La newsletter du Biopark Charleroi Brussels South N 7 Automne 2010



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News La newsletter du Biopark Charleroi Brussels South N 7 Automne 2010 C H A R L E R O I B R U S S E L S S O U T H EDITO Qualité La gestion de la qualité, au sens large du terme, est devenue, ces dernières années, un élément clé dans quasi tous les secteurs d activité et certaine- des entreprises aéronautiques wallonnes, ou encore l autocontrôle à destination de toutes les entreprises alimentaires, ont vu le jour et se sont la concrétisation de nouveaux projets à haute valeur ajoutée qui devraient voir le jour cette année encore, ou en 2011. ment dans celui des biotechnologies. concrétisés en véritables «success sto- Elle nécessite une politique qualité ries». pointue de manière à garantir des services et des produits de qualité optimale. Elle se spécialise aussi et surtout afin de répondre à des exigences de plus en plus spécifiques, qu elles émanent des clients ou d obligations légales. Pour preuve, la normalisation, notamment au travers des normes ISO, se veut de plus en plus spécialisée et rigoureuse. Dans le même ordre d idées, CE- QUAL a mis sur pied, en partenariat avec BioWin, un programme de coaching à destination des entreprises biotechnologiques. L objectif de ce programme consiste à établir un plan de formation adapté aux besoins spécifiques de chaque entreprise. L expertise du CEQUAL va des systèmes GxP (GMP, GLP, GCP, GDP, ) à la Jean-François CHASLAIN, Directeur Grâce à son expérience, et au savoirfaire de ses experts, CEQUAL 1 a su prendre le virage nécessaire afin de pharmacovigilance, en passant par la qualification et la validation des équipements, des méthodes et des procé- Sommaire répondre le plus adéquatement possible à cette tendance qui se vérifie tous les jours sur le terrain. Son large éventail de formations et de coaching et son expérience multi dés ou encore par les nouvelles directives (ATMP, ). Ce plan de formation débouche ensuite sur l organisation de formations sur mesure. La plupart des cycles de formation et Qualité 2-4 A l heure de l électronique Un processus toujours perfectible «La qualité, c est l affaire de tous» sectorielle lui permettent de répondre à tous les besoins des organisations en matière de qualité, de sécurité et d environnement, y compris et surtout de coaching du CEQUAL, tout comme ce programme, sont subsidiés 2 à hauteur de +/- 50% en faveur des entreprises. De plus, les missions de ses ex- Parcours 5 Pas de vacances pour Jacob Souopgui! à destination des TPE et des PME. perts font l objet d un contrôle assuré C est ainsi, par exemple, que des projets tels que l ISO 9100 à destination par son service Qualité interne. A l heure actuelle, CEQUAL travaille à Interview Express 6 De la biologie à la chimie, de Charleroi à Bruxelles 1 CEQUAL asbl, le Centre Wallon de la Qualité fondé en 1995, est issu d un partenariat entre Le Forem et l Union Wallonne des Entreprises. L association a pour but de sensibiliser et de former les responsables d entreprises et plus particulièrement les TPE/PME, ainsi que leurs collaborateurs, sur le thème de la qualité et de la certification. A ce jour CEQUAL a accompagné plus de 1.700 entreprises dans des démarches de formation et de coaching, soit une sensibilisation de +/- 25.000 chefs d entreprises et travailleurs. Depuis le 1 er janvier 2010, il forme également les demandeurs d emploi à la demande du Forem. Brèves 7-8 2 Avec le soutien du Forem, de la Région Wallonne et du Fonds social européen.

A l heure de l électronique Les cahiers de laboratoire sont désormais électroniques à l Institut d immunologie médicale, IMI. Une première dans le monde académique belge. Qualité 2 Les cahiers de laboratoire, c est aujourd hui un outil-clef de la recherche universitaire. Ces cahiers sont en effet la mémoire du laboratoire et du chercheur lui-même qui y décrit chacune de ses expériences. Ils sont aussi les garants de la «traçabilité» d une expérience, montrant à la fois comment le chercheur est arrivé à tel résultat et prouvant le moment où il y est arrivé, ce qui est essentiel pour protéger la propriété intellectuelle d une découverte. Longtemps laissés à la seule responsabilité du chercheur, ces cahiers de laboratoire se sont professionnalisés ces dernières années. Il y a quelques mois, l Institut d immunologie médicale, IMI a franchi une nouvelle étape : il a instauré les cahiers de laboratoire électroniques. Une première parmi les universités belges. «Nous souhaitions mieux structurer nos données afin d avoir une meilleure traçabilité, un archivage plus facile, un partage et une capitalisation des connaissances entre les chercheurs de l Institut facilités et ce de façon sécurisée. La réflexion a été lancée en 2007, avec un groupe pilote chargé de tester différentes solutions informatiques sous-traitées auprès d entreprises spécialisées», explique Michel Braun, professeur assistant à l ULB, membre de ce groupe pilote. Certification Initié mi-2007, le projet s est concrétisé en janvier 2010, avec l assentiment du groupe-pilote «chercheur», de la direction et de l informaticien de l IMI. «Le plus difficile était d identifier une solution qui concilie les besoins des chercheurs et les exigences de protection de la propriété intellectuelle. Développés au début pour l industrie pharmaceutique, ces outils ne sont en général pas adaptés à un laboratoire de recherche académique : selon une récente enquête, moins de 5% des chercheurs actifs dans des institutions à but non lucratif ont adopté un cahier de laboratoire électronique. Nous avons été vigilants en particulier à la validité des documents numériques, notamment la validité de la signature électronique. Nous devions aussi prendre en considération le coût d un tel système. Le projet a donc connu une période de veille avant d être relancé et finalement implémenté en quelques mois. Sur le plan purement informatique, nous avons été attentifs à l ergonomie du logiciel et à la sécurité des données stockées», précise Frédéric Paulart, Laboratory Manager. Aujourd hui, la cinquantaine de chercheurs de l Institut - formés pendant quelques heures à l outil - utilisent le cahier de laboratoire électronique qui répond à une exigence-clef : garantir la simplicité et la liberté de la page blanche. Le chercheur entre dans le logiciel comme auparavant il ouvrait le cahier ; mais ici plutôt que de pages à noircir et de schémas à coller, il est confronté à l écran et au clavier de l ordinateur, avec ses «copier-coller», «attachments» et autres raccourcis. L expérience terminée et signée (par le chercheur et son superviseur) est cryptée et accompagnée d une certification qui fixe la date et l heure de la recherche de manière irréversible dans un format PDF. «Nous gagnons du temps puisque nous travaillons de manière plus standardisée, nous pouvons récupérer des textes, des protocoles déjà écrits, nous pouvons joindre des notes ou articles à notre rapport, etc. L archivage est aussi fortement facilité. Une thèse de doctorat représente environ 5 cahiers de laboratoire papier : difficile de retrouver une expérience dans toutes ces pages. Désormais, cette recherche est facilitée puisque nous pouvons retrouver des expériences simplement à partir d une date ou d un mot-clef», observe Michel Braun. Partage Au-delà de faire «plus vite», «plus facilement» et «mieux» ce qui se faisait auparavant, la technologie ouvre aussi de nouvelles potentialités, et en particulier le partage d informations entre chercheurs. De nouveaux développements informatiques sont d ailleurs à l étude au sein de l Institut pour répondre aux besoins des utilisateurs. Au point que les chercheurs sceptiques au début, reconnaissent tous aujourd hui la plus-value de l outil électronique... Si le cahier de laboratoire a convaincu à l IMI, il reste néanmoins quelques obstacles pour le généraliser dans le monde académique. Le premier d entre eux est sans doute le coût-même d une telle solution : plusieurs dizaines de milliers d euros pour l implémenter et quelques milliers d euros pour la maintenance annuelle. Autre obstacle aussi, la taillemême de l institution : un consensus sur les contenus et contraintes du cahier de laboratoire doit être rencontré, un informaticien doit être attaché au projet, etc. Pionnier, l IMI a été suivi en mars dernier par le VIB de Gand tandis que la réflexion commence aussi à s organiser chez nos voisins européens

Un processus toujours perfectible Dernière ligne droite pour ImmuneHealth : reconnu ICH GCP (Good Clinical Practice) et BARQA GCLP (Good Clinical Laboratory Practice), le centre de recherche agréé a demandé cet été à être accrédité ISO 17025. Une politique qualité, Immune- Health en développe une depuis plusieurs années déjà. Il est vrai que c est en ses murs que DNAVision - qui aligne aujourd hui les certifications internationales - a fait ses premiers pas Il est vrai aussi que l entreprise a accueilli de nombreux audits de clients ces derniers mois. Aboutissement de ce processus, ImmuneHealth a introduit cet été sa demande d accréditation ISO 17025. «Lorsque le centre BioVallée est devenu en 2007 le centre de recherche ImmuneHealth, il disposait de laboratoires bien équipés, de matériel de pointe, d équipes multidisciplinaires compétentes. Vis-à-vis de ses clients, il était important qu il mette en place un nouveau système qualité garantissant que nous avions les labels GCP et GCLP, qui s adressent respectivement à l Unité d investigation clinique (située à La Louvière) et au laboratoire qui traite les échantillons issus d essais cliniques. Aujourd hui, nous avons ces labels», souligne Diane Grégoire, responsable qualité chez ImmuneHealth. Etre reconnu «GCP et BARQA GCLP», cela a signifié pour Immune- Health de traduire chaque action en procédure systématique, assortie de compétences, le tout transcrit en documents approuvés, opérationnels et disponibles pour tous via l intranet du centre. Formation Les ressources humaines tiennent bien sûr une place centrale dans une politique qualité. Chez Immune- Health, la formation est continue, chaque procédure - gestion du laboratoire, des échantillons, des essais, des réactifs, des transferts de résultats multi-sites, de l amélioration, des équipements, etc. - est associée à un formateur interne. Chaque nouvel engagé reçoit un «panier de formations» : il le complète au vu des procédures opérationnelles qu il est appelé à exécuter. Selon la fonction, il devra maîtriser une palette plus ou moins large de procédures et au sein-même de chaque procédure, atteindre des seuils de compétence et des niveaux d autonomie variables. Amélioration permanente L implication dans la politique qualité de l entreprise va très loin puisqu au-delà de composer son panier de formations, chacun est invité à discuter des procédures à tout moment. «En principe, chaque document édité est validé pour 3 ans mais en réalité, nous les revoyons constamment parce que le contexte évolue mais aussi parce que de nouveaux collaborateurs posent des questions, s étonnent d une instruction de travail, suscitent notre réflexion ; il est toujours possible d améliorer une procédure. D ailleurs, aucun de nos documents n a résisté à un audit interne! Une fois par an se tient la revue de direction à laquelle l ensemble du personnel est convié. Nous présentons le bilan des réalisations de l année et réfléchissons ensemble à la politique qualité d Immune- Health», constate Diane Grégoire qui poursuit, «J aimerais rédiger prochainement un manuel de l auditeur interne rappelant les valeurs d ImmuneHealth, l importance du respect et de l écoute lors de l audit, etc. J aimerais aussi créer un forum de discussion autour de la qualité». Audit Autre composante indissociable de la qualité, bien sûr, le contrôle. Chez ImmuneHealth, ils sont internes mais aussi externes et fréquents. «Nous proposons à nos clients de venir nous auditer. Certaines sociétés nous auditent à distance, via un formulaire qui peut être «musclé» ; d autres viennent visiter notre laboratoire. Certaines entreprises choisissent un échantillon et le pistent depuis son arrivée chez ImmuneHealth jusqu à l envoi au client. Elles vérifient alors chaque étape, nous interrogeant sur qui a fait l encodage, avec quelle qualification, quelles écritures dans le cahier de laboratoire, etc. Certains clients s intéressent uniquement à une étape du processus qu ils décortiquent dans le moindre détail. En 2010, nous avons accueilli 5 audits externes et avons reçu à chaque fois un avis positif après vérification de la conformité de nos activités et de nos processus», conclut Diane Grégoire. Qualité 3

«La qualité, c est l affaire de tous» Entretien avec Micheline Defreyne, Responsable Qualité chez DNAVision. Qui n a pas entendu parler de la norme ISO, cette norme internationale dont il existe plus de 18000 versions, selon le secteur d activité? La philosophie de DNAVision s inscrit dans une démarche qualité depuis plusieurs années. La norme ISO17025 et bien d autres y règnent en maîtres, dans l univers bien régulé de cette petite entreprise reconnue par les plus grands organismes de certification. Qualité 4 DNAVision, la compagnie spécialiste en analyses génétiques basée sur le site de l aéropole de Charleroi, et qui a une division agro-alimentaire et vétérinaire à Liège, est un modèle du genre. La démarche qualité est présente sur ses deux sites dès l entrée dans la société ; pour les nouveaux engagés bien sûr, car elle fait partie de la philosophie de l entreprise, mais même en tant que visiteur. Dans la société, tout est régi par des procédures strictes, du marketing à la recherche en laboratoire. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le travail soit figé, car bien que ceci implique une gestion administrative conséquente, les procédures sont évaluées régulièrement et peuvent être revues et améliorées si nécessaire. La PME a obtenu l accréditation pour la norme ISO 17025, celle relative aux laboratoires d étalonnages et d essais, mais elle est aussi accréditée par le CAP et le CLIA, et certifiée GMP et GLP. La société, qui réalise diagnostics, études cliniques, études de toxicité par rapport aux êtres vivants ou à l environnement, etc. est donc reconnue par une multitude d organismes internationaux, attestant un souci constant de respect des bonnes pratiques et d optimisation des résultats. On le comprend aisément, dans ce secteur, toute erreur implique un risque pour la santé. Procédures remises en question Le point de départ de cette démarche qualité a consisté en une période de 10-12 mois qui a permis de mettre en place le système, l organisation, de rédiger les procédures ainsi déterminées puis de les mettre à l épreuve. Ceci bien sûr dans un but d amélioration constante et pour garantir une fiabilité sans faille aux clients. Ceux-ci arrivent souvent avec des demandes spécifiques auxquelles l entreprise s adapte, allant jusqu à entamer des démarches en vue d obtenir une certification supplémentaire le cas échéant. Mais la majorité des clients se satisfait de la pléiade de certificats déjà obtenus. Contrairement à ce qu on pourrait penser, obtenir une certification n est pas le bout du chemin. Pour la norme ISO17025 par exemple, la société est agréée en cycles d accréditation de 5 ans (le cycle actuel a débuté en mars 2009) et tout au long de cette période, des audits de surveillance sont organisés par l organisme d accréditation. Des contrôles réguliers tant au niveau de l environnement qu à celui de l équipement ou de la qualification du personnel sont également effectués en permanence. Il existe des contrôles internes (monitoring des frigos/surgélateurs, qualification des thermomètres et de certains équipements, vérification des compétences techniques du personnel etc.) et des contrôles externes, effectués par les sous-traitants (entretien et qualification des équipements spécifiques et upgrade des programmes informatiques). Chef d orchestre Le service qualité de l entreprise compte deux personnes, chargées de missions correctives et préventives pour l ensemble de l entreprise. Leurs tâches englobent l audit, la gestion documentaire, la gestion des formations, des améliorations et des équipements. Mais la qualité, c est surtout une philosophie d entreprise, elle concerne chacun et tous devront se conformer à ses exigences. C est pourquoi le personnel est formé en interne, de manière continue, dès son entrée en service et régulièrement par la suite, sous la houlette du service qualité, responsable du maintien des procédures établies, comme un chef d orchestre veille au respect de la partition! Contrôle maximal Le fait d être situé près de l aéroport de Charleroi influe aussi sur les procédures prévues. Chez DNAVision, un «disaster recovery plan» a été mis sur pied. Imaginons qu une catastrophe se produise, il faut que les données restent en sécurité. Des backups informatiques sont délocalisés, une copie électronique des résultats se trouve dans l entreprise, une autre chez le client et les données brutes, dans le cas spécifique des études GLP, sont à l abri dans une armoire blindée et ignifuge. Tout est prévu. Chaque échantillon entrant est répertorié et sa traçabilité est assurée du début à la fin de son parcours dans la société. Toute analyse fait l objet d un plan de travail, génère des résultats qui seront vérifiés par le chef de projet, puis dans le cas d étude GMP ou spécifiquement à la demande du client par le service qualité. Il existe des procédures écrites pour toutes les activités de l entreprise. On l aura compris, la démarche qualité de DNAVision ne laisse aucune place au hasard. Il est donc logique qu elle soit devenue une référence en la matière, reconnue par les plus grands organismes de certification tant aux Etats-Unis qu en Europe.

Pas de vacances pour Jacob Souopgui! Chercheur à l IBMM, professeur à l ULB, Jacob Souopgui profite de l été et de l absence des étudiants pour se consacrer pleinement à ses projets de recherche. Les vacances, on verra en hiver! Jacob Souopgui est un homme occupé. Ses recherches, ses étudiants, ses projets de coopération au développement lui prennent énormément de temps. Pourtant c est un homme souriant et détendu qui nous reçoit et décrit tranquillement ses projets en cours. Passionné par son travail, quand il s échappe de la maison à l insu de tous, on sait toujours où le retrouver De Bandjoun à Charleroi On peut dire que le chercheur camerounais a fait du chemin. Il quitte d abord Bandjoun pour Yaoundé, où il réalise une licence et un doctorat en biologie moléculaire et parasitologie, avec le professeur Titanji. Il rejoint ensuite Göttingen pour effectuer une thèse en biologie du développement sous la direction du Professeur Pieler. Il y reste pour un post-doctorat puis décroche un deuxième post-doc au FNRS, pour continuer ses recherches à l ULB, dans le laboratoire du Professeur Bellefroid. Il est enfin nommé au Biopark en 2009, en tant que premier assistant à l IBMM. Aujourd hui, il est co-titulaire du cours de physiologie animale en BA2 (biologie) et assure des cours de génétique moléculaire du développement pour le master en physiopathologie moléculaire (MA, ULB-UMONS). Une année sur deux, il enseigne aussi la biotechnologie animale pour les masters bio-ingénieurs et biochimie & biologie moléculaire et cellulaire. Pédagogue Ce que Jacob apprécie dans ses cours, c est le partage de la connaissance bien sûr mais aussi la possibilité de connaître les étudiants en début de parcours, ce qui lui permettra plus tard de savoir quel doctorant choisir. Depuis 4 ans maintenant, cette transmission du savoir, il la met aussi en pratique autrement : il organise des «journées de laboratoire» pour les élèves de l enseignement secondaire. Quelques groupes visitent et découvrent le laboratoire par des expériences simples, ils mettent en pratique ce qu ils viennent d apprendre au cours de biologie. Résultat : 5 élèves sur 20 ressortent en ayant une idée claire des études qu ils veulent entreprendre. La passion se transmet. Et lui s amuse à rechercher ce qui provoque le déclic chez l étudiant, quelle influence est déterminante pour choisir sa voie Quand on est chercheur, on ne se refait pas! Coopération Depuis toujours convaincu que l on peut aider son pays d ici, le chercheur tente depuis des années de trouver comment établir des collaborations entre le Cameroun et l Europe. D où la visite au Biopark en février dernier du Recteur de l Université de Buea, Vincent P.K. Titanji (son ancien superviseur de thèse), en présence de l ambassadeur du Cameroun en Belgique. Aujourd hui, un des projets de Jacob Souopgui semble viable et c est presque une surprise tant les obstacles administratifs ont été nombreux! L idée est simple : dans le cadre de financements nationaux et internationaux, un nouveau master en biotechnologie sera créé à l Université de Buea et le Biopark mettra à disposition du personnel scientifique et académique pour assurer l enseignement dans certaines disciplines spécialisées. Ce projet de coopération au développement permettrait à l Université de Buea de former du personnel qualifié qui fait défaut dans certaines industries et institutions de recherche au Cameroun. De telles initiatives pourraient améliorer non seulement les secteurs de la santé et de l éducation, mais aussi l économie du pays et ainsi contribuer positivement à la lutte contre la pauvreté. Les acteurs principaux de ce partenariat sont déjà connus : Jacob représentera l ULB et Stephen Ghogomu sera responsable pour Buea. Le projet de convention est à présent mis sur pied, les deux universités d accord sur le principe, il reste encore à obtenir le financement. Coup de cœur Mais c est loin d être le seul projet dans les cartons de Jacob, il compte bien aussi décrocher des fonds qui lui permettront d étudier l endoderme et les organes qui en dérivent (pancréas, foie, etc.), mettre sur pied un groupe de recherche pour comprendre comment le même réseau génétique peut transformer certaines cellules en neurones et d autres en cellules pancréatiques. Le réseau génétique est le même, qu est-ce qui fait la différence? Il espère pouvoir mener à bien une étude approfondie sur le gène TiPARP/PARP7, son premier coup de cœur, découvert au cours de sa thèse et voudrait découvrir la raison de la présence en nombre de cette famille de gènes dans le cerveau des malades de Parkinson par exemple. Un autre spécimen de cette famille génique est déjà sous la loupe de l équipe d Oberdan Léo, le directeur de l IMI, les deux scientifiques travailleront donc en collaboration étroite. «Tant de projets et si peu de moyens» déplore Jacob Soupgui, mais il se rappelle alors que c est pour cela qu il avait choisi la Belgique comme pays d accueil : il était convaincu qu on peut réaliser de grandes choses même avec peu de moyens Parcours 5

De la biologie à la chimie, de Charleroi à Bruxelles Interview Express 6 > Bruno André, comment est née cette collaboration entre votre laboratoire et le Service de Structure et Fonction des Membranes biologiques d Eric Goormaghtigh (Directeur de Recherches FNRS)? Bruno André : Il y a trois ans, nous avons entamé une collaboration avec Cédric Govaerts (Chercheur qualifié FNRS, Faculté des Sciences) par le biais d un étudiant en thèse dont le thème de recherche était à cheval sur les deux services. Plus récemment, grâce à un second étudiant en thèse, une collaboration est née avec Martine Prévost (Maître de Recherches FNRS, Faculté des Sciences). Donc, des collaborations existaient. Nous avons voulu voir plus grand et nous nous sommes unis pour monter un projet multidisciplinaire. > En quoi va consister cette Action de Recherche Concertée (ARC)? Bruno André : Notre projet est intitulé : «Analyse structurelle, biochimique et physiologique des transporteurs et senseurs d acides aminés». Ces protéines de transport membranaire existent dans toutes les cellules vivantes et leur dysfonctionnement est à l origine de plusieurs pathologies chez l homme. Le projet a pour but de comprendre leur fonctionnement dans ses moindres détails : comment lient-elles leurs substrats, les acides aminés? Pourquoi s associent-elles par deux dans la membrane (dimérisation)? Nous allons également nous pencher sur la dynamique moléculaire de ces protéines qui est la clé de leur fonctionnement. Nous voulons aussi comprendre l influence des lipides membranaires sur la structure et la fonction de ces protéines. Enfin, nous espérons élucider les différents mécanismes de leur régulation qui sont fort complexes. Toutes ces questions seront abordées sur des protéines de la levure, un modèle d étude de la cellule qui offre d énormes avantages. > Des questions qui seront étudiées sous différents angles Bruno André : A l IBMM, nous avons une expertise en ce qui concerne la fonction et la régulation des transporteurs d acides aminés de la levure que nous étudions par les techniques de la génétique moléculaire. Cédric Govaerts est spécialisé dans l étude des propriétés biochimiques et dynamiques des protéines membranaires et Martine Prévost a une expertise dans la modélisation de leur structurale spatiale. C est la conjonction de ces compétences complémentaires qui fait l originalité de notre projet. > Le rapprochement entre ces disciplines a été renforcé par un événement au niveau mondial, quel est-il? Bruno André : Il y a un an, des chercheurs américains et chinois ont publié pour la première fois la structure En octobre, Bruno André, professeur en Faculté des Sciences (IBMM) et 3 collègues du Service de Structure et Fonction des Membranes biologiques (Département de Chimie, ULB) vont se lancer dans une «Action de Recherche Concertée». Rencontre avec un des initiateurs du projet. atomique de deux transporteurs membranaires d acides aminés, un résultat très attendu. Disposer de ces structures ouvre d importantes nouvelles perspectives d étude de ces protéines. > Au niveau pratique, comment va se dérouler le projet? Bruno André : Le projet va démarrer le 1 er octobre prochain et se terminera le 30 septembre 2015. Nous allons engager un chercheur post-doctorant, un technicien et des étudiants en thèse qui circuleront entre les deux laboratoires. C est le meilleur moyen d établir les échanges. > Quelles sont les applications éventuelles de votre recherche? Bruno André : La vocation des projets ARC est de mener des travaux de recherche fondamentale mais les enseignements que nous allons retirer du projet seront précieux pour comprendre les situations pathologiques liées au dysfonctionnement des transporteurs d acides aminés chez l homme. Une meilleure connaissance de la structure de ces protéines permettra aussi de concevoir des molécules thérapeutiques capables de moduler leur activité.

DelphiGenetics investit dans la brique A l occasion de la journée des Biotech wallonnes organisée à l Expo universelle de Shanghai, au pavillon de la Belgique, Delphi Genetics SA a annoncé la décision d investir 3,5 millions d euros dans un bâtiment qui sera entièrement dédicacé à son activité. Ce bâtiment de 1500 m² accueillera la recherche et développement, les activités de services et la fabrication des produits de la société. Depuis juillet 2006, Delphi Genetics loue un espace de 450 m² dans le bâtiment-relai d Igretec sur l Aéropole de Charleroi à proximité de l IBMM. Le nouveau bâtiment dont l inauguration est prévue en 2012, se situera au sein du Biopark Charleroi Brussels South. www.delphigenetics.com Stagiaires biotechnologues La formation de biotechnologue polyvalent de laboratoire se termine : en octobre, les douze stagiaires auront terminé leur formation au sein du Biopark, soit 75 jours de formation intensive pendant lesquels ils se sont immergés dans le secteur des biotechnologies (programme complet sur www.biopark.be/formations). L ambition de ce programme mis en place par Le Forem et BioparkFormation est de former des biotechnologues sûrs d eux dans l exercice de différentes techniques classiques, capables de prendre en charge les manipulations de base, de comprendre et d appliquer correctement un protocole tout en tenant compte des exigences (sécurité et qualité) propres aux laboratoires industriels et institutionnels. Après 75 jours de formation, le moment est venu de mettre en pratique ce qui a été appris et de se perfectionner avec un stage en entreprise. Le stage dure 1 mois. Les aides publiques à l emploi et à la formation (telles que Plan Formation-Insertion, PFI) restent bien sûr valables. Si vous êtes prêt à accueillir un de ces stagiaires, merci de contacter bioparkformation@ulb.ac.be ApoL1 et maladie rénale En collaboration avec des chercheurs américains et en particulier l Harvard Medical School le Laboratoire de parasitologie moléculaire Prof. Etienne Pays - de l IBMM a mis au jour un lien inattendu entre la protéine apol1 et une néphropathie courante. Rappelons qu en 2003, le laboratoire de l ULB avait découvert que l apolipoprotéin L1 (apol1) protège l homme contre l infection par le parasite africain Trypanosoma brucei (causant la maladie du sommeil). La recherche belgo-américaine publiée dans la revue Science cet été montre que des formes mutées de l apol1, similaires aux versions générées en laboratoire en 2009, existent en fait dans la nature, et semblent avoir été sélectionnées pour résister à T. b. rhodesiense sur le terrain. En appui de l évidence d une sélection contre un parasite africain, ces mutations sont beaucoup plus fréquemment rencontrées chez les individus d origine africaine récente, comme typiquement chez les Afro- Américains. Le prix à payer pour cette résistance au parasite est le développement progressif d une néphropathie courante, appelée «End-Stage Renal Disease», qui consiste en une dégénérescence incurable des reins. Alors que la résistance à T. b. rhodesiense est dominante, la maladie rénale n apparaît qu en conditions récessives, c est-à-dire lorsque les deux allèles du gène de l apol1 sont mutés. L observation que des formes mutées d apol1 provoquent la dégénérescence des reins pourrait accélérer les progrès des connaissances au sujet de cette maladie extrêmement répandue. Avancée inattendue donc : en étudiant pendant de nombreuses années un parasite qui cause la maladie du sommeil en Afrique, les chercheurs progressent aujourd hui dans la compréhension d une néphropathie courante, consistant en une dégénérescence incurable des reins. Euroscreen - Novartis Euroscreen annonce un succès dans sa collaboration de désorphanisation des GPCR avec Novartis sur certaines cibles. Une nouvelle étape franchie avec le paiement d un «sucess fee» et une prise de licence exclusive montre encore une fois les progrès réalisés depuis la signature de l accord signé entre les deux compagnies en 2006. Ce type de collaboration est vraiment en phase avec la stratégie d Euroscreen d établir des partenariats d expertise en GPRC tout en continuant ses propres programmes de recherche médicamenteuse en GPRC. Brèves 7

Brèves 8 SIDA : latence du virus Une optimisation importante des traitements anti- SIDA consisterait à éliminer les réservoirs cellulaires latents en administrant des agents qui réactivent l expression du virus dans ces cellules, tout en maintenant le patient sous un traitement anti-sida efficace et/ou intensifié. Actuellement, permettre à un patient d interrompre son traitement pendant 3 ou 6 mois sans conséquences cliniques serait considéré comme un succès thérapeutique. Dès lors, la question de la persistance des réservoirs de virus latents est devenue centrale aujourd hui. Les 16 et 17 juillet derniers, à la veille de la 18ème Conférence internationale sur le SIDA s est tenu à Vienne un workshop présidé par le Professeur Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine (2008). Intitulé «Toward a Cure: HIV Reservoirs and Strategies to Control Them», ce workshop international a réuni quelques 200 chercheurs spécialisés dans l étude des mécanismes moléculaires de la latence du virus, du rôle du système immunitaire dans la persistance virale et de la mise en place de stratégies thérapeutiques pour la contrer. En prélude à cet évènement, la revue Science a publié un dossier spécial : sous le titre «HIV Persistence and the prospect of Long-Term Drug- Free Remissions for HIV-Infected Individuals», les auteurs réalisent une synthèse de l état de la recherche actuelle sur ce qui constitue aujourd hui l obstacle majeur à l éradication du HIV-1, les cellules réservoirs de virus. Le 2 e auteur de ce dossier est Carine Van Lint, Directeur de Recherches FNRS, Responsable du Laboratoire de Virologie moléculaire. Depuis de nombreuses années, elle étudie à l IBMM les mécanismes moléculaires qui régulent l expression des gènes du HIV-1. Brochure Biotech Sortie cet été d une toute nouvelle plaquette de promotion des biotechnologies dans la région Charleroi-Sud Hainaut. Un outil coloré, efficace et bilingue qui renforce le lien stratégique joué par les acteurs de ce secteur pour la région. Cette superbe brochure est née grâce à une collaboration avec le Comité de développement Stratégique de Charleroi et du Sud-Hainaut. Pour l obtenir, contactez info@biopark.be DNAVision : ILLUMINA HISeq DNAVision commande un deuxième ILLUMINA HI- Seq2000TM pour usage commercial DNAVision, leader européen de l analyse génétique a acquis une plateforme de séquençage Illumina HISeq2000 supplémentaire. Le nouveau système sera opérationnel pour la clientèle début octobre, quelques mois à peine après à mise en service réussie du premier système HISeq. En raison de leur rentabilité élevée et du rendement du séquençage, DNAVision utilise les systèmes HISeq2000 principalement pour le séquençage du génome humain. www.dnavision.com Nouvelles formations Le programme de formation «de pointe» / automne 2010 de Biopark Formation est sorti : découvrez-le sur www.biopark.be/formations Deux nouveautés à épingler : Un cycle complet de formation en culture cellulaire (3 modules, entre octobre et décembre) Un module en Microscopie (en novembre) Et toujours, vu le succès rencontré, un Cycle complet de formation en Cytométrie de flux (en décembre). Delphi Genetics - GSK Delphi Genetics a signé un accord de licence avec GlaxoSmithKline (GSK). Cet accord porte sur l utilisation industrielle de la technologie brevetée StabyExpress pour la production de vaccins protéiques à usage humain. La technologie StabyExpress améliore le rendement de l expression de protéines et offre le potentiel d augmenter la quantité de protéines recombinantes dans la production de vaccins tout en réduisant l impact environnemental. Toutes les protéines produites avec cette technologie sont sans trace d antibiotiques. C H A R L E R O I B R U S S E L S S O U T H Périodicité trimestrielle Rédacteur en chef : Nathalie Gobbe Comité de rédaction : Bruno André, Magali Carlier, Dominique Demonté, Patrick Di Stefano, Nathalie Gobbe, Muriel Moser, Arnaud Termonia, Cécile van de Leemput Ont collaboré à la rédaction de ce numéro : Magali Carlier, Nathalie Gobbe, Violaine Jadoul Secrétariat : Nancy Dath Maquette et impression : Paragraph Contact : ULB-Département des relations extérieures, Communication Recherche : ndath@ulb.ac.be, +32 (0)71 60 02 03 http://www.biopark.be