AMO Elaboration du Schéma Régional des Formations Sanitaires et Sociales Groupe de travail 4.1 : Universitarisation des formations paramédicales et de sages-femmes Dijon, le jeudi 14 mars 2013 Personnes présentes Cf. Annexe Ordre du jour Accueil des participants Rappel des principes et objectifs de la mission d AMO Présentation des principaux éléments d état des lieux et de diagnostic sur la thématique de travail Discussion autour de ces éléments de diagnostic Présentation et discussion sur les éléments de problématique Pause Proposition d une première synthèse des débats et discussion Points abordés Introduction de Mme Cordier Conseil Régional de Bourgogne Le Conseil Régional rappelle la décision d élaborer un seul schéma, regroupant les formations sanitaires et les formations sociales, ainsi que le contexte particulier de l élaboration de ce schéma : la prochaine loi de modernisation de l action publique va impacter le domaine de la formation, les formations post-bac vont être intégrées dans le dispositif LMD, les formations infra-bac ont été refondées, etc. La volonté de la Région est de travailler sur le rapprochement des deux secteurs sanitaire et social, et place l innovation et l expérimentation comme objectifs. Le Conseil Régional rappelle l existence de la plateforme Internet dédiée à cette mission (http://www.strasbourg-conseil.com/schema_regional_des_formations_ sanitaires_et_sociales_de_bourgogne.4060.html), ainsi que la possibilité de transmettre des contributions écrites au cabinet Strasbourg Conseil (fm@strasbourg-conseil.com). Le groupe 4 traitant de l universitarisation des formations a été scindé en deux sessions, l une portant sur les formations paramédicales et de sages-femmes, l autre sur les formations sociales, afin d assurer un temps d échange égal pour les deux catégories de formation. Remarques sur la note de cadrage Suite à la présentation par Strasbourg Conseil, l Université de Bourgogne précise qu il n y a aucune volonté de phagocyter les établissements de formation. Le budget de l Université n augmente pas, et toute nouvelle formation se fait au détriment d une autre. Les Masters à l Université doivent s autofinancer. Le Master 2 Périnatalité s autofinance sans problème. L Université de Bourgogne précise également que le recrutement des étudiants masseurs-kinésithérapeutes via la PACES est le plus ancien à avoir été mis en place en France. Cette voie de recrutement permet un socle de connaissances en sciences fondamentales plus important chez les étudiants, ce qui dégage du temps pour les stages. Strasbourg Conseil SARL 2013 Document de travail 1/5
Les poursuites d études à l université ont toujours existé, avant l universitarisation. Des équivalences étaient accordées aux masseurskinésithérapeutes par exemple. La direction envisagée pour l école de sages-femmes est la création d un département pédagogique dans l UFR de santé pour les sages-femmes. Les UFR de pharmacie et de médecine vont sûrement fusionner. Le Conseil Général de la Nièvre mentionne que les domaines paramédicaux et sociaux intéressent les départements, du fait de l importance des besoins locaux. Il ne faut donc pas être trop tenté par la centralisation. Points de discussion La problématique du financement des formations Le Conseil Régional souligne le fait que les modifications actuelles et à venir de l appareil de formation ne prennent pas forcément en compte l emploi et l employabilité ; ces modifications ayant en effet des conséquences sur les financements des formations. Par exemple, pour les spécialisations infirmières, les formations sont susceptibles de durer deux ans, permettant ainsi l obtention du grade de Master 2. La formation d une puéricultrice coûterait 150 000/160 000 contre 80 000 actuellement. Les employeurs et/ou les OPCA rencontreront davantage de difficultés à former leurs personnels. L universitarisation engendre une préparation en amont des formations plus conséquente pour les OPCA, par exemple pour l anglais qui a été introduit dans le référentiel de la formation d infirmier, et qui pose des difficultés aux professionnels en reprise d études par exemple. D autre part, certaines formations coûtent cher, du fait d un taux d encadrement élevé par exemple. La formation des cadres de santé coûte environ 20 000. De nouvelles voies de formations et de nouveaux outils pédagogiques Au vu des contraintes financières, d autres méthodes d apprentissage sont à envisager : FOAD, visio-conférence, etc. Toutes les formations ne peuvent exister en Bourgogne. L Université de Bourgogne a une enveloppe prévue pour le numérique, afin de limiter les déplacements des étudiants (schéma au mois de mai 2013). L Université et les IFSI développent ces aspects. L Université souhaite à terme enregistrer des enseignements tels que la biologie, afin de les diffuser ensuite dans les IFSI. En parallèle, il faut développer les enseignements dirigés par petits groupes. Le télé-enseignement est d ailleurs déjà utilisé pour le Master Périnatalité. Ces aspects ont été soulevés dans le cadre du Schéma Directeur Immobilier et d Aménagement (SDIA). Le Conseil Général de la Nièvre signale que le volet numérique (FOAD) va être développé sur le site où sera implanté l IFSI. A terme, la Nièvre souhaiterait accueillir une PACES. Le Conseil Général souligne que la visio-conférence a été développée au Mans pour l organisation d une PACES délocalisée, et que le système fonctionne très bien. Les difficultés existantes autour du développement de ces outils pédagogiques portent peut-être davantage sur l aspect culturel que technique. Le SRFSS pourrait intégrer la volonté d être tourné vers les méthodes innovantes. La gouvernance Le Groupement de Coopération Sanitaire existant n a pour l instant pas de rôle dans l accompagnement des étudiants et dans les financements des formations. Dans le cadre de la convention relative au processus d universitarisation de la formation infirmière, la Région finance un poste de coordonnateur dont 50% est dédié à la dite formation. Le Conseil Régional souhaiterait une convention-cadre impliquant les formations paramédicales, et pas seulement la formation d infirmier. Cette convention-cadre pourrait prévoir un collège paritaire/collège employeurs, ce qui permettrait d avoir le pendant de la théorie. Strasbourg Conseil SARL 2013 Document de travail 2/5
Les formations 10% des étudiants infirmiers seront issus des PACES. L ouverture de cette voie de recrutement implique de travailler sur l intégration de ce public. Il faut également être vigilant sur les motivations de ces étudiants, afin d éviter tout choix par défaut. La répartition de ces étudiants n est pas encore définie dans les différents IFSI de la région. Il faut peut-être veiller à ce qu ils ne soient pas dispersés dans tous les IFSI, mais concentrés sur certains. L accueil de publics d origines différentes au sein des IFSI est parfois complexe, un investissement doit être réalisé afin de bien intégrer toutes les personnes formées (aides-soignants en formation d infirmier, etc.). Les méthodes pédagogiques en IFSI diffèrent de celles de l Université. Les textes préconisent de travailler sur l individualisation des parcours. Cette diversité des publics répond à une demande des employeurs d avoir des personnels davantage dans le relationnel pour certains, dans la technicité pour d autres, etc. La DRJSCS indique que depuis l universitarisation la déperdition d étudiants infirmiers par rapport aux quotas d entrée est tombée à 19%, contre environ 22/23% les années précédentes. Le taux de première présentation n a pas diminué, et les échecs n ont pas augmenté. Les acteurs rappellent l importance de l évaluation lors de la pratique, afin d éviter que les étudiants se présentent au diplôme sans les compétences requises sur ce plan. Le décloisonnement entre secteurs Le décloisonnement entre formations favoriserait la mutualisation, et ainsi une réduction des coûts. Les rapprochements ne sont pas toujours évidents, du fait de cultures différentes et d une certaine indépendance. Le Conseil Régional donne l exemple des sages-femmes et des puéricultrices, qui représentent 49 personnes en tout. Les rapprochements semblent d autant plus réalisables que de petits volumes sont concernés. L interrégionalité Les acteurs sont favorables à une réflexion interrégionale pour les spécialisations infirmières. En effet, les effectifs actuels, très réduits, ne permettent pas toujours d ouvrir les formations : IADE en Bourgogne, IBODE en Franche-Comté. Cette réflexion pourrait être conduite dans un esprit de réciprocité, avec une formation localisée en Bourgogne, une autre dans une région différente, etc. L école interrégionale déjà existante pour les ergothérapeutes et les psychomotriciens impose l obligation de réaliser les stages en Bourgogne pour les étudiants de la région. C est une initiative qui pourrait être dupliquée, afin d assurer les retours sur le territoire une fois le diplôme obtenu. Le Conseil Régional évoque la possibilité d un groupe de travail pour définir les formations susceptibles d être concernées, et envisager l ensemble des mesures incitatives possibles afin de faire revenir les personnes formées en Bourgogne. Ces réflexions pourraient par exemple concerner les orthophonistes ; une formation existe en Franche-Comté mais pas en Bourgogne (augmentation des effectifs bourguignons, obligations pour les stages de les réaliser en Bourgogne, etc.). Les réflexions interrégionales peuvent avoir lieu avec différentes régions, selon le secteur de la Bourgogne concerné. Par exemple la Nièvre réalise déjà des démarches conjointes avec des départements du Centre et de l Auvergne. Les stages Les stages de courte durée sont les plus problématiques, car les élèves ou étudiants peuvent difficilement prendre un nouveau logement pour quelques semaines uniquement. Il est signalé que le CROUS offre des chambres passagers, pour lesquelles des locations de courte durée sont possibles. Les employeurs n ont aucun budget pour gratifier les stages. Strasbourg Conseil SARL 2013 Document de travail 3/5
La volumétrie et la répartition La répartition des quotas infirmiers pourra être revue dans le cadre du SRFSS. A l époque de l augmentation des quotas, la répartition avait été effectuée en fonction des capacités d accueil de chaque IFSI. Depuis, certains IFSI ont changé de locaux et ont des capacités plus élevées. Le CHU de Dijon va lancer une étude au cours de l année sur la restructuration des écoles du CHU. Le SRFSS pourra intégrer cette réflexion. Les acteurs évoquent la possibilité d un concours commun pour les IFSI de la région. Le Conseil Régional tient à préciser que cette organisation ne serait pas sans conséquences, tant en matière de sélection que financière. Il faudra en peser toutes les incidences. Synthèse Sur le volet «Coûts et financement des formations», le développement de l interrégionalité pour les formations de spécialité, ainsi que la mutualisation et le décloisonnement sont deux axes de travail retenus par les acteurs. En termes de gouvernance, il s avère essentiel de créer un lieu de dialogue, avec un travail étroit associant l ensemble des acteurs de la filière. Une vigilance particulière devra être portée sur les conséquences des modifications de l appareil de formation sur l employabilité des diplômés. La place du GCS devra être précisée. Au niveau des formations, il faut veiller et travailler sur les parcours individualisés, pour la réussite et la diversité des publics (cf. recrutement d étudiants infirmiers via PACES). Le décloisonnement entre formations et la pluridisciplinarité semblent également répondre au nécessaire rapprochement entre secteurs. Enfin, sur le volet «Maillage territorial, coopération et outils pédagogiques innovants», l interrégionalité semble une piste à retenir pour l organisation des formations de spécialité notamment. Des mesures incitatives favorisant l implantation des professionnels en Bourgogne doivent être associées à cette réflexion. Les méthodes innovantes, telles que la FOAD et la visio-conférence devront être encouragées. Strasbourg Conseil SARL 2013 Document de travail 4/5
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