L école nationale supérieure d architecture de Paris-Belleville Visite de presse Ministère de la Culture et de la Communication Direction de l architecture et du patrimoine Mardi 23 juin 2009 Copyright : Sylvie Bersout - EMOC
Copyright : Jean-Paul Philippon, architecte
SOMMAIRE 1. Histoire de l école et des lieux 2. Le projet d architecture - rénovation-extension de l ancien lycée Diderot 3. Jean-Paul Philippon, architecte 4. Fiche technique 5. La pédagogie de l'école 6. Les écoles nationales supérieures d'architecture au ministère de la Culture et de la Communication 7. L'établissement public de maîtrise d'ouvrage des travaux culturels Copyright : Jean-Paul Philippon, architecte
1. Histoire de l école et des lieux Les locaux successifs de l'école nationale supérieure d'architecture de Paris- Belleville d'après une chronique de François Laisney, maître assistant et architecte, avec le concours de Jean-Paul Midant, maitre-assistant de l'ensapb et de David Karbas, architecte DPLG, ancien élève, dont le mémoire a porté sur l'histoire des lieux. Les étudiants de "l'atelier collégial 1", atelier dissident de l'école des Beaux Arts, regroupés autour de Bernard Huet louent un minuscule atelier au fond de l'impasse Lisa, dans le 11ème arrondissement, en 1965. Le collégial rejoint le "groupe C" rive gauche abrité dans le sous-sol du Grand Palais. Il va former le noyau de nouvelle unité pédagogique d'architecture n 8 (UP8) reconnue en 1969. Le baptême de l'up8 est effectué dans l'un des pavillons des halles centrales (1 et 2) dont la désaffection avait commencé. L'édifice, rue Viarmes, avait été construit en 1935 par l'architecte Dubos, inspiré de Baltard, mais divisé en trois niveaux et disposé en hémicycle autour de la Bourse du commerce. L'UP8 en a occupé le niveau supérieur avec une vue axiale stupéfiante sur l'activité nocturne de l'immense nef centrale de Baltard : vision onirique inoubliable pendant les nuits de charrette! Les halles abattues, l'école est logée en 1974 dans les trois étages d'un immeuble banal de bureaux neufs au 69 rue du Chevaleret (13ème arrondissement), avec une vue sur le site d'une friche industrielle dont on ne se doutait pas encore qu'elle deviendrait le plus important projet urbain parisien, Seine Rive Gauche. A l'issue du bail, les enseignants dénichent une opportunité qui leur convient, un immeuble dans le 19ème arrondissement, racheté par la RIVP au Secours Mutuel Agricole qui y abritait ses archives. La RIVP, s'engageant à un long bail, accepte que les travaux soient effectués pour les besoins de l'école. Au 78 rue Rébeval, au cœur de Belleville, il s'agit d'un beau bâtiment industriel, le siège des usines Meccano, la célèbre marque de jouets, construit en 1922 par l'architecte belge Arthur Vye-Papmintep. Accessible à mi-pente par la rue, le bâtiment déploie ses cinq niveaux en cœur d'îlot. Véritable leçon d'architecture, l'étroite façade sur rue de l'ancien bâtiment administratif mériterait d'être classée. C'est un petit bijou de romantisme pittoresque post-art Nouveau d'inspiration bruxelloise. Tirant parti du double dénivelé du terrain, la partie centrale forme cour anglaise et se déploie en courbe, en contre courbe. Son effet est renforcé par la verticalité et la variété des baies. Son raccord aux immeubles mitoyens est assuré par des avancées en forme de tourelles à la silhouette crénelée. Les espaces récupérés conviennent bien à la fonction d'école d'architecture : la grande et longue nef centrale entre rue et cour est un espace idéal pour les expositions et les rencontres. La lumière arrivant à chaque extrémité était magiquement transmise par des planchers de pavés de verre qui disparaîtront lors de travaux de mise aux normes de sécurité. Les plateaux superposés de l'usine sur cour, entièrement vitrés de fenêtres métalliques ouvrantes, offrent un espace idéal pour les studios. La reconversion précaire est effectuée par Christian Gimonet, architecte, assisté de Patrick Bouchain en 1981.
Copyright : Jean-Paul Philippon, architecte L UP8, devenue école d architecture de Paris-Belleville en 1986, va accueillir des étudiants des ex UP7 et UP5 successivement supprimées. Elle pallie des besoins croissants de mètres carrés en multipliant les locations annexes dans le quartier (boutiques, locaux rue Piat, «l imprimerie» du boulevard de la Villette). La RIVP exécute une annexe dans un fond de cour mitoyen pour y loger l amphithéâtre et le laboratoire de recherche de l école, l IPRAUS. Malgré l attachement de l école à ce bâtiment réaménagé pour elle, la piste d un nouveau site plus vaste susceptible d accueillir une communauté de 1500 personnes (dont 1100 étudiants) est évoquée. Les étudiants mettent l école sur une piste, celle de l ancien lycée technique Diderot, 60 boulevard de la Villette, reconstruit en 1992 sur le boulevard Serrurier.
Le site Diderot Diderot est désaffecté depuis 10 ans, squatté en 1994. En 2001, le Conseil de Paris accepte l'affectation du terrain et de ses bâtiments au ministère de la Culture pour y installer l'école pour cinquante ans. Sa réimplantation dans le quartier de Belleville témoigne de sa volonté d'ancrage territorial et de l'implication très forte des enseignants dans les actions de réhabilitation du quartier (choix de sites d'étude, actions professionnelles). Diderot a pour origine l'école-type d'enseignement professionnel de la ville de Paris, ou "école d'apprentis", créée en 1873 dans le contexte de redéfinition du cadre juridique de l'apprentissage par la Troisième République. C'est une école-usine modèle alors très novatrice sur le plan pédagogique. Elle est constituée autour d'une cour centrale de divers bâtiments qui s'agrègent et se surélèvent de 1878 à 1938. Le grand corps de bâtiment formant cour ouverte sur le boulevard, construit en 1913 par l'architecte Antonin Durand, est particulièrement remarquable de l'architecture rationnelle de l'époque. Les constructions sur une parcelle mitoyenne de l'architecte Georges Bernier en 1926-1933 ne manquent pas, elles non plus, d'intérêt. Le projet architectural La reconversion du bâtiment a été décidée afin abriter les 14 200 mètres carrés de la nouvelle école, dont la maîtrise d'ouvrage est assurée par l'emoc et la maîtrise d'œuvre confiée à Jean-Paul Philippon. Le concours a abouti au choix d'un maître d'œuvre attaché au maintien de l'existant. Mais les exigences quantitatives du programme ne permettront le maintien que d'une partie des structures anciennes. En septembre 2009, la nouvelle école d'architecture quittera enfin l'âge du provisoire et offrira un exemple intéressant de reconversion. La programmation a été élaborée au travers de plus de 100 réunions de pilotage et de définition, et de trois expositions auxquelles ont participé les enseignants les étudiants et l'ensemble du personnel de l'école. La mairie du 19ème arrondissement a été associée à l'opération dès le début et le projet a été présenté aux habitants du quartier par l'architecte et le directeur de l'école, à la satisfaction évidente des nombreuses personnes qui participaient à la réunion et qui misent sur un renouveau du quartier grâce à cette installation. L'ensemble de l'opération s'élève à 45 millions d'euros.
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2. Le projet d'architecture Rénovation-extension de l'ancien Lycée Diderot, par Jean-Paul Philippon Le site actuel du projet de l'ensapb, l'ancien Lycée Diderot, est une pièce urbaine complexe constituée de deux parcelles accolées, l une orientée vers le Boulevard de la Villette, l autre vers la rue Burnouf. L'inscription du terrain dans la colline de Belleville, la succession des cours, la diversité des orientations et des caractères donnent l'occasion de réaffirmer que le vide, comme le plein, constitue l'architecture. Les trois espaces : cour Villette, cour plantée et cour Burnouf, ont leur caractère propre que nous avons préservés et réinterprétés. Le projet de reconversion du Lycée Diderot offre ainsi la gamme des interventions possibles sur le patrimoine, de la restauration à la réinterprétation en passant pas la restructuration. Le parcours traversant l îlot propose, en suivant le fil conducteur d un vocabulaire associant le mélèze, le zinc, l acier, le verre et le polycarbonate, ainsi que le cheminement artistique conçu par Michel Aubry, une multiplicité de perceptions enrichies du dialogue entre les architectures anciennes et nouvelles. Face au Boulevard de la Villette, la composition rationaliste amorcée par les bâtiments d'antonin Durand réhabilités est complétée pour constituer une armature de circulation à la fois cohérente et aventureuse entourant la cour plantée à rez-dechaussée et distribuant les points de montée verticaux. Entre le parcellaire Burnouf et le parcellaire Villette, la cheminée devient le point d'articulation, en même temps qu'un signe de l'école dans le paysage, autour duquel s'établissent les relations fortes entre la théorie (la bibliothèque) et la pratique (les studios de projet), proclamant que l'architecture, comme discipline, unit dans son essence même le travail manuel et le travail intellectuel. Rue Burnouf, le caractère de cité industrielle est affirmé avec la conservation du bâtiment 1930 en briques dominant le site et celle du bâtiment métallique dans l esprit de l Ecole de Chicago dont les structures, réhabilitées, ont inspiré le choix d une ossature métallique pour le développement du projet. Un nouveau pont, translucide, est créé aux deux derniers niveaux entre ces bâtiments. Les constructions nouvelles sont totalement induites par ces choix préalables : elles accompagnent la traversée du lieu et complètent la composition rationnelle. Un bâtiment oblong revêtu de mélèze et de zinc, abritant amphis et salles de cours, est irrigué par une galerie lumineuse de trois niveaux permettant d appréhender la plus grande dimension du terrain et prenant naissance à l accueil. Un bâtiment carré en mélèze, de 27 m de coté, constitue, avec la cheminée, la pièce d assemblage des autres bâtiments entre la direction de la cour Burnouf et celle de la cour Villette. Transparent et perméable en partie basse pour favoriser les échanges autour
d une rue couverte distribuant les ateliers de maquette et le «café Diderot», il accueille la bibliothèque en partie haute et dans un volume sur terrasse le cabinet de lecture Bernard Huet. De la même façon que la volumétrie ne saurait, dans ce contexte, provenir d un a priori monumentaliste, le style du projet ne découle pas d un regard définitif sur le monde mais plutôt d une capacité à faire naître l unité par une mise en harmonie de la pluralité des langages. Jean-Paul Philippon 26/03/2009 Copyright : Sylvie Bersout - EMOC
3. Jean-Paul Philippon, architecte Biographie Né en 1945, Jean Paul Philippon a fondé en 1972 ACT et a réalisé la transformation de la gare d'orsay en musée, en association avec R. Bardon et P. Colboc. En 1986, il a créé son propre Atelier d'architecture. Toujours soucieux de croiser les expériences de projet pour enrichir son approche sociale et sa démarche architecturale, il poursuit son travail dans différents domaines (urbanisme, culture, santé, logement, éducation, justice, administration) avec une passion particulière pour les programmes de construction publique complexes imposant une restructuration de bâtis existants. Il privilégie une architecture avant tout sensible au contexte et au comportement, une architecture soignée qui refuse l a priori du style pour tisser les liens les plus étroits entre le site et l usage. Principales réalisations. Musée des beaux-arts de Quimper (1989-93). Service de Psychiatrie de l hôpital Albert Chenevier à Créteil (1989-97). Musée d Art et d Industrie de Roubaix (1994-2001). L Ecole Nationale Supérieure d Architecture de Paris-Belleville dans l ancien Lycée Diderot (2002-2009). Service des Grands Brûlés de l Hôpital Saint-Louis (2002-2009). Faisabilité d un nouveau centre balnéaire dans l ancienne Piscine Molitor. Projet urbain de la ville de Roubaix (2006-2008). Musée des beaux-arts et d archéologie de Valence (2005-2009) Copyright : Jean-Paul Philippon, architecte
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4. Fiche technique Maître d ouvrage : Ministère de la Culture et de la Communication Direction de l architecture et du patrimoine Maître d ouvrage délégué : ÉMOC, Etablissement public de maîtrise d ouvrage des travaux culturels Maîtrise d œuvre Architecte : Jean-Paul Philippon Bureau d études techniques : Ingerop Assistants à maîtrise d ouvrage: Contrôle Technique : SOCOTEC Ordonnancement, Pilotage et Coordination : CICAD Sécurité et Protection de la Santé : COSSEC Descriptif : Dans le cadre de la restructuration et de la modernisation des écoles d architecture en Ile de France, le ministère de la Culture et de la Communication a décidé de réinstaller sur le site de l ancien Lycée professionnel Diderot, l école nationale supérieure d architecture de Paris-Belleville, qui souffre du manque de surface et de l inadaptation de ses espaces sur son site actuel rue Rébeval. Situé à proximité de son site originel, cette nouvelle implantation permet à l école de bénéficier de locaux et de moyens adaptés à ses missions et de s ouvrir sur la ville, notamment par le choix même d un site doté d une forte inscription urbaine. L école est implantée pour une partie dans des bâtiments réhabilités et dans une extension. La cheminée dans la cour rue Burnouf est maintenue, ainsi qu un bâtiment dont les façades font l objet d une nouvelle écriture architecturale. Elle accueille environ 1 300 personnes dont 1 100 étudiants. Le principe développé par l équipe Philippon a été de tirer le meilleur parti des potentialités créatrices du site actuel. Ainsi, le projet est une école profondément inscrite dans la ville, exprimant un patrimoine avec une nouvelle écriture en le révélant, conciliant ainsi l histoire et la modernité. 1% artistique réalisé par M. Aubry
4. Fiche technique (suite) Programme : Accueil de :. 1100 étudiants,. 150 enseignants,. 60 personnels administratifs Sur un site d une surface de 5065 m² desservi par le boulevard de la Villette et la rue Burnouf :. démolition de bâtiments existants d une surface de : 4 000 m². restructuration / rénovation de bâtiments existants d une surface de : 7 000 m² HO. construction de locaux neufs de : 7 600 m² HO Soit une surface globale aménagée de 14 600 m² HO comprenant :. des locaux d accueil (hall, accueil, boutique) : 200 m² utiles. des espaces d exposition : 320 m². des locaux de convivialité pour les élèves : (cafétéria, bureaux des associations) 280 m². une salle de soutenance : 140 m². un centre de ressources (bibliothèque, matériauthèque, pôle informatique et multimédia) : 1140 m². des locaux d enseignement : 5520 m² - 3 amphithéâtres : un de 360 places et deux de 180 places - des salles de cours - des studios - des ateliers (d expression plastique, de maquettage, un pôle audiovisuel) - des locaux pour les enseignants. des locaux pour les chercheurs : 740 m² (bureaux, laboratoires, salles de réunion). des locaux administratifs : 730 m² (bureaux, salles de réunion, locaux du personnel). des locaux techniques et logistiques : 470 m² Soit une 9540 m² de surface utile totale (hors locaux techniques et circulations)
4. Fiche technique (suite) Historique de l opération : Délibération du Conseil de Paris le 9 juillet 2001 affectant le terrain et ses bâtiments au ministère de la Culture pour y installer l école d architecture pour 50 ans. Désignation du maître d œuvre sur concours : juillet 2002 Permis de construire et permis de démolir déposés : décembre 2003. Arrêté permis de construire : avril 2004. Arrêté permis de démolir : octobre 2004 Première phase de travaux de curage et démolition : 2004 Consultation des entreprises lancée : août 2004 Démarrage des travaux principaux : mars 2005 Durant les travaux plusieurs aléas sont survenus : découverte de terres polluées, nécessité de reprises en sous œuvre, défaillance d entreprises, incendie accidentel, qui ont retardé le chantier de plusieurs mois Achèvement des travaux : mai 2008 Ouverture de l école prévue à la rentrée 2009 Budget prévisionnel : Montant total de la convention de mandat : 46,850 M TDC euros courants Comprenant :. Honoraires de la maîtrise d œuvre, honoraires des assistants à maîtrise d ouvrage, frais divers de maîtrise d ouvrage : 6,900 M. Montant travaux : 38,090 M. Mobilier, équipement : 1,800 M. Réalisation œuvre artistique au titre du 1% artistique : 0,060 M
4. Fiche technique (fin) Entreprises : Curage / démolition / désamiantage / déplombage : ADEC Gros-Œuvre / charpente métallique : BAUDIN CHATEAU NEUF Calfeutrement : SAGER Couverture / bardage : THERMOSANI Couverture / bardage : LAGRANGE Etanchéité : CHAPELEC Ravalement / réfection façades : RIGOLOT Menuiserie extérieure bois / vêture bois : LORILLARD Menuiserie extérieure métallerie / verrières / serrurerie métallerie /plafonds métallique : BS VISION Plâtrerie / doublages / faux-plafonds : SPIE PARTESIA Menuiserie intérieure bois / parquets / agencement / façade bois bâtiment C : MILLET Revêtement sols souples et durs / peinture / revêtements muraux : ART MANIAC Chauffage ventilation / rafraîchissement / désenfumage : TUNZINI Electricité courants forts / courants faibles : FORCLUM Plomberie sanitaire : DUCRE Appareils élévateurs : THYSSEN Espaces verts / aménagements extérieurs : SEGEX Mobilier amphithéâtre : MUSSIDAN Equipements matériels de la cafétéria : RAGUENEAU Equipements audiovisuels : SOFT AUDIOVISUEL Tables : QUERCY Casiers et cimaises : PIC Mobiliers de série : BORGEAUD BIBLIOTHEQUES Mobiliers agencement : LES CHARPENTIERS DE PARIS
5. La pédagogie de l'école Créée en 1969, l'école nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville (ENSAPB dénomination 2005) fonde son enseignement depuis le début sur un principe : un socle de connaissances lié à une authentique culture du projet. Elle s'est bâtie sur une série d'accords fondamentaux :. renforcer dans l'enseignement de l'architecture son caractère d'enseignement supérieur lié à la recherche et à la possibilité d'offrir un éventail de pratiques diversifiées aux étudiants diplômés,. développer la science du projet, convergence du savoir et du savoir-faire, de la théorie et de la pratique,. trouver des articulations et associations pertinentes entre les enseignements et développer les partenariats internationaux,. réaffirmer que l'enseignement de l'architecture ne peut se limiter à une simple formation professionnelle. Elle est issue de l'éclatement de la section "architecture" de l'école nationale supérieure des beaux-arts parce qu'un groupe d'enseignants et d'étudiants avait voulu renoncer à l'académisme, avait voulu convoquer d'autres disciplines que celle du seul projet, que l'on croise les disciplines, que l'on procède par analogie, par enrichissement mutuel, afin de donner la conscience de l'architecture et de ses limites dans ses implications historiques, idéologiques, sociologiques, philosophiques. C'était déjà l'idée que les disciplines ne progressent que parce que les découvertes sont transposables d un domaine à un autre. Projets pédagogique et scientifique De la même manière et dès sa fondation, l école a voulu instaurer un dialogue singulier entre projet pédagogique et projet scientifique et c est pour cela que, dès cette époque, elle souhaitait que les enseignants mènent parallèlement à leurs pratiques pédagogiques des recherches théoriques. C est cela qui a conduit à la création d un laboratoire de recherche IPRAUS relevant désormais d une unité mixte de recherche. L ENSAPB anime et gère ainsi une unité mixte de recherches «Architecture, Urbanisme, Sociétés» (UMR 7136 AUS), forte de 225 chercheurs, enseignants-chercheurs et doctorants au sein de 5 départements : l IPRAUS, laboratoire de l ENSAPB et de l Université Paris X Nanterre créé en 1986, l équipe ACS de Paris-Malaquais, le LTMU de l Institut Français d urbanisme et de l Université de Paris VIII, l équipe GUEH de l Université de Marne-la- Copyright : Jean-Paul Philippon, architecte
Vallée et le LRFDSS de l Université de Paris XII. L UMR a pour vocation de structurer la recherche sur l architecture et l urbain au sein de nos écoles et instituts. Les recherches se sont constituées autour de plusieurs objets :. la conception, le projet, son enseignement, ses échelles architecturales et urbaines,. les logiques et stratégies de formation de la ville,. l articulation entre formes architecturales et formes urbaines, la densité, le projet urbain, les architectures du transport,. les politiques et les pratiques : la construction sociale de l espace, les stratégies résidentielles, la production et l usage de l espace domestique et des espaces publics,. l anatomie constructive du bâti,. l architecture comparée. Les domaines d intervention L importance que l école accorde au lien entre l enseignement et la pratique l a conduite à s attacher les compétences de praticiens reconnus dans le domaine des équipements publics, des logements sociaux des projets urbains. En réalité, cette école apporte autant d attention au patrimoine, à sa réhabilitation qu à la création (mémoire et projet), à l architecture d édifices qu à l architecture urbaine et à l architecture du territoire, à la forme qu aux techniques constructives (elle a organisé un double cursus architecture-ingénierie avec le CNAM) qu à la responsabilité sociale de l architecte. Mais quelle que soit l échelle, elle veut toujours que l on se réfère à celle du bâtiment. Kenneth Frampton l a présentée il y a quelques années (en 1998) comme l une des dix écoles assurant un enseignement fondamental dans le monde. Et de fait elle a clairement fait le choix de ne pas créer une filière professionnalisante en 1er ou en 2ème cycle mais de dispenser un enseignement continu, progressif puis cumulatif du projet sous toutes ses formes durant les années qui mènent aujourd hui au diplôme d État d architecte. Avec la mise en parallèle de disciplines associées, la construction et l histoire obligatoire tout au long du cursus, une forte offre de séminaires et de cours optionnels, l école favorise l engagement de l étudiant d abord dans son milieu, en lui permettant de se forger une culture et une capacité de jugement, avec le recul souhaitable. En contrepartie, elle a développé des formations de spécialisation et d approfondissement après le diplôme (aujourd hui le diplôme d État), grâce à son expérience acquise par les développements de CEAA, d un DEA relatif au projet architectural et urbain, d un DESS villes, architecture et patrimoine -Maghreb et Proche Orient- et la participation au DPEA architecture et patrimoine archéologique de Strasbourg, récemment avec la création d un DSA architecture des territoires, d un DSA relatif aux risques majeurs et d un DSA relatif au patrimoine du XXème siècle et aux villes orientales.
6. Les 20 écoles nationales supérieures d'architecture au ministère de la Culture et de la Communication - Le réseau des écoles nationales supérieures d'architecture : une implantation large sur le territoire Le Ministère de la Culture et de la Communication exerce sa tutelle sur 20 écoles nationales supérieures d'architecture, dont deux offrent également une formation au diplôme de paysagiste DPLG. Ces établissements publics administratifs sont répartis sur l'ensemble du territoire français avec 14 écoles en région et 6 à Paris et en Ile-de-France (l'une à l'ouest, à Versailles, et l'autre à l'est, à Marne-la-Vallée). La population totale des étudiants en architecture s'élève à près de 18 000 étudiants dont 41% en Ile de France et 59% en région. 2025 étudiants ont obtennu en 2008 leur diplôme d'etat d'architecte. Le réseau des 20 écoles nationales supérieures d'architecture est désormais, avec son insertion dans le LMD européen, un élément important de l'offre d'enseignement supérieur français. Elles sont aujourd'hui fortement impliquées dans les pôles d'excellence de l'enseignement supérieur à travers leur participation aux PRES et aux écoles doctorales. Elles se sont engagées également dans les grands enjeux contemporains de l'innovation technique, de l'expérimentation, du développement durable et sont des acteurs de l'aménagement du territoire répondant aux exigences nouvelles du projet urbain durable. Partenaires de la consultation internationale sur l'avenir de l'agglomération parisienne, des plans Campus, des expérimentations conduites avec les industriels de la construction à travers le GIP des Grands ateliers de l'isle d'abeau, elles témoignent ainsi de leur capacité à associer les enjeux de la recherche et de l'innovation à ceux de la pluralité des modes d'intervention des architectes dans leurs compétences à la fois diverses et spécifiques. - Un besoin d'architectes en augmentation La population des architectes français se révèle très insuffisante en France, tant au regard de ses voisins européens que des nouvelles demandes liées à la croissance urbaine et à l'intervention de ces praticiens dans de nouveaux champs de responsabilité qui ne sont pas aujourd'hui assumés.
La France dispose de 45 architectes pour 100 000 habitants lorsque la moyenne européenne est de 87, l'allemagne présentant un taux de 126 et l'italie de 212. La population des architectes est par ailleurs une population vieillissante puisque 70% des architectes ont plus de 45 ans et plus de 35% ont plus de 56 ans. Le nombre d'architectes formés dans les écoles nationales supérieures d'architecture ne suffit pas au seul renouvellement de la partie des architectes inscrits à l'ordre. La pression qui s'exerce donc aujourd'hui sur les écoles nationales supérieures d'architecture est très forte à la fois pour cette raison démographique et parce que les besoins d'une population âgée vont dans les prochaines années exiger un renouvellement des lieux d'habitation, de soins, de circulation et d'espaces publics extrêmement lourd. Depuis trois ou quatre ans, le taux de sélection qui existe de fait à l'entrée dans les écoles pour adapter le nombre d'étudiants à la capacité matérielle d'accueil des établissements, est devenu très important, de façon uniforme en province comme en Ile de France : les 20 écoles nationales supérieures d'architecture ne retiennent environ qu'un candidat sur 7 ou 10 postulants. Les écoles nationales supérieures d'architecture assurent pour l'ensemble de leurs étudiants une formation généraliste de haut niveau en ayant par ailleurs le souci de répondre à la diversité des pratiques professionnelles, aux exigences de qualité architecturale qui impliquent le développement de l'activité des architectes dans des secteurs multiples d'intervention autres que la maîtrise d'œuvre dans le cadre de la profession réglementée par la loi de 1977 sur l'architecture : dans leur mission de conseil, d'aménagement urbain, de programmation, d'assistance à la maîtrise d'ouvrage, qu'elle soit d'etat ou territoriale. Copyright : Jean-Paul Philippon, architecte
- Un effort d investissement soutenu Le Ministère de la Culture et de la Communication a, pour répondre à ces ambitions, privilégié les besoins de financement des extensions, réhabilitations ou constructions neuves d écoles dont les bâtiments au moment du transfert de l architecture du ministère de l Equipement au ministère de la Culture étaient dans un état de sous-entretien et d abandon très grands. Sur les 20 établissements, les écoles de Bordeaux, de Montpellier, de Lyon, de Grenoble, de Versailles, de Lille, de Marne-la-Vallée, de Rennes, de Paris Val-de-Seine, de Paris-Belleville, de Nantes, de Saint-Etienne ont bénéficié de travaux importants. Ces investissements très lourds, qui ont représenté une dépense cumulée de 231 millions d euros entre 2001 et 2009, doivent permettre de consacrer l impact de l offre d enseignement supérieur que représentent les écoles d architecture sur l ensemble du territoire français. Cette politique nationale de remise à niveau des lieux d enseignement de l architecture a été systématiquement accompagnée, pour les écoles nationales supérieures d architecture situées en région, d une aide financière importante des collectivités territoriales (ville et/ou communauté urbaine, CG, CR) : près de 7M pour le bâtiment neuf de Nantes, 7,2M pour Grenoble, Saint-Etienne et Lyon, 4,7M pour l extension de Rennes, 6M pour la réhabilitation de l hôpital sanatorium de Sabourin à Clermont-Ferrand et 4,5M pour l extension de Strasbourg. La poursuite de ces opérations est un enjeu important qui conditionne le renouvellement de la profession d architecte et sa diversification, et qui doit permettre un aménagement du territoire français harmonisé pour l offre de formations supérieures. Les travaux d extension et de réhabilitation de l ENSA de Strasbourg ont débuté en 2009 avec l engagement des études et le lancement des travaux pour la relocalisation de l ENSA de Clermont-Ferrand dans l ancien hôpital sanatorium Sabourin est prévu dès 2011. Ces chantiers devraient pouvoir s achever en 2014. Ils doivent se prolonger pour traiter des ENSA qui n ont pas encore bénéficié des travaux dont elles ont besoin pour offrir à leurs étudiants des conditions de travail dignes et de qualité.
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L ÉMOC, Etablissement Public de Maîtrise d Ouvrage des Travaux Culturels (établissement national à caractère administratif), a été créé par décret le 19 mai 1998 et placé sous la tutelle du Ministère de la Culture et de la Communication. Il est issu de la fusion de l EPGL (Etablissement Public du Grand Louvre) et de la MIGT (Mission Interministérielle des Grands Travaux de l Etat). L ÉMOC a pour mission d assurer, à la demande et pour le compte de l Etat, tout ou partie de la maîtrise d ouvrage des opérations de construction, d aménagement, de réhabilitation, de restauration, ou de réutilisation d immeubles appartenant à l Etat, y compris d immeubles remis en dotation à des établissements publics de l Etat, et présentant un intérêt culturel, éducatif ou universitaire. L Etat peut confier à l établissement la réalisation d études préalables à ces opérations. L ÉMOC peut également assurer les mêmes missions, à titre onéreux, pour le compte des collectivités territoriales ou de leurs établissements publics. A l étranger, il peut exercer des missions de conseil dans les domaines ci-dessus mentionnés. L ensemble des opérations d étude ou en cours de réalisation représente un volume d investissement de l ordre de 900 millions d euros et un montant de travaux annuel de l ordre de 130 millions d euros (toutes maîtrises d ouvrage confondues).
Ministère de la Culture et de la Communication Ecole nationale supérieure d architecture de Paris-Belleville 60, boulevard de la Villette - 75019 PARIS 01 53 38 50 00 ensa-pb@paris-belleville.archi.fr Directeur : Jean-Pierre Bobenriether Direction de l architecture et du patrimoine Contact presse : Christine de Rouville 01 40 15 35 84 - christine.de-rouville@culture.gouv.fr