Exigences visuelles pour



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pratique Exigences visuelles pour la conduite : y voir plus clair Rev Med Suisse 2014 ; 10 : 2252-7 A. Mérour B. Favrat F.-X. Borruat C. Pasche Drs Ariane Mérour et Christophe Pasche Pr Bernard Favrat PMU, 1011 Lausanne ariane.merour@chuv.ch christophe.pasche@chuv.ch bernard.favrat@chuv.ch Pr Xavier-François Borruat Unité de neuro-ophtalmologie Hôpital ophtalmique Jules-Gonin Av. de France 15, 1000 Lausanne 7 francois.borruat@fa2.ch Requirements on vision for driving : to see more clearly Primary care physicians have to assess visual functions essential for driving when determining medical fitness to drive. However, it can be difficult to apply the legal requirements that are described in annex 1 of the ordinance regulating the admission to road traffic of 1976 (OAC) due to lack of unambiguousness. This article discusses those visual functions that have to be assessed namely visual acuity, the visual field and the detection of diplopia and it presents the appropriate methods for the primary care setting. Another objective is to discuss the relevance of road safety requirements on vision and to present the new Swiss requirements proposed for the future in comparison to some international recommendations. Le médecin de premier recours est confronté à l appréciation des fonctions visuelles essentielles pour la conduite automobile lors de l évaluation de l aptitude à la conduite. Cependant, l application des exigences légales de l annexe 1 de l Ordonnance réglant l admission à la circulation routière de 1976 (OAC) peut parfois poser des problèmes, surtout à cause du manque de précision quant à la méthodologie. Cet article a deux objec tifs. Premièrement, il présente les méthodes d examen permet tant de déterminer le niveau de fonction visuelle du candidat, adaptées pour le médecin de premier recours. Deuxièmement, il discute de la pertinence des exigences visuelles pour la sécurité routière et il présente les nouvelles exigences suisses en projet en comparaison avec quelques recommandations internationales. introduction La conduite est une tâche complexe qui demande à la fois des capacités sensorielles, cognitives et motrices. La vision est la principale source d informations pour le conducteur. Un déficit visuel peut donc avoir de graves conséquences en mettant en danger le conducteur et/ou un autre usager de la route. Il est légitime que le législateur exige une preuve quant à la capacité visuelle des conducteurs et qu il définisse quelle est la capacité visuelle minimale exigée. 1 La vision est un phénomène complexe, et la notion d une «vision normale» nécessite le fonctionnement adéquat de plusieurs aspects de la perception visuelle : acuité visuel le, champ visuel, vision des couleurs, vision stéréoscopique, adaptation aux chan gements de luminosité, sensibilité aux contrastes et détection des mouvements dans l environnement. En Suisse, un examen des principales fonctions visuelles est exigé avant la délivrance de tout permis de conduire. Cet examen obligatoire inclut la détermination de l acuité visuelle, l évaluation du champ visuel et l examen de l oculomotricité. De plus, cet examen est une partie essentielle de l évaluation périodique de l aptitude à la conduite pour les conducteurs professionnels ainsi que pour tous les usagers de la route à partir de 70 ans. Le défi est de fixer de manière juste ces exigences minimales afin de garantir la sécurité publi que en identifiant les conducteurs à risque réel sans pour autant, par excès de prudence, priver des personnes de la conduite à cause d un déficit visuel insignifiant. Les exigences plus strictes pour les conducteurs professionnels s expliquent par leur plus grande exposition au risque d accident. Ils passent beaucoup d heu res au volant, par tous les temps, le jour et la nuit. Les nouvelles exigences en projet seront plus simples par la fusion des deux groupes professionnels et l abandon de l évaluation de la vision stéréoscopique. acuité visuelle Le conducteur est censé pouvoir identifier correctement et à temps les indications des panneaux routiers et les différents obstacles qui se présentent sur sa route. 2252 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 26 novembre 2014

L acuité visuelle (AV) est la capacité à discerner de petits objets situés le plus loin possible. Comment mesurer l acuité visuelle? L AV est facile à mesurer. Les mesures sont fiables, reproductibles et de bonne validité. 2 L AV est mesurée à l aide de tableaux comportant des optotypes (chiffres, lettres, E de Snellen ou anneaux de Landolt) ou d appareils dédiés. On teste l AV dans des conditions statiques, avec un contraste optimal (caractères noirs sur fond blanc) et une bonne illumination par souci de reproductibilité, ce qui correspond peu à la réalité sur la route. Le niveau de l AV est établi en monoculaire et est obtenu par la dernière ligne dont tous les optotypes sont correctement identifiés. A titre indicatif, pour les tableaux de Snellen ou de Landolt et tous les autres tableaux à base d une échelle logarithmique, rarement utilisés par des médecins de premiers recours, une ligne est réussie si cinq des huit signes sont identifiés. 3 Le tableau 1 présente les exigences pour l AV. Association entre acuité visuelle et risque d accident Une AV minimale est indispensable pour anticiper les actions dans la circulation, surtout en identifiant les obstacles et en intégrant l information de la signalisation routière. Une bonne AV influence la performance de conduite surtout en améliorant le temps de réaction. Mais une moindre performance de conduite en raison d une AV réduite n augmenterait pas forcément le risque d accident. Les données d études sont en effet contradictoires et on trouve au mieux une association faible entre une AV diminuée et le risque d accident avec un risque relatif majoritairement en dessous de 2 (tableau 2). Néanmoins, une marge de sécurité au moyen de limites plus strictes paraît adéquate pour des conditions de visibilité moins idéales. Une correction optimale de l AV par le port de lunettes ou de lentilles pour la conduite de nuit est à recom mander. Il faut être conscient qu il existe plusieurs biais pouvant expliquer les conclusions contradictoires des publications existant sur le lien entre une baisse de l AV et le risque pour la sécurité routière. En effet, le conducteur souffrant d une AV réduite limitera volontairement ou involontairement sa conduite (diminution des kilomètres parcourus ; restriction de conduite telle que conduite de nuit, parcours inconnus, voire arrêt de la conduite), ce qui entraîne une moindre implication dans des accidents de la route. 9 Par ailleurs, dans les études avec des conducteurs âgés, des valeurs extrêmes d AV sont rares. En conséquence, on compare des AV moyennes avec des AV faiblement réduites, ce qui peut expliquer l association seulement faible entre une AV réduite et le risque d accident. champ visuel Le conducteur est censé remarquer le ballon qui roule sur la route ou apercevoir le cycliste qui arrive de sa droite tout en fixant la route devant lui. Le champ visuel (CV) est la zone de l espace perçue en dehors du point de fixation. Le CV binoculaire est la somme des espaces perçus par les deux yeux pris séparément. Un CV intact permet de détecter des stimuli situés en dehors du point de fixation. Si l intégrité du CV central (20-30 autour du point de fixation) est primordiale, l intégrité du CV plus périphérique est indispensable pour la perception de potentiels dangers venant de côté. La prévalence d un déficit du CV est de 3% pour la population jeune (l 60 ans) et augmente avec l âge : 13% pour les seniors (L 60 ans). 10 Les pathologies les plus fréquemment impliquées sont le glaucome et l AVC. Comment évaluer le champ visuel? En l absence de consensus pour une méthode de dépistage, nous proposons la méthode par confrontation directe selon Donders : l examinateur est assis à environ 60-100 cm de l usager, les yeux au même niveau. Le CV est mesuré en condition monoculaire, l usager couvrant un œil et fixant le Tableau 2. Etudes : association acuité visuelle risque d accident Une très bonne acuité visuelle (AV) réduit le nombre d accidents sur une année (étude portant sur le suivi de 13 786 conducteurs L 19 ans). 4 Une étude de cohorte avec 1000 usagers montre qu une AV M 20/30 (correspondant à 0,66) réduit le risque d accident 5 La conduite de nuit majore l effet d une AV réduite : distance pour reconnaissance de piétons augmentée 6 Pas d association entre une AV réduite et le risque d accident pour les conducteurs jeunes et moyennement âgés ; association faible, mais significative pour les usagers seniors 7,8 Tableau 1. Exigences pour l acuité visuelle (non corrigée ou corrigée) En vigueur Un œil M 0,6 et l autre M 0,1 Car (D), trolleybus (TR, 110) : un œil M 1 et l autre M 0,8 OAC de 1976 1 Vision monoculaire M 0,8 Autres catégories : M 0,8 les deux yeux ensemble ou un œil M 1 et l autre M 0,6 En projet Un œil M 0,5 et l autre M 0,2 Un œil M 0,8 et l autre M 0,5 OAC 24 Monoculaire (ou mauvais œil l 0,2) M 0,6 Verres correctifs max 8 dioptries Directives européennes M 0,5 les deux yeux ensemble Un œil M 0,8 et l autre M 0,5 2006 25 M 0,6 monoculaire Verres correctifs max 8 dioptries, bien tolérés Allemagne FeV 2010 Un œil M 0,5 et l autre M 0,2 Un œil M 0,7 et l autre M 0,5 Anlage 6 17 Vision monoculaire M 0,7 Transport de personnes : un œil M 1 et l autre M 0,7 Canada 2009 26 M 0,4 les deux yeux ensemble M 0,63 les deux yeux ensemble 0 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 26 novembre 2014 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 26 novembre 2014 2253

nez de l examinateur. Ce dernier présente une stimulation visuelle (mouvement du doigt) en périphérie. En commençant de l extérieur, on s assure que l usager est capable de détecter le mouvement des doigts en continu dans l ensemble du CV en examinant le méridien horizontal mais aussi le méridien vertical et les champs obliques. L examen sera répété pour le deuxième œil. Malgré ses mauvaises sensibilité et spécificité, cette méthode de dépistage est utilisée en routine car elle est simple et accessible. Le candidat sera référé auprès d un ophtalmologue dans les cas où un déficit a été détecté ou suspecté au test par confrontation directe, ainsi que les patients connus pour une pathologie ophtalmologique évolutive avec de potentielles répercussions sur le CV (glaucome, rétinopathies notamment). Le tableau 3 présente les exigences pour le CV. Association entre déficit du champ visuel et risque d accident La plupart des études montre une forte association entre un déficit du CV central pour autant qu il soit binoculaire et l augmentation du risque d accident (tableau 4). Néanmoins, des études ultérieures sont nécessaires afin de définir le type et la sévérité des déficits réellement à risque plus élevé d accident. diplopie Un conducteur ne doit pas être perturbé par une vision double dans son champ visuel principal. La diplopie est la perception simultanée de deux images d un objet unique. Elle résulte toujours d un trouble oculomoteur, périphérique ou central. La présence d une diplopie interfère fortement avec la conduite. Un trouble oculomoteur ancien au mieux congénital peut être partiellement compensé par des mécanismes d adaptation, essentiellement une suppression partielle d une des deux images grâce à la plas ticité neuronale. Les exigences suisses stipulent une absence de diplopie. Comment rechercher une diplopie? Une diplopie est en principe toujours symptomatique. Présente en position primaire, elle est évidemment plus gênante qu une diplopie ne survenant qu à partir d une certaine excentricité du regard. L appréciation d une diplopie se fait en montrant un objet (doigt, stylo) au patient qui doit le suivre du regard, le patient indiquant à partir de quand l objet se dédouble. Une vision stéréoscopique intacte (test de Lang, par exemple) exclut la présence d une diplopie en position primaire. Contrairement aux exi gences suisses en vigueur selon lesquelles une diplopie contre-indique la conduite, cette anomalie peut dans certains cas être compatible avec la conduite sous condition de l avis favorable d un ophtalmologue ou d un neurolo gue. Le tableau 5 présente les exigences pour la diplopie. Association entre diplopie et risque d accident Cette approche (évaluation au cas par cas) reflète le manque d étude sur l association entre une diplopie et le risque d accident. Il y a une étude qui ne montre pas de différence de performance dans un simulateur de la conduite entre dix conducteurs avec diplopie chronique et le groupe contrôle. 15 Dans une petite étude australienne plus récente portant sur cinq usa gers avec diplopie, dont quatre avec une diplopie dans le champ visuel central, trois ont présenté une conduite dangereuse dans un circuit fermé. 16 Etant donné que la gêne et la confusion résultant d une diplopie augmentent plus si la diplopie est présente centralement, les directives allemandes semblent mieux adaptées, 17 mais leur justification nécessite des études ultérieures. vision stéréoscopique La vision stéréoscopique permet la perception du relief. Elle peut facilement être testée avec les cartes de Lang I et II. La vision stéréoscopique est importante pour la vision Tableau 4. Etudes : association déficit du champ visuel risque d accident Dédoublement du nombre d accidents en cas de déficit binoculaire du champ visuel (CV) 10 Risque d accident élevé chez les seniors avec un déficit CV central (OR : 2,6 ; IC 95% : 1,1-6,3) et périphérique (OR : 2,4 ; IC 95% : 1,3-4,5) 11 Risque d accident élevé en cas de déficit modéré (OR : 3,6 ; IC 95% : 1,4-9,49) et sévère (OR : 4,4 ; IC 95% : 1,6-12,4) du CV central 12 Chez des usagers avec restriction du CV horizontal l 100 le risque d accident est multiplié par 3 13 Scotomes centraux associés à détection tardive ou omission d obstacles 14 Tableau 3. Exigences pour le champ visuel En vigueur M 140 horizontal (binoculaire) Pas de diminution du champ visuel OAC de 1976 1 En projet M 120 horizontal avec M 140 horizontal avec OAC 24 élargissement de M 20 vers le haut et le bas élargissement de M 30 vers le haut et le bas sans déficit dans les 20 central (binoculaire) sans déficit dans les 30 central (binoculaire) Directives européennes 2006 25 M 120 horizontal Pas de déficit du champ visuel Allemagne FeV 2010 M 120 horizontal sans déficit dans les 20 M 140 horizontal sans déficit dans les 30 Anlage 6 17 central (binoculaire) central (binoculaire) Canada 2009 26 M 120 horizontal avec élargissement de M 15 M 150 horizontal avec élargissement de M 20 vers le haut et le bas vers le haut et le bas 2254 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 26 novembre 2014

Tableau 5. Exigences pour la diplopie En vigueur Pas de diplopie Pas de diplopie OAC de 1976 1 En projet Pas de diplopie restrictive Pas de diplopie (mobilité des yeux normale) OAC 24 Directives européennes 2006 25 Absence de diplopie handicapante Pas de diplopie Allemagne FeV 2010 Pas de diplopie dans le champ visuel central de 20 Pas de diplopie dans le champ visuel utile 25 vers Anlage 6 17 de diamètre le haut ; 30 vers la droite/gauche ; 40 vers le bas Canada 2009 26 Pas de diplopie dans le champ visuel central de 20 de diamètre sauf si corrigée par un prisme ou occlusion d un œil et exigences remplies pour acuité visuelle (AV) et champ visuel (CV) proche, mais devient négligeable avec des distances de plus de deux à trois mètres. Les distances jouant un rôle pour la circulation routière étant plus grandes, il n est pas recommandé de tester la vision stéréoscopique malgré le fait qu elle fasse encore partie des exigences suisses actuelles pour la conduite professionnelle. A l heure actuelle, l évaluation de la sensibilité au contraste (SAC) et de la vision des couleurs ne fait pas partie des exigences médicales pour le permis en Suisse et c est à titre indicatif que nous présentons ces deux fonctions. sensibilité au contraste Le conducteur doit parfois détecter des dangers sous des conditions visuelles difficiles, par exemple un piéton en vêtements sombres la nuit ou par temps de brouillard. La SAC est la capacité de discerner des objets de faible contraste par rapport à leur environnement, par exemple un objet gris clair sur un fond blanc. La SAC peut être évaluée sous différentes conditions de luminosité. Il existe plusieurs tests (par exemple, test de MARS, Pelly-Robson- Chart, FrACT 18 ), mais il n y a pas à ce jour de consensus sur une valeur seuil à partir de laquelle le risque d accident augmente. La SAC est néanmoins considérée comme une fonction visuelle importante ayant une corrélation plus forte avec le risque d accident que les autres fonctions testées. 19-22 vision des couleurs Le test d Ishihara permet de découvrir une dyschromatopsie, dont presque 8% des hommes et 0,3% des femmes sont atteints. La vision des couleurs ne fait pas partie des exigences suisses, car les daltoniens ne sont pas plus à risque d accident. 23 conclusion Les nouvelles exigences prévues pour le futur se veu lent plus claires et seront plus simples par la fusion des deux groupes professionnels soumis aux mêmes exigences et l abandon de l examen de la vision stéréoscopique. Quant aux exigences pour la diplopie, il serait souhaitable de trouver un consensus sur les caractéristiques permettant de considérer l usager apte à la conduite. Afin de baser les exigences sur l évidence, il faut des études ultérieures ciblées sur l association entre les fonctions visuelles réduites et le risque d accident ainsi que sur la définition de valeurs seuils, indispensables dans un contexte légal. Les auteurs n ont déclaré aucun conflit d intérêts en relation avec cet article. Implications pratiques Le niveau de l acuité visuelle est établi en monoculaire et est obtenu par la dernière ligne dont tous les optotypes sont correctement identifiés Pour l examen du champ visuel, il faut évaluer en continu le méridien horizontal ainsi que le méridien vertical et les champs obliques au lieu de se contenter d en définir les limites périphériques Tout usager avec diplopie doit être référé au spécialiste (ophtalmologue, neurologue) L examen de la vision stéréoscopique et la recherche d une dyschromatopsie ne sont plus recommandés, car ces deux fonctions n ont pas de répercussion sur la conduite Bibliographie 1 Ordonnance réglant l admission à la circulation routière (OAC) de 1976. www.admin.ch/opc/fr/classifiedcompilation/19760247/index.html 2 Hawkins BS. Reliability of visual acuity measurements and screening under field conditions. Ophthalmic Epidemiol 1995;2:99-106. 3 Wesemann W, Schiefer U, Bach M. New DIN norms for determination of visual acuity. Ophthalmologe 2010;107:821-6. 4 Hofstetter HW. Visual acuity and highway accidents. J Am Optom Assoc 1976;47:887-93. 5 Davison PA. Inter-relationships between British drivers visual abilities, age and road accident histories. Oph thalmic Physiol Opt 1985;5:195-204. 6 Wood JM, Tyrrell RA, Chaparro A, et al. Even moderate visual impairments degrade drivers ability to see pedestrians at night. Invest Ophthalmol Vis Sci 2012;53: 2586-92. 7 Burg A. Vision and driving : A report on research. Hum Factors 1971;13:79-87. 8 Hills B, Burg, A. A reanalysis of California drivers vision data : General findings. TRRL 1977 (report 768). 9 Freeman EE, Munoz B, Turano KA, et al. Measures of visual function and their association with driving 2256 Revue Médicale Suisse www.revmed.ch 26 novembre 2014

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