SOMMAIRE I STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL II ÉVOLUTION DU TERRITOIRE III - LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE
|
|
|
- Josiane Richard
- il y a 10 ans
- Total affichages :
Transcription
1
2 I STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL I.1 Situation générale dans les paysages de l Oise I.2 Les caractéristiques paysagères de Mortefontaine au regard des motifs identitaires repérés pour le Plateau du Valois Multien forestier I.3 Principales composantes du territoire I.4 Topographie et hydrographie I.5 Le massif forestier (Domaine des Trois Forêts) I.6 Une diversité de milieux à protéger II ÉVOLUTION DU TERRITOIRE II.2 Les tracés de voies II.3 La variation des limites communales entre 1789 et 1810 II.4 Le plan d alignement de voirie urbaine 1844 II.5 Les transformations historiques du cours de la Thève SOMMAIRE III - LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE le territoire III.1 Les entités paysagères III.2 Montmélian III.3 La Thève III.4 Les séquences de la Thève III.5 Les formes végétales remarquables III.6 Les perspectives et points de vue emblématiques IIII.7 Un territoire partagé entre de grandes propriétés l agglomération III.9 Le village - rues et chemins III.10 La fontaine III.11 Une église dans le paysage III.12 La pépinière du Petit Parc III.13 Montaby III.14 L agglomération et ses limites III.15 Des espaces de développement pour l agglomération IV ANNEXES - REPÈRESDANSL HISTOIREDUDOMAINEDE MORTEFONTAINE Nota bene Pour écrire cette étude, nous avons eu souvent l opportunité de nous référer et de citer en totalité ou en partie des textes anciens, principalement du XIXème siècle, pour certains de nature poétique. Nous avons cru devoir conserver l orthographe de leur temps et respecter les majuscules IV.1 Les grands hommes de Mortefontaine IV.2 Les grandes heures de Mortefontaine IV.3 Promenade dans le domaine de Mortefontaine IV.4 Une étude urbaine des années 1970 D. Joseph-François, architecte (mandataire) + C. Leblanc, paysagiste et A. Vénacque, architecte Parc Naturel Régional Oise Pays de France 3
3 I - STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL D. Joseph-François, architecte (mandataire) + C. Leblanc, paysagiste et A. Vénacque, architecte Parc Naturel Régional Oise Pays de France 5
4 I - STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL Source : Entité paysagère du Valois Multien Atlas des paysages de l Oise, 2006 Plateau forestier Vallée de l Automne Source : Sous-entité du plateau forestier Atlas des paysages de l Oise, 2006 I.1 - Situation générale dans les paysages de l Oise Le territoire de Mortefontaine s inscrit dans l entité paysagère du Valois Multien, un vaste plateau bordé par les vallées de l Oise, de l Automne et de l Ourcq. De une grande diversité de paysages, sans pour autant effacer son identité forestière et agricole. L ouest du plateau est majoritairement occupé par de grands massifs quadrillés de larges allées, parsemés de villages-clairières. L est est plus agricole, couvert par des grandes cultures. Les villages y apparaissent dominés par un clocher ou un château d eau. On trouve un paysage de polycultures accompagné de pâtures dans les vallées humides. L urbanisation, plus dense à l ouest, reste concentrée le long des grands axes de communication. L ensemble du Valois Multien subit le rayonnement de la région parisienne. développement urbain mais aussi dans le développement du tourisme km N km N Plateau agricole Mortefontaine s inscrit plus précisément dans la sous-entité du «Valois Multien forestier». Située à l extrémité ouest forestiers scindés par des petites vallées humides. C est la partie la plus urbanisée et la plus touristique du plateau, avec un patrimoine naturel et historique très riche. Paysage de boisements Paysage de polyculture Paysage de pâtures dans des vallées à versants doux Paysage urbain Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 6
5 I - STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL I.2 - Les caractéristiques paysagères de Mortefontaine au regard des motifs identitaires repérés pour le Plateau du Valois Multien forestier Des forêts historiques et exploitées Un patrimoine historique lié à l eau motifs identitaires récurrents dont Mortefontaine semble l illustration parfaite. L Atlas des paysages de l Oise fait ainsi état de forêts historiques et exploitées, de patrimoine historique lié à l eau, de routes plantées et de paysages marqués par la présence du cheval. La forêt d Ermenonville, le domaine de Vallière et son chapelet d étangs sur la Thève, les routes bordées d alignements de poiriers, de noyers ou de peupliers, les écuries de Mortefontaine correspondent totalement à cette description. Pourtant, il serait réducteur de s en remettre à cette seule qui, situé en limite sud de la sous-entité du Valois Multien, s appuie sur la forêt et s ouvre sur un paysage de grandes cultures qui s étendent entre des petits bois. La cartographie de la sous-entité pourrait ici s enrichir son échelle mais marquante à l échelle du territoire de Mortefontaine. Les routes plantées La présence du cheval Les grandes cultures agricoles et petits bois Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 7
6 I - STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL I.3 - Principales composantes du territoire km2 comprend une enclave dans le territoire de Plailly : la butte de Montmélian, butte boisée au milieu des terres cultivées. Situé à 37 km de Paris, Mortefontaine est aussi desservi par les sorties 7 et 8 de l autoroute A1 et le terminus du RER qui arrive à Orry la-ville. Ce territoire situé au sud de l autoroute A1 est donc bien connecté aux grandes voies de communications sans pour autant être coupé par ces axes. Dans une lecture synthétique, le territoire peut se décomposer, du nord au sud, en trois grandes parties : - un boisement forestier occupé par les activités du Golf et du C.E.R.A.M. ; - un ensemble de pâturages et de propriétés boisées constituant l environnement du domaine de Vallière et Thève; - un couloir de grandes cultures agricoles limité par des façades boisées. Ce territoire progresse de la forêt aux grandes cultures suivant une diagonale nord/est - sud/ouest. La lisière est estompée par l implantation de grandes propriétés closes, essentiellement boisées. Les murs d enceinte marquent des limites très nettes parfois soulignées par une route, comme la RD 22 à l entrée est du village. Pourtant l épaisseur des domaines brouille la perception des différentes limites m N Cartes IGN 2412 OT et 2413 OT (2002) Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 8
7 I - STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL I.4 - Topographie et hydrographie Le village de Mortefontaine s est structurée en s installant de part et d autre d une vallée sèche, entaillée dans le plateau, dont l axe correspond aux rues du Val et de Plailly. La rue principale (rue de l Église et rue Corot), perpendiculaire à cet axe, adopte ainsi naturellement un RD 922 au sud-est respectivement au point d intersection situé environ 20 mètres plus bas. L autre ligne déterminante du relief est la crête qui, venant de Plailly, s avance vers Charlepont et dont l extrémité nord marque l étranglement entre l étang de Vallière et l étang de la Grange. Le chemin qui relie Plailly et le château de Bertrandfosse au cimetière de Mortefontaine emprunte cette ligne haute en longeant le grand verger. Entre la rue du Val et cette hauteur, le versant exposé au était propice à l urbanisation. Historiquement, il semble que les implantations des châteaux marquent un mouvement d approches successives plus de la merveille des plans d eau et du Grand Parc. Du château de Bertrandfosse installé sur le haut du plateau (± 110 m), en passant par le château de Mortefontaine, sensiblement plus bas (100 m) mais surtout plus proche du réseau hydrographique et des vallées qui passent de d une position en terrasse surplombant l étang de l Épine et pratiquement dans l axe de la large vallée plate de cessé d inspirer les entreprises humaines. En plus de ces déplacements vers l eau et la beauté naturelle des milieux qui l accompagnent, l idéalisation du site a aussi conduit à d importants travaux de modelage du sol. De fait, le relief et l hydrographie que nous connaissons aujourd hui est le résultat, parfois indiscernable, du mélange entre les prédispositions favorables des lieux et les savants travaux paysagers commandés par les grands hommes de Mortefontaine au cours de l histoire m N Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 9
8 I - STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL I.5 - Le massif forestier (Domaine des Trois Forêts) Des pins ont été plantés, d autres espèces colonisent naturellement les espaces inoccupés. Le paysage se referme aussi lorsque de grandes zones humides se transforment en peupleraie. La baisse de la biodiversité liée à une monoculture est souvent accentuée dans le cas de la populiculture, par le drainage des zones humides. Des fossés sont creusés pour rabattre la nappe phréatique et assécher le terrain. Domaine des Trois Forêts Carte routière et touristique Michelin Environs de Paris 1/ e, ,5 5 km N e Emprise des boisements en 1724 Emprise des boisements en 2002 source: Cartes IGN 2412 OT et 2413 OT (2002) En arrivant par la RD 126, Mortefontaine apparaît dans la continuité de la forêt. Le village est rattaché à la forêt par le long mur du domaine de Vallière. Le Domaine des Trois Forêts, structuré par une trame viaire étoilée autour de grands carrefours présente une qualité paysagère exceptionnelle. Ce massif forestier rassemble une grande variété de substrats et de reliefs qui se traduit par de nombreux changements de la végétation. La forêt de Chantilly est une futaie plantée sur un plateau calcaire, composée de chênes, tilleuls, hêtres et charmes. Le territoire de Mortefontaine se rattache essentiellement à la forêt d Ermenonville, qui regroupe pinèdes et chênaies. La carte topographique de l IGN 2412 OT désigne le hameau de Charlepont mais note avec l orthographe Charlemont la prairie et la garenne voisine. Cette variation d orthographe semble une erreur typographique. En effet, toute la cartographie ancienne et notamment la carte dite de l Intendance de 1789 utilise le patronyme Charlepont pour désigner l ensemble de ces lieux-dits du territoire de Mortefontaine. Cette désignation renvoie à l histoire ancienne d un pont qui aurait été construit à cet endroit par le roi de France Charles VI ( ), pour la facilité de ses chasses. Les textes du début du XIXX e siècle, tel L indicateur des vues de Mortefontaine, parlent de «la grande prairie de Charles- Pont Le terrain que ces eaux dominent est très bas et très marécageux : aussi Charles VI, qui venait fréquemment avec un pavillon pour rendez-vous de chasse. On y découvrit il y a peu de temps un vase en cuivre doré, sur lequel était écrit, d un côté : Caroli pontem ; de l autre : Caroli loco. C est dans ses chasses aux environs du hameau dit Charles- qu il était sûr de reprendre, le fameux collier portant : Hoc mihi Cœsar donavit» (voir la reproduction complète de ce texte page 97). Il conviendrait de proposer à l IGN de corriger cette erreur dans sa prochaine édition. Carte de la Capitainerie de Halate, septembre 1724 Cette forêt avance peu à peu vers le village. La garenne de Charlepont qui marquait autrefois une grande coupure déserte entre la forêt et le village se referme. Même si Louis de Peletier plantait déjà des bosquets de Pins ou d autres espèces exotiques pour orner son parc, l étalement du massif forestier a essentiellement démarré à partir du XXX e siècle. Le golf aujourd hui dans les bois, a ouvert en 1913 au milieu du désert des bruyères. Le changement de pratiques agricoles au cours du XXX e zones humides. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 10
9 I - STRUCTURE DU TERRITOIRE COMMUNAL I.6 - Une diversité de milieux à protéger Mortefontaine présente une incroyable richesse faunistique naturels. Pour ne pas perdre cette richesse, différentes actions de protection ont été mises en oeuvre. Mortefontaine est concerné par: Une ZICO (Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux) «Massif des Trois Forêts et bois du Roi» due notamment à la présence de l Engoulevent d Europe Un site Natura 2000 : ZSC (Zone Spéciale de Conservation issue de la directive Habitat) «Massif forestier d Halatte, Chantilly, Ermenonville». Le programme d un site Natura 2000 doit selon le PNR Oise-Pays de France «concilier la préservation d un site exceptionnel avec la poursuite des activités humaines traditionnelles et avec le soutien État É et de l Europe». Deux zones d intérêt écologique répertoriées par le Parc naturel régional Oise - Pays de France : la butte de Montmélian, et la vallée de la Thève amont qui est caractérisée comme étant une unité paysagère d intervention prioritaire notamment la prairie de Charlepont et la Roche Pauvre, ainsi que les domaines de Vallière et de La Ramée. Trois ZNIEFF (Zone Naturelle d Intérêt Écologique, Floristique et Faunistique) : - deux ZNIEFF de type I, «Bois de Morrière» et «Massif forestier de Chantilly et Ermenonville» ; - une ZNIEFF de type II s, le «Bois de St-Laurent». À cela s ajoute des démarches plus ponctuelles: - le réseau «Landes» engagé par le PNR Oise-Pays de France, l ONF et le conservatoire des sites naturels de Picardie pour maintenir, gérer et restaurer des landes, intègre le golf de Mortfontaine, la prairie de Charlepont et la Roche Pauvre; - l autres sites comme le C.E.R.A.M. ont une démarche landes mis en place en partenariat avec le PNR Oise - Pays de France; - une large zone comprise entre la forêt d Ermenonville et le bois de Nerval, comprenant le hameau de Montaby, est inscrite comme corridor écologique. Ce secteur permet le déplacement de la grande faune et nécessite certaines précautions. Le site Natura 2000 du massif des Trois Forêts Carte routière et touristique Michelin Environs de Paris 1/ e, ,5 5 km N Malgré ces différentes mesures, on note une perte de qualité des prairies due au changement des activités humaines. Les prairies de fauche diminuent et les bovins qui pâturaient ont été remplacés par des chevaux. Beaucoup de prairies deviennent des parcs où la qualité de l herbe importe moins car un fourrage complémentaire est apporté. Les d un boisement ordinaire. Site Natura m N Zone d interêt écologique du PNR Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 11
10 II - ÉVOLUTION DU TERRITOIRE D. Joseph-François, architecte (mandataire) + C. Leblanc, paysagiste et A. Vénacque, architecte Parc Naturel Régional Oise Pays de France 13
11 II - ÉVOLUTION DU TERRITOIRE II.1 - Une histoire de jardiniers L histoire du domaine de Mortefontaine et de la commune sont bien illégalement occupées en première place par les propriétaires successifs du château. Louis Le Peletier de Mortefontaine, Joseph Bonaparte et le comte de Gramont la renommée de la commune à travers l exemplarité des jalonnée de fêtes splendides et de rencontres savantes entre les propriétaires, les philosophes et les artistes de leur temps, a laissé dans l ombre le travail plus quotidien et opiniâtre des jardiniers. Et c est sans doute aujourd hui de transformation apportées par l homme que l on pourrait trouver des éléments pertinents pour construire un projet urbain qui prenne en compte cette épaisseur mémorable Des pins et un platane dans le Petit Parc Plan général des jardins et environs de Mortefontaine levé par Le Rouge, Ingénieur Géo. du Roi, en Novembre 1776 Parc de Mortefontaine vers 1780 BN département des cartes et plans GE C-9606 L ombre de Monsieur de Buffon plane sur la création du Grand Parc : on raconte que Monsieur de Mortefontaine dédia à son ami une tour octogonale érigée sur l une des îles des étangs de la Grange. On pouvait y lire une glorieuse et savante dédicace au génie de la nature au-dessus de la porte d entrée : «Naturae genio, Buffoni sacer esto» ( G.E.M.O.B. p. 24). C est également la dédicace gravée sur un rocher de 10 mètres de long et 4 de haut, issue d un poème de l abbé Delille, autre familier du domaine de Mortefontaine : «Sa masse indestructible a fatigué le temps», qui nous invite de l ancienne salle de comédie, modernisée par Joseph Bonaparte, dont le fond de scène s ouvrait à volonté pour laisser découvrir la forêt, qui nous invite à renouer avec ce regard. «L horizon ne devait rien à l art de Cicéri : c était celui de la nature» écrivait en 1803 le Préfet Cambry, premier préfet de l Oise, dans son tableau administratif du département (cité par le G.E.M.O.B. p. 52). Le premier jardinier est bien évidemment l héritage de la nature, héritage constitué à Mortefontaine par le relief accidenté, de fantastiques éboulements rocheux et des sources généreuses. Au XVIII e siècle, un paysage ouvert de garennes et de bruyères, de champs sur le plateau et de prés conquis sur le marais apparaît dominant, ponctué par quelques massifs boisés. Les alentours de la tour Rochefort permettent aujourd hui d approcher une idée de cet état ancien. Dans leur désir vertueux de parfaire la nature, les jardiniers du XVIII e siècle vont planter des espèces indigènes puis exotiques, transformer le cours des rivières Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 14
12 AD60, 1 Fi Mortefontaine est le paradis et ses propriétaires successifs en furent à la fois les créateurs et les serviteurs. Pour ce faire, il faut planter, entretenir et exploiter le patrimoine végétal du domaine. Le plan du Petit Parc établi en 1776 par l ingénieur du roi le Rouge permet de constater qu un tiers des surfaces dans l enceinte du domaine est réservé à un massif d arbres en futaie, une pépinière d arbres fruitiers et un jardin potager. Ainsi, les méandres du jardin anglo-chinois, ponctués de statues et d obélisques, se trouvent sertis par le quadrillage régulier d allées desservant des rangées de jeunes pousses destinées à augmenter ou remplacer la végétation vieillissante, et approvisionner les cuisines du château. C est sans doute à l initiative de Le Peletier que l on doit également la plantation de poiriers le long des à tous, et que le jardin d Eden nourrisse tous les habitants du village. La variété plantée devait être particulièrement rustique pour permettre à quelques sujets de résister jusqu à nos jours, malgré les agressions de la circulation contemporaine. À Mortefontaine, une tradition ancienne de cueillette des poires et de production d un cidre commémorerait ce geste bienfaiteur. Cette importante dimension de l exploitation du domaine se lit également à travers les contrats passés entre Joseph Bonaparte et Antoine-Denis Lefèvre, jardinier au village. «Dès le mois de janvier 1800, Joseph Bonaparte signe un important marché de plantations avec Antoine-Denis Lefèvre ( ), habitant à Mortefontaine. Ce dernier s engage à remettre en état le Petit Parc, il va fournir les plants, les semis et ceci pendant trois ans. Il assure deux binages annuels, aux époques qu il jugera convenables, de manière à détruire les herbes nuisibles. Ce projet est prévu pour l entretien d environ 120 arpents et il demande 115 francs l arpent pour trois ans, payables chaque année. C est un début pour parer au plus pressé. En septembre de la même année, un nouveau contrat est établi avec Antoine Lefèvre, mais cette fois il s engage à «planter». Il plantera des chênes, des bouleaux, des hêtres, des charmes. Il recevra 140 francs par arpent, et le contrat sera renouvelé pour l année suivante. Chez lui, il possède une «melonnière» avec 150 cloches où il fait pousser des melons pour les propriétaires du château» (G.E.M.O.B. p. 54). du paysage ouvert des bruyères, des prés et des garennes animaux qui deviendront aux XIXX e et XXX e siècles les principaux ornements et attraits des sous-bois pour les propriétaires et les locataires du château. L Eden des parcs de Mortefontaine fut resplendissant le temps d un demisiècle, entre les années 1770 et Si le domaine cessa d être depuis cette date une démonstration et une représentation vivante d un art des jardins, tous les sujets plantés poursuivirent leur croissance au milieu des vicissitudes de l histoire. Ce qui permet aux parcs et à leurs abords de présenter de nos jours des arbres séculaires, dont la quantité inhabituelle ferait presque oublier leur caractère exceptionnel. Il est une autre particularité de la commune : la présence continue de lignées de pépiniéristes et de forestiers qui ont poursuivi un travail de production et d exploitation des terres. Cela se remarque dans le paysage par les terres quadrillées des pépinières installées alentour des villages, à Plailly comme à Mortefontaine. La partie sud du Petit Parc, au-delà de la clôture et en deçà du Temple, tout comme l ancien tracé du chemin de fer, furent ainsi exploités puis abandonnés. Il reste un paysage singulier serré par le rythme des plantations et quadrillé par les allées de servitude d exploitation. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 15
13 II - ÉVOLUTION DU TERRITOIRE Les origines du tracé des voies II.2 - Les tracés de voies Nous classerons selon trois rubriques complémentaires et successives les origines des différents tracés de voirie qui se trouvent aujourd hui sur le territoire de la commune de Mortefontaine. Aucun document ne nous a permis de situer des tracés issus de la période gallo-romaine. Carte de Cassini VOIES ROYALES ET CHEMINS RURAUX Les voies royales et les chemins ruraux forment la première ossature du territoire du Valois, à partir de l ancienne route des Flandres de Paris à Senlis (aujourd hui route départementale 1017). La carte de Cassini atteste une bifurcation à partir de la commune de Survilliers en direction du massif de la forêt d Ermenonville et de l abbaye royale de Chaalis, route déjà dénommée pavé d Avesnes sur les cartes du XVIII e siècle (route départementale 126). Ces deux voies anciennes forment l ossature principale de l aménagement du territoire, sur laquelle viennent se greffer des chemins ruraux qui reliaient les villages entre eux, sans doute tracés aux origines plus anciennes qui restent aujourd hui une part essentielle des chemins communaux. À Mortefontaine, il s agit de la croisée des rues du vieux village, de toutes les rues du hameau de Montaby et des chemins au sud du territoire communal: chemins de Loisy à Mortefontaine (partie de l actuelle route départementale 922 vers Loisy, puis chemin rural bordé de jeunes et anciennes plantations), du chemin du Pont Saint- Louis sur le midi de Plailly, de Saint-Sulpice à l est, chemin de l Epinoy conduisant à Plailly, voirie des Rouillers m N Chemin rural, entre le calvaire des Uselles et le hameau de Montaby, dans la traversée du petit bois Voie royale Chemins ruraux Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 16
14 L évolution du tracé des voies Extraits de la carte de l intendance de 1789 ALLÉES ET CHEMINS D EMBELLISSEMENT Au nord du territoire communal, les aménagements d embellissement du château de Mortefontaine vont complètement transformer le paysage et les tracés du domaine, à partir des années 1770, lorsque Louis Le Peletier en hérite. Magistrat, conseiller au Parlement, Maître des Requêtes, Intendant de Soissons de 1765 à 1784 puis Prévôt des marchands de Paris de 1784 à 1789, il dispose de la fortune, des relations et du goût nécessaires pour entreprendre de grands travaux. Ce furent tout d abord la réalisation des jardins du Petit Parc, puis le tracé d une allée plantée de quatre rangées d arbres, nouveau chemin de Loisy à Mortefontaine borné en limite communale par un poteau installé dans la perspective de la voie, allée d embellissement bordée également par des arbres (fruitiers?) plantés en quinconce jusqu au Bois du Deffay. Ce tracé ne subsiste que par quelques limites parcellaires. C est également le tracé de 8 chemins étoilés sur la Garenne de Charlepont, installant un carrefour au centre d un paysage alors ouvert, aujourd hui carrefour de Charlepont situé dans un paysage fermé entre le golf et le C.E.R.A.M. D après la carte I.G.N., ces chemins subsistent les allées structurantes de ces nouveaux domaines. Seule la route des Grès Sainte-Marguerite rejoint les allées forestières du domaine d Ermenonville. Le Clos Nerva et Gérard de Nerval m N e disparus subsistants Voie royale Chemins ruraux La carte de l Intendance permet de repérer la situation du Clos Nerva, nom de plume choisi par Gérard Labrunie ( ) à partir de 1830 pour présenter ses œuvres littéraires. Il vécut son enfance à Mortefontaine, élevé par son oncle maternel. Le Clos Nerva était une propriété de son grand-père, champ ceinturé de boisements à la limite du territoire de Mortefontaine vers Loisy, en bordure de l allée cavalière, de la «voirie des Rouillers» et adossé au Bois des Antelles. «Ce clos est la terre où ses parents maternels sont ensevelis» assure Sadafumi Muramatsu, Professeur de l Université Meijo au Japon. Le «clos» est aujourd hui complètement absorbé dans les horizons boisés d un massif justement dénommé «Bois de Nerval». renvoyait aussi à l image assombrie de l empereur romain. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 17
15 L évolution du tracé des voies m N Route de Mortefontaine vue depuis Montmelliant - vers 1850 Route de Mortefontaine vue depuis Montmelian routes modernes XIX e et XX e disparues subsistantes tracé abandonné d une voie ferrée e disparus subsistants voie royale chemins ruraux ROUTES MODERNES Le réaménagement du Grand Parc à partir de 1806 puis la dislocation en 1892 du domaine de Mortefontaine en deux entités, le château et le Petit Parc d un côté et le domaine de Vallière se substituant au Grand Parc de l autre côté de la route, vont apporter de nouveaux tracés de liaisons, notamment un chemin pour Charlepont et la route vers Neufmoulin et Thiers-sur-Thève. Mais c est surtout la ligne droite d une nouvelle allée cavalière à travers la Garenne de Charlepont vers les forêts de Pontarmé et de Chantilly qui marquera le paysage du XIXX e siècle. Ce tracé subsiste par des limites parcellaires dans la prairie de Charlepont, des alignements d arbres au cœur du C.E.R.A.M. et un tronçon de voie et de chemin le long de la clôture du golf. On notera également la disparition des tracés des chemins de Charlepont à Senlis et de Charlepont à Neufmoulin à travers les aménagements du golf et du C.E.R.A.M. au cours du XXX e siècle. On notera toutefois que le cadastre actuel continue de représenter les occupations anciennes du sol, y compris le tracé d une Grande Mare aujourd hui disparue. - une section nouvelle à la route départementale de Loisy depuis le Pavé d Avesnes, à partir d un carrefour à l orée du bois; - quelques rues et impasses nouvelles de lotissements sur le plateau en haut du village, face à l église et autour du cimetière, desservant 90 pavillons. Le fait remarquable de cette importante extension de la commune, qui a capté la croissance des années 1970 à 1990, est la réalisation d une allée verte longeant le mur du cimetière et descendant le coteau jusqu à la route de Thiers, au droit de l étang de Vallière. Mais son utilité fonctionnelle semble réduite; - le bouclage de la rue du Val par une voie de statut privé de la commune de Mortefontaine sur le territoire de la commune de Plailly, voie longeant les pépinières Chantrier avant de rejoindre la départementale au droit du calvaire. Pour terminer ce chapitre, il est intéressant de mentionner une particularité parcellaire à l extrémité sud du Petit Parc, issue de l expropriation en 1912 d une emprise pour le passage d une voie ferrée d Aulnay à Rivecourt par la Compagnie des Chemins de Fer du Nord. Les travaux furent abandonnés à la veille de la première guerre mondiale. Mais le parcellaire reste en place, et le terrain fut utilisé comme pépinière. Elle semble aujourd hui délaissée, mais les arbres poursuivent leur croissance en rangs serrés. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 18
16 Les variations des limites communales entre 1789 et 1810 Extrait de la carte de l Intendance Cadastre Napoléonien Limites communales inchangées depuis 1789 transformations du cours de la Thève et des lacs Limites communales en 1789 Territoire soustrait II - ÉVOLUTION DU TERRITOIRE II.3 - La variation des limites communales entre 1789 et 1810 La comparaison entre le «Plan du territoire de Mortefontaine, levé en vertu de l ordonnance de Monseigneur l Intendant, procès-verbal du 13 mai 1789 par moi, arpenteur soussigné et signé Delaître» et le cadastre Napoléonien de 1810, documents conservés aux archives départementales du département de l Oise, permettent d envisager les raisons qui ont procédé à deux importantes variations. En 1810, on observe d un côté la butte de Montmélian rattachée au territoire de Mortefontaine alors que le plateau dit «le fond de l alouette» est soustrait à la commune de Mortefontaine dans les domaines des châteaux de Mortefontaine et de Bertrandfosse. Louis-Joseph Bonaparte a acquis en plusieurs ventes les 78 hectares du bois et de la butte de Montmélian Parc ; les terrains du plateau qui se trouvent juste derrière le territoire du village de Mortefontaine appartiennent alors au château de Bertrandfosse, attaché à la commune de Plailly. En 1810, Louis-Joseph Bonaparte souhaitait acquérir le domaine de Bertrandfosse pour sa mère. Faute de Henri-Michel Paulmier, dont les héritiers conservèrent le domaine jusqu en 1905 (G.E.M.O.B., Les grandes heures du château de Mortefontaine, p ). Ainsi les châtelains ont vraisemblablement souhaité rattacher leur domaine nouvellement élus par les lois de la République et de l Empire. Deux siècles plus tard, cette situation issue de volontés d anciens grands propriétaires terriens apparaît dommageable pour la gestion des deux communes. D un côté un territoire propice au développement communal de Mortefontaine géré par Plailly, d un autre côté, un territoire éloigné de Mortefontaine mais enclavé dans Plailly qui ne présente plus d intérêt stratégique. Il conviendrait de territoires respectifs m N Territoire additionnel Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 19
17 II - ÉVOLUTION DU TERRITOIRE Le carrefour du Village Détail du croisement entre la rue de l Église et la rue de Plailly C est l article 52 de la loi du 16 septembre 1807 qui ordonna la formation de plans généraux d alignements pour les les progrès de la circulation. Il s agissait, pour l autorité, de garantir en toutes circonstances sur la voirie urbaine le véhicules hippomobiles, c est-à-dire assurer des rayons de courbure et des emprises a minima. Si l administration impériale promulgua la loi, leur réalisation fut entreprise principalement dans les décennies Le «Recueil méthodique et raisonné des lois et règlements sur la voirie, les alignements et la police des constructions», édité en 1836 par H. J-B Davenne, présente l état d esprit qui devait présider, dans cette première moitié du XIXX e siècle, à la réalisation des projets d alignement. Selon son auteur, les 3 raisons principales de l alignement sont : «1 de donner aux rues des villes, comme aux routes et chemins publics en général, la largeur nécessaire et la direction convenable ; 2 de faire disparaître les renfoncements qui favorisent malveillance, et nuisent à la propreté et à la salubrité dans l intérieur des villes ; 3 d obtenir, autant qu il est possible, par la régularité des lignes, un moyen d embellissement favorable aux progrès des arts». Si cet arrêté a donné satisfaction dans les centres villes des communes denses aux tracés anciens, son application dans effet, les voies publiques des villages anciens se trouvaient généralement dans des situations généreuses, avec de multiples élargissements et de vastes accotements. Au lieu de conserver ces tracés larges et irréguliers qui faisaient le charme du parcours au gré des implantations des bâtiments ruraux, on entreprit de revendre aux riverains les portions au-delà d une stricte emprise requise. Cela se constate partiellement sur le plan d alignement de Mortefontaine, Senlis, vu par le Maire le 4 août et arrêté par le Préfet le 14 septembre 1844, plan semblable à ceux observés dans d autres communes rurales de l Oise. En rose ont été pochées les parties de domaine public à céder aux riverains et en jaune les quelques portions de parcelles frappées d alignement. Le résultat est un II.4 - Le plan d alignement de voirie urbaine de 1844 appauvrissement de la poésie des lieux. Le paysage des rues du village devint plus étroit et linéaire, ce qui a peutêtre été ressenti dans la deuxième moitié du XIXX e siècle comme un progrès de l esthétique urbaine, mais dont nous garderons quelque nostalgie des tracés anciens. Heureusement pour Mortefontaine, les abords directs du château ne furent pas concernés par ces rétrécissements. De plus, cette offre de vente faite par l État aux riverains put ne pas être suivie d effet, comme au hameau de Montaby. Détail de la jonction de la rue de l Église avec la RD 26 Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 20
18 La Thève en 1789 La Thève en 2002 II - ÉVOLUTION DU TERRITOIRE II.5- Les transformations historiques du cours de la Thève 1 Dommartin-en-Goële même si elle reste temporaire jusqu à St-Sulpice-la-Ramée. hève mée Les étangs de la Ramée et de L Épine sont alimentés par la Thève, les autres par de nombreuses sources notamment «la fontaine morte» qui donne son nom au village et qui n apparaît pas à la surface. Ces étangs ont été créés par les moines de l abbaye de Chaalis au cours du XII e siècle. À son époque, Louis Le Peletier fait peu de transformations sur les cours d eaux, il crée cependant quelques canaux pour mieux circuler d un étang à l autre. Le paysage «naturel» devient le support du parc ; des fabriques viennent orner les chapelets d étangs, des belvédères et points de vue sont travaillés. En 1806, Molton devient une île, à la demande de Joseph Bonaparte. Un canal d une douzaine de mètres est creusé autour de la butte. Un deuxième canal relie les étangs de Vallière et de l Épine. Les promenades en bateaux, sur ce circuit d étangs, y sont tellement appréciées qu elles nécessitent un «garde de la marine» m N Aquarelle anonyme - photo de M Jean Mazel Au premier plan, les bateaux de promenade ammarés sur les berges du canal de la Thève sous l étang de Vallière, entre le pavillon de Vallière et l escalier d eau. 1 Description du Département de l Oise par le citoyen Cambry (premier préfet de l Oise ) ; à Paris de l imprimerie de P. Didot L aîné, au Louvre, Galeries, N 3, An XI MDCCCIII (1803) pages Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 21
19 III - LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE D. Joseph-François, architecte (mandataire) + C. Leblanc, paysagiste et A. Vénacque, architecte Parc Naturel Régional Oise Pays de France 23
20 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - LE TERRITOIRE III.1 - Les entités paysagères Évidemment parce que la fabrication du paysage a été une préoccupation manifeste des hommes qui ont façonné le territoire de Mortefontaine, la commune présente pour ses de formes paysagères. parties d agglomérations sont présentes dans cette composition. Dans le détail, certains ensembles du paysage bâti du village ancien, les châteaux ou les longs murs de clôtures constituent à eux seuls des «moments» de paysage et des liens d une entité à l autre, quand ils n en 1 La subtilité des dispositifs paysagers du XVIII e et XIXX e siècle où s exerçait la «dégradation des perspectives» est aujourd hui brouillée par les effets d une désaffection où de certaines limites entre entités en est de fait, ici plus qu ailleurs, sujette à caution. La forêt La forêt peut se décomposer en trois sous-entités suivant l ancienneté, le type ou de la densité des boisements. La première, que l on peut rencontrer au niveau du golf et du C.E.R.A.M. est la plus récente. La seconde, le bois de Nerval, est un bois exploité depuis plusieurs siècles. La troisième est sur la butte de Montmélian, forêt résiduelle protégée par sa situation sur un relief. 1 René-Louis de Girardin ( ), De la composition des paysages 1777, De l ensemble. Légende m N Forêt Bois habité Parcs et jardins Pépinière Vergers Peupleraie Agglomération Prairie Ripisylve Marais Landes Grandes cultures Le bois habité Les habitations le long de la RD 607 se sont implantées dans un des rares boisements apparaissant sur les cartes du XIXX e XXX e sont venues s insérer entre de hauts sujets subsistant de ce boisement. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 24
21 Les parcs et jardins Les parcs ceinturés de hauts murs de pierres proviennent essentiellement de l ancien domaine du château de Mortefontaine. Les peupleraies Les peupleraies sont installées dans une zone humide anciennement bocagère. Cette plantation ferme la vue depuis la butte de la tour Rochefort. Les peupleraies n étant plus économiquement rentables, cette zone pourrait donc évoluer dans les prochaines décennies vers un espace ouvert, voire une zone humide revalorisée. Les marais La grande zone marécageuse repérée au XIXX e siècle comme «le marais des Joncs», au pied du château dans la prairie de Charlepont a fortement diminué. D autres sont apparues autour des étangs de Vallière, certainement du à un manque d entretien de ce système hydraulique. Les étangs de Vallière, et de Comelles plus en aval, régulent le cours de la Thève et limitent les inondations et zones marécageuses. Les pépinières Les pépinières Chantrier marquent les deux entrées du village depuis la RD 22. En limite d agglomération, elles créent une transition douce entre les jardins particuliers clos et l espace ouvert des grandes cultures. Les prairies La prairie de Charlepont est historiquement une prairie de fauche. Aujourd hui cet espace est maintenu ouvert par le pâturage des chevaux. Il apparaît comme une large clairière entre deux reliefs boisés qui limitent l horizon et créent une forme d entonnoir vers la ferme de Charlepont. Les landes Les landes encore existantes aujourd hui sont des vestiges de ce qui était, il y a encore un siècle, «le désert des bruyères». Dans cet espace empreint de magie, les bouleaux émergent des callunes pour accompagner les chaos de grès. Ces arbres pionniers colonisent l espace qui n est pas entretenu et le referment progressivement. Les vergers Les grands vergers en limite du village ne sont pas situés sur le territoire de Mortefontaine. Ils assurent, à leur manière, un rôle comparable à celui des pépinières. La rivière Bien qu elle soit peu présente visuellement pour le public, la Thève détermine une grande partie du paysage communal (sinon la totalité). Les plans d eaux libres des propriétés privées sont devinés plutôt que vus et, quand on peut l approcher, la rivière apparaît encaissée dans un fossé, masquée par la ripisylve ou la végétation des marécages. Les grandes cultures Le sud du territoire communal est essentiellement marqué par des cultures de type intensif où l on trouve généralement des céréales et du colza. Depuis ces larges espaces ouverts, pointent la silhouette du village de Plailly et la cheminée de la tuilerie. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 25
22 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - LE TERRITOIRE Silhouette de Montmélian depuis Mortefontaine La ruine du château et la tour de télécommunication Panorama vers la plaine de Roissy La partie de la butte de Montmélian portant le nom d Enclave de Mortefontaine et correspondant aux terrains acquis par Louis-Joseph Bonaparte couvre, sur 180 environ, ce que l on peut théoriquement percevoir de cette colline depuis Mortefontaine et notamment depuis son château. Si l on comprend les raisons initiales du prince qui voulut, en son temps, maîtriser les perspectives les plus lointaines des parcs (voir p.16), ces raisons sont aujourd hui obsolètes et les vues ont disparu avec la désuétude du Petit Parc et le développement important des boisements presque continus entre celui-ci et le sommet de la butte. Depuis le versant nord/nord-est, la couverture forestière actuelle interdit tout point de vue et l on se trouve vite désorienté à parcourir les chemins du sous-bois. La ruine du château qui couronne le relief à la cote ±200m N.G.F. (cent mètres de dénivelée par rapport au niveau du parc du château - ±100m N.G.F.), avec la tour de télécommunication voisine, fut peut-être un des points de mire du grand projet paysagé du XIXe siècle, au même titre que la tour Rochefort ou la chapelle Sainte-Marguerite. Elle est aujourd hui dissimulée derrière un épais manteau forestier et n est plus visible qu une fois à son pied après l ascension par la commune de Saint-Witz. De ce côté et à cette altitude, aucune vue n est possible vers Mortefontaine ou Plailly. Si le lieu peut encore être considéré comme exceptionnel c est par le vaste panorama qu il propose sur un grand secteur sud/ sud-ouest, vers la plaine du nord de l agglomération parisienne. On signalera aussi la présence sur les lieux de la chapelle Notre-Dame de Montmélian dite aussi «chapelle Péguy» à laquelle est toujours associée un replat herbeux entouré d arbres où se réunissaient les pèlerins. À quelques mètres du sommet, l existence d une mare fontaines sont signalées. Dans ce secteur, on croise aussi un grand réservoir complètement masqué par la végétation forestière. Le boisement qui couvre la butte et les ambiances qui s en dégagent sont dominées par la présence notable des châtaigniers. III.2 - Montmélian chapelle : «La paix religieuse, retrouvée grâce au Concordat signé le au grand jour et en toute liberté, sa grange avec les précieux d une manière évidente combien cette pieuse générosité petit cimetière attenant cette chapelle, reposent Louis Fougères et châtaigniers. La mare sur la butte de Montmélian Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 26
23 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - LE TERRITOIRE III.3 - La Thève Du fossé en eau seulement par temps de pluie, d une source séparée de son cours par une ligne T.G.V., la Thève, dans sa traversée de Mortefontaine, se transforme en un chapelet d étangs au milieu d un parc prestigieux. Mais ni l étang de la Ramée, situé au milieu des bois, ni les étangs de Vallière ou de l Épine, cachés derrière de hauts murs ou distants des chemins publics ne sont perceptibles au commun des promeneurs. La Thève depuis la RD 922 légende : Après maintes canalisations, cascades et détours forcés par les travaux de l homme, elle s écoule de l étang de l Épine et réapparaît sous la forme stagnante du marais des Joncs avant d irriguer la prairie de Charlepont. Là, elle traverse les pâtures à chevaux sans distinction notable avec le réseau de fossés qui les parcourt. Plus au sud, au sortir de l étang de Vallière, elle connaît un autre avatar marécageux associé à l étang de la Grange avant de converger également vers la prairie. Elle apparaît alors comme un petit ruisseau bordé de phragmites reprenant parfois vigueur au gré d une petite chute. Plus loin un alignement de peupliers la souligne avant qu aux environs de Neufmoulin la ripisylve s épaississe de quelques boisements spontanés. fond de vallée des prairies de Charlepont après quoi elle ralentit encore dans les prairies humides du Plat d eau. Thève autre cours d eau sens du courant mare ou étang marais réservoir point d eau et source m N Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 27
24 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - LE TERRITOIRE III.4 - Les séquences de la Thève Plat-d eau Après St-Sulpice-la-Ramée 3 Après l étang de la Ramée, le passage de la RD largeur minimale 2 m largeur maximale 8 m Une fois la chapelle St Sulpice dépassée, la Thève s élargit pour former un large bassin. Ce plan d eau qui ornait la propriété des soeurs est aujourd hui entouré d une petite clôture de bois et sert occasionnellement de réserve d eau en cas d incendie. Puis redevenue ruisseau, la Thève s enfonce sous les arbres et se cache derrière les haies de la propriété. largeur minimale : 1,5 m largeur maximale : 2,5 m Après avoir passé l écluse de l étang de la Ramée et la RD 126, la Thève serpente doucement et régulièrement jusqu à l étang de l Épine. Elle contourne le relief, d un côté le coteau ponctué de chênes centenaires et de chaos de grès, de l autre une étendue inondable où poussent de jeunes saules m N 1 Après St Sulpice de la Ramée 2 L étang de la Ramée 3 Après l étang de la Ramée, le passage de la RD L étang de l Épine 5 Le marais de Joncs 6 La prairie de Charlepont 7 La Thève et sa ripisylve 8 Le plat-d eau 2 L étang de la Ramée largeur minimale 2 m largeur maximale 240 m Un marais entoure l étang de la Ramée ; le sol spongieux, imprégné des eaux de la Thève nous laisse parfois accéder au bord de l étang de la Ramée entre prèles et iris. Les contours tortueux de cet étang et les 2 îles transforment les 4,4 hectares d eaux en un espace sans limites. 4 L étang de l Épine largeur minimale : 1,5 m largeur maximale : 400 m En longeant l île Molton, la Thève s élargit jusqu à près de 400 m de large pour croiser et conforter les étangs du domaine de Vallière. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 28
25 l étang de la Vallière, et crée un palier surplombant la prairie de Charlepont. Des arbres majestueux aux essences variées, plantés il y a 200 ans pour leur exotisme ou simplement leur allure, toujours entretenus et la circulation parfois chaotique des eaux laisse des bras morts, stagnants sous une végétation luxuriante. 5 Le marais de Joncs largeur minimale : 1,5 m largeur maximale : 3 m La Thève chute des étangs pour inonder le marais de Joncs. Le coteau boisé ne laisse pas percevoir d où vient Entre l étang de l Épine et l étang de Vallière 7 La Thève et sa ripisylve largeur minimale : 1,5 m largeur maximale : 3 m La Thève disparaît au delà de la prairie, sa ripisylve s étoffe. La Thève se divise, autrefois canalisée pour alimenter Neufmoulin, elle s égare dans une succession de boisements, de ripisylves et de prés. L étang des Islettes et l étang de Vallière 6 La prairie de Charlepont largeur minimale : 1,5 m largeur maximale : 3 m La Thève apparaît pour couper la prairie de Charlepont. Elle est parfois soulignée par une petite ripisylve mais reste, pour la plupart du temps, marquée par une large bande de phragmites, entourée de barrières qui éloignent les chevaux. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 29
26 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - LE TERRITOIRE III.5 - Les formes végétales remarquables Les arbres hauts ou isolés ont de tout temps servis de repères. Au Moyen-Âge, ils étaient utilisés pour marquer la limite d un territoire telles des bornes visibles de loin. Mortefontaine est ponctué d arbres ou de groupes d arbres remarquables. Certains ont été plantés pour souligner un monument, comme les platanes entourant le calvaire. L extraordinaire hêtre présent sur le terrain de la pépinière Chantrier est un témoin immobile de l évolution du village, même si on ne connaît pas les raisons de sa plantation. D autres groupes d arbres apparaissent naturellement lors d un changement de substrat ou d usage du lieu. C est le cas des bouleaux au pied de la tour Rochefort. L une des formes végétales les plus caractéristiques de Mortefontaine est l alignement de bord de route. Les plantations d alignements, souvent liées à des structures administratives se sont développées après les défrichements du Moyen-Âge pour prévenir des pénuries de bois. Sully rendre l usage des routes plus «facile et plus plaisant». La plantation d arbres n était pas pour autant gratuite. Les arbres avaient diverses utilités : leur bois était exploité, les ormes permettaient de fabriquer des affûts de canons de remplacement lors des déplacements militaires ; les fruitiers étaient un soutien pour les villageois. Les alignements permettent aussi de maintenir un tracé, d assurer une largeur de voirie qui ne puisse être amputée par les propriétaires des terrains voisins. Arbres remarquables Chêne Hêtre Platane Pin Bouleau Alignement de poiriers Alignement de platanes Alignement de marronniers Alignement de peupliers Les alignements ont souvent été repris dans les grandes propriétés pour cadrer des vues ou souligner les grands axes. Depuis la RD 922, la plantation de grands poiriers met en scène l entrée du village. En s incurvant vers la chaussée, ils couvrent toute la route de leur ombre. Ils soulignent le chemin et rythment le parcours. Si ces vénérables poiriers ont bien, comme on peut le supposer, plus de 150 ans, ils sont néanmoins à terme. Il faut donc les préserver autant que faire se peut, mais aussi penser à leur remplacement par étapes (établir un diagnostic sanitaire) m N Marronnier Autre alignement remarquable Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 30
27 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - LE TERRITOIRE Quelques repères Chapelle Ste Marguerite des Grès Tour Rochefort III.6 - Les perspectives et points de vue emblèmatiques Le territoire de Mortefontaine a été successivement un paysage à leur convenance. Ces hommes ont modelé celui-ci pour pouvoir le contempler, depuis des fabriques ou de simples bancs de bois peints de vert. Le domaine de Mortefontaine était jusqu il y a peu de temps une propriété privée mais ouverte. Les promeneurs aujourd hui interdites. Le parc s ouvrait aussi en intégrant les lointains. L équilibre entre la campagne environnante et le jardin contribuait à l harmonie du parc. Aujourd hui ces vues se sont refermées. Les arbres en se développant ont petit à petit refermé les fenêtres sur le paysage. Le parc n est plus accessible. Il ne reste de cette époque que les mises en scène liées au relief. Le château de Vallière trône sur un balcon boisé et s offre à la prairie de Charlepont. Et si certains points de vue ont été masqués d autres ont été soulignés. Ainsi la prairie de Charlepont est cadrée par deux coteaux boisés qui dirigent le regard vers la ferme de Charlepont au nord. En revanche, la vue fondatrice qui reliait originellement le château de Mortefontaine et la butte de Montmélian s est perdue. Cheminée de la tuilerie de Plailly Château d eau Point de vue emblématique Route - point de vue Perspective emblématique Château d eau Cheminée de la tuillerie Tour Rochefort Chapelle Ste Marguerite des Grès m N Calvaire à l entrée du village depuis Montaby Calvaire à l entrée du village depuis Plailly Parc «Astérix» Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 31
28 1 - Le château de Vallière depuis la prairie de Charlepont 2 - Le parc du château de Vallière à travers les grilles 3 - Le château de Vallière depuis la Tour Rochefort 4 - Plailly depuis les vergers à la sortie de la rue du Val 4 - Mortefontaine depuis les vergers à la sortie de la rue du Val de Mortefontaine 6 - À la sortie de la forêt depuis la RD 22 Mortefontaine 8 - Ouverture sur les grandes cultures depuis le Petit Parc du château de Mortefontaine Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 32
29 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - LE TERRITOIRE III.7 - Un territoire partagé entre de grandes propriétés Grands domaines Golf, C.E.R.A.M., Sté St Marguerite des Grès Sté St Marguerite des Grès Mme. de Cossé Brissac M. de Cossé Brissac M. Rousselet Parc de Vallière Al Tajir M. Norman Institut St Dominique opriétés agricoles Pépinières M. Chantrier Soeurs St Thomas de Villeneuve L histoire de Mortefontaine est liée à l histoire du démembrement progressif du grand domaine du château. Un plan issu des archives privées de la famille de Gramont, publié dans le bulletin du G.E.M.O.B., permet de saisir l étendue de ce territoire qui s étendait au XIXX e siècle vers le nord jusqu à la commune de la Chapelle-en-Serval, était borné au sud-est par la route du Pavé d Avesnes menant à Ermenonville et possédait au sud la butte et le bois de Montmélian. Ce grand domaine d un seul tenant est aujourd hui partagé entre les héritiers de la famille de Gramont, les Cossé Brissac, divisé entre diverses entités telles le golf ou le centre d essais routiers, le Grand Parc et le château de Vallières appartenant à l Emir Al Tajir, l ancien château et le Petit Parc partagé entre M. Norman aujourd hui qu une petite poignée de notables propriétaires qui se partagent l ancien domaine du château. Les terres agricoles et les pépinières se trouvent également principalement rassemblées, pour 80 % de la surface cultivable du territoire de la commune, entre seulement quatre mains différentes. Parmi eux, on notera la fragilité de l exploitation des espaces préservés pour les pépinières et l intérêt notable de ses éléments dans la physionomie et le paysage du village. Les parcelles privées de l enclave de Montmélian sont essentiellement des propriétés des héritiers Bouix, également propriétaires de la grosse demeure sur le territoire limitrophe de Saint-Witz, propriété en cours de transformation en un programme de multiples logements. M. Jonnart M. Mauvernay Montmélian Héritiers Bouix Limite du domaine de Mortefontaine au XIX e Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 33
30 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.8 - Malgré une apparente simplicité, il est malaisé de réaliser construits se trouve restreint. On compte environ 200 habitations dans le village proprement dit, la moitié d entre elles postérieures aux années 1960, une cinquantaine au hameau de Montaby, où seuls subsistent quelques bâtiments agricoles anciens, et une dizaine à Charlepont. A cette énumération, il faut ajouter la récente transformation des bâtiments de la ferme du village en 34 logements, en cours d installation. Ce sont donc quelques 300 foyers et environ 800 habitants qui habitent le village, sans oublier la congrégation des sœurs de Saint Dominique. Le corpus sélection des objets les plus intéressants, à destination au prochain Plan Local d Urbanisme. LA COMMUNE RURALE ET LE CHÂTEAU Mortefontaine n est pas une commune rurale comme les autres. Une activité principale pour ses habitants fut le service du château, puisque le domaine agricole et les village. Cultiver les terres, planter et entretenir le parc, e siècle jusqu au début du XXX e siècle, une part majeure de l économie et une raison particulière à la réalisation des constructions nouvelles. Il est donc raisonnable de considérer cette distinction comme fondatrice de différences entre les Cette singularité historique a entraîné d autres caractéristiques contemporaines. l absence traditionnelle de commerces, hormis aujourd hui un restaurant. Les services publics ne sont présents que par un bureau de poste. Il faut aller à Plailly pour trouver la structure ordinaire et l armature commerciale d un village qui ne compte que le double des habitants de Mortefontaine. Comme le soulignait une résidente, la grande effervescence journalière se trouve à l entrée et à la sortie des écoles, rehaussée par le ballet des autocars du collège. Autrement, c est aussi mort que la fontaine! Il faut en effet remarquer, sur ce point, que l économie traditionnelle d un domaine à travers des cultures maraîchères, vivrières et céréalières et des élevages d ovins, de bovins et de porcins et une abondante basse-cour. La majeure partie des subsistances nécessaires à la vie ordinaire du domaine était produite sur place. Cela n amenait donc pas une économie d échange, donc l absence de la nécessité de commerces au village. ORIGINES DU PARCELLAIRE D un point de vue plus morphologique, il pourrait être utile de réaliser une étude comparative entre les structures des villages accolés à un grand domaine et d interroger le principe de la clôture des domaines et les formes prises par les constructions sur leurs limites. Autant que l on puisse le constater sur l étude de cas de Mortefontaine, on peut distinguer assez clairement un type de parcellaire et des formes de constructions liées à l enceinte du domaine, globalement des parcelles plus larges et des constructions de qualité des XVIII e et XIXX e siècles, se donnant parfois des allures de maisons de plaisance, alors que le bâti en contrebas de l église et proche du carrefour du village présente un parcellaire plus étroit et des maisons accolées de moindre volumétrie. Dans l un et l autre cas, la disposition du bâti ouvrant sur cour est très présente ; c est assez heureusement une disposition reprise par l habitat contemporain. Sur les bases de ces trois constats liminaires, une village en 3 catégories de parcelles : - un parcellaire d origine rurale avec des constructions à usage d habitat ou d exploitation; - un parcellaire en limite du domaine avec des constructions mieux développées et des accents d architecture savante; - un parcellaire pavillonnaire, en maisons isolées ou accolées de la deuxième moitié du XXX e. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 34
31 LE RURAL e et XIXX e siècle, installé en contrebas de l église, aux quatre angles du carrefour et le long de la rue principale. Les bâtiments d habitation se présentent à rez-de-chaussée + comble ou rez-de-chaussée + étage + comble. Les différences de pentes de toiture permettent de supposer l âge des diverses constructions. Plus la pente est forte, plus la construction est ancienne, déclinant ainsi d environ 60 à 30 pour les constructions de la première moitié du XIXX e siècle. Deux types d implantation se présentent. A l alignement de la rue pour les constructions les plus modestes, ouvrant directement sur le trottoir : il s agit alors vraisemblablement de maisons d ouvriers agricoles ou de saisonniers ne disposant pas d autres biens que la force de leur travail. Une deuxième disposition se trouve ordonnée sur cour : il s agit alors d une maison d habitation et de bâtiments d exploitation qui témoignent de la propriété de quelques lopins de terre ou d un grand domaine cultivable. La cour est alors lieu de circulation, de vie et de travail pour l ensemble de la maisonnée. Le système de la cour comme lieu fédérateur se retrouve également pour les plus grandes exploitations agricoles, et notamment à Mortefontaine la grande ferme qui vient d être transformée, pour ses principaux bâtiments d habitation et d exploitation, en logements. L ensemble de ces bâtiments ruraux est réalisé en maçonnerie de moellons rustiques avec un généreux enduit de surface. Les toitures sont de tuiles plates, avec des lucarnes «à la capucine» ou des lucarnes à foin, en prolongement du mur de façade. Si les maisons prises individuellement ou en rangée présentent un intérêt limité à leur rusticité, il en va différemment pour leur silhouette d ensemble : l assemblage multidirectionnel des prismes rouges de leurs toitures assurent une composition qui Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 35
32 Le Petit Parc en 1810 du Valois. LE DOMANIAL Les parcelles sont plus larges et généreuses, les bâtiments plus profonds, certains se présentent à deux étages avec des toitures qui peuvent être couvertes d ardoise, signe extérieur de richesse habituel des bâtiments de la noblesse. Ce type de couverture reste traditionnellement celui des châteaux français, en référence aux modèles royaux du Val de Loire. Si les bâtiments qui appartiennent au monde rural témoignent toujours d un sens de l économie dans leur construction et de fonctionnalité dans leur distribution, les bâtiments qui appartiennent au domaine de l aristocratie montrent un goût pour l apparence, l allusion, la référence, qui conduit les formes architecturales vers une expression d ordre et de composition. Il faudrait bien évidemment connaître précisément chacune des origines de propriété et établir le lien de leurs propriétaires avec le châtelain et le domaine de distinction. Ce complément d étude appartient aux historiens qui pourront ainsi établir un jour une radiographie du village de Mortefontaine telle qu elle aurait pu apparaître autour des années Selon la cartographie ancienne et les relevés sur place, nous proposerons de considérer selon cette origine la plus grande part des parcelles et des constructions qui jouxtent le Grand Parc et le Petit Parc : en effet, l origine de propriété semble bien être une division maisons pour les grands commis du domaine (régisseurs, jardiniers,...) et de quelques bâtiments d exploitation. Le cadastre de 1810 permet de constater l importance des divisions parcellaires réalisées vers cette période le long de la route de Plailly, à la frange du Petit Parc. LE PAVILLONNAIRE C est le parcellaire le plus récent et le plus abondant, entrepris aux débuts des années 60 à travers quelques maisons jumelées le long de la rue de Thiers-sur-Thève. Ce au-dessus du village à travers une série de lotissement des années 70 aux années 90, dans une version cossue qui conjugue des parcelles généralement supérieures à 500 mètres carrés, une absence complète de mitoyenneté et un retrait sur rue dégageant de belles surfaces jardinées devant la belle façade du pavillon. Une réglementation assez stricte du plan d occupation des sols et des cahiers des charges de lotissement a permis de maintenir un paysage extérieur largement dominé par la végétation, celle des propriétés elles-même qui se conjugue aux arbres d alignements et d ornements généreusement plantés sur les rues et les chemins publics. La grande homogénéité des constructions, de volumes, de toitures et de couleur des matériaux, permet l expression d un calme et d une plénitude dans l atmosphère de ce quartier neuf du village entourant le vieux cimetière et dominé par la silhouette du clocher de l église. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 36
33 I. DIAGNOSTIC - PHASES I-II - COMPRÉHENSION DU PAYSAGE D INSCRIPTION DU VILLAGE / ANALYSE DES ÉVOLUTIONS DU TISSU ET LECTURE DES PAYSAGES BÂTIS PLANS 0 les lotissements 100 m L ensemble ici appelé les lotissements peut être décomposé en cinq opérations d habitat pavillonnaire survenues sur une période assez courte et augmentant considérablement (environ les deux tiers) le nombre antérieur des habitations du village. Par leur situation concentrée sur le relief au nord de la commune, à l écart des principaux axes de circulation, et bien qu ils reproduisent des modèles totalement importés, les lotissements de Mortefontaine apparaissent très intégrés du point de vue d une approche extérieure. Le caractère privatif et exclusif des voies qui les desservent contribue à les rendre extrêmement discrets dans la perception du paysage communal. Leur relative ancienneté et l adossement au boisement qui environne le domaine de la Grange les fait aujourd hui apparaître généreusement plantés. Bien que les parcelles et les constructions qui les composent soit d une catégorie plutôt supérieure à la moyenne du JHQUH LO V DJLW G RSpUDWLRQV DVVH] RUGLQDLUHV EpQpÀFLDQW d un cadre valorisant. Par ailleurs, une structure originale de chemins piétons et FHUWDLQHV ÀJXUHV GH OLDLVRQV FRPPXQHV SODFH HW FKHPLQ j l arrière du cimetière entre 1 et 2), compensent le principe d indépendance qui les régie à la base. À la différence des autres, l opération n 1, manifeste une TXDOLWp GH WUDLWHPHQW GX SURÀO GH YRLULH TXL YD DX GHOj des dispositions pratiques habituelles (gabarit minimum de voie pour réduire les parties communes). Ici, des platesbandes engazonnées et plantées d alignements d arbres agrémentent les parcours (avenue du Nautonnier). La hiérarchie qui se dégage de l aménagement nuancé des voies, facilite aussi le repérage (souvent médiocre dans les ORWLVVHPHQWV (QÀQ O DFWLYLWp GHV SpSLQLqUHV YRLVLQHV VH traduit dans une composition particulière des alignements d arbres (même essence deux à deux) qui, là encore, atténue le sentiment de banalité habituellement ressenti dans les opérations de ce type. En résumé, on peut dire que si les opérations de lotissements n ont pas augmenté la valeur patrimoniale de Mortefontaine, elles n ont pas non plus et ce malgré leur relative étendue, porté atteinte aux paysages exceptionnels de la commune. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 37
34 I. DIAGNOSTIC - PHASES I-II - COMPRÉHENSION DU PAYSAGE D INSCRIPTION DU VILLAGE / ANALYSE DES ÉVOLUTIONS DU TISSU ET LECTURE DES PAYSAGES BÂTIS 0 LOTISSEMENT n m surface totale : m2 dont voies et chemins :... (20%) m2 nombre de lots : parcelle la plus petite : m2 parcelle la plus grande : m2 surface parcellaire théorique moyenne : m2 nombre de logements à l hectare :... 7,35 Avenue du Nautonnier 0 LOTISSEMENT n m surface totale : m2 dont voies et chemins :... (17%) m2 nombre de lots : lots hors maillage (2 de m2, 1 de 5 400m2) parcelle la plus petite : m2 parcelle la plus grande : m2 surface parcellaire théorique moyenne : m2 nombre de logements à l hectare :... 10,83 Rue des Vignes Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 38
35 I. DIAGNOSTIC - PHASES I-II - COMPRÉHENSION DU PAYSAGE D INSCRIPTION DU VILLAGE / ANALYSE DES ÉVOLUTIONS DU TISSU ET LECTURE DES PAYSAGES BÂTIS m surface totale : m2 dont voies et chemins :... (20%) m2 nombre de lots : parcelle la plus petite : m2 parcelle la plus grande : m2 surface parcellaire théorique moyenne : m2 nombre de logements à l hectare : Rue du Verger 0 LOTISSEMENT n m surface totale : m2 dont voies et chemins :... (13%) m2 nombre de lots : lots hors maillage (900 m2, m2, 1 100m2) parcelle la plus petite : m2 parcelle la plus grande : m2 surface parcellaire théorique moyenne : m2 nombre de logements à l hectare :... 8,55 Allée de la Fontaine du Curé Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 39
36 0 100 m LOTISSEMENT n 5 surface totale : m2 dont voies et chemins :... (0%) 0 m2 nombre de lots :... 7 surface parcellaire : m2 nombre de logements à l hectare : Rue du Val m MONTABY surface totale : m2 dont voies et espaces publics :... (20%) m2 nombre d habitations : parcelle la plus petite : m2 parcelle la plus grande : m2 nombre de logements à l hectare :... 6,8 Place de Montaby Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 40
37 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.9 - Le village - rues et chemins Rue du Val Le village de Mortefontaine présente un choix varié de voies aux usages bien différents. La RD 922 qui passe devant le château est une route très fréquentée. Elle est utilisée aussi bien par des poids lourds, les cars de l institut St Dominique ou par des riverains qui habitent le long de cette rue. La rue Corot, la rue du Val et la rue de l Église sont les rues originelles du village. Assez étroites, elles sont faiblement circulées et elles le sont essentiellement par les villageois. Les dessertes pavillonnaires sont des voies en impasse qui ne sont empruntées que par des riverains. Ces voies sont doublées par des chemins piétons. Des chemins forestiers ou ruraux ont été conservés lors du dessin du lotissement et permettent de relier le village à l extérieur et de circuler entre lotissements. Cette forme est devenue une particularité de Mortefontaine. Cependant, ces sentiers entre deux arrières de parcelles sont parfois envahis par les thuyas non taillés. Le chemin se ressert et le passage devient bien moins agréable voire étouffant. Il ne faudrait pas laisser ces sentiers plantés ou seulement enherbés disparaître sous la végétation voisine. C est pourquoi il serait intéressant de mettre en valeur le réseaux de sentiers dans son ensemble et non au cas par cas. Impasse Watteau Avenue du Nautonier Depuis l allée de la Tournelle Depuis l impasse Vallière Le long du cimetière Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 41
38 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.10 - La fontaine e siècle grâce à l attention de Monsieur Louis Le Peletier, «ami des humbles et réputé pour sa générosité». Ces travaux Petit Parc, vers Jusqu alors, l eau du village n était distribuée que par des puits ; elle était de qualité médiocre. Monsieur de Mortefontaine, entreprenant d importants travaux d adduction des eaux depuis la de canaux couverts une petite rivière serpentant dans le jardin du Petit Parc, avec de petits lacs, une cascade et une cataracte, se préoccupa également d améliorer les conditions de vie des villageois. La physionomie de cette fontaine a vraisemblablement beaucoup évoluée depuis sa création ; le plan de Le aucun dessin particulier. Le plan d Intendance de 1789, conservé aux archives départementales, ne reproduit pas non plus la forme remarquable en exèdre ; on remarque également que le chemin n a pas encore été redressé. Un document représentant un «plan des travaux à faire an 1845 pour la commune», conservé également aux archives départementales, montre un projet d un bassin en forme d auge ou de baignoire, installé au fond d une niche concave opérée dans la clôture, apparemment de 4 mètres de large pour 1,50 mètre de profondeur. La disposition en plan montre bien que cette fontaine fut réalisée sur le terrain privé du propriétaire du château de Mortefontaine et offert à la commune. Mais il n y a aucun trait de ressemblance avec la fontaine que nous connaissons aujourd hui. Il faut donc considérer que la fontaine actuelle date de la deuxième moitié du XIXX e siècle. Une généreuse réhabilitation en a également transformé l aspect en éliminant un bossage appuyé, en supprimant les joints verticaux et en ajoutant un fronton cintré, tel que le montre la comparaison avec deux cartes postales du début du XXX e siècle. On regrettera aussi la perte du bas-relief qui représentait une scène des dieux de la mer, Neptune et Amphitrite. Mais la transformation principale est de constater que cette fontaine est devenue morte. Un retour à la toponymie, en quelque sorte. Le clapotement des eaux vives est remplacé par les trépidations de l intense circulation automobile. Seule la plaque apposée évoque encore aux passants sa généreuse origine. La légende que l on peut lire sur le plan conservé au archives departementales de l Oise est ainsi rédigée: «Mortefontaine, plan des travaux à faire an 1845 pour la commune. L échelle de proportion pour le plan d élévation est de 10 centimètres pour mètre et le plan de parterre est de 5 centimètres pour mètre. Fait par moi Perpette Godin, entrepreneur à Chantilly 1845» DES BORDS FLEURIS OU J AIMOIS A REPANDRE LE PLUS PUR CRISTAL DE MES EAUX, PASSANT, JE VIENS ICI ME RENDRE AUX DÉSIRS, AUX BESOINS DE L HOMME ET DES TROUPEAUX EN PUISANT LES TRÉSORS DE MON URNE FÉCONDE SONGE QUE TU LES DOIS À DES SOINS BIENFAISANTS PUISSAI - JE N ABBREUVER DU TRIBUT DE MON ONDE QUE DES MORTELS PAISIBLES ET CONTENS Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 42
39 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.11 - Une église dans le paysage «vue de la maison des eaux de Mortefontaine» Si les gravures et estampes anciennes du Petit Parc et du Grand Parc sont nombreuses, les vues du village ancien semblent plus rares. La gravure réalisée ici par Guérard, quelques impressions existantes. Mais le dessinateur a inventé la vue qu il nous propose. En effet, si le premier plan représente bien le carrefour de la rue de l Église avec la rue de Plailly et de Thiers (on reconnaîtra aisément des bâtiments d angle), il est tout à fait inconcevable de voir ainsi l église émerger dans cet axe de vision. L artiste s est livré assurément à un montage romantique du paysage du village. Néanmoins, l atmosphère reste assez proche de ce que l on peut percevoir aujourd hui depuis les terrains situés sur le coteau, face à l église, depuis le territoire de la commune de Plailly descendant en pente douce. Le spectacle conjugue toujours aujourd hui le cubisme des volumes des constructions coiffées de tuiles rouges et la dentelle échevelée des arbres. Cette intéressante qualité paysagère doit être un élément Charles-Jean Guérard (1790-?), publié par GEMOB. Cette vue est vraisemblablement extraite de l ouvrage lithographique «Promenades ou vues de Mortefontaine, d Ermenonvlle, de Trianon, de Chantilly» Charles-Jean Guérard peignit également en 1823 deux tableaux autrefois propriété du baron Jean-George Schikler, locataire du chateau. «vue prise à l entrée du Grand Parc de Mortefontaine» et «vue de la maison des eaux de Mortefontaine»(vendu par Sotheby s Paris, le 19 juin 2006) reproduit ci-contre Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 43
40 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.12 - La pépinière du Petit Parc Le Petit Parc est aujourd hui morcelé en différentes propriétés. L espace central appartenant au château est inscrit sur l inventaire supplémentaire des monuments historiques. L espace occupé par les sœurs et le lycée ainsi que l extrémité sud, rajoutée ultérieurement pour prolonger la perspective vers Montmélian, ne sont pas compris dans ce périmètre. Ils sont pourtant encore cernés par le même mur d enceinte. Il reste peu de choses du Petit Parc du XVII e siècle, l organisation des chemins et des espaces s est effacée. La rivière a disparu même s il reste une marque sur le cadastre. Il reste çà et là de beaux arbres datant du début de ce parc. Le chemin bordé de marronniers qui menait au temple à l extrémité du Petit Parc est aussi un vestige de l ancien dessin. GED , BN Evolutions du Petit Parc et motifs récurrents Zone inscrite sur l inventaire supplémentaire des monuments historiques, en 2003 Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 4
41 Une pépinière s est installée dans la partie sud du Petit Parc, s affranchissant du dessin général, une nouvelle trame à été importée. Cette pépinière n est plus réellement entretenue, les arbres n ont pas été transplantés et poussent maintenant trop densément. Cependant certains sujets sont devenus intéressants et une étude plus approfondie devra déterminer les sujets à conserver lors de la conversion de cette pépinière. Un terrain de tennis est venu s implanter dans l espace ouvert qu il restait. Il est totalement rapporté et déprécie le paysage formé par un grand bouquet de pins au milieu des herbes hautes Dans les allées de la pépinière Relevé sommaire des espèces de la pépinière Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 45
42 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.13 - Extrait du cadastre napoléonien Montaby est aujourd hui une forme de hameau moderne pour le village de Mortefontaine. Les tracés originels, repérables sur la cartographie dès le XVIII e siècle, restent l essentiel de l ossature et du maillage de ce quartier ancien devenu principalement moderne depuis les 40 dernières années, à travers la réalisation progressive d une cinquantaine d habitations, venant s ajouter aux restes éparpillés d une petite dizaine d anciennes maisons e et du début du XIXX e siècle. Au maillage ancien, seule une nouvelle desserte en raquette a été créée pour desservir une quinzaine de pavillons. L unité de la composition du hameau s est élaborée principalement à travers une volumétrie simple et néo-rurale des maisons nouvelles dotées de toitures à deux pentes à 45, uniformément couvertes de tuiles plates de couleur rouge. C est principalement aujourd hui sur les restes de bâti ancien qu un effort de la commune devrait parfois fragile. Mais on peut observer que de récentes mutations de propriété ont permis un investissement dans la restauration de ce petit patrimoine ordinaire. la petite maison rurale ouvrant ses divers bâtiments d habitation et d exploitation sur une cour de ferme et le pavillon installé en retrait de la rue et sans mitoyenneté, avec jardin «de représentation» sur le devant de la façade principale et jardin «de loisirs et d ornements» à l arrière de la parcelle. Mais il n existe pas d antagonisme entre ces deux familles, puisque l unité de l ensemble est assumée par la similitude de la volumétrie et des matériaux de toitures. Allée du Bois Extrait de la carte de la capitainerie d Halatte 1711 Allée du Bois Allée de la Venerie Extrait de la carte topographique des environs de Chantilly 1725 Extrait de la carte de la forêt d Ermenonville 1743 Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 46
43 Ce qui reste aujourd hui le plus plaisant dans le paysage de ce hameau est l élargissement de l espace public, permettant de développer de vastes pelouses engazonnées où se sont développés quelques beaux arbres d essences locales ou d ornements, manifestant ainsi l attachement du hameau à l embellissement de la commune par le travail des jardiniers et des pépiniéristes. On remarquera également que la nouvelle voie de desserte en raquette s achève autour d un très bel arbre. Le puits localisé sur le plan abribus pour les cars de ramassage scolaire, au débouché de la voie nouvelle. Cet aménagement aujourd hui un peu trop sommaire mériterait peut-être un peu plus d attention en cet endroit stratégique du centre du hameau. Détail de la place de Montaby avec puits Le Plan Général d Alignement fut établi en 1844 à Mortefontaine par le préfet de l Oise, bien après que ces derniers fussent requis pour les routes de toutes les communes de l Empire Français. Ce document, conservé aux archives départementales (cote 3Op 12760), présente en rose les parties du domaine public pouvant être cédées aux riverains. Vraisemblablement, aucun des propriétaires de Montaby ne souhaita étendre sa propriété de quelques mètres carrés en devanture. Ainsi, l espace public d aujourd hui reste comme il fut aux origines du hameau, offrant un élargissement toujours utile à la respiration et aux usages publics des lieux. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 47
44 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.14 - L agglomération et ses limites limite du village vers Plailly le collège à travers les pépinières Chantrier les pépinières Chantrier La forme et les limites du village sont le résultat des extensions successives de l agglomération au cours de de la politique de constitution des grands domaines (voir page 19). Le bâti antérieur aux années 60 s égraine, entre le château et l église, le long des voies principales et en s est développé de façon autonome sur le relief au nord en entourant le cimetière. Depuis l extérieur, cette dernière forme, qui apparaît habituellement découverte à la périphérie des agglomérations, reste ici très discrète dans la perception que l on a des limites du village. Bien que le caractère propre de chaque propriété soit très ordinaire, la situation et la faible densité relativement à des plantations et boisements conséquents et parfois anciens, rendent presque imperceptibles l impact du plus important ensemble d habitations du village (soit une centaine de maisons ou les deux tiers du tout) dans le paysage environnant. Par ailleurs les développements de ce quartier pavillonnaire semblent aujourd hui circonscrits et la question de son image à l avenir ne devrait pas poser de problème. Un projet des années 70 (voir p.102) proposait une extension à l ouest, vers la crête de Chaout et le Val de la Croix. S il s agit, ici, du territoire de Plailly, il est surtout question de l agglomération du village de Mortefontaine. Un tel développement paraît, aujourd hui, peu souhaitable à court ou moyen terme, étant donné son avancée vers les Quant au Val de la Croix, il est indispensable d en conserver le caractère non-bâti pour des raisons d hydrographie et de cohérence paysagère. La question la plus intéressante en matière d évolution des limites du village reste celle de l intérêt d un développement sur les terrains concédés à Plailly au début du XIXX e siècle. Depuis cette époque, l extension du village sur les parcelles naturellement les mieux situées par rapport à la structure appartenance à la commune voisine qui peut avoir des objectifs très différents. D une part, on peut constater que cette situation qui dure depuis deux cents ans a permis de préserver la façade sudouest du village en lui conservant une vocation agricole et, jusqu au plus près du cœur, les aspects attrayants de la pépinière Chantrier. Ainsi, c est le spectacle des cultures qui permettent d aborder l entrée du village avec une qualité de paysage certaine (bien que le local commercial contredise en partie cette appréciation, notamment par son implantation frontale quand on vient de Plailly). D autre part, certains des espaces concernés traduisent la désaffection et un apparent déclin des cultures dont l image peut s avérer dégradante à plus ou moins long terme. Aujourd hui, il semble opportun de reconsidérer le potentiel en matière de patrimoine végétal offert par les vestiges de la pépinière (à évaluer) et la capacité du site à accueillir des constructions nouvelles. lieu et la structure qu il nous laisse : limite du chemin s apparentant à une séquence de tour de ville ; organisation du parcellaire et des carrés de la pépinière ; frange plantée ; présence ponctuelle de sujets emblématiques ; ouverture visuelle jusqu au cœur du village. Dans cette situation, l organisation des bâtiments de la grande ferme récemment reconvertis en logements indifférente au devenir du secteur. Sa structure doit apparaître comme un modèle possible ou, au moins, une référence pour les opérations qui pourraient advenir au nord ou au sud. Étant donné l évolution du rapport de perspective entre le château de Mortefontaine et la butte de Montmélian, un retour aux unités territoriales d avant le XIXX e siècle permettrait, sans aucun doute, le développement plus harmonieux de l agglomération communale. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 48
45 III LA PHYSIONOMIE DE LA COMMUNE - L AGGLOMÉRATION III.15 - Des espaces de développement pour l agglomération Place de l église Devant la mairie Les terrains disponibles pour de nouvelles constructions sont rares à Mortefontaine. D une part, l unité des grands domaines et l emprise d une composition paysagère exceptionnelle étendue à la totalité du territoire communal et, d autre part la position particulière de la limite intercommunale avec Plailly, réduisent les espaces d une urbanisation acceptable en termes de développement harmonieux du paysage. En effet, l incursion du territoire de Plailly au cœur du village de Mortefontaine se traduit, aujourd hui par l existence de «poches» où l agglomération pourrait se développer sans dommage pour la qualité du site. C est le cas en face du cimetière sur des terrains appartenant aux deux communes et actuellement couverts en partie de sapins, mais aussi en face de la mairie sur les terrains de la pépinière Chantrier (si la diminution de l activité de champs. Dans un cas comme dans l autre, les opérations de construction devraient être assorties d un projet de façade végétale vis-à-vis de l espace agricole. Par ailleurs, et toujours dans ce secteur, le terrain de la partie de la ferme encore en activité présente, par sa situation centrale et la proximité de l ensemble église - salle polyvalente, un potentiel indéniable en matière de construction et d espaces publics. L intérêt d une intervention à cet endroit pourrait notamment avoir comme l église. logements dans le périmètre de la pépinière du Petit Parc du château (à la suite de plusieurs esquisses), n est pas à exclure systématiquement, même si l unité du domaine et de l emprise historique du parc seraient alors perdues. Néanmoins, pour éviter cette transformation irréversible, la recherche d une solution à l extérieur du parc, le long du chemin mérite aussi d être explorée. On peut d ores et déjà noter qu étant donné : la présence de sujets anciens (vestiges du parc) ; la structure de la pépinière (le dessin des carrés) ; et l intérêt de nombreux sujets remarquables; tout projet s implantant sur le site de la pépinière du château devrait en respecter les composantes actuelles Quant au hameau de Montaby, sa structure laisse aujourd hui une forme inachevée et une façade d ensemble peu qualitative au regard de l environnement boisé. Le souhait de ne pas y accepter de nouvelles constructions laisse pendante la question de son inscription paysagère qui reste à étudier, notamment en vis-à-vis du Bois de Nerval. On pourra s en tenir ici, et selon la formule choisie par les créateurs de jardins du XVIII e siècle, à réaliser un «hameau orné». Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 49
46 IV ANNEXES - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE D. Joseph-François, architecte (mandataire) + C. Leblanc, paysagiste et A. Vénacque, architecte Parc Naturel Régional Oise Pays de France 51
47 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.1 - Les grands hommes de Mortefontaine Louis Le Peletier ( ) Joseph Bonaparte ( ) Antoine Agénor, duc de Gramont ( ) Trois hommes se partagent le privilège d avoir embelli la demeure et façonné le paysage des jardins et du parc de Mortefontaine. Tout d abord la famille Le Peletier, propriétaire par succession du domaine de Mortefontaine depuis les débuts du XVII e siècle. Claude Le Peletier ( ), puis Louis Le Peletier ( ), Jacques-Louis Le du nom ( ), héritier de cette famille de magistrats parisiens qui entrepris de grands travaux d embellissement des bâtiments et des jardins à partir de décembre La tourmente révolutionnaire sonna le glas de ce lignage. Vendu en 1790, le domaine se retrouva, le 20 octobre 1798, à l audience des criées du tribunal civil de la Seine. Joseph Bonaparte, frère aîné du Premier Consul, s en porta acquéreur pour francs comptants plus de 5 000F de rente viagère. Pendant les années furent entrepris d importants travaux d aménagement, décors intérieurs et mobiliers du château, avec agrandissement du parc, plantations et constructions nouvelles. Une nouvelle époque de mutation s ouvrit le 6 janvier 1892 par la cession du Grand Parc de Mortefontaine, pour un montant de 3 millions de francs, à Antoine Agénor, duc de Gramont ( ), époux de Marguerite Alexandrine de Rothschild. Depuis cette date, le domaine est divisé ; Grand Parc et Petit Parc deviennent des propriétés séparées. Un nouveau 1894 dans un goût inspiré des châteaux du Val de Loire, entre silhouette gothique et composition d ornements Renaissance. Installé sur un tertre culminant le paysage au-dessus des étangs, en face de l île Molton, il s ouvre sur un vaste paysage avec en fond de perspective les tours de la cathédrale de Senlis. La vocation du domaine se poursuit alors fastueusement entre fêtes et chasses à courre. Trois périodes se révèlent essentielles pour la constitution du domaine : pour le premier château et le Petit Parc, pour le Grand Parc et pour le château de Vallière, soit une trentaine d années à travers trois siècles pour façonner un domaine d exception ayant porté haut et fort sa vocation à l invitation aux plaisirs de la nature et de l esprit, mémoire d un site renfermé aujourd hui derrière les grilles de propriétés privées. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 52
48 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.1 - Les grands hommes de Mortefontaine a. Les travaux et la vie de château au temps de Louis II Le Peletier de Mortefontaine Plan général des jardins et environs de Mortefontaine levé par Le Rouge, Ingénieur Géo. du Roi, en Novembre 1776 Louis II Le Peletier hérite du domaine en 1770 et décide aussitôt d y entreprendre de grandes transformations. Charpentiers, menuisiers, sculpteurs, marbriers, peintres, doreurs, serruriers, sculpteurs sur mobilier, etc. transforment les appartements du château. Il y réalise une «salle de comédie», petit théâtre intime doté de quelques banquettes, bancs et pupitres pour les musiciens et une scène adaptée pour accueillir des décors de paysages, de maisons rustiques ou de salons aristocratiques. M. de Mortefontaine préférait que l on y joue des comédies pieuses avec 48 étagères pour disposer coquillages et minéraux. On installe également un cabinet de fumigation, et la chapelle est garnie de trois grands tableaux représentant des sujets de dévotion. M. de Mortefontaine a des amis : Mme Vigée-Lebrun et son frère, le peintre Hubert Robert, grand spécialiste de l art des jardins, l abbé Delille, l architecte Brongniart sont parmi les esprits de qualité qui fréquentent le domaine. Cette aristocratie éclairée à la veille de la Révolution discute découvertes de la science et aux progrès de la philosophie. Le Peletier entreprit la transformation du Petit Parc pour créer un grand jardin pittoresque à la mode anglo-chinoise, sur le même modèle que celui emprunté à Ermenonville par son voisin le marquis de Girardin. Naturellement, Louis Le Peletier appartient aux loges maçonniques : il est membre de la loge «les neuf sœurs» comme son ami Hubert Robert. On pourra donc lire dans son parc, à travers l entrelacs des allées et la profusion des fabriques, des kiosques et des monuments, une suite de références aux lieux et jardin d Éden devient une sorte de rébus fonctionnant par allégorie de l œuvre à l idée ; les fabriques ne sont que des étapes qui accompagnent le visiteur sur les chemins de la vérité, dont l essence se trouve dans la contemplation de la nature. Les allées du parc, bien que vouées à l embellissement du domaine, sont également gérées pour être exploitées : «En novembre 1771, la vente de l ensemble des bordures de deux contre-allées de la futaie dans toute la longueur du parc, tant en grands arbres que charmilles, rapporte livres. En 1774 à la vente des ormes de l avenue de Plailly à Mortefontaine s élève à 6000 livres et en 1780, celle des pommes et poires des avenues de Plailly, à 1240 livres» (bulletin du G.E.M.O.B., page 17). Il faut également observer sur les côtés du plan du Petit Parc, la présence de parcelles réservées aux arbres en pépinière, au potager et aux maisons des personnes attachées à l exploitation du domaine. Le plan du château et du Petit Parc établi en 1776 par Le Rouge, ingénieur du roi, et le plan sans date conservé aux archives nationales (GE C9606), estimé vers 1780, jardin anglo-chinois de M. Le Peletier, et de ses premières évolutions. Le château, symétrique pour son corps de logis principal, est bien installé au fond d une cour d honneur bordée pour partie par les bâtiments des communs de la basse cour et complétée par une double haie d arbres. Depuis le chemin de Paris à Ermenonville, on accède à la cour par une grille en forme d hémicycle. Le jardin du Petit Parc est divisé en une vaste pelouse centrale avec une pièce d eau source d un ruisseau qui serpente vers l est à travers une prairie vers une «dormeuse cascade». lesquels circulent de sinueuses allées. Au-delà de l écran des bosquets se maintiennent des parcelles d exploitation ordinaire : le potager, une pépinière de fruitiers, une futaie conservée et un enclos dans lequel est érigé un pavillon audessus d une glacière. La glacière reste aujourd hui sous un monticule de terres. Le pavillon a disparu (voir p 82). La perspective du jardin se termine par une nouvelle forme d hémicycle. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 53
49 Le plan des années 1780 montre quelques améliorations nouvelle de bâtiments, des plantations complémentaires de bosquets pour achever la clôture de la plaine centrale, des et le serpentin du ruisseau, la transformation de la futaie en une suite de bosquets à l anglaise, des aménagements nouveaux à l est pour la petite vallée, à l ouest autour de la glacière, et au sud des plantations et la construction d un pavillon en forme de temple antique à trois travées pour compléter la perspective principale. Tous ces aménagements montrent l amélioration progressive du projet. Mais il est une autre singularité : l expression de l échelle du plan selon un module de 6 toises multiplié par 7, soit 42 toises (une toise vaut environ 2 mètres). Ces mesures semblent être des éléments déterminant de la composition du château : six toises d épaisseur pour 30 de long pour le corps de logis principal, 48 toises de largeur pour chacune des 4 bandes qui divisent le parc et 18 toises pour les bosquets, toutes dimensions bien évidemment de la géométrie du parcellaire. Parc de Mortefontaine vers 1780 BN département des cartes et plans Bnf Richelieu cote GEC-9606 Les travaux d aménagement ne se limitent pas au Petit Parc ; le Grand Parc est également l objet d une campagne d embellissement, bien que la nature s y soit montrée plus généreuse par des amoncellements de rochers, des lacs et des chutes d eau naturellement créés par le cours chaotique de la rivière de la Thève. Quelques fabriques, l aménagement d anciennes tours, des canaux pour faciliter de longues promenades sur des barques en forme de gondole peintes en gris et jaune. Mme Vigée-Lebrun reconnaît d ailleurs préférer «cette partie pittoresque du parc qui n est pas arrangé à l anglaise où se trouve un grand lac, de l avis des artistes elle tient un premier rang dans son genre. À l époque où je vous parle, monsieur de Mortefontaine l avait embellie en y creusant des canaux sur lesquels nous nous promenions en bateau. Le lac, qui n avait pas encore une si grande étendue, était entrecoupé également planter beaucoup d arbres d essences nouvelles dans cette région : pins, thuyas, cyprès, mélèzes dont il ne put suivre la maturité de leur croissance, lorsqu il choisi opportunément de le vendre en 1790 pour sauver sa fortune et sa tête. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 54
50 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.1 - Les grands hommes de Mortefontaine b. Les travaux et la vie de château de Joseph Bonaparte à Mortefontaine Pendant les années révolutionnaires, le château fut laissé à l abandon après la condamnation à mort en 1794 de son épisodique propriétaire, Joseph Duruey, qui avait acquis la propriété des terres, des bâtiments et du mobilier en 1790 auprès de Louis Le Peletier. En 1798, sa veuve met aux enchères le château (vide de son mobilier) et les terres de Mortefontaine, soit 274 ha de prés, 295 ha de terres, bois et friches, de deux moulins, un hameau de 8 maisons, plusieurs étangs poissonneux et bien entendus le château avec son Petit Parc et son Grand Parc avec fabriques, potagers, pépinières et dépendances. Le bien est adjugé F comptant plus F de rente viagère à Joseph Bonaparte. Joseph Bonaparte va y entreprendre de premiers travaux, les fragiles bâtiments du parc, kiosques et fabriques, de curer les étangs et les cours d eau, de défricher les sousbois envahis par les herbes et la futaie, d effectuer des plantations nouvelles de chênes, de bouleaux, de hêtres, de charmes. La transformation essentielle de cette première période de travaux fut la réalisation du grand bâtiment de l orangerie, attenante à une aile du château «sans laquelle ce dernier, de proportion intérieure bourgeoise, n eut jamais permis au prince de faire face aux nécessités de place pour ses tableaux, plus encore à l ampleur demandée par les réceptions nombreuses» (GEMOB p.52). Du côté de l orangerie se trouvent la volière, vastes colonnades en hémicycle à pilastres de bois, et le théâtre, ancienne salle de comédie de M. Le Peletier refaite et modernisée, dont le fond de scène s ouvre entièrement pour laisser entrer la perspective des arbres du parc. Plan du domaine de Mortefontaine par Vergnaud,1839 BNF Richelieu cote GED-6575 La période principale de grands travaux commence l année 1808, sous la direction de Jacques Cellerier, architecte renommé sous l Empire, élève de Blondel, pensionnaire du roi à Rome, puis auteur de nombreux théâtres et hôtels particuliers parisiens et du spectaculaire projet de fontaine de l éléphant pour la place de la Bastille. Jacques Cellerier engage en 1808 près de livres de travaux, mais les revenus du domaine ont rapporté la même année près de livres. Au-delà de la poursuite de l aménagement intérieur du château, parquet en bois de chêne et à point de Hongrie, salle de bains, aménagement du soubassement Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 5
51 à «usage de cave calorifère», transformation des appartements et aménagements d une chapelle, c est principalement sur le dessin et l aménagement de deux parcs que Joseph Bonaparte apporta une contribution majeure, tout en agrandissant le domaine par de nombreux contrôler la grande perspective du Petit Parc. Gravures de Franscesco Piranesi et gouache de L. Moreau Vue du lac de Mortefontaine Mais cela sera principalement dans les travaux d aménagement du Grand Parc que Joseph Bonaparte laisse sa marque la plus profonde dans l histoire du paysage de Mortefontaine. Tout d abord, il fait creuser un souterrain domaine ; en 1806, il fait creuser un canal d une douzaine de mètres de large pour créer l île Molton ; un autre canal fait communiquer le grand lac de l Épine avec celui de Vallière ; barques et bateaux y naviguent pour le plus grand plaisir des invités ; il ajoute quelques fabriques comme la cabane du pêcheur et le pavillon de Vallière, construit la ferme de La Grange, aménage les bains de Diane. Cette nature apprivoisée et embellie devint une référence pour l aristocratie européenne : à Mortefontaine, lacs, rochers, arbres d ornement et essences rustiques se conjuguent avec les éboulements naturels de rochers et les eaux de la Thève pour présenter le plus beau tableau paysager. «J ai vu Mortefontaine lorsque la reine y était, rien ne m a paru plus beau que ce séjour. À cette époque le revenu entier de la Terre, s élevant à F, restait entier dans le pays; on employait un nombre immense de bras à l entretien du parc et à celui des eaux superbes, sur lesquels il était impossible de trouver une mauvaise herbe. Ils ont été qui régnaient dans ce beau milieu, que l on attendait les maîtres, après une longue absence. Les étrangers avaient la permission de se promener partout ; des guides polis se chargeaient de les conduire dans les endroits les plus remarquables ; souvent la reine leur envoyait des fruits; pénétré de tout ce qu on apprenait de Sa Majesté, et ravi de l aisance qui se voyait dans le village, dont les maisons semblaient habitées par des bourgeois aisés plutôt que par de simples paysans» (mémoire sur l impératrice Joséphine par Georgette Ducrest, juillet 1855, cité par le GEMOB, pages 60-62). Vue générale Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 56
52 L EXTENSION DU PETIT PARC Dès le mois de janvier 1800, Joseph Bonaparte s était attaché à faire nettoyer et restaurer les allées, les bosquets et les fabriques du Petit Parc. Un marché fut conclu avec un habitant du village, Antoine-Denis Lefèvre (dont la tombe l entretien ordinaire, réaliser les semis, fournir les plants et cultiver des melons pour l approvisionnement du château. Mais c est surtout en ajoutant à son domaine les terres de la butte de Montmélian, soit 78ha, et une parcelle de 2ha contiguë au Petit Parc, que Joseph Bonaparte va apporter Selon l image que nous a laissée Vergnaud, dans son traité des jardins de 1820, l extension a été réalisée dans une grande continuité avec les tracés du paysage hérité : la grande prairie centrale se prolonge, ponctuée de quelques beaux sujets, bordée le long des limites latérales par des bosquets, tandis qu un temple d esprit néo-palladien est construit pour ponctuer l axe de perspective à la limite du domaine, avec une toiture couronnée dans le lointain par l arrière-plan de la forêt qui s attache aux pentes de la butte de Montmélian. État comparatif du Petit Parc entre 1780 et 1834 BN département des cartes et plans cote GEC-9606 Plan extrait du «traité des jardins» par Vergnaud, 1839 BNF cote GED 6575 Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 57
53 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.1 - Les grands hommes de Mortefontaine c. Les travaux et la vie de château des ducs de Gramont Le château de Vallière (photo Christophe Montet) Le château de Vallière (photo Christian Cosson) Agénor de Gramont portrait par Philip de Laszolo, 1902 Le château et le domaine de Mortefontaine ont traversé le XIXX e siècle à travers de multiples propriétaires ou locataires successifs. Ils furent tout d abord prestigieux comme le banquier Nicolas Clary, beau-frère de Joseph Bonaparte, le baron autrichien Jean-Georg Schickler ou le prince de Condé qui se rend propriétaire des lieux en juillet Fervent amateur de chasse à courre, le château devient le rendez-vous de tous les aristocrates qui se plaisent aux sports équestres et à la poursuite des nombreux sangliers, cerfs et daims présents dans les bois de Mortefontaine et les forêts d Ermenonville et de Chantilly. La chasse, la forêt et le gibier sont les uniques éléments d attention pour le prince de Condé, propriétaire du château de Chantilly. Il délaisse le château de Mortefontaine ; les lacs et les étangs s envasent ; les fabriques du parc se détériorent, hormis le pavillon de Vallière que le prince affectionne et dans lequel il passe parfois la nuit. Après sa mort mystérieuse, le 27 août 1830, le château devient la propriété de sa maîtresse d origine anglaise, puis des héritiers qui conservent le domaine dans son intégrité jusqu au 6 janvier 1892, lorsqu ils décident de vendre les 1500 ha de terres du Grand Parc au duc Agénor de Gramont d y construire leur rêve d un grand château moderne et confortable derrière l apparence d une restitution d un château dans le goût de la Renaissance française. La construction du château démarre rapidement, dès Son apparence extérieure reste très conventionnelle, dans un registre éclectique qui associe des références de volumétrie gothique et médiévale à un décor de baies et de lucarnes, de cheminées et de toitures issues d une imagerie de la première renaissance française du Val de Loire. Par contre ses aménagements intérieurs seront résolument de la plus grande modernité, pour assurer le confort et satisfaire les usages de réception auxquels est l ordre d une trentaine de mètres, et également haut à son faîtage, surplombé par une forme de toiture en terrasse permettant d amener la lumière zénithale dans les vastes halls de réception. Ce volume important permet d abriter une chapelle, un théâtre et trente chambres pourvues du confort d une salle de bains avec WC. Le domaine comprenait également un chenil, une faisanderie, des serres d orchidées, un haras et de superbes écuries, puisque les activités essentielles de cette résidence était de permettre la chasse à courre et Agénor, pratiquait avec assiduité en compagnie de jeunes gens de bonne famille qui avaient quelques moyens et une passion commune pour la petite balle blanche. Sa circonstances de la création du golf de Mortefontaine, à l occasion de la manifestation commémorative des 80 ans du club, le samedi 6 octobre 2007 : «En 1896, Armand de Gramont découvre à Dieppe, un nouveau jeu, le golf. Enthousiaste, il fait la même année avec son jardinier un premier parcours de six trous, près du potager du château de Vallière que ses parents venaient de construire. Mais ce n est qu après avoir rencontré l architecte de golf Tom Simpson en Angleterre, alors qu il achetait des chevaux de polo, qu il demanda à ses parents Agénor et Marguerite l autorisation de créer un golf de neuf trous, sur l ancien terrain de polo : c est notre parcours de Vallière actuel. Le mercredi 15 octobre 1913, lors de son inauguration, Vallière fut le théâtre d un grand événement sportif. James Braid, cinq fois vainqueur de l open britannique y rencontrait Jean Gassiat, la jeune gloire montante du golf français et Arnaud Massy, seul joueur français à avoir remporté l Open britannique en C est dire que les ambitions du jeune duc étaient élevées!» Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 58
54 Ingénieur de talent, il avait à 25 ans développé un laboratoire de recherche optique à Levallois, le futur SOPELEM et créé l Institut d Optique de Paris. Il était également intéressé à l aérodynamique et à la résistance de l air qui seront l objet de sa thèse de doctorat. Il conçut pour s amuser une balle de golf «idéale» en 1925, dont le diamètre légèrement supérieur à celui en vogue à l époque fut bientôt adopté par les Américains. Son désir contrarié de faire les Beaux- Arts lui avait valu de s entourer d artistes comme Boldini et Laszlo et il entretint une amitié de 20 ans avec Marcel Recherche du Temps Perdu. C est alors que la première guerre mondiale avait eu ses effets et que son père, le duc de Gramont venait de mourir que - je cite «le luxe d un terrain de golf privé me parut excessif». Il fut alors décidé de créer un golf de 18 trous sur l ancienne garenne du domaine de Vallière pour fonder un club privé acceptant des membres choisis. La construction «Simpson avait de la conception des terrains de golf des idées originales ; il était paysagiste autant que sportif. Il se servait des accidents du terrain pour rendre le jeu amusant et varié mais il s arrangeait toujours pour que les obstacles nécessaires au jeu ne soient pas perceptibles aux promeneurs, en sorte que le parcours qu il organisait a été causée par l arrosage qui, étant donné le terrain sablonneux du parcours, devait être abondant. Les puits forés sur les indications des ingénieurs hydrauliciens ou de sourciers, nous donnèrent une eau de bonne qualité mais qui apporta l eau du lac de l Épine Nous n avons pas encore eu les moyens étant donné les dégâts produits par la dernière guerre d amener à Mortefontaine l eau de la Thève» (extrait du journal d Armand de Gramont). Le bâtiment du club-house fut réalisé par les soins de l architecte Charles Siclis ( ), qui s était illustré par la réalisation de nombreuses villas sur la Côte d Azur, au Pays Basque et des théâtres à Paris. Son écriture architecturale portée vers le régionalisme trouvera dans le programme du club house du golf de Mortefontaine un nouveau terrain pour son épanouissement. Les pins plantés sur les terres sablonneuses de la garenne de Charlepont par le paysagiste Tom Simpson, dans les années 20, ont aujourd hui complètement conquis le paysage du la raison. Seule subsiste l ancienne allée cavalière, large d une dizaine de mètres, bordée de part et d autre d un rang serré de platanes ; elle fut tracée entre 1711 et 1724 par le prince de Condé, pour aller plus commodément vers les terres de chasse à courre des forêts de Pontarmé et de Chantilly. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 59
55 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.2 - Les grandes heures de Mortefontaine Un paysage de peintres et d écrivains : Gérard de Nerval dit Gérard Labrunie ( ) Gérard de Nerval est né Gérard Labrunie le 22 mai 1808 à Paris et a été élevé par son grand-oncle maternel, Antoine Boucher à Mortefontaine. À partir de 1814, il vit avec son père à Paris, tout en retrouvant Mortefontaine l été, jusqu à la mort d Antoine Boucher en Il adopte le nom de Nerval, en souvenir du clos Nerval, proche de Mortefontaine et possédé depuis longtemps par sa famille. Il cite une seule fois dans «Promenades et Souvenirs» le nom de Mortefontaine : Mais il s est pourtant nourri des paysages et des ambiances de Mortefontaine pour écrire. Le voyage à Cythère, dans «Sylvie» s inspire sûrement de l île Molton et des souvenirs des fêtes données par Joseph Bonaparte. Pour Geneviève Mazel, lorsque Gérard de Nerval décrit dans «Aurélia» un de ses rêves dans un «petit parc», il s agit bien du Petit Parc de Mortefontaine, négligé après le départ aux États Unis de Joseph Bonaparte : «On y apercevait à peine la trace d anciennes allées qui l avaient jadis coupé en croix. La culture était négligée depuis de longues années et des plants épars de clématites, de houblon, de chèvrefeuille, de jasmin, de lierre, d aristoloches, étendaient entre les arbres d une croissance vigoureuse, leurs longues traînées de lianes. Des branches pendaient jusqu à terre chargée de fruits et parmi les touffes d herbes sauvage.» j avais rencontré Adrienne devant le château n était me joindre aux chevaliers de l arc, prenant place dans la de peupliers et de tilleuls, au milieu de l un des étangs le choix avait été déterminé par l existence d un e millionnaires philosophes se sont inspirés dans leurs colonnes avaient succombé emportant dans leur chute une partie de l architrave ; mais on avait déblayé l intérieur de la salle, suspendu des guirlandes entre les le centre de la table, et chacun prit place, les plus lueurs du soleil, nous rattrapions au hasard les couronnes Gérard de Nerval ( ) 1853 «Embarquement pour Cythère» Jean-Antoine Watteau La traversée du lac avait été imaginée peut-être pour avait pris place sur les bancs, et cette gracieuse théorie aux rayons du soir avec ses halliers d épine, sa colonnade Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 60
56 «Le Batelier de Mortefontaine» Jean-Baptiste Corot Page extraite du recueil de Francis Carco, ed Émile-Paul Frères, 1946 IV.2 - Les grandes heures de Mortefontaine Un paysage de peintres et d écrivains : Jean-Baptiste Camille Corot ( ) Après un voyage en Italie, Jean-Baptiste Camille COROT parcourt les régions pittoresques de France pour y peindre essentiellement des paysages. les effets de lumière, les arbres. «Souvenir de Mortefontaine» est une composition réalisée en atelier après de nombreuses études en plein air. Le tableau réunit toutes les images qu il a de ce lieu. Le calme de la nature est évoqué dans une touche légère personnages cueillant rappellent l harmonie de l homme dans la nature, tout comme le batelier embarquant sur l étang. La poésie brumeuse de ces tableaux limite Mortefontaine à son chapelet d étangs et l écrin sauvage des landes qui les entourent est oublié. C est la nature mise en beauté du parc qui attire les artistes du XIXX e. Cette nature harmonieuse résonne encore dans les vers de Francis Carco ( ) un siècle plus tard. Il publie en 1946 un recueil de poèmes intitulé «Mortefontaine». «Souvenirs de Mortefontaine» Jean-Baptiste Corot Aux lumières voilées des paupières mi-closes La soie de l ombre glisse et comme une caresse Flammes interrompues des pleines transparences Comme brume de cendre au vent de la mémoire Pour inscrire le rêve au lieu du désespoir Aux orgues de ma vie tu murmures le temps Irises la lumière et portes mes élans Poème de couleur psaume de paysage Extrait d un poème du recueil «Les Orgues de Mortefontaine» édité en 1977 dans la collection «Club des poètes» Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 61
57 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.2 - Les grandes heures de Mortefontaine A CONVENTION DE MORTEFONTAINE, LE 30 SEPTEMBRE 1800 En 1799, France et États-Unis avaient des intérêts divergents sur la côte est des États- Unis. Une guerre maritime s y déroulait, fragilisant les avancées de ces deux jeunes traité de paix et d amitié avec les ministres plénipotentiaires du président John Adams. D avril à septembre 1800, les négociations aboutissent à la signature de la convention de Mortefontaine le 30 Septembre 1800, soit 27 articles qui précisent les conditions de navigation et les règles amicales qui existeront en mer et dans les ports entre les marines des États-Unis et de la France. Pour célébrer ce traité, le Premier Consul demanda à son frère de donner une grande fête en son domaine de Mortefontaine. Voici quelques extraits du récit que l on trouve dans les Mémoires du baron de Méneval, qui deviendra par la suite le secrétaire de Napoléon. «Pour célébrer l amitié retrouvée, une grande fête fut donnée à Mortefontaine deux jours plus tard. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte était là avec sa famille. Le Second et le Troisième Consul, les ministres, les présidents et plusieurs membres, du Conseil d État, du Sénat, de la Chambre des Députés et du Tribunal, ainsi que le Corps Diplomatique, étaient également présents. De nombreuses personnes qui avaient précédemment servi aux États-Unis se rencontrèrent à cette occasion. Monsieur de Lafayette et Monsieur de la Rochefoucauld- Liancourt avaient invité les Américains qui se trouvaient à Paris et ils servaient d interprètes à ceux d entre eux qui ne parlaient pas notre langue. Ce sont ces deux illustres personnages qui suggérèrent de placer en évidence des emblèmes et des devises rappelant les faits les plus glorieux de la guerre d indépendance américaine. deux jeunes sœurs du Premier Consul, Mesdames Leclerc (Pauline 20 ans) et Murat (Caroline 18 ans). La fête, extrêmement brillante fut parfaitement réussie. Mortefontaine était déjà à l époque un des endroits les plus splendides de France et la beauté des lieux contribua Un concert, dans lequel se produisirent Garat et les plus célèbres artistes de Paris, fut donné le premier jour. Le lendemain se déroula une grande chasse. Le soir il y eut un était orné d allégories célébrant l union des Républiques américaine et française, l eau, éclairée par des globes de couleur qui portaient les drapeaux entrelacés des États-Unis et de la France. Dazincourt, Melles Contat, Devienne et Meseraiy sur une scène aménagée dans le parc. En arrière on apercevait un petit bois éclairé de plusieurs feux qui lui donnaient un aspect féerique grâce à une judicieuse combinaison d ombres et de lumières. Entre les deux pièces, Garat, mademoiselle Contat et mademoiselle Devienne chantèrent des couplets faisant allusion au rétablissement des relations cordiales entre les deux États. La fête s acheva par un grand bal de plus de 1200 invités. Le Premier Consul et Madame Bonaparte se retirèrent à une heure du matin pour rentrer à Paris. C est à Mortefontaine que j ai vu Napoléon pour la première fois. Ce jour-là, rien ne se produisit qui aurait pu attirer son attention sur moi mais en le voyant, entouré d un prestige et d une grandeur qui inspiraient le plus profond respect à tous ceux qui l approchaient, je n aurais jamais pu imaginer que j allais, un jour de juin 1802, pénétrer dans le cercle de ses intimes et y demeurer plus de onze ans» Mme Geneviève Mazel, dans le bulletin du GEMOB p , donne des précisions complémentaires : «quatre jours avant la date prévue pour la signature de cette importante convention, Bonaparte s adresse à Jean-Étienne Despeaux, le grand organisateur des fêtes. Il le charge d organiser une réception somptueuse au château de Mortefontaine chez son frère Joseph. Il souhaite un grand dîner pour environ 200 personnes. Il veut un bal, un spectacle, un Despeaux juge cela parfaitement impossible, le temps qui lui est laissé est bien trop court. Il écrit au Premier Consul que l entreprise est irréalisable ; ce dernier lui répond : «tout doit être prêt comme je l ai demandé». Ce qui fut fait, mais quel travail! Tout d abord Despeaux s adresse à remettre en état le théâtre; en outre il lui demande l envoi de nombreux ouvriers, son aide aussi pour trouver 3 octobre 1800, le traité de Mortefontaine le mobilier nécessaire, pour recevoir et coucher tout le monde. Puis il rencontre des acteurs de la Comédie- Française : ils sont priés de venir «dimanche au château de Mortefontaine, vous y dînerez, souperez et donnerez ce que vous voudrez». Il fait de même avec les musiciens et réussi. Il faut disposer trois grandes tables dans l Orangerie, dans trois salles contiguës. La première est la «salle de l Union» ou de la réconciliation comme c est écrit en grandes lettres d or au-dessus de la porte, la deuxième et la troisième portent les noms de Washington et de Franklin. Les bustes de ces grands hommes y sont placés et leurs noms inscrits sur les écussons soutenus par des drapeaux des deux nations. Celui de Washington est dû à Houdon. Face aux ministres américains, on a disposé un cartouche représentant l océan ; dans le fond à droite Philadelphie, à gauche Brest et Le Havre. Au-dessus une la France vers l Amérique. Pour orner les murs, on utilise une grande quantité de feuillage. Dans le Petit Parc, près du pont qui enjambe la rivière, on élève un obélisque sur France et les États-Unis se jurant, sur l hôtel de la Liberté, Paix et Union.» Gravure de Piranesi, EST 1460 (pl6) Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 62
58 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.2 - Les grandes heures de Mortefontaine LES FIANÇAILLES DU DUC ARMAND DE GRAMONT, LE 14 JUILLET 1904 AU CHÂTEAU DE VALLI ÈRE et de la comtesse, célèbre pour avoir été un modèle de Marcel Proust dans «À la recherche du temps perdu». Armand de Gramont était lui-même ami de Proust qui le d Armand de Gramont son pastiche pour le personnage de Saint Loup dans «La Recherche du temps Perdu» il rappelait les grâces de ce galant comte de Guiche (ancêtre du duc de Gramont), qui avait été si initié dans les débuts du règne de Louis XIV (il faut lire dans cette évocation que ce duc était un libertin, favori de Philippe d Orléans, frère du Roi et amant de sa femme, Henriette d Angleterre). Il dominait et ses admirables découvertes (et Armand de Gramont fut un ingénieur de talent en optique et aérodynamique, fondateur de l Institut d Optique et Président de la Société française de Physique). Il avait des yeux admirables avec un regard qui, bien que personne n aimât autant que lui à se divertir, semblait percer au travers de sa prunelle, dès que son esprit était tendu à quelque objet sérieux. Marcel extrêmement malheureux car (laissa-t-il croire), il était le seul à y être venu en habit. Le duc Armand de Gramont d un écrivain ; le 10ème duc, Agénor de Gramont (1819- dans «La Dame aux Camélias», ses véritables aventures sentimentales avec Marie Duplessis. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 63
59 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.3 - Promenade dans le domaine de Mortefontaine Nous reproduisons ci-après le texte de deux ouvrages et un article, conservés dans les abysses de la Bibliothèque franchir les différentes portes et seuils qui les préservent de la disparition. Le plus concis et plaisant à la lecture contemporaine est paru à Paris en 1828 sous le titre : «Trois jours en voyage, Guide du promeneur à Chantilly, Mortefontaine et Ermenonville», document aujourd hui conservé à la Bibliothèque Nationale sous la référence 8 LK Le plus important par son nombre de pages a été publié à Paris en 1825, «chez les marchands de nouveautés», avec pour titre : «l indicateur des vues de Mortefontaine», sous la plume d un certain monsieur Occidem, document aujourd hui conservé à la Bibliothèque Nationale sous la référence LK Le troisième est un simple tiré à part, extrait du Journal des Haras et des Chasses du 1er septembre 1853 sous la signature d un certain Benedict-Henry Revoil, conservé à la Bibliothèque Nationale sous la référence LK Puisqu il est plus tardif, il permet de se rendre compte de la mutation du domaine de Mortefontaine, qui redevient très vite un territoire de chasse. Ces documents n étant pas autrement disponibles, nous avons estimé utile, voir nécessaire, d en présenter le texte dans le cadre de cette étude. Si nous avons conservé l intégralité du premier et du troisième, nous avons cru devoir ne pas reproduire quelques passages du second, lorsque l auteur échappe rhétorique qui furent, sans doute, fort prisées à l époque mais qui rendent aujourd hui plus que la lecture malaisée. Pour en convaincre le lecteur contemporain, nous en avons néanmoins gardé l introduction. Qu il se rende directement aux chapitres suivants où il trouvera d autres motifs de satisfaction, même si trop souvent l auteur se complaît aux réminiscences antiques et aux envolées poétiques. En tout état de cause, l intérêt de cette triple lecture apparaît à bien des égards éclairante pour comprendre l importance de l attraction exercée par les paysages du domaine de Mortefontaine dans la première moitié du XIX e siècle. Avec Chantilly et Ermenonville, Mortefontaine est bien considéré comme une des merveilles de la nature e et du début du XIXX e siècle, un parcours philosophique, une illustration des formes de la contemplation du monde réincarné en un jardin par les disciples des Lumières et de la Liberté. Ces textes fascinent, car ils restent encore aujourd hui la traduction la plus sensible de la qualité des paysages qui furent progressivement construits par Le Peletier et Joseph Bonaparte ; ils permettent également de regarder aujourd hui le Grand Parc et le Petit Parc de Mortefontaine avec les yeux des promeneurs de ce début du XIXX e siècle, avec ce qu il comporte d aspiration universelle et de romantisme. On y remarquera avec intérêt l imbrication du texte et de l image, c est-à-dire le jeu des citations poétiques qui jalonnent le parcours comme la pensée. Ces textes permettent également de se faire une idée assez précise de l état des lieux quelques années après l apogée qu ils connurent sous l Empire. Le désert et les bruyères y sont encore présents et ces étendues permettent d offrir des points de vues sur les paysages lointains. On y remarquera également l ouverture des lieux offerte par les propriétaires qui, semble-t-il, perdurera jusqu aux années Cela va évidemment de pair avec leur intérêt alors orienté principalement vers la chasse, forme d activité et mode d occupation aux origines du site dont le renouveau jusqu à nos jours délaissera progressivement les paysages et les architectures des fabriques et des pavillons. Nous avons principalement conservé l orthographe, la ponctuation et la mise en page des ouvrages originaux, Bon voyage dans le temps et l espace. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 64
60 Trois jours en voyage ou guide du promeneur à Chantilly, Mortefontaine et Ermenonville avec trois plans, Paris, de l imprimerie de A.Belin, rue des Mathurins Saint Jacques N 14, 1828 MORTEFONTAINE la nature lui présentait d obstacles, mieux son génie sut nouveau, et bientôt après, leur successeur, élu digne aux artistes, et maintenant si abandonnée, obtenant luimême un aussi précieux avantage, entrât dans le corps le nom même de leurs possesseurs! Le plus pur cristal de mes eaux Passants, je viens ici me rendre Aux désirs, au besoin de l homme et des troupeaux Puissé-je m abreuver du tribut de mon onde une pelouse semi-circulaire et son jardin de luxe, appuyés Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 65
61 Plan de Mortefontaine tiré de «Trois jours en voyage ou guide du promeneur à Chantilly, Mortefontaine et Ermenonville avec trois plans», Paris, de l imprimerie de A.Belin, rue des Mathurins Saint Jacques N 14, 1828 Les numéros dans le texte ci-après correspondent à la légende de ce plan) Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 6
62 LE PETIT PARC Le théatre Le théatre, la serre et la volière La serre Les communs Aquarelles anonymes photos de Mr Jean Mazel surtout la curiosité par une décoration d un genre tout un dauphin, chargé de petits amours, annonce la déesse couvrent de leur ombrage, on voit serpenter, du levant de ce rocher escarpé est un petit salon de verdure, tout plus loin, au bord de l eau, un grand piédestal surmonté Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 67
63 Le tombeau égyptien à droite et le sarcophage à gauche égyptien ; il est surmonté d une pyramide chargée de une tablette en marbre laisse lire ces mots : Tempus edax rerum ; et plus bas ses vers : À l entrée du Petit Parc Au bout de cette lugubre enceinte, un sarcophage porte les vers suivans : Être sensible et malheureux Cède au plaisir de répandre des larmes Au sud-ouest de cette grotte s élève une tour de belle Cet autel est élevé dans un espace circulaire, au milieu L autel des divinités champêtres avec une extrême obligeance, est chargé de leur ouvrir la Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 68
64 PREMIERE PARTIE de cette hauteur, un des spectacles les plus riches et les très reculé, il est possible de découvrir deux arbres sur un plateau sablonneux ; c est la butte dite des Gendarmes, En descendant au bas du coteau d Ormesson, on se trouve surtout dans les temps d orage, s épancher dans le premier Près d elle, au milieu d un groupe de peupliers, est la délicat, crut ne pouvoir mieux témoigner sa reconnaissance, En reprenant notre marche vers les bords des bassins, si heureusement situé pour la perspective dans le premier pont de bois couvrant une cascade et dans ce même lieu, le met entre deux eaux, on trouva des murailles, et même Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 69
65 des eaux, chargé de conduire dans la promenade sur le ligne tirée du nord au midi, sépare l Archipel de tout le par le passage des voitures, des bêtes de somme, et des large, et l on se trouve auprès d un lavoir public enclos de en mauvais état, il n est plus possible aux embarcations toute verdure s étend vers la pointe occidentale du lac, et se Les nombreuses inscriptions dont les murs sont chargés d âpres rochers et d arides coteaux, le tableau d une nature morte, et, plus loin, sur de rians amphithéâtres, le spectacle animé d une heureuse végétation! bateaux ; après avoir traversé ce pont, l on continue la Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 70
66 : Mortefontaine, du jardin français au parc anglais par Claude Dubois, Annales historiques compiégnoises, été 1985, numéro 29-30, cité par le GEMOB, page57. Aquarelles anonymes photos de Mr Jean Mazel Nous avons réservé pour cette seconde partie des vues du grand parc, la promenade en bateau sur le grand lac n est pas possible de s en dispenser si l on est curieux de promenade délicieuse pouvant être de long cours, de lieues environ, se jeter dans l Oise, auprès de l ancienne mais on a pied sur les bords, et dans la belle saison, on y Les eaux sont retenues, au couchant, par une digue et le hameau de Charlepont se terminent au nord et au couchant par des buttes de sable, des rochers, des bruyères ILE MOLTON ou MORT-TAON- Au nord du grands lac s élève Cette énorme butte est d environ cent arpens, tant en Au nord de cette position, une vaste étendue de rochers Ce canton de Morière mérite toute l attention des Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 71
67 montre encore aujourd hui les débris de leur enclos ; il laisse voir aussi, malgré les ronces et les épines, ceux d un de ses armées, avec apanage de chasse dans les bois prieurs de couvens, devenus seigneurs de ces lieux en vertu Le château de Mort-Taon est connu dans le canton sous voisins se retirèrent dans le bois de Mort-Taon pour s y dans la coupable idée d un suicide une âme sombre et de la Providence, au maire de la commune, désignait, L étang de l Épine ou le grand étang et l île Molton Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 72
68 L étang de Vallière BnF EST EK Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 73
69 L étang des Islettes La comparaison entre gravures anciennes et photographies contemporaines permet de constater le grand développement de la végétation en massifs épais. Cela ne permet plus aujourd hui de distinguer la silhouette des sujets remarquables et exotiques dans le paysage du Grand Parc. Cette confusion de la masse végétale annihile toute lecture qualitative et poétique du paysage, ambition essentielle et existentielle des lieux. Dans le statut actuel de propriété privé sans collaborations établies avec les interlocuteurs publics, État et collectivités territoriales, il serait utile, dans un cadre ultérieur à cette étude urbaine, de rassembler les points de vues sur l héritage et les usages gestion, portant à la fois sur les thèmes de l eau et des étangs, des arbres et de la forêt, des lieux de mémoire et d architecture d un jardin de grande renommée historique trop oublié par nos contemporains. Un apport «co-latéral» de cette étude serait d en apporter le sentiment de la nécessité. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 74
70 L indicateur des vues de Mortefontaine par M. Occidem, Paris, chez les marchands de Nouveautés, 1825 Au monde en prend mille par les yeux La Fontaine et s importent dans nos galeries les points du globe les plus divers et mélodie des chantres du bocage ; et, tout au plaisir de mes yeux, ils ne nous est cher, et plus loin encore le reproche d une absurde prétention! la Divinité même, son interprète et sa plus noble image au vestibule, il au jardin d Alcine, veulent s emparer de mes sens, et les merveilles en est deux possédés par la France, aux portes mêmes de sa ont, par le goût éclairé de leurs modernes possesseurs, pouvait établir entre eux une consanguinité de rapports ; elle existe, et leurs sites seraient même jumeaux, si l art Comme d heureuses plumes se sont exercées sur les merveilles d Ermenonville, je m abstiendrai d y porter un retraite d un stage accueilli par un autre sage, la majesté cette précaution, sûr d avoir un supplément au guide le mode de voir et de sentir est un caméléon perpétuel ; il varie suivant les goûts et les études, suivant même le Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 75
71 la scène, tout, en ce nouveau site, commande l intérêt, l admiration et les trombes, l aridité, la pâleur, le trépas le plus absolu, consternent sépulcrale mélancolie, la perspective, en ces lieux, se prête au génie de tous les climats, ou plutôt elle le subjugue, et le contraint d adopter pour la méditation! Ccoupe dans le désert depuis la chapelle St Marguerite des grès Coupe sud-nord du Petit Parc à l île Molton Extrait du «traité des jardins» par Vergnaud, 1839 BN département des cartes et plans goût paru avec un riche amateur ; il leva des plans, tira des lignes, ouvrit des bassins, creusa des canaux, éleva des digues, et la nature Cette situation appellera les plus doux accords sur la lyre des poètes MORTEFONTAINE de sa douleur, ou d un essaim d amours, volent-ils au sein de la solitude pour y retrouver les calculs de l avarice et excursion vers des beautés plus substantielles ; ils pourront public s exprime ainsi sur le marbre : Le plus pur cristal de mes eaux, Passant, je viens ici me rendre Puissé-je n abreuver du tribut de mon onde Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 76
72 Gravures de Franscesco Piranesi et gouache de L. Moreau L on s y rend, de la capitale, par la route de Flandre, en pavée, bordée d ormes, et dirigée vers une colline appelée le voyageur descend une montagne rapide, et traversant une pelouse semi-circulaire, et son jardin de luxe, appuyé sur le mode dont je traiterai mon sujet! il est grand, et ni l exécution de mes promesses, ni même des rapports donnant, dans cette même cour, la plus avantageuse idée Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 7
73 Le château de Mortefontaine Le château au milieu du XX e siècle Edouard Baldus, vers 1825 BNF ESt - VE G70720 Le château actuellement Vue du château de Mortefontaine extraite du plan de Vergnaud Archives départementales Archives départementales AD60, 1Fi AD60, 1Fi Archives départementales Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 78
74 La volière site de gauche est une pépinière d arbres de la création L orangerie La belle saison la voit rangée sur une place au midi de la Près d elle est un jumeau d arbres, essence de hêtres, En ce même lieu, sur une ligne orientale du château, préludait au rôle d une représentation brillante mais couleurs, ont cessé de l habiter ; et la regretteront-ils, amours, annonce la belle Aphrodite sortant du sein de la Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 79
75 souvent d arbrisseaux, une rivière serpentant du levant au Plus loin, au bord de l eau, se trouve un piédestal surmonté La rivière carte postale début XXème Gravure de Franscesco Piranesi et gouache de L. Moreau Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 80
76 Les kiosques de Mortefontaine Aquarelle anonyme photo de Mr Jean Mazel e siècle, pour servir de référence comme exemple-type dans l album que Le Rouge consacre au jardin. Selon Audot, le kiosque est «une espèce de tente pour la conversation... Les kiosques ne sont rien autre chose, chez les peuples de l Asie, que des pavillons - belvédères, ordinairement consacrés à aller le soir savourer le sorbet, jouir d une fraîcheur délicieuse et contempler le vaste horizon coloré des derniers feux du jour. Chez nous on donne ce nom à de petits monuments légers et élancés, construits pour fournir un point de vue remarquable en plaçant le spectateur à une hauteur déterminée.» Ces constructions sont légères et précaires. Il ne reste que les gravures anciennes pour apprécier leur installation dans le décor de jeunes pousses d arbres où ils introduisent leur touche complémentaire d exotisme et de couleurs. Le plan de Le Rouge, de 1776, prend soin de signaler la situation de l un d entre eux, au bout du Petit Parc et dans le prolongement des allées qui serpentent dans le bosquet latéral à la grande prairie. Il est probable qu une construction symétrique fut réalisée, comme semblent l attester les gravures ci-jointes. Les kiosques de Mortefontaine servent de référence pour imaginer ceux des jardins de Pékin Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 81
77 Plan général des jardins et environs de Mortefontaine levé par Le Rouge, Ingénieur Géo. du Roi, en La glacière se trouve en bas à droite du plan, en limite de propriété. La glacière Extrait du «traité des jardins» par Vergnaud, 1839 BN département des cartes et plans Aquarelle anonyme photo de Mr Jean Mazel Plan et coupe d une glacière selon Audot Au sud-ouest de cette grotte s élève une tour de belle glace, dissoute dans le nectar des dieux, garantissait la la Glacière, pourrait donc s appeler aussi le temple de la La glacière est devenue, depuis le XVIII e siècle, une dépendance domestique nécessaire à la vie de château. Il faut conserver les aliments au frais, et servir frais en été. Cette double nécessité a conduit à inventer une cuve de maçonnerie plus ou moins vaste et profonde, surmontée d un monticule de terre formant isolation, dans laquelle on stocke la glace de l hiver pour un usage et une consommation d été. Cette nouvelle construction pour le confort et le plaisir de la vie de château fut tout d abord enterrée dans un lieu éloigné du jardin d agrément mais proche du potager. Mais très vite on se préoccupa d intégrer ce monticule disgracieux dans la scénographie qualité du paysage, comme tout autre fabrique. «Dans une scène champêtre et gaie, on peut surmonter une glacière d un petit kiosque, élevé sur une butte de terre couverte le coup d œil, de donner de l ombrage, et de maintenir à scène est d un caractère rustique, la chaumière conviendra davantage ; mais il faut mettre la porte de la glacière en harmonie avec une habitation d une architecture élégante, égyptien produira un effet beaucoup plus convenable» (Audot, traité de la composition et de l ornement des jardins, Paris, 1859). Selon les textes, au temps de M. Le Peletier, la glacière avait une forme de pavillon chinois composé de deux étages : «un rez-de-chaussée et au premier étage un joli salon garni d une glace, de quatre fauteuils couverts de drap vert et de rideaux en gaze brodée d or». Selon les gravures, au temps de Joseph Bonaparte, la glacière est un pavillon de facture néoclassique, sur trois niveaux, avant-corps ceint d un fronton formant balcon au-dessus des frondaisons des arbres qui entourent la glacière : acacias, peupliers et pins semblent être les différentes essences qui ennoblissent le lieu. Aujourd hui, la glacière demeure ensevelie sous un monticule de terre. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 82
78 Déploie, en se jouant dans un gras pâturage, Situation du Temple, d après la carte de Vergnaud, 1839 Aquarelles anonymes photo de Mr Jean Mazel Allée conduisant au Temple on lit ses vers : Être sensible et malheureux, Cède au plaisir de répandre des larmes, De ce même côté se présente une plantation de chênes parlante : témoins ces vers inscrits sur l astragale d un autel consacré aux divinités champêtres : En se reportant au nord par la partie voisine de la plaine, Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 83
79 Aquarelle anonyme photo de Mr Jean Mazel d une vingtaine de pieds, une Renommée portant sur le chapiteau de sa base cette inscription : suit le mur de clôture dans toute sa longueur du nord au midi, des religieux trappistes creusaient leur tombe, les Nous osons partager les regrets des amateurs, et nous voûtes obscures, cherchait l abondance dans la privation, le bonheur dans les tourments, et la vie dans l éternel spectacle de la mort même! Après avoir parcouru des lieux toujours variés d une lithographiée, l on se retrouve par une marche circulaire château, dont la demeure est au pavillon de gauche, et L entrée du souterrain reliant le Petit Parc au Grand parc a été transformé en autel. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 84
80 Le grand parc, scène immense dans ses détails, et raccourcie dans courre, pour éviter les accidents dont les chasseurs ne seraient plus L on recommande aussi de n introduire de chiens dans le parc d empyrée, n en est pas moins encore sur un gradin très ; des collines hérissées de bruyères et de rochers ; un verdoyants, et tous voisins de la voûte des cieux ; de vastes prairies et des sables ; et pour couleurs sur la draperie la plus variée tous les phénomènes de la lumière : telle est les prend sous tous ses auspices, n a de concurrent dans les moins central, mais plus élevé, plus convenable même cimes pompeuses, l amateur des plaisirs champêtres la Sortie du souterrain Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 85
81 Cette demoiselle ne pouvait se lasser d admirer, dans cette première vue du grand parc, l une des plus riches et plus La tour Dubosq en arrière plan L Hôtel d Ormesson De ce lieu se découvre, sur les hauteurs de droite, une Elle fut réalisée en l absence du propriétaire, Louis Le Peletier, effectuant un long voyage à l étranger, vraisemblablement en Italie. Le nom de tour Dubosq donné à ce belvédère serait celui de son secrétaire qui le dessin. Très dégradée, elle fut réparée par Joseph Bonaparte qui y intégra un logement pour un garde de la propriété. Mais l œuvre n a pas su résister une deuxième fois au temps. La tour Dubosq, carte postale vers 1900 Photographie stéréoscopique de Charles Paul Fume entre 1858 et 1861 Bnf EST-EK Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 86
82 Gravure de Franscesco Piranesi et gouache de L. Moreau Le rocher aujourd hui: la gravure du vers de Delille est toujours lisible On n y voit seuls, et dominant de toutes parts un vaste Plus loin, un peu sur la droite de cette butte toute l encadre, et l onduleuse cime du platane mollement Le spectateur est dans ce moment sur un pont nommé par vue, courant directement au nord par le centre de la Delille : sensibilité lui vient des malheurs de Lisbonne, il eût été avec Enée : et s appuie de ses deux bras sur un isthme ombragé par le de la Chine, l acacia, le peuplier de la Caroline et des pourtant la cime des arbres, les banderoles de navire et le sommet des maisons vous procurent le triple plaisir de la Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 87
83 Situation du grand rocher extrait de la carte Vergnaud, 1839 Aquarelle anonyme photo de Jean Mazel «Le grand rocher» Guérard / Langlavé Le grand rocher L abbé Delille était un habitué des salons de Mortefontaine. Il publiera en 1782 un poème en quatre chants intitulé «les jardins ou l art d embellir le paysage». Familier des promenades dans les allées du parc, il fut, avec le peintre Hubert Robert, l un des principaux inspirateurs du projet de Le Peletier. C est sans doute un hommage qu il souhaita rendre à son ami en faisant inscrire sur la masse d un rocher de 10 m de long sur quatre de haut, un vers choisi issu de son oeuvre : «sa masse indestructible a fatigué le temps». Dans le poème initial, cette citation s appliquait aux bâtiments de la Rome antique : «voyez de toutes parts, comment le cours des âges dispersants, déchirant de précieux lambeaux, jetant temple sur temple, et tombeaux sur tombeaux, de Rome étale au loin la ruine immortelle ; garde du peuple-roi les exploits éclatants ; leur masse indestructible a fatigué le temps.» Selon le modèle constitué par le parc d Ermenonville, aménagé par le marquis de Girardin à partir de 1765, la pierre gravée était devenue un élément essentiel de la promenade philosophique. À Mortefontaine, on changea simplement d échelle : le rocher est naturellement immense, présente avec force le rapport du texte au paysage. Le grand rocher de Mortefontaine servit ensuite également de référence lorsqu un sculpteur, François-Fréderic Lemot, souhaita reconstruire, de 1805 à 1827, le domaine de La Garenne- Lemot, sur le territoire de la commune de Clisson, dans le département de la Loire-Atlantique, après les épreuves de la guerre de Vendée. Là-bas, il sculpta la même phrase sur un rocher de son domaine idéal. Le grand rocher de La Garenne-Lemot Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 8
84 d entrée : Plus bas, dans le chemin en pente de ce lary, se trouve sous d énormes Au pied de ce même lary s étend une pelouse dont l éternelle verdure pourrait bien l emporter au salon sur les verts prés de l heureux En continuant au nord par cette partie gauche des bassins, une allée on se serait immédiatement trouvé dans une prairie couverte d arbres auteur : Turr et indé Dubosca et comme elle règne au séjour de la végétation, les autres plaint de revenir avec des bottes roussies d un cratère dont de ne point redescendre sans avoir, en tirant au nord-est, beautés semées sur la route, et la course terminée par du cèdre, le pin maritime et le pin sauvage, bataillons stationnés sur le passage, leur serviront d escorte sur un terrain jonché de leurs dépouilles, et ces vertes phalanges alignées ou sinueuses, et plus ou moins ombragées, leurs sablonneuses plages, on est au sommet dominant sur Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 89
85 d Écosse, sur la droite par des plantations de bouleaux, et isolé le brillant spectacle d un état-major dans le pompeux lac, servait l été d école de natation, et l hiver de gare voyait de plus un catimoran, brûlot lancé contre le port de du garde des eaux, chargé de conduire les étrangers dans Pont de bois entre l étang des Islettes et l étang de Vallière Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 90
86 Situation du chalet de Vallière extrait de la carte de Vergnand, 1839 Carte postale, 1900 Carte postale du début du XX e «Les grandes heures de Mortefontaine» Aquarelle anonyme photo de Mr Jean Mazel Edouard BALDUS, 1865 Le chalet de Vallière Ce pavillon fut érigé par Joseph Bonaparte, dans les dernières années du Consulat, autour des années , sur les ruines d un castel qui datait des temps de Louis Le Gros et de Louis VII. C est une importante batisse, l une des plus importantes du Grand Parc, qui reste aujourd hui dans un état convenable de conservation, malgré son état d abandon. Dans la tradition de l ornement des grands jardins aristocratiques, le pavillon est placé en un endroit stratégique du paysage, sur une digue qui ferme l étang de Vallière avec, en contrebas, le cours de la rivière de la Thève. Ainsi ces deux façades principales se trouvent face à l eau : au nord-est, les eaux dormantes de l étang et au sud-ouest les eaux courantes de la rivière. L architecture du pavillon est une libre interprétation d éléments de construction et de volumétrie du chalet suisse, grande référence exotique et rustique pour des la première moitié du XIXX e siècle. «Le salon de Vallière, ainsi qu il est appelé dans l inventaire établi en 1814, est très joliment meublé. Il est garni d une cheminée surmontée d une grande glace. Les tables, chaises, tabourets, trictracs, tous les meubles sont en acajou à l exception de deux encoignures décorées de nacres et peintures en relief, dans le goût chinois. Un grand divan et ses quatorze oreillers sont couverts de toile de Jouy jaune. Une belle collection de seize gravures coloriées, éditées par Francesco Piranesi, dans les bordures du temps, décorent les murs. Ce sont des vues d Italie, du Caire, d Athènes, de Constantinople et bien entendu de Mortefontaine.» (GEMOB p. 58). Il semblerait que de belles statues aient complété le paysage autour du chalet : une Vénus de Médicis et une statue de gladiateur auraient été installées près du pavillon de Vallière. La cartographie de Le Rouge mentionne également en 1776 une statue de gladiateur dans le Petit Parc face au château. Elle se trouverait aujourd hui dans un hangar agricole quelque part aux environs de Mortefontaine. Photographie stéréoscopique de Charles Paul Fume entre 1858 et 1861 Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 91
87 Le pont de bois Le pont de bois depuis le pavillon de Vallière Lithographie d après un dessin de Guérard Aquarelles anonymes photos de Mr Jean Mazel L architecture des parcs et jardins français a toujours hésité entre la réalisation de ponts en bois ou de ponts en pierre. Le maître d œuvre des jardins de Mortefontaine résolu ce dilemme en réalisant à quelques mètres de distance un boucle de la rivière libérant ses eaux de la digue de l étang de Vallière. Selon la sixième édition du Traité de la Composition et de l Ornement des Jardins, publié par Audot en 1859, les ponts en bois développent une apparence rustique qui se marie convenablement aux paysages d un caractère agreste ou sauvage. «Les ponts rustiques tirent la plus grande partie de leur charme de la manière ingénieuse dont les bûches entrecroisées qui les forment se présentent aux yeux, et du contraste qui existe dans la symétrie géométrique de chacune des parties par rapport à l ensemble général : pour cette raison, peut-être, plus l écorce de leur bois est rugueuse et grossière, plus ils plaisent... Les ponts rustiques sont destinés à des scènes champêtres, où la campagne est découverte et dessinée à grands traits». Ce même traité reproduit, sur sa planche 136, une gravure du pont de bois du domaine de Mortefontaine accompagné de ce commentaire : «rien ne serait d un aspect plus pittoresque qu un pont dont le double motif serait le rapprochement de deux collines séparées par une rivière. La nécessité où l on serait d en construire un plus petit sous le grand produirait un effet aussi singulier qu agréable.» L iconographie variée du site permet de montrer l heureuse conjugaison des éléments qui composent le paysage : le pont franchissant la Thève sur le chemin de Mortefontaine à Thiers, la petite passerelle qui relie les berges en dessous, les troncs d arbres formant palplanches, et au fond l escalier d eau vidant l étang de Vallière de son tropplein avec le corps de bâtiment du moulin de Vallière dans l axe principal de la perspective. Gravure par Audot, 1859 Extrait du «traité des jardins» par Vergnaud, 1839 BN département des cartes et plans Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 92
88 Le belvédère ou pavillon de Bellevue Lithographie d après un dessin de Guérard En parcourant la chaussée du levant au couchant, on arrive tirée du nord au midi, sépare l Archipel de tout le reste du attelées, bêtes de somme, troupeaux allant pâturer sur les landes ; le mugir, le bêler des animaux, l écho lointain plus muet, et le battoir avec tous ses poumons a souvent deux ponts ci-dessus désignés, on découvre un grand corps rendre la symphonie des animaux sortant de ce lieu pour elle! Le pont de pierre aujourd hui qui a heureusement conservé sa courbure et sa largeur Aquarelle anonyme photo de M. Jean Mazel Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 93
89 Aquarelle anonyme photo de M. Jean Mazel On apperçoit la silhoette du belvedère se découpant à l honrizon. Au premier plan à gauche, la tour Duboscq Pour jouir en grand de ce nouveau spectacle et de tous les De ce lieu se découvrent au midi la butte et les moulins eaux vont battre la base d une colline de rochers, et dans Vue et plan extraits du «traité des jardins» par Vergnaud, 1839 BN département des cartes et plans «Les belvédères sont destinés à attirer et retenir le promeneur dans un lieu découvert offrant une perspective remarquable. C est souvent sur le sommet d une montagne ou d un coteau qu on les construit, de manière que rarement on a besoin de les élever au-dessus du sol. Cependant s il arrivait que pour gagner de l étendue dans le coup d œil on eût à en exhausser un de quelques pieds, c est alors que, pour éviter de lui donner la forme d une pas qu un belvédère soit bâti dans une heureuse situation, il faut encore que l élégance et la grâce aient présidé à sa construction.» (Audot, traité de la composition et de l ornement des jardins, 1859). Le belvédère du Grand Parc de Mortefontaine fut érigé sur une éminence au-dessus de l étang de Vallière et de la ferme de la Grange, dominant le désert de bruyère, les était entouré de pins d Écosse. Aujourd hui ce monument a entièrement disparu du paysage. Lithographie d après un dessin de Guérard «Les grandes heures de Mortefontaine» 1861 Bnf EST-EK Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 94
90 tablettes ont a lu distinctement ces vers : Par la suite aura grand renom ; ou l un sur l autre, entassés comme Pélion sur Ossa, semble gravir aux des lieux, l identité peut être admise, et le comte de Tressan cru sur dernier, l observant de loin dans un temps d orage, je pris du sable pour de la neige, et voulu augmenter ma surprise en rougissant de mon Lanterne de la Roche pauvre Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 95
91 La tour Rochefort Plan de situation extrait de la carte de Vergnaud 1839 La tour Rochefort aujourd hui. C est l un des sites remarquable du Grand Parc le mieux préservé dans son athmoshère d origine. La tour Rochefort est signalée sur le plan de Vergnaud de 1820 avec cette légende : tour en ruines placée sur une hauteur de rochers. Les illustrations du XVIII e siècle, les cartes postales du début du XIXX e siècle et les photographies construite il y a plus de deux siècles, se porte presque convenablement dans un décor d éboulement de grès et de plantations de jeunes bouleaux, paysage emblématique d un désert de la nature qui reste très sensiblement semblable à son aspect originel. C est sans doute le seul endroit du Grand Parc qui reste aussi proche de ses origines. Les paysagistes des XVIII e et XIXX e siècles étaient assez peu enclins à construire de fausses ruines. Il préférait utiliser de vrais bâtiments anciens pour les entourer d une végétation qui leur conférait une nature plus sombre et romantique. «Les ruines peuvent ajouter beaucoup au caractère d une scène solitaire, mais il faut qu elles soient motivées avec une grande vraisemblance, c est assez ordinairement là qu ont échoué les architectes de jardin. Sur le sommet d une roche sauvage escarpée, on aimera voir les ruines d un château féodal. Des tours à créneaux pour les pierres sont minées par les ronces et les mousses parasites nous rappellerons ces temps de barbarie où un seigneur châtelain, l effroi des contrées environnantes, faisait de son manoir une forteresse toujours prête à protéger ces brutales exactions ou sa rébellion. Lorsque la lune éclairera de ses pâles rayons ces remparts écroulés par le temps, ravagé par les révolutions, les pas mesurés de la sentinelle sembleront résonner à vos oreilles, et l œil étonné cherchera à découvrir dans l ombre le fantôme mystérieux que les romanciers font apparaître sous les voûtes souterraines.» (Audot, traité de la composition et de l ornement des jardins, 1859). Photographies stéréoscopiques de Charles Paul Fume entre 1858 et 1861 Bnf EST-EK et 285 Aquarelles anonymes photos de Mr Jean Mazel Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 96
92 vue sur les prairies de Charlepont La gauche du canal est plantée de saules, et sa lisière tapissée de l évergréen croissent au milieu d elles, et cette végétation un peu grêle légères et d une population chantante, et nul rocher n y vient inspirer En suivant l allée des saules, on rencontre un petit pont de planches, un point de vue bien intéressant, si le rassemblement sous l on y admire, sur un des bords de la baignoire, dont la les dames peuvent s y croire dans leur cabinet de toilette ; toujours de l appétit, servir de restaurant aux personnes déshabillé ; j admire dans cette lecture l attention d un Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 97
93 sur ses bords, et dans la belle saison on y permet les bains de pleine Les eaux du grand lac sont retenues, au couchant, par une digue élevée, La prairie et le hameau se terminent au nord et au couchant par des Au nord des Grands Lacs s élève du sein des eaux une montagne toute sanguinaires, y dévorait le cultivateur de vignes plantées sur son dos, on Le canton de Morière mérite toute l attention des des médailles de Faustine ; Monsieur Cuvier le naturaliste Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 98
94 étonnants par leur âge et leur grosseur ; l un, entre autres, nouveaux de grands dignitaires, de ministres et de princes étrangers, lui seul y sauvage montagne recevait sur l un des trônes de la nature celui dont les puissantes mains ébranlèrent plus d un trône ; et l arbre au dôme superbe, en ombrageant les représentants de cours souveraines, rivalisait Comme il ne laissait point de postérité, le parc et le domaine de Mort- Devers cet endroit, au levant des eaux du grand lac est une colline bruyère, envoyée de l hôtel de la Providence au maire de la commune, désignait mort, a écrit cette épitaphe : communes étant de deux lieues environ, on n en aura plus À la descente du bateau pour atteindre le grand chemin, vont aboutir au grand lac, sont couverts de ponts rendant admirera ses coteaux hérissés de rochers, mais surmontés Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 9
95 Extrait du «Journal des Haras et des Chasses» du 1er septembre 1853 Plailly, le chasseur s arrête dans une vallée ombreuse, au ruisseaux aux méandres innombrables, des lacs au centre abris naturels de myriade de lapins, remise assurée de compagnie de perdreaux, de couples de bécasses et de Plus loin, de l autre côté de ces peupliers élancés, après dorés, argentés, mordorés ; de poules dodues et bonnes c est la pêche, et dans cet étang sinueux la carpe, l anguille, le brochet, la tanche et des myriades de petits poissons se chasseurs de France et de l étranger, amateurs de belles et princière, et c est le seul endroit aux environs de Paris d un chasseur, réalisé pour son plaisir et pour celui de Photographies stéréoscopiques de Charles Paul Fume entre 1858 et 1861 Bnf EST-EK et 295 Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 100
96 La chapelle Sainte-Marguerite Situation de la chapelle, extrait de la carte de Vergnaud, 1839 La chapelle Sainte-Marguerite existait déjà au XII e siècle et appartenait alors à l abbaye de Chaalis. Elle était l objet d un pèlerinage très fréquenté - particulièrement par les femmes enceintes - jusqu à la Révolution et même au-delà. La chapelle actuelle est une construction des années , due à la générosité de la famille Corbin, alors propriétaire du domaine de Mortefontaine. Bâtie en grès, matériau dont est constituée la butte sur laquelle elle s élève, c est une charmante petite construction néoromane surmontée d un clocher-arcade et précédée d un porche. (d après Les églises des cantons de Senlis et de Chantilly). Sainte-Marguerite-des-Grès est évoquée dans l ouvrage de J-H Volbertal : Mortefontaine - Le Domaine de Vallière, publié en 1924 : «... Et voici, au Nord, derrière l île Molton, la chapelle de Sainte-Marguerite-de-Grès qui se dresse solitaire au milieu d une nature sauvage et pittoresque... On se trouve en présence d un monument de style roman primitif, en grès bruts. Au fond de la chapelle, une peinture en primitif représentant le Très-Haut tenant d une main un livre avec les lettres symboliques Alpha et Omega : la tête dans une auréole portant le mot Rex. Un petit autel de pierre blanche soutenu par quatre colonnes simples. Petit clocher, dans le style, avec arc en plein cintre. L ensemble accuse la forme trapue qui caractérise les vieilles églises de village de l époque de ce lourd roman». (Müller, Senlis et ses environs, 1896). Et voici ce qui est écrit dans le bulletin n du GEMOB, concernant la chapelle de Sainte-Marguerite : «La petite chapelle romane de Sainte-Marguerite est située sur partie appelée «garenne de Charlepont». En 1146 elle faisait partie du domaine royal puisque le roi de France Chaalis, la donation qui lui en avait été faite par sa mère la reine Adélaïde. Elle était alors desservie par des moines. Tous les ans, le 20 juillet on y fêtait la Sainte Marguerite. Les pèlerins venaient nombreux et tout se terminait par une joyeuse fête patronale. La Révolution interrompit la tradition mais les femmes enceintes continuaient à venir implorer la sainte, qui aurait, selon la légende, vécue dans une grotte naturelle creusée sur le côté de la colline. Hélas la petite chapelle, saccagée à la Révolution, tombait en ruine! En 1852, Monsieur et Madame Corbin «pour attirer les grâces du ciel sur leur premier enfant» décidèrent de reconstruire l ancien oratoire. péristyle en plein cintre, au fond duquel s ouvre une porte en fer forgé, surmontée d une inscription : «Sainte- Marguerite des bruyères», nom de la chapelle du village de Sainte-Marguerite disparue de nos jours. Le 14 août 1853 Mgr Gignoux, évêque de Beauvais, vint bénir la nouvelle chapelle, au milieu d une foule nombreuse accourue de tous les villages d alentour». Photographie stéréoscopique de Charles Paul Fume entre 1858 et 1861 Bnf EST-EK La chapelle aujourd hui ceinturée par une abondante végétation Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 101
97 Aquarelles anonymes photos de Mr Jean Mazel laiterie Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 102
98 La grange Coll. particulière photo de Mr Jean Mazel Photographie stéréoscopique de Charles Paul Fume entre 1858 et 1861 Bnf EST-EK «La Grange, grand bâtiment de pierre avec des dépendances, est à cette époque une belle ferme avec basse-cour, qui fournit les cuisines du château. Au premier étage un cabinet renfermant quantité d objets d histoire naturelle a été installé. La laiterie est moderne avec ses tablettes en pierre de liais, carrelées et recouvertes de plomb. Plusieurs robinets pour le service de la laiterie sont alimentés en eau par une pompe. Il y a aussi «une superbe vacherie ventée» (GEMOB, page 57). Cette description de la Grange et de sa laiterie du temps de Joseph Bonaparte est une évocation qui reste proche de la physionomie actuelle des bâtiments. La laiterie a conservé son mobilier de marbre : une grande table centrale, des bancs faisant le pourtour de la pièce et une baignoire pour laquelle on aime à raconter de voluptueuses baignades dans des laits bienfaisants. L évolution la plus notable du site fut la transformation récente des pâturages en dessous de la Grange en un parcours de golf par l actuel propriétaire, embellissant le dessin pittoresque du méandre de la Thève traversant le domaine. Un pont rustique a conservé en ce lieu une note romantique qui aurait pu servir de sujet pour un tableau impressionniste. Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 103
99 IV - REPÈRES DANS L HISTOIRE DU DOMAINE DE MORTEFONTAINE IV.4 - Une étude urbaine des années 1970 extrait de l étude urbaine de1970 extrait de l étude urbaine de1970 En mars 1970, le Ministère de l Équipement et du Logement, la région de Picardie, et la Délégation à l Aménagement du Territoire représentés par l Organisme Régional d Etudes et d Aménagement de la Vallée Aisne-Oise (OREAV Aisne- d Architecture et d Urbanisme, 3, boulevard Arago, Paris 13 e, une «Etude pour la protection du site de Plailly et de Mortefontaine». Cette étude, conservée aux Archives Nationales, mais simplement disponible à la lecture publique et préservée de reproduction pour encore quelques décennies, se trouvait heureusement également disponible au service de documentation du Centre d Études Techniques de l Équipement Nord-Pas-de-Calais Picardie, à Lille, qui nous en a autorisé la reproduction dans le cadre de cette étude urbaine, près de 40 ans plus tard. L objet principal de cette étude était de déterminer, à proximité du nouveau site de l aéroport de Roissy en France, les conditions d extension de ces deux communes remarquables par leur paysage. la potentialité constructible du site, le maintien de son dégagerons de l étude» (page 6). les «critères esthétiques» peuvent paraître aujourd hui très situées dans l esprit de ces temps-là, - par exemple à la recherche d un langage - critères de perception et de valeurs - critères objectifs et subjectifs..., il n en reste pas moins que l analyse conclut, page 38 : des constructions vétustes, une restauration hétérogène et partielle, par un apport de constructions neuves, petites inscrits dans le site, beaucoup moins sensible cependant Ainsi donc, l ensemble village - verger - champ - bois - 40 ans plus tard, cette donnée essentielle de la lecture du paysage reste très présente. C est bien parce que le conjonction au bâti du village des pépinières, vergers et parcs d ornements des grandes propriétés, qu il s inscrit sur le bord du relief naturel entre champs ouverts et bois «fermés», c est bien pour toutes ces singularités que nous lui conservons aujourd hui le même intérêt qu hier. Au-delà de l analyse, l objet de cette étude est de préparer l urbanisation de la région, dans une perspective de 25 ans. C est un projet de parc d attractions sur une centaine montagne, le bruit et surtout la densité de circulation Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 104
100 Il est assez remarquable de constater que cette pré-vision des années 70 représente assez exactement l histoire de ces quatre dernières décennies, jusqu au détail révélateur de l interrogation sur la densité de circulation générée par le parc d attractions, point crucial de discussions qui fut voie autoroutière. Mortefontaine L étude se poursuit à travers la simulation des formes de lotissement à construire entre les deux communes. Après le rejet d une solution A de lotissement continu entre les deux villages, il est préféré une autre solution, l hypothèse B, qui s attache à maintenir des zones agricoles et les surfaces de pépinières aux abords des villages, selon les recommandations développées depuis l analyse. L étude s achève par des propositions à partir de croquis en coupe de la volumétrie des habitations nouvelles, croquis assez inspirés par l actualité de l architecture de l habitat individuel de moyenne densité, telle que développée au Danemark et en Angleterre depuis le début des années 60. Extrait de l étude urbaine de 1970 plan de Mortefontaine en 1970 Extrait de l étude urbaine de 1970 plan de l extension de Mortefontaine et des villages avoisinants C est au contraire constater sa réalité, aider sa croissance en sont présentes pour orienter les choix et les décisions pour Extrait de l étude urbaine de 1970 Mortefontaine en 1970 Extrait de l étude urbaine de 1970 inscription des nouvelles constructions dans le site Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 105
101 Textes «Les grandes heures de Mortefontaine» Groupe d Étude des Monuments et Œuvres d art de l Oise et du Beauvaisis (GEMOB), 1993 bulletin n réédition 2001 augmentée Illustrations Charles Paul Furne Vues stéréoscopiques entre 1858 et 1861 BNF Richelieu FRBNF sous notice 8 cote Vincent Pomarède et Olivier Bonfait, ed Flammarion, Paris, 1996», document aujourd hui conservé à la Bibliothèque Nationale sous la référence LK , M Occidem, ed chez les marchands de nouveautés, Paris, 1825, document aujourd hui conservé à la Bibliothèque Nationale sous la référence LK B. H. Revoil, document aujourd hui conservé à la Bibliothèque Nationale sous la référence L7K «Étude pour la protection du site de Plailly et de», par l Atelier d Architecture et d Urbanisme, 3, boulevard Arago, Paris 13e, mars 1970, Ministère de l Équipement et du Logement, la région de Picardie, et la Délégation à l Aménagement du Territoire représentés par l Organisme Régional d Etudes et d Aménagement de la Vallée Aisne-Oise document aujourd hui conservé à la Bibliothèque Nationale de France Tolbiac sous la référence A LO7-216 ou CETE Nord Picardie. Edouard Baldus - Chemin de fer du Nord Ligne de Paris à Compiègne par Chantilly petites vues photographiques vers Entre Louvres et Orry-la-Ville - BNF Richelieu IFN Notice FRBNF sous notice 19 à 23. Aquarelles anonymes photos de Mr Jean Mazel «Les grandes heures de Mortefontaine» Groupe d Étude des Monuments et Œuvres d art de l Oise et du Beauvaisis (GEMOB) 1993 bulletin n réédition 2001 augementée Plans Plan général des jardins et environs de Mortefontaine levé par Le Rouge, Ingénieur Géo. du Roi, en Novembre 1776 Parc de Mortefontaine vers 1780 BnF département des cartes et plans cote GEC-9606 Plan extrait du «traité des jardins» par Vergnaud, 1839 BnF département des cartes et plans cote GED-6575 Carte de la capitainerie de Halatte, 1711, BnF département des cartes et plans Cartes de randonnées IGN 2412 OT et 2413 OT, 2002 Parc Naturel Régional Oise-Pays de France 107
21.12.07. COMMUNE DE MORTEFONTAINE Parc Naturel Régional Oise-Pays de France ÉTUDE URBAINE DIAGNOSTIC - PHASES I - II
COMMUNE DE MORTEFONTAINE Parc Naturel Régional Oise-Pays de France ÉTUDE URBAINE DIAGNOSTIC - PHASES I - II COMPRÉHENSION DU PAYSAGE D INSCRIPTION DU VILLAGE ANALYSE DES ÉVOLUTIONS DU TISSU ET LECTURE
Enjeux environnementaux prioritaires des forêts de Poitou-Charentes
Annexe 3 Enjeux environnementaux prioritaires des forêts de Poitou-Charentes Cette annexe présente les enjeux environnementaux ayant été définis comme prioritaires en Poitou-Charentes. Une série de cartes
Étude de la carte de Vézelise. Initiation à la lecture du relief sur une carte topographique
Étude de la carte de Vézelise Initiation à la lecture du relief sur une carte topographique Double objectif de la séance Étude d un paysage lorrain de côte Apprentissage de la lecture du relief sur une
AVIS. Objet : Demande de permis de lotir à Franc- Waret (FERNELMONT) Réf. : CWEDD/05/AV.276. Liège, le 14 mars 2005
AVIS Réf. : CWEDD/05/AV.276 Liège, le 14 mars 2005 Objet : Demande de permis de lotir à Franc- Waret (FERNELMONT) Avis du CWEDD portant sur une demande de permis de lotir à Franc-Waret (FERNELMONT) L avis
- 2 - La Traduction - 2.1. - La Traduction Spatiale Révision du PLU/Commune de HAMEL
- - La Traduction -.. - La Traduction Spatiale Révision du PLU/Commune de HMEL Christophe Laborde, paysagiste - gence E.Sintive, Ludovic Durieux, architecte urbaniste Sept - PGE -. - La Traduction Spatiale
SCP d Architecture et d Aménagement du Territoire DESCOEUR F & C 49 rue des Salins, 63000 Clermont Fd. 7 juin 2010
SCP d Architecture et d Aménagement du Territoire DESCOEUR F & C 49 rue des Salins, 63000 Clermont Fd Commune de Coulandon CONTRATT COMMUNAL D AMENAGEMENT DE BOURG FICHE ACTION 1 Aménagement de la route
Magonty, un quartier tourné vers l écologie de demain
Pessac, le 7 août 2009 Réf. : CQM-2009-30a-CV Magonty, un quartier tourné vers l écologie de demain Projet de cheminements verts Rapporteur Serge Degueil Responsable Commission Cadre de vie Yves Schmidt
Laisser une empreinte Devenez acteur de la restauration des plantations du canal du Midi
Laisser une empreinte Devenez acteur de la restauration des plantations du canal du Midi Le canal du Midi, un patrimoine exceptionnel Une vitrine. L inscription par l Unesco en 1996 sur la liste du patrimoine
DISPOSITIONS APPLICABLES A LA ZONE N
DISPOSITIONS APPLICABLES A LA ZONE N CARACTERE DE LA ZONE Zone faisant l objet d une protection en raison soit de la qualité des sites, des milieux naturels, des paysages et de leur intérêt notamment du
Le château de Versailles Architecture et décors extérieurs
Le château de Versailles Architecture et décors extérieurs Les rois de France viennent régulièrement chasser à Versailles à partir du XVI ème siècle. Henri IV y amène son fils, le futur Louis XIII. Devenu
Atelier Environnement Préparatoire au Projet d Aménagement et de Développement Durable. S e p t e m b r e 2 0 0 8
Atelier Environnement Préparatoire au Projet d Aménagement et de Développement Durable S e p t e m b r e 2 0 0 8 Le PADD : un Projet Politique Le PADD : un Projet Politique L e S C O T, u n o u t i l a
LE RESEAU VERT PAC LA CHAPELLE - LES SCIERS
LE RESEAU VERT PAC LA CHAPELLE - LES SCIERS Plan directeur de quartier n 29298 B Du réseau vert au réseau écologique Le projet de réseau vert du PAC de La Chapelle - Les Sciers repose sur deux approches
GR 782 «LE CHEMIN HENRI IV»
PRÉSENTATION GR 782 «LE CHEMIN HENRI IV» De Lourdes à Artiguelouve (jonction avec le GR 653) Le Chemin Henri IV, célèbre dans le Béarn, relie Lourdes à Pau en empruntant une ancienne voie romaine établie
LA NÉCESSITÉ D UNE VILLE PLUS VERTE LA DÉMARCHE COMMENT ÇA MARCHE?
GUIDE PÉDAGOGIQUE LA DÉMARCHE La Ville de Paris invite les Parisiens à recenser les lieux qui pourraient accueillir de la végétalisation au plus près de chez eux (délaissés, mobiliers urbains, murs ).
PASS ARAN. Maison du Valier - Gite Eylie 9 h 25 mn Dénivelée +1642m -1582 m
PASS ARAN Maison du Valier - Gite Eylie 9 h 25 mn Dénivelée +1642m -1582 m Maison du Valier 950m 0h Tél 05 61 01 01 01 Suivre vers le Nord le GR 10 (balisage rouge et blanc) qui remonte au parking pour
TOSSA DE MAR ITINÉRAIRES ET PARCOURS
FR OFICINA DE TURISME OFFICE DE TOURISME MUNICIPAL Avinguda del Pelegrí, 25 - Edifici La Nau 17320 Tossa de Mar Costa Brava Girona Spain Tel. +34 972 340 108 email: [email protected] www.infotossa.com
Débroussailler autour de sa maison : «une obligation»
Guide du débroussaillement règlementaire aux abords des constructions dans le département de Vaucluse Débroussailler autour de sa maison : «une obligation» 2 ème édition Le débroussaillement vous protège,
LE PARC DE FIGUEROLLES
LE PARC DE FIGUEROLLES SUR LES RIVES DE L ETANG L DE BERRE A MARTIGUES LE PATRIMOINE RURAL DU SITE Vue aériennea du site de Figuerolles en limite Nord de la Commune de Martigues Le caractère re rural de
Diagnostic de la Tranche 1 du programme. de restauration de la Sienne
Diagnostic de la Tranche 1 du programme de restauration de la Sienne Méthodologie : - Choix du secteur géographique Le chiffrage a été fait à partir d un diagnostic global de la Tranche 1 du programme
Une espèce exotique envahissante: Le Roseau commun. ou Phragmites australis
Une espèce exotique envahissante: Le Roseau commun ou Phragmites australis Indigène vs exotique Il y a deux sous-espèces de Phragmites australis, L indigène: n envahit pas le milieu, cohabite avec les
Document d Objectifs des sites Natura 2000 FR 9110108 et FR 9101435 «Basse Plaine de l Aude» Table des Annexes
Table des Annexes Annexe I : Procédure de désignation des sites Natura 2000 (ZPS et SIC). Annexe II : Composition du comité de pilotage. Annexe III : Exemple de cahier de pâturage tournant Manade. Annexe
Développement du concept d aménagement du centre-ville
Développement du concept d aménagement du centre-ville L objectif de la rencontre Présenter le concept d aménagement du centre-ville développé par les comités de travail Le déroulement proposé 1. Rappel
un certain recouvrement Michaële Andrea Schatt Parc du palais de Compiègne
un certain recouvrement Michaële Andrea Schatt Parc du palais de Compiègne La floraison tardive et luxuriante de dahlias à l automne dans le Petit Parc du Palais de Compiègne laisse la place de novembre
UN NOUVEAU CADRE DE VIE...
UN NOUVEAU CADRE DE VIE... Résider sur la rive d un parc Située au cœur du nouveau quartier résidentiel Rives de Seine, la résidence Rive de Parc est une réalisation exceptionnelle à plusieurs titres.
Formation FORÊT Les massifs
Formation FORÊT Les massifs Ateliers du patrimoine naturel de Picardie Rémi François Paul Janin 20/04/2014 Tour d horizon des principaux massifs picards Retz : l héritage de la futaie cathédrale Dominance
Guide des autorisations d urbanisme
Guide des autorisations d urbanisme de Service Urbanisme Villenoy 2014 TABLE DES MATIERES QUEL DOSSIER DEPOSER POUR MON PROJET?... 2 QUELQUES NOTIONS POUR BIEN DEMARRER.... 2 MON PROJET EST-IL SOUMIS A
Introduction. 1. Les engagements de McGill
Introduction L Université McGill remercie le Conseil municipal et l Office de consultation publique de Montréal de tenir des consultations publiques sur le projet du Plan de protection et de mise en valeur
Questionnaire eevm. échange école ville montagne. www.parc-du-vercors.fr/eevm/
Questionnaire eevm échange école ville montagne www.parc-du-vercors.fr/eevm/ Répondre aux questions. Il y a 3 types de réponses en fonction des types de questions. - Questions fermées à réponse unique
les nouveaux espaces publics des quartiers nord
les nouveaux espaces publics des quartiers nord Comité de suivi du 7 avril 2006 SEM SEM Amiens Amiens Aménagement _ 7 _ avril 7 avril 2006 2006 _ ESE _ ESE bet bet ingénierie Charles VICARINI concepteur
ÉTUDE PRÉPARATOIRE - SECTION IV SCHÉMAS DIRECTEURS. EP4-SD-LI-02a «AN DER UECHT» PROJET D AMÉNAGEMENT GÉNÉRAL DE LA COMMUNE DE KÄERJENG
AMÉNAGEMENT GÉNÉRAL DE LA COMMUNE DE KÄERJENG SECTION IV - ÉTUDE PRÉPARATOIRE PROJET D AMÉNAGEMENT GÉNÉRAL DE LA COMMUNE DE KÄERJENG ÉTUDE PRÉPARATOIRE - SECTION IV SCHÉMAS DIRECTEURS EP4-SD-LI-02a «AN
SOMMAIRE. Des dallages de caractère pour des piscines très exclusives RUSTIQUE BULLÉE 04 ABBAYE 12 PIERRE DU LOT 10 COLLÉGIALE 16
2011 Des dallages de caractère pour des piscines très exclusives De l atmosphère restituée des anciennes bâtisses à l esprit de modernité des maisons contemporaines, les dallages et margelles PIERRA signent
Regard sur le béton. Maison «Mannaz» à Wasseiges
Regard sur le béton Maison «Mannaz» à Wasseiges La maison «Mannaz» s implante dans la campagne de la Hesbaye, ouverte sur son paysage et ancrée dans son patrimoine bâti. L architecte Yves Delincé traduit
PLAN GÉNÉRAL D AMÉNAGEMENT FORESTIER SEIGNEURIE DE PERTHUIS RÉSUMÉ NOTE AU LECTEUR
NOTE AU LECTEUR Dans le cadre de notre certification forestière à la norme du Forest Stewardship Council de la Seigneurie de Perthuis, nous vous présentons un résumé du plan général d aménagement forestier
JEUNE CONSEIL DE MONTRÉAL
JEUNE CONSEIL DE MONTRÉAL XXVII e Édition Règlement n o 2014-02 : Règlement sur le développement des toits verts et l agriculture urbaine PRÉSENTATION Présenté par M. Charles Marois, membre du comité exécutif,
Vision stratégique du développement culturel, économique, environnemental et social du territoire
Vision stratégique du développement culturel, économique, environnemental et social du territoire PROJET D ÉNONCÉ DE VISION STRATÉGIQUE OCTOBRE 2014 TABLE DES MATIÈRES POURQUOI UN ÉNONCÉ DE VISION STRATÉGIQUE?...
www.igg.fr Tout savoir sur l itinéraire à grand gabarit
www.igg.fr Tout savoir sur l itinéraire Direction Régionale de l Équipement Midi-Pyrénées Mission Grand Direction Régionale de l'équipement Midi-Pyrénées Cité administrative bâtiment A boulevard Armand
Ursulines de Québec, 1/N,3,11,1,2. Ursulines de Québec, 1/N,3,11,1,1.
a série Propriétés terriennes du Service des Archives du Monastère des Ursulines de Québec regorge de documents précieux et instructifs. Le premier article de l année établissait les fondements de la colonisation
Nous recensons ci-dessous, de la manière la plus exhaustive possible, l ensemble des éléments qui ont ou vont nécessiter une intervention :
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers, L année 2013, pas encore terminée, nous a déjà réservé son lot de surprises : froid, humidité constante, pluies abondantes suivies, dans le
Dossier de Presse 5 juin 2008 20. L Oeuvre de Vauban à Besançon
Dossier de Presse 5 juin 2008 20 L Oeuvre de Vauban à Besançon Dossier de Presse 5 juin 2008 21 Besançon : des défenses façonnées par un méandre dominé > 21 27 La citadelle Historique La position stratégique
CONSEIL MUNICIPAL DU MARDI 13 SEPTEMBRE 2005 A 18h30 NOTE DE SYNTHESE
CONSEIL MUNICIPAL DU MARDI 13 SEPTEMBRE 2005 A 18h30 NOTE DE SYNTHESE En préalable, Mr Mély donne lecture des actes et contrats signés lors des derniers mois A remarquer un nombre de transactions toujours
Règlement type relatif à l abattage d arbres
Règlement type relatif à l abattage d arbres INTRODUCTION «Une municipalité ou une MRC peut régir ou restreindre la plantation ou l'abattage d'arbres afin d'assurer la protection du couvert forestier et
Plan de désherbage, plan de gestion différenciée : objectifs et mise en œuvre concrète, quelles sont les actions à mettre en place par les communes?
11 décembre Arles Plan de désherbage, plan de gestion différenciée : objectifs et mise en œuvre concrète, quelles sont les actions à mettre en place par les communes? Claire LAFON Benoit DUPUY Introduction
Le Confidentiel. 0 805 405 485 Appel gratuit depuis un poste fixe. LNC.fr
Accès en voiture : Par l autoroute A620 / E72 / E9 : Sortie 31B (Les Minimes) A 10 minutes du Capitole EN TRANSPORTS EN COMMUN : Métro : station Barrière de Paris, ligne B Bus : arrêt Amat Massot, bus
Réhabilitation du Parc Rodin à Issy-les-Moulineaux Réalisation des escaliers mécaniques et d un skate parc
Réhabilitation du Parc Rodin à Issy-les-Moulineaux Réalisation des escaliers mécaniques et d un skate parc CONTACT PRESSE Nadège Moreira [email protected] 01 41 23 82 58 Site : www.issy.com
Avis bureau Création d une zone commerciale Sainte Anne sur Brivet
Déplacement et agrandissement de la zone commerciale de Pont Château. 30ha Le projet et le SAGE Qualité des milieux Article 1 protection des zones humides Article 2 niveau de compensation Article 5 création
Congrès INFRA 2014- Montréal Plan d adaptation aux changements climatiques municipal
Congrès INFRA 2014- Montréal Plan d adaptation aux changements climatiques municipal Julien St-Laurent, M.Sc.Env. Spécialiste environnement Direction de l Aménagement, gestion et développement durable
DRAVEIL élabore son PLU
DRAVEIL élabore son PLU Réunion publique de quartier DANTON -LA VILLA DOMAINE DE VILLIERS Plan Local d Urbanisme VILLE DE DRAVEIL 10 JUIN 2010 La ville dans son contexte Situation géographique 19kmausuddeParis
Atelier de participation à la lecture de notre cadre de vie et de ses mutations. à destination des membres des CCATM et des CLDR
Atelier de participation à la lecture de notre cadre de vie et de ses mutations à destination des membres des CCATM et des CLDR Le cadre de vie, C est quoi au juste? Environnement incorporant la dimension
Hôtel du Petit Moulin
Hôtel du Petit Moulin Au cœur de Paris Dossier de Presse 29/31 rue du Poitou 75003 Paris Tél : 33(0)1 42 74 10 10 Fax : 33(0)1 42 74 10 97 Contact Presse : [email protected] www.paris-hotel-petitmoulin.com
un lieu d exception pour goûter l art de vivre en bretagne
un lieu d exception pour goûter l art de vivre en bretagne le château du grand val accueille séminaires et incentives haut de gamme Le Château du Grand Val, dont les origines remontent au XVème siècle,
Parc naturel urbain du champ de courses Réunion publique de présentation du programme. Lundi 8 décembre 2014 Stade Robert-Diochon
Parc naturel urbain du champ de courses Réunion publique de présentation du programme Lundi 8 décembre 2014 Stade Robert-Diochon Sommaire 1. Retour sur le processus de création du programme 2. Présentation
Conseil d Architecture, d Urbanisme et d Environnement de la Seine-Maritime. Construire sa maison : les clefs du projet
Conseil d Architecture, d Urbanisme et d Environnement de la Seine-Maritime Construire sa maison : les clefs du projet Conseil d Architecture, d Urbanisme et d Environnement de la Seine-Maritime Construire
Décrets, arrêtés, circulaires
Décrets, arrêtés, circulaires TEXTES GÉNÉRAUX MINISTÈRE DES TRANSPORTS, DE L ÉQUIPEMENT, DU TOURISME ET DE LA MER Arrêté du 15 janvier 2007 portant application du décret n o 2006-1658 du 21 décembre 2006
AGORA 2014 Appel à idées Habiter les toits à Bordeaux Et pour compléter
AGORA 2014 Appel à idées Habiter les toits à Bordeaux Et pour compléter 1 SOMMAIRE Vues générales des toits 3 Type de charpentes, de la plus simple à la plus sophistiquée quelques coupes transversales
(1re chambre - formation à 3)
COUR ADMINISTRATIVE D APPEL DE DOUAI N 11DA01541 Inédit au recueil Lebon M. Yeznikian, président REPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS (1re chambre - formation à 3) Mme Marie-Odile Le Roux, rapporteur
Château des Ducs de Bretagne, France : l accessibilité permet la réappropriation par les habitants de Nantes du château-musée
Château des Ducs de Bretagne, France : l accessibilité permet la réappropriation par les habitants de Nantes du château-musée Thierry Mezerette FICHE D IDENTITÉ Type d établissement : château - musée Localisation
ESTIMATION DE LA TAILLE DES POPULATIONS D ANOURES DE LA FORET DE FONTAINEBLEAU (SEINE ET MARNE)
ESTIMATION DE LA TAILLE DES POPULATIONS D ANOURES DE LA FORET DE FONTAINEBLEAU (SEINE ET MARNE) Philippe LUSTRAT 33 rue de la garenne 77760 VILLIERS SOUS GREZ Lustrat P. (1999) - Estimation de la taille
église paroissiale ; cimetière Saint-Pierre de Poulainville, devenus cimetière communal (détruit)
Ancienne église paroissiale et cimetière Saint-Pierre de Poulainville, devenus cimetière communal (détruit) place de l' Eglise Poulainville Dossier IA80003711 réalisé en 2002 Copyrights Copyrights Auteurs
Exceptionnellement et pour longtemps
Grand Genève Exceptionnellement et pour longtemps L ŒUVRE IMMOBILIÈRE L ŒUVRE IMMOBILIÈRE CONCEVOIR & CONSTRUIRE Animés par un idéal de bien-être et de créativité, nous concevons notre métier comme une
CONSOLIDATION des ESPACES OUVERTS
PPU Le Quartier Latin - Îlot Saint-Sulpice CONSOLIDATION des ESPACES OUVERTS NOVEMBRE 2012 LES TERRASES ST-SULPICE PPU Le Quartier Latin - Îlot Saint-Sulpice Plan d actions du Quartier Latin CONSOLIDATION
AVIS. Objet : Demande de permis d environnement pour l aménagement et l exploitation d un terrain d entraînement de sport moteur à ROCHEFORT
AVIS Réf. : CWEDD/06/AV.378 Liège, le 13 mars 2006 Objet : Demande de permis d environnement pour l aménagement et l exploitation d un terrain d entraînement de sport moteur à ROCHEFORT Avis du CWEDD portant
Constitution d'un réseau écologique sur la commune de Muttersholtz
Identité du territoire Structure porteuse de l'action : Ligue pour la Protection des Oiseau Alsace Entrée Thématique Agriculture Espèces et habitats naturels Milieu aquatiques et humides Localisation :
Quelques données : Domaines & Patrimoine. Accord de partenariat avec le Groupe LAFORET Franchise. Membre de l ASFFOR.
1 2 Quelques données : Domaines & Patrimoine Membre de Adhérent à : l ASFFOR Membre de l ASFFOR Accord de partenariat avec le Groupe LAFORET Franchise 10 11 salariés 7000 8 500 ha ha gérés 12 13 groupements
QuickTime et un décompresseur sont requis pour visionner cette image. ETUDE DE CLIENTELE TOURISTIQUE DU LIMOUSIN. 7 avril 2009
ETUDE DE CLIENTELE TOURISTIQUE DU LIMOUSIN 7 avril 2009 Objectifs de l enquête Définir les caractéristiques des clientèles touristiques du Limousin : motivations, profils et comportements Mesurer leur
Symboles de nos cartes
2011 Cartes nationales de la Suisse Symboles de nos cartes Supplément illustré de la légende des signes conventionnels des cartes nationales (CN) de la Suisse Schweizerische Eidgenossenschaft Confédération
La Charte. forestière. du Pilat. Un engagement collectif pour une gestion durable de la forêt
La Charte forestière du Pilat Un engagement collectif pour une gestion durable de la forêt Réalisation Jecom - RCS 493 898 043 - Avril 2011 - Imprimé sur papier issues de forêts françaises et belges gérées
CENTRALES HYDRAULIQUES
CENTRALES HYDRAULIQUES FONCTIONNEMENT Les différentes centrales hydrauliques Les centrales hydrauliques utilisent la force de l eau en mouvement, autrement dit l énergie hydraulique des courants ou des
RECUEIL DES ACTES ADMINISTRATIFS
PREFET DE L YONNE RECUEIL DES ACTES ADMINISTRATIFS spécial n 10/2013 du 10 juin 2013 Adresse de la préfecture : 1, Place de la Préfecture - CS 80119-89016 Auxerre cedex tél. standard 03.86.72.79.89 Adresse
Formulaire d'adhésion PEFC
Formulaire d'adhésion PEFC Acte d'engagement du propriétaire dans la démarche de certification par portage proposée par la Coopérative Provence Forêt I Présentation La certification PEFC doit permettre
Ywood Les Docks Libres à Marseille
Ywood Les Docks Libres à Marseille S. Bouquet 1 Ywood Les Docks Libres à Marseille Stéphane Bouquet NEXITY / YWOOD FR-Paris, Marseille 2 Ywood Les Docks Libres à Marseille S. Bouquet 5 ème Forum International
Le financement du projet
Le financement du projet Comment financer mon projet? 14 Votre budget doit faire l objet d une étude approfondie. Pour vous aider à établir votre plan de financement, faites appel à l Association Départementale
PROJET DE RESTAURATION DE L ANCIEN COUVENT DE LA VISITATION. Monument Historique. Place de la République 72000 LE MANS
PROJET DE RESTAURATION DE L ANCIEN COUVENT DE LA VISITATION Monument Historique Place de la République 72000 LE MANS 01 PRÉSENTATION DE LA VILLE Le Mans Paris Rennes Nantes Le Mans À seulement 50 minutes
Compte rendu de la journée technique du mardi 23 septembre organisée par ODIT France à la Maison du Tourisme 75014 Paris
Compte rendu de la journée technique du mardi 23 septembre organisée par ODIT France à la Maison du Tourisme 75014 Paris Thème : Commercialiser la campagne : les questions de base posées aux territoires
2-1 ére partie : Les Deux Vallées : leur histoire et environnement proche et lointain
un 2-1 ére partie : Les Deux Vallées : leur histoire et proche et lointain 2.1 Les Deux Vallées : une histoire 2.2 Les Deux Vallées : un Schéma de Cohérence Territoriale des Deux Vallées Rapport de présentation
communes du pays de brouilly. Four du hameau de Chardignon Saint-Lager
Schéma de restaurationvalorisation du petit patrimoine des communes du pays de brouilly. Four du hameau de Chardignon Saint-Lager SOMMAIRE 1) ÉDIFICE PRÉSENTE... 3 A) DÉNOMINATION ET POSITION GÉOGRAPHIQUE...
LIDO DU PETIT ET DU GRAND TRAVERS A MAUGUIO-CARNON
Prix 2013 «Infrastructures pour la Mobilité et Biodiversité» LIDO DU PETIT ET DU GRAND TRAVERS A MAUGUIO-CARNON Aménagement et renaturation d un site naturel remarquable Psammodrome d Edwards Une dégradation
VANNES, VIS SANS FIN, POMPES D ASSÈCHEMENT DES MARAIS
La Directive Cadre sur l Eau (DCE, n 2000/60/CE) fixe comme objectif pour 2015 l atteinte du bon état ou du bon potentiel écologique des eaux de surface. Ces états écologiques sont appréciés par la qualité
Une autre façon de vivre à Lyon BBC. Bâtiment Basse Consommation
Une autre façon de vivre à Lyon BBC Bâtiment Basse Consommation 1 7 2-1 7 6 r u e d e S a i n t - C y r L Y O N 9 e Vivre à Lyon comme à la campagne Situé à l ouest de la Saône, à la lisière de Saint-Didier
ACADÉMIE D ORLÉANS-TOURS NOTE D INFORMATION n 21
ACADÉMIE D ORLÉANS-TOURS NOTE D INFORMATION n 21 HYGIENE ET SÉCURITÉ JUIN 2001 Francis MINIER Inspecteur d Hygiène et de Sécurité Correspondant académique à la sécurité Tel : 02 38 79 46 64 Secrétariat
LIVRET DE RESTITUTION
LIVRET DE RESTITUTION ESPACE TRUILLOT...... IMAGINONS UNE PROMENADE PLANTÉE Atelier de sensibilisation à la ville et à l architecture 2012 CAUE de Paris 2 L architecture et le paysage urbain composent
Situation 1 : Note :...
Situation 1 : Adhérence sur les pavés et positionnement en entrée de giratoire pour aller à gauche à noter un rampant aigu descendant de plateau ralentisseur en sortie du giratoire Situation 2 : Adhérence
Association des. Objectifs. convivialité, réunir les habitants autour du jardinage. action sociale, action environnementale,
Objectifs Association des convivialité, réunir les habitants autour du jardinage action sociale, création de jardins familiaux action environnementale, promouvoir un jardinage respectueux de l environnement
Brou-sur-Chantereine Elaboration du PLU Compte-rendu de la réunion publique de présentation du diagnostic 20 janvier 2011 1
1. Avant-propos de Monsieur Bréhaux (adjoint au maire en charge de l urbanisme) : L importance du P.L.U. en tant qu outil législatif permettant une maîtrise de l urbanisme de la commune est rappelée aux
Pays Rhin-Vignoble -Grand Ballon
Pays Rhin-Vignoble -Grand Ballon Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) Réunion commission EauBiodiversité-Déchets 22 janvier 2015 DGALN - Direction de l'eau et de la Biodiversité 1 Ordre du jour
PREFECTURE DE LA LOZERE
SOUS-PREFECTURE DE FLORAC POLE DE DEFENSE DES FORETS CONTRE L INCENDIE PREFECTURE DE LA LOZERE Arrêté préfectoral n 2015071-0002 - du 12 mars 2015 relatif à la prévention des incendies de forêts dans les
LA CHARTE REGIONALE D ACCES AUX AIDES AGRICOLES
LA CHARTE REGIONALE D ACCES AUX AIDES AGRICOLES Version A Aide sollicitée auprès du Conseil Régional de Picardie au titre de (cocher l aide sollicitée) : o L investissement en agriculture biologique o
- 1 - Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers généraux,
- 1 - Commune de Bevaix Conseil général Rapport du Conseil communal au Conseil général à l appui d une demande de crédit de Fr. 600'000.- pour la rénovation de l immeuble rue du Temple 4. Monsieur le Président,
Caisse Nationale de Mutualité Agricole
Séminaire national sur la vulgarisation, l appui-conseil et les bonnes pratiques agricoles Le rôle des Assurances Agricole dans le développement de la politique du renouveau Agricole et Rural Présentation
Le logiciel : un outil de gestion des données, une aide pour le choix des techniques et un outil de communication pour le personnel de terrain
Le logiciel : un outil de gestion des données, une aide pour le choix des techniques et un outil de communication pour le personnel de terrain La WALLONIE comprend 262 communes Communes de 1 à 5.000 habitants
CREDIT D ETUDE EN VUE DE LA CONSTRUCTION D UNE PASSERELLE SUR LE RHONE RELIANT LES COMMUNES D ONEX ET DE VERNIER.
DA 500 10.09 CREDIT D ETUDE EN VUE DE LA CONSTRUCTION D UNE PASSERELLE SUR LE RHONE RELIANT LES COMMUNES D ONEX ET DE VERNIER. Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, En 2009, les communes de
SOMMAIRE. I Objet de la consultation - Dispositions générales... 2. I.1 Présentation du contexte...2 I.2 Le bassin versant de la Bièvre...
SOMMAIRE I Objet de la consultation - Dispositions générales... 2 I.1 Présentation du contexte...2 I.2 Le bassin versant de la Bièvre...2 II Mission du prestataire... 3 II.1 Objet de la mission...3 II.2
Détermination des enjeux exposés
RAPPORTS CETE de LYON Centre d'études Techniques de LYON Département Laboratoire de Clermont-Ferrand Affaire 19526 Détermination des enjeux exposés au risque inondation de l'oeil à Cosne d'allier novembre
P.L.U. Plan Local d'urbanisme PRESCRIPTION D'ISOLEMENT ACOUSTIQUE AU VOISINAGE DES INFRASTRUCTURES TERRESTRES DOCUMENT OPPOSABLE
Commune du Département de l'oise P.L.U Plan Local d'urbanisme PRESCRIPTION D'ISOLEMENT ACOUSTIQUE AU VOISINAGE DES INFRASTRUCTURES TERRESTRES DOCUMENT OPPOSABLE Document Établi le 20 septembre 2013 Le
L'ALIGNEMENT. mode d'emploi
L'ALIGNEMENT mode d'emploi SOMMAIRE Définition, champ d application... 3 Plans généraux d alignement... 4 (Composition du dossier, notification, approbation, publication) Les effets de l alignement...
TITRE 3 - DISPOSITIONS APPLICABLES A LA ZONE A URBANISER (zone AU )
TITRE 3 - DISPOSITIONS APPLICABLES A LA ZONE A URBANISER (zone AU ) La zone AU couvre les espaces non équipés par les réseaux de viabilisation, que la commune souhaite réserver au développement de l urbanisation
document de travail Phase 2 : groupe de travail Eau et biodiversité
document de travail Extrait du tableau de bord de la Région de Bruxelles-Capitale, amendé par la Coordination associative : «Nouvelles Rivières Urbaines» et biodiversité 1.2.1. intégration des principes
PLAN DE SITUATION C'est le plan qui localise votre terrain PCMI 1. SAINT DENIS - Bellepierre Parcelle AY 592. Ech : 1/ 2000 ème
PERMIS DE M. X. Plan de situation. Plan de masse 3. Coupe 4. Notice descriptive. Façades et plan de toiture. Insertion graphique 7. Photo dans le paysage proche 8. Photo dans le paysage lointain Mise à
Morcellement du paysage
Morcellement du paysage L indicateur «Morcellement du paysage» montre comment le paysage en dessous de 100 mètres est morcelé par des barrières artificielles telles que des routes ou des zones d habitation.
Les compensations écologiques sur la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique
Les compensations écologiques sur la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique Conception, rédaction, réalisation : Parménion/RFF - Crédit photos : Biotope, CREN Poitou-Charentes, Ecosphère, RFF Impression
OMBTOD 1123. Villa - OMBTOD 1123 - Italie» Ombrie» Todi 8 Personnes - 4 Chambres. Description de la propriété
Villa - OMBTOD 1123 - Italie» Ombrie» Todi 8 Personnes - 4 Chambres Description de la propriété Belle villa indépendante, située en haut d'une colline, qui domine les vallées et les collines et qui offre
