La direction chorale en bref Guy Barblan Table des atières Introduction......................................... p.2 Le directeur......................................... p.2 La chorale.......................................... p.3 La voix............................................ p.4 La partition......................................... p.5 La gestique.......................................... p.9 Mise en pratique...................................... P.13 La répétition......................................... p.15 1 ère édition 2009 Editions PSLMODI Tous droits réservés. Bossonnaz 12, 1023 Crissier Tél: 0041.21.634.33.32 fax: 0041.21.635.97.50 1 E-ail: psalodia.edition@worldco.ch
Introduction La pratique du chant en groupe apporte beaucoup de richesses, autant sur le plan usical que sur le plan relationnel entre les choristes. Lorsque l on chante enseble, la usique prend vie, elle s aplifie, elle va alors être transise aux auditeurs. Les chanteurs ne vont pas uniqueent lire une partition, ils vont l interpréter, et c est là que le directeur va jouer un rôle fondaental, non pas uniqueent pour aider les chanteurs dans cette lecture, bien que ce soit aussi son rôle, ais bien plus dans ce qui sera transis par la usique. Depuis la esure qui précède le orceau jusqu au silence qui le suit, il tient les rennes de l enseble, par sa personne, par sa présence, par sa gestique, par son sens de la usique, et ce êe s il n est pas un virtuose de la technique. Le directeur Pour diriger une chorale, il faut bien sûr aier la usique, ais aussi avoir un iniu de copétences, savoir se faire respecter sans faire de l autoritarise. Le directeur va insuffler l esprit de la chorale, va donner vie à la usique. - Copétences usicales: bon lecteur de partition, sens du rythe, bonne voix, oreille attentive, si possible une large tessiture, large répertoire, si possible être capable de travailler avec un clavier. - Copétences personnelles: un bon sens du leadership, avoir de la patience, ais aussi de la fereté, une pointe d huour sera toujours la bienvenue, ne pas placer son identité dans ce que l on fait, avoir un esprit d équipe, car on travaille enseble à une êe oeuvre. On pourrait bien sûr allonger cette liste, et cela va beaucoup dépendre du niveau de la chorale que l on va diriger, soit sur un plan local, dans son église, dans son village, ou alors pour des grands concerts, avec orchestre. Il est tout d abord iportant d aier ce que l on fait, de le faire avec une attitude de service et un esprit d excellence. L enthousiase que vous pourrez couniquer à vos choristes va se transettre à votre public. 2
La chorale Les tessitures Voici les 4 principales tessitures d une chorale ixte: Voix de fees: Soprano: voix aiguës lto: voix graves Voix d hoes: Ténor: voix aiguës Basse: voix graves Basse: Ténor: lto: Soprano: Disposition des chanteurs On peut disposer les choristes de différentes anières. Voici 4 exeples pour un choeur ixte. Dans les deux preiers, on a un nobre équilibré par voix. Les exeples 3 et 4 sont favorables si le nobre d hoes est inférieur, et ils se prêtent bien pour des parties à 3 voix, car alors on regroupe les hoes. Exeple 1 Exeple 2 Exeple 3 Exeple 4 3
La voix Nous allons nous pencher sur notre instruent principal et essayer d en coprendre les écanises afin d en retirer le eilleur. Il faut tout d abord distinguer trois éléents: - le phonateur - la caisse de résonnance - la pope Le phonateur: coent est créé le son? On parle des cordes vocales. En fait, il n y a pas de corde, ais deux uscles dans une boîte, le larynx, qui vont agir coe une feuille d arbre entre nos doigts: on souffle, on ressert plus ou oins les doigts, et cela fait des sons différents. Il en va de êe avec nos deux uscles qui se tendent ou se détendent pour créer différents sons. La caisse de résonnance: Tout d abord la bouche. C est une cavité odulable dans son volue, qui perettra de changer le tibre du son. Puis la boîte crânienne, principaleent la fosse nasale, de diension fixe, qui peret au son de s aplifier. Fosses Nasales Palais Bouche Voile du Palais Pharynx Larynx Cordes Vocales Trachée La pope: Les pouons. Leur rôle est fondaental, car c est d eux que dépendra la puissance du son, la qualité des notes tenues, leur longévité, etc... Cette pope fonctionne grâce à trois éléents: Inspiration Trachée Pouons Coeur Expiration 1) L élasticité de la atière, qui agit coe une éponge que l on serre et qui se gonfle naturelleent. 2) Les uscles intercostaux, qui vont copresser les pouons pour faire sortir l air, ou au contraire, qui vont augenter le volue, pour attirer l air à l intérieur. 3) Le diaphrage, grand uscle assez ince, sur lequel vont s appuyer les deux pouons. Ce uscle joue un rôle iportant pour replir et pour vider les pouons, et surtout pour soutenir le son avec puissance et aintien. Le contrôle de son action va déteriner en grande partie la qualité du son, que se soit pour les fortissio, ais surtout pour les pianissio que les chanteurs devront tenir. 4
Structure d une partition Clef de sol élodie piano >? Clef de fa Valeurs relatives des notes La ronde: 1 La partition! 1. D.S. 2. D.S. al Coda! 4 ø øæ øæ æ!! 4 ø øæ øæ æ Å!! 4 ø øæ øæ æ rure D.S. = Dal signe, revenir au signe Fraction, ou coposition de esure 1 ère sortie avec reprise barres de esure al Coda = aller à la fin du orceau, au signe ± Coda 2 èe sortie avec reprise barres de reprise D.C. ± Coda D.C. = Da Capo: reprendre au début double-barre: fin du orceau La blanche: 2 La noire: 4 t t t t La croche: 8 t t La double-croche: 16 t t t t 5
= =. = Valeurs pointées, ou notes = coposées =. t = Lorsque l on ajoute un point à une note, on lui ajoute la oitié de sa valeur. On dit alors que c est une note coposée. = = = = a. = = t =. t ti = = + = + = =. t = = = = b t = I. ti t = = + = + J = t =. t ti = = t = c La faille = = ades silences = = ti =. a la pause ti Jt = = ti = (désigne aussi une esure coplète) = = = = d = le dei-soupir = b la dei-pause b = tj = t = = t = = e le quart de soupir Exeple de valeur coposée: = c le soupir c c «c d = c «= c + d = ti = triolet = ti d d Lorsque l on rencontre un groupe de trois notes de valeur égale avec, au-dessus, le chiffre 3, cela signifie que ces trois notes ont la valeur de deux notes (trois pour deux), ou d une note de la = tj valeur supérieure. On peut dire que l on fait une petite incursion ternaire dans du binaire. = = tj e e Exeples: Û Û Û Û Û Û Û Û t t t t t t t t t t t t t t = = Û Û Û Û Exeple de t triolet ti t ti t t ti t t de noires ti dans le chant t JEM 314: t Majesté 4 Û 4 t «t t t 4 t 4 t t t t 4 ti t t t t t t «t t t ti Ma - jes - té, à lui la a - jes - té, 6
Les altérations Une altération est un signe qui augente ou diinue une note. On trouve 2 cas de figure: 1) à la clef: c est l arure: l altération agit alors sur la note précisée durant tout le orceau. 2) en cours de partition, devant une note: l altération agit sur la note en question, et reste active jusqu à la fin de la esure. dièse: = 1/2 ton plus haut double-dièse: = 1 ton plus haut béol: = 1/2 ton plus bas double-béol: "" = 1 ton plus bas bécarre: = annulation d une altération, on revient à la note norale Tonalité d un orceau! Chaque orceau est écrit dans une tonalité de base. Cette tonalité est déterinée par ce que l on appelle l arure, à savoir les dièses ( ) ou les béols ( ) que l on trouve à la clef. Soit nous soes dans une tonalité ajeure, soit dans sa relative ineure, dont la tonique (note de base) se trouve à un intervalle de tierce ineure plus bas. Exeple: avec 1 dièse à la clef, selon le tableau suivant, nous soes en sol ajeur, ou en i ineur. Tonalités Majeures, avec des!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Do Sol Ré La Mi Si Fa Relatives ineures!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! la i si fa do sol ré stuce pour trouver la tonalité ajeure: le dernier dièse à l'arure affecte la 7èe; en d autres teres : la tonique est la note qui vient juste après celle du dernier dièse. Tonalités Majeures, avec des " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " Fa Si Mi La Ré Sol Relatives ineures " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " " ré sol do fa si i stuce pour trouver la tonalité ajeure: l'avant dernier béol à l'arure est la tonique. 7 "
La esure Un orceau de usique est divisé en esures égales, séparées par des barres de esures. Les deux chiffres placés en début de orceau après la clef indiquent la coposition de chaque esure. Selon le paragraphe valeurs relatives des notes, la ronde vaut un entier. Les deux chiffres correspondent à une fraction de cette ronde. = 4 Nobre de..., ici fois 4 t t t t 4 t t t...de quoi, ici 4= 3 la 4 t t t noire 3 t t 2 4 t Mesures les plus fréquentes 4 t t t t t 3 2 2 4 t t t esure esure 6 à 2 teps, unité : la B à 4 teps, unité : la C 2 6 8 t 4 t 4 t t t t t t t t 3 8 2 3 8 3 4 t t t t t t esure t 6 8 t 2 à 3 4 t teps, unité t : la C esure à 3 teps, unité : la D t esure esure 3 à 2 teps, unité : la C 8 t. à 2 teps, unité : la C 2 6 8 t t ä = «= = 4t «t = + «= 2 teps 3 8 ä t = = = 4 ã 2 = = = 8 ã 2 = = = Le chiffre du bas correspond à une valeur de note. Le chiffre du haut indique le nobre de fois que l on trouvera cette valeur dans chaque esure. Généraleent, c est le nobre de teps, sauf pour les esures en 6/8, 9/8, 12/8, où la noire pointée vaut un teps.
La gestique La pulsation, la respiration vant toute chose, il est iportant de se tenir bien droit, en équilibre, en évitant de partir en avant ou en arrière, être à l aise, oser prendre de l espace. On va débuter par un geste siple qui arque les pulsations du chant, à deux ains. Chaque teps est alors arqué vers le bas, coe une balle qui rebondit. On va ensuite faire ressortir les teps forts des teps faibles, ainsi que les respirations. Le style du orceau, les nuances, vont déteriner notre gestique, plus ou oins cale, ou plutôt énergique, plus ou oins aple. appui de la respiration geste de respiration La direction étrique Nous allons aussi coencer par un travail à deux ains en syétrie, puis passer ensuite à une gestique dissociée, afin de libérer une ain pour les nuances, phrasés, notes tenues, arrêts, etc... Voici les trois types de esures les plus utilisés, avec la gestique pour gaucher et celle pour droitier. Il faut que le geste soit souple tout en restant précis. Le ieux est de arquer légèreent les teps, coe une balle qui rebondit, ou coe le geste d un petit coup de pinceau. Mesure à 2 teps Gaucher Droitier 1 2 2 1 Mesure à 4 teps 1 1 3 4 2 2 4 3 Mesure à 3 teps 2 3 1 1 3 2 9
Geste de départ Sur la base du geste pour la esure à 4 teps, nous allons travailler ici différents départs, sur un des 4 teps de la esure, puis sur les levées de ces 4 teps. Nous travaillons d abord le geste à deux ains, en syétrie, puis à une ain, afin de garder la étrique avec l autre. Le geste de départ concernera toute la chorale, ou seuleent une partie. Il faudra alors qu il soit ciblé. Quelques principes: vant le départ: Le départ: - Donner le ton - Donner confiance, être stable - Sourire - Préparer le geste, sans précipitation - Donner le tepo, avec une esure ou partie de esure vide. - Faire un geste plus aple, clair et précis, en respirant avec les choristes sur le teps précédent (cf geste de respiration). - Départ sur un teps: on va aplifier le teps qui précède le départ. - Départ sur une levée: ide, ais on brusque légèreent le geste. Départ sur le teps 1: Départ sur le teps 2: resp. resp. Départ sur le teps 3: Départ sur le teps 4: resp. resp. Départ sur le teps 1/2: Départ sur le teps 1 et 1/2: resp. resp. Départ sur le teps 2 et 1/2: Départ sur le teps 3 et 1/2: resp. resp. 10
Geste d arrêt Il faut distinguer deux types d arrêt: - fin de phrase en cours de orceau - fin de orceau Le geste d arrêt que nous proposons est le êe pour ces deux cas de figures, ais pour une fin de phrase, il faudra rester dans la étrique avec une ain et faire le geste avec l autre. Le geste consiste à ferer la pince des doigts. Par ce geste, on signifie la volonté de ferer le flux de usique. Pour un arrêt en cours de orceau, le geste d arrêt se fait sur le teps qui suit la dernière note. Parfois, il est nécessaire de racourcir la dernière note en ajoutant un soupir, afin de perettre à la chorale de bien respirer. exeple de base: avec correction: geste d arrêt Pour une fin de orceau, on arrête la étrique, on fait tenir la note (durée libre selon la volonté du directeur), puis on fait le geste d arrêt. Il est iportant que le geste vive jusqu à la fin. près le geste d arrêt, il faut arquer un teps de silence avant de libérer l attention des choristes. tenue geste d arrêt 11
Notes tenues Pour qu une note soit bien tenue par les choristes, nous allons utiliser une ain qui bat la esure et l autre qui va encourager à tenir la note, en la présentant coe si on tenait un objet. Notre geste devra évoluer en progression constante. La difficulté est de dissocier coplèteent les deux ains, afin d avoir un geste linéaire. Pour une note finale, on arrête de battre la esure. 1 ain gauche 2 4 ain droite 3 Les nuances La anière la plus siple de ontrer des nuances est de battre la esure avec un geste plus ou oins aple à une ou à deux ains. Puis on va travailler avec les deux ains dissociées, coe pour les geste de départ et les notes tenues. On peut à tout oent utiliser les deux ains pour donner plus d iportance à une note. retenir la note, nuance pp 1 2 4 ain droite 3 développer la note, nuance ff 12
Mise en pratique Voici un petit travail sur la base d un chant de structure assez classique. vant de coencer: 1) tonalité du chant: Ré Majeur 2) rythe: 4 teps par esure, à la noire 3) 4 voix, choeur ixte 4) départ du chant sur une levée, 4 èe teps, de êe que pour tous les débuts de phrase, sauf à la esure 2, ou on a une levée de croche, donc geste légèreent brusqué 5) iportance des phrases et des respirations 6) structure: couplet/refrain 7) esures 4 et 12: notes de résolution pour les voix d lto et Ténor à indiquer 8) dernière esure: si reprise, nécessité de faire une blanche et un soupir pour bien respirer avant le couplet deux et trois. u final, garder la note un peu plus longteps. Mon ancre et a voile (David Durha) 13
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La répétition La gestion de la répétition va être très iportante, car d elle dépendra la vie du choeur, la rapidité d apprentissage, le plaisir de chanter, etc... Voici tout d abord quelques principes de base: - Dynaique du début à la fin - biance de confiance, de plaisir, de rigueur, d écoute de l autre - Discipline, ponctualité Prograe d une répétition - Mise en voix, échauffeent - Prendre un chant déjà connu, cale, en souplesse - pprentissage d un nouveau chant: - pprentissage de la élodie, sans les paroles, sur «no-no-no» par ex. - Diction: ise en place des paroles, à réciter en rythe - lterner les ouveents lents et les ouveents rapides - lterner le travail des voix, phrase par phrase, par exeple: phrase 1: Soprani phrase 1: lti phrase 1: Soprani + lti phrase 1: Ténors phrase 1: Basses phrase 1 : Ténors + Basses phrase 1: 4 voix etc..., sans toujours coencer par les soprani Tout au long de l apprentissage d un nouveau chant, il est iportant que le directeur reste dans le tepo, sans relâcheent, en passant d une voix à l autre, d une phrase à l autre, du début à la fin du orceau. C est très astreignant, ais de cette anière, l attention des choristes ne se relâche pas, et on évite les bavardages classiques que l on a dans toutes les chorales (ce n est pas toujours efficace!). L apprentissage Deux techniques : 1) Par iitation, basé sur la transission orale, le directeur chante, le choeur répète 2) Travail sur partition: le directeur guide les choristes dans la lecture de leur partition La plupart du teps, on utilise un peu des deux techniques, ais le directeur doit de toute façon connaître chaque voix avant la répétition. L apprentissage peut aussi se faire par pupitre (voix), avec dans ce cas là un chef de pupitre. Cela peret de gagner un peu de teps, ais le travail de l enseble reste obligatoire, afin de s habituer à entendre les autres voix. 15
Vocalises Nous vous proposons ici quelques exeples de vocalises, pour ettre en voix vos choristes avant de répéter les chants ou avant un concert. L iportant est de travailler d abord la souplesse, puis d aller pas à pas vers des exercices de précision. Chaque exercice est à faire en ontant ou en descendant par dei-ton. etc... 16