Les cahiers Industries sont disponibles en téléchargement sur Internet : www.industrie.gouv.fr COFLEXIP STENA OFFSHORE L INDUSTRIE PARAPÉTROLIÈRE FRANÇAISE L industrie parapétrolière française, qui regroupe environ 350 soustraitants des compagnies pétrolières, se place au 4 e rang mondial. Un résultat dû essentiellement à son expérience et à son savoir-faire dans les domaines de l ingénierie, des équipements et des services. Mais la concurrence n a jamais été aussi rude. Pour poursuivre sa croissance, l industrie parapétrolière française, soutenue par les pouvoirs publics, développe des stratégies d alliance avec les entreprises étrangères et intensifie son effort dans la recherche-développement. Dossier réalisé par Pierre Bourgeois et Laurence Estival. N 55 INDUSTRIES - MARS 2000 PAGE 11
ÉTAT DES LIEUX DORIS Les atouts de l industrie parapétrolière française Face à une compétition internationale accrue, l industrie parapétrolière française dispose de nombreux atouts. En particulier des avancées technologiques permanentes grâce à un effort de R&D soutenu. Une plate-forme pétrolière révolutionnaire qui résiste aux icebergs, un engin unique au monde capable d inspecter à grande vitesse et avec précision des ouvrages sous la mer, un logiciel qui permet d approfondir la connaissance des structures géologiques complexes Ces quelques exemples illustrent le dynamisme du secteur parapétrolier français. Un secteur méconnu du grand public. Et pourtant, il se place au quatrième rang mondial derrière les Etats-Unis, la Norvège et le Royaume-Uni qui ont, eux, des marchés nationaux captifs, et en deuxième position, derrière les PAGE 12 Etats-Unis en terme d exportations. Comment la France a-t-elle réussi à atteindre un tel niveau alors que paradoxalement elle ne possède pas de domaine minier conséquent et que sa production pétrolière reste très marginale à l échelle mondiale? Depuis la Seconde Guerre mondiale, sous l impulsion conjointe de l Etat et des compagnies pétrolières, l industrie française a participé aux grandes étapes de l histoire des hydrocarbures : exploitation des gisements de Lacq et du Sahara dans les années cinquante ; implantation dans le golfe de Guinée dans les années 60 et en mer du Nord les décennies suivantes, dotant ainsi la France d une industrie parapétrolière performante, capable de répondre aux défis les plus variés. En fait, les compagnies pétrolières détiennent des droits miniers et mettent en œuvre des installations industrielles leur permettant d explorer, de produire, de transformer et de transporter les hydrocarbures. Elles ne réalisent que rarement elles-mêmes les importants travaux entrepris dans le cadre de leurs programmes d investissement ou d exploitation. Elles interviennent le plus souvent en maîtrise d ouvrage, faisant appel à un ensemble de sous-traitants pour des travaux d ingénierie, la fourniture d équipements MARS 2000 - INDUSTRIES N 55
Les domaines du parapétrolier français L industrie parapétrolière française couvre plusieurs secteurs à forte dominante technologique. Le secteur de l exploration-production : la géophysique au travers de la Compagnie générale de géophysique (CGG) et plus généralement les techniques des 3 G (géologie, géophysique et gisements), le forage et les équipements de forage (Pride-Forasol, Vallourec), les services en cours de forage (Géoservices). L ingénierie et les travaux offshore : les conduites flexibles et les services sous-marins (Coflexip-Stena-Offshore), la conception de supports de production en mer non conventionnels (Technip Géoproduction, Doris Engineering, Bouygues Offshore), la pose de canalisations en mer (ETPM), la plongée profonde (Comex), les véhicules sous-marins autonomes (Cybernetix), le pompage polyphasique (Sulzer, Bristol-Meci). L ensemble de la filière gaz avec en particulier des points forts dans les domaines de la liquéfaction, du stockage et du transport du gaz naturel liquéfié (Technip, Sofregaz, Gaz-Transport&Technigaz, Les Chantiers de l Atlantique). L ingénierie aval avec Technip, l un des leaders mondiaux dans le domaine du raffinage et de la pétrochimie ou Sofresid, et le secteur des catalyseurs (Procatalyse et Eurecat). Schlumberger, leader mondial des services pétroliers. La France abrite aussi plusieurs filiales de grands groupes parapétroliers américains : FMC à Sens, Cooper Cameron à Béziers, Dresser au Havre ou encore Foster-Wheeler en région parisienne. Les avancées technologiques jouent un rôle prépondérant dans le développement de l industrie parapétrolière française. IFP ou de prestations de services, métiers le plus souvent à fort contenu technologique. L ensemble de ces sociétés forment l industrie parapétrolière et paragazière, appelée par commodité, industrie parapétrolière. Aujourd hui, les entreprises parapétrolières françaises occupent de solides positions à l international, principalement en mer du Nord et dans le golfe de Guinée qui s affirme comme un marché de plus en plus significatif. L Amérique du Sud, le Moyen-Orient et l Asie représentent, chacun, 11 à 14 % de leur chiffre d affaires. L Amérique du Nord, moins de 5 %. Fort de son histoire, de son expérience et de son savoir-faire, le secteur parapétrolier français sera-t-il pour autant capable de s adapter au mouvement mondial de dérégulation de l économie? L accroissement de la demande mondiale, l ouverture d un certain nombre de pays aux capitaux étrangers et les avancées technologiques qui permettent d effectuer des forages dans des eaux de plus en plus profondes sont les principales données qui caractérisent le secteur. L augmentation de la demande d hydrocarbures constitue, en effet, un facteur d expansion. «Les hydrocarbures devraient encore connaître un essor important au cours des 25 prochaines années, estime Didier Houssin, directeur des matières premières et des hydrocarbures à la direction générale de l Energie et des Matières premières (DGEMP). Ils contribuent actuellement à près des deux tiers de l approvisionnement énergétique mondial et devraient en fournir au moins 60 % en 2010 et même en 2020.» De nouveaux débouchés pour les sociétés pétrolières Parallèlement, l ouverture aux compagnies pétrolières de nombreux pays qui leur étaient fermés renforce l internationalisation de leurs activités, et par voie de conséquence celle des sociétés parapétrolières, offrant à toutes de nouvelles perspectives. Si l activité de l industrie pétrolière internationale se limitait à 15 % des réserves mondiales il y a dix ans, elle s étend aujourd hui à près de 40 % des réserves et pourrait en toucher 60 % d ici quelques années. Des débouchés s ouvrent notamment en Amérique latine au Venezuela et au Brésil mais également dans la CEI où par exemple, la mer Caspienne devrait devenir une scène pétrolière majeure de ce début de siècle. A plus long terme, l ouverture de pays tels l Arabie Saoudite, le Koweït et le Mexique, auxquels il faut ajouter l Irak, l Iran et la Libye, encore sous le coup d embargos de différentes natures, constitueront de nouveaux terrains de chasse pour les compagnies internationales. L ensemble du globe devient donc l objet d intenses compétitions dans un contexte économique fluctuant au gré des évolutions parfois brusques du cours du baril de pétrole. Lorsqu il chute, les compagnies pétrolières ralentissent leurs investissements et imposent à leurs sous-traitants une baisse des prix des services. Ainsi, la diminution significative du prix du brut en 1998, conjuguée à la crise asiatique et aux efforts de ÉTAT DES LIEUX N 55 INDUSTRIES - MARS 2000 PAGE 13
ÉTAT DES LIEUX réduction des coûts de production, a eu d importantes répercussions pour les sociétés pétrolières. La forte baisse de la valeur en Bourse des entreprises cotées, de l ordre de 35 à 70 % durant le second semestre 1998, a été révélatrice de l ampleur du phénomène. «Toutefois, la plupart des voyants du secteur sont aujourd hui repassés au vert, observe Didier Houssin, il apparaît donc raisonnable de se montrer optimiste quant aux besoins d investissements du secteur amont à partir du second semestre de l année 2000.» Un paysage en pleine restructuration De ces évolutions découlent donc les grandes tendances du secteur parapétrolier, au premier rang desquelles on retrouve un phénomène aujourd hui à la mode, à savoir une concentration des acteurs. En effet, le paysage parapétrolier international est aujourd hui en pleine restructuration. L année 1998 aura été le théâtre de méga-fusions avec le mariage de Dresser Industries et d Halliburton, donnant naissance au numéro un mondial des services pétroliers avec un chiffre d affaires de 100 milliards de francs (15,24 Md ), le rapprochement entre Baker Hughes et Western Atlas (CA de 36 MdF, soit 5,4 Md ), ou encore l acquisition du fabricant d outils de forage et de matériels de complétion Camco par le géant franco-américain Schlumberger (CA de 80 MdF, soit 12,20 Md ). Ces trois nouveaux grands ensembles dépassent presque la moitié du marché sur chaque segment d activité du secteur parapétrolier! Le paysage se modifie également avec le développement des contrats de services dits «intégrés», c està-dire couvrant une large palette de métiers. Ces contrats favorisent les grandes sociétés diversifiées disposant d une assise financière suffisante. Si les entreprises de taille plus modeste sont souvent reléguées au second rang de la sous-traitance, cela n enlève rien à leurs opportunités de réussite soit parce Un ensemble de 350 sous-traitants Le secteur parapétrolier français forme un ensemble de 350 entreprises sous-traitantes des compagnies pétrolières pour des travaux d ingénierie, de fourniture d équipements ou de prestations de services dans les domaines de l exploration-production, du raffinage et de la pétrochimie. Composées essentiellement de PME- PMI, une dizaine d entreprises ont toutefois un chiffre d affaires supérieur à un milliard de francs (152,45 millions d euros). Cette industrie, qui génère 50 000 emplois directs, réalise un chiffre d affaires global de plus de 70 milliards de francs (10,67 milliards d euros) dont 90 % à l étranger. Ce chiffre couvrait pratiquement le montant total des approvisionnement en hydrocarbures de la France en 1998. La plupart des sociétés parapétrolières françaises sont fédérées au sein du GEP (Groupement des entreprises pétrolières) qui assure notamment la promotion des technologies et du savoir-faire de ses membres au travers de publications, de séminaires et d expositions. IFP Les hydrocarbures contribuent actuellement à près des 2/3 de l approvisionnement énergétique mondial. IFP qu elles opèrent sur des niches sectorielles, soit parce qu elles maîtrisent une technologie pointue. Autre tendance majeure pour ce secteur : une compétition accrue, notamment pour l industrie parapétrolière française qui avait, dès le début de son histoire, constitué de fortes positions à l international. «Aujourd hui, les domaines miniers nord-américains et de la mer du Nord sont matures. Aussi, les grandes sociétés américaines, norvégiennes et britanniques, qui ont construit leur puissance sur l exploitation de leurs gisements respectifs, portent dorénavant leurs regards hors de leurs frontières. Elles sont d ailleurs stimulées par leur gouvernement : les Britanniques et les Norvégiens ont mis en place des programmes de coordination afin d accroître la présence de leurs sociétés à l international», souligne Didier Houssin. Enfin, la spécificité française de liens capitalistiques entre compagnies et parapétroliers qui prévalait par le passé est en voie de disparition : Total et surtout Elf se sont, dans les années 90, massivement désengagées d une grande partie de leurs participations directes, plaçant parfois certaines sociétés concernées en situation de fragilité et de vulnérabilité face à des risques d OPA hostiles. L industrie parapétrolière mondiale est donc entrée aujourd hui dans une nouvelle étape de son développement, avec la baisse des coûts comme vecteur majeur et comme conséquences, l internationalisation de l activité et l intégration des services, sur fond d actions multiples de rationalisation et de consolidation. Pour s adapter à ce nouveau contexte et poursuivre son expansion, l industrie parapétrolière française a plusieurs défis à relever à court terme. Parmi PAGE 14 MARS 2000 - INDUSTRIES N 55
eux, le développement de stratégies d alliances, la consolidation de son indépendance capitalistique et son maintien à un haut niveau technologique. Sur le premier point, les recompositions en cours n épargnent pas le secteur. Certaines entreprises ont été intégrées dans des groupes étrangers. C est le cas, par exemple de la société de forage Forasol-Foramer rachetée par l américain Pride ou du spécialiste de pose de pipelines et de travaux en mer ETPM, repris par le groupe norvégien Stolt Comex Seaway. D autres ont noué des alliances avec des sociétés étrangères pour assurer leur développement comme Coflexip, leader mondial des canalisations flexibles offshore et spécialisée dans les travaux en mer, avec le suédois Stena. D autres encore créent des filiales communes telles Trouvay & Cauvin et Vallourec dans le secteur des équipements. D autres enfin ont acheté des entreprises étrangères : Technip a absorbé deux filiales de Mannesman et Bouygues Offshore, la société d ingénierie Sofresid détenue par le norvégien Kvaerner. Le second point passe par un effort continu du secteur en matière de recherche et développement. «La France a la chance de pouvoir s appuyer sur un système triangulaire unique comprenant les compagnies avec le nouvel ensemble Totalfina-Elf et Gaz de France, les sociétés parapétrolières et l Institut français du pétrole (IFP), souligne Christophe Bélorgeot, chargé de mission secteur parapétrolier à la DGEMP. La réussite du secteur parapétrolier français dépendra avant tout du maintien de son excellence technologique, gage de succès et de compétitivité dans un contexte de réduction de coûts.» Pour cette raison, les pouvoirs DRILLFLEX Les compagnies pétrolières font appel à des soustraitants pour les travaux d ingénierie, la fourniture d équipements ou de prestations de services. publics entendent maintenir leur soutien financier à la R&D du secteur. D une part, à travers le Fonds de soutien aux hydrocarbures (lire ci-dessous) qui doit continuer à favoriser le dialogue et la collaboration technique entre les différents acteurs. D autre part, à travers l IFP «qui constitue le point d ancrage du secteur parapétrolier à la fois au titre des activités de R&D et au titre de sa holding financière Isis, actionnaire de nombreuses sociétés parapétrolières françaises», ajoute Christophe Bélorgeot. L industrie parapétrolière française a donc toutes les cartes en main pour relever les défis technologiques, économiques et industriels des années à venir. «Je suis persuadé qu elle saura une nouvelle fois faire preuve de sa capacité d adaptation, l émergence du supermajor Totalfina-Elf pouvant se révéler à cet égard une formidable opportunité», conclut Didier Houssin. L. E. et P. B. CONTACT Ministère de l Economie, des Finances et de l Industrie Direction générale de l Energie et des Matières premières (DGEMP) Direction des Matières premières et des Hydrocarbures (DIMAH) 61, Bd Vincent Auriol 75703 Paris Cedex 13 Didier Houssin, Thierry Chenevier, Christophe Bélorgeot Tél. : 01 44 77 07 35. Mél : christophe.belorgeot@industrie.gouv.fr Internet : www.industrie.gouv.fr CEP&M COPREP, 45, rue Louis Blanc 92038 Paris La Défense Cedex. Philippe de Panafieu, tél : 01 47 17 68 32 Mél : cepm-coprep@francenet.fr GEP Groupement des entreprises parapétrolières 45, rue Louis Blanc 92038 Paris La Défense Cedex Victor Vachier, tél. : 01 47 17 67 37. Mél : v.vachier@gep-france.com Internet : www.gep-france.com ISIS, 4, avenue de Bois Préau 92500 Rueil-Malmaison Jacques Burger, tél. : 01 47 52 71 63 Mél : isis@isis-group.fr. Internet : www.isis-group.fr Institut français du pétrole, 1&4, avenue de Bois Préau, 92500 Rueil-Malmaison Relations PME-PMI : André Deschamps Tél : 01 47 52 69 74. Mél : andre.deschamps@ifp.fr Internet : www.ifp.fr Que finance le Fonds de soutien aux hydrocarbures? Le Fonds de soutien aux hydrocarbures (FSH) finance des programmes de recherche-développement entrepris par tous les acteurs de l industrie pétrolière, instituts de recherche, IFP, Ifremer, compagnies pétrolières et gazières, sociétés parapétrolières (lire p. 16). Le FSH appuie ainsi la réalisation de quelque 150 projets de recherche par an dont certains sont devenus des références internationales. Le montant du soutien financier est égal à 50 % du coût total du programme. L'aide accordée (environ 250 millions de francs, soit 38,11 millions d euros par an) est remboursable. Dans les trois dernières années, le montant des remboursements a représenté près du tiers des ressources du fonds. ÉTAT DES LIEUX N 55 INDUSTRIES - MARS 2000 PAGE 15
RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT Les instruments de l innovation Le Fonds de soutien aux hydrocarbures et l Institut français du pétrole contribuent au dynamisme de la recherche parapétrolière française. Grâce à une politique de recherche-développement ambitieuse, l industrie parapétrolière française est particulièrement performante et son savoir-faire internationalement reconnu. Certaines réalisations sont même devenues de véritables références sur le plan mondial. C'est le cas de Patchflex de Drillflex qui permet d'effectuer des réparations directement dans les puits (Cf. ci-dessous), des conduites flexibles de Coflexip Stena Offshore, l appareil Reserval de Géoservices pour l analyse des indices gazeux en cours de forage, la barge Nkossa de Bouygues Offshore ou de la plate-forme Hibernia réalisée par Doris au large de Terre-Neuve et destinée à résister aux icebergs (lire p. 18). Comme toutes les industries à fort contenu technologique, les activités parapétrolières doivent en effet s'adapter continuellement à de nouveaux contextes techniques ou économiques en s'appuyant sur l'innovation et la recherche. La recherche pétrolière française s appuie essentiellement sur le Fonds de soutien aux hydrocarbures (FSH). A ce titre, des aides remboursables sont allouées par l Etat aux entreprises présentant des programmes de recherche-développement (R&D) dans le domaine de l exploration-production des hydrocarbures. Environ 150 projets sont ainsi financés chaque année après un examen rigoureux. Les thèmes de R&D retenus sont définis lors de l élaboration du plan CEP&M-Coprep (*), mis en place par la direction des Matières premières et des Hydrocarbures de la DGEMP. Ce plan, qui associe tous les acteurs, donneurs d'ordres ou contractants, de la PME au grand groupe, propose une politique d ensemble de R&D Certaines réalisation de Bouygues Offshore sont devenues des références mondiales. L. ZYLBERMAN du secteur sur cinq ans. Son objectif est de dégager, à moyen terme, les priorités technologiques nécessitant un effort majeur et durable pour que l'industrie française reste performante. Pour le plan en cours (1999-2003), les efforts devraient concerner les domaines de l offshore profond (1 500 m et au-delà) jusqu'alors inexplorés et la production des huiles lourdes qui représentent des défis autant technologiques qu'économiques. L'intérêt devrait se porter également sur le gaz naturel. Autre instrument de la recherche : l'institut français du pétrole (IFP) qui joue un rôle essentiel dans la plupart des efforts de R&D poursuivis dans tous les domaines techniques liés aux hydrocarbures. Il conduit des programmes de recherche innovants en anticipant les besoins du marché et assure le transfert des résultats de ses travaux vers l'industrie. Ses programmes sont menés en collaboration avec notamment une trentaine de compagnies pétrolières et gazières et une quarantaine de parapétroliers. L'IFP gère un portefeuille de 13 000 brevets, en croissance de 30 % depuis 1993. Il est le 7 e déposant national en France, le 2 e déposant français aux Etats-Unis et le 14 e déposant européen. P. B. (*) CEP&M : Comité d'études pétrolières et marines. Coprep : Comité des programmes explorationproduction. Drillflex : un système pour l étanchéité des puits de pétrole Avec l'aide du Fonds de soutien aux hydrocarbures, des pétroliers et de l'institut français du pétrole (IFP), quatre ingénieurs mettent au point PatchFlex, un système de pansements pour l'étanchéité des puits de pétrole qui fait appel aux technologies complexes de polymérisation in situ. Cette technologie existait déjà pour l'entretien et la maintenance des égouts. L entreprise Drillflex, jeune start-up implantée à Noyal-Chatillon (près de Rennes) réussit à l'adapter aux conditions difficiles de l'exploitation pétrolière. Patchflex G. DONATI convient à tous les types de puits pétroliers, même les plus profonds. Il évite les corrosions des tubes, les épanchements de gaz et d'eau. Pour les compagnies pétrolières, c est un outil efficace qui les aide à entretenir leurs puits d'une façon plus économique (20% de moins, dans certains cas), de prolonger la vie de leurs installations ou d'optimiser leurs nouveaux forages. En attendant la reprise des investissements des compagnies pétrolières américaines, Drillflex avance sur d'autres marchés : l'arabie Saoudite, l'afrique de l'ouest, l'algérie, l'égypte et la mer du Nord. Mais la R&D est toujours au centre de sa stratégie : elle représente aujourd'hui 12 % de son chiffre d'affaires. PAGE 16 MARS 2000 - INDUSTRIES N 55
L entreprise alsacienne Techlam réalisera des connexions souples pour la plateforme pétrolière Girassol, le plus important projet d exploitation des grands fonds en cours de réalisation. Au second semestre 2001, Elf démarrera l exploitation par grands fonds (1 400 mètres) du champ pétrolier Girassol situé au large de l Angola. Une première mondiale à laquelle participera Techlam, une filiale à 100 % de la Snecma. Créée en 1988, la société alsacienne, implantée à Cernay près de Mulhouse, a remporté l appel d offres lancé à la demande du consortium Alto Mar Girassol, associant ETPM, Bouygues Offshore et Stolt Comex Seaway, chargé des liaisons fluides. Techlam réalisera les quatre joints flexibles qui permettront d attacher les tuyaux rigides reliant la barge de production et de stockage à la bouée de chargement où viendront s amarrer les tankers. Les joints flexibles proposés par Techlam autorisent des mouvements angulaires importants entre les tuyaux et les ensembles mobiles, barge/bouée. «Les tuyaux flexibles utilisés traditionnellement lors de l évacuation du pétrole brut sont ici remplacés par des tuyaux rigides. Dans ce contexte, les éléments de liaison que nous fabriquons, à la fois flexibles, robustes et étanches, vont jouer un rôle majeur», annonce Christian de Grandpré, directeur de Techlam. Ce contrat est le résultat d une stratégie de développement mise en place dès 1997 dans ce domaine. Après avoir réalisé une étude de marché et consulté les pétroliers, la société a en effet entrepris, depuis trois ans, un important programme de recherche sur la conception de ces éléments de liaison. Environ 10 millions de francs (1,52 million d euros) d investissements de R&D ont été consacrés à la mise au point de ces produits qui reposent sur la technologie des lamifiés associant élastomère et métal, que Techlam maîtrise parfaitement. Pour financer cet Techlam Des joints flexibles pour les grands fonds Les joints flexibles mis au point par Techlam sont issus d une technologie associant élastomère et métal. effort de recherche, Techlam, associée à Bouygues Offshore, a reçu l appui financier du Fonds de soutien aux hydrocarbures (FSH) sous forme d avances remboursables. L entreprise s est déjà imposée dans de nombreux secteurs : l espace (elle réalise les attaches des boosters d Ariane V), les transports publics (ses pièces équipent notamment le Val) et les sous-marins. Si depuis sa création, la société alsacienne avait un pied dans l offshore, la participation à Girassol représente pour elle un moyen de renforcer sa présence dans ce secteur. «L exploitation des grands fonds constitue un axe majeur de développement pour les compagnies pétrolières. Plusieurs projets sont à l étude et nous avons des contacts Activité : fabrication de joints flexibles en lamifié élastomère-métal CA: 3O MF (4,57 M ) en 1999 Implantation : Cernay Effectif : 30 salariés G. DONATI avec d autres constructeurs», poursuit Christian de Grandpré. Seule une autre entreprise, américaine, OSI (Oil States Industries) fabrique aujourd hui ces joints flexibles. Aussi les constructeurs voient plutôt d un bon œil l entrée d un second fournisseur sur ce marché. De par sa taille (30 personnes) et son chiffre d affaires (30 millions de francs, soit 4,57 millions d euros), Techlam n a pas toujours les moyens de lutter à armes égales avec OSI. La société américaine, qui travaille en effet depuis vingt ans dans ce domaine, réalise un CA d un milliard de francs (152,45 millions d euros) et se trouve très bien implantée au plan mondial. Aussi l entreprise de Cernay reste prudente : elle s est fixée comme objectif de détenir seulement 10 % des parts de marché d ici cinq ans. L offshore pourrait alors atteindre 25 à 30 % de ses activités. Dans le secteur de l offshore, les investissements réalisés par les pétroliers varient fortement en fonction des cours du baril de pétrole. Ainsi, la construction de Girassol a été retardée de plus d un an et les commandes liées à ce projet ont été décalées d autant. «Pendant ce temps, la société doit continuer de fonctionner», souligne Christian de Grandpré qui souhaite que l entreprise ne soit pas trop dépendante de ces activités et diversifie ses produits. L. E. REPORTAGE N 55 INDUSTRIES - MARS 2000 PAGE 17
REPORTAGE Doris Engineering Une ingénierie au service des pétroliers Doris Engineering met les compétences de ses ingénieurs au service des sociétés pétrolières pour leur permettre de développer leurs activités offshore. Derrière les plus grandes réalisations des sociétés pétrolières de ces dernières années, on trouve l entreprise Doris. Spécialisée dans l ingénierie pétrolière, la PME a ainsi largement participé à la réalisation d Hibernia, une plate-forme résistant aux icebergs au nord du Canada. A travers le groupement AMG, elle a aussi récemment innové sur Girassol, le premier projet important d exploitation de pétrole en eaux profondes dont Elf est l opérateur. «Depuis plus de trente ans, nous avons acquis une solide réputation dans ce secteur, souligne le P-DG, Dominique Michel. Notre force est de proposer aux pétroliers des solutions innovantes prenant en compte leurs besoins.» Dans le cas de Girassol, Elf cherchait le moyen de transporter du pétrole recueilli à 1 500 mètres de profondeur jusqu à la barge de stockage. Pour Hibernia, il fallait concevoir un modèle de plate-forme suffisamment solide pour résister aux icebergs mais aussi à de fortes vagues. Chaque année, Doris fait le tour des entreprises pétrolières pour connaître leurs projets de développement et leurs besoins. Le cas échéant, un programme de R&D est lancé, suivi d études de faisabilité. Les produits mis au point par Doris font l objet de contrat de «Basic Engineering», APD en français, avec les compagnies pétrolières. «Chaque projet est différent. Nous vendons avant tout notre PAGE 18 Activité : ingénierie dans les secteurs parapétrolier, spatial et côtier CA : 250 à 500 MF (38,11 à 76,22 M ) Implantation : Paris Effectif : 250 à 400 salariés capacité d innovation car c est là que réside notre valeur ajoutée», observe Dominique Michel. C est pourquoi, la société qui réalise entre 70 % et 80 % de ses activités dans le secteur parapétrolier, consacre 20 % de son chiffre d affaires à la recherche-développement. Par ailleurs, d autres besoins se font jour chez les pétroliers. «Nous avons été contactés par les compagnies qui souhaitent aujourd hui retirer leurs platesformes en fin de vie de la mer du Nord», explique le président. L exploitation en mer Caspienne pose, elle aussi, des problèmes nouveaux. «Nous devons réfléchir à la manière d éviter aux exploitations pétrolières d être prises par les glaces sans avoir à réaliser une plate-forme aussi lourde que celle construite au large du Canada», ajoute-t-il. D autre part, pour proposer les meilleures solutions aux meilleurs coûts, l entreprise a fait de la souplesse la pierre angulaire de son organisation. Entre 250 et 400 personnes des ingénieurs pour la plupart peuvent être mobilisées en fonction des besoins. En cas de surcroît d activité, Doris fait en effet appel aux salariés de ses filiales géographiques (une centaine de personnes travaillent en Grande-Bretagne et une dizaine au Canada) ou techniques (certaines filiales sont spécialisées dans l informatique, la mécanique des sols, d autres s occupent de réaliser des essais en bassins ). Ces ajustements permettent aussi de faire face aux aléas qui caractérisent les projets dans le secteur pétrolier. En fonction des investissements des compagnies pétrolières, le chiffre d affaires de Doris varie entre 250 et 500 millions de francs (38,11 et 76,22 millions d euros) par an. Malgré les difficultés à prévoir, l évolution des investissements et des commandes des pétroliers, le président de Doris envisage l avenir avec sérénité. «Les projets d exploitation dans les grands fonds vont certainement se multiplier», assure Dominique Michel. L. E. MARS 2000 - INDUSTRIES N 55
ISIS Investir dans les technologies Holding financière, Isis contribue au développement d entreprises à haute valeur technologique de l ensemble du secteur parapétrolier. Part d Isis dans le capital de sociétés cotées : Coflexip (CA 1999 : 1 Md ) : 18 % Géophysique (CA 1999 : 500 M ) : 15,5 % Technip (CA : 2,78 Md ) : 12 % Isis détient aujourd hui 12 % du capital de Technip, une société spécialisée dans l ingénierie et la construction d installations industrielles. Créée en 1975 par l Institut français du pétrole (IFP) pour assurer un débouché industriel aux travaux réalisés par le centre de recherche, Isis est aujourd hui détenue à 52,8 % par l IFP. Introduite en Bourse en 1997, la holding est un actionnaire actif de grandes sociétés cotées (Technip, Coflexip, Compagnie générale de géophysique), de sociétés reconnues mondialement comme Géoservices, Procatalyse, Dietsmann, Ipedex, ainsi que d un vivier de PME-PMI où elle est présente, directement ou indirectement, par l intermédiaire de sa filiale Isis Développement. Isis a aujourd hui en portefeuille seize participations directes et trois participations indirectes réparties en quatre grands secteurs : l exploration-production, les catalyseurs, l ingénierie et la maintenance, et les PME à fort potentiel de développement. Le chiffre d affaires total des sociétés affiliées à Isis a été d environ 4,8 milliards d euros (31,49 milliards de francs) en 1999. «Nous sommes certes une société holding mais d un type très particulier, explique Jacques Burger, directeur adjoint. De par nos liens avec l IFP, nous avons une approche à la fois sectorielle et technologique des sociétés dans lesquelles nous investissons. Nous ne prenons des participations que dans des entreprises liées de près ou de loin au secteur pétrolier s appuyant sur des procédés technologiques à forte valeur ajoutée.» Ainsi, Isis est actionnaire de Novasep, société en forte croissance qui développe des équipements et services pour la purification de substances pour l industrie pharmaceutique ou chimique, sur la base de technologies également utilisées dans l industrie du raffinage. Chaque année, de nouveaux dossiers d investissement sont examinés par Isis. Trois critères guident son choix : la qualité du management, le caractère innovant de la technologie et le marché visé. «Notre politique d investissement est claire : nous souhaitons avoir en portefeuille des sociétés rentables qui accordent une place prioritaire aux technologies», précise Pierre-Etienne Brau, directeur adjoint. Les petites entreprises (réalisant entre 10 et 100 millions de francs de chiffre d affaires) qui cherchent des financements pour franchir une étape de croissance sont traitées par la filiale de capital-développement, Isis Développement (90 % Isis, 10 % Siparex). Pour les dossiers plus importants, ou pour des opérations ciblées de capital-risque, l investissement se fait directement par Isis. Toutefois, Isis souhaite s aventurer avec prudence sur le terrain des start-up surtout si elles impliquent des investissements industriels. «C est une démarche différente. Notre taille ne nous permet guère de le faire», constate Pierre-Etienne Brau. Généralement, Isis intervient en tant qu actionnaire minoritaire mais participe activement à la vie des entreprises. Elle siège en effet au conseil d administration et aux instances stratégiques de ses participations. Isis peut aussi se trouver, transitoirement ou de manière durable, actionnaire majoritaire de sociétés présentant des synergies fortes avec l IFP : Isis détient ainsi 100 % du capital de Procatalyse depuis le rachat de la part de 50 % qui était détenue par Rhodia et elle détient 81 % du capital de Vinci Technologies. «Nous souhaitons faire évoler notre portefeuille en permanence. C est nécessaire pour prendre de nouvelles participations. Aussi, quand une société est suffisamment mature, nous sommes prêts à réduire notre niveau de participation», indique Jacques Burger. Ainsi, alors qu en 1994, Isis détenait 35 % du capital de Technip, spécialisée dans l ingénierie et la construction d installations industrielles, elle n en possède plus que 12 % aujourd hui. Pour limiter les risques liés à l activité cyclique des investissements dans le secteur pétrolier, Isis cherche à rééquilibrer ses participations. Les sociétés affiliées à Isis dans le secteur de l exploration-production représentaient plus de 50 % de l activité du groupe en 1997-1998 en raison d importants investissements réalisés en 1994-1995 dans le domaine de la géophysique et des services associés au forage. Elles ont vu leur poids décroître en 1999 au profit de l ingénierie-maintenance et de la catalyse pour le raffinage et la pétrochimie, secteurs en pleine évolution. L. E. REPORTAGE N 55 INDUSTRIES - MARS 2000 PAGE 19
REPORTAGE SERCEL Miser sur l international Pour résister aux variations du marché, l entreprise nantaise a joué avec succès les cartes du développement à l étranger et de l innovation. Aujourd hui, leader mondial des équipements d acquisition de données sismiques pour l'industrie pétrolière, avec 45 % du marché mondial, Sercel, filiale Equipements de la Compagnie générale de géophysique (CGG), a démarré à Paris en 1956. Elle employait alors une dizaine de personnes. En 1999, elle en compte plus de 950. Sercel doit essentiellement son succès à une stratégie offensive à l international. Outre la France, elle est aujourd hui implantée dans six pays : Etats-Unis, Royaume-Uni, Singapour, Chine, Inde et Russie. A la suite de difficultés survenues au début des années 1990, autant causées par des évolutions cycliques du marché que par des problèmes d'organisation internes, la PMI nantaise a choisi d affermir sa présence à l'étranger. Elle a également développé son activité par une série d'achats d entreprises étrangères. De 1996 à 1999, Sercel achète trois sociétés américaines : Opseis Geophysical Systems, le leader mondial des acquisitions de données par radiotélémétrie, Mertz, numéro un mondial des sources vibro-sismiques et Geoscience-Syntron, première société mondiale des équipements d acquisition sysmique marine. Cette stratégie s avère payante : l entreprise résiste mieux que ses concurrents, notamment l'américain Input-Output, à la crise qui se déclare au second semestre 1998, après l'effondrement du cours du baril de pétrole. Le marché mondial des Activité : équipements d acquisition de données sismiques, terrestres et marines CA : 970 MF (147,88 M ) en 1998 Implantation : Nantes et 9 sites installés dans 7 pays dont la France Effectif : 950 salariés PAGE 20 Sercel détient 45 % du marché mondial des équipements d acquisition de données sysmiques. L entreprise nantaise est aujourd hui implantée dans six pays étrangers (Etats-Unis, Royaume-Uni, Singapour, Chine, Inde et Russie). équipements d acquisition de données sismiques subit alors de plein fouet l'arrêt des investissements des compagnies pétrolières. Ce marché, qui atteignait 900 millions de dollars en 1998, ne s élève plus qu à 400 millions en 1999! Pourtant, le chiffre d'affaires de Sercel n'a baissé que de 30 % ces deux dernières années. Le succès de l entreprise tient aussi à ses investissements dans la R&D. Elle y a consacré 85 millions de francs (12,96 millions d euros) en 1999, soit 15 % de plus qu'en 1998. L intégration d activités à fort niveau technologique a permis à Sercel de développer son métier de base. Fin 1999, l entreprise a lancé un nouveau produit dont la commercialisation s'annonce prometteuse : le «408», un matériel de terrain ultraléger pour des enregistrements à grand nombre de canaux (réseau de type Intranet). «Quand le marché va bien, nous dégageons une rentabilité d exploitation très élevée : 130 millions de francs (19,82 millions d euros) en 1998 sur un chiffre d'affaires de 970 millions de francs (147,88 millions d euros)», souligne Thierry Le Roux, président du directoire de Sercel. Pour l'avenir, l entreprise se veut optimiste : «L'an 2000 sera stable, en attendant une reprise significative en 2001, quand les surcapacités de nos clients auront été résorbées. Pour conforter notre position de leader, il nous faudra développer encore la R&D et la qualité du service client», estime Thierry Le Roux. P. B MARS 2000 - INDUSTRIES N 55
Principia R.D. Spécialiste de la modélisation numérique Diversification des activités, ouverture du capital et partenariats autant de mesures qui permettent à l entreprise de s affirmer dans l expertise et le conseil pour l offshore. Principia R.D. est aujourd'hui largement reconnue dans ses spécialités : la simulation numérique et la maîtrise des logiciels scientifiques. Dans les domaines de la mécanique et de la thermique, l'entreprise, créée en 1981, réalise des études, conçoit et industrialise des logiciels et en assure le suivi auprès des industriels (maîtres d ouvrage, maîtres d œuvre et exploitants). «Notre vocation est d'assurer les transferts de technologies, d une part, de la recherche vers l industrie en introduisant de nouvelles méthodes de calcul, et d autre part, entre les différents secteurs industriels de par notre diversification», explique Benoît de Mouillac, le directeur général de Principia R.D. Pour conserver son indépendance, l entreprise s est en effet diversifiée vers divers secteurs industriels : pétrole, défense, nucléaire et spatial. En 1991, la forte récession de son principal marché (aéronautique et spatial), l'oblige à prendre des mesures drastiques. En 1992 et 1993, un plan de restructuration est mis en oeuvre. L'entreprise décide de s'ouvrir à d'autres champs d'activités comme l offshore pétrolier et l automobile. Par souci de diversification, elle ouvre son actionnariat. A sa création, seule Simecsol est présente dans son capital. Suivent Doris Engineering (1983) et Technicatome (1985). ISIS Développement (filiale de la holding financière de participation de l'institut français du pétrole), intéressée par les potentialités de Principia R.D. dans les domaines pétrolier et automobile, entre dans son capital (1997). Aujourd'hui, chacun de ces acteurs se partage le quart du capital de la société. Hausse moyenne annuelle de 10 % L'élargissement de ses activités, la recapitalisation, la confiance de ses clients et le renforcement de ses compétences techniques ont permis à Principia R.D. d'accroître son volume d'activités et de dégager des bénéfices ces cinq dernières années. Depuis trois ans, ses résultats sont en hausse moyenne annuelle de 10 %. En un an, la Activité : ingénierie scientifique société a doublé ses spécialisée dans la modélisation moyens en rachetant numérique et la maîtrise des successivement, sur logiciels dans les domaines de la mécanique et de la thermique fonds propres, une CA : 62 MF (9,45 M ) en 1999 société de calculs de Implantation : La Seyne-sur-Mer, structures réglementaires et de CAO (Cal- Aix-en-Provence et Rueil- Malmaison Effectif : 105 salariés tec) et une société de maîtrise des risques dans le domaine nucléaire (IQS). Ce développement s inscrit dans la volonté affirmée de Principia d aider ses clients à augmenter leur compétitivité en leur apportant des solutions de technologies avancées. Pour les années à venir, l'entreprise s'est fixée plusieurs objectifs : renforcer son expertise sur toute la chaîne de l'offshore profond ; poursuivre les partenariats engagés avec l IFP dans le domaine des liaisons fond-surface et avec le CEA en mécanique des fluides ; conserver un niveau élevé de recherche et développement pour faire progresser ses méthodes et ses outils de calcul ; enfin, exporter davantage de logiciels grâce à des partenariats avec des PME locales comme elle est en train d'en nouer avec le danois Lic Engineering pour l'offshore et le belge Numeca pour les codes de mécanique des fluides. «Nous préférons nous rapprocher d'entreprises de notre taille. Nous nous comprenons mieux en général. Nous travaillons contractuellement pendant un an ou deux avec elles avant d'envisager des partenariats plus solides», précise Benoît de Mouillac. De la même manière, Principia R.D. envisage de se tourner vers le marché américain en jouant, là aussi, la complémentarité avec des sociétés locales. P. B. REPORTAGE N 55 INDUSTRIES - MARS 2000 PAGE 21