GUIDE PRATIQUE SUR LES BANQUES DE CEREALES



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Transcription:

Association pour le Développement des Activités de Production et de Formation (ADAF/Gallë) Badalabougou Rue Gama! Abdel Nasser Porte 211 BP : 3267 Bamako Tél/Fax : 00223 222-00-33 E-mail: adafgalle@afribone.net.ml o GUIDE PRATIQUE SUR LES BANQUES DE CEREALES Vue extérieure de la banque de céréales de N'Gabakoro Tiessoin dans la commune rurale de Ouolodo Mars 2006

PREFACE La recherche de l'autosuffisance alimentaire voire la sécurité alimentaire au Mali constitue une préoccupation majeure et permanente non seulement des producteurs et consommateurs mais aussi des autorités et partenaires au développement. D'où le concept de plus en plus usité de «souveraineté alimentaire». En effet la question alimentaire est perçue et sentie comme une question de souveraineté mais encore comme la principale indice de pauvreté au Mali. Par ailleurs, la situation alimentaire dans notre pays est caractérisée par sa précarité en raison entre autres : i) de la prédominance des cultures pluviales à concurrence de 70% de la production agricole ; ii) de l'insuffisance et de la mauvaise répartition des pluies ; iii) de la libéralisation du marché céréalier ; iv) de l'existence de transactions importantes entre le Mali et les pays voisins (céréales, bétail, poisson...) ; v) de la baisse de la fertilité des sols et de la productivité des exploitations agricoles ; vi) de l'exode rural et de l'immigration des jeunes ruraux ; vii) du faible niveau d'équipement des producteurs ; viii) de l'insuffisance du crédit agricole ; ix) de l'état de surendettement des producteurs par les négociants dès la période de soudure et dont le remboursement se fait à la récolte en nature ; x) de la pratique des ventes de céréales hasardeuses par les producteurs sans évaluer au préalable les besoins en autoconsommation ; xi) de l'importance des pertes dues aux mauvaises conditions de stockage ou à la menace des déprédateurs. C'est pour toutes ces raisons que LONG ADAF/Gallè, en partenariat avec le Centre Technique de Coopération Agricole et Rural (CTA), a jugé nécessaire d'organiser des Ateliers Paysans sur la «Gestion des Stocks de céréales» dans ses zones d'intervention (Bélédougou et Mandé ). L'élaboration du présent guide ambitionne de constituer la mémoire de ces ateliers et de mettre à la disposition des producteurs une démarche et un outil simples et pratiques en matière de stockage des céréales et de gestion des stocks. Les structures communément utilisées varient des greniers traditionnels/améliorés aux silos, aux magasins, aux banques de céréales et aux boutiques villageoises. La démarche technique du guide s'articule beaucoup plus, autour des banques de céréales considérées comme la forme communautaire la plus évoluée des techniques de stockage villageois. L'ONG/ADAF/Gallè adresse ses remerciements et toute sa reconnaissance au partenaire CTA et souhaite beaucoup de plaisir à tous les futurs usagers de ce guide. 2

II. Problématique/Diagnostic du Stockage des Céréales au Mali Il ressort du diagnostic des moyens /méthodes de conservation ou de stockage des céréales utilisés à travers le pays les constats ci-après : i) les magasins/banques de céréales existants, dans la majorité des cas, occupent des locaux qui ne respectent pas les normes techniques de construction requises en la matière (orientations des portes et fenêtres, aération, étanchéité, choix du site,...) ii) l'entretien des locaux et des stocks n'est pas le plus souvent assuré (nettoyage, désinfection, traitement des stocks, entreposage...) iii) les outils ou supports de gestion sont soient inexistants, soient incomplets ou mal tenus iv) les besoins de formation des gestionnaires à la maîtrise des techniques de stockage et de tenue des différents outils de gestion sont immenses et pressants (membres des comités de gestion, gestionnaires des boutiques individuelles et privées) v) l'importance des pertes enregistrées au cours du stockage (charançons, souris, rats moisissures...) vi) les nombreux problèmes de gestion (difficultés de recouvrement des crédits, manquants à la pesée, cas isolés de détournement de fonds...). III. Importance et Avantages du Stockage Villageois Le rôle ou l'importance du stockage villageois se traduit par les fonctions suivantes : â La fonction Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle en favorisant et en assurant la disponibilité des céréales au moment où les producteurs et les consommateurs en ont le plus besoin (période de soudure) et en améliorant l'état nutritionnel des populations (richesse, variété et fréquence des plats à suffisance...) â La fonction Valorisation des Céréales et Sécurisation des Revenus dans un contexte de libéralisation du marché céréalier, de la faiblesse des quantités de produits céréaliers transformées localement en assurant la commercialisation des céréales à de prix rémunérateurs pour le producteur au moment de la récolte, mais aussi en régulant les prix aux consommateurs pendant la période de soudure. Toutes choses diminuant un peu l'intervention des opérateurs privés et de spéculateurs. â La fonction de Sécurisation de la Force de Travail des Producteurs dans leur exploitation surtout en période de soudure en limitant aussi l'exode des bras valides. â La fonction de Sécurité Sanitaire, en effet une population bien nourrie (quantitativement et qualitativement) est mieux à l'abri de pas mal de problèmes de santé. â La fonction de Solidarité et d'entraide Sociale en assurant une meilleure cohésion sociale au sein des communautés et au delà des relations parentales. En résumé les formes et modalités de stockage villageois, notamment les banques de céréales, sont mises en place avec comme motivations et buts suivants : 3

l'organisation de la collecte primaire des céréales en limitant l'intervention des opérateurs céréaliers privés - le renforcement de la disponibilité des céréales notamment au cours des périodes de soudure et à des prix préférentiels la régulation des prix des céréales sur les marchés locaux - l'amélioration quantitative et qualitative de l'alimentation (état nutritionnel des populations) la diminution des sorties de céréales (ventes précoces) hors du village ou de la localité - le renforcement de la solidarité et de l'entraide entre les membres de la communauté. IV. Typologie des Banques de Céréales Selon les zones de production, les motivations et les objectifs recherchés par les promoteurs des banques de céréales se classent en trois groupes : 4.1. Les Banques de Céréales de type «Boutiques Villageoises», implantées logiquement dans les zones à production déficitaire où les besoins d'approvisionnement en céréales sont importants et aussi les revenus des producteurs sont faibles. L'approvisionnement de la banque en céréales est fait surtout à partir des marchés des zones excédentaires. Aussi la disponibilité d'un fonds de roulement est toujours nécessaire. L'intérêt d'une telle banque est d'assurer l'approvisionnement des petits producteurs à des conditions douces et pendant les périodes de soudures. Ainsi les boutiques villageoises jouent un grand rôle dans l'approvisionnement des zones enclavées. Mais elles sont généralement confrontées à des problèmes de recouvrement de crédit et de reconstitution du fonds de roulement. 0 4.2. Banque de céréales de type «Greniers Villageois» Elles sont implantées généralement dans les zones agricoles où il existe un équilibre précaire entre la production locale et les besoins en autoconsommation. L'approvisionnement primaire se fait à travers les achats locaux (peu ou pas suffisants selon les années) à la récolte et le complément des besoins en consommation est recherché sur les marchés des zones excédentaires avoisinantes. L'objectif est de réduire les ventes précoces de céréales et de constituer un stock de sécurité pour la période de soudure. 4.3. Les Banques de Céréales à «Vocation Commerciale» Elles sont propres à des zones à production excédentaire où les motivations premières sont beaucoup plus la valorisation des excédents de récoltes. Sur la base d'un fonds de roulement, la banque commerciale assure la collecte et le stockage des excédents à des conditions avantageuses de rémunération pour les producteurs, ceci en réduisant au minimum les méfaits des ventes précoces. En dehors de la satisfaction des besoins éventuels internes à la communauté (quelques familles en situation de déséquilibre alimentaire temporaire), l'objectif premier est de 4

pouvoir approvisionner d'autres clients (offices ou opérateurs céréaliers, banques de céréales des zones déficitaires...). Dans tous les cas les banques de céréales à vocation commerciale permettent de mieux valoriser les excédents de production et de garantir un meilleur prix aux producteurs. V. Techniques de Stockage et de Conservation des Céréales (Cas des Banques de Céréales) 0. 5.1. Règles/Normes d'implantation d'une Banque de Céréales L'implantation des banques de céréales obéit aux règles suivantes : Le site devant abriter la banque de céréales doit être choisi en tenant compte des critères tels que : - l'accessibilité (place publique, route...) les risques d'incendie zone surélevée pour éviter les eaux de ruissellement et les zones hydromorphes, - zone non éloignée de la citée (problème de gardiennage) - zone bien compactée n Par rapport aux normes de construction, les locaux d'une banque de céréales doivent nécessairement être : - étanches (eaux de pluies et de ruissellement, remontée capilaire) - bien orientés par rapport aux sens des vents et de la pluie - bien aérés (orientation des portes et fenêtres...) - assez spacieux, les murs crépis et le plancher cimenté. Risques d'incendie minimisés, banque accessible 5

Magasin exposé aux eaux de ruissellement Local bien aéré et orienté Plancher cimenté, mur crépi, avec espace 6

5.2. Règles et Techniques d'entreposage : En ce qui concerne les techniques et conditions d'entreposage, les règles et normes à observer sont : n Disposer les piles à 0,5 m au moins des murs latéraux pour éviter les attaques de termites Mettre les stocks (piles) sur des palettes ou tout au moins sur une bâche Prévoir des allées entre les rangées ou piles de sacs La hauteur des piles de sacs ne doit pas toucher le plafond (1 à 2 m d'écart) n Eviter les écarts importants de température. La technique de stockage en piles, à l'opposé du stockage en vrac, permet une bonne aération du local et facilite les comptages, les inspections et les différents entretiens des stocks (balayage, désinfection des murs, traitement des stocks). Avant de procéder à tout entreposage des céréales les précautions à prendre sont les suivantes : Vider et nettoyer rigoureusement les locaux Procéder à la désinfection des murs et du sol (fumigation ou pulvérisation...) n S'assurer que les stocks sont bien secs (taux d'humidité à observer) n Vérifier l'état de conditionnement des stocks à entreposer (étanchéité des emballages, traitement phytosanitaire des stocks et date de péremption...) n Elaborer un calendrier de traitement des stocks Mettre en place si possible les matériels et outils nécessaires à la manipulation et à la gestion des stocks (instincteur, lampe, torche, balai, table de travail, chaise, sonde métallique, appareil de traitement, différents supports de gestion...) n Il est tout à fait indiqué de procéder à la formation des membres de comité de gestion à la maîtrise des outils (cf annexe). Exemple d'entreposage en vrac des céréales 7

Entreposage au sol à éviter Piles de céréales entreposées sur palettes (bon exemple) 5.3. Traitement des Stocks : Les produits de traitement des stocks sont variés. En traitement traditionnel on utilise couramment les cendres, les piments, les plantes â effet répulsif comme le Cymbopogon Giganteur «choukolan» en langue bamanankan. Les produits de traitement chimique moderne utilisés sont entre autres : le lindane, le bromophos, les extraits de neem... Les techniques utilisées vont de la fumigation aux pulvérisations et même au crépissage des murs, du toit et du plancher. VI. Estimation des Besoins Annuels en Autoconsommation d'une Famille et Balance avec le niveau de la production : Pour estimer les besoins d'autoconsommation en céréales (mil, sorgho, maïs, riz) d'une famille ou d'une exploitation agricole, il faut partir des considérations suivantes : n Dénombrer dans la famille les personnes â nourrir dans l'année âgées au moins de six (6) mois. 8

Prendre en compte la norme de consommation annuelle en céréales pour personne âgée au moins de six (6) mois soit 250 kg de céréales par personne et par an repartis comme suit : - mil, sorgho, maïs : 202 kg par personne et par an - riz : 34 kg par personne et par an imprévus : 14 kg par personne et par an pour toutes céréales confondues. La marge d'imprévus permet de prévoir les suppléments de consommations éventuelles consécutives au passage des étrangers et â la célébration des fêtes dans la famille. Ainsi, le besoin annuel en autoconsommation est estimé par la formule suivante : Ba=PexN N.B : Ba = Besoin Annuel en Autoconsommation, Pe = Nombre de Personnes Agées de moins six (6) mois, N= Norme Internationale de Consommation en Céréales L'excédent ou le déficit de la situation alimentaire d'une famille donnée s'apprécie en faisant la balance entre le Besoin Annuel en Autoconsommation et le Niveau de la Production en Céréales : Excédent = Production - Autoconsommation Déficit = Autoconsommation - Production Exercices Pratiques A. La famille de N'Golo DIARRA compte 12 personnes dont 2 enfants de moins de six mois. La production totale en céréale pour la campagne agricole 2005 est 3 000 Kg. Estimer son besoin annuel en autoconsommation et apprécier sa situation alimentaire prévisionnelle (déficit ou excédent) dans l'année. Ba = (12-2) x 250 kg soient 2 500 Kg E= 3 000 Kg - 2 500 Kg soient 500 Kg Le résultat de la balance entre le niveau de la production annuelle en céréales et le besoin annuel en autoconsommation est positif et dégage un excédent commercialisable ou non de 500 kg B. La famille de NTji compte 15 personnes toutes âgées de plus de six (6) mois. Sa production totale en céréales est 2 000 Kg en 2005. Evaluer son besoin annuel en autoconsommation et apprécier sa situation alimentaire? Ba = 15 personnes x 250 kg soient 3750 Kg D = 3 750 Kg - 2 000 Kg = 1 750 Kg S'agissant de la famille de NTji son bilan céréalier dégage un déficit de 1 750 Kg de céréales qu'elle doit chercher â acquérir sur le marché en vue de prévenir toute pénurie alimentaire au cours de l'année. 9

ANNEXES : Recueil des principaux outils et organe de gestion 1. Bon de commande (entrée) 2. Bon de livraison (sortie) 3. Registre des fournisseurs 4. Quittance 5. Dépense en caisse 6. Livre du gérant 7. Fiche de centralisation des financements 8. Fiche inventaire physique des stocks de céréales 9. Composition du comité de gestion Annexe 1 : Bon de commande n Commande du mois de : Fournisseur : Magasin n : Désignation des céréales Quantité demandée Prix unitaire Prix Total Observation 0 10

Annexe 2 : Bon de livraison (sortie) N Adresse destinataire Gérant de : Désignation des Produits Quantité Prix unitaire Montant Total Le 200 Le Président Le Délégué â Le Gérant L'approvisionnement a Reçu conforme 11

Annexe 3 : Registre des fournisseurs Région de : Cercle de Commune de : Banque de céréales de : Date Marchandises Quantité Fournisseur Montant Observation 12

Annexe 4 : Quittance n Région de : Cercle de : Commune de Banque de céréale de : Montant en francs CFA Reçu de Monsieur (Madame) : La somme de (en toutes lettres) :... le 200 a Signature partie versante Le Gérant 13

Annexe 5 : Dépense de Caisse Région de n Cercle de Commune de : Banque de céréale de : Montant en francs CFA Reçu de Monsieur (Madame) : La somme de (en toutes lettres)... Motif Pour acquit le 200 Le Président Le Bénéficiaire Le Trésorier 14

i h Annexe 6 : Livre du Gérant N Région de : Cercle de : Commune de Banque de céréale de Mois de : Date Libellés Débit entrée Crédit sortie Solde en caisse a Total le 200... Le Président Le Trésorier Le Gérant 15

Annexe 7: Fiche de centralisation des financements Région de : Cercle de Commune de Village de : Période du : au Source de financement Auto financement Nature des fonds Subvention Prêt Autres Total Total Date Superviseur... 16

Annexe 8 : Inventaire physique des stocks de céréales Région de : Cercle de : Commune de : Village de Période du : au Désignation des céréales Quantité Prix d'achat Montant Prix de vente Montant Total Date o Superviseur : 17

Annexe 9. Composition du comité de gestion N.B : La banque de céréales étant une structure communautaire sa gestion est assurée par un organe dont les postes sont â titre d'exemple : n Président (te) n Trésorier (6re) n Chargés â l'approvisionnement n Magasinier U 18