La fiscalité dans le secteur des télécoms et la croissance du mobile en RDC



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Transcription:

La fiscalité dans le secteur des télécoms et la croissance du mobile en RDC Genève du 1-2 Sept 2011 Romain CIZA /ARPTC romain.ciza@arptc.cd 1

Caneva I. Brève présentation de la RDC II. Cadre réglementaire et croissance du secteur télécom mobile en RDC (moyens légaux de financement croissance du secteur, régime fiscal des télécoms, points de vue des acteurs ) III. Taxes sur les droits d accises et de consommation: points des vues des acteurs IV. Incidences de la pression fiscale sur la croissance mobile et développement socio-économique Conclusions 2

I. Présentation de la République Démocratique du Congo «RDC» Superficie : 2.345.409 Km 2 Population : estimé à 68.000.000 d habitants (2010 PNUD) PIB/hab : 182$US (2010 PNUD) Taux de croissance économique : 2.8% (2009 BM) Taux de croissance de la population : 3%/an (2009 BCC) Taux de pénétration Mobile : 17.32% (2010) Taux de pénétration Fixe : 0.07% (2010) Taux de pénétration Internet : 0.32% (2010) ARPU : 5.06$us/mois (2010) Structure marché : 5 opérateurs mobiles + 3 fixes +vingtaine de FSI Création d emplois télécoms (mobiles): + 2500 Chiffre d affaires du secteur télécoms: 638.862.878$us(2010) 3

II. Cadre Réglementaire en faveur du développer du secteur des télécoms en RDC Moyens prévus par la loi: Théoriquement: - Selon loi sur les télécoms «les recettes tirées des frais de licences, d autorisations, de déclarations, des taxes et redevances télécoms, doivent servir essentiellement» au développement du secteur télécoms: recherche-formation, financement du service universel etc. ; - Revenus des droits, taxes et redevances: financer le développement du secteur télécom (dominé à 97% par la téléphonie mobile) etc. - Création fond de financement du service universel : pas encore activé En pratique: trésor public 4

Régime fiscal sur les télécoms: Tous les opérateurs sont assujetti au régime d impôts sur les entreprises. A ceci s ajoutent les taxes spécifiques: 2 types Fiscalité directe: contributions Redevances annuelles concessions: 2% CA Redevances sur fréquences: +/- 2.4% du CA ( estimé) Redevances des numérotations: +/- 2% du CA ( estimé) Sans compter l impôt sur bénéfices: 40% et autres Fiscalité indirecte: collectes Depuis 2008 «Droits d accises et de consommation» : 10% prélevée sur toutes les communications cellulaires en RDC. Taxe de régulation: 0.05% TIE (n affecte pas directement abonné national mais payée par l abonné étranger ). Impôt sur le chiffre d affaires (ICA): 18%. Prévue pour 2012: «Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 16%», en remplacement de l ICA 5

Constats : Charges fixes prélevées sur CA des opérateurs 6% : Devraient servir à l investissement dans le secteur, ce qui n est pas le cas, Pas de subvention, pas de service universel Donc : - Les taxes directes sur le CA: affectent la capacité des opérateurs à affecter la part prévue pour le réinvestissement dans le déploiement de son réseau. - Les taxes indirectes: affectent le niveau de consommation des abonnés qui, in fine affecte le revenu des opérateurs en limitant leur capacité à contribuer à la croissance. 6

III. Droits d accises et de consommation (déjà en vigueur): 10% Frappe une catégorie des marchandises limitativement déterminée par la loi, à l occasion soit de leur production soit de leur importation. (ex: boissons alcoolisée, tabac fabriqué, produits de beauté, parfum, articles en matières plastiques ou caoutchouc et télécoms etc.). Motivations: institués soit pour la protection des consommateurs contre les effets néfastes, conséquences de la consommation de certains produits, soit pour limiter les consommations non indispensables, soit encore protéger l environnement... Particularité: élargie aux télécoms 7

Quel débat : points de vues divergents des acteurs Au départ, mise en application difficile: résistance des opérateurs à s acquitter pour diverses raisons. Certains : «Booster» la croissance socio-économique car elle peut permettre à l Etat de maximiser les recettes en vue de financer d autres activités économiques. D autres : «Incidence négative», car son imposition amène l opérateur à répercuter la charge sur les tarifs du consommateur final. Situation actuelle: Tous les opérateurs s acquittent de la taxe. Pas d étude du marché pour évaluer l impact. 8

Benchmark application «taxe sur la consommation» dans quelques pays Africains Pays Taux appliqués Rwanda 5% ( Africa Date Base) RDC 10% Sénégal 5% Côte d ivoire Projet 2009 mais annulé Niger 3% Mali 2% ( à préciser) Ouganda 12% (www.ucc.co.ug) 9

IV. Incidences d une «pression fiscale» sur la croissance de téléphonie mobile et l économie Classer les télécoms dans la catégorie des services et produits soit à effets néfastes/de luxe: serait incompatible avec toute stratégie de vulgarisation de l accès aux services des TIC au profit des masses et des couches défavorisées; Décourager la consommation avec conséquence (i)ralentir et/ou réduire le taux de pénétration et de couverture du mobile, (ii) affecter les revenus in fine incidence sur la croissance du mobile dans le pays; Frein à la promotion de l usage des TIC à des fins de développement économique et social ; 10

Incidences (suite) Facteur défavorable, voire aggravant les difficultés d adaptation de l économie aux TIC dans une optique de quête de croissance et de compétitivité. Une «augmentation» des taxes peut générer des recettes significatives à court terme(ct), mais pourrait résulter en des pertes d opportunités de revenu fiscal à moyen et long terme(mlt). Une taxe d entrée trop élevée sur les terminaux risque d éloigner les importateurs officiellement établis (opérateurs télécoms mobiles) et de favoriser le développement d un marché informel utilisant des circuits parallèles difficilement contrôlables par les services de douanes. 11

Contribution du CA télécom au PIB 7.00% 6.00% 5.00% 6.42% 6.58% 6.35% 5.22% 5.07% 4.00% 3.00% 2.00% 1.00% 0.00% 2006 2007 2008 2009 2010 Parts du Chiffre d'affaires par rapport au PIB 12

Conclusion -1 Fiscalité mal pensée (trop forte pression fiscale), peut affecter la croissance du mobile par le «ralentissement» de la pénétration, ce qui à Long Terme peut réduire la contribution des télécoms au PIB du pays; En d autres termes, arrêt ou ralentissement des investissements en termes de déploiement de réseaux ( peu des cellules déployées pour la couverture ) Une fiscalité élevée affecte/réduit l accessibilité des prix des produits et services télécoms pour les populations, notamment pour les plus pauvres; La protection des intérêts des consommateurs à travers la régulation de la fiscalité affectant directement le revenu moyen de ce dernier est un facteur pertinent à prendre en compte dans la problématique de la fiscalité. 13

Conclusion -2 Implication du Régulateur : Dilemme Protection des intérêts de l Etat : Garantir la maximisation des recettes, Protection intérêt des opérateurs : Garantir les investissements sur le marché par l assainissement de l environnement fiscal (trop d impôts tue l impôt). 14

Cycle: Moins de taxes Moins de charges Tarifs abordables Croissance de la pénétration consommation la Stimulation de Déploiement optimal du réseau 15

Merci de votre Attention romain.ciza@arptc.cd +243-999925913 16