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Introduction 1 1 - Le concept d Internet Mobile 1.1 Présentation Le nomadisme Quelle mobilité? Les promesses de l Internet mobile Vraie nouveauté ou fausse innovation? Les freins à l adoption 1.2 - L état du marché Des prévisions plus qu optimistes Situation en France en Septembre 2000 1.3 Les success story étrangères Japon Scandinavie 2 2 2 2 3 4 6 6 7 8 8 9 2 Technologies et Supports 2.1 Les normes de transmissions Du GSM à l UMTS Bluetooth 2.2 La diffusion de contenu SMS WAP Voice XML Les conséquences de la disparité des technologies et langages 2.3 Les terminaux L explosion des nouveaux terminaux Des appareils inadaptés 2.4 Les innovations Du côté des téléphones Et des assistants personnels Qui sortira vainqueur? 11 11 13 15 15 15 17 18 19 19 19 20 20 20 21 3 Les applications de l Internet mobile 3.1 Les applications Web portées sur le WAP Avantages Limites 3.2 Les applications spécifiques Description Quel avenir? 3.3 Cartographie des applications mobiles Services B to C Services B to B Services C to C 3.4 Zoom sur les applications SMS L utilisation des SMS en pleine croissance Quel modèle économique? Un formidable outil commercial 3.5 Comment tirer parti des spécificités du médium 23 23 23 24 24 24 25 25 26 26 27 27 27 27 27 4 Le m-commerce 4.1 Présentation Le marché Pour quels types d achat Le téléphone mobile, porte-monnaie électronique 4.2 La sécurisation des paiements Description Les différents modes de paiement 4.3 Vers de nouveaux modèles économiques Comment gagner de l argent? Les facteurs clefs de succès 29 29 29 29 30 30 30 31 31 31 Conclusion 33

Les possibilités offertes par la convergence de l Internet et des terminaux mobiles donneront un second souffle à un marché qui entre en phase de maturité Des promesses optimistes Introduction Durant les années 90, le monde des communications a été marqué par deux révolutions : Internet et la téléphonie mobile. Internet nous permet de communiquer et d accéder à une quantité conséquente d informations, en faisant fi des contraintes de temps et d espace, mais est réservé à une utilisation sédentaire, derrière un poste fixe. D un autre côté, la téléphonie mobile nous permet d être joignable en toute circonstance lors de nos déplacements. L an 2000 marque le début d une troisième révolution, celle du rapprochement tout naturel de ces deux mondes qui devrait rendre l Internet accessible n importe où, n importe quand et avec n importe quel terminal. Dans le monde des télécommunications, l arrivée des téléphones portables est considérée comme une révolution. Les chiffres, nous les connaissons tous : une croissance spectaculaire, un taux de pénétration record, de véritables empires créés en moins de 5 ans (Cegetel, Bouyguetel, The Phone House, ). La démesure a atteint son paroxysme lors de la vente aux enchères des licences UMTS (20 milliards d Euros en Grande-Bretagne, 50 milliards en Allemagne). Le potentiel énorme du monde mobile Que cache cet engouement pour la mobilité? Phénomène constaté du côté des utilisateurs avec un très vif succès remporté par les terminaux "communicants " (pagers, téléphones mobiles, PDA, ), comme du côté des industriels qui investissent sans compter dans la technologie mobile dite de troisième génération. Le succès phénoménal remporté par les services mobiles au Japon et en Scandinavie ne peut que consolider l image d Eldorado que véhicule l Internet mobile. En effet, les possibilités offertes par la convergence de l Internet et des terminaux mobiles donneront un second souffle à un marché qui entre en phase de maturité. La norme WAP semble donc être l argument choc pour les constructeurs de terminaux et fournisseurs d infrastructures pour justifier le renouvellement d un parc de téléphones portables. Les opérateurs de télécommunications y voient le moyen de lutter contre la baisse de l ARPU (le revenu moyen par abonné) et le fort taux d attrition (pourcentage de désabonnements). En effet, si la téléphonie mobile ne cesse de faire de nouveaux adeptes, le chiffre d affaires des opérateurs augmente alors que leur rentabilité baisse. Les annonces faites par ces mêmes opérateurs sont très prometteuses : consulter les cours de bourse, les informations et la météo en temps réel, faire du shopping, comparer les prix directement dans un magasin, réserver un billet d avion ou de train sur un coup de tête, trouver un itinéraire, envoyer et recevoir des e-mails, synchroniser son carnet d adresses, jouer en réseau, autant de services aguicheurs! Cependant, la réalité peut décevoir. Les cours de bourse, l information et la météo en temps réel n apportent pas forcement de nouveauté par rapport aux bon vieux services vocaux. La gestion des conflits entre messagerie et carnet d adresse des différents terminaux (téléphone, PDA, PC, ) est un vrai cauchemar. Les sites de shopping, réservation et autres jeux en ligne ne font pas toujours preuve d ergonomie et de convivialité. La localisation et les autres services personnalisés restent balbutiants. Quid de la pro-messe de mobilité et de service universel? Même si l Internet mobile en France n en est qu à ses premiers pas, le potentiel de ce marché reste colossal. Associer la technologie WAP à l Internet mobile en général revient à commettre un énorme amalgame. Les objectifs de ce livret blanc Loin d un jugement purement critique envers le WAP, ce livret blanc ambitionne au contraire, de vous faire découvrir les enjeux et l importance de l Internet mobile dans les prochaines années. N étant pas un manuel de référence, ce livret blanc n aborde pas les problématiques de programmation et s efforce de ne pas trop rentrer dans les détails techniques. A qui s adresse ce livret blanc? Ce livret blanc ne requiert aucune connaissance technique préalable. Il s adresse aux managers, chefs de projet, consultants, responsables marketing, responsables informatiques, entrepreneurs, chefs d entreprise, et en règle générale à toute personne susceptible de s intéresser au monde de l Internet mobile et du m-commerce. Dans l espoir de répondre à vos interrogations Reza GHAEM-MAGHAMI Associer la technologie WAP à l Internet mobile en général revient à commettre un énorme amalgame 1

1 Le concept d internet mobile 1.1 Présentation Internet, le réseau des réseaux étend sa toile sur l ensemble de la planète. Il permet l abolition des frontières, du temps et l explosion des services à distance. Cependant, une distance résiste, celle qui relie un internaute à son poste de consultation. Ils parcourent le monde mais statiques derrière leur écran d ordinateur. Cette situation semble bien paradoxale à une époque où explose la téléphonie mobile. Le nomadisme En à peine 5 ans, les opérateurs de téléphonie mobile ont réussi à rendre les téléphones portables indispensables. Objets de prestige lors de leur lancement, ils sont devenus un bien de consommation courant en un temps record. L adoption massive de ce moyen de communication ouvre la voie à un nouveau comportement, le nomadisme. En à peine 5 ans, le besoin de pouvoir être joint n importe où, n importe quand s est ancré profondément dans les mœurs. Le taux de pénétration des téléphones portables auprès d une population jeune, active et urbaine est le plus fort du marché. Le besoin de pouvoir être joint n importe où, n importe quand s est ancré profondément dans les mœurs Enfin, face à la multiplication des outils de travail (ordinateur de bureau, ordinateur portable, PDA, ) et à l émergence du phénomène de nomadisme, certaines sociétés américaines (www.visto.com, www.contactoffice.com, ) proposent un nouveau genre de service baptisé PIM (Personnal Information Manager) permettant de centraliser les informations personnelles ou professionnelles éparpillées entre le bureau, le domicile, sur un serveur Internet, donc de délocaliser l information et de la rendre accessible depuis un accès à Internet. Quelle mobilité? Afin de bien aborder les tenants et aboutissants de l Internet mobile, il convient ici d étudier quelles sont au juste les différentes situations de mobilité et l usage que l on peut en faire. Dans le monde Internet, vont s opposer trois grandes catégories de situation de mobilité : C to C, utilisation d Internet comme média de communication permettant aux utilisateurs de communiquer entre eux, de s échanger des informations (SMS, e-mail, ) ; B to C, utilisation de l Internet mobile à des fins personnelles (consultation d actualités, cours de bourse, météo, city guide, ) ; B to B, utilisation professionnelle de l Internet mobile (consultation de portail verticaux, envoie/lecture télé-message ou e-mail, gestion d une activité commerciale, ). Le concept d internet mobile Depuis la banalisation des portables, la nouvelle coqueluche est le PDA (Personnal Digital Assistant), qui est passé du statut de gadget high-tech à celui de véritable compagnon électronique. Il organise, planifie et assiste dans les tâches quotidiennes en regroupant les fonctions d agenda, de carnet d adresses, de calepin,. Palm Pilot, Psion, Windows CE et maintenant Pocket PC se partagent le marché très prometteur des compagnons électroniques. A la version sobre et efficace du Palm OS (système d exploitation licencié par Palm Corp. qui équipe les machines Palm Pilot et Visor), Microsoft avec sa nouvelle arme Pocket PC veut ajouter une touche multimédia à ses petits appareils qui tiennent dans la main. Ainsi, d une utilisation strictement professionnelle (gestion du temps, des contacts, des e-mail, ), les PDA semblent se diriger vers une plage d utilisation beaucoup plus large : lecture de fichiers MP3, visualisation de films vidéo, navigation sur le web, De même, un distinguo très net peut être fait entre les services web portés sur des terminaux mobiles (WAP ou autres), simples traductions des pages Web HTML au format mobile (WML ou autres) ; et les services spécifiquement développés pour des terminaux mobiles avec une conception, une ergonomie et des fonctionnalités adaptées aux contraintes des terminaux mobiles. Les promesses de l Internet mobile Répondre à un besoin latent Le nomadisme s ancre profondément dans notre mode de vie. La mondialisation et l accroissement du temps libre poussent les individus à se déplacer davantage. 2

La vraie révolution technique du nouveau millénaire viendra des téléphones mobiles de 3ème génération, compatibles UMTS et Bluetooth Fort Téléphone mobile 3èmè génération Vers une démocratisation d Internet Rendre Internet accessible sur d autres terminaux (télévision, téléphone mobile, console de jeux ) qu un PC contribue à sa démocratisation. Avec un taux de pénétration de 26% dans les foyers français selon GFK, le micro-ordinateur est encore loin de se banaliser d autant plus que parmi ces foyers, tous ne sont pas équipés d un modem et n utilisent pas Internet. Pour favoriser l usage d Internet au sein de la population française, il faut démultiplier les possibilités de se connecter. En outre, la téléphonie mobile rencontre un succès croissant avec un taux de pénétration très élevé. Comme elle permet aux internautes de rester connectés durant leurs déplacements, elle va également attirer de nouveaux utilisateurs qui vont découvrir le net grâce à leur mobile. De plus, naviguer sur le net ne nécessite pas de connaissances techniques particulières. En termes de coûts, les terminaux devraient être proposés à un prix accessible grâce aux aides des opérateurs. Face à un challenge aussi élevé, on peut s interroger sur la véracité d une telle promesse. La technologie arrivera-t-elle à suivre? Malgré une communication accrue des grands opérateurs (France Telecom, SFR/ Vizzavi, ) un certain nombre de freins persistent. Vraie nouveauté ou fausse innovation? Dans un marché en voie de saturation, l innovation est le seul moyen efficace pour relancer la demande et restaurer les marges. Anticipant un tassement de la croissance des ventes de téléphones portables, les industriels et opérateurs ont vu dans la technologie WAP l argument rêvé pour reconquérir les parts de marché concédées lors de la guerre des prix. En appliquant une stratégie marketing d offre, les industriels ont tenté de créer une demande. Stratégie risquée puisque les consommateurs, dans le domaine des biens de consommation high-tech ont déjà dû faire face à plusieurs innovations techniques majeures ces dernières années (les disques remplacés par les CD, les magnétoscopes remplacés par le CDV puis le DVD, les appareils photo traditionnels remplacés par le nouveau format APS) ainsi que les renouvellements de matériels complémentaires (lecteurs, ). La période de " découverte " du téléphone portable a été très éphémère. Le WAP ne tarda pas à lui succéder. Tant de rapidité semble avoir dérangé le consommateur français, qui a réservé un accueil mitigé à cette technologie. A l inverse, au Japon, où le cycle de vie des téléphones mobiles était en déclin, NTT-DOCOMO et son I-Mode a séduit la population friande de gadgets technologiques. Degré de technicité de l innovation Faible Innovation purement technique Téléphone mobile Modem Téléphone mobile couleur Impact faible Téléphone WAP Variante du produit PDA Les différents types d innovations Impact sur le marché Innovation révolutionnaire PDA couleur Sur ces dernière années, la seule innovation révolutionnaire massivement adoptée par le grand public est le téléphone portable. Les PDA eux, ont eu un peu plus de mal à percer et seuls les modèles les plus compacts (Palm V, ) ont su s imposer auprès d une population professionnelle. Les versions couleur de ces deux catégories ont également eu des impacts mitigés sur le marché. En effet, la couleur n apporte rien à un téléphone mobile, et les premières générations de PDA couleur n étaient pas techniquement au point, et trop chères. Le public a également boudé une innovation purement technique très intéressante, le téléphone mobile intégrant un modem et une liaison infrarouge. Il est rès pratique quand il est associé avec un ordinateur portable ou un PDA. Les industriels n ont a priori pas bien communiqué sur cette innovation. Par contre, ils concentrent leurs efforts sur les téléphones WAP (amélioration technique sans être une révolution) en surestimant le potentiel commercial de cette technologie. La couleur n a pas un grand impact. La vraie révolution technique du nouveau millénaire viendra des téléphones mobiles de 3ème génération, compatibles UMTS et Bluetooth. Ils seront la pierre angulaire d un nouveau mode de consommation en situation de mobilité. Il reste aux constructeurs et aux opérateurs, la tâche de proposer des solutions fiables à des coûts raisonnables. Dans ce cas, l impact sur les consommateurs risque d être énorme. Téléphone mobile Téléphone WAP couleur Innovation dynamique PDA connecté Impact fort 3

Les freins à l adoption de l Internet mobile La convergence de l Internet et de la téléphonie mobile ne va pas se faire sans poser de problèmes. Ainsi, les réseaux GSM actuels se révèlent inadaptés aux besoins futurs. L accès à Internet depuis des terminaux mobiles va requérir des besoins importants en bande passante. Or, la technologie GSM offre en effet un débit peu élevé (9,6 kbs), des temps de latence importants et des coupures intempestives. Le réseau actuel est donc beaucoup trop sensible pour offrir des connexions efficaces à Internet. A ces problèmes techniques s ajoute la saturation actuelle des réseaux. Selon une étude de l ART (Autorité de Régulation des Télécoms), un appel sur dix n aboutit pas aux heures de pointe. Les grandes villes et notamment les quartiers d affaires sont les plus touchés. La densité en téléphones mobiles y est très importante contraignant les opérateurs à densifier leur réseau en augmentant le nombre d antennes. Une saturation du réseau Le réseau actuel est déjà congestionné alors que le taux de pénétration de la téléphonie mobile n a pas encore atteint les 50% en France contre 70% dans les pays scandinaves. La mise en place des technologies de transmission de nouvelle génération (GPRS et UMTS) va permettre l utilisation de nouvelles bandes de fréquences. Or, si ces nouvelles technologies vont permettre d augmenter considérablement les débits, les utilisateurs vont parallèlement augmenter leur consommation ainsi que le volume d informations transférées avec l arrivée de nouveaux services comme la visioconférence, le téléchargement de musique, images ou vidéos. Ces applications sont très gourmandes en bande passante! L opérateur NTT DoCoMo au Japon avec son offre I-Mode s est trouvé confronté à une montée en charge beaucoup plus forte que prévue causant des engorgements importants de ses réseaux et donc, des problèmes de connexions. L opérateur est obligé d investir massivement pour améliorer son réseau. Les problèmes de congestion du réseau risquent d être encore d actualité pendant quelques années. Les réseaux GSM actuels se révèlent inadaptés aux besoins futurs Cette charge financière va avoir deux conséquences. D une part, les opérateurs ne vont passer à l UMTS que progressivement et ne couvriront probablement qu une partie du territoire, les zones fortement urbanisées. Ainsi, les premiers services UMTS devraient être disponibles au plus tôt fin 2002. Deuxièmement, les opérateurs vont devoir rentabiliser leurs investissements. Or, le prix de la téléphonie mobile est déjà dissuasif en Europe pour les utilisateurs. Qu en serat-il une fois que les opérateurs auront investi des milliards d Euros dans l acquisition d une licence, la recherche & développement, le déploiement d une nouvelle infrastructure technique, sa mise à niveau permanente pour supporter la montée en charge? La rapidité d adoption de l Internet mobile va dépendre fortement des coûts qu ils devront supporter Quid de la rentabilité de ces réseaux? Les opérateurs vont devoir augmenter leurs revenus. Une partie de ces revenus proviendra certainement de leurs portails mobiles (publicité, référencement des fournisseurs de services, ). Mais quelle sera la participation des abonnés? Or, la rapidité d adoption de l Internet mobile va dépendre fortement des coûts qu ils devront supporter. Selon Bettina Horster, présidente de l association des fournisseurs d accès en Allemagne, il n y aura pas de marché de masse au-delà d un coût mensuel supérieur à 150 francs, sans compter une confusion probable au niveau des tarifications. Ainsi, la tarification pratiquée en France se révèle déjà être pour le moins compliquée à comprendre. On peut se demander à quoi ressemblera une grille de tarif lorsque l on facturera en fonction du volume de données transférées et du type de services utilisés! L opérateur NTT DoCoMo au Japon avec son offre I-Mode s est trouvé confronté à une montée en charge beaucoup plus forte que prévue causant des engorgements importants de ses réseaux et donc, des problèmes de connexions Le concept d internet mobile Pour lutter contre cette saturation du réseau et pour mettre en place les nouvelles technologies de transmission, les opérateurs doivent concéder des investissements colossaux. La clé de voûte que représente l UMTS va coûter plusieurs milliards de francs à chaque opérateur aussi bien pour mettre à niveau ses infrastructures que pour payer les redevances faramineuses réclamées par le 4

Il est important que les services disponibles soient réellement efficients De plus, les abonnés français sont habitués à bénéficier de remises promotionnelles de la part des opérateurs. Or devant le ralentissement constaté du marché au niveau du nombre de nouveaux abonnés ainsi que devant les investissements à venir, les opérateurs risquent de freiner ces offres promotionnelles. Déjà, selon l institut d études marketing GFK, les prix ont augmenté au premier semestre 2000 provoquant un recul des ventes. Des utilisateurs sceptiques Si le développement de la téléphonie mobile parallèlement à celle de l Internet a déjà posé les bases des nouveaux services à venir, il faut encore prouver aux utilisateurs que la convergence de ces deux techno-logies leur apporte des bénéfices réels. Le cabinet Forrester Research dans l une de ses études, note que l Internet mobile correspond à un besoin latent des utilisateurs. Les opérateurs français SFR et France Telecom ont peut-être lancé leurs offres liées à l Internet mobile un peu prématurément car ces premières offres ressemblent plus à des expérimentations à grande échelle qu à un réel service. L Internet mobile en tant que concept récent est encore à la recherche de ses standards. Ils ne répondent pas encore à tous les besoins. Les rapides évolutions qu ils vont connaître à l instar du WAP par exemple dont les versions se succèdent 1.1 à 1.2 et bientôt 2.0 nécessitent actuellement de changer de terminal. Cette situation pourrait inciter les utilisateurs potentiels à retarder leur passage à l Internet mobile, attendant le moment propice. En outre, le marché de la téléphonie mobile va entrer dans une phase de renouvellement du parc sur le territoire nationale. Il faut espérer également une uniformisation des standards afin d éviter de réitérer une guerre semblable à celle que se livrèrent il y a peu de temps, Microsoft et Netscape dans le domaine des navigateurs web. Aujourd hui, la situation est quelque peu similaire. Tous les téléphones du marché possèdent leur propre micro-navigateur n interprétant pas les balises WML de façon identique. Pour les utilisateurs, ces services se révèlent lents, peu nombreux et sans réelle valeur ajoutée. Actuellement, les utilisateurs, obligés de changer de terminal et de voir leur facture augmenter, se retrouvent face à un faible nombre de services et de piètres qualités. Les erreurs de programmation, les temps de chargement trop longs et les nombreuses déconnexions sont autant de raisons pour les utilisateurs de se sentir frustrés. Il est important que les services disponibles soient réellement efficaces. Les opérateurs ne sont pas les seuls à expérimenter. Il semble que les fournisseurs de services font de même. Les terminaux sont également à la traîne. Déjà, il faut se munir de téléphones compatibles avec les nouvelles normes. Ensuite, il ne suffit pas de disposer de services nombreux et de qualité, il faut encore pouvoir les utiliser facilement. Or les téléphones mobiles actuels ne sont pas du tout adaptés. Leurs écrans sont petits et la saisie d information est laborieuse. Ajoutée à la lenteur actuelle du réseau, ils n incitent pas à la consommation! 5

Selon une étude datant de septembre 2000, Jupiter Research estime qu en 2003, le nombre d utilisateurs de terminaux sans fil accédant au net sera de 115 mille livret blanc 1.2 L état du marché Des prévisions plus qu optimistes Internet aura mis moins de 5 ans pour séduire les 50 premiers millions d utilisateurs, alors que la télévision avait mis 13 années. La connectivité des médias traditionnels existants au réseau téléphonique a ouvert les portes de l interactivité. Internet s est imposé comme le réseau des réseaux dont la taille et le potentiel d applications ont redéfini les règles de l économie traditionnelle. Evolution de 0 à 50 millions d utilisateurs lions aux Etats Unis et 254 millions en Europe. Datamonitor, de son coté, estime que 69 % des 270 millions de possesseurs de téléphones mobiles européens auront un accès à des services WAP en 2005. A cette date, plus de 144 millions de terminaux compatibles WAP seront vendus chaque année en Europe. Nombre d utilisateurs d Internet et de la téléphonie mobile dans le monde en millions 700 Internet 608 600 Téléphonie Mobile 500 462 400 310 300 205 250 200 150 100 0 1998 1999 2000 Le concept d internet mobile Radio 38 ans Télévision 13 ans Internet 5 ans Internet Mobile 2 ans Le secteur de la téléphonie mobile détient les records de croissance de marché. Ainsi, parallèlement et dans une période quasi égale, 400 millions d individus se sont équipés d un téléphone mobile dans le monde. Selon l I.D.C., le milliard de terminaux mobiles vendus sera atteint en 2002. La croissance est telle que les lignes mobiles ont déjà dépassé les lignes fixes dans plusieurs pays européens comme la Finlande, l Autriche et l Italie. Contrairement à la pénétration massive d Internet dans les foyers et les entreprises américaines, la téléphonie mobile a gagné plus rapidement le vieux continent. Les 2/3 des européens devraient être équipés d un téléphone mobile d ici 2003. Le nombre de terminaux mobiles atteindra 220 millions d unités en 2003. L appellation de téléphone mobile est volontairement élargie à celle de terminal mobile, tant ses capacités à échanger de l information " Data " dynamiques ont progressé ; 85 % des terminaux mobiles seront connectables aux contenus Internet. Le milliard d'abonnés au téléphone mobile dans le monde devrait être atteint en 2004. Et à cette date, un tiers des abonnés à Internet privilégieront l'écran de leur téléphone mobile ou de leur assistant personnel pour accéder au Web d'après Torbjörn Folkebrant, PDG d'ericsson France. Cette estimation en valeur absolue signifierait qu il y aurait plus d utilisateurs d Internet via un terminal mobile que via un PC. Selon NUA, de 1998 à 2000, le nombre d'utilisateurs de téléphones mobiles dans le monde a progressé de 96 %, contre 66,6 % pour Internet. Cependant, selon les chiffres fournis par l ART, on peut également observer un certain ralentissement dans la croissance. En effet, comme le montrent les statistiques des ventes nettes trimestrielles et de l évolution du taux de pénétration, le cycle de vie des téléphones mobiles semble avoir atteint la phase de maturité. Le fait que le taux de pénétration en France plafonne à 43,6 %, alors qu il avoisine Taux les de 65 pénétration % dans les des pays téléphones scandinaves, mobiles en Europe Allemagne 24,5% Belgique 1er janvier 2000 33,4% 1er février2000 France 36,2% Grèce Espagne Irlande Royaume-Uni Pays Bas Suisse Italie Portugal Luxembourg Danemark Autriche Suède Norvège Islande Finlande 38,5% 40,1% 42,7% 42,9% 44,7% 45,2% 48,3% 48,6% 50,4% 53,2% 54,1% 57,9% 62,7% 63,4% 66,5% 0,0% 10,0% 20,0% 30,0% 40,0% 50,0% 60,0% 70,0% prouve la nécessité pour les opérateurs de proposer de nouveaux services, voire de nouvelles utilisations des téléphones mobiles pour maintenir les ratios de croissance actuels. Le WAP semble donc être le nouveau terrain de bataille dans la course aux parts de marché. Ainsi, les opérateurs et d une certaine mesure les constructeurs, devront faire face à un nouveau challenge, le marché du renouvellement. En effet, le coût moyen des nouveaux téléphones compatibles (source : ART) 6

Il va donc être nécessaire de convaincre les abonnés de changer leur terminal et d utiliser de nouveaux services avec la norme WAP (1.500 Frs) dépasse de loin les prix des téléphones standards. Les utilisateurs se contenteront-ils de l effet de " nouveauté technologique " qui avait bien fonctionné il y a 3 ans? Ou exigeront-ils des fonctionnalités et services vraiment pertinents pour justifier le ticket d entrée élevé de l Internet Mobile? Toujours est-il que le flou de communication entretenu par les annonceurs sur les applications réelles de la norme WAP ne peut que nuire à la crédibilité de l Internet mobile en général. Situation en France en Septembre 2000 A l heure d aujourd hui, il y a en France près de 3 fois plus d individus équipés d un téléphone mobile que d utilisateurs d Internet. L'ART (Autorité de Régulation des Télécommunications) annonçait en fin septembre 2000 26,2 millions d'abonnés au téléphone mobile avec un taux de pénétration de 43,6% et une croissance de 16 % en moyenne sur les six derniers mois. Médiamétrie recensait en mars 2000 un peu plus de 7 millions d internautes de plus de 18 ans, connectés au moins une fois par mois au net (il est à noter que l âge du net nous permet d imaginer une génération de jeunes internautes de moins de 18 ans, " nés avec la culture net ", et absente du panel Médiamétrie. L institut d études marketing GFK estime que les téléphones WAP représentaient à peine 2% du marché au mois de juin 2000. France Télécom a lancé sa première offre WAP à la fin du mois d avril 2000, suivi par SFR à la mi-juin. Bouygues Télécom débute timidement depuis septembre. Ce chiffre n est pas des plus révélateurs vu la pauvreté de l offre qui a été disponible durant le premier semestre. Toujours selon GFK, le parc de téléphones WAP représentera entre 600.000 et 700.000 unités d ici la fin de l année. Les constructeurs de téléphones mobiles activent la convergence de la téléphonie et de l Internet. Les terminaux compatibles WAP se multiplient. Près d une dizaine sont disponibles sur le marché et de nouveaux modèles ne cessent d être présentés. Tous les constructeurs s y mettent. Les opérateurs et les constructeurs étaient très confiants sur les ventes des téléphones compatibles WAP. France Télécom et SFR prévoyaient tous deux d écouler un million de téléphones WAP chacun en moins d un an. Pour ce faire, France Télécom a annoncé que tous les nouveaux terminaux commercialisés seraient dorénavant compatibles WAP. Les opérateurs ont dû revoir leurs ambitions à la baisse. Ainsi France Télécom qui a commandé près de 5 millions de téléphones WAP auprès de différents constructeurs, n avait écoulé que 150 000 téléphones à la fin du mois d août. Son objectif était initialement de vendre 1 million d unités un an après le lancement de son offre, au cours du premier semestre 2001. L objectif va être difficile à atteindre. La situation est similaire en Allemagne et en Angleterre. T-Mobile, la filiale de Deutsche Telekom, ne comptait que 175 000 utilisateurs au mois de juillet, soit 1,3% de ses clients. Bt-Cellnet au Royaume Uni avait écoulé 200 000 téléphones WAP fin juin. D après une étude d'arthur D. Little réalisée en 2004, sur les 43 millions d'utilisateurs de téléphonie mobile que comptera alors la France, 55%, soit 23 millions, accéderont régulièrement à Internet. Selon les résultats d une enquête de l Idate parue en juin dernier, il y aura 313 millions d abonnés mobiles en Europe en 2004 dont 44,5 millions en France. Le WAP sera utilisé par deux abonnés sur cinq. Il convient néanmoins de relativiser ces chiffres. Si à la fin de septembre, l ART annonçait un taux de pénétration de plus de 40% en France avec 26,2 millions d utilisateurs, les offres prépayées (Nomad, Mobicarte, Entrée Libre ) représentent environ 41,5% du marché. Elles ont représenté 65% des ventes nettes globales du troisième trimestre. Elles sont un véritable catalyseur responsable de la forte croissance du marché. Il faut tenir compte du poids des offres prépayées pour estimer le marché potentiel de l Internet mobile car les adeptes de ces offres risquent d être peu enclins à en profiter du fait du coût de leurs communications. Si les utilisateurs existants et à venir rejettent l arrivée de l Internet mobile, le marché potentiel se retrouvera considérablement réduit ainsi que ses perspectives de croissance. D un autre côté, c est peut-être un moyen formidable de pousser ces abonnés à acquérir des abonnements mensuels et à changer leur terminal. Pour la première fois, les ventes ont ralenti durant le premier semestre 2000 selon GFK. En effet, l institut a relevé une progression de 23% des ventes par rapport à 1999 alors qu elle était de 73% à la même période en 1998. Toujours selon GFK, après la guerre des prix et l arrivée massive des offres prépayées durant les fêtes de fin d année 1999, la hausse des prix des opérateurs a provoqué une baisse des ventes. Si le prix est sans conteste un facteur déterminant, il faut peut- être également y voir que le marché arrive dans sa phase de renouvellement. Il va donc être néces-saire de convaincre les abonnés de changer leur terminal et d utiliser de nouveaux services. C est un des objectifs de l arrivée du WAP voire de l Internet mobile. Les constructeurs de terminaux pourront ainsi conserver leur volume de ventes. Les opérateurs passeront d une stratégie d acquisition de clientèle à une stratégie d augmentation du chiffre d affaires par abonné. 7

1.3 Les success story étrangères Le Japon Si l Internet mobile démarre à peine en France, les japonais sont déjà des utilisateurs avertis. Ils l utilisent depuis février 1999 lors du lancement de l offre I- Mode par l opérateur japonais NTT-Docomo. En 18 mois, l I-mode a connu un succès sans précédent. Un contexte favorable L Internet mobile disposait d un terrain favorable au Japon. Déjà la téléphonie mobile connaissait un succès grandissant. Durant le mois de mars 2000, le nombre de lignes mobiles a dépassé celui des lignes fixes. Fin août 2000, on comptait plus de 60 millions d utilisateurs du téléphone mobile selon la Telecommunica-tions Carriers Association. Avec 126,7 millions d habitants, la téléphonie mobile affiche un taux de pénétration de 48%, soit plus d un adulte sur deux. Conséquence directe du faible nombre de lignes téléphoniques fixes et des coûts élevés des communications, le taux de pénétration d Internet dans les foyers dépassait à peine 11%. Devant les difficultés d accès au Net depuis leur foyer et le développement de la téléphonie mobile, les japonais étaient prédestinés à tenter l aventure de l Internet sans fil. En lançant son offre au mois de février 1999, l opérateur NTT DocoMo pensait atteindre les 17 millions d abonnés au plus tôt après trois années d exploitation. Or, un an après le lancement on comptait déjà en mars 2000, 5 millions d abonnés avant d atteindre le chiffre impressionnant de 10 millions au 06 août. Devant ce succès, l opérateur a rehaussé son objectif pour atteindre les 17 millions d abonnés d ici fin mars 2001, soit avec un an d avance. L opérateur enregistre 50 000 nouveaux utilisateurs par jour! Une longueur d avance Les Japonais font figure de précurseurs. Non contents d être les utilisateurs pionniers de l Internet mobile, ils sont également les premiers à être équipés de téléphones mobiles à écran couleur apparus sur le marché fin 99 avec un parc estimé à 24 millions d'unités pour la fin de l année et ils seront probablement aussi les premiers à bénéficier de l UMTS. En effet, l opérateur NTT DoCoMo a annoncé qu il s apprêtait à lancer son service mobile de 3ème Génération dès mai 2001. D'autres opérateurs ont annoncé simultanément la mise en place de leur propre service. Tous les abonnés, tous opérateurs confondus, bénéficieront d'accords de roaming et, ainsi, d'un réseau de services L opérateur enregistre 50 000 nouveaux utilisateurs par jour! UMTS à l'échelle nationale. La couverture UMTS touchera d'abord les grandes agglomérations puis 80% de tout le territoire avant 2003. I-Mode, les clés du succès Si l I-Mode bénéficiait d un contexte favorable, NTT DoCoMo a su proposer un service de qualité à un prix abordable pour les utilisateurs et a fourni un modèle économique simple mais efficace aux fournisseurs de services. L I-Mode doit son succès à la qualité de services proposés et peu coûteux : une connexion permanente à Internet sans avoir besoin de composer un numéro, un contenu attractif (plusieurs milliers de sites sont actuellement disponibles), la possibilité d envoyer et recevoir des e-mails. Pour attirer rapidement de nombreux fournisseurs de contenus, NTT DoCoMo leur a fourni une technologie simple pour adapter leurs services existants et une solution simple et accessible à tous pour générer des revenus. L opérateur reverse ainsi un pourcentage des communications Internet aux sites consultés. Ce fonctionnement, similaire à celui du Minitel en France, permet aux entreprises de recevoir un revenu récurrent proportionnel à leur trafic. Quel avenir pour l I-Mode? La domination de l I-Mode au Japon est écrasante, l imposant de facto comme un standard sur l archipel nippone. Le WAP est présent mais il ne représente qu un microcosme. NTT DoCoMo tente maintenant d exporter sa technologie. A l heure où nous achevons la rédaction de ce livret blanc, il essaie de mettre un pied aux Etats-Unis et tente une percée en Europe par l intermédiaire de l opérateur finlandais KPN. NTT DoCoMo et KPN lanceront courant 2001 un portail Internet mobile européen qui proposera des services accessibles à la fois depuis le WAP et l I-Mode. En effet, le groupe KPN a annoncé sa volonté de déployer l I- Mode en Europe et plus particulièrement en France, Belgique, Pays-Bas et Angleterre. KPN n a pas annoncé de date de lancement, précisant qu il est impossible de transposer tel quel le modèle en Europe, des adaptations au niveau technique étant nécessaire. Le pari est risqué mais pas insensé à l heure où le WAP ne cesse de décevoir. La bataille des standards ne semble pas près d être terminée et le doute pourrait véritablement s installer dans l esprit des consommateurs quant à ce nouveau produit. Si l utilisation du chtml (compact HTML), version allégée du HTML permet une adaptation des sites Internet plus simple et rapide qu avec le WAP tout en offrant une meilleure utilisation des couleurs et images, l I-mode possède un handicap majeur, celui d être une marque déposée propriété de NTT DoCoMo. De ce fait, il ne peut devenir une norme. C est un inconvénient majeur face au WAP. Le concept d internet mobile 8

Les services mobiles représentent donc l ultime évolution des services distants pour les scandinaves. Une certaine avance en Europe pour le m-commerce La Scandinavie Considérée comme le laboratoire des nouvelles technologies en Europe, la Scandinavie ne faillit pas à sa réputation en ce qui concerne l Internet mobile. Depuis presque 2 ans maintenant, les suédois, norvégiens et finlandais voient se multiplier les services exploitants les téléphones portables. Des infrastructures techniques propices Comme nous l avons vu dans le chapitre précédent, c est en Scandinavie que les taux de pénétration sont les plus élevés (entre 60 % et 65 %). Ce phénomène s explique par le fait que les gouvernements, par le biais des opérateurs téléphoniques nationaux ont fortement contribué au développement de la téléphonie mobile. En effet, il est beaucoup plus rentable d équiper la population vivant dans le nord de la Scandinavie de téléphones portables que de tirer des câbles dans des régions où la densité de population est minimaliste. Ainsi, en 1990 on comptait déjà près de 500.000 utilisateurs de téléphones mobiles! Après plus de 10 ans, les téléphones portables ont été massivement adoptés par la population. L utilisation des services associés à la mobilité est également plus intensive. Au premier trimestre 2000, l opérateur Telia annonce plus de 25 millions de SMS envoyés pour 2.6 millions d abonnés! Une réussite pour l industrie locale Le suédois ERICSSON et le finlandais NOKIA sont sans conteste les deux poids lourds du secteur de la téléphonie dans le monde. Ces deux groupes sont parmi les plus belles réussites de l économie de leur pays respectif. Ainsi, la capitalisation boursière de NOKIA représente plus de la moitié de la valorisation totale de la bourse d Helsinki! Ces deux groupes sont donc le moteur de l Internet mobile en Scandinavie aussi bien au niveau des terminaux disponibles que des infrastructures de communication. Des utilisateurs conquis par les services interactifs Du fait d un taux de pénétration très élevé dans les foyers (supérieur à 60 % dans les grandes villes), Internet a énormément marqué les habitudes de consommation et les comportements d achat des scandinaves. Ainsi les utilisateurs sont beaucoup moins frileux qu en France ou dans d autres pays européens. Selon une étude IDC, en décembre 1998, 72 % des suédois âgés de 16 à 24 ans avait déjà réalisé un achat par Internet! Les services mobiles représentent donc l ultime évolution des services distants pour les scandinaves. Les plus grosses sociétés scandinaves se sont ainsi lancées dans le développement de services accessibles au travers de terminaux mobiles bien avant les autres grands groupes européens : ERICSSON propose depuis la fin 1999, un portail multi-accès entièrement personnalisable par les utilisateurs (www.chatb.com) et accessible sur terminaux mobiles et téléphone WAP. NOKIA de son côté, au travers de son service Nokia ActiV propose une panoplie assez complète de services WAP. Nokia a été également un des premiers à livrer les codes sources de son navigateur WAP, facilitant ainsi le travail de certains industriels ne disposant pas des mêmes budgets de R & D que NOKIA. VOLVO fait également partie des industriels à avoir misé sur les services mobiles. Ainsi, le programme VOLVO on call couple une technologie GSM et GPS pour apporter différents services aux conducteurs : sûreté (en cas d accident ou de problème technique, le central Volvo est en mesure de localiser le véhicule et d apporter de l assistance), sécurité (localisation du véhicule en cas de vol), practicité (consultation de l état du trafic, guide routier, réservation d hôtel, ). EXPRESSEN, un des quotidiens leaders en Suède (l équivalent du Monde en France) propose également à ses lecteurs des services mobiles gratuits. Dès le début de l année, la rédaction a monté une équipe spécialisée pour éditer une version WAP du journal avec du contenu tenant compte des spécificités des téléphones mobiles (des articles très courts rédigés en style télégraphique pour une lecture simplifiée sur des petits écrans). Au-delà des services déployés par les grands industriels du pays, de plus petites structures ont également misé très tôt sur l Internet mobile. WEZAPP propose ainsi un service d achat de CD selon les titres diffusés à la radio, l équivalent de Mobiclick mais avec un an d avance! Un frein au développement Malgré le dynamisme des industriels locaux, l ambition affichée par les start-up et l engouement du public, le développement de l Internet mobile en Scandinavie se plie néanmoins aux contraintes des infrastructures européennes. Le faible débit du réseau GSM et les contraintes du WAP nuisent fortement au développement du m-commerce dans ces pays. Mauvais choix technique de départ, le WAP n évoluera pas assez vite pour répondre aux enjeux de l Internet mobile en Scandinavie. L I-Mode sonnera-t-il le renouveau des services mobiles? Les deux poids lourds du secteur tenteront-ils d imposer un nouveau standard? Toujours est-il que l Europe du Nord sera sans aucun doute le marché de référence pour le m-commerce européen. l Europe du nord sera sans aucun doute le marché de référence pour le m-commerce européen 9

Synthèse le concept d Internet Mobile Emergence du nomadisme L arrivée des téléphones mobiles a modifié les habitudes des utilisateurs. De ce nouveau support de communication est né un comportement (le nomadisme) qui peut être décliné en comportement d achat. Ainsi, il existe un besoin latent pour l Internet mobile structuré comme l Internet en marchés B to C, B to B et C to C. L argument " Nouveau " ne fait plus vendre Le nombre croissant de terminaux mobiles et la multitude de services en ligne forcent les industriels et fournisseurs à se démarquer par tous les moyens.cependant, la surenchère technologique ne semble plus faire vibrer les acheteurs potentiels, bien au contraire,elle ne fait que polluer l image des services et technologies existants en quête d un positionnement et d un modèle économique viable. Il existe des freins à l adoption très forts La saturation des réseau de télécommunication et le scepti-cisme persistant des acheteurs potentiels freinent le développement de l Internet mobile. Le déploiement de nouvelles infrastructures techniques et l émergence de services réellement novateurs devraient rapidement crédibiliser les technologies existantes. Un marché en quête d un second souffle Face au ralentissement de la croissance du marché de la téléphonie mobile, qui rentre en phase de maturité (plus de 26 millions d utilisateurs pour un taux de pénétration de 43,6 % en septembre 2000), l Internet mobile apparaît comme providentiel pour relancer la demande et restaurer les marges. Nécessité de développer de nouveaux services L offre actuelle de services mobiles en France n a pas atteint la taille critique pour mobiliser massivement les consommateurs. Afin de maintenir la croissance du secteur, il sera nécessaire de lancer des services innovants et pertinents pour reproduire les succès-story du Japon et de la Scandinavie. 10

Le futur est résolument orienté vers la transmission de données par paquets plus rapidement aux services évitant un délais de connexion supplémentaire. 2 Technologies et supports La convergence Internet/téléphonie mobile a donné naissance à une multitude de technologies permettant de faire le lien entre ces deux mondes. Les effets d annonces se multiplient faisant l apologie de chacune. Or, aujourd hui, elles sont pour la plupart encore en cours de définition ou en phase de test. Peu sont déjà déployées, surtout à grande échelle. Il est trop tôt pour dire avec certitudes quelles technologies vont dominer le marché car tout va très vite. Les futurs standards de demain ne figurent d ailleurs probablement pas parmi les technologies actuelles. 2.1 Les normes de transmission Du GSM à l UMTS Les téléphones mobiles utilisent actuellement en France et pour la majorité de l Europe la technologie GSM (Global System for Mobile Communications). Son faible débit (entre 9,6 et 14,4 Kbit/s) n autorise que la transmission de données de faible volume. La technologie GSM se révèle donc peu adaptée pour accéder à Internet depuis un terminal mobile vu sa faible bande passante. A cette insuffisance s ajoute les problèmes de latence, de coupures intempestives et son incompatibilité avec les protocoles de l Internet. Le HSCSD (High Speed Circuit Switched Data) permet d obtenir des débits proches de ceux d un modem (56 Kbit/s) en utilisant plusieurs canaux simultanément. GSM n en utilise qu un seul. Cette augmentation de la bande passante se fait au détriment du nombre d utilisateurs simultanés. Le réseau GSM étant déjà saturé, le passage au HSCSD ne ferait qu empirer la situation. Les opérateurs français ne s intéressant pas à cette technologie, elle ne devrait donc pas voir le jour en France. Le futur est résolument orienté vers la transmission de données par paquets. Le GSM et le HSCSD utilisent la commutation par circuits qui monopolisent un canal radio en continu qu il y ait ou non des informations transmises. Lorsqu un utilisateur initie un appel, il monopolise un canal radio dès la connexion au réseau et jusqu à la fin de l appel. Avec les technologies de commutation par paquets, un terminal monopolise un canal uniquement durant l envoi ou la réception d informations permettant ainsi de partager un même canal auprès de différents utilisateurs. Autre avantage appréciable, les terminaux seront connectés en permanence au réseau. Les utilisateurs auront ainsi accès Dès la mi-2001, la technologie GPRS (General Packet Radio Service) sera une étape intermédiaire vers de plus hauts débits. Cette technologie reposant sur la transmission de paquets d information et supportant les protocoles de communication de l Internet à savoir IP (Internet Protocol) et X.25, autorisera un débit de 50 à 115 Kbit/s. Les utilisateurs resteront en permanence connectés et seront facturés vraisemblablement au volume de données transmises. Les vitesses de transmission autorisées par le GPRS permettront enfin l apparition d applications multimédia utilisant du texte mais aussi des graphiques, images et sons. Depuis le mois de mai dernier, le GPRS est disponible sur le réseau d'itineris à Lille, et en banlieues Est et Sud de Paris. A peu près au même moment, SFR a ouvert le premier site GPRS de réseau, à l'intérieur du CNIT de La Défense. Le principal avantage de cette technologie est qu elle permet de réutiliser les infrastructures GSM existantes. Durant l année 2002, l EDGE (Enhanced Data rate for GSM Evolution), solution s appuyant sur l infrastructure du réseau GPRS permettra d atteindre des débits de plusieurs centaines de Kbit/s (jusqu à 386 Kbit/s). Enfin vers 2002/2003, l UMTS (Universal Mobil Telephony Service) marquera les débuts des mobiles de troisième génération avec des débits pouvant aller jusqu à 2 Mbit/s. Au Japon, les premiers tests grandeur nature devraient survenir dès le milieu de l année prochaine. En Europe, les opérateurs ne commenceront probablement pas à déployer cette technologie avant 2002, en étant reliés dans un premier temps au réseau GSM/GPRS. 1999 2000 2001 2002 2003 GSM GPRS UMTS HSCSD Evolution des normes de transmission EDGE Plusieurs normes de transmission existent pour améliorer les capacités de transmission des réseaux de téléphonie mobile. Si les bénéfices sont indéniables pour les applications à venir un certain flou demeure quant à leur développement. 11

Le GPRS devrait vraisemblablement apparaître le premier, suivi dans la foulée de l UTMS et de l EDGE. SFR annonce que son offre GPRS sera disponible à la minovembre sur l ensemble du territoire français tandis que France Télécom a repoussé la commercialisation de son offre au premier trimestre 2001! La mise en place de ces nouvelles normes représente un coût non négligeable pour les opérateurs. Si la mise en place du GPRS et de l EDGE représente un investissement relativement limité, l UMTS est un véritable gouffre financier. Le GPRS, même s il est compatible avec le réseau GSM existant, oblige les opérateurs à effectuer des modifications qui leur coûteront plusieurs millions de francs. L UMTS soulève un gros point d interrogation au niveau de sa rentabilité. En effet, certains opérateurs éprouvent déjà ou vont éprouver des difficultés pour s acquitter des droits des licences UMTS réclamés par les gouvernements sans même avoir commencé à équiper leurs infrastructures. A titre d exemple, l opérateur allemand MobilKom a annoncé au mois d octobre la signature d un contrat d un montant de 1,6 milliards d euros portant sur l installation de son futur réseau de 3ème génération. Certains analystes se demandent si ces investissements seront un jour rentables. Forrester Research, dans une récente étude, a interrogé 12 opérateurs téléphoniques concernant les coûts d implémentation de l UMTS et le prix des services associés. Les réponses (voir ci-dessous) montrent clairement qu un certain flou règne auprès des Avez-vous estimé Avez-vous déjà opérateurs. le coût de la mise déterminé le mode en place des réseaux de facturation des 3ème génération? services mobiles 3G? NON 58% OUI 42% Source : Forrester Research Inc NON 58% OUI 42% Ces normes de transmission seront donc vraisemblablement réservées à des zones fortement peuplées dans un premier temps. Elles toucheront principalement des entreprises car le surcoût engendré (terminal + abonnement) devrait les destiner à une clientèle professionnelle en attendant une baisse des prix. L EDGE pourrait tirer son épingle du jeu car il n y a pas besoin d acquérir des licences supplémentaires étant donné qu il repose sur l infrastructure GSM. Seule une mise à jour matérielle et logicielle est nécessaire pour un coût bien inférieur à celui de l UMTS. Si les débits offerts sont certes moins importants, ils conviennent quand même pour des applications multimédias. Ces normes de transmission seront donc vraisemblablement réservées à des zones fortement peuplées dans un premier temps. L avantage significatif de l UMTS, outre le débit, est l utilisation de nouvelles fréquences radios qui permettront de désengorger le réseau existant. Il convient également de relativiser les effets d annonce des opérateurs et constructeurs. Certes, ces nouvelles normes de transmissions nous permettent de hauts débits en théorie. Cependant, il est difficile de connaître les débits réels tant qu elles n auront pas été déployées à grande échelle. Ainsi dans le cas du GPRS, la bande passante allouée à un utilisateur va dépendre fortement de sa situation géographique et du nombre d utilisateurs simultanés. De nombreuses limitations techniques inhérentes au réseau et aux terminaux viennent dégrader les débits théoriques. Deux normes de communication (GSM et GPRS) vont se partager les mêmes fréquences radio. Cela soulève de nombreuses interrogations concernant le partage de ces fréquences. Le GSM va t-il être encore plus saturé Le débit offert par le GPRS sera-t-il suffisant? Aura-t-on des problèmes de connexion sur le GPRS pour cause de saturation du réseau? Avec l explosion de la technologie SMS, le réseau GSM par lequel transitent les messages, est soumis à rude épreuve. Les problèmes de partage des fréquences entre le GSM et le GRPS ne sont qu une partie des obstacles. En effet, afin d envoyer et de recevoir des informations au débit maximal théorique de 171,2 kbps, les terminaux doivent être pourvus de capacités de traitement conséquentes. Les terminaux devront être plus sophistiqués et donc plus onéreux. Les premiers terminaux GPRS ne permettront probablement pas une connexion au débit maximal. En plus, les opérateurs dans le but de réduire les dépenses liées à l implémentation de la norme GPRS sur leurs infrastructures existantes, semblent avoir décidé de limiter les capacités de transmission à 53,6 kbps offrant une conne-xion similaire à celle d un internaute utilisant un modem sur une ligne fixe. Toutes ces incertitudes ne sont pas dénuées de conséquences pour les utilisateurs : Ils devront changer leur terminal. Les terminaux vont devenir mixtes fonctionnant sur plusieurs normes (GSM, GPRS ). Les débits varieront fortement suivant la position géographique et également en fonction de la situation de l abonné (en mouvement ou fixe) et en fonction de la charge du réseau. Le coût de la téléphonie mobile va augmenter, car hormis le changement de terminal, il faudra encore régler l abonnement et les communications. En connaissant les besoins en trésorerie des opérateurs, la facture des abonnés risque de considérablement augmenter! Il est probable que différents abonnements seront mis en place correspondant à des débits différents. La facturation va devenir plus obscure. Comment l utilisateur différenciera-t-il son utilisation du réseau GSM et GRPS? les terminaux doivent être pourvus de capacités de traitement conséquentes Technologies et supports 12

Bluetooth est une technologie de transmission sans fil fondée sur la liaison radio Elle doit remplacer les connexions par câbles ou infrarouge grands noms de l informatique et de la télécommunication. On dénombre en Septembre 2000 près de 1.900 membres. Quelles vont être les répercussions au niveau des éditeurs de contenus, fournisseurs de services? Déjà, deux questions se posent : Quand ces technologies seront-elles déployées? A quelle échelle? Quelle sera leur courbe de croissance? PDA (esclave) Ordinateur portable (esclave) Le plus difficile est de prévoir à quel moment ces technologies seront disponibles et massivement déployées. C est la condition sine qua non pour pouvoir attirer suffisamment d utilisateurs. Les éditeurs et fournisseurs devront atteindre une masse critique d utilisateurs permettant de rentabiliser leurs investissements. En se lançant trop tôt, certains acteurs seront mort-nés. Ordinateur (esclave) Téléphone (maître) PAN (Personal Area Network) Fonctionnement de la technologie Bluetooth Imprimante (esclave) Les éditeurs et fournisseurs vont devoir intégrer une autre composante. Ils vont être en présence d un Internet mobile à plusieurs vitesses car aucune de ces technologies ne couvrira uniformément le territoire. Les débits varieront fortement en raison de la diversité de la demande. Les promesses du tout multimédia ne sont pas pour tout de suite, ni pour les deux ou trois ans à venir. Seules quelques niches y auront accès. Bluetooth Derrière ce nom étrange, se cache une révolution dans le monde de la transmission d informations par onde radio. Véritable innovation technologique, Bluetooth se positionne comme une offre complémentaire aux technologies évoquées précédemment. Fonctionnement Bluetooth est une technologie de transmission sans fil fondée sur la liaison radio. Elle exploite la gamme de fréquences des 2,45 GHz, et permet de faire communiquer entre eux des terminaux équipés d une puce Bluetooth. Au niveau des performances, un dispositif Bluetooth peut se connecter à 7 autres appareils dans un rayon de 10 mètres avec un débit maximal de 1 Mbit/s. Ce débit décroît en fonction de la distance séparant le terminal émetteur (Maître) des terminaux récepteurs (esclaves), et du nombre de terminaux reliés. Le réseau provisoire des appareils reliés entre eux est appelé Piconet (voir le schéma en page suivante). La technologie Bluetooth sert donc de protocole de transmission d informations au sein d un micro-réseau privé (ou réseau personnel), autrement appelé PAN (Personnal Area Network), faisant référence aux autres typologies de réseaux, LAN (Local Area Network) et WAN (Wide Area Network). La technologie Bluetooth a été développée par un consortium d industriels baptisé Bluetooth SIG (Special Interest Group) auquel ont adhéré les plus Les applications L ambition de la technologie Bluetooth est grande. Elle doit remplacer les connexions par câbles ou infrarouge et s imposer comme le mode de transmission universel d informations par onde radio. La transmission d informations par infrarouge est laborieuse. Elle nécessite l alignement d optiques, une distance de liaison généralement limitée à deux mètres et une vitesse de transmission insuffisante. Grâce à Bluetooth, il n est plus nécessaire d aligner les appareils, la distance de liaison approche les 10 mètres et la vitesse de transmission atteint les 1Mbit/s. C est dans une situation de mobilité que Bluetooth révèle tout son potentiel. Concrètement, les applications possibles définissent la technologie Bluetooth comme un pont entre l Internet et différents terminaux " non-communiquants ". Ainsi, un téléphone GSM équipé d une puce Bluetooth permet de connecter au Web différents appareils (PDA, ordinateur portable, ) ne disposant pas d un modem. Borne relais Ondes GSM Téléphone Ondes Bluetooth Utilisation de la technologie Bluetooth comme pont entre différents terminaux 13

Les scénarios d utilisation de la technologie Bluetooth sont en effet prometteurs. Un individu possédant un téléphone portable équipé d un modem et d une puce Bluetooth pourrait surfer sur le Web avec son PDA ou son micro portable tout en laissant son téléphone dans sa poche. De même, un appareil photo numérique équipé de la puce Bluetooth transférerait directement les photos prises sur un micro portable ou sur une unité de sauvegarde ayant une capacité de stockage beaucoup plus importante que l appareil photo. Le constructeur Sanyo a présenté récemment un prototype de téléphone portable capable de prendre des photos et de les transmettre via Bluetooth à une imprimante couleur. La technologie Bluetooth replace donc le téléphone portable au centre du schéma d utilisation de l Internet mobile. Au lieu d équiper les téléphones avec des grands écrans couleurs ou des claviers rétractables, les constructeurs de portables et de PDA n auraient qu à les équiper d une puce Bluetooth. En outre, les composants Bluetooth occupent un volume très faible et représentent un coût relativement faible. la technologie Bluetooth devra patiemment attendre le déploiement d infrastructures de télécommunications de troisième génération cours d élaboration. SyncML est un consortium initié par de grands acteurs du monde des télécommunications tels que Ericsson, IBM, Lotus, Motorola, Nokia, Palm, Psion, et Starfish software. SyncML souhaite créer un standard de synchronisation universel entre les logiciels plutôt que de continuer à voir se développer des protocoles différents et propriétaires. La combinaison de Bluetooth et SyncML permettra d échanger des informations indépendamment du terminal et des logiciels utilisés. Malgré ses qualités indéniables, cette technologie doit néanmoins faire face à un autre problème de taille. N étant qu un intermédiaire entre le Web et l utilisateur, la vitesse de transmission des données provenant du Web sera conditionnée par la norme de transmission (GSM, GPRS, ). Ainsi, avant de pouvoir s exprimer pleinement, la technologie Bluetooth devra patiemment attendre le déploiement d infrastructures de télécommunications de troisième génération. Technologies et supports Grâce à cette technologie, téléphones portables et PDA retrouveraient leurs utilisations respectives et n auraient pas besoin d évoluer vers des configurations hybrides telles que PDA-téléphone ou téléphone-pda. La technologie Bluetooth s imposerait donc comme l ultime boucle locale radio! Quel avenir pour Bluetooth? Le mariage Internet mobile / Bluetooth n est pour le moment valable que sur le papier car il reste encore plusieurs obstacles à surmonter : Des problèmes de sécurité semblent subsister au niveau de la sécurité des informations transitant entre les terminaux malgré les barrières de sécurité mises en place (fonctionnement maître/esclave, technique du Frequency Hopping permettant de changer de fréquence 1600 fois par seconde, codage 128 bits). Il faut également se prémunir contre tout risque de propagation inopinée de virus. L augmentation des coûts de production des appareils. Les coûts de production et d implémentation des puces Bluetooth vont vraisemblablement augmenter le prix de vente des appareils. Quid des barrières logiciels? Etant donné que la plupart des logiciels utilisent des formats propriétaires, il ne suffit pas de mettre en place un protocole de transmission entre terminaux, il faut encore que les logiciels puissent échanger des informations. Pour pallier ce problème, le protocole SyncML est en 14

Quand la transmission d informations par paquets (GPRS, EDGE, UMTS) sera devenue un standard sur le marché, la technologie SMS n aura plus raison d être 2.2 La diffusion de contenus Comme dans le cas des normes de transmission, il existe plusieurs technologies permettant de diffuser du contenu sur les différents terminaux mobiles. SMS Le SMS (Short Message Service) est une technologie permettant d'envoyer et de recevoir des messages courts sous forme de texte de téléphone mobile à téléphone mobile. Il est avant tout utilisé par les utilisateurs pour communiquer entre eux et depuis quelques mois, les opérateurs téléphoniques ainsi que différents sites Internet mettent à profit cette technologie pour envoyer des informations ou des notifications (alertes) à leurs abonnés. Le SMS per-met ainsi d envoyer facilement et rapidement les cours de la bourse, des informations sur le trafic routier, des résultats sportifs, Avantages et inconvénients La technologie SMS possède tout à la fois des avantages indéniables tels que la facilité d utilisation et un important parc de mobiles compatibles. Elle présente toutefois un inconvénient majeur. On ne peut ni réaliser une mise en page complexe, ni utiliser exclusivement des caractères textuels car la taille des messages est très limitée. Il est impossible d envoyer des messages de plus de 160 caractères, sans les découper en plusieurs SMS. Ce procédé manque de convivialité pour les destinataires. Le SMS est donc réservé à l envoi d informations courtes. Des évolutions prochaines Les constructeurs de terminaux, comme Nokia, Ericsson, Siemens travaillent actuellement sur la prochaine génération de messages SMS faisant fi des limitations technologiques actuelles. Ainsi Ericsson finalise sa technologie esms-c qui permettra d élargir le champ d application des télé-messages en permettant l encapsulation d e-mails (aussi bien en réception qu en émission) voire d applications Web. De son côté, Nokia vient de lancer le Picture Messaging qui permet d envoyer au sein d un SMS, du texte accompagné d une image. Ainsi un message peut contenir une image en noir et blanc d une dimension maximale de 72 pixels de large pour 28 de haut accompagné d un texte ne dépassant pas 120 caractères. Nokia a mis également au point une fonctionnalité de " chat " fonctionnant sur tous les téléphones actuels, basée sur le SMS et également compatibles avec les futurs normes de communication (WAP, GPRS). Les utilisateurs pourront suivre et prendre part à des discussions, envoyer des messages à plusieurs destinataires simultanément. Ces nouvelles normes nécessitent un téléphone mobile compatible. Actuellement, chaque constructeur (Nokia, Sagem, Siemens, Philips ) propose des SMS enrichis (texte+image) sur leurs derniers modèles de terminaux. Les solutions technologiques employées sont propriétaires, limitant ainsi l envoi des messages entre terminaux compatibles. Il faut espérer que les constructeurs mettent en place rapidement un standard commun car actuellement l intérêt de ces SMS enrichis est plus que limité. D autant plus que le parc de mobiles compatibles est très réduit car les utilisateurs doivent posséder les derniers modèles de téléphones. Le SMS tel qu on le connaît aujourd hui a donc encore de nombreux mois devant lui. Quand la transmission d informations par paquets (GPRS, EDGE, UMTS) sera devenue un standard sur le marché, la technologie SMS n aura plus raison d être et sera vraisemblablement remplacée. Nokia élabore le Multimédia Messa-ging Service qui permettra aussi bien l envoi de textes, d images, vidéos, sons Cependant, tant que la majorité du réseau français continuera d utiliser le GSM, le SMS restera un standard. SMS vs WAP En août 2000, il y avait environ 100.000 téléphones WAP en France. Et la quasi totalité des téléphones mobiles du parc français est compatible avec la technologie SMS. D un point de vue stratégique, il est donc difficile de faire l impasse sur le SMS au profit du WAP. En outre, les abonnés au téléphone mobile GSM utilisent déjà le SMS. Le WAP rend le dialogue difficile entre un utilisateur et le système d information de l entreprise. Il complique également le dialogue entre utilisateurs. Le SMS est donc un service complémentaire car il notifie ou alerte les terminaux WAP. A titre d exemple, on peut citer la notification dès qu une transaction boursière est effectuée, l alerte quand une place de théâtre devient disponible, la confirmation d achat de billet de train, WAP Les origines du WAP remontent en 1997 quand la société Unwired Planet proposa un micro-navigateur intégré aux téléphones cellulaires et un langage adapté, le HDML. La société s esr renommée alors Phone.com et s est alliée avec Motorola, Nokia et Ericsson pour fonder le forum WAP. Le forum WAP est en charge du développement de la technologie WAP, dérivée du HDML. C est un ensemble de spécificités techniques qui permettent d adapter des données provenant du web afin de les afficher sur 15

des écrans de petites tailles. Son ambition est de devenir un standard global afin de permettre de réaliser des économies d échelles importantes. Le WAP Forum comprend aujourd hui plus de 250 membres dont les leaders mondiaux de la téléphonie mobile (Nokia, Ericsson et Motorola). Description Les éléments clefs de l architecture incluent un navigateur utilisant le langage WML, des services à valeur ajoutée de téléphonie (TeleVAS) et les cinq couches de protocoles (transport, sécurité, transaction, session et application). TeleVAS est un concept qui permet de contrôler les appels et les fonctions de messagerie. A travers cette fonction, les utilisateurs téléchargent les menus des services dont ils veulent bénéficier. Ces applications peuvent être mémorisées sur la mémoire locale du téléphone, permettant ainsi à l utilisateur de gagner du temps en ne téléchargeant que les nouveaux services ou ceux ayant été modifiés. Une page écrite en WML est stockée sur un serveur web. Cependant, les différences de protocoles et de transmission empêchent le portable d accéder directement à un site web traditionnel. Il faut recourir à un convertisseur appelé " passerelle " (gateway) assurant la liaison entre le réseau cellulaire et le monde de l Internet. Elle a pour mission de convertir les informations provenant de l Internet au format WAP, codant et décodant les requêtes et les réponses entre le terminal et le serveur web. La passerelle peut se situer chez l opérateur téléphonique, un fournisseur d accès indépendant ou au sein même de l entreprise. Terminaux mobiles Requête encodée Reponse encodée Décodage Encodeur/ Décodeur Décodage Passerelle Fonctionnement de la technologie WAP Requête Reponse La passerelle dont le rôle est de compresser les informations pour limiter les échanges sur le réseau ne se justifiera plus avec l arrivée des nouvelles normes de transmission Pourquoi ne pas avoir choisi les standards de l Internet? A l époque où les premières personnes ont commencé à construire les outils que nous utilisons (WAP, ) la bande passante n était pas suffisante pour utiliser les protocoles de l Internet. Les standards de l Internet comme HTML, HTTP, TLS et TCP sont inefficaces à travers les réseaux mobiles car ils requièrent une bande passante importante. De même, HTTP et TCP ne sont pas optimisés pour la couverture intermittente, des temps de latence importants et une bande passante limitée. Utiliser ces protocoles pour l Internet mobile rendrait les services mobiles lents, coûteux et difficiles à utiliser. De plus, le protocole de sécurité TLS requiert un échange important de messages entre le terminal et le serveur, provoquant des temps de réponse importants pour l utilisateur. Outre ces problèmes de compatibilité avec les standards de l Inter-net, il fallait également repenser, comme nous le verrons dans le chapitre consacré aux différents terminaux, la présentation en fonction des contraintes d affichage et de saisie des terminaux mobiles. Le Forum WAP a essayé de remédier à ces contraintes en proposant une série de protocoles spécifiques plus ou moins équivalents. Le WAP a donc été conçu pour répondre aux caractéristiques spécifiques des terminaux mobiles et communicants et des réseaux de communication sans fil. Pour cela, il utilise un système de transmission binaire permettant une meilleure compression des données limitant ainsi les informations envoyées sur le réseau et est optimisé pour tenir compte de la latence et de la faible bande passante. Le langage WML utilisé pour afficher les informations tient compte de la taille des écrans et permet de naviguer d une seule main. Traitement Serveurs HTTP et SGBD Génération de contenu Serveurs Le WAP utilise néanmoins plusieurs standards de l Internet comme XML et IP. Les protocoles définis par le WAP sont également basés sur les standards de l Internet en les adaptant à un environnement mobile. Le WAP fonctionne également en mode clientserveur à l instar du WEB nécessitant la présence d un micro navigateur dans les terminaux communiquant avec les serveurs WAP. Les terminaux ayant des capacités limitées, le traitement des données doit être transféré au maximum au niveau du serveur. Le WAP est indépendant des réseaux de communication sans fil le rendant utilisable sur le GSM, des prochaines normes de transmission (GPRS, EDGE, ) et des systèmes d exploitation présents sur les terminaux mobiles. Technologies et supports 16

Certains éditeurs ont parié sur le développement de navigateurs capables d interpréter le code HTML et de l afficher en fonction des contraintes des terminaux Le WAP serait-il mort-né? Le WAP peine à s imposer. Il semble ne pas faire l unanimité auprès des acteurs du marché comme Microsoft ou Palm. Si le Minitel impressionnait dans les années 80, l interactivité au travers de l interface graphique des navigateurs WAP ne passionne plus personne. Les motifs de sa naissance n auront bientôt plus raison d être Les débits et les terminaux se sont améliorés, et ils continueront à s améliorer. La passerelle dont le rôle est de compresser les informations pour limiter les échanges sur le réseau ne se justifiera plus avec l arrivée des nouvelles normes de transmission. Le WAP est un format naissant en quête de légitimité Il comporte de nombreuses erreurs de jeunesse et ne répond pas à tous les besoins. Il repose sur le langage WML qui, comme son grand frère le HTML, décrit la présentation, le contenu. On utilise également un langage de scripting appelé WMLScript qui ressemble au JavaScript. Jusque là, un éditeur de site WEB ne devrait pas se sentir dérouté en abordant la technologie WAP. Et c est bien là où le bas blesse. Les erreurs faites avec le WEB sont renouvelées avec la technologie WAP dans des proportions bien plus grandes. Chaque appareil embarque un navigateur WAP interprétant de façon différente les lignes de codes. Pire, on peut rencontrer des difficultés de compatibilité entre les Gateway! Le casse-tête de la compatibilité entre les navigateurs Netscape et Internet Explorer se retrouve ici multiplié par le nombre de constructeurs, voire même d appareils! Le problème ne va qu empirer avec les différentes versions du WAP (1.1, 1.2 et bientôt 2.0) qui devront assurer une comptabilité descendante. Une passerelle décriée Si le WAP met en place des protocoles au niveau de la sécurité, une faille subsiste au niveau de la passerelle car si les transmissions entre le terminal et la passerelle sont sécurisées par le protocole WTLS, de même que les transmissions entre la passerelle et les serveurs web par SSL, les informations circulant dans la passerelle pourraient être interceptées. On comprend que certains acteurs comme les banques soient réticentes à voir la passerelle déployée chez un opérateur. Le WAP n est pas universel Certains éditeurs ont parié sur le développement de navigateurs capables d interpréter le code HTML et de l afficher en fonction des contraintes des terminaux. C est le cas de Microsoft et de son Pocket Explorer qui équipe les nouveaux PDA tournant sous Pocket PC. Il en est de même pour Opera Software qui édite la version EPOC de son navigateur Opera qui sera intégré à l ensemble de la gamme de Psion. Quant à la société Palm, elle a annoncé qu elle n utiliserait pas le WAP dans ses PDAs mais un système propriétaire, le Web-clipping, basée sur le langage HTML également. Vu sa part de marché, cela représente un certain nombre d assistants numériques. L opérateur NTT DoCoMo utilise également le langage HTML, dans une version dégradée, avec succès dans son offre I-Mode au Japon. Le succès de l opérateur impressionne et inquiète. Celui-ci aimerait développer son I-Mode en Europe et aux Etats-Unis. L opérateur KPN a d ailleurs annoncé son intention de déployer l I-Mode dans quatre pays européens dont la France. A côté de l I-Mode qui a prouvé son efficacité, le WAP peine à se mettre en place et les débuts ne sont guère brillants. L I-Mode ne pourrait-il pas finalement devenir le standard de l Internet Mobile, reléguant le WAP aux oubliettes. Difficile à dire pour le moment. Une chose est sure, le WAP se doit d évoluer et notamment au niveau de la couche de présentation. De même, le langage XHTML (compatible avec le XML et le HTML) remplacera théoriquement le langage WML dans la spécification WAP 2.0 du WAP Forum. Ce langage facilitera la portabilité des projets sur les terminaux mobiles. L autre atout du WAP face à l I-Mode, est qu il est soutenu par les plus grands acteurs du marché, notamment Nokia, Ericsson et Motorola. VoiceXML Le forum VoiceXML a été fondé par AT&T, Lucent Technologies, Motorola et IBM pour mettre en place un standard permettant d accéder aux sites Internet par commandes vocales. VoiceXML est une technologie basée sur les travaux antérieurs de Motorola, IBM et Lucent au niveau de la reconnaissance et de la synthèse vocale. Le langage a été officiellement reconnu en mai 2000 par le W3C. La technologie VoiceXML ouvre le champs a deux types d applications : l accès à des services Internet depuis un téléphone fixe ou mobile selon un mode de fonctionnement similaire à l audiotel. Des portails vocaux sont déjà en place aux Etats-Unis comme Tellme et BeVocal. Mais il faudra encore de nombreux mois avant que cette technologie soit réellement efficace et utilisable à grande échelle. Il sera nécessaire de repenser le contenu, la navigation et l ergonomie en prenant en compte l absence d interface graphique. Ainsi, l inté 17

rêt ne sera pas d accéder vocalement au web depuis un téléphone afin de remplacer un PC mais plutôt d accéder aux informations en situation de mobilité car la navigation ne pourra pas être aussi riche avec un téléphone qu avec un PC. Les services accessibles seront ainsi limités à des applications simples et rapides. l apparition de micro-navigateurs vocaux implantés dans les téléphones mobiles. La reconnaissance vocale s avèrera des plus utiles pour naviguer via son téléphone WAP ou son PDA évitant ainsi l utilisation des claviers ou autre dispositif de pointage. Reste que la reconnaissance vocale demande une puissance de calcul importante ce qui ne facilite pas son intégration aux terminaux mobiles. l apparition de micro-navigateurs vocaux implantés dans les téléphones mobiles. La reconnaissance vocale s avèrera des plus utiles pour naviguer via son téléphone WAP ou son PDA évitant ainsi l utilisation des claviers ou autre dispositif de pointage. Reste que la reconnaissance vocale demande une puissance de calcul importante ce qui ne facilite pas son intégration aux terminaux mobiles. La reconnaissance vocale va permettre d améliorer l utilisation de services WAP à l aide de micro navigateurs à commande vocale. Elle pourra surtout venir concurrencer directement l accès au Net depuis un terminal WAP. Il faudra encore plusieurs mois pour que la reconnaissance vocale soit réellement efficace et utilisable à grande échelle. Les premiers services devraient apparaître courant 2001 dans l hexagone. Aux Etats-Unis, le portail Lycos a annoncé qu une version vocale devrait être accessible d ici la fin 2000. Yahoo va offrir également un accès vocal à ses abonnés qui pourront bientôt, en appelant un numéro de téléphone, accéder à leur e-mail et à du contenu personnalisé de Yahoo (cours de la bourse, actualité sportive en temps réel). En France, France Telecom a déjà effectué des démonstrations d une version vocale de son portail Voilà. Intel Dialogic, lors de l Internet Telecom Expo 2000 à New York, a également présenté un serveur intégré, basé sur une plate-forme de portail vocal permettant de développer facilement des solutions évolutives et à haut débit. Selon IDC, le marché des services web vocaux représentera près de 16 milliards de dollars d ici 2004. Bon nombre de ces problèmes de compatibilité semblent néanmoins pouvoir être contournés grâce à l utilisation de portail multi-accès permettant de publier une même source d information dans l ensemble des formats Il est impossible de réutiliser des sites existants car peu de terminaux reconnaissent les standards de l Internet. Les sites habituellement conçus pour des ordinateurs sont difficilement exploitables, soit parce que les terminaux ne reconnaissent pas l intégralité des technologies du web, soit parce que l architecture et la navigation sont incompatibles avec les con-traintes d affichage et de navigation des terminaux. Comme nous venons de le voir précédemment, de nombreuses technologies différentes existent pour la diffusion de contenus sur des terminaux mobiles tels que WAP, I-Mode, SMS, HTML traditionnel, Voice XML,Webclipping Aucune de ces technologies ne s est pour le moment véritablement imposée. De même, elles vont évoluer voire disparaître. D autres verront le jour. Il est difficile de s y retrouver. Pour le moment, il faut utiliser les solutions existantes tout en étant conscients qu il faudra faire évoluer son site en fonction de la mise à jour de ces technologies. Il faut également savoir que toutes ces technologies ne se prêtent pas aux mêmes applications. Ainsi les technologies basées sur la voix n offrent pas les mêmes potentialités que le WAP, l I-Mode ou l HTML. En outre, le webclipping est réservé au PDA tournant sous Palm OS. Une fois réglé le problème des technologies, reste le problème des terminaux. Dotés d écrans de tailles différentes, d interfaces de saisies et navigation différentes, il faut repenser la navigation, l affichage des informations et leur saisie en fonction de chacun. Et ensuite, viennent les problèmes inhérents à la bande passante. La mise en place de nouvelles normes de transmissions vont entraîner des différences de bande passante importantes et il n y aura probablement pas d homogénéisation du réseau car plusieurs normes vont cohabiter. Bon nombre de ces problèmes de compatibilité semblent néanmoins pouvoir être contournés grâce à l utilisation de portail multi-accès permettant de publier une même source d information dans l ensemble des formats (PDA, WAP, Web TV, ) comme la solution Portal-To-Go d Oracle ou la solution Brikks de Framfab. Il faut néanmoins repenser la structuration du site, la navigation et convertir toutes ses données au format XML. C est en effet le seul langage permettant de séparer une information de sa présentation sur un terminal. Développer un site pour l Internet mobile n est donc pas simple. La charge de travail est conséquente et onéreuse. Les ressources requises sont importantes. Technologies et supports Les conséquences de la disparité des technologies et langages Le développement d un site (d un service) universel accessible sur l ensemble des terminaux (mobiles ou non) représente un chantier complexe. 18

Des appareils inadaptés 2.3 Les terminaux Si aujourd hui l ordinateur est le terminal d accès usuel à Internet, il va bientôt être relégué au second rang. Tous les analystes s accordent à dire que vers 2002/ 2003, les terminaux mobiles vont devenir le premier moyen d accès au net. Le mouvement de diversification des équipements d accès au net va s amplifier, accéléré par le formidable essor de la téléphonie mobile. Les fabricants tentent d adapter aux technologies d Internet un maximum d appareils tels que les consoles de jeux vidéos, les set-top boxes (appareil se connectant sur un téléviseur), les webphones, les appareils électroménagers, la Hi-Fi ainsi que des équipements embarqués dans les véhicules. D ici 5 ans, une multitude de nouveaux terminaux seront apparus. Si certains sont toujours à l état de prototypes, les téléphones mobiles et les PDA font déjà partie de notre vie quotidienne. L explosion des nouveaux terminaux Le marché des nouveaux terminaux mobiles connectables au web va littéralement exploser dans les prochaines années. C est tout du moins ce que prédisent les acteurs du marché (analystes, constructeurs, opérateurs). Ainsi, selon Allied Business Intelligence (ABI), 500 millions de téléphones mobiles WAP seront vendus entre 2000 et 2005, représentant un tiers de la production de téléphones mobiles en 2005. La société de conseil et de recherche Ovum va dans le même sens estimant le nombre d utilisateurs de téléphones WAP à 484 millions en 2005. D ici là, l ensemble Smartphone /PDA représentera un parc de 350 millions d appareils dès 2003 pour Datacomm Research. Selon le Yankee Group, il y aura 48 millions d utilisateurs de smartphones en 2002. Cependant, selon IDC, moins optimiste mais peut être plus réaliste, les ventes de smartphones devraient atteindre 12,9 millions d unités d ici 2003. 600-500- 400-300- 200-100- 0-77 0,07 6 190 25 68,4 484 171,6 2000 2002 2003 2005 Europe Monde Nombre d utilisateurs de téléphones dans le monde (source : Ovum) Les assistants personnels ont eux aussi le vent en poupe. Selon NPD Group, environ 9 millions d'unités auraient été vendues dans le monde au 1er trimestre 2000. Aux Etats-Unis, il se serait vendu autant de PDA au cours des 6 premiers mois de l'année 2000 qu'au cours de l'année 1999. Cela représente un peu plus de 1,3 million d'unités, chiffre confirmé par la société Palm qui évalue ce nombre à 1,5 millions d unités. En France, selon les chiffres communiqués par l institut d études marketing Gfk, deux fois plus d assistants personnels ont été vendus au 1er semestre 2000 que durant 1999. Gfk estime que d ici la fin de l année, 220 000 unités seront commercialisées. Le Web, au début des années 90, a commencé à être exploité par des utilisateurs équipés d ordinateurs de bureau, munis de larges écrans, et non pas par des appareils mobiles aux capacités réduites. Ainsi, au fil des années, la montée en puissance des ordinateurs et la forte demande en applications multimédia ont vu la naissance de nouvelles technologies (HTML, Flash, Shockwave, Java, ) permettant de réaliser des sites Internet toujours plus sophistiqués. Or actuellement, les téléphones mobiles et les assistants personnels ne peuvent pas restituer les pages multimédia qui comprennent du son, de la vidéo ou des animations. Les téléphones mobiles et les PDA (dans une moindre mesure) comportent de nombreuses limitations d un point de vue technique. On peut citer : la mémoire et le processeur : la quantité de mémoire ainsi que la puissance des processeurs sont très limitées sur des appareils nomades en comparaison des ordinateurs de bureau. Les applications doivent donc être légères en taille mais aussi en termes d utilisation des ressources. Ventes de PDA en France Février à Juillet 2000 41 000 1er sem.99 Source GFK 82 000 1er sem.00 l affichage : la taille des écrans est considérablement réduite, ne permettant pas d afficher une page riche en contenu, en graphisme. La navigation n est pas très plus aisée. De plus, l affichage est majoritairement monochrome. Les premiers PDA munis d écrans couleurs commencent à peine à arriver sur le marché, suivis bientôt par les premiers téléphones. le clavier : les claviers sont peu adaptés à la saisie d informations surtout pour la rédaction de textes. Sur un téléphone, une touche regroupe plusieurs lettres obligeant à multiplier les frappes pour taper un mot. De même, il n y a pas de dispositif de pointage performant facilitant la navigation. Les PDA munis de stylet sont dépourvus de clavier. Il faut alors utiliser leur système de reconnaissance d écriture ou un clavier virtuel. la batterie : l autonomie des appareils est primordiale. En effet, pour une utilisation nomade, il faut disposer d un temps d utilisation suffisamment important. Or l ajout de nouvelles fonctionnalités (écran couleur, vibreur, fonction main libre ) puise énormément les batteries réduisant d autant l autonomie. la taille : les appareils (téléphones et PDA) doivent pouvoir être transportés facilement. Il faut donc réduire au maximum leur taille et leur poids. Même si l on veut agrandir la taille des écrans, augmenter la capacité des batteries, on est très vite limité par le volume disponible pour les intégrer. En effet, ils doivent être petits et légers. 19

2.4 Les innovations Du côté des téléphones Un terminal à usage multiple Le téléphone mobile tend à s éloigner de sa fonction de base pour devenir un instrument à usage multiple. De par son caractère hautement personnel, et l accoutumance des utilisateurs qui en font un compagnon du quotidien, il se transforme en véritable boîte à outils du nomade permettant de répondre à différents besoins : Communiquer (voix, fax, SMS, e-mail, ) ; Travailler (carnet d adresses, agenda, ) ; S amuser (jeux, musique) ; S informer (recevoir des informations par SMS ou WAP) ; Payer (terminal de paiement). Le téléphone ne sert plus seulement à téléphoner mais aussi à s amuser, se divertir (jeux, musique et dans le futur appareils photo et webcam). Il fait office de compagnon de travail (agenda, fax, carnet d adresse) et permettra de naviguer sur Internet. Quasiment tous les nouveaux mobiles seront désormais compatibles WAP avant d intégrer les nouvelles normes de communication comme le GPRS et Bluetooth. Certaines fonctionnalités vont devenir de véritables catalyseurs de la navigation sur le net. Ainsi, les jeux et surtout la musique à travers le MP3 vont probablement pousser les utilisateurs à se connecter au web pour télécharger leurs jeux et morceaux préférés. Les fonctions d agenda pousseront à la synchronisation via le net. Les constructeurs tentent également d améliorer la puissance des processeurs, la quantité de mémoire vive. Les téléphones doivent être toujours plus petits et posséder une autonomie de plus en plus importante malgré l ajout de toutes ces fonctions qui accroissent paradoxalement la taille des terminaux et réduisent leur autonomie. L avènement des écrans couleurs apportera un confort d utilisation non négligeable rendant les services mobiles et les contenus plus attractifs et plus conviviaux. Le terminal de demain sera sans aucun doute doté de fonctionnalités de reconnaissance vocale évoluées, d agents intelligents permettant de réduire au maximum l utilisation d un clavier. Pour le moment, les terminaux WAP n offrent pas un confort d utilisation réellement satisfaisant, comparativement à l Internet ou au Minitel. Ils sont certes simples à utiliser mais difficiles à configurer dès lors qu il s agit de changer les passerelles WAP notamment lorsque les opérateurs à l image de France Telecom tentent d imposer l utilisation de leur passerelle exclusive, rendant l opération quasiment impossible pour un néophyte. N oublions pas le prix Reste le problème du prix avec l ajout de ces nouvelles fonctionnalités. Le coût d achat des terminaux a tendance à s envoler surtout quand ils ne sont pas vendus dans une offre packagée. Ainsi, l hybride téléphone/pda de Nokia, le 9110i coûte environ 4000 F, les téléphones MP3, 5000 F. Ces prix sont trop élevés pour être accessibles à une majorité de consommateurs. Pourtant, ce sont ces terminaux qui peuvent permettre de développer considérablement l usage du net sur les terminaux mobiles. Et des assistants personnels Technologies et supports L ergonomie Face aux contraintes actuelles des terminaux, les constructeurs repensent leurs produits afin de les rendre plus ergonomiques. Ce sont surtout les téléphones qui vont connaître des améliorations majeures avec des innovations comme : La molette, équivalent de la souris pour micro, elle permet de naviguer facilement dans les écrans ; Les écrans seront plus grands, tactiles et couleurs ; De vrais claviers permettront de saisir aisément des textes ; L utilisation de logiciels d écriture prédictive per - mettra de reconnaître des mots déjà saisis ou bien d afficher des recommandations grâce à un diction - naire intégré ; La reconnaissance de l écriture comme sur les PDA ; La reconnaissance vocale permettant de lancer des commandes par la voix ; Le monde des assistants personnels est en pleine effervescence. Considérés il y a encore quelques mois comme des gadgets, ils s imposent désormais comme un véritable outil de travail auprès d une cible professionnelle. Ces appareils rencontrent un succès croissant auprès des utilisateurs, une multitude de modèles apparaissant sur le marché. La concurrence s intensifie au niveau des constructeurs. Les sociétés Palm Inc. et Handspring dominent le marché des PDA avec 86.6%. Les sociétés PSION et Microsoft avec Pocket PC sont encore outsiders sur le marché. Ce dernier permet un grand nombre d applications multimédia, une compatibilité parfaite avec l environnement Microsoft (notamment Word, Excel, Pour le moment, les terminaux WAP n offrent pas un confort d utilisation réellement satisfaisant, comparativement à l Internet ou au Minitel 20

Les assistants actuels ne se prêtent guère à la navigation sur Internet Outlook). Casio et Compaq ont développé cette technologie en créant des prototypes munis d écrans couleurs. Le Palm a conquis les utilisateurs professionnels. Microsoft est en position de force pour conquérir le grand public avide d écrans couleurs et applications multimédias. En effet, ces caractéristiques ne sont pas le point fort des Palm ni des Psion. Les assistants actuels ne se prêtent guère à la navigation sur Internet. Une faible résolution des écrans, le plus souvent en noir et blanc, des processeurs et mémoires limitées sont autant de freins à l accès aux sites Internet. Mais le plus gros problème est encore l absence de modem nécessitant de se connecter à un PC, à son téléphone par l intermédiaire de câbles ou par infrarouge. La nouvelle génération de PDA sera spécialement conçue pour le web. Déjà, les nouveaux Pocket PC représentent une évolution majeure avec leur écran couleur et le navigateur Web Mobile Explorer de Microsoft. Ce dernier permet de naviguer à la fois sur des sites WAP mais aussi sur des sites web traditionnels. Les vrais PDA " wireless " sont en préparation. Ils seront dotés d un système d exploitation mieux conçu, d un navigateur web approprié, d une liaison Bluetooth voire même d un GSM intégré les rendant totalement autonomes. Aux Etats-Unis, le modèle Palm VII permet déjà un accès à Internet par ondes radios. Seulement celui-ci ne verra jamais le jour en Europe. Ces terminaux vont offrir également de plus en plus de fonctions multimédias telles que la lecture de fichiers MP3, images, vidéo. Le consortium Symbian alliant Nokia, Panasonic, Psion, Ericsson et Motorola vient de sortir la version 6.0 de leur système d exploitation. Totalement orienté vers le web, il va équiper PDA et téléphones dès la fin 2000. Symbian sera peut-être l OS standard du futur pour tous les terminaux mobiles d autant plus que la version 6.0 supporte le WAP, l HTML, Bluetooth et Java pour mobile! La version 6.1 y ajoutera le GPRS. Ericsson vient de lancer son premier téléphone Symbian, le R380 et annonce plus de 20 autres téléphones Symbian dès 2001 Les assistants personnels ont un atout de taille face aux téléphones. Ils ont la possibilité de pouvoir installer des applications fonctionnant en mode " stand alone " c est-à-dire en mode déconnecté. Des start-up comme AvantGo ou Aladdino permettent de consulter un site sans pour autant être connecté directement à Internet. Concrètement, ces applications se mettent à jour lorsque l on synchronise son assistant avec un PC de bureau. A ce moment là, une autre application installée sur le PC se connecte à Internet et télécharge les informations. Toutes les actions effectuées sur le PDA comme le passage d une commande ou le remplissage d un formulaire sont mémorisées. Lors de la synchronisation, les actions sont effectuées automatiquement. Qui sortira vainqueur? Le téléphone mobile va sans doute continuer à dominer le marché car il reste le terminal le mieux adapté aux besoins du grand public. En revanche, les communicators et PDA sont bien placés pour toucher le milieu professionnel. Il est impossible de faire des prévisions sur les terminaux futurs. Il est fort peu probable que l on assiste à une unification des terminaux. De nombreux types de terminaux coexisteront dont chaque modèle sera adapté à certains usages. Néanmoins, les tendances actuelles permettent d envisager quatre types de terminaux : Les téléphones classiques, munis d un clavier numérique, d un petit écran et compatibles WAP. Ces téléphones seront accessibles à tous les budgets. Outre les impératifs de prix, ces terminaux sont très peu encombrants. Les utilisateurs pourront y connecter leur ordinateur portable ou leur PDA par l intermédiaire d une liaison par câble, infrarouge ou bluetooth. Les smartphones, téléphones dont l usage principal reste la voix, avec des possibilités de transmission d informations. Ils seront capables de naviguer sur Internet, d envoyer et de recevoir des fax, SMS et e- mail. Ils seront dotés d une application de gestion de contact et de planning. Les assistants personnels ne permettront pas de téléphoner directement. On pourra les relier par Bluetooth à un téléphone afin de pouvoir se connecter au web. Certains pourront se connecter directement au réseau cellulaire. Les communicators, fusion entre un smartphone et un PDA seront munis d un écran plus grand que les téléphones classiques mais inférieur à un PDA. Leur usage principal sera le transfert d informations. Mais ils auront également des possibilités liées à la voix. Ils seront dotés d un clavier, pourront se connecter à un ordinateur, une imprimante, à Internet. 21

Synthèse technologies et supports Les nouvelles normes de transmission Au GSM, vont succéder les normes GPRS et l UMTS, avec peut-être des normes intermédiaires comme l HSCSD ou l EDGE. La vraie révolution proviendra plus du mode de transmission d informations par paquets (comme l Internet, par opposition au mode commuté utilisé actuellement par le réseau GSM), que par l augmentation du débit qui de toute façon sera partagé entre les utilisateurs. SMS Le télé-message (SMS) est une technologie approuvée, largement sous-exploitée. Très simple d utilisation, les SMS peuvent toucher une population cible bien supérieure à l Internet. WAP Le protocole WAP est encore trop jeune, il déçoit beaucoup et ne convainc plus personne. Les infrastructures de communication actuelle (réseau commuté) ne permettent pas au WAP de s exprimer convenablement. La prochaine norme GPRS utilisant la transmission d informations par paquets devrait redorer le blason d une technologie trop rapidement condamnée. Bluetooth Cette technologie a l ambition de devenir le nouveau standard de communication par ondes radio à courte portée. Mais avant de définitivement remplacer l infrarouge, cette technologie devra faire ses preuves tout en s imposant face à ses concurrents directs l AIRPORT, la technologie propriétaire d APPLE ou la norme 802.11b (Wi-Fi) Les serveurs vocaux ne sont pas morts! Nombre de services vocaux AUDIOTEL sont encore en exploitation du fait de leur simplicité d utilisation. Le standard VoiceXML devrait très rapidement s imposer sur ce créneau en associant la simplicité d utilisation des serveurs vocaux et la souplesse des services numériques. Attention à la disparité des technologies et langages Trop de terminaux et de technologies nuisent à la compatibilité des services mobiles. Face au nombre croissant de terminaux mobiles, les fournisseurs de services ont de plus en plus de mal à décliner leur offre sur l ensemble des terminaux. La solution à ce problème de compatibilité ne réside pas dans la convergence des appareils, mais repose sur l aptitude des industriels à s entendre sur un standard. C est dans cette optique que des consortiums comme SYMBIAN ont été créés. 2 22

la plupart des services aujourd hui porté sur des terminaux WAP sont inexploitables Limites 3 Les applications de l internet mobile C est aux applications, fonctionnalités et services disponibles que l on peut réellement juger de la pertinence d une technologie. Aujourd hui le petit nombre de terminaux mobiles en circulation ne nous permet pas de faire des comparaisons constructives. On peut cependant classer les applications dites " mobiles " en deux grandes catégories. D une part, il y a les applications Web portées sur des terminaux mobiles et les applications spécifiquement développées pour les terminaux mobiles. 3.1 Les applications Web portées sur des terminaux mobiles Depuis le début de l année 2000, de nombreux fournisseurs de services Web tentent de porter leurs applications sur les quelques terminaux mobiles en circulation : fil d information, comparateur de prix, boutique en ligne, vente aux enchères, réservation de billets d avion,. Toute la difficulté dans cette opération de portage réside dans la prise en compte des contraintes des terminaux mobiles. Avantages Les avantages apportés par cette technologie sont d offrir aux utilisateurs du Web un service équivalent dans une situation de mobilité. Ainsi, la possibilité d utiliser quotidiennement un service peut même avoir des vertus de fidélisation. De même, porter un service sur le WAP accroît le prestige d un service. L exemple du courtier en ligne FIMATEX, qui fut le premier à proposer du passage d ordre via terminaux mobiles illustre l intérêt d être précurseur dans les technologies émergeantes. Le principale avantage du portage d applications existantes vers des terminaux mobiles est l élargissement de la population-cible. Les gens disposant d une liaison Internet ne sont sûrement pas tous des utilisateurs acharnés des services Web. Il est en outre plus rapide de se connecter au Web avec un terminal intégré comme un téléphone WAP qu avec un ordinateur. Ainsi, certains services comme la consultation du trafic, auront certainement plus de succès sur des terminaux mobiles. Certains sites Web font face à des problèmes de compatibilité du fait des diverses résolutions d écran utilisées (640*400, 800*600, 1204*768, ). CF Nokia 7110. Il apparaît que la plupart des services aujourd hui portés sur des terminaux WAP sont inexploitables. L ergonomie laisse à désirer, l attente entre les pages peut être longue. Ainsi, dans le cas de la consultation des horaires de cinéma, il est plus rapide de passer par un service audiotel que par un service WAP. Les services de proximité proposés aujourd hui, comme les fils d information, météo, état du trafic, n apportent pas de nou-veauté puisqu ils existaient déjà sous forme de service audiotel, voire même de disque vocal pour les plus anciens. Le portage d une application sur des terminaux mobiles de première génération comme les téléphones compatibles WAP, n offrant que des possibilités réduites, se révèle être une opération très périlleuse pour les fournisseurs de services. L écran d un téléphone compatible WAP ou d un PDA est bien trop petit pour permettre à un annonceur de placer un bandeau publicitaire. Pour finir, il faut également prendre en compte le " Waplockage " qui se traduit par le verrouillage des téléphones WAP pour empêcher l accès aux services non-référencés par le portail de l opérateur. Cette dépendance auprès des grands portails (Vizzavi, ) ne peut que nuire au développement de services ayant déjà du mal à trouver un modèle économique viable. Donc, la technologie du WAP ne peut pleinement s exprimer du fait d infrastructures techniques encore inadaptées. Les infrastructures GPRS combleront certainement les lacunes, notamment grâce à un mode de transmission d information par paquets. En remplaçant la couche transport, le protocole WAP devrait apporter un meilleur service aux utilisateurs, plus stable et plus rapide. Mais il restera encore à régler les problématiques d ergonomie et de compatibilité. Il est encore délicat de prévoir la réaction du marché face à cette future évolution technique. 23

3.2 Les applications spécifiques Contrairement aux services simplement " traduits " pour être exportés sur d autres supports, certaines applications sont spécifiquement conçues et développées pour exploiter au maximum les terminaux mobiles en tenant compte de leurs contraintes. Dans certains cas, nous pouvons même parler d application " sur mesure ". Description Selon ce principe, la start-up française WEBRASKA propose des informations en temps réel sur l état du trafic, la recherche d itinéraires et d informations de proximité. L ensemble de ces services sont accessibles sur terminaux mobiles mais par sur le Web. L ergonomie et la présentation des informations (dont des cartes schématiques représentant les points d encombrement des grandes villes européennes) ont été conçues selon les spécificités des terminaux mobiles (téléphones compatibles WAP). La société est également en phase de test, en partenariat avec le groupe PSA, pour proposer ses services sur des systèmes embarqués intégrés aux tableaux de bord de voitures. Dans le même registre, Peugeot a proposé en mai dernier un model de Xsara embarquant un terminal commandé par la voix et permettant de consulter son agenda et ses mails. D autres " Internet car " de ce type devraient voir le jour chez les plus grands constructeurs (FORD, GENERAL MOTORS). Enfin, nous pouvons citer comme dernier exemple Mobiclick qui propose aux utilisateurs de téléphones portables " classiques ", un service de reconnaissance musicale. Lorsqu un titre est diffusé sur une radio, il suffit de composer le numéro de téléphone du service et de donner le nom de la radio. L utilisateur reçoit un message SMS avec le nom de l interprète et le titre de la chanson. Il peut ensuite en un clic commander ce titre sur un site marchand. Ce service représente une réelle avancée pour le m-commerce français puisqu il a parfaitement su s intégrer aux contraintes techniques, en évitant de reposer sur des technologies instables comme le WAP. C est dans ce genre de services innovants, adaptés aux contraintes des terminaux et proposant une réelle valeur ajoutée en termes de service rendu, d ergonomie et de facilité d utilisation que réside l avenir proche du m-commerce. Quel avenir? Ces différents exemples illustrent la nécessité pour les fournisseurs de services mobiles de mettre les spécificités des terminaux en haut de leur liste de préoccupations. Les contraintes de ces derniers sont tellement fortes que la pérennité d un service dépendra de son niveau d intégration aux spécificités des terminaux ciblés. Encore faut-il s assurer de la pertinence des services proposés. A-t-on réellement besoin de consulter ses e-mails au volant de sa voiture ou de commander des biens de consommation dans un autocar? Les applications de l Internet mobile Selon le même principe, Allocine propose une fonctionnalité intéressante aux possesseurs de PDA. Au travers de l application AvantGo, ce service permet aux utilisateurs de consulter les horaires des cinémas et informations sur les films en mode off-line. Toutes les semaines, l utilitaire AvantGo installé sur le PC va rechercher les nouveaux horaires et rafraîchit les informations sur le PDA lorsqu il est posé sur son socle de synchronisation. Ainsi, sans connexion à Internet, un utilisateur de PDA peut avoir accès aux dernières informations diffusées par Allocine. L outils d AvantGo a donc su exploiter au mieux les forces (utilisation en situation de mobilité) et les faiblesses (pas de connexion à Internet) des PDA. C est dans ce genre de services innovants, adaptés aux contraintes des terminaux et proposant une réelle valeur ajoutée en terme de service rendu, d ergonomie et d usabilité que réside l avenir proche du m-commerce 24

Les services financiers sont ceux qui représentent aujourd hui le plus gros potentiel de m-commerce 3.3 Cartographie des applications mobiles Services B to C Elevés Valorisation de niche Services financiers Forte valorisation Réservation Shopping Revenus par utilisateurs Radio live Téléchargement MP3 Services bancaires Jeux Comparaison des prix E Mail Video live FR Information City guide Messagerie instantanée Faibles Faible valorisation Potentiel de valorisation Marchéde niche Population cible Marchéde masse Grille de valorisation des services mobiles B to C Source : Datamonitor Les services financiers sont ceux qui représentent aujourd hui le plus gros potentiel de m-commerce. Ainsi vu le succès remporté par les services boursiers en ligne (en Europe pour CONSORS et aux Etats-Unis pour SCHWAB), l exploitation d un service mobile de ce type permettrait au fournisseur de ce service de prendre une longueur d avance sur ses concurrents. Même si le passage d ordre depuis un téléphone WAP ne semble pas passionner les utilisateurs, d autres services facturables semblent beaucoup plus prometteurs comme FinGo, qui pro-pose des informations financières à valeur ajoutée (cours de bourse avec historique, analyse de tendance, alertes sur certaines valeurs-clé, ). Les fournisseurs de contenu payant (comme le courtier US SCHWAB) disposant d une très forte crédibilité auprès des utilisateurs du service Web n auront aucun mal à s imposer sur un territoire vierge, comme celui des PDA, du moment qu ils apportent des services complémentaires à valeur ajoutée à leurs clients actuels. De même, les services bancaires en ligne, ne nécessitant pas de capacités graphiques fortes, deviendront sans aucun doute, le cheval de bataille des banques souhaitant attirer une clientèle jeune et active (représentant le plus gros potentiel de marge). Il existe aujourd hui des applications sur PDA permettant de gérer des comptes bancaires. Dans le domaine des biens de consommation, les achats en ligne ayant du mal à décoller en Europe, les annonceurs devront trouver des applications viables dans un environnement mobile, proposant une complémentarité avec un service Web existant. On peut notamment citer l utilisation de téléphone comme canal de promotion pour générer du trafic en points de vente (SMS du type : " 10 % de réduction sur tel article en présentant ce code-promotion à la caisse du magasin le plus proche de chez vous "), pour favoriser l achat impulsif, par l ajout de code-produit en bas de panneaux publicitaires pour un accès direct en cas de connexion sur un terminal mobile. Les services de réservation en ligne, vont trouver dans l Internet mobile un canal complémentaire pour étoffer l offre initiale. Les différents terminaux n étant pas adaptés aux contraintes de cette activité, les fournisseurs de services de réservation (tour operator, agence de voyage, ) pourraient ainsi utiliser les terminaux mobiles comme canal de communication prioritaire. Les confirmations de réservation peuvent se faire beaucoup plus rapidement par SMS que par mail. 25

Concernant les services gratuits (films d information, emails, messagerie instantanée, comparaison de prix, ), leur modèle économique étant basé sur les revenus publicitaires, les fournisseurs vont éprouver des difficultés à rentabiliser leur portage sur des terminaux mobiles. En effet, comment insérer de la publicité sur un écran minuscule? Ces services vont devenir des poids morts et ils ne justifieront leur existence que dans une logique de fidélisation ou de captation de clientèle. Les services de diffusion de flux Audio ou Vidéo semblent condamnés à court terme. En effet, l idée de proposer de la radio en direct ou de la diffusion de films sur des terminaux mobiles n est techniquement pas réalisable. Gestion de force de vente. L utilisation de terminaux mobiles dédiés permet d optimiser l informatisation d une force de vente. En effet, plus compacts et plus économiques, les terminaux mobiles du type PDA limitent le coût d équipement et restreignent l usage de ces terminaux à une utilisation purement professionnelle (gestion commerciale, compte-rendu, messagerie, ). Vortal et Marketplace. Les places de marché virtuelles et autres portails B to B se multiplient sur le Web. L accès aux informations en situation de mobilité peut représenter un avantage concurrentiel certain pour les éditeurs de ces portails. Ainsi, certaines fonctionnalités seront accessibles dans une version dégradée mais opérationnelle : consultations (nouveautés, indicateurs, cours des matières premières, ), communications (messages, suivi de dossier, ), et transactions. Les applications de l Internet mobile Deux catégories sont encore sous-exploitées, mais vont représenter un marché non-négligeable, les jeux en ligne et les services liés aux fichiers MP3. Le succès rencontré par les consoles portables (Game Boy, ) démontre l intérêt que portent les plus jeunes à des supports ludiques mobiles. Un bon concept avec un modèle économique adapté a toutes les chances de remporter un vif succès auprès des possesseurs de terminaux mobiles et de générer des revenus importants. L e-mail et la messagerie instantanée seront les " killer applications " de l Internet mobile. En effet, il ne faut pas oublier que la fonction première d un téléphone portable est de communiquer et que l e-mail est le service le plus utilisé sur le net. Services B to B Les sites et services B to B présentent les modèles économiques les plus fiables sur le Web. Il est donc normal de s attendre à un fort engouement pour les applications mobiles B to B. En effet, dans l univers de l entreprise, les fournisseurs de services professionnels n ont aucun mal à justifier un fort taux de commissionnement ou de facturation du moment qu ils apportent une réelle valeur ajoutée. Nous pouvons classer les services mobiles B to B en quatre grandes catégories : Logistique. Ce type de services permet d exploiter au mieux les avantages de la mobilité directement sur les lieux de travail : entrepôt, usine, chantier,. De même l utilisation d applications mobiles professionnelles dans le secteur des transports permettra une circulation bien plus rapide des informations et une meilleure coordination. Intranet et applications collaboratives. Au sein même d une entreprise, la mise à disposition d informations internes (annuaire, planning, ) ou d application collaboratives (développements spécifiques à l entreprise) sur des terminaux mobiles peut représenter un gain de temps et d efficacité, sans engendrer des coûts de développement énormes. Services C to C La dernière catégorie concerne les services d échange de biens ou d informations entre particuliers. Ce type de services est particulièrement fragile puisque leur succès ne repose que sur l effet d entraînement (marketing virale). De plus, les différents services C to C ont du mal à trouver des modèles économiques intéressants (commission sur les échanges, publicité, abonnement, ). Services d enchères. Ibazar a été un des premiers à proposer son service sur terminaux WAP. Communication entre deux mobiles. On peut considérer les échanges de mini-messages ou d images comme un service C to C. Cependant, cette fonctionnalité n est présente que sur certains mobiles. Elle est spécifique à un type de matériel et non à une technologie de transmission (sauf dans le cas de l I-Mode qui propose une solution semblable). Avis de consommateur. Seul Plebicity s est lancé dans l aventure WAP. Pourtant le concept de bouche à oreille sur des produits / services prend de la valeur dans une situation de mobilité. 26

3.4 Zoom sur les applications SMS L utilisation des SMS est en pleine croissance Le SMS est devenu le killer application de la téléphonie mobile. Selon l'association GSM, plus de 9 milliards de messages courts (SMS) ont été envoyés à travers le monde au mois d août contre 5 milliards en mars. En décembre, elle estime que l'on devrait atteindre 15 milliards de SMS échangés dans le mois. En Europe, le pays le plus fanatique du SMS est l'allemagne où plus d'un milliard de SMS circulent chaque mois. Les Anglais, les Italiens et les Français sont plus modestes avec environ 500 millions échangés chacun. Selon l éditeur Logica, les usagers du téléphone mobile enverront environ 100 milliards de messages courts (SMS) par mois à la fin de 2002. Le volume global des SMS va croître de 170% par an et, toujours selon Logica, les usagers recevront en moyenne trois messages par jour. La croissance du SMS est si forte que les opérateurs sont obligés de renforcer la capacité de leurs serveurs pour répondre à la demande. Le SMS a séduit une population jeune. Les adolescents plébiscitent tout particulièrement ce mode de communication. Ainsi, selon une étude de l'institut britannique NOP, 66% des adolescents britanniques possèdent un téléphone portable. Ils utilisent leur portable pour bavarder avec leurs amis, envoyer des messages SMS et profiter des jeux électroniques. Le grand avantage du SMS est la confidentialité. Les adolescents qui l utilisent ont développé un véritable langage compréhensible d'eux seuls, leur évitant ainsi toute surveillance (exemple : cya pour see you-à bientôt; 2nite pour tonight-ce soir; lol pour lots of love-plein de bisous, ). Si les abonnés intensifient leur utilisation des SMS, c est grâce à l engouement provoqué par cette nouvelle forme de communication mais aussi par des coûts d envoi de moins en moins chers. Les opérateurs téléphoniques se livrent à une véritable guerre qui ne cesse de casser les prix. Quel modèle économique? La mise en place d un service basé sur la technologie SMS est abordable à tout type d entreprise, du moment que celle-ci a pleinement intégré les coûts d envoi des messages à son modèle économique. En effet, la facturation de tels services se fait à deux niveau. D une part, il faut s interfacer avec une passerelle d envoi de messages SMS ce qui représente un coût de quelques dizaines de milliers de francs. Reste ensuite à payer chaque SMS envoyé car l envoi d un SMS est payant aussi bien pour les utilisateurs de téléphone mobile que pour les sociétés de services envoyant des messages à leurs clients. Certes les coûts d envoi ont baissé grâce aux politiques agressives des opérateurs ainsi qu avec l apparition de brokers de SMS. Ce sont des sociétés achetant de grandes quantités de messages aux opérateurs à prix réduits avant de les revendre aux sociétés utilisatrices. Un formidable outil commercial! La technologie SMS, aussi simple soit-elle, permet une multitude d applications. Elle autorise aussi bien la diffusion d informations, que l interrogation à distance ou le dialogue. La diffusion d information est l application la plus courante et la plus simple. Alertes, dépêches d actualité, cours de la bourse, situation de votre compte bancaire, sorties cinéma, offres promotionnelles les possibilités ne manquent pas! Des applications nécessitant une communication bidirectionnelle sont également réalisables comme la confirmation d une transaction électronique. Le SMS n est pas réservé à une utilisation grand public bien au contraire. La technologie SMS permet de s interconnecter avec des intranets et extranets. Il est ainsi possible de consulter des tarifs, des commandes ou des fiches clients. Les flottes mobiles des entreprises sont les plus concernées. Ainsi, des commerciaux peuvent être immédiatement informés des stocks en cours, des remises promotionnelles. Des techniciens peuvent recevoir leurs ordres de mission,. Le service Kiwee (www.kiwee.com) de la société K- Mobile est un bon exemple. Celui-ci n a que quelques mois d existence mais déjà la société annonce plus de 200.000 membres, soit 2.000 nouveaux inscrits pas jour en moyenne. Le principe de Kiwee est très simple. Il consiste à fournir des jeux, sonneries de téléphones mobiles ou fonds d écrans par SMS et WAP. Le site est gratuit pour l utilisateur. La société K-Mobile se rémunère sur la publicité et autres services à valeur ajoutée comme l audiotel. 3.5 Comment tirer parti des spécificités du médium Pour qu un service soit réellement efficace, il devra savoir tirer profit des spécificités de l Internet mobile en combinant les facteurs clés suivants : Urgence : le contexte d utilisation de l Internet mobile est bien différent de celui d un ordinateur de bureau. On passe d un mode sédentaire à un mode mobile. Les utilisateurs seront vraisemblablement pressés, souhaitant accéder à l information en un minimum de temps. De même qu ils souhaiteront des services capables de répondre à leurs besoins du moment, donc très fortement liés au contexte par l appel d un taxi. Localisation : très prochainement, il sera possible de connaître la position géographique d un abonné. Dès lors, les services pourront tenir compte de cette information pour offrir des services adaptés à sa localisation comme la recherche du cinéma le plus proche, le calcul d un itinéraire routier Les services seront plus rapides et plus efficaces. Personnalisation : afin d offrir un accès rapide, chaque service devra être personnalisé en fonction de chaque individu. Afin que les utilisateurs puissent accéder rapidement aux informations et pour pallier les contraintes des terminaux, les services offerts devront être optimisés en fonction des desiderata de chaque utilisateur. Deux types de personnalisation se complèteront. La personnalisation explicite (les utilisateurs paramètrent leurs services) et la personnalisation implicite (automatique en fonction de la localisation, des services les plus utilisés ). Opportunité : l Internet mobile va initier de nouveaux types de services liés à l instant, à l impulsion. Ainsi, en passant dans une rue donnée, l utilisateur se verra informé de l existence de promotions dans l un des magasins présents dans la rue, d une exposition. On va provoquer une réaction impulsive. Simplicité : les wapnautes n utiliseront pas leurs terminaux pour effectuer des opérations complexes et longues à effectuer. Ils se focaliseront sur des applications simples et rapides. 27

les applications de l Internet mobile Synthèse Une offre décevante Peu de services mobiles sont aujourd hui disponibles en France. La plupart sont de mauvaise qualité et ternissent l image de l Internet mobile. Ce phénomène est principalement dû au fait qu ils ne sont que de " simple " portage de services existants sur le Web. Seul un petit nombre ont été développés spécifiquement en fonction des contraintes des terminaux mobiles. Ils sont les seuls à apporter une vraie valeur ajoutée au consommateur. Dans le B to C Les applications grands publics sont aujourd hui les plus nombreuses. Les services bancaires et financiers sont ceux présentant le plus gros potentiel, les autres auront du mal à survivre. Certains sont déjà condamnés, faute de réalisme (diffusion de vidéo live sur téléphone portable!). Dans le B to B Encore une fois, c est dans le modèle B to B que les opportunités sont les plus intéressantes, notamment avec des services liés à la gestion de forces de vente, aux places de marché virtuelles et autres portails verticaux et aux Intranets et applications collaboratives. Dans le C to C Les rares services disponibles ont bien du mal à trouver un modèle économique intéressant. Le challenge à relever est en effet très ambitieux. Peut-être existe-t-il des services intéressants dans le domaine du P to P (échange de fichiers / informations entre particuliers). Et le SMS? Face aux problèmes à résoudre pour lancer une application WAP, les SMS semblent être le canal de communication / interaction le plus prometteur à court terme, ceci quelle que soit l optique suivie (fidélisation, captation de nouveaux clients, ). 28

en Suède, les automobilistes pourront bientôt régler leur parking via leur téléphone Pour quels types d achats? 4 Le m-commerce Suivant les traces du e-commerce, le m-commerce représente une solution alternative, ou complémentaire, au commerce traditionnel. En effet, sans jamais réussir à porter de l ombre au commerce off-line, le commerce électronique a su s imposer en apportant aux internautes la disponibilité permanente, l exhaustivité de l offre, la practicité, des prix toujours plus bas. Pour pouvoir percer, le m-commerce devra relever le défi et motiver les utilisateurs à faire des achats avec leur terminal mobile. Pour ce faire, ce dernier met en avant les qualités propres à la mobilité (pas de limite à l impulsivité), mais également aux terminaux (sécurisation des paiements). 4.1 Présentation Le m-commerce désigne l ensemble des activités transitant par des terminaux mobiles permettant à une société de dégager des revenus ou d augmenter les revenus d autres activités. Il peut répondre à différents objectifs, ventes, services complémentaires, fidélisation. Le marché L Internet mobile étant encore un marché émergent, il est difficile de prévoir son évolution avec exactitude. Dans une étude datant de septembre 2000, Jupiter Research évalue le marché du commerce mobile à 7,6 milliards de dollars en 2003. Jupiter estime que les revenus générés par le m-commerce en 2000 atteindront 10 millions de dollars aux Etats Unis, 15 millions en Europe contre 400 millions au Japon. Il faudra attendre deux ans pour que l Europe et les Etats-Unis atteignent un chiffre similaire. Chiffre d affaires du m-commerce (en milliards de dollars) Par région Amérique du Nord Europe de l Ouest Asie Amérique Latine Autre Total Etats Unis Japon 2000 0,0 0,0 0,4 0,0 0,0 0,4 0,0 0,4 2001 0,1 0,1 1,3 0,0 0,0 1,5 0,1 1,2 2002 0,1 0,5 2,6 0,0 0,1 3,4 0,2 2,1 2003 0,7 1,7 5,0 0,1 0,2 7,6 0,6 3,5 2004 1,8 4,6 7,4 0,2 0,4 14,5 1,7 4,5 2005 3,5 7,8 9,4 0,5 1,0 22,2 3,3 5,5 Forrester Research estime que les utilisateurs auront recours au m-commerce uniquement pour effectuer des transactions urgentes, comme des réservations de places de cinéma, de concerts, opérations simples, achats d impulsion. D autant plus, comme le souligne Forrester, que le terminal mobile ne sera pas l unique moyen d accès au web. Les ordinateurs, consoles de jeux vidéos, set top boxes envahiront les foyers et les utilisateurs préféreront effectuer leurs achats par leur intermédiaire. Forrester estime que le PC représentera plus de 80% des achats en ligne dans les 5 prochaines années et 16% pour la télévision numérique interactive. Le téléphone mobile, porte-monnaie électronique? Le téléphone mobile pourrait devenir très prochainement un véritable porte-monnaie électronique permettant d effectuer des achats directement par l intermédiaire de sites WAP mais également de payer une commande initiée sur un site Internet depuis son PC. Le commerce mobile est donc véritablement complémentaire de l e-commerce en fournissant un terminal de paiement permettant de sécuriser efficacement les transactions financières. Le téléphone mobile est prédisposé pour ces opérations car son taux de pénétration est important. Ainsi, les utilisateurs n auront pas à acheter un lecteur de carte spécifique. Il est autonome, utilisable en tous lieux. Les futurs téléphones devraient incorporer un lecteur de cartes bancaires permettant d effectuer des paiements en toute sécurité. Des expérimentations sont menées actuellement dans différents pays, notamment les pays scandinaves comme commander un morceau de musique dans un juke box. En Angleterre, Virgin s apprête à offrir la possibilité de payer les boissons provenant de ses distributeurs automatiques par l intermédiaire de son téléphone. En achetant une boisson, celle-ci sera facturée directement sur la facture téléphonique de l abonné. La crainte du paiement par carte de crédit est ainsi contournée et on rend un réel service à l utilisateur en supprimant le problème de la monnaie. Autre exemple, en Suède, les automobilistes pourront bientôt régler leur parking via leur téléphone. Lorsqu ils trouvent une place, ils composent un numéro, et entrent la référence de leur place de parking. La transaction est effectuée au niveau de l opérateur, les utilisateurs étant facturés sur leur facture téléphonique. Note : les revenus du commerce mobile incluent la distribution, le tourisme, les contenus payants et la publicité Source : Jupiter Wireless Internet Model, 9/00 le m-commerce devra relever le défi et motiver les utilisateurs à faire des achats avec leur terminal mobile 29

Le m-commerce 4.2 La sécurisation des paiements La sécurité tient toujours le devant de la scène quand il est question de transactions électroniques. Les prochaines générations de terminaux mobiles vont certainement révolutionner les processus de paiement. Ils remplaceront très certainement les TPE (boîtiers pouvant lire / écrire sur une carte de crédit) et seront un des facteurs de croissance du e-commerce. Description Lors d une transaction électronique, les services de sécurité nécessaires sont les suivants : Authentification. Vérification de l identité des deux parties d une transaction, acheteur et vendeur. Les certificats d authentification pour un vendeur sont délivrés par des organismes officiels comme le RSA Security, VeriSign. Ainsi, lors d une transaction électronique, seule l identité de l utilisateur final est vérifiée. Le code PIN d un téléphone mobile peut être considéré comme un premier niveau d authentification. Confidentialité. Elle permet de s assurer que les deux parties d une transaction sont les seules à avoir accès aux données échangées. Lors d une transaction, les données sont cryptées à l aide d une clé publique (algorithme) et sont décryptées grâce à une clé privée spécialement émise pour l occasion. Intégrité des données. Vérification que les données et informations n ont pas été modifiées entre leur émission et leur réception. Lors du cryptage et de l émission des données, un algorithme de hachage produit un résumé (une empreinte) du message qui ne peut pas être inversé pour reproduire l original. A la réception du message, celui-ci est haché à nouveau et les deux empreintes sont comparées. En cas de divergence, le récepteur demande une réémission du message. Non-répudiation / Signature électronique. Afin de se protéger contre la répudiation d une des deux parties (remise en cause des engagements), la signature électronique permet de verrouiller une transaction. Depuis Juin 2000, l état français reconnaît légalement la signature électronique. Les différents modes de paiements Le paiement par carte bancaire directement sur mobile Itineris propose depuis l été 2000, le paiement par carte bancaire en utilisant les téléphones bi-fentes avec un lecteur de cartes bancaires. Lors d une transaction, l acheteur donne son numéro de téléphone mobile au vendeur. Ce dernier lui envoie un SMS récapitulant sa commande ainsi qu une demande de paiement. L acceptation de la demande s effectue en insérant la carte bancaire dans la seconde fente du téléphone et en tapant le code secret. Grâce à cette technologie, le numéro de CB et le code secret ne transitent jamais par le réseau GSM, ou Internet. Depuis peu, World Online propose une solution alternative à ce concept avec l utilisation de cartes pré-payées baptisées Jalda. Le fonctionnement est le même qu avec une CB sauf que la carte, à l instar d une carte téléphone, a un montant maximum prédéfini. Les cartes pré-payées World Online a annoncé l arrivée en Europe d un format de paiement électronique du nom de Jalda. Ce standard ouvert a été développé par Ericsson et Hewlett Packard et cible le marché du micro-paiement et du m-commerce. Prévu pour 2001 en Europe, il s agit d'une carte prépayée vendue directement au grand public et permettant d effectuer des paiements à partir de terminaux mobiles et sites Web partenaires. Jalda permet l achat de biens dématérialisés comme la musique, les jeux, les logiciels par téléchargement. Pour effectuer un achat, il suffit à l'internaute d'indiquer en ligne le numéro inscrit sur la carte. Le succès de Jalda sera étroitement lié au développement des téléphones bi-fentes. Les utilisateurs de mobiles sans abonnement utilisent déjà des cartes pré-payées au fonctionnement similaire. Le mode kiosque Fonctionnant sur le principe du kiosque, les utilisateurs sont sur-facturés pour certains services mobiles. Une commission est alors reversée au fournisseur du service. Ce mode de paiement est particulièrement adapté pour la consultation d informations à forte valeur ajoutée (conseils financiers, ) car il est fonction de la durée de consultation. La facturation directe auprès du FAI Depuis l an dernier, des solutions de facturation directe sur le compte du fournisseur d accès des utilisateurs ont vu le jour. Ainsi, des solutions comme celle d ipin, permettent aux utilisateurs d effectuer des micropaiements pour des services quotidiens (actualités, téléchargement de fichiers MP3, ) sans avoir à retaper leur numéro de carte bancaire et code secret. Les paiements sont ensuite directement répercutés sur la facture du fournisseur d accès en fin de mois. Un compte-rendu récapitule l ensemble des micropaiements effectués dans le laps de temps. Ce mode de paiement se rapproche beaucoup du concept de kiosque. Cependant dans ce cas, la facturation est forfaitaire. Les systèmes comme la facturation directe auprès du fournisseur et les cartes pré-payées conviennent parfaitement dans le cadre du m-commerce car ils permettent d effectuer des transactions et rendent la transaction plus facile. En effet, il n est pas nécessaire de remplir 30

les fournisseurs devront mettre en place des modèles économiques vraiment novateurs et performants pour pouvoir s imposer mais surtout pour être rentable Les facteurs clefs de succès 4.3 Vers de nouveaux modèles économiques A technologies différentes, moyens et outils différents. Selon les prévisions, l Internet mobile devrait mettre deux fois moins de temps que l Internet à atteindre le seuil critique des 100 millions d utilisateurs. Qu en sera-t-il des premiers acheteurs mobiles? En quoi l expérience du e-commerce acquise dans les services distants (VPC et Internet) va-t-elle conditionner le paysage du m-commerce? Toujours est-il que la notion de time-to-market est toujours d actualité. Certaines niches de services mobiles sont encore libres et les places seront chères. Un des critères décisifs pour un site de m-commerce, sera d acquérir une position de leader pour se protéger de l entrée de nouveaux services. L intensité concurrentielle sur certains services mobiles sera des plus fortes, et les fournisseurs devront mettre en place des modèles économiques vraiment novateurs et performants pour pouvoir s imposer mais surtout pour être rentables. Le dilemme est alors posé. Vu les premiers échecs de start-up françaises ou étrangères (BOO, CLUST, BOXMAN, ), nous ne saurions que trop être prudents. Dans tous les cas de figure, les années dorées du capital risque sont terminées. Les investisseurs sont maintenant beaucoup plus prudents sur les projets. Comment gagner de l argent? Différents modèles économiques devraient permettre aux fournisseurs de contenu, et aux éditeurs de services de se rémunérer : Abonnement mensuel ; Facturation au volume de données téléchargées ; Facturation à la durée d utilisation ; Paiement à la transaction, à l utilisation d un service, accès à une rubrique ; Publicité ; Sponsoring, Le fait que le m-commerce ne soit pas encore développé en France permet aux fournisseurs de contenu et de services mobiles de ne pas se cantonner dans des modèles économiques pré-établis. Ils ont une grande marge de manœuvre pour trouver et appliquer un modèle de rémunération adapté aux contraintes techniques et ergonomiques des terminaux. Une erreur grave à ne pas commettre serait de penser que les services mobiles doivent être gratuits. Les internautes mobiles ne doivent pas être considérés comme des utilisateurs potentiels, mais comme des clients potentiels. Il faut proposer un service dont la valeur ajoutée justifie une rémunération. Des services comme AVANTGO pourraient tout à fait être facturés, car ils apportent un vrai service S appuyer sur des standards déjà existants L exemple de la technologie WAP nous montre le danger que peut représenter la dépendance à une technologie trop fragile. Que vont devenir tous ces services WAP inutiles? Ce n est pas parce qu une technologie est " vieille " (plus de 5 ans) qu elle est dépassée. Les SMS existent depuis 1992, or on commence à peine à découvrir le potentiel des télé-messages. De même, les services AUDIOTEL ne sont pas récents. Cependant, ils risquent d être fortement revalorisés grâce à des évolutions comme le VoiceXML. Répondre à un besoin existant / latent Bien trop d industriels et d entrepreneurs pratiquent une stratégie marketing d offre. Ils lancent un produit et investissent dans des campagnes de communication pour créer une demande artificiellement. Etre technologiquement indépendant Dépendre trop fortement d une technologie est un risque trop grand à assumer ; d autant plus en cette période où l I-Mode débarque bientôt en Europe. Le XML s impose aujourd hui comme le nouveau standard de l échange de données informatiques. Développer un service sous XML peut assurer une portabilité optimale vers différents supports. Exploiter des niches vierges Est-ce que consulter la météo ou l état du trafic sur un téléphone WAP représente une innovation majeure? Non! Proposer un service existant mais sur un autre support n est pas un modèle économique viable. Il existe une multitude de niches encore vierges, comme les services de proximité liés à la géo-localisation, qui ne sont pas exploités. Personnaliser son service L ergonomie des terminaux mobiles n autorise pas une interactivité aussi fluide qu avec l Internet traditionnel. L Internet mobile se positionne surtout comme un canal de consultation en situation de mobilité (acte de substitution). Proposer un service personnalisé sur terminaux mobiles, mais en le paramétrant sur le Web est une alternative idéale. Ne pas faire de fausses promesses Trop d utilisateurs de services mobiles regrettent leur acquisition. Pourquoi? Parce qu ils sont déçus. Attirés par le fait de posséder quelque chose de nouveau, de révolutionnaire, ils ont été fortement déçus par l utilité réelle et l usabilité des services disponibles. Les campagnes de communication d Itineris et de Vizzavi, promettant tout et n importe quoi, ne crédi-bilisent pas réellement l Internet mobile. Elaborer un vrai modèle économique Les services gratuits sur le Web se rémunérant sur les ventes de bandeaux publicitaires éprouvent aujourd hui de graves problèmes de trésorerie. Dans le monde de l Internet mobile, la chute sera encore plus dure, car sur des écrans aussi petits, on ne peut pas placer de bandeaux publicitaires. Un service mobile ne doit être qu un des éléments d une stratégie plus globale incluant différents canaux de communication / distribution avec un modèle de rémunération adapté à chaque canal. 31

le livret blanc le m-commerce Synthèse Un marché émergent Même si les chiffres actuels du m-commerce en France ne sont pas très élevés, le potentiel est énorme. Il suffit pour s en convaincre de regarder le succès remporté par l I-Mode au Japon. Dans un premier temps, les terminaux mobiles peuvent être considérés comme un support de substitution pour l achat impulsif. La nouvelle vague de terminaux proposant des fonctionnalités plus riches, permettra de couvrir d autres types de comportement d achat en situation de mobilité. qui doit faire ses preuves C est principalement dans le domaine de la sécurisation des paiements que le m-commerce devra convaincre. Il existe déjà des solutions techniques pour transformer nos téléphones portables en terminaux d encaissement mobiles. Ce type de solution peut réellement révolutionner la chaîne de valeur de la distribution et du commerce électronique en général. De nouveaux modèles économiques Il existe plusieurs façons de gagner de l argent sur l Internet mobile. Les modèles économiques n étant pas figés, les fournisseurs de contenu et autres éditeurs de services mobiles ont donc une marge de manœuvre très grande pour appliquer un modèle de rémunération adapté à leurs cibles. Des utilisateurs exigeants Suite à la déception des utilisateurs face à des services ne répondant pas à leurs attentes, la mise en place d un nouveau service mobile doit s accompagner de précautions. Les niches encore vierges appartiendront à ceux qui auront pris en compte toutes les contraintes du marché. 3432

Conclusion L Internet mobile n en est qu à ses balbutiements en France et en Europe. Même si les débuts du WAP sont difficiles, le m-commerce est appelé à devenir gigantesque. Le faux débat des infrastructures techniques Les folles enchères pour l attribution de licences UMTS et la guerre lancée par les différents constructeurs de terminaux mobiles (téléphones, PDA, ) n illustrent pas le fond du problème, la loi de Moore. En effet, vu les avancées technologiques, les rachats, fusions et accords qui se montent quotidiennement, un produit qui se lance aujourd hui sur le marché a toutes les chances d être déjà dépassé. De plus, certains constructeurs sortent des terminaux de plus en plus puissants avec toujours plus de fonctionnalités (téléphone-pda, téléphone-lecteur MP3, ), et de plus en plus onéreux. Jusqu où ira la surenchère technologique? Face à l offre pléthorique, l utilisateur déjà frileux a de plus en plus de mal à se décider dans son acte d achat. A l heure où le protocole WAP s essouffle, l argument technologique ne fait plus vendre. De nouvelles technologies et de nouvelles normes sortent toutes les semaines. La meilleur attitude à adopter est encore une fois celle de la prudence. Pourquoi lancer un service ou un produit reposant entièrement sur l effet de nouveauté d une technologie alors que celle-ci risque à tout instant d être supplantée par une autre. Les nouveaux services à valeur ajoutée Récemment, ERICSSON annonçait la mise au point de téléphones de quatrième génération, des terminaux communicants permettant de commander l ouverture de la porte de son garage, ou de servir de télécommande universelle. Pourquoi la majeure partie des produits et services liés à l Internet mobile n apportent-ils pas de valeur ajoutée conséquente? Il existe pourtant un certain nombre de fonctionnalités permettant d apporter une réelle plus-value : Personnalisation. Le principale reproche fait au commerce électronique est la désindividualisation. Les notions de personnalisation et de marketing 1 to 1 travaillent justement dans le sens contraire, pour apporter un service qui ne soit pas industrialisé (mass marketing) mais individualisé. Face à l offre pléthorique, l utilisateur déjà frileux a de plus en plus de mal à se décider dans son acte d achat 33

Conclusion le SMS est encore sous-exploité, notamment par les services marchands Géolocalisation. Internet a aboli les frontières de la communication, mais pas du commerce. Avoir accès à un site marchand US ne garantit pas une livraison en France, ni même de compatibilité avec les normes en vigueur dans notre pays. De ce fait, le commerce électronique (descendant de la VPC) ne résout pas ce genre de problèmes et de disparités. La géolocalisation ouvre la voie d un ensemble de services de proximité liés à la localisation géographique. De même que la personnalisation restreint l offre aux produits et services répondant aux critères des utilisateurs, la géolocalisation filtre l offre en fonction du lieux de consommation. Cette notion a d autant plus d importance quand on parle de m- commerce. Push. Les experts du e-marketing sont tous d accord sur le fait que l e-mail est un canal de communication bien plus efficace que les bandeaux publicitaires. Et pour cause, à l inverse de pages Web qui doivent être visitées pour que l information circule (Pull), l e-mail est envoyé de façon spontanée (Push). Le SMS fonctionne sur le même principe, mais il est encore sousexploité, notamment par les services marchands. Les difficultés rencontrées et les pièges à éviter sont nombreux, mais ils ne divergent pas forcément de ceux du e-commerce, voire du commerce traditionnel. Notre recommandation est encore une fois celle de ne pas confondre vitesse et précipitation. Les nouvelles technologies qui sortent chaque semaine sont certes prometteuses, mais bien souvent beaucoup trop fragiles. La réflexion et l anticipation sont les seules armes qui peuvent permettre à un entrepreneur ou un industriel d éviter le fiasco. Bien trop souvent, on oublie de se poser les bonnes questions. L argument technologique ne fait plus vendre, ou du moins plus suffisamment pour amortir les investissements. Il convient avant toute chose de se soucier de la finalité d un produit / service. A quel besoin répond-t-il? Quelle est la cible visée? Quels sont les objectifs à atteindre? En négligeant l étape fondamentale de réflexion préliminaire au lancement d un produit / service, les industriels et entrepreneurs s exposent à d énormes risques d incompréhension et d indifférence du marché. Cette remarque est d autant plus vraie que les capitaux sont de plus en plus rares, et les investisseurs de plus en plus regardants. Vers un protocole de communication universel Comme nous l avons vu au chapitre deux, aujourd hui on constate que malgré les efforts faits pour tenter d instaurer un standard tel que le WAP, une multitude de technologies se partagent le marché de l Internet mobile. Néanmoins, l ère du multi-accès approche. Les utilisateurs souhaiteront pouvoir accéder à leurs services indépendamment du terminal. Les fournisseurs de services et éditeurs de contenus ne pourront pas se permettre de faire l impasse sur tous ces terminaux. Ils devront donc rendre accessible leur site sur chaque terminal. Seuls les meilleurs survivront Nous avions déjà tiré une sonnette d alarme dans un précédent livret blanc sur le commerce électronique sorti en 1999. A nouveau, nous ne saurions que trop prévenir de la difficulté de mettre en place un service mobile viable. Le ton volontairement critique de ce livret blanc illustre la pauvreté du paysage du m-commerce en France et plus généralement en Europe. Cependant, notre intention n est pas de critiquer, mais de mettre en garde, car le marché est porteur. Il suffit de voir le succès remporté par l Internet mobile au Japon pour apprécier le potentiel que représente le m-commerce. 34

le livret blanc Avec plus de 2800 collaborateurs, Framfab crée de nouvelles solutions dans l économie connectée au moyen de conseils stratégiques et de services interactifs. Les activités de conseils sont soutenues par Framfab Boosters, Framfab Software et Framfab Labs. Framfab est présente en Autriche, Bulgarie, Danemark, France, Italie, Pays-Bas, Norvège, Suisse, Espagne, Royaume-Uni, Suède, Allemagne et aux Etats-Unis. Les clients de Framfab sont entre autres, 3M, AstraZeneca, AXA Colonia, Danske Bank, Electrolux, Ericsson, Expressen, France Telecom, le Groupe Pernod Ricard, IKEA, JP Morgan, Nike, Packard Bell, SAAB, Vattenfall, Volvo Car Corporation et le Groupe Volvo. Framfab est coté sur la liste " Attract 40 " de la bourse de Stockholm (code FTID). La stratégie clients de Framfab Framfab collabore avec des multinationales dotées de fortes marques en mettant en place une stratégie multimarché pour les entreprises qui demandent un haut niveau d innovation. L ambition de Framfab est de fournir une offre de premier plan dans les secteurs industriels prioritaires : automobile, santé, services financiers, technologie / media / télécom, distribution et produits de consommation. Framfab Boosters Framfab Boosters soutient les activités de conseil Internet en fournissant une expertise technologique dans différents domaines d activité (sécurité, hébergement, régie, logistique ). Framfab Software Framfab Software conçoit des logiciels à la demande spécifique de Framfab et des besoins de ses clients. La société édite les logiciels de portail multiaccès Brikks et de gestion de contenu CM2000 & GWS. Framfab Labs Framfab Labs a été fondé pour maintenir l avance technologique du Groupe. C est un centre de recherche et développement pour la conception des nouveaux concepts et produits. Framfab Labs est dirigé par Jonas Birgersson, principal fondateur de Framfab.

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