Le rôle des artisans novateurs dans la diffusion des meilleures. techniques énergétiques disponibles

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1 Département Economie et Sciences Humaines ARTINOVA Le rôle des artisans novateurs dans la diffusion des meilleures techniques énergétiques disponibles Rapport final Marc Colombard-Prout Chantal Laumonier Nadine Roudil DÉPARTEMENT ÉCONOMIE ET SCIENCES HUMAINES Laboratoire Services, Process, Innovation Laboratoire Mutations Urbaines Techniques et Sociales Octobre 2007

2 Département Economie et Sciences Humaines ARTINOVA Le rôle des artisans novateurs dans la diffusion des meilleures techniques énergétiques disponibles Rapport final Marc Colombard-Prout Chantal Laumonier Nadine Roudil Octobre 2007 Financements : - ADEME : Convention n C 0110 du 10 mars CSTB : Fiches de recherche DESH ER INN PARIS - MARNE-LA-VALLÉE GRENOBLE NANTES SOPHIA ANTIPOLIS CENTRE SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE DU BÂTIMENT 4, avenue du Recteur Poincaré PARIS Cedex 16 Tél Fax : http : //

3 Remerciements Nous tenons à remercier les personnes qui nous ont aidés pour réaliser ce travail : - Le groupe de pilotage : Maurice Manceau (Groupe Point.P), Gabriel Bajeux (CAPEB), Régine Trotignon (ADEME) ; - Les nombreuses personnes (artisans, instances représentatives, associations, organismes de formation, fabricants, distributeurs, etc.) qui ont accepté de nous faire part de leur expérience.

4 Table des matières Résumé et synthèse 1. Le contexte, les enjeux, les objectifs Quel est le contexte? Quel est l objet de la recherche? Quels sont les enjeux? Le déroulement de la recherche Le questionnement La méthode Le terrain d enquête L échantillon Le comité de pilotage Les résultats attendus Un contexte de changement L évolution programmée du marché de l électricité en France Des conditions climatiques et des atouts de territoires qui favorisent le recours aux énergies renouvelables Une prise de conscience du risque L évolution du cadre réglementaire Les énergies renouvelables sont devenues une alternative crédible aux énergies fossiles La question de l énergie est devenue localement une question politique La place de l innovation technique : diffusion culturelle de plus en plus importante auprès des ménages L artisanat comme maître d œuvre de l évolution énergétique du cadre bâti Les travaux de réhabilitation engagés par les particuliers L artisanat et le marché de la réhabilitation La répartition de l artisanat du bâtiment par région La région Pays-de-la-Loire possède une culture du collectif Il existe des coopératives d achat puissantes dans l Ouest Il existe un taux de syndicalisme important dans les Pays-de-la-Loire Les professionnels de l Ouest et les énergies renouvelables : les artisans entre culture du collectif et innovation La région Rhône-Alpes, l innovation comme bassin d emploi local Un secteur artisanal régional dynamique L énergie comme préoccupation politique Les opérations exemplaires au service de la promotion des meilleures techniques thermiques : deux exemples Rhônalpins Un bassin d emploi important Guichet unique et aides des collectivités territoriales Dans un contexte de modernisation énergétique, les artisans abolissent les frontières des métiers : les artisans novateurs et les énergies renouvelables Le secteur de l artisanat et ses évolutions Une évolution générale forte : le recouvrement des métiers Les nouveaux matériaux, techniques et mises en œuvre font évoluer les métiers Les nouvelles techniques de maîtrise de l énergie et les énergies renouvelables Une typologie des artisans face à la problématique du développement durable Description des différents types d artisans engagésdans les énergies renouvelables Fabricant, installateurs, distributeurs : émergence de nouveaux liens? Trois fabricants créent le label NOVENERGIE Les négociants investis dans les groupements d achat : une action très émergente et peu visible...69

5 5.3. Les groupes leaders de plus en plus actifs près à répondre au défi de la performance énergétique Un fabricant allemand implanté à Nantes : conquérir un marché de masse? Le nouvel enjeu de la formation La place et le rôle de l éducation nationale La formation continue Les cycles courts Les formations liées à la CAPEB Le temps de formation L enjeu de la qualité Questionner les nouvelles formes d organisations en lien avec l évolution des métiers De nouvelles organisations de professionnels L émergence de réseaux associatifs, le poids de l internet Les Espaces Infos-Energie comme support associatif Le rôle de la CAPEB et de la FFB Le système français au secours des métiers permettant le développement des meilleures techniques énergétiques Un dispositif d aides L association banque/collectivités territoriales Une opportunité de marché Remarques, éléments de discussion et préconisations Annexes...111

6 Résumé et synthèse Les objectifs de l étude : analyser le rôle des artisans dans la promotion des produits et actions d économies d énergie et de développement durable L étude que nous présentons fait suite à une précédente qui portait sur le rôle de la distribution comme promoteur de la diffusion de produits et équipements favorables à la qualité énergétique, environnementale et sanitaire dans l habitat. Celle-ci se centre sur les artisans promoteurs de solutions innovantes dans la diffusion des meilleurs techniques énergétiques. Elle cherche à étudier le processus qui place l artisan dans une trajectoire innovante en examinant la filière qui fait de lui un artisan novateur. Elle vise également à rendre compte de la place croissante des questions environnementales chez les artisans et à identifier les facteurs favorables ou défavorables à la promotion des solutions destinées à l amélioration des performances énergétiques de l habitat. Le travail cherche à déterminer dans quelles mesures il est possible de considérer les artisans qui s investissent dans le domaine de l amélioration énergétique et des énergies renouvelables comme «novateurs» c'est-à-dire comme diffuseurs ou/et développeurs de techniques innovantes. A cette fin, nous avons voulu considérer la situation d innovation qui se dégage de leurs initiatives. Nous avons ainsi questionné les caractéristiques de l apparition d une situation d innovation (avènement de nouveaux acteurs, mobilisations originales des modes d organisation déjà existant, renouvellement du cadre d exercice des métiers, nouvelles exigences et compétences transversales aux métiers, apparition d une nouvelle législation...) en émettant l hypothèse que le secteur du bâtiment parce qu il est le principal maître d œuvre du renouvellement énergétique du cadre bâti se trouve engagé dans ce processus. Nous sommes partis du postulat que de nouvelles combinaisons de ressources permettent l apparition d un marché qui contribue à vulgariser le recours à certains principes novateurs. Ceux-ci, tant organisationnels que techniques, sont susceptibles de constituer les prémisses d une redéfinition des règles du jeu social dans lequel sont engagés l ensemble des acteurs du bâtiment. L'enquête a été réalisée à partir d entretiens semi-directif auprès d instances syndicales, d artisans, de distributeurs, d associations, etc. partie prenante du développement durable, de la maîtrise de l énergie et des énergies renouvelables. Elle s est déroulée dans deux régions : les Pays-de-la-Loire et Rhône-Alpes, qui l une et l autre présentent des caractéristiques spécifiques. Le contexte environnemental est favorable à la diffusion de produits et d actions visant à développer les économies d énergie Un certain nombre de facteurs liés au contexte concourent à créer une situation favorable à la diffusion des meilleures techniques énergétiques. Ils contribuent à modifier les pratiques énergétiques des ménages, à favoriser la modernisation énergétique des logements et le recours aux énergies renouvelables. - conditions naturelles et géographiques, - augmentation du prix du pétrole et du gaz, - évolution du marché de l électricité en France, - évolution du cadre réglementaire et développement des labels et des chartes, - développement des techniques soutenant les énergies renouvelables, - prise de conscience du risque lié au changement climatique,

7 - évolution des attitudes et modes de vie des particuliers, - importance du marché de la réhabilitation pris en charge par les entreprises artisanales, - prise en compte de la question énergétique par les politiques et soutien financier. Les régions, Rhône-Alpes et Pays-de-la-Loire, possèdent un secteur de l artisanat très dynamique Les Pays-de-la-Loire est une des régions où l activité artisanale est la plus forte. Elle est également la région qui possède le plus grand nombre d apprentis. Sa forte culture du collectif contribue au développement de coopératives d achat d artisans puissantes et à un taux d activité syndicale professionnelle importante. En Rhône-Alpes, la rencontre de volontés politiques, associatives, industrielles et financières pour développer des projets de développement durable et d énergies renouvelables constituent une situation originale où l innovation organisationnelle vient faire écho à l innovation technique. En favorisant la création de structures industrielles, de centres de recherche, d associations de promotion, les Pouvoirs Publics favorisent l aménagement du territoire et la création d un bassin d emplois en lien avec les énergies renouvelables. Une évolution générale forte se dessine chez les artisans : le recouvrement des métiers Actuellement on note une tendance forte de changement dans le monde de l artisanat. Les artisans débordent de leur métier de base pour investir les métiers connexes. Les plombiers, en particulier, se trouvent les plus concernés. Ils activent de nouvelles compétences (en chauffage, génie climatique, couverture, etc.) pour répondre aux exigences du facteur 4 : mise en œuvre de solutions de maîtrise de l énergie et de systèmes introduisant les énergies renouvelables. La prise en compte de ces exigences entraîne des changements organisationnels qui vont se concrétiser par une prise en compte plus globale du bâtiment, une approche en termes de système et pas uniquement en termes de produit. Ces deux dimensions (contexte environnemental et évolution des métiers) nous a conduits à définir une typologie des artisans fondée sur le croisement entre leur approche des situations (mettre en œuvre un produit ou avoir une approche plus systémique), et leur attitude à l égard des énergies renouvelables et la capacité à y répondre (recherche de l information, formation, insertions dans des réseaux, etc.). 4 types d artisans se distinguent dans leur rapport aux économies d énergie - Les pionniers. Il s agit d artisans qui se sont tournés vers les énergies renouvelables dès la fin des années 70 et qui progressivement ont orienté la totalité de leur activité dans ce champ. Ils ont de fortes convictions écologiques. - Les artisans spécialisés en seconde carrière. Ce sont des artisans qui s engagent dans une seconde carrière, tournée vers les énergies renouvelables. Ils ont suivi une formation plutôt longue et réorientent leur activité. Ils estiment qu ils apportent un conseil fondé sur une approche globale des situations. - Les artisans débutants convaincus. Ce sont des jeunes motivés et sensibles aux enjeux des énergies renouvelables. Ils ont une vision globale du sujet et donnent une dimension éthique à leur démarche. Ils ont conscience de la nécessité de modifier les comportements en matière de maîtrise de l énergie. Ils possèdent une solide formation

8 de base, pensent qu ils vont trouver un métier d avenir dans ce secteur et ont un projet professionnel. - Les artisans traditionnels. Ils constituent la majorité des professionnels qui s engagent dans le secteur des énergies renouvelables. Ils estiment que c est un marché et une niche rentable aujourd hui. Leur chiffre d affaire est d environ 15 % réparti sur les chaudières à bois et les CESI. Ils font des formations courtes pour bénéficier des appellations et labels, sésames indispensables pour pénétrer le marché des énergies renouvelables. Une bonne connaissance des caractéristiques de l artisanat permet de lancer des actions bien adaptées en direction des différentes composantes professionnelles. Le développement des économies d énergie et des énergies renouvelable favorise l apparition de nouvelles techniques, de nouvelles organisations et de nouveaux acteurs Après avoir balayé le champ des économies d énergie et des énergies renouvelables (isolation, solaire, éolien, PAC, bois, etc.) nous avons fait le constat que le changement se situait essentiellement dans le secteur du solaire. C est là que se trouvent les innovations aussi bien au niveau des techniques que des organisations. Le recouvrement des métiers chez les artisans (déjà évoqué plus haut) conduit à la création des nouveaux métiers d installateurs/mainteneur, d assemblier, de techniciens en énergies renouvelables. Ces métiers modifient de manière importante la sociologie des professions liées à l artisanat. Ils tendent à supplanter les métiers de plombier/chauffagiste, d électricien, de frigoriste ou de couvreurs créant la nécessité d obtention de certificat professionnelle inédits. La compétence des artisans doit désormais être transversale aux métiers. Du coté des fabricants, on observe qu au-delà d une offre traditionnelle de produits, un certain nombre d entre eux ont fait évoluer leur gamme de produits de chauffage en les orientant vers des solutions alternatives, écologiques et économiques qui garantissent plus de confort (meilleur débit ECS, régulation performante, rapport qualité/prix) et bénéficient de déductions fiscales ou de subventions des collectivités territoriales. Certains fabricants ont également créé des labels (tels que NOVENERGIE) qui visent à permettre l identification d installateurs reconnus comme à même de jouer un rôle de conseil, de faciliter la prescriptions de leurs produits et solutions, et de mettre en œuvre les systèmes qui associent économies d énergies, avantages financiers et protection de l environnement. Par ailleurs, on assiste à la création d associations de professionnels réussissant des industriels, des distributeurs, des organisations syndicales patronales et à la marge des artisans. Elles attestant d une volonté de maîtriser le marché des énergies renouvelables. Par exemple, l association Qualit EnR symbolise un nouveau mode d organisation qui cherche à donner aux professionnels le contrôle d une filière en plein essor. Elle constitue un outil permettant la structuration du domaine des énergies renouvelables par la normalisation d un certain nombre de pratiques en s appuyant sur la promulgation de labels et de chartes. Qualit EnR tend à devenir un espace où les rapports de force entre ses différentes composantes industrielles et artisanales vont faire évoluer les métiers liés aux énergies renouvelables. D autres associations (Technosolar, les Outils Solaires, etc.) regroupant essentiellement des installateurs investis dans la filière solaire se sont constituées revendiquant une démarche éthique et militante. Elles s organisent en réseaux et regroupent des installateurs en photovoltaïque et thermique solaire qui ont souhaité, via un site internet, assurer eux-mêmes

9 la formation et l information des artisans et du public dans le domaine du solaire. La volonté de ce milieu associatif est de contrebalancer l action des grandes marques et d identifier les installateurs réellement solaires en se démarquant des plombiers/chauffagistes dont l intérêt est uniquement économique. Le financement des solutions d énergies renouvelables connaît également une mutation importante. Les aides financières soutiennent les innovations et s organisent autour de nouveaux partenariats Les collectivités locales ont pris le relais de l Etat dans la gestion du risque lié aux émission de gaz à effet de serre en dispensant des aides financières aux ménages choisissant la modernisation énergétique de leur logement. Elles existent à trois niveaux de territoire, celui de la région, du département et de certaines communes, et sont cumulables. Il n y a aucune uniformité dans la création des aides par les collectivités territoriales. Leur existence varie d une région à l autre, d une collectivité à l autre. Les aides attribuées aux particuliers ont eu un impact important. Dans certaines régions, elles ont eu un effet stimulant sur le bassin d emploi. Mais l engouement récent autour de ces aides est tel que certaines collectivités, face à l explosion des demandes et à la nécessité de réaliser d autres investissements, commencent à les diminuer et à les supprimer. Au moment où les aides vont se faire plus rares, une offre bancaire destinée aux ménages se développe. Elle revêt deux formes. La première est celle de l association avec certaines collectivités territoriales. Les établissements bancaires proposent des prêts préférentiels aux ménages pour leur permettre d investir dans les énergies renouvelables, soutenus en cela par les pouvoirs publics. La seconde repose sur l initiative individuelle, mais encore isolée, de certains responsables d agences bancaires qui lancent des campagnes incitatives autour de produits bancaires inédits afin de créer un segment de marché spécifique au développement de l énergie solaire auprès des ménages. Ces partenariats donnent une dimension nouvelle au jeu d acteur. Le secteur bancaire est en train de s imposer comme l acteur susceptible de financer l essor continu et régulier des énergies renouvelables, les prémices ayant déjà bénéficié à l énergie solaire. Ces différentes mutations techniques et organisationnelles s appuient sur des réseaux de professionnels bien qualifiés. Un des impératifs est la professionnalisation des artisans Mais nous avons constaté que, bien que la nécessaire professionnalisation de l artisanat soit reconnue par tous, les structures de formation ne sont pas toujours à la hauteur des enjeux. Les Centres de Formation des Apprentis, gérés par l Education Nationale, ont le quasi monopole de la formation aux métiers de plombier-chauffagiste, d électricien, de couvreur ou de maçon, désormais chargés de la mise en œuvre des énergies renouvelables. L étude met en évidence que les enseignements dispensés restent cantonnés dans une approche très traditionnelle de ces métiers. La faiblesse de l engagement des acteurs publics ou parapublics dans la formation des futurs professionnels aux nouvelles techniques énergétiques ainsi qu aux énergies renouvelables est à souligner. La formation des installateurs solaires thermiques, photovoltaïques et bois reste globalement liée à des initiatives privées et bien souvent pour des formations courtes.

10 Dans le secteur privé, certaines démarches sont portées par des personnes ou des associations aux motivations idéologiques fortes et sensibilisées aux questions énergétiques. L action des pionniers dans le domaine de la formation est un signe qui conduit à souligner que le développement du secteur en est encore à ses prémisses. Les formations courtes sont souvent assurées par les industriels et les syndicats professionnels. Une grande majorité des artisans a recours à ces formations parce qu elles leur attribuent une «appellation», un «label» (Qualisol, Qualibois, etc.) permettant aux ménages de mobiliser les aides des collectivités territoriales et de bénéficier du crédit d impôt. Ce type de formation est parfois contesté par les professionnels qui considèrent que le temps passé ne suffit pas à assurer un bon niveau de qualification. Des associations comme Qualit EnR on été créées pour suivre les évolutions et assurer des contrôles sur le terrain. Parmi les mesures à envisager, des formes d incitation et de compensation seraient à prévoir pour compenser la perte d activité que représente le temps de formation. L orientation la plus soutenue par les acteurs du secteur se caractérise par une volonté de proposer une offre de formation globale susceptible de déboucher sur des solutions prenant en compte à la fois l enveloppe et les solutions de chauffage en dotant le cursus de modules solaires et liés au bois énergie. L apparition du métier d «assembleur» qui mobilise plusieurs types de compétences, tout en abolissant les frontières traditionnelles des métiers, constitue un défi en termes de formation professionnelle.

11 1. Le contexte, les enjeux, les objectifs 1.1. Quel est le contexte? Le rôle des artisans et des acteurs, qui dans leur sillage, assurent la promotion et la diffusion de solutions innovantes en matière énergétique et thermique est à la fois essentiel, mal connu et peu apprécié. Une toute première recherche sur le négoce, engagée en 2003, menée par le CSTB 1 suite à l appel à propositions «Préparer le bâtiment à l horizon 2010» de l ADEME, nous avait permis d examiner le rôle de la distribution dans un contexte analogue. Elle était exploratoire, volontairement limitée aux négociants généralistes et grandes surfaces de bricolage. Elle se focalisait sur les particuliers et le rôle d interface de la distribution dans la diffusion de produits et équipements favorables à la qualité énergétique, environnementale et sanitaire dans l habitat. Il était entendu en fin d étude qu elle devait se poursuivre par l examen du rôle des artisans dans la diffusion des meilleures techniques énergétiques et thermiques. Elle a permis de mettre en avant plusieurs éléments de nature à orienter le travail de recherche que nous présentons ici : - La nécessité d identifier les facteurs favorables ou défavorables à la promotion des solutions destinées à l amélioration des performances énergétiques de l habitat. - La nécessité d élargir et d approfondir la recherche aux professionnels, artisans et PME, qui sont à la fois prescripteurs et metteurs en œuvre, et qui constituent pour la distribution une cible déterminante. - La place croissante des questions environnementales chez les distributeurs généralistes principaux fournisseurs des artisans et PME. C est pourquoi dans cette nouvelle recherche, et à la suggestion du Comité de Pilotage 2, nous nous sommes centrés sur le rôle des artisans dans la diffusion des meilleures techniques énergétiques et thermiques disponibles. Ainsi cette approche aborde de manière privilégiée, les domaines de la modernisation énergétique de l enveloppe et les énergies renouvelables comme espace d innovation Quel est l objet de la recherche? L objet de cette proposition est d enrichir et d approfondir les pistes ouvertes par l étude menée par le CSTB suite à l appel à propositions «Préparer le bâtiment à l horizon 2010» de l ADEME. Contrairement aux particuliers qui se tournent en priorité vers les grandes surfaces de distribution et les négociants généralistes, les artisans développent des stratégies mixtes et 1 O. Catarina, M. Colombard-Prout, Ph. Dard et Ch. Laumonier, «Entre fabricants et particuliers : la distribution», Rapport Final, Avril Composé d une représentante de l ADEME, d un représentant de Point P, d un représentant de la CAPEB et des chercheurs du CSTB.

12 2 hybrides d approvisionnement. Ils s adressent aux six familles de distributeurs, les généralistes comme les spécialisés, mais aussi directement auprès des fabricants. Dans ce contexte, nous avons souhaité étudier le processus qui place l artisan dans une trajectoire innovante en examinant le parcours qui fait de lui un artisan novateur. En effet, certains artisans tentent de se différencier de leurs concurrents en se saisissant des demandes nouvelles des particuliers et de nouvelles techniques peu répandues dont la fiabilité est éprouvée pour développer des créneaux d activité porteurs. La recherche vise à établir dans quelles mesures l action des artisans peut être qualifiée d innovante dans le contexte du développement de solutions techniques et thermiques alternatives aux énergies fossiles allant jusqu à l essor des énergies renouvelables. Le travail cherche à déterminer dans quelles mesures il est possible de considérer les artisans qui s investissent dans ces domaines comme «novateurs» c'est-à-dire comme diffuseurs ou/et développeurs de techniques innovantes. A cette fin, nous avons considéré la situation d innovation qui se dégage de ces initiatives. Nous avons ainsi questionné l apparition d une situation d innovation (apparitions de nouveaux acteurs, mobilisations originales des modes d organisation déjà existant, renouvellement du cadre d exercice des métiers, nouvelles exigences et compétences transversales aux métiers, apparition d une nouvelle législation... Joseph Schumpeter a montré que le passage de l invention à l innovation se fait en trois temps 3. Au départ l invention est le fait de quelques personnes qui prennent un risque par rapport aux usages en élaborant de nouvelles combinaisons de ressources. A leur suite, une fois l intérêt de leur apport innovant démontré, apparaissent des «imitateurs» qui les généralisent et développent des innovations secondaires. Enfin un troisième temps est caractérisé par l édiction de nouvelles règles en lien avec l apparition d un marché qui symbolise l intégration dans un milieu social de ces inventions. Un nouvel ordre social est issu de ces bouleversements. Nous avons émis l hypothèse que le secteur du bâtiment parce qu il est le principal maitre d œuvre de la modernisation énergétique du cadre bâti se trouve engagé dans ce processus. A travers cette recherche nous avons voulu questionner l apparition d un nouveau cadre d exercice des métiers du bâtiment en prenant en compte les combinaisons de ressources mobilisés par le milieu professionnel, la mise en œuvre technique, la dimension organisationnelle de l action et les stratégies des industriels, des distributeurs et des installateurs afin de déterminer s il s agit d une situation d innovation. Nous partons du postulat que de nouvelles combinaisons de ressources permettent l apparition d un marché qui contribue à vulgariser le recours à certains principes novateurs tant organisationnel que technique auprès de l ensemble des acteurs, fabricants, distributeurs, artisans installateurs, négociants, organismes de formation, réseaux associatifs et institutionnels engagés dans la filière du bâtiment. Cette situation constitue les prémisses à une redéfinition des règles du jeu social dans lequel sont engagés l ensemble de ces acteurs Quels sont les enjeux? - Une meilleure connaissance du rôle des artisans dans la modernisation énergétique de la ville. En effet, la question du bâtiment ne peut être détachée d une conception 3 Alter Norbert, Sociologie de l innovation, Paris, PUF, 2000.

13 3 globale de la ville. La question de la modernisation énergétique du cadre bâti renvoie à une manière de penser la ville dans sa dimension résidentielle et tertiaire. - Les artisans représentent le maillon clé, indispensable, de la chaîne allant du fournisseur de produits et d équipements au particulier permettant d envisager la transformation du cadre bâti et la modification durable du visage de la ville. - La place des artisans dans la diffusion et la promotion des meilleures techniques énergétiques disponibles. Entre les fabricants, la distribution et les particuliers, les artisans apparaissent comme le vecteur essentiel de diffusion de produits et d équipements destinés à favoriser la baisse des consommations d énergie. Leur activité débouche néanmoins sur un marché diffus. Cependant, leur rôle n est pas moindre, tout refus de leur part de promouvoir un nouveau produit se traduira irrémédiablement par un ralentissement du rythme et du volume de diffusion, une marginalisation en terme technique et de part de marché voire un échec de l innovation. - Connaître l importance réelle de la modernisation énergétique dans la rénovation du cadre bâti. La transformation qu implique la modernisation énergétique se fait majoritairement dans le cadre de la rénovation qui est un secteur peu enquêté. Dans ce contexte, 6 à 7 milliards d achats des artisans sont prescrits par les particuliers. - Montrer combien le jeu des relations sociales se trouve modifié par l intégration progressive de ces innovations dans le milieu professionnel. - Le rôle de chacun dans la mise en place d une situation d innovation qui n aura de cesse de se développer. Il renvoie aux stratégies et aux modes d organisation dont chaque acteur du secteur du bâtiment est à l initiative. Ils constituent un moyen d identifier les leviers d actions pour des politiques publiques destinées à favoriser la diffusion de solutions les plus performantes sur le plan énergétique et thermique. - Faire apparaître le rôle de la distribution spécialisée et des fabricants dans la diffusion de solutions techniques fiables et éprouvées auprès des artisans. - Montrer combien le champ de la formation est un espace en cours de redéfinition et de mutation dans le contexte des objectifs énergétiques fixé pour le cadre bâti. Les artisans mettent en œuvre et assurent la pose des produits et des équipements des industriels. Ils participent ainsi à leur diffusion attestant au passage de leur qualité technique. Leur savoir-faire contribue à la performance de ces produits. La question de la contre performance reste posée. Elle a été fatale dans les années 80 et pèse désormais sur l activité des artisans engagés dans la diffusion des techniques permettant la modernisation énergétique du bâti. La formation est devenue le gage d une compétence Elle permet désormais d intégrer de nouveau principes dans l exercice des métiers comme l aide à la prescription et à la mise en œuvre.

14 Le déroulement de la recherche Le questionnement Un questionnement destiné à chaque groupe d acteurs permet d orienter la recherche et de mettre à plat le processus d innovation technique, énergétique et organisationnel dans lequel sont engagés les artisans. Les artisans - Comment et sous quelle forme, les préoccupations énergétiques et environnementales s expriment chez les artisans? - Quelles sont les conditions qui peuvent encourager les artisans à être des agents actifs de la promotion des préoccupations énergétiques et environnementales? - Comment l innovation technique chez les artisans débouche-t-elle sur l innovation organisationnelle? - Comment les réseaux d artisans novateurs sont ils organisés et développés? Quel est le rôle des d industriels fabricants dans de telles initiatives? Comment et selon quelles modalités? Les artisans sont-ils fidélisés en bénéficiant d une exclusivité pour certaines marques? - Quel écho et quel appui les artisans novateurs rencontrent-ils de la part des fabricants, des distributeurs généralistes et spécialisés - ceux qui proposent des conseils techniques, de l assistance à la prescription et aux chiffrages de solutions, des formations, voire recommandent des artisans pour des prestations de pose aux particuliers? - Ces artisans s approvisionnent-ils en priorité auprès des distributeurs généralistes, des négociants spécialisés ou directement auprès des fabricants? Les fabricants - Quelles sont les actions menées par les fabricants auprès des artisans pour valoriser des produits économes en énergie, prennent-ils des initiatives pour sensibiliser leur clientèle à la prise en compte des préoccupations énergétiques? - Comment diffusent-ils et assurent-ils la promotion de leurs nouveaux produits? - Comment travaillent-ils avec les distributeurs et les négociants? - Quelle est la part de la collaboration artisans-fabricants dans la mise sur le marché de nouveaux produits? Les négociants et distributeurs - Quelles sont les actions menées par les négociants généralistes / spécialisés auprès des artisans pour valoriser des produits économes en énergie et soutenir leur commercialisation? Prennent-ils des initiatives pour sensibiliser leur clientèle à la prise en compte des préoccupations énergétiques? Les actions des distributeurs spécialisés se distinguent-elles de celles des négociants généralistes? - Quels sont les freins et les leviers à la diffusion de ces nouveaux produits?

15 5 - Comment les distributeurs généralistes / spécialisés perçoivent-ils les attentes et les motivations des artisans, et quelles sont les évolutions et tendances observées? Ont-ils dressé une typologie des artisans? - Les distributeurs généralistes / spécialisés se font-ils le relais auprès des fabricants des attentes des artisans? L action publique - Quels services associés (diagnostic, financement etc..) les réseaux proposent-ils aux artisans pour favoriser la prise de décision par les particuliers? Avec quels appuis institutionnels? - Quels obstacles faudrait-il lever pour favoriser davantage la diffusion de solutions économes en énergie? - Quelles sont les actions des fabricants et distributeurs vis-à-vis des acteurs publics? Quelles sont leurs éventuelles attentes en ce domaine? Les liens artisans particuliers - Les artisans prennent-il des initiatives pour sensibiliser leur clientèle à la prise en compte des préoccupations énergétiques? Quelles sont les actions menées par les artisans pour valoriser des produits économes en énergie auprès de leur clientèle? - Sur quelles niches les artisans au contact des particuliers développent-ils des offres de prestations nouvelles? La formation - Quel est le rôle du secteur de la formation dans la diffusion de solutions énergétiques innovantes, alternatives aux solutions énergétiques classiques? - Quels dispositifs de formation rencontrent le plus de succès auprès de ces artisans novateurs : les dispositifs professionnels CAPEB / FFB? les dispositifs publics? les dispositifs des industriels fabricants? les dispositifs des négociants? - Quelle place les questions relatives à la qualité énergétique et environnementale des équipements et des produits occupent-elles dans les dispositifs de formation initiale et continue des artisans? Quels en sont les promoteurs et les initiateurs? Les organisations professionnelles, les organismes publics, les industriels et les négociants? - Ces préoccupations énergétiques et environnementales sont-elles intégrées dans les cursus d apprentissage? Cela débouche-t-il sur de nouvelles qualifications professionnelles reconnues? La méthode Cette étude qualitative a été réalisée à partir d entretiens semi-directifs auprès d un échantillon varié d acteurs de l ensemble de la filière dans laquelle les artisans sont impliqués. Quarante trois entretiens ont été réalisés et sont présentés en annexes. Un recueil documentaire (information, fiches commerciales et techniques, classification des produits et équipements suivant leurs qualités, etc.) est également réalisé auprès des organisations professionnelles, des pouvoirs publics, de certains négociants spécialisés, fabricants et installateurs.

16 6 Des données statistiques ont été mobilisées afin d établir un portrait socio-économique des acteurs en présence. Une recherche et une analyse des sites internet institutionnels et professionnels concernant ce sujet a été réalisé. L équipe projet du CSTB est constitué d économistes et de sociologues des laboratoires «Services, Process et Innovation» et «Mutations Urbaines Techniques et Sociales» du Département Economie et Sciences Humaines. La recherche relève à la fois de l économie et de la sociologie : - Le thème d'ordre économique concerne le processus de diffusion de certains équipements ou produits environnementaux. Il repose notamment sur l examen des actions des artisans novateurs et de leur impact sur l'acceptabilité économique de solutions environnementales innovantes. - La dimension sociologique est également prépondérante dans l'étude. Un des enjeux du projet est en effet d'arriver à mettre en avant les caractéristique de la participation des artisans au processus d innovation ainsi que les facteurs qui les incitent à prescrire ou à avoir recours à des produits qui favorisent la baisse des consommations d'énergie. L objectif est de mesurer l évolution des pratiques qu implique l introduction de ces nouvelles techniques mais aussi l émergence de nouveaux enjeux liés à la modernisation énergétique. L évolution des métiers, les conséquences en termes de sociologie des professions sera au centre de la démarche. Une analyse des interactions entre acteurs s'avère incontournable pour comprendre comment le processus de diffusion de nouvelles techniques est activé. Ceci repose notamment sur l examen détaillé des rapports entre acteurs de la filière professionnelle, leur organisation en réseau et les modes d association qui peuvent apparaître Le terrain d enquête L enquête s est déroulée dans deux régions : la région Rhône-Alpes qui a engagé une importante politique de promotion des énergies renouvelables et qui à elle seule regroupe 10 % des installations en France. La région Pays de Loire où se trouve un mode d organisation original : celui de la coopérative d achat.

17 L échantillon Cette étude qualitative a été menée par entretiens auprès des acteurs mentionnés précédemment. Plusieurs modes d analyse ont été appliqués. L objectif de l échantillonnage n est pas d être représentatif mais de couvrir des situations suffisamment variées pour rendre compte des dynamiques en œuvre, et ainsi enrichir notre champ d observation et d interrogation. Ainsi des entretiens ont été réalisés 4 auprès des : - organisations professionnelles ; - artisans : plombier chauffagiste, maçons, menuisiers, constructeurs bois (15 entretiens) ; - fabricants (6 entretiens réalisés) ; - distributeurs (5 entretiens réalisés) ; - organismes de formation (7 entretiens réalisés) ; - banques (2 entretiens réalisés); - Organisation professionnelles et associations (9 entretiens réalisés); A côté des artisans réactifs qui établissent des relations classiques de client à fournisseur avec les acteurs situés en amont, on trouve des artisans novateurs qui cherchent à bâtir une offre innovante pour leur clientèle et à mettre en œuvre des solutions techniques favorables à la baisse des consommations d énergie dans l habitat. Pour analyser comment ces artisans élaborent leur offre, nous nous sommes focalisés sur quelques familles de solutions innovantes. Elles ont servi de point d appui pour comprendre quelles compétences et quels réseaux les artisans novateurs mobilisaient pour bâtir leur offre. Par ailleurs, le rôle des artisans, comme relais et promoteur des nouvelles solutions techniques favorables à la baisse des consommations d énergie, passe par la constitution de nouvelles compétences et donc par la formation. Il importe alors d analyser les dispositifs de formation destinés aux artisans et PME (état des lieux en France, insuffisances, perspectives d amélioration). L'analyse s est focalisée sur les solutions ci-dessous qui ont été définies en accord avec les propositions et les attentes des membres du comité de pilotage, lors de la constitution du projet : - l enveloppe (isolation, menuiseries extérieur etc..), - le chauffage et l eau chaude sanitaire, - la ventilation mécanique contrôlée, - le solaire thermique et photovoltaïque, - les pompes à chaleur, - la géothermie, - les vitrages faiblement émissifs, - les isolants minces réfléchissants. 4 La liste des enquêtés est disponibles en annexe.

18 Le comité de pilotage Des professionnels du secteur comprenant un représentant de la distribution spécialisés (Point.P Saint-Gobain Distribution), une fédération professionnelle d artisans (la CAPEB) et des représentantes de l ADEME co-financeurs de l étude, ont été associés à la conduite de la recherche. Ce choix résulte d'une volonté de confronter les expériences d'acteurs dont les activités sont complémentaires. Les membres de ce comité se sont réunis quatre fois en cours de projet (au démarrage du projet puis à l issue de chaque phase). Lors de ces réunions, le CSTB a présenté l état d avancement de ses recherches et les orientations pressenties. Les membres du comité ont discuté et validé le rapport intermédiaire issu de ce travail de réflexion collective et les orientations de l'équipe projet Les résultats attendus Cette recherche met à jour des leviers d actions et des acteurs susceptibles d accélérer le rythme et le volume de diffusion des meilleures techniques, thermiques et énergétiques, disponibles comme l identification : - d actions qui permettent, d améliorer les circuits de distribution et les services en direction des artisans et des PME. - de certaines solutions qui pourraient être mises en œuvre par les institutions publiques (ADEME et ministères) pour encourager les artisans et les autres acteurs de la filière professionnelle à promouvoir des équipements et des produits techniques économes en énergie. L étude a permis de mettre en avant un certain nombre d axes qui constituent autant de pistes à explorer dans le contexte de la diffusion des meilleures techniques énergétiques et thermiques permettant la modernisation du cadre bâti. A travers ce rapport nous en abordons sept qui définissent l existence d un changement. Dans un premier temps nous abordons le contexte du changement (chapitre 2) afin de montrer quels sont les facteurs qui réunis autorisent à penser que la modernisation énergétique peut engendrer une situation d innovation où la diffusion des meilleures techniques énergétiques et thermiques ne constituerait qu une partie d un processus plus global et systémique de transformation du milieu professionnel du bâtiment. Ensuite, nous développons trois chapitres qui sont au cœur de notre travail. Le premier (le chapitre 3) présente l action des artisans chargés de la modernisation énergétique du cadre bâti en Pays de Loire et Rhône-Alpes. Le suivant, le chapitre 4, met à plat les données de l enquête pour montrer combien les artisans, à la faveur de la modernisation énergétique, sont engagés dans l abolition des frontières des métiers. Le dernier (chapitre 5) se focalise sur les liens nouveaux et inédits entre fabricants, distributeurs et installateurs. La dernière partie du rapport présente les éléments structurels qui permettent de penser l existence d une situation d innovation et l apparition d un dispositif susceptible de pérenniser le recours aux techniques les plus innovantes en matière de modernisation énergétique. Ainsi, le chapitre 6 aborde la question centrale de la formation à la fois comme un enjeu, une revendication et une garantie pour un marché émergeant. Le chapitre 7 évoque

19 9 les nouvelles formes d organisation apparues avec l évolution des métiers chargés de la modernisation énergétique des bâtiments. La particularité du système institutionnel français, interventionniste et moteur en matière de soutien au développement de solutions alternatives pour assurer une meilleure efficacité énergétique des bâtiments sera abordée dans le dernier chapitre, le chapitre 8. En conclusion de cette étude, des pistes de réflexion et des préconisations pratiques seront dégagées afin d ouvrir des perspectives d investigations futures. En annexe, est présenté un certain nombre de documents susceptibles d illustrer notre démarche d enquête. Une liste des entretiens réalisés, une fiche sur la politique énergétique des deux régions qui ont servis de terrain et un document sur la mise en place du guichet unique par le département de la Savoie sont ainsi attachés en fin de volume.

20 10 2. Un contexte de changement Plusieurs éléments concourent à créer une situation favorable à la mobilisation des esprits mais également des techniques permettant la modernisation énergétique du cadre bâti. La nécessité d économiser l énergie s est imposée aux ménages depuis la publication des pronostics d augmentation du coût des matières premières fossiles associée à la rareté programmée de ces ressources. Le rôle de l Etat dans cette annonce n est pas négligeable. Il a permis une prise de conscience qui mobilise désormais à la fois les ménages et les professionnels du bâtiment autour de la nécessité de rendre les logements plus efficaces en termes de consommation énergétique. L augmentation du prix du pétrole et du gaz L augmentation constante du prix du pétrole et du gaz incite les ménages à mobiliser leurs ressources pour rendre leur logement plus efficace ou à se tourner vers des énergies moins coûteuses sur une longue durée, qui paraissent offrir une maîtrise du coût de l énergie sur le long terme. En effet, ces dix dernières années, le cours moyen du baril de pétrole a progressé de 254 %, passant de $ en 1995 à $ en juin pour avoisiner les 70 $ 6 en La hausse la plus spectaculaire est récente puisqu en 6 mois, entre fin 2004 et juin 2005, le prix a augmenté de 60 % (passant de $ à $ le baril). Actuellement 7, le baril s échange à 81$. Les prévisions pour l année à venir annoncent un prix d achat moyen autour de 105 $ le baril 8. L écho donné à cette actualité est très important. La presse locale et nationale n a de cesse de relier l augmentation du prix du baril à l augmentation du coup de l énergie «à la pompe» mais aussi en termes de chauffage. Les conditions sont réunies pour préparer les ménages à faire un autre choix. Le passage à l acte se produira lorsque les ménages auront intégré la notion de manque dans leur rapport à l énergie, ce qui n est pas encore le cas L évolution programmée du marché de l électricité en France L évolution programmée du marché de l électricité 9 est un second facteur susceptible d entraîner la modification des pratiques énergétiques des ménages et de favoriser la modernisation énergétique des logements. Deux éléments sont à prendre en compte. L augmentation des tarifs et l impossibilité pour les ménages accédant à un logement à pouvoir disposer librement des tarifs régulés. Les conditions qui seront faites aux particuliers concernant les futurs tarifs de l électricité sont peu claires et hypothèquent le maintien de tarifs réglementés sur le long terme. La décision du conseil constitutionnel du 30 novembre 2006 montre que les tarifs réglementés pour les contrats en cours sont maintenus. L augmentation des tarifs sera contenue jusqu en 2010, 5 Source ministère des finances et de l industrie. 6 Pour mai 2007, le cours moyen est de 67.49$ en France. End-user petroleum product prices and average crude oil import cost, July 2007, International Energy Agency. 7 A la fin du mois de septembre in 9 Lois du 10 février 2000 et du 13 juillet 2005.

21 11 EDF ayant signé avec l Etat, en octobre 2005 un contrat de service public qui garantit, pour les particuliers, des tarifs au niveau de l inflation. Ainsi l augmentation en vigueur le 16 Août 2007, fixée par les pouvoirs publics, est de 1,1 %. Pour un ménage ayant un logement habitable de 100 m2, le coût sera de moins d un euro par an 10. Pour les ménages qui ont choisi un opérateur privé, si les propositions sont attractives (pour un appartement de 100 m2, occupé par 4 personnes, disposant d un chauffage individuel électrique, avec une puissance demandée de 6 kw, un opérateur privé propose un forfait de 52,41 par mois, le premier mois étant gratuit alors qu EDF annonce un coût entre 120 et 150 mensuel) le spectre d une augmentation importante et constante demeure. L expérience d un certain nombre d entreprises, en la matière, qui ont voulu profiter de l ouverture totale à la concurrence depuis le 1er avril 2006 est significatif. Elles ont vu leur facture augmenter de 48 % en un an, plaçant la France au 5 ème rang des pays les plus chers dans ce secteur 11. Il n y a aucune raison pour que ce cas de figure ne se reproduise pas auprès des ménages. Si les contrats d EDF étaient jusqu à présent reconduits tacitement tous les ans, depuis l ouverture à la concurrence, ce ne sera plus le cas. Les statistiques du ministère de l économie montrent que 1,5 à 2 % des 30 millions d abonnés EDF/GDF vont de fait renoncer aux tarifs régulés. Les ménages emménageant dans un logement neuf et ceux qui deviendront propriétaires d un logement où l ancien propriétaire ou locataire aura abandonné les tarifs règlementés seront dans ce cas. L impossibilité pour les ménages partis à la concurrence de revenir aux tarifs règlementés sera aussi une réalité. Lors de l acquisition d un logement, les particuliers seront tributaires du choix du précédent propriétaire. Si la fluctuation des prix de l électricité suit comme cela est probable les cours du marché de l énergie, les ménages seront incités à faire en sorte que leur logement dispose d une enveloppe plus efficace et engageront des travaux de rénovation, en matière d isolation afin de maîtriser leurs dépenses en matière d énergie. Cependant, pour un particulier programmer le changement des baies et vitrages d un logement et s engager dans la rénovation de l enveloppe ne constitue pas le même investissement ni les mêmes attentes en termes d économie. Ce contexte peut également, à la marge, constituer pour les ménages vivant en habitat individuel et dont la source d énergie principale est l électricité, une opportunité d investir dans les énergies renouvelables. En matière de chauffage, le solaire thermique combiné ou le solaire photovoltaïque peut y trouver une opportunité de développement. L investissement demeure important, de l ordre de 20 à pour le photovoltaïque et de pour du solaire thermique et malgré les aides et le crédit d impôt, pour être attractif ce choix doit présenter pour les ménages un retour sur investissement rapide. Actuellement, le taux de retour sur investissement après impôt est estimé à 5 % pour les particuliers et de 5 à 8 % pour le collectif tertiaire 12 en métropole ces taux étant doublés en Corse. Actuellement, le tarif d achat du KWh pour le photovoltaïque proposé par EDF est 8 fois plus élevé que celui du prix de vente. Si les ménages qui ont investi y trouvent un intérêt évident, il peut être relativisé par l obligation de déclarer aux impôts le bénéfice, certes minime, réalisé sur la revente de l électricité produite par EDF. 10 Source EDF 11 Dans tous les pays industrialisés, la libéralisation du marché a abouti à une forte hausse des prix de l électricité pour les entreprises. Au Danemark les prix ont pratiquement doublés (+91,5%) et la hausse est considérable au royaume Uni (+80,7%) comme en Suède (+77%). 12 Document ADEME et Vous, stratégie et études, N 3, 12 juin 2007, p4.

22 Des conditions climatiques et des atouts de territoires qui favorisent le recours aux énergies renouvelables La mise en avant répétée des atouts climatiques ou des atouts géologique du territoire français constitue un autre argument favorisant non pas tant le développement de la modernisation énergétique du cadre bâti que la diffusion des énergies renouvelables auprès des ménages. Malgré tout, seul le solaire arrive à tirer son épingle du jeu car dans une grande partie de la France un très bon ensoleillement au sud d une ligne Genève Bordeaux permet le développement de solutions en matière d eau chaude sanitaire et de chauffage. Dans cette partie du pays, en termes d ensoleillement, la moyenne annuelle de l énergie reçue est de 4 à 4.2 KWh/m²/jour pour atteindre 5 KWh/m²/jour et plus en Provence, dans les Alpes Maritimes et en Corse. Cette donnée est importante à prendre en compte pour comprendre le choix énergétique des ménages lorsqu ils décident de changer de système de chauffage. Parmi l ensemble des énergies renouvelables, le solaire est celle à laquelle les ménages ont symboliquement le plus facilement recours. Une tradition solaire existe en France depuis les années 80 même si les contres-références se sont multipliées à cette époque. Par la suite et dès 1999, c est vers ce secteur que les efforts d incitation des pouvoirs publics se sont concentrés. Il devient en conséquence rapidement innovant et constituera par la suite un modèle pour les autres filières. L enquête montre que la pose d un chauffe eau solaire est désormais une pratique courante pour les artisans traditionnels électriciens, plombiers, chauffagistes- non spécialistes de ce type de technique. Alors qu en termes d amortissement, le choix du recours à l énergie solaire pour la partie sanitaire d une habitation est celle qui se discute le plus, il s agit désormais de l opération la plus répandue et la première qui est enseignée lors des formations parce que la plus simple à réaliser. L installation des systèmes solaires combinés connaît un succès analogue, l augmentation des installations ayant été évaluée à 200 % entre 2004 et L industrie solaire a permis d attirer l intérêt sur les potentialités de l ensemble des énergies renouvelables et par contre coup de déclencher une prise de conscience sur la nécessité de mettre en œuvre une mutation en matière de choix énergétique qui va jusqu à l amélioration de l enveloppe. Trois autres solutions reposent sur des dispositions territoriales favorables en France : - Le bois énergie. Son développement repose sur l existence d un gisement important, particulièrement depuis les tempêtes de Si les filières d approvisionnement en bois déchiqueté ou en granulé bois ne sont toujours pas très efficaces, voire défaillantes dans certaines régions, le potentiel est bien là. L Office National des Forêts est très 13 Données produites par Institut National de l Energie Solaire, juin 2006.

23 13 présent dans la volonté de rationaliser et d impulser le marché du bois énergie en valorisant les sous-produits forestiers (branchages, petits bois, etc ). Sa volonté est d attirer l attention sur la nécessaire qualité du combustible et des coupes de bois. En effet, une partie du combustible est issue de sous-produits industriels (écorces sciures, copeaux ) dont la qualité est parfois aléatoire. - La géothermie. Le développement de réseaux de chaleur et le développement des pompes à chaleurs reposent également sur des dispositions favorables en France. La géothermie très basse énergie est la plus répandue pour le chauffage et la climatisation des maisons individuelles, pour le tertiaire et le collectif de petite taille. Elle consiste à exploiter la température du sous-sol peu profond (entre 0 et 100 mètres) ou des nappes d eau inférieure à 30 C. Les conditions sont particulièrement réunies en Île-de-France car le bassin parisien offre des ressources géologiques propices à la géothermie basse énergie et une forte demande en chauffage collectif en zone urbaine. Dans ce contexte, le principal réservoir géothermique exploité s appelle le dogger. Cette nappe d eau chaude s étend sous l ensemble de la région Île-de-France. Ce réservoir permet le fonctionnement de 34 installations géothermales. Il fait de la géothermie la première énergie renouvelable de la région et constitue le parc d installations le plus dense d Europe. - L éolien, et le développement du petit éolien domestique est extrêmement marginal. Il repose sur des conditions climatiques de vent puissant et fréquent qui se retrouvent sur le littoral et dans la vallée du Rhône. Peu d aides existent pour les ménages et les obstacles en termes de législation sont nombreux d autant plus qu il n existe pas de règlementation spécifique en la matière. Celle qui existe est peu appropriée au développement de l éolien domestique et est tributaire des interprétations et des exigences des services administratifs 14. L activité éolienne domestique est à ses balbutiements même si des fabricants européens sont en train d investir le marché français Une prise de conscience du risque Le sommet de Rio a marqué un tournant en jetant les bases d une "structuration institutionnelle globale» des politiques et des actions à entreprendre au niveau international pour réduire les émissions de gaz à effet de serre 15. Ce n est que plus tard, après le sommet de Kyoto, que la nécessité de limiter les émissions de gaz à effet de serre s est imposée en France relayé par une prise de décision des pouvoirs publics. Deux dates marquent un changement d attitude. La mise en place du Plan Soleil en depuis 1999, impulsé par l ADEME débouche sur un programme national qui a permis le développement du marché des systèmes de production de chaleur et d eau chaude solaire sanitaire. L objectif était de favoriser le recours aux chauffe-eaux solaires individuels, aux systèmes solaires combinés et 14 Ces exigences varient. Il peut être demandé aux particuliers une étude acoustique, une compatibilité avec les documents d'urbanisme, une vérification de l applicabilité de l installation en lien avec le décret sur les Zones de Développement de l'eolien, - vérification du potentiel éolien, des possibilités de raccordement au réseau électrique et de la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés) 15 Sylvie Faucheux, Haitham Joumni, Economie et politique des changements climatiques, Paris, la découverte, collection repère, p 7.

24 14 aux systèmes de production d eau chaude collective afin de permettre l émergence d un nouveau marché. En 2004 au moment du lancement du second grand programme, le Plan Climat, les premières évaluations montrent l amorce d un marché en plein devenir. Pour la période , le marché solaire français se plaçait au 4 ème rang européen derrière l Allemagne, la Grèce et l Autriche avec m² de capteurs. Le lancement du Plan Climat en 2004 représente une nouvelle étape dans la prise de conscience du risque et de la nécessité à favoriser le recours aux techniques les plus innovantes pour agir sur la production de CO ². Dans le domaine du bâtiment, le Plan Climat, a pour objectif de stabiliser en 2010 les émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990, cherche pour la première fois à instaurer de manière globale, la modernisation énergétique du cadre bâti, en favorisant les solutions permettant d agir sur l enveloppe. Il s agit d une prise de conscience de la nécessité de mettre en œuvre un certain nombre de solutions techniques afin de faire évoluer de manière durable l habitat. Les préconisations soulignent la nécessité d utiliser des équipements performants lors de la construction ou des rénovations de bâtiments, mentionnant au passage le recours conseillé aux énergies renouvelables et aux matériaux isolants. L objectif est d inciter les ménages à diminuer leurs factures énergétiques ce qui aurait pour conséquence de réduire leurs consommations. Le recours à l argument économique qui consiste à présenter les préconisations comme un moyen de «réduire le risque économique pour les personnes», permet d inciter les ménages à faire les investissements nécessaires et à solliciter les professionnels compétents. Des mesures systématiques sont prises pour encadrer de manière structurelle les démarches de rénovation. La plus spectaculaire consiste à mettre en place le diagnostic de performance énergétique (DPE) rendu obligatoire pour toute vente à partir de 2006 et qui est exigé pour toute location depuis juillet L objectif de cette mesure est d instaurer l étiquette «énergie du bâtiment» - de type A à G en fonction de la consommation en KWh/m² et d identifier des investissements énergétiques à réaliser. Cette mesure, à terme, compte tenu de l évolution prévisible du prix de l énergie, constituera sans doute pour les particuliers exemplaires une plus value incontestable, susceptible d infléchir le prix de vente d un bien immobilier. De telles mesures ouvrent considérablement le champ de la modernisation énergétique des bâtiments et fait de la rénovation énergétique une activité essentielle dans la mise en œuvre du Plan Climat. Comme pour le Plan Soleil, les professionnels du bâtiment vont progressivement être amenés à avoir recours à des techniques nouvelles ce qui passe par le développement des instances de formation. Un bilan mitigé en 2006 du Plan Climat montre une évolution lente des habitudes. Le bâtiment dans ses aspects résidentiels et tertiaires produit toujours un quart des émissions de CO ² L évolution du cadre réglementaire Si le DPE constitue une réponse à la prise de conscience du risque l évolution de la règlementation joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre d une meilleure efficacité énergétique du cadre bâti. Plusieurs évolutions réglementaires et normatives sont à évoquer. Elles concernent l efficacité énergétique, le développement de labels et de chartes spécifiques au secteur du bâtiment.

25 15 L efficacité énergétique Sous l impulsion des différentes réglementations thermiques, un effort considérable a été fait pour améliorer l efficacité énergétique des bâtiments. Pourtant, le chemin restant à parcourir est difficile comme en témoigne le durcissement du cadre réglementaire qui doit nécessairement déboucher sur une évolution des compétences des professionnels. La mise en service des RT 2000 et 2005 est symptomatique de cette évolution programmée. Afin de réellement enclencher une modernisation énergétique, les professionnels du bâtiment et les pouvoirs publics, conscients de l urgence à mobiliser des solutions ont intégré des réformes techniques qui se veulent contraignantes dans le cadre de la publication des RT 2000 et Ainsi, dans ce cadre du programme national de lutte contre le changement climatique, il est prévu de renforcer tous les cinq ans les exigences de la règlementation des bâtiments neufs. La publication de la RT 2005 s est faite en lien avec trois enjeux articulés aux objectifs du Plan Climat : un enjeu planétaire de lutte contre l effet de serre, un enjeu social qui consiste à chercher à maîtriser les loyers et les charges et enfin un enjeu économique qui consiste à encourager les systèmes et les techniques constructives performants. Ce dernier enjeu est particulièrement susceptible d ouvrir des perspectives de marché pour les installateurs, distributeurs et fabricants du secteur. Pour l heure, la RT 2005 applicable depuis le 1 er septembre 2006 décline plusieurs objectifs afin de réduire de 15 % les consommations des bâtiments neufs d ici Elle impose une prise en compte et une valorisation de la conception bioclimatique pour diminuer les besoins de chauffage et de refroidissement et assurer un meilleur confort d été. - Elle introduit une limite de consommation maximale (par m² de surface) pour les consommations de chauffage, de refroidissement et de production d eau chaude sanitaire. Cette limitation est déclinée par zones climatiques et par énergie de chauffage. Depuis 2000, les modes de calcul et les types de consommations pris en considération ont évolués. Les nouveaux modes de calcul intègrent désormais une réflexion par KWh tep (énergie primaire) par m² par bâtiment contre auparavant, un calcul par simple KWh. Une évolution importante concerne l intégration dans les calculs de consommation, non seulement du chauffage, de la ventilation, de l eau chaude sanitaire mais aussi, pour la première fois, de l éclairage résidentiel et du refroidissement. Par ailleurs, la notion de «consommation maximale» à ne pas dépasser est introduite en référence à 3 espaces climatiques, découpés en 8 zones, à l usage du bâtiment et aux différents types d énergie tenant compte pour le chauffage du combustible : fossile, électrique etc Virginie Durand, Webzine CSTB, 28 avril 2006.

26 16 - La RT 2005 incite au recours aux énergies renouvelables. - Elle cherche à limiter le recours à la climatisation. La RT 2005 constitue un moyen de souligner que la ventilation et la climatisation sont des sources importantes de déperdition d énergie. La RT 2005 incite alors à l amélioration de l étanchéité de l enveloppe et l efficacité des systèmes de ventilation car une mauvaise étanchéité à l air dégrade les performances du bâti (jusqu à 25 % de la consommation de chauffage) 17. Si la climatisation n est pas interdite, son accès en est règlementé. Sauf pour des cas particuliers où la climatisation est absolument indispensable (zones de bruits, établissements sanitaires), un bâtiment climatisé n aura pas le droit de consommer plus qu un bâtiment identique non climatisé. - La RT 2005 reconduit le principe des labels Haute Performance Energétique. Les labels HPE et THPE peuvent être attribués aux constructions dont les consommations conventionnelles sont inférieures de 10 % et de 20 % aux consommations de référence présentées par la RT Enfin comme il est souligné plus haut les exigences de la RT 2005 seront renforcé par la mise en place tous les cinq ans d une nouvelle règlementation mais des modifications sont dors et déjà prévues en L étude permet de constater que les associations de professionnels 18 sont déjà engagées dans la préparation de la RT 2010 et que la tendance va consister à encore renforcer les exigences. Les associations regroupant les industriels fabricant les équipements en énergies renouvelables sont particulièrement actifs dans ce contexte. Ils cherchent à valoriser et à développer le recours aux énergies renouvelables qui y est déjà préconisé. Leur objectif est encore de l accentuer afin continuer à favoriser un marché en essor. Enfin, Les différentes RT constituent une garantie pour les artisans de la création d un nouveau marché de la rénovation centré sur le développement des techniques d isolation. De manière générale, les exigences d isolation sont renforcées par la RT. Ainsi, elle préconise par exemple pour le plancher sur terre-plein la combinaison d une isolation horizontale et verticale et l isolation sous chape flottante si le chauffage se fait par le sol. Pour une maison de 100 m², plain-pied sur vide sanitaire un isolant performant en mur est conseillé. Les ponts thermiques doivent baisser de 20 %. Ainsi, pour une maison de 115 m², R+1, les rupteurs de ponts thermiques sont indispensables. 17 Carnet de chantier, numéro 38, février 2007, p La CAPEB, la FFB mais aussi le SER et ENERPLAN sont engagés dans des groupes de travail en ce sens.

27 17 Dans l ensemble, les professionnels du bâtiment savent se saisir des décisions pilotées par les pouvoirs publics et relayées par les organisations professionnelles. Ils ont parfaitement identifiés quels étaient les leviers permettant la création puis la pérennisation de marchés nouveaux. Le marché de l amélioration énergétique des bâtiments dans le domaine de l enveloppe est en devenir. Si l opportunité est comprise, la difficulté qui consiste à donner aux professionnels les compétences nécessaires à l application des règlementations thermiques constitue encore un vaste chantier. Le développement de labels et de chartes Depuis les années 80, les lancements de labels se sont multipliés dans plusieurs domaines du bâtiment mettant au centre des préoccupations la question de l isolation. Leur évolution permanente renvoie aux préoccupations et à l identification du risque par les pouvoirs publics. La première action des pouvoirs publics en la matière remonte à 1974, lors du choc pétrolier. Pour répondre à l augmentation brutale du prix de l énergie, les pouvoirs publics imposent une isolation thermique performante pour les parois et une bonne gestion de la ventilation lors de la construction de logements neufs. En 1976 apparaît la première règlementation touchant le secteur non résidentiel. C est en 1980 qu est lancé le premier label, le label haute isolation et en 1982, les niveaux d isolation du Label Haute Isolation deviennent obligatoires pour tous les logements. Pour la première fois dans ce cadre, les apports solaires sont déduits des déperditions pour calculer les besoins de chauffage. Le label Haute Qualité Environnementale évoqué plus haut est lancé un an plus tard en 1983 et est depuis sa création en permanente évolution. Les exigences qui le caractérisent n ont de cesse d être renforcées. Ce label était au départ synonyme de quatre niveaux de performance ayant débouché sur le programme H2E85 (Habitat Econome en Energie à l horizon 1985). Ces exigences évolueront encore à la faveur de la RT Cette étape est importante puisqu elle correspond à la mise en application des engagements de la France au niveau international, lors des accords de Rio et de Kyoto. Les bâtiments doivent désormais répondre à trois exigences en termes d économie d énergie, de confort d été et de performances minimales de composants. Il est important de souligner que l instauration de l ensemble de ces exigences a permis de faire baisser de 50 % la consommation énergétique des bâtiments neufs. Au début des années 2000, une autre série de labellisation se développe en lien avec l essor des énergies renouvelables. Depuis la mise en place du Plan Soleil, plusieurs associations de professionnels réussissant des industriels, des distributeurs, des organisations syndicales patronales et à la marge des artisans ont vu le jour attestant d une volonté de maîtriser le marché des énergies renouvelables naissant. L association Qualit EnR symbolise parfaitement ce mode d organisation qui cherche à donner aux professionnels le contrôle d une filière en plein essor. Qualit EnR est un outil permettant la structuration du domaine des énergies renouvelables par la normalisation 19 d un certain nombre de pratiques en s appuyant sur l édiction de normes caractérisées par la promulgation de labels et de «chartes». Ainsi les professionnels du solaire mettent en place en 1999 la charte Qualisol qui place l artisan qui la signe face à 10 engagements et délivre une appellation du même nom à l entreprise lorsqu un de ses salariés a effectué la formation qui y est liée. 19 Becker Howard, Outsiders Etude de sociologie de la déviance, Paris, A-M. Métailié.

28 18 Parce que la filière a subi une période de contre références particulièrement préjudiciable à son essor, dès le début des années 2000, la notion de qualité est brandie comme une garantie et instrumentalisée pour protéger et développer les activités du secteur solaire qui reste le plus développé en terme de marché. C est la volonté de rénover l attribution du label solaire Qualisol géré jusqu alors par l ADEME qui a motivé la création de Qualit EnR en janvier 2006, avec à terme la volonté de mettre en place d autres labels susceptibles de préserver l essor de toutes les filières renouvelables. Les créations de Qualibois (pour le domaine du bois énergie) et de QualiPV (pour celui du Photovoltaïque) ont ainsi été planifiées en 2007.

29 19 La création de Qualit EnR exprime avant tout une volonté de prise de pouvoir des industriels de la filière des énergies renouvelables. En étudiant le processus de mise en place des chartes et labels au sein de Qualit EnR, il est possible de remarquer que chaque création de label implique de nouveaux acteurs, industriels, distributeurs, installateurs, bureaux d étude en les fédérant autour du processus d institutionnalisation qu impulse l association. La création de Qualit EnR vient faire écho à l existence bien antérieure de regroupement de professionnels du solaire qui s étaient réunis afin de développer leur visibilité. Qualit EnR est issue d une volonté d association de cinq organisations dans lesquelles les principaux acteurs de la filière solaire sont représentés. Il s agit d ENERPLAN 20, du SER 21 de la CAPEB 22, la FFB 23 et l UNCP 24 L objectif est alors de pérenniser un secteur et de mettre en place des règles de fonctionnement entre les acteurs qui se retrouvent au sein de ce regroupement. Chacun de leur coté ces groupements agissent et influent. Qualit EnR leur permet de joindre leur force à travers la création de labels pour des raisons essentiellement économiques. L association a 20 Association Professionnelle de l Energie Solaire. 21 Syndicat des Energies Renouvelables. 22 Confédération de l Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment. Principal syndicat d artisans. 23 Fédération Française du Bâtiment. Syndicat regroupant les responsables d entreprises du bâtiment. 24 Union Nationale des Chambres syndicale de Couverture et de Plomberie. Syndicat de branche représentant les métiers de la plomberie et de la couverture dont les membres sont adhérents de la FFB.

30 20 ainsi pour objectif de fédérer l ensemble des autres filières renouvelables autour de la même démarche. En vingt ans, la multiplication des labels témoigne d une affirmation de la volonté d encadrement de la démarche des artisans. Elle émane conjointement des pouvoirs publics et des industriels. Les premiers pour des raisons de conjonctures, la maitrise du prix de l énergie échappant désormais totalement au contrôle des Etats, cherchent à imposer une culture d économie d énergie et donc favorisent la mobilisation des techniques liées à la performance énergétique de l enveloppe et le recours aux énergies renouvelables. Les seconds ont conscience de l aspect très préjudiciable des contres références qui ont déjà mis en péril la filière du solaire. Les professionnels, et en premier lieux les industriels sont lucides : ils ont conscience de la fragilité du marché et de la grande concurrence qui y règne. La labellisation des produits pérennise à la fois les filières de produits et protège le marché en imposant des règles de fonctionnement. L évolution technique des produits a eu pour corollaire d étendre la labellisation à la démarche et au savoir faire des artisans. Les compétences des artisans sont désormais étroitement articulées aux particularités des produits que garantissent les labels Les énergies renouvelables sont devenues une alternative crédible aux énergies fossiles Les énergies renouvelables représentent une niche et une petite partie de l activité des artisans. Il n est pas question ici de prioriser leur analyse mais elles constituent un secteur d innovation technique important pris en compte par la RT 2005 qui considère le recours à certaines d entre-elles comme une solution, certes encore optionnelle, en termes d économie d énergie. Il a fallu plus de vingt ans pour que la filière se fiabilise. Les années 80 ont été marquées par les contres performances du solaire. Les difficultés rencontrées alors étaient d ordre technique mais aussi liées à une formation très insuffisante des professionnels en la matière. Les artisans ne disposaient pas toujours du savoir faire nécessaire à la pause et à la maintenance. Les industriels n ont pas perçu la nécessité d assurer de manière systématique la formation des professionnels et le suivi de leurs produits ni de mettre en place des services après vente, recours indispensables en cas de problème. Les instances de contrôles, collégiales, sont alors absentes, ce qui a été préjudiciable chacun pouvant s improviser expert sans rendre de compte. Le soutien des pouvoirs publics était également inexistant et les contres performances des produits associées à la défaillance des filières d installation ont apporté un coup fatal au marché qui venait d éclore. L analyse du parcours de deux fabricants, les sociétés CLIPSOL et GIORDANO, va permettre d illustrer le processus qui a permis en vingt ans, aux techniques associées aux énergies renouvelables de se fiabiliser et ainsi de crédibiliser le recours à la filière. L émergence d industriels français crédibles est actuellement une réalité dans le domaine du solaire. Les deux sociétés CLIPSOL et GIORDANO sont le fruit de l action de deux hommes, ingénieurs de formation, qui ont perçu très tôt l opportunité que pouvait représenter le développement de produits susceptibles d exploiter l énergie solaire. Considérés comme des «originaux», ces pionniers, dont les premiers produits ont parfois été élaborés dans les garages de leurs inventeurs devenus PDG, ont au départ été marginalisés.

31 21 André Jean ou Jacques Giordano, sont deux inventeurs qui ont souhaité inscrire leurs produits dans une trajectoire d innovation. La difficulté a été de les placer dans une logique de marché. Ces deux sociétés ont passé le cap des années 80 soit en étant soutenues par les collectivités locales, comme ce fut de cas de CLIPSOL afin de protéger un marché local et un bassin d emploi émergeant ; soit en choisissant délibérément de développer ses activités hors du marché français comme ce fut le cas pour Giordano. Ces deux sociétés ont survécu à la crise parce qu elles se sont chargées elles-mêmes de trouver un marché afin de diffuser les produits et les techniques qu elles créaient. L existence du marché même s il s agit dans les deux cas de niches, a permis l expérimentation et l instauration d un savoir faire qui au fil des ans a fiabilisé les produits. Une autre caractéristique des deux sociétés est qu elles ont assuré elles-mêmes la promotion de leur filière en participant à la démonstration de l utilité du recours à l énergie solaire. Elles sont présentes dès les années 80 dans les groupements comme ENERPLAN qui permettent de donner une visibilité à la filière et dont l action consiste à garantir sa fiabilité. Désormais, la filière est en cours de pérennisation et c est dans la dimension du contrôle que les deux sociétés s investissent. Leur présence au sein de Qualit EnR est importante comme leur investissement dans l évolution du label Qualisol vers une plus grande exigence de qualité. Cette volonté de contrôle se traduit également dans la mise en place de système de formation destiné aux installateurs. CLIPSOL assure des formations Qualisol et a édité un logiciel d assistance à la pause. La société Giordano a créé une école de formation et un réseau d installateurs appelé «solariste» avec marque déposée afin de garantir la qualité de pose et de connaissance de ses produits. Le parcours de ces deux sociétés vient illustrer le fait que la filière solaire est désormais engagée dans une logique de marché et la reconnaissance de sa fiabilité est devenue une réalité. Un signe attestant de l institutionnalisation progressive du secteur des énergies renouvelables est lié à la multiplication des manifestations destinées aux professionnels engagés dans ce domaine et ouvertes au grand public. Elles se multiplient depuis quelques années, sous la forme de salons, témoignant encore de l existence d un contexte favorable. En cela, la création du salon des énergies renouvelables est significative d une prise de conscience progressive d une alternative en termes de marché. L existence de plus en plus pérenne du salon est exemplaire de l évolution du développement d un secteur professionnel qui se nourrit de l alternative aux énergies fossiles désormais possible en termes techniques. En 2005, le salon des énergies renouvelables devient une manifestation annuelle 25. Depuis la première édition l augmentation du nombre de professionnels qui y participent comme exposants ou visiteurs a été en évolution constante. 25 Le premier salon des énergies renouvelables a eu lieu à Lyon du 28 février au 3 mars 2001 et la manifestation était biannuelle.

32 22 Nombre d exposants Nombre de visiteurs professionnels Nombre de visiteurs particuliers Evolution de 2001 à 2003 Evolution de 2003 à 2005 Evolution de 2001 à % + 12 % % % + 64 % % nc nc + 78 % - (Source : statistiques fournies par le salon des énergies renouvelables) Depuis les deux dernières années, le processus d industrialisation des produits présentés au salon est significatif. Leur production à grande échelle associée à une baisse des coûts a permis leur large diffusion auprès des installateurs et négociants. Toutes les grandes marques engagées dans le développement des énergies fossiles présentent désormais des produits dans le domaine des énergies renouvelables et dont les prix sont très compétitifs. Cette situation permet d affirmer le caractère innovant de nouvelles combinaisons de ressources qui débouchent sur l exploitation des gisements d énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie..). L intérêt de leur apport innovant est aujourd hui démontré si bien que les professionnels qui s investissent dans cette filière sont de plus en plus nombreux chaque année (+ 124 % entre 2001 et 2005). Le nombre d exposants (+ 109 %) est en augmentation depuis 2001 marquant une diffusion de plus en plus importante des nouvelles possibilités techniques. Une situation d innovation apparaît ainsi lorsque se trouvent combinées des modalités d organisations originales, des mobilisations inédites d acteurs et où le recours à des techniques innovantes se développe en lien avec leur diffusion sociale. Ce contexte d affirmation du caractère innovant des énergies renouvelables est désormais crédité par les pouvoirs publics. La promulgation de la loi de finance 2005, renforcée par celle de 2006 qui créée le crédit d impôt pour les ménages souhaitant avoir recours aux énergies renouvelables atteste du parcours de l Etat qui a mis un certain temps à affirmer son action en faveur du climat. Face à la prolifération des gaz à effet de serre, l Etat a mobilisé la catégorie du risque 26 pour se positionner. Son action incitative récente transforme la diffusion massive de CO ² dans l atmosphère en risque, légitimant au passage, la menace en termes de santé publique que cela peut engendrer. L ADEME 27 est devenu l outil institutionnel de gestion du risque environnemental. Son existence et son action pour la promotion des énergies renouvelables apporte la caution de l Etat à l existence du marché. L Etat en instaurant le crédit d impôt a considérablement crédibilisé et solvabilisé la filière des énergies renouvelables. L étude montre que le crédit d impôt est le principal vecteur de création du marché. Le risque n est est pas moindre. Le crédit d impôt 28 dans ce contexte affirme le positionnement de l Etat tout en transformant la filière des énergies renouvelable 26 Patrick PERETTI-WATEL, sociologie du risque, PUF, Paris, 2000 p Agence de l Environnement et de la Maitrise d Energie. L ADEME est un Etablissement Public à caractère Commercial sous la tutelle des ministères de l environnement, de l industrie et de la recherche. 28 Il été instauré par la loi de finance 2005 et renforcé par celle de 2006.

33 23 confidentielle jusqu en 2005, en bassin d emploi 29. Pour les ménages, le bénéfice financier est de l ordre de 50 % 30 sur l équipement et les matériaux figurants sur leur facture de travaux. Le crédit d impôt a permis de transformer le domaine des énergies renouvelables en secteur économique rentable. Les ménages y ont de plus en plus eu recours. Tous types d énergie confondus, la direction générale des impôts évalue pour l année 2005 à 900 millions d euros la demande de crédit d impôt, déduits ou versés, alors qu en 2004 le montant n atteignait que 400 millions d euros (+ 125 %). L estimation pour 2006, souligne à elle seule l investissement des ménages, la demande étant évaluée à 1 milliard 200 millions d euros 31 (+ 130 %). Il est intéressant d observer que les artisans, les industriels et les distributeurs sont devenus en quelques années les principaux promoteurs de l action des pouvoirs publics. Ils ont compris combien les aides de l Etat mais aussi celles des collectivités territoriales constituaient un excellent argument de vente et ont instrumentalisé leur existence. La recherche montre que les artisans ont su souligner auprès des ménages combien avoir recours aux aides permet de minimiser le coût final de l investissement. Si ces acteurs se sont faits les promoteurs de l action des pouvoirs publics parce que leur intérêt économique en dépendait, l Etat en rendant le secteur des énergies renouvelables tributaire de son action, participe à son développement et pousse la filière à garantir une compétence et une qualité technique. La mise en place du crédit d impôt permet d édicter des conditions de performance aux fabricants et aux artisans et de ce fait d assurer à l Etat sa fonction de prévention du risque La question de l énergie est devenue localement une question politique Le développement du recours aux techniques de modernisation énergétique ou aux énergies renouvelables se fait de manière inégale sur le territoire français. Les deux effets de loupes que nous proposons plus bas en examinant la situation en région Rhône-Alpes et en Pays-dela-Loire attestent de différences majeures liées au climat ou à l histoire locale des métiers d artisanat. L étude montre que l émergence d un marché est à relier à la sensibilisation des élus locaux aux questions énergétiques. Peu d élus pensent le secteur de l amélioration énergétique comme un bassin d emploi en devenir. C est néanmoins le cas en région Rhône Alpes et plus particulièrement dans le département de la Savoie. La promotion des techniques permettant l amélioration énergétique est au cœur d un rapport de force dans chaque collectivité. Le travail de l élu est d en faire un dossier prioritaire, suffisamment doté financièrement. Les rapports de forces dans les collectivités autour des questions prioritaires sont quotidiens. Souvent les services en charge des questions énergétiques sont encore pauvres et peu dotés en moyens et en personnels au regard des autres services. La recherche permet de constater que les techniciens territoriaux en charge de la question énergétique dans les collectivités territoriales sont très peu nombreux. Le maire de Montmélian, ville de habitants, avoue avoir dû se «battre» pour obtenir puis conserver «un monsieur Energie». Au conseil régional, la vice-présidente déléguée à l environnement et à la gestion des risques convient qu il n existe pas de recrutement de techniciens ou d attachés territoriaux sur cette question et plus globalement sur celles liées à l environnement. Le nombre de postes mis au concours ne tient pas encore compte de la 29 Le syndicat des énergies renouvelables avance le chiffre de créations d emploi possible dans ce secteur d ici Depuis le 1 er janvier 2006, alors que la précédente loi de finance le fixait à 40% 31 Données issues de l enquête.

34 24 problématique énergétique qui est pour beaucoup émergente. Dans beaucoup de région, si des services existent, aucun n identifient l énergie comme un domaine d action à part entière, si ce n est en Rhône-Alpes avec le service «énergie et déchet» dirigé par M. Laurent Lefèvre. Pour les Conseils Généraux, les choses sont moins claires ; c est souvent dans les services chargés de l environnement, parfois même associée à l agriculture ou dans les services en charge de l aménagement du territoire que se trouve une préoccupation énergétique sans qu elle soit annoncée comme telle La place de l innovation technique : diffusion culturelle de plus en plus importante auprès des ménages La possibilité de mobiliser de nouvelles techniques susceptibles d améliorer la performance énergétique du cadre bâti et la diffusion des énergies renouvelables avec comme produit phare, le chauffe-eau solaire, est venue complexifier le rapport des ménages à la question énergétique en proposant des solutions nouvelles qui tendent à modifier leurs usages et leurs comportements de consommateurs d énergie. La majorité des foyers sont équipés d installation fonctionnant au fioul, au gaz ou à base d électricité très simple à utiliser et dont la matière première est disponible sans restriction même si son coût est en augmentation. Malgré les informations accessibles sur la raréfaction des ressources mondiales, les ménages qui utilisent les énergies fossiles n ont pas encore intégré la notion de manque dans leur rapport à l énergie. Lorsque les artisans sont interrogés sur les comportements des ménages à qui ils font la proposition de remplacer une chaudière fioul par un système qui utilise les énergies renouvelables, ils soulignent combien ces derniers sont dans l attente d une simplicité d usage des systèmes qui utilisent l énergie solaire, les pompes à chaleur ou le bois énergie. Même s ils sont de plus en plus sensibilisés par des campagnes qui les invitent à économiser l énergie, les ménages demeurent en pratique dans un rapport consumériste à son égard. Il en ressort une définition du confort liée à l idée de modernité. Le rapport que les ménages entretiennent avec le climat ou avec l environnement repose sur un besoin renouvelé de protection à l égard de la nature. Il est caractérisé par une représentation de l efficacité énergétique des maisons (rôle de l épaisseur des murs ) parfois contradictoires. Ainsi alors qu ils ont engagé des travaux visant à améliorer l efficacité énergétique de l enveloppe de leur maison, les individus peuvent laisser les fenêtres ouvertes alors que le chauffage fonctionne 32. Les techniques liées à la ventilation ne sont pas toujours comprises et leur utilité admise lorsqu une rénovation vient accentuer l étanchéité de l enveloppe. L objectif de développement des énergies renouvelables à 20 % pour 2020 ratifiés par la France en mars 2007 se fondent sur un réalisme socioculturel : l impossibilité d imposer une transformation rapide des comportements des ménages à moins de créer un bouleversement social susceptible d engendrer du désordre, les valeurs qui sous-tendent notre société étant fondées sur la valorisation de la démarche individuelle et l absence de restriction. Par ailleurs, les fondements culturels qui animent les acteurs ont du sens et ne doivent pas simplement être réduits à une simple résistance au changement. L innovation que représente 32 Michel Bonetti, Habiter, le bricolage imaginaire de l espace, Paris, Desclée de Brouwer, 1994, p 162.

35 25 l introduction d une modernisation énergétique dans les logements ou des énergies renouvelables dans le rapport que les ménages entretiennent à l énergie est à articuler avec la capacité des structures sociales et de production à intégrer cette nouveauté. Ces transformations ne peuvent qu être distillées sur la longue durée avec une implication importante des pouvoirs publics, qui encadrent cette démarche. L enquête montre qu un certain nombre de ménages ont décidé d opérer une transformation dans leurs pratiques en ayant recours aux énergies renouvelables ou aux techniques permettant les économies d énergie. Dans ce contexte, il ne faut pas perdre de vue que toute avancée technique crée une continuité dans l ère de la maîtrise. La mobilisation de solutions techniques très élaborées est à associer à la définition d un bien être qui trouve son origine peu importe l époque dans la domination de l homme sur la nature. Nous assistons à un renouvellement de cette question lorsque la production d énergie est imaginée comme maximisable grâce à la maîtrise des systèmes liés aux énergies renouvelables ou contrôlable grâce à une meilleure isolation des logements. Les ménages qui se tournent vers ces techniques sont des ménages bien informés susceptibles d aller chercher l information la plus fiable possible et de la confronter au savoir faire des acteurs de la filière. Dans ce contexte de modification des usages, de nouveaux acteurs, pourvoyeurs d informations, apparaissent venant révolutionner les pratiques en s imposant comme interlocuteurs incontournables. Ils infléchissent les règles en obligeant par là même les ménages à s adapter à de nouvelles exigences. Leur rôle inédit dans la diffusion des meilleures techniques énergétiques sera examiné plus bas.

36 26 3. L artisanat comme maître d œuvre de l évolution énergétique du cadre bâti Bilan de l entretien-rénovation des logements (Baromètre de l entretien-rénovation du bâtiment - Résultats du 3ème trimestre 2006, D.A.E.I., ANAH, CAH). Au troisième trimestre 2006, l activité en valeur de l entretien-rénovation du bâtiment apparaît, une fois de plus, bien orientée. Cependant, cette animation résulte désormais surtout de l accélération de la hausse des prix, la croissance en volume s avérant plus modérée qu au printemps. Grâce à ces récentes évolutions, le taux de croissance avoisine toujours 5 % sur l ensemble des douze derniers mois. Cette nouvelle croissance du chiffre d affaires concerne l ensemble des intervenants, indépendamment de leur taille et de la nature des chantiers. Les écarts de rythme de progression entre le gros œuvre et le second œuvre se sont atténués au cours de l été. Par ailleurs, le classement régional se révèle bouleversé ce trimestre puisque l Ouest ainsi que la partie Est de la France devancent clairement les autres régions. Enfin, les plans de charges demeurent bien étoffés ce trimestre, laissant préjuger d une fin d année toujours animée Les travaux de réhabilitation engagés par les particuliers L amélioration de l habitat est un secteur majeur de l économie française avec un montant de travaux de 52,4 milliards d euros TTC en 2004 et un montant de travaux estimé à 55 milliards d euros en Chaque année, plus de 5 millions de ménages propriétaires de leur résidence principale engagent des travaux d amélioration de leur logement en faisant appel à des professionnels (entreprises ou artisans) 34. L enquête de l IPSOS précise les résidences principales sont concernées à 84,7 %. En 2003, les ménages français ont consacré 30,7 milliards d euros pour la réalisation de travaux. Mais l économie d énergie est peu présente dans les cahiers des charges et les travaux à visée énergétique sont généralement réalisés sans vision d ensemble Les données suivantes sont extraites de «Données chiffrées, avril 2006, Club de l Amélioration de l Habitat». 34 IPSOS, «Outil d observation et de mesure de satisfaction sur le marché des travaux de rénovation», mars In Enerpress magazine, fiche n 4.

37 27 C est un marché essentiellement grand public : 79 % des maîtres d ouvrage engageant des travaux d entretien-amélioration du logement sont des ménages occupant leur logement. Les propriétaires de maisons individuelles sont les plus gros consommateurs de travaux. 5,9 millions de propriétaires de maisons individuelles ont réalisé des travaux en 2001 ; ils ont dépensé en moyenne euros. Ils représentent plus de 77 % de la dépense totale. Les accédants récents sont de gros consommateurs de travaux. La dépense moyenne des accédants récents est près de 1,5 fois supérieure à celle de l ensemble des propriétaires et accédants. Ils représentent ainsi à eux seuls le tiers de la dépense des ménages occupants. Les différentes études sur le sujet confirment qu une part importante des travaux se fait dans les 4 ans qui suivent l emménagement. «Le revenu moyen des acquéreurs est supérieur à celui de la population totale» (in «Les propriétaires et locataires récents», Etude CSTB/LES, J.Fr. Arènes, N. Weiss, juillet Analyse de l enquête logement ). «Les ménages propriétaires qui ont emménagé depuis moins d un an dépensent en moyenne plus de 5 500, soit 2,6 fois plus que la moyenne des propriétaires. Ceux qui occupent leur logement depuis 1 à 4 ans ont également une dépense supérieure à la moyenne.» (in «Mesurer et comprendre les marchés de l amélioration de l habitat», Club de l Amélioration de l Habitat, Edition 2004). Les opérations de à euros constituent le cœur du marché. Près de 10 millions de ménages réalisent au moins une fois par an des travaux d amélioration de leur résidence principale (par eux-mêmes ou en faisant appel à des professionnels). Près de la moitié, soit environ 5 millions de ménages, ont réalisé des travaux de faible coût (inférieur à euros) ; ces opérations sont nombreuses mais elles ne représentent que 6 % de la dépense totale. En revanche 4,4 millions de ménages ont engagé des dépenses comprises entre et euros ; ces opérations constituent un total de plus de 16 milliards d euros, soit 52 % de l ensemble du marché des particuliers. Les opérations de plus de euros, bien que très peu nombreuses, représentent plus de 40 % du marché (13 milliards d euros). Les opérations d entretien-amélioration du logement sont pour la majorité d un montant inférieur à euros, ce qui en fait un marché privilégié pour les artisans (CAH 2001).

38 28 Les travaux de rénovation par budget total du chantier Top Ten travaux dans les budgets <1.500 Concernés 496 Appareils sanitaires, robinetterie, plomberie 18,3% Peinture 17,5% Papiers peints, tissus muraux, 9,7% Chauffe-eau électrique 8,7% Pose ou remplacement de fenêtres 7,9% Réfection ou pose de plafonds 7,5% Travaux sur parties communes de l'immeuble 7,5% Travaux sur tableau électrique, disjoncteurs 7,1% Portes et volets 7,1% Création, aménagement de salles de bains 6,5% Top Ten travaux dans les budgets à < Concernés 2150 Pose ou remplacement de fenêtres 22,8% Peinture 19,9% Portes et volets 16,4% Appareils sanitaires, robinetterie, plomberie 16,1% Création, aménagement de salles de bains 12,3% Pose de carrelages au sol 11,9% Charpente, couverture, étanchéité 10,7% Papiers peints, tissus muraux, 10,6% Nettoyage ou réparation de façade 10,0% Travaux sur tableau électrique, disjoncteurs 9,9% Top Ten travaux dans les budgets > Concernés 736 Pose ou remplacement de fenêtres 41,4% Appareils sanitaires, robinetterie, plomberie 34,9% Création, aménagement de salles de bains 33,8% Portes et volets 33,6% Pose de carrelages au sol 32,7% Travaux sur tableau électrique, disjoncteurs 31,9% Charpente, couverture, étanchéité 31,4% Autres travaux d'installation électrique (pose de prises, interrupteurs) 30,4% Peinture 28,7% Pose de carrelages muraux 26,6% IFOP - Outil d observation et de mesure de satisfaction sur le marché des travaux de rénovation, mars 2006 Le tableau présente les types de travaux en fonction de trois tranches de budget consacré à ces travaux. (Les chiffres en gras italique correspondent au nombre de propriétaires ayant répondus à l enquête). D après cette étude, près de 73 % des propriétaires ayant engagé des travaux y ont consacré un budget allant de à Les travaux identifiés sont à peu près les mêmes d une tranche à une autre mais ils sous-entendent nécessairement des volumes différents. Pour ce qui se rapporte à notre recherche, nous trouvons «les appareils sanitaires et la plomberie», «le remplacement des fenêtres», qui représentent des postes assez importants.

39 29 Les raisons d engager des travaux de rénovation Principales raisons d engagement des travaux. Plusieurs réponses possibles Rénovation nécessaire du logement 59,2% Désir d'embellissement du logement 46,9% Réalisation d'économies d'énergie 27,7% Désir d'agrandissement du logement Dans le but de louer ou de vendre ce logement Réalisation de travaux de finition dans un logement neuf Utilisation d'énergies renouvelables (énergie solaire, bois) Adaptation du logement pour raisons de santé 10,8% 5,4% 4,9% 4,4% 3,2% 51% ont fait appel à un / des professionnel(s) pour la totalité des travaux vs 49% pour seulement pour une partie 60% ont l intention d engager d autres travaux d ici deux ans dont 22% dans les 6 prochains mois et 20% d ici 6 à 12 mois. Non précisé 1,6% Outil d observation et de mesure de satisfaction sur le marché des travaux de rénovation N 23065FZ01 Mars Parmi les raisons que les enquêtés ont évoquées comme étant à l origine de décisions de travaux, 32,1 % concernent des travaux liés à l énergie (27,7 % réalisation d économies d énergie et 4,4 % utilisation d énergies renouvelables). Comme il est précisé, ce type de travaux peut être couplé avec le projet de réaliser d autres travaux. Les types de travaux de rénovation réalisés Clos couvert Revêtements intérieurs Aménagement intérieur Pose ou remplacement de fenêtres 25,1% Autres travaux d'intérieur de revêtement.etc Appareils sanitaires Peinture Portes et volets Charpente, couverture Création, aménagement de salle de bains Pose de carrelage au sol Travaux sur tableau électrique Papiers peints 22,7% 20,5% 19,7% 19,0% 16,9% 15,2% 14,1% 13,4% 12,2% Outil d observation et de mesure de satisfaction sur le marché des travaux de rénovation N 23065FZ01 Mars Après les projets, voici les travaux effectués. Le remplacement des fenêtres occupe la première place. Les travaux liés aux économies d énergie (isolation et chauffage) n apparaissent pas en tant que tels, ils sont intégrés à d autres types de travaux.

40 L artisanat et le marché de la réhabilitation Le poids de l artisanat dans le secteur du bâtiment Avec 98 % d entreprises du bâtiment, l artisanat représente un poids fondamental. Mais ces entreprises ont en général un chiffre d affaires moins important que l ensemble du secteur puisqu il tombe à 61 %. 62 % du chiffre d affaires des entreprises artisanales est réalisé auprès des particuliers. Ceci met en évidence l importance du rapport entre les particuliers et les artisans, ainsi que le rôle que les artisans peuvent jouer dans la diffusion des meilleures techniques énergétiques et thermiques disponibles. L étude mettra l accent sur la définition d actions destinées à dynamiser ce secteur.

41 31 Les entreprises artisanales réalisent 52 % de leur chiffre d affaires dans le secteur de la maison individuelle. Il s agit du neuf et de l entretien-amélioration confondus, mais au vue du graphique suivant, on peut avancer que la plus grande part concerne les travaux d amélioration du logement.

42 32 Entre 1992 et 2005, les entreprises du bâtiment de moins de 20 salariés ont créé plus de emplois. Les petites entreprises du bâtiment, c'est-à-dire l artisanat constituent un secteur en plein expansion, contrairement aux entreprises de 20 salariés et plus qui accusent une perte d emploi de dans la même période. Le secteur du bâtiment tendrait à se répartir en une bi-polarisation : les petites entreprises artisanales d un côté et les majors du bâtiment de l autre. La taille des entreprises et le chiffre d affaires de l entretien-amélioration Parmi les professionnels qui interviennent sur le marché de l entretien-amélioration du logement, ce sont les entreprises de moins de 10 salariés qui prédominent de manière importante (67 %). L artisanat est donc particulièrement présent sur ce marché. Ces petites entreprises artisanales réalisent plus de 40 % de leur chiffre d affaires en entretienamélioration du logement.

43 33 78 % du marché de l entretien-amélioration du logement réalisé par les professionnels est détenu par les entreprises artisanales. Ce chiffre est à considérer par rapport au marché global où 62 % des travaux est pris en charge par des professionnels (entreprises et artisans). Il ne prend pas en compte la part des travaux effectués en compte propre (bricolage 25 %) ni ceux qui ne sont pas déclarés. Les différents corps d état du marché de l entretien-amélioration du logement La maçonnerie générale représente le premier secteur avec un chiffre d affaire de 4,7 milliards d euros suivi par la peinture (4,0 milliards d euros), les installations d eau et de gaz (3,6 milliards d euros) et les menuiseries bois et plastiques (3,6 milliards d euros). Le chiffre d affaires du gros œuvre est de 4,7 milliard d euros. Les corps d état du second œuvre totalisent un chiffre d affaire de 17 milliards d euros et constituent le domaine privilégié des artisans. Les secteurs «Equipements thermiques et climatisation» et «Installation électriques», soit 5,7 milliards d euros de CA, représentent la cible principale

44 34 que nous avons retenue pour identifier les meilleurs techniques énergétiques et thermiques disponibles et les meilleurs pratiques mises en œuvre par les artisans. La répartition des différentes branches de l artisanat du bâtiment Le tableau indique un chiffre d affaires beaucoup plus important pour la «Maçonnerie, Carrelage» que pour les autres secteurs, ce qui s explique par une demande plus forte de main-d œuvre. Dans les secteurs que nous avons privilégiés pour l étude il est plus faible ( M pour «Couverture, Plomberie, Chauffage» et M pour «Equipement Electrique et Electronique»). On peut considérer que les travaux engagés dans ces domaines concernent davantage les équipements que le bâti et qu ils donnent lieux à des montants moins élevés.

45 La répartition de l artisanat du bâtiment par région Part de l artisanat dans le chiffre d affaires du bâtiment (source : EAE 2004) Les écarts entre régions sont importants : le chiffre d affaires de l artisanat se répartit entre 76 % de l ensemble du bâtiment et 44 %. Nous avons peu de données pour expliquer ces différences. L écart peut s expliquer par la taille des chantiers. Les régions que nous avons choisies pour notre étude sont Rhône-Alpes et Pays-de-la-Loire, régions où l artisanat se situe dans la moyenne du graphique avec un CA d environ 60 % de celui de l ensemble du bâtiment.

46 36 Répartition des entreprises artisanales par régions FRANCE METROPOLITAINE Nombre d'entreprises artisanales (source : RSA 2005) Nombre d'apprentis (source : CCCA- BTP année scolaire ) Nombre d actifs (source : estimation CAPEB) Chiffres d'affaires Bâtiment (M ) (source : EAE 2004) Alsace Aquitaine Auvergne Basse-Normandie Bourgogne Bretagne Centre Champagne-Ardenne Corse Franche-Comté Haute-Normandie Île-de-France Languedoc-Roussillon Limousin Lorraine Midi-Pyrénées Nord-Pas-de-Calais Pays-de-la-Loire Picardie Poitou-Charentes Provence-Alpes-Côte-d Azur Rhône-Alpes Nous constatons, qu après l Île-de-France, les régions Rhône-Alpes et Pays-de-la-Loire possèdent un secteur de l artisanat très dynamique. Rapporté à la population totale, ce secteur développe une activité forte et homogène selon les régions. Ainsi, si la région leader est l Ile de France avec entreprises artisanales recensées, c est également l une des plus peuplées avec plus de 11 millions d habitants. La région Rhône-Alpes avec 6 millions d habitants dispose de entreprises artisanales et les Pays-de-la-Loire de entreprises pour habitants. Rapportée à la population et en prenant en compte le chiffre d affaires, l activité en Pays-de-la-Loire est l une des régions de France les plus importantes. Ainsi, la région des Pays-de-la-Loire recense le plus grand nombre d apprentis ce qui compte tenu de la difficulté de renouvellement générationnel dans lesquels se trouvent l ensemble des professions artisanales est un signe de dynamisme important à souligner. Ce constat vient faire écho aux modes d organisation des artisans qui sont atypiques en Pays-de-la-Loire puisque fonctionnant sur la base de la coopérative d achat. Cette culture du collectif, même si elle est marginale en France, est un vecteur de dynamisme à l échelle locale comme le montre les chiffres ci-dessous, où la région de l Ouest affiche pour le 4 ème trimestre 2006 la plus forte croissance de l ordre de 34 %.

47 37 Croissance généralisée Toutes les régions ont vu leurs soldes d opinions s améliorer au 4 ème trimestre Les hausses sont néanmoins d ampleur différente selon les régions. La hausse de l activité par rapport au trimestre précédent est particulièrement sensible en Île-de-France. Les rythmes de progression sont également très soutenus dans l Ouest et en Rhône- Alpes. Le solde d opinion correspond à la différence entre le pourcentage de réponses enregistrant une progression et la part de celles enregistrant une diminution La région Pays-de-la-Loire possède une culture du collectif Il existe une forte tradition de culture du collectif dans l Ouest de la France. Les grands mouvements ouvriers sont partis de Saint-Nazaire. Les Castors de l Ouest issus des Chantiers de l Atlantique témoignent de cet esprit coopératif qui a été à la base de l auto-construction de la classe ouvrière. De leur côté, les mouvements d artisans proviennent de Vendée. L origine sociale est assez marquée : ce sont des petits patrons catholiques sociaux, des jeunes syndicalistes chrétiens dont la philosophie est proche du journal Ouest France. Ceci se traduit par un taux de coopératisme et de syndicalisation important. Les Pays-de-la- Loire constituent la région qui possède le plus de coopératives d artisans, de GAEC, de CUMA, d une part, et d adhérents aux organisations professionnelles d autre part. Cette configuration est propre aux Pays-de-la-Loire et ne se retrouve pas ailleurs Il existe des coopératives d achat puissantes dans l Ouest La plus importante coopérative d artisans est originaire de Vendée De puissantes coopératives d achat ont été créées il y a une dizaine d années en particulier pour les plombiers, les menuisiers et les maçons. Elles ont trouvé un écho en Pays-de-Loire et particulièrement en Loire Atlantique. On peut citer Vendée Sani-Therm (VST) en Vendée, PSL, Sacais en Loire Atlantique, etc. La coopérative d achat Vendée Sani-Therm destinées aux artisans est la plus importante dans l Ouest et la plus ancienne de France. Elle a été créée en Vendée et possède un point de vente à Vertou dans la banlieue nantaise avec une enseigne «Expobain», Elle a été créée en 1976 par Joseph Landreau à la Ferrière en Vendée. Il a été le fédérateur, a rencontré les fabricants et les entreprises pour voir comment travailler directement avec eux. De 1976 à 1983 l association a été constituée en GIE puis après cette date, elle a été réorganisée en coopérative artisanale. Actuellement, elle regroupe 325 artisans adhérents. Le chiffre d affaire est de 60 millions d euros. L actuel directeur général Michel Landreau est le fils de Joseph.

48 38 Une autre coopérative, la Sacais, est la plus ancienne en Loire Atlantique. Elle est de plus petite taille, elle comprend 60 adhérents. L ORCAB (Organisation des Coopératives d Achats pour les Artisans du Bâtiment) est une fédération nationale de coopératives dont le siège se trouve à Nantes, ce qui est significatif de l ampleur du phénomène dans l Ouest. Mais certains estiment que cet état d esprit évolue : «Actuellement les artisans sont beaucoup plus individualistes», nous dit un interviewé. Pour ne pas être qu un lieu commun, ceci demanderait à être vérifié à l aide de l évolution du nombre d adhérents et de leur implication dans la structure. Le déploiement des coopératives trouverait son origine dans la défaillance de la distribution Parmi les artisans que nous avons rencontrés, nombreux sont ceux qui nous ont parlé des coopératives. Selon eux, la création des coopératives est due à la carence de la grande distribution. Certains considèrent que le négoce est devenu défaillant dans sa relation aux artisans. Les griefs énoncés sont nombreux. Parmi ceux-ci, on note qu ils considèrent que la grande distribution n assure plus son rôle de grossiste et que les bénéfices sont investis dans des voyages offerts aux adhérents, qui plus est : «Le négoce classique est alimenté par des fonds de pension. Il fait des marges et les bénéfices sont distribués aux actionnaires». Ils estiment également qu ils sont trop dépendants des distributeurs. L un d entre eux cite son exemple : il lui est arrivé de proposer un produit dans un devis et de voir que ce produit n existait plus chez le distributeur. Par ailleurs, ils vivent mal l ouverture des magasins aux particuliers car ils ne se sentent plus reconnus ni prioritaires («On doit attendre au guichet»). Les autres reproches adressés à la distribution en découlent : - «On n est plus informés», - «Il n y a plus de conseil», - «Il n y a plus de techniciens», - «Il n y a plus de stock», - «Les prix sont à la tête du client», - «Etc.» Les coopératives représentent un autre mode de distribution Elles inscrivent les artisans dans un réseau Par rapport au négoce, les artisans estiment que les coopératives d achat présentent beaucoup d avantages pour eux, sur deux plans. D une part, elles établissent une relation humaine avant d être commerciale, d autre part leur offre de produits est mieux adaptée à la demande des professionnels. Dans un contexte où le métier d artisan est difficile, les entreprises de petite taille et les responsabilités concentrées (1/3 des entreprises ont 1 seule personne et 2/3 ont de 2 à 4, 5 salariés), «être indépendant est très risqué. Les artisans passent leur temps à limiter le risque et l innovation est un risque supplémentaire». Aussi de nombreux artisans estiment qu il est

49 39 plus facile de réussir lorsque l on est artisan coopérateur parce que le réseau constitue un soutien. Nous avons constaté que le fait d être dans un réseau professionnel ou syndical, (et d y avoir des responsabilités) constituait un élément mobilisateur pour s engager dans l innovation et les énergies renouvelables, davantage que l âge ou le niveau d étude. L âge n est pas le plus discriminant mais la capacité à s inscrire dans des réseaux professionnels. Ces artisans sont ouverts aux actions collectives et en retour bénéficient d un soutien fort (conseil, information, formation, assistance, etc.). Elles fonctionnent grâce aux adhérents Le mode de fonctionnement de la coopérative d achat est d impliquer les adhérents. Ceux-ci sont partie prenante de la bonne marche de l entreprise. Ils gèrent la coopérative, s expriment sur son fonctionnement, décident des produits (ils donnent leur avis sur leur qualité et leur performance) des prix et de la gestion financière. Contrairement au négoce, les marges bénéficiaires sont réinvesties dans le fonctionnement de la coopérative et la redistribution des bénéfices se fait aux adhérents au pourcentage de leur chiffre d affaires. La coopérative dispose d avantages fiscaux dont ne bénéficie pas le négoce. Nous prenons l exemple de Vendée Sani-Therm qui représente la plus grosse coopérative locale (elle a été citée de nombreuses fois lors des entretiens). Différents types de réunions d adhérents sont constituées : - une Assemblée Générale a lieu chaque année, - deux journées d information par mois sont faites par les fabricants, - une commission «matériel» destinée à choisir les produits est animée par un groupe pilote d une cinquantaine d entreprises, - des réunions d une trentaine d entreprises sont organisées par secteurs géographiques. Les artisans ne sont donc pas isolés. Ils peuvent échanger des informations et des conseils sur leur métier et leur environnement, et même se céder des affaires en cas de surcharge de travail. En contrepartie, les adhérents doivent s engager, faire preuve de déontologie professionnelle, être performants et autonomes. De toute manière, n entre pas qui veut, il faut être parrainé. Le responsable des salles d exposition de VST est chargé d agréer les nouveaux adhérents en évaluant leur capacité à adhérer à «l état d esprit». Elles font une offre de services destinée à aider les artisans La coopérative met à la disposition des adhérents un certain nombre d outils qui constituent des aides au développement de l entreprise et facilite le métier. L exemple de l offre de Vendée Sani-Therm illustre ce qu est une coopérative dans l Ouest : - Elle dispose d une salle d exposition avec des show-rooms de m² en Vendée. A Nantes la surface est plus faible car elle ne représente qu un point de vente. - Le volume de stockage est très important : m² sont disponibles à la Ferrière en Vendée. A Nantes, il ne constitue qu un stock de dépannage. Certains considèrent que ce stock est plus important que dans le négoce. - La coopérative travaille avec 180 fabricants mais le nombre de produits est plus restreint qu il ne l est dans le négoce. Elle assure l interface entre les fabricants et les adhérents.

50 40 - Les prix sont jugés moins chers par les professionnels. Ils sont identiques pour tous. - Les adhérents peuvent passer des commandes sur ordre, c'est-à-dire que la coopérative assure le stockage des produits pour eux. - Les adhérents disposent d un logiciel qui leur permet de passer leur commande et de suivre leur cheminement (70 % des adhérents passent leur commande en ligne). Ils peuvent également passer un marché annuel à un fabricant (par exemple 10 chaudières sur l année). Ceci constitue une aide à la gestion de leur chiffre d affaires. - La coopérative assure les livraisons directement chez l artisan. - Elle représente un lieu où les artisans disposent de conseils et de formations. Les fabricants, comme ils le font pour la distribution traditionnelle, assurent dans les locaux des formations à la mise en œuvre technique de leurs produits. L organisme régional de formation de la CAPEB y organise également des formations techniques et réglementaires. - Grâce aux diverses réunions qui existent, les artisans peuvent rencontrer les autres professionnels. Aux dires des adhérents d une autre coopérative : «la Sacais est petite mais conviviale, on peut échanger». Malgré leur intérêt, les coopératives présentent quelques inconvénients Si de nombreux interviewés rencontrés ont exposé les avantages des coopératives, certains artisans, moins nombreux, ont soulevé tout de même un certain nombre d inconvénients : - Il faut payer un droit d entrée pour faire partie de la coopérative. - L engagement des adhérents, qui constitue un soutien pour eux, a une contrepartie : ils sont solidaires des dettes que pourrait contracter un professionnel défaillant. - La coopérative offre un choix limité de produits. Ceci a des conséquences sur la stratégie d approvisionnement que développent les artisans. Certains, installant des systèmes d énergies renouvelables assez génériques, ne vont pas ailleurs : «Je me fournis à 95 % à la coopérative Sacais à Saint-Herblain». D autres, plus spécialisés et investis dans ce secteur, se diversifient : «Je me fournis à la coopérative d artisans VST pour le petit matériel, les PAC, les capteurs thermiques, les chaudières à granulé mais chez les fabricants pour le photovoltaïque, les poêles, les chaudières». Elles obligent les fabricants à adopter une autre démarche commerciale Le responsable de la délégation régionale du fabricant De Dietrich considère le cas des coopératives. Tout d abord, il estime que c est une situation atypique mais qui tend à l être de moins en moins. Ensuite, il rappelle qu il n y a pas de force de vente entre la coopérative et l installateur, la coopérative restant maître du jeu. De ce fait, les fabricants interviennent directement dans la coopérative, sans passer par des distributeurs. Ils doivent adopter une démarche différente en faisant eux-mêmes la promotion de leurs produits auprès des adhérents Il existe un taux de syndicalisme important dans les Pays-de-la-Loire La région des Pays-de-la-Loire possède un taux de syndicalisation important en raison de la culture locale du collectif. Il n est pas facile de savoir si cet état d esprit, issue d une tradition, va perdurer ou risque de s atténuer avec la venue de nouvelles générations.

51 41 La CAPEB a une forte implantation dans l Ouest Nous prenons le cas de la CAPEB (Confédération de l Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment). Du fait de son nombre important d adhérents (environ 8 000) issus de tous les corps d état du Bâtiment et des Travaux Publics, c est une confédération régionale qui a des moyens importants pour engager des actions fortes en direction des artisans. Entre autres choses, tous les deux ans elle organise le salon ARTIBAT et a développé l organisme de formation ARTEFAB 36. La CAPEB est régie de manière confédérale, c'est-à-dire que ce sont les CAPEB départementales (Loire-Atlantique, Maine et Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée) qui décident. Chaque région et chaque département a son mode d organisation propre. Les responsables nous précisent que les élus et le personnel administratif de l Union Régionale entretiennent des relations cordiales, ce qui contribue au bon développement de la confédération. La CAPEB des Pays-de-la-Loire 37 intervient pour : - représenter, promouvoir et défendre les intérêts socio-professionnels des entreprises artisanales du bâtiment (statut du conjoint, protection sociale, 35 heures...) ; - accompagner les entreprises dans leurs actions de modernisation et de développement ; - faire reconnaître les savoir-faire des artisans et identifier des artisans compétents ; - organiser et développer les actions de formations continues des artisans, conjoint(e)s et salariés ; - sensibiliser le public, et surtout les jeunes aux métiers du bâtiment et aux filières ; - améliorer la qualité et la sécurité dans le bâtiment à travers divers projets européens ; - organiser ARTIBAT, le Salon de la filière Construction dans l'ouest ; - participer à des actions de promotion de l'artisanat et de la filière de la construction. Cette politique est déclinée au niveau du terrain dans chaque département. La CAPEB de Loire Atlantique regroupe pour sa part près de adhérents. Elle apporte (comme la plupart des confédérations départementale) des informations aux entreprises telles que : - une documentation spécialisée (normes, DTU, conventions collectives, livre comptable, bibliothèque d'ouvrages techniques ) ; - des informations pour la vie de l entreprise, en particulier : - "Le Bâtiment Artisanal", (mensuel national) - Les circulaires mensuelles d'informations d'actualités (générales ou par activités) : - Infos sociales - Infos brèves - Femmes info 36 ARTEFAB : Association Régionale de Formation de l Artisanat du Bâtiment, issue de la CAPEB des Paysde-la-Loire. 37 Voir le site internet.

52 42 - Elec info - Brèves bois - Infos juridiques Elle apporte également des services aux adhérents en matière de conseils ou d'assistance : - conseils juridiques, droit des sociétés ; - aide et soutien technique ; - assistance devant le conseil des Prud'hommes ; - conseils en gestion du personnel, embauche, paie, déclaration, contrôle, RTT, licenciement ; - étude prévisionnelle de rentabilité ; - calcul prix de revient ; - un "Service paye" permet aux entreprises de sous-traiter la facturation du personnel. La CAPEB organise le Salon ARTIBAT (Salon de la Construction dans l Ouest) Une des activités phares de la CAPEB consiste à organiser le Salon ARTIBAT, destiné aux professionnels, qui se tient à Nantes tous les deux ans.

53 43 SALON ARTIBAT Les 7, 8 et 9 Décembre 2006 à Nantes (La Beaujoire) ARTIBAT est un des premiers salons régionaux de France, après BATIMAT. Ce salon rencontre une forte audience. Le bilan 2006 (présenté sur Internet) fait état de : visiteurs, m² de surface d exposition, exposants, - Plus de marques, fabricants dont 126 étrangers, distributeurs négociants, - 36 sociétés de services ou autres.

54 44 Les exposants se sont répartis ainsi : Les visiteurs professionnels étaient : A noter la visite de plus de jeunes en formation professionnelle. Plusieurs pôles d animation avaient été organisés 38 : - Village Recrutement Formation. Réunis sur 260 m², les partenaires du Service Public de l Emploi, les grands formateurs et les organismes financeurs (ANPE, AFPA, ASSEDIC, Mission Locale et GEIQ BTP44, Académie de Nantes et son réseau des lycées professionnels et GRETA-Formation Continue de l'education Nationale, CFA du réseau CCCA, des Maisons Familiales Rurales, des associations compagnonniques, FCMB et AOCDTF, CAPEB et ARTEFAB, Chambre Régionale de Métiers et de l'artisanat et le FAFR, PME BTP, ECF Cerca, CIFE/CIFA TP, l'aref BTP, FAFAB, FAFSAB) - avec le soutien du Conseil Régional des Pays-de-la-Loire et du Conseil Général de Loire Atlantique se sont mobilisés chaque jour pour répondre aux questions des visiteurs en matière de création et de reprise d entreprise, d apprentissage, de formation et de recrutement. - Maison communicante. - L assainissement non collectif : un marché pour les petites entreprises. - Le Pôle Prévention des Risques. 38 Nous donnons le détail des pôles qui sont proches de notre sujet.

55 45 - Energies renouvelables : pouvoir faire le choix dès aujourd hui pour demain. Dans ce secteur d activité en plein développement, fabricants* et distributeurs* proposaient sur un espace de 150 m² des produits de haute technologie : solutions utilisant des matériaux naturels, propres et inépuisables, qui évitent le rejet d émissions nocives dans l air tout en allégeant la facture énergétique. Une maquette réalisée par la section Charpentier et Couvreur des professionnels CAPEB matérialisait une toiture ardoise et tuile, avec la mise en œuvre de procédés thermique, géothermique, biomasse et photovoltaïque. Durant ces 3 jours, le pôle énergies renouvelables a bien rempli son objectif principal en apportant aux visiteurs (installateurs, professionnels du bâtiment, prescripteurs, collectivités..) un éclairage sur les technologies actuelles, leur adaptabilité à nos habitations d aujourd hui et de demain, à susciter leur intérêt en qualité d'acteurs concernés par ce nouvel enjeu. * De Dietrich, Axenergie, Imerys, Lorflam, Energy 79, Aldes, Rehau, Tuvaco, Quenea, Roto, Gematec, Hitachi, Daikin, La Nive, Ubbink, Saunier Duval, Weishaupt, Ciat. - Pôle Développement Durable Cet aperçu rapide des pôles d animation du salon ARTIBAT 2006 montre l importance qui a été donnée à la formation, à la prévention des accidents et à la protection de l environnement (assainissement, énergies renouvelables et développement durable). Un accent fort a été mis sur les énergies renouvelables, comme un des axes de développement de l innovation Les professionnels de l Ouest et les énergies renouvelables : les artisans entre culture du collectif et innovation Extrait du rapport d activité 2006 de la Délégation Régionale des Pays-de-la-Loire de l ADEME. Plein soleil chez les particuliers! Des chiffres croissants. En 2006, l ADEME des Pays-de-la-Loire a instruit les dossiers de près de 400 installations photovoltaïques chez des particuliers, financées par la Région des Pays-de-la-Loire, soit une multiplication par 4 par rapport à Outre l effet d aubaine (nouveau tarif attractif d achat de l énergie électrique photovoltaïque, cumulé avec le crédit d impôt et l aide régionale à l installation), on peut y voir les conséquences d un travail de fond entamé depuis plusieurs années par le réseau associatif, les professionnels motivés et l ADEME. Du coté des chauffe-eau solaires individuels, la dynamique n est pas moindre. Ainsi en 2006, équipements solaires thermiques individuels ont été installés, une progression de 140 % par rapport à Soit m² de capteurs, produisant 3,5 millions de kwh par an, entraînant l économie annuelle de l équivalent de litres de fioul domestique et la baisse de 700 tonnes/an de CO 2 émis dans l atmosphère. Ces chiffres sont encourageants mais il est nécessaire de rester vigilant à la qualité, à la performance et au prix des installations, afin d éviter toute dérive dans un marché en plein développement. C est pourquoi une mission d audit technique de 50 installations solaires individuelles a été confiée à l APAVE, afin de vérifier leur qualité et la satisfaction des propriétaires.

56 46 Bois énergie En Pays de le Loire, la filière bois énergie doit continuer à se structurer... En effet, si les projets sont chaque année plus nombreux (36 chaudières soutenues en 2004, 53 en 2005 pour 6 MW, 95 en 2006 pour 18 MW) il faut dorénavant passer un nouveau cap permettant de démultiplier les impacts attendus Dans la région des Pays-de-la Loire il semble que, peut-être, sous l influence de la culture locale du collectif, les artisans n aient pas investi massivement les nouvelles énergies. On peut penser que la démarche d innovation relève davantage d une position individualiste. Il est vrai que le marché des énergies renouvelables, le solaire en particulier, est en pleine expansion mais il est émietté. En effet, il est réparti faiblement (environ 15 % du chiffre d affaire) sur un grand nombre d artisans. Ceci est en partie le résultat de la demande de particuliers désireux de profiter de la déduction d impôt et de l obligation pour les professionnels d avoir la qualification Qualisol. Nous donnons un aperçu de l engagement des différents corps de métier dans le champ plus large du développement durable. Les entretiens que nous avons faits auprès de spécialistes de l isolation et des revêtements, et chez les menuisiers indiquent qu ils ont une capacité à investir l innovation assez faible. Ils se conforment à la réglementation, aux prescriptions préconisées par EDF et son label Vivrelec (S ils veulent pouvoir bénéficier de l offre Vivrelec, ils doivent s engager à respecter le référentiel technique d EDF et signer un cahier des charges). Ils choisissent les matériaux en fonction de l objectif affiché (on cherche à privilégier l isolation acoustique ou l isolation thermique). Ils sont également très dépendants des prescripteurs (ils ne discutent pas les solutions préconisées par les architectes). Les entretiens auprès des plombiers/chauffagistes font apparaître que les grandes tendances du développement des énergies renouvelables dans la région nantaise concernent les produits et systèmes suivants : - les chaudières à bois dans les zones rurales, - le solaire CESI dans les communes périphériques riches de Nantes, - la géothermie bien qu elle ne soit pas toujours considérée comme une énergie renouvelable, - le photovoltaïque (assez peu). La démarche d innovation vis-à-vis des énergies renouvelables relève davantage d une position individualiste mais elle a besoin d un réseau pour s alimenter. Nous constatons que les entreprises artisanales les plus en pointe dans le champ des énergies renouvelables font partie de courants constitués et souvent écologiques. Ils sont inscrits dans des réseaux tels que «Installateurs solaires motivés» présenté par le site web Outils Solaires. «Outils Solaires 39 propose des listes régionales d'installateurs "motivés" afin de séparer les professionnels réellement "solaires" des milliers de plombiers/chauffagistes qui ont signé la charte Qualisol. 39 Voir le site

57 47 Les installateurs solaires référencés sur Outils Solaires ont installé au moins 2 systèmes solaires en 2006, et ont fait (ou refait) la demande de figurer sur Outils Solaires depuis décembre Bien que le terme "motivé" ne couvre pas une "qualification solaire", de nombreuses entreprises référencées se spécialisent dans les énergies renouvelables : solaire thermique (avec les qualifications Qualisol et Qualisol-Combi), électricité photovoltaïque (avec la qualification QualiPV, en cours), bois énergie (avec la qualification Qualibois),... et elles préfigurent un nouveau métier de professionnels "solaires" qui demande des compétences multiples de plombier/chauffagiste, électricien et couvreur». Cet extrait d article présente assez bien le positionnement des artisans vis-à-vis des énergies renouvelables. Il distingue les plombiers/chauffagistes qui ont signé la charte Qualisol (que nous avons présentés dans notre typologie sous l intitulé «les artisans traditionnels») et les professionnels spécialisés («les pionniers», «les artisans spécialisés en seconde carrière», ou «les débutants convaincus») La région Rhône-Alpes, l innovation comme bassin d emploi local Un secteur artisanal régional dynamique La région Rhône-Alpes avec plus de 6 millions d habitants dispose de entreprises artisanales est une région dynamique en la matière. Elle a une densité artisanale supérieure à la moyenne nationale. Pour habitants, la région Rhône-Alpes dispose de 62 entreprises artisanales alors que la moyenne nationale est à 56. La composition de sociétés rhônalpines colle parfaitement au profil national puisque 45 % des sociétés ne disposent d aucun salarié, l activité reposant sur le seul chef d entreprise (pour 44 % à l échelle nationale) et 51 % des entreprises artisanales sont de petites sociétés de 1 à 10 salariés (Pour 49 % à l échelle nationale 40 ). Plusieurs caractéristiques sont néanmoins intéressantes à souligner : 59 % des entreprises artisanales rhônalpines sont établies en zone urbaine, 30 % des effectifs étant rassemblés dans le Rhône, 18 % dans l Isère et 11 % dans la Loire. Ces trois départements regroupent les zones urbaines les plus denses. La période a été très créatrice d emplois. En cinq ans, dans la région, le secteur artisanal a gagné environ salariés toutes entreprises confondues 41. Ce chiffre est très honorable compte tenu du fait, qu entre 1992 et 2003, les entreprises du bâtiment de moins de 20 salariés ont crée près de emplois. Avec un chiffre d affaire dans le bâtiment de millions d euros, le secteur artisanal rhônalpin se porte bien puisqu il fournit plus de 10 % du chiffre d affaire national estimé par la CAPEB à 60 Milliard d euros. En termes de formation, avec 7196 apprentis, la région fournie 9,3 % des apprentis de l ensemble du secteur du BTP. Rapporté au seul secteur artisanal, le chiffre de 23 % est avancé par la CAPEB Artisanat du bâtiment chiffres clés 2005, source CAPEB. 41 Fiche régionale Rhône-Alpes source CAPEB, Sur un effectif total de apprentis recensés pour l ensemble du secteur du BTP en

58 48 Ce secteur particulièrement dynamique doit désormais faire face à de nouveaux besoins de la part des ménages liés à une évolution de la demande et au développement des attentes en matière d efficacité énergétique et d énergies renouvelables. Dans ce contexte, une dernière caractéristique de la région Rhône-Alpes est que les collectivités territoriales se sont rapidement saisies de la question de l amélioration énergétique du bâti développant une action particulière pour inciter les ménages à rénover leurs habitations en harmonie avec l évolution de la législation. Cette action a considérablement dynamisé le secteur artisanal local qui s est transformé en véritable bassin d emploi. L action de certains départements est encore plus manifeste. Celle du département de la Savoie est emblématique d une prise de conscience déjà ancienne de la nécessité de rendre les bâtiments plus efficaces afin d économiser l énergie et de réduire la production de CO L énergie comme préoccupation politique C est d abord en se préoccupant du cadre de vie et du paysage que des élus de Savoie comme Michel Barnier en sont venus à considérer la question de l environnement comme un champ d action du politique. L enquête a montré que l intérêt une succession d hommes politiques «empreints d une idéologie de protection de la nature, très pragmatiques et ayant eu des destinées nationales» 43 pour les questions environnementale avaient ouvert la porte à faire de la question énergétique une priorité. Qu ils soient de gauche ou de droite, leur position leur permet de déclencher des mesures pionnières en matière d énergie qui m ont favorisé l émergence d un marché local. L action de deux hommes politiques originaires de Savoie connus à l échelle nationale Louis Besson et Michel Barnier permet d illustrer ce propos. Louis Besson, ancien ministre en charge des transports et du logement 44, cumule les mandats de maire, une charge d élu au conseil général, un portefeuille de ministre et impulse une action pro-environnementale depuis la mairie de Chambéry qui a constitué un terreau permettant des prises de décision aussi importante que la création d une centrale Photovoltaïque au service de la Commune. Michel Barnier est quant à lui, reconnu pendant de longues années comme le catalyseur d une démarche environnementaliste. Il est présenté, à plusieurs reprises lors des entretiens comme «un personnage qui a une grande capacité d entraînement». Michel Barnier est à l origine de la loi montagne en Il s agit de la première grande loi écologique française, combinant l agriculture, l urbanisme, l économie ou l aménagement du territoire pour protéger les zones de montagne. Il est également à l origine de l association des élus de la montagne (ANEM) qui est devenue un lobby regroupant maires et parlementaires des zones de montagnes. L action de ces hommes a permis de préparer et d habituer les esprits à ce type de préoccupations. Un champ d intervention s est ainsi construit. Ce n est pas un hasard si la Savoie est le département français qui regroupe la majeure partie de la filière solaire, rassemblant CLIPSOL, l INES 45, les compagnons du solaire, un réseau associatif très compétents sur la question énergétique depuis la fin des années 70 dont la figure de proue est 43 Propos d un enquêté. 44 Il a été à l origine de la loi besson qui oblige les communes à investir au minimum 20% de logements sociaux dans les communes urbaines. 45 Institut National de l Energie Solaire

59 49 l ASDER 46 ainsi que les premières collectivités territoriales équipées de centrales Photovoltaïque ou ayant un recours quasi systématique au solaire thermique. Depuis des années les élus de Savoie utilisent les modalités classiques de soutien qui consistent à «débloquer un dossier au fond d un placard ministériel» 47 autour d un enjeu émergent lié au développement des énergies renouvelables. Les élus deviennent dans ce contexte une ressource. Le responsable du conseil général de Savoie souligne ainsi que «porter» la société CLIPSOL a été un acte politique des différents présidents du Conseil Général pendant de nombreuses années : «on a du se mobiliser pour ne pas le laisser crever». Dans la région, le même soutien a été apporté à la société Servin Innovation. Des départements comme la Savoie ou la Drôme considèrent leur patrimoine naturel comme une ressource et développent une action destinées à sa préservation. L opportunité territoriale existe mais elle est traité de manière différente et ne conduit pas forcément à la même préoccupation en termes de préservation des ressources et donc ne déclenche pas la même réponse en termes de choix énergétiques susceptible de permettre une évolution dans ce domaine. Ainsi la Savoie s est focalisée sur le développement du solaire et la Drôme est un département pionnier en terme de bois énergie. Lorsque les ressources naturelles permettent de faire fonctionner un tourisme de moyenne montagne et que les effets des gaz à effet de serre commencent à être visibles, il suffit à élu d agir à partir d opérations exemplaires pour mobiliser les professionnels et la population autour de cette préoccupation. Néanmoins, certains élus ont compris que le champ des énergies était une opportunité économique et que cette dimension allait permettre de faire triompher leur point de vue sur la question énergétique Les opérations exemplaires au service de la promotion des meilleures techniques thermiques : deux exemples Rhônalpins Il existe une volonté chez certains élus d impulser une prise de conscience. Ces élus ou/et techniciens occupent des postes qu ils vont transformer en espace d action. Dans ce contexte, l opération exemplaire est un outil permettant de mettre en valeur les compétences des professionnels locaux, de préparer et d habituer Ces hommes ont constitué un terreau, préparant et habituant les esprits à la préoccupation énergétique afin qu ils aient recours aux professionnels compétents en la matière. Le travail entrepris par Roger Rinchet 48 s inscrit dans cette démarche. Il est exemplaire d une carrière organisée autour de la promotion des techniques énergétiques les plus innovantes depuis la fin des années 70. La ville de Montmélian a 36 % de sa production énergétique qui est fournie par une source d énergie alternative au fossile. C est la ville qui a créé la première centrale Photovoltaïque au service de la collectivité. L ensemble des bâtiments communaux (administration, piscine, gymnase ) fonctionnent à partir du solaire thermique. 46 Association savoyarde de Développement des Energies Renouvelables 47 Propos du directeur du service paysage du Conseil Général de Savoie. 48 Roger Rinchet est le maire de Montmélian, commune située près de Chambéry en Savoie.

60 50 La ville de Montmélian s est ainsi dotée de quatre voitures électriques qui fonctionnent à partir de la production d électricité de la centrale Photovoltaïque de la commune. Cette initiative a été la première lancée en France : «On recharge les voitures la nuit. Là, les gens comprennent, même si on passe par EDF. La nuit, on rachète 15 centimes et on espère bientôt 11 centimes. Il faut insister sur l aspect écologique. On espère 55 centimes de la revente d électricité». Ces engagements sont à mettre en parallèle de l existence d un militantisme local qui bien souvent encadre, accompagne et parfois contraint l action des politiques. La fonction militante, que nous développerons plus bas borne l action des politiques. Pour qu une politique énergétique fonctionne, elle doit reposer sur la capacité des élus à institutionnaliser une démarche qui promeut le recours aux énergies renouvelables et aux économies d énergie. Il s agit là d une étape difficile à franchir. La région Rhône-Alpes est néanmoins pionnière en la matière. La vice-présidente du conseil régional déléguée aux questions environnementales et à la prévention des risques souligne que son action est uniquement basée sur des politiques volontaristes qu il s agit ensuite de capitaliser. En effet, si le but de l action est de susciter «une habitude à agir» 49 dans le domaine énergétique, elle peut être renforcée par deux actes qui permettent d institutionnaliser cette politique : la contractualisation avec d autres collectivités territoriales ou organismes et les délibérations en assemblée qui conduisent au vote des politiques régionales. Ainsi la région Rhône-Alpes a mis en place une politique de contractualisation entre collectivités, organismes sociaux qui depuis mars 2007 impose une base minimum de qualité environnementale pour toute construction. Ce minimum acquis permet de bénéficier de l aide au logement. Cette démarche implique des conditions minimales de formation des acteurs mais aussi un niveau label Haute Performance Energétique et un niveau de basse consommation qui, une fois atteint, ouvre droit à des aides à la pierre. Des subventions non négligeables sont corrélées à cette contractualisation ce qui non seulement incite les acteurs locaux à la signer mais institutionnalise la démarche de la région en faveur de la performance énergétique et des énergies nouvelles. Les élus du conseil régional ont voté en délibéré en février 2005 le plan régional pour l énergie qui en Rhône-Alpes comprend deux axes. Le premier favorise les économies d énergie, le second permet de développer le recours aux énergies renouvelables. Les délibérations permettent de déterminer un public cible, que ce soit un particulier, des collectivités locales, un organisme HLM ou un lycée. Lorsque les mêmes actions s inscrivent également dans le projet de plan Etat région comme c est le cas en Rhône-Alpes, il s agit d une étape importante à l institutionnalisation des politiques énergétiques d une collectivité territoriale. Le fait que les collectivités soient amenées à traiter ensemble de la question énergétique est un élément important. L ensemble des acteurs interrogés convient qu aucun d entres-eux, ne peut aborder seul une telle question. Dans ce contexte la région a vocation à inciter et à accompagner financièrement les autres collectivités par le biais de contractualisations. Les subventions versées sont très confortables et permettent aux collectivités les moins dotées de réaliser de gros investissements. Le liant le plus efficace pour fédérer l ensemble des collectivités autour de la politique de la région demeure la possibilité d obtenir des subventions. Lorsque elles font le choix de l énergie renouvelable et construisent un plan de 49 Propos de la vice-présidente du conseil régional Rhône-Alpes déléguée aux questions environnementales et à la prévention des risques.

61 51 financement, les collectivités locales regardent avant tout quelles sont les aides régionales qui sont mobilisables. C est en accumulant et calculant les montants des subventions perceptibles qu elles font leur choix. L origine de la motivation du geste vert est souvent pécuniaire. De même l échelle régionale ou départementale permet des coopérations économiques intéressantes puisqu elle mobilise les professionnels du milieu énergétique d une manière souvent inédite autour d une problématique commune de territoire et autour d un marché émergent. Cette agrégation de volontés qui s imbriquent les unes aux autres constituent une situation originale où l innovation organisationnelle vient faire écho à l innovation technique Un bassin d emploi important L action politique en faveur de l amélioration de la performance énergétique des bâtiments en région Rhône-Alpes débouche sur la mise en place de projets en lien avec les attentes de l économie locale. Pour la région Rhône Alpes, les propos des responsables politiques sont clairs : le développement des énergies renouvelables et l impulsion des économies d énergie passent par le développement économique des techniques qui permettent leur existence. Ils ont réalisé qu il y avait un bassin d emplois en devenir. Dans le domaine de l énergie et de l éco-construction pour une estimation en termes de création d emplois à l échelle de la région permet d avancer le chiffre de qui seront à pourvoir (85000 emplois pour la France). La région a compris l enjeu d une telle perspective et a créé un «Cluster Rhône-Alpes énergie renouvelables et maitrise de l énergie», un pole de compétitivité ENERRDIS et soutient la création de l INES (Institut National de l Energie Solaire) comme pôle de compétence. L enjeu est de transformer une sphère environnementale non marchande en secteur économique producteur de richesse. Dans un premier temps, il a mis en place une action dont l objet est la promotion des économies d énergie. Au début des années quatre vingt dix, il crée un groupe de «travail énergie» afin de «mettre en synergie un ensemble d acteurs» qui n avaient pas la vocation de travailler ensemble : L ASDER, EDF-GDF, les services de l Etat, les élus, le Conseil Général, le CAUE, les architectes. En 1991, des études comparatives sur les choix énergétique ont été initiées. Cela a permis au département d octroyer une subvention aux collectivités territoriales pour le bâtiment sous condition d une «construction intelligente». La collectivité a mis mettre en place un réseau de bureaux d études techniques au service de sa politique En , le Conseil Général a impulsé une nouvelle modification des règles de construction. Cette décision a été étendue à l ensemble des offices HLM. En 1994, le Conseil Général a promu le recours aux ampoules compactes. Un travail a été engagé avec les fabricants (Philips, General Electric, Ostram) et a entraîné la baisse des prix qui a motivé la consommation sur ce type de produits. Entre l avant campagne et l après campagne la diminution des consommations électriques a été très forte. Le Conseil Général a par la suite développé une action en direction des énergies renouvelables sous le même mode, en créant des groupes de travail, véritables outils économiques. Un groupe de travail solaire thermique et un groupe photovoltaïque ont ainsi été mis en place au moment de l instauration des étiquettes sur l électroménager. L objectif était de modifier les habitudes des ménages tout en travaillant avec les distributeurs et les grandes surfaces pour qu ils adhèrent au dispositif : «A cette époque, il n y avait aucune

62 52 obligation à ce qu ils fassent cela. Nous voulions que les distributeurs ne vendent pas uniquement leur salade. Cela a eu un effet immédiat sur la gamme des produits offerts. La politique de la collectivité doit aller jusqu au citoyen. La collaboration a été possible car les distributeurs ont vite compris qu ils avaient tout intérêt à vendre un lave vaisselle «Miele» disposant d une étiquette A. cela dépend des gammes d appareils mais le haut de gamme a compris combien il pouvait être avantagé par cette démarche. Les autres ont mis un temps à s adapter» Guichet unique et aides des collectivités territoriales L action insufflée par le Conseil Général de Savoie qui a eu le plus d effets économiques vient de la mise en place d un dispositif d aides aux particuliers qui a abouti à la création d un guichet unique facilitant leur mobilisation. L aide de l ensemble des collectivités est fournie via un document unique et une seule administration se charge de la verser. Il s agit d un transfert de savoir faire, éprouvé dans le domaine de l aide sociale, vers le service de la politique énergétique du Conseil Général. Les aides et subventions distribuées depuis 2005 ont été un moteur économique important qui a permis au secteur de l artisanat mais aussi aux fabricants locaux comme CLIPSOL de considérablement développer leurs activités. Les effets négatifs et positifs ont été immédiats attestant d une activité économique nouvelle. Les installateurs et les fabricants de matériel ont augmenté leurs marges proportionnellement aux aides. Une situation d innovation en Rhône-Alpes La mise en place de politiques énergétiques dans les régions conduit à créer une situation où se trouvent combinées des modalités d organisations originales, des mobilisations de nouveaux acteurs et où un recours inédit à des techniques innovantes se développe. Au vue de l étude réalisée, le postulat défendu ici est qu autour de l émergence d une politique régionale en matière d énergie en Rhône Alpes, assurant la promotion d un recours nécessaire aux techniques de modernisation énergétique du bâti, le développement des énergies renouvelables et des économies d énergies en région, se créé une situation d innovation. En examinant la trajectoire de diffusion de l innovation, les transformations et renouvellements de pratiques qu elle engendre dans le jeu d acteurs, il est possible de montrer qu elle débouche sur une remise en question des normes, de la part d acteurs qui y prennent part l introduction de nouvelles techniques entraînent la mise en œuvre de nouvelles règles du jeu social 50 en lien avec l usage propre aux nouveaux «process» techniques. En étudiant les modalités d organisation du milieu social en réaction à cette situation d innovation 51, il est possible de questionner un nouvel ordre naissant qui va sur le long terme entraîner la modification du visage de la ville en redéfinissant les pratiques énergétiques de ses habitants. 50 Norbert Alter, l innovation ordinaire, PUF, A travers cette enquête, il s agit de prendre en compte les interactions à partir d une analyse situationnelle dont J.C. Mitchell a présenté les caractéristiques dans «The situational perspective in «Cities, society, and social Perception. A Central African Perspective», Oxford, Clarendon Press, pp L intérêt de la démarche consiste à détecter des «situations d action minimale» qui figurent «la limite des rapports sociaux» et de l interaction afin de poser dans ce contexte une réflexion autour de la mise en place d une réalité nouvelle, inédite, propre à l innovation. Hanners Ulf, Explorer la ville, Paris, édition de minuit, p 140.

63 53 La création d une situation d innovation repose sur un contexte où les évènements préparent les individus à recevoir un bouleversement technique, social et économique. C est le cas en Savoie où cette situation d innovation se caractérise par une collaboration inédite entre fabricants de produits solaires, industriels, banquiers, scientifiques, acteurs associatifs, élus et institutions locales. La conséquence d une telle situation, où les énergies renouvelables prennent un essor important est qu elle diffuse dans l ensemble du corps social transformant alors les pratiques. Ainsi des industriels comme PECHINET se convertissent localement au solaire.

64 54 4. Dans un contexte de modernisation énergétique, les artisans abolissent les frontières des métiers : les artisans novateurs et les énergies renouvelables 4.1. Le secteur de l artisanat et ses évolutions Une évolution générale forte : le recouvrement des métiers Depuis une quinzaine d années, la filière a connu une évolution contrastée : - autour de 1993, a eu lieu une période de crise qui a duré environ 20 ans, - à partir de 1998, l activité est repartie, - actuellement, le bâtiment se porte bien, ce qui profite à l artisanat. «L activité se situe à un niveau exceptionnel emplois ont été créés en 5 ans», note le nouveau président de la Capeb des Pays-de-la-Loire, - prochainement, l artisanat devra faire face à une importante vague de départ en retraite. D ores et déjà la profession manque de bras. Actuellement, on note une tendance forte de changement dans le monde de l artisanat. Les artisans débordent de leur métier de base pour investir les métiers connexes. Ce que le responsable d ARTEFAB (organisme de formation de la région nantaise) reconnaît : «Il y a des spécificités régionales chez les plombier/chauffagiste. En Vendée, les plombiers peuvent être couvreurs. Dans le Nord les plombiers ne sont que plombiers. Ici les plombiers font de la salle de bain et cuisine. C est très difficile de déplacer une entreprise pour un petit bout de chantier. Les entreprises sont obligées de prendre les métiers connexes. Maintenant il n y a plus de différence entre plombier et électricien (par exemple pour un chauffe-eau). Les menuisiers installent des volets roulants donc ils sont électriciens, des portails donc ils sont maçons. Le client veut avoir à faire à une seule entreprise.» Nous alimentons la parole des artisans que nous avons rencontrés par un dossier paru dans le Moniteur du 28 avril Les professions du bâtiment cassent leurs frontières Le bâtiment change et les frontières entre les corps d état s en trouvent bouleversées. L alternative pour les entreprises : élargir leurs prestations ou devenir ultra-spécialisées. Chaque métier doit trouver ses marques. Evolution des effectifs salariés du bâtiment par corps d état : En 1970 Second œuvre : 45,4 % En 2004 Second œuvre : 61 % «La véritable mutation, c est le passage du mono-métier au multitechnique» remarque J. Pessiau de la FFB. Le métier de plombier ne cesse de se diversifier. Issue des métiers de la couverture, la plomberie a une tradition d adaptation importante.

65 55 J.M. Carton de la CAPEB évoque «un regroupement des métiers de la plomberie et de l électricité vers des professionnels du confort intérieur». Incitations à «penser global» dans la rénovation d un logement. On ne regarde plus seulement la consommation de la chaudière mais aussi la conception, l isolation, la ventilation ou l installation de sources d énergies renouvelables. Sept évolutions du marché du bâtiment entraînent le décloisonnement des professions : - le client réclame un interlocuteur unique - la recherche de rentabilité - la crise des années 1990 a poussé les entreprises à sortir de leur activité principale - la concentration des entreprises du bâtiment - des produits de plus en plus simples à poser - la carence de main-d œuvre - des repreneurs issus d autres secteurs En contrepartie de cela les professionnels s interrogent sur une possible perte de compétence. Ce à quoi certains grands acteurs répondent en insistant sur les articulations essentielles qui vont en résulter. «Nous allons vers des corps d état qui devront se rassembler au sein de trois grands domaines : les professionnels de la finition, ceux de l équipement technique et les entreprises dédiées à la structure» ajoute A. Maugard du CSTB. «L essentiel c est que la coordination existe» signale M. Ducourneau de l Agence Qualité Construction. Cette évolution a des répercutions sur l ensemble de la filière et en particulier sur la distribution qui doit s adapter pour répondre à un nouveau type de demande des artisans : Le négoce s adapte au décloisonnement des métiers de ses clients. la distribution professionnelle s oriente vers, d un côté des points de vente multispécialisés, de l autre des magasins déclinant en profondeur les gammes d un seul et même secteur. Aussi le négoce doit-il avoir des vendeurs toujours mieux formés. Nous complétons par l article du Moniteur du 13 janvier 2006 traitant de la profession de plombier. Les plombiers à l heure de la révolution thermique Les chiffres de la profession entreprises de plomberie en France dont : entreprises d installations d eau et de gaz (code NAF 45.3E) entreprises d installation d équipement thermique et de climatisation (code NAF 45.3F) - 15 milliards d euros de chiffre d affaires emplois dont emplois salariés (source DAEI)

66 56 «Le métier de plombier est en pleine mutation et la profession est maintenant partagée en trois grandes familles : les traditionnalistes, ceux qui ont choisi d évoluer et les nouveaux entrants qui bousculent nos habitudes», indique J.M. Carton de la CAPEB. Les plombiers deviennent plombier-chauffagiste. Ils vont bientôt investir le champ de la climatisation puis celui de la couverture avec la montée en puissance du chauffage solaire. «La province connaît depuis longtemps le regroupement de la plomberie et du chauffage» signale A. Georges de G. Clim. «Aujourd hui la plomberie se rapproche du génie climatique» ajoute J. Balas du groupe Balas. Une partie du monde de l artisanat est donc en profonde mutation. Cette évolution est entraînée essentiellement par les plombiers qui se trouvent en première ligne pour répondre à la directive du facteur 4 : réduire les consommations d énergie et les émissions de gaz à effet de serre. La mise en œuvre des solutions de maîtrise de l énergie et des énergies renouvelables contribuent pour une grande part à faire évoluer les métiers Les nouveaux matériaux, techniques et mises en œuvre font évoluer les métiers Plusieurs aspects caractérisent le métier d artisan : - c est un métier où les compétences sont diverses, - c est un métier à risque, - c est un métier fondé en grande partie sur le pragmatisme, - c est un métier qui doit intégrer les évolutions techniques. C est dans ce contexte que va s insérer l innovation. Tout d abord, le monde de l artisanat n est pas homogène et le niveau de professionnalisme peut être fortement différent. A tel point qu un de nos interviewés note que l on peut distinguer 3 groupes d artisans en fonction de leurs compétences : - 15 à 20 % sont pointus et innovants, - 60 % sont moyens, - 20 % sont mauvais. Ensuite, le métier d artisan représente une prise de risque et toute innovation vient s ajouter à cette prise de risque. Le responsable d ARTEFAB développe ce point de vue. «Il y a 3 sauts dans le parcours de l artisan : - devenir indépendant (quitter le monde salarié) ; - prendre son 1 er salarié (devenir patron. Un chantier en électricité c est 1 personne, en maçonnerie c est 3 personnes) ; - quitter le chantier et devenir commercial (en électricité à partir de 4, 5 ouvriers, en maçonnerie à partir de 9 gars) ; être indépendant est très risqué. Les artisans passent leur temps à limiter le risque».

67 57 Par ailleurs, pour de nombreux artisans, le métier est fondé sur l expérience et le pragmatisme. Ils s appuient sur ce qu ils ont connu dans le passé et leur manière de faire habituelle. Confrontés à de nouvelles mises en œuvre ou de nouveaux matériaux, ils procèdent par essais et erreurs. Ils utilisent leur savoir-faire mais en manquant parfois de vision globale de leur travail. Ce que décrit l un d eux : «On est sur de l empirique. L artisan essaie une solution. Si ça marche, c est bien, si ça ne marche pas il essaie une autre solution qu il a déjà essayée sur un autre chantier. L artisan ne se forme pas avant le chantier. Il met en œuvre et après il se forme pour vérifier ce qu il a mis en pratique. C est du pragmatisme». A contrario, l ouverture à l innovation constitue une posture spécifique qui introduit une vision d ensemble. Enfin, les artisans sont face à des évolutions de deux ordres : évolution des techniques de mise en œuvre et évolution des systèmes énergétiques. Les évolutions concernent la mise en œuvre de nouveaux matériaux (par exemple la technique récente des tuyaux en PE qui se sertissent). Les artisans estiment qu il est difficile de s ouvrir à ces nouvelles techniques car elles vont à l encontre des fondements de leur métier. La mise en œuvre de ces nouvelles techniques, essentiellement utilisées dans la construction neuve, les conduit à une perte de technicité (ces techniques ne demandent pas des compétences particulières). C est dans la rénovation que les artisans gardent leur qualification et leur savoir-faire. Les artisans se trouvent donc devant cette difficulté : comment faire évoluer le métier en mettant en œuvre de nouvelles techniques qui demandent moins de technicité, tout en gardant les fondements de leur métier. Les évolutions concernent également les nouveaux systèmes utilisés pour la maîtrise de l énergie et le recours aux énergies renouvelables. Comme tout changement, l innovation (changer de système productif ou constructif) est un risque supplémentaire. Actuellement, les artisans qui mettent en œuvre des innovations techniques gèrent un compromis entre un contexte économique favorable au bâtiment et un changement qui s ajoute à un métier qui comporte déjà une part de risque. Ces nouvelles techniques vont entraîner des changements organisationnels, qui vont se concrétiser par une prise en compte plus globale du bâtiment, une approche en termes de système et pas uniquement en termes de produit Les nouvelles techniques de maîtrise de l énergie et les énergies renouvelables Une typologie des artisans face à la problématique du développement durable La rencontre du contexte environnemental (exigence du facteur 4) et de l évolution des métiers (recouvrement des corps d état) conduit les artisans à un nouveau positionnement. Aussi peut-on identifier une typologie d artisans qui croise, d une part, leur approche des situations (mettre en œuvre un produit ou avoir une approche plus systémique), d autre part, l attitude à l égard des énergies renouvelables et la capacité à y répondre (recherche de l information, formation, inscription dans des réseaux professionnels, etc.).

68 58 Approche des situations Approche par produit Traditionnels Artisans qui se diversifient Motivés Pionniers Motivations à l égard des EnR Intérêt économique Moyens déployés Formation courte Conviction écologique Formation longue Formation sur le tas Participation à des réseaux Artisans qui créent une entreprise d EnR Débutants convaincus Approche systémique Plusieurs facteurs différencient les artisans dans leur rapport à la maîtrise de l énergie et aux énergies renouvelables. La distinction qui nous semble essentielle est leur degré d investissement dans ce champ. Les critères les plus significatifs qui fondent cette typologie sont les suivants : - le degré d investissement sur ce champ, - les motivations : intérêt économique/conviction écologique, - la capacité à s inscrire dans des réseaux professionnels, - la capacité à rechercher l information et à se former. S investir dans les énergies renouvelables ou rester à la marge Dans notre échantillon de professionnels, nous avons rencontré des plombier/chauffagistes, des spécialistes de l isolation, des couvreurs et des menuisiers. Du côté du gros œuvre, les spécialistes de l isolation nous semblent plutôt dans une démarche traditionnelle qui les dispose à appliquer des produits définis par les fabricants pour répondre aux coefficients thermiques. Les choix sont plus limités : taille de l isolant, recherche d isolation thermique ou acoustique. Parmi les professionnels du second œuvre, il semble qu actuellement le métier de plombier/chauffagiste soit un des secteurs le plus favorable à l introduction de l innovation.

69 59 Les artisans mettent en œuvre des produits et des systèmes nouveaux dont le développement a été soutenu par les pouvoirs publics, ils sont soumis à une réglementation en évolution constante, etc. Il s agit d un métier plus complexe. Chez ceux que nous avons rencontrés nous avons trouvé tous les degrés d investissement dans le secteur des énergies renouvelables, depuis ceux qui installent quelques équipements par an jusqu aux artisans qui se sont spécialisés dans ce domaine. Ce sont deux démarches différentes de se diversifier vers les énergies renouvelables ou de créer une entreprise spécialisée dans ce type d installation. Un nouveau métier semble émerger : l assembleur ou le solariste. Précurseurs ou opportunistes : la période à laquelle ils ont modifié leur activité les différencie. Les motivations : intérêt économique/conviction écologique Les motivations qui conduisent les artisans à s orienter vers les énergies renouvelables sont diverses, elles se recoupent bien souvent mais c est le poids d un critère par rapport aux autres qui les différentie : - économique (profiter d un marché porteur, se diversifier face à la concurrence), - convictions écologiques, - recherche de l innovation, - profiter des mesures fiscales. Pour un grand nombre d artisans, se positionner sur le marché des énergies renouvelables semble être un passage obligé. Ceci répond davantage à un souci économique qu à des convictions écologiques. En revanche nous avons constaté que les artisans ayant des convictions écologiques sont souvent les plus aptes à communiquer sur les énergies renouvelables. La capacité à s inscrire dans des réseaux professionnels Les réseaux professionnels, syndicaux, écologiques, générés par les coopératives, etc. permettent aux artisans d échanger de l information, des conseils, parfois même du travail, et de rompre l isolement. L investissement personnel dans ces réseaux semble davantage discriminer la population des artisans que l âge. Le fait d être dans des réseaux semble constituer un élément mobilisateur pour recherche les meilleures solutions et produits, et s engager dans l innovation et les énergies renouvelables. Les compétences requises : formation, information Ces nouveaux équipements nécessitent des compétences spécifiques. La profession de chauffagiste est en évolution, elle devient plus technique et plus complexe. L artisan doit être capable de faire un diagnostic thermique global du bâtiment pour proposer la meilleure solution. Sa connaissance du domaine lui permet d avoir un œil critique sur les produits et les installations. Son expérience lui permet également d apporter le meilleur conseil au client. De ce fait, les professionnels sont conduits à se former pour suivre les évolutions techniques et réglementaires. Nous avons constaté dans les entretiens de professionnels que leur investissement dans le secteur des énergies renouvelables, leur parcours professionnel

70 60 distinguait des types de formations différentes : formations longues ou courtes, formation de base ou continue, etc. Les formations courtes faites en cours de carrière sont en général destinées à obtenir les labels ou appellations (Qualisol, Qualibois, Vivrelec). Réalisées en 2 ou 3 jours, elles ne permettent pas de dominer le sujet mais sont destinées à rendre l artisan capable de mettre en œuvre les produits des fabricants (pour, in fine, que le particulier puisse bénéficier de déductions fiscales). Les centres de formation liés à la CAPEB proposent des formations continues de courte durée pour s adapter aux contraintes des artisans en activité. Plusieurs organismes ou associations proposent des formations qualifiantes pour une entrée dans le métier ou une réorientation. Les Compagnons de Solaire sont les pionniers de la formation thermique et photovoltaïque. Ils ont une bonne reconnaissance en Savoie. Néopolis est un centre de formation impulsé par la Chambre de Commerce de la Drôme. Certains CFA ou Lycées professionnels proposent des modules destinés à obtenir une qualification de techniciens en énergies renouvelables Description des différents types d artisans engagés dans les énergies renouvelables Les pionniers Il s agit d artisans qui se sont tournés vers les énergies renouvelables dès la fin des années 70 et qui progressivement ont orienté la totalité de leur activité dans le champ des énergies renouvelables. Arrivés en fin de carrière ils vendent leur entreprise de préférence à des artisans capables de faire 100 % de leur chiffre d affaire dans le domaine des énergies renouvelables. Peu nombreux sur la région nantaise, ils sont considérés par leurs confrères comme des références. L un d eux a été le premier à se placer sur le champ des énergies renouvelables dans la région et s y est totalement investi. C est l exemple le plus abouti de l artisan convaincu, dont le parcours est significatif de ses engagements. Il a tout d abord exercé pendant 10 ans comme électricien/chauffagiste traditionnel. Au moment du Plan Soleil de L ADEME, il s est lancé dans la mise en œuvre d équipements d énergies renouvelables, ce qu il a fait pendant 6 ans. Au moment où nous l avons rencontré il était en train de vendre son entreprise de 6 salariés pour s installer comme distributeur/assembleur d une société allemande. Il aborde différentes composantes des énergies renouvelables : il est spécialisé dans le solaire et le chauffage au bois. Il estime qu en 6 ans il a installé : - 10 chaudières à bois autonomes m² de panneaux solaires dont : - 80 installations d ECS, - 25 installations de chauffage, - des installations de solaire photovoltaïque. Il a de fortes convictions écologiques. Il a créé autour de lui un village «écologique» où travaillent différents professionnels et où il a l intention de rester. Il fait partie du réseau des «Installateurs solaires motivés», qui s affichent sur internet et a lui-même un site. Auprès du public, souvent des convaincus, il a une forte réputation, ce qui le conduit à sélectionner sa

71 61 clientèle. Lors du premier contact, il adresse un questionnaire aux personnes pour comprendre leur demande. Si le questionnaire lui est retourné, il envoie une pré-étude pour permettre de fixer un budget. A ce stade, 9/10 des chantiers aboutissent. Son expérience lui permet d être pointu sur le plan technique. A cours de ces années, il a sélectionné les produits les plus efficaces pour les avoir mis en œuvre. Il s approvisionne à la coopérative d achat Vendée Sani-Therm (qui, dit-il, l a aidé à se structurer). Il lui arrive de signaler à VST les produits qui ne lui semblent pas satisfaisants et qui, de ce fait, ne seront plus proposés à la vente. Il souhaite désormais aller plus loin dans la démarche technique et devenir «assembleur», activité qui consiste à proposer des solutions d ensemble : les produits et les éléments d assemblage pour la mise en œuvre. Il est très intéressé par le fait que les solutions sont innovantes et spécifiques aux énergies renouvelables : ballon spécialement conçu pour la production solaire avec une régulation plus performante et une meilleure isolation, alimentation du lave-linge avec l eau chaude solaire, etc. Son expérience lui permet de juger sans complaisance des installations défectueuses : capteurs mal orientés, systèmes qui consomment davantage après installation, fabricants référencés dont les matériels ne marchent pas, etc. Il se demande si l appellation Qualisol a donné lieu à des contrôles et si certains artisans ont été radiés. > Un nouveau métier commence à émerger : l assembleur qui propose des solutions techniques complètes et globales. Comment les artisans vont-ils trouver leur place par rapport à cette spécialisation? Les artisans spécialisés en seconde carrière Ce sont des artisans qui s engagent dans une seconde carrière, tournée vers les énergies renouvelables. Ils ont suivi une formation plutôt longue (celle des Compagnons du solaire par exemple). Leur parcours correspond soit à une réorientation en termes de métier (le choix de devenir technicien solaire ou plombier chauffagiste spécialisé en énergies renouvelables) ou d activité (professionnels qui décident de se tourner vers les énergies renouvelables). La tranche d âge concerne les ans. Voici l exemple d une petite entreprise familiale de 3 personnes, installée sur le lieu d habitation. Madame est attachée commerciale, Monsieur a obtenu un DUT puis a fait une école d ingénieur. Il est spécialisé en génie électrique, thermique et en mesures physiques. Il a travaillé chez un sous-traitant des Chantiers de l Atlantique. Ils habitaient Pornichet et ont eu le projet de faire construire leur habitation. Ils signalent, qu il y a 5 ans, ils n ont trouvé aucune entreprise capable de répondre de manière globale à leur demande et que chaque installateur répondait de manière spécifique. Ils sont assez critiques. Ils considèrent qu ils ont recueilli des avis contradictoires et qu ils ont même constaté des choses qu ils jugent aberrantes. Ils ont été également déçus par l EspaceInfoEnergie qui n a pas considéré leur projet de manière globale. Ils ont sauté le pas et se sont mis à leur compte (ce qui n a pas été facilité par les banques, disent-ils). Ils se sont installés à la Chapelle-sur-Erdre (commune de l agglomération nantaise) où ils avaient un oncle chauffagiste qui pouvait effectuer la sous-traitance. Ils ont également choisi cette commune pour être près de la demande, la ville étant très soucieuse des questions écologiques et de développement durable. C est également une commune assez riche.

72 62 Ils se considèrent comme un bureau d études qui fait du conseil de manière globale. Ils analysent la situation existante et le mode de vie des familles (nombre de personnes, mode de lavage, goûts, etc.). Ils estiment qu ils ont des connaissances dans tous les domaines (VMC, puits canadiens, récupération d eau de pluie, etc.) et qu ils sont les seuls à pouvoir faire la maintenance de leurs installations et de celle des autres. Leur marché est orienté uniquement sur les énergies renouvelables. Il se répartit en premier lieu sur l énergie solaire thermique pour l eau chaude autonome ou en complément. En second sur le chauffage au bois en chaudière ou en poêle, choisi pour le confort et la chaleur «psychologique». 75 % de leur activité concernent deux types de situation en rénovation : d une part, lors de l achat d une maison, les particuliers désirent installer un système écologique ou moins cher en fonctionnement. D autre part, lorsque la chaudière doit être changée, ils réfléchissent à un nouveau mode d énergie. Les responsables de l entreprise estiment qu elle marche bien. Dans un premier temps, ils ont fait de la prospection, ont participé à des salons pour se faire connaître. Ils réalisaient de nombreux devis dont peu aboutissaient (15 sur 70). Maintenant les gens viennent directement à eux. Ils sont connus par le bouche à oreille, ce qui les dispense de faire de la prospection et d avoir recours aux réseaux d écologistes. Ils constatent qu ils sont débordés et que 4 devis sur 5, soit 80 % donnent lieu à une installation. C est le résultat d une relation clientèle suivie, disent-il. D après eux, la principale raison de ce succès tient à leur approche globale des situations. Ils insistent sur le fait qu ils offrent un service (qu ils avaient recherché pour eux-mêmes) qui n existe quasiment pas. Par eux, la majorité des professionnels qui installent ce type d équipements sont des artisans plombiers/chauffagistes ou des chauffagistes classiques pour qui les énergies renouvelables représentent une activité annexe. La deuxième raison tient à l honnêteté de leur démarche. Ils ne veulent pas faire n importe quoi et se refusent à mettre un chauffage performant s il n y a pas une bonne isolation. Enfin, l explosion de la demande en énergie solaire que l on constate ces deux dernières années y contribue, (demande soutenue par le crédit d impôt et les aides de la Région). «Il y a un effet de mode», dit l ensemble des professionnels. Ils estiment que la composition de leur clientèle est très diverse (en âge, en niveau de ressource et en parcours résidentiel) et que les motivations se répartissent entre des convictions écologiques et la nécessité de changer de matériel (quelques-uns cherchent à faire un investissement financier dans un souci de défiscalisation). Ils diversifient leur approvisionnement en fonction de leur besoin. Ils se fournissent à la coopérative d artisans Vendée Sani-Therm pour le petit matériel, les pompes à chaleur, les capteurs thermiques, les chaudières à granulé. Ils s approvisionnent chez les fabricants pour le photovoltaïque, les poêles, les chaudières (dans les Vosges). Ils ont l agrément Qualibois et Qualisol (qui garantit les installations pendant 2 ans). Mais ils estiment que la formation Qualisol est de très faible niveau (2 jours pour le Qualisol de base + 2 jours pour un complément chauffage solaire avec régulation). Ils savent que maintenant l appellation est gérée par l association Qualit EnR et que les conditions ont changées (il faut faire 3 installations par an, renouveler la demande tous les ans et payer une adhésion). Ils estiment que Qualit EnR devraient faire des contrôles d installations pour éviter qu il y ait des

73 63 contreperformances. (Plusieurs professionnels rencontrés ont signalé des installations qu ils considéraient comme des erreurs du fait d un faible ou mauvais ensoleillement). Monsieur se considère bien informé mais reconnaît qu il faut «aller à la pêche» pour avoir l information et que le soutien technique est très informel (auprès des concurrents/confrères). Les fabricants font des mises au point de leur produit. Il se forme par des lectures, fait de la recherche et accueille des étudiants. Il a un projet de recherche de solaire passif. Du fait de son niveau élevé de qualification, il domine le sujet. Il souhaiterait contribuer à la rédaction des DTU car il considère qu il y a un manque dans le secteur des énergies renouvelables, et espère que la RT2005 va faire évoluer les choses et augmenter les niveaux de performance. > Ce cas pose la question de la mise en œuvre des équipements d énergies renouvelables. Les entreprises spécialisées dans ce champ sont-elles mieux adaptées et plus compétentes que les artisans? Sont-elles davantage capables de répondre de manière globale, maîtrisant une gamme de produits plus étendue? > Comment les artisans peuvent-ils trouver leur créneau? S ils ne proposent pas une approche globale relevant de la maîtrise de l énergie, ne risquent-ils pas d être dépossédés du champ des énergies renouvelables? Les artisans débutants convaincus Ce sont des jeunes (20/30 ans) sensibles aux enjeux des énergies renouvelables. Ils ont une vision globale du sujet et donnent une dimension éthique à leur démarche. Ils présentent les énergies renouvelables comme la seule production d énergie propre. Ils ont conscience de la nécessité de modifier les comportements en matière de maîtrise de l énergie. Ils pensent que travailler dans ce secteur est un métier d avenir et ont en général un projet professionnel. Ils ont une solide formation de base et possèdent en général un bac professionnel électro technique. Ils représentent une nouvelle génération d artisans qui souvent allie à la formation traditionnelle des compétences de type bureau d étude et de conseil. Certains, très motivés, se sont déjà engagés dans ce domaine. Par exemple, l un d entre eux a travaillé dans le cadre d un projet pluridisciplinaire pour une association humanitaire. Il consistait à créer une pompe à énergie solaire et à l installer au Togo. D autres découvrent les énergies renouvelables lors de stages en entreprise. Les formations longues sont à la fois récentes et peu nombreuses. La plus réputée est la formation de technicien conseil en énergie renouvelable dispensée par les Compagnons du Solaire. Elle concerne le solaire thermique et le solaire photovoltaïque. L objectif de la qualification est de «former des agents de développement capables d initier et de mener à bien des projets concrets basés sur des connaissances : - techniques (matériels, application, limites, dimensionnements, coût et calculs de rentabilité), - pratiques (mise en œuvre, mise en service, maintenance, dépannage), - institutionnelles (aspects juridiques, répartition des compétences, rôle des différents partenaires, mobilisation des financements)». La durée de la formation est d un an soit 525 heures en centre de formation et de 525 heures en entreprise. La formation, très complète, est conçue en quatre cycles sur huit mois embrassant l ensemble du domaine du solaire thermique et du solaire photovoltaïque. Elle conduit à l obtention d un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP)

74 64 d installateur/mainteneur en système solaire thermique et photovoltaïque. Il s agit d un équivalent niveau IV et bac professionnel. Une seconde formation permet à de jeunes artisans débutants convaincus de s installer. Cette formation est dispensée au Lycée Saint Louis à CREST et débouche sur un diplôme de «Technicien conseil en énergies renouvelables». La première promotion était composée de 4 élèves de 18/20 ans ayant un bac professionnel électro technique et maintenance des systèmes automatisés et de 4 adultes ayant une expérience professionnelle. La seconde était de 5 jeunes et de 11 adultes. Il n y a pas eu de filles. Les stagiaires ont le statut de salariés en contrat de professionnalisation. Ils apprécient ce type de formation «intelligente», où l on pense à ce que l on fait et ce que l on ne doit pas faire. Ils sont rémunérés au minimum (65 % du SMIC, exonéré des charges URSAFF). Le coût de la formation est pris en charge par l'organisme collecteur (OPCA). La principale difficulté est de trouver une entreprise qui puisse accueillir les élèves pour des stages d immersion. Les stagiaires de la première promotion ont eu du mal à trouver des sociétés engagées dans le domaine des énergies renouvelables. Pour la seconde et actuelle promotion, ce fut plus facile. 14 des 16 stagiaires sont accueillis dans une entreprise et 2 sont en CIF. Ils ont en général des promesses d embauche à l issue de la formation. L un d entre eux a été sollicité par un employeur situé à Marseille. L entreprise a été créée par un ingénieur allemand qui travaille dans la conception de capteurs en Allemagne. Cette entreprise ne travaille que dans le champ des énergies renouvelables : solaire, géothermie, PAC et bois énergie. Elle fait également la prospection des clients, les devis, les études et les installations. Elle travaille avec l EspaceInfoEnergie et le CSTB avec qui elle développe un Avis Technique. Les GRETA se sont également engagés dans des formations pour adulte de niveau CAP/BEP qui incluent le solaire thermique. Ils sont néanmoins au début d un parcours qui demande encore à se développer. La rareté de ces formations montre qu il est plus que nécessaire de les impulser au niveau national. > On constate que les formations longues menant à une spécialisation dans le champ des énergies renouvelables sont peu nombreuses. La formation semble néanmoins être une condition nécessaire au développement d une profession de qualité. > Un effort de formation est à envisager à différents niveaux : plan national et régional, et degré de qualification (techniciens et responsables d entreprise). Il serait souhaitable que l Éducation Nationale s investisse dans ce domaine. Les artisans traditionnels Ils constituent la majorité des professionnels qui s engagent dans le secteur des énergies renouvelables. Ils estiment que c est un marché et une niche rentable aujourd hui, et orientent donc leur activité dans ce sens. Ils sont concessionnaires de marques qui leur garantissent une exclusivité et/ou un marché géographique. Ils font une formation courte pour bénéficier de l appellation Qualisol, sésame indispensable pour pénétrer le marché du solaire thermique. Nous présentons le cas d une entreprise de plomberie/chauffage/géothermie/climatisation de 6 personnes.

75 65 Bien qu ayant 56 ans le responsable n envisage pas encore sa fin d activité. En 1964 à l âge de 14 ans, il s est engagé en apprentissage d électricité dans une entreprise de chauffage. Il considère qu à l époque les grosses entreprises étaient multi fonctions et qu il a appris le métier sur le terrain. Ensuite, il a travaillé chez un chauffagiste national à la maintenance et au service après vente. En 1996, il a repris une entreprise d installation à une période où le bâtiment se portait bien. En 2003, il s est associé avec un collègue pour créer une autre entreprise, celle-là destinée à la maintenance. Il estime qu il n a pas une forte image dans le domaine des énergies renouvelables, qui représentent 15 % de son chiffre d affaire. Il a fait de nombreux devis mais peu de réalisations car, dit-il, les particuliers sont arrêtés par le prix, malgré le crédit d impôt. Néanmoins dans certaines communes riches de l agglomération nantaise le marché est plus porteur et les énergies renouvelables se diffusent davantage. D après lui, la plus grande partie de sa clientèle a des convictions écologiques, est plus argentée et plus âgée que la moyenne mais ce sont des personnes qui ne verront pas le retour sur investissement. Enfin, il estime que de nombreux particuliers sont très informés et même trop et qu ils ne sont pas en mesure d analyser la masse d informations disponible. Il installe : - des appoints au chauffage (réserve d eau couplée avec un chauffage basse température), - des CESI, - mais pas de photovoltaïque. Les chaudières à bois se diffusent bien au nord de Nantes, dans la forêt du Gâvre, dans les zones de production en milieu rural, dit-il. Son activité concerne surtout la construction neuve. Il a installé une dizaine de capteurs couplés avec une importante réserve d eau et un plancher chauffant. Il travaille avec deux marques haut de gamme, qui répondent à des problématiques différentes. - CLIPSOL pour la majorité de ses installations. La marque fournit l ensemble du système pour les CESI et le chauffage c'est-à-dire capteurs et ballons d eau chaude. - Thermomax ne fournit que les capteurs sous vide. Il lui faut donc se fournir ailleurs pour les autres éléments. Il considère que cette marque est dédiée aux expositions difficiles car elle permet une adaptation de 25. Elle peut être utilisée pour des sousexpositions, des orientations Est/Ouest et même être posée à la verticale ou sur un toit plat. Il faut alors rechercher la meilleure orientation et le meilleur rendement. Il se refuse à «faire n importe quoi», c'est-à-dire à installer des équipements dans des conditions inappropriées, lorsqu il y a un fort effet de masque. (L exemple des capteurs à l ombre d un arbre est souvent cité comme la contre performance type). La motivation première qui l a poussé à mettre en œuvre des équipements d énergies renouvelables est essentiellement économique. Il y avait un marché et il y a vu une source de développement pour son entreprise. Il cite d autres motivations : diversifier ses activités, aller vers la nouveauté, dans le sens de ses convictions écologiques. Mais comme le font la majorité des professionnels, énoncer ce type de conviction fait partie du discours sur le sujet. Il est agréé Qualisol depuis 2002 et connaît les nouvelles conditions d obtention de l appellation énoncées depuis un an. Il cite l exemple d un confrère qui ne bénéficie plus de

76 66 l appellation ne réalisant pas suffisamment d installations ; les clients lui demandaient des devis mais ne donnaient pas suite. Pour obtenir l appellation Qualisol, il s est formé pendant 2 jours chez CLIPSOL, fabricant de capteurs solaire situé à Aix les Bains. Pour les pompes-à-chaleur il est allé chez Clivet. On note que la formation technique des artisans concernant les énergies renouvelables est assurée essentiellement par les fabricants. En revanche, les formations et informations juridiques, réglementaires et sociales sont faites par les organismes professionnels tels que la CAPEB (qui propose également un service de réponse téléphonique technique et juridique). Il estime que son adhésion à la CAPEB lui permet d être informé (en particulier sur la réglementation), d échanger des expériences et d anticiper les évolutions. Bien que participant à la mise en œuvre des énergies renouvelables, il ne se considère pas comme un artisan novateur car il ne fait que prescrire des produits déjà élaborés par d autres. Il n est pas davantage prescripteur car il se situe sur le plan de la faisabilité, il dit si une installation est possible ou non. En résumé, il pense que le rôle des artisans est d être de bons conseillers techniques. > Pour la majorité des artisans, le chiffre d affaires lié aux énergies renouvelables est faible, de l ordre de 15 %. Ce chiffre est-il suffisant pour constituer un levier d action qui inciterait les artisans à s investir davantage sur ce champ et à adopter un comportement plus ouvert à l innovation? > Cet engagement, malgré tout limité, permet-il une réelle compétence? > Quel est le seuil de chiffre d affaires qui constitue un levier d action? A partir duquel l artisan peut se prévaloir d une expertise dans le domaine?

77 67 5. Fabricant, installateurs, distributeurs : émergence de nouveaux liens? Face à la baisse de leur chiffre d affaire qui jusqu alors était réalisé dans les domaines du fioul ou du gaz, un certain nombre de fabricants se sont trouvés dans l obligation de faire évoluer leur mode organisation, leurs produits et leur offre de services destinées aux installateurs. Ils proposent ainsi un certain nombre de solutions qui se fondent sur les énergies alternatives. Ils ont choisi de se regrouper et de produire des labels susceptibles de crédibiliser leurs nouvelles activités Trois fabricants créent le label NOVENERGIE Chappée, Idéal Standard et Brötje, au-delà d une offre traditionnelle de produits qui répondent encore aux demandes des consommateurs en matière de solutions de renouvellement de chauffage en fioul et en gaz, ont fait évoluer leur gamme de produits, comme la plupart des fabricants, en les orientant vers les nouvelles solutions de chauffage alternatives, écologiques et économiques, qui garantissent plus de confort (débit ECS, régulation performante, rapport qualité prix) et bénéficient de déductions fiscales ou de subventions des collectivités territoriales. De manières inconnues jusqu alors ils proposent des solutions dans les domaines suivants : - Solaire : capteur plan, capteur tubulaire, chauffe-eau solaire individuel (CESI avec l appoint d une chaudière ou d une résistance électrique), système solaire combiné qui contribue à la fonction chauffage ou pack-solaire combiné associé à une chaudière à condensation. Avec cette dernière application, environ 30 % de l énergie peut-être fournie par le solaire et 70 % par la chaudière à condensation. Les systèmes solaires bénéficient du Crédit d Impôt, l Etat prend en charge 50 % du coût du matériel (hors main d œuvre). Certaines régions accordent des primes régionales d un montant variable et parfois d aides supplémentaires selon les municipalités. - Aérothermie : basse (fonctionnant sur plancher chauffant) ou moyenne température, pompes à chaleur aérothermiques, essentiellement utilisées en rénovation en relève de chaudière existante offrant des Coefficient de Performance (COP) de 3 à 4 (pour 1kW d électricité on obtient de 3 à 4 kw de chaleur produite. Les pompes à chaleur bénéficient du Crédit d Impôt, l Etat prend en charge 50 % du coût du matériel (hors main d œuvre). Certaines régions accordent des subventions pouvant aller jusqu à Géothermie : pour captage horizontal ou vertical ou sur nappe phréatique de la chaleur contenue dans le sol ou la nappe, pompes à chaleur géothermique basse, moyenne et haute température. Les pompes géothermiques s installent essentiellement dans le neuf en raison des travaux de mise en œuvre qui en découlent. Elles peuvent répondre à certains projets de rénovation. Ces installations bénéficient du Crédit d Impôt à condition qu elles concernent la résidence principale. - Condensation : c'est une technologie applicable aux chaudières gaz et fioul qui permet de produire de l énergie et de récupérer de la chaleur latente et donc de produire plus d énergie à quantité égale consommée : condensation murale,

78 68 condensation compacte, condensation sol fioul, condensation sol gaz. Elles conviennent dans le neuf comme dans les projets de rénovation. L économie réalisée se situe entre 15 % et 30 % et peut aller jusqu à 40 % dans le cas du remplacement d une chaudière fuel. Le Crédit d Impôt, uniquement sur la résidence principale, sur le matériel (hors main d œuvre) est de 25 % pour les logements de plus de 2 ans construits après 1977, de 40 % pour les logements construits avant 1977 acquis récemment avec des travaux réalisés au plus tard le 31/12 de l année qui suit l acquisition. La nécessité faisant loi, ils cherchent à partager et fidéliser leurs réseaux d installateurs à travers la création du label NOVENERGIE. Ce dernier vise à faciliter l identification des installateurs reconnus par les trois fabricants comme a même de jouer un rôle de conseil, de faciliter la prescriptions de leurs produits et solutions et de mettre en œuvre les systèmes qui associent économies d énergies, avantages financiers et protection de l environnement. A travers la mise en place du label, le recours à la qualité est brandi comme plus-value. Pour bénéficier du Label NOVENERGIE, les installateurs doivent s engager sur une charte en huit points garantissant leur expertise technique, la qualité de leur intervention et la transparence de leurs pratiques commerciales vis-à-vis des particuliers : - «Se maintenir au meilleur niveau de compétence technique en participant régulièrement à des formations spécifiques aux nouvelles technologies ; - Proposer systématiquement dans les devis une (ou plusieurs) solution(s) basée(s) sur les énergies renouvelables ou la condensation ; - Préconiser un système dimensionné avec précision et parfaitement adapté aux besoins du client ; - Assurer une prestation de qualité à tous les stades de l intervention : respect des délais, propreté des travaux, réglage de l installation ; - Fournir toutes les informations nécessaires à la bonne exploitation du système installé ; - Etre transparent sur les droits et les garanties dont bénéficie le client ; - Proposer un contrat de maintenance de l installation et intervenir si besoin dans les plus courts délais ; - Remettre une facture claire et détaillée qui indique séparément le coût du matériel et celui de la main d œuvre, afin de faciliter le calcul du crédit d impôt du client. Dans un contexte de forte concurrence, la démarche est défensive. Il est urgent pour ces fabricants d envergure moyenne de se construire une image de marque car ils ne disposent pas des moyens nécessaires pour faire concurrence à l activité des grands groupes nationaux ou internationaux. La création d une image de marque symbolisant la qualité se construit à partir d un développement des compétences techniques des installateurs via la mise en place des instances de formations Dans le cas des industriels regroupés derrière le label NOVERGIE, en échange du respect de la charte, le fabricant s engage à favoriser le développement des compétences techniques de l installateur et de la mise en contact direct avec les particuliers de leur région au travers du site Internet qui fournit les coordonnées de un à trois installateurs par

79 69 département. Un forum technique «Tchat Energie», avec un accès réservé, permet aux installateurs de partager leur expérience. Chaque année plus de professionnels bénéficieraient des compétences techniques et commerciales dans les 8 centres du groupe. Des formations d une journée ou deux, dispensées par des professionnels possédant une expérience technique et d une expérience «terrain» : approche commercial complète du produit, présentation de la gamme, argument de vente, manipulation du produit en situation pour l installation, mise en route et entretien, éléments pour un dimensionnement optimal de l installation. Certaines formations (solaire ECS et solaire chauffage) bénéficient de l agrément Qualisol. Elles sont relayées aux professionnels de l installation par le biais de négociants spécialisés tels que CEDEO (Saint-Gobain Distribution Bâtiment). Cette démarche est payante, elle débouche sur la création de nouveaux liens et sur la mise en place de réseaux de mise en œuvre et de services après-vente par des groupes et fabricants traditionnels inaugurant de nouvelles formes d organisation. Ils élargissent leur gamme de produits aux solutions alternatives recourant aux apports d appoint des énergies renouvelables par la labellisation d installateurs-artisans-tpe-pme bénéficiant d une appellation et mis en réseau. L intérêt de cette approche est d offrir une gamme de solutions (solaire, aérothermie géothermie, condensation), de préconiser plusieurs solutions aux clients potentiels, si les recommandations sont appliquées. Cette approche multimarques (Chappée, Idéal Standard et Brötje) est en fait mono groupe puisque les trois fabricants sont des filiales de Baxi-France. Baxi est un des leaders en chauffage et confort collectif et individuel, avec salariés, 1,35 milliards de chiffre d affaires, un budget de R&D de 30millions pour le développement de nouveaux produits et production, numéro trois en Europe dans ce domaine Les négociants investis dans les groupements d achat : une action très émergente et peu visible Les négociants ont aussi pris la mesure des changements déjà largement engagés. Ils ont compris que la solution pour être compétitif est de mettre en place de centrales d achat. Ils peuvent ainsi disposer des meilleurs prix industriels. Le groupement SOCODA est l exemple type du rassemblement des négociants autour d un intérêt commun : celui de faire évoluer leur chiffre d affaire. Il s agit d un des premiers réseaux de distributeurs indépendants disposant d une petite capacité d achat qui approvisionnent l Industrie, dans les secteurs des aciers et des outils professionnels, et le Bâtiment pour l électricité, les matériaux, la décoration et le sanitaire chauffage. Le réseau SOCODA est composé de plus de 150 négociants distributeurs indépendant, avec 540 points de vente en France et dans les Départements d outre mer, collaborateurs, clients professionnels, partenaires fournisseurs et un chiffre d affaires cumulé de 2 milliards. Le chauffage sanitaire représente 9,5 % de l activité, l électricité 19 % et les matériaux 7,1 %. Dans la branche chauffage sanitaire, SOCODA compte 33 adhérents (99 point de vente) dont le chiffre d affaires total d environ 180 millions. Fin novembre 2006 les facturations de ces distributeurs étaient en progression de 19 % en chauffage et de 16 % en plomberie, mais les perspectives de nouvelles adhésions concernent plutôt des distributeurs de taille réduite, compte tenu de la concentration dans le secteur de la distribution.

80 70 Ce mode d organisation est innovant à deux titres : - La politique de développement durable du réseau est axée sur le recrutement de jeunes notamment de quartiers difficiles (plus de embauches), la formation de tuteurs et le développement des points de vente pour améliorer le maillage territorial et renforcer sa présence géographique sur l ensemble du territoire. Ils apportent une réponse à l absence de relève générationnelle dans ce secteur d activité. Face à la disparition prévisible de dizaine de milliers artisans d ici 2010, SOCODA vise à former des jeunes en leur donnant le goût d apprendre un métier artisanal afin que les nouveaux venus deviennent rapidement opérationnels assurant, sous forme de «parrainages» la relève générationnelle par la création et le rachat d entreprises artisanales, notamment en génie climatique. - Dans le domaine des énergies renouvelables et de l efficacité énergétique, le groupement a pour objectif, en 2007, d éditer un guide des aides financières publiques dans le domaine du chauffage, un guide consacré aux énergies renouvelables thermiques et à l eau (récupération et traitement). Durant l été 2007, un semi-remorque de présentation de l offre SOCODA (solaire, pompes à chaleur, énergie-bois) doit visiter un certain nombre de distributeurs spécialisés dans le matériel électrique et le chauffage sanitaire, première étape vers la création d espaces «énergies renouvelables» dans les points de vente des adhérents. Mais ces actions sont encore peu visibles, émergentes et en phase d initiation. SOCODA a récemment crée en Mai 2007, avec BigMat et Gedimat une centrale d achats qui devient la première pour les distributeurs indépendants avec 4,6 milliards de chiffre d affaires 2006 et points de vente. L action de SOCADA a su inspirer celle d autres groupements : Gapsa et Resia. Gapsa avec 113 distributeurs adhérents, 360 points de vente, collaborateurs, réalise un chiffre d affaires cumulé de plus de 1 milliards est un des leaders du chauffage sanitaire (appareils de chauffage, accessoires sanitaires et système de climatisation). Resia est un autre intervenant majeur avec 35 distributeurs répartis sur l ensemble du territoire national avec 240 points de vente et un chiffre d affaires d un milliard en thermique climatisation et chauffage plomberie sanitaire. Resia a su prendre une dimension européenne avec la centrale Euro Domo Tech (EDT) qui rassemble 7 partenaires européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Hongrie, Slovaquie, République Tchèque basés dans 10 pays (161 distributeurs, 551 points de vente, collaborateurs. Ces deux groupements n ont pas d actions visibles sur le thème des économies d énergie et des énergies renouvelables, notamment sur leurs sites Internet. Si globalement leur action est peu développée, il est certain que ce mode d organisation constitue un gage d avenir pour de petites sociétés mal préparées financièrement à faire face au développement des énergies renouvelables qui sont en train de vivre le passage d un marché de niche à un marché de masse Les groupes leaders de plus en plus actifs près à répondre au défi de la performance énergétique Les majors de la distribution spécialisée sont de plus en plus actifs dans la diffusion et l information sur les solutions énergétiques efficaces et les énergies renouvelables. Ces grands groupes mondiaux ont rapidement compris que le marché de la performance énergétique des bâtiments et des énergies renouvelables était devenu un marché de masse. Ils profitent de

81 71 l avance prise par leurs filiales étrangères en termes de sensibilisation aux questions liées au développement durable pour s engager en ce sens. Ainsi le groupe Brossette a développé une activité destinée aux professionnels investis dans les énergies alternatives. Brossette représente 20 % du négoce technique lié aux fluides (sanitaire, chauffage, canalisation et climatisation), 16% de part de marché, un milliards de chiffre d affaires, plus de 420 points de vente répartis en cinq régions, collaborateurs et clients à son actif. Brossette fait partie du groupe britannique WOLSELEY un des plus importants distributeurs mondial de chauffage sanitaire à destination des entrepreneurs professionnels et un des principaux fournisseurs de matériaux en Amérique du Nord, au Royaume-Uni et en Europe continentale. Woseley est également implanté en France au travers de sa filiale PBM (anciennement Pinault Bois Matériaux) En France, Brossette apporte aux professionnels, par des «experts» des agences régionales, des préconisations d utilisation, des conseils liés au métier, une assistance à l élaboration de devis. Des cahiers techniques sont diffusés sur les thèmes du Désembouage des installations de chauffage collectif et des pompes à chaleur sur air, eau et sol, ainsi que des fiches techniques et pratiques diffusées dans sa revue Canalpro, les normes techniques et bien sur des catalogues techniques. Un dossier très didactique sur les énergies alternatives est présenté sur leur site Internet (Solaire, Pompe à Chaleur, Chaudière à bois, Chaudière à condensation, Climatisation réversible) avec une présentation des différents systèmes et solutions, des conseils d installation et sur les modalités de facilitation des démarches des clients pour l obtention d aides, ainsi que les dispositions fiscales dont ils peuvent bénéficier. Brossette associe à ce travail d information et de sensibilisation, une approche pratique puisqu il organise un programme ambitieux et dense de Forum des énergies renouvelables, d une durée de un à trois jours dans six régions et 9 villes au cours des mois de septembre et octobre La démarche de ces grands groupes internationaux est d autant plus intéressante à suivre que les moyens engagés sont très importants et auront un effet à grande échelle. Le groupe DSC (Distribution Sanitaire Chauffage) filiale de Saint-Gobain est exemplaire en ce sens. DSC Distribution Sanitaire Chauffage regroupe le réseau spécialisé filiale de Point.P de Saint-Gobain Distribution. Il fait partie des premiers groupes qui ont fédéré le secteur de la distribution sanitaire chauffage par le rachat de négociants en faillite, se dotant d une puissance d action importante permettant un recensement des produits à une plus grande échelle. Ainsi, plusieurs enseignes développent cette activité : CEDEO, Dupont Sanitaire Chauffage (27 agences en Région parisienne et dans le quart Nord Est), SEM ANGLES (40 agences dans le quart Sud Ouest), et CLIM PLUS spécialisé dans le chauffage et la climatisation et présent dans 10 départements. DSC joue un rôle de holding et back office. DSC représente environ 750 millions de chiffre d affaires, salariés, 250 points de vente et comptes clients dont 90 % de professionnels. Parmi ceux-ci les PME et artisans sont majoritaires mais aussi des entreprises de climatique, des services techniques de collectivités territoriales et Mairies. Afin de travailler à une autre échelle et de répondre à l avènement d un marché de masse, DSC a mis en place un responsable du développement des énergies renouvelables en charge de la politique de référencement des grandes marques et industriels représentatifs. Il y a deux niveaux dans la politique de référencement de DSC, un niveau national avec des accords transnationaux avec des fabricants de dimension européenne et un deuxième niveau de

82 72 référencement local et historique en travaillant avec des industriels présents au niveau des agences régionales. Il est difficile avec un réseau de 250 points de vente de référencer au niveau national des industriels qui ont deux commerciaux, par ailleurs il est possible de combiner référencement national et local même avec des industriels qui pratiquent de la vente directe aux installateurs. L orientation de l activité de groupes comme DSC montre qu au départ les énergies renouvelables constituaient un marché de niche de l ordre de 2 millions il y a six ans avec au départ deux fournisseurs, Giordano pour le solaire et Technibel pour les PaC. Aujourd hui tous les fabricants (Chappée, De Dietrich, Bosch, Elm Leblanc, Saunier Duval, Chaffoteaux, Atlantic, Reo pour les planchers chauffants, EMAT etc.) proposent des chaudières à condensation et de nouveaux produits, solaire et PaC, en complément de gamme. De nouveaux spécialistes basés en Allemagne arrivent sur le marché français. La vente et l installation de chaudière au fuel est en baisse de 25 % et de 2 à 3 % pour les chaudières au Gaz. Le marché des chaudières est de l ordre de unités par an ( murales et au sol), et il se vent 14 chaudières individuelles pour 1 Pompe à Chaleur ( en 2007 contre en 2006 et 2000 en 2000). Les fabricants tels que CIAT Habitat, Airmat, Necsa (PME filiale d UTC Carrier, Demplex (Autriche), Schtibel développent une offre de solutions PaC, mais les fabricants d appareils de climatisation y voient également l intérêt. Daikin qui représente 50 % du marché français à lancer depuis un à deux ans une gamme de PaC, d autres suivent comme Mitsubishi. La plupart des industriels, pour compenser la baisse des ventes de chaudières aux combustibles traditionnels s y mettent. DSC comme d autres groupes cités plus haut ont compris que la réorientation de leur démarche commerciale devait s accompagner du développement important d un effort de formation de ses équipes d aide à la prescription, au chiffrage et à l élaboration de devis (environ cent personnes) et de ses plus de trois cent commerciaux. Ils bénéficient des programmes et action de formation des industriels sur deux jours, mais aussi des actions de formation continue organisées par le Lycée Maxilien Perret. De Dietrich ouvre un nouveau centre de formation La marque généraliste du chauffage vient d'inaugurer son nouveau centre de formation de Rungis, dans le Val-de-Marne. Celui-ci vient compléter un dispositif comprenant 11 centres en Europe dont 6 centres de formation régionaux en France (Aix en Provence, Lille, Lyon, Toulouse, Villeneuve D'Ascq) et un centre de formation international (Reichshoffen). "Ce nouvel outil se caractérise par une implantation géographique stratégique", expliquent les dirigeants de De Dietrich. Situé à proximité des grands axes routiers (A6, A10, A86), à 5 minutes d'orly et 10 minutes de la Porte d'orléans, il offre un accès rapide et pratique aux professionnels qui viennent en stage. Lieu d'accueil et d'échanges, de conseils et de formation totalement dédié aux professionnels du chauffage, ce nouveau centre est un des éléments d'une plate-forme regroupant sur un même site la Direction Régionale des ventes Ile de France, qui accompagne les distributeurs et les chauffagistes des régions Ile de France et Normandie, l'assistance Technique Régionale pour répondre aux demandes spécifiques des professionnels et le Service Après-Vente Ile de France. Une équipe de 6 personnes, dont 2 dédiées exclusivement à la formation, travaille en permanence au centre de Rungis. L'équipe comprend également 11 commerciaux et 14

83 73 techniciens régulièrement sur le terrain. Au total, 9 thèmes de stages, sont proposés : mise en service et maintenance de chaudières gaz ou fioul de petite ou de moyenne puissance, programmation et mise en œuvre de régulation, mise en œuvre de l'électricité appliquée au chauffage par eau chaude Enfin, outre les formations classiques identiques aux autres centres régionaux, le Centre de Rungis proposera, dès le 1er semestre 2005, des stages sur la condensation pour moyenne et forte puissance, ainsi qu'un stage Diemasoft, (offre globale de logiciels et d'outils de calcul), entièrement dédié aux prescripteurs, à partir du 2ème semestre Aujourd'hui, 110 stages sont programmés sur l'année 2005, représentant plus de stagiaires formés. Le Moniteur La nécessité de donner un conseil pertinent au client final, en majorité sur le marché de la rénovation. L absence d isolation ou d huisseries correctes peut entrainer un gaspillage «criminel» de l investissement (des combles isolées nécessitent une PaC d une puissance de 8 Kw contre 14 sans isolation). D où la mise en place de stages de deux jours sur les interactions interprofessionnelles (notion de thermique pour les plaquistes, notion d isolation pour les menuisiers et les chauffagistes) qui facilitent la mise en place d un travail en réseau entre artisans aux spécialités complémentaires qui devient indispensable. Il ne suffit pas de savoir raccorder un panneau solaire, monter sur un toit, il faut aussi avoir le personnel qualifié et les dispositifs de sécurité. Les travaux qui portent sur la toiture couverture et l intégration d équipements et composants dans le bâti nécessitent d apporter une garantie décennale. Pour le responsable énergies renouvelables de DSC, la matière de dépasser les problèmes d assurance c est le travail en réseau avec le partage des habilitations et assurances, les couvreurs et maçons portant la décennale et les artisans spécialistes des équipements techniques et les autres spécialités de second œuvre (plomberie, sanitaire, chauffage, isolation) portant la garantie biennale. Les seules alternatives envisageables au travail en réseau d artisans aux spécialités complémentaires pourraient être les entreprises multi compétentes, les installateurs spécialisés ou hyper spécialisés ENR, les installateurs pluri compétents. Autre alternative les fournisseurs d énergie, à l image d EDF, qui réalise des diagnostics payant et préconise des travaux «facturés par EDF et sous traités» ou préconisé avec un «encadrement» du coût des travaux. Par ailleurs, ces groupes ont considérablement investis les champs de l information et de la sensibilisation. Deux des enseignes de DSC, diffusent des revues destinées aux professionnels avec un contenu technique de qualité : CEDEO MAG et magazine pro pour Dupont Sanitaire- Chauffage. De nouveaux outils y sont présentés. Un logiciel de chiffrage comparatif et de diagnostic énergétique conçu par Mecasoft est proposé aux professionnels. Ce logiciel réalise un calcul de déperdition énergétique, une visualisation des consommations et de l impact des travaux, un comparateur des coûts d exploitation, un comparateur d énergie, le tout débouchant sur des choix de solutions et un ou des devis. Ce logiciel permet de déterminer le besoin en chaleur et en rafraichissement d un bâtiment hétérogène de type habitat individuel afin de proposer plusieurs solutions en terme d installation et d énergie. Il aide à établir un diagnostic de la situation en recensant les éléments importants à caractériser avant de définir une solution d installation : caractéristiques du bâtiment, isolation des parois, nature des ouvertures, contraintes du bâti et de la région ; et permet d établir un bilan de consommation et de proposer des économies à réaliser suivant les solutions. Il comprend un outil de calcul

84 74 des déperditions pour l installation de chauffage ou de calcul des apports caloriques pour l installation d une climatisation. Il permet d estimer les coûts d exploitation et de mesurer les économies engendrées par les solutions traditionnelles de relève de chaudière avec changement d énergie ou en association avec le solaire pour l ECS et de les comparer avec des solutions en géothermie et aérothermie en optimisant les solutions entre COP et coût de l énergie complémentaire. Cet outil de chiffrage rapide permet de comparer différentes alternatives au plan financier et d aider au choix de différentes variantes entre la condensation, l intégration d une pompe à chaleur, l installation d un système solaire. Il accompagne l installateur dans ses démarches auprès des clients et l établissement de devis en rappelant les obligations réglementaires, tel l enlèvement et le dégazage de la cuve lors du remplacement d une chaudière fuel par une autre énergie, ou la préconisation automatique d équipements complémentaires comme l installation d un limitateur thermostatique pour sécuriser la sortie d eau chaude sanitaire. Le logiciel est programmé pour rappeler tous les éléments complémentaires nécessaires. Les éditions peuvent être réalisées au stade de l avant projet ou du devis avec bilan énergétique, dans un esprit de conseil. Si ce logiciel est conçu comme un outil d aide à la vente, pour des installateurs perturbés par la rapidité des évolutions technologiques et du niveau d informations de leurs clients un peu perdus. Il permet de familiariser les artisans et PME et leurs clients au calcul thermique. S il couvre une large plage de solutions disponibles en matière de chauffage et de climatisation, il est néanmoins focalisé sur les marques et solutions diffusées par chaque enseigne. Le logiciel est vendu 600 avec des versions spécifiques à l agence en fonction des produits référencés. Une version, au coût de à avec toutes les marques. Il est accompagné d un dispositif de fidélisation : remboursement après achat de trois systèmes d ENR PaC. La diffusion a débuté en septembre 2006 et les ventes se situent dans une fourchette de 200 à 300 exemplaires. Au départ les énergies renouvelables ne représentait qu un marché de niche organisé par le biais de ventes directes à des réseaux d installateurs, elles deviennent aujourd hui un marché de masse ce qui implique d autres réseaux de distribution. Le réseau DSC n est pas partenaire partout des mêmes marques. Cela résulte de l histoire du groupe qui s est constitué par acquisition de négociants indépendants, les points de vente ayant conservé des liens avec leurs industriels fournisseurs ainsi Cédeo le Mans travaille avec De Dietrich, entreprise alsacienne spécialisée dans les équipements de chauffage à eau chaude et ayant développé une gamme énergies renouvelables, et non avec Chappée. La dimension du développement de l activité pour couvrir un besoin de masse est amorcée. Un tournant est pris par le monde industriel et d autres groupes ont compris l intérêt de s investir dans ce secteur. Ce mouvement touche aussi le secteur de l ingénierie électrique. Les négociants spécialisés en matériels électrique, produits et services associés L ingénierie électrique est au cœur des efforts, qu il s agisse d énergie économisée sur les appareils, l éclairage ou la production d eau chaude quelque soit le mode de génération de l électricité (photovoltaïque, éolien, géothermie) ou le mode de collecte (pompes à chaleur, panneaux solaires) et de protection grâce à une ventilation étroitement contrôlée. L activité des leaders mondiaux Rexel et Sonepar est innovante en la matière. Rexel est le premier distributeur mondial de matériel électrique basse tension et courants faibles qui joue un rôle d information et de conseil sur les solutions d équipements

85 75 électriques, présent dans 28 pays, avec 1920 points de vente, salariés et 10,7 milliards de chiffre d affaires. Rexel se veut au cœur de la vie électrique. Rexel intervient sur trois marchés, l industrie, le bâtiment tertiaire et le résidentiel : économies d énergie, confort accru, systèmes électriques intelligents, sécurité, produits et services à valeur ajoutée, automatismes. En France Rexel a développé trois labels : Inexel qui indique les points de vente au service des artisans électriciens qui interviennent dans le résidentiel avec une garantie de conseil et de proximité, Neoxis et DXI qui s adressent aux clients industriels. Rexel organise des formations avec les industriels pour aider les petits et moyens installateurs à maîtriser les nouvelles technologies et se positionner sur des marchés et métiers plus porteurs. Rexel met en œuvre une réflexion particulière sur les questions de logistique. Une démarche de développement durable vise à prescrire une offre de produits innovants favorisant les économies d énergie. Rexel vise à «devenir distributeur d économies d énergie, en servant d interface entre les producteurs et les installateurs, via des solutions produits, et entre les installateurs et les clients finaux, via de l information et des formations». Un dépliant, qui présente les solutions économes dans quatre lignes de produits (éclairage, régulation, chauffage, ventilation), avec un chiffrage des économies réalisables, a été mis au point avec l ADEME et distribué à exemplaires dans ses 450 agences françaises. Prés de un tiers du réseau Rexel serait à même de proposer des offres d énergies renouvelables. Sonepar avec son adage «ce qui compte, c est ce qui dure et ce qui dure c est ce qui sait s adapter» est un des deux leaders de la distribution électrique, avec 38 ans d existence, est un groupe familial, implanté dans 29 pays sur quatre continents, avec plus de cent sociétés opérationnelles. Sonepar représente, en 2006, 9,45 milliards, salariés, agences, commandes par jour, 10 % de croissance annuelle moyenne depuis 20 ans et une place de premier distributeur négociant en matériel électrique dans huit pays. L intérêt de la démarche de Sonepar est que toute réorientation d activité s appuie sur un réseau conséquent d électriciens. L éventail de produits est conséquent puisqu il concerne de nombreuses familles.

86 76 Le bassin d activité de la société est aussi très important. Sonepar approvisionne aussi bien le domaine industriel, le tertiaire, le résidentiel que les marchés des collectivités locales. Sonepar a mis en place une démarche de développement durable dénommée «Blue Way», depuis deux ans, en direction de ses interlocuteurs internes et externes au travers de trois axes en fonction de son rôle : de prescripteur de solutions innovantes à économie d énergie, d introduction de nouveaux concepts et produits sur le marché, d intermédiaire entre les fabricants et installateurs pour répondre aux besoins d amélioration de l ensemble des effets liés aux flux des produits (emballages et transports). Un cédérom et un concours interne à été mis en place auprès de 2000 collaborateurs pour recueillir des idées pouvant améliorer le rendement énergétique de l ensemble de la chaîne «électricité» Sonepar Deutschland, un des pionniers sur ce nouveau marché en plein essor, avec une croissance de 13% des ENR en 2006, apporte son soutien à ses clients du secteur de l installation électrique sous forme d informations et d outils de formation et de vente qui portent sur le rendement énergétique (ampoules à basse consommation et appareils électriques économes) ou le domaine des énergies renouvelables. Un des atouts des groupes de distribution européen et multinationaux tient à leur capacité à transposer plus rapidement, d un pays à l autre, les pratiques et modalités de distribution associées à de nouveaux marchés comme l efficacité énergétique et les énergies renouvelables, choix des gammes produits et argumentaires techniques, conseils aux installateurs électriciens, assistance à la prescription et formation à la mise en œuvre disponibles dans un pays n ont plus qu à être adaptés au contexte du nouveau pays visé. Cette capacité à utiliser et à transférer la compétence de filiales étrangères est un atout considérable qui permet aux filiales françaises d avoir les ressources nécessaires pour concurrencer les industriels étrangers qui sont désormais installés en France prêts à conquérir le marché. Ces derniers utilisent les mêmes dispositifs. Des filiales françaises articulées à la

87 77 maison mère basée en Europe ou ailleurs viennent conquérir un secteur qui s affirme comme un marché de masse. Elles proposent des offres innovantes de produits et de services et soulignent avoir une démarche empreinte d idéologie écologique exploitant l image d industriels français en retard en la matière et traditionnellement peu intéressés par les questions liées au développement durable Un fabricant allemand implanté à Nantes : conquérir un marché de masse? Un marché local assez dispersé Nous présentons l exemple d un fabricant/distributeur allemand de systèmes solaires qui s est installé à Nantes depuis 2004 après avoir constaté que le marché dans l ouest de la France était moins important qu il ne l était dans les régions de l est et que de ce fait il pouvait y développer une activité rentable. Il s agit de l entreprise PHOENIX Solaires. C est une société allemande, fabriquant de chauffe-eau et chauffage solaire et distributeur de systèmes photovoltaïques. L origine de la société est fondée sur des convictions écologiques : groupement d achat composé d adhérents militants écologiques puis création d une SA avec les mêmes partenaires. «On a embauché des professionnels mais on garde l esprit écologique». Les idées écologiques sont déclinées largement puisque les composants font une grande place aux produits écologiques. (Les antigels sont utilisés purs, non mélangés à l eau pour ne pas avoir à transporter l eau. Les jaquettes sont fabriquées à base de pots de yaourt recyclés plus écologiques que le PVC, etc.). Le responsable actuel, venant d Allemagne, a commencé en 2002 à développer le marché français et à constituer un réseau de distribution avec des installateurs. La réponse à un appel d offre pour des équipements solaires lancé par une association rurale de l ouest a permis un ancrage local. Depuis il s appuie sur les associations prônant les produits écologiques et les matériaux durables. Cet exemple permet de comparer deux approches culturellement différentes. Le directeur de l entreprise de Nantes a d abord eu l expérience de l Allemagne pendant 10 ans. S implantant ensuite en France il a dû comprendre le fonctionnement des instances française. Il estime que les procédures d Avis Techniques sont beaucoup plus longues en France. Commercialisant des kits, il doit donner des informations sur chaque composant et distribuer des numéros de référence (ce qui est demandé par l ADEME et nécessaire pour bénéficier des primes régionales). Enfin, les puissances et rendements ne semblent pas être les mêmes d un pays à l autre, ce qui oblige à faire des tests dans chaque pays et augmente les coûts. Désormais une harmonisation de la normalisation est en train de se mettre en place entre les marchés européens. L activité de l entreprise se répartit ainsi : - elle occupe 10 à 15 % du marché du solaire dans les régions où elle est présente ; - 85 % concerne la rénovation et 15 % le neuf ; - 85 à 90 % concerne le logement individuel et 10 % des habitations semiprofessionnelles (boucher, gîte, camping, salle de traite, lavage de voiture, etc.) ;

88 78 - Elle ne fait pas de géothermie qu elle ne considère pas comme étant une énergie renouvelable («En général les artisans choisissent soit solaire avec appoint bois ou gaz, soit géothermie. La démarche n est pas la même») ; - Elle cherche à développer la climatisation solaire avec un projet à Nîmes. Phoenix Solaire est composée de 2 sociétés : Phoenix photovoltaïque (120 personnes à Munich) et Phoenix thermique (20 à Berlin). Les produits viennent d Allemagne. L entrepôt principal se trouve près de Berlin auquel s ajoute un dépôt à la frontière de la France et un à la frontière des Pays Bas. Ensuite les produits sont envoyés directement sur le chantier ou distribués en France à partir de Nantes. Les installeurs de la région nantaise viennent s approvisionner directement sur le site nantais, ce qui leur revient moins cher. Des commerciaux sont présents dans chaque région. La société innovante dans le service qu elle propose s appuie sur un réseau des installateurs Contrairement aux installateurs classiques qui disposent d un catalogue, la démarche de PHOENIX Solaire est présentée comme étant différente. Le responsable du centre de Nantes estime qu ayant des systèmes de la meilleure qualité sur le marché, il ne peut pas être trop original et que «notre innovation est plutôt dans le service». C'est-à-dire qu il cherche à proposer des activités annexes à la vente, à être proche de l installateur, à aller sur les chantiers et à faire des formations, dans un contexte où la démarche commerciale est difficile : le marché est en perpétuel changement, les installateurs ne sont pas toujours fiables et demandent un suivi continu. PHOENIX Solaire est en contact avec les grands distributeurs nationaux et les installateurs. La société préfère travailler avec les installateurs (une centaine en France) car, d un côté, elle prend plus de risque mais, de l autre, elle engage une relation plus proche. A Nantes ce sont principalement des plombiers/chauffagistes, qui ont été démarchés à partir de la liste Qualisol, que l on trouve sur le site d Enerplan et de Qualit EnR. Avant que les installateurs ne mettent en œuvre leurs systèmes, la société leur assure la formation. Celle-ci est proposée à chaque nouveau client. (Il faut noter que le Kit complet est plus facile à installer mais demande des compétences dans plusieurs domaines). Par ailleurs, elle a signé la charte «Efiquace» pour pouvoir assurer la formation Qualisol. Celle-ci se compose d une partie théorique (démarche administrative, assurance décennale, déclaration de travaux, questions financières, etc.) de 2 jours auquel s ajoute 1 jour de pratique. Au centre de Nantes tout le matériel est disponible : capteur, régulation, etc. matériels qui touchent à la plomberie et à la couverture. Proposition d une formation spécifique aux énergies renouvelables destinée à tous les installateurs Notre interlocuteur constate que les installateurs avec lesquels ils travaillent sont bien qualifiés mais qu au niveau national 40 % des installations tournent mal, (eau dans le circuit, problème de régulation, etc.). Il estime que ceci n est pas inhérent au solaire mais trouve son origine dans un problème de chauffage et plus généralement dans un problème lié à l artisanat. «Le métier de plombier est mal conçu alors que c est le corps de métier le plus important dans la maison. Il faudrait revoir la formation de base, avoir une formation plus pointue, un diplôme de maîtrise pour créer une société. Les problèmes administratifs et

89 79 financiers ont des répercutions sur la qualification technique. Un artisan perdu dans ses papiers ne va pas être un bon technicien. Il faut également avoir des connaissances techniques théoriques». Actuellement les plombiers deviennent solaristes mais il ne suffit pas d être un bon plombier pour être un bon solariste (bien que ce soit la condition de base) car il faut maîtriser plusieurs corps de métier : la toiture, l électricité et la plomberie. Le responsable de PHOENIX Solaire insiste donc sur la nécessite de définir le métier et de développer des formations spécifiques, dans une approche transversale aux différents corps de métier : «Il faudrait que les Chambres des métiers proposent des formations». Il complète en signalant que le solaire ne constitue pas l ensemble des énergies renouvelables et qu il faudrait avoir une vision globale du bâtiment, tenir compte de l isolation, des vitrages, etc. Dans le cas de la construction neuve, il serait bon d associer les architectes qui ne sont pas suffisamment sensibilisés à la démarche développement durable. Cet exemple permet d apporter un éclairage un peu distancié venant d un professionnel issu d une autre culture et capable d avoir un jugement critique sur le monde de l artisanat en France. Une nouvelle fois la question de la formation est au cœur du développement des énergies renouvelables et plus fondamentalement à la base du métier des artisans.

90 80 6. Le nouvel enjeu de la formation Pour transformer le succès lié à la diffusion des meilleures techniques énergétiques et des énergies renouvelables auprès d un échantillon encore trop restreint de ménages en un développement continu, le premier impératif est la professionnalisation des acteurs. De la qualité de leur formation dépendra le devenir de la diffusion de des techniques de modernisation énergétiques La place et le rôle de l éducation nationale Les Centres de Formation des Apprentis, gérés par l éducation nationale, ont le quasi monopole de la formation aux métiers de plombier-chauffagiste, d électricien, de couvreur ou de maçon, désormais chargés de la mise en œuvre des énergies renouvelables auprès des ménages. La recherche permet de constater que les enseignements dispensés restent cantonnés dans une approche très traditionnelle de ces métiers. Tout au long des cursus, il n est pas fait mention des nouvelles techniques d isolation ni aux techniques liées au solaire, au bois énergie ou à la géothermie alors que dans la pratique les PME d artisans y sont toutes confrontées, ne serait-ce que parce que la pose d un chauffe-eau solaire est désormais un acte très répandu et qu ils doivent se conformer aux exigences de la RT 2005 lorsqu il s agit de construction neuve. Les entretiens montrent que la lourdeur des programmes et l impossibilité de transformer ou d adapter leur contenu est autant une réalité qui frustre les enseignants qu un frein à la diffusion des énergies renouvelables auprès des artisans. De manière générale, l apprentissage des techniques permettant l efficacité énergétique comme les énergies renouvelables ne constitue pas un domaine de formation propre pour l éducation nationale. Certaines formations dispensées en d Institut Universitaire Professionnalisé abordent la question de l énergie à la marge de formations à certains métiers d encadrement dans les domaines du génie de l environnement ou du génie des systèmes industriels. Seule sa participation à la création de l Institut National de l Energie Solaire implique l éducation nationale dans une offre de formation susceptible de favoriser la diffusion des techniques innovantes nouvelles auprès de professionnels. Cette offre de formation basée sur des cycles courts est une tentative intéressante car elle prend en compte les impératifs actuels de modernisation énergétique de l enveloppe. La diffusion des meilleures techniques énergétiques y est assurée. Ainsi des formations sur la «conception de bâtiments à très faible consommation d énergie» sont assurées incluant des modules sur la démarche Negawatt et le label Minergie, voire une formation spécifique sur ces deux points. Des programmes courts sur «la conception par simulation Dynamique thermique», en initiation et approfondissement existent également, des formations sur le confort d été et climatisation solaire sont aussi proposées pour le tertiaire. Le reste des programmes porte plus spécifiquement sur la mise en œuvre des techniques solaires. Cette tentative si elle est intéressante ne touche qu une infime partie des professionnels et demande un niveau de prérequis assez élevé. Le fait que l INES soit installé sur le site de la plate forme Savoie Technolac où se trouve déjà le centre de formation des Compagnons du Solaire et les sièges sociaux de fabricants comme CLIPSOL, eux-mêmes pourvoyeur de formation, est un signe efficace d engagement dans l évolution de la filière solaire articulé à une dynamique régionale. La plate forme est devenue un lieu de référence dans le domaine.

91 81 La faiblesse de l engagement des acteurs publics ou parapublics dans la formation des futurs professionnels aux nouvelles techniques énergétiques permettant l application de la RT 2005 et de développement des énergies renouvelables est à souligner. La formation des installateurs solaires thermiques et photovoltaïques reste globalement liée à des initiatives privées. Deux cas se figurent existent alors : des formations continues et des cycles courts de formation La formation continue Ce n est qu une fois en situation d exercer leur métier que les artisans, tous corps d Etat confondus, peuvent saisir l opportunité de se former à la modernisation énergétique du bâti et de développer leurs compétences dans le champ des énergies renouvelables. Alors que nous nous interrogions sur la place des artisans dans la diffusion des techniques énergétiques les plus innovantes, l enquête a montré l apparition d un nouveau métier, celui «d installateur» 52, qui mobilise les compétences de l artisan tout en abolissant les frontières traditionnelles des métiers. Le menuisier ou le plaquiste va devoir faire l apprentissage de techniques d isolation afin de renforcer la dimension énergétique de l enveloppe. L électricien qui se lance dans l installation de systèmes solaires va devoir avoir les compétences d un plombier-chauffagiste et d un couvreur et vice versa. Il s agit là d un véritable défi en termes de formation professionnelle. Arriver à donner à de futurs artisans une compétence pluriprofessionnelle dans la perspective de la diffusion des techniques de modernisation énergétique est un pari audacieux mais qui ne va pas à contrario avec une tendance générale en termes de formation où triomphe la pensée pluridisciplinaire. Dans l immédiat, il est probable que face à la nécessité de compétence, on assiste à une réorganisation des entreprises associant plusieurs corps de métiers qui devront également se doter des compétences d un bureau d étude. Pour ce qui est de la formation continue, c est encore une fois dans le domaine du solaire ou du bois-énergie que les formations longues sont à la fois récentes et les plus nombreuses. En solaire, la principale est aussi la plus réputée. Elle est dispensée par les Compagnons du Solaire. L espace de formation a été inauguré par Nelly Olin alors qu elle était ministre de l environnement. La présence discrète de l état assure un parrainage symbolique à cette initiative privée issue du constat fait par quelques professionnels, engagés depuis des années dans la promotion des énergies renouvelables, de l urgence à rendre plus compétents les artisans travaillant dans le champ des énergies solaires. Cette formation débouche sur l attribution d un Certificat de Qualification Professionnelle d installateur mainteneur en système solaire thermique et Photovoltaïque. La formation d une durée de 8 mois et de heures repose sur un bon équilibre entre l alternance d une formation en centre (quatre cycles d apprentissage pratique de 525 heures) et en entreprise (quatre phases de mise en situation professionnelle de 525 heures) qui impliquent l acquisition de solides connaissances dans le domaine du solaire. Que ce soit dans le domaine du solaire thermique (pose de chauffe-eau et de système combiné) ou dans celui du photovoltaïque, la formation aborde l ensemble des questions liées aux principes généraux, au dimensionnement, à la pose et à la maintenance des systèmes thermiques et photovoltaïques. Les pré-requis sont relativement élevés puisqu il faut 52 A titre d exemple la formation dispensée par le centre de formation des compagnons du solaire débouche sur l obtention d un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) d installateur/mainteneur en système solaire thermique et photovoltaïque. Il s agit là d une formalisation du métier d installateur relevant d un Niveau IV ou d un bac professionnel.

92 82 avoir un niveau IV de bac professionnel pour entrer en formation. Depuis sa création quatre promotions d installateurs ont abouti à la formation de 45 stagiaires, une dizaine tous les 8 mois, ce qui est infime voire marginal rapporté à la population totale d élèves formés dans les centres de l éducation nationale. Selon les chiffres de la CAPEB, diplômés de niveau V (BEP/CAP) dont apprentis issus d entreprises de moins de 21 salariés, sortent des centres de formation gérés par l éducation nationale 53 tous les ans. A niveau IV équivalent, étudiants sont formés chaque année en bac pro, BP, BT ou sur titre équivalent. Ces chiffres sont d autant plus à souligner qu ils montrent, l intérêt qui consiste à introduire des modules d apprentissage des techniques solaires dans les formations initiales. Avant tout les formations longues des compagnons du solaire ont pour but de qualifier une population qui a pour vertu de se spécialiser dans le solaire et non pas dans le bâtiment entrainant au passage une évolution des certifications avec l avènement des Certificat de Qualification Professionnelle. Une autre formation longue a vu le jour dans la Drôme sous l impulsion conjointe d un enseignant du lycée privé Saint Louis de Crest et d un représentant de la CAPEB 54 locale. Elle est dispensée dans le cadre classique d un Lycée professionnel. Elle débouche sur la création d un nouveau métier, celui de «Technicien conseil en énergies renouvelables». L initiative repose aussi sur le constat de la nécessité à rendre visible et légitime les dispositifs qui vont permettre de former les artisans aux techniques susceptibles d entraîner la modernisation énergétique des bâtiments. En cherchant à imposer des critères de distinction, il s agit pour ces militants de garantir le développement des énergies renouvelables en faisant la promotion d une qualité de service. Les GRETA se sont également lancés dans des formations pour adulte de niveau CAP/BEP incluant la question du solaire thermique. Ils sont néanmoins au début d un parcours qui demande encore à se développer. La rareté de ces formations montre qu il est plus que nécessaire de les impulser au niveau national. Que ce soit pour les Compagnons du Solaire ou dans le cadre de la formation au lycée Saint Louis, un volet idéologique sous-tend une démarche de formation qui cherche à institutionnaliser les techniques liées aux énergies renouvelables attestant ainsi de leur caractère innovant. Cette démarche de mise en ordre des compétences nécessaires à l évolution du métier d artisan est à mettre en parallèle avec la mobilisation du monde associatif, autour des questions liées aux énergies renouvelables. Souvent les formateurs en sont issus faisant état d une compétence parfois acquise dans les années 80 qu ils ont fait évoluer au fil de leur propre apprentissage des nouveautés techniques souvent de manière autodidacte. Ils savent mobiliser selon la situation la réflexion ou l action pragmatique pour faire évoluer la place des énergies renouvelables dans le choix des professionnels, transformant la question énergétique en cause. Le solaire n est pas le seul domaine ouvrant à des formations inédites qualifiantes dans le domaine de l amélioration énergétique de l habitat. A l initiative de la chambre de commerce de la Drôme, le complexe Néopolis qui a ouvert ses portes à Valence, au cœur de la zone d activité Rovaltain TGV il y a peu dispense des formations axées sur la construction durable. 53 Artisanat du Bâtiment. Chiffres clés 2005, Capeb sources SIRENE, CCA BTP, UNEDIC, INSEE). Chiffres portant sur l année scolaire 2003/ Principal syndicat d artisans.

93 83 La formation engage les stagiaires dans un apprentissage de la règlementation, la conception et les techniques de la construction en abordant largement les problèmes d isolation. Par ailleurs, une section apprentis en CAP charpente et CAP construction bois voit le jour à la fin de l année scolaire Une formation de vendeur-conseiller en éco matériaux (de niveau 3) est également en préparation afin de conseiller les ménages engagés dans des travaux de rénovation. Face au refus de l Education Nationale d ouvrir une telle structure et à la difficulté d y associer les enseignants des CFA de la région, les formations se font en lien avec le centre de formation forestière, les formateurs sont des salariés de la chambre de commerce et les intervenants sont payés par prestation. Le GRETA de Valence assure la gestion des examens et les enseignements généraux car les CAPA comprennent des épreuves de math, de français, de dessin appliqué et d histoire géographie. Au départ, les formations s adressaient aux artisans investis dans le domaine de la charpente et de la construction bois mais rapidement, les responsables de la formation comprennent la nécessité de les ouvrir aux artisans du bâtiment au sens large, aux thermiciens ainsi qu au plombier chauffagiste. La volonté est de proposer une offre de formation globale susceptible de déboucher sur des solutions du même ordre, prenant en compte à la fois l enveloppe et les solutions de chauffage en dotant le cursus de modules solaires et liés au bois énergie. Mis à part pour les cursus de CAP les formations proposées sont courtes d une journée pour les maîtres d ouvrages et de deux pour les artisans maîtres d œuvre. Les stagiaires qui se destinent à entrer en CAP ont des profils variés, de tous âges et de tous niveaux allant de la sortie du système scolaire en fin de seconde et à Bac plus, certains sont déjà établis comme artisans, d autres sont en période de professionnalisation. Comme pour les Compagnons du Solaire, les promotions sont restreinte à 10 à 12 personnes par an. Néopolis travaille avec le réseau local des missions locales et avec l ANPE qui leur envoient les stagiaires. Les pré-requis sont très bas puisqu il s agit pour les candidats de maîtriser l écriture, la lecture, le calcul et un peu de géométrie. Il est intéressant de souligner que comme pour les énergies renouvelables le domaine de la construction bois se développe à l initiative de personnalité particulièrement engagées et sensibilisés aux questions énergétiques. C est le cas du président de la chambre de commerce de la Drôme qui est à l initiative de la réalisation du projet Néopolis. Ancien dirigeant d une entreprise de chauffage et d électricité et ancien président de la fédération du BTP de Drôme- Ardèche de 1985 à 1998, Jean-Marie Busseuil représente parfaitement la figure du pionnier qui souhaite voir opérer des changements de comportement chez les professionnels et qui considère dans ce contexte le domaine de la formation comme un outil indispensable. L action de pionnier dans ce domaine est un signe qui permet de souligner que le secteur est au stade du développement Les cycles courts Certains organismes de formation proposent des cycles thématiques dans le domaine de la modernisation énergétique du bâti ou dans celui du solaire. L objectif est le perfectionnement et de créer des sessions de formation plus souples ouverte à plus d artisans L association les Compagnons du Solaire permet aux professionnels, en fonction de leurs besoins et de leur niveau, d accéder directement aux différents modules de la formation longue. Chaque module propose une durée de formation d un peu plus de deux mois.

94 84 Ces formations courtes ne saurait être dispensé ailleurs que dans des écoles de formation assurant par ailleurs une formation complète et globale en solaire. Il est important pour le stagiaire de ne pas avoir un regard morcelé La nécessité à prendre en compte de manière globale les systèmes doit être fait. La nécessité d évaluer le niveau de pré-requis du candidat est fondamentale comme ses dispositions à avoir un projet professionnel en lien avec la diffusion des techniques énergétiques dont il va faire l apprentissage. Des formules encore plus courtes de quelques jours sont aussi proposées. Elles sont destinées à des installateurs confirmés qui souhaitent acquérir les techniques d installation des systèmes solaires thermiques et photovoltaïques. Elles sont composées de modules de trois jours qui englobent l apprentissage des techniques de couverture. Des organismes de formations mais également les industriels peuvent former les installateurs pour l obtention d appellations et labels. La formation Qualisol La formation dite Qualisol illustre parfaitement la difficulté à mobiliser des professionnels issus d horizon très divers autour de nouvelles exigences liées à l application de techniques innovantes. L apparition en 1999 de cette formation est liée à la volonté d un groupement de professionnels du solaire souhaitant encadrer la démarche des artisans et des fabricants afin d éviter les contres performances qui ont été fatales à son développement dans les années 80 en France. D une durée maximum de trois jours, la formation dispense aux stagiaires des connaissances de base sur le marché du solaire et sur la pose d un chauffe-eau, d un système combiné ou d un système photovoltaïque jusqu à sa maintenance. Quel que soit le module Qualisol, la formation est destinées aux professionnels disposant de pré-requis afin qu ils apprennent à dimensionner, établir un devis, installer et assurer la maintenance du système pour lequel ils sont formés. A la sortie de la formation le stagiaire doit être capable de connaître les évolutions techniques des systèmes sur le marché français et européen, de préconiser sur le plan commercial et technique une installation thermique ou photovoltaïque, de dimensionner, de savoir installer et mettre en route un système thermique ou photovoltaïque et d assurer la maintenance premier niveau du système installé. Pour les systèmes photovoltaïques des connaissances supplémentaires en termes de sécurité et de raccordement au réseau sont attendues en fin de formation. L écrasante majorité des artisans ont recours à cette formation parce qu elle leur attribue un «label» permettant aux ménages lorsqu ils font appel à eux, de mobiliser les aides des collectivités territoriales et avoir le bénéfice du crédit d impôt. Un certain nombre d artisans appâtés par le marché que représente désormais le solaire et surtout la pose des chauffe-eau s en contente. Ce type de formation est parfois contesté par les professionnels les plus anciens ou par ceux qui ont suivi des formations continues dans le domaine. Après sa formation, un artisan dispose de l appellation Qualisol pour trois ans au cours desquelles il doit réaliser trois installations pour la conserver. Ce quota est considéré comme insignifiant et ne permet pas de se familiariser de manière durable avec les techniques à mobiliser pour assurer avec succès ce type d installation. Par ailleurs, si les formations sont dispensées par les industriels, elles ont pour corolaire de rendre les artisans captifs des produits et techniques proposées par les fabricants qui les dispensent. Leur activité est liée à celle du fabricant.

95 85 L évolution de l appellation Qualisol est intéressante à considérer car il y a désormais un temps de retour d expérience suffisamment important pour juger de son efficacité. Si son existence est incontournable et présenté partout comme nécessaire, le résultat est assez éloigné des premières attentes. Cette question va conditionner la crédibilité des professionnels engagés dans l essor du solaire techniquement complexe. Le temps passé en formation est insuffisant pour maitriser la technique dans sa complexité et le suivi des anciens stagiaires est inexistant une fois la formation terminée. L association Qualit EnR sous l impulsion des industriels, est consciente du problème et cherche à y remédier. Elle a récemment mis en place des instances de contrôle. Elle souhaite créer un corps de professionnels chargé de vérifier sur le terrain le sérieux des artisans disposant de l appellation Les formations liées à la CAPEB Le taux important de syndicalisme professionnel permet à la CAPEB d avoir une autre action forte, à savoir un rôle de premier plan dans la formation des artisans. Mais avant de parler de la formation continue, il faut donner une précision sur la formation de base des jeunes. Le cas de l Ouest de la France est exemplaire. La culture du collectif qui prédomine dans la région conduit les jeunes à s orienter massivement vers l apprentissage. La région Pays-de-Loire forme le plus d apprentis en France, et ceci dans l artisanat en général et dans le secteur du bâtiment en particulier. Tous les CFA et les maisons familiales affichent complet. Les Etablissements publics s investissent aussi dans l apprentissage. Les jeunes préfèrent quitter les formations classiques professionnelles en lycées pour aller vers l apprentissage. Pour l année scolaire , on recensait apprentis en Pays-de-Loire, ce qui constitue le chiffre le plus élevé de France quelle que soit la région, y compris l Ile de France (7 904). De ce fait, le plan national destiné à développer l apprentissage a été réorienté dans l Ouest. Le Conseil Régional, ne pouvant pas faire davantage d incitation, a négocié avec l Etat pour que les financements soient utilisés en priorité pour l amélioration qualitative des formations. En revanche, on ne trouve pas dans la région de formation approfondie spécialisée dans les énergies renouvelables. Après l apprentissage, les artisans en activité peuvent profiter des formations organisées par l ARTEFAB. L Association Régionale de Formation de l'artisanat du Bâtiment est un organisme de formation fondé par les 5 CAPEB départementales ( ) plus l Union Régionale (303). Ces structures ont trouvé un intérêt à travailler ensemble. Il y a 7/8 ans, l ARTEFAB était une structure administrative, composée de 6 personnes qui géraient le financement des formations. L ARTEFAB a changé de structure. Elle est devenue un organisme de formation à part entière qui fait travailler 17 personnes réparties à Nantes et en antennes départementales. Le directeur précise que les Pays-de-la-Loire sont en avance, que toutes les régions n ont pas le même fonctionnement mais que la tendance est d aller vers des organismes de formation dépendant de la CAPEB. L Association accueille environ stagiaires par an, dont salariés pour des stages d une durée moyenne de 2,5 jours qui concernent des actions pointues. Les formations se déroulent dans les CAPEB départementales, dans les entreprises pour les habilitations CACES (Certificat d'aptitude à la Conduite En Sécurité d'engins mobiles automoteurs de

96 86 chantiers et d'équipements de levage) ou encore, comme nous avons vu, dans les coopératives d achat. Pour illustrer nous présentons le programme des formations du 1 er trimestre «ARTEFAB, l'outil de formation de votre CAPEB» Association Régionale de Formation de l'artisanat du Bâtiment et des Travaux Publics des Pays-de-la-Loire Antenne ARTEFAB Loire Atlantique Planning des formations - 1er trimestre 2007 Programmes conçus avec la CAPEB Intitulé du stage Durée Date(s) Lieu Profession TECHNIQUE 55 Réglementation Fioul, chauffage au fioul domestique, habitation et tertiaire non classé Réglementation Gaz et Préparation tests validation QUALIGAZ Réglementation Gaz et Préparation tests validation QUALIGAZ Réglementation Gaz et Préparation tests validation QUALIGAZ Installateur Chauffe-eau solaire QUALISOL-Initiation Préparation à l'habilitation électrique -UTE C Maison à Ossature Bois-Niveau 2 - perfectionnement 2 jours 2 jours 2 jours 2 jours 2 jours 2 à 3 jours 2 jours 17, 18 janvier 25, 26 janvier 22, 23 février 20, 21 mars 30, 31 janvier 27, 28 février, 1er mars 22, 23 mars ORGANISATION ET RENTABILITE CAPEB Loire- Atlantique Bouguenais CAPEB Loire- Atlantique Bouguenais CAPEB Loire- Atlantique Bouguenais CAPEB Loire- Atlantique Bouguenais CAPEB Loire- Atlantique Bouguenais CAPEB Loire- Atlantique Bouguenais CAPEB Loire- Atlantique Bouguenais INFORMATIQUE à la carte : formation individualisée INFORMATIQUE : Formation en groupe PRÉVENTION DES RISQUES Plombiers Chauffagistes Plombiers Chauffagistes Plombiers Chauffagistes Plombiers Chauffagistes Plombiers Chauffagistes Electriciens (3 jours) Autres professions (2 à 3 jours) Menuisiers Charpentiers Les réunions de la rentrée 2007 en CAPEB 44 (de 18 à 20 heures) Nouveaux installés : devis efficaces. Les planchers chauffants. La démarche Qualité AB5. Logiciels devis facturation - CAO/DAO 55 Nous donnons quelques exemples concernant les formations techniques destinés aux professionnels que nous avons retenus : plombiers/chauffagistes, électriciens et menuisiers.

97 87 Le monde de l artisanat est très divers, depuis l intégration des travailleurs étrangers ne parlant pas français, jusqu aux créateurs d entreprise. La formation consiste donc à transformer les besoins multiples des artisans en demande de formation. Dans le domaine de la modernisation énergétique du bâti certaines formations sont mise en œuvre en lien avec un besoin important. En effet, le responsable considère que les artisans manquent de formation technique («ils ne connaissent pas les DTU») et qu ils reproduisent ce qu ils ont appris en apprentissage (d où l importance de la formation initiale). Les formations les plus significatives en la matière se répartissent ainsi : - 35 % concernent les formations techniques. Ce poste est en croissance depuis la création du CRTB (Centre Régional Technique du Bâtiment) par le réseau des CAPEB. Le CRTB propose aux artisans du secteur du bâtiment soutien et conseil. Les conseillers, en plus de formations spécifiques (Qualisol), répondent au téléphone sur des questions ponctuelles : pour la résolution de conflit avec les clients et de problèmes techniques % sont des formations pour les conjointes avec le stage GEAB (Gestionnaire d'entreprise Artisanale du Bâtiment) % traitent des formations à la sécurité des biens et des personnes. - 10, 15 % des formations concernent le mode d organisation globale de l entreprise. «Le 1 er facteur de différentiation des artisans avec le même prix de vente c est leur mode d organisation» % des formations sont destinées aux plombiers/chauffagistes (formations obligatoires pour les appellations PGN, PGx, etc) - 5, 10 % traitent des ressources humaines dans les petites entreprises. C est un nouveau champ d action qui s inscrit dans le cadre du programme européen FSE et qui est réalisé avec l Union Patronale de l Artisanat et la Fédération Nationale des Syndicats d Exploitants Agricoles. - 8 % de stages d informatique. Ce poste s est réduit de manière importante. En 2001, il concernait 50 % de l ensemble des stages, maintenant il ne concerne que 8 % pour des formations individualisées. - On peut noter également les formations Qualisol. Elles sont réalisées par le CRTB et le CREN (Centre Régional des Energies Renouvelables) du Poitou-Charentes. L association Qualit EnR a fixé le contenu du programme. Cette formation a évolué car l ADEME donnait à l origine des outils (abaques, boussoles) aux stagiaires. L ADEME s est dégagée et ne distribue plus ce matériel. Mais le label est toujours attribué (y compris par les distributeurs de matériel). Le responsable de l ARTEFAB reconnaît que les artisans ont besoin de cette formation pour que les clients puissent bénéficier de la réduction fiscale. Mais il n est pas satisfait de cette formation qui ne prend pas le problème de manière globale puisque l on se fixe une installation solaire dès le départ : «On ne pose pas les bonnes questions : est-ce que le solaire est le mieux adapté à ce bâtiment?». Il considère qu à une demande d équipement solaire, les artisans doivent apporter une nouvelle réponse. Un diagnostic thermique global du bâtiment permettrait de vérifier si le solaire est la meilleure solution et de présenter une solution bien adaptée à la situation. Il propose donc d aider les artisans à être en mesure de fournir ce diagnostic. («Qualisol ne prépare pas à cela, c est juste de la pose»).

98 Le temps de formation La question du temps passé en formation est souvent considérée comme une perte d activité par les artisans tout en étant un véritable enjeu qui va conditionner la crédibilité des techniques liées à la modernisation énergétique du bâti comme aux énergies renouvelables. Les militants en charge des formations longues revendiquent la mobilisation de moyens conséquents mis au service de la qualité. Le monde de l artisanat se prête difficilement à la formation tout au long de la vie. Cette caractéristique peut constituer une véritable faiblesse pour la promotion des nouvelles techniques énergétiques. Le coût de la formation peut être dissuasif. Ils semblent plus facile à mobiliser pour les sans emplois via l ANPE, les Assedic, ou les missions locales que pour les salariés en activité. Pour les salariés en revanche, les procédures méritent d être améliorées. L engagement d un salarié artisan dans une formation continue avec une aide financière à la clé repose sur la volonté d un employeur d y souscrire. Dans le meilleur des cas, ce dernier obtiendra une aide à la formation pour son employé tout en devant se passer pendant un certain temps de quelqu un qu il a décidé de faire accéder à un niveau supérieur de qualification dans l entreprise parce qu il était compétent. Pour la majorité des artisans employeurs non sensibilisés à ce type de question, engager leurs salariés dans une formation constitue un risque à effets bien plus directs et visibles que les conséquences toujours différées des émissions des gaz à effet de serre. La majorité des entreprises artisanales sont de petites entreprises. 44 % n ont pas de salariés et repose sur l activé du seul chef d entreprise. S il va en formation son activité s arrête. 49 % sont de petites entreprises de 1 à 10 salariés et la formation ouvre sur un dilemme. Elle est à la fois synonyme de perte d activité et de développement de compétence. Par ailleurs, rien ne garantit qu encourager la formation ne soit pas un investissement à perte pour les employeurs puisque nombre de salariés quittent leur emploi une fois formés. Un dispositif peut être pensé pour minimiser ce type de risque. L autre alternative pour l artisan consiste à prendre un Congé Individuel de Formation ce qui est soumis à un certain nombre de conditions et est dans le cas d une très petite entreprise inenvisageable parce que synonyme de cessation d activité. Les enjeux liés à la formation reposent sur un accès facilité aux congés de formation pour les professionnels, salariés et employeurs. Les entretiens réalisés sur cette question montrent que de la qualité des formations engagées dépendra l implication des installateurs dans la diffusion des meilleurs techniques disponibles mais aussi la promotion des changements d usages associés aux énergies renouvelables L enjeu de la qualité De la qualité des formations engagées dépendra l implication des industriels et des installateurs dans le développement et la protection des filières naissantes liées à la modernisation énergétiques des bâtiments. Les associations professionnelles ont un rôle essentiel à jouer dans ce contexte pour mettre en place une démarche qualité. Les objectifs de nombre d entre-elles sont clairs : augmenter le niveau de compétence et d exigences en terme de produits, impliquer des acteurs dans la défense et la valorisation de leur propre marché afin d éviter les contres références. La volonté de confier aux professionnels de la filière l attribution de l appellation Qualisol via l association Qualit EnR en janvier 2006 est un

99 89 exemple de prise de conscience de la nécessité de promouvoir la qualité. Cependant, la crédibilité de Qualit EnR va reposer sur l instauration d un équilibre entre les forces en présence. Tout porte à croire que l association qui vient d être créé va devenir un espace où les rapports de force entre ses différentes composantes, industriels, (issus d organisations comme le SER - Syndicat des Energies Renouvelables - et d Enerplan) très bien représentés dans le bureau exécutif de l association et installateurs (issus d organisations patronales d installateurs de la CAPEB ou de la FFB) vont conditionner l évolution de la filière. Les intérêts des fabricants ne sont pas forcément ceux des installateurs ni des particuliers et réciproquement. L ADEME ainsi qu une association de consommateurs pourrait y affirmer une présence qui ne serait pas uniquement consultative.

100 90 7. Questionner les nouvelles formes d organisations en lien avec l évolution des métiers La recherche sur le rôle des artisans dans la diffusion des meilleures techniques énergétiques 56 montre que le développement de l intérêt des ménages pour les énergies renouvelables va de pair avec une recomposition du jeu d acteurs traditionnellement impliqués dans la mise en œuvre et la diffusion de ces techniques énergétiques. Cette recomposition s accompagne également de l émergence de nouveaux acteurs instrumentalisant de manière inédite dans le monde de l artisanat 57, de la production industrielle ou de la distribution, le modèle associatif De nouvelles organisations de professionnels Plusieurs associations de professionnels réussissant des industriels, des distributeurs, des organisations syndicales patronales et à la marge des artisans ont vu le jour attestant d une volonté de maîtriser le marché des énergies renouvelables. L association Qualit EnR évoquée plus haut, symbolise parfaitement un nouveau mode d organisation qui cherche à donner aux professionnels le contrôle d une filière en plein essor. Elle constitue un outil permettant la structuration du domaine des énergies renouvelables par la normalisation 58 d un certain nombre de pratiques en s appuyant sur l édiction de normes caractérisées par la promulgation de labels et de «chartes». Comme il a été souligné, par ailleurs, la question de la qualité est brandie comme une garantie et instrumentalisée pour protéger et développer un marché en plein essor qui demeure fragile. La création de Qualit EnR exprime l émancipation des industriels de la filière des énergies renouvelables. Chaque création de label implique de nouveaux acteurs, industriels, distributeurs, installateurs, bureaux d étude en les fédérant autour du processus d institutionnalisation susceptible de pérenniser un segment de marché et de garantir leurs activités. Des liens entre les filières d énergies renouvelables sont esquissés, en s appuyant sur l expérience des professionnels du solaire. Chacune de leur coté les filières développent leurs activités. Pour agir et influer, elles ont compris qu il fallait s associer et se structurer autour de la publication de chartes qui assurent l émergence de règles de déontologie et qui les crédibilisent. Dans le domaine du solaire, Qualit enr a permis à deux associations, ENERPLAN et le SER, de renforcer leur influence. Si elles ont des origines différentes, elles disposent chacune d une expérience lobbyiste. ENERPLAN est une organisation ancienne créé en 1983 à une époque où les premières expériences pour développer l énergie solaire voyaient le jour. Son existence est liée à la nécessité pour les professionnel du solaire en difficulté à l époque de faire entendre leur voix. ENERPLAN se présente comme le vecteur de «l ensemble de l offre industrielle et 56 Réalisée au sein du laboratoire Service, Process, Innovation du Centre scientifique et Technique du Bâtiment par Marc Colombard-Prout, Chantal Laumonier et Nadine Roudil. 57 Dubar Claude, Sociologie des professions, Paris, Colin U, Becker Howard, Outsiders Etude de sociologie de la déviance, Paris, A-M. Métailié.

101 91 commerciale solaire en France» avec pour objet «d agir pour la promotion et le développement de l énergie solaire et la représentation d un secteur en plein développement» 59. La volonté était de faire circuler l information entre les protagonistes de la filière et de corriger l image de défaillance associée aux produits. Désormais ENERPLAN informe ses adhérant de l évolution de la législation et montre combien la règlementation peut constituer un outil de développement. Une collaboration étroite est lancée avec les collectivités locales à travers la promotion d outils comme l agenda solaire. L objectif est de modifier durablement le comportement des décideurs politiques afin de leur donner le réflexe de recourir au solaire. L agenda solaire pousse de manière progressive les collectivités à considérer le solaire comme une ressource énergétique à part entière. Il s agit de faire en sorte que les collectivités lancent des campagnes d information sur le solaire, puis de les aider à mettre en œuvre des opérations exemplaires afin d exhorter la vertu de l exemple. Un troisième niveau d intervention pousse les collectivités à instituer un système d aide aux particuliers ainsi qu une communication récurrente à ce propos et une programmation d action sur tout son patrimoine. Enfin, un dernier niveau consiste à faire en sorte que la collectivité agisse directement sur l urbanisme, tel un réflexe, notamment en bonifiant le COS et en inscrivant son PLU dans une démarche d économies d énergie et de développement des énergies renouvelables. L objectif d ENERPLAN est de faire en sorte que les collectivités territoriales suppriment les freins au développement des énergies renouvelables et favorisent voire imposent dans certains cas à y avoir recours. ENERPLAN collabore dans ce cadre à l heure actuelle avec cinquantaine de collectivités pilote à différents niveaux d implication en région PACA. ENERPLAN est, par ailleurs, partie prenante de l ensemble des discussions représentant un enjeu pour la filière solaire. L association participe à l élaboration des nouveaux tarifs d achat du Photovoltaïque, elle est associé lors des discussions portant sur les critères du crédit d impôt pour 2008 et n hésite pas à se positionner en lobbyiste face aux pouvoirs publics lors de la mise en place des certificats d économie d énergie dans le domaine du solaire thermique 60. Le SER est une organisation plus récente, fondé en 1993, qui se qualifie d entrepreneuriale «afin de promouvoir les intérêts des industriels et des professionnels français des énergies renouvelables». Le SER se présente et se positionne clairement comme un outil au service des professionnels du secteur des énergies renouvelables. Il n hésite pas à se décrire comme influent et lobbyiste : «Le fait de rassembler l'ensemble des filières d'énergies renouvelables donne au SER une dimension qui lui permet d'être reconnu comme un partenaire incontestable des pouvoirs publics» 61. Ses représentants sont clairvoyants quant à leur poids sur le marché des énergies et ont parfaitement analysé les rapports de forces entre les grands producteurs. Leur position en est que plus claire. Le SER a été fondé pour regrouper et mutualiser les forces des professionnels engagés dans le développement des énergies renouvelables qu elle que soit leur origine. Ils ne font pas mystère de leurs objectifs, il s agit «d avoir une parole plus importante face aux gros producteurs d énergie que sont total et EDF et d interpeler le président de la république au même titre qu eux». 59 Il s agit de la manière dont ENERPLAN présente ses missions sur son site internet 60 Propos tiré du bilan d activité 2006 de l association. 61 Extraits des missions du SER visibles sur le site internet de l association.

102 92 Le SER regroupe 300 entreprises ou associations d'entreprises ayant des activités relevant de l énergie renouvelable (éolien, géothermie, solaire photovoltaïque, solaire thermique, hydraulique, bois énergie, biocarburants et autres filières de la biomasse). Contrairement à ENERPLAN, le SER mobilise indifféremment tous les industriels et producteurs d énergie autour de la question des énergies renouvelables. Certains grands groupes industriels ou producteurs d énergie fossile ayant créé des filiales dans le domaine, sont membres ou associés aux manifestations organisées par le SER 62. Il est également possible de trouver parmi les administrateurs du SER un représentant de Total et d APEX-BPsolar, son président étant lui-même issus d EDF Energies Nouvelles. Le poids du SER dans le secteur économique des énergies se mesure à sa capacité à organiser un colloque annuel réunissant l ensemble des acteurs majeurs du secteur de l énergie. La dernière édition intitulée «l après pétrole se prépare aujourd hui» a eu une visibilité importante 63 et a vu se succéder à la tribune tous les représentants du secteur énergétique français et international 64. A cette occasion, Dominique Voynet et les représentants des candidats à l élection présidentielle ont tous accepté de participer à une table ronde dont le préalable était de se rallier à l objectif défendu par le SER de 20 % d énergies produites par des énergies renouvelables pour L existence de Qualit EnR montre un renouvellement des modalités d organisation des groupements d industriels. La question des énergies renouvelables a fédéré les acteurs du secteur autour d une transversalité interprofessionnelle. Les revendications visent à pérenniser et développer le marché de l énergie renouvelable tous secteurs confondus plutôt qu à défendre les intérêts de telle ou telle branche professionnelle. Cette initiative témoigne d une lucidité quant à la réalité du marché en cours de massification L émergence de réseaux associatifs, le poids de l internet Une césure apparaît dans les instances comme Qualit EnR entre fabricants et installateurs. Ces derniers ont de plus en plus conscience du danger que représente le fait d être dépendant de la diffusion des produits vendus par les industriels. Ils ont pu mesurer à plusieurs reprises la faiblesse de leur influence quant à l évolution des produits, leurs «retours» 66 issus de leur pratique professionnelle étant peu pris en compte par les industriels. D autres groupements apparaissent essentiellement composés d installateurs. Les plus connus sont issus de la filière solaire et se sont constituées en revendiquant une démarche éthique. Ils ont développés des réseaux d information afin d aider d autres professionnels mais aussi les ménages à comprendre les avantages techniques et économiques à investir dans les énergies solaires. L action menée par l association Technosolar s inscrit dans cette démarche. Elle regroupe des installateurs en photovoltaïque et thermique solaire qui ont souhaité via un site 62 C est le cas du groupe AREVA, spécialiste de la production d énergie nucléaire qui a créé la Business Unit Energies Renouvelable, le groupe Total s est doté d un département développement durable ou du groupe British Petroleum avec une filiale énergie solaire, l APEX BP SOLAR. 63 Colloque organisé le 13 mars 2007 au CNIT qui a accueillis plus de 1200 personnes. 64 Sont intervenus, les représentants de Lafarge SA, EDF, Gaz de France, AREVA, Suez, BP 65 Il s agit là d un objectif ratifié début mars 2007 par l ensemble des chefs de l Etat et de gouvernements européens. A cette occasion le SER se présente sur son site comme l instigateur du positionnement français, la France ayant ratifié les accords : «comme l avait réclamé avec force le SER, la France s est ralliée à cette proposition». 66 Propos issus des entretiens réalisés avec les artisans.

103 93 internet, assurer eux-mêmes la formation et l information des artisans et du public dans le domaine du solaire. L association «les outils solaires» 67 située dans les Pyrénées Orientales a également créé un site où elle propose au grand public des informations et une liste d installateurs en solaire thermique et photovoltaïque par région qu elle qualifie de fiable, à travers l appellation «motivés». Son objectif est d être un garde fou, de préserver la filière en proposant une liste d installateurs qui ont demandé à être référencés. Son objectif est de séparer les installateurs réellement solaires des «milliers de plombiers chauffagistes qui», selon elle, ont «simplement» signé la charte Qualisol 68. Dans ce contexte, l internet est un outil, facile à mettre en place, ne nécessitant qu une faible mobilisation de moyen. Les associations les moins dotées financièrement en font le vecteur de revendications en termes d exercice des métiers. Si leur visibilité est réduite et bien souvent restreintes aux réseaux et aux ménages déjà sensibilisés, elle est le signe qu une partie de la profession a pris conscience qu il lui appartient de se mobiliser pour le développement d une meilleure visibilité des techniques de modernisation énergétique. Cet effort de clarté et de pédagogie est lié à une action revendiquée comme militante. Un adhérent à Technosolar souligne qu une éthique non lucrative gouverne la démarche des artisans inscrits dans ces réseaux : «A Technosolar l état d esprit prime. C est d abord le renouvelable avant l économie. L objectif n est pas de couler sa boite mais le développement des énergies renouvelables prime» 69. Certains artisans affichent cette appartenance militante et la présentent comme une valeur ajoutée. Ainsi sur les listes d installateurs solaires «motivés» diffusées par l association les «outils solaires», les artisans recensés en Savoie revendiquent une multi appartenance faisant à la fois partie de Technosolar, du réseau militant savoyard de l ASDER reconnu et recherché par les ménages et sont bien souvent associé au centre de formation des compagnons du solaire. La volonté de ce milieu associatif est de contrebalancer l action des grandes marques nationales et internationales qui se disputent le marché. Lors des entretiens, ils soulignent combien la confiance dans le matériel des fabricants industriels repose essentiellement sur leur capacité à mobiliser un réseau de vendeurs et à montrer leur gamme de produits. Ils revendiquent alors un savoir- faire «sur-mesure» et une capacité d adaptation aux situations les plus diverses et complexes donnant à leur démarche une dimension éthique supplémentaire en se réservant la possibilité de déconseiller une installation lorsqu ils l estiment nécessaire. Leur action se construit à partir de l énonciation de critères de distinctions afin de différencier leur démarche de celle des fabricants ou des artisans pour qui les énergies solaires représentent une opportunité de marché. Il existe en effet tout un secteur de l artisanat qui depuis la mise en place des crédits d impôts et des aides institutionnelles instrumentalisent les informations disponibles et diffusées par l ADEME. Ces installateurs ont signé la charte Qualisol et ont compris l aspect pédagogique qui y est attaché. Ils ont su le transformer en argument commercial. Ils utilisent les dépliants de l Ademe et certains vont jusqu à créer leurs propres outils d information, s occupant de mobiliser pour leurs clients les aides des collectivités territoriales. Les propos tenus par un artisan ardéchois lors d un entretien symbolisent parfaitement cette démarche : «Le marché n est pas très grand, il faut éviter le plus possible la concurrence. Il y a des produits standards de type Dietrich que l on voit partout et que l on peut acheter dans les grandes surfaces de bricolage. Cela ne sert à Propos tirés de la présentation de la démarche de l association. 69 Propos issu d un entretien avec un artisan.

104 94 rien d être sur ce marché pour gagner 50. Les produits «Tryba» me permettent de gagner de l argent alors je fais du «Tryba». «Je travaille aussi avec du METZILER car ici personne ne le fait. Là je m attaque aux campings (très nombreux dans sa «concession») pour les équiper en eau chaude sanitaire. C est un vrai marché à attaquer». Cet artisan avance également que lorsqu il est au contact de clients, son discours est travaillé soulignant le fait que le solaire est une énergie de base, commune, facilement accessible et in fine gratuite. Le seul inconvénient qu il met en avant pour son entreprise est celui de la localisation géographique, le solaire étant une forme d énergie qui ne conviendrait pas à toutes les régions Les Espaces Infos-Energie comme support associatif Un certain nombre d associations ayant un engagement militant en faveur des énergies renouvelables ont utilisé le réseau d Espaces Info-Energie (EIE) de l ADEME pour agir et encourager les professionnels comme les ménages à s engager sur la voix de la modernisation énergétique. Ce réseau est dense et couvre tout le territoire. Créés en 2001, les EIE proposent 160 points d information sur tout le territoire avec une mission de conseil aux particuliers sur l amélioration énergétique de leur logement et le développement des énergies renouvelables. L entreprise de ces associations a été facilitée par le fait que les espaces infos énergie ont pour objet de s associer au tissu associatif local pour être efficace. Certaines associations locales ont su saisir cette opportunité qui leur donne une visibilité et leur attribue une compétence en terme d information et de conseil pour mettre en valeur un positionnement éthique. C est le cas du CEDER (Centre d Etude et de Développement des Energies Renouvelables) dans la Drôme et de l ASDER (Association Savoyarde de Développement des Energies Renouvelables) en Savoie. Le CEDER a été créé en 1981 après les crises pétrolières par un groupe de personnes présentées comme «motivées par la protection de l environnement, l'association œuvre dans le développement des énergies renouvelables et de la maîtrise de l'énergie». Il organise, en collaboration avec le représentant local de la CAPEB, des journées d informations sur la filière solaire qui a permis de présenter les aides, de faire venir des constructeurs et via l intervention de plombiers chauffagistes installateurs de prodiguer des conseils techniques. Deux réunions par an convient les professionnels autour d une thématique. En l accent est mis sur la filière bois énergie. Un travail a alors été engagé avec les plombiers chauffagistes. Trois réunions ont été organisées, divisées en deux temps, le matin une présentation «théorique» de la filière bois, l après midi des visites sur site. Ces séances arrivent à mobiliser les professionnels sans doute parce que le représentant local de la CAPEB y est partie prenante. Lors de la journée sur la filière granulé, vingt cinq artisans étaient présents et celle sur le bois déchiqueté en a mobilisé sept. Ces journées ont aussi pour objet de présenter les aides et de faire intervenir des fabricants. Les après midis sont pratiques, avec des interventions de plombiers chauffagistes installeurs qui donnent des détails techniques et sont là pour répondre aux questions des artisans. Ces derniers sont aux trois quarts traditionnels et viennent pour se sensibiliser aux énergies renouvelables car ils sont en situation de reconversion. Le dernier quart est représenté par de jeunes plombiers, de moins de trente ans qui s installent sous l étiquette unique énergies renouvelables. Le CEDER a

105 95 ainsi développé un lien particulier avec un ensemble de professionnels qui sont régulièrement informés de l évolution des aides. L ASDER (Association Savoyarde de Développement des Energies Renouvelables) en Savoie travaille de manière identique en mettant particulièrement l accent sur la filière solaire thermique et photovoltaïque, les techniciens de l ASDER conseillant directement les particuliers sur la faisabilité de leur projet. L ASDER comme le CEDER a été créé en 1981 à la faveur de la crise pétrolière et sont facilement identifiables parce qu elles assurent la fonction d EIE. ASDER s est institutionnalisée très rapidement, devenant incontournable dans le département et jouissant d une réputation de compétence. Ses fondateurs sont considérés comme des pionniers ayant impulsé le recours à l énergie solaire dans la région dès la fin des années 70. Ces militants sont devenus les figures de proue de la défense de l environnement au niveau local et même national. Les trois plus connus sont Roger Rinchet actuel maire de Montmélian, pionnier avec Louis Besson, maire de Chambéry et ancien ministre, de l installation des centrales photovoltaïques au service de leur commune. André Jean fondateur de la société CLIPSOL co-leader avec Giordano du marché des produits solaire en France est aussi à l origine de la création de l ASDER. L association qui est devenue par la suite un Espace Info Energie, est un acteur historique du développement des énergies renouvelables dans la région. L essor des énergies renouvelables s accompagne de l émergence d une notabilité qui a su instrumentaliser une situation où régnait un besoin d acteur de terrain de références et compétents. L existence de ces mouvements associatifs a permis à certains individus de devenir de véritables personnalités locales. Ils se sont construits une position incontournable dans le domaine de l énergie en investissant tout azimut les champs associatifs, institutionnels et politiques allant jusqu à avoir des responsabilités municipales. Il est possible de comparer l évolution du champ des énergies renouvelables avec celui de la politique de la ville. La mise en place du dispositif politique de la ville a entraîné, sans doute motivée par la notion de risque, une institutionnalisation des acteurs associatifs susceptibles de faire face à la violence urbaine. Un processus identique est perceptible dans le contexte du développement des énergies renouvelables et du risque que représente l émission des gaz à effet de serre. Un certain nombre de comparaisons peuvent être esquissées. La reconduction systématique des contrats de ville a participé à l émergence de compétences nouvelles permettant de maîtriser la violence urbaine. Au premier rang se trouve celle de la médiation. Dans le domaine des énergies renouvelables, l apparition de conseillers en énergies renouvelables sont en train de créer un besoin désormais revendiqué par certaines collectivités territoriales notamment en Rhône-Alpes. L institutionnalisation de la politique de la ville a permis la création de filières professionnelles où s illustrent les chargés de missions des sous préfectures à la ville et de la Direction interministérielle à la ville, les chefs de projet et agents de développement urbain. Même si les choses ne sont pas si avancées dans le domaine des énergies renouvelables, les nouveaux métiers d installateurs - mainteneur, d assemblier, de thermicien ou de techniciens en énergies renouvelables sont apparus et modifient considérablement la sociologie des professions liées à l artisanat. Ils tendent à supplanter les métiers de plombier chauffagiste, d électricien, de frigoriste ou de couvreurs créant au passage la nécessité d obtention de Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) inédits. La compétence des artisans doit désormais être transversale aux métiers. Enfin, la capacité d impulsion de l Etat dans le domaine des énergies renouvelables est en train de s affirmer faisant de la question de la

106 96 réduction des gaz à effet de serre une cause nationale équivalant en termes de préoccupation la question sécuritaire Le rôle de la CAPEB et de la FFB La CAPEB La CAPEB, Confédération de l Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment, a été créée le 25 octobre C est une organisation professionnelle au service des entreprises artisanales du bâtiment. Elle regroupe les artisans travaillant seul et les entreprises artisanales (1 à 20 salariés principalement) exerçant une activité dans le secteur du bâtiment. La CAPEB constitue un réseau structuré et puissant. Elle rassemble : syndicats départementaux, - 22 Unions Régionales, - 8 Unions Nationales Artisanales (UNA). Ses missions sont : «Promouvoir, Défendre, Représenter les intérêts matériels et moraux des entreprises artisanales du bâtiment». Avec 98 % des entreprises du bâtiment, soit entreprises (SIRENE septembre 2006), la CAPEB se qualifie comme étant «la première entreprise de France». Le tournant de la modernisation énergétique du bâti Les responsables de la CAPEB sont conscients, ne serait ce que parce qu ils ont participé à l élaboration des nouvelles législations, des changements que vont introduire les nouvelles techniques. L étude montre que la CAPEB est présente dans toutes les nouvelles instances cherchant à promouvoir la modernisation énergétique du cadre bâti ou le développement des énergies renouvelables. Elle est à l initiative de la création de Qualit EnR en compagnie de la FFB et de l UNCP. Elle est présente lors les grande manifestations que ce soit au salon des énergies renouvelables de Lyon en février 2007 où sur son stand elle présentait les caractéristiques des matériaux de construction innovant à partir de maquette et sous la forme de visite guidée. La CAPEB a un certain nombre de représentants qui font office d interlocuteurs privilégiés auprès des groupements professionnels. Connaissant les questions des énergies renouvelables, ces individus sont devenus des personnes ressources pour la CAPEB. Ils travaillent au sein de Qualit EnR autour de problématique commune avec les représentants des associations défendant les énergies renouvelables, le SER ou ENERPLAN. Suivant le dossier traité, l interlocuteur issu de la CAPEB ou de la FFB sera un plombier chauffagiste, un électricien, un ferronnier. Cette situation est en soi innovante. C est la création de Qualit EnR qui a permis de relier les représentants des artisans avec ceux des fabricants. Cette mise en relation est aussi récente qu inédite par son caractère systématique. Elle permet, de manière symbolique, d intégrer les nouveaux acteurs, défendant la modernisation énergétique des logements dans le monde du bâtiment. De l avis des acteurs, il s agit d abord d apprendre à travailler ensemble. Mais la mise en contact est un excellent vecteur d information réciproque. Lieu privilégié pour traiter des questions de formation, Qualit EnR permet aux représentants de la CAPEB et de la FFB

107 97 d être au fait des nouvelles exigences des fabricants. C est ainsi que la question de nécessaire la compétence transversale des métiers a été évoquée. La manière dont se sont fabriqué ces relations au sein de Qualit EnR est intéressante à souligner. Elle débouche sur une organisation inédite des instances de représentation de fabricants et des représentants des artisans. Les pionniers de la CAPEB Au sein de la CAPEB, des personnalités émergent et renouvellent la figure du pionnier. Ces individus ont particulièrement conscience de l enjeu que représente la diffusion des techniques permettant la modernisation énergétique du bâti. Ils constituent des empêcheurs de tourner en rond, développant une vision avant-gardiste des métiers traditionnels. En jouant un rôle au sein de la CAPEB, ils permettent l évolution du métier d artisan. Le portrait du représentant de la CAPEB dans la Drôme a ceci d intéressant qu il présente le parcours d une personnalité atypique, très top sensibilisé aux questions de protection de l environnement et dont le parcours témoigne des aléas et des prises de conscience liée à l introduction du solaire comme source d énergie alternative. M. T. est un ancien plombier chauffagiste. Longtemps à la tête de son entreprise qui a été une des premières à installer des énergies renouvelables à la fin des années 70, il se présente comme un des premiers artisans à avoir «fait» des énergies renouvelables. A cette époque, il était considéré comme «écolo» ce qui selon ses dires était «péjoratif» à ce moment là. Pendant 15 ans, il a vendu deux à cinq chauffe-eau solaires par an essuyant de réelles difficultés de vente. Seuls les ménages et ce qu il appelle les «passionnés» investissaient dans ce type d énergie dont l achat n était pas subventionné. M. T. donne une dimension idéologique à son action. Face à l essor actuel, il s identifie comme faisant partie des professionnels et des militants qui ont toujours préconisé le recours aux énergies renouvelables. L argument qui le distingue est qu il situe le début de son engagement au moment où les énergies fossiles n étaient pas chères. C est également le début de son engagement associatif, auprès de l Association nationale d artisans motivés par le solaire, Technosolar. Cette association est la seule dans les années 80 à apporter des réponses techniques à ses questions. Il situe un changement de conjoncture à la fin des années 1990 alors que son activité se développe, les ménages commençant à être sensibilisés aux énergies renouvelables. Puis, il y a cinq ans, les ménages comprennent qu il est très intéressant d investir dans l énergie solaire, les premiers effets du plan soleil commençant à se faire sentir. Pour lui c est le moment où «les questions d environnement, d écologie et de finance s entrecroisent et où il devient financièrement intéressant d investir dans les énergies renouvelables». Lorsqu il cède son entreprise en 2005, 80 % de son chiffre d affaire se fait dans le domaine des énergies renouvelables. Son successeur a choisi lui de s y consacrer exclusivement. En cessant ses activités, M. T. réoriente sa carrière afin d œuvrer au développement des énergies renouvelables. Il le fait par le biais associatif en s investissant dans les activités du CEDER 70 jusqu à en devenir son président. Il est également membre de l ASDER 71 Association savoyarde de développement des énergies renouvelables. 70 Centre d étude et de développement des énergies renouvelables, basé à Nyons, support de l Espace info énergie local.

108 98 Très tôt les premiers artisans investis dans le développement des énergies renouvelables ont compris l importance de la formation et de la démarche qualité en témoigne l investissement des pionniers, démunis et seuls à cette période, dans l association Technosolar pourvoyeuse d échanges en termes de solutions techniques et d innovation. Puis il devient lors du lancement du plan soleil formateur Qualisol. Il est alors formateur à temps plein en solaire thermique pour la CAPEB puis s engage dans la formation de «Technicien conseil en énergies renouvelables» au Lycée privé Saint Louis de CREST. Enfin depuis les récentes évolutions du marché, cet artisan est lucide quand aux rapports de forces et aux enjeux économiques lié au récent essor des énergies renouvelables en France et en Europe. C est ainsi qu il éprouve la nécessité de porter la parole des artisans au sein de l association Qualit EnR en y étant le représentant de Technosolar, soulignant au passage la dépendance des fabricants par rapport aux artisans qui installent et font vivre leurs produits. Pour lui le recours aux énergies renouvelables consiste à comprendre que toutes les filières se complètent. Il souhaite ainsi développer ses compétences en bois énergie. Son regard sur les nouvelles techniques thermiques et énergétiques est lucide. Pour lui, les énergies renouvelables représentent une valorisation du métier de plombier chauffagiste inconnue depuis des décennies. La comparaison entre l évolution du métier dans les années 50 où les plombiers chauffagistes ont vu leur prestige rehaussé en devenant chauffagiste avec l évolution actuelle liée à l introduction des énergies renouvelables est des plus intéressantes. La Fédération Française du Bâtiment (FFB) La FFB compte adhérents dont entreprises artisanales, ce qui est souvent méconnu, soit les deux tiers des salariés et du chiffre d affaires de la profession. La cartographie des adhérents artisans de la FFB est en fait assez complémentaire de celle de la CAPEB selon les départements. La FFB dispose d un important réseau de proximité : 97 Fédérations départementales, 26 Fédérations régionales, 29 Unions et Syndicats de métiers. Elle organise des groupes «Femmes du Bâtiment» pour soutenir et développer les petites entreprises ainsi que des formations et séminaires spécifiques notamment la promotion du brevet de collaborateur de chef d entreprise artisanale (BCCEA). La FFB recommande aux artisans et entrepreneurs de recourir au Centre de gestion national du BTP agréé et habilité à la gestion des obligations fiscales et sociales qui leur permet de bénéficier d un abattement fiscal de 20 % sur le bénéfice. La fédération a publié en 2004 le Guide FFB-ADEME «Amélioration énergétique des bâtiments - les bonnes solutions», rédigé par le COSTIC 72. Ce guide comprend 90 fiches synthétiques décrivant les actions d économie d énergie que peuvent proposer les entreprises adhérentes de la FFB. Une dizaine de fiches sont diffusées sur son site internet sur les thèmes de l isolation thermique des parois, le chauffage à eau chaude, le confort d été, l eau chaude sanitaire solaire, la gestion de l éclairage. La FFB en partenariat avec l ANAH a mis en place, depuis 2003, un observatoire des coûts des travaux en réhabilitation qui, s il se focalise sur le marché des travaux sur logement 71 L association Savoyarde de Développement des énergies renouvelables. 72 COSTIC : Comité Scientifique et Techniques des Industries Climatiques.

109 99 commandités par des propriétaires bailleurs bénéficiant de l intervention de l ANAH (diffus, Opération Programmée d Amélioration de l Habitat, etc.), fournit des indications sur le coût moyen des travaux pour les principales prestations retenues. Le marché des travaux en réhabilitation de logement est décomposé par catégories de communes et par secteurs d intervention ce qui, notamment pour les interventions diffuses, peut être utile aux particuliers et aux artisans. Elle a réalisé une opération de démonstration d habitat «écologique» locatif en structure bois et fibres végétales à Montholier (Jura) livrée fin 2003, afin de promouvoir les matériaux locaux et les savoirs faire adaptés, ainsi que les approches globales (plancher solaire direct, récupération des eaux pluviales, systèmes de tri des déchets. La FFB fait la promotion des qualifications «Artisan» et «Maître-Artisan» qui sont délivrées par les Chambres des Métiers et les commissions régionale des qualifications. Elle propose aux entreprises une formation patrimoine bâti ancien dont le cahier des charges a été élaboré par une commission composée d artisans, de chefs d entreprises, d architectes des bâtiments de France et d experts du patrimoine. Cette formation vise à donner des connaissances nécessaires sur les différents styles, leurs caractéristiques techniques et esthétiques, les matériaux utilisés et les techniques mises en œuvre, les grands principes de restauration et de conservation du bâti ancien. Les différents intervenants dans la restauration du patrimoine ainsi que les financements mobilisables sont présentés. La formation est organisée en deux modules complémentaires : - un module de connaissances générales et techniques de trois jours consécutifs ou non, - un module d approfondissement visant à l appréhension des spécificités régionales et des techniques traditionnelles par métier (3 jours). Ces formations sont référencée par la Commission de référencement Patrimoine Bâti ancien (CoPaBa) et organisées par différents organismes : GRETA Bâtiment, Ecole d Avignon (Centre de Formation à la Réhabilitation du Patrimoine Architectural), Les Compagnons du Devoir, le groupe CESI, l IUMP de Troyes, l IRFB Midi Pyrénées. Elles permettent d obtenir une mention Qualibat Patrimoine bâti ancien. Elle ne semble pas avoir de contenu énergétique et thermique ou aborder les questions de l intégration des énergies renouvelables. Comme nous l avons développé précédemment, la FFB et son Union Nationale de la Couverture Plomberie ont participé à la création de Qualit EnR. Au plan politique général, la FFB a élaboré 10 propositions pour un quinquennat en mars 2007, pour que le bâtiment soit un moteur de l économie française et de l emploi. Parmi celles-ci signalons : - la pérennisation définitive de la TVA à taux réduit sur les travaux d entretien amélioration des logements, - un plan à grande échelle de réhabilitation thermique et énergétique lourde de logements et 10 millions de m² de locaux non résidentiels par an grâce à des crédits d impôts améliorés et au renforcement des financements privilégiés dédiés basés sur le Livret Développement Durable, - faciliter les constructions durables grâce à une majoration de droit du COS en zone urbaine de 33 %,

110 100 - moderniser le financement de l apprentissage et porter de à le nombre d apprentis toutes qualifications confondues en augmentant notamment les capacités d accueil dans les CFA, UFA et sections dans les lycées. Dans le domaine du génie climatique c est l Union Climatique de France (UCF), composante de la FFB, qui représente la profession des entreprises qui exercent leur activité dans les domaines du chauffage, de la climatisation et des atmosphères contrôlées, de la fumisterie, du ramonage et de la ventilation ainsi que les activités connexes tels que télégestion, GTB, GTC, domotique. L UCF regroupe entreprises de toutes tailles qui utilisent toutes les énergies classiques et renouvelables, représente un effectif de personnes pour un chiffre d affaires de 40 milliards de francs, dans tous les secteurs d activité : Habitat, Tertiaire, Industrie. Parmi ses adhérents, l UCF compte 400 artisans seuls et entreprises artisanales, entreprises moyennes, 50 grandes entreprises et les 10 majors de la profession (> 500 salariés). Les principaux domaines de responsabilité de l union nationale UCF sont : - la normalisation française, européenne et internationale, la réglementation technique, - la promotion des métiers, l ouverture et le développement de marchés spécifique, - l organisation des échanges entre les sections génie climatique locales de chaque syndicat départemental, - l actualisation des connaissances techniques, la sécurité des métiers et la prise en compte de l environnement, - le contenu des formations, - la démarche qualité métiers, - le contenu des qualifications, - la politique technique et la recherche professionnelle. Son congrès qui s est tenu à la mi-septembre 2007 est axé sur le thème Prospectives 2015 «Economies d énergie et efficacité énergétique, quels profils pour l entreprise de demain». Outre une présentation de produits innovants dans 25 kiosques partenaires et une conférence introductive sur le Facteur 4, des solutions existent pour maîtriser l énergie et les émissions de gaz à effet de serre 73. Cinq ateliers techniques ont abordé les questions suivantes : - solaire : les bonnes pratiques pour la régulation, l expansion et les non-surchauffes d été, - chauffage automatique au bois : les bonnes pratiques pour les combustibles et les transferts, - PAC réversibles et climatisation : les bonnes pratiques dans l existant, - ventilation et qualité de l air : les bonnes pratiques pour les RT , - conduits shunts et chaudières gaz : quelles solutions pour les bases températures? 73 Conférence animée par Olivier Sidler ingénieur en énergétique et fondateur de l association Négawatt.

111 101 Les débats ont porté sur l offre d économies d énergie et d efficacité énergétique. Quelles compétences et quels profils pour l entreprise de demain : Entreprise qualifiée? Entreprise certifiée? Entreprise avec appellation? Entreprise de réseaux? Les TPE, petites PME et majors face aux grandes mutations de la profession : Leadership et intelligence collective ; Comment le leadership peut-il s exercer? Le COSTIC, Comité Scientifique et Technique des Industries Climatique, est la «cheville ouvrière» technique et scientifique de l UFC. Auparavant filiale de la FNB 74, il a été transformé en une association 1901, dont sont membres les professionnels du génie climatique adhérents de l Union Climatique de France. Il regroupe 56 personnes dont 38 ingénieurs. Le COSTIC est également proche de l Union Nationale de la Couverture Plomberie (UNCP), autre syndicat important de métier de la FFB, pour tout ce qui concerne l eau sanitaire. Les membres associés tels les bureaux d études, les ingénieurs conseils, les architectes, les industriels d équipements techniques pour le bâtiment peuvent participer aux travaux. Le COSTIC coopère avec la Fédération Française de l Equipement Electrique (FFEE), notamment pour ce qui concerne l utilisation des courants faibles en gestion technique du bâtiment ainsi qu avec les partenaires de l UCF, industriels, négociants distributeurs et fournisseurs d énergie. Le rôle du COSTIC est de fournir assistance et conseils dans les domaines des études et de la recherche, publications et formation. Ainsi peut-on notamment signaler le CD-ROM «le chauffage domestique au bois» élaboré avec le soutien de l ADEME et de l UFC dans le cadre du plan Bois-Energie et mis à jour en 2005 (édition 2006). Ce CD-ROM comprend des fiches techniques et différents outils : - Un bref descriptif des différentes technologies et innovations récentes. - La réglementation technique et les normes en vigueur sur les différents produits ainsi que les principaux textes réglementaires sur la mise en œuvre. - Des conseils essentiels pour l installation des matériels. - Un outil de calcul du coût du fonctionnement du chauffage domestique au bois. - Un catalogue (non exhaustif) des matériels disponibles sur le marché français pouvant être sélectionnés selon différents critères. - Des fiches qui portent sur plusieurs familles de solution techniques, également téléchargeables sur le site Internet du COSTIC : la réglementation, les foyers fermés et les inserts avec une liste des fabricants d appareils au label Flamme Verte, les poêles, les cuisinières, les chaudières à bûches, les chaudières automatiques, le chauffage central au bois et l hydro accumulation. Le COSTIC propose et met en œuvre des actions de formations destinées aux agents de maîtrise, agents techniques, architectes, chargés d affaires, chefs d équipe, exploitants, gardiens, ingénieurs et installateurs. Il a une offre de formation spécifique destinée aux artisans. Pour ces derniers, certaines portent sur des techniques métiers de procédés de soudage, d autres concernent l efficacité et la modernisation énergétique tels que : 74 Fédération Nationale du Bâtiment devenue Fédération Française du Bâtiment, FFB.

112 102 - brûleurs fuel et gaz petite puissance, mise en service et dépannage, - pratique des pompes en chaleur en résidentiel individuel, - pompes-à-chaleur en résidentiel collectif et tertiaire, - chauffe-eau solaire individuel (CESI) formation Qualisol, - chauffage et production d eau chaude sanitaire au bois, - énergies renouvelables : applications en collectif.

113 Le système français au secours des métiers permettant le développement des meilleures techniques énergétiques 8.1. Un dispositif d aides Les collectivités locales ont pris localement le relais de l Etat dans la gestion du risque liée aux émission de gaz à effet de serre en dispensant des aides financières aux ménages choisissant la modernisation énergétique de leur logement. Elles existent à trois niveaux de territoire, celui de la région, du département et de certaines communes et sont cumulables. Il n y a aucune uniformité dans la création des aides par les collectivités territoriales. Leur existence varie d une région à l autre, d une collectivité à l autre. Ces inégalités renforcent la volonté des associations de professionnels de plaider pour qu elles deviennent systématiques. Ce n est pas le cas. Leur existence dépend d un contexte budgétaire propre à la collectivité. Au niveau des assemblées territoriales (région et département), les attributions budgétaires en la matière reposent sur le poids des élus chargé du dossier énergie dans le concert des jeux politiques locaux. Il n est pas toujours évident pour un vice-président de Conseil Régional même s il est convaincu d arriver à défendre l existence de son dossier devant les assemblées d élus locaux. Les aides données aux particuliers dans ce contexte ont eu un impact important. La nécessité de faire l avance, pendant six mois, de la totalité de ce que représente le coût d investissement restreint l accessibilité des énergies renouvelables aux classes moyennes supérieures même si localement elles ont contribué à permettre également aux ménages disposant de revenus moyens d investir. L engouement récent autour des aides est tel que certaines collectivités, face à l explosion des demandes et à la nécessité de réaliser d autres investissements liés à la mise en œuvre de la décentralisation, commencent à les diminuer et à les supprimer. C est le cas du conseil général de l Ardèche qui a arrêté la distribution des aides en décembre La Région Rhône-Alpes a planifié l arrêt des subventions pour fin 2007, invoquant l œuvre accomplie, la région regroupant sur son seul territoire 10 % des installations en matière énergies renouvelables de France. Si cette décision interroge, les collectivités territoriales sont devenues, à l image de la région Rhône-Alpes, le garant du maintien de la situation d innovation assurant localement le développement constant du secteur des énergies renouvelables. Les aides dispensées ont eu un effet stimulant sur le bassin d emploi Rhônalpin, d autant plus qu elles ont été associées à la création de clusters, véritable pépinière d entreprises liées aux énergies renouvelables. La diffusion de plus en plus importante de la notion de risque liée aux émissions de gaz à effet de serre assure un contexte favorable au développement des énergies renouvelables mais pas uniquement. Les entretiens montrent que l argument le plus souvent avancé pour expliquer l essor des énergies renouvelables en Rhône-Alpes souligne le fait que la région est la plus nucléarisée de France, produisant à elle seule 21,9 % de l électricité d origine électronucléaire consommée dans le pays.

114 L association banque/collectivités territoriales Il est intéressant de constater qu au moment où les aides se multiplient ou vont se faire plus rares selon les territoires, une offre bancaire destinée aux ménages se développe. Elle revêt deux formes. La première est celle de l association avec certaines collectivités territoriales. Les établissements bancaires proposent des prêts préférentiels aux ménages pour leur permettre d investir dans les énergies renouvelables, soutenus en cela par les pouvoirs publics. La seconde repose sur l initiative individuelle, mais encore isolée, de certains responsables d agence bancaire qui de manière innovante lancent des campagnes incitatives autour de produits bancaires inédits afin de créer un segment de marché spécifique au développement de l énergie solaire auprès des ménages. Dès 1999, les premières initiatives marquent l association inédite des collectivités territoriales et des établissements bancaires. Une forme inédite et ponctuelle de collaboration apparaît. Elle est d autant plus à signaler qu elle survient dans le contexte d une diminution et parfois d un retrait des aides proposées aux ménages. Elle vient souligner une mutation en cours qui tend à remettre en question le caractère systématique de l aide publique au bénéfice de l initiative privée. Un entretien réalisée avec la vice-présidente chargée du développement durable du conseil régional Rhône-Alpes souligne combien ce retrait est lié à une volonté de redéployer cette aide dans le domaine du logement collectif, auprès de ménages moins favorisés. L association des collectivités territoriales et des banques correspond à une mutation culturelle dans l attitude des pouvoirs publics qui tendent, pour des questions budgétaires, à inciter une démarche privé tout en l encadrant. Ainsi les «prêts habitats» de la Banque Populaire d Alsace proposent un compte épargne éthique dit CODEVAIR soutenu par des crédits publics du conseil régional d Alsace. L intervention de la collectivité territoriale permet de renforcer la capacité de bonification des prêts. Une convention entre la banque populaire d Alsace et le conseil régional d alsace associé à l ADEME a également été signée, en juin 2004, pour le financement de chauffe-eau solaires individuels. A cet effet, la banque populaire est devenue un guichet unique de distribution des primes publiques. Elle a ensuite mis au point un PREVAIR CESI 75 à 0 % grâce à une subvention de la région Une opportunité de marché Certains établissements bancaires saisissent l opportunité du développement de la filière solaire pour mettre en place des politiques d incitation au prêt en dehors d une association avec les collectivités territoriales. Des partenariats privilégiés avec les acteurs du secteur sont alors développés et donnent une dimension nouvelle au jeu d acteur. Le Crédit Agricole avec sa caisse des Savoies est très en avance dans ce domaine. Il a mis en place des prêts solaires. Il s agit d une offre de crédit avec différé d amortissement de 12 à 18 mois susceptible de compléter le coût d une installation solaire thermique. Un autre produit bancaire a été imaginé, s adressant plutôt aux ménages voulant développer chez eux le photovoltaïque. Des délais d obtention réduits avec un différé de déblocage de 4 à 6 mois permettent aux ménages d attendre le versement des aides des collectivités territoriales. En 6 mois d existence, 300 prêts ont été conclus répartis en Savoie et Haute Savoie de manière 75 Ce prêt concerne les ménages ayant choisi de s équiper d un chauffe-eau solaire.

115 105 identique. L engouement autour de ce type de prêt a surpris la direction de la caisse qui y voit désormais une très bonne opportunité financière. La caisse des Savoie a également su développer un partenariat privilégié qui revêt des caractères d exclusivité avec les principaux acteurs du solaire de la région. Deux partenariats que le Crédit Agricole a voulu placer sous le régime de l exclusivité témoignent d une mutation du secteur. En 20 ans la filière est sortie de la confidentialité et s est marchandisée. Les acteurs du solaire ont conscience de la nécessité de s allier à des banques pour se développer. L association entre la caisse des Savoie du Crédit Agricole et le centre de formation des Compagnons du Solaire révèle d un partenariat uniquement financier. Le crédit agricole s engage à faire un don de sur 3 ans aux compagnons du solaire et à mettre à disposition un employé de la banque qui intervient dans les formations sur le thème : «l artisan et ses relations avec le banquier». Le Crédit Agricole dispose ainsi d un espace privilégié pour présenter sa politique, son approche comptable, les aides et les soutiens qu il peut proposer aux artisans désirant s installer. En échange les deux partenaires mettent en avant leur association sur leurs sites web respectifs. Un partenariat ancien et encore plus privilégié a été conclu entre le crédit agricole et le fabricant de matériaux solaires CLIPSOL. Il a été à l origine de la mise en place des prêts solaires. L offre était conditionnée au choix de CLIPSOL par les particuliers alors que le fabricant était seul sur le marché savoyard. Ce n est que par la suite alors que le marché des énergies solaires se développait que le prêt s est étendu à ses concurrents. L action engagée par le Crédit Agricole est à associer à une particularité régionale, celle du développement important et avancé du marché du solaire en Savoie relayé en la matière par les collectivités territoriales, le département ayant développé de manière originale une politique de guichet unique. Ailleurs, des offres bancaires associées au développement des énergies renouvelables voient ponctuellement le jour sans être articulées à une situation générale d innovation 76. Le secteur bancaire est en train de s imposer comme l acteur susceptible de financer l essor continu et régulier des énergies renouvelables, les prémices ayant déjà bénéficié à l énergie solaire. 76 La Caisse d Epargne Languedoc Roussillon propose un prêt «travaux développement durable» pour des travaux incluant l installation d un chauffe-eau solaire. Le Crédit Coopératif dispose d une offre bancaire dite «éco-habitat» pour les ménages voulant installer chez eux des énergies renouvelables. Le marché des «prêts verts» est encore à ses balbutiements.

116 Remarques, éléments de discussion et préconisations Un enjeu de société Lors de la dernière campagne présidentielle, la question du facteur 4 a largement occupé le devant de la scène faisant apparaître comme cruciale la modification des pratiques des professionnels comme des usages des ménages. L action lobbyiste de Nicolas Hulot surfant sur la dimension du risque liée au rejet du CO 2 dans l atmosphère a contraint les leaders des partis politiques à penser une action globale en la matière. Le recours aux énergies non fossiles mais également l amélioration énergétique globale des bâtiments, au centre de laquelle se trouve la question des économies d énergie sont désormais présentées comme les principes à partir desquels doit se produire une évolution de mentalités pour atteindre des objectifs fixés désormais à 2012 voire La mise en place du «Grenelle de l environnement» précédé par la création d un poste de ministre de l écologie «renforcé» dans ses prérogatives, aura des conséquences sur l évolution de la conception du cadre bâti. L enjeu est de taille comme en témoigne la campagne de communication autour de ces deux évènements. Dans ce contexte, il aurait pu être opportun d organiser un groupe de travail spécifique sur la question de l énergie dans le bâtiment car 42.5 % de l énergie finale totale y est consommée (secteurs résidentiels et tertiaires confondus). Face aux enjeux actuels, une fois les conclusions du «Grenelle» rendues, un groupe de travail pérenne à l échelle ministérielle est à préconiser. Il pourrait constituer une émanation de l atelier «Bâtiment et urbanisme» issu du premier groupe de travail dont le thème est «la lutte contre les changements climatiques et la maîtrise de l énergie». Ce groupe de travail rassemble un certain nombre de professionnels convaincus de la nécessité d engager la rénovation énergétique du cadre bâti. Il s agit maintenant de suivre et d appliquer leurs propositions. Les mesures engagées doivent s inscrire dans la durée. Des bilans pourraient être réalisés tous les deux ans afin d y articuler des mesures en prise avec le terrain. La rénovation énergétique des logements est un chantier majeur. Les 2/3 de l énergie consommée dans le secteur du bâtiment proviennent des logements. Une filière en devenir en lien avec un marché de masse Les pronostics en termes de créations d emplois et d évolution du marché sont d autant plus optimistes qu ils reposent sur une nécessité associée à une prise de conscience politique de l urgence à agir. Les métiers engagés dans l amélioration énergétique des bâtiments vont voir leurs effectifs augmenter. Les prévisions pour la France font état de emplois à créer entre 2006 et 2010 dont en Rhône-Alpes ce qui est très imortant à l échelle de la région. Les grands groupes industriels ont déjà pris la mesure de la situation et orienté leurs activités et leurs produits vers le domaine de l efficacité énergétique, se dotant à leur échelle des compétences nécessaires à la transformation d un marché de niche en marché de masse. Qu ils soient issus de la plomberie ou du chauffage, des énergies renouvelables, de l ingénierie électrique ou du génie climatique, ils sont prêts à répondre à une transformation d envergure qui consisterait à programmer l amélioration énergétique de tous les bâtiments pour 2012 pour un court terme ou pour 2020 pour un moyen terme.

117 107 Par ailleurs, les marges de développement de l activité liée à l amélioration énergétique des bâtiments ou aux énergies renouvelables sont encore conséquentes. Les industriels dont un certain nombre ont des filiales à l étranger ou sont des émanations de groupes internationaux peuvent développer leurs activités en lien avec une approche plus globale et systémique des travaux de rénovation. Les sociétés de distributions, quant à elles, ne sont mobilisées qu à hauteur de 20 à 30 % de leurs points de vente. Il est sans doute à prévoir que, dans un contexte d évolution rapide du marché, les caractéristiques du métier d artisans soient durablement transformées. La transversalité va s imposer comme la norme de mise en œuvre de l amélioration énergétique, faisant émerger de nouvelles fonctions à la croisée de l exercice des métiers : le recours au terme «installateur» pour qualifier les interventions des professionnels du bâtiment issus de tous horizons en est un des prémices. La place des pouvoirs publics dans l incitation La place des pouvoirs publics dans la mise en œuvre d une politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre est en constant débat. Toutes les personnes enquêtées l évoquent comme une nécessité. La manière dont l Etat intervient sera en nécessaire évolution. Jusqu à présent, il est intervenu à travers la mise en place d un outil qu il maîtrise par ailleurs, le crédit d impôt. Les sommes importantes engagées ont permis l affirmation d un marché. Cette action incitative est indispensable du point de vue des fabricants, négociants et installateurs. Sa disparition n est pas envisageable. Elle pourrait néanmoins être accompagnée d un dispositif plus global où l Etat se porterait caution lors de la mise en œuvre de travaux de grande envergure pouvant concerner les bailleurs privés ou les copropriétés où les fonds à mobiliser pour rénover sont très conséquents. Il peut également être utile de faire évoluer le dispositif en redéfinissant les équipements ciblés par le crédit d impôt. Par ailleurs, ce dispositif d aide doit être renforcé par la mise en place de partenariat avec les banques et les sociétés d assurance. En effet, les finances de l Etat ne sont pas un puits sans fond. Le coût du crédit d impôt en 2006 est selon le ministère des finances de l ordre de Plutôt que de réduire cette aide, il serait intéressant de la transformer. Si la présence des banques sur le marché de la rénovation énergétique est très discrète (à noter celle du Crédit Agricole et de la Banque Populaire), celle des assurances est quasi inexistante. Des produits bancaires nouveaux peuvent être imaginés et cautionnés par l Etat à destination des professionnels et des ménages. Dans le même registre, les aides des collectivités territoriales constituent une incitation importante pour les ménages. Toutes les personnes enquêtées s accordent pour souligner qu elles doivent être maintenues. Comme pour le crédit d impôt, les sommes engagées sont de plus en plus importantes. Plusieurs raisons à cela. Le recours aux aides est de plus en plus connu des ménages car elles sont devenues un argument de vente pour les professionnels du bâtiment qui en font la promotion. Les collectivités territoriales doivent faire face à la mise en place de la décentralisation et aux questions budgétaires qu elle implique. La question énergétique est un dossier parmi d autres pour les assemblées régionales. Le retrait des aides est programmé par certaines régions comme la région Rhône Alpes et avéré déjà dans certains départements comme l Ardèche. Néanmoins, pour les personnes interrogées, il ne s agit pas d arrêter un effort qui porte ses fruits mais de réorienter l aide d une manière plus globale

118 108 vers les secteurs de l habitat collectif, en région Rhône Alpes par exemple. Par ailleurs, des opérations comme l instauration d un guichet unique existent ponctuellement. C est le cas en Savoie. Le Conseil Général et la région Rhône Alpes y participent comme d autres communes d importance diverses. Cette opération doit être généralisée et systématisée. Certaines collectivités ont également compris l intérêt d associer les acteurs locaux de la banque. Ces initiatives doivent se multiplier. Des accords avec les sociétés d assurances peuvent également être conclus pour faciliter les opérations d amélioration énergétique dans le bâtiment. Dans le domaine de l emploi soutenu par l Etat, les emplois d animateurs, de conseillers, de chefs de projet au sein des Espaces Infos-Energie doivent être pérennisés et ne pas uniquement reposer sur des emplois jeunes ou des emplois tremplin. Dans ce contexte, ils sont vécus comme des périodes de transition dans une carrière en devenir pour ceux qui les occupent. Une formation systématique du personnel des Espaces Infos-Energie doit être impulsée de manière à ce qu ils aient une bonne connaissance du tissu économique et associatif local. Ils ont à faire valoir une compétence afin de devenir les acteurs «clef de voûte» d un dispositif plus global de modernisation énergétique du bâtiment à l échelle locale. Qualité, évaluation, vérification des performances La question de la réglementation est très importante. Les artisans soulignent qu ils ont du mal à percevoir les objectifs d une réglementation qu ils considèrent souvent avec fatalisme comme «tout le temps en train de changer» 77. Des sensibilisations de manière systématique et obligatoire lors des grands changements comme la mise en vigueur des RT via les organisations professionnelles comme la CAPEB ou la FFB associées à une formation doivent pouvoir être proposées aux artisans. Elles pourraient prendre la forme de modules de courte durée, de 1 à 3 jours comme c est le cas pour le dispositif Qualisol. Par ailleurs, il serait nécessaire que les principes de la nouvelle réglementation thermique soient transférables à la rénovation. L existence des labels et d appellations est désormais revendiquée par l ensemble des acteurs interrogés. Peut-être peut-on imaginer pour la rénovation, un label plus global, équivalent de Minergie pour la construction neuve, qui permettrait d attester de la qualité énergétique globale du bâtiment une fois les travaux réalisés. L enjeu de la labellisation réside dans les capacités de contrôle des produits ou opérations de la part des «organisation» de professionnels qui en revendiquent la paternité. En effet, à coté des appellations Qualisol, Qualibois, les industriels développent leurs propres labels qualité qui reposent sur des critères qui ne sont connus que d eux-mêmes. Maîtriser la prolifération des labels doit être un objectif. Une telle initiative permettrait de protéger le marché, à condition de l associer à une solide évaluation des critères de qualité et des opérations réalisées sous les différentes appellations. La formation est une condition nécessaire au développement d actes professionnels de qualité. Les techniques changent, l exercice des métiers se complexifie, aussi la formation de base des artisans doit-elle être améliorée et considérée à travers une approche transversale aux différents corps de métier. Par ailleurs, on constate que les formations longues menant à une spécialisation dans le champ du développement durable et des énergies renouvelables sont 77 Propos tiré d un entretien avec un artisan en Rhône Alpes.

119 109 peu nombreuses. A de nouveaux métiers (solariste, assembleur) doit répondre l organisation de nouvelles formations. Un effort de formation est à envisager à différents niveaux : plan national et régional, et degré de qualification (techniciens et responsables d entreprise). Il serait souhaitable que l Education Nationale s investisse dans ce domaine et modifie ses programmes en conséquence. Le problème est de trouver les enseignants suffisamment qualifiés pour former les élèves inscrits en CAP et BEP. Un dispositif de formation des formateurs de grande ampleur est à envisager. Evolution des relations entre acteurs L apparition des acteurs de la banque et de l assurance attestent d un secteur professionnel en mutation. La place des pouvoirs publics en termes d incitation et d encadrement de la démarche d amélioration énergétique n est plus anecdotique. Par ailleurs, des organisations de professionnels (SER, ERNERPLAN, TECHNOSOLAR ) commencent à prendre du poids à coté des organisations professionnelles traditionnelles (CAPEB, FFB ). Lors du «Grenelle de l environnement», la composition de l atelier «Bâtiment et urbanisme» issu du premier groupe de travail dont le thème est «la lutte contre les changements climatiques et la maîtrise de l énergie» est emblématique de la transformation du secteur chargé de l amélioration énergétique des bâtiments mais également d une évolution des forces en présence. Si le collège des employeurs rassemble de manière classique un représentant de la FFB (Roland Fauconnier), un représentant de la CAPEB à l Union Professionnelle Artisanale (UPA - Jean Marie Carton), la présence d André Antolini, président du Syndicat des Energies Renouvelables au sein de ce collègue atteste de l émergence des industriels engagés dans le développement des énergies renouvelables comme interlocuteurs de premier plan. Le collège des collectivités territoriales voit la présence de Jean Pierre Vial, président du Conseil Général de la Savoie, département où le marché du solaire est un bassin d emploi important soutenu par les collectivités territoriales depuis le début des années 80. Enfin, le collège de l Etat accueille Alain Maugard, président du CSTB, et Michèle Pappalardo, présidente de l ADEME, acteurs très informés du poids que représente et peut représenter la filière. Comme personne morale associée à ce groupe de travail, il est important de signaler la présence d Arnaud Berger de la Banque Populaire, banque pionnière dans la mise en place de crédits et d associations financières avec les collectivités territoriales dans le domaine des énergies renouvelables et d un représentant du Comité de Liaison Energies Renouvelables (Marc Jedliczka) association ayant un rôle de premier plan dans l information et la mise en réseaux des acteurs liées au développement des énergies renouvelables. L apparition d une véritable situation d innovation tant organisationnelle que technique se dégage des résultats de l enquête. L étude montre que le secteur du bâtiment est engagé dans un processus qui va bouleverser durablement les relations entre acteurs. Une mobilisation originale des modes d organisation déjà existant associée au développement de l action d associations de professionnels offre de nouvelles combinaisons aux ressources traditionnellement mobilisées. Les organismes comme la CAPEB ou la FFB sont désormais obligés de se positionner dans le débat sur l amélioration énergétique des bâtiments face au poids que prennent les associations Qualit EnR, le SER ou ENERPLAN qui défendent un marché plus restreint que celui de la rénovation, celui des énergies renouvelables. Que ce soit la CAPEB ou la FFB, chacune a développé un lien privilégié avec ces organisations de professionnels ayant une action lobbyiste très marquée. Le cadre d exercice des métiers est renouvelé : la transversalité des métiers s impose, de nouvelles relations entre artisans et

120 110 fabricants apparaissent, ces derniers devenant des installateurs devant disposer de nouvelles compétences. Le secteur de l amélioration énergétique a pour corollaire de développer des exigences de qualité et l apparition d une nouvelle législation. Le secteur du bâtiment voit ses exigences renouvelées. Les industriels, les distributeurs et les installateurs ont modifié leurs stratégies commerciales et ont redéfini les règles d un marché qui se voulait de niche en le transformant en marché de masse. Les prémisses à une redéfinition des règles du jeu social dans lequel sont engagés l ensemble de ces acteurs sont désormais visibles. Une question demeure quant à l incidence de l action des pouvoirs publics, qui encadre en termes de réglementation les activités du secteur du bâtiment. L amélioration énergétique des bâtiments se réalise dans un contexte de tension permanente entre la sollicitation qui relève de la libre adhésion des professionnels aux questions de la transformation énergétique et l obligation qui relève de la contrainte à agir. C est de cette tension qu émergera la transformation durable des usages susceptibles de déboucher sur une mutation culturelle notable dans le secteur du bâtiment affirmant le caractère innovant du processus d innovation dans lequel il est engagé.

121 Annexes Listes des entretiens NOM Fonction de l interviewé Qualité et intitulé de la société Artisans Rhône-Alpes Patron de la société Artisan 07 Siège de la société Département Damien NICOLLET SCARPA Constructeur bois Artisan SBPI Aubenas 07 Jacques BERNARD Plombier chauffagiste Artisan SARL IDEES Aubenas 07 Eric SAUTEL Artisan Aubenas 26 François RAYNAUD Jean-Marc BEAUME Plombier chauffagiste Artisan HELIOS Energie Peron 01 Maçon + tous corps Artisan BEAUME-DROBIE MAÇONNERIE Valgorge 07 d Etat Entreprise tous corps d Etat Pays-de-la-Loire Stéphane Plombier chauffagiste Entreprise LOGODIN Orvault 44 GATINEAU. Directeur Alain MOREAU Plombier/chauffagiste Rezé 44 Christian Plombier/chauffagiste Directeur d une entreprise d installation et La Chapelle-sur- LEFEVRE Directeur d une entreprise de maintenance Erdre 44 M et Mme BABIN Ingénieur conseil en Site «Installateurs solaires motivés» La Chapelle-surénergies renouvelables Erdre 44 Jean-Yves Plombier/chauffagiste Saint-Etienne de QUIRION Montluc 44 Bruno MERAND Entreprise spécialisée Site «Installateurs solaires motivés» Les Sorinières 44 dans les énergies renouvelables Denis ADELE Assainissement des charpentes et isolation SARL Réseau Amélioration de l Habitat Français Saint-Sébastiensur-Loire 44 M. LEBRE Isolation SARL Tual Isolation Saint-Herblain 44 Loïc HUBERT Menuiserie Carquefou 44 Fabricants Rhône-Alpes Gilles BERLION Négociant fabricant CLIPSOL 73 Michel BERTET Directeur technique Fabricant produits géothermiques ENALSA 26 M. MESLANS Directeur commercial Fabricant matériel solaire international 83 Pascale BONNOURE Directrice commerciale Nils Directeur LUNKENHEIMER Bruno LADONT Responsable de la délégation du Grand Ouest Société allemande CONERGY Fabricant matériel solaire international Société française GIORDANO Pays-de-la-Loire Fabricant/distributeur allemand de produits solaires PHOENIX Solaire Fabricant/distributeur de chaudières DE DIETRICH Délégation : direction commerciale, assistance et formation 13 Nantes 44 Vertou 44

122 112 Wilfrid DESGEORGES M. DE CHAMPS Directeur développement ER Nils Directeur LUNKENHEIMER Bruno LADONT Responsable de la délégation du Grand Ouest Dominique DETOC Responsable des salles d exposition Distributeurs Toute la France Distributeur spécialisé dans les énergies renouvelables TOUT FEU TOUT FLAMME Distributeur spécialisé en sanitaire et chauffage St GOBAIN DSC Fabricant/distributeur allemand de produits solaires PHOENIX Solaire Fabricant/distributeur de chaudières DE DIETRICH Délégation : direction commerciale, assistance et formation Coopérative d achat d artisans VST VENDEE SANI-THERM Réseau ORCAB Nantes 44 Vertou 44 Vertou 44 Organismes de formations Rhône-Alpes Gilles BERLION Négociant fabricant CLIPSOL 73 Jean Marc Organisme de formation 73 BERNARD LES COMPAGNONS DU SOLAIRE Chantal RIEUX Organisme de formation 26 NEOPOLIS - Bois Michel Organisme de formation 26 CHAUVEAUX Formateur responsable + 8 Stagiaires Yvon TILLOY Plombier chauffagiste Président de la commission environnement de la CAPEB Formateur au Lycée Saint Louis +formateur Qualisol CFA - Généraliste Lycée Saint Louis CREST CREST 26 CAPEB 07/26 Pays-de-la-Loire Yves CRITON Directeur Organisme de formation issu de la CAPEB ARTEFAB Pays de Loire Marc LELOU Responsable du centre de formation de l Ouest Centre de formation du fabricant DE DIETRICH Nantes 44 Vertou 44 Emilie POURADIER Victor LUMINEAU Valérie MALLET- LAPLAGNE Waël ELAMINE Christophe de SAINT-JORES Organisations Professionnelles Toute le France Directrice Qualit ENR 75 Association gestionnaire du label Qualisol Responsable Association ESPACE INFO ENERGIE 26 Chargé de mission Chargé de mission ENERPLAN 13 Association des fabricants du solaire Chargé de mission Association SER 75 Filière Solaire - Syndicat des fabricants de matériels toutes Bâtiment énergies renouvelables Chargé de mission ADEME Pays-de-Loire 44

123 113 Alain LE TOUZIC Secrétaire général Syndicat professionnel CAPEB 44 Bouguenais 44 André Vice président Syndicat professionnel CAPEB 44 Bouguenais 44 METAIREAU Ex. président des CPC Bernard Direction commerciale EDF Vannes KERVICHE particuliers et Gestionnaire de VIVRELEC professionnels ouest Bernard HOFBAUER Arnaud BERGER Chargé de mission développement durable Banque Toute la France CREDIT AGRICOLE 73 CAISSE DES SAVOIES BANQUE POPULAIRE 75

124 114 Fiches régions : Pays-de-la-Loire 1. Description démographique et administrative de la région des Pays-de-la- Loire Superficie : km² Population : (2006) Densité : 103 habitants / Km² Départements : 5 Communautés de communes : 7 Communes : Préfecture de région : Nantes La région des Pays-de-la-Loire Conseils généraux Siège de l hôtel du département Communautés de communes Loire-Atlantique (44) Nantes Clisson Vallet Maine-et-Loire (49) Angers Angers-Loire-Métropole Du Loir Loire Longé Mayenne (53) Laval Ernée Sarthe (72) Le Mans (aucune) Vendée (85) La Roche-sur-Yon Pays des Herbiers Contexte politique local Président du conseil régional : Jacques Auxiette (Parti Scialiste) Elus vert Mairies de Saumur (49), Surfonds (72) et Foussais-Payre Conseillers généraux de Laval et Saumur.

125 Production et consommation énergétique locale 2.1. Consommation d énergie Pays-de-la-Loire Référence locale Référence nationale* Consommation d énergie % Ktep % Mtep Charbon 0,25 % 25 3,8 6,1 Produits pétroliers 53 % ,96 72,2 Gaz 20,25 % ,04 35,4 Electricité 20,5 % ,67 36,4 Bois 6 % 449 6,54*³ 10,5*² Total 100 % Ktep 160,6 Mtep Ktep : kilotonne équivalent pétrole 1 tep pétrole = Kwh électrique dans une centrale thermique. L objectif à atteindre pour une personne *le pourcentage de la consommation énergétique locale est rapporté à la consommation énergétique nationale Pays-de-la-Loire Référence locale Référence nationale* Consommation d énergie en Pays-de-la- % Ktep % Mtep Loire Industrie (dont BTP, sidérurgie, eau & 18% ,66 33,6 agroalimentaire) Résidentiel et tertiaire 41% ,97 68,2 Agriculture 4% 296 1,87 2,9 Transports 37% ,5 50,4 Total 100 % Ktep ,10 Mtep Tableau : consommation énergétique dans Les Pays-de-la-Loire en fonction des zones d activités (2002) 2.2. Production énergie Pays-de-la-Loire Référence locale Référence nationale* Production d énergie en Pays-de-la-Loire % Ktep % Mtep Produits pétroliers 0 % 0 0,94 1,3 Electricité nucléaire 0 % 0 85,54 117,7 Electricité hydraulique et éolienne 0,5 % 2 3,63 5 Energie renouvelables thermique 99,5 % 496 9,08 12,5 100 % 498 Ktep ,6 Mtep Tableau : production énergétique dans Les Pays-de-la-Loire en fonction des énergies produites (2002)

126 Positionnement de la région sur la question énergétique 3.1. Lisibilité de l action de la région sur le portail internet La région arbore un projet régional présenté via le site internet dans la rubrique «Environnement». La promotion des énergies renouvelables y est le deuxième sujet évoqué, après la gestion de l eau. Selon les propos invoqués sur son portail internet, la région souhaite inscrire le développement durable au cœur de toutes les politiques du conseil régional. Ainsi, des études de préfiguration d une agence régionale de l énergie ont été lancées. ues/environnement/index.html 3.2. Programmation de la politique énergétique locale En complément des actions qu elle mène en partenariat avec l Ademe depuis 2000, et qui vont être renouvelées (convention annuelle Energie 2007 entre l Etat, la région et l ADEME : _Convention_Etat_ADEME_R_gion.pdf), la Région mobilise un budget de 80 millions d euros pour la période Cinq priorités ont été clairement identifiées : - promouvoir l efficacité énergétique et les énergies renouvelables, - développer les transports collectifs, - peser sur les comportements grâce à l information, la connaissance et la formation, - encourager la recherche et l innovation régionales et interrégionales dans les domaines de l énergie, - conforter le pôle énergétique de l estuaire. Pour atteindre ces objectifs, la Région a défini le 16 mars 2007 des orientations pour lutter contre l effet de serre et favoriser l efficacité énergétique en même temps que les énergies renouvelables. La maîtrise énergétique occupe ainsi une place majeure dans cette politique énergétique. La politique de maîtrise de l énergie de la Région s appuie sur trois piliers : - La transversalité insufflée dans toutes les politiques publiques de la Région : transports, gestion des bâtiments régionaux et des lycées, action économique, agriculture, formation, recherche, etc. - L accord cadre entre l Ademe, la Région et l Etat, pour soutenir les initiatives collectives et exemplaires - des conventions d exécution annuelles sont prises chaque année. - La politique autonome conduite par la Région destinée à réaliser des économies d énergie en recherchant l effet de masse. Dès 2007, l appel à projet «opérations groupées d installations solaires» permettra de faciliter les projets individuels de chauffes eau solaires ou de panneaux photovoltaïques. En 2008, la mise en place d un prêt à taux bonifié permettra d encourager la réalisation de travaux d économies d énergie dans l habitat ligérien. Rapport sur l énergie présenté au conseil régional en mars 2007.

127 _Energie_16_mars_RAPPORT.pdf Le Préfet de la région et le Président du Conseil régional ont signé le 17 mars 2007 le Contrat de Projets Etat Région Pour définir les politiques de développement durable, de maîtrise de l énergie et de lutte contre l effet de serre, un accord cadre entre l Etat, la Région et l Ademe sur la même période est annexé au Contrat de projets. L accord cadre pluriannuel entre l Etat, la région et l Ademe : _ACCORD_CADRE_ETAT_ADEME_REGION_ PDF La convention d exécution annuelle "énergie" 2007 vise à accompagner les porteurs de projets à toutes les étapes de leur parcours (audit, diagnostic, faisabilité, investissement). Trois volets ont été retenus : - les études structurantes, le conseil et l animation au niveau régional ; - la performance énergétique ; - le développement des énergies renouvelables. Bois-énergie Si la maîtrise énergétique apparaît comme une axe important de la nouvelle politique énergétique de la région, elle s appui sur la valorisation des ressources locales. Deux programmes développés entre l ADEME et la région visent ainsi à valoriser le bois-énergie. - Promotion des énergies renouvelables et du bois-énergie (Programme 1) ment/0603_conv_ademe_nrj_renouvelables_bois.pdf - Performances énergétiques et environnement des bâtiments (Programme2) ments.pdf Energie solaire La Région lance un appel à projets encourageant le développement d installations utilisant les énergies renouvelables sur le territoire des Pays-de-la-Loire. Cet appel à projets favorise l achat groupé d installations, via l intermédiaire d un opérateur qui prendra en charge le pilotage du projet. Outre le fait de bénéficier de tarifs avantageux, la région annonce que l achat groupé permettra d offrir aux particuliers un service de conseil et d assistance de la part du porteur du projet. 4. Structures nationales incitatives en région ADEME : EIE (Espaces Info-Energie) - La Roche-sur-Yon. - Laval. Habitat et développement de la Mayenne - Le Mans. Sarthe Nature Environnement - Mayenne. FD CIVAM 53

128 118 Les dispositions nationales en faveur des véhicules alternatifs : les aides aux véhicules électriques, au gaz naturel (GNV) ou au gaz de pétrole liquéfié (GPLc) Structures locales incitatives 5.1. Services en charge de l énergie dans les collectivités territoriales Conseil régional : Direction de l'environnement et des Projets de Territoire (DEPT) Conseil général Vendée. Mission Territoire et environnement : les préoccupations énergétiques ont conduit à un Plan Vendée Energie Sarthe. Direction du développement territorial/ Agriculture et Environnement ; la mission affichée Préserver et Promouvoir met l accent sur les paysages. Loire-Atlantique. La mission Qualité de l Environnement et Protection de la Nature fait apparaître les énergies renouvelables comme leur seconde préoccupation environnementale après la préservation des zones sensibles. Maine et Loire. La mission agriculture et Environnement prévoit un Plan départemental de l'environnement qui prévoit un volet Gestion des déchets et maîtrise de l'énergie. Mayenne. La mission Environnement et Santé publique s investit dans la maîtrise énergétique et la promotion des énergies renouvelables en accompagnant les projets des acteurs locaux. Communes Nantes. Direction générale de l Urbanisme et de l aménagement : service environnement (URBANA) / Service des espaces verts et de l environnement (SEVE). Angers. Mission développement durable (Angers 21). Laval. Pas d affichage sur la question de l énergie La Roche-sur-Yon. Direction de l environnement ; les économies d énergies sont abordées dans le cadre de la protection de l environnement. Le Mans. Préoccupation de préserver l environnement en maîtrisant la consommation énergétique Associations Alisée (Nantes, Angers) GRAINE Pays-de-la-Loire : réseau d éducation à l environnement, à la citoyenneté et au développement durable Entreprises Le FRAC (Fond Régional d Aide au Conseil) a été initié par le conseil général d île de France. Il intervient pour soutenir l effort de réflexion des entreprises à des moments particuliers de leur fonctionnement ou de leur développement. Deux objectifs prioritaires sont mis en avant dans les Pays-de-la-Loire : l intégration des Technologies de l Information et de

129 119 la Communication (TIC) dans les PME-PMI et la prise en compte de la dimension environnementale ainsi que la maîtrise de l énergie. 6. Les outils financiers 6.1. Aides des collectivités territoriales pour les particuliers (source : site du CLER) Les différents niveaux d aide (région, départements, communautés de communes, communes) sont détaillés sur le site du CLER : Aides des collectivités territoriales pour les particuliers : Aides régionales : Aides pour la promotion des énergies renouvelables et du bois-énergie : tion_des_energies_renouvelables_et_du_bois_energie/index.html Aides en faveur des performances énergétiques et environnementales des bâtiments : mances_energetiques_et_environnementales_des_batiments/index.html Aides départementales et communales Sarthe aucune ou non communiquées Maine et Loire aucune ou non communiquées Vendée aucune ou non communiquées Mayenne aucune ou non communiquées Loire-Atlantique aucune ou non communiquées Aides Départementales Communales Communautés de communes aucune ou non communiquées Pays du Mans : chauffe-eau solaire Saumur et Pays de Layon : en aucune ou non communiquées discussion Aizenay& Foussais Payré : énergies Pays Yonnais : solaire thermique renouvelables et les économies Pays des Herbiers : énergies d énergie, le solaire thermique renouvelables et économies Monteany & Andouillé : solaire thermique Andouillé : solaire photovoltaïque aucune ou non communiquées d énergies aucune ou non communiquées aucune ou non communiquées 6.2. Autres outils Organismes de financement solidaires : contacts_aph_reseau_03.pdf

130 120 Région Rhône-Alpes 1. Description démographique et administrative de la région Rhône-Alpes Superficie : km² Population : habs (2006) Densité : 137 habs/km² Départements : 8 Communautés de communes : 14 Communautés d agglomération : 212 Communes : 2879 Préfecture de région : Lyon Région Rhône-Alpes Liste des Conseils généraux Siège de l hôtel du département Communauté de communes Communautés d agglomérations Ardèche (07) Privas 28 0 Drôme(26) Valence 21 0 Savoie (73) Chambéry 24 2 Haute Savoie (74) Annecy 23 1 Isère (48) Grenoble 39 4 Rhône (69) Lyon 22 3 dont une communauté urbaine Ain (01) Bourg-en Bresse 36 1 Loire (42) Saint-Etienne 19 3 Contexte politique local : Président du conseil régional : Jean-Jack Queyranne (PS) La plus importante assemble régionale de France 22 élus verts sur 157 sièges : 14 % de l assemblée. Dont Hélène Blanchard (élue vert) : vice présidente à l'environnement et à la prévention des risques et Hervé Saulignac (élu PS) : délégué à l'énergie, en relation avec la vice-présidente chargée de l'environnement, et aux technologies de l'information et de la communication Existence d une commission, la n 9 : dédiée à l énergie 2. Production et consommation énergétique locale 2.1. Consommation d énergie Région Rhône-Alpes Référence locale Référence nationale * Consommation d énergie % Ktep % Mtep Charbon 0,40 % 62 3,8 6,1 Produits pétroliers 48 % ,96 72,2 Gaz 21,53 % ,04 35,4 Electricité 22 % ,67 36,4 Bois 4,4 3 % 686 6,54*³ 10,5*² Total 100 % Ktep 160,6 Mtep Tableau : consommation énergétique en Rhône-Alpes en fonction des sources d énergie 2002 Ktep : kilotonne équivalent pétrole

131 121 1 tep pétrole = Kwh électrique dans une centrale thermique. L objectif à atteindre pour une personne le pourcentage de la consommation énergétique locale est rapporté à la consommation énergétique nationale *Références nationales sur une base de 2005, données en millions de tep *² A l échelle nationale la seule donnée disponible concerne le ENRt ( et non pas exclusivement le bois) : énergies renouvelables thermiques (bois, déchets de bois, solaire thermique) et pompes à chaleur. *³ Donnée à relativiser car ne portant pas uniquement sur la consommation finale de bois. Région Rhône-Alpes Référence locale Référence nationale * Consommation d énergie % Ktep % Mtep Industrie (dont BTP, sidérurgie, eau & 26,72 % ,66 33,6 agroalimentaire) Résidentiel et tertiaire 40,36 % ,97 68,2 Agriculture 0,89 % 138 1,87 2,9 Transports (Hors soutes maritimes 32 % ,5 50,4 internationales) Total Ktep ,10 Mtep Tableau : consommation énergétique en Rhône-Alpes en fonction des zones d activités (2002) Références nationales sur une base de 2005, données en millions de tep 2.2. Production énergie primaire Région Rhône-Alpes Référence locale Référence nationale * Production d énergie % Ktep % Mtep Charbon % - 0,22 0,3 Pétrole 0% 0 0,94 1,3 Gaz naturel % - 0,58 0,8 Electricité nucléaire 88,33 % ,54 117,7 Electricité hydraulique et éolienne 8,71 % ,63 5 Energie renouvelables thermique 2,96 % 817 9,08 12,5 Total Ktep ,6 Mtep Tableau : production énergétique en Rhône-Alpes en fonction des énergies produites (2002) 3. Positionnement de la région sur la question énergétique 3.1. Lisibilité de l action sur le portail (internet) Peu de lisibilité, l onglet développement durable qui comprend celui de la question énergétique est «caché» dans le menu déroulant de la rubrique intitulée «la région et les citoyens» Programmation de la politique énergétique locale Sur son site la région se présente en leader dans le domaine des énergies renouvelables. Il est annoncé une recrudescence de l investissement de la région dans le développement des aides aux installations utilisant les énergies renouvelables. Il est avancé que chaque année, plus de 21 millions d euros sont alloués en direction des particuliers, collectivités et entreprises dans le cadre de la politique régionale de l énergie. Cette somme représente 8 millions d euros pour les équipements collectifs et plus de 9 millions pour les structures individuelles. La Région lutte aussi contre l effet de serre en

132 122 mettant l accent sur l efficacité énergétique. Elle lance des appels à projets régionaux concernant l habitat collectif ou individuel. La région Rhône-Alpes investit euros dans les projets européens Concerto (l'initiative européenne pour l'énergie durable en Europe). La région a élaboré un programme «Environnement et énergie» et un Plan régional de développement des Energies Renouvelables et de maîtrise de l énergie portant notamment sur la maîtrise de l énergie et développement des énergies renouvelables. Elle soutient des projets de construction axés sur le développement durable et lance un appel à projet régional pour construire "100 maisons individuelles thermiquement très performantes". Programme de rénovation de logements En avril 2005, la Région Rhône-Alpes a décidé de soutenir un programme de rénovation très performante de logements. Une aide a été apportée en 2005 à la rénovation d une dizaine de bâtiments regroupant au total 150 logements en immeubles collectifs avec pour objectif d atteindre une consommation d énergie primaire de chauffage de 50 kwh/m2/an. C est dans ce cadre qu a été lancé l appel à projets pour la réhabilitation thermique très performante de logements collectifs anciens. Aides aux entreprises Opérations liées à la maîtrise de l'énergie et aux énergies renouvelables La Région accorde des aides au financement d'études, de travaux, de suivis d'opérations et d'actions d'information pour le chauffage solaire, l'eau chaude sanitaire solaire, l'électricité photovoltaïque en site isolé ou raccordé au réseau, le chauffage au bois. Les aides attribuées concernent aussi la maîtrise des consommations d'électricité ou d'énergie, les systèmes de cogénération et diverses applications des énergies renouvelables. Bénéficiaires : Collectivités locales, logement social public ou privé, tertiaire public, associations, coopératives et particuliers pour les énergies renouvelables. Montant et type d'aide : Les subventions accordées peuvent atteindre 30 % du coût du projet pour des travaux, et 70 % pour les études, suivis et actions d'information, avec un plafonnement des montants d'aide. Définition d un «clusters» destiné à renforcer de la compétitivité des entreprises par l utilisation des énergies renouvelables et la maîtrise de l énergie Le marché visé est celui de l'éco bâtiment, de la construction, de la rénovation, de la conception, des équipements producteurs d'énergies renouvelables, des équipements participants à la maîtrise de l'énergie, des techniciens du bâtiment (artisans, installateurs) Son animation se fait conjointement par Rhône-Alpes Energie Environnement ASDER (Association Savoyarde pour le Développement des Energies Renouvelables) MITRA (Mission d'ingénierie Touristique de Rhône-Alpes) CSTB CCI de Lyon Premières actions déployées :

133 123 ACTION MARQUE : Rendre visible l offre régionale en matière d économies d énergies et d intégration des énergies renouvelables appliquée au bâtiment. Définition d une marque adaptée au marché immobilier. ACTION INNOVATION : Définir les critères d une demande sophistiquée, «bâtiment du futur» valoriser les projets de recherche développés en Rhône-Alpes et tester les solutions les plus avancées. ACTION GROUPEMENT D ENTREPRISES : Développer une offre intégrée de produits et de solutions adaptée à l éco-bâtiment en créant des consortiums locaux d entreprises. ACTION GITES : Faire émerger une demande du secteur tourisme avec un projet pilote sur une offre gîtes de type «éco-gîtes». Générer des solutions rentables et reproductibles. ACTION FORMATION DES TECHNICIENS DU FUTUR : Sensibiliser et former les professionnels du secteur aux enjeux de l éco-bâtiment." Appels à projet régional 1. Appel à projets pour la réhabilitation thermique très performante de logements collectifs anciens, 2006 La Région Rhône-Alpes a lancé un «programme-pilote de réhabilitation thermique très performante des logements anciens» dans le cadre du Plan Régional de l Énergie. L appel à projet concerne les maîtres d ouvrages publics ou privés, occupants ou bailleurs, souhaitant s engager dans la rénovation thermique très performante de bâtiments d habitation collectifs antérieurs à 1975 comprenant 8 à 30 logements. L objectif est de ramener à 50 kwh/m2.an la consommation d énergie primaire pour le chauffage, et à 10 kwh/m2.an pour l eau chaude sanitaire avec des solutions techniques imposées. Huit opérations (environ 150 logements) sont financées pour un montant forfaitaire de 50 euros/m2 sha plafonné à euros. Les travaux se dérouleront d octobre 2006 à mars Appel à projet régional "100 maisons individuelles thermiquement très performantes", 2006 Cet appel à projet concerne les particuliers souhaitant construire ou rénover une maison individuelle dont la consommation d'énergie primaire doit se rapprocher de : - 50 kwh/m² pour le chauffage et l eau chaude dans les logements neufs - 60 kwh/m² dans les logements anciens Dossiers retenus bénéficient d une Aide de la Région Rhône-Alpes (3000 euros pour les logements neufs et 5000 euros pour les logements anciens) et d un accompagnement technique de référents du réseau Info-Energie en Rhône-Alpes. L'appel à projet débute le 14 septembre opérations seront aidées. Politique des communes : définition et mise en place de politiques en faveur de la maitrise de l énergie et des énergies renouvelables La mise en place d un AGENDA 21 local : Echirolles

134 124 La municipalité a lancé son agenda en Celui-ci couvre les domaines suivants : - Le développement ses démarches HQE dans les constructions neuves, les réhabilitations et les zones d aménagement (extension à tous les projets sous maîtrise d ouvrage de la ville et volonté d Inciter les constructeurs et les aménageurs intervenant sur la commune à mettre en place de telles démarches) - L amélioration de la gestion énergétique des bâtiments communaux (construits et en projet) - Favoriser l'éclairage public économe - Sensibiliser les agents de la ville, les habitants, les promoteurs bailleurs et les utilisateurs des équipements publics à la maîtrise de l énergie Réalisation/soutien au développement de Bâtiments performants et Maîtrise de l énergie dans les bâtiments municipaux : A l initiative de l Association savoyarde pour le développement des énergies renouvelables (Asder), le Conseil général de Savoie conditionne depuis 1990 ses subventions à la réalisation d une étude comparative sur diverses énergies de chauffage pour les bâtiments communaux (construction et réhabilitation). La commune choisit l architecte et le bureau d études thermique, et reste maîtresse du choix énergétique final. Échirolles applique les principes du développement durable à ses nouveaux bâtiments qui doivent respecter la démarche HQE (hôtel de ville, maternelle Françoise-Dolto). Ville de Montmélian La ville équipe certains bâtiments (centre nautique, bâtiments du stade, nouvel hôpital) de capteurs solaires Réalisations Par des professionnels Département de la Savoie Projets menés par Cythelia Expertise et Conseil (Savoie-Technolac) : étude de faisabilité de deux bâtiments de démonstration à Energie Positive, un d habitation, l autre de bureaux (commune de Montagnole, 73) Département de la Loire Projet "un quartier commerçant kwh équilibre" à Saint-Etienne défini sous l'impulsion de l'association des commerçants «Village Saint-Jacques». La part d'énergie verte alimentant le quartier représentera plus de 21% de l'énergie électrique actuellement consommée par les commerçants et artisans du quartier. (2005). Département de l Isère Logements sociaux rue Moyrand à Grenoble (réalisés par ACTIS) : ensemble de 30 logements locatifs sociaux, construit selon une démarche Haute Qualité Environnementale. Parmi les cibles : l isolation thermique, le choix d un système de pompe à chaleur réversible relié directement à la nappe phréatique, l installation de 188 m² de panneaux solaires photovoltaïques. Par des particuliers Maison à basse consommation d énergie s appuyant sur une architecture climatique en projet à THEYS (Isère). Permis de construire accepté le 4 avril 2006.

135 125 Dans l habitat social Le conseil général de Savoie étudie l extension aux logements sociaux de Savoie et de plusieurs départements (Drôme, Lot, Isère, Haute-Savoie) l application de procédures similaires à celles en vigueur pour les bâtiments municipaux pour lesquels il conditionne depuis 1990 ses subventions à la réalisation d une étude comparative sur diverses énergies de chauffage (construction et réhabilitation). Département de la Haute-Savoie Bâtiment des Elfes en Haute-Savoie (74) Le bailleur social HALPADES s est lancé en 2006 dans la construction (rénovation?) d un logement social selon les critères HQE avec pour objectifs une baisse des charges, l amélioration du confort et de la santé des occupants et la baisse des émissions de CO2. Le bâtiment a été isolé par l extérieur. Le chauffage est assuré par une chaudière à gaz à condensation. 30m2 de panneaux solaires thermiques en toiture devraient couvrir plus de la moitié des besoins en ECS. Des serres-vérandas offrant un espace de vie et faisant office de zone thermique tampon ont été réalisées. Le bâtiment a été légèrement surélevé pour permettre un éclairage naturel des sous-sols. Les parties communes sont elles aussi éclairées de façon naturelle et munies de capteurs de présence. Le Grand Lyon a subventionné 200 logements appartenant aux OPAC, répartis sur 7 programmes de typologie urbaine et d'architectures différentes. Exemples de projets de chaufferie bois : Saint Marcellin : Réseau de chaleur bois" long de 2 km qui alimente depuis février 2002, 186 logements sociaux de l OPAC 38, l Hôpital, le Tribunal, et plusieurs bâtiments communaux. Centrales solaires photovoltaïque connectée au réseau Centrale des Monts à Chambéry (ville de Chambéry, Total Energie) Biogaz Depuis 1999, le Grand Lyon valorise le méthane issu du centre d'enfouissement technique (CET) communautaire de Rillieux-la-Pape. Ce biogaz, initialement capté et brûlé en torchère pour réduire la pollution, est désormais utilisé pour chauffer 172 logements voisins, appartenant à l'opac de l'ain et situés sur la commune de Sathonay-Camp. Campagnes d information et de sensibilisation menées par les municipalités. Ville de Grenoble : dans le cadre de la biennale de l Habitat durable, la ville a monté une exposition intitulée «Des immeubles au soleil» qui présente des opérations d'amélioration énergétique d'immeubles construits à une époque où l'énergie était bon marché. Ces exemples témoignent de résultats immédiats et spectaculaires : économies d énergie et de charges, diminution des rejets de gaz à effet de serre, amélioration du confort des logements et valorisation du patrimoine. Des visites ont aussi été proposées aux particuliers et aux professionnels (par ex., visite d une maison équipée en panneaux solaires à St Martin d Hères ou encore du nouvel Hôtel de Ville d'échirolles). Echirolles : actions éducatives en matière de sensibilisation à l énergie

136 126 Auprès des enfants : Accompagnées par un chargé de mission de l'ageden, association de promotion et de développement des énergies renouvelables en Isère, trois classes d'echirolles travaillent sur l'énergie et les énergies renouvelables. Ce travail s'est déroulé en deux temps : - A la découverte de l énergie : sur l année scolaire , les élèves de trois classes de primaire- deux classes de l'école Auguste Delaune, une classe de l école Joliot Curieont suivi les animations de l AGEDEN. - Les contrats Ville/Enfants sur le thème de l énergie : Dans la continuité des actions de découverte de l énergie menées l année précédente, les trois classes préparent un contrat Ville/Enfants sur le thème de l énergie. Il s agit cette fois d amener les enfants à faire des propositions d actions concrètes sur le thème de l énergie. 4. Structures nationales incitatives en région - EIE Ville Aubenas (07) Bourg en Bresse (01) Chambéry (73) Grenoble (38) Lyon (69) Nyons (26) Poisy (74) Saint Chamond (42) Valence (26) ADIL 26 Villeurbanne (69) HESPUL Support associatif ou institutionnel au fonctionnement des EIE POLENERGIE HELIANTHE ASDER Maison des énergies AGEDEN ALE DE L'AGGLOMERATION GRENOBLOISE ALE DE L'AGGLOMERATION LYONNAISE CEDER PRIORITERRE HELIOSE

137 Structures locales incitatives 5.1. Service de la région en charge de l énergie Collectivités Région Conseil Ardèche Général Conseil Général de la Drôme Conseil Général de l Isère Conseil Général du Rhône Statut, Profil de poste Pole développement économique à l intérieur duquel se trouve le département de l économie, l environnement et énergie Service déchet énergie M. Laurent Lefèvre Direction générale adjointe développement Direction développement durable Service environnement Direction développement Alain Kerharo Direction environnement Laurent Trouillet Isabelle Pocheron Direction de l aménagement du territoire : Robert Aguel Secteur énergie Pôle Aménagement, développement du territoire et environnement : Pierre Giffinet Service agriculture et environnement : Anne-Marie Laurent également chargée de mission environnement auprès de la direction générale Conseil Général de la Loire Conseil Général de l Ain Direction de l environnement SATESE SATAA Conseil Général de la Savoie Conseil Général de la Haute Savoie Direction de l environnement et du paysage Gilles Imbert (directeur) Direction de l aménagement, de l environnement et du développement rural - Directeur Michel Daniélou - Service de l environnement Bruno Grand Associations POLENERGIE (07) Association loi 1901, POLENERGIE existe depuis 1995 et a mis en place depuis 2000 le Point Information Energie de l Ardèche, avec pour mission le développement des énergies renouvelables et de la maîtrise de l énergie. Le Point Information Energie s adresse aux particuliers et aux collectivités. Les missions Animer : visites, salons, conférences, journées d information, stages, interventions scolaires, permanences énergie. Informer et sensibiliser : tout public à l utilisation, aux performances, aux coûts, à la rentabilité économique des systèmes utilisant les énergies renouvelables et la maîtrise de l énergie. Accompagner les porteurs de projets. Aider au montage : de dossiers de financement, de projets, de programmes départementaux, régionaux et européens. Communiquer : sur l efficience et l évolution des systèmes et des installations. Pérenniser : l usage des énergies renouvelables sur le département par leur suivi.

138 128 Les domaines d intervention Maîtrise de l énergie dans l habitat, analyse des consommations. Aide au choix d appareils électroménagers économes en énergie. Chauffage solaire et production d eau chaude sanitaire solaire. Chauffage au bois déchiqueté et granulé ; filière d approvisionnement et valorisation des ressources locales en bois. Electrification rurale des sites isolés (non reliés au réseau électrique) par divers systèmes : solaire photovoltaïque, éolien et hydraulique. Production d électricité par énergies renouvelables raccordées au réseau. Sensibilisation dans les écoles primaires, collèges et lycées. HELIANTHE (01) Hélianthe est l Espace Information Energie pour le département de l Ain. Hélianthe assure les missions de promotion de la maîtrise de l énergie et de développement des énergies renouvelable. ASDER Créée en 1981, l ASDER travaille à promouvoir la maîtrise de l énergie et les énergies renouvelables au travers de nombreuses actions dont l Espace Info Energie de la Savoie. Elle compte plus de 300 adhérents et emploie 18 salariés (janvier 2006). Les missions de l Asder sont : - L information : expositions, foires, salons, conférences, visites d installations, organisation de colloques. Centre de documentation sur les énergies, diapothèque, vidéothèque : solaire thermique, photovoltaïque, éolienne, micro hydraulique, biomasse. - La formation : organisation de stages : "Stage énergies renouvelables, tri et valorisation des déchets" de 8 mois niveau 2 et 3 pour ingénieurs et techniciens ; interventions et animations dans les écoles, lycées, universités, centres de formation d adultes. - Conseils personnalisés : assistance à Maître d Ouvrage (particuliers, agriculteurs, communes, syndicats intercommunaux, etc...), dossiers d aide à la décision, recensements de potentiels énergétiques, montages et suivis d opérations, organisation et animation de programmes groupés par filière (solaire, bois énergie), études technicoéconomiques. - Recherche et développement o Instrumentation et mesures d installations de production d eau chaude solaire et séchage solaire des fourrages. o Télé suivi des performances énergétiques de maisons solaires individuelles solaires. o Télé suivi d installations solaires collectives et individuelles. o Travail sur la Garantie de Résultats Solaires dans les petites installations, en incluant la garantie sur la consommation d énergie d appoint. o Participation au groupe de recherche de l Agence Internationale de l Énergie sur les systèmes combinés. o Toutes ces actions sont réalisées dans le cadre de contrats d objectifs avec l ADEME, le Conseil régional Rhône-Alpes et le Conseil général de la Savoie, ainsi que certains projets financés par la Communauté Européenne. o L ASDER est adhérente du Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER) et participe aux travaux de l Agence Internationale de l Énergie (IEA).

139 129 AGEDEN L'AGEDEN Energies Renouvelables en Isère, est une association de type loi 1901, fondée en 1977 qui s'est donné comme objet la promotion et la mise en œuvre de la maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables (énergie solaire, hydraulique, bois-énergie, éolien,...) dans le département de l'isère. L'AGEDEN met en œuvre des actions de sensibilisation, d'information, de formation et de développement. Elle bénéficie pour cela du soutien de la Région Rhône-Alpes, du Département de l'isère, de l'ademe, de l'europe et de collectivités locales. Depuis 1999, elle fait partie du réseau national des Espaces Info énergie, mis en place dans le cadre du Plan National d'efficacité Energétique, pour l'information des particuliers, artisans et PME sur tous les problèmes concernant l'habitat et les transports en lien avec l'énergie. L'association intervient à trois niveaux : La sensibilisation - Visites d'installations énergies renouvelables sur tout le département et au-delà (journée «portes ouvertes») - Interventions publiques (foires, salons, colloques et conférences) - Interventions en milieu scolaire pour sensibiliser les citoyens de demain à l'utilisation rationnelle de l'énergie en général et des énergies renouvelables en particulier. L'information - L'information et le conseil auprès des particuliers (Espaces Info énergie) et des professionnels sur l'utilisation rationnelle de l'énergie et des énergies renouvelables. - Le conseil et l'accompagnement des communes pour une politique énergétique qui induit une réduction des charges pour la collectivité (participations aux commissions, interventions thématiques, valorisation d'expériences, accompagnement de projets de maîtrise de l'énergie ou d'utilisation rationnelle de l'énergie, visites de sites... Le développement des filières locales performantes - La formation des professionnels et des maîtres d'ouvrage. - L'accompagnement de démarches énergétiques globales (territoriales ou d'entreprises). - Le suivi des installations pour capitaliser les retours d'expériences. L'ensemble des actions à destination du grand public et des collectivités est gratuit pour le bénéficiaire, grâce au soutien de la Région Rhône-Alpes, du Conseil Général de l'isère et de l'ademe. Agence locale d énergie ALE de l Agglomération Grenobloise L agence a été créée officiellement début 1998 avec le soutien de la commission européenne. L objectif principal est de poursuivre l action entreprise avec les communes dans le domaine de la maîtrise de l énergie dans le patrimoine mais également d aborder d autres secteurs concernés par l énergie : habitat social, transports, PME-PMI, grand public, en collaboration avec les partenaires locaux Actions menées avec les communes de l agglomération - Comptabilité énergétique pour six communes de l agglomération - Assistance sur des projets de rénovation ou de construction de bâtiments publics. - Aide à la réalisation d études énergétiques - Participation à l OPAH du quartier Berriat, à Grenoble

140 130 Actions de maîtrise de l énergie avec les bailleurs sociaux - Assistance lors de projets de réhabilitation ou de construction - Formation «Energie, environnement et logement social» - Formation «Maîtrise de la Demande d Electricité» ALE de l Agglomération Lyonnaise Le Grand Lyon a créé l agence locale de l énergie qui est opérationnelle depuis début septembre Actions mises en œuvre : Habitat - Réalisation d une planification énergétique urbaine en lien avec l Ademe - intégration de la gestion énergétique dans les opérations portées par le Grand Lyon (règlement de ZAC, etc.). Au niveau du quartier, l agence intervient sur 2 grosses OPAH lancées par la Communauté Urbaine de Lyon et couvrant logements. Tertiaire : réalisation de fiches d information sur l utilisation rationnelle de l énergie, les économies possibles (éclairage, ventilation, bureautiques, etc.) relayées en partenariat avec la CCI. L agence est un des 11 points énergie mis en place par l ADEME en Région Rhône-Alpes. Elle diffuse une information et des conseils techniques et financiers auprès du grand public avec un rôle de promotion des énergies renouvelables. CEDER Créée en 1981 au lendemain des crises pétrolières, l'association œuvre dans le développement des énergies renouvelables et de la maîtrise de l'énergie. L'association est au service des particuliers, des collectivités et des professionnels pour l information générale et la sensibilisation sur les énergies renouvelables pour la production de chaleur et d électricité, l accompagnement de projet utilisant ces énergies. Ils interviennent dans les domaines : - du Bois Energie (bois déchiqueté) pour le chauffage individuel et collectif, avec réseau de distribution de chaleur, - du Solaire Thermique (production d'eau chaude sanitaire et chauffage) à usage individuel, collectif, ou agricole (séchoirs à plantes aromatiques, fourrage ou fruits), - du Solaire Photovoltaïque pour la production d'électricité décentralisée ou raccordée au réseau - de l'eolien pour la production d'électricité décentralisée ou raccordée au réseau - de la Microhydraulique pour la production d'électricité décentralisée ou raccordée au réseau, - du Solaire Passif, ou climatique, pour une conception architecturale au service du confort et des économies d'énergie, - de la sensibilisation sur le tri et la valorisation des déchets, - du compostage individuel, PRIORITERRE Prioriterre est une ONG, Centre d Information et de Conseil sur les consommations d énergie, l eau et plus largement des ressources naturelles. Elle travaille sur les thèmes de l efficacité énergétique dans le logement collectif et les maisons individuelles, les énergies renouvelables, la récupération d eau, met en valeur des exemples de bonnes pratiques de développement

141 131 durable. Elle fait la promotion des différents matériaux et types d isolation et des exemples de labels de performance énergétique. Ses missions : sensibiliser, informer, accompagner et former tous les publics (Particuliers, collectivités publiques et entreprises). HELIOSE Créée en 1978, HELIOSE est une association de loi 1901 soutenue financièrement par l ADEME, la Région Rhône-Alpes, le Conseil Général de la Loire et certaines collectivités locales. Elle fait office d Espace Info Energie de la Loire, informe sur les énergies renouvelables, la conception de l habitat, les gestes quotidiens, le choix de mode de chauffage et sur les aides financières. HELIOSE édite régulièrement des guides d information sur les économies d énergie et sur les énergies renouvelables. HELIOSE apporte son aide aux maîtres d ouvrages désireux d investir pour l efficacité énergétique. L association intervient notamment pour les projets d habitat collectif ou d entreprises artisanales. HELIOSE assure l accompagnement des porteurs de projets dans leurs démarches administratives, le suivi des études jusqu à la réalisation et le suivi des installations du département. ADIL 26 Informations particuliers, information collectivités, animations pédagogiques. Thèmes : La maîtrise de l énergie, l éclairage public, le chpoix d énergie, les énergies renouvelables. HESPUL Hespul est une association spécialisée dans le développement des énergies renouvelables et de l efficacité énergétique. HESPUL a pour but et objet social le développement de l efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Créée en 1991 sous le nom de «Phébus» elle s est dans un premier temps spécialisée dans le domaine du photovoltaïque raccordé au réseau. En 2001, Hespul s est intégrée dans le réseau des Espaces Info-Energie en cours de constitution par l ADEME et a développé en son sein des actions d information, de sensibilisation et d accompagnement de projets sur toutes les questions liées à la maîtrise de l énergie et aux énergies renouvelables Entreprises Cluster Rhône-Alpes énergies renouvelables et maitrise de l énergie. Pole compétitivité ENERRDIS. Responsable Karine Montagne &doc=5469#content3_5 La région développe une offre professionnelle via des clusters (groupement d entreprises ou de chercheurs évoluant dans les mêmes domaines) régional l un d entre eux "Eco-énergies" a récemment vu le jour lors du dernier salon des technologies de l environnement Pollutec.

142 Banques Prêts bancaires à taux préférentiels. Réflexions en cours au sein des membres d INAISE 73 (Association Internationale des Investisseurs dans l Économie Sociale), concernent l attribution des PEL ou de prêts immobiliers à taux zéro sous condition de bonnes performances énergétiques ou environnementales. La banque populaire. La Banque Populaire Loire et Lyonnais et la Banque Populaire des Alpes participent au financement d une campagne de promotion et des énergies renouvelables en région Rhône-Alpes. Ce programme vise à sensibiliser les élèves des écoles primaires et réduire la consommation d'énergie des collectivités locales. 6. Outils 6.1. Les outils financiers (liens internet Aides régionales Région Rhône-Alpes Type énergie Type d équipement Aides (X) Chauffe-eau solaire X (300 ) Solaire thermique Chauffe eau système thermique combiné X (1200 e ) Eau chaude sanitaire collective - Solaire photovoltaïque Photovoltaïque X (1200 /kwc) 78 bois énergie Aides pour l achat de combustible (exploitant certifié PEFC) - Chaudière individuelle bois à approvisionnement 2000 automatique (les chaudières bûches ne sont pas concernées) Pompe à Chaleur PAC eau/eau PAC air/eau Dispositif valable jusqu au 31/12/07 limité à 600 installations - Un bilan est dressé de l action : les particuliers, la Région Rhône-Alpes a subventionné 9000 chauffe-eau solaire, 1000 systèmes solaires combiné (chauffage et eau chaude), 2700 chaudières à bois et 1000 toits photovoltaïques raccordés au réseau d électricité. Les gîtes d accueil familiaux et les exploitations agricoles sont également concernés et, au total, ce sont foyers rhônalpins qui se sont engagés sur la voie des énergies renouvelables. Aides financières pour les particuliers 79 et collectivités département 78 Installation solaire photovoltaïque raccordée au réseau : bonification à la production de 0,2 /kwh, calculée sur la base de kwh/kwc/an produit pendant 6 ans, soit /kwc au total. (Sur justification du contrat d accès au réseau dans un délai de 3 ans) 79 Source information : le CLER : comité de liaison énergie renouvelable.

143 nc Type énergie Type d équipement Chauffe-eau solaire nc 400 Solaire thermique Chauffe eau nc 1000 système thermique combiné Eau chaude sanitaire nc collective Solaire Photovoltaïque nc photovoltaïque Bois énergie Aides pour l achat Une - nc de combustible année (exploitant certifié offerte PEFC) Chaufferie automatiques au bois déchiqueté jusqu à 70% Installation nc chaudière bois flamme verte Géothermie Equipement agréé nc Aides financières pour les particuliers 83 et collectivités Communes Pour la Savoie : Autres Outils Guichet unique du département de la Savoie : Liste des communes de Savoie adhérente avec les montants d aide cumulables Le Rhône Commune de Grezieu-la-Varenne : 200 par Chauffe-Eau Solaire Individuel. Commune de Chaussan : 200 pour l installation d un Chauffe-Eau Solaire Individuel ou d un Système Solaire Combiné Individuel. Commune de Saint Vérand : 100 par Chauffe-Eau Solaire Individuel. Commune de Brussieu : 100 par Chauffe-Eau Solaire Individuel. 80 En remplacement de l aide du conseil régional en la matière 81 Attribution d une bonification à la production de 0,5 /kwh produit la première année de production pour les installations photovoltaïques raccordées au réseau, plafonnée à Installation d une chaudière bois à alimentation automatique (plaquettes ou granulés). L aide concerne la chaudière, le système d alimentation automatique, l équipement électrique et hydraulique, le génie civil et les coûts d installation : 20 % maximum du montant TTC sur une base de dépense subventionnable de maximum par TEP L aide intervient en complément des aides de la Région et de l ADEME. Le taux d aide est fonction de la participation des autres financiers (Région et ADEME), la somme cumulée des aides n excédera pas 50 % 83 Source information : le CLER

144 134 Commune de Chaussan : 200 pour l installation d une centrale photovoltaïque. Commune de Saint Vérand : 100 pour l installation d une unité photovoltaïque. Commune de Saint Vérand : 100 pour l installation d une chaudière automatique à bois. La Loire Les territoires qui ont un service de conseil en architecture : Communauté de communes de Balbigny Communauté de Communes des Vals d Aix et d Isable Communauté de Communes du Pays de Saint-Bonnet le Château Communauté de Communes du Pays entre Loire et Rhône (CoPLER) Communauté de Communes du Pays d Astrée Communauté de Communes des Collines du Matin Communauté de Communes du Pays de Perreux Communauté de Communes de la Côte Roannaise Territoire du Parc Naturel Régional du Pilat Territoire du Syndicat Mixte d Aménagement des Gorges de la Loire (SMAGL) L Isère Commune de Villard-de-Lans : par Chauffe Eau Solaire Individuel par Système Solaire Combiné (Chauffe eau + chauffage solaire) La Haute Savoie Commune de Passy : par Chauffe Eau Solaire Individuel par Système Solaire Combiné (Chauffe eau + chauffage solaire) Commune d Epagny : montant non communiqué par Chauffe Eau Solaire Individuel et par Système Solaire Combiné Commune de Mûres : montant non communiqué par Chauffe Eau Solaire Individuel et par Système Solaire Combiné Commune de Val de Fier : 200 par Chauffe Eau Solaire Individuel Commune de Morzine : 200 par Chauffe Eau Solaire Individuel Commune de Metz-Tessy : 200 par Chauffe Eau Solaire Individuel Commune de Moye : 200 par Chauffe Eau Solaire Individuel La Drôme Commune de Romans : 300 par Chauffe-Eau Solaire Individuel (CESI) Commune de Bourg-les-Valence : 200 par CESI, dans une limite de par an Commune de Tain l Hermitage : 300 par CESI Commune de Beaumont-Monteux : 300 par CESI Commune de Gervans : 350 par CESI L Ain Communauté de communes du Pays de Gex : 80 /m2 plafonné à 480 par Chauffe Eau Solaire Individuel et plafonné à par Système Solaire Combiné Communauté de communes du Pays de Gex : chaudière à bois à approvisionnement automatique ou chaudière à bûches (cette dernière doit avoir un rendement supérieur à 80%) : 500 pour les systèmes produisant que le chauffage et 750 pour les systèmes produisant le chauffage et l eau chaude sanitaire. Guichet uniques énergie renouvelable département de la Drôme : service environnement, conseil général de la Drôme :

145 135 Maison des énergies à Chambéry : Construite en 2003, la Maison des Energies a été réalisée selon les exigences de la Haute Qualité Environnementale. C est une véritable vitrine pour la mise en œuvre des énergies renouvelables et des principes de l éco-construction. La maîtrise d ouvrage de la Maison des Energies a été assurée par la Ville de Chambéry. Elle a été construite en 2003 grâce au concours financier de la DATAR, de la région Rhône-Alpes, du Département de la Savoie, de l ADEME et de la Ville de Chambéry (qui a également mis à disposition le terrain). La gestion du bâtiment a été confiée à l ASDER qui en est locataire depuis le 7 janvier Les fonctions de la maison des énergies - Une vitrine des «Énergies Renouvelables» - Un Centre de Formation L ASDER organise depuis 1989 un stage de formation de 8 mois sur les énergies renouvelables, le tri et la valorisation des déchets. Il est principalement destiné aux demandeurs d emploi et aux salariés.

146 136 Objet : Informations et bilan sur le «Guichet unique énergies renouvelables» LE PRINCIPE En 2006, le Département et la Région Rhône-Alpes ont mis en place un guichet unique pour le financement des installations individuelles solaire et bois énergie des particuliers. Le «GUICHET UNIQUE ENERGIES RENOUVELABLES» est géré par l Unité Energie de la Direction de l environnement et du paysage du Conseil général. Une convention trisannuelle (2006/2007/2008) a été signée entre Le Département et La Région afin de fixer les modalités de gestion du guichet unique. Un avenant annuel fixe le budget mis à disposition du guichet unique compte tenu des crédits votés par les deux partenaires et des critères d interventions de chacun. Ce guichet unique est mis à disposition des particuliers, pour le financement des installations individuelles suivantes : chauffe-eau solaire individuel (CESI), système solaire combiné individuel (SSCI), chaudière automatique au bois (granulés ou plaquettes) individuelle. Le guichet unique a été ouvert à toutes les communes savoyardes qui ont adopté un dispositif d aide complémentaire pour ces mêmes installations. Le principe de gestion est différent puisqu il n existe pas de contractualisation financière entre les communes et les partenaires Département/Région : le guichet unique instruit les dossiers pour le compte de la commune (ou intercommunalité), il l informe sur les différentes étapes de l instruction jusqu au règlement de la subvention globale (départementale + régionale), la commune peut prendre alors sa propre décision et règle directement son aide complémentaire au bénéficiaire. A ce jour 75 communes (représentant 60% de la population) adhèrent au guichet unique. L INFORMATION ET LA SENSIBILISATION L ensemble des partenaires concernés (Association savoyarde pour le développement des énergies renouvelables-asder, grand public, professionnels, communes) ont bénéficié d une information complète et adaptée sur ce nouveau mode de fonctionnement : - courrier spécifique et fiches techniques-types constitutives du dossier de demande de subvention pour l ensemble des installateurs répertoriés en Savoie, - information sur la création du nouveau dispositif dans le mensuel du Conseil général de mai 2006 (Savoie Mag ), - plaquette d information et de sensibilisation dans Savoie Mag (juillet 2006), - page dédiée sur le site Internet du Conseil général avec accès direct : - information et sensibilisation auprès des agents du Département, - courrier circulaire aux Maires (sensibilisation et proposition d adhésion au dispositif : 40 communes avaient un dispositif d aide. Moins d un an après cette démarche, 75 communes participent à la promotion des énergies renouvelables en Savoie).

147 137 LE BILAN Pour sa première année de fonctionnement le bilan du guichet unique est largement positif. Le système a engendré une simplification administrative immédiate très appréciée : - par les bénéficiaires (un seul dossier à constituer, information et mise à disposition des pièces constitutives du dossier, interlocuteurs de proximité, traitement du dossier beaucoup plus rapide), - par les installateurs chargés d aider leurs clients (de plus en plus nombreux) dans la constitution du dossier, - par l ASDER (et de fait par le Département qui finance cette association cf. point suivant) qui se voit déchargée du soutien administratif auprès des particuliers, - par les partenaires : La REGION (qui a transféré l instruction des dossiers au Département contre une participation financière de 40 par dossier traité), les COMMUNES (qui se voient déchargées gratuitement de l instruction des dossiers), - par le DEPARTEMENT interlocuteur de proximité et perçu comme l acteur privilégié de la politique locale du développement des énergies renouvelables. En 2006 près de 700 dossiers on été traités par le Guichet unique énergie renouvelables

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