SESSION 2015 Métropole - Antilles - Guyane - Réunion Série : STAV BACCALAURÉAT TECHNOLOGIQUE E6 SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES Durée : 2 heures Matériel(s) et document(s) autorisé(s) : Aucun Le sujet comporte 5 pages DOCUMENTS JOINTS Document 1 : Consommation des ménages par fonction, insee.fr, Insee, Novembre 2014 Document 2 : Consommation des produits de l économie de l information de 1990 à 2012, Tableaux de l Economie Française 2014, Insee, Janvier 2014 Document 3 : Dépenses en produits de l économie de l information, INSEE Première N 1479, Insee, Décembre 2013 Document 4 : Très haut-débit : Un enjeu stratégique pour les territoires ruraux, www.agriculture.gouv.fr, Ministère de l agriculture, de l agroalimentaire et de la forêt, janvier 2012 (dossier : Vivre à la campagne) Document 5 : Le télétravail est une chance pour un département rural, Arnaud Paul, www.ladepeche.fr, 30 mai 2013 SUJET THÈME : CONSOMMATION, NUMÉRIQUE et TERRITOIRE PREMIÈRE PARTIE : Consommation des ménages (7 points) 1. Dans le tableau (document 1) deux nombres sont soulignés 0,5 et 1,9. 1.1. Proposer une phrase qui donne le sens du nombre 1,9. (1 point) 1.2. Préciser l évolution constatée par ces deux nombres entre 1960 et 2013. (1 point) 1.3. Définir la notion de coefficient budgétaire. (1 point) 2. La consommation des ménages comprend les dépenses de produits de l économie de l information c'est-à-dire les ordinateurs, les tablettes, les téléphones, les jeux numériques, les abonnements téléphoniques, télévisuels, etc. Préciser, à partir du document 2, l évolution de la consommation des produits de l économie de l information entre 1990 et 2012. (1 point) 3. Dans l économie d un pays, les prix évoluent de façon plus ou moins régulière. Indiquer, à partir du document 3, comment le prix des ordinateurs a évolué sur la période 1997-2012. (1 point) Proposer une explication à cette évolution. (1 point) Indiquer si cette évolution est générale à l ensemble des biens et services consommés par les ménages sur cette même période. Justifier la réponse. (1 point) 2015-BAC34-NOR-ME-AN-GU-RE 1/5
DEUXIÈME PARTIE : Haut débit et territoires ruraux (7 points) Cette partie fait référence aux documents 4 et 5. 4. Expliquer ce que veut dire «désenclaver les territoires ruraux isolés» (document 4). (1 point) 5. Dans la dernière phrase du document 4, il est question de collectivités. Préciser de quoi il s agit (1 point) et donner deux exemples de collectivités, relevés ou non dans le document. (1 point) 6. Expliquer cette dernière phrase : «Le spectre (le risque) d'une fracture numérique entre rural et urbain inquiète dès lors les collectivités, les élus et les porteurs de projets en milieu rural.». (2 points) 7. Préciser la nature et le rôle de l aide départementale citée dans le document 5. (2 points) TROISIÈME PARTIE : Télétravail et territoires ruraux (6 points) Les documents traitent, à travers différentes approches, du numérique. Dans un développement organisé d une vingtaine de lignes ou dans un tableau, présenter de façon précise et argumentée, les avantages et les inconvénients du télétravail* pour les travailleurs, pour les employeurs et pour les territoires. 6 arguments sont attendus au total. * La notion de télétravail est définie dans la note (1) du document 5. Evaluation : 1 point par argument pertinent et argumenté ; un équilibre entre les avantages et les inconvénients n est pas nécessairement attendu. 2015-BAC34-NOR-ME-AN-GU-RE 2/5
DOCUMENT 1 Coefficients budgétaires de la consommation des ménages français par fonction (en%) Postes de consommation 1960 1970 1980 1990 2000 2013 Produits alimentaires et boissons non alcoolisées 21,3 16,3 12,9 11,7 10,3 10,2 Boissons alcoolisées et tabac 5,9 4,2 3,0 2,6 2,9 2,7 Articles d'habillement et chaussures 10,5 8,7 6,3 5,6 4,3 3,2 Logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles 9,9 15,0 15,7 16,4 18,2 20,3 Meubles, articles de ménage et entretien courant de l'habitation 7,7 6,8 6,3 5,2 4,5 4,0 Santé 2,1 1,8 1,8 2,5 2,8 3,2 Transports 8,9 9,9 11,6 11,8 11,2 9,9 Communications 0,5 0,6 1,5 1,6 2,1 1,9 Loisirs et culture 5,9 6,6 6,9 6,8 7,3 6,2 Éducation 0,5 0,5 0,4 0,5 0,5 0,7 Hôtels, cafés et restaurants 5,7 4,6 4,5 4,9 5,1 4,9 Biens et services divers 5,9 7,7 9,0 10,4 9,3 8,7 Solde territorial 0,7-0,1-0,3-0,5-1,1-0,7 Dépense de consommation des ménages 85,4 82,5 79,5 79,6 77,4 75,2 Dépense de consommation finale individualisable des associations, etc. 2,6 2,4 2,3 2,0 2,7 2,9 Dépense de consommation finale individualisable des administrations 12,0 15,0 18,2 18,4 20,0 21,9 Consommation effective (ou totale) des ménages 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 DOCUMENT 2 Consommation des produits de l économie de l information de 1990 à 2012 Indice de volume base 100 en 1990 2015-BAC34-NOR-ME-AN-GU-RE 3/5
DOCUMENT 3 Dépenses en produits de l économie de l information * TIC : technologies de l information et de la communication. /// : produits qui n'existaient pas au début des années 1960. Valeur 2012 (millions d ) Parts dans l'économie de l'information en 2012 (en %) 1960-1982 Évolution des prix (moyenne annuelle en %) Ensemble de l'économie de l'information, dont : 67 487 100,0 5,3 0,6-4,8 Biens des TIC*, dont : 19 460 28,8 1,0-3,9-12,0 Ordinateurs 6 664 9,9 /// -13,4-15,9 Produits de l'électronique grand public, dont : 7 262 10,8-0,1-3,4-10,5 Téléviseurs 3 361 5,0-0,8-2,2-12,3 Consoles de jeux et jeux vidéo 1 383 2,0 /// -1,0-5,5 Téléphones 2 319 3,4 /// -2,4-15,2 Services d'information et de communication, dont : 48 027 71,2 7,6 2,5-1,3 Édition, audiovisuel et diffusion 19 644 29,1 8,6 3,6 0,8 Télécommunications 28 294 41,9 5,0 0,7-3,2 1983-1996 1997-2012 DOCUMENT 4 Très haut-débit : Un enjeu stratégique pour les territoires ruraux. Depuis plus d'un siècle, la course au progrès est engagée pour désenclaver les territoires ruraux isolés. Ce fut le cas des chemins de fer, de l'électricité, du téléphone, des infrastructures autoroutières et plus récemment de l'internet. Prochain volet de cette longue saga : le très haut-débit. De quoi s'agit-il? Le monde de demain sera fait d'échanges numériques dans tous les secteurs : le travail, la santé, la formation, la consommation, l'administration. Depuis plus d'une décennie l'internet s'est généralisé sur l'ensemble du territoire, mais l'accélération vertigineuse des technologies, des applications et donc des besoins, rendent aujourd'hui nos infrastructures sous-dimensionnées. Dix ans d'investissement pour que les français accèdent à l'adsl (20 Mbits en moyenne) et l'on parle aujourd'hui d'un monde numérique qui ne se fera pas sans le très haut-débit (100 Mbits, voire beaucoup plus). La différence? La même qu'entre une autoroute et un chemin vicinal : la capacité à véhiculer les très grosses charges de données qu'imposent le transfert d'images vidéo, l'interactivité ou l'accès à des bases de données gigantesques en temps réel. Ce qui intéresse les territoires ruraux, c'est que ce monde à très haut-débit va permettre de vaincre les distances qui les séparent des centres urbains. Les atouts de la campagne (qualité de vie, environnement, prix de l'immobilier, etc.) vont enfin pouvoir devenir des arguments décisifs à une implantation rurale, dès lors qu'il n'existera plus de différence entre présence réelle et présence virtuelle pour la majeure partie des actes de la vie. Le monde de l'entreprise l'a d'ailleurs bien compris [ ] L'enjeu est donc stratégique pour la France dont le territoire est à plus de 80% rural. L'heure est aux débats et aux programmations pour mettre en œuvre le déploiement de ces réseaux. Débat sur les technologies : fibre optique, satellites [ ] Mais surtout, débats sur les coûts et les investissements nécessaires. [ ] Le raccordement d'une habitation isolée en fibre optique pouvant coûter jusqu'à 5.000 pour moins de 100 en ville, les opérateurs privés préfèrent investir dans les zones à forte densité que dans les campagnes. Le spectre* d'une fracture numérique entre rural et urbain inquiète dès lors les collectivités, les élus et les porteurs de projets en milieu rural. [ ] *Spectre : ici, comprendre «le risque». 2015-BAC34-NOR-ME-AN-GU-RE 4/5
DOCUMENT 5 Le télétravail (1) est une chance pour un département rural Pionnier en la matière, l'ariège compte près de 130 télétravailleurs sur son territoire. Le télétravail c'est d'abord l'histoire d'une rencontre. Une rencontre entre un territoire et un télétravailleur ou une entreprise et un salarié à distance ou les trois. Cela va du secrétariat à l'agence de communication sur internet en passant par la bande dessinée ( ). Pionnier en matière de télétravail, le département de l'ariège aide même les télétravailleurs indépendants et les entreprises de moins de dix salariés à s'installer grâce à l'aide départementale à l'installation en milieu rural (ADIMIR) (2). ( ) Le télétravail sur une période plus ou moins longue de la semaine peut permettre aux entreprises d'embaucher des personnes aux compétences recherchées. Le télétravail a ainsi permis à Éric Fourcaud de Woomeet, une société ariégeoise spécialisée dans le conseil et le développement de technologies web 2.0, de recruter une collaboratrice. «Je la connaissais et voulais la recruter. Elle habitait loin, avait des enfants petits. Nous avons imaginé deux jours de télétravail par semaine. L'entreprise paye la connexion internet, un ordinateur portable et lui a fourni un téléphone avec un numéro nomade qui lui permet d'être jointe indifféremment sur son lieu de travail ou chez elle», détaille Éric Fourcaud. L'une des clés pour réussir en matière de télétravail est de bien analyser les besoins tant matériels qu'en outils. Aujourd'hui la technologie ouvre de nombreuses possibilités à des prix raisonnables. «Le télétravail deux jours par semaine évite deux déplacements de 150 kms» poursuit Éric Fourcaud : «En Ariège, une heure de trajet, c'est beaucoup alors que sur Paris et maintenant à Toulouse, c'est devenu normal.» Le télétravail concerne-t-il tous les types d'entreprises? Pas forcément. Le télétravail interroge en tout cas l'organisation des entreprises et leur fonctionnement. «Nous fonctionnons sur des projets donc le télétravail se prête bien à notre activité. Quand un salarié travaille deux jours depuis chez lui, il peut mieux accepter la flexibilité, souligne le jeune chef d'entreprise. C'est gagnant/gagnant pour le salarié et l'entreprise.» «Le télétravail permet de fixer des habitants dans les territoires ruraux», constate Gwendoline Legrand, en charge de la communication à la Mêlée numérique à Toulouse : «De plus en plus de gens travaillent sur Toulouse mais n'y vivent pas. Le télétravail est une nouvelle forme de désenclavement, un nouveau type de liens entre les pôles économiques et territoires ruraux.» (1) Selon le Code du Travail, qui reprend la définition de l Accord national interprofessionnel signé en 2005, «le télétravail désigne toute forme d organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l information et de la communication dans le cadre d un contrat de travail ou d un avenant à celui-ci.». Cette définition juridique s applique donc uniquement aux travailleurs salariés et n inclut pas les indépendants qui ont tout loisir de travailler à distance s ils le souhaitent. (2) Dans l Ariège, dans le cadre de la politique départementale d aménagement du territoire, de développement durable et de haut-débit, une prime à l installation en milieu rural (création et reprise) variant de 500 à 3000 selon les cas peut être attribuée aux micro-entreprises et TPE, au titre de leur activité principale. 2015-BAC34-NOR-ME-AN-GU-RE 5/5