Histoire de l horlogerie suisse De la Genève horlogère à l ère Swatch Group
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- Simone Gauvin
- il y a 10 ans
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1 Axel Girardin 3MS3 Gymnase Auguste Piccard Directeur de travail : Laurent Schoulepnikoff Histoire de l horlogerie suisse De la Genève horlogère à l ère Swatch Group Lausanne le 8 novembre 2010
2 «Le temps? D un côté, je l adore, car il m a apporté des moments sublimes. De l autre, je le hais, car je ne peux pas le maîtriser, l arrêter, le conserver, ni le mettre en boîte.» Nicolas G. Hayek 1
3 Résumé La première partie de ce travail est consacrée à une présentation technique. J expose d une part le fonctionnement de la montre mécanique qui se décompose en plusieurs parties distinctes : un moteur (barillet), un jeu de rouages, un échappement, un organe régulateur et un mécanisme de remontage. D autre part, j explique le fonctionement de la montre à quartz. Elle est composée des mêmes parties. Seulement les fonctions mécaniques de la montre sont remplacées par le quartz, la précision en est donc grandement améliorée. Dans la deuxième partie, j aborde l aspect historique du développement de l horlogerie en Suisse. Premièrement, je présente la naissance du savoir- faire horloger à Genève. Puis, je parle de l expansion de ce savoir- faire dans la campagne neuchâteloise. Ensuite, j expose les facteurs de l implantation du métier d horloger dans l Arc jurassien. Puis je traite de l évolution économique dans cette région à partir du 18 ème siècle jusqu à l année La troisième partie consiste en une comparaison de deux marques : Breitling et Girard- Perregaux. J analyse leur développement et leur philosphie (marketing, technique, artistique) respctifs depuis leur création jusqu à aujourd hui. Puis je les compare. La comparaison est basée sur les prix, le marketing, l historique et la situation actuelle. La dernière partie concerne la situation actuelle économique et concrète de la branche horlogère en Suisse et à l étranger. Dans cette partie, je m interesse aux facteurs influençant le prix d une montre et à la légititmité du prix de certaines montres. La retranscription de l entrevue avec Gilles Garino, patron de Elfix se trouve également dans la quatrième partie. 2
4 Introduction Nous vivons dans un monde en perpétuel mouvement, tout change. Économie, société, culture, toutes ces données se transforment et se transformeront à jamais dans l évolution de notre planète. Une seule constante relie les périodes entre elles : le temps. Le temps qui régit ce mouvement ; il est lui- même immaîtrisable, il danse avec les hommes. Depuis la naissance des premiers humains, leur vie a été rythmée par le jour et la nuit, division primaire du temps. Puis, l homme a évolué, sa soif de compréhension du monde également. Par l étude des astres, l homme a été capable de diviser le temps. Il l a rendu concret, d abord en jours, puis en heures, en minutes et en secondes. L homme a également cherché à mesurer ce temps et finalement, il y a trois cents ans la montre est née. Cet objet est magique. Il a réussi à définir le temps, à le rendre atteignable à tout un chacun au fond de sa poche ou à son poignet. La montre est spéciale, car elle reflète tant la personnalité de l achteur que du concepteur, et en raison du travail et du niveau de précision qu elle demande, une partie de l âme du créateur. Un tel objet mérite donc le respect et justifie que l on s interesse à son fonctionement. Par le biais de mon travail de maturité, je vais tout d abord tenter de vous expliquer le fonctionement basique de l objet dans le chapitre «la montre mécanique et la montre à quartz». Puis, comme nous vivons dans le pays des montres, je vais exposer l histoire de l horlogerie en Suisse, plus particulièrement dans la région de l Arc jurassien. Par la suite, je présenterai l historique de deux marques différentes en raison de leur histoire et des spécificités de leurs créations. Grâce à cette présentation, je pourrai comparer ces deux marques, ce qui m amènera à m interroger sur ce qu est une maison horlogère aujourd hui. La dernière partie de mon travail décrit la situation actuelle de l horlogerie en particulier au travers de l expérience du patron d une entreprise fabriquant des composants nécessaires à la montre que je suis allé interroger. Mon but est de donner un aperçu de ce qu est concrètement l horlogerie et pourquoi elle est si fortement liée à notre pays. J ai également cherché à expliquer l importance économique de l horlogerie avec des chiffres, de comprendre pourquoi l objet en lui même pouvait survivre dans une société régie par l électronique dans laquelle l heure se lit sur les téléphones portables. 3
5 I. La montre mécanique et la montre à quartz A. La montre mécanique (1)(2)(3)* 1. Généralités Une montre mécanique est constituée de quatre parties bien distinctes : le mécanisme (ou mouvement), le boîtier qui abrite ce mouvement, le cadran et les aiguilles. Le mouvement se trouve dans ce que l on apelle la cage. La cage est constituée d une platine et de plusieurs ponts (six en règle générale). Les ponts sont des pièces de métal qui sont fixés sur la platine et qui maintiennent les rouages en place. Le fonctionement de la montre est régi par ce mouvement. Je vais donc en expliquer le fonctionement : 2. Détails techniques Montre côté rouage a** : 1 Le mouvement (aussi appelé calibre) est formé de 5 composantes essentielles : - le moteur - le rouage - l échappement - l organe régulateur - le mécanisme de remontage 2.1 Le moteur Le barillet joue le rôle de moteur dans une montre mécanique. Il représente l accumulateur d énergie de la montre. Il est constitué d un ressort (de section *Les chiffres se réfèrent à la bibliographie figurant en page 42. **Les lettres désignent les sources des illustrations figurant en page 44. 4
6 rectangulaire), d une boîte dentée dans laquelle se trouve le ressort (4) et d un axe (appelé arbre du barillet)(1d) pivotant qui permet la fixation du ressort. Lorsque une montre est remontée, le ressort s enroule autour de l arbre et lorsqu il va chercher à se détendre pour retrouver sa forme initiale, il va produire l énergie nécessaire au fonctionement de la montre. Les dents présentes sur la boîte du barillet vont transemettre la force au rouage. Le ressort est enroulé autour de l arbre du barillet soit grâce au remontoir, soit au moyen d une masse oscillante qui est actionnée par le mouvement du poignet et qui va, grâce au rouage (2,3,1a), permettre l enroulement du ressort et donc l armage de la montre. Barillet et ses rouages b 2.2 Le rouage Le rouage transmet l énergie produite par le ressort du barillet au système d échappement. Il est également responsable du système d affichage. Les rouages sont ajustés entre eux de manière à ce que leurs fréquences correspondent à une vitesse de rotation bien précise. Le système de rouage est constitué d une suite de roues dentées de diamètre et de nombre de dents différents. 2.3 L échappement Le but de l échappement est d entretenir et de compter les oscillations du balancier de la montre (de l organe régulateur). Il distribue l énergie qu il reçoit 5
7 du barillet de manière périodique au balancier. Cette énergie sert à restituer au balancier l énergie qu il perd à cause des frottements. Il faut que l échappement perturbe le moins possible le mouvenet du balancier. Il existe trois grandes familles d échappements : - les échappements à recul - les échappements à repos frottants - les échappements libres Je vais simplement expliquer le fonctionnement des échappements libres, car ce sont les échappements les plus précis et les plus utilisés. Les échappements libres L échappement libre le plus utilisé dans l horlogerie moderne est l échappement à ancre suisse. Il est constitué de trois parties : - une roue d échappement - une ancre - un simple ou double plateau Echappement à ancre suisse c De gauche à droite : roue d échappement, ancre, double plateau La roue d échappement Elle est le lien entre le rouage et l ancre. La forme de ses dents est particulière (de la forme d un talon) de manière à ce que l ancre puisse lui donner des impulsions saccadées. 6
8 L ancre Son nom vient de sa forme particulière assimilable à celle de l ancre d un bateau. Ses deux bras portent des palettes qui viennent s ajuster au rouage de la roue d échappement. Le simple ou double plateau C est une pièce fixée sur le haut du balancier; elle assure la transmission entre l ancre et le balancier. Elle transmet le mouvement rotatif du balancier à l ancre de manière saccadée (au moyen d une encoche et de la forme particulière du bout de l ancre). Le fonctionement de l échappement à ancre Dans la position de repos, une palette de l ancre vient s appuyer contre une des dents de la roue d échappement. Puis, le balancier décrit un arc de cercle, le plateau fait alors tourner l ancre d un certain angle. Ce mouvement permet la libération du rouage bloqué par une palette dans la position de repos. C est alors la roue d échappement elle- même qui se met en mouvement et donne une impulsion à l ancre au moyen de la palette libérée. L ancre transmet alors cette impulsion au balancier au moyen du plateau. Le mouvement du balancier est entretenu alors qu une autre dent se met en position de repos sur la deuxième palette. Le mouvement se répète indéfiniment! Cet échappement est très précis car il laisse le balancier libre de son oscillation. Il existe une multitude d échappements et nombre de pièces de haute horlogerie intègrent des échappements différents et extrêmement compliqués à fabriquer. Par exemple ce modèle d echappement co- axial immaginé par Georges Daniels. d Echappement co-axial 7
9 2.4 L organe régulateur L organe régulateur est constitué d un ensemble balancier- spiral. Le balancier est un volant d inertie sur lequel est fixé un ressort en spiral, ce qui lui donne son nom. Ensemble balancier-spiral e Le fonctionnement de l organe régulateur En faisant tourner le balancier autour de sa position d équilibre, on arme le spiral. Le balancier va ainsi osciller, car lorsque le balancier arrivera à son «point- mort», le couple de rappel acquis par le spiral va le mettre en mouvement dans le sens contraire. L énergie cinétique acquise par le balancier va lui permettre de dépasser sa position d équilibre jusqu à ce que le couple inverse du spiral ne l arrête et que le mouvement se répète. Les oscillations du balancier sont théoriquement isochrones (elles ont toutes la même durée), mais en pratique, et en raison de facteurs limitants (résistance de l air sur le balancier, frottements des pivots et frottements internes du spiral), l oscillation est dite amortie, le balancier s arrête d osciller. C est à ce moment- là que le moteur intervient : il redonne au balancier, par l intermédiaire du rouage et de l échappement, l énérgie perdue par l effet de ces résisitances. Le valeur de l amortissement est appelé facteur de qualité. Lorsqu on laisse osciller librement le balancier spiral après l avoir armé, il va continuer à osciller durant un certain temps. Le facteur de qualité est donné par le décrément logarithmique de cette grandeur. Cette grandeur étant graphiquement donnée par la division de la période elle- même par le nombre de périodes nécessaires à la courbe pour prendre une forme asymptotique (4), plus la valeur d amortis- sement est élevée, plus longtemps le balancier- spiral oscille. Pour donner un ordre de grandeur, le facteur de qualité d un bon chronomètre est de 600. Et le facteur de qualité d une montre à quartz permet d atteindre des valeurs supérieures à 10'000. 8
10 Les causes du retard d une montre Le système balancier- spiral étant l organe régulateur de la montre, il se doit d être le plus précis possible, car, si la durée de l oscillement varie, la montre perd sa précision. Les facteurs influant la perte de précision du système sont souvent extérieurs (température, chocs, champs magnétiques). Ils peuvent provoquer : - une augmentation des dimensions et du poids du balancier - une augmentation de la longueur du spiral - une diminution de l épaisseur, de la largeur et de l élasticité du spiral. Ces facteurs provoquent du retard, des modifications inverses entraînent de l avance. Pour pallier à ces problèmes, les horlogers ont trouvé d astucieux moyens, par exemple le balancier. Pour réussir à contrebalancer l effet de la température, les balanciers sont à présent des balanciers bimétalliques coupés. Ils sont composés de deux métaux (laiton et acier) soudés l un contre l autre. Lorsque la température varie, les deux métaux se dilatent différemment ce qui entraîne une déformation de la serge. Par exemple, une augmentation de la température aura pour effet de refermer la serge sur elle- même, le diamètre du balancier diminuera donc et ainsi provoquera une avance. Mais si la montre est parfaitement réglée, cette avance sera compensée par le retard du spiral donné par la diminution de son élasticité! Pour le spiral, le Suisse Charles- Edouard Guillaume a inventé au début du 20 ème siècle un alliage nouveau nommé l invar. Cet alliage est constitué de fer et de nickel, il est peu sensible au magnétisme et présente un coefficient de dilatation très faible. Les travaux du Suisse lui valurent le prix Nobel de physique en 1920 (5). La recherche de la précision d une montre mécanique est donc un travail fastidieux et coûteux qui demande beaucoup de patience et une grande connaissance des matériaux utilisés. 2.5 Le mécanisme de remontage Le remontage d une montre mécanique est de nos jours assuré par la présence d une masse oscillante. Le principe est simple : le mouvement du poignet du porteur de la montre est transmis au barillet par l intermédiaire d une masse oscillante. Il y a plusieurs types de système à masse oscillante mais la plupart sont constitués d un axe de pivotement situé au centre du mouvement. La transmission de la force du balancier se fait au moyen d un jeu de rouages assez compliqué. Le but de ces rouages étant de réduire la vitesse initiale de la masse oscillante et d accoître la force transmise à destination de l armage du barillet. Le remontage manuel au moyen de la tige de remontoire est présent dans tous les modèles, mais il est rarement employé. Son but est de remonter le barillet au moyen d un rouage compliqué grâce cette fois au mouvement volontaire du possesseur de la montre. Il sert également à mettre à l heure la montre en changeant la position des aiguilles. 9
11 Masse oscillante signé Cartier f 3. Remarque Le mouvement que je viens de décrire est simple. Effectivement, je n explique pas le fonctionement de complications tels que les tourbillons (la complication nommée «tourbillon» consiste à faire tourner l échappement et le système balancier- spiral sur eux- mêmes, contre- balançant ainsi les perturbations dues à la gravitation terrestre) ou le quantième (mécanisme permettant d afficher les dates sur une montre mécanique). Je n explique pas non plus le fonctionnement du chronographe. A l heure actuelle, toutes les grandes marques de l horlogerie ont fabriqué et fabriquent toujours des calibres de plus en plus précis et compliqués. Tous ces calibres sont soumis à des brevets. B. La montre à quartz (2)(6) 1. Historique et fonctionement Depuis 1950, les pièces mécaniques de la montre sont petit à petit remplacées par des composants éléctroniques. Trois ruptures marquées avec la montre traditionnelle sont constatées entre les années 1950 et 1970 : la première est la montre électrique à contact où le barillet à été remplacé par une pile et le rouage par un transistor. Puis apparaît la montre électronique à diapason dans laquelle le barillet est remplacé par une pile, le rouage par un transistor et le balancier- spiral par un diapason. La dernière des ces trois révolutions est la montre à 10
12 quartz dans laquelle le barillet est remlacé par une pile, le rouage par un circuit intégré, le balancier- spiral par le fameux quartz et le rouage de transmission de l énergie par un micromoteur et un cliquet. Cette montre à quartz n utilise pas non plus le système balancier- spiral comme base de temps, mais le quartz qui oscille suivant un rythme régulier. C est grâce à cette oscillation que le quartz peut jouer le rôle d organe régulateur. Cette oscillation est le fruit d un long travail sur la compréhension du quartz ; ce sont les frères Curie qui ont découvert cette particularité du quartz. Le quartz présente une carateristique de polarisation lorsqu il est mis en présence de charge négative ou positive et pour entretenir ces oscillations, il faut lui fournir un courant minimum délivré par la pile. Mouvement Breitling SuperQuartz g La précision du quartz en comparaison d une montre mécanique normale est nettement supérieure, mais l esprit de la montre mécanique, en particulier le travail qui est derrière la création d un tel objet permet à l industrie de la montre mécanique de subsister malgré la vague de technologie du 21 ème siècle. 11
13 II. L Histoire de l horlogerie (7)(8) A. Généralités Les premiers pas de l horlogerie ont été régis par les recherches scientifiques dans des domaines tels que l astronomie, les mathématiques, la géométrie et la mécanique. La montre a été la clef de voûte qui a rassemblé ces sciences dans un seul objet. La fabrication de la montre (comme vue ci- dessus) est compliquée et réussir à exécuter parfaitement toutes les étapes de la conception de la montre à sa décoration en passant par l assemblage est donc quasiment impossible pour un seul homme. Le travail de fabrication de la montre fût donc réparti entre plusieurs artisans. Les premiers corps horlogers ont été fondés à Paris en 1544, mais l Angleterre possédait déjà un savoir avancé en horlogerie surtout dans la région de Liverpool et de Londres. Un article sur l horlogerie figure même dans l Encyclopédie de Diderot. B. L horlogerie en Suisse 1. La naissance de l horlogerie Le berceau de l horlogerie suisse se situe à Genève. En effet, c est dans cette ville que les premiers noms d horlogers suisses apparaissent. Le developpement de l horlogerie genevoise au 16 ème siècle a été favorisé par la Réforme avec : - l interdiction pour les orfèvres genevois (qui ont une réputation internationnale au Moyen- Age) de fabriquer des objets religieux - la limitation du port de bijoux. Les orfèvres se sont ainsi tournés vers la fabrication des boîtiers de montres en entraînant avec eux une myriade de corps de métiers nécessaires à la fabrication des composants de la montre. De véritables corporations sont créées, comme en 1698 la maîtrise des constructeurs de boîtes. Cette corporation regroupe en son sein les corps de métiers specialisés dans la construction du boîtier de la montre. En effet, les Genevois ont compris que par la séparation des tâches, ils arriveront à obtenir des pieces de bien meilleure qualité. Avec l avènement de ces corporations, beaucoup de règles apparaissent et une partie des maîtres horlogers genevois fuient ces règles corporatives qui pullulent en s exilant dans des campagnes environnantes comme le Jura vaudois. Les limites de la région genevoise sont donc rapidement dépassées et le savoir est vite transmis à d autres régions. C est dans le Jura neuchatelois que l horlogerie va faire son nid. Grâce entre autres aux conditions plus libérales qu offrent l Arc jurassien, mais également à Daniel- Jean Richard ( ), inventeur de l établissage et considéré comme un précurseur, car il a été le premier maître- horloger à transmettre son savoir à des apprentis. La définition de l établissage de la Fédération de l Industrie Horlogère est la suivante : 12
14 Etablissage : Mode de fabrication de la montre et/ou du mouvement consistant à en assembler les divers éléments constitutifs. Il comporte généralement les opérations suivantes : réception, contrôle et stockage des ébauches, des parties réglantes, ainsi que des autres fournitures du mouvement et de l habillement ; remontage, posage du cadran et des aiguilles ; emboîtage ; contrôle final avant emballage et expédition. Ce qu il faut comprendre dans cette définition, c est qu elle décrit une façon d assembler la montre et non le fonctionnement du mode de production. En effet la particularité de Neuchâtel et de ses campagnes est de compter des paysans facilement formables qui arrivent à concilier leur travail de paysan et le travail d horloger en fabriquant chez eux certaines pièces et en les envoyant dans un atelier spécialisé qui assemble la montre selon le mode de l établissage. Les paysans neuchâtelois, qui travaillaient surtout lors des longs mois d hiver, ont donc participé à part entière au développement et à l amélioration des techni- ques horlogères et également à la fabrication d automates tout à fait remarquables. 2. Les classes horlogères Ferdinand Berthoud ( ), horloger suisse considéré comme l inventeur de la montre de marine, émet une critique dans le milieu des années 1750 sur la séparation du travail dans l horlogerie, il utilise ces mots et sépare les horlogers en trois catégories distinctes : Nous distinguerons trois sortes de personnes, qui travaillent ou se mêlent de travailler à l Horlogerie : les premiers dont le nombre est le plus considérable, sont ceux qui ont pris cet état sans goût, sans disposition ni talent, & qui le professent sans application & sans recherche à sortir de leur ignorance ; ils travaillent simplement pour gagner de l argent, le hasard ayant décidé du choix de leur état. Les seconds sont ceux qui par envie de s élever, fort louable, cherchent à acquérir quelques connaissances & principes de l art, mais aux efforts desquels la nature ingrate refuse. Enfin le petit nombre renferme ces artistes intelligents qui, nés avec des dispositions particulières, ont amour du travail & de l art, s appliquent à découvrir de nouveaux principes, & à approfondir ceux qui ont déjà été trouvés. M. Berthoud s associe naturellement à la dernière catégorie. De nombreux autres horlogers talentueux et souvent créateurs de marques qui perdurent aujourd hui et symbolisent précision et luxe peuvent être associés à cette catégorie comme : Breguet (fondateur de la marque et de l empire Breguet), Jacques- Frédéric Houriet (inventeur des spiraux isochromes) et de nombreux autres horlogers ayant de façon marquante influencé leur art. 13
15 3. Une économie qui démarre Le rouleau compresseur de l horlogerie est lancé, le nombre d horlogers dans le pays de Neuchâtel ne cesse d augmenter dès la fin des années 1700 (on passe de 460 horlogers en 1752 à 3500 en 1790) et la création de comptoirs d échange avec l étranger attise le boom de cet art. Jean- Jaques Henri Berthoud ( ) crée un comptoir de vente de montres et de mouvements neuchâtelois à Paris. Le succès est rapidement au rendez- vous et il lance un second comptoir à Londres. L industrie horlogère du pays de Neuchâtel est donc liée à des exportations et sa réputation vient de la grande maîtrise de ses artisans. Sa renommée s est construite petit à petit au fil du temps et une montre Suisse est à présent un gage de qualité reconnu dans le monde entier. 4. L avènement des manufactures Depuis le début du 19 ème siècle jusqu en 1865, les artisants producteurs améliorent sans cesse leurs mouvements ; ils ne copient plus le mouvement des autres artisans, mais produisent leurs propres mouvements. C est alors qu apparaissent certaines manufactures de renom comme Zénith et Longines. Ces manufactures sont juridiquement et économiquement indépendantes. Elles organisent leurs activités pour que la fabrication de la vente se fasse de A à Z sous l autorité d une seule et unique direction. Le «service après- vente» prend également son sens avec la création de Zénith. En effet Zénith s efforce de proposer des pièces facilement interchangeables sur ses montres, ce qui signifie une standardisation de la montre que le système d établissage ne pouvait pas garantir, de par la provenance dispersée de ses pièces. La montre se prolétarise également autour des années En effet, les montres de luxe sont chères et ne sont pas accessibles à tous. Il existe alors une solution pour les ouvriers désireux d obtenir un garde- temps, la montre économique qui offre un rapport qualité- prix optimal. Roskopf (horloger suisse) crée une montre économique nommée la «Prolétaire». Avec cette montre, il s attire les foudres des autres horlogers l accusant d avoir créé une montre de très mauvaise qualité, alors même que la qualité de ce garde- temps est prouvée. Montre prolétaire Roskopf côté mouvement h Une classe de montres encore moins chères que la montre économique est aussi disponible sur le marché à l époque. 14
16 Ces montres sont appelées : montres de pacotille. L aspect qualité est absent de ces objets. Depuis 1875, la branche évolue encore, elle se transforme. Les machines font leur apparition dans les ateliers. Le modèle américain est adopté, en effet, l industrie horlogère américaine s est révélée au monde à l expostion internationale de La production américaine se trouve offrir des produits de bonne qualité et est capable d une grande productivité grâce à ses usines et à la mécanisation du travail. Cette révélation au monde inquiète un peu la Suisse, et l industrie horlogère suisse de la fin des années 1870 présente des chiffres très moyens. Mais suite à l adoption du système américain, l industrie horlogère est relancée dans le pays de Neuchâtel ; cette nouvelle façon de penser la production modifie la vie quotidienne des artisans. De nombreuses fabriques sont construites ; ainsi, le système de l établissage dissparaît au profit du système manufacturier. Les artisants ne sont plus paysans, ils ne travaillent plus chez eux, mais dans des manufactures à plein temps. Ce changement brutal est dû en grande partie à la demande sans cesse croissante de montres ; les temps changent et le développement du chemin de fer explique en partie le besoin croissant de la connaissance du temps. De plus, l économie mondiale se relève d une crise dite de la «Grande Dépression». Cette période d après- crise redonne confiance aux invesstisseurs qui mettent des capitaux dans la fabrication d usines. Mais ce changement, comme tous les changements, essuie une grande vague de critiques surtout de la part de grands- maîtres horlogers qui voient la fabrique comme un endroit impropre à l art et à la précision. Les usines finissent tout de même par s imposer et deviennent même un gage de puissance. De nombreuses marques font apparaître leurs usines sur des publicités pour montrer leur force. Publicité Breitling datant des années 1900 i 5. Innovation Au début des années 1900, l horlogerie se porte bien ; les progrès amorcés depuis 1875 se sont amplifiés et les fabriques poussent comme des champignons. La deuxième révolution industrielle est lancée grâce à l apparition de l électricité. La productivité augmente elle aussi, si bien que trois fois plus de pièces sont produites au milieu des années 1920 qu à la fin des années Les horlogers sont de mieux en mieux formés grâce à la création et l agrandissement de nombreuses écoles. La palette des métiers de l horlogerie s agrandit également, des ouvriers ayant les capacités pour réparer les machines présentes dans les usines sont formés. 15
17 Dans le premier quart du 20 ème siècle, l avance technologique de l horlogerie suisse sur ses principaux rivaux (l horlogerie américaine par exemple) est immense. L innovation technique a toutefois pour effet d aggraver le phénomène de surproduction très présent à l époque. Les grandes firmes, en s efforçant de résoudre le problème de surproduction, ont donc laissé le département recherche de côté dans le début des années Une voix s elève en 1919 pour dénoncer ce manque d innovation, c est la voix d Adrien Jaquerod profeseur de physique à l Université de Neuchâtel. Il affirme que : «La collaboration de la science aux travaux des industries les plus diverses est une nécessité absolue.» Ce discours amorcera la création en 1921 du Laboratoire Suisse de Recherches Horlogères (LSRH). Les débuts de ce laboratoire sont difficiles car les fonds manquent et le canton de Neuchâtel refuse d en faire une institution officielle. C est uniquement grâce au soutien d une fondation zurichoise que le laboratoire peut être lancé. Le but de ce laboratoire est de créer un pôle d innovation en corrélation avec d autres branches de la science comme le département de physique de l Université de Neuchâtel. Le succès ne viendra qu à la fin des années 1930 (période de reprise économique) et un véritable pôle sera créé entraînant dans son sillage la création d un enseignement universitaire en horlogerie à l Université de Neuchâtel. Mais le LSRH reste avant tout un pôle scientifique peu utilisé par les grandes firmes qui préfèrent faire leur propre innovation et les garder pour elles au lieu de les partager et d en faire profiter leurs concurrents. Mais cette réticence n affecte en rien la recherche de l excel- lence technique amorcée dans la fin des années Les montres suisses deviennent effectivement de plus en plus compliquées, résistantes et précises. C est grâce à un changement dans la mode feminine, puis masculine que les sections inovations des entreprises horlogères se reveillent. La créativité technique des horlogers dans les années 1920 est remarquable. Avec l apparition et le développement poussé de la montre bracelet, les horlogers vont être amené à créer des mécanismes plus petits. Les horlogers prennent alors conscience des bienfaits de l innovation et de la création. Les brevets déposés et les modèles créés depuis les années 1920 jusqu en 1930 sont symptomatiques de l envie retrouvée de créer des horologers. Les deux montres Duoplan de Jaeger Lecoultre datant de 1930 j sont un parfait exemple du mariage entre la technique horlogères et l esthétisme que les horlogers des années 1930 cherchent à développer. 16
18 6. Les aléas de la crise En 1921, la première grosse crise de l horlogerie frappe le secteur. En effet, la guerre est finie et la production de montres pour les soldats n est plus nécessaire. De plus, les devises européennes s écroulant, les exportations sont entraînées dans cette chute et le chômage apparaît. Le nombre de chômeurs en Suisse dans le secteur bijouterie et horlogerie passe de 100 en 1920 à 30'000 en Mais, malgré ces chiffres importants, la crise est de courte durée. Un plan de relance proposé par la Confédération va rapidement endiguer cette depression et, en 1922, la reprise est amorcée. La crise des années 1930 est un deuxième coup dur pour l industrie horlogère. Tout le développement économique du premier quart du 20 ème siècle est freiné et la section innovation récement ouverte de certaines marques est laissée de côté. Pour d autres marques comme Longines ou Omega par contre, la section innovation est mise en avant pour essayer d endiguer la crise avec comme conséquence la formation de bureaux techniques et de recherche. Mais ces bureaux sont au début simplement chargés d effectuer des tests sur les produits et ce n est que au sortir de la 2 ème Guerre mondiale que ces bureaux sont systématiquement affiliés à la création pure et simple, qui se faisait autrefois en atelier. Cette crise fait retomber l horlogerie suisse dans le chaos. Elle plonge le secteur encore un peu plus au fond du gouffre. Le nombre de chômeurs de cette époque est révélateur : en février 1933, il est 3 fois plus important que le nombre de chômeurs en décembre La branche a subi de lourdes pertes avec la quasi- fermeture du marché américain. En 1932 les exportations horlogères ont rap- porté 100 millions de francs alors qu en 1929, elles ont rapportés quelque 300 millions de francs (il faudra attendre jusqu en 1942 pour revoir apparaître les mêmes chiffres). 7. Série de mesures C est notamment grâce à une intervention du Conseil fédéral (comme déjà en 1921) que la branche va être sauvée: - Le Conseil fédéral décide en 1936 de dévaluer le franc de 30%. Cette mesure permet une rapide reprise des exportations ainsi qu une reprise pour l horlogerie qui reste néanmoins marquée par les différentes crises. En effet la situation sur le plan du marché du travail s améliore, mais reste encore loin de la situation de 1929 et encore bien plus loin de la situation de Mais également : - En 1934 un nouveau système est décidé : pour chaque ouverture de nouvelle entreprise, augmentation des effectifs, agrandissement ou exportations, l obtention d un permis est nécessaire. Cette mesure permet un plus grand contrôle de la branche par un cartel créé dans les années 1920 et cette mesure permet également de protéger le réseau de PME. 17
19 Il est important de citer dans ce contexte la création de l ASUAG (Allgemeine Schweizerische Uhrenindustrie) en Le but de ce groupe est de mieux contrôler la fabrication et la commercialisation des mouvements. C est ainsi un instrument permettant aux milieux horlogers de mieux contrôler l ensemble du marché de la montre. Ce «super- holding» est financé à hauteur de 5 millions par des industriels horlogers, 5 millions par des banques et à hauteur d une aide de 6 millions de la Confédération. De plus, grâce aux prêts accordés, l ASUAG possède en 1931 une coquette somme de 23 millions. Le Conseil fédéral s est permis d intervenir dans le financement de ce groupe, car selon lui, la tâche de l ASUAG est de «sauvegarder les interêts de l industrie horlogère dans son ensemble» 9. L ASUAG rachète donc des dizaines de fabriques d ébauches et des entreprises actives dans la fabrication de mouvements. Par ces actions, l industrie horlogère suisse est réorganisée et unifiée. Le groupement de tous ces fabricants de mouvements confère au secteur horloger suissse la garantie de bénéficier de mouvements moins chers. Il assure également le maintien de l emploi horloger en Suisse. En effet, les entreprises sont obligées de se fournir en mouvements chez l ASUAG. Un autre groupement important se construit en 1930, c est la SSIH (Société Suisse pour l Industrie Horlogère) qui résulte de la fusion entre Tissot et Omega. La SSIH représente le plus grand groupement de fournisseurs de produits finis. Par ce groupement, les deux entreprises rassemblent leurs forces et peuvent racheter différentes autres entreprises (comme la maison Marc Favre en 1953). Le boom économique nécessaire à la relance du marché se fait pendant la 2 ème Guerre modiale. La situation va en s améliorant jusqu à la fin du conflit, mais le fantôme de la crise de l après- guerre de 1921 reste présent dans tous les esprits et l expérience des industriels et des autorités leur font craindre une nouvelle dépression. 8. Changements La depression annoncée n arrive pas et c est une période de prospérité extrême qui s amorce pour l Europe occidentale, et en particulier pour la Suisse. Mais la peur de revivre la crise se fera sentir jusqu en Ce n est que par la suite que la croissance suivra une augmentation constante. Des leçons ont également été tirées et l horlogerie neuchâteloise affiche un plus grand rendement (une plus grosse production avec un effectif diminué). Cette situation perdure et en 1960, la situation horlogère suisse est excellente. Elle est en concurrence directe avec l horlogerie japonaise. Cette concurrence et la bonne conjoncture encouragent l horlogerie suisse à abandonner petit- à- petit les mesures adoptées en Les cartels horlogers sont démantelés. L horlogerie suisse baisse sa garde pour pouvoir être compétitive. Mais un coup dur datant de 1958 reste dans tous les esprits : le secteur horloger suisse a perdu sa place de leader des exportations suisses au profit de l industrie des machines et de la chimie. Malgré une remise en question du secteur et une série de mesures adoptées, comme une augmentation de la productivité pour concur- rencer la production de masse offerte par d autres pays. De plus, le Conseil 18
20 fédéral (à nouveau lui) propose une série de mesures qui aboutiront en 1971 à un premier pas vers le label «Swiss Made». La productivité commence à devenir très importante grâce à une automatisation de la branche et malheureusement une déqualification du personnel (74% de travailleurs qualifiés en 1950 contre 27% en 1970). C est un nouveau tournant dans l horlogerie suisse : elle devient une horlogerie de masse capable d augmenter sa production de manière importante ( les exportations horlogères passent de 1'798'473 milliers de francs en 1965 à 2'629'043 milliers de francs en 1970). La crise des années 1970 est un nouveau coup dur pour les industries d exportation, l horlogerie n est pas épargnée, bien au contraire. Cette crise est accentuée par le processus de modernisation qui n était pas réelement terminé. De plus l horlogerie suisse a pris du retard dans le développement du quartz. Ce quartz novateur qui s imposera sur le marché : de 2% de la production mondiale en 1974, le quartz occupera 69% de cette production en Beaucoup de métiers de l horlogerie traditionnelle sont perdus et le marché de l horlogerie est à présent ouvert aux grandes compagnies d électronique. Comme si cette crise ne suffisait pas, en 1981 la nouvelle crise mondiale qui touche l horlogerie fait chuter les prix ( la valeur des exportations horlogères baisse de 400 millions de francs). C est dans ce climat que deux institutions vont fusionner : l ASUAG (Société générale de l Industrie Horlogère Suisse SA) et la SSIH. Elles vont former la SMH (Société Suisse de Microélectronique et d Horlogerie) qui plus tard (1998) deviendra le Swatch Group. Ce qu il faut savoir sur la crise des années c est qu elle est extrêmement profonde et structurelle. De tout temps, l horlogerie suisse a dû faire face à de nombreuses crises et elle s en est toujours tirée en laissant quelques plumes, mais cette crise casse tout l élan horloger présent depuis 200 ans. Des usines ferment (60 % des entreprises horlogères suisses disparaissent) et le chômage se réinstalle. Mais cette crise était prévisible. Depuis 1960, l économie suisse tournait en sur- régime et même la Confédération n arrivait plus à réguler la situation. De plus, la modernisation et la mécanisation de l horlogerie suisse avec la déqualification du personnel sont également des facteurs qui font de cette crise la plus profonde qui soit. 9. La géniale invention (11) La production suisse peut à présent être délocalisée en Asie, là où les coûts de production sont moindres. Le canton de Neuchâtel perd également un certain nombre d institutions importantes comme la SMH et la Chambre suisse d horlogerie qui partent s installer à Bienne. La régénération du secteur va s amorcer durant les années 1980 avec un changement de politique dans le secteur du bas de gamme. Effectivement, deux groupes se sont détachés après la crise : les montres de luxe et les montres bas de gamme. C est grâce à une montre en plastique très célèbre lancée par le groupe SMH que le succès des montres suisses revient sur le devant de la scène. Cette montre, c est la Swatch. Ce garde- temps parvient à se faire une place de choix sur le marché en raison de son bas prix et du marketing mis en place par le directeur de SMH, Nicolas 19
21 Hayek. Cette petite montre peut changer de visage en un clin d œil. Les designers sortent des séries limitées pour les grands événements et une multitude de modèles différents sont disponibles sur le marché. De plus, à la différence des montres de pacotille des années 1865, cette montre est de tout- à- fait bonne qualité car elle utilise la technologie du quartz, bien plus précise qu une montre mécanique haut de gamme. Swatch neon stream collection été 2010 k Dès l avènement des montres bon marché et précises, le statut de la montre mécanique change et posséder un tel garde- temps devient un gage de prestige et de réussite sociale. Les notions de savoir- faire et de patrimoine commencent à apparaître dans le marketing des montres de prestige. L horlogerie neuchâ- teloise apparaît comme pleine de qualités et d authenticité. Ces deux stratégies distinctes entre le bas de gamme et le haut de gamme permettent à l horlo- gerie suisse de sortir la tête de l eau et de tenter de retrouver sa place d antant sur les marchés mondiaux. Depuis 1982 et le lancement de la Swatch qui a d une certaine manière sauvé l hologerie suisse, la branche évolue avec plus ou moins de bons résultats suivant les années mais avec comme valeur sûre une grande expérience de la crise. L horlogerie s est très bien portée jusqu en 2008 (malgré quelques petites baisses des exportations au vu d événements internationaux majeurs comme les attenats du 11 septembre 2001). 10. Crise de 2008 En 2008, le marché américain s effondre entraînant avec lui le marché mondial. La montre étant un produit de luxe, elle cesse de se vendre. Les exportations plongent et l horlogerie Suisse est au plus mal. Depuis 2008 les affaires reprennent tant bien que mal. Malgré les chiffres encouragants, le secteur horloger doit se reconstruire et les fournisseurs subissent toujours la crise. 11. Conclusion intermédiaire Après avoir expliqué le développement horloger Suisse, je vais m interesser plus particuièrement à deux entreprises qui ont traversé ces périodes. Connaître l histoire et la mécanique est important pour pouvoir comprendre le dévelop- pement de ces marques à sa juste valeur. 20
22 III. Développement de deux entreprises horlogères suisses A. Breitling (12)(13)(14) 1. Origines de la marque La marque Breitling est fondée en 1884 par Léon Breitling. C est en effet à cette date que cet horloger s établit à Saint- Imier avec pour but de créer ses propres gardes- temps. Mais Léon Breitling ne voulait pas fabriquer une montre conventionelle. Il s est donc tourné vers le chronographe (complication la plus récente de l époque qui offrait un nouveau terrain de jeu aux horlogers désireux d innovation). Son affaire démarre bien et comme toutes les manufactures de l époque, il ouvre sa première usine en La «L.Breitling, Montbrillant Watch Manufactory» se situe à la Chaux- de- Fonds, rue Montbrillant. La fabrique de Léon Breitling prospère et les pièces produites dans ses murs se vendent très bien. Les chronographes Breitling deviennent une référence dans les cercles horlogers. Beaucoup d innovations suivent et la santé de Breitling s inscrit dans le contexte économique du début des années Des spécialités comme des chronographes plus perfomants, des compteurs enregistrant des temps avec des échelles de 1/5 de seconde ou même 1/10 de seconde font leur apparition. Le compteur tachymètre «vitesse» est lancé en Il est équipé d un système breveté qui permet de calculer des vitesses variant entre 15 et 150 km/h. C est par ces innovations que Breitling va se faire une place dans les milieux sportifs : le sport mécanique par exemple (plus tard l aviation). D autres modèles de compteurs comme les pulsomètres (appareil servant au médecin à cacluler le pouls), les compteurs servant aux calculs de production et les télémètres (appareils servant à mesurer des distances) sont lancés. 2. Du père au fils En 1914, Gaston Breitling succède à son père Léon à la tête de l entreprise. Il va s investir pour lancer sur le marché à partir des années 1915 des chronographes- bracelets. Breitling fera figure de pionnier sur ce marché qui s inscrit dans le développement de la montre bracelet des années La grande nouveauté de ces chronographes est que le bouton qui active la fonction de mise en marche/arrêt est situé à deux heures. Un cadran mobile permet l addition de plusieurs temps successifs. Cette invention est brevetée en 1923, mais en 1934, Breitling perfectionne encore le système et fait apparaître sur ses créations un deuxième bouton à 4h qui remplace la courrone pour la remise à zéro. A présent, la plupart des chronographes ont adopté l ergonomie et le confort des inventions de Breitling en présentant trois boutons distincts sur la tranche de la montre. 21
23 chronographe Breitling de 1923 l 3. La crise rattrappe tout le monde Même si la marque Breitling propose toute une série d améliorations, elle subit quand même les crises des années 1920 et surtout la deuxième Grande Depression, celle des années C est dans une période économiquement difficile que l entreprise Breitling va passer aux mains du fils de Gaston : Willy Breitling. Lorsque Willy reprend l entreprise, il a 19 ans et il n est pas formé aux établis et à l aspect technique de la montre. Il a, par contre, une formation de commerçant et est doté d un sens de la communication excellent. Willy va, malgré son jeune âge, réussir à insufler une nouvelle dynamique à l entreprise. Sur le plan publicitaire premièrement, il va augmenter considérablement la visibilité de sa marque en la faisant apparaître à de nombreuses foires et expositions, en créant notament des publicités pércutantes et en lançant une série de mesures pour le patronage sportif. Breitling est donc présent sur de nombreux sites de compétitions sportives variées ( comme le ski ou encore le vélo). Mais le partenariat qui va changer à jamais l image de Breitling est celui conclu avec l aviation. 4. Les ailes du B L aviation n a cessé de se développer depuis le début des années Les progrès techniques de l aéronautique sont fulgurants et le besoin d instruments de mesure précis est croissant. Une série de chronographes conçus pour les pilotes sort donc en Ces chronographes sont spécialement conçus pour le maniement avec des gants et présentent une visibilité pour la lecture des heures considérablement améliorée. Vers 1938, c est une série d appareils de mesure (chronographes de bord surtout) qui sort des ateliers de Breitling pour le développement des appareils déstinés à l aéronautique. Ce développement s avère payant et ces chronographes de bord équipent un grand nombre d avions de combat durant la deuxième guerre mondiale (notament les célèbres spitfire de la royal air force). Après la guerre, ce sont de nombreux appareils de ligne qui sont équipés d instruments Breitling. 22
24 5. Les modèles de légende Les partenarias de Breitling avec l aviation se retrouvent sur le design de ces montres. Le chronomat, chronographe muni d une règle à calcul circulaire (système composé de deux échelles logarithmiques, une mobile sur la lunette tournante, l autre fixe), sort en 1942 de la fabrique Montbrillant. Cette sortie est suivie en 1952 par la mythique Navitimer. Cette montre de légende déstinée aux pilotes est également dotée d une règle à calcul circulaire permettant d effectuer en un tour de main une série de calculs nécessaires à la navigation aérienne (conversion de kilomètres en miles, calcul de la consomation de carburant etc ). La Navitimer est également le premier garde- temps à avoir effectué un voyage autour de la terre. Une Navitimer «Cosmonaute» accompagnait l astronaute américain Scott Carpenter lors de son voyage orbital en 1962 à bord de la capsule Aurora 7. La Navitimer est le modèle le plus emblématique de la marque, et elle est produite sans discontinuer depuis à gauche Breitling Navitimer édition limitée 125 ème anniversaire et à droite première Navitimer datant de 1952 m 6. «Breitling Genève» L année 1952 est aussi l année du déplacement à l ouest du siège de la marque Breitling. La bonne situation économique du secteur horloger pousse la marque au B ailé à se déplacer à Genève et à enrichir le nom de ses modèles du nom «Breitling Genève». Willy Breitling entreprend alors une vaste campagne de publicité avec l aide de Georges Caspari (publicitaire). La marque Breitling doit relancer ses modèles qui ne sont plus dans l air du temps des années 1950 ; en effet, les montres dépouillées et simples font un ravage. La campagne insiste sur la relation de Bretilng avec le domaine de l aéronautique. La formule fait mouche et les ventes ne tardent pas à redécoller. La stratégie marketing de la marque est toute trouvée. Dans cette nouvelle stratégie, les jeunes ne sont pas laissés en reste. Une collection qui leur est spécialement déstinée est lancée : la collection Top Time. Mais les inovations de la marque ne s arrêtent pas là et en 1969, l entrepris lance le calibre 11 ChronoMatic. Ce mouvement est mis en circulation grâce au 23
25 partenariat de Breitling et de plusieurs horlogers : Heuer Leonidas, Hamilton Büren et Dubois Dépraz. Ce mouvement présente la particularité d un remontage automatique (dû au mouvement du poignet). La bonne situation de Breitling va changer radicalement avec la crise du Quartz. 7. L empire s effondre Dans les années 1970, avec l apparition du quartz, l horlogerie suisse s effondre. La marque Breitling n échappe pas à la crise globale. Malgré le lancement de plusieurs modèles présentant un mouvement à quartz, Breitling s éteint en décembre L usine Montrbillant ferme ainsi que les bureaux de Genève. Willy Breitling, gravement malade, ne peut rien faire pour empêcher son empire de sombrer. La salut viendra de Georges Caspari, le publicitaire, qui parle à Willy d un repreneur probable en la personne Ernest Schneider. Ernest Schneider est déjà patron de la marque Sicura. Il est également passioné d avitation. La reprise de Breitling se conclut donc le 5 avril La marque est sauvée, Willy Breitling peut partir en paix. 8. Une nouvelle ère Modèle du mythique DC-3 restauré par Breitling n Ernest Schneider relance la production sur le site de Granges dans le canton de Soleure. Pour ce pilote chevronné, la marque doit garder ce qui a fait son succès : son partenariat, son style poussé dans la direction de l aéro- nautique et sa vocation première : les Chrono- graphes et les instru- ments de mesures. Les perspectives ouvertes par l électronique sont également exploitées au maximum. Une série de modèles à quartz côtoient donc des réinterprétations d anciens modèles. En 1984, par exemple, le modèle Chronomat est actualisé pour le centenaire de la marque. La Navitimer est aussi relancée grâce à un modèle sorti en Dans le domaine de l électronique, le modèle Aerospace qui sort en 1985 concilie la technologie du Quartz avec de nombreuses fonctions qui font le plaisir des pilotes. La prospérité est retrouvée et le fils de Ernest, Théodore Schneider reprend les rennes de l entreprise en Depuis cette reprise, la marque Breitling surfe sur la vague de la précision. Effectivement, la marque au B ailé impose à tous les chronographes de sa gamme le test du COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres). Ce tour de force fait 24
26 de Breitling la seule marque horlogère au monde à proposer tous ses modèles de chronographes certifiés chronomètres. En 2001, un nouveau pas est franchi dans la recherche de la technologie du quartz et des mouvements thérmocompensés SuperQuartz (cette technologie est dix fois plus précise que le quartz ordinaire) sont développés. L année 2002 ryhme avec un nouveau partenariat pour la marque Breitling. Cette fois- ci, elle s allie avec une marque automobile également au «B ailé» : Bentley. Breitling utilise une stratégie particulière qui a la forme d une production de montres «édition spéciale» en proposant des modèles Breitling for Bentley. Mais l image de Breitling en rapport avec l avia- tion n est pas mise en danger. La collection «Breitling for Bentley» se veut bien plus exclu- sive que les autres garde- temps de Breitling qui restent fidèles à leurs origines. Pour Jean- Pierre Girardin, vice- président de la marque, «l aviation demeure le fil rouge de la stratégie de la marque Breitling». (15) La marque Breitling est présente dans une grande partie des actions qui s approchent de Côté pile d une montre Breitlin for Bentley o l aéronautique, comme en 1999 lorsque Bertrand Picard boucle le tour du monde en ballon justement nommé le «Breitling Orbiter 3». (16) 9. Recherche d indépendance (17) Bien que Breitling soit une entreprise horlogère reconnue et prisée, l indépendance de l entreprise n est pas une réalité. En effet, l entreprise est dépendante de fournisseurs pour ses mouvements, donc dépendante de la loi du marché. Ses mouvements lui sont fournis en partie par Swatch Group (ETA), mais avec la stratégie décidée par Nicolas Hayek de ne plus les distribuer, Breitling doit rechercher des fournisseurs ailleurs. En 2002, Breitling décide de développer son propre mouvement. Un nouveau complexe a donc pris ses quartiers à la Chaux- de- fonds. La fonction de ce bâtiment marquée des lettres Breitling est de développer un nouveau mouvement 100% Breitling. Ce mouvement appellé le B01 suit la tendance actuelle croissante qui est, pour les grandes marques horlogères, de se distancer de la dépendance des fournisseurs. Le choix de Breitling semble être un bon choix, car le Chronomat B01 équipé du tout nouveau calibre figurait en fin 2009 à la tête des ventes de la marque avec 25
27 pas moins de 30'000 pièces vendues de par le monde (15). Même si la production de montres équipées de mouvement 100 % Breitling se vend bien, le pourcentage de ces reste faible en comparaison du nombre de pièces que Breitling produit. Par exemple, la société a vendu en 2007, année exceptionnelle, plus de 200'000 chronographes pour un chiffre d affaire de 400 millions de francs suisse. (18) Mais ce mouvement peut tendre à remplacer tous les autres mouvements de la gamme Breitling, car il est basique et peut «supporter» de nombreuses complications. Peut- être que dans quelques années, la production de mouvements estampillés Breitling sera totalement auto- gérée mouvement B01 produit dans les ateliers Breitling p B. Girard- Perregaux (19) (20) 1. Origines de la marque La marque Girard- Perregaux n a pas gardé le même nom à travers les âges effectivement les plus anciennes traces de la marque remontent à la Genève horlogère de la fin des années Un maître horloger talentueux et touche- à- tout (constructeur de montres, montres- bijoux, montres musicales, montres à auto- mates) qui rencontre un réel succès au travers de l expo- rtation de ses créations dans le monde entier et ses différents partenariats avec d autres maîtres- horlogers célèbres (Breguet qui, par exemple, signe quelques créations de l horloger) est la première «trace» de la marque. Ce maître horloger se nomme Jean- François Bautte (cf. image q ). Il constitue l origine la plus ancienne de la maison Girard- Perregaux. M Bautte était un génie de l horlogerie, il faisait preuve d une grande créativité et d une grande maîtrise de son art. Cette maîtrise, il l a aquise en travaillant depuis l âge de 12 ans dans les différents métiers de l horlogerie. C est grâce à cette maîtrise qu il est autorisé en 26
28 1791 par son patron de l époque à signer ses propres créations. Ses créations sont à présent réunies dans la collection de montres anciennes de la marque Girard- Perregaux. 2. Moulinier Bautte & Cie En 1793 la maison Moulinier Bautte & Cie est créée. Cette maison est née de l association de Jean- François Bautte et de son ex- patron Jacques Dauphin Moulinier. En 1804 la maison se transforme en réelle manufacture et elle réunit trois cent personnes spécialisées dans la création de montres fantaisies de luxe. Le succès de la maison Moulinier Bautte & Cie n est pas uniquement dû à l excellence de ses créations, mais également au charisme de M. Bautte, qui arrive à charmer beaucoup de clients préstigieux comme la reine Victoria. Lorsque Jean- François Bautte meurt en 1837, son fils Jacques Bautte reprend une entreprise prometteuse et dotée d une renomée grandissante. Jacques s associera par la suite avec son beau- frère, Jean- Samuel Rossel et renommera l entreprise Jean- François Bautte & Cie. montre de poche Jean- François Bautte extraplate logée dans un double ducat florentin de Genève, vers 1840 r Mais Jacques Bautte va petit à petit prendre ses distances avec l entreprise et laisser les rennes à M Rossel et son fils Jacques Rossel. Ce dernier va diriger l entreprise seul de 1883 à 1896 ; il va également renom- mer une nouvelle fois l entreprise en J.Rossel & Fils. La période Rossel de l entreprise est caractérisée par une recherche accrue de la précision et par la création de nombreux chronomètres remarquables qui valent à l entrepris de nombreux prix dont une médaille d or à l Exposition universelle de Paris en Malgré la recherche grandissante de précision de la marque, la fantaisie donnée aux modèles par Jean- François Bautte ne va pas être éclipsée. A la mort de Jacques Rossel, l entreprise passe aux mains de l horloger Felipe Hecht puis aux mains de son fils Juan Hecht. Cette période est une petite parenthèse dans l histoire de la maison Girard- Perregaux. 27
29 3. Naissance du nom Girard- Perregaux et rencontre des deux entreprises En 1906, l entreprise est cédée par Juan Hecht à Constant Girard- Gallet, horloger établi à la Chaux- de- Fonds. Constant Girard- Gallet est le fils de Constant Girard maître- horloger chaux- de- fonnier qui est le créateur de la maison Girard & Cie. Le nom Girard- Perregaux provient du mariage de Constant Girard et Marie Perregaux dans les années La notoriété de la manufacture Girard- Perregaux repose, avant sa fusion en 1906 avec l entreprise J.Rossel & Fils, sur le talent de Constant Girard. En effet, ce génial horloger est passioné par le tourbilllon (complication inventée par Louis Breguet). Il va créer la pièce phare de la marque Girard- Perregaux : le tourbillon sous trois ponts d or. Tourbillon sous trois ponts d or Vintage s Constant Girard s évertue à apporter à ses créations faite de ses seules mains les mécanismes les plus sophistiqués. C est pourquoi, comme un grand maître peintre, il ne fabriquera qu une vingtaine de pièces durant sa vie. Le tourbillon créé par M Girard est resté une valeur sûre de l horlogerie du 20 ème siècle. Il obtient même une médaille d or à l Exposition de Paris en 1889 pour ses Tourbillons sous trois ponts d or (protégés par un brevet depuis 1884) 21. La particularité de ce mouvement est éga- lement qu il est toujours fabriqué par la manu- facture actuellement. La Esmeralda, exemplaire le plus fameux du tourbillon sous trois ponts d'or, Mouvement à trois ponts d'or parallèles, échappement tourbillon à détente, planches de roues en or. t Le changement du style de montre (passage de la montre de poche à la montre bracelet) a été un casse- 28
30 tête pour les horlogers responsables d inverser la position des ponts ( les ponts passent du revers à la face de la montre). Constant Girard était un visionnaire et un précurseur. Il est effectivement l un des premiers horlogers à utiliser l or pour la fabrication de certaines pièces de ses mouvements. Il se lance également dans la production de montres bracelets vers 1880 (40 ans avant la réelle supériorité de la montre bracelet). Constant Girard est également vu comme la personne qui a réussi à faire s imposer la montre suisse sur le continent américain. A l époque, en effet, les montres anglaises étaient les seules montres présentes en Amérique. Constant Girard va donc user d une stratégie offensive et astucieuse : il va ouvrir un comptoir de vente à Londres pour faire transiter ses montres et les faire passer pour anglaises aux yeux des américains. Le même subterfuge est adopté par d autres horlogers et lorsque la supercherie est dénoncée, les montres suisses sont reconnues par les américains comme de qualité supérieure. 4. La rançon de la gloire Constant Girard meurt en 1903 et son fils reprend les rennes de l entreprise. Il tente de suivre le chemin du développement ouvert par son père et rachète justement en 1906 la maison anciennement créée par Jean- François Bautte. Mais la stratégie du fils est nettement moins payante que celle du père et l entreprise Girard- Perregaux se repose sur la renommée acquise au cours des nombreuses années de travail antérieures. Les périodes de crise des années affaiblissent l entreprise et lorsqu en 1928 Constant Girard- Gallet se retire de la tête de l entreprise, il ne reste de la marque que le souvenir d un passé flamboyant. Mais, l horloger allemand Otto Graef, déjà propriétaire de la marque MIMO, rachète Girard- Perregaux et réussit avec l aide de ses trois fils à redynamiser l entreprise sur le plan mondial et plus particulièrement en Amérique. L entreprise retrouve sa vivacité d antant et le développement est tel que les Graef entreprennent la construction d un nouveau siège pour l entreprise. Girard- Perregaux cherche à s imposer sur les marchés américains et de Hong- Kong, et c est une volonté d indépendance qui dirige la marque durant les années sous l égide des Graef (ce sont les gendres de deux fils d Otto Graef qui gèrent alors l entreprise, Charles- Edouard Virchaux et Jean- Edouard Friedrich). 5. L entreprise renaît de ses cendres De nombreuses innovations mettent la maison sur le devant de la scène de l horlogerie internationale. Plusieurs calibres de légende sont développées, comme la Gyromatic en 1957 (les rouages sont remplacés par des embrayages unidirectionnels à galet) et le mouvement à haute fréquence. Ce mouvement est caractérisé (comme son nom l indique) par la haute fréquence d oscillations du balancier (36'000 oscillations à l heure). Ce nombre d oscillations représente une meilleure précision de la montre (plus le balancier oscille, plus la montre est précise), il est également «facile» à produire en série. Le bouleversement dû au Quartz des années 1960 force Girard- Perregaux à évoluer. Même si la marque boude les laboratoires comme le LSRH, le 29
31 département de recherche planche sur un modèle fonctionant au moyen du quartz. En 1970, au bout de plusieurs mois de recherche, une montre à quartz est lancée à l occasion de la foire de Bâle. Le succès de cette montre est planétaire. De plus, la technologie dont elle est dotée, plus particulièremenet la fréquence de la vibration du quartz (32'768 hz) sera reprise comme un standard mondial. Cette fréquence est actuellement présente sur toutes les montres à quartz produites dans le monde. Mouvement Girard-Perregaux GP13500 édition 2010 u 6. Le rush du quartz L entreprise Girard- Perregaux se lance alors à corps perdu dans l industrie du quartz. Les inovations sont nombreuses jusqu en 1979 avec le retrait des deux patrons (Charles- Edouard Virchaux et Jean- Edouard Friedrich) qui décident de prendre leur retraite en même temps. Ils n ont malheureusement pas d enfant désireux de reprendre l entreprise, alors la maison Girard- Perregaux est mise en vente. Desco von Schultess (maison de commerce international) reprend la direction et impose à l entreprise une nouvelle stratégie : les montres à quartz de luxe. Cette stratégie s avèrera désastreuse. En effet, l esprit populaire fait de la montre à quartz un objet bon marché et non un objet de luxe. L entreprise va donc mal et en 1984, ses comptes sont au plus bas. L entreprise est à deux doigts de basculer dans le gouffre de la faillite qu a connu une multitude de marques de montres à travers les âges et les différentes crises qui ont secoué ce secteur. 30
32 7. Le renouveau La direction générale de la maison est alors cédée à Francis Besson (ancien directeur technique) avec pour mission de redresser la société. Il va y parvenir avec l aide de Luigi Macaluso, nouvel importateur de Girard- Perregaux en Italie. La vision de la montre de luxe pour Luigi Macaluso est celle d une montre mécanique. Cet ancien pilote ne se trompe pas, et la première montre qu il lance en colaboration avec Francis Besson est un réel succès. La santé et la notoriété de Girard- Perregaux reviennent petit à petit et en 1991, l entreprise présente pour son bicentenaire un tourbillon sous trois ponts d or version bracelet. L entreprise est donc à nouveau sereine. Et lorsqu en 1991 Francis Besson quitte la tête de la société, c est logiquement Luigi Macaluso qui lui succède. Montre carré H de Hermés équipée d un mouvement GP v Le nouveau soufle qu il donne à l entreprise est l objet d une veritable révolution. En effet Luigi Macaluso n est pas un horloger convention- nel, il mise sur l in- novation dans l entre- prise, mais également sur un plus grand souci de l esthétique dans ses modèles. Luigi Macaluso dessine lui- même les nouveaux modèles dans un souci de la beauté de l objet constant. La métamorphose de la société est totale et le succès est au rendez- vous. Plusieurs mouvements signés Girard- Perregaux équipent des montres de marques très connues. Effectivement, la manufacture a toujours fabriqué ses propres mouvements, contrairement à la plupart des autres entreprises. Cette caractéristique lui donne un avantage, car la marque n est dépendante de personne, elle ne subit donc pas la loi du marché en matière des mouvements. En les distribuant, elle peut même s offrir le luxe d imposer sa loi aux autres entreprises. 8. Girard- Perregaux s accocie au cheval cabré C est en 1994 que les premiers chronographes Girard- Perregaux estampiés Ferrari font leur apparition. La volonté de ces deux marques d affirmer devant le public une image claire, est comparable : performance et beauté doivent caractériser les créations des deux marques. L association se fait donc tout 31
33 naturellement. De plus, le passé de pilote automobile de Luigi Macaluso n est pas innocent dans cette union. Le nom des montres produites : «Girard- Perregaux pour Ferrari» révèle plus l envie de la marque Girard- Perregaux de créer une montre en l honneur de Ferrari et non de simplement mettre le nom Ferrari sur un objet pour attirer plus d acheteur. En 1999 le chronographe créé pour le septantième anniversaire de la scuderia connaîtra un succès foudroyant, il s agit d un chronographe équipé d une «seconde foudroyante» qui permet de calculer des temps à un huitième de seconde près. 9. Notoriété retrouvée Depuis la reprise de l entreprise par Luigi Macaluso en 1992, l entreprise connaît un succès flamboyant, de nombreux nouveaux modèles sont sortis ou relookés. De nombreuses montres primées dans divers concours sont estampillées Girard- Perregaux. Le troisième millénaire est donc engagé avec sérénité. La marque est reconnue dans l univers horloger et son statut de fabriquant de mouvement de A- Z de la montre est particulier. Technique et indépendance caractérisent donc la marque, qui va sans cesse tenter d emerveiller le monde par ses créations. Malheureusement, la crise de 2008 a touché Girard- Perregaux. Le marché américain sur lequel elle était très présente s est effondré et n offre aucun débouché à l heure actuelle. La situation était donc critique mais le groupe s est associé en 2008 à PPR, le groupe de luxe pour un «échange de savoir- faire». (22) On peut espèrer que cette union permette à la manufacture de se sortir du marché américain. Dans l actualité plus récente et moins réjouissante, la nouvelle de la mort de Luigi Macaluso est tombée le 26 octobre Le PDG de Girard- Perregaux est mort à l âge de 62 ans d une crise cardiaque et c est en toute logique ses deux fils Stefano et Massimo qui reprendront les rênes de l entreprise. (23) C. Comparaisons entre Girard- Perregaux et Breitling (24) 1. Prix Breitling et Girard- Perregaux offrent toutes les deux un produit luxueux, mais le prix de base de Girard- Perregaux est plus élevé que celui de Breitling. Par exemple, le prix de la montre mécanique la moins onéreuse de la collection Breitling en 2010 est de 2'530 frs pour la Colt Automatic. Le premier prix chez Girard- Perregaux se rapporte à la Vintage 1945 et il est de 8'950 frs. Le produit offert par Girard- Perregaux est donc plus «exclusif». 2. Marketing La marque Breitling est bien plus visible au travers de ses sponsorings et de son image publicitaire ; elle possède également plus de points de vente. Elle est donc plus accessible au grand public que Girard- Perregaux. Les deux marques ont signé un partenariat avec l automobile leur conférant une plus grande visibilité. Le choix de la marque (Bentley pour Breitling et Ferrari pour Girard- Perregaux) s inscrit dans la recherche d une image spécifique et 32
34 distincte voulue par les deux marques. L idée de performance, de luxe et de notoriété est très présente dans l industrie automobile, l union est toute trouvée. Il me semble que, le choix de Girard- Perregaux est plus judicieux, car Ferarri est la marque automobile par excellence. 3. Historique et situation actuelle Les deux entreprises ont une forte tradition familiale, mais au fil du temps et des crises toutes deux ont perdu le contact avec la famille créatrice. L histoire de Girard- Perregaux commence il y a bien plus longtemps que celle de Breitling, peut- être que cette différence peut expliquer la position plus exclusive de Girard- Perregaux sur le marché. De plus, Girard- Perregaux a changé de mains à de nombreuses reprises (différentes familles et patrons se sont succédés à sa tête). Comparativement, Breitling qui, avec les deux familles qui l ont dirigée, a gardé un esprit plus lié à sa famille d origine (son image est restée la même et la spécialisation de Breitling dans les chronographes est toujours d actualité). Elles ont les deux souffert des grandes crises de l Horlogerie suisse, tout particulièrement Breitling qui a failli voir sa marque s éteindre en La crise de 2008 les a également touchées toutes les deux, mais, on peut se dire que Girard- Perregaux est avantagée car elle appartient à un groupe (PPR), ce qui lui confère plus de sécurité. Breitling, quand à elle, est seule pour affronter les remous de la crise. Les deux entreprises sont très présentes sur le marché américain (plus que sur le marché asiatique) ; c est peut- être là un désavantage commun, car le marché asiatique de l horlogerie se porte extrêmement bien. Les chiffres le prouvent : la valeur des exportations suisses horlogères vers l Asie de 2004 à 2009 a augmenté de 150 % alors que cette même valeur pour les Etats- Unis a diminué de 21% durant la même période. 4. Évolution Breitling et Girard- Perregaux suivent leur chemin respectif, Breitling en essayant de trouver l indépendance et Girard- Perregaux en créant des collections en partenariat avec d autres marques prestigieuses, comme récement avec Boucheron (25), et en équipant d autres marques de montres avec ses mouve- ments. Le futur nous dira laquelle de ces marques aura suivi la meilleure stratégie. 5. Conclusion de la comparaison Girard- Perregaux et Breitling sont deux grands noms de l Horlogerie suisse. Malgré ce point commun, l esprit des deux marques est totalement divergent. Girard- Perregaux est une manufacture de haute joallerie destinée à un public de connaisseurs avertis. L exclusivité est sa particularité. Quand à Breitling, elle représente une marque plus populaire, plus atteignable. Ses prix étant plus bas, sa visibilité plus grande, elle est moins exclusive. Sa particularité vient de son partenariat avec l aviation. 33
35 IV. Situation actuelle du secteur horloger (24)(26)(27)(28) A. D un point de vue externe au secteur horloger 1. Généralités La situation actuelle du secteur horloger peut se résumer ainsi : la plupart des maisons d horlogerie appartiennent à des groupes de luxe (LVMH, Richmont, PPR) ; une partie des marques sont indépendantes (Patek Philippe, Audemars Piguet, Breitling) et une partie des marques horlogères suisses sont regroupées sous l égide de Swatch Group (Breguet, Blancpain, Jaquet Droz, Longines, Omega, Tissot, etc ). Rolex quand à elle est au- dessus de toute cette organisation (de par son statut particulier de marque horlogère par excellence et sa politique). Swatch Group est le groupe le plus puissant de l horlogerie suisse. Grâce à sa position de leader et de reconstructeur depuis 1980, le groupe a racheté un bon nombre de marques de montres et compte à présent une dizaine de marques de haute horlogerie en son sein. Swatch Group possède également des fournisseurs qui lui procurent ses mouvements et ses composants pour les montres ( ETA par exemple). Par le passé, Swatch Group vendait ses mouvements aux marques extérieures, mais Nicolas Hakey, ex- patron du groupe, a décidé de cesser d inonder le marché de ses mouvements. C est pourquoi de nombreuses marques ont montré une volonté d émancipation sur le marché de l horlogerie ces derniers temps. Mais cette stratégie se révèle être mauvaise. En effet, la conception intégrale d un mouvement est très onereuse (plus de dix millions) et elle demande beaucoup de temps. De plus, le résultat quantitatif ne pourra, dans les premiers temps, pas être à la hauteur de la production de la marque, seul un faible pourcentage des montres sorties avec le calibre de la marque seront vendues. Il faut ajouter que ces montres sont vendues à perte et que c est grâce à la vente d autres gardes- temps équipés de mouvements extérieurs à l entreprise que le bénéfice est fait. 2. Parenthèse Rolex Le cas de Rolex précité est tout à fait particulier. En effet Rolex a développé son propre réseau de fournisseurs et est donc capable de produire sa montre de A- Z (mouvement, bracelet, cadran, fermoir etc ). La marque qui appartient à la fondation Hans Wilsdorf n est donc pas dépendante du marché et est ainsi une exception. Son chiffre d affaires concernant les montres est estimé à 2,5 milliards de francs, presque dix fois plus que Breitling avec ses 290 millions. 3. Tendance économique réelle et future de l horlogerie suisse Il est difficile de réellement connaître la situation économique des marques. En effet, le secteur horloger est un secteur plein de secrets d affaires et de désinformation. A présent, les groupes horlogers s offrent une visibilité cybernautique en créant des pages Facebook et des comptes Twitter. Ils utilisent les médias pour communiquer leurs chiffres. Lorsque tout va bien, on le sait, mais lorsque tout va mal, le public l ignore. Ainsi, connaître la situation actuelle 34
36 est extrêment difficile. Les marques annoncent une reprise, certaines affirment même qu il n y a pas eu de crise. Mais certains éléments permettent de douter de la véracité de ces propos. Premièrement, la grande difficulté dans laquelle se trouvaient certaines marques qui n appartenaient pas à des groupes au sortir de la crise (Breitling) et qui en plus ne bénéficient plus, à présent, de la distribution des mouvements de Swatch Group. Et deuxièmement le mauvais positionement de certaines marques sur le marché mondial. Les grands pays importateurs sont, comme démontré plus haut, situés sur le continent asiatique, le marché américain n est plus prometteur. En janvier 2009, 49 % des exportations horlogères suisses étaient destinées à l Asie. Les marques peu implantées en Asie en souffrent donc et essaient de se repositionner sur le marché. 4. Marketing, les armes d aujourd hui Tout a changé depuis 1875 dans l Horlogerie suisse et le point de l esthétique et du marketing des marques mérite d être abordé. Depuis 1918, la publicité fait sa véritable apparition et la grande question pour les marques est de savoir quelle image elles veulent montrer au public. La publicité s introduit dans les journaux puis dans la rue au moyen des affiches. C est l heure pour les marques de montrer ce qu elles jugent essentiel dans leur collection et d affirmer leurs valeurs. Mais le marketing des débuts de la publicité horlogère (vers 1918) est boîteux, la publicité n a pas de réel sens et les stratégies publicitaire ne sont pas clairement définies. Ce n est que vers 1930 que débute un réel marketing et des publicités qui reflètent une philosophie de la marque. Les marques cherchent à impreigner les esprits avec leurs modèles, des modèles qui font succès et qui trouvent leur forme définitive comme par exemple la Navitimer de Breitling dans les années 1950 qui n évoluera plus depuis lors. Le réel marketing horloger prend tout son sens avec la swatch dans les années 1980 et le génie de Nicolas Hayek. Le budget marketing et publicitaire autour de cette montre est énorme, mais c est grâce à cette publicité provocante et offensive que la montre en plastique parvient à s imposer et devenir un fleuron de l horlogerie suisse. La situation actuelle du marketing horloger peut se résumer en cette phrase de Gilles Garino : «On peut avoir le meilleur produit du monde, sans marketing on ne le vendra pas.» Sous l influence de Nicolas Hayek, la stratégie marketing des marques s est considérablement renforcée. A présent, les maisons horlogères doivent par leurs actions s offrir une visibilité internationale, elles doivent se construire une image et une réputation. Dans le marché de l Horlogerie actuel, tout le monde est capable de construire une montre, le réel but, c est de pouvoir la vendre. De plus, les marques présentent des stratégies réfléchies et possèdent une réelle identité. Pour reprendre l exemple de Breitling qui insiste énormément sur son image en lien avec l aviation, et qui touche ainsi bon nombre d amateurs d aéronautique et proposant pour le consommateur une image claire de la marque. Le design du site, les événements que Breitling sponsorise (récemment Yves Rossi avec son aile volante), les campagnes publicitaires et les modèles de montres sont en adéquation avec cette image. 35
37 D autres marques s attachent par exemple les services de stars pour pouvoir rayonner sur le marché international. On pense à Georges Clooney pour Omega ou encore Roger Federer pour Rolex. w 5. Qualité ou profit? Mais attention, dans un monde régit par le profit, certaines marques comme Ebel ont sous estimé la qualité de leurs produits au profit du bénéfice. Cette faute est surtout grave dans l industrie de haute horlogerie. Avec la délocalisation et la baisse des coûts de production qu offre l Asie, la tentation de délocaliser est forte et l erreur de négliger la qualité est vite comise. De plus, l émérgence d internet et la multiplication des forums horlogers a un effet à double tranchant : internet peut soit être le meilleur vecteur de communication et de publicité, soit révéler les défaults d une montre cassant ainsi rapidement la réputation d une marque. Par exemple, lorsqu en 2010, la marque Tag Heuer sort un nouveau mouvement de ses ateliers qu elle annonce comme entièrement réalisé en interne, le bruit circule alors sur internet, par le biais de ces forums horlogers, que le mouvement Tag Heuer n est rien d autre qu une copie d un mouvement de l entreprise japonaise Seiko. Ce bruit s est révélé véridique, la rapidité de mise en commun des savoirs que propose internet a eu raison de l annonce mensongère ou de l erreur de communication dont était responsable Tag Heuer. 36
38 6. Prix astronomiques pour montres terrestres? Comme tous les biens de luxe, les montres peuvent atteindre des prix astronomiques, mais ces prix sont- ils justifiés? Plusieurs facteurs influent sur le prix d une montre ; il y a d une part le calibre avec le temps de conception qu il demande et son niveau de complication, d autre part il y a le boîtier avec les décorations qu on peut lui appliquer (diamants, pierres pré- cieuses, etc..) ; il y a aussi la quantité de pièces construites et finalement l image de la marque. Montre Hublot One million black caviar, prix un million de dollars x Les prix de certaines montres peuvent de prime abord paraître astronomiques, mais le nombre de personnes qui peuvent s offrir ces montres est tout à fait restreint. Souvent, les acquéreurs sont des amateurs éclairés qui savent ce qu ils achètent, ils connaissent la valeur réelle de ces objets. De plus, si les marques continuent de fabriquer des montres à des prix affolants, c est que ces montres trouvent des acquéreurs. Montre RM 025 de Richard Miles, prix environ francs y 37
39 B. D un point de vue interne au marché horloger 1. Les généralités concernant l entreprise Elfix et le résultat de l entretien 1.1 L entreprise Elfix Comme montré plus haut, l Horlogerie suisse a besoin de fournisseurs qui lui offrent des pièces d une grande précision. La production d une montre de A- Z est impossible (Rolex est une exception). Les maisons d horlogerie ont donc besoin de fournisseurs qui peuvent garantir un niveau de précision et de qualité supé- rieur. Dans le cadre de mon TM, j ai rencontré M. Gilles Garino, patron de Elfix, une société qui fournit des pièces pour le bracelet et des fermoirs finis. L entreprise Elfix a été créée en 2000 et fournit des pièces et des fermoirs à plusieurs grandes marques. Elfix emploie à présent 22 salariés, mais avant la crise de 2008, 40 employés travaillaient en son sein. La production se chiffre à pièces de bracelet par jour et à fermoirs par mois. Elle fonctionne sur un marché très concurrentiel : l Asie produit les mêmes pièces de bracelet pour environ 5 fois moins cher et d autres concurrents produisent les même pièces dans la région. Pour affronter cette concurrence, elle doit offrir des meilleurs garanties et un meilleur produit que ses concurrents. En effet, les marques choisissent leurs fournisseurs en fonction du prix et de la qualité avant tout. Elfix doit donc produire mieux et moins cher. L innovation et le dépôt de brevets viennent aider à satisfaire ces critères. Elfix ne produisait au début que des composants de bracelets, puis la spécialisation est venue dans le domaine des fermoirs avec la production d un produit fini et directement livrable. Et, pour le futur, l envie de développer complètement un bracelet. J ai retranscrit l interwiev sous forme de texte suivi qui intègre questions et réponses. 1.2 La production verticale Selon M. Garino, «Plus une entreprise est prêt du produit fini, plus elle gagne.» Car le secteur de l horlogerie suisse peut s apparenter à une échelle. En haut de l échelle se trouve le produit fini. Depuis ce produit fini, le bénéfice décroît au fur et à mesure que l on s éloigne de celui- ci. A l inverse plus on se rapproche du produit fini, plus on augmente son bénéfice. Une tendance en rapport avec cette échelle du profit s est développée dans les grands groupes, cette tendance c est la production verticale : les groupes achètent les fournisseurs de boîtes, de pièces de mouvements ou encore de bracelets pour pouvoir mieux contrôler la fabrication et les coûts de production. 38
40 1.3 La loi du marché La répercussion de la bonne ou de la mauvaise situation du marché a plus d influence sur les petits fournisseurs. Elfix est par exemple demandée lorsque les marques n arrivent plus à faire face à la production de leurs propres bracelets. Elfix est également chargée de la confection de pièces compliquées sur lesquelles elle possède des brevets. La demande de pièces compliquées reste relativement stable, alors que la demande de pièces simples est très élastique. La production de pièces compliquées procure donc une securité supplémentaire dans le secteur horloger très instable. Cette production confère également un avantage économique car, comme vu plus haut, lorsque l on fournit un produit fini, les marges sur ce produit fini sont plus grandes ; le bénéfice de Elfix sur les fermoirs brevetés est donc supérieur au bénéfice fait sur les pièces de bracelet. C est également pour cela que l entreprise cherche à développer son propre bracelet. L appelation Swiss Made procure également un avantage, car elle permet d offrir des pièces certifiées de bonne qualité dans des délais toujours respectés et à des prix stables. Meme si, paradoxalement, les matières premières viennent d Asie! 1.4 L horlogerie dans les montagnes neuchâteloises Mais pourquoi l horlogerie suisse reste- t- elle implantée dans l Arc jurassien? Premièrement, vu l histoire de l horlogerie suisse, la région est douée d un savoir- faire qui n est plus à prouver. Les écoles horlogères et la formation de la main d œuvre se fait dans la région. De plus, les petites entreprises restent im- plantées dans ces lieux pour bénéficier de cette main d œuvre qualifiée et autochtone mais également de la proximité du siège de quantité de grandes marques horlogères. C est toute une région qui vit de cette industrie depuis deux cents ans. 1.5 L horlogerie est liée aux autres sciences Gilles Garino est à la base ingénieur en microtechnique ; il travaillait dans une autre entreprise lorsqu il a décidé de revêtir la casquette d entrepreneur. Il a réussi à lancer son entreprise grâce à un soutien et à des investissements extérieurs. L entreprise possède à présent une vingtaine de machines chargées d exécuter des pièces de haute précision. La relation avec la microtechnique est évidente. Les possibilités de développement de ces entreprises peut également passer par la production de matériel médical ou automobile. Mais Elfix n envisage pas de changements pour le moment, car se faire une place sur un marché et adapter sa production pour que la qualité reste maximale est un processus long et onereux qui nécessite de la patience avant d apporter du rendement. 2. Le point de vue d un chef d entreprise sur la situation actuelle : Pour l entreprise Elfix qui traite quotidiennement avec les marques et qui est donc au premier plan pour connaître la situatuion actuelle, la crise n est pas 39
41 passée. Les repercussions sont toujours présentes et certaines marques qui annoncent des chiffres de reprise mirifiques dans les médias ne commandent pas le nombre de pièces correspondant à leur pseudo bonne situation. Pour Giles Garino, les marques qui n appartiennent pas à des groupes ont fait tout faux. Le patron d Elfix analyse la mauvaise situation de certaines marques comme étant due au fait que chacune de ces marques a tenté de résoudre la crise des mouvements par elle- même au lieu de s assembler pour créer un pôle de recherche. Un tel acte aurait été tout à fait bénéfique car les marques auraient pu mettre en commun leur savoir- faire et garder des fonds pour relancer leurs activités. Elles auraient également offert un adversaire de taille aux différents autres groupes présents sur le marché. Mais, malheureusement, les marques ont fait preuve d égoïsme et de cupidité en voulant garder pour elles leur renommée et en ne voulant pas partager leurs découvertes. Cette situation est similaire à la situation durant de la crise du quartz; les marques avaient boudé le LSRH car il représentait une mise en commun de leur savoir. Conclusion: Depuis les débuts de l horlogerie en Suisse, la montre a évolué. L objet entièrement mécanique est devenu électronique. Dans ce travail de maturité, ces deux differents mécanismes ont été expliqués. Leur qualité exposée : - la précision du quartz et son «bas- coût» - le luxe et la tradition de la montre mécanique. La survie de cette dernière est assurée par l image qu elle donne. En effet, la montre mécanique est un objet de luxe qui est révélateur du rang social de l acheteur. La montre mécanique contient également une part de rêve ; c est cette part de rêve qui fascine les achteurs dont certains n hésitent pas à placer des sommes astronomiques dans ces gardes- temps. Ce travail de maturité a aussi exposé le pourquoi de la réputation horlogère suisse. Deux siècles de traditions, deux siècles d innovations et de prospérité mais également deux siècles de crises et de remises en question ont solidement ancré l horlogerie à la Suisse. La réputation est venue du fait de la qualité qui a de tout temps dirigé la soif d innovation des horlogers suisses. De Jean- François Bautte à Nicolas Hayek en passant par Daniel Jean Richard, c est autant d hommes (et de femmes) qui ont, que ce soit par leurs actions créatives et leur esprit entrepreneurial, contribué à faire rayonner l horlogerie bien au- delà de notre pays. A mon avis, la Suisse restera toujours le pays des montres ; même si dans un futur hypothétique, les lieux de productions risquent d être délocalisés, les écoles d horlogerie fermées, la Suisse pourra toujours se targuer d avoir été le pays dans lequel la montre moderne est née. Dans ce travail de maturité, j ai également exposé la situation actuelle de l horlogerie. Dans une économie d après crise, plusieurs points importants ont été mis en lumière : 40
42 - le secteur horloger est un secteur peu transparent. Les chiffres réels ne sont pas toujours connus ; - le secteur horloger, malgré son expérience de deux siècles, subira toujours les crises ; une bonne conjoncture globale au niveau mondial est nécessaire à la vente des montres, en particulier de luxe; - les entreprises horlogères ont de la peine à mettre en commun leurs savoirs ; - le fonctionement actuel du secteur horloger passe par l union de plusieurs manufactures au sein soit de grands groupes de luxe, soit de Swatch Group ; - le marketing est l outil économique le plus indispensable de 21 ème siècle ; - une envie d indépendance dans la production gouverne les actions des mar- ques ; - une multitude de fournisseurs gravitent autour des grandes marques horlogères (Elfix). Ces fournisseurs sont plus vulnérables aux crises, mais pourtant ils sont nécessaires à une production de qualité dans notre pays ; - le label Swiss Made est une valeur sûre de l horlogerie suisse ; - l Asie est le nouvel eldorado de l exportation horlogère. Cette situation va sans aucun doute se modifier au cours des prochaines années. Peut- être qu avec la mort de Nicolas Hayek, Swatch Group va se disloquer, peut- être que dans une dizaine d années la Chine offrira une qualité de production supérieure à celle de la Suisse, peut- être que les montres mécaniques vont tomber dans l oubli au profit d un nouveau mouvement qui saura à la fois être plus précis et refléter le luxe ; et peut- être que l année 2011 sera la meilleure année pour les exportations horlogères suisses. Toutes ces supositions et ces questionnements trouvent lieu d être dans une industrie telle qu est l horlogerie en Suisse. La seule chose que nous, acquéreurs potentiels, avons à faire, c est de continuer de rêver sur la perfection et la magie de la montre. J espère qu après la lecture de ce travail de maturité, lorsque vous regarderez l heure à votre poignet, vous serez conscient du fait qu il ne s agit pas d un objet ordinaire, mais d un morceau de rêve. Remerciements En dernier lieu, je tiens à remercier tout particulièrement Monsieur Gilles Garino pour le temps qu il m a consacré et les informations précieuses qu il m a fournies. Je remercie également mes grands- parents pour le soutien logistique qu ils m ont apporté tout au long de ce travail! 41
43 Bibliographie Sources bibliographiques: (1) R.Lavest ; Notions élémentaires d horlogerie 3 ème édition ; éditions horlogères, Bienne 1949, pp (2) Charles- André Reymondin/Didier Jeanneret/Georges Monnier/Umberto Pelaratti ; Théorie d horlogerie ; Fédération des écoles techniques de Suisse, Le Brassus 1998, pp (6) André Beyner/Henri Oguey/Ma(x Forrer/René Le Coultre ; L aventure de la montre à quartz ; Bienne 2002 ; pp (7) Cécile Aguillaume/ Virginie Babey/ Philippe Blanchard/ Nicole Bosshart/ Francesco Garufo/ Caroline Junier/ Claude- Alain Künzi/ Sandra Lena/ Nadja Maillard/ Alain Maurissen/ Hélène Pasquier/ Thomas Perret/ Claire Piguet/ Laurence Vaucher ;Le pays de Neuchâtel et son patrimoine horloger ; éditions de la chartière, Saint- Immier 2008 ; pp , , , , (8) Pierre- Yves Donzé; Histoire de l Industrie Horlogère Suisse; Edition Alphil, 2009, pp (9)Feuille fédérale de 1931, p. 213 (12) Chronologue Breitling 2009 (13) Le monde de l horlogerie, no10 ; décembre 2009 (15) Daniel Droz ;, «Breitling fait un tabac avec le B01 produit à la Chaux de- Fonds» l impartial ; mardi 30 mars 2010 (19) François Chaille ; Girard- Perregaux, Editions Flammarion, Paris, 2004 (22) Girard_Perregaux- 57- fr.htm (octobre 2010) (24) Montres par Bilan, l année de l extra- plat ; fevrier 2010 Sources internet : (3) de- lhorlogerie/ (octobre 2010) (4) (octobre 2010) (5) (octobre 2010) (11) (octobre 2010) (14) (octobre 2010) (16) (octobre 2010) (17) la- une/detail/article/ breitling- entree- dans- une- ere- nouvelle/ (octobre 2010) (18) Breitling- 27- fr.htm (octobre 2010) (20) perregaux.com (octobre 2010) (21) perregaux- tourbillon- sous- trois- ponts- d- or (octobre 2010) (22) Girard_Perregaux- 57- fr.htm (octobre 2010) 42
44 (23) de- Luigi- Macaluso- President- de- Sowind- Group- Girard- Perregaux- et- JeanRichard- le- 27- octobre No_8071.htm (octobre 2010) (25) perregaux- pour- boucheron/ (octobre 2010) (26) la- une/ (année ) (27) suisse.com/ (année ) (28) (année ) Illustrations : Page de titre: montre Urwerk UR- 103 Blackbird; suisse.com/forum/viewtopic.php?f=1&t=5124 (octobre 2010) a) suisse.com/theoriehorlogerie/fonctionnementmontre.htm (octobre 2010) b) partenaires/fp- journe/sonnerie- souveraine- 10- brevets- deposes- pour- ce- modele/barillet/ (octobre 2010) c) suisse.com/articles/papi/finition- goupille- horlogerie html (octobre 2010) d) interviews- f6/interview- de- stephen- urquhart- president- d- omega- t9066.htm (octobre 2010) e) Charles- André Reymondin/Didier Jeanneret/Georges Monnier/Umberto Pelaratti ; Théorie d horlogerie ; Fédération des écoles techniques de Suisse, Le Brassus 1998, p129 f) (octobre 2010) g) (octobre 2010) h) insolite/temps/index.htm (octobre 2010) i) histoire- des- montres- Breitling- No_107.htm (octobre 2010) j) de- luxe.com/la- Galerie- du- Patrimoine- Jaeger- LeCoultre- ouverture- prevue- en- octobre- prochain_a853.html (octobre 2010) k) shoes- accessories/neon- streams- swatch- wrist- watch- collection- for- summer- 2009/ (octobre 2010) l) Chronologue Breitling 2009 m) montre- Breitling- Navitimer- 125e- anniversaire- serie- limitee- a exemplaires- No_6942.htm (octobre 2010) n) la- une/detail/article/ breitling- un- dc- 3- dans- sa- flotte/ (octobre 2010) o) (octobre 2010) p) present- le- calibre- b01/ (octobre 2010) q) Girard_Perregaux- 57- fr.htm (octobre 2010) 43
45 r) la- une/detail/article/0- girard- perregaux- expose- jean- francois- bautte- 1/ (octobre 2010) s)) tendances/article/horlogerie- girard- perregaux (octobre 2010) t) Girard_Perregaux- 57- fr.htm (octobre 2010) u) 35E_ANNIVERSAIRE_DE_LA_MONTRE_LAUREATO_%E2%80%93_40E_ANNIVER SAIRE_DES_MONTRES_A_QUARTZ_GIRARD_PERREGAUX fr.htm (octobre 2010) v) montre- Hermes- Carre- H- No_7847.htm (octobre 2010) w) tennis- ambassadors/ (octobre x) hand.com/index.php/hublot/hublot- one- million- black- caviar (octobre 2010) y) mille- rm025- chronographe- de- plongee- tourbillon/ (octobre 2010) 44
46 Tables des matières Résumé Introduction 2 3 I. La montre mécanique et la montre à quartz A. La montre mécanique 1. Généralités 4 2. Détails techniques Le moteur Le rouage L échappement L organe régulateur Le mécanisme de remontage 9 3. Remarque 10 B. La montre à quartz 1. Historique et fonctionement 10 II. L Histoire de l horlogerie A. Généralités 12 B. L horlogerie en Suisse 1. La naissance de l horlogerie Les classes horlogères Une économie qui démarre L avènement des manufactures Innovation Les aléas de la crise Série de mesures Changements La géniale invention Crise de Conclusion intermédiaire 20 III. Développement de deux entreprises horlogères suisses A. Breitling 1. Origines de la marque Du père au fils La crise rattrappe tout le monde Les ailes du B Les modèles de légende «Breitling Genève» L empire s effondre Une nouvelle ère Recherche d indépendance 25 45
47 B. Girard- Perregaux 1. Origines de la marque Moulinier Bautte & Cie Naissance du nom Girard- Perregaux et rencontre des deux entreprises La rançon de la gloire L entreprise renaît de ses cendres Le rush du quartz Le renouveau Girard- Perregaux s accocie au cheval cabré Notoriété retrouvée 32 C. Comparaisons entre Girard- Perregaux et Breitling 1. Prix Marketing Historique et situation actuelle Evolution Conclusion de la comparaison 33 IV Situation actuelle du secteur horloger A. D un point de vue externe au secteur horloger 1. Généralités Parenthèse Rolex Tendance économique réelle et future de l horlogerie suisse Marketing, les armes d aujourd hui Qualité ou profit Prix astronomiques pour montres terrestres 37 B. D un point de vue interne au marché hrologer 1. Les généralités concernant l entreprise Elfix et le résultat de l entretien L entreprise Elfix La production verticale La loi du marché L horlogerie dans les montagnes neuchâteloises L horlogerie est liée aux autres sciences Le point de vue d un chef d entreprise sur la situation actuelle 39 Conclusion Bibliographie Sources bibliographiques Sources internet Illustrations
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