Un enfant d IVRY LA BATAILLE Cette brève histoire de la vie de Charles Henry BRASIER, illustre Ivryen dont le nom restera à jamais attaché à l épopée de la naissance de l automobile et qui honore encore aujourd hui notre petite ville repose essentiellement sur l ouvrage de Michel BRICAUD ancien Maire d Ivry la Bataille qui a souhaité à la veille de l an 2000 avec quelques autres Ivryens rendre enfin un hommage à cette personnalité qui avait été un peu oubliée au fil du temps Nous remercions donc Michel BRICAUD de nous avoir permis d utiliser son travail de recherches pour immortaliser un peu plus ce pionnier de l automobile grâce à l internet, et nous ne serions trop recommander à tous les lecteurs qui souhaiteraient en connaître plus sur cette fabuleuse épopée de se reporter à son ouvrage très documenté intitulé Charles Henry BRASIER (1864-1941) Constructeur et pionnier de l automobile de course publié en 1999 aux éditions Page de Garde
Tout le monde connaît notre petite ville d IVRY, rendue célèbre par la fameuse bataille qui opposa le 14 mars 1590 les troupes du bon roi Henri IV aux troupes du Duc de Mayenne mais qui se souvient qu à une époque beaucoup plus proche de nous, à l aube de l ère industrielle, et de la naissance de l automobile, un enfant d Ivry la bataille, Charles-Henry BRASIER allait à nouveau porter très haut les couleurs de notre citée. Aujourd hui seuls les passionnés de grands mères automobiles vibrent encore à l évocation de ce nom fameux, pourtant aux cotés des frères RENAULT, des CITROEN, ou des MICHELIN, il fit partie de ces pionniers apprentis constructeurs d automobiles, inventeurs de génie qui surent par leur ténacité et leurs compétences élever au plus haut niveau le savoir faire français.
Le petit Charles-Henry naquit le 9 mars 1864 à Ivry la Bataille. Ce fils de parents modestes, son père Jean-François est jardinier et sa mère Catherine Rosalie GILBERT est cuisinière au service des LAPORTE, riche famille de la bourgeoisie d Ivry, se fait cependant rapidement remarquer par son exceptionnelle intelligence. Evoluant dans un milieu favorable avec des parents laborieux, au service d une famille bourgeoise cultivée, il reçoit une excellente éducation qui conditionnera sa réussite future. A 16 ans, ses résultats scolaires et déjà sa passion de la mécanique le poussent à se présenter au concours d entrée de l Ecole des Arts et Métiers de CHALONS où il est reçu second de sa promotion En 1883, il obtient son diplôme d ingénieur, il n a que 19 ans. Il semblerait qu il effectue ses premières expériences professionnelles comme dessinateur chez PANHARD et LEVASSOR fabricant de moteurs industriels puis à la Compagnie des chemins de fer d Orléans au département matériel et traction. Ce n est toutefois qu en 1886 qu il trouve un emploi plus stable chez MORS, où il se verra confier entre autre la responsabilité des recherches appliquées sur les bateaux à vapeur En 1887 BRASIER met au point une voiturette chauffée au coke puis un tricycle à vapeur qui sera récompensé à l exposition Universelle de 1889. En 1895 la maison MORS décide de s occuper de construction automobile et confie au jeune ingénieur la direction des services chargés de la conception de ses véhicules équipés de moteurs à essence. En 1896, il invente le moteur à quatre cylindres en V, c est aussi à cette époque que la société MORS décide de se lancer dans la compétition automobile aux côtés de PANHARD LEVASSOR, PEUGEOT, de DIETRICH et bien d autres. Pour BRASIER, c est la révélation, au fil des mois, son esprit inventif ne cesse de travailler et bientôt les premières victoires en course arrivent. Stimulé par ces succès BRASIER continue ses recherches, il invente un nouveau moteur à 4 cylindres en ligne, met au point un nouveau carburateur comprenant un gicleur par cylindre, les voitures MORS construites par notre ingénieur s imposent de plus en plus souvent en compétition.
En 1900, le pilote Henry FOURNIER ayant remarqué les incomparables qualités des voitures MORS rejoint l équipe du constructeur. En 1901, le 29 juin ce dernier remporte la fameuse course PARIS BERLIN, BRASIER participe luimême à la course qu il terminera à la quatrième place. Malheureusement durant cette épreuve, il ne pourra éviter sur la route un enfant qui sera tué sur le coup. Cet accident le marquera pour toujours.. Les voitures MORS sont à leur apogée et engrangent les victoires, mais contre toute attente le tandem BRASIER FOURNIER récemment formé et promis aux plus hautes marches des podiums ne semble pas fonctionner aussi bien qu espéré, les caractères de ces 2 hommes autoritaires et exigeants ne s accordent pas, par ailleurs certaines personnes de la direction commencent a trouver également que les dépenses engagées par Brasier pour la préparation des voitures de compétition sont beaucoup trop exorbitantes. BRASIER, homme entier et intransigeant quitte le constructeur MORS à la fin de 1901, le départ de son génial ingénieur entraînera irrémédiablement le déclin des voitures MORS en compétition. En 1902, Ch H BRASIER s associe avec Georges RICHARD fabricant de cycles réputé et qui à la fin du 19 ième siècle avait parfaitement compris l importance future de l automobile et s était adapté en devenant à son tour un constructeur reconnu, notamment pour ses voiturettes. Ces 2 hommes entreprenants et précurseurs dans beaucoup de domaines fondent les établissements RICHARD-BRASIER dont les usines se situent à IVRY- PORT près de PARIS avec comme emblème le Trèfle à Quatre Feuilles, marque déposée en 1892 par G RICHARD.
La collaboration entre les 2 hommes aboutit rapidement à la mise en place d un programme de construction de voitures légères de tourisme mais également au développement et à la construction d un modèle de course destiné à participer à la fameuse course PARIS-MADRID (ce sont 4 voitures RICHARD-BRASIER qui seront au départ en mai 1903). Toutefois si cette course est un joli succès pour les 2 associés, puisque 3 voitures sur les 4 sont à l arrivée à Bordeaux terme de la 1 ère étape, cette course restera également comme une des courses les plus meurtrière de l histoire de la compétition automobile puisqu au terme de cette 1 ère étape on dénombre 6 morts dont Marcel RENAULT et 10 blessés parmi les concurrents et les spectateurs G RICHARD sera lui même blessé en voulant éviter un spectateur. Devant cette hécatombe la course est arrêtée sur ordre du Ministre de l Intérieur.
Au lendemain de ce PARIS-MADRID, Ch H BRASIER passionné par la compétition dresse un premier bilan : le succès des RICHARD BRASIER est réel, mais notre ingénieur pressent que les grandes avancées technologiques se feront demain non pas dans la catégorie des voiturettes mais dans la catégorie des grosses cylindrées et dorénavant, il consacrera toute son énergie et ses moyens à la mise au point de modèles de course plus puissants. En 1904, en accord avec son associé, il décide de faire participer la marque RICHARD- BRASIER à la fameuse coupe GORDON-BENNETT en catégorie grosses voitures. Cette coupe dont la première édition s est courue en 1900 et a vu la victoire de la France ainsi qu en 1901 avant de revenir aux Anglais en 1902 et aux Allemands en 1903 est devenue au fil des années un événement international au point d être considérée en 1903 comme la plus grande course automobile du monde, c est dire les enjeux pour tous les constructeurs automobiles de l époque, avec des règles très strictes. Chaque pays ne peut présenter que 3 voitures, et ces voitures doivent être entièrement fabriquées dans le pays qu elles représentent et tous les éléments qui la constitue, fabriqués également dans ce pays. COUPE GORDON-BENNETT Pour James GORDON-BENNETT journaliste et grand sportif passionné d automobile, fils du fondateur du journal le «New York Herald» il s agissait avec cette coupe de créer un événement international et de révéler ainsi au Monde entier les fabuleux progrès réalisés par tous ces industriels passionnés par l automobile, c était chose faite à la veille de 1904.
1904, l esprit en France est à la revanche, la coupe se tiendra en Allemagne dernier pays vainqueur comme le prévoit le règlement. Tous les constructeurs français mettent au point leurs nouveaux bolides pour reconquérir la coupe. L arrivée de CH H BRASIER dans la compétition, cet ancien ingénieur talentueux de chez MORS qui a mené ce constructeur sur les plus hautes marches des podiums en compétition, est accueillie avec beaucoup d intérêt L importance de cette compétition est telle chez les constructeurs français que ce sont 29 demandes d engagements qui sont reçues par l Automobile Club de France «ACF». Le règlement prévoyant 3 représentants par pays, il va donc falloir en passer par des éliminatoires. Le 20 mai 1904 sur le circuit de l ARGONNE, la BRASIER conduite par THERY triomphe de ces éliminatoires en se classant 1 ère devant une MORS et une TURCAT MERY qui représenteront donc la France sur le circuit de TAUNUS en Allemagne pour la Coupe 1904. Pour Ch H BRASIER et sa RICHARD BRASIER, c est un véritable triomphe qui vient confirmer les extraordinaires capacités de notre ingénieur pour la conception et la mise au point de cette toute nouvelle voiture, comme il avait su le démontrer auparavant chez MORS. Ce triomphe revient aussi en partie au talent du pilote THERY qui sera désormais toujours associé à toutes les grandes victoires de la BRASIER. Pour comprendre le retentissement de cette victoire, apprécions un extrait de presse de l époque : «Les performances de THERY prouvent l excellence, la puissance et la régularité d un moteur merveilleusement réglé il classe le constructeur RICHARD BRASIER en tête de la fabrication française. La voiture est parfaitement comprise, basse, large, ramassée, virant bien Félicitons la maison RICHARD BRASIER et son remarquable ingénieur BRASIER qui pour la seconde fois se classe comme un des meilleurs ingénieur en construction automobile, comme l homme qui après avoir le mieux senti les besoins de la voiture, sait le mieux les réaliser. Travailleur obstiné, volontaire et réfléchi, créant tout par lui même, c est bien un de ceux auxquels le succès ne vient que par le mérite»
Cependant, ces éliminatoires ne constituent qu un premier pas vers la reconquête du trophée perdu 2 ans auparavant. Nous sommes le 17 juin 1904 sur le circuit de TAUNUS en Allemagne qui souhaite faire de cette course la plus grande épreuve du sport automobile de l année. Des moyens fantastiques pour l époque sont mis en œuvre pour que cette coupe GORDON BENNETT, vitrine de l industrie automobile soit la plus belle jamais organisée. L Empereur GUILLAUME II assistera à l épreuve lui conférant ainsi une dimension exceptionnelle. Le circuit long de 128 km que les concurrents devront parcourir 4 fois est très accidenté avec des successions de montées et de descentes qui mettront à mal les suspensions et les freins des bolides. Il est 7 heures en ce matin du 17 juin, la foule acclame le premier concurrent qui va s élancer et qui n est autre que JENATZY sur MERCEDES, le vainqueur de la coupe de 1903. Beaucoup croient d ailleurs en une nouvelle victoire allemande et cela semble se concrétiser puisque la MERCEDES est en tête après le premier tour, mais peu de temps après la BRASIER conduite par THERY passe pratiquement dans le même temps sous les ovations de la délégation française qui fait confiance à la robustesse de la voiture et au talent de THERY pour remonter son léger handicap. Effectivement, avec une implacable régularité THERY remonte puis semble se détacher de JENATZY
Lorsque la MERCEDES N 1 franchit la ligne d arrivée, tout le monde attend la BRASIER partie 28 minutes après la MERCEDES. Le compte à rebours commence, les minutes s écoulent, longues, éprouvantes tant pour les allemands que pour les français quant enfin un mouvement de foule indique que la BRASIER arrive remontant la ligne droite des tribunes, à toute allure dans un vrombissement assourdissant. Le pilote et son mécanicien lèvent le bras en franchissant la ligne d arrivée.
La BRASIER est arrivée un peu plus d un quart d heure après la MERCEDES il n y a donc plus de doute la BRASIER remporte la coupe à la moyenne de 87,24 km heure devançant la MERCEDES de JENATZY de 11 minutes et 27 secondes La France vient de reconquérir le trophée convoité, la Marseillaise retentit en l honneur des vainqueurs BRASIER et THERY qui reçoivent les félicitations de l empereur GUILLAUME II L empereur qui s entretiendra par ailleurs longuement avec Ch H BRASIER adressera une dépêche au président de la République Française Emile LOUBET pour souligner la remarquable victoire remportée par l industrie automobile française. 2 jours plus tard PARIS accueille ses héros et la presse ne tarit pas d éloge à l égard du constructeur et de son pilote : «Les trompettes de la renommée vont jeter aux quatre coins de l Univers le nom du vainqueur et les conséquences pratiques de cette brillante victoire vont se répercuter de façon grandiose sur notre industrie nationale» Le gamin d IVRY LA BATAILLE triomphe et devient à tout jamais le symbole de la réussite de la technologie française dans le Monde entier.. Cette victoire aura également une autre conséquence, prévisible, mais précipitée par les évènements: la séparation des 2 associés qui ne s entendent plus sur les stratégies commerciales de l entreprise. G RICHARD en financier averti souhaite avant tout promouvoir l automobile grand public alors que Ch H BRASIER en ingénieur ne s intéresse qu à la conception de voitures puissantes et rapides conçues pour la course et une clientèle sélectionnée. Prévisible, puisqu en 1903, G RICHARD après son accident sur le PARIS MADRID devait abandonner durant plusieurs mois la direction de l usine d IVRY PORT à son associé. Ch H BRASIER qui en profitera à l insu de ce dernier pour orienter la production de l entreprise vers la fabrication de véhicules de grosses cylindrées et la mise au point de voitures pour la compétition.
En 1904, la séparation des 2 associés est effective, CH H BRASIER conservera les usines d IVRY PORT mais, fait beaucoup plus curieux, il conservera également l emblème de l ex société RICHARD BRASIER à savoir le Trèfle à Quatre Feuilles, déposé par G RICHARD en 1892, pouvons-nous, juste comme le mentionne M BRICAUD dans son ouvrage, supposer qu en 1904 les succès et notamment la coupe GORDON- BENNETT remportés par la BRASIER devenaient indissociables du Trèfle à Quatre Feuilles qui ornait la calandre des voitures victorieuses En 1905, BRASIER fidèle à son tempérament décide de remettre son titre en jeu en participant à la coupe GORDON-BENNETT qui se déroulera en France. Sur proposition des frères André et Edouard MICHELIN, c est le circuit d Auvergne au pied du Puy de Dôme qui est retenu, y compris pour les éliminatoires pour les concurrents français. Une nouvelle fois en ce 16 juin 1905 la BRASIER conduite par THERY triomphe de ces éliminatoires. Avant même d être disputée, la coupe 1905 est l objet de toutes les passions, un peu comme les 24 heures du Mans à une autre époque. L opinion publique se captive pour cette confrontation pacifique entre les différents Pays, certains journaux vont même jusqu'à organiser auprès de leurs lecteurs des concours dotés de prix exceptionnels comme une voiture à gagner (rappelons-nous l époque à laquelle nous sommes) pour ceux qui désigneront les 3 premières voitures à l arrivée. Le 5 juillet 1905 ce sont près de 100.000 spectateurs et plus de 5.000 voitures automobiles qui se pressent sur le circuit d Auvergne pour assister au duel de ces chevaliers du 20ème siècle au volant de leurs terribles bolides. THERY s élance prudemment en N 1 sur ce circuit très accidenté qu il connaît bien et qui sait que les mécaniques seront soumises à rude épreuve.
Très vite LANCIA sur FIAT prend la tête de la course et au fil des kilomètres accentue son avance sur la BRASIER qui se fait même dépasser THERY pressent alors le danger et confiant dans la robustesse de sa voiture, décide d accélérer, il rattrape la FIAT et oblige son adversaire à toujours plus accélérer, jusqu au moment où le moteur de la FIAT se grippe, c en est fini du suspens, THERY ralentit son allure et triomphe pour la seconde fois consécutive sur la BRASIER.
La foule acclame THERY qui est quasiment arraché de sa voiture pour être amené devant le ministre M CLEMENTEL qui lui remet les Palmes Académiques. Cette seconde victoire vaut à la France de conserver définitivement la coupe qui sera par ailleurs la dernière disputée sous cette forme puisqu elle sera remplacée dès 1906 par un grand prix sans limitation du nombre de véhicules par pays.
Toute l industrie française de l automobile sort grandie par ces 2 victoires successives d une BRASIER et nos voitures sont qualifiées : «de merveilles de mécanique et de solidité, la supériorité des Français est incontestable». Quant à CH H BRASIER, l admiration qu on lui voue est immense, il est alors considéré par ses pairs comme un véritable héros et un ingénieur de génie. Fort de ces succès la société BRASIER met au point un programme ambitieux de développement industriel dans le domaine de l automobile bien entendu mais également dans les domaines des transports routiers, de la fabrication de moteurs de bateaux qui ont fait eux aussi la preuve de leur fiabilité en remportant de nombreuses victoires en compétition nautique et en battant de nombreux records de vitesse sur l eau et de moteurs pour dirigeables. Pourtant rapidement on constate que les succès commerciaux de BRASIER ne sont pas à la hauteur de ses succès en compétition, la production automobile, la plus importante pour l entreprise varie d une façon trop importante d une année sur l autre. BRASIER informé des nouvelles techniques de fabrication et d organisation mises en place aux ETATS UNIS dans l industrie automobile, tente en précurseur qu il a toujours été, d introduire dans son usine le travail à la chaîne. Les ouvriers s y opposent immédiatement, et en 1913 la grève est décrétée, plus de 600 d entre eux cessent le travail A la veille de 1914, les usines BRASIER sont au plus mal, puis la guerre éclate, en 1915 les usines d IVRY sont réquisitionnées pour fabriquer des moteurs d avions ainsi que des obus. Cette réquisition représentera paradoxalement pour la société BRASIER comme pour beaucoup d autres sociétés une redynamisation exceptionnelle. Au lendemain de la guerre la production d automobiles reprend à IVRY PORT qui occupe en 1919 1.400 personnes mais CH H BRASIER peine cependant à prendre le train des grands bouleversements d après guerre et notamment celui de la démocratisation de l automobile. Il reste sur sa conception ancienne de l automobile puissante et rapide réservée à une élite mais malheureusement ces critères ne répondent plus aux demandes des clients, certes quelques beaux succès sont encore enregistrés par la marque notamment aux 24 heures du Mans 1923 et 1924 mais la grande époque est bien finie. C est aussi le début d une période économique fortement troublée avec la montée en puissance du syndicalisme et un peu partout en France de grandes grèves qui paralysent l industrie et n épargnent pas les usines d IVRY PORT. En 1924 les usines BRASIER sont placées en liquidation judiciaire.
En 1926, BRASIER à la recherche d un second souffle s associe avec CHAIGNEAU un riche financier et réorganise ses activités sous la raison sociale CHAIGNEAU BRASIER En 1927, la nouvelle société récupère un peu de trésorerie en vendant une partie de l usine d IVRY PORT à la société HOBART. Cette réorganisation d un point de vue technologique semble porter ses fruits avec des résultats plus qu honorables en compétition et des évolutions techniques innovantes pour l époque comme le 8 cylindres produit en 1928 mais déjà la crise mondiale de 1929 se profile aux ETATS UNIS avec son cortège de faillites et de chômeurs, puis en EUROPE et en France qui compte 2 millions de chômeurs en 1932. Partout des mouvements sociaux éclatent et l industrie automobile qui subit de plein fouet cette crise, s écroule, le nombre de constructeurs passant à cette époque de 90 à 28. En 1933 la firme CHAIGNEAU BRASIER dont la production est à l arrêt faute d acheteurs ne résiste pas à la crise et cesse définitivement toute activité. Les usines d IVRY PORT seront rachetées par la société DELAHAYE, autre constructeur de renom. Pour notre gamin d IVRY LA BATAILLE, c est la fin d une très belle épopée, Ch H BRASIER a presque 70 ans, cet homme au parcours exceptionnel, cet ingénieur de génie mais qui s est vraisemblablement trompé à l occasion de certains choix stratégiques quitte le monde de ces grands industriels. Seuls quelques privilégiés l apercevront encore à l occasion de rares apparitions sur les circuits se rappelant alors le grand ingénieur qu il fut, posant pour la gloire, casquette sur la tête en compagnie de son ami Théry tous les deux au sommet de leur art CH H BRASIER s éteindra le 8 novembre 1941 en son domicile parisien du 36 rue Bayen dans le 17 ième arrondissement. Il était âgé de 77 ans. Dominique XAVIER à IVRY LA BATAILLE