Etude sur les effets des différentes crises sur les exportations du bétail malien de 2000 à 2012

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Réseau des Systèmes d Information de marché de l Afrique de l Ouest Observatoire du Marché Agricole du Mali Financement : USAID à travers L Université d Etat de Michigan PROMISAM Etude sur les effets des différentes crises sur les exportations du bétail malien de 2000 à 2012 Version finale Salifou B. DIARRA Coordinateur RESIMAO et OMA Pierre TRAORE _ Chargé de l Analyse OMA Cyr Salomon MAIGA Chargé de la commercialisation DNPIA Octobre 2013 1

Sommaire I - Introduction... 4 II - Revue de la littérature... 5 III - Statistiques et compréhension de la chaine de valeur exportation de bétail... 7 3.1 - Evolution de la production... 7 3.2 - Evolution du taux de prélèvement... 9 3.3 Evolution de la consommation domestique... 9 3.4 - Evolution des exportations totales et par destination... 11 3.4.1 - Bovins... 11 3.4.2 - Ovins... 11 3.4.3 Caprins... 12 3.5 - Evolution des exportations liées à la Tabaski ou au Ramadan... 13 3.6 - Carte des zones de production par type (bovins, ovins, caprins)... 13 3.7 - Carte des marchés de consommation, assemblage et flux pour l exportation... 14 3.8 - Evaluation des circuits d exportation... 14 3.8.1 Les marchés... 14 3.8.2 - Les intervenants de la filière du bétail et de la viande au cours des opérations d exportation... 15 3.8.3 - Les circuits d exportations du bétail malien... 16 3.8.4 Description des opérations d exportations du bétail malien... 17 3.9 - Evolution des coûts de commercialisation par circuit y compris les coûts de transaction (barrières formelles et informelles, formalités à remplir, etc.)... 19 3.10 - Evolution des politiques commerciales/ sectorielles (par exemple, restriction sur l âge des animaux exportés)... 26 3.11 - Evaluation des contraintes aux exportations dans le temps... 27 3.12 - Saisonnalité des exportations par destination... 28 3.13 - Saisonnalité des prix par type (bovins, ovins, caprins)... 29 IV - Chocs majeurs (sociopolitiques, climatiques et économiques) et leurs effets sur les exportations de bétail... 31 4.1 - Identification des principaux chocs (période, durée, ampleur)... 31 4.2 - Croisement statistiques et graphiques entre chocs et principales variables de la filière d exportation (production, consommation, exportations, prix, coûts de commercialisation)... 32 4.3 - Perception des acteurs (producteurs, exportateurs, transporteurs, convoyeurs, agents aux frontières, décideurs) sur les effets des chocs et l évolution des principales variables de la filière d exportation... 35 2

4.3.1 Crise socio politique en Côte d Ivoire (1999-2011)... 35 4.3.2 les différentes rebellions au Mali (2006 et 2012)... 36 4.3.3 la hausse des prix du carburant (2008)... 37 4.3.4 les années de déficit pluviométrique et la crise acridienne (2003, 2005, 2008, 2011 et 2012,)... 38 4.3.5 les crises du coton (2000 à 2010) et de l HUICOMA(2008)... 39 4.3.6 le bitumage de la route Bamako-Dakar (2006)... 40 4.3.7 la suppression de la subvention sur les hydrocarbures (Décembre 2010)... 40 4.3.8 la libération des régions nord du pays (Lancement le 13 janvier 2013)... 41 5 - Perception des acteurs sur les solutions à apporter pour une redynamisation de la filière... 42 6 - Propositions de reforme et recommandations... 43 7 - Conclusions... 43 Références... 45 Annexes 1 Effectifs du cheptel de 1990 à 2012... 48 Annexes 2 Evolution des animaux exportés par le Mali de 2000 à 2012... 49 Annexes 3 Exportations des animaux par pays de destination... 50 Annexes 4 Guide d entretien de l étude... 52 Annexes 5 Liste des personnes rencontrées... 55 Annexes 6 Termes de référence de l étude... 57 3

I - Introduction Le Mali est un pays agro-pastoral où plus de 80% de la population rurale pratiquent l élevage. L élevage représente la principale source de subsistance pour plus de 30% de la population. Sa contribution au PIB varie selon les années entre 10 et 12% et son apport aux recettes d exportation (30 à 35 milliards de FCFA, soit 9 à 15% du total des exportations). Il occupe la troisième position après l or et le coton (Cf. document : Valeurs économiques totales du pastoralisme au Mali Octobre 2007 p.17). L élevage constitue le sous-secteur de l économie du Mali qui occupe une grande partie des populations et contribue à l amélioration des revenus et du niveau de vie de ceux qui y sont attachés. Il contribue à la satisfaction des besoins nationaux en produits d origine animale et à l amélioration de l équilibre de la balance commerciale du pays à travers les opérations d exportation. C est ainsi qu au lendemain de notre indépendance, l intervention de l Etat dans le sous secteur s est porté sur l encadrement des éleveurs pour la couverture sanitaire du cheptel, mais aussi sur la mise en place de certaines structures chargées de l exportation des ressources animales (la SONEA, la SEPAM, La SOMBEPEC, les Abattoirs de Gao et de Bamako). Les efforts de l Etat étaient surtout orientés vers la reconstitution du cheptel suite à la grande sècheresse des années 60s-70s Plusieurs programmes autour de l élevage existent au Mali. Ces derniers concernent entre autres l alimentation des animaux, la santé animale, la recherche zootechnique, la commercialisation, le développement de l aviculture, la formation des acteurs du soussecteur élevage, l amélioration des données et le renforcement des systèmes de suivi évaluation du sous secteur élevage et de promotion du financement du sous secteur élevage. La réalisation des ces différents programmes d intervention de l Etat a nécessité des efforts financiers assez importants qui ont très souvent dépassé les possibilités nationales (budget national, institution financières, budgets autonomes). Presque tous les programmes sont issus des fonds d aide extérieure soumise souvent à des conditionnalités. L élevage malien présente des avantages comparatifs supérieurs dans la sous-région de l Afrique de l Ouest où le bétail est un facteur intégrateur. Deuxième plus grand pays d élevage de la CEDEAO après le Nigéria et premier pays exportateur de bétail de la sousrégion, le Mali dispose des potentialités qui devraient être exploitées davantage. Il faut aussi souligner que le Mali est l un des principaux pourvoyeurs de bétail dans les pays de la sous-région en général et des pays côtiers en particulier. Cependant ces exportations restent très vulnérables par rapports aux aléas climatiques et aux différentes crises politiques, économiques et sociales, qui deviennent récurrentes dans notre espace ouest africain. Cette étude porte essentiellement sur les impacts des différentes crises, intervenues entre 2000 et 2012 sur les exportations du bétail malien. 4

II - Revue de la littérature Dans le document «Aperçu sur la filière bétail au Mali», présenté au 16 ème comité exécutif de la plate forme ALIVE tenu les 25 et 26 novembre 2010 à Bamako, il ressort que la filière bétail viande se caractérise par des ressources animales composées de 8 896 000 bovins,11 300 000 ovins,15 736 000 caprins. Selon cette même source, l alimentation de ce cheptel repose sur 35 millions d ha de pâturages, 233.000 ha de cultures fourragères, 42.000 ha de bourgou et 70 millions de mètres cubes en eau pluviale, mares, lacs et puits. L élevage intensif se pratique dans les banlieues des centres urbains. Quant à l élevage sédentaire, il s agit d une forme intégrée agriculture - élevage qui se pratique dans toutes les zones agricoles. Le pastoralisme concerne les bovins, les ovins/caprins et les camelins. Toute politique de l Etat destinée à accroitre la valeur des exportations du bétail malien doit tenir compte des disparités importantes entre les pays de l Afrique de l Ouest en ce qui concerne les politiques relatives au secteur de l élevage; principalement parce que certains de ces pays sont exportateurs de bétail (le Burkina Faso, le Mali et le Niger) alors que d autres (la Côte d Ivoire, le Ghana et le Nigeria) en sont des importateurs nets. Les pays exportateurs cherchent généralement à renforcer la commercialisation et la transformation des produits d élevage, ainsi qu à promouvoir le commerce intra régional du bétail. D autre part, les pays importateurs nets encouragent les politiques visant à protéger les producteurs de bétail locaux et adoptent des programmes de développement pour stimuler la production nationale et assurer la sécurité alimentaire en produits d élevage. Ces approches contraires en matière de politiques régionales de l élevage expliquent aussi, en partie, la variation sur le plan de la progression et du niveau de mise en œuvre de ces politiques au niveau des pays de la sous région. Ces réflexions qui sont contenues dans «La commercialisation du bétail en Afrique de l Ouest : opportunités et contraintes - T.O. Williams, I. Okike, I. Baltenweck et C. Delgado» attestent de la complémentarité qui existe entre ces pays en matière d échange de bétail et de viande. En effet, selon la note Afrique Verte sur «les conséquences de la crise ivoirienne sur les pays sahéliens enclavés : Premier tour d horizon» 2003, No205, avec la crise ivoirienne, les exportations maliennes de bétail sur pied ont chuté de plus de 60 %, mais les consommateurs maliens s en réjouissaient car le prix du bœuf et des petits ruminants (moutons et chèvres) a chuté de 40 % (le bœuf, qui était vendu à 100 000 francs CFA avant la crise, a coûté 60 000 francs CFA après le déclenchement de la crise). Les quantités destinées à l exportation, qui ne pouvaient être écoulées, se sont ajoutées donc à l offre locale, entraînant cette baisse des prix. Cependant, en décembre 2002, celle-ci ne s'était pas répercutée sur le prix de la viande au kilo pour le consommateur. Il est clair que cette situation a perturbé grandement les éleveurs, majoritairement originaires de la 5

région nord du Mali. Pour le seul mois d octobre 2002, les recettes douanières maliennes avaient connu un manque à gagner de plus de 3 milliards de francs CFA, sur une prévision de 15 milliards! On notera par ailleurs que dans «NOTE SUR L EXPORTATION DE LA VIANDE ROUGE AU MALI», le Mali, conscient de l importance de son cheptel et des ressources qu il peut tirer de son exploitation, avait très tôt mis en place des structures devant s occuper de la définition et de l exécution des objectifs fondamentaux de la commercialisation du bétail et de la viande. Il s impose aujourd hui au Mali, un effort national pour la mise en place des infrastructures aux normes et d une structure d exportation de viande. Cette structure doit faire preuve d une grande compétence dans les domaines d évaluation du marché, de contrôle de production et de la pénétration sur le marché. Le «Guide de L exportateur Juin 2013», élaboré par le Ministère de l Industrie et du Commerce Unité de Mise en Œuvre du Cadre vient apporter un éclairage et une orientation quant à la définition des droits et obligations des exportateurs dans la filière bétail viande. Ce guide donne une réponse aux questions fondamentales suivantes : qui peut exporter?, que peut-on exporter? Quelles sont les structures impliquées dans les opérations d exportation? Toutes les littératures traitent de façon générale de l importance de la filière bétail et viande pour l économie ouest africaine en générale et celle du Mali en particulier. Elles traitent des exportations du bétail sur pied, de la viande et des politiques entreprises dans la sous régions en termes de développement de la filière en vue de faire face à la demande toujours croissante des populations. Même si dans tous ces documents on parle de tracasseries, qui sont très largement citées comme étant les difficultés majeures que rencontrent les acteurs de la filière, il faut reconnaitre que les différentes crises que la sous-région a connues ont aussi ajouté leur part de difficultés à ces tracasseries. Ce qui prouve que les exportations du bétail malien sont très vulnérables aux crises dont les littératures ne parlent que de façon partielle. C est pourquoi nous sommes convaincus que cette étude en cours remplira un grand vide dans les littératures sur la filière bétail et viande. 6

III - Statistiques et compréhension de la chaine de valeur exportation de bétail Au Mali, le secteur de l élevage est confronté à un sérieux problème de statistiques. En effet, la base de données constituée sur le marché à bétail depuis 1984 a été perdue au début des années 2000. De plus les résultats du dernier recensement agricole, qui a eu lieu en 2004/2005, ne font pas l unanimité au niveau des spécialistes. C est pourquoi pour la rédaction de cette étude en général et de ce chapitre en particulier, nous nous sommes référés aux chiffres utilisés jusque là par la Direction Nationale des Productions et Industries Animales, qui sont ceux du recensement de 1992, auxquels sont appliqués les taux de croît du cheptel. 3.1 - Evolution de la production L effectif du cheptel national au 31/12/2012 a été estimé à 9 721 300 bovins, 13 081 500 ovins, 18 216 000 caprins. Comme évoqué plus haut, ces estimations ont été faites sur la base des données du recensement national du cheptel de 1992 auxquelles ont été appliqués des taux de croit moyens annuels de 3% pour les bovins, 5% pour les ovins/caprins. L évolution des douze dernières années est donnée au tableau ci-dessous. Effectifs du cheptel de 2000 à 2012 Désignation Bovins ovins Caprins 2 000 6 619 751 6 937 371 9 847 916 2 001 6 818 343 7 284 240 10 340 312 2 002 7 022 894 7 648 452 10 857 327 2 003 7 233 580 8 030 874 11 400 194 2 004 7 450 588 8 432 418 11 970 203 2 005 7 532 000 8 408 000 12 000 000 2 006 7 904 329 9 296 741 13 197 149 2 007 8 141 459 9 761 578 13 593 063 2 008 8 385 703 10 249 657 14 272 716 2 009 8 896 392 11 300 247 15 735 670 2 010 9 163 284 11 865 259 16 522 454 2 011 9 438 182 12 458 522 17 348 576 2 012 9 721 328 13 081 448 18 216 005 Sources : De 2000 à 2004 les chiffres sont de la DGRC et de 2005 à 2012, ils sont de la DNPIA. Ces statistiques indiquent une progression continue du cheptel dans toutes ses composantes. Cependant, dans la mesure où le dernier recensement de ce cheptel remonte à plus de vingt (20) ans déjà, cet accroissement continu de l effectif des animaux pourrait cacher certaines réalités liées au cheptel dans son évolution et qui n auront pas été bien prises en compte (pertes non comptabilisées, abattages clandestins etc.,). On ne verra pas par exemple les effets des sècheresses et les déstockages récents d animaux dans les régions de Kidal et Gao. 7

Source : A partir des des statistiques de la DNPIA, Rapport annuel 2012 Importance relative (%) des régions en possession des effectifs en 2012 Ce tableau ci-dessous donne l importance relative des régions en termes de possession du cheptel. Mopti reste de loin la première région d élevage en bovins avec 28% des effectifs tandis que Gao vient en tête en ovins et caprins avec respectivement 20,34% et 19,33% des effectifs nationaux. Espèces Espèces Régions Bovins Ovins Caprins Kayes 10,65 11,58 8,42 Koulikoro 14,35 8,35 10,61 Sikasso 15,94 7,42 6,38 Ségou 11,28 8,73 9,93 Mopti 28 18,44 19,09 Tombouctou 10,12 12,66 15,08 Gao 8,62 20,34 19,33 Kidal 0,71 12,1 10,99 Bamako 0,33 0,38 0,17 Total 2012 100 100 100 Source DNPIA, Rapport annuel 2012 8

3.2 - Evolution du taux de prélèvement Le taux de prélèvement est calculé sur la base des effectifs du cheptel auquel on applique 12% pour les bovins et 30% pour les ovins caprins. Années Evolution du taux de prélèvement du bétail au Mali Effectifs Bovins Disponibles exploitables Effectifs Ovins Caprins Unités=Têtes Disponibles exploitable 2000 6 619 751 794 370 16 785 287 5 035 796 2001 6 818 343 818 201 17 624 552 5 287 366 2002 7 022 894 842 747 18 505 779 5 551 734 2003 7 233 580 868 030 19 431 068 5 829 320 2004 7 450 588 894 071 20 402 621 6 120 786 2005 7 532 000 903 840 20 408 000 6 122 400 2006 7 904 329 948 519 22 493 890 6 748 167 2007 8 141 459 976 975 23 354 641 7 006 392 2008 8 385 703 1 006 284 24 522 373 7 356 712 2009 8 896 392 1 067 567 27 035 917 8 110 775 2010 9 163 284 1 099 594 28 387 713 8 516 314 2011 9 438 182 1 132 582 29 807 098 8 942 129 2012 9 721 328 1 166 559 31 97 453 9 389 236 Ces taux consensuels ne permettent pas d apprécier le disponible réel, puisqu ils sont appliqués à des populations qui ont été elles mêmes obtenues de façon arithmétiques en appliquant des taux de croît. Cependant, à défaut de recensement physique sur le cheptel, on ne dispose pas d autres moyens alternatifs permettant d obtenir des statistiques dans ce domaine. Il est donc urgent que le pays fasse l effort de recenser son cheptel à des périodicités relativement rapprochées. Ceci permettrait de disposer de statistiques plus fiables sur lesquelles on peut bâtir des décisions plus réalistes. 3.3 Evolution de la consommation domestique Au Mali, il est difficile d appréhender la consommation domestique de la viande à cause de la faible tenue des statistiques et des abattages clandestins et familiaux. Ces abattages clandestins et familiaux ne sont enregistrés nulle part. Le Tableau ci-dessus donne une estimation des abatages clandestins de 2000 à 2012. 9

Abattage Contrôlé des bovins, ovins et caprins de 2000 à 2012 (poids au Kg) Désignation Bovins Ovins Caprins Total bétail Nombre Poids Nombre Poids Nombre Poids Nombre Poids 2000 211 323 27 147 239 122 948 1 647 628 295 603 3 173 199 629 874 31 968 066 2001 228 696 28 242 039 123 268 1 963 370 323 045 3 829 140 675 009 34 034 549 2002 238 581 29 682 960 148 827 1 794 300 340 500 3 985 500 727 908 35 462 760 2003 298 138 35 120 000 189 249 2 565 000 425 124 5 224 000 912 511 42 909 000 2004 282 253 41 037 187 148 906 1 951 327 379 739 4 557 606 810 898 47 546 120 2005 285 132 38 504 861 235 136 2 728 463 520 268 41 233 324 2006 285 395 33 337 148 277 424 2 700 952 421 809 5 751 792 984 628 41 789 892 2007 291 259 33 128 960 247 086 4 191 957 532 952 5 839 199 1 071 297 43 160 116 2008 278 609 31 400 037 828 086 9 419 373 374 899 4 517 977 1 481 594 45 337 387 2009 273 176 30 654 407 243 697 3 509 954 503 924 5 877 156 1 020 797 40 041 517 2010 315 941 35 902 012 330 873 4 719 150 603 974 7 042 104 1 250 788 47 663 266 2011 315 644 36 001 225 374 585 5 616 740 658 793 7 740 414 1 349 022 49 358 379 2012 328 241 37 531 669 338 005 4 676 113 545 199 6 432 724 1 211 445 48 640 506 Source: DNPIA NB : la quantité abattue est généralement la quantité consommée, il faut reconnaitre que les abattages clandestins, les cérémonies religieuses, les fêtes, les sacrifices etc., ne sont pas pris en compte dans ces statistiques. Selon la DNPIA ces chiffres ne constituent que 40% des abattages totaux. 10

Au Mali, la consommation moyenne de viande s établit à 7,4 kg/an/personne de viande bovine et 6,3 kg/an/personne de viande de petits ruminants (Faostat, 2006). Cette consommation est relativement modeste comparée à celle des pays occidentaux et d Amérique Latine qui atteint plusieurs dizaines de kg/an/personne. Elle est néanmoins semblable à celle observée dans les autres pays sahéliens et se situe dans l ordre des recommandations alimentaires des institutions internationales. En dépit de taux d exploitation relativement modestes, le Mali couvre aisément sa consommation nationale de viande rouge. Le marché intérieur reste peu porteur : à titre d exemple, les abattages à Bamako sont, de source officielle, inférieurs à 400 têtes par jour (Dicko, 2007). Le Mali s inscrit comme l un des principaux pays exportateurs d animaux sur pieds de la zone UEMOA. 3.4 - Evolution des exportations totales et par destination Compte tenu de la disponibilité des données au niveau de la Direction Nationale des Productions et Industries animales, cette analyse couvrira la période allant de 2007 à 2012. Elle sera faite à partir des chiffres officiels au niveau de la Direction Nationale des Productions et Industries Animales. 3.4.1 - Bovins Au cours de la période de 2007 à 2012, Les exportations ont porté sur un total de 551.613 bovins. Ces exportations ont eu pour destinations essentiellement la Côte d Ivoire(40%) et le Sénégal 45%, les autres pays composés de Burkina Faso, Guinée, Bénin, Niger, Mauritanie, Libéria, Nigéria, Ghana, Gambie et Algérie et dont les exportations totalisent les 15% restants. 3.4.2 - Ovins Le nombre total de têtes exportées est de 1.472.501 au cours de la période allant de 2007 à 2012. Ces exportations ont eu pour destination le Sénégal (63%), la Côte d Ivoire (21%), l Algérie(8%) et les 11

autres pays composés de Burkina Faso, Guinée, Bénin, Niger, Mauritanie, Libéria, Nigéria, Ghana et Algérie et qui totalisent les 8% restants. 3.4.3 Caprins Le nombre total de têtes exportées est de 80.721 ovins au cours de la période allant de 2007 à 2012. Ces exportations ont eu pour direction le Sénégal (10%), la Côte d Ivoire (35%), la Guinée (26%) et le Niger (15%) et les autres pays composés de Burkina Faso, Bénin, Mauritanie, Libéria, Ghana et Algérie, totalisant les 14% restants. On pourrait se demander si les exportations à destination du Niger ne sont pas seulement en transit dans ce pays, la destination finale étant le Nigeria? 12

3.5 - Evolution des exportations liées à la Tabaski ou au Ramadan Aux veilles des fêtes de Tabaski, du Ramadan et des fins d année, la demande augmente fortement dans les pays d exportation, notamment la Côte d Ivoire et le Sénégal. Cette demande est toujours couverte par l offre, qui augmente aussi sensiblement. En effet, selon un document officiel de la Direction Nationale des Productions et Industries Animales d Octobre 2011 et intitulé «Point de préparation de l opération Mouton Tabaski au Mali, Sénégal et la Cote d Ivoire», il est dit que : Le disponible exploitable du mouton au Mali était de l ordre de 3 559 500 têtes. Les besoins du Sénégal et de la Côte D Ivoire étaient respectivement de 300 000 et de 800 000 têtes. Ce qui fait au total 1.100.000 têtes pour les deux pays. Ce chiffre ne constitue que 31% du disponible exploitable du Mali. 3.6 - Carte des zones de production par type (bovins, ovins, caprins) Le cheptel malien est inégalement reparti sur le territoire comme le montre sur la carte ci- dessus. Nous avons pris l effectif du cheptel de 2012 par région pour représenter la carte. Sur l ensemble des régions, en 2012 la région de Mopti a enregistré le plus grand nombre de bovins avec une part du troupeau national de 28% et le taux le plus faible a été enregistré à Kidal. En ce qui concerne les ovins et les caprins le taux le plus élevé a été enregistré dans la région de Gao avec respectivement 20,34% pour les ovins et 19,33% pour les caprins. Le district de Bamako n a pas pu être représenté sur la carte à cause du fait que les régions n apparaissent pas avec la capitale. 13

3.7 - Carte des marchés de consommation, assemblage et flux pour l exportation Nous avons pris les données de 2012 par région pour représenter la carte des marchés de consommation. Les chiffres de Tombouctou en petits ruminants et celui des caprins à Kidal ne sont pas disponibles c est ce qui explique le vert dans ces deux régions. Les bovins sont en vert, les ovins en jaune et les caprins en rouge. 3.8 - Evaluation des circuits d exportation L évaluation des circuits d exportation passe par la détermination d un certain nombre de concepts relatifs au marché à bétail et aux acteurs qui les animent. 3.8.1 Les marchés On distingue les marchés de collecte, d assemblage et terminaux. Les marchés de collecte Les marchés de collecte sont des marchés situés dans les zones d élevage ou le long des trajets de transhumance. Ce sont des marchés où l essentiel des transactions se font entre éleveurs et collecteurs, qui sont des commerçants de surface financière et d envergure modestes. 14

Les marchés secondaires ou de regroupement Les marchés secondaires ou de regroupement sont des marchés de convergence des animaux achetés sur les marchés de collectes situés dans un rayon de 200 kilomètres en moyenne. Sur ces marchés les transactions se font entre les commerçants de surface financière importante et les collecteurs. Les commerçants de surface financière importante de par leur mode d action peuvent être considérés comme des commerçants forains car ils se déplacent de foire en foire soit pour acheter soit pour vendre. Ils sont les principaux fournisseurs des marchés terminaux. Les marchés terminaux ou marchés d exportation Les marchés terminaux ou d exportation se situent généralement à proximité des grandes villes. Cependant, avec l urbanisation croissante, ils se trouvent de plus en plus en plein centre de la ville. Ces marchés reçoivent les animaux achetés sur les marchés secondaires. Les ventes se font entre les commerçants forains et les bouchers et les exportateurs. Dans les opérations d exportation, ces marchés constituent pour les exportateurs le point de convergence des animaux achetés sur les différents autres marchés en aval et le point de chargement des animaux pour les exportations. Ghana et Nigéria 3.8.2 - Les intervenants de la filière du bétail et de la viande au cours des opérations d exportation Il existe deux types d intervenant. Les intervenants du circuit vif et ceux du circuit mort. Ici nous allons nous appesantir sur les acteurs du circuit vif, qui interviennent dans les opérations d exportations. Les acteurs du circuit vif sont : 15

L éleveur : Il existe peu de séparation nette entre production et commercialisation. L éleveur joue un rôle plus ou moins important dans le processus de commercialisation. Le développement de l élevage se caractérise par une intervention croissante de la production dans le processus de commercialisation et entraine de ce fait une planification plus poussée de la production pour répondre aux besoins du marché. L éleveur malien accorde très peu d intérêt à la commercialisation de son bétail, le troupeau assure sa subsistance plutôt que d accroître son revenu. Il constitue, néanmoins le point de départ de la chaine de commercialisation, car c est lui qui fournit le bétail pour le reste de la chaine. Le collecteur : Il exerce cette activité en milieu rural. Il se déplace entre villages et marchés ruraux où il achète les animaux aux sédentaires et transhumants et les revend aux commerçants. Il joue un rôle important, car il évite à l éleveur de se déplacer avec une ou deux têtes pour aller vendre au marché. Après la vente il a une marge pour chaque animal. Les marchands de bétail Les marchands de bétail se regroupent en deux grandes catégories, ceux dont les activités se développent exclusivement à l intérieur (sur les marchés ruraux, de collecte et terminaux) et ceux qui interviennent sur le marché extérieur. Les marchands de bétail de l intérieur achètent soit directement avec les éleveurs, soit avec les collecteurs. Ils servent de fournisseurs d animaux, de relevage et approvisionnent les centres d abattage. Les marchands exportateurs achètent le bétail par lots destinés à l exportation généralement avec les marchands de l intérieur et parfois avec les collecteurs. Les intermédiaires : Les marchands sont constamment côtoyés par des auxiliaires communément appelés intermédiaires. Ils sont souvent très nombreux sur les marchés et contribuent ainsi à rallonger la chaine de commercialisation, voire à renchérir le prix des animaux. Les convoyeurs ou Bergers : qui acheminent les animaux du collecteur d un marché à un autre. Les transporteurs : sont des opérateurs, qui assurent le transport par véhicule des animaux. Au Mali, ce secteur est mal doté en moyens adaptés à la profession (absence ou insuffisance de bétaillère etc.,). Les transitaires : Ce sont des prestataires de services chargés de faciliter les formalités d exportation pour le compte des commerçants exportateurs ; Les logeurs ou << taïfa >> : Ils hébergent le propriétaire d animaux, ils servent de trait d union entre vendeurs et acheteurs qui généralement ne se connaissent pas. Ils sont garants de la transaction et sont responsables si les animaux arrivent à s égarer ou être volés. Ils préfinancent souvent les exportateurs pour les coûts d approche. Son rôle est d importance dans une société et un système où tout est oral. Il touche une commission sur chaque animal vendu (parfois des deux côtés). Les courtiers : qui servent d intermédiaires entre collecteurs et marchands sur les marchés et entre les exportateurs et les acheteurs dans les marchés extérieurs. 3.8.3 - Les circuits d exportations du bétail malien Les circuits intérieurs des marchés à bétail sont très variés et peuvent être classés en quatre groupes selon leur origine : 16

Les circuits ayant leur origine dans les régions de Mopti et de Tombouctou, regroupent les animaux des zones de Niafunké et de Bambara Maoudé. Ils alimentent les marchés de Bamako et les circuits d'exportation vers le Ghana et le Nigeria ; Les circuits originaires de la région de Gao sont destinés à la satisfaction des besoins de consommation de Gao et l'exportation vers le Nigeria et l'algérie ; Les circuits de la zone CMDT qui se sont développés avec la descente des éleveurs du nord vers le sud suite aux années de sécheresse, sont approvisionnés par les marchés de Massigui, Fana et de Konobougou. Ces animaux sont destinés aux marchés de Bamako et de la Côte d'ivoire ; Les circuits originaires de Kayes, sont alimentés par les marchés de Nioro et Troucoumbé où les animaux sont acheminés soit à Bamako, soit exportés sur le Sénégal. Les principaux circuits de commercialisation du bétail Principaux axes Zones d'origines Zones de destination Intérieur Mali Extérieur Axe Tombouctou/Mopti Niafunké-Bambara Maoundé, etc. Bamako Ghana, Nigéria Axe Gao Gossi, Bamba, etc. Gao Algérie, Nigéria Axe CMDT Konobougou, Massigui, etc. Bamako Côte d'ivoire, Ghana Axe Kayes Nioro,Troucoumbé, etc. Kayes, Bamako Sénégal Source : Résultats des enquêtes IER/Ecofil 1999 3.8.4 Description des opérations d exportations du bétail malien Les exportations commencent par les achats sur les marchés intérieurs. Ces marchés intérieurs se composent de marchés de collecte, de marchés secondaires ou de regroupement, de marchés terminaux et de marchés frontaliers. Les marchés de collecte sont des marchés situés dans les zones d élevage ou le long des trajets de transhumance. Ce sont des marchés où l essentiel des transactions se font entre éleveurs et collecteurs, qui sont des commerçants de surface financière et d envergure modestes. Les marchés secondaires ou de regroupement sont des marchés de convergence des animaux achetés sur les marchés de collectes situés dans un rayon de 200 kilomètres en moyenne. Sur ces 17

marchés les transactions se font entre les commerçants de surface financière importante et les collecteurs. Les commerçants de surface financière importante de par leur mode d action peuvent être considérés comme des commerçants forains car ils se déplacent de foire en foire soit pour acheter soit pour vendre. Ils sont les principaux fournisseurs des marchés terminaux. Les marchés terminaux ou d exportation se situent généralement à proximité des grandes villes. Cependant, avec l urbanisation croissante, ils se trouvent de plus en plus en plein centre de la ville. Ces marchés reçoivent les animaux achetés sur les marchés secondaires. Les ventes se font entre les commerçants forains et les bouchers et les exportateurs. Les marchés frontaliers sont situés près des frontières. Leur rôle était de faciliter les transactions entre les acteurs des pays importateurs et ceux des pays exportateurs. Ces marchés sont supposés être fréquentés par tous les acteurs (collecteurs, commerçants forains de bétail et les exportateurs) aussi bien nationaux qu étrangers.. En effet les exportateurs de bétail avaient créée un tel marché à Sikasso. L objectif principal de ces marchés était de faire diminuer les tracasseries en territoire ivoirien en payant les animaux aux exportateurs maliens et en vendant aux importateurs ivoiriens. Mais ils ne se sont attendus avec les responsables du marché à bétail de Sikasso, qui voulaient que ces derniers continuent de leur payer quotidiennement des frais relatifs à l utilisation de leur parc. C est pourquoi le projet a échoué et il n existe plus de marché à bétail à Sikasso. Le déplacement des animaux entre les marchés se font soit par convoyage à pied, soit par transport à bord de camions. Une fois que l exportateur s approvisionne en animaux, il doit choisir le temps du départ et le marché d exportation. Pour ce faire, il doit s informer auprès de son coursier (Taïfa) basé dans les pays d exportation. C est eux qui autorisent les exportateurs de déclencher l opération d exportation ou d attendre en fonction du niveau de l offre et de la demande sur le marché de destination. Les animaux exportés sont essentiellement les bœufs et les taureaux. Cet état des faits provient essentiellement des restrictions légales faites par les autorités maliennes en vue d assurer la reproductivité du cheptel malien tout en maintenant les exportations. De plus dans les pays importateurs, ces deux catégories d animaux constituent les meilleurs en termes de conformité (le coût du prix de revient est bas, ce qui augmente les marges commerciales) et de tendresse de la viande (la vente de la viande de bonne qualité fait attirer beaucoup de clients chez l opérateur, ce qui augmente son chiffre d affaire). Quels que soit la destination choisie, les exportateurs souffrent énormément des pratiques anormales le long des axes routiers et lors des passages aux frontières. Ces difficultés sont entre autres les arrêts prolongés et sans causes valables des véhicules dans les postes de contrôle et au passage des frontières, le paiement des frais illégaux aux policiers, aux douaniers, aux gendarmes et même aux agents des services de l élevage. Ces pratiques ont un impact négatif sur la promotion des exportations. Les rencontres frontalières entre les acteurs et les autorités des pays exportateurs et importateurs n ont pu mettre fin à ces pratiques. 18

3.9 - Evolution des coûts de commercialisation par circuit y compris les coûts de transaction (barrières formelles et informelles, formalités à remplir, etc.) Ce chapitre a été fait à la suite d enquête auprès des acteurs. Pour ces enquêtes, il a été élaboré un guide d entretien qui a été administré aux exportateurs, qui étaient disponibles à rencontrer les enquêteurs. La principale difficulté de ces enquêtes est que les exportateurs ne détiennent pas de chiffres. Ils peuvent vous dire un événement concret qui s est passé dans le temps, mais ils ne peuvent le situer dans le temps et le démontrer par des chiffres exacts, car ils ne tiennent pas de comptabilité. Malgré cette difficulté majeure, nous avons essayé de recouper les différentes informations obtenues auprès des acteurs pour traiter ce chapitre. Les exportations sont des activités complexes, qui commencent par les achats sur les marchés intérieurs, l obtention des documents autorisant d exporter, le paiement de l aliment bétail, l embouche, la location de véhicule, le paiement des prestations relatives à l opération, le paiement des taxes informelles, etc. Toutes ces activités entrainent des frais que les exportateurs sont obligés de payer. C est pourquoi les estimations des coûts de commercialisation lors d une opération d exportation n est pas une chose aisée. En effet, la composition et le montant de ces coûts varient énormément à cause des pratiques anormales, qui renchérissent les opérations d exportation et augmentent la durée des exportations, ce qui met en danger la rentabilité de l opération pour l exportateur. Dans ce chapitre, les coûts de commercialisation sont calculés à partir de la compilation des informations obtenues au cours de nos enquêtes avec les exportateurs. Au cours des opérations d exportation, beaucoup de coûts sont fluctuants. A Ségou, ces coûts sont entre autres : La location de véhicule- varie énormément et dépend de la disponibilité des camions de transport. Elle varie entre 350.000 et 700.000 F CFA. Les frais de location des véhicules dépendent des périodes. En effet durant d hivernage, ils sont moins chers car il y a moins de transport des produits agricoles. Avec les récoltes, leurs prix augmentent progressivement pour atteindre des maxima au moment des expéditions de la coton-fibre vers les ports, ce qui correspond aux mois de décembre, janvier et février. A ces périodes, il faut ajouter les périodes d augmentation des exportations, notamment les fêtes du ramadan, de la Tabaski et des fins d année. Le nombre d animaux exportés par camion varie de 25 à 27 bovins pour les animaux embouchés et de 35 à 40 bovins pour les animaux de conformation moyenne. S agissant des petits ruminants, leur nombre varie de 180 à 250 têtes. Durant les dix dernières années pour les opérateurs, les frais de location n ont pas changé de façon significative. En fait les changements des prix de location des camions ont toujours été contenus dans la fourchette de variations des frais de location des camions. 19

La confection de la litière dans le camion : cette confection se fait dans le but d empêcher les animaux de glisser dans le camion au cours d une opération d exportation. Il y a une dizaine d année, elle se faisait à 5.000 FCFA par camion. Actuellement la confection de la litière se fait à 12.500 F CFA par camion, soit une augmentation de 150% en une dizaine d années. Le certificat d exportation : est un document officiel qui autorise l exportateur d amener les animaux hors des frontières nationales. Au cours des dix dernières années, son prix a haussé en passant de 5.000 F CFA à 10.000 F CFA soit une hausse de 100%. Le chargement des animaux au parc : Il y a une dizaine d année, ce chargement coûtait 5.000 F CFA par camion alors que de nos jours, il se fait à 100 F CFA pat tête de bétail payé aux responsables du parc. Ce montant reste favorable à l exportateur tant que le nombre de bovins exportés n excède pas 50. Au delà de ce nombre le chargement devient plus cher. Cependant c est la rémunération des bergers chargés de conduire les animaux dans le camion, qui a augmenté au cours des dix dernières années en passant de 3.000 à 5.000 F CFA, soit une hausse de 67%. La rémunération des bouviers accompagnateurs : Ce montant a sensiblement augmenté au cours des dix dernières années. En effet il a plus que doublé en passant de 30.000 F à 100.000 F CFA. Les achats d aliments bétail à destination le montant de ce poste dépend de la rapidité des ventes des animaux car il est en francs cfa par jour. Plus la vente est lente, plus ils coûtent cher, c est pourquoi il est très important pour les exportateurs de demander le comportement des marchés au coursier avant de lancer son opération d exportation; La rémunération des bergers à destination - ce montant aussi dépend de la rapidité des ventes car il est aussi en francs cfa par jour. Le recrutement des bergers est nécessaire pour s occuper des animaux et éviter les vols; Les frais de dédouanement : Ils existent à la frontière sénégalaise. Ils ont par contre baissé en passant de 6.500 F CFA il y a une dizaine d années à 4.005 F CFA actuellement. Les frais illégaux payés sur les axes routiers aux policiers, aux gendarmes et aux douaniers sont aussi très fluctuants à cause de leur caractère illégal. Ainsi au cours d une opération, l exportateur peut payer soit à tous les postes de contrôle, soit à quelques postes. Avant 2002, la traversée de la Côte d Ivoire coûtait à l exportateur 33.000 F CFA. Juste après 2002, ce montant était élevé jusqu à 450.000 F. En 2011 avec la fin de la fin de la crise, il est actuellement de 50.000 F CFA. Actuellement, les exportateurs ont confirmé que les taxes illégales au Mali sont de loin supérieures au Mali qu en Côte d Ivoire. Ici nous allons essayez tant bien que mal d évaluer les coûts de commercialisation sur les axes Ségou-Abidjan et Nara-Diéma-Dakar en utilisant les valeurs moyennes pour les frais fluctuants. Le scénario que nous avons pris ici est que l exportateur envoie 40 bovins de Ségou à Abidjan. A l arrivée, ses animaux sont vendus au cours d une semaine. Pour les petits ruminants, il s agit d envoyer 200 têtes à Abidjan pour une durée de vente de quinze jours. Il faut insister sur les faits que les résultats sont indicatifs car dans la réalité chaque acteur a sa stratégie pour réduire autant que possibles ses coûts de commercialisation afin qu il soit plus compétitif. 20

Les coûts de commercialisation du bétail : Les coûts d approche ou de commercialisation du bétail sur les axes Ségou Dakar et Ségou Abidjan, qui étaient en moyenne de 13.750 F CFA par tête dans les années 2000, sont aujourd hui en moyenne de 23.750 F CFA sur l axe Abidjan et de 30.000 F CFA sur l axe Dakar. Ce qui fait une augmentation de 73% sur l axe Abidjan et 118% sur l axe Dakar. Les tableaux qui suivent sont des études de cas à partir des données collectées auprès des exportateurs qui ont bien voulu se soumettre à notre exercice. Axe Ségou Abidjan pour les bovins : Coûts d'approche dans les opérations d'exportation Ségou-Abidjan Valeurs Observations Nombre de bovins exportés 40 Durée des ventes (jours) 7 Location vehicule 525 000 Valeur moyenne Confection de la litière 12 500 Valeur moyenne Cerificat d'exportation 10 000 Valeur moyenne Chargement au garbal 4 500 Valeur moyenne Remuneration des chargeurs 5 000 Achat de corde 5 000 Lettre de voiture 2 500 Accompagnateur des animaux 100 000 Frais payés aux pilociers, Gendarme et Douaniers de Ségou à Zégoua 44 000 Zegoua Veterinaire 2 000 Gendarmerie Douanes 28 000 Valeur moyenne Pogo Transitaire 57 500 Valeur moyenne Nyelle Veterinaire 12 500 Valeur moyenne Nyangarabadougou Chargement/dechargement 25 000 Abidjan Taxes 50 000 Cours et déchargement Bergers (2) en raison 4000 F par berger matin/soir 56 000 Pour une semaine 3jours=50000F, Aliment bétail(50000 F par jour dégressif) 250 000 4jours=25000F 1 189 Total frais 547 Coût de commercialisation 29 739 Source: Nos calculs 21

Axe Ségou Abidjan pour les ovins/caprins : Coûts d'approche dans les opérations d'exportation Ségou-Abidjan Valeurs Observations Nombre d'ovins et caprins exportés par camion 200 Durée des ventes (jours) 15 Location véhicule 525 000 Valeur moyenne Mise de tiges dans le véhicule 19 500 Valeur moyenne Certificat d'exportation 10 000 Valeur moyenne Chargement au parc 10 000 Valeur moyenne Rémunération des chargeurs 5 000 Achat de corde 5 000 Lettre de voiture 2 500 Achat aliment bétail 80 000 Valeur moyenne Frais payés aux policiers, Gendarme et Douaniers de Ségou à Le wagon a deux Zégoua 47 000 étages Zegoua Vétérinaire 2 000 Pogo Transitaire 30 000 Valeur moyenne Traversée 8 000 Nyelle Taxes 35 000 Bouaké ou Yamoussoukro Vétérinaire 12 500 Moyenne Location cours 3 000 Abidjan Vétérinaire 42 500 Moyenne Location de la cours 3 000 840 Total frais 215 Coût de commercialisation 4 201 Source: Nos calculs 22

Axe Niéna-Abidjan pour les bovins Niéna-Abidjan Valeurs Observations Nombre de bovins exportés 40 Durée des ventes (jours) 7 Location véhicule 350 000 Valeur Moyenne Mise de tiges dans le véhicule 5 000 Certificat d'exportation 7 000 Chargement au parc 5 000 Rémunération des chargeurs 2 500 Achat de corde 5 000 Lettre de voiture 2 500 Frais payés aux policiers gendarmes et douaniers de Sikasso à Zégoua 20 000 Zegoua Vétérinaire 2 000 Transitaire 28 000 Pogo Chef convoyeur 62 500 Valeur Moyenne convoyeur 12 500 Nyelle Vétérinaire 15 000 Valeur Moyenne Nyangarabadougou Chargement/déchargement 24 000 Valeur Moyenne Abidjan Taxes 50 000 Bergers (2) en raison 4000 F par berger matin/soir 56 000 Pour une semaine Aliment bétail(50000 F par jour dégressif) 250 000 3jours=50000F, 4jours=25000F Total frais 897 000 Coût de commercialisation 22425 Source: Nos calculs 23

Axe Nara-Diéma-Dakar pour les bovins Nara-Diéma-Dakar Valeurs Observations Nombre de bovins exportés 40 Durée des ventes (jours) 7 Bergers Nara Diéma 70 000 Location véhicule 350 000 Laisser passer vétérinaire 2 000 Frais payés aux policiers, gendarmes et douaniers 26 000 Kidira Location patente 15 000 Sortie pont 5 000 Laisser passer vétérinaire 2 500 Douanes 10 000 Dédouanement 160 200 4005 F par tête Entre Kidira et Dakar, il existe une multitude de postes 22 000 que sont: Goudiri, Kotiari, Tambacounda, Koupanto, Kaferin, M'Berkilan, Kaolak, N'bour(4 postes de contrôle un à l'entrée, deux au milieu et un à la sortie) Bergers (2) en raison 4000 F par berger matin/soir 56 000 Pour une semaine Aliment bétail (50000 F par jour dégressif) 250 000 3jours=50000F, 4jours=25000F Total frais 968 700 Coût de commercialisation 24217,5 Source: Nos calculs Il ressort de nos modèles que les coûts de commercialisation sont très fluctuants. Leur montant dépend de plusieurs facteurs dont entre autres la distance entre le marché de départ et le marché de destination, la maîtrise par l opérateur de l axe emprunté etc. Nos calculs aboutissent aux résultats suivants : Les couts de commercialisation des bovins sont en moyenne de l ordre de 29.739 F/tête sur l axe Ségou-Abidjan, 24.217,5 F/tête sur l axe Nara-Diéma-Dakar et 22.425 F/tête sur l axe Niéna-Abidjan. S agissant des ovins et caprins, les coûts de commercialisation sont de l ordre de 4.201 F/tête sur l axe Ségou-Abidjan. 24

Formalités à remplir pour les exportateurs Au Mali, les formalités d habilitation et les obligations préalables à l opération d exportation sont les suivantes : Etre inscrit au Registre de Commerce et du Crédit Mobilier tenu aux greffes du Tribunal du Commerce pour les nationaux et les ressortissants nationaux d Etats conventionnés. Avoir un numéro d identification nationale des personnes physiques et morale ; Etre titulaire d une patente qui couvre l activité d exportation, à savoir : les catégories «Export» ou «Import- export» délivrée par l administration fiscale. Les Produits de l élevage : L exportation du bétail bénéficie de procédures particulières simplifiées, certains documents sont toutefois exigés et l habilitation est subordonnée à la satisfaction des conditions générales d Import-export ou d Exportateur. Conditions particulières Description et/ou désignation Habilitation Conditions générales d Import- Export ou d Exportateur Certificat sanitaire Service de délivrance DGRC Observations Documents exigés Certificat de vaccination Certificat provisoire d exportation de bétail (CPEB) ou l intension d exportation Service de l élevage L Imprimé du CPEB est vendu par la CCIM et comporte 4 copies (exportateur, poste vétérinaire, DNCC, Douane) Droit et taxes Pas de taxes Le CPEB ou l Intention d Exportation, selon le cas tient lieu de déclaration en Douane. 25

3.10 - Evolution des politiques commerciales/ sectorielles (par exemple, restriction sur l âge des animaux exportés) Conscient de son potentiel en matière d élevage et d un environnement naturel propice à cette activité par rapport aux autres pays de la sous région, la politique commerciale du Mali a toujours été orientée vers la promotion des exportations tout en assurant un bon taux de reproduction et d exploitation du cheptel afin d assurer la durabilité des exportations. Ainsi dans la droite lignée de cette politique, le Mali a pris beaucoup de dispositions légales en vue de la simplification du commerce du bétail en général et de l exportation en particulier. Parmi les multitudes de textes règlementaires en vue de faciliter les opérations d exportation, on peut citer : - L arrêté n 1223/PM/MFC du 20 Décembre 1972 interdisant l exportation des jeunes bovins males de moins de cinq (5)ans, les vaches non stériles de moins de dix (10) ans et les génisses. L objectif de cet arrêté était de maintenir à la fois un bon taux de reproduction et un bon taux d exploitation du cheptel malien - L arrêté interministériel n 88-1774/MTTP- MIN du 05 Avril 1988 interdit le transport mixte sur certains axes routiers de la république du Mali. Cet arrêté interdit le transport mixte voyageurs-bétail, exception faite pour le personnel convoyant les animaux. L application de cet arrêté pose jusque là des problèmes sur le terrain car les forces de l ordre n admettent pas souvent plus de deux convoyeurs alors que les exportateurs en estiment plus ; - Le décret n 89-194/P-RM du 15/juin 1989 règlementant le commerce extérieur et qui stipule que le commerce avec tous les pays est libre ; - La suspension des droits et taxes à l exportation du bétail en 1990 par le décret 090-457 du 08 novembre 1990 ; - Le décret n 92-189-P.CTSP du 05 juin 1992 qui définit les principes du système de contrôle du droit de traversée routière - Arrêté interministériel n 94-7054/MFC-MDRE du 13juin 1994 abrogeant les dispositions de l arrêté n 89-1824 bis MFC-CAB du 15 juin 1989. Par cet arrêté, le Mali a élargi l éventail des personnes habilitées à exporter du bétail aux coopératives et associations villageoises, aux associations d éleveurs et aux éleveurs individuels ; - L ordonnance n 92_46 CTSP du 05/06/1992 remplacé par la loi n 92-018/AN-RM du 13 Février 1992 portant création du droit de traversée - Instruction interministériel n 94/001/MFC-/MDRE du 22/07/1994 relative à la facilitation d exportation du bétail : Deux documents suffisent à exporter désormais le bétail : Un certificat de vaccination et un certificat provisoire d exportation qui tient de déclaration de douane - La loi n 94-34AN- RM du 25 juillet 1994, qui stipule à son article 242 «ne sont imposable à la patente, les exportateurs de bétail au titre de cette seule activité» - L arrêté interministériel n 97-1130/MTPT-MATS du 07juillet 1997 tente de parer à cette situation et définit de nouveau les modalités pratiques du contrôle routier et stipule que le contrôle routier est effectué uniquement au niveau des postes de contrôle du droit de traversée routier - L arrêté n o 90/2442/ MFC-CAB qui interdit l exportation des bovins jeunes (mâles et femelles) de cinq (5) ans et moins L objectif de cet arrêté était de maintenir un bon taux de reproduction du cheptel malien. 26

3.11 - Evaluation des contraintes aux exportations dans le temps Il existe plusieurs contraintes aux exportations du bétail Malien. Parmi celles-ci on peut citer par ordre d importances : - Les Tracasseries douanières et le paiement des taxes illicites, qui se matérialisent sur le terrain par le nombre élevé des postes de contrôle et les pertes de temps inutiles dans ces postes de contrôle et lors des passages des frontières ; - La mauvaise interprétation sur le terrain de l arrêté interministériel n 88-1774/MTTP- MIN du 05 Avril 1988 sur le transport mixte. Cet arrêté est source d exacerbation des tracasseries. En effet, selon les informations reçues, les forces de l ordre n admettent pas souvent plus de deux convoyeurs alors que les exportateurs en estiment plus. Ainsi dans les postes de contrôle ou au passage des frontières, ils immobilisent le camion pour infraction. Ainsi l exportateur est indirectement contraint de payer des pots de vin aux agents des forces de sécurité pour que le camion soit autorisé à continuer sa route - Le coût élevé du transport qui a été exacerbé depuis 2008 par la hausse progressive des prix du carburant. La hausse des prix du carburant en 2008 a entrainé la crise de la vie chère, qui s est répercutée sur tous les produits tant à l intérieur qu à l extérieur du pays. A cela, il faut ajouter la suppression des subventions en fin 2010 et le calage du prix de la pompe au prix du marché internationale a joué sensiblement sur le prix du transport du bétail; - Les difficultés alimentaires liées aux fluctuations saisonnières et interannuelles des ressources alimentaires et le coût élevé de l aliment de bétail, qui renchérissent les opérations d embouche. Ici au Mali, l alimentation du bétail provient entre autres des pâturages, des résidus des récoltes, des graines de cotons etc. Il se trouve que la reconstitution du couvert végétal et les quantités d aliments bétail produites par les unités industrielles dépendent toutes de la pluviométrie. Cette pluviométrie est tributaire des aléas climatiques, qui ont été assez récurrentes depuis 2000 jusqu à maintenant. Ce qui a fait que les quantités produites d aliments bétail sont très instables. Ceci a joué négativement sur les opérations d embouche, qui sont très importantes pour la fourniture des animaux de bonne conformation destinée majoritairement à l exportation. - L insuffisance d infrastructures et équipements de l élevage. Cette contrainte provient non seulement du fait que ces infrastructures sont insuffisantes, mais aussi celles qui sont disponibles sont vétustes et sont en train d être englouties par les grandes villes. En effet, ces infrastructures, qui se trouvaient carrément en dehors des villes, sont maintenant entourés par des maisons à usage d habitation. - L arrêté n o 90/2442/ MFC-CAB qui interdit l exportation des bovins jeunes (mâles et femelles) de cinq (5) ans et moins, semble être actuellement une entrave aux exportations dans la mesure où les recherches sur les productions animales ont mis au point des techniques d alimentations et des soins sanitaires, qui font que les catégories d animaux indiqués peuvent avoir au moins 300kg de poids vif. Ainsi, ils peuvent constituer de bons animaux à l exportation. En plus la Station de Recherche Agronomique de Niono recommande l embouche des animaux de trois (3) à cinq(5) ans. - 27

En marges de ces contraintes, il en existe d autres non moins importantes, qui sont entre autres : - Des objectifs de production non orientés vers le marché - L inadaptation des moyens de transport, leur vétusté et le manque de volonté des propriétaires de ces véhicules à se mettre en règle vis-à-vis de l Etat ; - La méconnaissance ou le non respect par les acteurs des textes en vigueur sur l exportation du bétail - Les difficultés d accès aux crédits - Le faible niveau d organisation des acteurs - L insécurité routière suite aux non respects par les chauffeurs des règles de conduite - L insuffisance d information commerciale - L insuffisance de formation des acteurs - L Insuffisance des visites d échanges d expériences entre acteurs de la filière 3.12 - Saisonnalité des exportations par destination Saisonnalité intra annuelle des exportations Les exportations d animaux se font à n importe quelle période de l année. Leur saisonnalité correspond à celle de l offre et de la demande sur le marché à bétail. En effet sur le marché à bétail, les offres d animaux commencent à augmenter durant l hivernage (juillet). Cette augmentation se poursuit jusqu en décembre. A partir de janvier, les offres diminuent progressivement jusqu en Juin. Les exportations suivent cette évolution saisonnière de l offre. En marge de cette évolution de l offre, il existe des périodes de fortes exportations, correspondant aux veilles des fêtes de Ramadan, de Tabaski et de fins d années et durant la période des récoltes du cacao en Côte d Ivoire. Saisonnalité inter annuelle des exportations Cette saisonnalité dépend des pluies. En cas d une bonne pluviométrie, les pâturages sont régénérés et les points d eau sont à leur niveau maximum. Dans un tel scénario, l offre diminue sur les marchés par rapport à une année de mauvaise pluviométrie. Cependant malgré la diminution de l offre, les animaux ont de très bonne conformation et les prix du kilogramme vif de la viande du bœuf de boucherie diminue sensiblement. Les acteurs ont moins recours à l embouche et les prix de l aliment bétail baissent sensiblement. Les exportations diminuent légèrement car les animaux sont plus chers. En cas de déficit pluviométrique la biomasse n est pas bien reconstituée et les points d eau ne sont pas à leur niveau optimum, dans une telle situation les marchés de bétail sont bien approvisionné. Cependant les animaux sont globalement maigres. Les prix par tête baissent, par contre les prix du kilogramme vif du bœuf de boucherie augmentent. La transhumance vers le sud commence plutôt que d habitude. Les acteurs ont recours à l embouche pour satisfaire la demande des exportateurs et les prix de l aliment bétail augmentent sensiblement. Durant les années de sécheresse les exportations augmentant car les prix baissent et les exportateurs ont beaucoup recours à l embouche pour améliorer la qualité des animaux à exporter. 28

3.13 - Saisonnalité des prix par type (bovins, ovins, caprins) Les animaux ne font pas exception à la règle générale de l offre et de la demande. Les prix sont bas quand l offre est importante et augmente quand l offre est faible. Le schéma de vente des animaux au Mali peut être divisé en trois périodes : 1) La période mars en mai correspond à la "soudure" pour les animaux, car pendant cette période, tous les pâturages sont maigres et les points d eau naturels (mare, marigot, etc.) rares. L alimentation et l abreuvement des animaux posent alors d énormes difficultés aux éleveurs. Ainsi, afin d éviter les pertes d animaux (mort, vol), l éleveur préfère diminuer l effectif de son troupeau à travers les ventes. C est donc à cette période que l offre augmente sur les marchés. Théoriquement ceci devrait faire baisser les prix, cependant dans la pratique, cette période de forte offre correspond à la période d approvisionnement des emboucheurs. Durant une campagne normale, l importance de cette demande fait que les prix ne baissent pas pour autant. Ils peuvent soit subir une relative stabilité, soit hausser légèrement. Durant cette périodes, certains emboucheurs profitent de l abondance de l offre pour acheter beaucoup de bovins qu ils vont transporter dans le sud du Mali et le Nord de la Côte d Ivoire pour les emboucher afin de les vendre ensuite sur les marchés des deux pays ; 2) La période juin en octobre : c est la période d abondance des pâturages et des points d eau naturels. L éleveur en profite pour engraisser ses animaux ; les ventes sont donc limitées au strict minimum, d où la forte demande d animaux sur les marchés. Cette forte demande est satisfaite avec le retour en juillet des animaux qui ont été amené au sud du Mali et dans le nord de la Côte d Ivoire en mars avril et mai pour être embouchés. Des baisses de prix s amorcent et se poursuivent jusqu en novembre. 3) La période novembre en février : c est la période intermédiaire entre les deux précédentes. En effet, pendant cette période, grâce aux résidus des récoltes, l éleveur n a pas de difficulté particulière d alimentation de ses animaux et, il vend dans un premier temps pour acheter des aliments en cette période correspondant aux récoltes et dans un second temps il vend à tempérament les animaux en fonction de ses besoins financiers. Ainsi, pendant cette période et après les achats des aliments, on peut constater un équilibre relatif entre l offre et la demande jusqu'à l arrivée de la prochaine période de soudure. 29

Ce schéma ne concerne pas le système d élevage transhumant. En effet le but essentiel de la transhumance étant les mouvements d aller et retour saisonniers avec les animaux en quête d environnements d élevage plus favorables 1 que le lieu de résidence des animaux, les ventes des animaux en transhumance se font dans les situations extrêmes, à savoir, soit l animal est malade, soit il est gravement blessé et n a aucune chance de survivre. Dans le premier cas, il est, généralement, vendu à ceux qui pratiquent l embouche. Dans le second cas, il est abattu et vendu aux populations des villages environnants. Sinon durant la transhumance, les transhumants vendent plutôt les produits laitiers. Dans les différentes zones d approvisionnement, les effectifs de gros et de petits ruminants offerts sont majoritairement des males. Les éleveurs n ont pratiquement aucun intérêt à entretenir un nombre relativement élevé de males trop encombrant à nourrir. Aussi, les bêtes trop âgés sont proposés à la vente. Il s agit pour les emboucheurs et autres acteurs de la commercialisation, d acheter ces bêtes (jeunes) males à des prix défiant toute concurrence, pour les alimenter rationnellement avec un dispositif léger de suivi sanitaire, pendant de courtes durées, trois à sept mois au plus et les revendre en réalisant des marges assez substantielles. 1 Environnement d élevage plus favorable signifie existence en qualité et en quantité de pâturages et de points d eau 30

IV - Chocs majeurs (sociopolitiques, climatiques et économiques) et leurs effets sur les exportations de bétail La période allant de 2000 à 2012 a été une période où plusieurs crises se sont succédé. Celles-ci ont eu un impact négatif sur les exportations du bétail. Ce chapitre a pour objectif d identifier ces différentes crises et de faire ressortir leurs effets sur les exportations. Le manque de statistiques au niveau de la Direction Nationale des Productions et Industries Animales sera un handicap sérieux pour notre analyse. C est pourquoi nous nous basons souvent sur les déclarations des acteurs, qui relatent les situations qu ils ont subies durant les crises. Cependant ils manquent de chiffres et manquent de repères exacts des événements. 4.1 - Identification des principaux chocs (période, durée, ampleur) La crise sociopolitique en Côte d Ivoire ou crise ivoirienne a débuté en décembre 1999. Cette crise a connu son paroxysme le 19 septembre 2002 avec la guerre civile, qui a coupé le pays en deux. Elle s est poursuivie et s est exacerbé en novembre 2010 après les élections et a continué jusqu en Avril 2011. La crise ivoirienne a eu un impact négatif sur les exportations du Mali avant que les exportateurs ne s ajustent à la situation et ne développent d autres stratégies ;. Selon l étude «Aperçu sur les exportations de bétail du Mali/ An Overview on Mali s livestock export trade», durant la crise ivoirienne les exportations du bétail malien ont évolué en passant à plus de 130.000 têtes en 2001 à moins de 40.000 têtes en 2002. En 2003 encore, les exportations maliennes ont encore baissé pour être autour de 20.000 têtes ; Les différentes rebellions au MALI (1991, 2006,2012) cette rhétorique de rebellions a créé des problèmes sécuritaire dans le nord du pays, qui est une zone d élevage et où se trouvent les plus importants marchés de collecte. C est la rébellion de 2012 déclenchée le 17 janvier, qui a été la plus grave car elle a abouti à une crise politique et institutionnelle avec le coup d état au sud le 22 mars 2012 et la prise des régions du Nord entre le 27 mars et le 01 Avril 2012 par les groupes armés et leur alliés djihadistes affiliés à Alcaïda. Cette rébellion a eu un impact limité sur les exportations. En effet en Avril 2012 après la prise des régions du nord, les marchés ne se tenaient pas dans un premier, ensuite les marchés ont repris malgré qu il y avait toujours la crainte des marchands de se faire dépouiller ou même de se faire tuer par les nouveaux occupants du nord du Mali ; La hausse du prix du carburant dans le marché mondial en 2008 et la crise de la vie chère qui s en est suivie a renchéri les coûts de commercialisation du bétail à la suite de l augmentation du coût des transports. Cette crise n a presque pas eu d effet sur les exportations car les hausses du coût du transport ont été dans la fourchette des prix de location des camions, Les années de déficit pluviométrique (2003, 2005,2008, 2011 et 2012) et de la crise acridienne (2004/2005) ont eu un impact négatif sur la biomasse et ont renchéri les exportations. La crise de la CMDT - La période 2000-2010 a été marquée par des crises du secteur coton particulièrement importantes qui n ont fait qu accompagner la baisse du rendement du coton graine et du nombre d exploitations cotonnières. Cette crise s est aggravée entre 2004 31

et 2009 où il a été enregistré une chute encore plus marquée de la production et des exploitations cotonnière à cause de la période de bas prix internationaux du coton. La baisse de la production a fait baisser les quantités de graines de coton, qui étaient la matière première de l HUICOMA pour la production de l huile et des tourteaux pour l alimentation des animaux ; Le bitumage de la route Bamako-Dakar en 2006 a permis d augmenter sensiblement les exportations de bétail vers l Ouest, notamment le Sénégal et la Gambie ; La suppression de la subvention sur les hydrocarbures en 2010 a renchéri les frais de location des véhicules. Cependant ce renchérissement s est situé dans la fourchette de variation des prix de location des camions Crise de l HUICOMA (2008) Cette crise longue et aigue de la CMDT a entrainé la privatisation de l HUICOMA en 2008. Cette privatisation n a pas permis de relancer la production. Ce qui a entrainé des hausses de prix de l aliment bétail. En effet avant la crise de l HUICOMA, le sac de 50 Kg de tourteau se vendait entre 3.500 et 4.000 F CFA contre 7000 F CFA après la crise. On constate, alors que de plus en plus des opérateurs privés se lancent dans la production de l aliment bétail Libération des régions du Nord (Lancement le l opération serval le 11 janvier 2012) Avec cette libération, le commerce reprend progressivement avec les régions nord du pays malgré quelques problèmes sécuritaires, qui persistent encore 4.2 - Croisement statistiques et graphiques entre chocs et principales variables de la filière d exportation (production, consommation, exportations, prix, coûts de commercialisation) Bovins Selon les chiffres obtenus de la Direction Nationale des Productions et Industries Animales, les exportations de bétail au Mali ont sensiblement baissé de 2000 à 2003. De 2003 à 2005, elles ont évolué en dents de scies. La baisse a atteint son niveau le plus bas en 2005, qui correspond à la crise acridienne couplée avec la sècheresse et la crise ivoirienne. Le Mali a 32

enregistré au cours de cette année des pertes assez importantes de son cheptel, notamment dans le septentrion du pays. Ceci pourrait expliquer la chute du niveau des exportations de 2005. A partir de 2006, les exportations ont augmenté une année sur l autre jusqu en 2012. S agissant des prix moyens nationaux, elles ont augmenté un mois sur l autre de 2005 à 2008. En 2009, les prix ont baissé pour ensuite commencer à hausser jusqu en 2012. L année 2008 a été marquée par la flambée des prix sur le marché mondial. Elle a été caractérisée dans nos pays par le renchérissement du prix des hydrocarbures et des céréales. La baisse des prix moyens nationaux des bovins de l année 2009 pourrait s expliquer en partie par le passage de la période de la flambée des prix Ovins Les exportations des ovins au Mali ont sensiblement baissé de 2000 à 2003. De 2003 à 2011, elles ont globalement augmenté. En 2012, elles ont baissé. S agissant des prix, elles ont augmenté un mois sur l autre de 2005 à 2007. De 2008 à 2009, les prix ont baissé pour ensuite recommencer à hausser de 2009 à 2011. En 2012, ils ont légèrement baissé. 33

Caprins Les exportations des caprins au Mali ont sensiblement baissé de 2000 à 2004. De 2007 à 2012, elles ont globalement augmenté. S agissant des prix, ils ont évolué en dents de scie entre 2005 et 2009. De 2010 à 2012, les prix ont fortement augmenté. Malgré que la période de 2000 à 2003 se trouve dans la période des crises du secteur coton au Mali, la baisse des exportations au cours de cette période s explique essentiellement par les effets de la crise ivoirienne. De 2004 à 2006, les tentatives de reprise des exportations s expliquent par l adoption par les acteurs de nouvelles stratégies de contournement des zones sous le contrôle de la rébellion (Forces nouvelles). En effet, ils atteignaient Abidjan en passant par le Ghana. De 2007 à 2012, l augmentation progressive des exportations s explique par le bitumage de la route Dakar- Bamako et l assouplissement des conditions de traversée de la Côte d Ivoire aussi bien du côté des forces nouvelles que du côté des forces gouvernementales. La crise politico-institutionnelle du Mali en 2012 a eu un impact sur les exportations des ovins, qui ont baissé durant la période. Ceci s explique en partie par le fait que cette crise a affecté les régions du Nord dont Gao, qui est la région, qui possède le plus grand nombre de petits ruminants et par le fait que les Sénégalais aiment surtout les ovins de cette localité. Ainsi excepté les ovins, cette crise politico institutionnelle n a pas eu d impact significatif sur celles des bovins et des caprins. L allure de l évolution montre qu il existe une corrélation entre les exportations et les prix domestiques. En effet au fur à mesure que les exportations augmentent les prix moyens domestiques augmentent également. Une des explications de cette situation est que les 34

exportateurs et les bouchers s approvisionnent sur les mêmes marchés. La seule différence entre eux est que l exportateur paie généralement au comptant alors le boucher contracte le crédit fournisseur. Ce qui est pour eux une difficulté majeure de s approvisionner à moindre coûts. De plus, en accordant des crédits fournisseurs aux bouchers, leurs fournisseurs prennent un grand risque car en cas de saisie totale ou partielle de l animal abattu par les vétérinaires, le boucher aura du mal à leur rembourser. 4.3 - Perception des acteurs (producteurs, exportateurs, transporteurs, convoyeurs, agents aux frontières, décideurs) sur les effets des chocs et l évolution des principales variables de la filière d exportation Ce chapitre est traité sur la base des interviews effectuées auprès de plusieurs exportateurs à travers le pays. La liste de ces exportateurs se trouve en annexe. Les interviews ont été faits sur la base d un guide d entretient élaboré à cet effet. Les différents chocs identifiés au cours de la période couverte par l étude (2000 à 2012) ont eu des effets sur les exportations de bétail. Ce chapitre traitera de l évolution des différents paramètres des opérations d exportation du point de vue des acteurs : 4.3.1 Crise socio politique en Côte d Ivoire (1999-2011) Cette crise a provoqué une baisse des exportations du Mali vers ce pays à cause de la situation sécuritaire désastreuse le long des axes routiers. a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? Etant donné que la Côte d Ivoire est l une des principales destinations du bétail malien, la baisse des exportations a provoqué une léthargie dans les activités d exportations. Beaucoup d exportateurs ont vu leurs activités se rétrécir. Ils se sont transformés en commerçants fournisseurs des marchés de regroupement et des marchés terminaux. A cause de la crise, l axe Bamako-Abidjan était pratiquement abandonné. Dans un tel contexte, il n y a pas de saisonnalité. Cette crise n a pas eu d impact sur les politiques sectorielles et commerciales du Mali. Lorsque des crises surviennent de cette façon, brusque comme elle l a été en Côte d Ivoire en 2002, les opérateurs prennent du temps pour s ajuster et s orienter vers d autres destinations. Ceci nécessite de nouvelles relations commerciales à établir avec les nouvelles destinations, toute chose qui contribue au ralentissement de l activité. b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? Avec la baisse des exportations vers la Côte d Ivoire à cause la crise sociopolitique du pays, il y a eu une baisse drastique des produits animaux en Côte d Ivoire. Ainsi certains exportateurs intrépides ont créé un autre circuit, qui passait par le Ghana pour rejoindre Abidjan. Ce circuit a fonctionné en 2002 et 2003. Ces opérateurs profitaient aussi pour exporter au Ghana. Durant le temps de fonctionnement de ce circuit, qui passait par le Ghana, les exportateurs ont déclaré n avoir eu aucun problème au début. Mais au cours de l année 2003, les postes de contrôle ghanéens devenaient 35

plus exigeant et les tracasseries reprenaient. Ce circuit a été abandonné en 2004 avec la réouverture du poste de Pogo à la frontière entre le Mali et la Côte d Ivoire. Ceci a provoqué l abandon du circuit passant par le Ghana pour atteindre la Côte d Ivoire c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? Au Mali l augmentation des exportations entraine une hausse des prix domestiques à cause de la solvabilité des exportateurs par rapports aux bouchers et du risque de saisie totale ou partielle des animaux abattus. Ce dernier facteur rend encore plus dangereux le crédit fournisseurs que les commerçants font aux bouchers. d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? Au déclenchement de la crise ivoirienne, les exportations ont sensiblement baissé. Dans un premier temps, le bétail est passé par le Ghana pour ensuite rentrer en Côte d Ivoire. Ensuite, après la signature du cessez le feu et le déploiement de la force licorne, les forces nouvelles ont vu en ces exportations un moyen de dégager des ressources pour financer la rébellion. C est pourquoi ils se sont engagés à sécuriser ces opérations moyennant le paiement d une taxe qu ils ont établie pour la traversée des zones sous leur contrôle. Ensuite les zones sous le contrôle des forces gouvernementales avaient aussi leur système de taxation. Ce qui a permis aux acteurs de reprendre tant bien que mal les exportations malgré que les parties fussent en conflit. Elles restaient toujours faibles par rapport à la période d avant conflit. C est en 2011 avec la fin de la crise que l axe Bamako- Abidjan est en train de reprendre progressivement. 4.3.2 les différentes rebellions au Mali (2006 et 2012) Ces différentes rebellions ont créé des problèmes sécuritaires dans le septentrion malien, qui ont fait diminuer l offre sur les marchés situés au sud du pays. Il faut rappeler en passant que le septentrion malien est une zone d élevage et où se trouvent d importants marchés de collecte, de regroupement et même terminaux du pays. Les rébellions de 2006 et de 2012 ont eu une durée limitée dans le temps. En effet au début des rebellions, les volumes d animaux en provenance du septentrion malien ont baissé. Ensuite, ils se sont normalisés car les éleveurs ont pris le risque en amenant les animaux vers le sud du pays. a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? Les marchés situés au sud du pays ont connu des baisses de l offre d animaux, notamment en ovins. En effet, les ovins du septentrion malien sont la préférence des Sénégalais. Les exportations d ovins sur le Sénégal ont baissé. La saisonnalité des exportations s est poursuivie avec moins d animaux en comparaison à une période normale. Ces rebellions n ont pas eu d impact sur les politiques sectorielles et commerciales du Mali. 36

b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? Cette crise a provoqué une baisse des exportations des ovins. S agissant des bovins, elles n ont pas eu d impact significatif car les races et les types d animaux les plus recherchés sur les deux principaux marchés d exportation (Dakar et Abidjan) étaient disponibles dans les marchés du sud. De plus, elle a mis fin à un marché, qui était conclu entre les commerçants maliens et nigérians. En effet, en 2011 une délégation nigériane, comprenant trois Operateurs et trois Banquiers est arrivée à Bamako pour un séjour d une semaine l objet de leur visite étaient d établir des contrats de commerce avec les operateurs maliens dans le cadre de la commercialisation du bétail. Les principales conclusions étaient d exporter 15 000 têtes de bovins par mois avec un poids vif de 300 à 370 kg par animal le prix de vente étaient en discussion et le besoin immédiat de 120 bovins pour tester l exécution du partenariat avait été exprimé. Malheureusement, avec la crise ces procédures ont été arrêtées. Durant ces crises, les exportations n ont profité à aucun autre pays. Au contraire, elles ont fait augmenter la demande sur les marchés du sud du pays car les burkinabés qui s approvisionnaient au nord du Mali se sont tournés vers les marchés du sud du Mali pour des raisons de sécurité. c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? Au Mali l augmentation des exportations entraine une hausse des prix domestiques à cause de la solvabilité des exportateurs par rapports aux bouchers et du risque de saisie totale ou partielle des animaux abattus. Ce dernier facteur rend encore plus dangereux le crédit fournisseurs que les commerçants font aux bouchers. d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? La rébellion de 2006 a duré moins d une année. Par contre celle de 2012 se poursuit encore même si la situation sécuritaire s améliore progressivement et les activités commerciales reprennent. 4.3.3 la hausse des prix du carburant (2008) Etant un pays continental et ayant l essentiel des marchés d exportation situés sur les côtes, la hausse des prix du carburant en 2008 a provoqué une augmentation des coûts de commercialisation. En effet le prix du gasoil a commencé à hausser depuis octobre 2007 en passant de 525 à 545 F le kilo. De janvier à juin 2008, ce prix a presque évolué de 10 %. a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? L augmentation des coûts de commercialisation causée par le carburant n a pas eu d impact significatif sur le nombre d animaux exportés et une augmentation des coûts de commercialisation, notamment le transport. La stratégie développée ici par les acteurs a été de pratiquer un peu plus le convoyage à pied au détriment du transport des animaux. L augmentation du prix des carburants n a pas eu d impact ni sur les circuits de commercialisation, ni sur la saisonnalité de l évolution des marchés et encore moins sur les politiques sectorielles et commerciales du Mali. 37

b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? Cette crise n a pas eu d impact sur la destination des animaux. Elle a cependant fait légèrement baisser les quantités exportées. c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? Au Mali l augmentation des exportations entraine une hausse des prix domestiques à cause de la solvabilité des exportateurs par rapports aux bouchers et du risque de saisie totale ou partielle des animaux abattus. Ce dernier facteur rend encore plus dangereux le crédit fournisseurs que les commerçants font aux bouchers. d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? Malgré les efforts de l Etat en termes de subvention des prix du carburant (320 F/litres de subventions en 2008), cette crise a perduré et s est même aggravée en 2010 avec la décision de l Etat d ajuster le prix du carburant à la pompe afin de réduire le poids de la subvention des hydrocarbures sur les finances publiques. 4.3.4 les années de déficit pluviométrique et la crise acridienne (2003, 2005, 2008, 2011 et 2012,) Ces crises se sont manifestées par la non-régénération optimale de la biomasse et le nonremplissage des cours d eau à hauteur de souhait. Ces crises ont créés des difficultés d aliment bétail, aggravée par la crise du coton au Mali. Dans des situations de déficit pluviométrique, les éleveurs et les emboucheurs ont des difficultés d approvisionnement en aliments bétail et l offre d animaux augmente. a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? Dans de telles situations, on observe un départ précoce en transhumance avant même la fin officielle de l hivernage (Octobre). Les marchés regorgent d animaux de mauvaise conformation. Les exportateurs ont des difficultés d approvisionnement en animaux exportables. Les prix de l aliment bétail grimpent entrainant ainsi l augmentation des frais d embouche. C est pourquoi dans l occurrence de telles crises l Etat procède souvent à des dons d aliments bétail. Les ONG procèdent à des achats du bétail à des prix supérieurs aux prix pratiqués sur le marché afin d aider les éleveurs à réduire les pertes de déstockage et à avoir assez de ressources pour payer de l aliment bétail au reste de leur troupeau. Les animaux ainsi achetés sont abattus et distribués aux populations en crise de déficit alimentaire. Certains emboucheurs et exportateurs, dans le but de réduire les frais d embouche, paient les animaux maigres les transportent au sud du Mali et/ou au nord de la Côte d Ivoire où il y a plus de pâturage et d eau. Les animaux sont entretenus et engraissés là-bas pendant trois mois au maximum. Ensuite ces animaux sont revendus soit au Mali soit en Côte d Ivoire en fonction du pays qui a le prix le plus élevé. 38

b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? Ces crises n ont pas d impact sur la destination des exportations. De même elles n ont pas eu d impact sur les volumes d exportation car durant ces années, les exportateurs font beaucoup plus d embouche pour avoir des animaux de bonne conformation pour les exportations c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? Au Mali l augmentation des exportations entraine une hausse des prix domestiques à cause de la solvabilité des exportateurs par rapports aux bouchers et du risque de saisie totale ou partielle des animaux abattus. Ce dernier facteur rend encore plus dangereux le crédit fournisseurs que les commerçants font aux bouchers. d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? Ces crises de déficit pluviométriques sont cycliques dans le sahel et sont liées aux aléas climatiques. 4.3.5 les crises du coton (2000 à 2010) et de l HUICOMA(2008) Les crises du coton, qui ont duré de 2000 à 2010 avec un pic entre 2005 à 2009, ont provoqué des baisses de production du coton. Ce qui a entrainé une chute des quantités de graines de coton que la CMDT livrait à l HUICOMA pour la fabrication de l huile de coton et de l aliment bétail (tourteaux de grains de coton). Cette société a connu des difficultés récurrentes, qui ont conduit à sa privatisation en 2008, ce qui n a malheureusement pas pu arranger les choses. a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? Les ateliers d embouche ont connu des augmentations des frais d embouche avec l augmentation des prix pratiqués par les sociétés privées de fabrication d aliment bétail (6000 F/sac de 50Kg) qui sont supérieurs à ceux pratiqués par l HUICOMA (3000 à 4000 F/sac de 50 Kg). Les stratégies développées par les acteurs ont été le renforcement de l embouche pratiqué dans le sud du Mali et le nord de la Côte d Ivoire. Les animaux engraissés dans ces localités prennent la direction du pays, qui offre le meilleur prix. b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? Cette crise n a pas eu d impact sur la direction es exportations. Mais selon les acteurs, elle a eu à court terme un impact et a fait baisser le nombre d animaux exportés. En effet quelque soit le niveau de la pluviométrie au Mali, les exportateurs font de l embouche pour avoir la qualité recherchée à l extérieur. Les activités d embouche augmentent beaucoup plus en année de mauvaise pluviométrie qu en année de bonne pluviométrie. Avec la crise de l Huicoma en 2008, le prix des tourteaux de coton a brusquement dépassé les 5.000 F le kilo, ce qui a eu un impact négatif sur les exportations. 39

La hausse des prix domestiques c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? Cette crise est en passe de diminuer car depuis 2010, on assiste à la reprise de la production du coton. Malgré la disparition de l HUICOMA, les graines de coton de la CMDT servent toujours à augmenter la production d aliment bétail dans le pays à travers les sociétés de production d huile et de tourteaux de graines de coton. On assiste, dès lors, à l implication de plus en plus des privés dans la production d aliments bétail 4.3.6 le bitumage de la route Bamako-Dakar (2006) Le bitumage de la route Bamako-Dakar a permis de renforcer les exportations de bétail malien vers le Sénégal et la Gambie. a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? Les exportations vers le Sénégal et la Gambie ont augmenté en intensité. Avant ce bitumage le convoyage vers ces pays se faisait à pied et par train, mais avec ce bitumage le convoyage se fait par camions. Selon un exportateur, le nombre de ses voyages ont sensiblement augmenté après le bitumage de la route. Il effectuait un(1) seul voyage par an avant le bitumage entre Juin et Juillet, mais actuellement il effectue sept (7) voyages par an après le bitumage. b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? Avec la connexion du réseau routier malien à celui de Sénégal et de la Gambie, la destination des animaux est fonction des marchés pratiquant les meilleurs prix. En hausse c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? Ce bitumage est un acquis car il a permis d ouvrir le pays à deux autres pays pour le bonheur des exportateurs de bétail maliens. 4.3.7 la suppression de la subvention sur les hydrocarbures (Décembre 2010) L ajustement des prix des carburants à la pompe intervenu en 2010 a entrainé la fin de la subvention des hydrocarbures par l Etat et l augmentation des coûts de commercialisation des opérations d exportation, notamment le transport. 40

a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? Chaque augmentation des coûts entraine un ajustement des exportateurs. Ainsi pour diminuer l augmentation des coûts causés par le prix des carburants, les exportateurs pratiquent un peu plus le convoyage à pied afin de réduire les coûts de transport. Pas d impact sur la destination des animaux b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? Les prix de la viande au Mali sont impactés par les exportations. En effet, les exportateurs et les chevillards s approvisionnent sur les mêmes marchés et dans les mêmes conditions. Il se trouve que les exportateurs sont financièrement plus forts que les chevillards et ont tendance à faire hausser les prix en cas de concurrence avec les chevillards. Il arrive souvent que les prix soient plus élevés au Mali qu en Côte d Ivoire, qui reçoit le bétail du Mali. d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? Cette situation perdurera jusqu à ce que l Etat décide encore de subventionner les prix des hydrocarbures. 4.3.8 la libération des régions nord du pays (Lancement le 13 janvier 2013) Cette libération des régions du nord a permis de rétablir la souveraineté du Mali sur l ensemble de son territoire. a) Quels sont les changements observés sur les marchés, les circuits d exportation, la saisonnalité, les politiques sectorielles et commerciales? Cette libération a permis de mettre fin aux perturbations des circuits de commercialisation qui avaient été causés par l occupation des régions du nord. La sécurité s installe petit à petit, les marchés commencent à être réapprovisionnés par les marchés se trouvant dans les régions du nord. La saisonnalité qui avait connu des perturbations est réinstaurée et l Etat s active tant bien que mal pour assurer la sécurité des personnes et des biens. b) Lorsque les exportations baissent vers un pays, quelles sont les nouvelles destinations? c) Lorsque les exportations augmentent, quelles sont les tendances des prix domestiques de la viande? La libération des régions nord du pays a rétabli les circuits commerciaux normaux. Les exportations vont augmenter de nouveau. Ceci va entrainer des hausses de prix domestiques pour le bonheur des éleveurs. 41

d) Comment, quelles ressources et combien de temps cela prendra pour revenir à une situation normale? Cette libération qui est en cours a permis de vaincre les occupants du nord et de restaurer l autorité de l Etat sur les régions du nord. 5 - Perception des acteurs sur les solutions à apporter pour une redynamisation de la filière Selon les acteurs, la redynamisation de la filière passe par : - La poursuite de la lutte contre les pratiques anormales et les tracasseries le long des trajets et lors des passages des frontières ; - La sécurisation foncière par l octroi des titres fonciers pour les parcs ; - L octroi d équipements neufs et mieux adaptés aux parcs ; - La poursuite des investigations en vue de pouvoir conquérir d autres marchés d exportation en Afrique ; - La sécurisation des pistes de commercialisation par les tracés éloignés et ou protégés des champs et des véhicules et par la poursuite des forages le long de ces tracés ; - L initiation des actions permettant le basculement de l élevage de prestige et de subsistance vers l élevage intensif orienté vers le marché ; En marges de ces principales solutions en vue d apporter une nouvelle dynamique à la filière, Il est ressorti des débats, les autres points suivants : - Le renforcement des organisations professionnelles des éleveurs et des commerçants de bétail ; - La poursuite des investigations en vue de trouver les voies et moyens en vue d impliquer les banques dans le financement de la filière, notamment les opérations d exportation ; - Le renforcement du système d information du marché à bétail en vue de mieux informer les acteurs sur les opportunités disponibles ; - La formation et l appui aux acteurs afin qu ils puissent adopter les méthodes et les techniques d exécution des contrats formels ; - La facilitation d émergence d opérateurs spécialisés dans le transport du bétail 42

6 - Propositions de reforme et recommandations Malgré son poids dans l économie du pays, la filière bétail et viande est caractérisée par la faible performance des systèmes de production et de commercialisation. Si des actions urgentes ne sont pas prises, cette filière aura du mal à faire face aux défis qui se présentent à elle à savoir la satisfaction des demandes croissantes tout en maintenant un bon taux d exploitation. Ainsi les recommandations suivantes peuvent être retenues : - La sécurisation de l offre en quantité et en qualité par la mise en œuvre d un programme d embouche qui prendrait en charge l ensemble des problèmes des emboucheurs (organisation, crédit, aliments concentrés, production d aliments grossiers, rations équilibrées, etc.) - La dynamisation des organisations professionnelles et la création de différents pools : exportateurs, transporteurs, etc. - La clôture et l équipement des marchés importants tout en les dotant de titres fonciers ; - L identification et la matérialisation des pistes de commercialisation et de transhumance tout en les dotant de gîte d étape avec points d eau. Ces pistes seront classées afin de les préserver des véhicules et de toute mise en cultures ; - La promotion de l émergence de transporteurs spécialisés dans le bétail et la viande ; - Le besoin de création de cadres de réflexions afin d obtenir dans l espace CEDEAO la fin des tracasseries par la limitation des contrôles au départ, aux frontières et à l arrivée du bétail à destination ; 7 - Conclusions Cette étude a permis de faire ressortir l ensemble des effets des différentes crises qui se sont produites entre 2000 et 2012 sur les exportations du bétail au Mali. Elle a permis d identifier les événements importants qui ont eu un impact sur les exportations de bétail au cours de la période de 2000 à 2012. Les différentes attentes des acteurs en vue de la redynamisation de la filière ont été recensées et des propositions et recommandations ont été faites en vue d atteindre des bonnes perspectives pour la filière. Il faut reconnaitre que tout ceci n est possible que lorsqu il est accompagné d une véritable volonté politique des plus hautes autorités. En effet, leurs actions pourront aider à créer l environnement institutionnel et règlementaire nécessaire à la mise en œuvre des reformes souhaitées pour la relance de la filière. En rappelant certaines de ces actions, on peut citer entre autres : - L application des textes de la CEDEAO et de l UEMOA sur la libre circulation des personnes et des biens ; - L harmonisation des procédures et documents (passeport bétail, carnet de voyage, certificat international de transhumance) ; - La mise en place d un réseau d information sous régionale sur le bétail et la viande ; - L instauration des contrôles mixtes au niveau de chaque Etat au départ, aux frontières et à l arrivée sous tendue par la vérification technique, administrative et documentaire du véhicule transportant les animaux, suivi du macaron codé sur le pare-brise des véhicules attestant qu ils sont en règle, etc. 43

- La poursuite de la lutte contre les tracasseries par le renforcement de l observatoire des pratiques illégales sur le franchissement des frontières ; - La promotion des marchés sous régionaux du bétail 44

Références 1 T.O. Williams, I. Okike, I. Baltenweck et C. Delgado, 2004 - La commercialisation du bétail en Afrique de l Ouest : opportunités et contraintes Synthèse 1 ; 2-26ème réunion annuelle du Réseau de Prévention des Crises Alimentaires (RPCA) Accra (Ghana), 14-16 décembre 2010 «Rôle et place de l élevage dans l espace ouest africain» 3 Suivi des politiques agricoles et alimentaires en Afrique de l Ouest, Octobre 2012 «ANALYSE DES INCITATIONS ET PENALISATIONS POUR LE COTON AU MALI» 4 Initiative mondial pour un pastoralisme durable, Global environment facility, UNDP, UICN,Octobre 2007 «VALEURS ECONOMIQUES TOTALES (TEV) DU PASTORALISME AU MALI» 5-16th Comité Exécutive Plateforme ALIVE 25-26 novembre 2010, Bamako «Aperçu sur la filière bétail viande au Mali» 6 - ALPHA OUMAR KERGNA; ALY KOURIBA; DAOUDA DEMBELE 2011 «LES MARCHES A BETAIL AU NORD DU MALI]» 7 - Programme Compétitivité et Diversification Agricoles (PCDA) Edition 2007 / 2008 «PLAN DE COMPÉTITIVITÉ Filière Bétail / Viande» 8 - POLITIQUE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT DE L ELEVAGE Cadre d orientation politique - Adopté par le conseil des ministres du 14 janvier 2004 9 Dr. Hamadé KAGONE Zootechnicien-pastoraliste Juillet 2009 «ELABORATION D UN PROJET REGIONAL DE PROMOTION DES MARCHES A BETAIL TRANSFRONTALIERS AU SAHEL ET EN AFRIQUE DE L OUEST» 10 - Banque de France Rapport annuel de la Zone franc 2010 «Monographie économique du Mali» 11 - Jeffrey Metzel, Enquêteur principal, AIRD Abou Doumbia, Cellule des Statistiques et de la Planification, MDRE Lamissa Diakité, Institut d Economie Rurale N'Thio Alpha Diarra, Compagnie Malienne de Développement des Textiles- Juillet 1998 «PERSPECTIVES DE CROISSANCE DES EXPORTATIONS DE VIANDE ROUGE ET DE BETAIL MALIEN» 12- Amélioration de la production et de la commercialisation du bétail et de la viande «Conférence introductive sur l améioration de la commercialisation» 2007 13 Nouveau partenariat pour la promotion du commerce sous régional des produits de l élevage Juin 2003 Communication du Mali au forum 45

14- Elevage et pastoralisme au Mali dans la région de Tombouctou : http://moulindelamousquere.pagesperso-orange.fr/pages/mali/mali-elevage.htm 15-Les Changements Climatiques au Mali http://www.changementsclimatiques-mali.org/variabilite_mali.php 16 Site de de la Coordinationale des Organisations Paysannes http://www.cnop-mali.org/spip.php?article12 18 Agence pour la promotion des investissements http://mali.eregulations.org/show-step.asp?l=fr&mid=75&rid=110 19 - An Overview of Mali s Livestock Export Trade 20 - Borlaug Institute for International Agriculture, Texas A&M University. 2012. Livestock Assessment for Feed the Future Initiative Mali and four Coastal Markets of West Africa. Accra: USAID/West Africa 21 - Bromley, Daniel, Cook, Andrew, Singh, Savitri and Van Dusen, Nathan. 2011. Regional Agricultural Transport and Trade Policy Study. West Africa Trade Hub Technical Report 41. Accra: USAID. 22- CILSS. 2008. Note sur l élevage transhumant au Sahel: diagnostic, contraintes et perspectives. Ouagadougou: CILSS. 23 - Direction Nationale des Productions et des Industries Animales (DNPIA). Rapport annuel 2010. Bamako: Ministère de l élevage et de la pêche. 24 - Fonseca, José Filipe et Burke, Thérèse. 2010. Rompre les barrières du commerce intra-régional. Amsterdam: CTA. 25 - Guibert, Bertrand, Banzhaf, Matthias, Soule, Bio Goura, Balami, Dahiru Hassan and Ide, Ganda. 2009. Etude régionale sur les contexts de la commercialization du bétail et accès aux marches et defies d amélioration des conditions de vie des communautés pastorals. Paris: Institut de recherches et d applications des méthodes de développement (IRAM). 26- Initiative mondiale pour un pastoralisme durable (IMPD). 2007. Valeurs économiques totals du pastoralisme au Mali. Kayes: IMPD. 46

27 - Kamuanga, Mulumba J.B., Jacques Somda, Yacouba Sanon and Hamade Kagoné. 2008. Livestock and regional market in the Sahel and West Africa Potentials and challenges. Paris: Sahel and West Africa Club, OECD. 28 - Ministère de l Agriculture de la République du Mali. 2008. Plan de compétivité filiére bétail/viande. Bamako: Ministère de l Agriculture. 29 - N guessan N Guessan. 2000. Etude sur le controle des recents changements de prix entre les marches de bétail du Sahel et de la cote ouest Africaine. Washington, DC: The Mitchell Group. 47

Annexes 1 Effectifs du cheptel de 1990 à 2012 Désignation Bovins ovins caprins 1990 4 996 000 12172000-1991 5092132 10898886-1992 5244893 11443821-1993 5380000 11954732-1994 5540633 12552500-1995 5708000 12790000-1996 5882000 13809000-1997 6058000 14499500-1998 6239750 15224750-1999 6892606 17624551-2000 6 619 751 6 937 371 9 847 916 2001 6 818 343 7 284 240 10 340 312 2002 7 022 894 7 648 452 10 857 327 2003 7 233 580 8 030 874 11 400 194 2004 7 450 588 8 432 418 11 970 203 2005 7 532 000 8 408 000 12 000 000 2006 7 904 329 9 296 741 13 197 149 2007 8 141 459 9 761 578 13 593 063 2008 8 385 703 10 249 657 14 272 716 2009 8 896 392 11 300 247 15 735 670 2010 9 163 284 11 865 259 16 522 454 2011 9 438 182 12 458 522 17 348 576 2012 9 721 328 13 081 448 18 216 005 NB : De 1990 à 1999 sont les chiffres de l OMBEVI et ces chiffres en ovins- caprins sont cumulés, de 2000 à 2004 sont de la DGRC et 2005 à 2012 sont de la DNPIA. 48

Annexes 2 Evolution des animaux exportés par le Mali de 2000 à 2012 Année Bovins Ovins Caprins Destination Source 2000 279356 279292 160215 2001 226819 282846 142363 2002 106792 187614 64781 2003 93011 111842 53437 2004 95540 153818 43893 RCI, Sénégal, BF, Benin, Gambie, Algérie, Togo RCI, Sénégal, BF, Algérie, Ghana, Niger, Nigeria, RIM, RCI, Sénégal, BF, Benin, Gambie, Algérie, Togo, Guinée, Ghana, Niger, RIM, Europe, USA RCI, Sénégal, BF, Benin, Gambie, Algérie, Togo, Guinée, Ghana, Niger, RIM, Nigeria RCI, Sénégal, BF, Benin, Gambie, Algérie, Togo, Guinée, Ghana, Niger, RIM, Nigeria DGRC DGRC DGRC DGRC DGRC 2005 58945 177949 - RCI, Sénégal, BF, Algérie, RIM, DNPIA 2006 140368 177949-2007 148490 272740 12983 2008 142796 335840 16941 2009 144412 335840 14954 2010 173 132 331 321 22 279 2011 200235 510888 28776 2012 207266 358829 34244 RCI, Sénégal, BF, Libéria, Benin, Gambie, Algérie, Guinée, Ghana, Niger, RIM, RCI, Sénégal, BF, Libéria, Nigeria, Sierra Leone, enin, Gambie, Algérie, Guinée, Ghana, Niger, RIM RCI, Sénégal, BF, Libéria, Nigeria, Sierra Leone, enin, Gambie, Algérie, Guinée, Ghana, Niger, RIM RCI, Sénégal, BF, Libéria, Nigeria, Benin, mbie, Algérie, Nigeria, Togo, Guinée, Ghana, Niger, RIM RCI, Sénégal, BF, Libéria, Nigeria, Benin, mbie, Algérie, Nigeria, Togo, Guinée, Ghana, Niger, RIM Sénégal, RCI, BF, Libéria, Nigeria, Benin, Gambie, Niger, RIM, Guinée, Ghana, Guinée Equatoriale, Togo, Algérie RCI, Sénégal, BF, Libéria, Nigeria, Benin, mbie, Algérie, Nigeria, Togo, Guinée, Ghana, Niger, RIM DNPIA DNPIA DNPIA DNPIA DNPIA DNPIA DNPIA 49

Annexes 3 Exportations des animaux par pays de destination Année RCI Sénégal Burkina Faso Guinée Benin Niger Mauritanie 2000 Bovins Ovins Caprins Bovins Ovins Caprins Bovins vins aprins ovins Ovins aprins Bovins Ovins aprins ovins Ovins aprins Bovins Ovins aprins 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 44334 35846 1258 85419 196951 522 1175 338 522 247 4327 5469 1631 4280 0 1720 8002 287 10764 7352 2467 2008 26733 49016 6727 101733 263669 4656 3106 545 0 52 4371 3365 0 0 0 2601 4038 449 1553 3069 832 2009 2010 3600 478 226 0 312 0 0 0 310 453 2011 80943 92009 6523 87326 279342 1209 4659 431 340 57 6311 5386 8909 11945 0 9183 10357 0637 0 0 0 2012 109786 128575 14809 58993 185368 2592 6319 767 1156 8269 20441 12606 10022 5331 350 967 1013 927 0 0 0 NB De 2000 à 2006, les exportations de bétail n étaient pas détaillées par destination au niveau des enquêtes de la DNPIA 50

Année Libéria Nigeria Ghana Gambie Algérie 2000 Bov Ov Cap Bov Ov Cap Bov Ov Cap Bov Ov Cap Bov Ov Cap 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 30 3244 780 3170 0 0 0 0 0 0 0 0 0 4400 0 2008 40 802 509 3098 0 0 47 0 0 45 3736 183 2009 2010 1980 418 2011 310 1505 3895 3570 480 0 45 0 0 113 0 0 5253 103508 777 2012 245 1102 1764 965 0 0 401 160 40 0 0 0 690 7662 0 NB De 2000 à 2006, les exportations de bétail n étaient pas détaillées par destination au niveau des enquêtes de la DNPIA 51

Annexes 4 Guide d entretien de l étude QUESTION POUR LES DISCUSSIONS AVEC LES PROFESSIONNELS DU BETAIL 1 Quels sont les derniers chiffres officiels sur l élevage? (Année de collecte? Et le nom de l enquête?) 2 Comment la consommation de la viande a-elle- évolué au cours des 10 dernières années? (Production? consommation?) 3 Donnez les noms des principaux marchés (collecte, secondaires et terminaux) au Mali, les caractéristiques des principaux exportateurs, les noms des circuits géographiques qu ils empruntent, leur capacité, leur comportement 4 Parait-il qu il n existe plus de marché frontalier au Mali? Si oui pourquoi? Si non où sont ils (Noms et localisations? 5 - Il parait que Les animaux exportés sont essentiellement les bœufs et les taureaux. Est-ce vrai? Si Oui pourquoi? Si non Dites les types d animaux les plus exportés et dites pourquoi? 6 - Quels sont les grands changements intervenus dans les coûts d approche de Bamako à Abidjan? et de Bamako à Dakar? Dites les périodes et dites pourquoi ce changement? Il s agit entre autres : - Location camion? - Litière? - Certificat d exportation? - Chargement au parc? - Rémunération des chargeurs? - Lettre de voiture? - Accompagnateur des animaux? - Frais payés aux policiers, Gendarme et Douaniers? - Dédouanement? - Etc. 7 - Comment ont évolué les coûts de commercialisation entre Bamako et Abidjan et entre Bamako et Dakar? 52

Années Coûts de commercialisation Observations Axe Abidjan Axe Dakar 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 8 - Quelles sont les impacts de ces variations interannuelles sur les exportations? Par exemple, est-ce que les exportations augmentent ou baissent en périodes de sècheresse? ET comment elles se comportent en période de bonne pluviométrie? 9- Dites les impacts de ces différentes crises sur les exportations depuis 2000 jusqu à maintenant? Essayez de justifier vos réponses par des chiffres. a) La crise sociopolitique en Côte d Ivoire ou crise ivoirienne 2002 à 2001 avec des rebondissements en 2011? 1. Quand et pendant combien de temps le bétail malien passait par le Ghana pour atteindre Abidjan 2. Y avait-il des problèmes (e.g. phytosanitaires) pour faire entrer avec les animaux au Ghana? Si oui dites lesquels? b) Les différentes rebellions au MALI (1991, 2006,2012) c) La hausse du prix du carburant dans le marché mondial en 2008 et la crise de la vie chère qui s en est suivie 53

d) Les années de déficit pluviométrique (2003, 2005,2008, 2011 et 2012) et de la crise acridienne (2004/2005) e) f) La crise de la CMDT - La période 2000-2010 g) Le bitumage de la route Bamako-Dakar en 2006 h) i) La suppression de la subvention sur les hydrocarbures en 2010 j) Crise de l HUICOMA (2008) k) Libération des régions du Nord (Lancement le l opération serval le 11 janvier 2012) 10- - Impact des sécheresses sur les exportations en hausse ou en baisse (Pouvez vous donner les chiffres?) 11 - Impacts des crises du coton et de l HUICOMA sur les volumes, poids et types d animaux exportés? Par exemple, y avait-il une réduction dans le nombre d animaux engraissés exportés? Ou le poids moyens? 12- Impact du bitumage Bamako-Dakar sur les exportations? Donnez des chiffres si possibles 13-- Pourrez-vous quantifier les impacts des exportations sur les prix intérieurs? 14 -- Avec la libération des régions nord du pays, Peut-on donner des chiffres sur l augmentation des animaux présentés sur les marchés par exemple par le nombre d animaux présentés dans les marchés au sud du Mali par rapport à la même période en 2012? 15 Vos Perception sur les solutions à apporter pour une redynamisation de la filière 16 Vos Propositions de reforme et recommandations 54

Annexes 5 Liste des personnes rencontrées No Prénoms et Noms Localité Profession Contacts 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 Akougno Togo Fatoma Collecteur 78405375 Bara KOITA Fatoma Exportateur 65641031 Sekou Bah Sofara Collecteur 73015884 Modibo T. Cissé Sofara Exportateur 79035774 Amadou Boubou Ampa Diallo Sofara Exportateur 74077953 Sory Oumar Bocoum Sofara Exportateur 76472123 Diadjé adou Koita Sofara Exportateur 73015863 Namparé Koita Sofara Exportateur 76236433 Sambourou Gouro Cissé Sofara Exportateur 76225226 Bourema Bory Koita Sofara Exportateur 62885125 Diadjé Bocoum Sofara Exportateur 76703710 Hammady Koita Sofara Exportateur 69025556 Ibrahim Dicko Konna Collecteur 79296898 Daouda Omgoiba Douentza Collecteur 74063082 Hama Traoré Douentza Exportateur 76722099 Djigandé IBRAHIM Bamako SYNEMAB 61614261 Dr Moussa COULIBALY Bamako FEBEVIM 66730528 Aboubacar BAH Bamako FEBEVIM 76343209 Mapathé MBODJE Bamako TSF Collecteur 76381740 Baya Djigué Sikasso FEBEVIM 76071839 Boukary Hamadou Coulibaly Douentza Exportateur 79414913 Hamidou Maba Douentza Exportateur 71587039 Hama El Hadji Hamidou Koita Douentza Exportateur - Hama El Hadji Hamidou Issiaka Douentza Exportateur - Lobo Bakary Traoré Douentza Exportateur 79057586 Hamadou Aya Douentza Exportateur Seidou Djiré Douentza Exportateur Boukary Sow Douentza Exportateur Seidou Koumare Ségou Collecteur 79083054 Kaou GAMBI Ségou Exportateur 60606502 55

No Prénoms et Noms Localité Profession Contacts 31 Lassina Diarra Ségou Exportateur 78860805 32 Sékou BAH Ségou Exportateur 76366041 33 Amadou BASSOUM Ségou Agent de Suivi 79299062 34 Alou DIARRA Niéna Exportateur 76018989 35 Seidou Koné Niono Collecteur 79426314 36 Amadou BAH Nampala Marchand 76444931 37 Mamadou BATILLY Nioro Marchand 65688025 38 Boubou SY Nioro Marchand 79066377 39 Philip Douba Koné San Collecteur 76215392 40 Amsoulaye Diallo Banconi Boucher 65112012 41 Falan TRAORE Banconi Boucher 76222638 42 Oumar Guindo Magnambougou Boucher - 43 Adama Daou San Fil Exportateur 76230810 44 Modibo Daou Niamana Marchand 76312799 45 Dahirou Niangadou Niamana Marchand 76171811 56

Annexes 6 Termes de référence de l étude Termes de référence de l étude sur l évolution des exportations du bétail malien suite aux récentes crises I. Contexte Avec un cheptel estimé en 2010 à 9,16 millions de bovins, 11,86 millions d ovins et 15,52 millions de caprins (CPS, 2010), le Mali est le plus grand pays d élevage de l Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et le deuxième de la Communauté des État d Afrique de l Ouest (CEDEAO) après le Nigéria. Le Delta du Niger, qui renferme les 50% du cheptel au Mali, a une superficie d environ 4 millions d hectares. Le secteur élevage malien dispose de plusieurs atouts pour son développement : (i) une grande richesse génétique avec 8 races bovines, 6 races ovines, 5 races caprines et 5 races équines, toutes adaptées aux conditions climatiques difficiles et elles sont relativement bien réparties sur le territoire en fonction de leurs caractéristiques et aptitudes ; (ii) des ressources pastorales importantes, telles que des pâturages herbacés et arbustifs, des sous-produits de tiges et de céréales (ex., des fanes de niébé et d arachide, des boules blanches de canne, etc.) des sous-produits agroindustriels (ex., de la farine basse de riz, du son de riz, de la mélasse) ainsi que des compléments alimentaires pendant les périodes de soudure et durant les opérations d embouche ; (iii) des ressources hydrauliques immenses qui jouent un grand rôle dans l abreuvement du cheptel. La région de Mopti a le plus grand nombre d animaux, suivi de la région de Sikasso. Depuis 2005, les tendances montrent un accroissement au niveau du cheptel toutes espèces confondues. En plus de l importance de son cheptel et de ses atouts, la longue tradition agropastorale du Mali donne à l élevage une place importante dans l économie du pays. En effet, le secteur de l élevage occupe la troisième place des produits d exportation après l or et le coton. Bien que la productivité des troupeaux soit encore faible, l élevage contribue pour près de 14% au produit intérieur brut et constitue une source significative de subsistance pour 80% de la population rurale. Le taux d exploitation du bétail est de l ordre de 14 pour cent pour les bovins et 34 pour cent pour les petits ruminants. Le bétail malien fait l objet d exportation dans les pays limitrophes du Mali, à savoir la Côte d Ivoire, le Ghana, le Burkina Faso, le Sénégal, la Guinée, le Niger, la Mauritanie et l Algérie pour les camelins. La filière bétail au Mali est entièrement libéralisée et depuis 1994 les procédures à l exportation ont été théoriquement 2 simplifiées. Cependant, il existe encore certaines mesures comme la taxe par tête et la restriction sur les exportations du bétail en dessous d un certain âge 3 qui constituent des freins pour les incitations et le taux de prélèvements. Bien que le commerce du bétail se fasse pour l essentiel sur pied à travers les réseaux traditionnels informels, l essentiel des exportations formelles est le fait de grands commerçants qui disposent de capital et acheminent le bétail par camion vers les pays côtiers. Parmi les principales contraintes que connait actuellement la filière bétail au Mali, la revue de la littérature a révélé les éléments suivants : (i) les coûts de transaction élevés, (ii) les tracasseries routières et les taxes illicites qui sont aujourd hui institutionnalisées entre transporteurs et administrateurs aux frontières ; (iii) l absence de spécification, de normes et 2 Après la vaccination, un certificat sanitaire est délivré par les services vétérinaires. Ce document est par la suite présenté à la Chambre de commerce pour l obtention d un certificat provisoire d exportation. Ce dernier est ensuite présenté au Département de la production animale et de l industrie qui délivre la licence d exportation signée par le Gouverneur. 3 Cette mesure, qui a été mise en place pendant 40 ans, interdisait les exportations des taurillons de moins de 5 ans ainsi que des femelles. 57

de standards sanitaires et phytosanitaires qui affecte la commercialisation et anile la transmission des signaux de prix des marchés de consommation vers les marchés de production. A tire d exemple,, les transactions reposent sur les critères de poids au Sénégal et au Nigéria, tandis qu en Côte d Ivoire, les critères dominants sont l évaluation visuelle et les relations de confiance entre les exportateurs et les importateurs.; (iv) les multiples restrictions illégales aux niveaux national et régional, en plus du manque d harmonisation des politiques au niveau de la sous-région. Cependant, beaucoup d efforts ont été réalisés pour dénoncer ces pratiques illégales. Avec les efforts de l UEMOA et de la CEDEAO et leur pression sur les responsables aux frontières, le nombre de points de contrôles officiels et la durée des contrôles ont été réduits. A titre d exemple, entre le Mali et le Sénégal, ces points sont passés de 19 à 8 au Mali et de 27 à 3 au Sénégal. Le Sénégal a réduit la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur le bétail à partir du Mali de 6,900 à 4,500 Fcfa par tête. Les autorisations d exportation de bétail qui coûtaient auparavant 15,000 Fcfa au Mali, sont aujourd hui délivrés à titre gracieux. Avec toutes ces améliorations, le déplacement du bétail le long du couloir Bamako-Dakar se fait maintenant en 3 jours, comparativement à 5 jours dans les années antérieures (Fonseka et Burke, 2010). II. Justification Les statistiques sur les transactions et les flux de bétail entre le Mali et ses voisins sont limités et fragmentaires. Les plus récents chiffres d exportation du bétail au Mali 4 datent de 2010 et n indiquent pas la destination. Bien que les cheptels soient à la hausse, les exportations du bétail malien ont baissé de façon significative ces dernières années (UICN, année?). Le Mali a exporté vers ses voisins en 2000 près de 279,356 têtes de bovins contre 140,368 en 2006. Pour les ovins-caprins, ce sont respectivement 439,507 têtes et 177,949 têtes qui ont été exportées en 2000 et 2006. Avec l éclatement de la crise ivoirienne en 2002, un ralentissement, voire un arrêt, des exportations du Mali vers la Côte d Ivoire a été constaté. La normalisation de la situation et le dénouement de la crise politique en 2010 a permis au commerce du bétail de reprendre son cours. Toutefois, il demeure toujours difficile à ce jour de saisir les changements induits (en chiffres) par ce dénouement. Durant la crise, certains opérateurs maliens ont pu procéder à l exploration de nouveaux débouchés. Au niveau de la sous-région, certains opérateurs ont pu en profiter positivement, d autres pas. En Guinée, les remous politiques et les difficultés de convertibilité du Silly en FCFA ont également influencé les flux commerciaux entre les deux pays. C est à partir de l année 2002 que les responsables de la filière bétail de la Guinée et du Mali, sous l initiative du réseau des opérateurs économiques de l Afrique de l Ouest, ont procédé à l ouverture du marché guinéen pour le bétail malien. Au Sénégal, l ouverture et la mise en service de la route bitumée entre Bamako et Dakar en 2006, a permis un accroissement significatif des échanges. Toutefois, l absence de données statistiques empêche de quantifier cette hausse d échanges commerciaux entre les deux pays. Les données statistiques sur le commerce de bétail entre le Mali et ses voisins demeurent donc un facteur limitant pour la promotion du secteur et la planification des activités de développement 5. Avec la crise politique qui prévaut au nord du Mali, ce sont d importants flux de populations et d animaux qui ont émigrés vers le sud du pays afin de fuir les aléas et l insécurité. Avec ces déplacements de populations, les marchés du bétail 6, de même que les corridors traditionnels de transhumance ont été perturbés. Grâce à sa bonne production céréalière et sa situation géographique favorable, loin des zones occupées, la région de Sikasso a vu son 4 Les exportations du bétail du Mali en 2010 se chiffraient comme telles : 173,132 têtes de bovins, 331,321 têtes d ovins, 22,279 têtes de caprins (source, CPS, 2010). Aucun chiffre n est disponible sur les destinations. 5 Notamment dans le cadre du programme «Feed the Future -USAID» 6 Les marchés de Goussi, Douentza, Bare, Konna, Mopti, Fatuma, Somadougu Sofara etc. 58

cheptel de bétail accroitre. Avec l occupation du nord en janvier 2012, le bétail en provenance des régions de Kidal, de Tombouctou et de Gao a cessé d alimenter les circuits commerciaux nationaux du bétail malien. Compte tenu de l importance de ce secteur pour l économie malienne, il est important d examiner les évolutions induites dans le système de commercialisation du bétail par les évènements ci-dessus énumérés. Ainsi, la présente étude visera à mieux cerner les effets de ces changements sur le commerce du bétail malien 7. Notamment les changements intervenus depuis 2002 dans les axes et circuits d exportation: (a) la crise ivoirienne, (b) the pavage de la route allant du Mali au Sénégal, (c) la récente crise politique malienne et (d) d autres facteurs ayant affecté le commerce de bétail entre le Mali et ses principaux voisins. Comment la compétitivité du bétail malien principalement sur les marchés du Sénégal, de la Côte d Ivoire a été affectée par les viandes importée comme les poulets et dindes congelées? III. Objectif/Résultats attendus de l étude Cette étude vise à cerner l évolution du commerce du bétail malien (bovins, ovins, caprins) avec ses voisins au cours des dix dernières années. Elle vise spécifiquement à évaluer les effets des crises et des perturbations politiques sur le commerce du bétail entre le Mali et ses principaux voisins, en particulier 8 la Côte d Ivoire et le Sénégal. Il s agira de revisiter les axes, les circuits de commercialisation, les principaux marchés d exportation du bétail malien. Pour cela, il sera nécessaire de coordonner l étude avec les systèmes d information sur le bétail de ces pays concernés. Ceux-ci ont joué un rôle prépondérant dans la fluidité de l information et les mécanismes de transmission des prix sur les marchés de la sous-région Ouest-africaine. La présente étude sera réalisée par les responsables SIM-bétail du Mali, de la Côte d Ivoire et du Sénégal. Le RESIMAO, le FEWS-Net, le CILSS, la FAO seront approchés pour les besoins de l étude. L objectif général visé est de contribuer à une meilleure lisibilité de la compétitivité de la filière bétail au Mali suite aux différentes crises après 2002. Cet objectif général est décliné en 3 objectifs spécifiques: Effectuer une revue bibliographique au niveau de chaque pays et de la sousrégion 9 : (i) analyser les résultats des principales études, les changements et leurs implications ; (ii) faire le point des politiques de l Etat par rapport au commerce du bétail ; (ii) actualiser les données de production, de prix du bétail, d exportation/importation avec les pays de la sous-région. Analyser pour chaque pays les axes, les circuits de commercialisation, les principaux marchés d exportation, les acteurs, les flux commerciaux du bétail: (i) Comment ces facteurs ont été affectés par les évènements intervenus dans la sous-région 10 ; (ii) Comment la compétitivité du bétail Malien vers les pays concernés a été affectée? (iii) Comment certaines restrictions 11 ont affecté le commerce entre le Mali et ses voisins? 7 Par bétail, il faut entendre bœufs, moutons et chèvres. 8 Bien que la Guinée et le Ghana représentent également d autres destinations du bétail malien. 9 Deux études ont été réalisées sur le commerce du bétail dont l une par ILR en 2006 et l autre plus récente par USAID/West Africa (indiquer l année). 10 La fin de la crise en RCI, les politiques sur le bétail au Sénégal, les effets des mauvaises campagnes depuis 2002 et l occupation récente du nord au Mali. 11 Parmi ces restrictions, celle sur les exportations du bétail en dessous d un certain âge sera prise en charge. 59

De façon plus détaillée, cette étude nécessitera à collecter les données sur la période 2000 à 2012 12 pour: l identification des chocs majeurs (socio politiques, climatiques et économiques) au Mali et dans les pays de destination (acteurs du marché) et leurs impacts sur la demande et l offre de bétail l évaluation des exportations liées à la tabaski, ramadan l évolution des quantités commercialisées du bétail malien (consommation domestique et exportation) l évolution des circuits et axes d exportation l évolution des quantités exportées par le Mali par marché de destination l évaluation des demandes par marché de destination (types de viande : embouche, veaux, adulte, congelée, abats etc.) l évaluation des offres concurrentes sur les marchés à l exportation la perception des acheteurs sur les marchés de destination sur la qualité et la fiabilité de l offre des animaux maliens, l évolution des prix sur les principaux marchés de destination l évolution des coûts de commercialisation par circuit y compris les coûts de transaction (barrières formelles et informelles, formalités à remplir, etc.) l évolution des politiques commerciales/sectorielles du Mali et des pays de destination (par exemples, restrictions sur l âge des animaux exportés) l évaluation des contraintes aux exportations dans le temps au Mali et dans les pays de destination Faire des recommandations sur les politiques à mener afin de mieux informer les acteurs sur le commerce et la compétitivité du bétail malien à l exportation. Les résultats attendus sont les suivantes : A l issue de la revue bibliographique, les résultats des différentes études seront analysées et leurs implications identifiées ; Les changements et effets des différentes crises sur les circuits de commercialisation du bétail du Mali avec ses voisins seront connus ; Des recommandations sur les politiques de commercialisation du bétail seront formulées afin de promouvoir le commerce et améliorer la compétitivité du bétail malien à l exportation suite aux différentes crises. IV. Organisation et déroulement Un atelier méthodologique sera organisé le 3 Octobre 2013 à Bamako pour les responsables SIMbétail chargés de la réalisation de l étude. A la suite de l atelier et des analyses à mener dans les pays respectifs, les responsables SIM-bétail délivreront pour chaque pays un rapport qui sera examiné et amendé par le commanditaire. 12 Avec des graphiques sur l évolution des prix, de la production, des importations, des exportations et de la consommation. 60