CURRICULUM VITAE DEPOORTER GAEL Doctorant en Sociologie CURAPP-ESS I
GAËL DEPOORTER Né le 12 Juillet 1982 à Amiens (80) Célibataire nationalité française Téléphone : +33 (0)6 71 65 27 76 Courriel : gaeldepoorter@hotmail.com Adresse professionnelle : CURAPP ESS UMR 7319 Université de Picardie Jules Verne Faculté de droit et de science politique Pôle universitaire Cathédrale 10, placette Lafleur BP 2716 80 027 Amiens cedex 1 France SITUATION ACTUELLE - Doctorant au CURAPP ESS (UPJV Amiens), soutenance en septembre 2014 - Enseignant contractuel (vacataire) à la faculté de Philosophie et de Sciences Humaines et Sociales de l Université de Picardie-Jules Verne (Amiens) AXES DE RECHERCHE - Sociologie de l institution ; Liens sociaux ; TIC - Sociologie des groupes professionnels ; informaticiens - Science politique ; Sociologie de l engagement et des mouvements sociaux ; Actions collectives ; «culture» hacker - Sociologie économique ; Socio-histoire des institutions économiques et sociales ; Sociologie de l innovation sociale ; Economie sociale et solidaire - Epistémologie des Sciences Sociales ; Méthodes sociologiques qualitatives ENSEIGNEMENTS DISPENSÉS - Méthodes d enquête - Science politique (Introduction générale) - Sociologie des organisations II
FORMATION ET DIPLÔMES 2014 Thèse en cours (au CURAPP) : Sociologie politique du numérique. La «communauté du logiciel libre» saisie par l institution [Titre provisoire], sous la direction de Frédéric LEBARON, Professeur de Sociologie à l UVSQ, PRINTEMPS. 2004 2005 Master II de Science Politique parcours recherche Savoirs et Pratiques du Politique, Université Picardie Jules Verne, Amiens. Mention : Bien 2003 2004 Master de Science Politique, Université Picardie Jules Verne, Amiens. Mention : Assez Bien 2001 2003 Licence d Histoire à la faculté d Histoire de l Université de Paris IV Sorbonne, Paris (5 ème ). 2000 2001 Hypokhâgne AL, (CPGE) Lettres classiques spécialité science politique Lycée Janson de Sailly, Paris (16 ème ). Equivalence en Histoire. 1999 2000 Baccalauréat Littéraire spécialités latin et mathématiques Lycée J. Racine (80). Langues pratiquées : Anglais (lu, écrit, parlé) et Allemand (niveau scolaire) Outils informatiques maitrisés : Bureautique : Microsoft Office, LibreOffice, Pages, LaTeX, BibTeX, Zotero. Traitements statistiques : Excel, Sphinx, SPSS, SPAD. Traitement de données qualitatives : Sonal. Mise en page : Quark. EXPERIENCES D ENSEIGNEMENT 2013 2014 Chargé d enseignement (vacataire) à la faculté de Philosophie et de Sciences Humaines et Sociales à l Université de Picardie Jules Vernes, Amiens. Ateliers : «Méthodologie de l enquête sociologique» (Institut de Formation des Cadres de Santé, sous la responsabilité de Nathalie Frigul, Maîtresse de Conférence en Sociologie). Enseignement de 15h. 2007 2010 Chargé d enseignement (vacataire) à la faculté de Droit et de Science Politique de l Université de Picardie Jules Verne, Amiens. Travaux dirigés : «Introduction à la Science Politique» (L1 de droit, cours assuré par M. Antonin Cohen, Professeur de Science Politique). 3 groupes (soit 90 étudiants) par année ; durée de chaque TD : 20 heures. 2007 2010 Chargé d enseignement (vacataire) au Département de l Education Permanente de l Université Picardie Jules Verne, Amiens. Cours magistral : «Sociologie des organisations» (Diplôme Universitaire de Responsable de Formation, niveau bac +3), durée du cours : 20 heures. Direction de mémoire. III
PUBLICATIONS 2014 «Les logiciels libres : une innovation sociale et économique», in Regards sur la Terre 2014, Presses de Sciences Po, 2014. 2013 «La «communauté du logiciel libre» : un espace contemporain de reconfiguration des luttes?», in Frère (B.) et Jacquemain (M.) (dir.), Résister au quotidien? Les formes contemporaines de l action militante, Presses de Sciences Po, 2013. À venir «Logiciel libre et utopie», in Bureau (M.-C.) et Lallement (M.) (dir.), Le printemps des utopies (accepté par le comité éditorial, en attente de publication, attestation jointe). COMMUNICATIONS À venir 2014 «Visibilisation et invisibilisation du travail informatique au prisme de la communauté du logiciel libre : ressource ou frein pour sa reconnaissance?», 14 ème Journées Internationales de Sociologie du Travail, 18 juin 2014. 2013 «L état de la Multitude, une critique virtuelle de l Etat?», Séminaire organisé par Céline Husson-Rochcongar (Maîtresse de Conférence) «l Etat dans tout ses états», CURAPP, UPJV, décembre 2013. 2010 «Proximité et distance du mouvement du logiciel libre et de l économie social et solidaire», Journée d étude consacrée à l Economie Sociale et Solidaire organisée par Isabelle Astier et Elodie Ros, UPJV, Septembre 2010. 2010 «La communauté des logiciels libres, espace syncrétique de luttes professionnelles et citoyennes», communication au Colloque international «Quel présent pour la critique sociale? Activisme politique, lutte syndicale, engagement associatif et économie solidaire», Université de Liège, Institut des Sciences humaines et sociales, 10-11 Juin 2010. Article sélectionné pour publication, publié en 2013. 2008 «Classements et divisions des espaces professionnels, le cas de l informatique libre», communication au séminaire du CURAPP «les Cuisines de la recherche», Janvier 2008. ANIMATION D EVENEMENTS SCIENTIFIQUES 2013 2014 Organisation et animation (avec Elodie Lemaire, Post-doctorante, ISSP) du séminaire mensuel «Cuisines de la recherche» du Centre Universitaire de Recherches sur l Action Publique et Politique, Epistémologie et Sciences Sociales, UPJV- Amiens. TRAVAUX UNIVERSITAIRES 2007 Rapport collectif de recherche : «Les connectés par intermédiaire», Repères numériques de Picardie, Décembre 2007, co-rédigé avec Florence Gallemand, Diane Delacourt (ingénieures d études, CURAPP) et Elodie Lemaire (Post-doctorante, ISSP), CURAPP, Décembre 2007, 50 p. IV
2005 DEA de Science Politique Savoirs et Pratiques du Politique (CURAPP, Université de Picardie Jules Verne) : «Le mouvement du Libre, une expertise entre lutte professionnelle et engagement associatif», mémoire de master II, mention Bien, sous la direction d Antoine Vauchez, Septembre 2005, 147 p. + 47 p. d annexes. 2004 Maîtrise de Science Politique (Université de Picardie Jules Verne) «Être avocat, étude de la profession d'avocat au regard des pratiques de l'aide Juridictionnelle», mémoire de master I, mention Assez Bien, réalisé sous la direction d Antoine Vauchez, Septembre 2004, 67 p. + 30 p. d annexes. RECHERCHES COLLECTIVES 2006 Chargé d étude dans le cadre du projet «Etude quantitative et qualitative sur les usagers des NTIC par intermédiaire en Picardie» (ADRTP, CR de Picardie, CURAPP), encadrée par Florence Gallemand (ingénieure d étude, CURAPP). 2005 Chargé d enquête dans le cadre du projet «Les conseils de prud hommes entre défense syndicale et action publique», dirigé par Hélène Michel et Laurent Willemez. VALORISATION DE LA RECHERCHE 2010 2011 Membre du comité de rédaction de la revue EcoRev. 2010 Participation au débat «Internet, une utopie pragmatique?» lors des H@ckweeks #2, Amiens, Novembre 2010. 2008 «Histoire des logiciels libres et émergence des TIC», Introduction de l atelier TIC et libertés, Séminaire Justice et Dialogues d Amiens, Septembre 2008. 2008 2010 Élu au Conseil de l École Doctorale SHS de l UPJV, 2008 2010. 2006 2011 Participation à la création et à l animation d un collectif de représentation des doctorants et jeunes chercheurs à l Ecole Doctorale SHS de l UPJV, 2006 2011. 2006 2008 Élu au Conseil de Gestion de la Faculté de Droit et de Science Politique de l UPJV, 2006 2008. EXPERIENCES PROFESSIONNELLES 2009 Coordination régionale d une campagne électorale européenne, Picardie. 2005 2006 Responsable de la communication (réalisation d un journal mensuel, communication institutionnelle), Direction Régionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Amiens (80). 2004 Agent contractuel aux Archives départementales de la Somme (80), Septembre. 2002 2003 Agent de prospection téléphonique, Marketis Call, Paris (75). Emplois saisonniers divers : Musée de Saint Riquier (Juillet 2003), Conseil Général de la Somme (Août 2002), Usine Otor Picardie (Juillet 2002), Société Générale (Septembre 2001), Conseil Général de la Somme (Juillet 2000), Photographe PHOX (Août 1999). V
RESUME DE THESE ET PRESENTATION DES THEMATIQUES DE RECHERCHE Sociologie politique du numérique : la «communauté du logiciel libre» saisie par l institution Gael Depoorter L univers informatique, de l internet, et des logiciels libres sont généralement appréhendés comme des espaces de prédilection des individus, des subjectivités créatrices, révélant un «individualisme en réseau» (Wellman, 2002, Flichy, 2004). Qu on les nomme hackers ou pirates, ces «mutants» font figurent «d homme[s] nouveau[x]» débarrassés des vieilles disciplines, et désormais disponibles, curieux et sensibles (Auray, 2000, p. 552). Reliés entre eux par un réseau ou un «rhizome» (Vicente, 2009), c est l horizontalité, le partage, et l auto-organisation qui l emporteraient. Internet semble être un «terrain» propice aux approches plutôt individualisantes du monde social (Lahire, 2013) dont il renouvellerait et certifierait en quelque sorte la pertinence heuristique contemporaine. De manière générale les différents auteurs reconnaissent que l univers numérique repose à nouveaux frais une question classique de la sociologie, le rapport entre individu et société. Ce terrain pourtant relativement récent a déjà fait l objet de très nombreuses enquêtes en sciences sociales (surtout en économie, sociologie économique, et anthropologie) qui ont permis de saisir très finement le fonctionnement concret de cet espace 1. Cependant, malgré cette abondance il nous semble qu une sociologie des acteurs, de leurs origines sociales, de leurs trajectoires, reste à faire. En se focalisant sur les interactions en ligne, les collaborations productives, l activité en train de se faire, la culture partagée, etc., les données sociologiques manquent sur les individus eux-mêmes. Bien que l hétérogénéité de cet espace a suscité de l intérêt, on en sait finalement assez peu sur la diversité des acteurs de ce mouvement. Par ailleurs, nombre de ces travaux s intéressent à des projets spécifiques circonscrits, souvent sélectionnés pour leur exemplarité, ou bien étudient l éthique ou la culture hacker de manière assez générale. La prise en compte du niveau méso de la «communauté française du logiciel libre» nous permet de fournir des éléments de compréhension supplémentaires sur la structuration et les pratiques collectives de cet espace. Enfin, des analyses scientifiques de ce terrain au prisme d un concept classique de sociologie tel que celui d institution manquent pour saisir certaines dynamiques et principes de fonctionnement. Dans un souci de cumulativité des recherches, ce type de traitement apporte des connaissances nouvelles à un objet que des lectures plutôt individualisantes ont d ores et déjà permis d éclairer finement et de comprendre un grand nombre d enjeux spécifiques. De plus, le concept même d institution, recalibré notamment par Lagroye et Offerlé (2010), propose précisément une manière de concilier, d articuler deux approches, holisme et individualisme, souvent caricaturées. Ces sont les raisons pour lesquelles, en nous appuyant notamment sur les réflexions épistémologiques à propos de la formation du social élaborées par la philosophie analytique de Vincent Descombes (2004), nous avons souhaité enquêter sur ce que le social veut dire lorsqu il s agit du monde numérique. Plus précisément, notre thèse s intéresse au processus d institutionnalisation (Lagroye et Offerlé, 2010) de ce collectif, et il s agira entre autres de questionner l autonomisation (ou non) de cet espace en une «institution du sens» (Descombes, 1996) libre. 1 La philosophie politique : Auray 2000, Casilli 2004, Söderberg 2008, Broca 2012; les méthodes de coordination : Demazière et alii, 2006, 2007, Coris et Lung 2005, Meyer et Montagne 2007, Conein 2004, Lazaro 2008, Vicente 2009, Auray 2004 ; le modèle de production : Horn 2001, Benkler 2002, Lerner et Tirolle 2002, Jullien 2003, Gensollen 2003 et 2004 ; l analyse des motivation : Ghosh, Robles et Glott 2002, Gauguier 2005, Lakhani et Wolf 2005 ; la dimension coopérative : Grassineau 2006 ; la place du don : Barbrook 2000, Gensollen 2004, Coris 2007, Studer 2004 ; la culture : Levy 1984, Himanen 2001, Proulx et Bardini 2004, Blondeau 2000, Kelty 2008, Coleman 2012 ; le type de sociabilité : Marcotte 2003, Demazière et alii 2009 ; la liste n étant pas exhaustive. VI
Pour réaliser ce travail nous avons commencé notre recherche par l observation en ligne (archives numériques) des différents sites, forums et listes de discussion qui constituent cet univers et par le suivi assidu d une association locale qui nous a ouvert les portes de cet espace. La temporalité de la «communauté du logiciel libre» est jalonnée par de nombreuses manifestations annuelles au niveau régional, national et international. Nous avons donc adopté une approche d observation participante pendant six années lors de ces multiples rencontres qui se déroulent, selon les cas, entre une journée et une semaine. Nous avons réalisé quarante-cinq entretiens biographiques dans la perspective de restituer le sens de cet engagement dans les trajectoires sociales de nos enquêtés. À ces dispositifs qualitatifs, nous avons également expérimenté la méthode quantitative par l administration de deux séries de questionnaires pendant deux manifestations distinctes. Dans une première partie de notre thèse, nous étudions la socio-histoire de la communauté du logiciel libre, son origine contre-culturelle (Turner, 2006), la genèse de ses principes fondateurs. Il s agira ainsi de pointer et d analyser l émergence conjointe d une technologie et d une perspective théorique (notamment la french theory, et plus généralement la cybernétique) qui s est proposée dès les débuts d internet d en donner une représentation conceptuelle. L enjeu est de décrire et justifier les trois termes de l expression «indigène» : «la communauté du logiciel libre». Nous analysons dans une deuxième partie plus précisément le processus d institutionnalisation des pratiques collectives en étudiant les règles, les conduites et les modes de fonctionnement de cet univers (modalités d entrées, formes de hiérarchisations, dispositions, place du don, etc.). Il s agit en examinant son organisation (notamment le rapport entre tiers secteur et monde économique), les tensions internes (problématique du travail gratuit, priorité de la visée politique ou économique), la structuration de ses diversités (ou divergences), de restituer la complexité de cet milieu situé entre engagement et travail, sphère marchande et associative, technicité des activités et ouverture au grand public. Nous devrons donc à ce stade pouvoir disposer et parler d une institution du Libre. Dans une troisième partie nous examinons les trajectoires sociales et professionnelles, mais aussi d engagement des enquêtés regroupés par types. Il s agit ainsi d analyser la manière dont cet espace du logiciel libre, ses pratiques et les perspectives qu elle rend possible, prend sens et effet dans les biographies présentées (autodidactes, étudiants, informaticiens de métier, etc.). Le but est donc de saisir ce qu est l hétérogénéité de cette «communauté» et la manière dont ces populations participent à la définition, au projet collectif, habitent, incarnent et produisent l institution de l informatique libre. Enfin dans une dernière partie, nous examinons les processus de politisation de ce milieu et de ses acteurs. L enjeu est notamment d appréhender la façon dont ce groupe social se présente et se défend pour se faire reconnaître (juridiquement, politiquement, économiquement) et se maintenir dans un environnement politique et législatif relativement hostile (série de projets de lois ou d accords internationaux attaquant directement ses principes : HADOPI, ACTA, IPRED etc.). L objectif est de préciser la dimension politique de ce mouvement en se demandant si et dans quelle mesure «développer c est s engager». Les spécificités du milieu numérique ont facilement tendance à rendre cet objet particulièrement «exotique», à creuser l altérité des «hackers». En choisissant de nous centrer sur la «communauté» du logiciel libre nous avons cherché à nous préserver des dérives possibles d une analyse en terme de «type d humain présumé distinct» du paradigme ethnologique dénoncé par Bazin (2008, p. 41). En nous appuyant sur la perspective tracée par l anthropologie sociale de cet auteur la démarche a moins été de savoir ce que sont ces individus que ce qu ils font, différemment des autres. Enfin, avec le prisme du concept d institution le but de notre travail est en quelque sorte de transformer «l altérité et [l ]étrangeté apparente en différence connue, c est-à-dire maîtrisable» (ibidem, p. 50), et ainsi être en mesure de rendre, selon un certain nombre de médiations que notre thèse se donne précisément pour tâche de caractériser, cet univers social comparable à tout autre VII