Le commerce extérieur de la Suisse en 2013



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Le commerce extérieur de la Suisse en 2013 Résumé L excédent commercial suisse affiche un nouveau record en 2013, à 26,6 Mds CHF (environ 4,5% du PIB). Recevant près de 55% des exportations suisses, l UE continue d être de loin le premier partenaire commercial de la Confédération, bien que sa part s érode. Face à des importations diversifiées, les exportations helvétiques se concentrent autour des produits pharmaceutiques, qui représentent désormais le quart des exportations totales, loin devant les deux autres principaux postes d exportations, les machines et l horlogerie (environ 10% du total pour chacun). La part de marché de la France dans le total des importations suisses a été stable à 8% entre 2012 et 2013, derrière l Allemagne à 28%, en recul de deux points, et l Italie à 10%, une part stable par rapport à l an dernier. Toutefois, par comparaison avec la part de marché moyenne de la France au cours de la décennie 2000, celle-ci a reculé en 2013 de 19% (de 10,1 à 8,2%), contre -3% pour l Italie (de 10,5 à 10,1%) et -11% pour l Allemagne (de 31,8 à 28,2%). Panorama général L année 2013 marque un nouveau record pour l excédent commercial suisse, qui se monte à 26,6 Mds CHF (en hausse de 0,8% sur un an). Cette progression est due à une hausse plus marquée des exportations (+0,3% à 212,4 Mds CHF) que des importations (+0,2% à 185,8 Mds CHF). L Union Européenne constitue toujours de loin le premier partenaire commercial de la Suisse, avec 63% de ses échanges. Cette part poursuit cependant son déclin : elle s élevait à 65% en 2012 et à 72% en 2004. Dans le même temps, la part des BRICS (Hong Kong compris) atteint 11,7% du total des échanges. Malgré un recul de 5% de ses échanges avec la Suisse, l Allemagne reste largement son premier partenaire commercial bilatéral, avec 23%, devant les Etats-Unis (9%, + 6%), l Italie, la Chine et la France (8%, avec respectivement - 0,1%, + 7% et - 1,5%). Parmi les plus fortes variations des échanges, on peut noter la progression de la Chine (passé de 5 ème à 4 ème partenaire), tandis que le Japon recule de 14% (à 2%). La Suisse réalise son plus important solde commercial positif avec les Etats-Unis (13,6 Mds CHF, +4,1% par rapport à 2012), le Royaume-Uni (4,2 Mds CHF, -9,1%) et la Chine (avec Hong Kong ; 3,7 Mds CHF, -7%). Ses plus importants déficits sont l Allemagne (-13,3 Mds CHF, en creusement de +0,4%), l Irlande (-6,2 Mds CHF, +2,8%) et l Italie (-3,8 Mds CHF, en recul de -0,1%). Avec la France, la Suisse enregistre en 2013 un déficit commercial de 373 MCHF, en baisse de 47% par rapport à 2012. En termes de produits, l excédent commercial helvétique est notamment attribuable à l excellent solde des produits pharmaceutiques, à 32,9 Mds CHF (en hausse de 3,1%). L horlogerie (+18,4 Mds CHF) et les instruments d'optique, de précision et médico-chirurgicaux (+8 Mds CHF) complètent le podium. La Suisse enregistre en revanche ses plus importants déficits sur les postes des automobiles (-11,3 Mds CHF), des combustibles minéraux (-11,1 Mds CHF) et des meubles (-3,5 Mds CHF). Exportations : l UE bientôt sous la barre des 50%, les produits pharmaceutiques de plus en plus stratégiques Si l Union Européenne constitue toujours la première destination des produits suisses, sa part a chuté en 2013 pour la première fois sous la barre des 55%, à 54,8% en 2013 contre 55,8% en 2012 et 63% en 1

2004. Sous l angle national, les cinq premiers clients de la Suisse en 2013 (Allemagne, Etats-Unis, Italie, France et Royaume-Uni) ont pour la première fois représenté moins de la moitié de ses exportations (cf. graphique 4). Les exportations vers les BRICS ont pour leur part représenté 12% du total des exportations, une part stable par rapport à 2012. Sous l angle des produits exportés, le caractère stratégique des produits pharmaceutiques continue de se confirmer : ils représentaient en 2013 plus de 25% des exportations, passant ce seuil pour la première fois (contre 24% en 2012 et 16% en 2004). Cette dépendance aux exportations pharmaceutiques s avère ainsi de plus en plus marquée, les autres grandes postes d exportations (machines et engins mécaniques à 11%, horlogerie à 10%, métaux précieux à 9% et produits chimiques organiques à 8%) affichant une grande stabilité de leur part respective depuis plusieurs années (cf. graphique 5). Ces exportations pharmaceutiques s avèrent particulièrement importantes au sein des exportations vers les Etats-Unis, pour lesquels elles représentent 37% des exportations totales (cf. graphique 6). Importations : l UE toujours prédominante, mais moins incontournable avec la montée de la Chine En matière d importations également, la prééminence de l Union Européenne a poursuivi son recul en 2013, bien qu elle se situe toujours à des niveaux particulièrement élevés. Les importations en provenance de l UE ont ainsi représenté 73% des importations totales de la Suisse l année dernière, passant pour la première fois sous la barre des 75%, et contre 81% en 2004. Sous l angle national, l année 2013 a été marquée par la progression de la Chine (Hong Kong compris) parmi les cinq principaux fournisseurs du pays, qui détrône les Etats-Unis pour prendre la quatrième position, avec 6,5% de part de marché tous deux, derrière l Allemagne (28%, en recul de deux points), l Italie (10%, stable) et la France (8%, stable). Ce rebalancement entre les cinq principaux fournisseurs n affecte pas leur part de marché agrégée, qui reste stable à 41% (cf. graphique 7). Les BRICS voient leur part de marché combinée atteindre 10% en 2013, contre 9% en 2012 et 5% en 2004 ; cette progression n est cependant imputable qu à la seule Chine. Entre la moyenne des années 2000 et 2013, ces parts de marché nationales sont ainsi marquées par le recul, quasi constant, des principaux fournisseurs historiques de la Suisse (Allemagne, Italie et France), une part de cette baisse étant toutefois attribuable à des modifications intervenues début 2012 dans la prise en compte des origines des produits par les douanes suisses (cf. remarque méthodologique). Cependant, le recul de la France (-19% sur la période considérée) est plus marqué que pour l Italie (-3%) et pour l Allemagne (-11%). Par ailleurs, ce glissement est dû notamment à des pertes de parts de marché (réelles ou liées à la nouvelle méthodologie) dans les domaines des produits pharmaceutiques (passée de 9 à 4% sur la dernière décennie), les automobiles (de 10 à 5%) et les boissons (de 36 à 29%). Pour l Allemagne, le recul global s explique notamment par des pertes de marchés relatives aux machines (passée de 44 à 36% entre 2004 et 2013), aux appareils électriques (de 38 à 29%) et aux produits chimiques organiques (de 18 à 12%). Enfin, la progression de la part de la Chine est notamment due aux machines (4% de part de marché en 2004, 10% en 2011 et 22% en 2013), aux appareils électriques (2% en 2004, 6% en 2011 et 11% en 2013) et aux vêtements (9% en 2004, 12% en 2011 et 29% en 2013). En matière de produits importés, les produits pharmaceutiques constituent également le premier poste, mais à des niveaux (11% du total des importations) sensiblement inférieurs à leur part dans les exportations. Cette part s avère par ailleurs stable, à l image des quatre autres grands postes d importation, à savoir les machines et engins mécaniques (10%), les métaux précieux (8%), les combustibles minéraux (8%) et les appareils et matériels électriques (7%). Ces cinq postes continuent ainsi de représenter environ 45% du total des importations helvétiques (cf. graphique 8). Les importations en provenance des principaux fournisseurs tendent pour leur part à présenter des visages très hétéroclites (cf. graphique 9). 2

ANNEXE Remarques méthodologiques L année 2013 a été marquée par des modifications dans les modes de comptabilisation de l énergie électrique, qui ont fait reculer les valeurs des flux, tant à l importation qu à l exportation. Hors électricité, les importations se sont montées à 183,8 Mds CHF en 2013, affichant une progression plus marquée de 2% par rapport aux importations hors électricité en 2012. De même, les exportations hors électricité ont atteint 210,1 Mds CHF en 2013, en progression de 2,1%. Sur le plan bilatéral, la non-prise en compte de l électricité permet de faire ressortir des exportations stables vers l Allemagne (contre un recul de 6% en intégrant l électricité) et une progression de 3% des exportations vers l Italie (contre une stabilité en intégrant l électricité). Du côté des importations, celles en provenance d Allemagne progresseraient de 2% en ôtant l électricité, contre un recul de 5% en l intégrant. Concernant la France, la non-prise en compte de l électricité fait basculer le sens du solde de la relation commerciale : la Suisse afficherait alors un excédent bilatéral de 479 MCHF, en progression de 399% par rapport à 2012. Par ailleurs, depuis le 1 er janvier 2012, la règle du pays d origine (pays où la marchandise a été entièrement obtenue ou celui où la dernière transformation substantielle a été effectuée) a remplacé celle du pays d expédition (pays d où la marchandise a été expédiée vers le territoire douanier suisse), affectant ainsi la part de marché des Etats où sont situés les principaux ports européens (Allemagne, France et Pays-Bas) par lesquels passent les échanges de la Suisse utilisant pour partie la voie maritime (notamment, les échanges avec l Asie, l Afrique et l Amérique). Graphique 1a. Evolution de long terme du commerce extérieur de la Suisse (1988 2013) Source : Administration Fédérale des Douanes (AFD) 3

Graphique 1b. Evolution du commerce extérieur de la Suisse : focus sur la dernière décennie Graphique 2. Variation trimestrielle des flux de commerce extérieur en glissement annuel 4

Graphique 3. Solde commercial trimestriel et courbe de tendance ; tendance : courbe polynomiale d ordre 6 Graphique 4. Evolution de la part de marché des cinq premiers clients de la Suisse 5

Graphique 5. Evolution de la part des cinq principaux postes d exportation de la Suisse Graphique 6. Structure des exportations vers les cinq principaux clients de la Suisse Allemagne Etats-Unis 6

Italie France Royaume-Uni Clause de non-responsabilité - Le service économique s efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l utilisation et de l interprétation de l information contenue dans cette publication. 7