avec eux. A - Les services industriels du travail des métaux dans l Europe des Quinze 1 - Une activité qui s améliore Après avoir stagné en 2002, la production européenne de l ensemble du secteur des services industriels du travail des métaux s est améliorée à partir de Les industries européennes de la forge - emboutissage - estampage et de la métallurgie des poudres et celles du traitement et revêtement des métaux et de la mécanique industrielle 29 ont enregistré une croissance du chiffre d affaires de 2 % entre 2002 et 2003 et de 10 % entre 2003 et Le chiffre d affaires des entreprises de la forge - emboutissage - estampage et de la métallurgie des poudres a dépassé 44 milliards d euros en 2004 et celui des entreprises de traitement et revêtement des métaux et de la mécanique industrielle a avoisiné 84 milliards d euros la même année. Pourtant, ces deux regroupements d activités occupent une place peu importante au sein de l industrie manufacturière. En 2004, leurs chiffres d affaires ont représenté respectivement 0,8 % et 1,5 % de celui de l industrie manufacturière. De par leur nature de sous-traitance industrielle, ils ont été très exposés aux exigences tarifaires de leurs clients, quel que soit le pays. Même si les entreprises sont parvenues à répercuter une partie de la hausse des prix des matières premières dans leurs propres prix de vente, leur productivité continue d être érodée par la hausse des coûts 29 Le secteur des services industriels du travail des métaux regroupe deux niveaux de la nomenclature d activités de la Communauté européenne : NACE 284 «Forge - emboutissage - estampage et métallurgie des poudres» et NACE 285 «Traitement et revêtement des métaux, mécanique industrielle».
141 salariaux. Du fait de l augmentation des coûts d approvisionnement, le résultat brut d exploitation des industries européennes du secteur s est dégradé sévèrement en 2002 et a fait chuter la rentabilité des entreprises. La rentabilité des industries européennes des deux regroupements d activités cités plus haut reste très en dessous de celle de l industrie manufacturière dans son ensemble. Celles des professionnels de la forge - emboutissage - estampage et de la métallurgie des poudres s est amélioré en Cette situation s est poursuivie pour ces activités mais à un rythme plus lent. La totalité des pays de l Union européenne a été confrontée à une baisse du chiffre d affaires du traitement des métaux et de la mécanique industrielle en Toutefois, l ampleur du déclin était variable. L Allemagne a subi la plus forte chute. La plupart des pays ont réussi à redresser la tendance en 2003 et La situation était quelque peu différente dans les activités de la forge - emboutissage - estampage et de la métallurgie des poudres puisque, globalement, le chiffre d affaires a augmenté. Mais ce constat recouvre une baisse de leur chiffre d affaires dans la plupart des pays en 2002, compensée par une augmentation dans quelques autres tels l Italie et l Espagne.
142 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux 2 - L Allemagne : en tête dans la forge - emboutissage - estampage et la métallurgie des poudres Les entreprises allemandes de la forge - emboutissage - estampage et de la métallurgie des poudres occupent la première position dans l Europe des Quinze, aussi bien en termes de chiffres d affaires qu en termes d emploi. L Italie n apparaît qu au troisième rang au niveau de l emploi alors qu elle occupe le second rang en termes de chiffre d affaires. Cette situation traduit la grande réactivité et la flexibilité des entreprises italiennes grâce à une forte automatisation de l outil de production. Part des différents pays dans l emploi et le chiffre d affaires des activités de «forge - emboutissage - estampage et métallurgie des poudres» Allemagne Italie France Espagne Royaume-Uni 7 Pays-Bas 3 4 Autres % Emploi Chiffre d'affaires Source : Eurostat, année 2004, UE à 15
143 3 - L Italie : première dans le traitement - revêtement des métaux et la mécanique industrielle Que ce soit en termes de chiffre d affaires ou d emploi, le classement des industries européennes du traitement et revêtement des métaux et de la mécanique industrielle est identique : l Italie occupe la première place, suivie de l Allemagne et de la France. Part des différents pays dans l emploi et le chiffre d affaires des activités de «traitement et revêtement des métaux et la mécanique industrielle» Italie Allemagne France Royaume-Uni Espagne Suède Pays-Bas 3 3 Autres % Emploi Chiffre d'affaires Source : Eurostat, année 2004, UE à 15 Les industriels français du travail des métaux doivent donc lutter contre la forte concurrence des pays traditionnellement compétitifs par leur savoir-faire comme l Allemagne et l Italie. Ces pays, caractérisés par une profonde tradition industrielle, bénéficient, eux aussi, d un secteur des services industriels du travail des métaux dynamique. L Allemagne se positionne comme le leader européen de l industrie automobile. L industrie italienne figure également dans le classement de tête des pays européens producteurs d automobiles «La chaîne de l équipement automobile», Chiffres clés Analyse, Sessi, n 222, 2003.
144 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux B - Une internationalisation croissante avec l élargissement des marchés industriels 1 - L ouverture de l Union européenne en 2004 : dix nouveaux pays très attractifs L ouverture de l Union européenne devrait considérablement modifier la distribution géographique de la sous-traitance au sein de l Europe, et en particulier celle des services industriels du travail des métaux. Taux de croissance annuel moyen du produit intérieur brut (PIB) de 1996 à 2005 Irlande Lettonie Estonie Lituanie Luxembourg Slovaquie Pologne Hongrie Slovénie Grèce Espagne Finlande Chypre Royaume-uni Suède Malte République tchèque Portugal Pays-Bas Autriche France Danemark UE à 25 Belgique Allemagne Italie % Source : FMI, ensemble de l économie
145 Des opportunités à saisir L élargissement de l Union européenne débouche sur un marché unique de 450 millions d habitants (+ 20 %) dynamisé par une forte croissance. La croissance du produit intérieur brut (PIB) des nouveaux venus oscille, en moyenne annuelle au cours de la période , entre 2,6 % pour la République tchèque et 6,9 % pour la Lettonie. Le développement industriel des nouveaux États membres ouvre des opportunités de premier plan pour les exportateurs français. En effet, le rattrapage de consommation accompagné d une sophistication de la demande des ménages et les besoins en infrastructures modernes et en biens intermédiaires sont de nature à offrir de nouveaux débouchés en produits industriels. Les conséquences économiques de l extension de l Europe sont à priori favorables pour les entreprises françaises et européennes. Les premiers résultats positifs se sont déjà fait sentir. Les perspectives d élargissement de l Union européenne ont dopé les échanges entre la France et les pays d Europe centrale et orientale (PECO). Les exportations françaises de l industrie automobile vers les nouveaux pays ont augmenté de 16 % par an en moyenne de 1995 à 2002 et la tendance se poursuit. En 2006, les exportations de voitures vers les PECO atteignent 3,6 milliards d euros. En 2004, l Union européenne à 25 comptait 216 millions de voitures particulières, soit une progression de 38 % entre 1990 et Les plus fortes hausses ont été enregistrées en Lituanie (+ 167 %), en Lettonie (+ 142 %) et en Pologne (+ 128 %). Le marché des nouveaux États membres est prometteur. En effet dans ces pays, le nombre de voitures pour mille habitants est le plus faible : la Slovaquie (222), la Hongrie (280) et la Lettonie (297).
146 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Évolution du nombre de voitures dans l Union européenne à 25 Nombre de voitures pour habitants Année 1990 Année 2004 Pourcentage de hausse entre1990 et 2004 du nombre total de voitures Lituanie Lettonie Portugal Pologne Grèce Malte Irlande Estonie Chypre Espagne Luxembourg République tchèque Slovénie Hongrie UE à Autriche Slovaquie Royaume-Uni Pays-Bas Allemagne Belgique France Italie Norvège Finlande Danemark Source : Eurostat - Communiqué de presse, réf : STAT/06/125 du 19 septembre 2006
147 Un autre atout tient à la proximité des marchés est-européens, qui réduit les coûts de transport et permet de conserver une bonne réactivité à la demande des consommateurs. Ainsi, Paris se trouve, par la route, à égale distance de Prague et de Barcelone (un millier de km) ; Strasbourg est presque aussi proche de Varsovie (1 235 km) que de Pau (1 212 km). S implanter à l est de l Europe, c est aussi pour certaines entreprises se rapprocher d un marché en devenir, celui de la Russie. L élargissement est un facteur favorable au développement de nouveaux espaces géographiques, dont l environnement juridique et financier devient semblable à celui des entreprises de l Europe de l Ouest. Divers éléments rendent les PECO attractifs pour l implantation d activités économiques : ils bénéficient d un environnement économique favorable, leurs marchés sont en pleine expansion, avec une industrie à forte tradition mécanique, la main-d œuvre y est qualifiée et les infrastructures y sont de bon niveau. En termes de coût de la main-d œuvre, les écarts avec les autres pays de l Union européenne sont tels que les dépenses salariales sont dans un rapport de 1 à 6 (entre l Allemagne et la moyenne des dix nouveaux entrants), voire de 1 à 10 (entre la France et la Lituanie par exemple). Ces ordres de grandeur sont suffisamment éloquents pour convaincre les donneurs d ordres de délocaliser leurs sites de production vers les nouveaux États membres.
148 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Coût unitaire de la main-d oeuvre * en Europe Bulgarie Roumanie Lettonie Lituanie Pologne Estonie Slovaquie République tchèque Hongrie Portugal Malte Slovénie Chypre Espagne UE à 27 Italie UE à 25 Royaume-Uni Irlande France Autriche Finlande Danemark Luxembourg (Grand-Duché) Pays-Bas Allemagne (incluant l'ex-rda à partir de 1991) Suède Belgique milliers d'euros par an * Les coûts unitaires de la main-d œuvre mesurent le coût moyen de la main-d œuvre par unité produite. Ils sont égaux au ratio entre les coûts totaux de la main-d œuvre et la production en volume Les coûts totaux de la main-d œuvre sont constitués des salaires et traitements, des bonus, des paiements en nature relatifs aux services liés au travail (alimentation, essence, logement) indemnités de départ et de fi n de contrat et les cotisations des employeurs aux systèmes de retraites, aux assurances-vie et dommages et aux régimes d indemnisation des travailleurs. Source : Eurostat, année 2004 La productivité, très nettement inférieure dans les nouveaux États membres, devrait faire un bond en avant considérable. Elle devrait rapidement atteindre le niveau des pays de l Europe des Quinze grâce, notamment, à l introduction par les investisseurs de modes de production plus modernes. Ce mouvement de rattrapage s est déjà amorcé avec les afflux massifs d investissements directs à l étranger (IDE) 31. Le stock d IDE dans ces pays est passé de moins de 3 milliards de dollars en 1990 à plus de 140 milliards en Cette abondance de capitaux a joué un rôle dans 31 Les IDE comprennent l acquisition nette d actions du capital ou de prêts à travers les fusions et les acquisitions, les joints-ventures, l établissement de nouvelles filiales et les transferts de capitaux d une société-mère à sa filiale.
149 l accroissement de leur niveau de vie. Les IDE ont également permis d équilibrer les balances des paiements. Ce mouvement doit se poursuivre. L avenir devrait, par conséquent, tendre vers un équilibre où la concurrence serait équitable entre tous les pays de l Europe. Les anciens pays de l Union devront désormais compter les nouveaux venus parmi leurs concurrents. L entrée de ces pays au sein de l Europe rappelle celle de l Espagne ou du Portugal, dont les résultats ont montré que l ensemble de l Union européenne avait plus à gagner qu à perdre à cette politique d ouverture. Un marché en réorganisation à la suite de l intégration des dix nouveaux pays L harmonisation des économies à l échelle européenne devrait profiter à l ensemble des pays, aussi bien à ceux de l ancienne Europe des Quinze qu aux nouveaux entrants. Toutefois, des réorganisations seront nécessaires. L ouverture de l Union européenne nécessite des adaptations, de nouvelles façons de travailler. Dans un premier temps, une spécialisation géographique devrait s opérer avec un transfert des activités les moins technologiques vers les pays aux avantages de prix compétitifs. Les industries de biens de consommation et d équipement devraient se déplacer vers l Europe centrale, où les besoins de millions d habitants sont très importants. Concernant les biens intermédiaires et notamment les services industriels du travail des métaux, l élargissement de l Europe va intensifier la concurrence. Ainsi, une organisation nouvelle de l industrie va se dessiner progressivement. Le marché unique élargi est devenu le nouvel espace pertinent de définition des stratégies européennes. En fonction des avantages compétitifs recherchés (taille et proximité des marchés, coût et disponibilité de la main-d œuvre, etc.), chaque firme doit viser à se situer au mieux. L accueil au sein de l Union européenne des dix nouveaux États membres puis de la Bulgarie et la Roumanie au 1er janvier 2007 soumet le tissu industriel des Quinze à une pression concurrentielle accrue. Premiers exemples de réorganisation avec l implantation des constructeurs d automobiles Dans les PECO, du fait des conditions économiques attractives, les usines automobiles se multiplient. Même si la productivité dans ces pays est encore très inférieure à celle qui prévaut dans l Union européenne, les avantages en termes de
150 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux coût de la main-d œuvre sont déterminants dans les choix stratégiques d implantation des donneurs d ordres. Dans une industrie où la part de la main-d œuvre s élève à plus de la moitié de la valeur ajoutée 32, les industriels ont vite compris les gains de productivité qu ils feraient en s implantant dans ces pays. Au cours des dernières années, les constructeurs d automobiles français ont considérablement accru leur présence sur les marchés des pays de l Europe centrale et orientale. Ainsi, le groupe PSA Peugeot-Citroën s est engagé en Europe de l Est (en République tchèque, en partenariat avec Toyota, et en Slovaquie). Fiat et Opel ont aussi des projets dans ces pays 33. Ces investissements prennent le plus souvent la forme de créations ex nihilo ou créations pures. Plus rarement, les constructeurs d automobiles investissent par croissance externe, c est-à-dire par la reprise d une usine étrangère. C est ainsi que Renault a racheté le constructeur roumain Dacia en 1999 ; en 2005, les premières Logan sortaient du site de Pitesti en Roumanie. Renault est également présent en Slovénie depuis 1972 à la suite d un accord avec l usine Revoz. En 2006, le nombre d automobiles fabriquées sur le territoire national par les constructeurs français et les filiales de groupes étrangers reste supérieur à celui constaté en 1998 (respectivement 3,1 millions de véhicules et 2,9 millions). Mais, dans le même temps, la production française de voitures fabriquées à l étranger est passée de quelque 1,6 million à 2,6 millions d unités. Ainsi, la part de la production réalisée en France diminue au profit de celle réalisée à l étranger. En 2006, 45 % de la production automobile française est fabriquée à l étranger contre 36 % en Sessi-EAE «Automobile : les routes de l Est», MIDEST News, octobre 2004.
151 Évolution en pourcentage de la répartition France / étranger de la production automobile française 70 % Évolution de la construction automobile en France (toutes marques, y compris étrangères) Évolution de la construction automobile française à l'étranger Source : constructeurs automobiles Les entreprises françaises de la chaîne de l équipement automobile privilégient la Pologne et la République tchèque pour implanter leurs usines. Ces pays, où la population est la plus nombreuse et les perspectives de croissance prometteuses, accueillent les deux tiers des implantations françaises dans les PECO. Les constructeurs d automobiles ne sont pas les seuls à s implanter dans ces nouveaux pays. Les équipementiers ont suivi le mouvement. Ils ont implanté 24 usines dans les PECO, de 1990 à Ainsi, Valeo, le premier groupe équipementier français, a investi 100 millions d euros en Pologne 34. Toute la chaîne de l équipement automobile est désormais concernée. Compétitivité oblige, les constructeurs incitent fortement leurs fournisseurs directs, équipementiers ou sous-traitants, à les suivre sur ces nouveaux marchés, soit en s implantant directement en Europe de l Est, soit en concluant des accords avec des industriels locaux. Certains en font même une obligation. Les donneurs d ordres exigent qu à moyen terme, 20 à 40 % des pièces et sous-ensembles qui leur seront livrés proviennent de régions à bas coûts de 34 «La filière automobile française en Europe - À l Est, du nouveau» Le 4 Pages, Sessi, n 181, octobre 2003.
152 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux production 35. La production en flux tendus impose cette proximité géographique. Cela s est déjà traduit par des investissements lourds et des transferts significatifs de savoirfaire. Près de 25 % des investissements étrangers effectués dans les nouveaux pays membres de l Union européenne correspondraient à des opérations de délocalisation. Et, pour une grande part, ces mouvements seraient dus au secteur de l automobile. Tous les composants sont concernés : pneumatiques, équipements électriques, pièces de la forge, de l usinage, du découpage - emboutissage, etc. Les PECO renforcent progressivement leur présence dans le secteur des services industriels du travail des métaux. Ainsi, le nombre d industries spécialisées dans ces professions implantées dans les dix nouveaux pays a augmenté de près de 40 % entre 1998 et 2004, passant de à entreprises. Le chiffre d affaires a lui aussi fortement progressé, d environ 200 % pendant la même période 36. Certes, avec un poids de 5 % du chiffre d affaires sectoriel de l ensemble des 25 pays européens en 2004 (contre 2 % en 1998), ces pays émergents restent loin derrière les pays leaders comme l Allemagne, l Italie ou la France. Mais leur croissance rapide illustre le potentiel de développement de ces pays et annonce une concurrence avivée dans l espace européen. Les industriels français des services industriels du travail des métaux disposent de nombreux atouts Dans cette compétition, les entreprises françaises du secteur des services industriels du travail des métaux ne doivent sous-estimer ni leur puissance ni leurs atouts. Elles bénéficient d une demande potentielle intérieure importante dans la mesure où les industries françaises de l automobile et de l aéronautique sont parmi les plus dynamiques en Europe avec celles de l Allemagne et de l Italie. Le secteur automobile français se situe au deuxième rang européen des pays producteurs, derrière l Allemagne 37. Elles ont par ailleurs une position géographique privilégiée. Située au cœur de l Europe, la France jouit d un atout inestimable pour respecter les exigences des donneurs d ordres en matière de délais. Mode de fonctionnement imposé par les grands clients, le «juste à temps» implique cette proximité. En réalisant un cinquième du chiffre d affaires du secteur avec d autres pays au sein de l Europe, ces entreprises demeurent des partenaires irremplaçables. Comptant un cinquième des effectifs européens du secteur, elles détiennent une partie importante du savoir-faire. De plus, celui-ci est reconnu par la certification du plus grand nombre d entreprises. 35 «Automobile : les routes de l Est», Midest News, octobre Source : Eurostat, 1998 à «La chaîne de l équipement automobile», Chiffres clés Analyse, Sessi, n 222, 2003.
153 Il en résulte que la mise en place d une démarche qualité concerne la quasi-totalité des industries françaises du travail des métaux. Grâce à leur savoir-faire technique et à leurs efforts dans l innovation, les soustraitants français conservent les productions à forte valeur ajoutée. Les résultats de ceux qui ont tenté de déplacer leur production vers des pays de l est de l Europe n ont pas toujours été à la hauteur de leurs espoirs et certains ont dû revenir en France. Les coûts salariaux attrayants de ces pays ne suffiraient pas à leur conférer un avantage décisif. Parmi tous les critères à prendre en compte, la qualité des produits et la productivité du travail ne seraient pas toujours au rendez-vous. De plus, les avantages compétitifs des pays émergents ne devraient pas durer éternellement. Les écarts avec le tissu industriel des Quinze devraient se réduire peu à peu. La nécessité pour les PECO de se soumettre aux contraintes de l Union européenne en matière normative, environnementale (valorisation et recyclage des emballages et déchets d emballages), de concurrence, de fiscalité, etc. va évidemment diminuer l importance de leurs avantages comparatifs 38. L intégration européenne ne saurait manquer d avoir pour conséquence une élévation spontanée des normes sociales qui va renchérir le facteur travail. La législation «marché intérieur» de l Union rend également obligatoire un ajustement des normes techniques et environnementales, conduisant ainsi à augmenter les autres coûts de production. Depuis le début de la coopération entre les PECO et les membres de l Union européenne des Quinze, les salaires des pays entrants ont augmenté et tendent à se rapprocher des standards européens. À terme, ils devraient s établir à des niveaux comparables. Pour conserver leurs marchés, les sous-traitants français du travail des métaux devront miser sur l innovation et la qualité Les entreprises françaises du secteur doivent donc se préparer à affronter cette concurrence accrue et réfléchir aux adaptations nécessaires. En attendant que les pays entrants rattrapent leur retard en matière de productivité et de technologie, les donneurs d ordres optent pour une solution nuancée : ils délocalisent, dans un premier temps, les pièces ou sous-ensembles non innovants sur le plan technique. Par exemple, les constructeurs d automobiles privilégient la production de voitures de bas de gamme ou de moyenne gamme dans les pays de l Est. Les gammes supérieures continueront d être produites dans les pays les plus industrialisés. 38 «Élargissement de l Union européenne : un nouveau marché», les enjeux économiques internationaux, DREE Dossiers, ministère de l Économie, des Finances et de l Industrie, avril 2004.
154 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Par conséquent, les fournisseurs de la chaîne automobile, et les sous-traitants des services industriels du travail des métaux en particulier, devront mettre l accent sur leurs avantages reconnus en termes de qualité, de délais et de réactivité. Par exemple, à la suite de la délocalisation d une partie de sa production, telle entreprise a dû redéfinir son cœur de métier et se concentrer sur des produits de plus haute technologie, nécessitant des efforts en termes de qualité 39. Dans le même ordre d idées, les entreprises qui choisissent de ne pas suivre leurs clients sur les nouveaux marchés ou qui ne le peuvent pas - souvent freinées par leur petite taille - devront miser sur l amélioration des process et des techniques. Ainsi, pour compenser la baisse de son chiffre d affaires, telle autre société a dû intégrer de nouvelles applications : au lieu de quatre références, elle en a désormais cinquante! Dans cette quête de toujours plus de technicité, les industriels français devront innover afin de conserver leur avance. Privilégier la qualité durable est aussi un moyen de conserver leurs marchés, face à la concurrence de pays qui ne maîtrisent pas encore cette dimension de la production industrielle. Pour rester attractives, les entreprises nationales semblent devoir fonder leur avantage compétitif sur la relation avec leurs clients plus que sur la livraison d un produit générique réalisable à moindre coût dans les PECO. Les industries françaises du travail des métaux devraient chercher à s imposer comme d incontournables partenaires économiques et technologiques des donneurs d ordres en leur apportant des solutions et services précisément adaptés à leurs besoins. Cette évolution stratégique leur permettrait de s insérer dans la filière de l entreprise étendue. C est un ensemble d entreprises et d acteurs économiques associés pour la réalisation de projets communs. Cette progression fonctionne essentiellement sur la base d alliances et de partenariats. Confrontée aux délocalisations, la France doit aussi fournir un effort massif dans les hautes technologies et développer la recherche et développement. Le volume des dépenses correspondantes et nécessaires imposera aux petites structures de se regrouper. Concevoir les stratégies au niveau européen pour lutter contre la concurrence extérieure Les services industriels français du travail des métaux doivent désormais concevoir leur avenir au niveau européen et miser sur des coopérations européennes pour faire 39 «La sous-traitance navigue à vue», Galvano-Organo, n 743, novembre 2004.
155 la différence. Dans un contexte mondial profondément évolutif, avec notamment la montée en puissance de la Chine et de l Inde, une réflexion est à mener au niveau de l Europe. Selon Jean-Hervé Lorenzi, économiste, «Il faut encourager la création de champions européens» 40 : par exemple, par le regroupement des forces des entreprises les plus performantes. Certains États membres, en particulier la France et dans une moindre mesure l Allemagne, prônent déjà la constitution de «champions industriels», qu ils soient nationaux ou européens, afin de renforcer la puissance industrielle de l Union européenne. Pour sa part, la Commission européenne a récemment réaffirmé sa volonté de placer l industrie manufacturière et la politique industrielle au cœur de l agenda politique européen 41. Mais les États membres restent ancrés dans des stratégies de champions nationaux. Ainsi, la France et l Allemagne sont aujourd hui encore dans une logique de concurrence plus que de partenariat. «Il faut, par ailleurs, créer les conditions permettant la formation de grands groupes européens plurinationaux», a insisté Jean-Hervé Lorenzi, qui recommande d accélérer l adoption en France de la loi sur le statut de la société européenne qui permettrait de favoriser les fusions-acquisitions entre entreprises européennes. 2 - L émergence des marchés asiatiques : un développement hors du commun qui en fait une localisation de plus en plus privilégiée par les grandes entreprises Un développement rapide Le marché asiatique poursuit sa croissance et impose petit à petit son fort potentiel. En effet, l Asie a enregistré les taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) les plus élevés. La Chine a connu un taux de croissance annuel moyen de 9 % entre 1996 et 2005 alors que celui de l économie mondiale avoisinait 4 %. Le gouvernement chinois prévoit une croissance du PIB d au moins 7,5 % par an jusqu en Avec un potentiel de croissance considérable, la Chine est déjà le premier producteur mondial dans de nombreux secteurs (acier, ciment, charbon, jouets, télévision, chaussures, produits blancs) 42. Les sociétés chinoises ont une ambition mondiale : les groupes chinois leaders de leurs marchés nationaux oeuvrent de plus en plus à l étranger, en quête de savoir-faire, de débouchés et de notoriété «Le Conseil d analyse économique va remettre au Premier ministre deux rapports prônant une nouvelle politique industrielle», Les Echos, 27/10/ «Quelle politique industrielle dans une Europe élargie?», 10 e séminaire annuel de la direction des statistiques d entreprises de l INSEE, 2 décembre «Le poids de la Chine en chiffres» Mission économique Chine, décembre «Les sociétés chinoises ne cachent plus leur ambition mondiale», Le Monde, 08/03/2005.
156 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux L Inde n est pas en reste : le pays a enregistré une croissance de 8,3 % Selon les chiffres officiels, l économie indienne a crû en moyenne annuelle de plus de 6 % entre 1996 et L économie japonaise est dynamique elle aussi (expansion de 2,7 % du PIB en 2005). Selon de nombreux économistes, elle devrait se maintenir sur le chemin de la croissance 44. Des avantages qui attirent inévitablement les grands donneurs d ordres D après une note de la direction générale des Affaires économiques et financières de la Commission européenne, les pays émergents, tels que la Chine ou l Inde, prennent de plus en plus de place dans les choix de localisation des entreprises 45. Alors que la part des pays de l Europe de l Est dans les flux mondiaux d investissements directs à l étranger est passée de 0,3 % en 1990 à 3,3 % en 2002, elle reste modeste comparée à celle de l Asie de l Est et du Sud-Est (13,6 %) 46. En 2005, la Chine s est placée parmi les premiers pays d accueil des investissements étrangers : 74 milliards de dollars de capitaux étrangers, soit 13 % de plus qu en Les pays asiatiques, combinant faible coût du travail et apprentissage rapide, incitent inéluctablement les donneurs d ordres français à s y implanter. Les grandes entreprises, notamment dans le domaine des transports (aéronautique, automobile, ferroviaire, etc.) sont déjà présentes sur le marché asiatique et comptent bien poursuivre et renforcer leurs implantations. Dans le secteur de l automobile, principal client des services industriels du travail des métaux, l industrie chinoise vient de passer du quatrième au troisième rang mondial entre 2002 et 2003, dépassant ainsi l Allemagne 47. Le marché automobile chinois est devenu, en 2005, le troisième marché mondial après ceux des États-Unis et de l Union européenne. Les ventes ont atteint 5,9 millions de véhicules, dont véhicules importés, soit une progression d ensemble de 14 % par rapport à Tous les constructeurs d automobiles français sont maintenant implantés sur les terres du Céleste Empire 49 et ont des projets de développement sur ce marché. Les constructeurs d automobiles français préparent simultanément leur entrée sur le marché indien où Fiat et Mercedes sont les seuls constructeurs européens présents. 44 Les Echos, juin 2004,», 45 «Quand Bruxelles vante les bienfaits des délocalisations sur l économie européenne», Le Monde, 09/03/ «Élargissement de l Union européenne : un nouveau marché», Les enjeux économiques internationaux, DREE Dossiers, ministère de l Économie, des Finances et de l Industrie, avril Selon la Fédération allemande de l industrie automobile (VDA), Autoactu, novembre 2004, 48 «L industrie automobile en Chine», Missions économiques, 13/04/ «La Chine, ça vous dit?», Décolletage n 181, janvier-février 2005.
157 Le groupe Renault a signé un accord pour la création d une «joint-venture» avec le quatrième constructeur automobile indien, Mahindra & Mahindra ; la société commune a pour mission de gérer la production de la Logan 50. Renault est, par ailleurs, présent en Corée du Sud grâce à la création de la société Renault Samsung Motors. Le secteur de l aéronautique, autre débouché majeur du secteur des services industriels du travail des métaux, ouvre aussi de vastes perspectives vers de nouveaux marchés. De ce fait, les entreprises françaises des services industriels du travail des métaux commencent à s intéresser aux pays asiatiques. Ainsi, un groupe de décolleteurs français a visité la Chine afin de prendre la mesure du dynamisme du pays et de nouer des contacts utiles pour l avenir. Tel groupe, spécialiste de la transformation des métaux, qui a créé une filiale en Chine en 2000 pour suivre l un de ses clients les plus importants, est très satisfait d avoir tenté l expérience. Si bien que, cinq ans après, son usine est certifiée ISO 9000 et intègre, depuis 2005, l activité peinture, jusque-là sous-traitée. En fait, les difficultés viennent plutôt de l accélération économique en Chine : le pays ne produit plus assez d électricité pour les besoins des industriels! mais de nombreux défi s à relever pour les sous-traitants Les industriels français du travail des métaux ont des réactions et des comportements différents à l égard des délocalisations organisées par les donneurs d ordres. Certains ne sont pas encore concernés mais sont conscients que des répercussions se feront sentir sur leurs marchés. Une partie d entre eux commence à s adapter et a choisi d investir dans des outils performants afin d être aussi compétitifs que possible et d éviter de délocaliser leur outil de production vers des pays à faibles coûts de main-d œuvre 51. D autres perçoivent la délocalisation de leurs marchés comme inéluctables et en éprouvent de vives inquiétudes. Un secteur où la part de la main-d œuvre dans les coûts est de l ordre de 50 % peut craindre en effet des délocalisations dans des pays où le coût de la main-d œuvre est faible. Les premiers signes de l influence des écarts de coûts entre pays sont d ores et déjà perceptibles. Ainsi, telle société spécialisée dans le traitement des tubes à circulation de fluides a enregistré une perte de 15 % de son chiffre d affaires. En outre, produire localement est devenu un argument commercial pour toutes les entreprises lancées à l assaut des marchés asiatiques, compte tenu des attentes des pays d accueil. Cherchant à travailler avec des fournisseurs implantés localement, elles demandent à leurs fournisseurs d origine, français ou européens le plus souvent, de 50 «Renault s implante en Inde en s associant avec Mahindra» consulté le 12/07/ Source : Xerfi, d après presses professionnelle et économique, février 2005.
158 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux les accompagner sur place ; faute de quoi, elles passeront contrat avec des fournisseurs locaux. Afin de compenser leurs pertes sur le marché français, ou pour satisfaire leurs clients, certaines entreprises ont déjà décidé d accompagner leurs donneurs d ordres à l étranger en rachetant ou en prenant des participations dans des unités locales. Mais ce phénomène reste marginal dans le secteur. Les professionnels mettent en avant le risque de s implanter dans les pays asiatiques en raison de différences de culture ou de l éloignement. En effet, les défis à relever sont nombreux pour une entreprise étrangère qui souhaite se développer sur le sol asiatique 52 : - culture locale difficile à appréhender pour un Occidental ; - nécessité d être introduit auprès des partenaires potentiels : une relation d affaires se noue après un long apprentissage de la confiance ; - culture du rapport de force permanent ; - réglementation en matière de propriété intellectuelle au niveau des standards internationaux mais dont l application est aléatoire ; - en Chine, niveau excessif des prêts bancaires accordés à des débiteurs n offrant pas des garanties suffisantes (20 % au moins des actifs bancaires) ; - toujours en Chine, coupures d électricité fréquentes. 3 - Quelques mots sur les États-Unis Les entreprises américaines ont un poids considérable dans les industries de l automobile et de l aéronautique. Avec 12 millions d automobiles produites par an en moyenne, les États-Unis devancent largement le Japon, l Allemagne, ou encore la France et restent le leader mondial sur le marché automobile 53. Les constructeurs d automobiles américains (en tête General Motors, suivi de Ford et de Daimler Chrysler) sont massivement implantés dans de nombreux pays, ainsi que les équipementiers automobiles. Parmi les dix premiers équipementiers mondiaux, en termes de chiffre d affaires, six sont d origine américaine, dont les deux premiers (Delphi Automotive Systems et Visteon) 54. Les États-Unis restent aussi très présents sur le marché aéronautique malgré le récent dépassement de Boeing par Airbus. Implanté dans soixante-dix pays, Boeing s est longtemps présenté comme le leader mondial de la construction aéronautique Mission Chine-Taiwan, novembre 2004, consulté le 07/07/ La chaîne de l équipement automobile, Chiffre clés Analyse, Sessi, édition «L industre aéronautique aux États-Unis», missions économiques Minefi - DREE/Trésor, consulté le 13/07/2005.
159 C - Une structure géographique régionale qui devrait tendre vers un marché unique La structure du marché des services industriels du travail des métaux ne devrait pas subir de profondes mutations géographiques jusqu en Elle devrait toujours s organiser autour de trois zones : Europe, Asie et États-Unis. En effet, les écarts actuels de qualité, de productivité et de technologie sont trop importants pour que les pays asiatiques rejoignent, à court terme, le niveau des pays européens ou américains. Malgré son essor considérable, la Chine figure encore parmi les nations en développement. Son PIB par tête n atteint pas encore le sixième de celui des États-Unis 56. De plus, les entreprises européennes et américaines anticipent la concurrence de ces pays et commencent à réagir. D après le groupe de prospective du Sénat, les États-Unis conserveront leur suprématie économique, technologique, politique et militaire au moins durant les quinze prochaines années 57. Toutefois, les écarts devraient se résorber à l horizon Du fait de la mondialisation irrévocable de l économie, le marché des services industriels du travail des métaux devrait s inscrire au niveau mondial et non plus régional. D une part, les pays émergents de l Est devraient rattraper les pays développés d ici une quinzaine d années et ainsi imposer leur puissance. En effet selon les projections de la Banque Mondiale 58, la Chine dépasserait en 2020 le PIB des États-Unis. L Inde et l Indonésie talonneraient le Japon, tandis que la Corée du Sud et la Thaïlande devanceraient la France. S ajoute à cela une révolution technologique qui devrait profiter aux pays émergents de l Est. Les nouvelles technologies se diffusent et les pays asiatiques, avec des dépenses en recherche et développement en constante progression - alors que celles des pays européens régressent 59 - ne devraient pas tarder à rattraper leur retard 60. Ces pays tirent profit également des apports technologiques et de savoir-faire incorporés dans les investissements directs des entreprises étrangères. De plus, les Chinois et les Taïwanais sont prêts à étudier tout projet de partenariat : de la technologie, des techniques de management ou de marketing, du service, etc. Par conséquent, l avance technologique occidentale est appelée à se réduire. 56 «Le défi chinois, les vulnérabilités du dragon» Le Monde, 15/06/ consulté le 19/07/ «Puissance et démographie : la nouvelle donne» consulté le 19/07/ Les dépenses des sociétés japonaises de R & D ont augmenté de 2,8 % en 2003, par rapport à l année précédente alors que celles de la France ont reculé de 2 % «Recherche : les entreprises européennes sont à la traîne», Le Monde, 18/12/ consulté le 19/07/2005.
160 Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux D autre part, plusieurs facteurs pourraient remettre en cause la domination américaine. Les États-Unis devraient être plus vulnérables aux fluctuations financières et commerciales ainsi qu aux approvisionnements en pétrole, si bien que de nombreux pays devraient avoir demain les moyens de rivaliser avec eux. Enfin, l accroissement probable, ces quinze prochaines années, des préoccupations concernant l environnement, le vieillissement des populations dans les pays industrialisés, la montée des biotechnologies et bien d autres facteurs moins identifiables devraient accompagner la mondialisation de l économie et perturber son organisation actuelle 60.
161 Enjeux du secteur Les nouveaux enjeux de la sous-traitance Les groupes dans le secteur Les relations interentreprises focalisées sur la production Aspects internationaux de l activité des services industriels du travail des métaux Quelques réponses aux défis à relever
162 Quelques réponses aux défis à relever L envolée du cours des matières premières, les pressions tarifaires exercées par les donneurs d ordres, la baisse d activité des principaux secteurs clients, à savoir l automobile et l aéronautique, l internationalisation des marchés industriels, sont autant de défis à relever par le secteur des services industriels du travail des métaux. Face à ces problématiques, des actions collectives ont déjà été initiées. Le découpage - emboutissage : cap à l est pour les grandes entreprises et mise en commun des connaissances pour les autres Le paysage de la profession du découpage - emboutissage évolue. Après l implantation des constructeurs d automobiles dans les pays de l Europe centrale et orientale, certaines entreprises du découpage - emboutissage les ont suivis. L atelier OME En novembre 2005, quinze entreprises de l activité de découpage - emboutissage s associent pour lancer l atelier outils et métiers pour l emboutissage (OME). Cet atelier permet d évaluer au mieux les besoins en matériaux et de définir le processus de fabrication le mieux approprié pour une pièce déterminée. Ainsi sont supprimées les pertes de temps liées à la recherche de cas similaires et à l identification au sein de l atelier de la presse la plus adaptée pour réaliser la pièce. L atelier donne accès à une base de connaissances du métier et comporte des outils de simulation, des logiciels d aide à la décision et des bases de données. Ce programme de mise en commun vise à améliorer la compétitivité et la productivité. Les objectifs d OME sont les suivants : - réduire les délais de lancement d une nouvelle pièce sur le marché ; - résister à la concurrence des matériaux non métalliques ; - capitaliser l expérience de l entreprise ; - améliorer la démarche qualité par une meilleure formalisation ; - rendre les outils de simulation accessibles aux PME. Cet atelier a été développé avec le soutien du ministère de l Économie, des Finances et de l Industrie, du syndicat professionnel Groupement des Industries Transformatrices des Métaux en Feuilles (Gimef), du Centre technique des industries mécaniques (Cetim) et de l école des Mines d Albi.
163 Ce sont des sociétés fi nancièrement solides ou adossées à de grands groupes d équipementiers automobiles ou à des géants de la sidérurgie. Pour celles qui ne peuvent pas suivre leurs donneurs d ordres à l étranger, d autres stratégies s imposent. Recentrer son activité sur des produits à plus forte valeur ajoutée est une solution. Des programmes d innovation ont été lancés et l atelier OME en est un exemple (voir l encadré, page 183). Pour d autres, il est nécessaire de moderniser l outil de production et donc d investir. Le traitement et revêtement des métaux doit faire face aux défi s environnementaux Dans le traitement et revêtement des métaux, les opérations de préparation des surfaces (dégraissage, décapage, «fluxage» et séchage) utilisent des produits souvent toxiques (mercure, solvants, etc.). Cette activité produit donc des déchets et des effluents polluants (émanations polluantes) qu il est nécessaire de traiter en même temps qu il faut recycler l eau. La profession doit sans cesse se mettre aux normes et les modifications à apporter ont un coût difficile à répercuter chez les donneurs d ordres. Pour répondre à ces défis environnementaux, l innovation est nécessaire. La recherche innovante peut se faire en interne, certaines entreprises disposant de leur propre laboratoire. Elle peut aussi faire l objet de collaborations avec les fournisseurs. Des organisations professionnelles nationales ou européennes ou des groupements d intérêt économique ont instauré des pôles de recherche à cet effet. En 2005, sept entreprises se sont réunies en Alsace pour mettre en commun leurs savoir-faire et proposer aux industriels une plate-forme de R & D offrant une gamme de procédés innovants et respectueux de l environnement. Enfin, le Centre technique des industries mécaniques (Cetim) apporte son soutien pour valider et optimiser les procédés existants. Ces investissements répondent à des obligations réglementaires européennes, nationales et régionales. Ainsi une directive européenne encadre l utilisation du chrome hexavalent (chrome VI) dans certaines applications. Les recherches entreprises pour trouver des produits de substitution sont coûteuses. De même, depuis la directive sur la réduction des émissions de composés organiques volatils (COV), les industriels ont été contraints d engager des actions de réduction de ces émissions : remplacement de peintures en phase aqueuse, captation des vapeurs de solvants lors des opérations de nettoyage. Le «rejet zéro» est également une mesure à prendre en compte dans les process sans oublier la réglementation européenne Reach qui doit être appliquée depuis le 1er juin 2007.
164 Quelques réponses aux défis à relever REACH Adapté en décembre 2006 par le Parlement et le conseil européen, le règlement Reach (Registration, Evaluation, Authorization of Chemicals) est entré en vigueur le 1 er juin 2007 (règlement CE n 1907/2006 relatif à l enregistrement, l évaluation et l autorisation des substances chimiques). Il vise à améliorer la connaissance des propriétés des substances chimiques produites ou importées dans l Union européenne, à assurer la maitrise des risques liés à leur usage et, si besoin est, à restreindre ou interdire leur emploi. Il transfère, des pouvoirs publics vers les entreprises, la responsabilité de l évaluation des risques et met en place une politique de substitution de certains produits dangereux. Il repose essentiellement sur deux nouvelles procédures : l enregistrement et «l autorisation». Une agence européenne des produits chimiques (AEPC) aura la charge des aspects techniques et administratifs. Le respect de l environnement est une préoccupation forte dans cette activité. Aussi, le Syndicat national des entreprises d application de revêtements et traitements de surface (Sats) et l Agence de l environnement et de la maîtrise de l énergie (Ademe) ont rédigé un guide sur «l intégration du facteur environnemental dans la gestion globale des entreprises du traitement de surface».
165 Le traitement de surface et la réglementation environnementale - Arrêté du 26 septembre 1985 : il précise les caractéristiques que les ateliers doivent respecter ainsi que les normes de rejet en matière de prévention de la pollution des eaux et de l atmosphère. Il stipule également les règles à suivre en matière de déchets, d aménagement, d exploitation et d auto-surveillance. - Circulaire du 10 janvier 2000 : elle décrit, renforce et actualise les modalités d application de l arrêté précédent. Elle précise les points sur lesquels l administration doit insister : prévention des pollutions à la source, sécurité vis-à-vis des milieux récepteurs (zéro rejet), valeur limite des rejets, raccordement à une station d épuration, surveillance des impacts sur l environnement. - Arrêté du 10 mai 2000 relatif à la prévention des accidents majeurs impliquant des substances ou des préparations dangereuses présentes dans certaines catégories d installations classées pour la protection de l environnement soumises à autorisation. Il impose de calculer le volume de produits étiquetés toxiques présents dans l installation (bains compris en prenant en compte la concentration de produits dans les bains). Il permet de savoir si une installation doit être soumise à la «réglementation Seveso» et quel est son seuil (haut ou bas) d assujettissement. - Arrêté du 29 mai 2000 : il a pour objectif de réduire, dès 2005, les émissions dans l atmosphère de composants organiques volatils (COV). - Arrêté du 17 juillet 2000 : il oblige certains sites à présenter au préfet, un bilan de fonctionnement, tous les dix ans, pour lui permettre de réexaminer et d actualiser, si nécessaire, les conditions de l autorisation. Ce bilan de fonctionnement est aussi appelé bilan décennal. - Directive européenne 2002/95/CE relative à la limitation de substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques : le plomb, le mercure, le cadmium et le chrome hexavalent à compter du 1 er juillet Arrêté du 24 décembre 2002 : il impose une déclaration annuelle des émissions polluantes à toute installation classée soumise à autorisation. - Arrêté du 1 er août 2003 : il est relatif aux véhicules hors d usage. La France s engage à ce que les matériaux et les composants de véhicules mis sur le marché après le 1 er juillet 2007 ne contiennent pas de plomb, de mercure ou de chrome hexavalent. - Arrêté du 30 juin 2006 : ce dernier modifie l arrêté du 26 septembre Il s applique aux installations de traitement de surfaces soumises à autorisation sous la rubrique 2565 de la nomenclature des installations classées. Il fixe les prescriptions techniques minimales applicables à ces installations, en vue de prévenir et limiter au niveau le plus bas possible les pollutions, déchets, nuisances et risques liés à leur exploitation.
166 Quelques réponses aux défis à relever Le décolletage : l indispensable innovation Les entreprises du décolletage, qui disposent d un savoir-faire reconnu, subissent les pressions exercées par leurs donneurs d ordres et notamment par le secteur automobile. Ils doivent répondre au triptyque «qualité, coûts, délais». Les délais de fabrication doivent être réduits, la productivité augmentée et la qualité sans cesse améliorée. Les recherches en développement ont été nombreuses ces dernières années dans cette activité : développement de la production assistée par ordinateur, automatisation des moyens de production, introduction des techniques nouvelles, avec l appui du Centre technique du décolletage, créé par la profession. Cet organisme permet aux entreprises de développer leurs compétences technologiques et ainsi de mieux répondre aux exigences des donneurs d ordres. Il leur fournit une importante assistance pour le transfert de technologie, la recherche appliquée et la formation continue. De plus, depuis juillet 2005, un pôle de compétitivité centré sur le décolletage est en place avec plusieurs objectifs : se positionner sur la fabrication d ensembles complexes multi-technologies, accélérer le déploiement de la mécatronique au niveau européen et réduire les coûts de production.
167 Du décolletage à la mécatronique : le pôle de compétitivité Arve Industries Le pôle est constitué de plus d une centaine d entreprises, de partenaires institutionnels, universitaires et technologiques. Ce partenariat doit préparer les programmes d action et rassembler les financements publics. Les programmes d action comprennent en premier lieu des programmes d innovation technologique répartis en quatre thèmes : - l innovation technique pour lutter contre la concurrence des pays à bas coûts salariaux et compenser le coût de la main-d œuvre par un gain de performance et de productivité ; - l innovation en organisation pour donner la flexibilité aux entreprises ; - l innovation sur les produits ; - les projets d intelligence économique pour mener des actions de veille et d analyse permettant de détecter les tendances des mutations industrielles. Les autres programmes d action portent sur le thème de l environnement économique : - image du territoire ; - promotion des métiers auprès des jeunes, des familles et des enseignants ; - management des ressources humaines, formation et appui aux entreprises pour la gestion de l emploi et des compétences ; - fi nancement de la transmission et de la croissance des entreprises par un engagement renforcé des banques et un accès privilégié aux crédits pour les projets innovants ; - gestion des déchets industriels : appui aux entreprises pour la mise en place de solutions transversales. Dans un contexte de compétition globale, où les donneurs d ordres veulent constamment progresser au niveau technologique, les pistes de développement passent par le changement et l amélioration des matériaux. Ainsi, l utilisation du plastique et de nouveaux matériaux, notamment les matériaux composites, se propage à de nombreux secteurs. D abord initiés par le secteur spatial et aéronautique, les nouveaux matériaux se sont introduits ensuite dans la construction de bateaux de plaisance, dans l automobile, avant d envahir les produits de consommation courante. Quel que soit le domaine,
168 Quelques réponses aux défis à relever l utilisation des matériaux composites se répand et cette tendance devrait se poursuivre. Les constructeurs et fournisseurs de l industrie aéronautique sont soumis aux attentes des compagnies aériennes qui veulent des appareils à la fois plus grands, plus sûrs et plus économiques. Cela passe dans certains cas par les nouveaux matériaux. Dans le secteur automobile, le gain de poids devient une préoccupation majeure pour tous les fournisseurs. Le mot d ordre est partout à l allégement. Le but est de compenser le nombre croissant d équipements et de répondre à la nécessité économique et écologique d une moindre consommation de carburant. Par conséquent, les matières plastiques ne cessent de gagner du terrain. En 1985, 5 % du poids d une voiture était constitué par les matières plastiques, il est actuellement de 10 %. En utilisant les matériaux composites, les fournisseurs de plastique se positionnent déjà dans les activités de pièces de structure autrefois réservées aux spécialistes des métaux. De plus, pour répondre aux exigences communautaires de réduction à 120 grammes au kilomètre des émissions de CO 2 des véhicules, les motorisations hybrides devraient se généraliser.
169 Sigles AFNOR Association française de normalisation BEP Brevet d étude professionnelle BTS Brevet de technicien supérieur CAHT Chiffre d affaires hors taxes CAP Certificat d aptitude professionnelle CEREQ Centre d études et de recherche sur l emploi et les qualifications DADS Déclaration annuelle des données sociales ERIE Enquêtes sur les relations interentreprises FMI Fonds monétaire international GIMEF Groupement français des industries transformatrices des métaux en feuille IDE Investissements directs à l étranger INSEE Institut national de la statistique et études économiques LIFI-DIANE Liaisons financières - Diane PECO (pays de l Europe centrale et orientale) Dans cet ouvrage, cet ensemble comprend les pays suivants : Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovénie, Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Roumanie et Bulgarie. PIB Produit intérieur brut PME Petites et moyennes entreprises R & D Recherche et développement SESSI Service des études et des statistiques industrielles SIRENE Système d identification du répertoire des entreprises
170 SUSE Système unifié de statistiques d entreprises UIMM Union des industries et des métiers de la métallurgie VAHT Valeur ajoutée hors taxes XERFI Institut d études économiques
171 Directeur de la publication Yves Robin Chef du Service des études et des statistiques industrielles S e s s i Conception et réalisation, PAO : Patricia Bréard décembre 2008
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