LE FINANCEMENT DES PME ET TPE Synthèse des résultats Le 17 décembre 2007
I- Les besoins de financement des PME et TPE Les besoins de financement des PME et TPE varient fortement en fonction de la taille de l entreprise. Ainsi, les PME font plus souvent appel à du financement externe que les TPE qui se financent d abord et avant tout par le recours à leurs fonds propres. Les dépenses que ces financements visent à couvrir sont également différentes, le point commun entre PME et TPE étant que ces demandes sont principalement adressées à des banques. 1. Des besoins de financement externe plus importants dans les PME que dans les TPE - De manière générale, les PME font plus souvent appel à des financements externes que les TPE, et ce quel que soit le type de financement. Au total, 72% des PME ont cherché à obtenir du financement externe pour leur entreprise au cours des 12 derniers mois (dont 77% dans les PME de 100 à 249 salariés), contre 40% des TPE (32% seulement dans les entreprises sans salariés, 67% dans celles de 6 à 19 salariés dont le comportement est en cela très poche de celui des PME). La taille de l entreprise est donc le principal facteur explicatif de la demande de financement externe. o C est surtout par le recours à leur fonds propres que les TPE se financent : 71% disent avoir déjà eu recours à ce mode de financement depuis leur création. Dans une moindre mesure, les TPE s appuient également sur les emprunts à plus de 3 ans (58% d utilisation), du découvert ou crédit de caisse (44%), du crédit bail (41%) ou des emprunts à moins de 3 ans (38%). o Le recours aux fonds propres est également fréquemment mobilisé dans les PME (68%), mais à un moindre degré que les emprunts à plus de 3 ans ou le crédit bail, auxquels ont recours 81% des PME. L utilisation de découvert (60%) et les emprunts à moins de 3 ans (56%) sont également des pratiques courantes. o Dans une moindre mesure, les PME recourent à l escompte (39%), à des subventions publiques (31%, mais 51% dans les entreprises de 100 à 249 salariés) ou à des augmentations de capital réservées à des personnes privées (29%) des modes de financement utilisés en revanche par moins de 15% des TPE. o Enfin, dans les PME comme dans les TPE, environ 20% des entreprises ont fait appel au soutien financier de leurs proches, tandis que très rares sont ceux qui utilisent des augmentations de capital réservées à des fonds de capital risque. Synthèse, le 17/12/2007 2/8
- Parmi les entreprises déclarant ne pas avoir fait de demande de financement au cours des douze derniers mois, la principale raison mise en avant par les dirigeants est que l entreprise n a pas eu besoin de financement externe (réponse citée par 93% des PME, 79% des TPE). o Ainsi, à entendre les patrons de TPE et PME, les justifications liées à la complexité d une telle démarche, à sa lenteur, à son coût ou à la crainte d un refus de la part de l organisme contacté n interviennent que marginalement pour expliquer qu aucun financement externe n ait été demandé dans l année passée. o Cela étant, si les freins semblent peu présents, ils ne sont pas totalement absents pour autant : 10% des dirigeants de PME et surtout 22% de ceux de TPE mettent en avant une explication de ce type ce qui signifie que les difficultés existent. o Une des justifications fréquemment mises en avant par les patrons de TPE est également le fait qu ils «n aiment pas avoir de dettes» (49%, contre 21% dans les PME). On observe donc dans cette population une certaine réticence à l égard de l emprunt, qui se traduit par la volonté d autonomie financière de leur entreprise alors même que du financement externe pourrait éventuellement lui être profitable. 2. Les types de financement sollicités ainsi que les raisons de recours au financement externe diffèrent également selon la taille de l entreprise - Quand l entreprise a fait une demande de financement au cours des douze mois écoulés, les besoins que celle-ci visait à satisfaire varient en fonction de la taille de l entreprise : o Les besoins de financement des TPE portent surtout sur le financement de leur fonds de roulement (pour 37% de ceux qui ont sollicité un financement externe au cours des 12 derniers mois) et l achat de véhicules (36%). Un tiers évoque aussi l achat de matériel informatique ou de bureau, un quart l achat d autres équipements ou des travaux d aménagement dans les locaux de l entreprise. o Dans les PME, le financement du fonds de roulement n est que la 5 ème raison évoquée par ceux qui ont demandé du financement externe depuis un an (31% de citations). Les raisons principales sont en effet l achat de véhicules (49%) et l achat d autres équipements (47%), suivis par des travaux d aménagement dans les locaux (36%) et l achat de matériel informatique ou de bureau (34%). o Enfin, les actions de promotion et de marketing ainsi que les investissements en Recherche et développement ne sont que très marginalement cités comme expliquant la demande de financement externe hormis dans les PME les plus grosses pour la R&D (17% de citations). Synthèse, le 17/12/2007 3/8
- Le type de financement recherché diffère également selon la taille de l entreprise : o Dans les TPE, c est surtout du découvert ou crédit de caisse qui a été mobilisé au cours des douze derniers mois (24%) ce qui semble cohérent avec des besoins concernant surtout le financement du fonds de roulement. Certaines de ces entreprises ont également eu recours à des emprunts (15% pour les emprunts à plus de 3 ans, 8% pour ceux à moins de 3 ans). Les autres types de financement sont comme plutôt marginaux. o Dans les PME, le crédit bail (44%) et les emprunts à long terme (38%) apparaissent comme les modes de financement les plus fréquemment sollicités, devant, entre autres, le découvert (32%), l escompte (22%) ou les emprunts à court terme (18%). - Le recours à l emprunt n est donc pas le même dans les PME et dans les TPE. o La majorité des TPE (70%) n a pas souscrit d emprunt auprès de banque au cours des 12 derniers mois. Quand un emprunt est souscrit par ces entreprises, il porte principalement sur des petites sommes (seuls 10% ont souscrit pour plus de 25 000 ). o Le profil des PME est bien différent, puisqu elles recourent plus facilement que les TPE à l emprunt, et pour des montants plus importants. Ainsi, seules 40% des PME n ont pas souscrit d emprunt après de banques au cours de l année passée, tandis qu elles sont presque aussi nombreuses 36% à avoir souscrit un emprunt pour un montant supérieur à 100 000 (44% dans les PME les plus grosses). - Ces constatations sont vérifiées quand l on s intéresse non plus aux demandes de financement effectuées au cours des douze mois passés, mais aux demandes prévues pour les douze mois à venir. o 60% des PME disent avoir l intention de chercher à obtenir du financement externe au cours des douze prochains mois, principalement par un emprunt à plus de 3 ans ou du crédit bail (33% prévoient d y recourir dans l année à venir), du découvert (18%) ou de l escompte (15%). Des demandes de financement dont l objectif est principalement d acheter des véhicules ou d autres équipements. o Dans les TPE, les anticipations de demande de financement externe sont moindres 29% et concernent surtout du découvert (13%) ou un emprunt à plus de 3 ans (12%). Le but étant là encore d acheter des véhicules ou de financer le fonds de roulement. - Le recours plus important à du financement externe dans les PME que dans les TPE se traduit par des frais financiers plus élevés. 76% des TPE ont payé moins de 2 500 de frais financiers au cours de leur dernier exercice ce qui n est le cas que de 32% des PME, alors que 36% d entre elles paient plus de 10 000 de frais financiers. Synthèse, le 17/12/2007 4/8
3. En revanche, TPE comme PME s adressent principalement à des banques Les entreprises ayant fait une demande de financement externe au cours des douze derniers mois se sont adressées dans leur très grande majorité à une ou plusieurs banques, et ce quelle que soit la taille de l entreprise (92% dans les PME comme dans les TPE). Reflet de leur utilisation plus fréquente du crédit-bail, 35% des PME se sont également adressées à des sociétés de crédit bail (44% dans les PME de plus de 100 salariés, 19% seulement dans les TPE). II- Les entreprises et leur banque : une relation de proximité - Les TPE comme les PME s adressent principalement à des banques lorsqu elles ont besoin de financement externe pour leur entreprise, et cette démarche s inscrit en règle générale dans le cadre d une relation de proximité avec un interlocuteur familier. Cependant, leur attitude diffère en partie : o Les TPE s adressent le plus souvent à une seule banque (c est le cas de 63% de ceux qui ont fait une demande de financement à une ou plusieurs banques), qui est dans la quasi totalité des cas la banque habituelle de leur entreprise. Et si plusieurs banques sont contactées, la banque finalement retenue est généralement également la banque habituelle de l entreprise (65%). o En revanche, dans les PME, la mise en concurrence de plusieurs banques est la norme (80%, dont 43% qui s adressent à au moins 3 banques). Mais la relation de proximité joue également un rôle essentiel : que la PME contacte une seule ou plusieurs banques, l établissement retenu est généralement la banque habituelle de l entreprise qui peut être également celle qui offre les meilleures conditions quand plusieurs banques sont mises en concurrence. - Cette bonne relation qu entretiennent les TPE et PME avec leur banque s illustre dans le très fort taux d acceptation de la demande de financement (96% quand une seule banque est contactée, tandis que, quand plusieurs banques sont mises en concurrence, les refus sont plus fréquents mais restent rares), ainsi que dans l importante satisfaction que témoignent les dirigeants à l égard de la prestation de la banque : plus de neuf chefs d entreprise sur 10 s en disent satisfaits (dont 42% très satisfaits dans les TPE, 48% dans les PME). Cette satisfaction est particulièrement forte quand l entreprise n a contacté qu une seule banque. Synthèse, le 17/12/2007 5/8
- La proximité se traduit également par le fait que, dans six cas sur dix, l organisme de financement contacté ne demande pas d apporter de garantie au dossier de financement. o Quand une garantie est demandée, elle porte surtout sur les biens personnels du / des propriétaire(s) de l entreprise (pour 21% des TPE) ou sur les biens appartenant à l entreprise (19% des PME). Il est très rare que l on demande à une personne autre que le propriétaire de l entreprise de se porter caution (4%), ou que l entreprise fasse appel à une société de caution mutuelle (2%). o Cependant, le type de garantie demandée varie en fonction du montant emprunté, plus que de la taille de l entreprise. Quand le financement ne consiste pas en un emprunt auprès de banque, ou consiste en un emprunt de faible valeur (moins de 25 000 ) il est fréquent qu aucune garantie ne soit demandée. En revanche, pour les emprunts d un montant supérieur, une garantie est demandée dans la moitié des cas elle porte en général sur les biens personnels du propriétaire, voire sur les biens appartenant à l entreprise dans le cas des sommes les plus importantes. - Malgré cette relation privilégiée entre les entreprises et leur banque, les banquiers ne sont pas les seuls vers qui se tournent les entreprises qui recherchent des conseils ou des informations sur leur financement o Les banques sont naturellement des interlocuteurs évidents : elles sont sollicitées par 66% des TPE et 69% des PME. o Cependant, les experts-comptables sont aussi des interlocuteurs de premier plan sur cette question : 61% des TPE et 55% des PME disent s adresser à eux pour obtenir des conseils et informations sur le financement de l entreprise. Alors que les avocats (13% de citations dans les PME) ou les chambres de commerce et de métier (18% dans les TPE, 23% dans les entreprises sans salarié) n arrivent que loin derrière. o Dans les TPE, experts comptables et banques sont presque cités au même niveau les premiers devançant même les seconds dans les entreprises de 6 à 19 salariés. En revanche, quand la taille de l entreprise augmente, et que les chefs d entreprise disposent de ressources en interne sur ces questions, les banques prennent le devant : dans les PME de plus de 100 salariés, 74% s adressent à une banque et 35% à un expert-comptable pour obtenir des conseils sur le financement de leur entreprise. Dans ces grosses PME, les contacts professionnels sont également une source de conseils et d information appréciée (23% de citations). Synthèse, le 17/12/2007 6/8
III- Les difficultés rencontrées en matière de financements Les patrons dans leur ensemble ne semblent pas rencontrer de véritables problèmes quand ils ont besoin de financement externe. Cependant, la perception n est pas la même pour toutes les entreprises, et les difficultés rencontrées semblent plus importantes dans les entreprises les plus récemment crées, ainsi que, dans une moindre mesure, dans les entreprises les plus petites. 1. En moyenne, l accès au financement ne pose pas de réel problème aux entreprises - Dans leur grande majorité, les dirigeants de TPE et PME estiment que leur entreprise dispose de financements suffisants pour mener à bien leurs projets (92% dont 66% tout à fait dans les PME, 81% dont 52% tout à fait dans les TPE). - De même, ces entreprises jugent globalement qu il n y a pas de barrière empêchant l accès aux prêts bancaires : 68% des PME et 56% des TPE pensent que l accès aux prêts octroyés par les banques est facile. - Et la crise financière de l été dernier n inquiète pas outre mesure ces dirigeants, qui pensent à 50% dans les TPE, à 61% dans les PME que cela ne va rien changer pour l obtention de financement par les entreprises comme la leur (respectivement 38% et 32% pensent que cela va rendre l obtention de financement moins facile). - Enfin, les dirigeants d entreprise ne se plaignent pas particulièrement du montant des frais financiers qu ils supportent. Ils les jugent en effet en général adaptés à la situation de leur entreprise : o 55% des patrons de PME jugent leur montant normal, 20% élevé et 19% excessif. o Dans les TPE, 42% estiment ce montant normal, 25% élevé et 23% excessif. o Ce jugement dépend donc de la taille de l entreprise plus que du montant des frais financiers supportés : 42% des entreprises sans salariés jugent le montant payé normal et 26% excessif, contre respectivement 65% et 11% dans les entreprises de plus de 100 salariés. Synthèse, le 17/12/2007 7/8
2. Certaines entreprises les plus petites et les plus récentes paraissent cependant plus en difficultés - Malgré ce tableau plutôt positif, la proportion de dirigeants qui estiment que l accès aux prêts bancaires est difficile n est pas négligeable surtout dans les entreprises les plus petites : 40% partagent cette opinion dans les entreprises sans salariés. - La satisfaction à l égard des financements dont dispose l entreprise ainsi que le sentiment que l accès aux prêts est facile varient surtout en fonction de l ancienneté des entreprises : o Dans les entreprises de plus de 30 ans d existence, 56% des dirigeants estiment avoir tout à fait suffisamment de financement pour mener à bien leurs projets, et 65% jugent l accès aux prêts bancaires facile. o En revanche, ce n est le cas que de 36% et 35% dans les entreprises de 5 ans ou moins. Dans ces entreprises les plus récentes, près de deux tiers des dirigeants trouvent au contraire l accès aux prêts bancaires difficile. - Ce sont également ces entreprises récentes qui craignent le plus l effet néfaste que peut avoir la crise financière sur l accès au financement. 53% estiment en effet que la crise financière des derniers mois rendra l obtention de financement par les entreprises comme la leur moins facile. Fiche technique : cette étude a été réalisée entre le 7 et le 17 septembre 2007 par téléphone auprès d un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d entreprise croisée par le secteur d activité, région). L échantillon a été raisonné pour disposer d environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l entreprise, du secteur d activité et du découpage géographique par région. Synthèse, le 17/12/2007 8/8