LE RETOUR de la géopolitique

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1 LE RETOUR de la géopolitique 18 à 21 L espace, FACTEUR DE PUISSANCE La maîtrise de l espace demeure un facteur de puissance. Ce paradigme s appelle la géopolitique. Cette discipline fait aujourd hui un retour en force, après plusieurs décennies d ostracisme. 23 à 25 QU EST-CE QUE la puissance? Le mot «puissance» se décline aujourd hui sous toutes les formes et replace la légitimité, comme la crédibilité, au cœur de la politique étrangère. 26 à 29 La diplomatie DES PIPELINES Figure centrale de la croissance économique, l énergie véhicule une dimension politique significative, comme l illustre la «diplomatie des pipelines» mise en place par la Russie. 31 à 34 POUR UNE GÉOPOLITIQUE des passions Un retour de la géopolitique? Oui, répond Pierre Hassner, pour autant que ce concept soit éclairé par les nouvelles réalités de la scène internationale. Il plaide en faveur d une «géopolitique des passions». 16 Louvain 165 octobre / novembre 2006

2 Reuters/Jim Hollander Depuis la fin de la guerre froide, la scène internationale ne se structure plus autour de la dissuasion nucléaire et de l affrontement Est-Ouest. L ordre planétaire est devenu «uni-multipolaire» : les États-Unis sont l unique superpuissance, mais ils doivent composer avec des puissances régionales. Rien de décisif ne peut advenir dans le règlement d une question internationale sans l aval de Washington, mais, en agissant unilatéralement, les Américains s enlisent tel un «Gulliver empêtré». Les conflits, souvent intra-étatiques, sont devenus asymétriques ; la menace, plus diffuse, tient de la prolifération nucléaire et du terrorisme transfrontières. Le jeu de la puissance ne se déroule pas simplement sur le terrain de la suprématie militaire. Des enjeux territoriaux occultés par le prisme idéologique réapparaissent au grand jour : appétences pour les matières premières, nationalismes irrédentistes, tracés des oléoducs, capacité de projection amphibie des forces armées. En un mot, la maîtrise de l espace demeure un facteur de puissance. Cette évolution entraîne un regain d intérêt pour la géopolitique, cette méthode d analyse des relations internationales qui évalue les rapports entre les données spatiales et la puissance. Cette dernière se décline certes sur différents modes, mais la composante territoriale n en est jamais absente. La géopolitique n est toutefois pas appelée à fournir une explication exclusive du système international contemporain. Les idées et les mentalités continuent à façonner une part du comportement des acteurs mondiaux : tel État entendra être le garant ultime de sa sécurité quand d autres se rassurent dans la neutralité ou les alliances ; tel dirigeant infléchira d un cours passionnel la diplomatie de son pays. Car si, de tous les déterminants d une politique étrangère, la géographie est celui qui varie le moins, la politique internationale demeure l art du possible. L observation de Bismarck sied encore au village global du 21 e siècle. Tanguy de Wilde octobre / novembre 2006 Louvain

3 Tanguy de Wilde L espace, FACTEUR DE PUISSANCE Le Pakistan manque de profondeur territoriale : il lorgne sur l Afghanistan. Israël veut garantir ses limites : il occupe la frontière naturelle du plateau du Golan. La Russie voit ses côtes durcies par les glaces polaires : elle protège ses accès aux mers chaudes. Trois cas qui illustrent les trois aspects de la relation entre l espace et la puissance d un État. Ce paradigme explicatif s appelle la géopolitique. Celle-ci fait aujourd hui un retour en force, après plusieurs décennies d ostracisme. Reuters/Sultan Al Fahed Novembre 1989 : le mur de Berlin tombe. Sur la scène internationale, cette chute entraîne à la fois l évanescence de la confrontation idéologique bipolaire (Ouest versus Est) et le retour de recompositions territoriales : unité allemande, désintégration soviétique, implosion yougoslave et tchécoslovaque, conflits sanglants au Moyen-Orient, dans les Balkans, le Caucase ou l Afrique des Grands Lacs. Tout ce qui sommeillait, cadenassé par l affrontement Est- Ouest, s anime soudain : des frontières sont remises en cause, des peuples ou des minorités nationales émettent des revendications, une nouvelle ruée vers les ressources énergétiques s annonce. Bref, sous les pavés des idéologies, la plage de la géopolitique redevint visible. «Espace vital» : un mot-repoussoir Annoncer le retour de la géopolitique, c est forcément admettre que le concept n est pas neuf. Il définit une méthode d analyse des relations internationales qui vise à élucider les rapports entre l espace et la politique. L espace s entend ici au sens large : espace terrestre, maritime, aérien, tel que modifié ou exploitable par l homme. Il s agit en effet de ne pas limiter l explication aux seules contraintes géophysiques. L analyse géopolitique étudie la façon dont les données spatiales affectent la politique des États. Elle s évertue aussi à déceler la manière dont les États maîtrisent ou se servent de l espace à dessein politique. Apparue au tournant des 19 e et 20 e siècles, la pensée géopolitique a subi à partir de 1945 une importante désaffection en raison d une connivence supposée avec le projet hitlérien de conquêtes territoriales, justifiées par la nécessité d un Lebensraum. Or ce concept d espace vital avait été forgé par l école allemande de la Geopolitik. À cet ostracisme moral s ajoutait un manque d intérêt pour la géopolitique en général puisque la dissuasion nucléaire, renforcée par la décolonisation, semblait annihiler toute velléité de guerre pour des appétences territoriales. Cette disqualification de la géopolitique n était pas entièrement justifiée. En effet, la Geopolitik allemande n était pas la seule branche de la géopolitique. Par ailleurs, des géopoliticiens «démocratiques» étaient 18 Louvain 165 octobre / novembre 2006

4 tout à fait à même d avancer des explications de la guerre froide et des rivalités ne correspondant pas à l affrontement idéologique généralisé. L opposition américanosoviétique pouvait ainsi s envisager comme une confrontation classique entre une puissance continentale gigantesque et une puissance maritime tentaculaire. Par ailleurs, les conflits sino-soviétique, vietnamo-cambodgien, irako-iranien ou argentino-britannique d avant 1989 étaient impossibles à comprendre sans se référer à des différends frontaliers, un attrait pour des ressources naturelles ou une concurrence pour l occupation d une position stratégique. Quoi qu il en soit, il fallut attendre la fin de la bipolarité internationale pour voir la géopolitique réapparaître. Elle remplit alors deux fonctions : faire comprendre les enjeux, les mobiles et les arguments contradictoires des forces qui s affrontent pour ou sur un territoire. Mais aussi expliquer la représentation, le prisme cartographique cognitif, qui habite les hommes qui s y opposent. THÈME Mondialisation et hyperterrorisme incitent certains à proclamer la fin des souverainetés et d autres à persister dans l utopie «sans-frontièriste». Ce retour en grâce et en intérêt s accomplit à une époque où le phénomène de mondialisation, couplé au développement de l hyperterrorisme, incite certains à proclamer la fin des territoires et des souverainetés, et d autres à persister dans l utopie «sans-frontièriste». La contradiction n est qu apparente si l on admet que l étude de la scène mondiale doit se garder de toute explication monocausale. L espace demeure donc un facteur influençant les relations internationales, mais sans toutefois les déterminer totalement. La position géographique des États-Unis est constitutive de puissance : ils bénéficient de deux façades océaniques (ici, le port de Miami, sur la côte atlantique). Qu y a-t-il sous le sol? L analyse pratiquée depuis un siècle a eu le mérite de mettre l accent sur trois aspects de la relation entre l espace et la puissance : la dimension, la configuration et la position des États. En définitive, la puissance et la richesse des États dépendent de la combinaison efficace de ces trois éléments, un avantage dans un aspect pouvant être anéanti par une carence dans un autre. Commençons par la dimension, puisque la dimension d un État détermine indéniablement une part de sa puissance et cette taille peut induire un comportement spécifique. Des exemples? Le Pakistan se sent à l étroit par rapport à son rival indien : il lorgne donc sur l Afghanistan pour se procurer une profondeur stratégique. La complaisance d Islamabad à l égard du régime des Talibans avait aussi une explication géopolitique. Quant à l État d Israël, il sait qu il ne peut avoir de quelconque profondeur stratégique vu son exiguïté dans un environnement globalement hostile. Il ne rétrocède dès lors des territoires occupés que contre une paix avérée (le Sinaï rétrocédé à l Égypte) et riposte avec vigueur octobre / novembre 2006 Louvain

5 États-Unis États-Unis : les (dés)illusions et paradoxes de la puissance Les États-Unis possèdent tous les attributs et les outils de la puissance au sens large : politique, économique, militaire, culturelle, idéologique. Surtout depuis la fin de la guerre froide, quand leur seul rival significatif, l'union soviétique, a disparu, faisant des États-Unis l unique super-puissance (ou, pour d autres, une hyper-puiscapacité de Washington à sance). Dans ce cadre, les analystes s interrogent aujourd hui sur la assumer les responsabilités liées à ce nouveau statut. L'administration Bush, depuis janvier 2001, s'est d'emblée affirmée sur une dynamique plus unilatérale que celle de Clinton ( ). Les événements du 11 septembre 2001 ont renforcé cette tendance. L illustration la plus forte en a été la guerre d Irak. Par ailleurs, sur d autres dossiers, les évolutions ont indiqué une plus grande crispation : Amérique latine, Iran, Corée du Nord, refus de la Cour pénale internationale, du Protocole de Kyoto,... Même le processus de paix israélopalestinien s'est effondré dans l'indifférence de Washington, malgré la tentative officielle de relance par le biais de la feuille de route du Quartet. Les récents événements au Liban offrent une nouvelle illustration de la façon de gérer de telles situations depuis Les failles de la puissance américaine ont commencé à apparaître. Pour l actuelle administration, le recours à la force militaire (ou à la menace de l'employer) paraît constituer le mode privilégié d exercice de la puissance. Mais la méthode semble avoir atteint les limites de son efficacité. D autant que certains éléments ébrèchent la crédibilité des motivations de l'administradétention à la prison d'abu tion Bush : conditions de Ghraïb en Irak et sur la base de Guantanamo, légalité des procédures judiciaires d'exception et des écoutes téléphoniques sur le territoire américain. Les limites de cette puissance s illustrent aussi sur des questions internes : 46,6 millions d'américains ne possèdent pas de protection sociale et 37 millions (12,6 % de la population) sont sous le seuil de pauvreté. Ces faiblesses sont apparues avec force, y compris dans l opinion publique américaine, lors du passage du cyclone Katrina en août D'où le retour de cette question déjà posée par l historien Paul Kennedy en 1987 : les États-Unis ne sont-ils pas entrés dans la surexpansion impériale (imperial overstretch)? Et, par conséquent, au vu d autres situations apparentées dans l histoire, le moment d apogée n'est-il pas déjà dépassé? Amine Aït-Chaalal quand des territoires évacués (re)deviennent des bases de harcèlement de son armée. La configuration des États introduit également de nouvelles variables. Le relief montagneux induit une protection et la constitution de zone de refuge, comme en atteste la situation actuelle à la frontière pakistano-afghane. Une frontière située sur un plateau est un atout stratégique : l occupation du Golan donne à Israël cet avantage qu il ne possédait pas. Le climat polaire ou tropical limite les activités humaines et détermine une partie des besoins en énergie des États. Arguant de l hiver rude qu elle subit, la Russie justifie auprès de ses partenaires l octroi d un tarif domestique préférentiel sur le gaz ; ou supprime celui-ci pour l Ukraine s affranchissant de sa tutelle. La qualité du sol et du sous-sol en matières premières détermine le degré plus ou moins grand de dépendance des États les uns par rapport aux autres. Certes, le contact, le développement des moyens de transport et le recours à l échange atténuent les disparités. Mais l inégalité des ressources en matières premières demeure, dans les relations internationales, un facteur de toute première importance. À cet égard, le premier choc pétrolier constitua un cas emblématique. Un embargo pétrolier fut décrété par les États de l'organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) à la suite de la guerre israélo-arabe d'octobre Les membres de l'opaep avaient de facto divisé le monde occidental en trois catégories de pays : ami, ennemi ou neutre. En fonction de la catégorie de relation politique dans laquelle se trouvait l'état tiers, il se voyait appliquer un traitement économique différencié : «l'ennemi» devait subir un embargo complet, «l'ami» bénéficiait d'une poursuite inchangée des relations économiques préexistantes tandis qu'au «neutre» était appliqué une réduction mensuelle de 5% de son approvisionnement pétrolier. Quant à la quadruple multiplication du prix du baril de pétrole brut, elle allait affecter l ensemble des pays importateurs. Y-a-t-il des «guerres pour le pétrole» comme d aucuns l ont insinué pour la guerre en Irak? Ce précédent indique bien la capacité d instrumentalisation d une ressource énergétique par de gros producteurs à l égard de pays industrialisés dépourvus de pétrole ou du gaz. Tous les efforts de l Union européenne pour déterminer une politique commune de l énergie visent d ailleurs à empêcher cette forme de chantage susceptible de diviser des États membres qui ne dépendent pas tous des mêmes fournisseurs. Quant à la guerre qui a ravagé le Congo entre 1998 et 2003, elle ne s explique certes pas uniquement comme un conflit pour l appropriation des ressources minières. Mais le «scandale géologique» que représente l ancienne colonie belge a attisé les convoitises régionales et permit bien des promesses à des États alliés pour devenir l enjeu d une prédation inédite. 20 Louvain 165 octobre / novembre 2006

6 Reuters/Sultan Al Fahed Les ressources en matières premières demeurent un des facteurs de puissance. Cas emblématique : le choc pétrolier de La hausse du prix du baril affecta tous les pays importateurs. Y a-t-il pour autant des «guerres pour le pétrole», comme d aucuns l ont par exemple insinué pour la guerre menée par les États-Unis en Irak en 2003? En réalité, ce fut beaucoup moins vrai qu à l époque du contentieux irako-koweitien de La dispute initiale entre Saddam Hussein et les dirigeants du Koweit concernait notamment des pompages de pétrole litigieux autour d îles en des endroits où les deux États s estimaient souverains. Et le consensus international pour libérer le Koweït se forma en partie par la crainte de voir l Irak menacer l Arabie saoudite et par là même la sécurité des approvisionnements pétroliers issus du Golfe. En 2003, par contre, la motivation des Américains n était plus directement liée à cette crainte, mais au syndrome post- 11 septembre. Voir danser la mer Enfin, le rôle que peut jouer l État dans les relations internationales est largement affecté par la position qu il occupe sur la carte du monde. La situation des États sur le globe fournit assurément un troisième élément de différenciation. Il existe des positions qui ont une valeur politique, comme le constatait les précurseurs de la géopolitique au 19 e siècle. La «valeur» politique de la position dépend du voisinage, tantôt hostile, tantôt coopératif. Et l histoire d un État est toujours en même temps une partie de l histoire des États voisins. Il faut ici mettre l accent sur trois positions géophysiques particulières susceptibles de déterminer, dans une certaine mesure, le devenir et les ambitions politiques des États : l enclavement terrestre, le contrôle des voies de passage et la position insulaire. L État enclavé ne jouit d aucune façade maritime et, partant, d aucun accès direct à la mer. L enclavement terrestre constitue ainsi un handicap géographique majeur qui, bien souvent, lie le destin de l État enclavé à la qualité de ses relations politiques avec ses voisins. Aussi, la recherche d un accès à la mer a-t-elle été un mobile de toute première importance dans l orientation de la politique extérieure des États et la source de moult contentieux géopolitiques. La position des États-Unis est à cet égard constitutive de puissance : sans rivalité à leurs frontières, ils bénéficient de deux façades océaniques. En moins d un siècle, ils ont développé une puissance de projection planétaire amphibie. La Russie, à l inverse, malgré des kilomètres de littoral, ne peut multiplier les accès à la mer en raison de l omniprésence des glaces polaires. D où l objectif traditionnel de la diplomatie russe de se garantir un accès aux mers chaudes et l importance de la flotte de la Mer Noire stationnée en Crimée ukrainienne. Si la géopolitique semble être de retour, c est parce les utopies politiques globalisantes sont devenues des horizons dépassés. Aujourd hui, les simplifications pessimistes (choc des civilisations) ou optimistes (triomphe du modèle politico-économique occidental) ne résistent pas à l analyse approfondie des relations internationales. La géopolitique, par contre, y contribue. octobre / novembre 2006 Louvain

7 ILS ONT CONTRIBUÉ À CE DOSSIER Amine Ait-Chaalal est codirecteur du CECRI et ancien Visiting Scholar à la School of Advanced International Studies (SAIS), Johns Hopkins University, Washington D.C. Il est titulaire d'un séminaire consacré à la politique étrangère des États-Unis. D.R. Anne-Sylvie Berck étudie l'asie du Nord-Est et, particulièrement, la péninsule coréenne, au sein du Centre d'études socio-politiques Belgique-Corée. Licenciée en sciences politiques de l UCL, elle y prépare une thèse sur une comparaison des processus de réunification des États divisés. D.R. Galia Glume est assistante au Département des sciences politiques et des relations internationales de l'ucl et chercheuse au CECRI, où elle réalise une thèse sur les opérations de paix de l'union européenne et de l'otan. Elle a publié récemment «La responsabilité de protéger et l usage de la force. État des lieux depuis le Rapport Brahimi», dans le Guide du maintien de la paix (Jocelyn Coulon dir., Montréal, 2006). D.Rochat Michel Liégeois a coordonné ces pages «Thème». Il enseigne les théories des relations internationales et les questions stratégiques au sein du Département des sciences politiques et des relations internationales de l UCL. Il mène ses activités de recherche au sein du CECRI et du Groupe de recherche en appui aux politiques de paix (GRAPAX) sur les questions stratégiques et le maintien de la paix. Il a notamment publié Maintien de la paix et diplomatie coercitive aux éditions Bruylant (2003). Assistante de recherche à l'institut d'études européennes de l'ucl, Laetitia Spetschinsky rédige actuellement une thèse de doctorat sur l'élaboration de la politique étrangère russe à l'égard de l'union européenne ( ) au sein de la Chaire Inbev-Baillet Latour «Union européenne-russie». D.R. D.R. D.R. D.R. Danila Bochkarev réalise actuellement un doctorat à l Université d'état de Nijni- Novgorod (Russie). Ses recherches autour de la stratégie russe dans le cadre du dialogue énergétique entre l Union européenne et la Russie lui ont valu d obtenir une bourse de la Chaire Inbev-Baillet Latour (UCL KUL). Il est notamment l auteur de Russian Energy Policy During President Putin's Tenure: Trends and Strategies» (2006, GMB Publishing Ltd.). Pierre Hassner est agrégé de philosophie. Directeur de recherches émérite au CERI (Centre d études et de recherches internationales, IEP Paris), il a enseigné tout au long de sa carrière à Sciences-Po Paris et à l Université Johns Hopkins de Bologne. Il fut également professeur invité à Chicago, Boston et Genève. Il est notamment l auteur de La violence et la paix (rééd., Seuil, Poche, 2000), La terreur et l empire (Paris, Seuil, 2003) et Justifier la guerre. De l'humanitaire au contreterrorisme (avec Gilles Andréani dir., Paris, Presses de Sciences Po, 2005). Valérie Rosoux est chercheur qualifié FNRS. Elle enseigne le cours de négociation internationale à l'ucl. À propos de géopolitique, ses dernières publications sont «De l ambivalence de la mémoire au lendemain d un conflit» (dans L. van Ypersele dir., Questions d histoire contemporaine. Conflits, mémoires et identités, Paris, PUF, 2006) et «The Politics of Martyrdom» (dans R. M. Fields ed., Martyrdom: The Psychology, Theology and Politics of Self-Sacrifice, Westport, Praeger Publishers, 2004). Louvain Tanguy de Wilde est professeur de géopolitique à l UCL où il dirige le Centre d études des crises et des conflits internationaux (CECRI) et la Chaire Inbev-Baillet Latour Union européenne-russie (lire en page 35). Il a, entre autres, publié «L'espace, 'force prore : lectures géopolitiques», fonde' de la politique étrangèdans La politique étrangère. Le modèle classique à l'épreuve (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004, avec C. Dubois). 22 Louvain 165 octobre / novembre 2006

8 Galia Glume et Michel Liégeois THÈME QU'EST-CE QUE la puissance? Puissance douce, hyperpuissance, puissance civile ou militaire, acteur global, puissance tranquille Qualifiant à la fois l acteur international, ses moyens et ses objectifs, le mot «puissance» se décline aujourd hui sous toutes les formes. Et replace la légitimité, comme la crédibilité, au cœur de la politique étrangère. Au-delà des forces militaires, les ressources naturelles et énergétiques d'une région - ici des éoliennes sur le plateau du Golan, à la frontière syrienne - constituent un des facteurs de puissance. Après avoir défait l armée irakienne en quelques jours au printemps 2003, les États-Unis première puissance militaire mondiale et leurs alliés s avèrent incapables d établir l ordre indispensable au redémarrage politique et économique du pays. En plus de trois semaines d opérations intensives, Tsahal, la très aguerrie et suréquipée armée israélienne, n est pas parvenue à empêcher le Hezbollah de tirer une pluie de roquettes sur les localités du nord d Israël. Première puissance commerciale de la planète et principal donateur d aide au développement, l Union européenne assiste impuissante à l interminable et tragique agonie du processus de paix au Proche-Orient. Ces situations a priori paradoxales présentent un point commun : la mise en échec de la puissance. La formidable force de frappe militaire des États-Unis ne peut compenser leur incapacité à convaincre du bien fondé de leur présence prolongée sur le territoire irakien et de la légitimité à y imposer un processus politique téléguidé depuis Washington. La supériorité militaire d Israël ne peut, à elle seule, garantir sa sécurité. Pas plus qu elle constitue un substitut durable à un règlement négocié de Reuters/Jim Hollander octobre / novembre 2006 Louvain

9 EUROPE La «puissance» européenne : une question de vocabulaire? Peut-on parler d «Europe puissance»? Davantage qu une réalité, cette notion synthétise l aspiration à une Europe capable de s exprimer d une seule voix sur les grands dossiers, et de peser sur les enjeux internationaux majeurs. Elle implique que l Europe soit la garante ultime de sa sécurité, c est-à-dire militairement autonome vis-àvis de l OTAN, donc des États- Unis. À l heure actuelle, l usage de ce terme, à l instar de «puissance globale», est presque toujours normatif, dans la mesure où l on ne peut pas considérer l UE comme telle aujourd hui. Même si les choses évoluent rapidement, l action extérieure de l Union demeure parcellaire tant sur le plan géographique que thématique. Dès lors, apparaissent toute une série de termes visant à rendre compte du poids des 25, mais aussi de ses limites, de sa spécificité. Ainsi l UE serait une «puissance douce» (en référence au Soft Power de Nye) Son action externe n inclut traditionnellement pas la coercition militaire. L influence de l Europe repopour «modeler» ses parte se sur son attractivité économique et politique, son poids commercial, son statut de premier donateur mondial d aide au développement. La notion de «puissance normative» s en rapproche. Géant économique à fort pouvoir d attraction, l Union se sert en effet de la norme et du droit, à travers les accords qu elle conclut, naires. La forme la plus aboutie de ce pouvoir est l élargissement chaque candidat devant se plier à des conditions précises. Le terme «puissance civile», élaboré pour le Japon et l Allemagne, puis appliqué à l Union, a pour sa part fait l objet d une dérive sémantique non négligeable. Pour Hans Maull, en effet, une puissance civile se caractérise par un relatif scepticisme sur l efficacité de l usage de la force. Mais cela n implique pas qu elle renonce à se doter de moyens militaires significatifs ni même qu elle n y ait recours assez fréquemment. Une nuance de taille, au moment charnière où l Union se dote d une capacité militaire autonome et multiplie les opérations milidans une perspective multitaires à l étranger. L UE demeure cependant latérale, conformément à sa stratégie de sécurité, et définirait son action extérieure comme productrice d une sécurité conçue comme un bien public international. C est pourquoi Sven Biscop la qualifie de «positive power». Ces débats autour de la puissance de l Europe renvoient à l héritage de ses origines : doit-on rappeler que la Communauté européenne fut créée pour «canaliser» la puissance de l Allemagne, et débarrasser l Europe de ses guerres fratricides? Galia Glume et Michel Liégeois l ensemble de la question du Proche-Orient. Dans cette même région, la générosité européenne et la densité de ses liens commerciaux ne peuvent contrebalancer un important déficit de crédibilité politique et militaire. Ces constats illustrent d abord le caractère composite de la puissance. Au-delà de la force militaire, les performances économiques, la sphère d influence géopolitique, les ressources naturelles, l habileté diplomatique, l attractivité socio-économique et le rayonnement culturel constituent d autres facteurs de puissance. Les exemples qui précèdent montrent aussi que ces facteurs ne se combinent pas aisément entre eux. De surcroît, l on observe que les acteurs internationaux ne parviennent pas à compenser une faiblesse dans un domaine par une puissance plus affirmée dans un autre. Enfin, à l heure de l information internationale en temps réel, aucun État ne peut faire l économie de la légitimité. Dans un contexte mondial propice à l exacerbation des clivages entre les peuples, l image et la réputation font figure de socle ou d ornière pour la puissance étatique. Le Brésil comme rival Ainsi, l impuissance des Européens dans les guerres balkaniques a ancré dans les esprits l idée d une Europe faible ; la crise irakienne, celle d une Europe divisée. Même constat pour les Nations Unies. À cet égard, le nouveau mandat de la FINUL, la force d interposition des Nations Unies au Liban, constitue un véritable test. Par ailleurs, trop de puissance nuit à la puissance. Au «moment unipolaire», qui voit triompher l Amérique à la fin de la guerre froide, va succéder une configuration qui met «l Hyperpuissance» aux prises avec deux phénomènes : l émergence de puissances potentiellement hostiles et l annonce de menaces dites «asymétriques». Ces dernières sont intimement liées à la dissymétrie qui peut exister entre deux protagonistes. Face à la puissance militaire d un adversaire qui ne leur laisserait aucune chance de victoire, des acteurs étatiques ou non choisissent d en attaquer le point faible. Par ailleurs, dès le début des années 1990, Washington est inondé de rapports et d études dont l objet principal tourne autour des conditions du maintien de la suprématie américaine dans le monde. Les concurrents potentiels sont alors la Chine, mais aussi deux alliés : le Japon et l Union européenne. L administration américaine parle aujourd hui de regional hegemons. Des pôles régionaux qui révèlent que le monde s oriente vers une configuration «uni-multipolaire», selon la formule de Samuel Huntington, qui rappelle l importance des alliances. Sur chaque continent émergent des puissances régionales d envergure. Désormais, outre la Chine et l Europe élargie, l Inde, l Iran, le Brésil, l Afrique du Sud, peuvent rivaliser avec les plus puissants dans certains domaines. C est bien là que réside la distinction entre petite, grande et moyenne puissance. Le qualificatif renvoie à l idée d un acteur dont la sphère d intérêt couvre l entièreté de la planète ainsi que l ensemble des problématiques sectorielles les autres ayant un impact parcellaire, jamais décisif à lui seul. Il existe cependant des moyens de transcender son statut. Les organisations internationales en font partie. 24 Louvain 165 octobre / novembre 2006

10 Reuters/Stringer Iran THÈME L indépendance est aussi source de puissance. Ainsi, en défiant la communauté internationale, le pouvoir iranien s assure contre toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures. Un siège dans une instance régionale ou mondiale peut agir comme un porte-voix pour une petite ou une moyenne puissance. La réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies participe de cette logique. Avec une réserve : les nécessaires compromis de l action commune (et le processus même d intégration le cas échéant) impliquent une perte d indépendance pour les États membres. Or l indépendance est aussi facteur de puissance. La volonté de posséder l arme nucléaire n est pas étrangère à cette logique. À titre d exemples, on peut citer la rivalité de deux puissances nucléaires comme l Inde et le Pakistan, qui révèle la recherche d une suprématie régionale. Ou la proclamation de l Iran de son intention de maîtriser la technologie nucléaire. En défiant ainsi la communauté internationale, le pouvoir iranien poursuit également une stratégie à deux versants : l affirmation de sa position de leader régional au Moyen Orient, d une part, et la souscription d une assurance contre toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures, d autre part. Il s agit d un gage ultime d indépendance dans un contexte où Washington entend redessiner la carte du «Grand Moyen Orient». tique de la planète semblaient annoncer de nouvelles voies pour la puissance au 21 e siècle. Il ne s agirait plus de contrôler des territoires à l image des démarches impérialistes et coloniales du passé, mais plutôt de construire et de maîtriser des réseaux. Aujourd hui, force est de constater que si les pays occidentaux maîtrisent les réseaux financiers et informatiques, cela ne leur permet pas d empêcher des terroristes de les utiliser à leur profit. Pas davantage que cela ne les dispense d être militairement présents dans les Balkans, en Irak, en Afghanistan ou en Afrique. L accompagnement d un processus de reconstruction nationale, le soutien à la stabilité d une région, le contrôle des stocks et des flux de matières premières demeurent des enjeux vitaux qui exigent encore une présence sur le terrain. L Union européenne l a bien compris : les 25 acquièrent lentement une capacité de projection commune de leur force militaire à l étranger. Souvent qualifiée de puissance douce, eu égard à son inclination à user de méthodes autres que la force armée pour remplir ses objectifs de politique étrangère, l UE entend maintenant se doter de moyens de coercition militaire. D un autre côté, la Chine, la Russie, traditionnellement plus enclines à user de la «puissance pauvre», développent désormais des stratégies d influence. Non moins offensives, celles-ci reposent sur une domination économique, une diplomatie énergétique et une politique étrangère multidirectionnelle. Hard power et soft power sont donc aujourd hui indissociables. La double nature de la puissance exige un choix qui ne remette en question ni la légitimité ni la crédibilité de l État. Trouver le juste équilibre entre le pouvoir d attraction et la capacité de contraindre revient à résoudre ce dilemme. Être présent sur le terrain Le «pouvoir égalisateur de l atome» continue donc de peser sur les relations internationales, et ce, quels que soient les déséquilibres stratégiques existant au sein du club nucléaire et des États dits «du seuil». La possession d armes de destruction massive influence la puissance. Elle peut la renforcer, mais aussi la gêner, replaçant au cœur du débat la légitimité et la réputation, rappelant que la puissance est d abord une question de perceptions. Ainsi, les attributs «classiques» de la force initiale restent de mise. Cependant, la fin du 20 e siècle a vu un certain nombre d observateurs pronostiquer la fin des territoires et l avènement des réseaux. Les flux financiers et migratoires, le brassage culturel, le maillage informaoctobre / novembre 2006 Louvain

11 Danila Bochkarev 1 La diplomatie DES PIPELINES Prix du pétrole sans cesse croissant, zones de production en proie à l agitation : l énergie devient un acteur de plus en plus remarqué sur la scène mondiale. Figure centrale de la croissance économique, elle véhicule aussi une dimension politique significative, comme l illustre la «diplomatie des pipelines» mise en place par la Russie. Posséder ou ne pas posséder l accès aux ressources énergétiques? Cette question est en tête de l agenda politique de Vladimir Poutine. Et ce n est pas un hasard si elle constituait un élément clé de l ordre du jour du sommet du G8 qui s est tenu à Saint- Pétersbourg en juillet Désormais, en effet, la plupart des pays conçoivent la possession ou l accès aux ressources énergétiques comme une base de leur souveraineté, voire comme un vecteur de positionnement stratégique. Au-delà de cette visée commune, toutefois, occidentaux et non-occidentaux développent des visions divergentes. Du côté occidental, il semble que le modèle de gestion des ressources soit de type «mondialisation agressive» : il vise à supprimer «les barrières politiques qui limitent l accès aux matières premières, au pétrole et au gaz ainsi qu aux marchés émergents les plus attractifs ( ). Les investissements directs à l étranger sont vus comme l instrument le plus efficace pour privatiser le pétrole et le gaz» 2. À l inverse, la Russie, l Iran, la Chine et quelques autres pays non-occidentaux «formulent leur propre schéma de référence pour la mondialisation» 3. Ils veulent participer à l économie internationale, mais à la condition «que cela serve les intérêts politiques, économiques et stratégiques à long terme de l État» 4. Pour les auteurs de Shell Global Scenarios to , ces divergences de conceptions illustrent le dilemme entre deux scénarios possibles pour les prochaines décennies : celui de la «porte ouverte» (Open Door), qui verrait prévaloir la conception libre-échangiste, et celui du «porte-drapeau» (Flags), où les ressources énergétiques serviraient les ambitions stratégiques nationales de ceux qui les contrôlent. Le débat se résume à une question fondamentale : qui, dans le futur proche, contrôlera la chaîne industrielle (extraction, transport, raffinage, distribution) du pétrole et du gaz? 26 Louvain 165 octobre / novembre 2006

12 Le réseau russe de pipelines est devenu une part inaliénable de souveraineté nationale. Son contrôle relève donc de la sécurité nationale. La nouvelle stratégie russe de l énergie et, en particulier, la «diplomatie du pipeline» pratiquée par Moscou est à cet égard riche d enseignements. À la différence de la politique qui prévalait au Kremlin dans les années 1990, l administration actuelle s emploie à doper les bénéfices politiques qu elle peut retirer de la gestion des ressources minérales et de leurs infrastructures de transport. Sa recette? Renforcer le contrôle étatique. Cette stratégie considère donc bien l énergie comme un instrument politique de première importance. Devenir le leader énergétique mondial, c est retrouver son rang dans les affaires du monde. Un défi qui tourne à l obsession, dans le chef du Kremlin. La nouvelle stratégie russe de l énergie passe par une politique étrangère volontariste déclinée en trois volets. Un : le lobbying actif pour redessiner la carte du plateau continental en Mer Caspienne, sécuriser les accès aux eaux profondes et obtenir une solution définitive quant au statut juridique du plan d eau. Deux : la conclusion d accords avec d autres producteurs clés. C est ainsi que GAZPROM et l Algérien SONATRACH viennent de signer une convention de coopération. Autre exemple : Moscou participera au développement du futur pipeline iranien qui permettra l acheminement du gaz vers l Inde et le Pakistan. Trois : l aide aux sociétés russes qui cherchent à accéder aux marchés de la distribution de gaz dans l Union européenne, l Asie et l Amérique du Nord. THÈME Devenir le leader énergétique mondial, c est retrouver son rang dans les affaires du monde. On le voit, la politique russe de l énergie oscille entre les deux modèles de référence déjà décrits. D une part, le modèle libéral-capitaliste où dominent l initiative et les capitaux privés. D autre part, la mainmise de l État sur l ensemble du secteur de l énergie. Reuters/ Sergei Karpukhin Des gazoducs vieux de 33 ans Ces derniers mois cependant, la stratégie du Kremlin semble s orienter vers une troisième voie. Il s agit d une sorte de capitalisme d État qui repose sur quatre piliers : le contrôle de l infrastructure, la modernisation des gazoducs, l élargissement des exportations et la mainmise sur les ressources énergétiques. Le premier pilier de la nouvelle politique énergétique russe consiste donc à contrôler l infrastructure d exportation de pétrole et de gaz. L État se réserve le droit de demeurer ou de devenir l actionnaire majoritaire de toute structure économique de production, de transport, de transformation ou de distribution d énergie. Le réseau russe de pipelines est devenu une part inaliénable de souveraineté nationale. Son contrôle relève donc de la sécurité nationale. Il ne faut pas lire autrement la nouvelle législation adoptée par le Parlement russe en juillet 2006 et signée quelques jours plus tard par le président Poutine : désormais, les droits d exportation sont réservés exclusivement aux conglomérats gaziers sous contrôle de l État octobre / novembre 2006 Louvain

13 RUSSIE La Russie : une puissance émergée? La Russie moderne, gouvernant un territoire de 17 millions de km 2, peut-elle être considérée comme puissance émergendu projet soviétique, elle te? Mise à genoux par l échec connut au long des années 1990 une douloureuse et complexe période de transition, vécue par ses 145 millions de citoyens comme une trop longue et injuste humiliation. De là la popularité du discours patriote. Nonobstant, ce que la Russie compte aujourd hui de puissance continue de se conjuguer au conditionnel, et tarde à se traduire en avantages tangibles. Son sol, d une rare fécondité, ne livre qu une fraction de sa richesse potentielle faute de technologies et d investissements appropriés. Son économie, florissante, se sait tributaire des prix internationaux de l énergie. Certes, sa situation géopolitique unique permet à la Russie de mener une politique extérieure polyvalente. Mais elle l expose en même temps à un déficit sécuritaire nuisible au développement intérieur. Enfin, son rayonnement culturel séculaire persiste, dans une moindre mesure peut-être, sans pour autant susciter l admiration qu il recueillait par le passé. Les attributs matériels et immatériels de la puissance russe existent donc et laissent espérer le redressement de la Russie tant attendu par ses citoyens. Pour redevenir puissance, et à la faveur de la récente croissance économique, la Russie a choisi de s affranchir de sa dépendance à l Occident. Pour sa classe politique, le renouveau russe passe par l indépendance de ses choix tant intérieurs qu extérieurs. Les grandes lignes en sont désormais tracées : à l intérieur, la Russie sera une démocratie, gardée par un exécutif fort et limitée par le souci de l ordre et de l intégrité territoriale. Et diplomatiquement, la Russie se veut «puissance normale», partenaire incontournable dans les dossiers internationaux son implication dans le Quartet, dans le dossier du nucléaire iranien, sa présidence du G8 illustrent cette ambition et pôle d attraction au niveau régional. Mieux engagée qu elle ne le fut jamais sur ces diverses voies, la Russie peine encore à exploiter le potentiel de sa puissance rénovée. Dans ce système régi par le cercle étroit de la présidence, il incombera au prochain maître du Kremlin de consolider les acquis de cette puissance à peine émergée. Laetitia Spetschinsky L'administration russe veut doper les bénéfices politiques qu elle peut retirer de ses ressources gazières. Sa recette? Renforcer le contrôle étatique... russe, en l occurrence GAZPROM. Tout au plus le texte prévoit-il quelques exceptions : Sakhalin 1 et 2 ainsi que le gazoduc nord-européen (North European Gas Pipeline) se voient exclus de son champ d application. Le deuxième pilier consiste à moderniser et à étendre le réseau de gazoducs. Car la puissance de GAZPROM repose surtout sur ses réserves de gaz naturel. Par contre, ses km de gazoducs sont un atout aux qualités inégales, pour cause de vétusté. On estime en effet l âge moyen du réseau à 22 ans, mais ce chiffre dissimule d importantes disparités : les deux tiers du réseau ont un âge compris entre 10 et 32 ans alors que 15 % ont dépassé leur durée de vie théorique estimée à 33 ans. Un tel délabrement constitue une source d inquiétude. Non seulement parce que les investissements à consentir dans les prochaines années sont importants, mais aussi parce que la rentabilité de ces mises de fonds ne s obtient que sur des périodes longues (12-14 ans). Difficile, dans ce cas, de mobiliser des capitaux habituellement plus enclins à rechercher un retour rapide sur investissement. GAZPROM ne perd pas non plus de vue le développement de son réseau de pipelines. À cet égard, parmi les projets d infrastructures les plus significatifs, figurent le tout récent Blue Stream qui achemine le gaz naturel vers la Turquie, le Yamal-Europe Pipeline qui permet d atteindre l Allemagne en traversant la Belarus et la Pologne et le Reuters/Pool New North European Gas Pipeline qui, dès 2010, alimentera l Allemagne en gaz naturel russe tout évitant le transit coûteux 6 par des pays limitrophes. Le troisième pilier consiste à diversifier les routes d exportation. Cette diversification prend doucement, mais sûrement forme : GAZPROM a entamé ses premières livraisons aux États-Unis en septembre 2005, dans le cadre de contrats avec Shell et British Gas Group. Et la première livraison au Japon date du mois d août Avec la Corée du Sud, ces deux pays deviendront vraisemblablement les principaux consommateurs de gaz liquéfié russe. Enfin, le géant russe du gaz est sur le point de devenir l acheteur quasi exclusif du gaz naturel d Asie centrale. On estime qu à l heure actuelle, GAZPROM a déjà procédé à 28 Louvain 165 octobre / novembre 2006

14 Le ministre allemand de l Économie, Michael Glos, inaugure une nouvelle canalisation, qui amènera directement le gaz sibérien en Allemagne tout en évitant le transit coûteux - par des pays limitrophes. l acquisition de 12,5 % des réserves de gaz de la région (8 trillions de m 3 ) par la signature de concessions à long terme au cours des années À plus long terme, le Kremlin vise sans doute à étendre son contrôle sur les ressources très prometteuses du Kazakhstan, du Turkménistan et de l Ouzbékistan. GAZPROM a entamé ses premières livraisons aux États-Unis en septembre Il s agit ni plus ni moins d intégrer l ensemble des ressources d hydrocarbures de l Asie centrale au sein de la sphère d influence russe. Cela lui éviterait de devoir entreprendre trop rapidement l onéreuse et difficile exploitation des gisements du Nord (Shtokman). Cela lui permet surtout d éliminer un concurrent potentiel sur les marchés européen, asiatique et nord-américain. On comprend mieux la réticence actuelle de Moscou à ratifier le «Protocole pour le transit de l énergie» lié à la Charte énergetique, lequel, dans sa forme actuelle, autorise les compagnies étrangères à accéder au réseau russe de gazoducs. Où sont les règles du jeu? De nombreux experts occidentaux s inquiètent des effets potentiellement négatifs de cette diplomatie du pipeline. La fermeture aux investissements étrangers d un important segment des ressources mondiales pourrait menacer la sécurité des approvisionnements. Au nom de cette sécurité, certains spécialistes préconisent d ailleurs la privatisation des réseaux de pipelines et de gazoducs. Le modèle libéral est en effet la seule garantie, selon eux, d éviter la cartellisation des infrastructures sensibles. Ainsi décrite, la stratégie énergétique russe illustre bien la divergence idéologique entre États consommateurs et États producteurs. Les détenteurs de réserves l exemple russe - s efforcent d accroître leur contrôle sur l ensemble de la chaîne production-transport-distribusion. Les grands importateurs occidentaux, par contre, entendent faire prévaloir un modèle libéralisé, garantie d un libre accès aux ressources énergétiques. Le problème, c est que la radicalisation de ces deux scénarios pourrait, à terme, se révéler génératrice de conflits. Voilà pourquoi l urgence est à la fixation de règles du jeu qui tiennent compte des intérêts de toutes les parties. Ces règles serviraient de fondements à un véritable régime global de sécurité énergétique. 1. L auteur s exprime ici en son nom personnel. 2. C. Van der Linde, «Energy in a Changing World», Leçon inaugurale de la chaire de Géopolitique et gestion de l énergie, Université de Gronongen, Cingendael Energy Papers, n 11, CIEP 03/2005, pp Ibid. 4. Ibid Les pays de transit exigent le paiement de redevances de plus en plus élevées pour chaque mètre cube de gaz traversant leur territoire. Ainsi, en 2005, la Pologne réclamait une redevance de 2,7 dollars par mètre cube transporté sur 100 km et la Géorgie 6 dollars. Quant on sait que GAZPROM ne facture à ses clients qu un seul dollar par mètre cube, on perçoit l intérêt financier d un contournement des pays de transit. CET ARTICLE A ÉTÉ TRADUIT DE L ANGLAIS PAR MICHEL LIÉGEOIS. octobre / novembre 2006 Louvain

15 DOSSIER CADRAGE L arme atomique, bombe économique À la recherche d un moyen de pression ou de dissuasion crédible aux yeux de la puissance américaine? Une solution performante : développer un programme nucléaire. La Corée du Nord (notre photo) l a bien compris, elle qui, à la fin de la guerre froide, s est vue privée du soutien de ses alliés, l URSS et la Chine. Seule face à l alliance entre la Corée du Sud et les États-Unis, Pyongyang a craint une réunification forcée qui signifierait la fin de son régime. Pour faire entendre sa voix, elle a annoncé son retrait du Traité de Non Prolifération (TNP) en Mais le TNP n est pas la panacée. Les déséquilibres qu il crée entre les pays dotés de l arme nucléaire et les autres ont conduit certains États à ne pas en respecter les clauses. C est entre autres le cas emblématique de la Corée du Nord, qui tente ainsi de monnayer une aide énergétique et des garanties sécuritaires. Face à la dégradation de son économie et des conditions de vie sur son territoire, la vente de matériel permettant la fabrication d armes nucléaires est aussi devenue, pour le régime nord-coréen, un moyen d obtenir les devises étrangères nécessaires à sa survie. Le paradoxe, c est qu en cherchant à forcer une aide économique pour relancer son industrie, la Corée du Nord risque d alimenter un climat de suspicion à son égard auprès des investisseurs étrangers potentiels. Pourtant, un véritable intérêt existe, comme le montre cette inauguration d un parc industriel à Kaesong, un des rares sites qui accueillent des entreprises étrangères et emploient des nord-coréens. Anne-Sylvie Berck Reuters/Pool 30 Louvain 165 octobre / novembre 2006

16 L ENTRETIEN THÈME Propos recueillis par Valérie Rosoux POUR UNE GÉOPOLITIQUE des passions Un retour de la géopolitique? Oui, répond Pierre Hassner, pour autant que ce concept soit transformé, élargi, éclairé par les nouvelles réalités de la scène internationale. Il plaide notamment en faveur d une «géopolitique des passions». Pour Pierre Hassner, interviewé par Valérie Rosoux, il importe aujourd hui de tenir compte des passions résultant des inégalités entre acteurs. D.R. L analyse géopolitique n a pas toujours eu bonne presse. Dans l article «La revanche des passions» 1, vous proposez d élargir le concept. Une «géopolitique des passions», c est une formule quelque peu audacieuse, non? Comme Stanley Hoffmann, je trouve que «la carte des passions doit être ajoutée à celle des bases et des ressources» 2. Les relations internationales sont déterminées par un entrelacement d intérêts, d idées et de passions. C est une trilogie clef. Aujourd hui, on parle beaucoup trop sans doute des intérêts. N oublions pas le rôle déterminant des idées, et surtout des passions. C est d ailleurs ce qu a mis en exergue Raymond Aron au moment de la guerre d Algérie. Face à ceux pour qui la victoire française démontrerait aux Algériens qu ils avaient intérêt à renoncer à l indépendance, il tint le propos suivant : «C est oublier l expérience de notre siècle que de croire que les hommes sacrifieront leurs passions à leurs intérêts». Dans la même veine, le chef de l État syrien Hafez-el-Assad déclarait à Henry Kissinger qui lui prédisait qu à l instar de Sadate, il devrait un jour négocier avec les Israéliens : «Détrompez-vous, la guerre ultime aura pour enjeu, non le territoire, mais la souffrance. Les Israéliens deviennent des bourgeois comme vous. Ils ne savent plus souffrir et mourir. Nous, nous savons. La victoire appartiendra à ceux qui sauront le plus longtemps souffrir et mourir.» Que recouvre la notion de passion dans une telle perspective? En tant que telles, les passions ne sont pas nouvelles. On se réfère souvent à trois passions fonda- «La fierté et la honte s avèrent des moteurs d action redoutablement puissants.» mentales : la peur, que l on peut définir comme la recherche de sécurité ; l avidité ou la recherche des biens matériels ; et l orgueil, principalement caractérisé par la recherche de gloire. À ces passions, on pourrait ajouter l influence d émotions telles que la colère, la rage, le désespoir. Rien de neuf sous le soleil. Rien de neuf? Alors, pourquoi s y arrêter aujourd hui? Parce qu aujourd hui, ces passions s inscrivent dans des cadres inédits : effondrement des empires et décolonisation, explosion des communications et effaceoctobre / novembre 2006 Louvain

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