Bulletin de contrôle d'un miroir primaire Notice explicative



Documents pareils
AiryLab. 34 rue Jean Baptiste Malon, Gréoux les Bains. Rapport de mesure

AiryLab. 12 impasse de la Cour, Vinon sur Verdon. Rapport de mesure

ÉPREUVE COMMUNE DE TIPE Partie D. TITRE : Comment s affranchir de la limite de la diffraction en microscopie optique?

Sujet. calculatrice: autorisée durée: 4 heures

PHYSIQUE-CHIMIE. Partie I - Spectrophotomètre à réseau

Spectrophotomètre double faisceau modèle 6800

ANALYSE SPECTRALE. monochromateur

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

Interférences et applications

PHYSIQUE-CHIMIE. Partie I - Propriétés de l atome

Polissage des Miroirs d Advanced Virgo : un nouveau défi. Les solutions envisagées

Université Bordeaux 1 MIS 103 OPTIQUE GÉOMÉTRIQUE

Correction ex feuille Etoiles-Spectres.

Quelleestlavaleurdel intensitéiaupointm?

TP 7 : oscillateur de torsion

DIFFRACTion des ondes

L espace de travail de Photoshop

Microscopie de fluorescence Etat de l art

G.P. DNS02 Septembre Réfraction...1 I.Préliminaires...1 II.Première partie...1 III.Deuxième partie...3. Réfraction

COMPOSITION DE PHYSIQUE ET SCIENCES DE L INGÉNIEUR. Lecteurs optiques numériques

DIPLÔME INTERUNIVERSITAIRE D ECHOGRAPHIE. Examen du Tronc Commun sous forme de QCM. Janvier h à 16 h

Chapitre 22 : (Cours) Numérisation, transmission, et stockage de l information

Sujet. calculatrice: autorisée durée: 4 heures

Accessibilité ERP Guide des obligations liées à l accessibilité des personnes handicapées dans les bâtiments ERP existants.*

1. Introduction 2. Localiser un séisme 3. Déterminer la force d un séisme 4. Caractériser le mécanisme de rupture d un séisme

Chapitre 13 Numérisation de l information

OPTIQUE GEOMETRIQUE POLYCOPIE DE COURS

EXERCICE 2 : SUIVI CINETIQUE D UNE TRANSFORMATION PAR SPECTROPHOTOMETRIE (6 points)

Auscultation par thermographie infrarouge des ouvrages routiers

T. BONNARDOT 17/12/2010

Chapitre 6 La lumière des étoiles Physique

EP A1 (19) (11) EP A1 (12) DEMANDE DE BREVET EUROPEEN. (43) Date de publication: Bulletin 2011/09

Les moyens d observations en astronomie & astrophysique

Organisme certificateur : 10 rue Galilée Champs sur Marne Tél : +33 (0) Fax : +33 (0)

pka D UN INDICATEUR COLORE

SOMMAIRE. TP "Avancés" TP "Classiques"

Nom : Groupe : Date : 1. Quels sont les deux types de dessins les plus utilisés en technologie?

Étoiles doubles par Interférométrie des tavelures au T60 du pic du midi

PHYSIQUE 2 - Épreuve écrite

Niveau 2 nde THEME : L UNIVERS. Programme : BO spécial n 4 du 29/04/10 L UNIVERS

PRINCIPE MICROSCOPIE CONFOCALE

PROPRIÉTÉS D'UN LASER

Les escaliers nécessitent quelques particularités pour assurer la sécurité de tous.

Un spectromètre à fibre plus précis, plus résistant, plus pratique Concept et logiciel innovants

Les interférences lumineuses

Caractérisation non linéaire de composants optiques d une chaîne laser de forte puissance

NOTE SUR LA MODELISATION DU RISQUE D INFLATION

La spectro, c'est facile

MESURE DE LA MASSE DE LA TERRE

Module HVAC - fonctionnalités

LES LOIS PHYSIQUES APPLIQUÉES AUX DEUX-ROUES : 1. LA FORCE DE GUIDAGE

Procédures de tests en réflectométrie. Septembre 2013

INTRODUCTION À LA SPECTROSCOPIE

A chaque couleur dans l'air correspond une longueur d'onde.

TP SIN Traitement d image

RECOPLUS LOGICIEL DE GESTION DES RECOMMANDES NOTICE D UTILISATION DE RECOPLUS RESEAU. N de série

Sur le grossissement des divers appareils pour la mesure des angles par la réflexion d un faisceau lumineux sur un miroir mobile

Du Premier au Second Degré

TRAVAUX PRATIQUES SCIENTIFIQUES SUR SYSTÈME

Caractéristiques des ondes

Les moments de force. Ci-contre, un schéma du submersible MIR où l on voit les bras articulés pour la récolte d échantillons [ 1 ]

TD1 PROPAGATION DANS UN MILIEU PRESENTANT UN GRADIENT D'INDICE

TP 03 B : Mesure d une vitesse par effet Doppler

Table basse avec tablette encastrée

Chapitre 2 Caractéristiques des ondes

ÉTABLISSEMENTS RECEVANT DU PUBLIC (ERP) INSTALLATIONS OUVERTES AU PUBLIC (IOP) NOTICE D ACCESSIBILITÉ AUX PERSONNES HANDICAPÉES

Université Joseph Fourier Grenoble. Master Pro "Physique et Ingénieries" Spécialité "Optique et Photonique"

Vision industrielle et télédétection - Détection d ellipses. Guillaume Martinez 17 décembre 2007

Opérations de base sur ImageJ

PHYSIQUE Discipline fondamentale

La spectrophotométrie

D ETECTEURS L UXMETRE SUR TIGE C OMPTEUR DE FRANGES A FIBRE OPTIQUE. Détecteurs

Variotec 150/GV. La ferrure. Domaine d'utilisation. Données spécifiques HAWA-Variotec 150/GV. Exemples de construction. Entailles du verre.

Monitoring et suivi du comportement des chaussées

Observer TP Ondes CELERITE DES ONDES SONORES

Version 1. Demandeur de l étude : VM - BETON SERVICES 51 Boulevard des Marchandises L'HERBERGEMENT. Auteur * Approbateur Vérificateur(s)

FAG Detector II le collecteur et l analyseur de données portatif. Information Technique Produit

NOTICE DOUBLE DIPLÔME

P M L R O G W. sylomer. Gamme de Sylomer Standard. Propriétés Méthode de test Commentaires. Polyuréthane (PUR) Cellulaire mixte

SUIVI CINETIQUE PAR SPECTROPHOTOMETRIE (CORRECTION)

Adobe Illustrator Logiciel de dessin vectoriel et de Cartographie Assistée par Ordinateur

Commune X. Quelles nouvelles exigences pour l accessibilité de la voirie? Les prescriptions techniques de l arrêté du 15 janvier 2007

ÉPREUVE COMMUNE DE TIPE - PARTIE D. Mesures sur les fibres optiques

LE PHYSICIEN FRANCAIS SERGE HAROCHE RECOIT CONJOINTEMENT LE PRIX NOBEL DE PHYSIQUE 2012 AVEC LE PHYSICIEN AMERCAIN DAVID WINELAND

Fonctions de plusieurs variables

Centr axe 1 point. Serrures PMR à larder : pour personnes à mobilité réduite. du produit. Caractéristiques. Descriptif cctp. Références.

Chapitre 2 : étude sommaire de quelques instruments d optique 1 Grandeurs caractéristiques des instruments d optique Grossissement

Cours Fonctions de deux variables

Classe : 1 ère STL Enseignement : Mesure et Instrumentation. d une mesure. Titre : mesure de concentration par spectrophotométrie

Mise en pratique : Etude de spectres

TD: Cadran solaire. 1 Position du problème

Calcul des pertes de pression et dimensionnement des conduits de ventilation

TP 2: LES SPECTRES, MESSAGES DE LA LUMIERE

- Grille d'autodiagnostic Restaurants

- MANIP 2 - APPLICATION À LA MESURE DE LA VITESSE DE LA LUMIÈRE

Q6 : Comment calcule t-on l intensité sonore à partir du niveau d intensité?

MESURE ET PRECISION. Il est clair que si le voltmètre mesure bien la tension U aux bornes de R, l ampèremètre, lui, mesure. R mes. mes. .

Statistiques Descriptives à une dimension

Transcription:

Bulletin de contrôle d'un miroir primaire Notice explicative Données : disq : Diamètre mécanique du disque miroir opt : Diamètre optique du miroir R courb : Rayon de courbure du miroir (2x longueur focale) Focale : Longueur focale du miroir Ep : Epaisseur mécanique du disque miroir R 4 /e² : Ratio caractérisant la flexibilité du miroir (ref : «Lunettes et Télescopes» de A.Danjon et A.Couder) Flèche : Flèche de la courbure mesurée au centre du miroir Méridiennes : La mesure du profil de l onde émergeant du miroir contrôlé peut se faire selon plusieurs méridiennes (plans de coupes) illustrés dans l exemple ci-dessous (4 méridiennes maxi) : méridienne 1 méridienne 2 méridienne 3 méridienne 4

Les mesures sur plusieurs méridiennes peuvent ainsi mettre en évidence des défauts d astigmatisme (particulièrement sur les grands miroirs plus «flexibles»). Elles peuvent être «indépendantes» ou «liées» selon qu elles ont la même référence de mesure longitudinale ou pas. λ onde : Longueur d onde de la lumière prise en compte pour le calcul de la précision du miroir (en général 560 nanomètres correspondant à la longueur d onde moyenne du spectre visible) ρ : Diamètre de la tache de diffraction (au centre de la figure d Airy) Source : La source lumineuse de l appareil de Foucault utilisé pour les contrôles peut être fixe ou mobile (se déplaçant avec le couteau). Ce paramètre doit être pris en compte dans la réduction des mesures. Nb zones : Nombre de zones de l écran à échancrure utilisé pour le contrôle à l appareil de Foucault. Coef conique : Coefficient caractérisant la forme théorique de référence à contrôler (parabole : -1, ellipse : 0 à 1, hyperbole : inférieur à 1). Tableau des mesures : Zones : Pour contrôler un miroir asphérique (par ex parabolique), on décompose arbitrairement sa surface en un nombre donné de zones concentriques (on fait ce qu on appelle un échantillonnage). On assimile ensuite chaque zone à une portion de sphère dont on va mesurer le rayon de courbure. En fait, on va s intéresser à l écart des mesures entre zones (appelé tirage) que l on va comparer à l écart théorique de la forme parfaite. hx : Rayon extérieur des zones. hm : Rayon moyen des zones qui servira de base au calcul des aberrations longitudinales théoriques de l onde de référence. Mesures : Valeurs des tirages mesurés pour chaque zone et chaque méridienne (en général c est la moyenne de mesures pour une zone donnée afin d augmenter la précision). λf/ρ : Valeur calculée de l aberration transversale réduite par méridienne (voir paragraphe graphique «aberration transversale réduite

Graphiques : ½ profil de l onde : Σ A partir des valeurs de tirages mesurées à l appareil de Foucault, les calculs du bulletin de contrôle permettent de tracer le ½ profil de l onde (on ne trace qu un ½ profil car l autre est symétrique par rapport au centre du miroir). Attention : Il s agit du profil de l onde et non de celui du miroir qui a le même aspect mais avec une amplitude de défauts deux fois moindre. On compare ce profil en «dents de scie» à l onde de référence (celle qui émergerait d un miroir à la forme parfaite). Sur le graphique, cette onde de référence est matérialisée par une parallèle à l axe des ordonnées passant par le point le plus bas du profil. La hauteur du plus haut défaut par rapport à cette référence constitue le fameux «lambda» qui s exprime en fraction de la longueur d onde prise en référence. Il est spécifié en bas du graphique pour chaque méridienne avec le symbole Σ. Dans la littérature spécialisée, on l appelle aussi «plus grand écart de tautochronisme» ou «écart PTV» (peak to valley). Aberrations transversales réduites :

Dans un plan focal où la mise au point est théoriquement la meilleure compte tenu des défauts propres au miroir, on calcule pour chaque zone et chaque méridienne l écart transversal des rayons émergents par rapport à l axe optique et on le compare au rayon de la tache de diffraction (exprimé en valeur relative à ce même rayon). Selon le critère de Couder, sa valeur doit être inférieure à 1, c est-à-dire que les rayons émergeant de la zone concernée ne s écartent pas des limites de la tache de diffraction (dont le rayon = ρ). Le graphique représente ces valeurs pour chaque zone et méridienne dont les points sont reliés par une ligne brisée qui doit s inscrire dans les limites matérialisées par deux lignes horizontales continues (à +1 et 1 d ordonnée). La valeur maxi de l aberration transversale réduite pour chaque méridienne est indiquée en bas du graphique. Graphique de Milliès-Lacroix : Cette représentation graphique a été proposée en 1977 par Adrien Milliès-Lacroix dans la revue L astronomie de la SAF afin d alléger les calculs itératifs d un bulletin de contrôle qui se faisaient à l époque manuellement. Avec les outils informatiques modernes, cette méthode a grandement perdu de son intérêt. Elle est toutefois restée familière chez les tailleurs de miroirs d outre atlantique qui en conservent l usage encore aujourd hui. La courbe de référence matérialisant la forme parfaite est représentée par l axe des ordonnées. Les deux courbes symétriques (en trait continu noir) matérialisent la tolérance enveloppe admise sur les aberrations longitudinales (en plus ou en moins). Sa valeur est choisie de telle manière que les rayons aberrants ne s écartent pas des limites de la tache de diffraction (valeur approchée). Pour chaque méridienne et chaque zone, les aberrations longitudinales sont matérialisées par des points reliés par une ligne brisée. Cette dernière doit donc être contenue dans les limites de l enveloppe de tolérance.

Graphiques % de corrections : Ce graphique ne quantifie pas directement une précision du profil de l onde du miroir contrôlé. Par contre, il permet de visualiser les écarts d aberrations longitudinales entre zones mesurés au centre de courbure par rapport aux valeurs théoriques. Ainsi, l écart relatif entre 2 zones aura la valeur 100% s il est égal à l écart théorique d un miroir à la forme parfaite. S il est supérieur, les zones concernées sont en sur-correction, s il est inférieur les zones sont en sous-correction. Ce type de graphique est plus particulièrement utile au tailleur de miroirs qui peut ainsi visualiser simplement la progression de la mise en forme de l asphère zone par zone. Photographies : Foucaulgrammes : Il s agit de clichés du test de Foucault pris au centre de courbure de différentes régions du miroir : au centre, au bord et au niveau d une région intermédiaire (à 70% du centre). Il permet d appréhender visuellement un premier niveau qualité globale du miroir : Douceur de la forme, absence de bord rabattu, absence de mamelonnage, absence d astigmatisme,

Ronchigrammes : Ce test utilise un réseau serré de traits positionné à proximité du foyer. Le miroir étant ici testé en autocollimation, l image de ce réseau doit se traduire par des traits les plus rectilignes possible dans le cas d une absence de défauts zonaux. Interférogramme / astigmatisme : Ce cliché pris à l aide d un l'interféromètre Fizeau-sphérique permet d évaluer l astigmatisme du miroir. En l absence d un tel défaut, la figure se présente sous la forme d anneaux concentriques parfaitement circulaires. Dans le cas contraire, on note une ovalisation de la figure.

Contraste de phase : Ce test a été développé dès 1946 par l astronome français Bernard Lyot. Il utilise une lame de phase permettant de mettre en évidence l état de surface du miroir et notamment l importance du micromamelonnage. La présence de ce défaut se traduit par un aspect de «peau d orange» plus ou moins marqué. Divers : Ecart RMS : Il s agit d une sorte de moyenne (en fait l écart type) de l amplitude des défauts de forme constatés sur l ensemble des zones de contrôle. Ce critère est donc plus représentatif de la qualité globale du miroir que l écart PTV. Toutefois, s agissant du test de Foucault, il est à considérer avec prudence compte tenu du faible échantillonnage des mesures (nombre limité de zones). Rapport de Strehl : Ce rapport exprime le % d énergie lumineuse issus des rayons émergeant du miroir contrôlé se concentrant dans le périmètre de la tâche de diffraction. Un miroir parfait possède ainsi un rapport de Strehl de 100%. Un rapport de 80% correspond à un miroir dont l écart PTV est estimé à λ / 4 (critère de Rayleigh).

Ressources : Méthode de Foucault et bulletin de contrôle : «La Construction du Télescope d amateur» de Jean Texereau Chapitre 2-Réalisation du grand miroir (notamment paragraphes 28 à 40 et 46 à 48) http://www.astrosurf.com/texereau/chapitre.htm Méthode de Milliès-Lacroix : «Construction des miroirs d amateurs Méthode graphique simplifiée pour le contrôle et la conduite de la parabolisation» par Adrien Millièe-Lacroix http://adsabs.harvard.edu/full/1977lastr..91..128m «Réalisation de grands miroirs amateurs» - Revue Pulsar n 712 http://www.astrosurf.com/gap47/t400/documents/pulsar706_712.pdf Revue «ciel et Espace» n 158 Graphiques des corrections : «Principe d utilisation des machines à polir» http://www.astrosurf.com/gap47/t400/machine/utilisation_machines/utlisation_machines. htm Aberrations et défauts optiques : «Qualité optique et grands diamètres : vérifiez avant d acheter» de S.Debruyne et D.Vernet http://www.astrosurf.com/altaz/qualitoptique.htm «Les principaux défauts réels des surfaces optiques engendrées par différentes techniques de polissage» de Jean TEXEREAU http://www.astrosurf.com/tests/articles/defauts/defauts.htm Autres méthodes de contrôle : «Testez vos optique» de Patrick et Frédéric Lequèvre http://www.astrosurf.com/tests/