II Le champ de Sicaude IIa) Fiche d identité Ce site exceptionnel, traversé de nombreux chemins, fut relativement peuplé au XIXe siècle. On compte alors près de 300 habitants dans un rayon de 3 km autour de la chapelle Saint Michel, dont le Champ de Sicaude. Marqué par un relief chaotique et vertigineux, source de nombreux mythes et légendes, ce site fut aussi un lieu de pèlerinage et de processions. Hameaux abandonnés, bergeries en ruines, terrasses de culture en friche, citernes écroulées et autres vestiges témoignent de l occupation humaine du territoire à l époque du boum démographique et du peuplement des campagnes au XVIIIe et XIXe siècle. Les flancs arides des collines étaient presque totalement cultivés, aménagés en terrasses, travail titanesque des paysans qui édifiaient des kilomètres de murs en pierre sèche pour seulement quelques petits mètres carrés cultivables. Ici, chaque ferme était conçue pour une vie autonome et possédait ses propres réserves en eau. Le départ des hommes à la guerre en 1914 entraîna la désertification des Monts de Vaucluse et l abandon des hameaux. La reconquête récente du monde rural a permis la restauration de quelques fermes les plus accessibles, mais l eau courante n est arrivée sur le plateau qu en 1985!
IIb) Fiche pratique Départ : Saint Hubert Arrivée : D942 légèrement en amont du belvédère, à hauteur du sentier de la chapelle St Michel Longueur du circuit :? Temps : 3 à 4 h Dénivelée : Départ de Saint Hubert à 828m ; descente jusqu aux premiers aiguiers à 774m ; belvédère à 800m et redescente jusqu à la chapelle Saint Michel à 600m ; remontée jusqu à la D942 à 740m. Mode de déplacement : à pied Points d eau : Fontaine de Monieux Hébergements : Gîte de Saint Hubert (Gîte d étape) Services et commerces : Monieux Offre touristique à proximité : Sault
IIc) Plan de situation
IId) Descriptif de l itinéraire Ê Depuis la ferme Saint Hubert, prendre à pied la route de Méthamis sur 300m. Saint Hubert fut très probablement un pavillon de chasse bourgeois apparu au VIIè siècle : cette grosse bâtisse rose et carrée, est visible de très loin et depuis de nombreux endroits. Située sur un col à 820 mètres d'altitude, sur l'ancienne route qui reliait Sault à Apt, elle semble surveiller le monde qui l'entoure : au Nord, vers les gorges de la Nesque et le Mont Ventoux, au Sud, vers le bassin d'apt et le Luberon. NB : Possibilité de faire un petit détour par le pas du Viguier, dernière extrémité connue du Mur de la Peste vers le Nord (Voir fiche N 6 de la Jaille). Pour cela, depuis Saint Hubert, prendre le chemin bordé d arbres dans le prolongement de la route et monter sur 500 mètres environ. Ê Après avoir pris la route de Méthamis sur 300 mètres, dans le virage, au panneau signalant "les Barberis", prendre à droite le sentier balisé GR9 (qui se sépare presque immédiatement du chemin des Barbéris). Le suivre pendant environ _ d'heure en prenant soin de laisser le chemin qui redescend sur le Champ de Sicaude. Vous retrouvez le chemin des Barbéris sur 500 m environ, que vous quittez de nouveau pour redescendre sur la droite. Après 300 mètres environ, passer une barrière, le propriétaire des lieux autorisant la visite des aiguiers situés quelques mètres plus loin, en contrebas, à droite du chemin (voir fiche N 1) Ê En continuant le chemin (laisser celui de droite qui redescend sur la maison de Cassoulen et monter légèrement), vous débouchez après 300 mètres sur une falaise surplombant les gorges de la Nesque (chemin privé) : un point de vue magnifique sur le rocher de Cire et le Castelleras s'offre à vous (voir fiche N 2). On comprend alors que de nombreuses légendes soient nées de ce lieu non innocent, comme celle du Dragon caché dans la Nesque, qui dévorait les enfants pas sages... mais la plus belle est sans doute la légende de Naïké, transcrite dans le journal "Germinal" de 1912 : Un méchant seigneur, appelé Sire de Sicaude, avait fait bâtir une forteresse au sommet du plus haut rocher afin de rançonner tous ceux qui s'aventuraient dans les terribles gorges de la Nesque : le Rocher de Cire (ce qui peut expliquer l'origine du nom mais il existe une autre explication, voir plus loin). Il avait une fille, Naïké, qui resplendissait de vertus et de beautés. Un jour, Naïké s'éprit d'un troubadour.
Son père, le Sire, décida de punir les deux amants : il demanda à ce que le troubadour soit enfoui dans les entrailles du rocher au pied de la citadelle et condamna sa fille à errer dans les méandres de la Nesque (histoire relatée dans "Les carnets de Ventoux" N 18 - Déc.1994). Une autre légende prétend que de nombreuses abeilles sauvages venaient se loger dans les alvéoles naturelles du rocher. Un courageux, surnommé Biquette, se balançant au bout de cordes, tentait de ramasser ce miel. Ê Revenez sur vos pas et retrouvez sur la gauche les traces de GR9 qui vous conduisent au Champ de Sicaude. Suivre le balisage du GR qui passe sous la ferme de Malaval. Laisser à votre gauche le ravin de Saume Morte. Ê Une demi-heure après le Champ de Sicaude, prendre le GR à gauche qui redescend en _ heure à la chapelle troglodytique de Saint Michel, d'époque romane, qui constitue une halte pour tous les randonneurs. (Voir fiche N 3). Tout au fond du gouffre, cachée dans les cavités de la roche, la chapelle troglodyte Saint Michel ne se dévoile qu'aux marcheurs : petit édifice rectangulaire qui utilise la roche comme plafond, et pourvue d'une abside en cul-de-four à l'est, elle semble blottie au creux de la roche et épargnée par la fureur des eaux. Les crues de la Nesque sont en effet rares mais peuvent être très violentes. Ê De là, quitter le fond des gorges et remonter pendant une demi-heure vers la D942 où une voiture vous attend. De là, on peut rejoindre le belvédère du Castelleras depuis lequel on redécouvre tout le parcours effectué, au départ du gîte de Saint Hubert.