Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges Stéphane Boillat & Jean-François Rubin Janvier 2006
Table des matières 1. INTRODUCTION... 3 2. DESCRIPTIF DU PROJET DE L'ALLONDON... 4 2.1. LOCALISATION... 4 2.2. MÉTHODES... 5 2.3. RÉSULTATS... 6 2.4. DISCUSSION... 7 3. PROJET DANS LE BOIRON DE MORGES... 8 3.1. SITUATION... 8 3.2. LOCALISATION DES OBJETS... 9 3.3. PLANNING PROPOSÉ... 11 4. BIBLIOGRAPHIE... 11 Photo : Michel Roggo Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 2
1. Introduction L Association Truite-Léman (ci-après ATL) effectue un suivi biologique sur le Boiron de Morges depuis 10 ans (Rubin, 1999a, b, 2001, 2003). Des pêches électriques ont lieu 2 fois par année en juillet et en novembre. Les résultats font ressortir 3 points importants: 1. Les effectifs de jeunes poissons (0+ et 1+) fluctuent beaucoup d'une année à l'autre, sur en juillet avec la période d étiage estival. 2. Les effectifs de poissons plus âgés (supérieure à 1+) ne fluctuent peu, entre 1000 et 2000 individus sur l'ensemble du Boiron de Morges quelque ait été l effectif de juvéniles de la cohorte correspondante (Figure 1). 3. Les poissons d'un âge supérieur à 1+ se trouvent principalement dans les caches sous les embâcles 16'000 N ind 14'000 12'000 10'000 8'000 Cohorte 2000 Cohorte 2001 Cohorte 2002 Cohorte 2002 ajustée Cohorte 2003 Cohorte 2003 ajustée Cohorte 2004 Cohorte 2005 6'000 4'000 2'000 0 0+ juillet 0+ nov 1+ juillet 1+ nov 2+ juillet 2+ nov 3+ juillet 3+ nov Figure 1: Evolution des effectifs de truites dans le Boiron On peut alors avancer que l un des facteurs principaux limitant les populations de poissons âgés (2+ et au-delà) est le manque de caches offertes par le milieu. Des constats similaires ont été faits sur l'allondon dans le canton de Genève. Sur cette rivière, une méthode a été testée afin de créer de nouvelles caches dans le secteur du "Parcours mouche" en plaçant des troncs dans le cours d eau. Les pêches de contrôle effectuées ensuite ont démontré que ces habitats étaient très vite colonisés par les truites et que l on parvenait ainsi à augmenter de manière significative les effectifs de la population piscicole (Gren, 2003). La problématique étant similaire, l idée est donc de tenter la même expérience sur le Boiron de Morges. Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 3
2. Descriptif du projet de l'allondon 2.1. Localisation Dans l'allondon, 11 arbres ont été fixés dans le lit à l'aide de pieux, entre le pont Russin et le pont CFF, 6 sur les berges (secteur amont de la zone) et 5 proches du centre du lit (secteur aval). Figure 2: Situation dans l'allondon Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 4
2.2. Méthodes Les arbres fixés étaient des peupliers, des chênes et des frênes. Les arbres ont été élagués, puis dessouchés, les fûts mesuraient entre 4 et 6 m. Des pieux de fixations en chêne de 3 m ont été battus mécaniquement sur un maximum de profondeur possible (env. 2 m) et une encoche a été faite pour les ligatures de fixations. La partie des pieux dépassant trop l'encoche a été tronçonnée. Les moyens de fixations utilisés sont des ligatures en acier inoxydables de 2 cm de large fixées à l'aide d'attaches Figure 3: Tronc en place avec système de fixation Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 5
2.3. Résultats L'Allondon a subit de fortes crues en 2002 et en 2003. La crue de novembre 2002, dont le débit estimé est une crue trentennale (env. 80 m 3 /s), a eu des répercussions sur les aménagements placés dans le centre du lit (Figure 4). Deux souches ont été emportées par la crue en raison d'une rupture des attaches sur les pieux. Les trois souches restantes ont été soit en partie, soit totalement recouvertes de graviers issus du charriage. Les six souches qui ont été posées dans le bord du cours d'eau sont encore en place et remplissent leur fonction. Figure 4: Troncs toujours en place après le passage des crues Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 6
Des pêches électriques réalisées avant et après les travaux ont démontré la fonctionnalité des souches. En effet, un nombre bien plus important de géniteurs ont été capturés après leurs aménagements, principalement aux abords de celles-ci. Les souches recouvertes ne sont pas vraiment considérées comme des échecs car elles sont susceptibles d'être dégagées par une crue et d'être fonctionnelles par la suite. (Gren, 2003). 2.4. Discussion La fonctionnalité de tels aménagements a été prouvée par les pêches électriques. Cependant les souches ensevelies et emportées par les crues démontrent qu'il est difficile de faire tenir des bois aussi grands au centre d'un cours d'eau subissant des crues importantes. Il avait été proposé de fixer les troncs aux pieux à l'aide de câbles, mais cette méthode de fixation n'a pas été retenue. La fonctionnalité est optimale pour les souches disposées en pied de berges, celles-ci n'ont été ni arrachées ni ensevelies. En trois ans, des amas de bois forment des caches très intéressantes pour les poissons. Figure 5: Barbeaux sous des souches (photo: Michel Roggo) Figure Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 7
3. Projet dans le Boiron de Morges 3.1. Situation Une réalisation, similaire dans le principe à ce qui a été fait dans l Allondon, est proposée dans le Boiron de Morges, sur le secteur en aval de la route Suisse. Si une souche devait être emportée par le courant, elle irait directement dans le lac, sans risque de créer des embâcles pouvant occasionner des débordements en cas de crue. A noter que même si cela devait être le cas, le secteur étant situé intégralement en forêt, il n y a aucun risque pour la sécurité des biens ou des personnes. (Figure 6). Figure 6: Secteur test proposé pour l'aménagement de caches à poissons La création de ce secteur test comprend la pose de 3 souches dans le lit de la rivière, dont l emplacement précis a été déterminé en étroite collaboration avec le SESA et la Commune de Morges. Etant donné que l ATL pratique des pêches électriques sur ce secteur depuis 10 ans, il sera facile d'évaluer l'efficacité de ces aménagements. En l état, il ne s agira que d un secteur test, absolument sans dangers. Il sera parfaitement possible de tout enlever si quelque chose ne va pas. Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 8
3.2. Localisation des objets Trois arbres avec leurs souches seraient mis dans la Boiron de Morges, les emplacements proposés sont (d'amont en aval): 1. Vers la niche d'érosion en rive gauche, la souche serait positionnée en amont de la niche d'érosion et le tronc longerait la niche (Figure 7). 2. En aval se trouve actuellement une plage de galets formée en rive gauche par les crues de cet hiver, le second arbre serait positionné juste en aval de cette plage (Figure 8). 3. Peu après le pont de bois, en rive droite, se sont formés des irrégularités au niveau de la rive, la troisième souche serait positionnée à cet endroit (Figure 9, page suivante). Dans chaque secteur, la souche serait toujours positionnée en amont et le tronc en aval. Dans les figures suivantes, les positions sont figuratives, elles seront fonction de la mise en œuvre, en vertu du bon sens. La figure 10 (page suivante) localise approximativement les positions des arbres. Figure 7 : Position le l'arbre amont. Photographie prise de la rive droite Figure 8 : Position de l'arbre central. Photographie prise de la rive droite Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 9
Figure 9 : Position de l'arbre aval. Photographie prise depuis le pont Figure 10 : Position approximative des arbres Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 10
Il est possible de prendre des arbres directement dans la forêt entre le Boiron de Morges et le lac, en rive gauche. Il a été proposé de couper les arbres et de prendre des souches dans une compostière. Pour leur fixation, les arbres et les souches seront stabilisés par des pieux battus dans le lit de la rivière. 3.3. Planning proposé L ATL souhaite pouvoir créer ce secteur test au printemps 2006. Entre juin et octobre auront lieu comme chaque année des pêches électriques sur l'ensemble du Boiron de Morges. Un rapport d'évaluation pourra être établi pour décembre 2006. 4. Bibliographie Gren, s. (2003). Suivi du parcours mouche de l'allondon. Département de l'intérieur, de l'agriculture et de l'environnement. Service cantonal du programme de renaturation des cours d'eau et des rives, Genève. Rubin, J.-F. (1999a). Evolution des peuplements de truites, Salmo trutta L., dans le Léman au cours du XXè siècle. In Découvrir le Léman, 100 ans après François-Alphonse Forel (ed aie), pp. 275-299, Genève. Rubin, J.-F. (1999b) La réhabilitation du Boiron de Morges. Bulletin de l'arpea, 202, 31-37. Rubin, J.-F. (2001) Un exemple pratique de renaturation: le Boiron de Morges, suivi 2000. Bulletin de l'arpea, 207, 13-24. Rubin, J.-F. (2003) Gestion et dynamique des populations de deux salmonidae dans le bassin lémanique. Cybium, 27, 76-78. Création de caches à poissons dans le Boiron de Morges 11