CHIMIO HYPERTHERMIE INTRA PÉRITONÉALE CHIP. Jacques Paineau



Documents pareils
PLACE DE L IRM DANS LE BILAN D EXTENSION DU CANCER DU RECTUM. Professeur Paul LEGMANN Radiologie A - Cochin Paris

Traitements néoadjuvants des cancers du rectum. Pr. G. Portier CHU Purpan - Toulouse

Essai Inter-groupe : FFCD UNICANCER FRENCH - GERCOR

Intérêt de la TEP-FDG dans les cancers de l ovaire

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la scintigraphie osseuse et le TEP-SCAN

SOINS DE PRATIQUE COURANTE. Prélèvement aseptique cutané ou de sécrétions muqueuses, prélèvement de selles

Recommandations régionales Prise en charge des carcinomes cutanés

Recommandations Prise en charge des patients adultes atteints d un mélanome cutané MO

Cancer de l ovaire. traitements, soins et innovation. traitements adjuvants et de consolidation. juin 2009

G U I D E P A T I E N T - A F F E C T I O N D E L O N G U E D U R É E. La prise en charge du cancer du foie

TUMEURS DU BAS APPAREIL URINAIRE

nfocancer Le cancer de l'ovaire Une initiative bénévole universitaire

Cancer du sein in situ

Quel apport de l imagerie dans les traitements anti-angiogéniques?

Pierre OLIVIER - Médecine Nucléaire

INTERFERON Traitement adjuvant du mélanome à haut risque de récidive. Dr Ingrid KUPFER-BESSAGUET Dermatologue CH de quimper

Qui et quand opérer. au cours du traitement de l EI?

Le dépistage du cancer de la prostate. une décision qui VOUS appartient!

IRM du Cancer du Rectum

Leucémies de l enfant et de l adolescent

UE2 CANCEROLOGIE Place de la Médecine Nucléaire

Session plénière: 1 / 4 Sessions scientifiques et poster discussions: Poster présentations: 87/1438

Qu est-ce qu un sarcome?

De la chirurgie du nodule aux ganglions

Charte régionale des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire de PACA, Corse et Monaco

F-FLUORODÉOXYGLUCOSE EN ONCOLOGIE Expérience en Ile de France

Statistiques Canadiennes sur le Cancer, et HMR sur le poumon

Cancer du sein. Du CA15-3 à la tomographie à émission de positons.

Radiologie Interven/onnelle sur les nodules pulmonaires. J. Palussière, X. Buy Département imagerie

Maladie de Hodgkin ou lymphome de Hodgkin

Traitement des plaies par pression négative (TPN) : des utilisations spécifiques et limitées

1 of 5 02/11/ :03

GUIDE PATIENT - AFFECTION DE LONGUE DURÉE. La prise en charge du cancer du rein

Les sciences de l ingénieur appliquées à la prise en charge du

Les grands syndromes. Endoscopie trachéo-bronchique. Professeur D. ANTHOINE CHU de NANCY

Qu est-ce que le cancer du pancréas?

Apport de l IRM dans la

Qu est-ce que le cancer de l œsophage?

Traitement de consolidation dans les cancers de l ovaire

Votre guide des définitions des maladies graves de l Assurance maladies graves express

L axe 5 du Cancéropole Nord Ouest

Les renseignements suivants sont destinés uniquement aux personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer

Croissance et vieillissement cellulaires Docteur COSSON Pierre Nb réponses = 81 sur 87. Résultats des questions prédéfinies

COMMISSION DE LA TRANSPARENCE. Avis. 23 mai 2007

Le point sur les techniques d embolisation des hépatocarcinomes

Biomarqueurs en Cancérologie

Les soins infirmiers en oncologie : une carrière faite pour vous! Nom de la Présentatrice et section de l'acio

Les traitements du cancer invasif du col de l utérus

Les différents types de cancers et leurs stades. Dr Richard V Oncologie MédicaleM RHMS Baudour et Erasme La Hulpe 1/12/07

À PROPOS DU. cancer colorectal. Les choix de traitement du cancer colorectal : guide du patient

LIGNES DIRECTRICES CLINIQUES TOUT AU LONG DU CONTINUUM DE SOINS : Objectif de ce chapitre. 6.1 Introduction 86

Informations sur le cancer de l intestin

OUTIL D'EVALUATION DU TEMPS ARC / CHEF DE PROJET PROMOTEUR REQUIS POUR UNE RECHERCHE BIOMEDICALE V 2.3 DE L OUTIL NOTICE D UTILISATION

Association lymphome malin-traitement par Interféron-α- sarcoïdose

Médecine Nucléaire : PET-scan et imagerie hybride

Actualités s cancérologiques : pneumologie

Module digestif. II. Prévention du reflux gastro-œsophagien :

Cancers de l hypopharynx

Chirurgie prophylactique des cancers avec prédisposition génétique

Transplantation hépatique à donneur vivant apparenté. Olivier Scatton, Olivier Soubrane, Service de chirurgie Cochin

Métastase unique d un NPC: Une question singulière? Jean Louis Pujol - Xavier Quantin Mohammad Chakra Fabrice Barlési

Chirurgie assistée par robot et laparoscopie en 3D à l avantage des patients?

Quels sont les facteurs qui font augmenter les risques de cancer du rein?

INTERVENTIONS CHIRURGICALES EN GYNÉCOLOGIE

Peut-on ne pas reprendre des marges «insuffisantes» en cas de Carcinome canalaire infiltrant

Qu est-ce que le cancer du sein?

Spécialiste en chirurgie

Pemetrexed, pionnier de la chimiothérapie histoguidée. Dr Olivier CASTELNAU Institut Arnault TZANCK ST Laurent du Var

Traitement des Pseudarthroses des Os Longs par Greffe Percutanée de Moelle Osseuse Autologue Concentrée

Le cancer de l utérus

Sujets présentés par le Professeur Olivier CUSSENOT

G U I D E - A F F E C T I O N D E L O N G U E D U R É E. La prise en charge de votre mélanome cutané

Comprendre le cancer de l ovaire Guide d information et de dialogue à l usage des patientes et de leurs proches

Lymphome non hodgkinien

Volume 1 : Epidémiologie - Etudes des facteurs de risques

Les cancers de l appareil génital féminin

La chimiothérapie intrapéritonéale de consolidation

Histoire d une masse pancréatique

Découvrez L INSTITUT UNIVERSITAIRE DU CANCER DE TOULOUSE

Le dépistage des cancers

chronique La maladie rénale Un risque pour bon nombre de vos patients Document destiné aux professionnels de santé

Les définitions des saignements ACS/PCI

«Actualités et aspects pratiques de l antisepsie»

Le traitement conservateur des tumeurs malignes des membres a largement remplacé les amputations

Les traitements du cancer du rein

LE SYNDROME DE BUDD CHIARI

Greffe de moelle osseuse: Guérir ou se soigner?

admission aux urgences

Dépistage du cancer colorectal :

Le cancer dans le canton de Fribourg

LA CHIRURGIE BARIATRIQUE Aspects techniques

TRAITEMENT DES TUMEURS HEPATIQUES. Paul Legmann Radiologie A Pôle Imagerie

Que savoir sur la chirurgie de LA HERNIE DE LA LIGNE BLANCHE A LA CLINIQUE SAINT-PIERRE en hospitalisation AMBULATOIRE?

PROFIL DE POSTE PRATICIEN ANATOMIE ET CYTOLOGIE PATHOLOGIQUES

prise en charge médicale dans une unité de soins

schémas du by-pass gastrique pour obésité morbide

LASER DOPPLER. Cependant elle n est pas encore utilisée en routine mais reste du domaine de la recherche et de l évaluation.

Coordinateur scientifique: Prof. Univ. Dr. Emil PLEŞEA. Doctorant: Camelia MICU (DEMETRIAN)

Le don de moelle osseuse :

Faut-il encore modifier nos pratiques en 2013?

Transcription:

CHIMIO HYPERTHERMIE INTRA PÉRITONÉALE CHIP Jacques Paineau

Pourquoi la CHIP Technique, difficultés, complications Indications «thérapeutiques» Indications «prophylactiques» La CHIP «digestive» au CRG

Pourquoi? Une carcinose digestive a longtemps été considérée comme le stade évolutif ultime des cancers digestifs mauvais pronostic (<10% à 2 ans) Survie en fonction du stade des 370 malades inclus dans l'étude EVOCAPE 1 évaluant le pronostic de la carcinose péritonéale d'origine digestive

Pourquoi? Sugarbaker, années 70 et 80 : pseudomyxome, puis étiologies digestives (colo-rectum), puis «le péritoine est un organe comme un autre» Sugarbaker PH, Cunliffe W, Belliveau JF, et al. Rationale for perioperative intraperitoneal chemotherapy as a surgical adjuvant for gastrointestinal malignancy. Reg Cancer Treatment 1988; 1:66-79.

Technique complexe en : 3 étapes 1 -Exérèse de tous les nodules de carcinose Péritoine pariétal Coupoles diaphragmatiques (brèches?) Viscères digestifs (exérèses?) Foie, rate, Omentectomie systématique nécessité de tout enlever décollement de tous les espaces précédemment accolés ne peuvent rester que des micro-nodules de moins de 1 à 2 mm de grand axe à détruire par électro-fulguration ou électrocoagulation.

Ici, dépéritonéisation de la coupole D Résection de toute la carcinose avant décision finale de CHIP

La survie est étroitement liée à l importance de la carcinose traitée

et à la qualité de la résection des lésions Survie des 506 patients en fonction du caractère ± complet de la résection (Glehen) : CCR-0 : Macro et microscopiquement complète CCR-1 : Résidus microscopiques CCR-2 : Résidus macroscopiques

Les suites opératoires sont corrélées au nombre de résection viscérales, lui-même fonction de l étiologie de la carcinose

2 CHIPelle-même = Lavage prolongé de la cavité abdomino-pelvienne avec du sérum chauffé (idéal : 42 C) contenant divers produits de chimiothérapie Appareillage type dialyse péritonéale pour chauffer et maintenir la température

Mise en place de la perfusion abdominale drain(s) d arrivée du liquide 3 drains de sortie capteurs thermiques sur les lignes et intrapéritonéaux Circulation «extra corporelle» de G5 réchauffé. Quand sondes intra à 42 C stables, ajout des produits de chimio Traitement ½ heure, puis rinçage

Ventre fermé Ventre ouvert

Actuellement : 5FU par voie IV Ac Folinique IV Irinotécan IP Oxaliplatine IP fluorouracile lévofolinate de Ca oxaliplatine irinotécan dialysat 400 mg/m² 20 mg/m² 300 mg/m² 200 mg/m² Glucose 5% 2l/m² Passage au niveau sanguin 1 cure Effets secondaires : Hypoplaquettose? Insuffisance rénale Leuco-neutropénie Dysesthésies de l oxaliplatine

3 réparations viscérales éventuelles Sutures faites après la CHIP (fermeture temporaire à l agrafage pendant la CHIP) Suturesàrisque(++) fistulesenpost-opératoire Viscérolyseultérieuredifficile:stomiesencanondefusil

An. œso-jéjunale après GT: rare. SNG au contact de l an. Au pied de l anse. drainage de la suture duodénale +++ An. gastro-jéjunale après gastrectomie partielle: FINSTERER. drainage de la suture duodénale +++ An. grèle-grèle: possible An. iléo-colique après colon droit: oui (possibilité de stomie) An. recto-colique: ne pas hésiter à protéger par iléostomie (fermée à 2 mois) iléo systématique si suture vaginale ou vésicale associée éviter HARTMANN (difficultés de rétablissement).

Difficultés Bilan pré-opératoire Difficultés d appréciation d une carcinose : sous-évaluation +++ Scanner TEP Cœlioscopie Dans le bilan d un cancer digestif Pour le diagnostic d une ascite mal comprise Limites de la cœlioscopie

Non résécable : éviter la laparotomie?

Homme de 69 ans Ascite gélatineuse à la ponction Cœlioscopie exploratrice : lésions peu cellulaires Laparotomie : lésions plus importantes que suspectées en cœlioscopie Pratiquement pas de lésions sous-mésocoliques Essentiellement en sus-mésocolique, dans l ACE omentectomie, exérèse du péritoine des coupoles diaphragmatiques gastrectomie totale (anse en Y post-chip) splénectomie décapsulation hépatique totale sur la convexité hépatique CHIP à l oxaliplatine TOS 11 heures Suites difficiles (respiratoires) : réa +++. Hospitalisation totale 56 jours Suivi à 10 mois, scanner normal

Difficultés Per opératoires Difficultés de dissection et d exérèse de la carcinose. Les exérèses viscérales peuvent être multiples. Difficultés des sutures (œdème) Hémorragies (décapsulation hépatique) Brèche diaphragmatique (cancer, chimio) Zones d accès plus difficile Fonctionnement de la machine qualité de la CHIP

Post opératoires Retentissement de la chimiothérapie (1 semaine) Suites de chirurgie volontiers lourde Retard de reprise du transit Exsudation péritonéale parfois importante Fistules anastomotiques ou sur zones dépéritonisées et/ou électrocoagulées Clinique «bâtarde». Imagerie. Sepsis divers (cathéter, urinaire, )

Indications en digestif 1 -CHIP «thérapeutiques» Pseudomyxome (maladie gélatineuse du péritoine) Traitement «idéal» si possiblement complet Indication historique, bien étudiée Quelle chimiothérapie? Carcinose colo-rectale Indication en développement Indications et chimiothérapie très «protocolisées» RCP et prise en charge multidisciplinaire Carcinose gastrique (?) Maladies rares du péritoine

Pseudomyxome Ou «maladie gélatineuse du péritoine» Grande quantité de mucine dans la cavité péritonéale, due à la présence de cellules mucipares sur le péritoine Le plus souvent d origine appendiculaire. Ovaire? 2 entités différentes selon les cellules responsables : Adénomatose mucineuse péritonéale diffuse : bon Pc Carcinose péritonéale diffuse : PC très sombre Traitement peu différent chirurgie et chimiothérapie (?)

Graduation de Sugarbaker : Grade 0 : mucine sans cellule maligne identifiable (= adénome mucineux appendiculaire rompu) Grade 1 : cellules épithéliales flottant librement dans la mucine sans aspect en bague à chaton, sans mitose ou atypie Grade2:adénocarcinome±mucineux,mitoseatypie Grade 3 : blocs tumoraux avec atypie, nécrose, atteinte viscérale, cellules en bague à chaton, index mitotique élevé Grade 1 à 3 sont des cancers, pas le grade 0

En fait, traitement peu différent : chirurgie de réduction (tumeur et gélatine) péritonectomie des zones atteintes électrocoagulation lésions résiduelles supra millimétriques CHIP (oxaliplatine ±irinotécan) Chirurgie difficile exérèses viscérales fréquentes et multiples nombreuses zones électrocoagulées (risque de fistules) Facteurs de mauvais pronostic CA 19-9 > 300 index péritonéal > 24 (gravité post-op, pas à distance) grade 2-3

RENAPE Registre national des tumeurs rares du péritoine O Glehen

CHIP et carcinose colo-rectale Problème du bilan morphologique Scanner TAP, PetScan Marqueurs Chimiothérapie néo-adjuvante souhaitable Pas trop prolongée si CP initialement résécable Permet d exclure les patients rapidement progresseurssur le plan métastatique Évaluation après 2-3 mois : marqueurs, TDM et PetScan RCP

indications de la CHIP après C tte néo-adjuvante Carcinose C sensible: CHIP A faire le plus tôt possible après C et bilan dont Pet scan, et à faire suivre de C tte adjuvante CP stable : problème de l évaluation de la réponse. Accord pour faire la CHIP CP en progression: selon état général du patient pas de CHIP (quelques survies longues ) CHIP, discutable : être prudent dans le geste

Etude rétrospective avec groupe témoin issu de plusieurs CRLCC comparable au groupe traité. 48 patients dans chaque groupe.

Cas particulier : CP découverte sur le bilan pré-opératoire d une tumeur colo-rectale: cœlioscopie pour biopsies, description de la CP, si possible prise de photos ou de film chimio d attente le temps de compléter le bilan associer chirurgie d exérèse de la tumeur primitive et ablation de la carcinose. CHIP si exérèse complète chimio adjuvante MESSAGE aux chirurgienssi découverte per opératoire : ne pas enlever la tumeur primitive si peu symptomatique, faire seulement une bonne exploration et un bon CRO descriptif des lésions vœux pieux!

Question de fond : utilité de la CHIP? Rôles respectifs de la péritonectomie et de la CHIP? Protocole PRODIGE 7 Carcinose minime ou modérée (Sugarbaker <25) Possibilité d une réduction tumorale <1 mm résiduel Absence de métastase extra-péritonéale (TepScan) Exclus Carcinome appendiculaire

R CHIP FuFol + oxalipt Chimiothérapie Carcinose colorectale Chimiothérapie Bilan Pas de CHIP Péritonectomie complète Survie globale Survie sans récidive, toxicité, morbidité Recherche de facteurs de survie 264 patients à inclure 153 fin décembre 2011

CHIP et adénocarcinome gastrique

Survie à 5 ans des patients T3 et/ou N+ reste < 30% Récidives (>50%) locorégionales et/ou péritonéales La CHIP permet de détruire les cellules tumorales présentes dans la cavité abdominale lors de la résection Méta-analyse d études asiatiques : la CHIP adjuvante permet une réduction significative des rechutes péritonéale également une augmentation significative de la survie (HazardRatio = 0,60 ; IC 95 % = 0,43 a 0,83 ; p = 0,002). Aucune étude réalisée chez des patients européens

Intérêt de la ChimioHyperthermie Intra péritonéale (CHIP) adjuvante à l oxaliplatine dans le traitement curatif des cancers gastriques avancés. Etude nationale, randomisée et multicentrique de phase III (étude à venir). CHIP Oxaliplatine 250 mg/m² Chimiothérapie pré-opératoire Gastrectomie curative et omentectomie avec curage D1-D2 Chimiothérapie post-opératoire

patients éligibles identifiés lors de la consultation clinique de faisabilité imagerie (TDM d extension) constatations d une laparoscopie exploratoire stade T3 ou T4 résécable (invasion séreuse ou organe adjacent, à l exclusion pour cette étude du pancréas), N+ (dépistage ou suspicion par échographie ou TDM, aspiration a l aiguille ou biopsie) et cytologie positive sur le liquide de lavage péritonéal ou sur le liquide d ascite (estimée à < 500 cc) 332 patients (18 à 75 ans), 20 centres (CHU, CRLCC)

Comparer la survie globale a cinq ans Objectifs secondaires survie sans récidive a 3 ans et 5 ans survie sans récidive locorégionale ou péritonéale mortalité, morbidité et toxicité liées au traitement site de récidive identification des facteurs de risque affectant le pronostic identification du profil moléculaire de la tumeur et de nouveaux biomarqueurs qualité de vie des patients

Tumeurs rares du péritoine Mésothéliome Tumeur desmoplastique (8 cas recensés en 2009) Carcinome séreux primitif du péritoine (souvent pris en charge par gynéco) Réseau RENAPE (olivier.glehen@chu-lyon.fr) Association de malades AMARAPE (www.amarape.com) RCP de recours sur la carcinose, pour ces cas rares.

2 -CHIP «prophylactiques» Concept récent Prévention de la récidive péritonéale ou ttt d une récidive non encore décelable Elias 2008 : cancer colorectal Carcinose localisée enlevée avec la tumeur primitive Métastases ovariennes enlevées avec la tumeur primitive Tumeur perforée pré ou per chirurgie tumeur primitive C adjuvante, CHIP systématique après bilan

Results of systematic second-look surgery in patients at high risk of developing colorectal peritoneal carcinomatosis. Elias D et al. Ann Surg 2008;247;445-50 Critères d inclusion : Patients opérés à visée curative de cancer colorectal Ayant soit une carcinose à minima réséquée une ou des métastase(s) ovarienne(s) une perforation tumorale pré ou per-opératoire Et n ayant aucun signe clinique, scan ou bio (marqueurs) de récidive Étant en bon EG (OMS <2)

29 pts 16 avaient carcinose (= groupe A) 4 avaient métastase ovarienne (= groupe B) 9 avaient perforation tumorale (= groupe C) 2 nd look 6 mois après fin C tte adjuvante (vers 1 an post-opératoire) Découverte de carcinose chez 16 (55%) 10 du groupe A 3 du groupe B 3 du groupe C Pas de carcinose chez 13 (45%) 6 du groupe A 1 du groupe B 6 du groupe C CHIP 22 pts oxaliplatine ou oxali-irinotécan Pas de CHIP : 7 pts

Suivi (médiane de 27 mois) 2 nd look Suivi carcinose (16 patients) CHIP pas de carcinose (6 patients) mais CHIP faite pas de carcinose (7 patients) sans CHIP Sans récidive Nouvelle carcinose isolée Carcinose + métastases viscérales Métastases viscérales seules 8 2 2 4 5 1 4 3 Discussion : intérêt de la CHIP, même en l absence de carcinose récidivante, surtout si carcinose initiale (voir tableau suivant)

Suivi (médiane de 27 mois) Selon pathologie de départ Groupe A : carcinose initiale (16 patients)(tous ont une CHIP lors du 2nd look) 2 nd look Suivi Sans récidive Nouvelle carcinose isolée Carcinose + métastases viscérales Métastases viscérales seules Carcinose au 2nd look : CHIP thérapeutique 5 1 2 2 Pas de carcinose au 2nd look : CHIP prophylactique 5 1 Discussion : intérêt du second look et de la CHIP même prophylactique pour les patients ayant eu une carcinose initiale

Suivi (médiane de 27 mois) selon pathologie de départ Groupe B : métastases ovariennes (4 patientes) 2 nd look Suivi Carcinoseau 2nd look CHIP thérapeutique Pas de carcinose au 2nd look : pas de CHIP Sans récidive Nouvelle carcinose isolée Carcinose + métastases viscérales Métastases viscérales seules 1 1 1 1 Discussion : peu d intérêt pour les patientes ayant eu initialement une ou des métastases ovariennes

Suivi (médiane de 27 mois) Étude selon pathologie de départ Groupe C : tumeurs perforées lors de la première intervention (9 patients) 2 nd look Suivi Carcinose au 2nd look : CHIP thérapeutique Pas de carcinose au 2nd look : pas de CHIP Sans récidive Nouvelle carcinose isolée Carcinose + métastases viscérales Métastases viscérales seules 2 0 1 4 2 Discussion : pas d intérêt pour les patients ayant eu une tumeur perforée

PROPHYLOCHIP pour patients «à très haut risque de développer une carcinose péritonéale après chirurgie d un cancer colorectal» Carcinose péritonéale minime enlevée avec colo-rectum Métastase(s) ovarienne(s) réséquée(s) avec colo-rectum 18 à 70 ans, OMS <2, opérables Sont exclus : les carcinomes appendiculaires Les patients ayant une récidive décelable

Laparotomie exploratrice, péritonectomie CHIP par trithérapie Chimiothérapie 6 mois Bilan TDM, (PetScan) ACE, CA19-9 R Surveillance Survie sans récidive à 3 ans Survie globale 3 et 5 ans Survie sans récidive péritonéale 65 patients par groupe

CRG 02-2007 12-2011 44 patients adressés pour CHIP : 24 femmes, 20 hommes, 57 ans (15-74) Primitif : 27 colon-rectum 2 grèle 3 appendice (ADK) 8 pseudomyxome 4 rares (granulosa, ovaire, desmoplastique, primitif périt)

31 péritonectomie-chip dont 3 dans le bras CHIP de Prodige VII Dont 1 re-chip 13 sans CHIP 5 inclus dans Prodige VII, bras sans CHIP 1 trop âgé pour la CHIP (primitif appendiculaire : CHIP discutable) 7 sans réelle péritonectomie(«inextirpable») 7,35(4-11) heures Temps Occupation de Salle (18 fois 8 heures)

Estomac partiel 1 Utérus ± ovaires 5 Estomac total 1 Dôme vésical 2 Grêle 7 Uretère 1 Iléo-colon D ou T 9 Métastases hépatiques 1 Colon G 3 Rate 4 Rectum 5 Vésicule 4 Epiploon toujours Diaphragme partiel 2 Organes réséqués lors d exérèses complètes dans l expérience CRG

* adolescent de 15 ans (J2 USC pédiatrie) Hospitalisation souvent longue Moyenne : 18.4 jours Extrêmes : 2* et 56 jours

Complications : Fuite biliaire sur décapsulation hépatique Monoplégie brachiale par étirement plexus Péritonite J11 par lâchage anastomose iléo-colique. Évacuation hémopéritoine cloisonné à J37 Péritonite cloisonnée FID (J8 re-chip) Péritonite stercorale sur nécrose colique D Péritonite sur nécrose d un cds anastomotique ancien. Complications respiratoires +++ réa prolongée Fistule grêle Retard transit (plusieurs) vigilance post-opératoire. Symptomatologie fruste +++

Pas de décès peropératoire ou post-opératoire Recul faible pour beaucoup 11 décès à distance 1 re-chip 14 vivant avec récidive 18 vivants sans récidive dont 7 à plus de 1 an (12, 14, 17, 20, 31, 33, 38 mois)

Conclusions CHIP = thérapeutique nouvelle qui reste à évaluer Lourdeur de la technique : sélection des patients. Rôle de la RCP dans la décision Centres spécialisés Inclusion dans des protocoles